Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma]

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Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma] - Jeu 27 Juin 2013 - 0:27
Comme tous les matins, mon horloge interne m’a réveillé à cinq heures précises. Pas cinq heures une, pas cinq heures moins deux, non. Cinq heures, piles. En sursaut. En sueur. Comme d’habitude, ce même cauchemar, cette même voiture qui me poursuit. Et aucun moyen d’y échapper. J’ai soupiré. J’en ai marre. Ca me pourrit la vie. Aujourd’hui, c’était mon jour de repos. Tu parles d’un repos toi. Etre levé à cinq heures du matin, y a rien de reposant là-dedans. Fichu corps, fichue horloge interne. J’en ai ras le bol… Je me rallonge, tente de me rendormir. Mais rien à faire. Dès que je ferme les yeux, je voix cette voiture. Et le pire dans tout ça, c’est que je ne peux même pas distinguer le visage du conducteur. J’aimerais pourtant savoir qui est l’enflure qui a osé prendre ma vie… Je donnerais cher pour cette info…
 
Je soupire. Comme tous les matins, je me suis levé, ne cherchant même plus à lutter contre mon organisme. Il ne veut pas se laisser aller et reprendre des forces ? Tant pis. Je ferais des malaises puisque c’est ce qu’il souhaite. Je finirais par avoir les nerfs à vifs, je vais péter un câble, faire un carnage parmi ces élèves qui me tapent chaque jour un peu plus sur le système.
 
J’ai filé alors sous la douche. Chaude, pour commencer. Je me suis lavé de la tête aux pieds, insistant bien sur ma tignasse ô combien précieuse.  Puis je me suis rincé. Et une fois que tout cela fait, j’ai éteint l’eau chaude pour ne recevoir que la froide sur la peau. Cela m‘a un peu revigoré, et m’a réveillé correctement. Je suis resté dessous jusqu’à ce que je sente mes membres commencer à s’engourdir, puis je suis sorti, me suis enroulé dans une serviette et frotté énergiquement. Cela me fait bizarre de l’avouer, mais je commence à apprécier ce petit rituel matinal… Pas le réveil à ch… dont je pourrais très amplement me passer, mais cette petite douche revitalisante. Enfin… Je me suis dirigé vers mon armoire, et ai attrapé des fringues un peu au hasard, pour une fois. Je me suis séché, les ai enfilé, puis suis allé à la fenêtre. J’ai ouvert les volets, et observé le ciel. Pas de nuages, il semblait clair… une belle journée qui s’annonçait… Je me regarde dans le miroir. Le slim et le t-shirt manche longue allaient me tenir trop chaud. J’ai donc pioché autre chose. Une chemise, longue, un pantacourt. Et une paire de tennis. Ca me change de mes bottes habituelles. Et un débardeur noir que j’ai mis sous la chemise. Que j’ai laissé ouverte. Oui, cela me semblait plutôt pas mal.
 
Je me suis habillé ainsi, rapidement, puis suis allé finir de me sécher les cheveux, pour pouvoir les démêler, et les coiffer. Je les ai attaché en queue de cheval d’abord, avant de m’observer dans la glace sous toutes les coutures. Hmm… non. J’ai changé de coiffure trois, quatre fois avant de me mettre à réellement réfléchir à ce que je pouvais bien en faire. J’ai tenté, un peu au hasard,  de les tresser, amenant le résultat final sur mon épaule. C’était plutôt pas mal… J’ai donc opté pour cette coiffure, aujourd’hui. J’étais prêt pour sortir et faire mon tour de chien.
 
Tour de chien fort épuisant. Encore des bagarres à arrêter, des étudiants à engueuler, des avances à repousser, mais toujours le tout poliment. Mais j’avoue que maintenant, alors que la fin de journée est arrivée, que tout est en train de se calmer, je n’en peux plus. Je suis éreinté. Sérieusement, ce job aura ma peau, un de ces quatre… ou celle d’un élève ou deux. Ou trois. Ou quatre… Aaaah j’vais faire un génocide d’élèves. Ouais, j’crois que c’est ce que je vais faire. Je remarque alors deux ou trois mecs me regarder fixement. Ah non, pas ça. Pas ce regard… Je ne le connais que trop bien… Envieux, curieux, fiévreux… C’est un regard qui mêle la convoitise à d’autres trucs pas très très sympa… Et je ne sais que parfaitement ou cela mène. Et il en est hors de question. Je leur tourne le dos. Ce n’est pas la chose la plus intelligente que je puisse faire, mais tant pis. Je prends la direction d’un lieu, que je sais, fermé à cette heure-ci. J’y ai accès, et si je m’y fais choper, je pourrais toujours prétexter que j’y faisais un tour histoire de voir si personne n’était resté coincé. Bref, je cours à la bibliothèque.
 
