Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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[quête du mois] Vamos a la playa houhahou ! [terminée le 19/07 !]

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[quête du mois] Vamos a la playa houhahou ! [terminée le 19/07 !] - Ven 19 Juil 2013 - 9:23


    L’été se déroulait bien trop paisiblement à la Déus Académie. La chaleur n’était jamais vraiment étouffante mais on voyait tout de même pointer ci et là quelques rassemblements d’élèves en des lieux stratégiques. La cafétéria tout d’abord qui offrait une grande variété de glaces, smoothies, et autres rafraichissements étaient très prisée. La fontaine était dotée d’une magie éphémère nommée fraicheur que les étudiants se disputent plus que son eau sacrée. Le parc des abricots et les jardins entortillés sont aussi pris d’assaut par ces chers bambins à la recherche de fraicheur.

    Quelques fois j’ai eu le culot de me mêler à eux, mais la vérité est bien cruelle. Ils ne me désirent pas à leurs côtés… Ou alors ils me désirent trop. Pas de juste milieu. J’admets qu’aller me baigner dans la fontaine de Déus en maillot n’a pas été la plus brillante de mes idées. Loin de là. J’avais tellement chaud que j’avais oublié que beaucoup d’apprentis dieux étaient des pré pubères. Erreur stratégique. Mes seins ont fait pointer autre chose que le rose sur leurs joues à certains. Maintenant il n’est plus rare que je croise des élèves qui me déshabillent du regard ou qui pouffent après m’avoir dépassé dans les couloirs. C’est très désagréable.

    Résultats des courses, je passe ces put** de chaleurs dans mon labo. Enfin dans la classe de chimie quoi. Allongée sur le carrelage. Oui au début il ne faisait pas chaud, mais maintenant c’est insupportable, et pourtant je viens du sud de la France. Enfin. Tant pis. Pas de mer, pas de rivière ni de lac, même pas de piscine à Déus. Juste la fontaine et les prés pubères. Alors bon, on va dire que mon carrelage fera l’affaire. Je peuple mes journées à lire des revues scientifiques. Non je blague, une fois mon Science et Avenir mensuel terminé, je n’ai emprunté que des mangas (des yaoïs !!!) à la bibliothèque.

    Ce matin cependant j’ai trouvé un petit mot plié sur mon bureau. Déus si tu existes fait que ce ne soit pas au mot d’amour d’un pré pubère. Je t’en prie soit cool ! J’ouvre avec de nombreuses précautions, des fois que ce soit véritablement piégé. Mais même pas en fait. A l’intérieur un prospectus… Et un billet tous deux destinés à un apprenti dieu.



    Raaaaaaaah ! Je bave. Ils sont sérieux de laisser trainer ça ici. Ça donne trop envie. Si je chope le petit plaisantin qui me torture, je... JE L’EMBRASSE ! Le billet joint au prospectus est une invitation pour un séjour gratuit… A MON NOM ! Cher admirateur secret je t’aime très, très fort ! Un seul souci cependant, cela se trouve sur Terre. La Terre des humains. Je sais que l’on peut s’y rendre… Mais il faut remplir toute une tonne de paperasse. Tant pis. Ils ont parlé de piscine et de mer, deux mots magiques à mes oreilles. En moins de temps qu’il ne le faut pour dire capote j’ai appelé le numéro et réservé ma chambre.

    Zut… Mais je réponds comment à ce questionnaire ? Raison de votre venue sur Terre ? Heu… Vacances ça compte ? Bon au pire on va écrire « personnelle. » J’ai failli écrire familiale comme je le faisais souvent pour demandes d’absences par le passé, mais je sais bien qu’il n’y a aucune personne dans ma famille que je puisse joindre. Le reste des questions est assez simple :


    « Durée du séjour ?
    -  Cinq jours.
    Date de départ ?
    - Aujourd’hui même. »

    S’en suivent tout plein de mise en garde.  Vous ne serez pas visibles des humains mais vous le serez des monstres. En cas de danger rendez-vous au portail le plus proche. Si vous êtes dans l’incapacité de vous déplacer ou sur le point de mourir envoyez un message de détresse. Quelqu’un viendra récupérer vos restes et vous serez ressuscité à Déus. L’administration n’est pas responsable si on ne retrouve pas vos restes.

