Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma]

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Re: Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma] - Sam 29 Juin 2013 - 22:27
Réaction immédiate de Sven. Il s'y attendait, quelque part. A son époque, il était plus que courant que les prostituées aient recours à un mécène, un bordel, ou un protecteur. Quelqu'un qui les organisait, les soignaient, les logeaient. Visiblement, autres temps autres moeurs, Sven était même choqué qu'il ait pu penser un jour le voir dépendant. Lui pourtant l'aurait bien vu sur les genoux d'un homme plus grand, gagnant son pain pour le combler.

Non, aparemment, il était trop indépendant pour ça. Ah. L'indépendance. Un sentiment de liberté. une fausse liberté. Tous les enfants un jour ou l'autre affrontaient leurs parents avec le sentiment d'être uniques, forts, libers de leurs mouvements, de leurs choix, de leurs pensées. Foutaises. Aucun, jamais, n'était totalement libéré des influences des autres. Janma le savait bien, il était passé maître en l'air d'influer sur une corde sensible à des kilomètres pour créer une tornade près de chez lui. Il savait que voler une perle à la femme d'un pêcheur était la meilleure façon de déclencher une révolution dans le port voisin. Sven en revanche... semblait ignorer tout de cet art.

C'était la seule raison qui expliquait qu'il lui parle encore de Judal. Le roi des larmes se concentra sur Sven, entièrement sur Sven. Son regard pénétra jusqu'à son âme alors qu'il se levait, pour s'avancer jusqu'à lui, poser les paumes de chaque côté de sa délicate personne. Sven. Sven.

Janma : Judal m'a dénoncé. Ce que j'aurais pu pardonner s'il était mort comme le dernier des chiens. Il a mouchardé notre accord aux cartes, a fait exécuter ma mère, éventrer ma femme, enceinte, et disparaître ma fortune. Mais cela m'était égal.

Le prince des voleurs s'assit à côté de Sven, croisa les jambes en tailleur, et posa les coudes sur ses genoux pour le fixer en silence. Judal... lui avait juste permis de prendre un nouveau départ. Du moins, la première fois qu'il l'avait trahi.

Janma : J'ai été condamné à mort, je me suis enfui. Je me suis associé, j'ai découvert ma mine, fondé une ville, et puis, je suis devenu le parti le plus en vogue de toute mon époque.

Ah, oui. Un parti. A une époque où se marier et avoir des enfants était une preuve de bon investissement, il était devenu la personne la plus convoitée de tout le sable de sa région natale. Les femmes plus belles les unes que les autres se bousculaient et conspiraient dans l'espoir de le pousser au mariage. Il avait alors imaginé un traveau herculéen, impossible à accomplir pour se débarrasser définitivement de ses prétendantes.

Janma : Je ne voulais pas me marier. Je l'avais déjà été, une première fois... pour de mauvaises raisons. C'était au-dessus de mes forces de recommencer la même erreur. J'ai donc posé une condition. J'épouserais celle qui réussirait à faire tomber Al'Suraja. Ma ville natale. Celle qui avait tenté de m'éliminer. Certain qu'aucune ne parviendrait à remplir mes conditions, je suis resté tranquillement à profiter de mon marché d'esclaves.

Il soupira, blasé.

Janma : Oui. Sauf qu'une femme réussit mon défi. Je n'avais qu'une parole, j'ai donc organisé le mariage. Grande pompe. Beaucoup de monde. Et son clan. Julia. Elle s'appelait Julia... Et ce n'était autre... que ce petit cancrelat égocentrique de Judal. Ce scorpion avait utilisé ma fortune pour fonder un clan, une ville, une dynastie, que sais-je. Humilié, je suis devenu fou. Je l'ai décapité. Quand je ferme les yeux, je revois sa tête voler, ses cheveux tomber, et j'entends les hurlements de frayeur... oui, Sven. Voilà ce qu'a fait Judal. Il a nui à tout ce que j'avais entrepris...

Janma resta silencieux. Il défit son bracelet droit, fixa le rubis qui l'ornait en silence, de longues secondes. Le conquérant des sables ferma les yeux, les rouvrit, et fixa Sven, plus sombre qu'à l'accoutumée.

Janma : Tu as eu des relations sexuelles, depuis que tu es entré à l'Académie ?

Il était énervé, et il en devenait mesquin. Oui, c'était vicieux de reporter son agacement sur le pauvre petit Sven, mais cela le distrayait. Judal... S'il en avait l'occasion, il le tuerait une nouvelle fois sans sommation. Un dieu revenait indéfiniment à la vie tant que son corps était en un seul morceau. Ah, oui. Le faire s'écraser. Le décapiter. Lui arracher le coeur. Le planter en pleine tête... sale petit scorpion.
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Re: Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma] - Dim 30 Juin 2013 - 21:56
« Judal m'a dénoncé. Ce que j'aurais pu pardonner s'il était mort comme le dernier des chiens. Il a mouchardé notre accord aux cartes, a fait exécuter ma mère, éventrer ma femme, enceinte, et disparaître ma fortune. Mais cela m'était égal. »
 
Je ne sais pas ce qui me choque le plus dans sa réponse. Le fait qu’il me dise qu’il aurait pu pardonner cette créature s’il avait été mort, ou le fait que ce même type ai fait tuer sa mère, tué sa femme enceinte, puis se soit tiré avec sa fortune, ou si c’est le fait que Janma ai été marié et futur père. Je crois qu’en fait, c’est cette partie-là qui me fait écarquiller des yeux. Lui, avec une … femme ? Je ne sais pas pourquoi, mais cela me parait assez inconcevable. C’est étrange, et je ne vois pas ce qui me fait dire ça. Mais je ne sais pas, je le sens. Et je ne le visualise absolument pas –et j’insiste sur le absolument- avec une créature du sexe opposé. Avec un homme travesti en femme, à la limite. Mais pas avec une… Je déglutis. Le fait est qu’apparemment, je me trompe. Eh bien… chaque journée passée ici est pleine de surprise…
 
Je suis tiré de mes songes par de l’agitation autour de moi. En effet, Janma a changé de place. D’en face, il est passé à côté de moi. Ses coudes sur ses genoux croisés, il m’observe, silencieux. Quoi… ? J’ai un truc sur le visage ou bien ? Je soupire.
 
« J'ai été condamné à mort, je me suis enfui. Je me suis associé, j'ai découvert ma mine, fondé une ville, et puis, je suis devenu le parti le plus en vogue de toute mon époque. »
 
Ho ho le mauvais garçon… Il a donc réussit à échapper à son exécution imminente. Plein de ressources, en somme… Et cette histoire de mine m’intéresse. Surtout après ce que je viens de voir. Mais je dois songer à autre chose. Me recentrer sur sa réponse. Parti en vogue. Hmm… Donc des centaines de femmes ont dues se bousculer au portillon… Je le fixe à nouveau. Non, décidément non, je n’arrive pas à l’imaginer avec … Pfff…
 
« Je ne voulais pas me marier. Je l'avais déjà été, une première fois... pour de mauvaises raisons. C'était au-dessus de mes forces de recommencer la même erreur. J'ai donc posé une condition. J'épouserais celle qui réussirait à faire tomber Al'Suraja. Ma ville natale. Celle qui avait tenté de m'éliminer. Certain qu'aucune ne parviendrait à remplir mes conditions, je suis resté tranquillement à profiter de mon marché d'esclaves. »
 
Je dois afficher une mine surprise. Et peut-être un peu réjouie. Ce type est vraiment… plein de surprises. Intéressant, vraiment intéressant… Vicieux. Peut-être un poil sadique sur les bords… Que sur les bords ? Je ris. Il soupire. Blasé. Blasé ? Je le fixe, souriant. Je ne sais pas pourquoi je souris, mais le fait est que c’est ce que je fais. Et puis un sourire, ça ne fait jamais de mal.
 
« Oui. Sauf qu'une femme réussit mon défi. Je n'avais qu'une parole, j'ai donc organisé le mariage. Grande pompe. Beaucoup de monde. Et son clan. Julia. Elle s'appelait Julia... Et ce n'était autre... que ce petit cancrelat égocentrique de Judal. Ce scorpion avait utilisé ma fortune pour fonder un clan, une ville, une dynastie, que sais-je. Humilié, je suis devenu fou. Je l'ai décapité. Quand je ferme les yeux, je revois sa tête voler, ses cheveux tomber, et j'entends les hurlements de frayeur... oui, Sven. Voilà ce qu'a fait Judal. Il a nui à tout ce que j'avais entrepris... »
 
Fasciné. Je suis juste fasciné par ce qu’il me raconte. Ce Judal n’était peut-être pas si stupide que ce que je pouvais penser. Enfin, pas exactement. Ses actes l’ont tout de même mené à perdre la tête… au sens propre du terme. J’en frissonne. Ce type… va falloir que je garde un œil sur lui.
 