Une fois devant la porte de celle-ci, je sors mon passe partout et rentre furtivement avant de la refermer derrière moi. A l’abri… je suis à l’abri. Je peux donc reprendre mon souffle, et me détendre. Une fois que ça va mieux, j’en profite pour faire un tour. Puisque je suis ici, autant visiter les lieux. Non, je ne suis jamais venu, et alors ? Et puis si ça se trouve, il y a vraiment quelqu’un. Alors je marche à travers les rayons, je regarde les livres, j’en pioche un de temps à autres. De très beaux exemplaires de vieux livres aux couvertures de cuir reliées. Ils sont vraiment magnifiques… Certains doivent valoir leurs pesants d’or… Non. Non Sven, tu n’es pas là pour ça. Pas de vol pour tenter de le refourguer en douce. De toute façon… qui pourrait bien en vouloir ? Je soupire, repose l’ouvrage sur son étagère. Je continue mon tour de garde, pioche à nouveau quelques livres, me plonge dans la lecture, de temps à autre, puis repart. Le temps ne semble plus avoir d'emprise sur moi.  … Je m'avance vers les sièges tables et autres commodités et... Et je distingue une silhouette, sur un fauteuil, endormie. Elle tient un livre dans ses mains, posés sur son ventre. Je m’approche doucement.
 
« Excusez-moi… »
 
Plus de m’approche, mieux je peux le voir. C’est un homme. Un jeune homme… avec de longs … cheveux… violets… Je l’ai déjà croisé. Merde, fallait que je tombe sur le cuisto ici… Je sens mon corps entier frissonner. La raison ? Elle est simple… Ce mec est foutrement sexy ! Mais il a un truc qui me met mal à l’aise… son regard. Ceci dit, là, il dort donc c’est plutôt dur de voir ses magnifiques yeux dorés vous fixer froidement. C’est difficile aussi de se sentir transpercé par ce même regard. Je soupire. Même s’il ne me met pas le plus à l’aise du monde, faut bien que je le réveille… J’vais quand même pas le laisser roupiller ici… Je m’approche encore un peu.
 
« Hey, réveillez-vous… C’est pas l’endroit le plus approprié pour dormir… »
 
Pas de réaction. Je m’approche encore un peu, jusqu’à ce que, en tendant le bras, je puisse le toucher. Je le secoue alors tout doucement. Comment on m’a dit qu’il s’appelait déjà ? Jared ? Non… Jaffar ? Non plus… Jean… Ja… Ah j’sais plus !
 
« Youhou… monsieur le cuisinier… »


Dernière édition par Sven T. Loki le Jeu 27 Juin 2013 - 12:15, édité 1 fois
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Re: Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma] - Jeu 27 Juin 2013 - 12:06

Janma se sentait... différent. Depuis sa prière à Deus, il était appaisé, rassasié, calmé. Son esprit était en paix, sa conscience tranquille, il avait pu recommencr à travailler sans s'attendre, à chaque seconde, à voir quelqu'un lui sauter à la gorge pour le tuer lui aussi. Il restait prudent, mais la hantise de Corvo avait lentement quitté son esprit, reléguée au rang de secondaire, pour laisser place à une volonté dévorante. La volonté de tout savoir, de tout connaître, de rattraper les années d'ignorance qu'il avait accumulées. Plus de quinze siècles, pour être précis. Près de 1700 ans le séparaient des humains d'aujourd'hui. Il apprenait au fur et à mesure, mais voulait savoir comment chaque chose avait été construite, comment les inventions avaient évolué, les cultures grandi.

Aussi, la bibliothèque devint son lieu  favori. En ermite, avec un autisme entièrement concerné par sa culture personnelle, il se lança à la conquête de références à ancrer dans sa petite cervelle. Il passait toutes ses poses et jusqu'à ses soirées dans cet immense temple de la connaissance. Il se gorgea de données sur toutes les périodes possibles et imaginables, explorant par tranches l'histoire de l'humanité. La religion avait été son premier intérêt, même s'il était maintenant un... et bien, un dieu. De la religion découlèrent les inventions, systématiquement opposées aux croyances, alors qu'elles auraient pu vivre de concert tant d'années...

