Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


École des dieux RPG


Forum RPG
 

 

 Fichtre et foutre, je suis tombée où ?

 
Invité
avatar
Invité
Fichtre et foutre, je suis tombée où ? - Ven 28 Juin 2013 - 15:30

 J’ai mal partout. Certitude que crie chaque fibre de mon corps. J’ai l’impression d’être passée sous un rouleau compresseur. D’avoir été hachée menue par un géant pour son quatre heure. D’être tombée d’une falaise. D’avoir fait une aprem’ d’abdos hier puis d’avoir couru un marathon. D’avoir été écartelée puis recollée. C’est comme si toutes mes cellules, les moindres parcelles de mon corps étaient en souffrance. Une douleur sourde que je ne peux refouler, une douleur que je ne comprends pas.
 
Soudain tout me revient.  J’étais à la bourre se matin, ce qui est assez rare par ailleurs, mais hier soir j’avais planché pendant des heures sur un sujet de contrôle pour mes premières  L. Je ne voulais pas leur mettre un sujet type,  ils sont dans une section d’art tout de même, ça se respecte. Je voulais un truc qui leur donne envie d’aller jusqu’au bout et de ne pas rendre feuille blanche. Alors j’ai fait des recherches sur les dosages en peinture, les concentrations de telle plante ou telle autre, j’ai beaucoup facilité leur technique d’extraction historique pour qu’ils puissent imaginer d’eux même des protocoles. J’avais imaginé une situation grotesque mettant en scène monsieur Sorensen, leur prof d’art, l’un des seuls profs assez ouvert d’esprit de ce bahut pour ne pas s’offusquer mais rire d’apparaitre dans un test.

Dans le premier exercice il avait perdu ses tubes de gouache, et après avoir rallé sur tout le monde (à son habitude), il les aurait mis au défi de faire leur propre peinture avec ce qu’ils trouveraient dans le lycée. Ensuite après un long énoncé où je les baladais dans le lycée pour trouver différents ingrédients je leur donnais les masses molaires de chaque produit, la quantité finale à obtenir et les outils à leur disposition. Bien entendu chaque information était vérifiée et ils pourraient faire eux même leur peinture par la suite. Le second exercice consistait en une dilution pour obtenir différentes teintes.  Le dernier exercice j’avais plus d’idée alors je disais que monsieur Sorensen mécontent de leur peinture les poursuivait dans tout le bahut… Et je leur ai fait calculer le temps qu’il faudrait pour qu’ils les rattrapent des vitesses, et je leur posais pleins de questions sur les référentiels… Un régal.

J’espérais qu’ils s’amuseraient un peu en faisant ce test. Je n’en étais pas sûre mais il était tard, si je continuais, je m’endormirais au lieu de les surveiller le lendemain. Je me suis couchée. Et après ? J’ai du mal à me souvenir. J’ai mal tout court en fait. Mes souvenirs se confondent à ma douleur. Ma concentration semble s’évaporer… Je vois des images fugaces, se mêlant à des formes tout droit sortie d’un kaléidoscope. Tout se mêle. Les mots s’évaporent avant que je ne les capte. Les sensations me manquent tout se noie dans la blessure. Quelle blessure ?

Oh putain ! Je sais ! Je me souviens ! Un putain d’enfoiré de… m’a dégommé en voiture alors que j’allais au lycée. Encore un connard au téléphone. On a beau le répéter cinquante mille fois, on pense que ça n’arrive qu’aux autres. Hé bien non ! Ça m’est arrivé à moi ! Mais alors ça veut dire que je suis morte ?


 
« BORDEL DE MERDE ! »


 
Je me relève brusquement, la douleur a cessé. Je ne comprends pas ce qu’il se passe. Je suis où bordel ? Il fait froid ici, je suis dans la pénombre, je sens un vent tiède arriver de ma droite. Je suis où ? Je suis dans un vieux bâtiment, fait de grosses pierres marrons et rectangulaires. Le genre mastoc que l’on ne trouve que dans les vieilles baraques ou dans les films d’horreur. Vu que je suis morte… Soit je suis dans un cottage au paradis, soit dans je ne sais quoi en enfer.

Je me souviens maintenant un type chelou m’a demandée de la suivre. On m’a toujours dit de ne pas suivre les inconnus, mais là c’est pas comme si j’avais eu le choix. Il m'a dit un truc du style dépasse toi, ou un connerie du style...