Après cette conclusion, il reste silencieux. Il défait un bracelet, orné d’un rubis qui attire mon regard. Je n’y peux rien, moi, si, dès que ça brille, ça m’intéresse… Puis je relève le regard jusqu’à son visage. Il a les yeux fermés. Puis il les rouvre. Et me fixe. Il me fait frémir. Sombre… si sombre… C’est comme s’il… était énervé, et que j’étais celui qui allait lui servir de défouloir.
 
« Tu as eu des relations sexuelles, depuis que tu es entré à l'Académie ? »
 
… D’accord. C’est donc ça. Je vais lui servir de défouloir pour qu’il aille mieux. Enfin. C’est ce qu’il voudrait. Il voudrait me gêner, me pousser dans mes derniers retranchements. Me faire avoir honte de lui parler de certaines choses. Me faire avoir honte tout court en réalité. Le problème, c’est que je ne connais pas la honte… ni la peur, ni les sentiments. Ni quoi que ce soit du genre. Rien qui soit considéré de « normal » dans une société. Je souris de plus belle.
 
« Oui. »
 
Ma réponse. Aussi bête soit elle. Aussi moche soit le souvenir. Mais aucune honte sur mon visage, aucune honte dans mon esprit. Juste que cela me rappelle des quelques marques restantes çà et là. Je soupire. Faible créature que je fais incapable de lutter lorsqu’un autre fait preuve de force. Mais je souris. Oui, je souris le plus innocemment du monde. Comme si cela n’avait pas été ce que cela a été.  Et je continue le jeu. Non pas pour détourner la conversation. Simplement qu’à mon sens, je n’ai rien à ajouter. Ce n’était pas un client. Ce n’était pas un amant. Ce n’était pas un plan cul. C’était… quelque chose qui me dégoûte. Quelque chose que je n’ai pas accepté. Mais quelque chose que j’ai causé. J’en suis fautif, aussi ne saurais-je me plaindre.
 
« Ca fait quoi d’être simple cuisinier, aujourd’hui ? »
 
Ce n’est pas une question forte intéressante. C’est à vrai dire rien du tout. Je veux juste le faire parler. Je veux entendre sa voix. Je veux… je ne sais pas. Savoir ce qu’il pense de sa condition ici, savoir… Savoir. Tout bêtement…
 
Je le regarde, encore et encore, ne me lassant pas de l’observer. Je mémorise chaque expression qu’il peut bien afficher. Je mémorise chaque variation de sonorité dans sa voix.
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Re: Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma] - Mer 3 Juil 2013 - 2:01
Oui. Et c'était tout. Janma ne put cacher sa déception, qui encra profondément son visage. Un regard vaguement blasé, une expression lassée. Il perdit son regard sur le visa fragile de Sven. La pureté et l'innocence feinte de cette plastique splendide lui fendirent le coeur. Son côté esthète venait de prendre un coup dont il aurait bien du mal à se relever. Il se tint cependant droit, déçu d'avoir si peu de détails. Avec qui ? Combien ? Combien de temps ? Pourquoi ? Etait-il en couple ? Avait-il bu avant d'en venir là ? Etait-ce volontaire ? Tant de questions sans réponse...

Le prince des voleurs décida de mettre sa tête au frais, de ne plus penser aux frustrations que provoquaient les souvenirs de son passé, et celles plus violentes encore suscitées par le silence de Sven. Oui. Il avait vu des personnes rougir, mentir, enrober la vérité, la décorer, la déguiser. Mais répondre auss froidement, en lui lâchant trois lettres comme un soufflet en pleine figure, non, jamais.

Sven : Ca fait quoi d’être simple cuisinier, aujourd’hui ?

Janma posa sa joue dans le creux de sa main, vaguement lassé par cette conversation. Son étoile venait d'être brisée, ses espoirs balayés, la pureté de Sven envolée. Il était... déçu. Oui, il comprenait que ce garçon avait dû vendre ses fesses à plus d'un. Mais en arrivant il lui avait parlé de 'nouveau travail'. Autrement dit, en l'espace de... trois semaines, peut-être même moins, il avait réussi à copuler comme un malpropre. C'était tout bonnement dégradant. Du catinage de bas étage.

Passant outre ce léger dégoût, Janma inspira calmement, et planta ses iris dans ceux de Sven.

Janma : C'est ennuyeux. Passer six heures par jour à couper, éplucher, faire cuire, servir, sourire. Je n'ai même pas le plaisir de profiter de l'Académie dans son ensemble. Ce sans compter sur le fait que les élèves disposent d'un enseignement millénaire que j'apprécierais.

Il soupira, ne voulant pas en dire plus. Il avait été tellement heureux d'apprendre qu'il était à la Deus Academia... jusqu'à découvrir le poste auquel on l'avait borné pour le restant de ses jours. Ce n'était pas une perspective qui l'enchantait. Aussi lorsque la guilde noire avait été fondée, il avait sincèrement envisagé de se joindre à elle. De quitter l'Académie sans aucun espoir de retour... mais il était resté. Il ne comprenait pas leurs idéaux, et n'avait aucune envie de mouiller son charmant fessier qui était logé, nourri, blanchi sous la bénédiction du très haut.

Janma pencha la tête sur le côté, notant quelque chose... qu'il n'avait pas remarqué auparavant. Des marques. De doigts. Sur la gorge frêle et délicate de Sven. Janma quitta sa position assise, se mit face à lui, et caressa du bout des doigts son menton. Inquisiteur, il le leva ensuite, se pencha, fixa de plus près la marque encore mordorée des bleus sur sa gorge. Il avait été étranglé, et pas de la plus saine et plaisante des façons.

Janma relâcha sagement Sven, fit cliqueter ses anneaux, et le toisa de longues secondes.

Janma : Tu étais consentant, lorsque ça s'est passé ?

Inutile de préciser ce dont il parlait, Sven devait en avoir une image assez nette. Au moins autant que les zébrures sur sa gorge. Quel espèce de maniaque déséquilibré pouvait froisser à ce pointe une créature aussi frêle et adorable que lui ? Qui était assez fou, assez peu respectueux de la beauté avec un grand B pour la souiller de ses grosses mains. Mains puissantes, en plus de ça. Un sauvage. Qui ne l'avait sans doute pas ménagé.

Janma claqua la langue, secoua négativement la tête.

Janma : Oublie la question. Je crois déjà en connaître la réponse.

Il posa un regard dur, une promesse de mort silencieuse sur son visage innocent. Droit comme la justice, bras croisés sur le torse, il imposa toute sa stature, tout son charisme à Sven. L'aura noire du roi des larmes l'écrasa de tout son poids. Enfin, il demanda.

Janma : Qui ?
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Re: Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma] - Jeu 4 Juil 2013 - 22:40
« C'est ennuyeux. Passer six heures par jour à couper, éplucher, faire cuire, servir, sourire. Je n'ai même pas le plaisir de profiter de l'Académie dans son ensemble. Ce sans compter sur le fait que les élèves disposent d'un enseignement millénaire que j'apprécierais. »
 
Je n’écoute même plus ce qu’il me dit. Sa question a ravivé les souvenirs de la veille que mon esprit avait volontairement oublié pour me faire croire que tout va bien. Mais je l’entends soupirer. Je reporte mon attention sur lui, et le vois pencher la tête sur le côté, me fixant. J’ai quelque chose sur le visage ? Non… ce n’est pas mon visage qu’il observe de la sorte… Mon cœur se met à battre plus fort dans ma poitrine, tandis qu’il se poste en face de moi, et que ses doigts viennent caresser mon menton. Aurait-il remarqué des traces qui n’ont pas attirées mon attention, ce matin ? Des marques de ses mains… ?
 
Je le laisse observer bien sagement, ne me débattant pas. A quoi bon. Elles sont là, elles sont là. Je ne vais pas chercher à les renier, à les cacher. Puis il me relâche, me toisant. Je commence à trouver l’atmosphère oppressante.
 