    Sexy tout ça dit donc. Enfin,  J’m’en fou ! Je pars la playa. Adieu chers prés pubères. Ange s’en va se dorer la pilule loin de vos yeux impies.  Tralalala. Ma valise est faite en un rien de temps. Mon maillot ne tarde pas à devenir le tendre voisin de ma serviette, une paire de tongues jouxte mes escarpins, mes tenues si légères que si j’ose les appeler robes d’autres les nommeraient nuisettes, de l’ambre solaire, une brosse, une brosse à dent, deux ou trois trucs de fille. Y VAMOS !

    Le port aux dimensions m’impressionne je l’admets humblement, mais il est aussi vrai que je suis des plus pressées de rejoindre cet havre de paix nommée la plage. Je ne fais vraiment attention à rien d’autre. C’est la première fois que je rentre chez moi. Je suis même troublée de constater que bien que je ne pourrais plus jamais y vivre, je considère toujours la Terre comme ma maison. Je suis par ailleurs tentée de me rendre visite à ma famille. Pourtant une voix en moi me dit que je ne suis pas prête.

    J’arrive dans ce qui semble être un aéroport. Comment me rendre à la plage ? Il me semble que j’ai pris un itinéraire dans mon sac. Merde ! Je suis en retard. Si j’veux avoir mon train faut que je prenne la navette qui est sur le point de partir. Je me précipite à toutes jambes lui criant de m’attendre, mais le chauffeur ne m’entend pas. Je me jette dans le véhicule alors que les portes se referment.


    « VOUS POUVEZ PAS FAIRE ATTENTION ? »


    Le chauffeur ne m’adresse pas un regard. Le bus démarre. La clim est trop forte, quelques degrés de moins et je réussirais à faire de la buée en parlant. Il se fout de la gueule du monde. Tant pis. Après tout je descends au prochain arrêt.

    Me voici à la gare. Il y a un monde fou. Les gens se bousculent, cherchent à passer. Ça me fait vraiment bizarre la première fois que je ne réussis  pas à éviter l’homme qui fonce sur moi… Il me traverse comme si je n’étais qu’un rêve. Une vague de tristesse m’envahit. La solitude me pèse.




    Je rentre dans un train. Je passe les deux heures de trajets à écouter les conversations animées d’une famille qui part comme moi en vacances. Je ne peux bien sûr pas intervenir. Que diraient-ils s’ils avaient conscience que je les écoute ? Seraient-ils gênés ? de toute manière ils ne le sauront jamais. Ils descendent… Attendez ! La petite a oublié son doudou. Sans réfléchir je l’attrape et me jette à leur poursuite. J’ai juste le temps de poser l’ours en peluche dans la poussette de la gamine et rerentrer dans le wagon. Je croise le regard de l’enfant âgée de quelques mois. Elle m’a vue. J’en suis sûre. Je cris. Le train redémarre. J’ai dû rêver. Je suis invisible ici.

    Enfin vient mon arrêt. Un minibus attend. Je ne suis pas la seule à y monter, mais je suis la seule à y monter seule. Je vois d’ailleurs une femme glisser un sévère coup de coude dans les côtes à son conjoint qui regardait avec insistance mon décolleté. Je lui glisse un clin d’œil qui m’attire un regard noir de sa bien-aimée à qui je retourne un sourire avant d’attacher ma ceinture. Donc ici je suis visible ! Chouette !


    Jour 1

    Une petite demi-heure plus tard, nous arrivons dans une charmante auberge en rondins de bois. Je confirme pour le bucolique… On a vingt-trois minutes de voiture entre nous et la précédente habitation… qui se trouve être un immeuble. Ouai bon. On dira que ça ira. La nénette qui nous accueille nous remet les clés de nos chambres. Je m’y précipite pour poser mes affaires.

    Waou ! Elle est gigantesque. En plus il y a un lit double, le truc dont je rêve depuis mon arrivée à Déus. Je me jette dessus. Le bruit sinistre de craquement qui s’en suit ne vient certes pas du sommier mais il glace mon sang dans mes veines. J’arrête de bouger, attentive au moindre bruit. Rien. J’ai dû rêver. Je me lève précautionneusement, le lit grince normalement. Bah. Au final j’m’en fout. Je jette mes vêtements sur le matelas et enfile mon maillot noir deux pièces qui cache assez peu mon anatomie, ou plutôt qui la laisse simplement deviner sans réellement la cacher.

