Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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 [quête] Ce dont je ne me souviens pas. [terminée]

 
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[quête] Ce dont je ne me souviens pas. [terminée] - Sam 29 Juin 2013 - 23:20
Je crois que j’ai quelque chose à fêter ce soir. Je suis en vie. Vraiment. Je ne sais pas comment je n’ai pas pu m’en rendre compte plus tôt. Je crois que le déclic fut la réponse d’Iyàs dans notre livre. Avant j’étais seule, craintive, j’avais peur de disparaître à tout instant. Comme si mon temps ici n’était qu’un prélude avant ma mort, la vraie.

Je suis vivante. Seule mais vivante. Alors je vais en profiter. Direction la cafétéria. J’ai faim. Aujourd’hui je me permets tous les excès, en entrée des crevettes avec de la mayo, du poulet rôti avec des frites pour plat principal, et… Hum le dessert quelque chose au chocolat peut-être ? A SALOPE ! T’as d’jà un cul comme trois éléphants et tu me piques la dernière part de mousse au chocolat ?  Connasse. Un peu déçue je vais me rabattre sur la tarte aux abricots, elle n’a pas l’air mal… Même si ça ne vaut pas du chocolat. Tant que j’y suis à faire des folies j’vais prendre un verre de vin rouge. Pas de quoi me bourrer, mais ça passera bien sur le poulet.

Bof. En fait je n’aurais pas dû m’attendre à mieux d’une cantine. Les crevettes n’avaient pas de goût. Le poulet était bon mais un peu sec. Le vin par contre n’était vraiment pas top. Un bas de gamme sans doute. Un truc où on sent bien les copaux de chêne avec lequel il a macéré, ce qui gâche tout en fait. La tarte par contre était à la hauteur de mes espérances…

J’ai le pas mal assuré quand j’me dirige vers mes appartements. Ou plutôt la chambre gracieusement mise à ma disposition par l’académie. Je me sens soudain un peu ballonnée. J’ai envie de vomir. Les crevettes aucun doute. C’est toujours la faute des fruits de mer, tout le monde le sait bien. Je trébuche. Merde. Ca fait mal. J’me suis écorché le genou. J’essaie de me relever, mais j’en suis incapable. J’ai envie de vomir. Je m’assoie difficilement en plein milieu du chemin. J’me mets à trembler. Seigneur qu’est-ce qu’ils avaient mis dans le vin ? J’ai presque pas senti l’alcool. Note à moi-même, ne plus prendre des trucs bizarres à la cantine. Je me relève. Arrive jusque dans mon lit. Une bassine près du bord. Je me tourne d'un côté de l'autre... Toutes les positions me font mal.

La fatigue prend le dessus. Je veux… dormir…

Il fait noir. Je n’arrive pas à ouvrir les yeux. Une douleur immense vient de mes jambes. J’ai envie de crier, aucun son ne sort de ma bouche. La douleur me déchire. J’entends des sirènes… Police ? Samu ? Je n’ai jamais su faire la différence. J’ai trop mal. Le noir m’englouti et je perds connaissance.

Je n’ai plus mal.

Je suis allongée, où ? Je ne sais pas. J’essaie d’ouvrir mes yeux, je n’y arrive pas. Découragée j’écoute ce qu’il se passe. J’entends différents sons inconnus, je n’arrive à les associer à rien. Il y a un soufflet régulier, un peu comme celui d’une forge, mais le rythme est plus lent. Derrière il y a le grésillement d’appareils électroniques. Un bipbip lui aussi régulier me rappelle le son que fait ma souris quand je m’entête à cliquer alors que mon ordi se gèle. Plus faiblement un bruit de goutte d’eau, quelqu’un a du laisser ouvert un robinet.  Qu’il le referme ! C’est entêtant ! STOP !

Une porte s’ouvre, des pas se rapprochent de moi. Je n’entends rien d’autre pendant quelques minutes. J’ai l’impression que la personne me touche, mais je ne distingue pas avec exactitude l’endroit. Le bras peut-être. Les pas s’éloignent.


« Alors la 209 ? »


La porte se claque, je n’entends qu’un bourdonnement du reste de la discussion. C’est énervant. Vexant. Pourquoi mes yeux refusent-ils de s’ouvrir ? La porte s’ouvre à la volée, des pas se précipitent vers moi.


