Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Welcome To My Mad World [Rp Solo & Terminé]

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Welcome To My Mad World [Rp Solo & Terminé] - Dim 30 Juin 2013 - 14:14

Un tout nouveau jour. Une toute nouvelle mission. Elle ne chômait pas à la guilde noire. Elle s’étira et bailla, la tête encore embrumée. Dormir. Voilà sa seule préoccupation. Dormir. Le travail, elle verrait plus tard. Elle se retourna dans sa couette, trop heureuse de n’avoir personne sur le dos pour lui ordonner de se lever. Mais ça, c’était avant qu’une junkie anthropophage ne la prenne sous son aile.
Une verre d’eau lui aspergea le visage. Elle ouvrit de grands yeux. C’était glacé. Maintenant, elle ne comprenait mieux ce qu’avait ressenti Akalie le jour où Lyra l’avait extirpée du royaume des songes de la même manière.
En un bond, elle fut sur ses pieds, prête à étriper Lou pour son geste. Au moins s’était-elle levée. Cela avait eu l’effet escompté.
Une fois habillée, Lou expliqua la mission du jour à Lyra. Rien de bien compliqué. Un assassinat. C’était dans les cordes de la Russe. La demoiselle ne comprenait pas pourquoi Lou souhaitait l’accompagner. Elle n’avait pas besoin d’être chaperonnée en permanence. Surtout par une fille aussi irresponsable qu’elle.

Un homme à tuer et la mafia sur le dos en prime. À vrai dire, peut-être était-ce préférable que Lou l’accompagne. Tuer un homme, elle savait faire. Mais si le gang au complet rappliquait, elle serait dans de beaux draps. Ils étaient combien dans cette taverne d’ailleurs ? Beaucoup. Un moyen comme un autre d’éviter de se prendre la tête avec les chiffres. Beaucoup, voilà ce qu’il y avait à savoir.

Elles avaient affaire à un idiot. Un homme solitaire. Ce serait vite réglé. Lou encourageait Lyra du regard. Après tout, c’était à elle de le faire. Lyra fit glisser son poignard dans la main et attira l’attention de l’homme. Il se retourna, surpris de voir une gamine insolente se promener en de tels lieux. Insolente et insouciante aussi. C’était facile. C’était rapide. Elle n’avait qu’à se jeter sur lui et tout serait fini avant même que cela n’ait commencé. Aucune complication. Aucun problème. Un jeu d’enfant.

L’autre avait un revolver, il avisa le poignard. Ici, c’était son territoire. Des cadavres, il en pleuvait toutes les semaines. Il n’allait pas se laisser menacer par cette gosse. Il avait une réputation à garder. L’index caressa la détente. Une pression. Une seule et au revoir la môme.

« All around me are familiar faces
Worn out places, worn out faces »

Elle avait l’habitude de ça. Ce n’était qu’un humain. La ruelle était déserte, elle aurait même pu user des arcanes pour vite en finir. Mais rien. Lyra ne bougeait pas. Elle restait inerte devant cet homme, attendant qu’il fasse son devoir. Attendant qu’il l’élimine. À croire que toute envie de se battre l’avait quittée dès qu’elle l’avait vu. Elle ne le connaissait pas, pourtant. Ce n’était qu’un humain. Voilà tout le problème.
Paralysée, elle ne quittait pas l’arme de l’autre des yeux. Quelque chose avait changé en elle. Quelque chose s’était brisé. Mais peu importait les états d’âme de cette demoiselle trop farouche pour la mafieux. L’index cessa de caresser la détente pour la presser enfin. La balle partit.

Le temps s’arrêta pour Lyra. Bouger. Voilà tout ce qu’il y avait à faire. Son cerveau comprenait la danger de la situation mais ses muscles ne répondaient pas. Elle avait perdu toute volonté de se battre.

//FLASH// L’épouvantail de l’Hiver crépitait sous les flammes. Les habits féminins se consumaient peu à peu. Lyra ne lâchait pas la main de sa mère, ne quittant pas le brasier des yeux. C’était une étrange fête que Mardi-Gras, une étrange semaine riche en rites qui touchait à sa fin. Les crêpes et autres mets étaient jetés au feu. Voilà tout ce qui restait de ces fringales passées. Au feu. Il faudrait attendre encore une année avant de pouvoir goûter à nouveau aux sbitens et les kvas, les noisettes séchées au four ou les pains d’épices. Une année encore pour que le thé du samovar bouillant soit bu à la belle étoile. La combustion prenait fin. Voilà. C’est fini. Les réjouissances sont loin désormais. //FLASH//

//FLASH// La vaisselle ne cessait de se briser. Une fois les assiettes au sol, à croire que certains se prennent pour des grecs, ce fut le tour des cendriers, des bibelots. La petite ne comprenait pas la conversation. Cela criait, cela hurlait, cela frappait. Elle se boucha les oreilles pour ne plus rien entendre mais les sons continuaient de lui pénétrer le cerveau. Elle ferma les yeux pour ne plus rien voir mais son imagination faisait tout le travail. Dans ce monde des adultes, elle était perdue. Tout au long de la nuit, ses parents continuèrent de se disputer sans qu’elle n’en comprenne la raison de cette scène de ménage. //FLASH//