Puis des inventions, il passa à la science. La science généraliste, les connaissances globales. Il ne retenait aucune date, seulement des périodes, des noms, des fonctionnements. Il finit par comprendre certaines expressions, l'évolution de certaines armes, la naissance d'autres. Janma oublia presque sa propre personne au profit de ceux ayant vécu dans le passé. Lentement mais sûrement, il devint dépendant de la connaissance.

La veille, il s'était plongé dans l'ouvrage passionnant relatant l'évolution de la production d'électricité. Il ne comprenait pas tout, mais l'électricité était... une sorte d'énergie produite par le déplacement de toutes petites... particules. Chaque infiniment grand était composé d'infiniment petit. Quand cet infiniment petit se déplaçait d'une certaine manière, elle produisait une énergie que l'homme avait apprivoisée, maîtrisée, retravaillée pour en faire un outil. Le sujet était vaste et complexe, et Janma n'avait même pas senti ses yeux se fermer, s'endormant comme un enfant, la tête confortablement installée dans son turban.

Il n'avait pas rêvé, l'esprit noir, vide, il avait juste vogué des heures durant dans un océan de coton, oubliant là où il se trouvait, imaginant des conquêtes avec cet outil.

??? :  vous... endroit...dormir...

Janma fronça légèrement les sourcils et força son corps à rester endormi. Il n'avait pas fini ses sept heures de sommeille quotidiennes. Il garda les yeux ostensiblement fermés.

??? :  Youhou... monsieur le cuisinier...

Janma ouvrit les yeux. De mauvaise humeur extrême. Lui rappeler qu'il était cuisinier. Le réveiller au milieu de son précieux sommeil. Pénétrer dans sa chambre. Il planta son regard sable pas encore tout à fait réveillé sur l'inconnu, une menace de mort tapie quelque part au fond de ses iris. Tentant de faire le point, Janma se redressa lentement, entendant le clinquement doux et rassurant de ses bijoux. Il n'était pas dans sa chambre. Et il était effectivement cuisinier, ici.

Le dieu des voleurs referma un instant les yeux, reposa l'arrière de son crâne contre le dossier de son fauteuil, et  s'étira en grognant. Il était tout endolori. Il avait encore dû dormir assis. Une sale habitude qui lui collait des raideurs dans la nuque toute la journée durant.

Janma : Quelle heure est-il ?

Il rouvrit les yeux, plus aimable, jeta un regard vers la fenêtre la plus proche. Le jour était clair. Il devait être aux alentours de cinq ou six heures du matin. Le soleil se levait très tôt en cette période. Janma reporta son regard sur celui qui avait osé le réveiller, et resta parfaitement immobile, surpris.

Des cheveux fins, tressés sur son épaule. Un visage poupon, un regard sombre et pourtant, tellement dur... un adulte dans le corps d'un enfant. Non. Un homme, c'était certains, dans le corps extrêmement délicat d'une demoiselle. Sa peau blanche était d'une finesse remarquable. Son accoutrement, masculin, laissait cependant voir une taille fine, des hanches dessinées, un corps frêle. Janma se sentit... troublé. Comme désarçonné par une beauté aussi pure, aussi innocente.

Janma : Je... me suis endormi.

Quelle formidable entrée en matière. Deus lui avait accordé l'éloquence pas plus tard que la veille, et il n'était plus capable de parler face à un garçon d'une apparence aussi soignée. Se traitant d'imbécile, il eut un sourire en coin, s'assit mieux, et referma "l'électricité à travers les âges" pour jouer avec ses bagues.

Janma : Je te prie de m'excuser, tu m'as surpris.
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Re: Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma] - Jeu 27 Juin 2013 - 16:58
Mes paroles et mes gestes ont un effet. Je vois ses yeux bouger sous ses paupières. Puis ils s’ouvrent. Son regard perçant se pose sur moi, je peux lire de la colère. Je tente de ne pas bouger, mais mon corps entier est parcouru de frisson. Le malaise s’empare de moi. J’ai l’impression d’être transpercé par des lames acérées. J’suis foutu.
 
Non. Je me ressaisis. Il ne me fera rien. Pas maintenant en tout cas. Il referme les yeux quelques secondes, avant de les rouvrir. Il semble tout de suite plus aimable… Je ne peux pas détacher mon regard de son visage. Je l’avais déjà remarqué, pendant que je faisais mes rondes, et je l’ai toujours trouvé séduisant avec sa peau mat, ses longs cheveux violines, ses traits finement sculptés... mais il dégage une nonchalance qui m’a toujours tenu à distance. Et pourtant, il a la prestance d’un prince. Je soupire. Il parle.
 