Merde, vu que je ne crois en rien, j’dois avoir fini en enfer. Ca confirme mes soupçons. Dieu est un pauvre con. Bon. C’par où la sortie ? C’quand qu’arrivent les diables ? Parce que quitte à souffrir autant que ce soit de suite. Plus vite ça commence plus vite ça fini non ?
Invité
avatar
Invité
Re: Fichtre et foutre, je suis tombée où ? - Sam 29 Juin 2013 - 8:39
[Hrp : avançons que plusieurs mois. Hitomi a déjà Shinkirô, et Akemi est passée au Stade Soif de Sang. POV Hitomi présent.]

J'avance. Mes pas ne font aucun bruit. Il n'y a aucun bruit d'ailleurs. Normal. L'air sent la rosée qui se dépose peu à peu sur le sol. donc il fait nuit. Presque 4h du matin. Sire Rosenwald m'a envoyée ici pour prévenir l'arrivée de quelqu'un. Une professeure. Mais pourquoi moi, simple élève ? Parce que je suis insomniaque. Claustrophobe. Alors je suis la seule debout. La seule qui erre sans fin dans les multiples bâtiments. Après ces quelques mois, mes mains connaissent les murs, à hauteur de mon toucher, par coeur. Mes pieds ont mémorisé les distances, les obstacles. Mon nez et mes oreilles reconnaissent chaque bruit, chaque odeur. Si j'ai un doute, j'émets un bruit à haute fréquence, comme Vlad m'a expliqué, et j'écoute comment l'onde me revient.
Mes yeux aveugles fixent le vide. Ils n'ont vu et ne verront jamais que ce qu'il se passe dans mes cauchemars. Et croyons-le, c'est pas beau. J'ai voulu montrer un jour ce que mes cauchemars racontaient, à Dame Siria, grâce à mes illusions. Mais elle n'a pas tenu. Alors comment je tiens, moi ? Je me le demande, chaque jour. Parfois j'aimerais que ce soit fini. deuxième chance, deuxième vie ? Quelqu'un qui est mort dans la souffrance a droit à une après-mort paisible. Mais non. Entre les renégats, et ce qu'il se passe tous les jours ici, je ne suis pas en paix. La peur me déchire sans cesse de part en part, Je crois que ce sont les gens qui me font peur. Mais alors, qu'est-ce que je fais là ...? Je sais pas. j'ai juste obéi docilement. Je suis ainsi faite. J'ai pas la force et l'assurance de ceux qui décident. Je n'ai que moi, mon âme déchirée.

*Et nous. Tu nous as, nous.*
* Ouais, évite de nous oublier. On te sera peut-être utiles toutes les deux un jour.*

Oh, non, Akemi, Shinkirô, je ne vous oublie pas. Comment le pourrais-je ? Vous m'avez déjà tant aidée. Surtout toi, Akemi, mais ça c'est parce que tu es là depuis plus longtemps. Et puis je vous adore toutes les deux, même si je sais que vous ne vous aimez pas. Trop différentes, n'est-ce pas ? Vous êtes le jour et la nuit, et cela se voit si fort.  Vous ne trompez personne avec cette paix factice, pas même vous-mêmes.
Il y a toi, Akemi. Si fougueuse. Si pleine de fureur. Oh, ne tente pas de la cacher. Elle se lit dans ta voix, quand tu prends le dessus sur moi, dans tes gestes secs et brutaux. Tu as soif de sang. Hais-tu les humains ? Sans doute. Surtout les mâles. Mais sans eux, nous ne serions pas ce que nous sommes. Regarde-moi, Akemi. Que serais-je, sans Vlad, sans Lucas ? Et ce ne sont là que des exemples. Les gens sont uniques, Akemi. Tu juges vite. Mais sans doute sont-ce tes origines de succube qui font ça. Et puis, moi, ça me dérange pas. Car tu es toujours là pour me protéger.
Et puis il y a toi, Shinkirô. Si froide. Si distante. Rien ne te touche jamais. Que ce soit positif ou négatif. Tu voudrais faire croire que tu n'as aucun sentiment. Sans doute parce qu'on t'a appris à être comme ça. Ne pas avoir de sentiments, c'est vivre une vie triste, Shinkirô. Mais ta vie n'était-elle pas triste, déjà, avant que tu ne meures ? je me souviens de tout, Shinkirô. De ton geste si brave, qui m'a permis de tuer notre agresseur. De ton agonie, de tes supplications pour que je t'achève. Et pour vivre dans mon âme. A l'abri de la race humaine. A l'abri de ces horreurs que tu as tant et tant vues. Et je l'ai fait. Tu es une gardienne, Shinkirô, un bouclier, autant qu'Akemi est une arme. Et vous avez en commun une chose, une seule, et c'est elle qui vous fait collaborer. La soif de sang.
Enfin, j'arrive au temple. Quelques bruits, du bout des lèvres, et j'écoute leurs répercussions. Mes oreilles de Neko se dressent et s'orientent. J'inspire légèrement : une femme. C'est Akemi qui est contente. Elle n'aime pas quand je guide des garçons. Peut-être parce qu'elle n'aime pas les garçons, tout court. Elle leva ses yeux aveugles sur la nouvellement morte :