« Tu étais consentant, lorsque ça s'est passé ? »
 
… Pas besoin de précision, pas besoin de lui demander de quoi il parle, je ne le sais que trop bien. J’ouvre la bouche pour répondre, mais aucun son n’en sort. Mon cœur se serre dans ma poitrine. Je veux lui répondre « non ». Mais ce mot ne veut pas sortir. A la place, j’ai l’impression de sentir à nouveau sa main sur ma gorge, se serrer. J’étouffe. Des larmes montent à mes yeux à cause du manque d’oxygène. Je dois me calmer, et vite, sans quoi je risque d’y laisser ma peau… Traumatisé. Oui, c’est ce que je suis… Il me faut du temps pour oublier, mais là, c’est trop frais. Mon cerveau n’a pas encore évacué tous les évènements de la veille.  Et dire que je m’étais couché à l’agonie, et m’était réveillé comme si de rien n’était, comme tous les matins…
 
Je dois penser à autre chose, me calmer. Retrouver mon souffle. Je ferme les yeux, je me concentre. « Ce n’est pas en train de se produire… il n’est pas là… » Petit à petit, la main invisible qui serre ma gorge se défait, et l’air envahit à nouveau mes poumons. Merde alors… j’ai l’impression de me fragiliser…
 
« Oublie la question. Je crois déjà en connaître la réponse. »
 
Je le regarde, mais pas dans les yeux. Je sens son regard posé sur moi, dur, comme une promesse de mort. Il est plus qu’imposant… Je frissonne. Mon corps se met de lui-même à trembler. Je n’ai pas peur, mais j’avoue que son aura m’écrase. Je me sens de plus en plus oppressé.
 
« Qui ? »
 
Je me recroqueville sur moi-même, ramenant mes genoux contre ma poitrine, les enlaçant de mes bras, posant mon menton dessus, comme si cette position allait me protéger. Mon cœur se serre de plus en plus dans ma poitrine, comme pour se faire encore plus petit que ce qu’il n’est. Je me mords la lèvre inférieure.
 
« … Au début du jeu, tu m’as autorisé à ne pas répondre à une question. Je prends ce droit pour celle-ci. Demande-moi ce que tu veux d’autre, mais pas ça… »
 
Je frissonne à nouveau. Tout sauf ça. Je ne veux pas à avoir à prononcer son nom. Je ne veux pas me rappeler ses traits fins, ses longs cheveux foncés, ses iris rouges, ses lèvres ourlées dans un rictus mauvais… ni son corps bien battit, ni trop musclé ni pas assez… Je secoue la tête en négation. Non, je ne veux pas m’en rappeler. Je ne veux pas. Ce type a tout de même été à deux doigts de me graver son prénom sur la peau…
 
Petit à petit, la douleur se réveille. Mon abdomen se remet à me faire mal, mais je sers les dents. C’est dingue le pouvoir que le mental à sur le corps… Ce matin, en me levant et en me lavant, je ne voyais rien de toutes ces traces sur mon corps, et pourtant, elles étaient bien là. Mais moi, j’étais dans la négation. Cela ne pouvait pas être vrai, cela n’était pas vrai, ces traces n’étaient juste pas présentes. Je soupire. C’est donc ainsi que j’ai toujours fonctionné… Je serre encore plus mes genoux contre moi, et la douleur à l’abdomen se réveille encore plus vivement, m’arrachant un grincement de dents bruyant. Je n’ose même pas soulever le tissus de mon haut pour en vérifier l’étendu des dégâts. Il m’a mis un sacré coup, cet enflure…
 
Je sens de nouvelles larmes me monter aux yeux.
 
J’ai toujours réussis à tenir… J’ai toujours été fort. Alors pourquoi aujourd’hui, je me sens si faible… ?
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Re: Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma] - Sam 6 Juil 2013 - 21:44
Blessé, abîmé, détruit comme une magnifique oeuvre d'art subissant un choc violent, voilà comment Sven lui apparut lorsqu'il ramena ses jambes à lui. De son sourire timide et son regard envieux il ne restait plus rien. Rien qu'un immense vide douloureux qui se souvenait malgré lui des violences qu'il avait subi. Janma sentit son ventre et son visage se tordre, il se maîtrisa, laissant son regard exprimer toute la colère et la frustration que provoquaient chez lui ce refus.

Curieux oui, il l'était. Curieux de savoir qui était assez violent, assez peu respectueux de la beauté à l'état pur pour la froisser et s'en servir comme un vulgaire mouchoir. Un sac à fourrer. Une bouche à souiller. Janma fixa longuement le visage de Sven. Son regard écarquillé, son front magnifique creusé d'une ride d'anxiété, son air affolé qui suppliait de ne pas raviver les braises encore trop rouge sur son cou de cygne. Le prince des voleurs déglutit lentement. Tout. Mais pas ça. Il était capable de se taire. De ne pas retourner le couteau dans la plaie. Un autre que Sven aurait eu droit à un long sermon et une seconde question visant à le torturer. Seulement... il en était incapable.

Il était incapable de vouloir le blesser, de le faire souffrir plus encore qu'il ne souffrit déjà. La détresse de Sven réveilla une partie profondément enfouie de son subconscient. Il éprouva... de la peine ? De la douleur. De la jalousie ? Et enfin, de la haine. Une haine noire, épaisse, goudroneuse. Une haine violente qui le fit se lever, plier les genoux, et finalement plier devant la beauté brisée du repenti. Janma ôta délicatement son turban, le posa à côté de lui. Il quitta ses colliers, enleva ses bracelets d'or, son pardessus brodé de fils précieux. Ses iris ambrés se posèrent sur ceux de Sven. Du pouce, il effleura ses lèvres, avec douceur. Fasciné.

Fasciné par la beauté surnaturelle, jusque dans la douleur, du surveillant. Fasciné par le traumatisme qui pulsait dans chacun de ses battements de coeur, ricochait dans toute son âme. De la compassion ? Non. Janma éprouvait un plaisir incroyablement malsain à voir Sven souffrir. Il avait brisé plus d'un homme, mais n'en avait réduit aucun à cet état de coquille vide. Une magnifique poupée ded porcelaine dont l'âme torturée ne demandait qu'un peu d'aide pour exploser. Janma eut un sourire rassurant, alors qu'un fin fil d'ariane prenait lentement l'ampleur d'une toile d'Arachnée pour manipuler cette si frêle créature.

Janma : Ne pleure pas, Sven.

Un ordre simple, clair, offert sur le ton de la confidence. Le roi des larmes se redressa légèrement, et approcha son visage de celui, dévasté, de Sven. Décoiffé par sa coiffe absente, il glissa sa main à travers les cheveux de Sven, et le colla contre lui. Son col empli d'odeurs d'encens de de patchouli, il le lui offrait comme un refuge. Ses doigts caressèrent la nuque abîmée du repenti, tandis qu'il le gardait contre lui, pour le détendre. Il trembla légèrement. De colère. De jalousie. D'une légère pointe d'excitation. Janma eut un nouveau sourire, et glissa son autre main à la hanche du surveillant, le protégeant d'une étreinte sincère. Presque affectueuse.

Janma : Qui n'a pas d'importance. Quoi non plus. Comment. Pourquoi. Ce sont des questions dont je n'ai cure. Quelqu'un a souillé une oeuvre d'art, c'est un péché que je ne pardonnerai pas à Deus-même.

Il recula, leva les mèches courtes du visage de Sven, et le fixa en silence avec un mélange de fascination, de curiosité...et une pointe d'avidité.

Janma : Considérons que ta jauge est pleine. C'est une questions lourde à laquelle tu n'as pas répondu. Alors...

Il laissa glisser son doigt le long du nez fin de Sven, et mordilla son nez du bout des dents... avant de saisir son visage, et déposer un léger baiser sur ses lèvres. Doux. Délicat. Ferme, mais suffisamment attentionné pour le laisser s'échapper. Enfin, il recula, se redressa, et croisa les bras, un sourire en coin.

Janma : M'en veux-tu pour ce que je viens de faire ?

Nouvelle question. Le jeu continuait.
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Re: Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma] - Dim 7 Juil 2013 - 0:37
« Ne pleure pas, Sven. »

 
Trois mots, plus mon prénom. Cela suffit à me faire éclater, silencieusement. Je m’effondre brutalement, mais tente de faire en sorte que cela reste discret. J’ai toujours haïs que l’on me voit faible. Mais là… je n’en ai presque rien à faire.
 
Il approche son visage près du miens. Je le détail du regard. Aucune imperfection. Je serais presque éblouit par tant de beauté, et en temps normal, je n’aurais pu lui résister. Mais là, je ne suis pas d’humeur à ça. Les larmes sont à deux doigts, peut-être moins, de rouler le long de mes joues. Les sanglots son prêt à s’emparer de mon corps. Ma gorge est nouée. Tout mon corps est dans les startin’ bloc pour se mettre à pleurer.
 