//FLASH// Les coups de feu se succédaient. La poubelle vint l’accueillir comme une mère de substitution. L’enfant était à l’étroit là-dedans. Et ça puait et grattait, ces déchets. Toutefois, elle n’eut pas le temps de se plaindre, voilà déjà sa mère qui repartait, tentant d’échapper à ses poursuivants. En vain. Le goudron de la rue se gorgeait peu à peu de rouge. Voilà sa mère qui ne bougeait plus, ne respirait plus. La petite attendait, dans l’espoir qu’elle ne soit qu’assoupie. Mais rien. Les ricanements des hommes la sortirent de sa torpeur. Elle plongea au fond de cette poubelle, chantonnant une vieille berceuse entre ses larmes alors que la nuit tombait peu à peu, enlaçant de ses bras sombres cette nouvelle orpheline. //FLASH//


Et la balle continuait de siffler, fendant les airs. Un projectile pas plus gros qu’un bout de craie. Et sa vie continuait de défiler sous ses yeux.

//FLASH// Un immense portail se dressa devant elle. Elle le franchit sur les épaules d’Alexïs, s’accrochant pour ne pas tomber, suivi de près par Nikolaï qui fermait la marche. C’était un étrange endroit que celui-ci. Des bicoques s’alignaient par dizaines, des enfants sortaient de certaines, venant observer les nouveaux arrivants. Les femmes portaient leurs mains à la bouche, horrifiées de voir qu’une nouvelle âme entrait en Enfer. Il était si facile d’y entrer mais presque impossible d’en sortir. Le gris l’emportait sur toutes les autres couleurs. D’étranges odeurs s’échappaient de ce camp. Mais peu importait pour Lyra, au moins quittait-elle la rue. Elle n’aurait pas passé la nuit, elle s’en doutait. //FLASH//

//FLASH// La gourmette lui fut arrachée sans qu’elle n’ait un mot à dire. Du haut de ses six ans, elle ne se voyait pas répondre à tous ces adultes aux visages autoritaires. Les premières lettres sur le bijou étaient effacées par l’usure, voilà des années qu’elle ne l’avait plus quitté. Lui demander son prénom aurait été bien plus simple. Mais ce fut un vieux, celui que tous respectaient qui trancha. Lyra. Voilà comment elle s’appellerait ici. Prénom choisit au hasard sur la liste qui était à portée de sa main. Le hasard avait voulu que seules les deux dernières lettres soient en commun avec celles de son prénom d’origine. //FLASH//

//FLASH// Elle était assoupie sur sa table. Toutes ces histoires ne l’intéressaient pas. Oui, des histoires, voilà tout ce que c’était. Ils avaient beau dire, causer, hurler, elle n’y croyait pas. Il n’y avait aucun dieu en ce monde. Encore moins un dieu vengeur ou satanique, comme ils aiment l’appeler. Les coups de règles se succédaient sur ses doigts mais rien à faire, elle niait toujours l’existence de cette entité toute puissante. Cela la perdrait, un jour. Qu’il s’appelle Satan ou Belzébuth, peu lui importait. Ce n’était que des contes de fée, des histoires bonnes à raconter aux enfants pour qu’ils aient peur. Et elle, elle n’avait pas peur. //FLASH//

//FLASH// Les doigts des enfants s’abaissaient au fur et à mesure. Seule sa main comptait encore tous ses doigts levés. Perdre allait finir par l’agacer. C’était toujours pareil. Mais après tout, c’était davantage un moyen d’en apprendre plus sur l’autre qu’un vrai jeu. Non, elle n’avait jamais goûté de sirop d’érable. Non, elle n’avait jamais vu de moufette. Non, elle n’avait jamais navigué sur un bateau. Non, elle n’avait jamais apprivoisé de sardines. En somme, elle n’avait aucun souvenir du monde extérieur. Le vrai monde. Et les doigts s’abaissaient au fil de la soirée et sa paume restait désespérément ouverte. //FLASH//


« Their tears are filling up their glasses
No expression, no expression »


//FLASH// Yulia était rentrée en pleurs ce soir-là. Elle s’était cachée le visage entre les genoux, ne voulant raconter à personne ce qui lui était arrivé. À force de mots doux et de persuasion, Yulia cracha le morceau. Un satyre. Un sale pédophile nommé Alexeis l’avait touchée. Yulia n’avait pas huit ans. Les autres observèrent cette scène de confidences, repérant le nom d’Alexeis dans le lot. Tous comprirent. Après tout, les sévices de ce vieux malade étaient leur lot quotidien. Il allait falloir que la petite Yulia essuie ses larmes et passe à autre chose car ce ne serait pas la dernière fois que ce malade la violerait. //FLASH//

//FLASH// La foule s’était rassemblée devant un poteau. Un brasier s’étendait aux pieds de la demoiselle. Alexïs passa sa main sur les yeux de Lyra alors qu’ils étaient des centaines agenouillés devant ce martyr. Pourquoi forcer les enfants à voir un tel spectacle ? Ils n’étaient plus au Moyen-Âge où les sacrifices étaient publics, un vrai culte pour l’époque. Les sacrifices n’existaient même plus, normalement. Les cris ne cessaient d’envahir les oreilles de la demoiselle. C’était une première pour elle. Elle crut que cela ne se terminerait jamais. Lorsque la main de son ami s’abaissa, ce fut pour laisser place à un corps sans vie, boursouflé de toute part. Pour ces cinglés, ce n’était qu’une offrande de plus à leur dieu utopique. Un allégorie masculin de Kali. //FLASH//