« ANGE ! »


Je reconnais la voie de ma belle sœur. Emma. Emma ? Pourquoi tu pleures ? Emma qu’est-ce qu’il se passe ? Tu as mal quelque part ? Dis-moi ! Je n’arrive pas à te parler. Alors parles moi. Emma… Arrête de pleurer. S’il te plait. Mon Emma. Tout va bien ! Je suis sûre que tout iras mieux alors arrête de pleurer. Parles-moi ! Tu sais que je n’aime pas que tu sois triste. Emma chérie…

Je hais mes paupières qui refusent de s’ouvrir, mes lèvres qui restent closes. Je voudrais parler. Te dire que tout va bien. J’en suis incapable. Je voudrais la réconforter. Un pas plus lourd entre dans la chambre… Arnaud ? J’entends un coup sur le mur. Bref. Il continu à résonner dans l’air. Comme si quelque chose avait été brisé. Ce n’est qu’un sentiment. Emma retient ses larmes, elle renifle fort.

« Qu’est-ce qu’ils ont dit ? »

Ta voix tremble. Oh mon Emma.


« Rien. Ils ne peuvent rien faire. L’opération s’est bien passée.

- Alors pourquoi elle ne se réveille pas ?
- Ils n’en savent rien. Tout dépend d’elle. »


Les sanglots reprennent. Arnaud ! Arnaud prend la dans tes bras, console-la. Moi je n’ai même pas la force d’ouvrir les yeux, alors comment pourrais-je te consoler. J’entends les sanglots de celle qui depuis dix ans a remplacé ma mère dans mon cœur. Mon cœur pleure avec elle, mais mes yeux restent semblent-ils secs. L’ampleur de ses sanglots décroit progressivement.

Un silence pesant tombe sur la pièce. Comme si tout était dit. Au bout d’un instant qui résonne pour moi comme une éternité mon frère reprend la parole. Sa voix est brisée. Arnaud s’il te plait, garde espoir…

« Il faut que tu ailles chercher Liam à l’école. Je reste jusqu’à la fin de l’heure des visites. Ca ira ? »

Emma ne répond pas. Elle n’aime pas mentir. Elle ne ment jamais. Plutôt que de mentir elle se tait. Elle a toujours fait ça. Même quand maman lui a demandé après plusieurs années de mariage avec Arnaud si elle était enceinte. Elle n’a rien répondu. Elle ne voulait pas la décevoir avec son ventre infertile.

Le temps s’envole, quelqu’un entre dans la pièce. Une voix féminine annonce à mon frère qu’il est l’heure de partir.
« Je reviendrais » me dit-il avant de se lever. La porte se ferme. Je suis seule. Les pièces de puzzle se remettent en place. Si je suis immobilisée… C’est parce que c’est moi qui suis à l’hôpital.

C’est moi la 209. Ce matin… Ou peut-être il y a plus longtemps. Je ne sais pas. Le temps est une notion bien vague quand on est dans le noir. Et si… Bip. Un. Deux. Bip. Il y a deux secondes entre deux bips. Ploc. U… Ploc. Il y a moins d’une seconde entre deux plocs. Pchouuuuu. Un, deux, trois, pchouuuuuuu… Trois secondes entre deux soufflets…

Je crois que j’ai dormi un moment. J’avais commencé à compter le nombre de secondes entre deux visite de l’infirmière et… Je ne me souviens plus à combien je me suis arrêtée. Emma et Arnaud sont venus aujourd’hui. Ca va faire un mois qu’ils viennent tout les deux à tour de rôle. Emma ne pleure plus. Elle semble résignée. Elle me raconte ses journées. Elle a lu quelque part que c’était bon de parler aux personnes dans le coma. Aujourd’hui elle a dit qu’elle emmènerait Liam avec elle demain. Elle pense qu’entendre mon fils pourrait me faire du bien.

Non Emma. Tu te trompes. Liam n’est pas mon fils. C’est le tien. C’est toi qui l’as élevé. C’est toi qui continueras à l’élever. Après. Moi je lui ai juste donné la vie. Ca s’arrête là.