Je sens sa main se perdre dans mes cheveux, et m’attirer contre lui. Je me laisse faire, et les larmes se mettent à couler. Mais bizarrement, je ne sanglote pas. Je tremble à peine. Je suis comme calme, apaisé par son odeur… Et par son col qu’il m’offre comme refuge. Je me sens comme un animal blessé et apeuré que l’on tenterait d’amadouer. Et c’est réussi, pour le coup. Je pose mes mains sur son torse et m’accroche au tissu, refusant de me décoller de lui… Je le sens m’étreindre. J’en frissonne. Je me sens en sécurité, là.
 
« Qui n'a pas d'importance. Quoi non plus. Comment. Pourquoi. Ce sont des questions dont je n'ai cure. Quelqu'un a souillé une oeuvre d'art, c'est un péché que je ne pardonnerai pas à Deus-même. »
 
Alors c’est ainsi qu’il me considère ? Comme une œuvre d’art ? Comme un vulgaire objet ? Je suis comme piqué au vif. Je me recule de lui, je croise son regard. J’ai du mal à en déchiffrer toutes les choses que je peux y lire. En fait, j’ai l’impression qu’il a pour moi ce même regard que ceux que mes clients avaient. Curiosité, désir, fascination… mélangé à celui de Jérémiah, remplit de convoitise. Je me sens mal à l’aise. Je détourne le regard.
 
« Considérons que ta jauge est pleine. C'est une question lourde à laquelle tu n'as pas répondu. Alors... »
 
Son doigt glisse sur mon nez, ses dents viennent me le mordiller avant que ses lèvres se posent délicatement, mais fermement sur les miennes. Je sens le rouge me monter aux joues, et une étrange chaleur m’envahie. J’aimerais me reculer pour fuir ce baiser, mais en même temps, je n’en ai aucune envie. Alors je le laisse faire. Aussi court que cela soit, il me semble que ça dur une éternité…
 
« M'en veux-tu pour ce que je viens de faire ? »
 
Il reprend le jeu, avec une question simple. Bien sûr que je lui en v… Ah bon ? Je lui en veux de m’avoir volé un baiser sans crier gare ? Est-ce là la vérité ? Je cherche au fond de moi. Deux doigts viennent frôler mes lèvres, sans que je le veuille. Je me sens… perturbé. C’est totalement différent de la majorité des baisers que j’ai pu recevoir. Et pourtant, Deus sait combien ils furent nombreux. Je rougis de plus belle. C’est compliqué, je crois… Ses lèvres étaient si douces, si agréables… J’en frémis rien qu’en y repensant.
 
Je lève les yeux vers lui. Il s’est redressé, il a les bras croisés sur sa poitrine, et un sourire en coin, satisfait. Je n’aime pas cette attitude pédante. Surtout après m’avoir volé un baiser. On dirait un voyou qui a embrassé une jeune fille en fleur. Mais je ne suis PAS une jeune fille en fleur. Je serre les dents. La colère m’envahit. Dire oui serait mentir. Dire que non aussi.
 
« … Oui et non. »
 
Je susurre entre mes dents.
 
« Je déteste que l’on profite de mes moments de fragilité pour me voler quelque chose que je préférerais donner… »
 
Je plonge mes yeux dans les siens, énervé. Je lui en veux.
 
« Cependant, cela m’a comme qui dirait laissé un goût de trop peu. »
 
C’était agréable. Je dois bien l’avouer. Mais j’ai envie de le frapper. De le frapper puis de l’embrasser à nouveau. Et à peine ai-je le temps d’y penser que mon corps agit. Je lui assène une gifle. Pas forte, certes, car je n’ai aucune force. Mais une gifle tout de même. Puis je l’attrape par le col et vient coller sa bouche contre la mienne. Il m’en a volé un, je lui en vole un. Echange de bon procédé. Puis j’interromps l’échange, et me recule prestement. Mon abdomen me rappelle à l’ordre. Dans un grincement de dents, je m’appuie contre les étagères derrière moi, fermant les yeux. J’attends que ça passe, avant de les rouvrir.
 
« Et toi… tu m’en veux pour cela ? »
 
Je le regarde, sans une once de regret. Le défiant quelque peu. Je n’aime pas bien que l’on profite de moi dans mes moments d’égarement, et j’ai l’impression que c’est exactement ce qu’il a fait.  Je soupire, pose ma main sur le ventre. J’appuie légèrement pour vérifier si c’est de la que vient la douleur. Je serre les dents, retenant un petit cri. Oui… Je soulève mon t-shirt pour vérifier la chose. Je découvre avec stupeur un hématome qui a viré au noir, de la taille d’un poing. D’un grand poing, je veux dire… Et sans compter les bords bleutés puis jaunâtres qui l’entourent… Cela me prend presque tout le ventre… L’enflure, il m’a pas raté… Je rabaisse le tissu rapidement.
 
Je relève le regard vers Janma, j’espère qu’il n’a rien vu…
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Re: Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma] - Mar 9 Juil 2013 - 20:44
Une douce teinte rosée lui répondit l'espace de quelques secondes. Janma retint à grand peine un sourire incroyablement satisfait. Mettre mal à l'aise une personne aussi mignonne que Sven était la consécration suprême pour un pervers manipulateur dans son genre. Il se sentait réveillé en sa présence, sombrer à nouveau dans la noirceur de tous les travers dont il souffrait. Il se sentait capable de lui faire du mal pour avoir le contrôle sur son existence. Ah. Il devait se calmer, se calmer et...

Janma eut un léger sursaut lorsque Sven plaqua sa main contre sa joue. De sa force de moustique et sa taille de gnomme, il venait pourtant de lui offrir le soufflet le plus dédaigneux au monde. C'était douloureux, là, au niveau de son égo. Janma fronça les sourcils. Voler quelque chose qu'il aurait préféré donner ? Hé. Il n'avait qu'à le repousser s'il ne voulait pas de ses lèvres. Saleté de petite vipère.

En plus de ça, il agissait en parfaite opposition avec ses paroles. Un goût de trop peu. Est-ce qu'il frappait les personnes qui lui donnaient "un goût de trop peu" ? Janma aurait plutôt tendance à les embrasser en retour - bien que cela ne lui soit jamais arrivé. Il lui passait de la pommade, et ensuite, il l'envoyait paître ? La pie voleuse retroussa le nez, et se redressa.

Janma : Oui.

C'était tout ce qu'il avait à dire. Si Sven s'était laissé faire comme une gentille petite fille, il l'aurait juste câlinée pour la calmer. Un instant. Il l'aurait câliné pour le calmer, et rien d'autre. Affectueux, c'était comme ça qu'il le faisait devenir. C'était de sa faute. Avec son indécente moue rose et son regard de biche perdue, il l'attirait comme un immense aimant, une figure à détériorer, une sculpture blanche à salir.

Oui. Sauf que quelqu'un était passé avant lui. Janma saisit, du coin de l'oeil, la brillance de son bracelet , entourée d'une large trace noire. Un bleu. Un bleu énorme. Presque aussi noir qu'un morceau de charbon. Ah, oui. Quelqu'un avait donc étranglé Sven, ce avant de le tabasser, et... quoi d'autre encore ? Janma passa une main protectrice dans les cheveux de Sven. Il le fixa dans les yeux sans un mot, et releva son tshirt pour vérifier de plus près ce qu'il n'avait qu'aperçu.

Janma : C'est... monstrueux.

Il n'y avait pas d'autre mot. Comme dans un mauvais film d'angoisse, il imaginait les scénarios les plus improbables où Sven était la victime forcée d'un dégénéré mental lui faisant subir encore et encore les sévices plus violents les uns que les autres. Pourquoi ? Est-ce qu'il avait mise en colère la mauvaise personne ? Même lui ne serait pas venu à de telles extré... ah. Si. Il aurait pu.

Oui, mais... avec sa propriété, son esclave, sa chose. Pas un parfait inconnu.

Janma : Combien faut-il te payer pour avoir le droit d'en faire autant ?

Ce n'était pas vraiment une question, plutôt un grognement adressé à lui-même. Malgré lui, fasciné par la douleur de Sven, Janma se souvenait de certains esclaves ou ouvriers prêts à tout pour gagner en grade. Même à recevoir des coups parfois bien pires... QUelle décadence. Sven. Non. Qu'est-ce qu'il avait fait avec son corps ?
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Re: Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma] - Mer 10 Juil 2013 - 0:00
« Oui. »
 
Oops. Il m’en veut. Tant pis. Je n’aime pas que l’on m’embrasse de la sorte. Bien fait. Mais… mais en fait, ça, là, maintenant, tout de suite, je m’en fou. Le truc qui m’importe le plus, qui me gêne le plus, c’est qu’il l’a vu. Il a vu l’hématome sur mon ventre. Il pose une main dans mes cheveux, protecteur, avant de relever mon t-shirt pour examiner de plus près la chose.
 