//FLASH// Une femme était attachée à un cheval. L’animal la traînait sur plusieurs centaines de mètres, lancé au galop. Il était impossible de dire quoi que ce soit sous peine d’endurer le même sort. Alors Lyra baissait la tête pour refuser à ses yeux ce spectacle immonde. La peine de mort avait été abolie depuis longtemps alors pourquoi ce microcosme de société s’évertuait à la pratiquer ? Pire, aux yeux de tous. Un beau spectacle pour certains, une horreur sans nom pour d’autres. Elle allait mourir de ses blessures. Au moins serait-elle libérée de cet Enfer. À travers une longue et lente agonie mais au moins vivrait-elle dans un monde meilleur. Tout ça pour avoir volé un quignon de pain pour son enfant qui mourait de faim. //FLASH//


« Hide my head I want to drown my sorrow
No tomorrow, no tomorrow »


//FLASH// Yulia et Lyra sont à l’infirmerie. Iriney leur fait peur. Toujours aussi amusant d’effrayer les mômes. Il leur raconte des histoires de chimères créées par la secte, des expériences sur les humains visant à les améliorer, à les faire devenir de vrais combattants. Il continue de détailler les expériences, évoquant des corps greffés ensemble dans le but de créer une nouvelle race. Mais ce ne sont que des histoires. Les demoiselles étaient rentrées pour panser des blessures au dos mais c’est d’une aspirine dont elles avaient besoin désormais. Elles avaient des haut le cœur en imaginant les monstruosités évoquées par Iriney, mal au crâne en songeant à ces barbaries. Mais ce n’était que des histoires d’enfant destinées à leur faire peur, n’est-ce pas ? //FLASH//

//FLASH// Elle sortit du dortoir pour tomber sur la mère d’Alexïs, les yeux rouges, les joues humides. Elle avait longuement pleuré. Un échange bref et la femme lui apprit que son fils était parti. Parti. Définitivement. Des larmes de joie se mélangeaient à la tristesse. Elle ne le reverrait plus jamais mais au moins pouvait-elle espérer un avenir meilleur pour lui. Il était débrouillard, il survivrait. Dans le coin, Nikolaï pestait, jurait contre son frère ; ce lâche, cet incapable, ce lâcheur. Le cadet n’était pas tendre avec l’aîné. Ils n’avaient jamais eu la même vision du lieu. Un enfer pour l’un, un paradis pour l’autre. Alors que Lyra étreignait la femme, l’espoir renaissait en elle. Si lui avait réussi, pourquoi pas elle ? //FLASH//

//FLASH// C’était un jour comme un autre. C’est ce qu’elle croyait de prime. Se baisser pour ramasser les légumes, s’asseoir derrière cette même chaise de cours pour se boucher les oreilles et ne rien entendre de ces conneries. L’air était le même, les bruits aussi. Pourtant, c’était différent. Lorsqu’elle le vit, elle avait du mal à croire que c’était un nouveau. Il se baladait à la manière d’un touriste dans la secte. Il était étranger à ce monde. Ce n’était pas de la peur que l’on lisait dans ses yeux mais de l’incompréhension. Pour une première visite, ce n’était déjà pas si mal. Elle aurait pu le repousser, elle n’en a rien fait. Elle l’a laissé s’approcher d’elle et l’apprivoiser à la manière d’un animal sauvage. Lev Wezka. //FLASH//


Mais la vérité, c’est que personne ne pouvait l’apprivoiser. Un animal sauvage ? Plutôt une chienne enragée qui mériterait l’euthanasie. Bientôt.
Les souvenirs se bousculaient, certains des éléments importants de sa vie, d’autres beaucoup moins. Un flot qu’elle ne contrôlait pas, qui la submergeait sans qu’elle ne puisse s’y opposer.

//FLASH// Agata. C’était cette princesse qu’imaginait Lyra selon les descriptions de Lev. Un vrai conte de fée. Une longue crinière blonde, tout pour plaire. Il ne manquait que la tour, le chevalier au Lion étant déjà personnifié par la seule présence de Lev. Elle aurait bien aimé la rencontrer, celle-là. Des parures, elle devait en avoir des tas, toujours élégante, toujours belle pour son prince, toujours un mot pour rire. Une vraie fille, en somme. Entendre des histoires de l’extérieur, cela faisait toujours plaisir, cela faisait toujours rêver. Lev en connaissait des tas, des histoires qui prenaient le nom de vérités pour lui mais des fables pour elle. //FLASH//

//FLASH// Quel idiot, ce Lev. Il ne comprenait rien à rien. C’était avec l’énergie du désespoir que Lyra s’était ruée sur son père, dans le but de le défigurer seulement. Ce seul acte aurait dû lui coûter la vie. Mais il avait fallu que Lev s’en mêle, qu’il gâche tout. Il avait imploré son père pour qu’il l’épargne, pour qu’elle n’obtienne qu’une punition pour son geste. Crétin. Idiot. La mort aurait été une si belle délivrance, mais même ça, ça lui était refusé. Alors, pour seul souvenir de son geste elle emportait une cicatrice à l’avant-bras droit. La souffrance lui avait rappelé à quel point elle était vivante. Malheureusement. //FLASH//

