Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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 Se nourrir ? Une corvée mortelle... [P.V. : Janma]

 
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Se nourrir ? Une corvée mortelle... [P.V. : Janma] - Lun 15 Juil 2013 - 1:20
Une nuit blanche.
 
Une nuit ou je n’ai pas du tout réussis à ferme l’œil. Une nuit ou il faisait tellement sombre. Les nuages cachaient la lune. L’obscurité seule m’enveloppait. Je me suis très rarement sentis aussi mal qu’en sachant que les ombres m’entouraient entièrement. Que j’étais leur proie. En sachant que j’étais à leur merci… Je n’ai pas pu m’endormir, tout simplement car je ne me sentais pas en sécurité. Déjà qu’en temps normal, je dors mal et peu, alors si en plus je ne me sens pas bien… J’avais froid jusqu’au plus profond de mon âme. J’étais gelé, frigorifié, et je me sentais seul… ô combien seul. Et la faim tenaillait mon estomac. Avec deux jours sans nourriture, il était tout à fait normal que mon corps me rappelle à l’ordre. Faible. Très faible. J’ai eu le tournis, l’envie de vomir, des hallucinations. Je voyais les ombres danser autour de moi. J’entends sa voix. Ta voix. Vos voix m’appeler. J’ai eu l’impression d’être défoncé. Mais je n’ai rien consommé avant d’éteindre les lumières. Rien. Pas même de la nourriture. Juste un peu d’eau. Je le jure…
 
Le fait est qu’il est six heures du matin, que je suis encore assis sur mon lit à observer dans le vide. A regarder les ombres danser pour moi. Pour moi, oui… C’est vraiment un perturbant spectacle que de voir les ombres se mouvoir pour vous. Mais qu’est-ce que c’est beau. Enfin… Je me lève, direction salle de bain, eau chaude, eau froide, le rituel habituel.
 
Une fois chose faite, je sors de la douche, m’enroule dans une serviette et… me retiens in extremis de tomber. Pris d’un vertige, c’est le lavabo qui me soutient. Je soupire. Je ne comprends que trop bien ce que mon corps tente de me dire.
 
« T’as pas mangé depuis deux jours… bientôt trois… j’ai mes propres besoins, Sven… »
 
Nouveau soupire. Je tente de me ressaisir, d’arrêter de trembler, mais c’est dur. Lorsqu’on est faible, on est faible. C’est… agaçant. Et ça demande beaucoup d’efforts. Mais je peux le faire. Je suis habitué après tout. Alors je me reprends. Et je retourne dans ma chambre. J’enfile des fringues, au hasard. Je ne me sens même pas de faire un effort vestimentaire, ce coup-ci… après tout, je n’ai pas envie de plaire à qui que ce soit. Non. Je n’en ai ni l’envie, ni la force. Alors aujourd’hui ce sera cette fichue robe blanche. Le truc le plus simple du monde à enfiler.  Avec un slip en dessous, et une paire de ballerines. Et je ne prends même pas la peine d’attacher mes cheveux. Mais je garde un élastique autour du poignet, au cas où. J’attrape ma sacoche, jette un coup d’œil à mon réveil. Six heures trente… Je n’en reviens même pas que je me sois préparé en une demie heure alors que d’habitude, j’en prends une… Enfin bref, il est l’heure pour moi d’entamer ma journée avec mon premier tour de garde, bien qu’il soit encore super tôt... Alors je le fais. Je sors de l’internat, tranquillement, ne répondant même plus au gardien, n’en ayant plus rien à faire de la politesse, vu l’état second dans lequel je suis. Je me contente de marcher, marcher, et ma tête de tourner, tourner.
 
Et puis finalement, la cafeteria se dresse devant moi. Déjà ouverte, à son habitude. Et je peux sentir l’odeur des viennoiseries me chatouiller les narines. Et mon estomac se serrer, me réclamant de le nourrir. Alors je me dirige là-bas, tant bien que mal, soupirant tout ce que je peux. Et le pire, dans tout ça, c’est qu’il ne fait même pas chaud. Et que moi, je suis juste en petite robe légère d’été. Cool. Ça sent la journée pourrie à plein nez. Ras le cul.
 
« Bonjour… je pourrais avoir un … n’importe quoi en fait, un truc à manger, sucré… et un café. Serré, sans sucre. S’il vous plait. Merci. »
 
Je vais m’asseoir, mes jambes ne me portant même plus. Je regarde vite fait l’heure à l’horloge. Ça fait même pas une heure que je suis levé et je suis déjà à bout de forces… Corps de merde…

Et puis, je finis par finalement faire preuve de politesse, et jeter un coup d'oeil au pauvre employé qui bosse d'aussi bonne heure...

« ...Toi? »
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Re: Se nourrir ? Une corvée mortelle... [P.V. : Janma] - Lun 15 Juil 2013 - 2:24
Dormir. Voilà une chose qu'il n'avait pas faite depuis fort longtemps. Janma avait écopé, après un malentendu avec le chef cuisinier et semblait-il une dose de malchance inconsidérée de toutes les matinées pour le service de la semaine. De levers à 4h en couchers à 20h, il avait fini par se résigner, et accepter d'enfiler un ridicule tablier de service pour le matin.

Le sujet de sa charlotte, ou plutôt de l'absence avait suscité bien des débats avec son supérieur tous soldés par un "même pas si je crevais foudroyé là maintenant". Après une énième remarque sur ses bagues présentes à la cantine et une énième menace  de les retrouver coincées dans un orifice peu approprié à cette tâche, on l'avait laissé tranquille.

Depuis six heures du matin, donc, Janma était debout derrière les rails de distribution de nourriture. Armé de ses pinces à muffins et autres cochonneries, il servait inlassablement les élèves, écoutait leurs plaintes et discutait poliment le temps que leurs cafés et leurs thés  remplissent les gobelets de carton recyclable. Sociable  aux  premières heures du jour, Janma profitait de la présence d'élèves motivés pour faire le plein de ragots, s'informer sur les dernières nouvelles, se relaxer avant le raz  de marée d'élèves pas réveillés réclamant leur café, et vite.

Cependant il était plus rare...de croiser un membre du personnel. Oh, Janma l'avait vu venir de loin. Elegant sa sa robe blanche, son regard avait accroché dès son entrée dans sa cafeteria. Sven, tout en douceur et en délicatesse, avant déboulé au milieu des rares lève-tôt prêts à partir pour l'entraînement. Mignon à en baver dans ses ballerines, Janma s'était presque attendu à déceler des dessous en dentelle sous les étoffes translucides de sa robe. Au lieu de ça, il dut se contenter de son indifférence. Il essuya en silence l'écho de sa voix et le regard qui lui fut à peine adressé. Atelé à préparer sa commande, ce ne fut que de longues secondes plus tard que Sven... daigna enfin lever la tête.

Janma esquissa un sourire, attrapa un plateau y posa le café, et trois viennoiseries  sans le moindre commentaire. Le coin de sa lèvre s'étira.

Janma : Bon appétit, Sven.