« C'est... monstrueux.  »
 
Je ne dis rien, mais je n’en pense pas moins. Aussi monstrueux que celui qui m’a fait ça, à vrai dire. Je détourne le regard. Situation assez dérangeante. Je n’ai pas honte. Non. Pas de ça. Juste que le fait de le voir m’observer de la sorte, cela me met dans une position assez inconfortable… Et que cela fait naître de drôles de pensées dans ma tête. Je les chasse. Non, je dois rester lucide. Je ferme les yeux quelques instants, j’expire. Je peux sentir son odeur m’envelopper. Elle m’enivre, me fait tourner la tête. Elle n’est pas désagréable, loin de là. Mais j’ai l’impression que plus ça va, plus elle est forte. Plus je la sens. J’ai l’impression qu’elle s’imprègne dans ma cervelle.
 
« Combien faut-il te payer pour avoir le droit d'en faire autant ?  »
 
Je rouvre les yeux, brutalement.
 
« Pardon ?! »
 
Je plonge mon regard dans le sien, n’étant pas sûr d’avoir bien compris. En faire autant… que Macky ? Me passer à tabac ? Me marquer comme cette enflure l’a fait ? Je sens la rage naître dans mon estomac et remonter, jusque dans ma gorge.
 
« Rien du tout ! Je ne suis pas un objet bon à être saccagé Janma. Cette ordure m’a passé à tabac car j’ai voulu défendre ma peau ! Je lui ai dit non, ça ne lui a pas plu. Fin de la discussion. »
 
Je ravale ma haine, déglutissant difficilement. Je tente de me lever, serrant les dents. C’est dingue ça, par contre… Je suis arrivé, je n’avais pas conscience de mes blessures, je n’avais pas du tout mal, et là, maintenant que je connais l’étendu des dégâts, je souffre le martyre… Je comprends maintenant pourquoi certains clients avaient de drôles de regards lorsqu’ils découvraient mon corps dénudé. En effet, si j’étais dans le même cas que celui-ci, ils avaient dû être bien surpris… Je soupire. Je m’aide de l’étagère derrière moi pour garder mon équilibre correct. Sa question réveille de nombreux souvenirs. Je me rappelle des coussins que l’on me mettait sur le visage pour me la faire fermer, lorsque certains, plus dérangés que la moyenne, voulaient « s’amuser autrement ». Je me rappelle des coups reçus, je me rappelle du nombre de fois où l’on a voulu me briser, juste pour satisfaire quelques plaisirs inavoués, inavouables, juste parce que c’était « drôle » de tenir la vie d’un être humain entre ses mains. Et dire que le lendemain j’oubliais instantanément… Quelle horreur. Et l’envie d’ajouter quelque chose me tiraille… alors j’ouvre la bouche.
 
« Avant… Je vendais mon cul. Pas mon corps. Ils pouvaient me sauter, pas me tabasser. Je ne suis pas un punching ball. »
 
Je lui tourne le dos. Que me reste-t-il de fierté après tout ça… ? Si je cherche au fond de moi, en trouverais-je encore ? Un sourire naît sur mon visage. Oui. Bien sûr que oui. J’ai toujours lutté pour ça. Etre une prostitué ne signifie pas mettre de côté sa fierté. Enfin… pour ma part…
 
Soudain des voix assaillent mon esprit. Les voix de mon passé, prononçant mon nom.
 
« Sven, Sven, Sven »…
 
« Tu es si beau… j’aimerais pouvoir te salir, marquer ta peau si blanche… »
 
« J’aimerais voir ce sourire suffisant disparaître de tes si jolies lèvres… »
 
« J’aimerais te voir pleurer, te voir me supplier… »
 
Le mal de crâne s’empare de moi. Je me prends la tête entre les mains. Bordel, faites les taire… Qu’ils aillent tous au diable… Pourquoi faut-il que ce crétin, ce Janma, se mette à réveiller tous ces souvenirs ? Pourquoi ?! Pourquoi ne peut-il pas juste se taire et me laisser vivre comme je l’ai toujours fais, hein ? Qu’il me laisse oublier, tout oublier…
 
« "Combien faut-il te payer pour avoir le droit d'en faire autant ?" Ce sont bien tes mots, non… ? »
 
Je me retourne, plonge mon regard dans le sien. Je sens de la rage bouillir dans mon estomac. Je serre les poings.
 
« …Pourquoi ? T’aurais voulu faire pareil ? »
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Re: Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma] - Mer 10 Juil 2013 - 0:20
Une saine colère légitime et violente lui explosa en pleine figure. Blessé, vexé, brûlé à vif dans son orgueil, Sven réagissait en sortant toutes griffes dehors. Janma n'eut tout d'abord pas de réaction, trouvant parfaitement légitime que Sven se sente humilié. Il s'était mal exprimé. Lui qui maniait la langue et les mots aussi habilement que sa lame avait été maladroit avec lui. Il aurait dû être plus clair, ou mieux, fermer sa grande bouche pour ne pas le froisser.

Sven avait été forcé. Il avait été forcé à s'abaisser au rang de putain par quelqu'un de particulièrement violent et exigeant. Quelqu'un qui n'avait pas supporté son refus et qui, au lieux de le faire plier par le plaisir avait choisi de le faire par la douleur. Ce n'était pourtant pa bien compliqué de mordre le lobe d'une oreille, s'agenouiller un peu ou d'avoir quelques mots tendres. Les barbares sans cervelles qui défiguraient leurs amants le dépassaient. Il ne comprenait pas l'intérêt d'abîmer durablement quelqu'un. Oh, oui. Il l'avait bien fait avec Judal mais c'était, et bien... différent. Quand il l'avait enchaîné aux remparts d'Al-Suraja, il l'avait ensuite choyé pendant une semaine. Bains, massages, repas, il avait été aux petits soins. Et il s'était assuré qu'il n'en garde aucune séquelle physique. Là, c'était trop.

Trop que de laisser la trace de ses doigts et de ses poings jusque dans les entrailles de Sven. Janma ne répondit rien lorsque Sven lui rappela sa condition de putain. Oui. Il avait compris. Il avait vendu son corps, ou plutôt ses fesses, et c'était tout. Il n'avait pas besoin d'être aussi vulgaire, Janma n'en demandait pas tant. S'il avait voulu entendre des insanités il serait allé demander directement au nouveau barman - dont la réputation était montée jusqu'à ses cuisines de manière fulgurante, d'ailleurs.

Le roi des larmes observa Sven s'éloigner de lui sans un mot. Il surprit un demi sourire, afficha une mine soucieuse. Il avait un problème avec Sven. Il ne le connaissait que depuis quelques minutes, et déjà il se sentait obligé de le protéger. Obligé de lui venir en aide, obligé d'en prendre soin. C'était sa beauté qui le perturbait. Il était trop beau. Tellement qu'il s'en brûlait les yeux, et qu'il avait peur de le briser en le touchant.

La pie voleuse plissa les lèvres, se tassa sur la table, joua avec ce qui lui restait de bijoux. Il semblait le prendre vraiment très mal. La tête entre les mains. Souffrant ? Sven semblait brisé. Pas uniquement de sa responsabilité, non, brisé de l'intérieur et depuis bien longtemps. Comme si ses douleurs ne venaient pas uniquement de ce que lui avait pu produire. Il souffrait. Et Janma se sentit obligé de se relever, d'afficher la mine la plus neutre possible, et de le fixer avec un dédain non feint.

Janma : En affaires comme en amour, je ne crains de me salir. Cependant, tu n'es d'aucun intérêt financier ni émotionnel pour moi, Sven.

C'était cruel, mais la pire vérité. Janma blessait les autres lorsque la colère lui montait à la gorge. Il frappait celui qui lui faisait honte, il mordait celui qui lui désobéissait. Il réduisait à néant quiconque se mettait en travers de son chemin. Non. La seule manière dont il aurait pu vouloir salir Sven aurait été... un soupir arraché du bout des doigts.

Rien de très fantaisiste, en somme.

Janma : Je me demandais uniquement si tu avais accepté sciemment de te faire défigurer. Au quel cas, je ne te le cache pas, j'aurais été très déçu.

Il croisa les jambes, posa son coude sur son genou, et le fixa longuement, les sourcils légèrement froncés. Janma réfléchissait. Comment l'aider sans le blesser. Comment s'en rapprocher sans le faire fuir ? Il esquissa un sourire, joua avec ses créoles.

Janma : J'ai une tête à consommer des catins, Sven ?