//FLASH// La nuit du 6 au 7 janvier. Noël en Russie. Une branche d’arbre faisait office de sapin dans leur dortoir. Lev avait chipé du pain d’épice pour le dessert, ils étaient loin des douze plats traditionnels. Lyra avait l’habitude des privations, fut-il le soir de Noël, elle n’allait pas s’en plaindre. Voilà la première étoile qui étincela le ciel, là elle commença à manger. Les deux amis chantèrent des koliadki sans tenir compte du froid, sachant que ni le Père Gel, ni sa petite fille des neiges ne viendraient leur rendre visite en cette nuit sombre. C’était comme ça chaque année. //FLASH//


« The dreams in which I'm dying
Are the best I've ever had »


//FLASH// Lyra se réveilla en sursaut. C’était courant ici, la nuit, de faire des cauchemars. C’était le lot quotidien de non nombre de jeunes enfermés ici. Les bras de Lev vinrent l’enlacer. Au moins n’était-elle pas seule ici, contrairement à d’autres. Un peu de réconfort, cela faisait toujours du bien. D’autres adolescents la fixaient dans le noir. Beaucoup n’arrivaient pas à trouver le sommeil, craignant la venue du lendemain ou leurs propres songes. Un coup de feu retentit dans le silence, l’extérieur. La mort frappait à chaque instant. Même la nuit. Lyra retourna sous sa couverture et essaya d’oublier. Comme chaque nuit. //FLASH//

//FLASH// Lev avait rapporté une lampe torche de chez lui. Lyra s’en était emparée, s’était empressée d’éteindre la lumière pour allumer le faisceau, braqué sur le mur. Elle mit ses mains devant la lumière et commença à s’essayer aux ombres chinoises. Pas très douée, la demoiselle. Voilà Yulia  qui se prit au jeu et l’écarta de la place, faisant différents motifs, différents animaux, différents visages sous l’esclaffe générale. Pendant un instant, tout le monde oubliait ce lieu funeste, ces lendemains miséreux, ces jours sombres, cet avenir incertain  qui les attendaient. Il en faut peu pour s’évader de la réalité. Un rien suffit. //FLASH//


« Children waiting for the day they feel good
Happy Birthday, Happy Birthday »


//FLASH// La bougie manquait de se faire éteindre à tout moment par les mioches qui s’amusaient à souffler dessus. La pauvre lueur n’était encore là que grâce à la main protectrice de Lyra. Lev la regardait du coin de l’œil, lui intimant de souffler et de faire un vœu. Elle réfléchit quelques instants et souffla enfin. Elle savait depuis toujours ce qu’elle souhaitait. Sortir d’ici. Il fallait qu’elle se montre encore patiente. Le gâteau à la cerise fut bien vite dévorée. Elle était enviée de tous, elle avait eu droit à un cadeau refusait pour beaucoup ici : de l’affection. Et ça, ça n’avait pas de prix. //FLASH//

//FLASH// Des œufs, ils en avaient volé plus d’un aux poulaillers. Ils n’allaient pas tarder à perdre leur teinte blanche pour virer au rouge. Les œufs, c’était pratique, passe-partout, invisible en ce jour de Pâques. Même si les fondateurs du camp refusaient cette fête religieuse au nom de leurs idoles sataniques, ils ne pouvaient empêcher les tout-petits de se livrer à cette fête pour une dernière fois. Alors les œufs circulaient, décorés par du vermillon, avec dessus inscrits toutes sortes d’indications. Que pourrait une poignée de fous contre eux tous ? Ils pouvaient toujours tenter le coup. Mais avant de penser à la liberté, il fallait penser à rassembler tout le monde. De baraque en baraque, les œufs allaient. //FLASH//

//FLASH// Nikolaï n’était pas Alexïs. Ce fut sans doute ça qui la décida à passer à l’acte. Pendant l’espace d’un instant, elle semblait ne plus contrôler son poignet. Le poignard traça une ligne droite pour venir se clouer dans le ventre du jeune homme. Il porta une main à la blessure béante qui saignait de plus en plus. Elle aurait aimé lui dire à quel point elle était désolée, que ce n’était pas ce qu’elle avait voulu mais ce n’aurait été que mensonge. Elle retira la lame de ce corps mourant. Bientôt, il ne serait plus qu’un cadavre. Et elle allait le rejoindre si elle ne se pressait pas de décamper d’ici en vitesse. //FLASH//