Il croisa les bras sur le torse, et se détourna pour vérifier la cuisson des baguettes. Elles seraient prêtes pour sept heure. L'arrivée massive d'élèves, donc. S'assurant que personne d'autre ne nécessitait ses services, Janma accrocha donc son tablier, attrapa son livre, et avec un pichet d'eau un peu plus loin.

Distrait, il tenta de se concentrer sur "Le crochet facile". Autant dire que la présence de Sven quelques mètres plus loin ne l'aidait pas dans sa pratique. D'autant qu'avec des aiguilles à tricoter entre les doigts et une pelotte violine sur les genoux, il ne devait pas passer pour l'homme le plus viril au monde.
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Re: Se nourrir ? Une corvée mortelle... [P.V. : Janma] - Lun 15 Juil 2013 - 3:17
Dire que je ne me sens pas bien est un bien doux euphémisme.  Je crois que de toute ma vie, je veux dire, quand j’étais vivant, à Londres, je ne m’étais jamais sentis aussi mal. Et pourtant, c’est une habitude pour moi, que de ne pas beaucoup me nourrir. Bon… peut être pas à ce point, en fait.  Enfin… Le fait est que… je ne m’attendais pas à le trouver là, à une telle heure. Enfin… je sais qu’il bosse en tant que cuisinier, mais je ne m’attendais pas à le trouver ici, ce matin, à me servir mon petit déjeuner auquel je vais à peine toucher… Non. Je m’attendais surement à le revoir de bien des manières, mais pas celle-là. Et il faut dire que je n’en avais pas forcement le plus envie. Pas de le revoir. Non… Plutôt de le revoir, les yeux cernés comme jamais, le corps tremblant tant il est faible et moi à deux doigts de craquer… Non. J’aurais préféré éviter ça.
 
Et le pire dans tout ça, c’est que j’en oublie tous mes codes de politesses. Pas un merci, rien. Parce que bon, même si c’est son travail, il n’est pas obligé d’être… aussi séduisant d’aussi bonne heure. Et encore moins aimable. Je soupire, me frotte le visage avec les mains. Politesse bordel reviens moi…
 
J’arrive finalement à tourner la tête dans sa direction, mais il ne me regarde plus, concentré sur son… tricot ? J’aurais été en forme je me serais marré, mais là j’ai du mal à réagir, en fait. Non. Et puis à quoi bon se marrer parce qu’un homme tricote ? Ce n’est pas pire que… de porter une robe et des ballerines. Je soupire. On fait la paire, aujourd’hui, lui et moi. Je ris intérieurement. Aucune expression ne vient trahir mon visage. Bon sang.
 
Je regroupe le peu de forces qu’il me reste, attrape un pain au chocolat que je coince entre mes dents, prend mon gobelet de café fumant, et me dirige droit vers lui. J’attrape une chaise, nonchalamment et m’assois en face. Je retire la viennoiserie de ma bouche, intacte, et lui offre enfin quelques mots.
 
« …Merci… désolé. »
 
Je tremble de plus belle. Et si ça continue, je vais renverser le liquide brulant sur ma robe, et la tacher… J’en ai marre. Je porte alors le pain à mes lèvres, croque un minuscule morceau. Rien que ça, je n’arrive pas à l’apprécier. Pourtant, c’est bon un pain au chocolat… Oui. Juste que pour moi, me nourrir est devenu une telle corvée que je n’en éprouve plus aucun plaisir…
 
« …Tricotes quoi ? »
 
Je murmure comme je peux. Pas vraiment envie de parler, mais en même temps, c’est l’une des rares personnes avec qui je me sente sincèrement à l’aise. Et puis bon, j’ai pas été irréprochable côté comportement, ce matin. Nan, je me sens sincèrement stupide. Ce n’est pas parce que ça ne va pas qu’il faut que je me mette à être odieux, malpoli et tout le blabla avec un type qui m’a… ah oui, quand même. Un type qui m’a fait une clef de bras, qui a failli me péter le poignet, plaqué contre une fenêtre avant de me jeter au sol, toutes ailes dehors, menacé, puis finalement, offert un saphir. Non. Faut rester poli avec les gens qui ont des saphirs sous la main. Celui-là était juste assez grand pour m’en faire une boucle d’oreille, mais peut être qu’un jour j’en aurais un assez grand pour m’en faire un pendentif. C’est beau de rêvé. Je ris, doucement, un micro sourire sur les lèvres.
 
Je jette un coup d’œil à l’horloge, sept heures moins dix. Je n’ai pas envie de retourner bosser… Mais… en parlant de boulot…
 
« Ah euh… je te dérange peut être… après tout, tu es sur ton lieu de travail… ‘vais retourner à ma place. »
 
J’amorce de me lever dans l’optique de repartir trouver les deux autres viennoiseries qui, à ce train-là, ne vont pas tarder à finir à la poubelle…
 
« Désolé pour le manque de politesse de tout à l’heure… »
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Re: Se nourrir ? Une corvée mortelle... [P.V. : Janma] - Lun 15 Juil 2013 - 3:46
Blanc était un mot bien trop faible pour décrire l'état dans lequel se trouvait Sven à cet instant précis. Des cernes sous les yeux, un air fatigué, famélique des bras au bord de la crise de spasmes. Concentré sur son travail, Janma leva vaguement le regard sur le jeune homme. Un regard désapprobateur, qui distinga sa pomme d'Adam toute petite, son visage famélique, ses mains prêtes à se briser, son corps tout entier mal nourri.

Le repenti sentit une vague de désapprobation s'incruster sur son visage tout entier. Son air aimable se ternit, son regard se durcit, son coeur se flétrit en un instant. Sven se nourrissait mal, alors qu'il avait à portée de main tout ce dont il pouvait avoir besoin. Pour lui, cela relevait non seulement du plus élémentaire manque de courtoisie, mais aussi de la plus stupide des réactions face à la mort. Venant d'une époque où la nourriture manquait cruellement et s'achetait chèrement, voir quelqu'un la gaspiller ou la refuser le mettait moyennement en colère.

Aussi, il ne prit pas la peine de lui répondre. Il laissa sur la table le début de son bonnet pour l'hiver. Il s'était laissé surprendre, l'hiver précédent. Habitué à la chaleur du sable et du soleil, il avait été totalement submergé par la neige, glacé jusqu'aux os par le froid, et définitivement, il avait détesté le climat tempéré de l'Académie. Un climat auquel Sven ne survivrait pas longtemps s'il continuait à ne pas manger à sa faim.

Sven : Ah euh… je te dérange peut être… après tout, tu es sur ton lieu de travail… ‘vais retourner à ma place.

Janma tendit sa jambe sous la table, et tira sa chaise contre le rebord pour l'empêcher de se lever. Le visage fermé, il fixa alternativement les viennoiseries, Sven, puis les viennoiseries à nouveau. Le prince des voleurs se pencha ensuite sur la table, attrapa le pain aux raisins, et en coupa un bout pour le manger, dévorant Sven du regard.

Janma : J'espère pour toi que tu n'avais aucune intention de gaspiller la nourriture. Je ne te laisserai pas partir sans avoir tout avalé.