    Direction l’océan ! Sur ma serviette repose bientôt mon haut de maillot… Qui s’en souciera ? Je n’ai lu nulle part que le topless était interdit ici ! Et puis il n’y a aucun élève alors ça va… Les vagues ne tardent pas à lécher mes pieds. Je me sens revivre. Qui m’a parlé de choc hypothermique ? J’sais plus, mais je ne compte pas l’écouter. En moins de trente secondes je suis totalement immergée. Je patauge joyeusement tout le reste de l’après-midi. La plage ne me voit réapparaitre qu’à la nuit tombée. Mes cheveux humides bouclent pour ma plus grande joie.

    Je me dirige maintenant vers la cantine, je ne pense ne pense pas qu’on puisse parler de restaurant jusqu’au moment où je rejoins la terrasse où l’on doit être servis. Des nappes blanches, la vaisselle assortie, les couverts en argents, les verres aussi travaillés que du cristal et un éclairage argenté donnent une impression surnaturelle à l’endroit. C’est tout bonnement sublime. Pourtant je suis crevée et je ne profite pas vraiment du copieux repas. Un courant d’air glacial finit de me convaincre de rejoindre ma chambre.

    A peine mes paupières fermée je sombre dans un profond sommeil. Pas de douche je sais, c’est crade. Tant pis. Je suis fatiguée.



    «TUE LA !!!!!!!!!!!!!!!! »


    Je me réveille en sursaut. Il m’ semblé entendre un cri. Etait-ce dans mon rêve ou… Je tends à nouveau l’oreille. Au début le silence me rassure, puis il m’inquiète. A nouveau un cri, ou plutôt un râle perce la nuit. Ma première réaction est de filer sous mes couvertures. Quoi que ce soit il ne m’y trouvera pas. Pendant quelques instants mon cœur bat la chamade. Je me force à respirer lentement. Calme-toi Ange, immédiatement.

    Un bruit de verre cassé, un cri de rage cette fois. Je frissonne. Je réalise que ma couverture ne me protègera de rien. Je suis sur le point de me lever pour voir si quelqu’un a besoin d’aide. Après tout avant mon séjour chez les dieux cela aurait été ma première idée. Plus maintenant. Maintenant j’ai juste peur de mourir. Je retire progressivement la couverture de mon visage quand j’entends des bruits de pas dans le couloir. Par réflexe je m’y précipite en courant. Stupides réflexes, et si c’était un dangereux psychopathe ? Non dans mon inconscient c’est plus une victime qui essaie de fuir.

    Me voilà dans le couloir. Trop tard.

    Personne. Il n’y a tout bonnement personne. J’avance à tâtons quand soudain une vague de douleur me transperce. Je me retiens de crier à mon tour. Je lève vivement mon pied d’où émane la souffrance et retourne en boitillant dans ma chambre. Je ferme la porte à clé avant d’allumer la lumière. MERDE ! J’ai un méga éclat de verre dans la patte moi. Bon méga j’exagère, mais je me suis sérieusement entaillée la plante du pied.

    Assise en tailleur je me contorsionne pour trouver le meilleur angle d’attaque. A défaut de mieux j’ai stérilisé ma pince à épiler avec mon briqué. Je retiens mes larmes lorsque je réussis enfin à retirer l’éclat de verre. Mon parfum fera office de désinfectant, et un peu de coton sous un passement anti-ampoule fera office de gaze.  Je suis assez fière de mon inventivité. J’en arrive presque à oublier que j’ai eu peur.

    Pourtant des cris dans la nuit me le rappellent. Des hurlements. Je ressens la haine, la peur, la douleur dans ce cris. J’éteins en un quart de seconde la lumière et retourne me planquer sous mes draps. De nouveau des bruits dans le couloir, j’entends des halètements. Des rires gras. Le pas est différent de celui de la dernière fois. Non il y a deux pas.


    « Chéri ! Tais-toi ! Tu vas réveiller les gens. »


    Je reconnais soulagée la voix de la nénette qui avait plus tôt maltraité sous mes yeux son mari. Son mari qui loin de l’écouter se met à chanter à tout va. Cela me rassure. J’étais mal réveillée, j’ai dû imaginer le reste. Non, je sais que je ne l’ai pas rêvé, pourtant tremblante je passe le reste de la nuit à essayer de m’en convaincre. A chaque fois que j’y arrive presque, un nouveau bruit, souvent rien d’autre que le vent dans les arbres me fait sursauter.