Elle aurait pu y retourner. Elle aurait pu anticiper ce qui allait suivre pour Lev. Mais elle ne l’a pas fait. Vivre pour elle et seulement pour elle, voilà tout ce qui comptait à ses yeux. Ici, ce n’était pas l’Allégorie de la caverne de Platon, le prisonnier n’allait pas essayer de forcer les autres à le suivre. À la différence de ces prisonniers bercés dans l’illusion, rien n’aurait pu être pire que ce qu’ils vivaient dans la secte. Tous savaient que ce monde était faux, que la vraie vie, ce n’était pas ça. Les histoires contées par les mômes provenant de l’extérieur les aidaient à rêver. Alors même pour les jeunes comme Lyra n’ayant que peu de souvenirs de leur vie d’avant, cela leur donnait l’espoir qu’un monde meilleur existait au-delà de ces murs. Restait à le trouver.
Alors oui, peut-être Lyra avait-elle été égoïste. Mais quel avenir pour elle si elle y retournait ? Mourir pour sa faute ? Il n’y aurait pas d’avertissement cette fois-ci, ce serait l’exécution pure et simple. Alors peut-être avait-elle été lâche mais était-ce un crime que de vouloir vivre ? Rien qu’une fois, elle voulait connaître le bonheur. Ce n’est pas en pourrissant dans ce lieu de barbaries qu’elle allait le trouver.

//FLASH// La demoiselle releva ses pièges. Un beau lapin s’était fait attraper. Cela ferait un bon repas pour ce soir. La vie en forêt n’était pas l’idéal mais elle s’y habituait. Au moins était-elle libre. Mêmes les hurlements des bêtes sauvages ne l’effrayaient pas. La nature sentait bon la liberté, un arôme qu’elle n’avait pas souvent goûté au point d’en oublier l’existence. Cela faisait du bien de vivre enfin. Elle finirait bien par trouver une ville à force de marcher. Elle avait la vie devant elle désormais. Elle n’était pas pressée. Elle était loin de la secte, c’était le principal. La vie sauvage lui plaisait mais elle ne pouvait s’empêcher d’imaginer à quoi ressemblait le vrai monde. //FLASH//

//FLASH// Lyra étalait des couronnes de fleurs au sol, dissimulant la terre par bon nombre de pétales. La couleur fleurissait par différents tons. Elle n’avait jamais eu l’occasion de rendre hommage à sa mère. Elle s’en souvenait à peine. Ce n’était peut-être pas grand chose, cela n’avait rien d’une sépulture digne de ce nom mais c’était déjà ça. Elle s’agenouilla au sol et en guise prière chantonna une vieille berceuse que sa mère lui chantait le soir pour l’endormir. Bientôt, tout cela n’existerait plus. Le vent se chargerait de disperser ces fleurs, les animaux les piétineraient à leur tour. Ce ne sera plus qu’un souvenir. Un souvenir gravé à jamais en elle. //FLASH//


« No one knew me, no one knew me »


//FLASH// Le vrai monde, c’est des fast-food aux coins des rues, du goudron à perte de vue, des trains qui sifflent le long des rails. Un monde de métal et de ferraille, un monde qui lui est étranger. Elle a beau avoir passé six ans de sa vie à Saint-Pétersbourg, elle a l’impression d’être une étrangère dans sa propre ville. Dans son propre pays. Rien ne lui est familier. Aucune famille dont elle a connaissance. Aucun ami. Au fond, elle aurait peut-être mieux fait de trouver une consolation dans la mort plutôt que dans la fuite. Plutôt que d’être lâche et de tous les abandonner. //FLASH//

//FLASH// Il était là. Alors que Lyra attendait le bus, leurs regards se croisèrent. L’espace d’un instant. L’amour, elle ne connaissait pas. Ces choses lui étaient inconnues. Elle ne croyait pas au coup de foudre et pourtant... Il s’approcha d’elle, entortillant l’une de ses jolies mèches brunes entre ses doigts. Les battements de son cœur s’affolèrent. Non, elle ne connaissait pas ces sensations nouvelles, ces sentiments qui s’imposaient à elle. Il ouvrit la bouche, se présenta. Les joues de la demoiselle s’empourprèrent. Elle voulait bien de ce Kôta Himiku dans sa nouvelle vie et dans ce monde qui lui était totalement étranger. //FLASH//

//FLASH//Ils avaient une vie modeste. Mais cela lui suffisait. Un appartement sobre, du beau monde qui venait leur rendre visite de temps à autre, le nécessaire pour vivre. Ce n’était pas le grand luxe mais c’était suffisant pour Lyra. Qui plus est, elle était loin de la Russie. En France. Elle en avait tant rêvé. Restait encore à se familiariser complètement avec la langue. Elle savait que l’activité de Kôta était illicite, elle avait déjà rencontré les filles, celles qui faisaient le trottoir pour amener quelques billets au doux Kôta. Mais elle, elle n’était pas une prostituée. Et ça n’arriverait jamais. //FLASH//

//FLASH// Ce bébé, elle voulait le garder. Elle voulait déporter sur lui tout l’amour qu’elle n’avait pas eu. Oui, elle était prête à ne plus se montrer égoïste et à ne plus vivre seulement pour elle-même. Quel plus beau geste que de donner la vie ? Kôta aussi était d’accord pour qu’elle le garde. Lorsqu’il avait accepté, cela avait été la plus belle réponse au monde. Elle se resservit un peu de thé. Ce serait une fille. Elle le sentait. Alors que sa poupée accepte le nom d’Istina pour que plus jamais le mensonge ne vienne salir sa famille. Un tout nouveau départ. //FLASH//