Pure provocation.
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Re: Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma] - Mer 10 Juil 2013 - 19:31
« En affaires comme en amour, je ne crains de me salir. Cependant, tu n'es d'aucun intérêt financier ni émotionnel pour moi, Sven. »
 
Mon sourire s’étire. Mais ce n’est surement pas un sourire joyeux. Blessé ? Oui. Surement. Il sait manier les mots pour viser là où ça fait mal. Je n’ai jamais été d’un grand intérêt émotionnel, jamais. Simplement un objet de convoitise. On m’achetait une nuit comme on se payer une session au volant d’un splendide bolide de course. Mais je ne rapportais rien. Juste une nuit, au minimum, de plaisir, de satisfaction. Je soupire.
 
« Je me demandais uniquement si tu avais accepté sciemment de te faire défigurer. Auquel cas, je ne te le cache pas, j'aurais été très déçu.  »
 
Ho… déçu, hein… Déçu de quoi ? Il ne connait rien de moi. Je ne vois pas ce qui peut bien le décevoir. Ah moins que ce ne soit la contradiction entre mes actes passés et ma gueule d’ange ? Je n’en sais rien. Je ne sais pas à quoi il peut bien penser. Ca me perturbe. IL me perturbe. Je n’aime pas ça. Je me retourne vers lui. Non… je ne l’aime pas. J’ai envie de me tirer d’ici, de le laisser seul avec sa langue de vipère… Mais en même temps, quelque chose me retiens. Il me retient. Avec son regard de prédateur, son visage parfait, feignant l’innocence, ses lèvres, s’ourlant dans un sourire séducteur…
 
Nouveau soupire de ma part. Je déteste ce type…
 
« J'ai une tête à consommer des catins, Sven ?  »
 
Je le regarde, ébahit. Les yeux écarquillés. La bouche entrouverte. Et puis j’explose de rire. Parce qu’il y a une tête pour ça, maintenant ? Non décidément… Je ne vois pas qu’elle tête spéciale il faudrait avoir pour "consommer des catins". Je tente de contrôler mon rire. Je suppose qu’il attend que je lui réponde non. Et bien…
 
« Oui. »
 
Je reprends un air sérieux, grave. Juste ce petit oui. Pour voir sa réaction. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre. Une mine déconfite ? De la colère ? Je n’en sais fichtrement rien. Je soupire.

« … Enfin… ce n’est pas comme s’il y avait un type de tête… Quand je marchais dans la rue, je ne me disais pas « tiens, lui il a tête à se taper une prostituée »… Il y en a beaucoup qui cachent bien leurs jeux. Peut-être en fais-tu partie. Au final, tu fais ce que bon te semble. »
 
Je ris. Lui ? Payer pour ça ? Non. Je ne pense pas. Je suppose qu’il n’avait qu’à ordonner pour que quelqu’un lui obéisse… Il devait toujours y a voir quelqu’un pour le satisfaire… je soupire. Je ne sais trop quoi dire, quoi faire… Je ne le regarde même plus. Il me provoque ouvertement. Il veut jouer à mes dépends. Est-ce que je réagis comme il le souhaitait ? Je croise les bras sur mon torse, regarde par la fenêtre. Le ciel est gris. Les nuages cachent le soleil. Il va pleuvoir… Je frissonne. Je n’aime pas la pluie… Non pas parce que ça mouille, ça j’m’en fou, ça m’est indifférent. Mais parce qu’avec elle, elle ramène les souvenirs de ce jour-là… Décidément j’ai trop de souvenirs que je hais, moi… et après, j’ose prétendre que j’étais heureux ? Nouveau soupire. Tsss…
 
« J’ai tant une tête de prostituée que ça… ? »
 
Je murmure, plus pour moi-même qu’autre chose. Une réflexion qui vient de naître dans mon esprit. C’est vrai après tout… J’ai autant l’air de vouloir qu’on me paye à tout prix pour coucher avec quelqu’un ? Non parce que c’est tout de même perturbant… et puis je n’ai pas forcément envie d’avoir cette étiquette collée sur le front… J’aimerais bien ne pas avoir besoin de vivre de la sorte dorénavant… Mais seul le temps me dirait si oui ou non je suis capable de me ranger…
 
Je passe ma main dans mes cheveux. Serais-je capable de rester bien sagement seul… ? Je grogne. Pas sûr. Pas sûr du tout, même…
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Re: Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma] - Jeu 11 Juil 2013 - 0:01
Sven : Oui.

Oui.

Sven : ...quand je marchais dans la rue...

Oui.

Sven : ...au final, tu fais ce que bon...

Oui.

L'enflure de petite pute botoxée. Ah. L'empaffé de petite princesse trop gâtée. Nom de DEUS. Janma vit rouge. Son regard se posa, perçant, haineux, sur la peau diaphane de Sven. Il serra les poings, faisant tinter ses créoles. Au bord d'une des crises de colère les plus violentes de toute sa vie, le roi des larmes se sentit trembler de tous ses membres.

Il osait lui tourner le dos. Cet insolent petit cancrelat épais comme du papier à rouler lui tournait le dos, fier de sa répartie. Janma fit un pas dans sa direction, ne l'écouta même plus. Sa main se posa sur celle qui traversait ses cheveux. Bien réveillé à présent, le prince des voleurs le serra à lui en faire mal, et lui fit une clef de bras violente, le plaquant contre la vitre. Sa voix était très calme, malgré la colère qui transpirait de chacun des pores de sa peau. Dents serrées, il releva son poignet dans son dos, et se pencha à son oreille.

Janma : Je ne. Consomme. Aucune chair.

Il s'appuya contre lui, le plaquant un peu plus fort contre la vitre. Il était blessé, il n'en avait rien à faire. Il était déjà douloureusemnt marqué, cet objet trop bavard qui le traitait d'homme à putains. Janma arracha nerveusement les petites peaux de sa langue, cherchant à contenir la furreur qu'avait déclenché un simple mot.

Janma : Ce que je veux. Je l'obtiens, Sven.

Il relâcha sa prise, attrapa délicatement son menton, et le força à le fixer. Ses yeux couleur sable le dévisageaient avec la sainte envie de le voir terrorisé. Il voulait bien être accusé de tous les maux. Violeur, menteur, arracheur de dents, détrousseur de petites vieilles. Sven pouvait l'accuser de n'importe quel travers, mais penser qu'il devait payer pour accéder au fessier d'un autre, ça... c'était une insulte.

L'insulte de trop.

Janma : Il y a des égos qu'il ne faut pas contrarier, petite vipère.

Il approcha son visage, un sourire malin ancré sur les lèvres. Prêt à le tabasser, il ne déposa cependant qu'un baiser sur le sommet de son crâne fragile, et le jeta au sol, recula pour lui tourner le dos, tremblant toujours de colère.

Janma : Je suis... Janma Urvarata. Je suis le Conquérant des Sables. Je suis le fils d'Al-Suraja. Je suis le Roi des Larmes. Le Prince des Voleurs. Le dieu des Chapardeurs. Et tu crois, toi, petite putain sans vergogne, que je doive payer centime pour voir un autre s'agenouiller devant moi ?

Son poing s'abattit sur une pile de livres, qu'il envoya voler dans toute la pièce. Hors de lui, Janma sentit une fine goutte de transpiration lui couler sur la tempe. Son dos se convulsa. Il s'entendit grogner, rugir. La douleur lui fit basculer la tête en arrière. Ah. PAR LES ATTRIBUTS DU TRES HAUT !

Janma : JE SUIS... UN DIEU !

CRRRRAAC. Sa tunique se déchira comme du papier sous pression. Des lambeaux de son dos explosèrent dans une gerbe de sang contenue. Une par une, les plumes satinées, violines, quittèrent son épiderme pour l'encadrer comme un immense rideau sombre. Son regard ambré darda la misérable créature devant lui. Tremblant de douleur, de colère, Janma se propulsa d'un battement d'ailes, envoya voler quelques pages folles.

Janma : Je devrais te tuer.

Il le pensait. Sincèrement. Blessé. Il le pensait. Légèrement penché au-dessus de Sven, ses mains à quelques millimètres de son visage, il gronda.

Janma : A. Genoux.
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Re: Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma] - Jeu 11 Juil 2013 - 3:18
Une première goutte de pluie frappe contre la vitre. A moins que le bruit que j’entends ne soit celui de mon visage contre cette même vitre ? Je ne comprends pas tout. Cela se passe trop vite. Ce que je sais c’est qu’il s’est rapproché de moi et qu’une vive douleur s’est emparée de mon poignet puis de mon bras. Une clef de bras, donc. C’est là ce qu’il me fait. Et il remonte mon poignet dans mon dos en plus de ça. L’aurais-je vraiment mit en colère.
 