Il était sincère. Sven lui avait réclamé quelque chose de bourratif et sucré, Janma l'avait servi en conséquence. Il ne serait pas dit que la pie voleuse laisserait quelqu'un gaspiller des heures de travail de la pâte pour un caprice. Pas même Sven. Surtout par Sven.

Janma : Un bonnet.

Chaque chose en son temps.
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Re: Se nourrir ? Une corvée mortelle... [P.V. : Janma] - Lun 15 Juil 2013 - 6:05
Au moment où j’allais me lever, Janma m’en empêche en tirant ma chaise avec sa jambe. Je lève les yeux vers lui.
 
« J'espère pour toi que tu n'avais aucune intention de gaspiller la nourriture. Je ne te laisserai pas partir sans avoir tout avalé. »
 
Je soupire. Si, j’avais effectivement dans l’idée de gâcher la nourriture. Je n’en suis pas fier, mais… mais en fait, je n’ai pas faim. Et si je me force, je vais juste finir par tout vomir. Et ce n’est pas agréable. Mais il n’empêche que je ne fais pas mon fier. Je n’ose même pas le regarder dans les yeux.
 
« Un bonnet. »
 
Oh… Cool… Nouveau soupire. Crampe à l’estomac. Vertige. Je me tiens fermement à ma chaise. Je sais très bien que ce n’est pas bon pour la santé de mal se nourrir, mais le problème, c’est que je n’en éprouve pas le besoin ni l’envie. Bien des gens ont tentés de me gaver comme une oie. Je n’ai rien fait d’autre que d’être malade des jours durant, après… Même si là, je suis dans un état pitoyable. Sérieusement…. La faim, c’est quelque chose de chiant. C’est une sensation qui survient normalement lorsque le corps est dénutri. Le signal consiste en une légère chute du taux sanguin de glucose dans le sang. La plupart des personnes décrivent la faim comme un ensemble de sensations alliant un vide ou des crampes à l’estomac, et des sensations plus générales de faiblesse et de nervosité. Et voilà. Tout s’explique. J’suis tellement à cran, j’aime tellement peu nourrir, je fais tellement attention à mon poids que… que j’en ai perdu l’appétit. Alors de temps à autre mon corps me rappelle à l’ordre. Mais c’est inutile… Je n’arrive plus à me forcer… Même si apparemment Janma, lui, veut essayer…  Nouveau soupire de ma part.
 
« … Je n’ai pas faim. »
 
Je lâche. Ma voix est horriblement rauque. J’ai l’impression de perdre toute douceur et toute féminité. Bref, je perds tout charme. Et ça, ce n’est pas bon du tout. Je secoue la tête de droite à gauche. Non, je ne veux pas… Je…
 
« Je… je n’y arrive pas… »
 
Je susurre, à deux doigts de sangloter. J’ai l’impression que je ne vais pas tarder à me briser. J’ai l’impression d’être aussi fragile que du verre. Sérieusement, il faut que je me nourrisse mais je n’y arrive pas. J’en arriverais presque au point ou, sur terre, on m’aurait mis sous intraveineuse pour me nourrir autrement… J’ai un souci mental, j’en suis conscient, je ne le sais que trop bien, et pourtant, je n’arrive pas à lutter contre. A m’en défaire. Je ferme les yeux, la tête me tournant trop fort.
 
« Désolé Janma… Si tu veux tenter de me forcer car cela te déplais, essaye… mais moi, de moi-même, je n’y arrive plus… »
 
Oui. Je lui propose carrément de me forcer à manger. J’en suis arrivé à de telles extrémités. Là, je commence légèrement à avoir honte. Honte de ne pas être normal et de ne pas manger correctement. Honte, oui, de me laisser mourir de faim, quand je sais qu’ailleurs, à mon époque comme plus tôt, d’autres auraient tués pour pouvoir avoir la moitié de ce que j’ai. Et moi, je gâche tout, comme ça, car je n’ai pas faim. Car si je mange, je régurgite tout. Car j’ai un corps pourrit qui refuse les aliments. Oui… je crois que c’est ça.
 
Je pose la tête sur la table, dépité.
 
« J’en ai marre… »
 
Je murmure à voix plus que basse. J’aimerais vraiment réussir à passer au-delà de ça. Et qui sait… peut être que Janma pourrait m’y aider. Je ne crois en les miracles, mais pourquoi pas… Il peut toujours relever le défi, si cela l’amuse… Tiens… Je n’ai même plus envie de rire à mes boutades mentales, dis donc… Pour dire dans quel état lamentable je suis…
 
« Raaa…. »
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Re: Se nourrir ? Une corvée mortelle... [P.V. : Janma] - Lun 15 Juil 2013 - 6:39
La détresse. Pasr tous les pores de sa peau, tous les mouvements de son charmant visage pâle, Sven hurlait la détresse. Les tremblements de ses membres, cet air légèrement inquiet qu'il affichait, ce regard incroyablement fatigué. Comme s'il était dévoré de l'intérieur, comme s'il livrait un combat contre lui-même, comme s'il souffrait de se faire du mal, mais qu'il était incapable de s'arrêter.

Une lente agonie d'auto-mutilation, et de privation pour l'amour du beau. Pourquoi ? Pour avoir une taille plus fine, les dents qui cassaient, les ongles jaunis et les cheveux fragiles ? Pourquoi ? Dans un monde d'infini qui leur était offert, avec des dieux à profusion, là où une personne devait pouvoir manger, grossir, et se faire ravaler le surplus en un claquement de doigt. Pourquoi ? Alors qu'il lui avait demandé de lui servir quelque chose de riche, il était incapable d'en mettre ne serait-ce qu'un morceau entre ses charmantes lèvres.

Entre deux mondes, prêt à se briser, à tomber en morceaux, des milliers de fragments de papiers, Sven s'écroula, tête sur la table. La jolie poupée fragile qu'il avait voulu protéger se faisait du mal. De qui devait-il la protéger au juste ? Le regard perdu dans la miscroscopique tasse de café de Sven, Janma se leva, et lui tourna le dos. On aurait pu le croire totalement désintéressé. Après tout, il était connu pour n'avoir strictement rien à faire des problèmes d'autrui, quelle que soit leur nature. Mais il revint quelques secondes plus tard, redressa Sven en poussant doucement sur son front, et colla une serviette humide sous sa frange.

Lui cachant les yeux, il le tint bien droit, et se mit dans son dos pour le maintenir en position. De longues secondes, il se contenta de le rafraîchir, avant de s'accroupir, et détacher un morceau de viennoiserie, en mettant des miettes un peu partout. Le morceau encore chaud entre les doigts, il attrapa le menton de Sven, le tira à lui comme pour l'embrasser, et glissa délicatement la nourriture pour lui fermer la bouche, sans le moindre mot. Son regard se planta dans le sien, avec quelque chose d'inquiétant. Le paternel mécontent que sa progéniture s'auto-détruise sans vergogne.