//FLASH// Il allait venir. Comme toujours. Les billets se froissaient entre les doigts de Lyra. Elle avait encore tué. Elle n’aurait jamais dû recommencer. Mais tout avait un prix et vivre avec son bien-aimé lui coûtait cher. Bientôt, elle arrêterait tout cela. Bientôt, ils formeraient une famille. Il arriva bien vite, pile à l’heure. L’argent changea de main, pas un baiser en échange. Kôta s’en alla, laissant Lyra seule dans la nuit. Un coup résonna dans la nuit. Il n’avait pas manqué sa cible. Lyra s’écroula au sol. Elle emportait avec elle l’image de l’être qu’elle aimait. Et ce fut tout. //FLASH//


Elle n’avait rien accompli de son vivant. Rien du tout. Elle avait été naïve de croire qu’elle avait pu être aimée et croire qu’elle avait réellement aimé. Tout cela, ça n’existait pas. Juste des histoires qu’elle se racontait pour mieux vivre. Elle n’avait aucun avenir glorieux à vivre. Cette vie en compagnie de celui qu’elle pensait aimer l’aurait bien vite lassée. Alors peut-être est-ce mieux qu’elle ait fait une croix là-dessus. Même si la croix en question avait été synonyme de décès.

//FLASH// Le sol était froid. Lyra ouvrit les yeux et fut réveillée par la lumière du jour. La nuit avait vite défilé. Tout était confus dans son crâne. Un homme apparut un bref instant, marmonnant des mots, déposant une feuille à ses pieds. Il disparut sans prévenir, la laissant seule avec ce morceau de papier. Elle la lut. Deus Academia. Repentie. Archiviste. Mémoire eidétique. Elle ne comprenait rien à rien. Après quelques instants elle se souvint. Elle était morte. Et vivante à la fois. Sans son bébé. Sans Kôta. Etait-ce sa punition pour les actes de son vivant ? Cette vie, elle n’en voulait pas. //FLASH//

//FLASH// Leurs lèvres se rencontrèrent. Des lèvres chaudes en contraste total avec cet univers glacial dans lequel elles étaient plongées. Des lèvres au goût de miel. C’était la première fois que Lyra posait ses propres lèvres sur celles d’une fille. Elle fit un pas en arrière. Mais c’était trop tard, le mal était fait. Elle avait embrassé une fille. Elle avait aimé ça. Pardon Kôta. Elle détourna le dos et commença à marcher sous les flocons de neige. Sa première expérience homosexuelle. Elle avait ressenti de l’attirance pour cette fille. Les pas s’imprimaient dans la neige. Maintenant, il fallait qu’elle l’oublie. Elle s’appelait Aurelly. //FLASH//

//FLASH// Première fois que Lyra remettait les pieds dans le monde des humains depuis qu’elle l’avait quitté lors de sa mort. Au fond, rien n’avait changé. Même sans elle, la vie continuait. À quoi s’attendait-elle donc ? Lyra étreignit Akalie alors qu’elle était en larmes devant sa petite sœur. Ils n’étaient que des fantômes de passage dans ce monde. Cela devait faire mal de voir sans être vu. Elles restèrent ainsi longuement, Lyra offrant de la tendresse à sa nouvelle amie et Akalie pleurant. Elle n’irait pas voir Kôta. Non, elle n’irait pas le voir pour ne pas finir dans le même état qu’Akalie. Vient un temps où il faut oublier le passé et avancer. //FLASH//


« It's a very, very mad world mad world »


//FLASH// Il était là, la fixant. Ses yeux dorés brillaient dans l’obscurité. Mille étoiles planaient dans ce regard, la surplombant de toute sa hauteur. On croirait voir la galaxie entière s’illuminer au fond de ces prunelles. Un regard vide. Un regard triste, désolé. Mille lueurs dispersant une aura faible, menaçant de s’éteindre à tout moment. Pourquoi la fixait-il ainsi ? Lyra, elle, détourna le regard. Elle ne voulait pas qu’il la regarde en face. Elle ne souhaitait pas qu’il lise la culpabilité qui scintillait dans ses perles. Il devait partir. Maintenant. Lev était là. Dans cette académie pour futurs dieux. Lev était mort. //FLASH//

//FLASH// Lev était attaché à un poteau, torse nu. C’était sa fin. C’était du passé. Ses derniers instants avaient été consacrés à la souffrance. Elle entendait le moindre de ses hurlements. Le fouet claquait encore et encore. Le sang ne cessait de couler. La plus terrifiante des œuvres qu’elle ait vue. Elle hurla. Inutile. Tout n’était qu’illusion. Rien n’était réel. Elle s’approcha des flammes. Sa main passa au travers. Si seulement elle n’était pas partie, rien de tout cela ne serait arrivé. Là, elle tomba à genoux. Et pleura. Son frère était mort par sa faute. Tout ça parce qu’elle avait été égoïste. Merci les abricots hallucinogènes. //FLASH//


Partout où elle allait, elle apportait le malheur. Si elle n’était pas née, Lev ne serait pas mort. Si elle n’était pas née, tant de choses ne seraient pas arrivées. Au fond, elle ne méritait pas de vivre. Cette balle qu’elle allait se prendre était la meilleure chose qui puisse lui arriver. Elle n’avait plus envie de se battre. Plus envie de rien. À quoi bon si c’est pour apporter la mort où qu’elle passe ? Elle devait être maudite. Oui, c’est ça. Une malédiction planait sur les Vilkas. D’abord sa mère était morte. Puis Lyra l’avait rejointe. La fille ne valait pas mieux que la mère. Ne pas répéter les erreurs de ses parents. Trop tard. Construire ses propres rêves et non ceux des générations précédentes. Elle n’avait aucun rêve.