« Je ne. Consomme. Aucune chair. »
 
Ah oui. Enervé. Et pas qu’un peu. Et moi, je ne peux m’empêcher de sourire alors qu’il me colle encore plus contre la vitre, faisant se réveiller certaines douleurs endormies, appuyant sur l’hématome de mon estomac, m’arrachant un grincement de dent sincère. Putain… Ouais, je crois que c’est le cas de le dire. Je crois bien que c’est ça qui l’a vexé d’ailleurs. Je ris doucement. Dans quel merdier me suis-je encore foutu, moi ?
 
« Ce que je veux. Je l'obtiens, Sven.  »
Je me mords la langue pour éviter de lui sortir quelconque paroles plus blessantes encore qui pourraient le mettre encore plus en rogne et me mettre un peu plus en danger. J’ai déjà pas mal de souvenirs de la veille, s’agit pas de m’en rajouter en plus. Je ne suis ni fou ni masochiste. Je le sens finalement relâcher sa prise, mais à la place il vient me prendre le menton, me forçant ainsi à le fixer. Il me dévisage. Oui, ça … il me dévisage. Est-ce qu’il voudrait me voir mourir de trouille ? C’est dommage, mais je n’en suis pas encore là… Bien qu’il ait réellement l’air hors de lui. Et pas qu’un peu.
 
« Il y a des égos qu'il ne faut pas contrarier, petite vipère. »
 
Je m’attends à ce qu’il me frappe. Mais à la place, je n’ai qu’un geste d’une infinie douceur. Un baiser, sur le crâne… avant de me retrouver projeté au sol. C’est… étrange comme sensation. Il me tend la carotte pour m’amadouer, avant de ma frapper à coup de bâton. Pas très agréable. Je le vois trembler… Woah… D’aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais quelqu’un dans cet état…
 
« Je suis... Janma Urvarata. Je suis le Conquérant des Sables. Je suis le fils d'Al-Suraja. Je suis le Roi des Larmes. Le Prince des Voleurs. Le dieu des Chapardeurs. Et tu crois, toi, petite putain sans vergogne, que je doive payer centime pour voir un autre s'agenouiller devant moi ? »
 
… C’est moi où il vient de m’insulter sans détour ? Il vient clairement de m’appeler « petite putain sans vergogne ». D’accord. Soit. Je saurais m’en souvenir, un jour. 
 
Je sursaute. Son poing à rencontrer une pile de livres, et ceux-ci sont prêts à chanter "I believe I can fly"… Le pire dans tout ça, c’est que ce con, ben il s’est fait mal…
 
« JE SUIS... UN DIEU ! »
 
Ow… Sévèrement atteint le pauvre… Ha. Non. Au temps pour moi. C’est vrai que nous en sommes maintenant. Soudain sa tunique se déchire et… deux ailes violines s’extirpent de son dos. Merde… là, je flippe vraiment. Sérieux… Ce type, a des ailes dans le dos… C’est un putain de piaf ! Mais c’est pas humain ça ! … Ouais, nan j’ai vraiment du mal à m’habituer au fait que justement, nous ne sommes plus humains. Oui, faut que je me le rentre dans le crâne.
 
Il se propulse jusqu’à moi, vif, aérien. Il est à quelques centimètres à peine de moi…
 
« Je devrais te tuer. »
 
Je me retiens de lui dire de le faire. S’il veut me tuer, il n’a qu’à le faire. Ça mettra un terme à la souffrance physique. Je n’aurais plus ce corps souillé. Je n’aurais plus… rien. Plus besoin de me ranger, plus besoin de prendre sur moi pour tenter de mener une vie « propre » dont je n’ai pas plus envie que ça. Mais je n’ai pas le choix. Et malgré tout, je n’ai pas envie de mourir une deuxième fois…
 
« A. Genoux. »
 
En temps normal j’aurais eu des pensées pas forcément très correctes. Mais non seulement il ne semble très clairement pas penser à ça, mais en plus, je ne me sens moi-même pas d’humeur à penser de telles choses. Je lève vers lui un regard épuisé. Un regard ni innocent ni coupable. Ni joueur ni lasse. Juste… épuisé. Oui, j’ai déconné je l’avoue. Je suis allé trop loin dans la plaisanterie. Je n’aurais pas dû chercher à le mettre hors de lui de la sorte… Je baisse les yeux. Crétin que je suis. Je m’exécute, me mets à genoux, mais qu’il n’espère pas de moi que je lui baise les pieds pour me faire pardonner. Plutôt crever.  Je ne dis mot. Je ne sais pas quoi dire ni quoi faire. Je me sens con, c’est tout ce qu’il y a à savoir. Je soupire à nouveau. Lui dire que je suis désolé ? Et ça lui fera une belle jambe. Vu l’état de colère dans lequel il se trouve, je ne suis pas sûr que cela lui fasse beaucoup d’effet. Non… je me contente de détourner le regard, coupable, ce coup-ci. Et désolé. Parce que malgré tout je le suis tout de même un peu…
 
« Je… »
 
"Je" quoi ? Non. "Je" rien. Je commence sans parvenir à finir. Je n’ai rien à ajouter, en fait. Je me mords la lèvre inférieure. Frappes-moi si tu en éprouve le besoin. Je ne lutterais pas. Je l’ai, après tout, bien mérité…
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Re: Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma] - Jeu 11 Juil 2013 - 10:50
Le frapper ? Le blesser ? Non, Janma ne voulait pas froisser Sven. Il ne voulait pas se salir les mains une fois de plus. Pas encore. Pas après... Corvo. Janma sentit sa mâchoire se contracter. Droit comme la justice, le regard plus perçant que celui de Deus en personne, il dévisagea avec sévérité le jeune Sven. Sans un mot, il le fusilla visuellement. Ses iris ambrés parcoururent chaque millimètre carré de sa peau, savourant cet air embarrassé qu'il avait.

C'était quelque chose de nouveau pour lui. Il était coutume de voir sur le visage de Judal une sainte terreur, une angoisse. Il adorait le voir s'écraser au sol, mains devant, attendant de se faire marcher dessus. Sven jamais ne s'allongerait pour recevoir ses pieds dans la figure, il en prenait toute conscience. La pie voleuse tendit sa main, comme pour le frapper, et saisit délicatement le menton de Sven. Il le fixa sans un mot son pouce effleurant ses lèvres fines.

Bon. Il était pardonné. De toute façon, Janma aurait été incapable de lui en vouloir d'avantage. Sa colère aussi volent qu'éphémère enterrée, le dieu des voleurs inspira calmement, un sourire en coin.

Janma : Tu es un garçon malin, Sven. Tu me plais.

Oui. S'il n'avait été qu'un visage, il l'aurait juste tabassé,violenté, repris, tabassé à nouveau. Non. Sven était bien plus que ça. C'était un corps et un esprit. Sans doute l'une des combinaisons les plus capables de lui mettre les nerfs en pelotte. La pie voleuse attrapa la main de sa poupée. Il jaugea, en silence, la largeur de ses petits doigts.

Janma : Ecoute... je suis navré. Personne ne me parle comme tu l'as fait. Personne. Pour ta peine, prend.

Il sortit une minuscule pierre bleue. Un petit fragment de son gros saphir caché tout contre lui. Avec finesse, il le cacha dans la paume de Sven, et se redressa, tremblant de douleur lorsque ses ailes se rétractèrent comme autant de lames dans une plaie à vif.

Janma : Fais-la sertir sur le marché, vends-la ou mange-la, peu m'importe. Prend-la, c'est tout.

Janma eut un pas de recul. Le poids de ses ailes en moins, il s'entendit gémir. Bon sang. Ce don était toujours aussi douloureux. La pie voleuse, le regard fiévreux, eut le regard attiré par le bracelet de Sven. Quelque chose de fin, de discret. Un cadeau pour une personne ayant très peu de moyens, visiblement.

Janma : Je vais retourner dormir, Sven. Mais nous nous reverrons.

Son regard s'attarda sur son cou, marqué. Sur son ventre qu'il savait ecchymosé. Il n'en avait pas fini avec lui. Oh non, il n'en avait certainement pas fini avec lui. Il trouverait, sans lui dire, qui l'avait frappé, maltraité, martyrisé. Il trouverait sans un mot le responsable de ce gâchis, et lui règlerait son compte. Mais avant ça...