    Jour 2

    Je n’ai pas réussi à me rendormir jusqu’à l’aube. Je me décide enfin à me lever en boitillant. Je retire mon pansement de fortune, la plaie est propre. Je vais en boitillant jusqu’à l’accueil. Je n’oublie pas mes claquettes ce coup-ci. La gérante me voyant peiner à avancer vient m’offrir son soutien. Quand je lui raconte que je me suis blessée cette nuit en me baladant dans les couloirs, elle blêmit.


    « Excusez moi, c’est de ma faute, j’ai brisé une bouteille en l’emmenant à un client. J’ai dû oublier un morceau qui avait roulé trop loin. »


    Ah. Tout s’explique. Du moins en partie. Elle désinfecte à nouveau la plaie avant d’y apposer un pansement adapté. Elle me donne par ailleurs des pansements de rechange et du désinfectant pour se faire pardonner. Ce n’est pas rien, mais presque, je la rassure. La seule difficulté que j’aurais sera pour me baigner dans la mer. Le sel et les bobos ça fait maleuh ! Elle me dit alors que la piscine, bien que traité avec du sel, reste moins salée que la mer. Son pH se rapproche de celui des larmes. Son mari me dit-elle y fait très attention.

    Au final je n’ai pas profité de la piscine, j’ai passé ma journée à lézarder sur son bord et à rattraper ma nuit de sommeil perdue. La chaleur est finalement agréable lorsqu’on est immobile. Je me lève rapidement pour une tête quand j’ai trop chaud et je passe le reste de la journée à comater. Pourtant sous mon air d’endormi j’écoute. Je suis une personne rationnelle… Ou presque. Moi seule crée mes peurs, la preuve avec le bruit de verre brisé. Il doit y avoir une explication logique aux bruits d’hier soir. C’est dans un demi-sommeil que j’entends bonbonne et son  mari discuter de leur fantasmabuleuse nuit de la veille. Une voix inconnue leur demande :


    «  Alors c’était comment ?
    - C’était impressionnant,
    répond l’homme.
    - Terrifiant,
    ajoute bobonne.
    - Vous en êtes encore ce soir ?
    - Certainement ! »

    J’ai un début de quelque chose de rationnel. Ils ont fait quelque chose hier soir. C’est peut-être lié aux bruits, s’il faut ce type était juste bourré et a crié. Après tout, ce serait logique. Mon séjour à DA m’a vraiment retourné la cervelle. Pourtant cette explication seule n’arrive pas à me convaincre, les cris d’hier n’avaient rien d’humain. C’est idiot dans le sens où aucun d’entre nous n’est vraiment humain. Enfin je crois. Il me suffira de toute manière de simplement les suivre non ? Alors en attendant, j’ai besoin de refaire mes forces.

    Le soir tombe bientôt, mais à la différence d’hier je suis en grande forme. Je mange silencieusement, regardant l’horizon. Pourtant mon attention ne se détache pas du couple de suspects. Bon j’admets que… Si par heureux hasard il n’était que bourré, cela veut dire qu’il y a un bar pas loin… Et j’apprécierais à sa juste valeur un tel lieu pendant mes vacances.

    Le repas se termine, je continue à trainer sur la terrasse. Je fais semblant d’apprécier la vue. Après tout c’est vrai que c’est magnifique, la lune est presque pleine et se reflète sur les miles miroirs mouvants de l’océans. Pourtant ce n’est pas les vagues que je guette mais la sortie du petit couple d’amoureux. Heureusement ils ne se font pas trop attendre. Ils sont habillés très chics.

    J’attends qu’ils s’avancent dans le chemin menant à la plage. Je les suis de loin, faisant mine de me promener le long de la plage. Ils marchent environ une vingtaine de minutes. La pénombre me dissimule. Je ne peux que remercier mon pied de ne plus me faire mal. Mes deux suspects finissent par bifurquer et s’approchent d’un petit bois, un groupement d’arbre dont monte une  forte musique.   J’attends qu’ils s’y enfoncent pour les suivre.

    Les retrouver n’est pas chose difficile. La musique me guide. Une musique sauvage. Plus du boum boum que de la véritable musique. Un peu comme des tamtams. Plus je me rapproche plus j’entends des cris. Des hurlements. Il y a des feux de camps dans la clairière d’où monte le bruit. Je  m’en rapproche mais je reste dissimulée.