- Bonsoir, Dame. Hitomi pourrait vous dire qu'elle est enchantée de vous rencontrer, mais au vu des circonstances de la rencontre, elle se doute que vous, vous n'êtes pas contente de la voir. Cependant, les nouvelles ne sont pas trop mauvaises. Certes, vous êtes morte. Mais Deus, le Dieu parmi les Dieux, vous offre l'opportunité de débuter une nouvelle vie. Vous marcher sur le chemin pour devenir une Déesse, Dame. Hitomi est ici pour vous guider et vous faire découvrir le domaine.
Invité
avatar
Invité
Re: Fichtre et foutre, je suis tombée où ? - Sam 29 Juin 2013 - 17:53
 Je me lève, je suis étonnée de la facilité que j’ai à le faire. Il y a, me semble-t-il, à peine quelques minutes que je me suis retrouvée étendue dans mon sang au milieu de l’asphalte. Pourtant mes membres réagissent comme si je venais de me réveiller, ils sont légèrement engourdi mais prêts à répondre à la moindre de mes sollicitations. Sans doute comme ça aurais-je plus de douleurs lorsque les diables me tortureront.
 
Oui je suis persuadée que je suis en enfer. Je suis dans une espèce de grande pièce aux murs de pierres marrons et râpeuses. Des torches éclairent à intervalles régulier l’espace clos. Le seul meuble dans la pièce est un autel recouvert d’une nappe brodée de rouge, peut-être de rose, la lumière ne me permet d’être sûre. Ca ressemble pas vraiment à un autel pour sacrifices mais sait-on jamais… Il y a tout de même des cierges dessus et une coupe d’argent.

Des pas résonnent sur ma droite. Je suis soudainement prise d’une envie de fuir. Je ne le fais pas. A l’évidence je n’ai aucun endroit où me cacher. En fait je n’ai nulle part où aller. Une morte ne peut qu’accepter son sort… Non ? En fait non, si je suis libre de mes mouvements, je garde mon libre arbitre. Ce qui veut dire que la moindre contrainte me sera plus douloureuse aussi. Ils sont sacrément fourbes ici Je me mets légèrement en retrait. Sait-on jamais.

Je suis légèrement ébranlée en voyant la diablesse qui fait son apparition. Déjà elle est toute petite. Elle doit faire ma taille… Même si c’est ma taille avec des tallons. Elle doit avoir treize ou quatorze ans… Enfin, je ne pense pas avoir le droit de me fier aux apparences moi à qui on demande toujours l’âge avant de servir de l’alcool. Pourtant elle est… habillée comme une collégienne japonaise non ? Ou du moins l’idée que je me fais d’une collégienne japonaise au travers des différents mangas que j’ai pu lire. Dans la pénombre ses cheveux semblent noirs avec des reflets… Rouges ou bleu ? Les deux peut-être bien.

Bizarre c’est sûr. Méchante peut-être pas… Ou alors elle cache bien son jeu. Elle avance à pas mesurés vers moi, longeant le mur comme s’il lui servait de repère. Peut-être qu’elle y voit encore moins bien que moi dans l’obscurité des lieux. Sous l’éclat d’une torche je découvre un détail de son anatomie qui m’avait échappé. Elle a… Des oreilles de chat ? C’est peut-être réellement une démone alors. Un coup d’œil et de curiosité m’apprend qu’elle a une queue assortie.

Elle n’a pas vraiment l’air terrifiante, malgré les reflets ensanglantés dans ses cheveux. Ange arrête, oui arrête de juger les gens sur leur apparence, même le loup est capable de montrer patte blanche ! Tu te souviens pas de tous ces contes que tu as lus ? Reste sur tes gardes elle avance vers toi ! Elle se met à parler. Aïe ! J’en prends pour mon grade.
 