Il réitéra l'opération plusieurs fois, donnant de toutes petites bouchées à Sven. Et puis, lorque le compte de calories atteignit un stade qui lui semblait raisonnable, il cessa. Il se leva, posa un verre vide et un pichet d'eau sur la table, avant de retourner à son tricot, le regard rivé sur la pendule. Il avait encore quelques minutes de tranquilité, autant en profiter.

Il remonta ses manches pour ne pas être gêné, et continua donc son bonnet. Les mailles étaient toute tordues et un peu larges, il devrait sans doute le recommencer plusieurs fois avant d'obtenir un résultat qu'il oserait porter sur la tête. Mais au moins, cela entraînait sa dextérité dans les doigts. Ah. Cela faisait longtemps qu'il n'était pas allé prier Deus. Depuis qu'il était revenu de la mission avec Mjolnir, il n'en avait en fait plus entendu parler. Etrangement, la professeur de philosophie le fuyait lorsqu'elle le voyait. Quel drôle de comportement. Janma leva le regard sur Sven, et eut un sourire.

Janma : Le jour où ton corps mourra d'inanition, ce n'est pas à moi que tu devras t'excuser. Mais à Deus qui t'a donné une vie toute neuve, et que tu gaspilles pour pouvoir entrer dans un jean moulant.

Il manqua une maille, la défit, revint dessus. Concentré sur sa tâche, il finit par poser son ouvrage, ranger le tout dans un petit sac en coton, et se lever pour se remettre à son poste.

Janma : Heureux les simples d'esprit, car le Royaume des Cieux leur appartient !
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Re: Se nourrir ? Une corvée mortelle... [P.V. : Janma] - Mer 17 Juil 2013 - 2:03
Sentir des mains me redresser, me poser quelque chose d’humide et froid sur le visage, puis des doigts m’ouvrir la bouche pour y glisser quelque chose de chaud. Un morceau de viennoiserie… Sentir que l’on s’occupe de moi, que l’on me force à manger… Sentir qu’on s’intéresse un minimum à ma santé et que l’on ne veut pas que celle-ci se détériore… Je sens mon cœur s’envoler dans mon cœur. Papillonner. Virer de gauche et de droite. Oui. Me faire nourrir par Janma me rend content. Le fait qu’il s’occupe de moi, en cet instant, me touche. Durant de longues minutes, il réitère l’opération. Et moi, je me laisse faire. Docilement. Je mâche difficilement, avale, encore plus difficilement. Mais petit à petit, ça passe de mieux en mieux. Et je finis par sentir mes forces me revenir. Peu à peu.
 
Au bout d’un certain moment, il finit par s’arrêter, et retourner à son tricot. Je le fixe alors, en souriant. Oui. Au début, j’ai trouvé ça drôle, de le voir tricoter. Mais maintenant, je trouve ça intéressant. Le voir se concentrer sur une activité telle que celle-ci, voir son visage porter le masque de la concentration… Si beau. Si… Janma. Je ris. A quoi je pense moi… ? Je soupire. Il lève les yeux vers l’horloge. Je ne compte plus, non. Mais je me demande à quoi il pense, les yeux faisant des allés retours entre son œuvre et l’horloge. Et enfin, il lève le regard vers moi. Et me sourit.
 
« Le jour où ton corps mourra d'inanition, ce n'est pas à moi que tu devras t'excuser. Mais à Deus qui t'a donné une vie toute neuve, et que tu gaspilles pour pouvoir entrer dans un jean moulant. »
 
Je soupire. Ce n’est pas pour ça que je ne mange pas… peut être au tout début, il y a quelques années de cela. Plus maintenant. Mais je me retiens de le dire. Je me contente de rester, silencieux, à l’observer. Le regarder ranger son occupation, avant de se lever pour retourner à son poste. Il dit quelque chose, mais je ne distingue pas bien. Je prends le gobelet remplit de café, à présent tiède, limite froid, et le porte à mes lèvres. J’en bois une gorgée, puis deux, avant de le reposer. Et je reste assis. Je devrais retourner travailler moi aussi, mais je ne me sens franchement pas de le faire. Les collègues me comprendront très surement. Je leur expliquerais demain. Un nouveau soupire s’échappe de mes lèvres. Je balance la tête en arrière. Et je jette un œil en direction de la porte d’entrée. C’est la ruée vers l’or ou quoi ? Je ris en voyant les apprentis débarquer, se précipiter, se pousser, pour un gobelet de café, une quelconque viennoiserie à se mettre sous la dent avant d’aller poser son postérieur sur une chaise pour la journée entière. Et moi, je reste là, devant mon gobelet, immobile.
 
Nombreux sont ceux qui me saluent, mais ils vont toujours s’assoir loin de moi. Jusqu’à ce que deux jeunes hommes, sensiblement du même âge que moi, viennent se poser à ma table, là où se trouvait Janma quelques instants auparavant. Je jette un coup d’œil dans sa direction. Il est bien occupé avec toutes les commandes qu’il a. Alors je reporte mon attention sur le café.
 
« Eh bien alors, vous nez travaillez pas, aujourd’hui, Sven ? »
 
Me demande l’un d’entre eux. Je lève les yeux vers eux, les dévisageant. Je ne me rappelle pas forcément les avoir déjà vu. J’hausse un sourcil, les trouvant curieux, mais bon. Quitte à ne pas travailler, et attendre que l’autre en ai fini avec le sien, de travail, je me fends d’un sourire. Je me redresse, plonge mes yeux dans ceux du jeune homme en face de moi.
 
« Non. Je ne me sens pas bien… »
 
Une drôle de lueur passe dans son regard. Hmm. Je soupire.
 
« Et vous alors ? Vous vous levez bien tôt pour aller en cours, dites-moi. »
 
Ils me sourient, ris doucement. Je ne sais pas trop pourquoi, je m’en fou en fait. Ils font ce qu’ils veulent. Je jette un nouveau regard à Janma, qui est toujours aussi occupé. En fait, j’ai le choix entre rester ici et attendre de voir si la foule d’élève diminue, et me casser tout de suite, ne sachant trop quand je pourrais revoir Janma et discuter avec lui, et fixer son visage, et ses yeux, et ses lèvres et … Je secoue la tête. Whoa. Ces pensées sont… Non. Je ne dois pas penser de la sorte.
 
Je sens une main se poser sur la mienne. Je sursaute, l’enlève, fais mine de m’attacher les cheveux avec l’élastique que j’ai autour du poignet. Puis j’interroge du regard le type qui a fait ça.
 
« Vous sembliez perdu dans vos songes… dites-moi donc… y a-t-il un beau jeune homme qui occuperait vos pensées ? »
 
Instantanément mon regard se porte sur cet idiot de cuisinier. J’entends rire à côté de moi.
 
« Lui ? Oubliez. A ce qu’il paraîtrait, les femmes ne sont pas sa tasse de thé. Et puis il n’est pas des plus aimables. Poli, certes. Mais pour la compagnie...  Nous en revanche… »
 
Je les vois se rapprocher doucement, je tente de me reculer, de leur répondre que je suis un homme, mais étrangement je n’y arrive pas. Je sens comme une main puissante me tenir en place, silencieux. C’est quoi ce bordel… ? Finalement, lorsqu’une main atterrie sur ma cuisse, je retrouve l’entièreté de mes moyens. Je la vire.
 