    Ce que je vois me stupéfie. Entre les feux de camps il y a des cages remplies de… tas informes. Entre les cages il y des barbelés. Une sorte d’arène. Des gens sont massés autours et scandent des encouragements. Bien que je sois loin, tout ça pue. Des hurlements inhumains, au contraire des êtres humanoïdes qui les lancent, montent du centre de l’arène. Je ne vois plus l’animal qui les a poussés. En tous les cas ça m’a glacé le sang. Deux ombres viennent dans ma direction. Je me dissimule de mon mieux dans une ombre, entre les racines de l’arbre je passe presque inaperçue, et de toute manière ils semblent bien amochés.


    « C’est trop d’la balle !
    - J’t’avais prévenu que c’était fort !
    - Ouai mais j’avais jamais vu de goule avant, c’est impressionnant ! Et les squelettes. BWA ! C’est trop terrible. T’as vu ce qu’il a foutu à la goule ?
    - Ouai mais elle s’est bien défendue non ?
    - C’était un peu faible… J’espère que le prochain combat sera mieux. »

    J’entends le bruit de leurs vessies se soulageant seulement à quelques mètres de moi. Je prends pleinement conscience de leurs paroles. Alors c’est donc ça. Je frissonne. Ils organisent des combats de monstres magiques. C’est tout bonnement abominable. Ou minable tout court. A ce que j’ai lu à leur sujet les goules sont juste de braves bêtes, on ne peut pas leur reprocher leur façon de se nourrir, nous aussi on mange des bestiaux morts. Elles empêcheraient même les épidémies de se propager car elles restent loin des vivants ! Les squelettes, eux sont certes moins gentils, mais ils n’existent pas à l’état naturel, ce sont des invocations de sorciers débiles.

    Les deux soulards s’éloignent. Je reprends mon poste d’observation. Quelque part j’ai de la peine pour c’est bestioles. En même temps si l’idée de les libérer me traverse l’esprit, elle ne fait justement que le traverser. Quelle horreur s’ils étaient relâchés dans le monde des humains. Quels dégâts. Pourtant je ne peux détourner mon regard de l’arène. Pour rééquilibrer les chances il y a maintenant deux goules face au squelette tristement dernier vainqueur. Je détourne les yeux. De nombreuses cages sont encore fermées.

    Il a fallu de la réflexion aux organisateurs pour trouver ainsi deux monstres ennemis de par leurs natures. Les goules se nourrissent de chair morte, les squelettes en sont composés, les squelettes attaquent tout ce qui est vivant, les goules sont vivantes… Je trouve ça juste immonde. Cette violence me débecte. Je me détourne. Je veux rentrer. Je dois rentrer. Je cours sur une bonne partie du chemin. J’ai envie de pleurer de mon impuissance. De la bêtise des gens. Comment peut-on apprécier ce spectacle barbare ? Cet amour de la violence. Cette vénération de l’obscène. Cette recherche de la monstruosité. Cette dévotion à l’immoral. Tout ça me révulse.

    Je referme la porte de ma chambre. Ma blessure s’est rouverte, pourtant je ne m’en soucis pas. Je me précipite dans mon lit et je pleure. Longuement. Pourquoi tant de cruauté ?


    Jour 3


    Hier je me suis endormie en pleurant. Mes yeux sont maintenant enflés. Je suis hideuse. Moins que ce lieu. Je veux partir. Maintenant. Je me rends enfin compte que mon pied saigne encore doucement. Je ne serais pas demi-déesse, je me serais sans doute déjà vidée de mon sang. Il faut que je soigne ça avant tout. Cela  commencera par une douche qui me fait le plus grand bien. J’ai les idées claires. Il est hors de question que je reste ici plus longtemps, mais ce n’est pas grave. Je n’ai qu’à rendre les clés de ma chambre. Ce qui me prendra allez… Cinq minutes ?

    Aussitôt dit aussitôt fait.  Je trouve la gérante à l’accueil. Je l’informe de ma décision de partir. Elle a l’air désolée quand elle m’annonce qu’il n’y aura aucune navette avant deux jours. Tant pis. Je marcherais. Je refuse de rester ici. Sans plus d’explications je mets les voiles. Je mets mon sac sur mon dos enfilant les deux anses comme si elles étaient des bretelles. Si je n’étais pas invisible j’aurais la gueule d’une fugueuse de douze ou peut-être treize ans.

    Qu’est-ce qui m’a pris ? Ca va faire deux heures que je marche. En claquettes. Mes pieds me font souffrir plus que de raison. J’ai une super ampoule entre le gros doigt de pied et son copain d’à côté. Enfin j’ai une grosse ampoule à chaque pied. J’aurais pu envisager de porter mes talons, j’aurais été plus à l’aise sans… ma foutu coupure sous le pied qui elle n’hésite pas à se rappeler à mon esprit à coup de douleurs lancinantes. En plus… Il commence à faire un soleil de plomb et je sais que je ne suis qu’à la moitié du parcours, il doit me rester une heure avant la civilisation… Une heure et demie avant la gare.