« Je ne suis pas si vieille qu’il faille me vouvoyer ou m’appeler Dame… Eryn et un tutoiement suffisent amplement ! »
 
Le temps de prononcer ces mots n’est qu’une diversion me laissant quelques secondes de répit pour réfléchir à ce qu’elle m’a dit. J’ai l’impression d’être tombée dans une secte zarbi. Déus, dieu. Je n’y crois plus depuis un moment. C’est pas parce qu’elle me dit « voilà c’est comme ça ! » que ça va changer quelque chose. En même temps je suis morte, elle a raison, qui plus est je suis en enfer. Enfin il me semble. Peut-être pas, elle a parlé de recommencer ma vie non ?

« Donc tu es là  pour me faire faire la visite de l’enfer ? Chouette ! On y va ? »

Je parle avec assurance pour masquer ma crainte. Parait forte et tu le seras. Enfin, ça, ça vaut devant une classe de trente gamins… Parce que là… Je n’ai aucune idée de ce qui m’attend. Alors je fanfaronne un peu, mais en réalité je suis morte de trouille !
Invité
avatar
Invité
Re: Fichtre et foutre, je suis tombée où ? - Sam 29 Juin 2013 - 19:57
« Je ne suis pas si vieille qu’il faille me vouvoyer ou m’appeler Dame… Eryn et un tutoiement suffisent amplement ! »

Je souris. Un sourire à la fois triste et franc. Cette femme est tellement sûre d'elle, alors qu'elle vient juste d'arriver. Je me souviens, j'étais tellement différente. J'ai feulé, grondé, j'étais terrifiée. Maintenant, ça va un peu mieux, de manière assez paradoxale. Après tout, cette paix factice, je la dois à Shinkirô et Akemi. Mais parfois, vous m'effrayez, toutes les deux. J'ai peur qu'un jour, se nourrir du sang d'animaux ne vous suffise plus. J'ai peur... Finalement rien n'a changé. L'illusion d'un progrès inexistant. Une illusion... Si je me trouve déjà si mal, d'être prise dans un piège si dérisoire, qu'endurent ceux que j'expose sans état d'âme aux monstres qui hantent mon esprit ?

- Hitomi vous dois le respect, car vous êtes un professeur, et elle est une élève.  Elle n'est guère en droit de vous tutoyer.


 « Donc tu es là  pour me faire faire la visite de l’enfer ? Chouette ! On y va ? »

Je penche la tête sur le côté, en ce tic qui, soit-disant, me rend tellement mignonne. Un tic qui montre clairement mon incompréhension. Alors, ma voix redevient celle d'une enfant qui a soif de savoir :

- L'enfer ? C'est quoi, l'enfer ?

J'écoute sa réponse. Puis un sourire délicat se forme sur mes lèvres, et je secoue la tête en signe de dénégation.

- Non, non, vous vous méprenez. Hitomi ne sait si cet "Enfer" existe, mais en tout cas, ici, vous êtes à Deus Academia, l'Académie des Dieux ! Suivez-moi, nous allons commencer par les bâtiments externes...
Invité
avatar
Invité
Re: Fichtre et foutre, je suis tombée où ? - Sam 29 Juin 2013 - 21:34
La gamine en face de moi n’a vraiment pas l’air méchante en fait. Pourtant elle sourit tristement… Serait-elle désolée pour moi qui arrive et qui doit me préparer à souffrir ? Si c’est le cas sa punition à elle doit être d’accueillir les nouveaux et de les berner. Je suis sûre que pour une gentille gamine ce doit être horrible d’emmener les autres à l’échafaud.
 
Mais peut-être… Je dis bien peut-être… qu’elle n’est pas méchante, que je suis simplement dans un endroit sécurisé à l’instar du lieu ou nous nous trouvons. J’aimerais bien, mais en même temps… Je n’ai simplement pas envie d’être déçue.

 
« Et si je te demande gentiment de me tutoyer, tu le feras ? »

 
Après m’être battue toute ma vie pour que mes élèves me vouvoient de mon vivant la lutte doit-elle reprendre ici ? Merde quoi. Je ne suis pas leur supérieure ! Pourquoi doit-il toujours y avoir cette barrière infranchissable entre élèves et professeurs ? Merde. Et pourquoi ces crétins d’élèves ne saisissent pas l’opportunité de tutoyer un prof quand il le leur propose ?
 