« Tita ? Tu me manques tu sais. On a pleins de secrets ensembles. Des secrets que j’ai avec toi seulement. Tu sais dans quelque jours je vais avoir onze ans… Pour la première fois tu ne seras pas là. Moi je t’attendrais toute la journée. Alors réveille-toi ! »


Mon chéri. Tu sais pour ton anniversaire j’aimerais être là. Pourtant…

Je sais que je vous cause du souci à tous. Je sais que je vous fais de la peine. Je voudrais me réveiller. Je n’en suis pas capable. Mais maintenant je sens ta menotte dans ma main c’est bon signe non ? Je suis sur la bonne voie non ? …


« Madame Ange faut que tu te réveilles. Des profs comme toi il n’y en a pas. Des profs qui donnent envie de venir en cours je veux dire. On attend tous ton retour. Je te laisse les fleurs sur la table là. On en rapportera toutes les semaines. Alors reviens. »


Matthieu. Petit chaton, vous me manquez tous énormément. Est-ce que Lidy réussi enfin à tracer une courbe sans y rajouter des bonhommes qui font du ski dessus ? Est-ce que Paul a toujours son plâtre ? Cynthia s’est-elle réconciliée avec ses parents ? A-t-elle arrêté de fuguer ? Vous me manquez tous. Le lycée me manque. Je voudrais revoir vos bouilles joyeuses. Mes yeux restent clos.


« Ange ? »


Maman ? Ca fait des années que je n’ai pas entendu le son de ta voix. Tu n’es plus fâchée contre moi ?

« Ma chérie je suis désolée. Je suis désolée de m’être fâchée. S’il te plait réveille-toi. Je ne veux pas que les derniers mots que je t’ai dis soient « barre-toi de chez moi. »  Ange chérie… Je t’aime. J’ai honte. Reviens ! »


Maman. Je t’ai haïe. Tu nous as rejetés Liam et moi. Je t’ai haïe… Mais toujours respectée. Tu as su te relever pour moi de la mort de papa. Je ne t’en veux plus maman. J’ai compris qu’on n’était pas de la même génération. Compris que pour toi ce que j’ai fait était impardonnable. Mais tu sais… J’aimais le père de Liam. Sincèrement. Je nous voyais déjà mariés dans l’avenir. Mais Liam est arrivé… Et je l’ai quitté sans un mot. J’avais peur qu’il me dise d’avorter…

Maman si tu es là c’est que je dois vraiment aller mal. Je suis désolée.


« Ange… Celui qui t’a fait ça s’en est tiré. Je suis désolé. Il n’ira pas en prison. Pardonne-moi. »


Je sens que mon frère est tendu. Il contient sa rage. Sa colère est décuplée par sa peine… Si seulement… Si seulement je pouvais me réveiller… Je suis prisonnière de mon corps. Ca fait tellement longtemps que je n’ai pas bougé. Si tu savais. Je m’ennuie. Mes seuls divertissements sont vos visites. Pourtant elles s’espacent de plus en plus… Ca doit être douloureux de me voir comme ça non ?

Je suis tellement désolée… Si tu savais. Excuse-moi pour tout.

« JE NE VEUX PAS ! ELLE VA SE REVEILLER ! TU N’AS PAS LE DROIT !!!!!

- Calmes-toi Emma. Ca fait un an maintenant. Les docteurs disent qu’il n’y a plus d’espoir. Il faut la laisser partir.
- Comment tu peux dire ça de ta sœur ? COMMENT TU PEUX FAIRE CA ?

- PARCE QUE TU CROIES QUE CA ME FAIT PAS MAL DE LA VOIR COMME CA ? »


Calmez-vous ! Ne criez pas à cause de moi. Ne vous disputez pas à cause de moi. S’il vous plait. Excusez-moi. Je ne veux pas que vous soyez comme ça.

« Laisse-nous une semaine pour lui dire adieu… S’il te plait. »


Aujourd’hui on va me débrancher. Je suis désolée. Je vous aime tous tellement. Je ne suis pas triste de mourir. Je le sais. Je le sais que vous m’aimez tous. Alors ne soyez pas trop tristes. Ne m’oubliez pas, mais oubliez cette dernière année. Ne gardez de moi que ce qui vous fera sourire.

J’entends une dernière fois les sanglots d’Emma. Ceux de ma mère et de mon frère sont plus discrets. Liam n’est pas là. Tant mieux.


BIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIP.

Je me réveille en sursaut. Mon corps bouge. Mes larmes coulent. Mon cœur se déchire à nouveau. Je les ai tous tellement blessés. Je suis à DA. Je le sais. Il faut que j’oublie tout ça. Il faut que je laisse le passé devant moi. Je me lève encore chancelante. Il faut que je fasse quelque chose. Il faut que je m'occupe.

Et si je préparais mon cours pour demain ?
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Re: [quête] Ce dont je ne me souviens pas. [terminée] - Dim 30 Juin 2013 - 0:16

Je t'ai déjà dis aimer ton style d'écriture n'est-ce pas ? De plus c'est un rp trés touchant, j'ai adoré le lire !

Eryn Duciel : Récompense : 300 xps + 200 xps

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