    En gros de quoi me dessécher totalement. Génial comme projet non ? Bon, je vais attendre que la chaleur retombe. Il faut que je trouve un coin d’ombre. Il y a des arbres là-bas, des cyprès. Dans leur ombre se dessine au cabanon à moitié effondré. Avec un peu de chance il y a un puits ou une source pas loin.

    Mes espoirs sont vains. Il n’y a rien à part le cabanon sous ces arbres. Enfin, il n’y a plus que le cabanon. Je trouve les restes d’une source depuis longtemps tarie. Tant pis, je sais que j’ai une constitution physique optimale depuis ma métamorphose en demie-déesse. Je survivrais, même si c’est dans des conditions abominables. Pourquoi n’ai-je pas emporté une bouteille d’eau ? Je pose mon sac et en sort une serviette qui me servira de matelas, le sac lui jouera le rôle de coussin. Aujourd’hui encore ma principale activité sera la sieste.

    Je suis réveillée par un rire. Par deux rires. Quelque chose, quelqu’un qui tire mon sac, ma tête tombe lourdement sur le sol. Je me redresse en sursaut alors que je sens de petites mains caresser ma peau. Deux adorables petites créatures, une peluche grise au ventre rose et l’autre violette on ventre bleu paster, sont en train de… déchiqueter mes vêtements ??????? Certes j’aime bien le côté déchiré de mes fringues, mais j’apprécie moins quand on s’en prend à mon soutif !

    Je les repousse en écartant les bras. MAIS QU’EST-CE QU’ILS FONT A MON SAC ? Les deux mignonnes petites peluches en forme de chat sont en train de savourer mes affaires ! J’essaie de leur donner des coups de pieds mais les voilà qui s’en prennent à mes tongues…. BERK ! Il bouffe mon pensement ensanglanté. HERK !!!


    « DEGAGEZ !!!! »

    Rien n’y fait, mes coups ne portent pas. Je cris, je hurle. Rien n’y fait. Dans un instant de colère monstre, une douleur me transcende. Des plumes virevoltent autour de moi, voilant un instant les deux immondes bestioles qui continuent de m’attaquer. Je m’effondre. Encore.

    Lorsque je rouvre les yeux je suis seule, et il fait nuit. Mon corps est tout endolori. Je me force à me lever. Je constate mon état de nudité avancée. Saloperies ! Mes pieds sont dans un état abominable. La douleur dans mon dos, elle a totalement disparu elle. C’est d’un pas très lent que je prends la direction de la route. Je lace mes bras sous ma poitrine pour éviter au moins le désagrément de la sentir bringuebaler à chacun de mes pas, car oui chaque pas est déjà une souffrance. Je mets plusieurs heures à atteindre la ville. J’ai beau me savoir invisible, je n’aime pas être nue au milieu de tout ce monde. Je vole dans un bureau de tabac un magazine offrant un paréo, et dans un autre un magazine offrant une paire de tongues. Le minimum syndical. Pourtant je n’arrête pas là mes larcins car je dérobe aussi dans une pharmacie de quoi soigner mes pieds.

    C’est tellement facile de voler, tout ce que je prends semble devenir invisible à l’œil des humains, ou alors ils ont l’impression de rêver quand ils voient flotter les produits… Je ne suis pas certaine, mais vu que je n’ai pas entendu de cris d’horreur je penche plutôt pour la première solution.

    J’attends plusieurs heures un train qui finit par arriver. Je dois m’y endormir un moment mais je descends tout de même à la bonne station.

    Jour quatre

    Je suis de retour à DA… Mais je crois que j’ai remarqué qu’une des bestioles qui m’ont dénudée me suit. Je ne suis pas certaine, peut-être est-ce la crainte de les recroiser qui me fait avoir des visions ?

    Enfin, je préfère maintenant la chaleur. Mes pieds sont peut-être guéris, mais mon âme ne l’est pas. La crainte que j’ai ressentie ses derniers jours n’a pas encore disparue. J’espère pouvoir un jour retourner sur un bord de plage sans que cette idée ne m’angoisse.



[quête du mois] Vamos a la playa houhahou ! [terminée le 19/07 !]
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