« Je vous interdis de parler de choses que vous ne connaissez pas. Je préfère surement être en sa compagnie qu’en la vôtre... Lui au moins il… »
 
Il quoi ? Il n’est pas superficiel ? Il a fait attention à moi ? Il a pris soin de moi ? Je soupire.
 
« Laissez tomber. Foutez-moi la paix. »
 
Je fronce les sourcils, prenant mon visage le moins angélique possible. Mais ils ne bougent pas. 

« Vous êtes mignonne aussi quand vous faites mine d'être en colère... »

Je soupire. Ils vont me lâcher, oui ? Je ne leur ai rien demandé, bordel !

Je constate que c’est le même mec qui parle depuis tout à l’heure. Alors je tente un changement de sujet.
 
« Et ton pote, alors. Il a perdu sa langue, pour ne piper mot ? »
 
Celui-ci fronce les sourcils.
 
« Ma langue est bien là où elle devrait être, mais il y a bien un endroit où j’aimerais qu’elle finisse… »
 
Susurre t-il. Urk. Quel manque de délicatesse. C’est immonde. Je sens un haut le cœur s'emparer de moi. Je vais vomir... Ces types vont réussir à me faire vomir tant ils me dégoutent... Je soupire, baisse la tête, me frotte les temps. Je lève les yeux, le moins élégant des deux à la main posée sur la table, bien à plat, les doigts écartés les uns des autres. Je plonge alors ma main dans ma sacoche, empoigne une lame que j'ai confisqué, et la plante dans la table entre son index et le majeur. Je me lève, me penche vers lui.


« C'est cool mon grand. Je t'apprendrais comment jouer avec sur une verge, si cela t’intéresse tant que ça. Parce que sois sûr que si d'aventure, tu venais à soulever cette robe, tu serais bien surpris de ce que tu y trouverais... P'tit con. »

Je me rassois. J'observe son visage, avec cette expression dubitative collée dessus. Je pense qu'il se demande si je suis sérieux ou non. Mais à voir le sourire qui naît petit à petit, il doit penser que je déconne. Je soupire. J'en ai marre des lourdauds...
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Re: Se nourrir ? Une corvée mortelle... [P.V. : Janma] - Jeu 18 Juil 2013 - 20:29
Janma était inhabituellement serein. Là où la colère de voir Sven dépérir et celle de savoir qu'on gaspillait sa nourriture auraient renversé la table pour enfoncer de force et avec brutalité de la nourriture jusqu'à le faire vomir, il s'était montré d'une douceur incroyablement délicate. Lorsque cette petite vipère était dans les parages, il n'était plus lui-même. Il était curieux. Qui était cette petite catin capable de lui tenir tête ? Il était aveugle, et ne voyait rien de ce qui l'entourait. Rien que Sven.

Sven, ses grands yeux constamment interrogatifs. Sven et son air perdu, lointain. Sven et ses cheveux longs, bruns, aussi fins que de la soie luxueuse. Sven et son adorable cambrure. Sven et ses lèvres roses. Il était tout entier un pousse au crime, une tentation aussi visible que le nez au milieu de la figure, et posée là par Deus pour le forcer à sortir de ses gonds. Il se détestait pour penser à lui. Et il se détestait parce qu'il en éprouvait des remords. L'heure tournait. Inlassable bourreau de ses nuits et de ses jours, le cycle infernal de ses heures de travail le rappela à l'ordre lorsqu'il vit le premier élève pénétrer dans la cafétéria.

Laissant là son tricot qu'il rangea dans un petit sac en tissu pour le dissimuler dans la poche ventrale de son tablier, il se mit à son poste, et surveilla du coin de l'oeil Sven, l'ayant abandonné sans un mot. Viennoiserie après viennoiserie, café après café, il servait inlassablement les élèves en les remerciant d'un sourire, d'un hochement de tête, d'une plaisanterie sur leurs têtes mal réveillées. Et puis, il les vit arriver. De loin.

Deux jeunes apprenti dieux qui venaient d'une époque bien plus ancienne que la sienne. De ces gens avec qui cela ne collerait jamais. Aussitôt qu'il les avait rencontrés, il les avait détestés comme des ennemis jurés. Ce n'était pas tant leurs actes qui lui déplaisaient, après tout il ne les avait vus que très rarement, et ne pouvait pas vraiment témoigner de malveillance. Ce n'était pas non plus leur visage, ils avaient quelque chose de parfaitement quelconque. Une démarche vaguement patibulaire, un dos légèrement voûté. Non. C'était autre chose.

Ce petit brin de suffisance qu'ils avaient dans le sourire qu'ils adressaient à tous les repentis. Cet air infimement moqueur que leur donnait leur regard. Ce quelque chose, ce il ne savait quoi de supérieur dans l'esprit, et d'inférieur dans le corps. Cette prétention légère toute dirigée contre lui et qui réveillait ses titres. Ses noms. Sa famille. Son histoire. Janma les laissa partir sans relever. Il avait été suffisamment virulent avec une élève pour la prochaine décade depuis qu'il en avait tué un. Il passa immédiatement à autre chose, se concentra sur sa tâche. Puis enfin lorsque le dernier élève de la vague de sept heures arriva, il décrocha son tablier et le confia au second cuisinier, ayant terminé son service pour ce matin-là. Il avait cuisiné depuis l'aube, et venait d'effectuer la moitié de sa journée. Il n'avait plus à mettre les pieds dans la cuisine et la cafétéria jusqu'à la tombée de la nuit, et était donc parfaitement libre... de retourner voir Sven.

Sven. Debout. Légèrement penché en avant, les os de ses petites fesses pointues soulevaient le tissu de sa robe à l'en rendre un peu trop courte pour être décente. Janma ne l'entendit pas de là où il se trouvait, mais sa position avait tout d'une menace directe. En s'approchant d'un pas, il le vit. Déterminé, hargneux, son joli visage déformé par une colère qui lui allait à ravir. Le repenti sentit son coeur manquer un bond. Magnifique. Dans sa frustration et son explosion la plus totale, Sven était d'une beauté écrasante. Oui. Seulement il l'était face à deux individus qu'il ne connaissait que trop bien.

Que faisaient ces deux malotrus à côté de sa perle rare ? Ils ne jouaient de toute évidence pas dans la même cour. Ces deux sacripants auraient mieux fait de trouver une petite apprentie déesse vulgaire à utiliser quelques temps. Ils méritaient les lycéennes puériles ou les faiseuses de complots. La délicatesse et la classe de Sven était là, très loin des standards qu'ils étaient capable de s'offrir. Financièrement. Physiquement. Moralement.

Le cuisinier s'approcha dans le dos de Sven, et posa ses mains sur sa taille, pour le redresser, et le coller contre lui. Son regard ambré se posa alternativement sur l'un et l'autre des apprentis dieux. Un sourire infimement moqueur encra son visage, tandis que sa main glissait au poignet de Sven. Les lèvres proches de son oreille, il se cacha derrière les mèches longues de sa chevelure brune, le regard joueur.