Moi je ne supporte pas de vouvoyer les gens, ça me file de l’urticaire. J’emmerde ceux à qui ça plait pas. Souvent mes directeurs ne m’appréciaient pas à cause de ça, mais comme j’étais d’une courtoisie exemplaire dans mes propos, même s’ils n’appréciaient pas les tutoiements ils étaient obligés de faire avec.
 
Hitomi m’explique que nous sommes à la Déus Académie. Alors on n’est pas en enfer ? Ca ne peut qu’être positif non ? Attend on est à… l’académie des dieux ? C’est quoi c’te merde ? J’me suis fichue dans quoi moi ? J’aurais vraiment mieux fait de rester en vie… Parce que là j’ai l’impression d’être tombée chez des fous.

 
« Donc ici aussi je reste prof ? »

 
Et dire que j’ai même pas eu de retraite. C’est juste nul. J’croyais que la mort ça serait reposant. Là ça promets juste d’être long. Est-ce qu’on peut échapper à la mort ? Enfin je veux dire disparaître pour de bon ici. J’emboite le pas à la jeune femme chat.

« Tu as dit que je pouvait recommencer une vie ici… Est-ce que je peux aussi y mourir ? »
Invité
avatar
Invité
Re: Fichtre et foutre, je suis tombée où ? - Mar 2 Juil 2013 - 23:49
Ténèbres. Le monde n'est que ténèbres. Je le sais. Et vous le savez aussi, vous deux. Depuis combien de temps renions-nous tout espoir. Bof, je ne sais pas. Longtemps. Une deuxième vie n'est pas une deuxième chance si on reste coincé dans son corps. Surtout si on hait ce corps. Je sais le mien. Du plus profond de mon âme. et je le haïrai toujours. Je ne pense pas y pouvoir quoi que ce soit. Il est la cause de tout mes tourments. Dans mon dos la cicatrice brûle légèrement. Et comme en réponse, ma queue fouaille l'air dans un mouvement incontrôlé. Parfois, je ne contrôle pas la part féline de mon être.

 « Et si je te demande gentiment de me tutoyer, tu le feras ? »

Un sourire amer se dessine sur mes lèvres. C'est sans même m'en rendre compte que je réponds :

- Ca dépend. Hitomi aura le droit de venir écouter le cours en classe si elle vous tutoie ?

Mes yeux aveugles restent perdus dans le lointain. Oui, je n'ai qu'un espoir. Recevoir un enseignement directement d'un professeur, plutôt que de devoir aller le chercher dans l'un des rares livres en braille de la bibliothèque. J'assimile tout tellement vite. Je dois aller embêter Vlad pour qu'il me fasse la lecture, si je veux un nouveau savoir. Mais je me rends bien compte qu'il a une vie à côté de moi. Je ne peux accaparer son attention en permanence.

 « Donc ici aussi je reste prof ? »

Je souris. Tellement forte. Tellement sûre d'elle. Elle doit être une enseignante géniale. Je sais que mon sourire ne la leurre pas. J'empeste la tristesse à des lieues à la ronde.

- Oui, c'est bien cela. Si Hitomi se souvient bien, vous avez enseigné la chimie lors de votre vie terrestre. Elle pense que c'est donc ce que vous pourrez faire ici. Si cela ne vous convient pas, notre directrice acceptera sans doute de vous entendre.

 « Tu as dit que je pouvait recommencer une vie ici… Est-ce que je peux aussi y mourir ? »

Je soupire. La mort, ah, la mort...Je la veux tellement. Mais ils ne me laisseraient pas faire. Et vous deux non plus, n'est-ce pas ?

*Tu devines bien.*
*La mort, ça sert pas à oublier. La preuve, tu es là, Hitomi. Et ça ne changera pas.*

Mes yeux picotent. Changent-ils de couleur en fonction de qui s'exprime dans ma tête ? Oui, je le sens. Bleu glace pour Shinkirô, disait l'autre, et rouge sang pour Akemi. Même si je ne sais toujours pas ce que sont ces couleurs.

- Oui, vous pouvez mourir. Mais vous serez ramenée à la vie dans le temple.
Invité
avatar
Invité
Re: Fichtre et foutre, je suis tombée où ? - Sam 6 Juil 2013 - 11:43
Elle me demande si elle aura le droit de venir en cours si elle me tutoie… En fait elle a plus de chance que je la jette de cours si elle me vouvoie, enfin pas dans les premiers temps. Dans les premiers temps je laisse passer. Je comprends qu’il n’est pas aisé de changer les habitudes d’une vie en trois jours. Pourtant quand tout le monde s’est habitué, les élèves ne me vouvoient plus que pour m’énerver ou me blesser. C’est déjà arrivé.