Janma : Je ne touche pas aux catins. Ceux qui offrent leurs formes aux plus offrants contractent toutes sortes de maladie. J'avais un favori. Un préféré. Un bien aimé. Et je m'en occupait comme de la prunelle de mes yeux. Tous me décevaient. Tous sauf un.Judal. Lui avait de quoi me rendre fier. Il était mesquin, égoïste, opportuniste. Et fatalement, il est mort à présent. Je n'ai trouvé personne qui le remplace.

Janma souffla sur sa main pour sécher l'hémoglobine qui y coulait. Il leva un regard incisif, presque pervers sur Sven.

Janma : Mais j'ai trouvé quelqu'un qui s'en approche. Manque de chance pour moi, c'est un casse-pied ahuri. Manque de chance pour lui, je sais qu'il a des problèmes.

La pie voleuse se frotta distraitement le bout du nez, et tourna à moitié le dos à Sven, sur le départ.

Janma : Qui n'a pas d'importance. Je trouverai. Et il paiera.

Il eut un sourire angélique.
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Re: Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma] - Jeu 11 Juil 2013 - 19:54
J’attends. J’attends que la sentence tombe. Que son poing s’abatte sur moi, sur mon visage. Qu’il me frappe, qu’il laisse libre court à sa rage. Qu’il explose, tel un volcan en éruption… C’est beau, les volcans en éruption. Je lève les yeux. Tout aussi beau que lui à cet instant précis.
 
Je le regarde, attendant qu’il se décidé. Et lorsque finalement il lève la main, pour enfin cogner, je serre les dents, mais garde les yeux ouverts. Et à ma grande surprise, rien ne vient. Pas de coup. Pas de douleur. Juste la douceur de ses doigts sur mon menton, et de son pouce caressant mes lèvres. Il me fixe silencieusement. M’a-t-il déjà pardonné ? Je l’ignore. Va-t-il garder cela en lui pour un autre moment plus opportun, quand je ne m’y attendrais pas ?
« Tu es un garçon malin, Sven. Tu me plais. »
 
Ce type est vraiment étrange… L’espace d’un instant, il est dans une colère noire, il me menace, et l’instant d’après il me dit que je lui plais ? Nan. C’est chelou. Je n’aime pas ça. Sérieux, il tourne à quoi ? C’est quoi les drogues en vigueur, ici ? Cocaïne, shit, exta ? Faudrait que je me renseigne, parce qu’à ce niveau-là, moi aussi j’en veux ! A moins qu’il ne soit naturellement comme ça ? Et là, j’avoue que c’est d’autre plus bizarre et que je vais peut-être devoir me mettre à le fuir comme la peste.
 
« Ecoute... je suis navré. Personne ne me parle comme tu l'as fait. Personne. Pour ta peine, prend. »
 
Il me tend une minuscule pierre bleue. Bleue… comme celle qu’il m’a montré plus tôt. Un fragment de celle-ci ? Mes yeux se posent sur ce petit caillou qu’il m’a mis dans la main. Pas énorme. Et pourtant… pourtant je me sens déjà totalement attiré par cette pierre, par les reflets que je peux voir dedans… Je soupire. Je n’en veux pas spécialement, pas pour … ça. Je songe donc à la lui rendre.
 
« Fais-la sertir sur le marché, vends-la ou mange-la, peu m'importe. Prend-la, c'est tout. »
 
Je m’arrête avant même d’avoir esquissé le moindre mouvement. Je le regarde. Il a rétracté ses ailes, et cela n’a vraiment pas l’air de lui faire que du bien. Je repose mon regard sur le saphir. Avec ça… je pourrais m’en faire une bague, un bracelet ou… une boucle d’oreille. Oui. C’est ça. Je m’en ferais une boucle d’oreille. Quand j’y penserais.
 
Mes yeux se relèvent, se posent sur lui, à nouveau. Je tilt qu’ils viennent quand meme de faire Janma/pierre, pierre/Janma, Janma/pierre, et à nouveau, pierre/Janma. Eh bien. Je constate que je n’ai pas beaucoup d’intérêts en ce moment même. Je ris doucement. Je le vois faire un pas en arrière, comme s’il avait été pris d’un vertige, d’un déséquilibre. J’amorce un mouvement pour me redresser et le rattraper, au cas où il viendrait à tomber, mais il se ressaisit. Son regard se pose sur… mon bracelet. Je pose ma paume opposée dessus, plus par réflexe qu’autre chose.
 
« Je vais retourner dormir, Sven. Mais nous nous reverrons. »
 
Mais alors qu’il dit ça, il se remet à me dévisager. Le cou. Le ventre… Toutes les zones marquées par la violence de Macky… Je soupire.
 
« Je ne touche pas aux catins. Ceux qui offrent leurs formes aux plus offrants contractent toutes sortes de maladie. J'avais un favori. Un préféré. Un bien aimé. Et je m'en occupait comme de la prunelle de mes yeux. Tous me décevaient. Tous sauf un.Judal. Lui avait de quoi me rendre fier. Il était mesquin, égoïste, opportuniste. Et fatalement, il est mort à présent. Je n'ai trouvé personne qui le remplace. »
 
Je détourne les yeux. Ça va, j’ai compris que je n’étais qu’une pute de bas étage, et que je devrais avoir honte blablabla… Mais je n’ai jamais été malade. Ca non. Toujours en bonne santé, toujours bien protégé… toujours bien suivis par mon docteur et mon psy, tenus par le serment d’Hippocrate. Des gens d’un minimum de confiance donc. Mais le fait qu’il me parle de son favoris, Judal… ben je ne sais pas pourquoi, mais ça m’hérisse le poil. Je ne connais pas ce jeune homme, et pourtant, je ne l’apprécie guère. Je soupire.
 
« Mais j'ai trouvé quelqu'un qui s'en approche. Manque de chance pour moi, c'est un casse-pied ahuri. Manque de chance pour lui, je sais qu'il a des problèmes. »
 
Hein ? Il ne parle quand même pas de moi, là… si ? En même temps… je ne vois pas qui ça pourrait être d’autre… Je suis surement casse pied. Et j’ai des problèmes. Et merde… Je crois que je me sens vexé là. Moi ? M’approcher de ce « Judal » ? Non ! Même pas en rêve ! Je ne veux pas être cette vermine rampante qui nuit à ce point aux au… mais je le suis déjà, en fait… Je serre le poing, celui qui tient la petite pierre, qui m’entaille la paume. Je serre les dents. Ce n’est pas un compliment à mon sens… Et ça sous entendant aussi que je vais avoir ce type sur le dos… Dans quel pétrin je me suis encore fourré, je me le demande…
 
« Qui n'a pas d'importance. Je trouverai. Et il paiera. »
 
Il me tourne le dos, il va s’en aller. Je ne vais pas le retenir… Mais… il veut vraiment retrouver Macky et le lui faire payer ? Il en est bien sûr ? Je frissonne. Qu’il fasse comme bon lui semble. Ce ne sont plus mes affaires…
 
Je le regarde, ou plutôt je regarde son dos, où la tunique est déchirée. Je découvre sa peau, les muscles saillant qu’elle cache… Il est beau, ça, il n’y a point de doutes là-dessus. Mais il m’impressionne. Je crois que d’une certaine manière, il me fait peur, et me force au respect. J’ai bien faillis connaître son visage le plus sombre aujourd’hui. Je ne cacherais pas que je ne veux pas le découvrir pour de vrai…
 
J’esquisse un sourire.
 
« Eh bien, soit. Fais comme bon te semble, moi je ne viendrais pas fourrer mon nez là-dedans. »
 
Je me relève, un peu endoloris. Il m’a quand même un peu fait mal cet idiot…
 
« Enfin… je sais où te trouver si besoin est… Mais cela ne veut pas dire que je viendrais te trouver, Janma. Ne t’attends pas à me voir débarquer. En fait, ne t’attends pas à me voir tout court… de sitôt. »
 
Je appuis contre la table, derrière moi. Je le regarde s’en aller. Et je me dis qu’il va peut-être, être trop tard pour me recoucher… tant pis. Je tenterais ma chance. Je vais essayer de reposer ma tête d’ahuri… Tsss…
 
Je soupire.
 
Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais.
 
Je crois que j’ai rencontré ce quelqu’un, malgré moi…
 
Je souris.
 
A la prochaine, beau prince…
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Re: Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma] - Ven 12 Juil 2013 - 23:37

Perso la personnalité de Janma m'échappe, un coup il l'insulte, un coup il s'inquiète pour lui et quand il se fait insulter il bisoute Sven. C'est un bon rp avec l'ensemble (j'ai bien aimé le coup du jeux pour en savoir plus sur l'autre).

Sven T. Loki : 1220 xps
Janma Urvaratā : 1000 xps

Xps attribués : Oui
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Re: Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma] -
Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma]
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