Janma : Et bien et bien... vous faites beaucoup de grabuge dans ma cafétéria, jeunes gens.

Avec une délicatesse digne de son titre de prince des voleurs, Janma saisit le manche de l'arme improvisée du surveillant, et la reposa lentement sur son plateau d'origine, lui laissant sentir son souffle tout contre sa joue. Calme, il reporta ensuite toute son attention sur les deux fauteurs de troubles, et fronça les sourcils. Insupportables petits ramasse-merde incapables de respecter l'autorité de leurs ainés.

Janma : Messieurs, je suis navré de vous l'apprendre, mais vous faites erreur sur Sven.

Le cuisinier coupa court à leurs regards dubitatifs. Il était connu jusque dans les classes pour n'avoir aucun intérêt pour les jeunes femmes. Démonstratif, ses mains ses posèrent à l'emplacement d'une présumée poitrine, et remontèrent pour faire pencher la tête en arrière à Sven. Plus grand que lui, il le fixa avec un sourire dans le regard, et souffla doucement sur les mèches courtes de sa frange.

Janma : Cet émoustillant petit prince n'est pas pour vous.

Poussé par une bouffée de possession, il attrapa ses lèvres, et l'embrassa avec douceur. D'humeur taquine, légèrement intrusif, il joua avec sa langue, lui mordilla la lèvre, puis se retira, avant de jeter un regard respectivement à l'un puis à l'autre des apprentis.

Janma : Ceux incapables d'apprécier la vraie beauté ne devraient pas la fréquenter.

??? : Hé. Tu nous insultes le cuistot.

Janma : C'est lui que vous insultez. Sven n'a rien des catins de bas étage que vous tripotez entre deux cours. Allez donc chercher l'inspiration pornographique dont vous avez besoin ailleurs que sur mon trésor.

??? : Enfoiré !

Vif, le second s'était levé. Dans un mouvement de violence à peine maîtrisé, il fit partir son poing à la rencontre de sa mâchoire. Janma sentit son bras réagir au quart de tour, et l'arrêta dans un frisson de douleur. Sa peau délicate et basanée se recouvrit de plumes épaisses et éparses, noires comme la nuit. Déchirant son épiderme dans une sensation désagréable de quelque chose s'extirpant de son propre sang, elles arrêtèrent néanmoins l'attaque de son adversaire.

Le bras protecteur enroulé autour de Sven, Janma renifla avec dédain, et jeta un coup d'oeil à un autre surveillant chargé de la ronde matinale au sein du bâtiment.

Janma : Je vous conseille de partir.

Maintenant toujours en pression le poing de son adversaire, il sentit son sens de dieu s'affoler, et dut luter contre la douleur occulaire que cela provoquait. Tous les objets brillants de la salle lui apparaissaient à présent comme autant de lumières étincelantes. Des attrape-papillon dans lesquels il voulait se jeter à corps perdu. Janma poussa légèrement l'élève, et recula pour libérer Sven, son bras toujours recouvert.

Il était différent lorsque Sven était là. Il était en colère constante. En inquiétude constante. En intrigue constante. De quel sortilège jouait cette petite vipère pour le mettre en sac de cette manière ?
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Re: Se nourrir ? Une corvée mortelle... [P.V. : Janma] - Jeu 18 Juil 2013 - 22:53
Si je m’étais attendu à ça… Sentir ses mains sur ma taille, son corps contre mon dos, ses lèvres à quelques millimètres de mon oreilles… Sentir les poils de mon corps s’hérisser, un frisson me secouer l’échine, une bouffée de chaleur s’emparer de moi… Je tourne la tête, me mord la lèvre inférieure. Puis je souris doucement en l’entendant leur dire qu’ils font erreur sur moi.
 
Soudain, ses mains se glissent jusque sur mon torse, là où est censée se trouver la poitrine présumée si douce qu’imaginent souvent les jeunes gens. Je lâche un petit soupire. Ses mains me perturbent, me fragilisent. J’ai l’impression d’être une jeune fille fragile entre les mains d’un jeune voyou. Mais je ne suis pas une jeune fille en fleur. Non. Je suis un jeune homme. Je suis Sven. Entre les mains de Janma. Qui prend ma défense. Et puis ses mains remontent, lentement, jusqu’à ma gorge, mon menton, faisant pencher ma tête en arrière. Son souffle me chatouille le front, puis ses lèvres sur les miennes. Je soupire à nouveau, je me sens fondre de la tête aux pieds. Mince alors… c’est dingue l’effet qu’il me fait… Sa langue vient jouer avec la mienne, ses dents me mordillent la lèvre inférieure. Mon cœur saute un battement. Le rouge me monte aux joues.
 
« Ceux incapables d'apprécier la vraie beauté ne devraient pas la fréquenter. »
 
Ses mots me touchent, droit au cœur. Je ferme les yeux, détourne le visage, les joues rosées à cause des derniers évènements. L’un des deux apprentis lui répond sèchement. Je rouvre les yeux, hostile.
 
« C'est lui que vous insultez. Sven n'a rien des catins de bas étage que vous tripotez entre deux cours. Allez donc chercher l'inspiration pornographique dont vous avez besoin ailleurs que sur mon trésor. »
 
Tré…Trésor ? Me voilà rougir de plus belle. Mais surtout… je n’ai rien des catins de bas étage ? Pourtant, il sait ce que je suis. Il ne le sait pas mieux que n’importe qui, mais il connait le nombre de mes clients, il connait… il sait à peu près tout, je crois… Puis je suis tiré de mes songes par un poing qui vole droit vers sa joue derrière moi, non loin de mon visage. Et puis des plumes. Des plumes que j’ai déjà rencontrés auparavant. Je regarde le bras de Janma, ce bras puissant qui a arrêté le coup avant qu’il ne s’abatte sur sa peau halée à croquer.
 
Une sorte d’alarme se met à hurler en moi. Je sens toujours son bras autour de moi, protecteur, doux. Mais je le sens tendu, près à riposter dès la première occasion. Puis il me libère. Alors j’en profite pour agir. Un coup de poing, rapide, puissant grâce à la vitesse, qui s’abat directement dans l’estomac de l’apprenti. Celui-ci se plie en deux, alors je l’achève. Mes deux poings liés ensemble tombent sur sa nuque. Son corps s’écrase au sol, tordu de douleur. Mon corps à moi tremble, tout entier, en rage.
 
« Ne vous avisez plus jamais de manquer de respect à un personnel de l’académie. Nous sommes des repentis, ce n’est pas pour rien. »
 
Il se roule sur le dos, me regarde.
 