« Plutôt deux fois qu’une, et ne t’inquiète pas tous tes camarades finiront par me tutoyer. »

Je note cependant qu’elle fait partie de ces élèves qui aiment les cours et pour qui être exclu d’une classe est une réelle punition. Il en existe certains comme ça à cause de leurs parents, d’autres à cause de leurs notes, et enfin les plus rares sont ainsi à cause de leur envie d’apprendre. Supposant qu’il n’y a pas ici de parents, je me déciderais plus tard dans quel groupe se classe cette élève.

Elle m’apprend qu’ici aussi je reste prof de chimie. Bah. Je ne suis ni déçue ni heureuse. C’est un nouveau début, certes, mais en même temps c’est une continuité de ce qui je faisais déjà. Une nouvelle vie similaire à l’ancienne. Je dois laisser paraître un peu de ces sentiments car elle ajoute que la directrice pourra sans doute m’écouter si j’ai quelque chose à redire. A la réflexion je n’ai rien à ajouter. J’aimais ma vie, la reprendre sera juste un peu difficile car il y manque maintenant pas mal de détails, pas mal de monde aussi. Tant pis.

Je la suis au détour des couloirs, si elle semble avoir des problèmes de vision nocturnes elle s’oriente toujours bien mieux que moi. Enfin, je ne suis jamais venue ici non plus… Mais je ne pense pas être capable de retourner à notre point d’origine. Maintenant entre chaque chandelier il y a des tapisseries. Il fait trop sombre cependant pour que j’arrive à en saisir les détails. Tant pis, de toute manière ça a l’air d’être un lieu de culte ici.

Le genre d’endroit que je fuis comme la peste. Oui, l’ancienne grenouille de bénitier est devenue athée… Quand je ne le sais plus. A la mort de mon père je noyais mon chagrin dans des prières à l’imbécile qui me l’avait enlevé, à celle de ma grand-mère aussi… Alors quand ai-je décidé qu’il n’était qu’un connard ? C’est flou. Hitomi m’apprend qu’ici aussi on ne peut pas mourir, ou que si on le peut ce n’est que temporairement.

« On ne peut pas mourir en paix ici. »

Je fais cette remarque sans y mettre d’intonation particulière. Elle n’est pas vraiment pour la fille-chat qui m’accompagne, juste pour moi. Un peu comme si je disais « voilà c’est comme çà. » Car effectivement, voilà c’est comme ça. On m’a imposé de revivre, offert un nouveau départ oui, mais comment recommencer lorsque l’on a conscience de ce que l’on perd ? Je suppose que l’éternité est sans doute assez longue pour répondre à cette question.

Nous arrivons devant un grand escalier sans rambarde, ce temple a le même style pompeux que tous les temples. Enfin. Si des torches éclairent jusqu’en bas, je me saisi tout de même du bras de la jeune Hitomi… A-t-elle des poils sous ce pull violet ?

« Tu as l’air d’y voir encore moins bien que moi dans la pénombre, si ça ne te gêne pas je préfère garder mon guide en un seul morceau dans ces escaliers… »

Je ne sais pas pourquoi j’ai l’impression qu’elle va rejeter ma main, comme lorsqu’on prend un chat par surprise et qu’il prend la fuite. Je m’attends sans doute à cela à cause de son apparence ! Qué pena. Je ne me fiais jamais aux apparences avant. Ici je ne connais rien d’autre que les apparences.

♦ Rose ou chou ? : Soupe (au choux)
♦ Combien de rides ? : 26
♠ Petits messages : 578

Feuille de personnage
Niveau:
10/30  (10/30)
Expériences :
2206/1500  (2206/1500)
Votre domaine: Les Explosions
avatar
Professeur de Combat
Professeur de Combat
Voir le profil de l'utilisateur
Re: Fichtre et foutre, je suis tombée où ? - Sam 13 Sep 2014 - 23:08
Une rencontre qui n'aboutira jamais, voilà le seul commentaire que je pourrais faire sur ce rp.

Eryn : 300 xps

Xps attribués : Yep
Contenu sponsorisé
Re: Fichtre et foutre, je suis tombée où ? -
Fichtre et foutre, je suis tombée où ?
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Deus Academia :: L'Académie de Deus :: Temple de Deus-
Sauter vers:

Attention :
Ce RP contient des passages violents ou/et particulièrement gores. Il est déconseillé à la lecture aux moins de 18 ans.
Continuer à lireQuitter cette page