//FLASH// Un dragon avait dévasté le banquet, Colombe était à terre et le rire d’Isanagi résonnait entre les pierres. Elle se dirigea vers le portail sous des nuées d’yeux fixés sur elle. D’autres avaient fait le même choix qu’elle. Elle n’en connaissait aucun. Certes, ils étaient peu, mais pour trahir, il fallait être doté d’un grand courage que tous ne possédaient pas. Elle monta sur l’estrade et passa devant Yuri. Elle n’avait aucune honte à trahir ceux qui avaient été pendant un instant ses alliés. Le portail se referma, l’emportant avec elle. Elle était devenue une renégate. Elle était membre de la Guilde Noire. Là, ça ne rigolait plus. //FLASH//

//FLASH// Agata. Lyra l’avait tant de fois imaginée comme une princesse. En vérité, il n’en était rien. Elle jouait les funambules sur le pont, des bouteilles d’alcool à ses pieds, de la drogue dans le sang. Aujourd’hui, ce n’était plus qu’un déchet de la société. Lyra n’était pas comme Agata. Elles n’avaient rien en commun. Lyra lui avait dit ses quatre vérités, envenimant la situation déjà critique. Un pas et Agata basculerait dans le vide. Elle se laissa tomber. Son corps chuta lentement. Lev ne put rien faire pour la sauver. Lyra ne tenta rien. Après tout, n’était-elle pas venue au pont dans le seul but de mourir enfin et de retrouver Lev ? Paradoxe. //FLASH//

//FLASH// Voici la mort. Le père de Lev est devant eux. Il s’est bien amusé en saignant le bras de Lyra mais tout a une fin. La sienne aurait lieu ce soir. Lev avait changé, plus bestial, plus féroce, plus adulte. Il extirpa Lyra des griffes du paternel et le blessa à son tour au bras, vengeant la Russe. Lev blessé à l’épaule. Le vieux blessé à la jugulaire. Le sang ne cessait de fuser. Le vieux était à terre. La canne-épée tomba au sol. Le poignard de Lev se planta dans l’épaule du vieux. Il rendit son dernier soupir. Lev avait tué. Pour la première fois. Par la faute de Lyra. //FLASH//

//FLASH// Lyra enfermée dans une pièce. Elle tremble de peur. Des bruits de bête se font entendre derrière la porte. Cela grogne, cela griffe, cela gronde. Un animal ? Ni plus ni moins que Lev. Lyra était allée trop loin. Elle l’avait forcé à tuer, voilà qu’il ne se contrôlait plus désormais. Lyra l’implorait de la laisser vivre, se perdait en excuses. Cela ne lui ressemblait pas. Peut-être comprenait-elle enfin qu’elle était la créatrice de ce monstre ? Elle déverrouilla la porte. Qu’il entre. Qu’il vienne la chercher. Elle ne se laisserait pas faire. S’il fallait qu’elle blesse physiquement son frère pour lui faire retrouver la raison, alors elle le ferait. //FLASH//

//FLASH// Elle avait joué, elle avait perdu. Le canon était devant son front, prêt à cracher une balle semant la mort sur son passage. Récoltant la mort de Lyra. Evoquer Lev avait mis le doute dans l’esprit de Rain. Tirer ou épargner ? Une simple pression sur la gâchette et il en serait fini de la renégate. Lyra souriait, ce même air narquois, alors qu’elle risquait la mort. À croire qu’elle connaissait l’issue de cette joute depuis le début alors qu’il n’en était rien. Le canon se baissa enfin, visant l’herbe plutôt que son crâne. La vie sauve en échange d’une promesse ; ne jamais blesser son frère. Trop tard. //FLASH//


Cette balle qu’elle allait se prendre aurait pu être celle de Rain. Malheureusement, elle avait hésité. Et voyez toutes les blessures qu’elle a faite à Lev. Agata s’est suicidée par sa faute. Il faut bien le dire, elle l’avait provoquée, la pauvre enfant. Que demandait-elle si ce n’est une oreille compatissante, prête à écouter ses maux ? Mais rien, Lyra avait tant été déçue de voir le portrait qu’elle s’était faite d’elle brisé qu’elle lui avait reproché son état. Egoïste.
Lev avait subi le même sort. Elle l’avait brisé de l’intérieur. D’abord en le tuant par sa fuite. Mais quelle idiote de croire qu’aucun mal ne serait fait à son frère. Elle était partie comme une voleuse, du jour au lendemain, ne prévenant personne. Pas même Yulia. Elle les avait tous abandonnés. Tu parles d’une amie. Elle avait voulu vivre. Vivre au prix de la vie des autres. Bravo, Lyra.
Lev à nouveau. Il avait tué par sa faute. Il avait commis le pire acte qui soit au monde pour Lyra. Pour cette fille qui lui mentait en permanence. C’est du joli, chérie. Elle l’avait transformé en monstre. Sans aucun remord d’ailleurs. Puis, pour sauver sa peau, elle avait commencé à réfléchir. Elle avait compris le mal qu’elle avait fait. Mais c’était trop tard. La machine infernale était lancée.
Elle ne manquerait pas au monde. C’est certain. Elle avait beau réfléchir, elle ne voyait personne qui la regretterait. Pas même Akalie. Ne s’était-elle pas montrée odieuse avec la rouquine dès leur première rencontre ? Elle allait mourir et espérait que personne n’aurait la mauvaise idée d’aller la ressusciter. Le repos éternel, elle ne le méritait peut-être pas mais elle ferait moins de dégâts morte que vivante.