« Vous n’avez pas le dro… »
 
« Le droit ? J’ai tous les droits, imbécile. Je suis surveillant. Je peux même te tirer dessus à bout portant avec un bazooka si ça m’amuse. Je peux te faire tout et n’importe quoi tant que je ne te tue pas. Et quand bien même ce serait le cas, tu reviendrais à la vie et je pourrais recommencer. Et crois-moi, si toi et ton copain, je vous reprends à me manquer de respect, à moi ou à Janma, je ferais de votre éternité un enfer. C’est compris ?! »
 
Je crois qu’en cet instant, je ressemble à un loup prêt à mordre. Un loup qui protège son alpha. Je sors les crocs. Et si jamais je devais les planter, il souffrirait. Et pas qu’un peu. Mes yeux lui lancent des promesses de mort silencieuses, à lui et à son ami. On ne touche pas à l’objet de mes pensées. Sans quoi je risque sincèrement de sortir de mes gonds. Ce n’est pas mon genre, cela ne m’était jamais arrivé de mon vivant. Mais… je ne suis plus vivant. Et j’ai fait la rencontre d’un homme qui risque de me changer plus que ce que je ne pouvais le penser. Plus que je n’aurais jamais pu l’imaginer. Et étrangement, je ne trouve pas ça désagréable. Au contraire.
 
Je me retourne alors vers Janma, enroule mes bras autour de son cou, et approche mes lèvres de son oreille.
 
« Du calme… »
 
Je murmure doucement, rangeant ma tête dans son cou. Me rendant compte qu’il y a pile poil l’espace pour. C’est comme si c’était là qu’était sa réelle place. Contre lui. Et j’y dépose un baiser. Simple. Doux. Un baiser naturel. Pas un de ceux que je m’efforçais de donner avant. Je me colle contre lui, je n’en ai rien à faire que tout le monde le voit. Allez-y. Rincez-vous l’œil. Imprégnez ça dans vos cervelles de piaf. Je refuse d’être touché par quelqu’un d’autre que cet homme… Enfin. Si bien sûr il veut de moi. Mais au moins il me servira de protecteur. Et confident. Et… ami ? Qui sait… Je dénoue mes bras de son cou, je me met à caresser son bras, ses plumes, du bout des doigts. Si doux...

Je soupire. Hmm. Vu l’état dans lequel il me met simplement en m’effleurant, je ne suis pas sûr de supporter de rester juste ami en fait. Je ris silencieusement. Tant pis. Qui vivra verra, je crois.
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Re: Se nourrir ? Une corvée mortelle... [P.V. : Janma] - Sam 20 Juil 2013 - 22:10
C'était un sentiment très étrange, incroyablement grisant et nouveau que de sentir la fragilité de Sven entre ses mains. Janma était habitué aux faiblesses des autres. Judal était quelqu'un de faible, de manipulable, aussi fragile que du verre tout juste soufflé. Il l'avait façonné, fait plier et brisé dans tous les sens jusqu'à le faire sien. C'était là toute la puissance qu'il avait de son vivant, manipuler plus faible que soi, en faire un jouet, en faire une marionnette. Défendre plus fragile que lui était une première, surtout envers quelqu'un d'autre. Et quelque part, Janma s'inventait des excuses.

Non, il ne s'était pas mêlé des affaires d'autrui. Il était profondément désintéressé des problèmes de quiconque, et seul son égo et sa personne l'intéressaient plus que lui, lui et encore lui. Il n'avait pas défendu Sven pour lui faire plaisir ou lui éviter un mauvais pas. Il l'avait fait pour le posséder, se poser en sauveur, le faire se rapprocher.

Pourtant, lorsqu'il le vit à son tour le défendre contre un coup de poing malheureux qu'il n'aurait pas pu arrêter, il ne put s'empêcher de sentir ses plumes se dresser lentement sur ses bras. Secoué jusqu'aux fondements-mêmes de sa conscience, il déglutit en silence, son regard de tigre posé sur sa poupée psychédélique. Des repentis. C'était ça, la réponse à sa question. Pourquoi lui plutôt qu'un autre ?

Parce qu'il se reconnaissait dans sa façon d'être. Dans la noirceur de sa personne. Dans son passé tumultueux, et son nouveau rôle de dieu. Janma voyait en Sven le prolongement de sa faiblesse, la partie tendre de son être qui n'avait jamais pu exister. Il avait grandi tellement vite qu'il avait oublié de profiter de la candeur et des petits plaisirs de la vie. Ce qu'il était en ambition et en volonté, sven l'était en douceur, en fragilité. Une magnifique rose blanche dont les pétales délicats n'égalaient que le piquant des épines. Il sentit son visage s'étirer d'un doux sourire, malgré la douleur qui pulsait dans chacune de ses plumes. Il se surprit à le rapprocher de lui, les mains sur le bas de son dos. Il le serra en silence, légèrement penché en avant pour ne pas le soulever du sol. Il était plus grand, bien plus grand que lui. Mais il ne se sentait pas gêné, oh non. La sensation bien trop familière d'un trophée à exhiber le fit jubiler un instant. Il passa une main bienveillante dans les cheveux de Sven et se détacha finalement de lui. Ses plumes rentrèrent en lui tirant une grimace de douleur. Comme autant de lames transperçant sa peau, elles laissèrent des dizaines de marques rouges, parfaitement rondes. La trace de leur retour dans leur cachette d'origine. Janma soupira, s'assit là où Sven avait pris place auparavant, et s'y posa, fermant les yeux un instant.

Comment devait-il gérer pareille situation ? Sven n'était pas Judal. Il ne pouvait pas le manipuler, le tordre, le faire danser à sa guise. Non, et quelque part, il sentait qu'il ne serait pas satisfait, pas... heureux ? En en venant à de telles extrêmités. Le prince des voleurs soupira, ressortit son tricot, le posa sur la table. Il ne savait pas quoi faire, pas quoi dire. Il se laissa aller, croisa les bras, toisa Sven de longues secondes. Ce petit brin d'homme-putain venait de casser la gueule à deux élèves sans autre forme de procès. Un sourire fier, satisfait orna son visage. Il secoua négativement le crâne, signifiant son intérêt.

Janma : Quelle redoutable petite vipère.

Enfin, il s'était décidé à parler. Janma n'avait pas vu Sven depuis environ un mois. Une éternité, lorsque l'on considérait tout ce qu'il avait fait entre temps. Entre l'ennui mortel d'une journée répétitive en cuisine et la mission dans la forêt humaine qu'on lui avait confiée, il n'avait pas eu le temps de chercher le bourreau de sa fragile poupée de crystal.

Oui. Cet énergumène violent et sans aucune pitié qui l'avait blessé à l'en faire pleurer.

Janma : Ton ventre et ta gorge vont mieux, Sven ?

Revenir en terrain connu. Apâter doucement la créature sauvage. Ne pas le secouer. Pas trop. Pas encore. Janma n’avait aucune envie de voir Sven se braquer une nouvelle fois contre lui. Il le savait capable de bien des taquineries, et particulièrement apte à se rebeller, et l’envoyer valser d’un revers de mépris. En vérité, Janma était frustré. Quelqu’un dans cette académie, un homme, avait été assez barbare pour abîmer le corps et l’âme d’un repenti sans subir les foudres de Deus. Une ironie douce qui remettait pour lui en doute la toute-puissance du très haut.

A moins que ce ne soit l’influence de ce fameux ‘libre arbitre’ dont parlaient les ouvrages religieux qu’il avait lu. Quoi qu’il en fût , Janma n’avait pas pu se pencher sur la question, et il restait incroyablement démuni face à la personne qu’il avait promis de protéger corps et âme. Ennuyé de se présenter à nouveau à lui, d’y faire allusion et de n’avoir aucune solution concrète à son problème, il croisa les bras, semblant réfléchir.

Janma : Navré. Je n’ai pas eu le temps de venir te revoir après…la dernière fois. J’ai eu une petite promotion, comme tu as pu le voir.

Il faisait bien entendu référence à ses plumes. Pour ce qui était de son rôle au sein de la cuisine, il resterait sans doute pour très longtemps – voire à jamais – le larbin de jeunes apprentis dieux. C’était dur, mais pas autant que de devoir subir leurs crises de rébellion sans doute. Silencieux, attentionné, il dévisagea Sven en silence. Il avait envie…de l’embrasser à nouveau. De revoir ses joues se couvrir de rose. De sentir son pouls accélérer, l’odeur de sa peau chauffée par afflux sanguin. Hm. C’était une sensation très étrange. De vouloir quelque chose, et de ne pouvoir l’atteindre dans l’immédiat. Un doux mélange de frustration, d’attente, d’envie, de désir.

Janma : Je fais un bien piètre défenseur. N’est-ce pas ?

Il se pencha en arrière, fit craquer son dos, se redressa sur sa chaise. Voilà. Maintenant, il était gêné. Aussi mal à l’aise qu’une pucelle face au grand méchant loup. Sven avait quelque chose de perturbant, d’obsédant. Oui, c’était ça. Il le faisait tourner en rond aussi sûrement qu’il le fascinait. Et lui qui s’était juré dans la mort de ne se consacrer qu’à son nouveau rang de dieu se voyait de nouveau attiré…par des idées bien moins saines. Une alcôve, une boîte à encens, quelques tentures, et Sven . Janma sentit son sourire s’élargir, il se contint, se racla la gorge. Non. Du calme.
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Re: Se nourrir ? Une corvée mortelle... [P.V. : Janma] - Dim 21 Juil 2013 - 0:15
Deux apprentis K.O au sol. De mes poings. Je balaye la pièce du regard. Cela vaut pour eux aussi. Quiconque insultera les repentis, moi-même, ou pire, Janma, aura affaire à moi. Je lance un ordre silencieux à quelques jeunes gens, leur demandant d’emmener les deux abrutis à l’infirmerie, et d’aller en cours par la suite. Ils s’exécutent immédiatement. La cafétéria se vide petit à petit, se vidant également de cette tension palpable qui s’était installée.
 
Je me retourne ensuite vers Janma. Celui-ci s’est assis à ma place, et le revoilà tricot en main. Je me sens légèrement vexé. Quoi, je ne suis pas aussi intéressant que du fil de laine et des aiguilles ? Mince alors… Tant pis. S’il m’ignore, je vais en faire tout autant. Je reprends ma tasse de café, froid à présent, et la vide d’une traite. Il me semble que je n’étais pas censé gâcher, alors chaud ou non, je le bois. Je n’ai pas envie de me mettre à dos le repentis des lieux. Je ris doucement à cette pensée. Et finalement, au bout de longues minutes de silence, il finit par m’adresser la parole. Enfin, c’est vite dit. Moi ? Une vipère ? Je ne me suis jamais vu de la sorte. Après tout, ma peau est douce et non écailleuse, je n’ai pas la langue fourchue bien qu’elle soit agile, et même si mes dents sont biens aiguisées, elles n’ont rien de deux crochets ignobles… Je soupire.
 
« Ton ventre et ta gorge vont mieux, Sven ? »
 
Je lève lentement les yeux vers lui. Je lui souris tendrement. J’écarte les quelques cheveux restant, de mon cou, pour le laisser pouvoir constater par lui-même. Après tout, cela fait un mois tout ça… J’aimerais bien lui prouver que mon ventre aussi est guérit, mais pour le coup, on va s’en passer. Prostitué, oui. Exhibitionniste, non. Je souris de plus belle.
 
« Mon corps s’est toujours plutôt bien régénéré, alors oui, ça va mieux. »
 
Je réponds d’une petite voix. Je le sens se radoucir, comme s’il voulait capturer un animal sauvage. Après tout, si l’on veut attraper une vipère, il faut de la patience, du calme… et de la vivacité. Je suppose que cette petite lueur de défi brille dans mes yeux en cet instant, signifiant « Attrapes-moi si tu peux… ». Mais il continue de parler. Il s’excuse de ne pas être venu me voir. Je ris doucement. Je le lui avais dit que l’on ne se reverrait pas de sitôt. Quand bien même il aurait cherché à me voir, je l’aurais sans aucun doute évité. Et Deus seul sait combien je suis doué à ce petit jeu du chat et de la souris.
 
« Je fais un bien piètre défenseur. N’est-ce pas ? »
 
Il se penche en arrière, fait craquer son dos. Je sens quelque chose d’étrange agir en lui, mais suis incapable de dire quoi. Je vois son sourire s’élargir, puis il se racle la gorge et … Je ne peux plus tenir la distance. Je m’approche, lui fait poser son tricot, et m’assois sur ses genoux, sans aucune gêne, malgré les quelques regards des apprentis restant braqués sur nous. Ce ne sont pas quelques jeunes gens qui vont me déranger. Je pose une main sur une de ses joues, je me mets à la caresser doucement, lentement, du bout des doigts. Je laisse mon index glisser le long de son nez. J’ai très envie de l’embrasser. Mais je me retiens. Oui. Pas tout de suite, le baiser, non mais ho…
 
Je soupire.
 
« Non, je ne dirais pas ça comme ça. Je dirais plutôt… Que "tout vient à point à qui sait attendre." »
 
Je rapproche lentement mon visage du sien, posant mon front contre le sien. Je me mets soudain à entendre ma respiration, lente, calme, discrète. Et je sens mon cœur battre dans ma poitrine. Je sens le moindre courant d’air caresser ma peau. Je sens… à peu près tout, si je peux dire ça ainsi. Il me rend… fragile. Prêt à me briser à la moindre brutalement. Il me fait me tenir comme une poupée de porcelaine, il me fait tenter de le séduire. Il me fait faire ma midinette. Et je n’aime pas vraiment cela. Il me fait être doux comme un agneau… Il me fait… me laisser m’apprivoiser.
 
Manque plus qu’à voir s’il saura me capturer ou non.
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Re: Se nourrir ? Une corvée mortelle... [P.V. : Janma] - Jeu 26 Sep 2013 - 18:47

RRRrrr. Eh bien, il y a du très doux, du plus plus virulent et beaucoup d'interrogation dans ce rp. En tout cas, c'est captivant. Et puis, vous avez deux super styles d'écritures alors c'était vraiment super. Mais je râle quand même. Je voulais la suite moi....

Sven :  495 xps
Janma :  420 xps

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Se nourrir ? Une corvée mortelle... [P.V. : Janma]
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