//FLASH// En un bond, il fut près d’elle. Epée sortie, un projectile fonçait droit sur eux. Alors ça y est. Elle allait mourir pour la seconde fois. Elle ferma les yeux, se préparant à l’impact. Rien. Elle ouvrit une paupière, puis l’autre. Un bruit de métal l’avait ramenée à la réalité. Le projectile n’était plus. Elle voulut se dégager de son étreinte mais déjà il la souleva dans les airs. Elle se débattit comme un diable jusqu’à comprendre qu’il n’y avait rien à faire sinon attendre. Les tirs fusaient de partout. Les balles les frôlaient, les hommes couraient en tout sens dans le but d’intercepter les deux dieux. Une armée entière se déployait sous les yeux de Lyra. Sans Atios, elle serait morte. Ou pire. //FLASH//

Même Mister Deus n’avait pas voulu la laisser mourir. À croire qu’elle n’avait pas encore fait assez de mal en ce monde. Elle avait brûlé des innocents, anéanti ce village campagnard mais lui trouvait la force de sauver son ennemie. Elle ne le méritait pas.

//FLASH// Entre ahanements et grondements, une lutte prenait place entre les deux bêtes. Tout ça pour une humaine. Tout ça à cause d’une humaine. En bonne renégate, elle aurait dû la crever elle-même, celle-là. En bonne louve, elle aurait dû fuir pour sauver sa peau, ne se souciant pas du sort de cette demoiselle. Mais non. Quelque chose avait changé en elle. Le loup à terre, sur le dos, était vaincu. Elle eut un dernier regard pour la brune pour qui elle avait tout donné. Ce n’était qu’une inconnue parmi tant d’autres. Il faut croire qu’en tant que louve, Lyra est bien plus humaine. //FLASH//

Puis le trou noir. Un vide dans son esprit. Plus rien. Plus aucun souvenir. Cette humaine épargnée bouclait la boucle. Son cœur battait la chamade. Les pulsations poursuivaient un rythme effréné. Différentes émotions se bousculaient dans sa tête. Une vie entière en quelques microsecondes. Sa vie. Elle voyait la mort en face, la détente avait été pressée. Elle avait l’impression que le monde entier autour d’elle avait ralenti. Cette balle, elle aurait pu l’éviter, la dévirer, faire quelque chose pour ne pas se la prendre en plein dans le crâne. L’histoire se répétait. La même que de son vivant.
Si au moins la bilan de sa vie passé était encourageant, elle aurait pu bouger. Mais rien. Elle n’avait rien accompli de bien dans son passé si ce n’est semer la mort autour d’elle. Au fond, ce monde se porterait mieux sans elle. Déesse ou non. Renégate ou non.

« It's a very, very mad world... mad world
Enlarging your world »

Son corps toucha le sol, mains en avant. Elle sentit un poids au-dessus d’elle. Elle comprit que c’était Lou. Sage Lou. Toujours là quand on avait besoin d’elle. Elle n’aurait pas cru que cette fille la sauverait mais il faut croire que son alliée tenait à elle. La rouquine lança ses couteaux de jets et les voilà qui atterrirent dans le cœur de l’humain. Un humain. Ce n’était rien d’autre qu’un humain. Lyra avait échoué devant un humain armé d’un simple flingue. Il en faut peu pour tuer un dieu.
Lou n’avait pas quitté le regard de l’humain à peine avait-il extirpé son arme. Tirera ou tirera pas ? À voir l’état de Lyra, mieux valait éviter qu’il tire. Si elle avait réellement voulu le tuer, elle l’aurait déjà fait depuis longtemps. Elle ne quittait pas cet œil de chasseur et alors que son expression changea, elle se jeta sur Lyra. Si une éternité s’était écoulée pour Lyra, tout s’était passé en quelques microsecondes. Voilà où elles en sont à présent.

Lou l’aida à se redresser, sans un mot. Une mission simple qu’elle avait échouée. Heureusement que Lou était là. Maintenant, il fallait faire comme toujours. Avancer. Avant qu’elle ne change d’avis et qu’elle se laisse aller à la facilité.
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Re: Welcome To My Mad World [Rp Solo & Terminé] - Dim 30 Juin 2013 - 18:53

Rp très touchant. J'aime beaucoup. C'est un long résumé de la vie de Lyra (en plus ça parle de moi ~). C'est ton meilleur solo !

Lyra Vilkas : 550 xps

Xps attribués : Oui
Welcome To My Mad World [Rp Solo & Terminé]
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