« Quelle heure est-il ? »
 
J’entends sa voix pour la première fois. Elle est un peu rauque à cause du sommeil qui l’embrouille encore un peu. Cependant, les sonorités me sont agréables. Tout, chez cet homme, semble avoir été fait dans le but de charmer, de piéger. Un peu comme moi. Mais lui, ce sont des promesses de mort que ses charmes nous font. Cet homme m’intimide. J’en reste quelque peu coi. Jamais personne ne m’a intimidé, sauf Jeremiah, mais pour une raison bien précise, et dans un contexte tout aussi clair. Je soupire à nouveau. Décidément, je ne fais que cela en ce moment.
 
Bref, je regarde par la fenêtre comme lui. La nuit semble se lever. Déjà ? J’ai passé toute la nuit ici ? Houlala… certains livres m’ont réellement aspiré, si bien que je n’en ai plus vu l’heure passer… Je suis censé prendre mon service d’ici… trois ou quatre heures, d’après les horaires de base. La, en temps normal, je ne ferais que me réveiller. Je me mets à jouer machinalement avec ma tresse, réfléchissant à ce que j’allais faire. Peut-être dire à Ethan qu’étant donné que j’ai bossé la veille, je ne bosserais pas aujourd’hui… Je ne sais pas trop comment il le prendra. Au pire, s’il refuse, je ferais mon boulot comme d’hab. Après tout, je ne me sens pas éreinté, et pour ce que je dors d’habitude…
 
« Je... me suis endormi. »
 
Je croise mes bras sur mon torse. Je me retiens de lui répondre qu’en effet, si cela n’avait pas été le cas, je n’aurais pas été ici à devoir le réveiller de la manière la plus barbare qu’il soit… Enfin… barbare… N’exagérons rien. Je suis resté calme, doux… innocent.
Je pose sur lui mon regard  bleu-gris, à la lueur surement un peu éteinte. Je ne réponds rien, finalement, préférant garder le silence. Restons un jeune homme angélique…
 
«  Je te prie de m'excuser, tu m'as surpris. »
 
Je lui souris alors, doucement, avant de lui répondre.
 
« Non, c’est moi qui suis désolé. Je ne suis pas encore bien acclimaté à mon nouveau travail, et j’ai peut-être été un peu brusque dans ma manière de vous… réveiller. J’aurais dû faire attention. Je vous prie de m’excuser. »
 
Je m’incline légèrement, ne sachant trop pourquoi ni comment, c’est comme si une main m’appuyait sur la tête pour que je le fasse. Puis je me redresse, le fuyant du regard. Il me gêne. Même s’il s’est clairement adoucit, j’ai du mal à le soutenir. Je crois que j’ai besoin d’un temps d’acclimatation. Et que je dois me remettre de la superbe menace de mort qu’il m’a adressé. Je ferme les yeux quelques instants, inspire profondément. Et je me remets à jouer avec mes cheveux, nerveusement. J’ai l’impression de tomber de charybde en scylla. Je tente d’empêcher ce geste, de garder mes mains sagement le long de mon corps. Mais je n’y arrive pas.
 
« J’aurais peut-être dû vous laisser dormir, en fin de compte… Cependant… je pensais que ce n’était peut-être pas l’endroit le plus adapté, et que, peut-être, votre chambre et votre lit auraient plus confortables… »
 
Je plonge mon regard dans le sien, réussissant enfin à retrouver un peu de calme et de self control. Je n’aime pas trop que l’on me fasse perdre mes moyens de la sorte. Surtout quand je suis habitué à ce que ce soit moi qui perturbe. D’ailleurs… je semble bien m’en sortir, également. Et quelque chose me dit qu’il sait que je ne suis pas une femme. Je souris de plus belle. Rares sont ceux capables de deviner tout de suite, et cela ne me déplait pas de savoir qu’il y a encore des gens existants qui peuvent le voir.
 
« Ceci dit… vu l’heure qu’il doit être… Il est surement trop tard pour retourner se coucher… »
 
Je pensais surtout à moi, en disant cela. De toute façon, je ne pourrais jamais me rendormir à de telles heures. Mais lui, peut être que si… Le silence s’installe doucement. Il m’oppresse. Je sens mon corps trembler très légèrement. Je tente de me contrôler….
 
Damn… C’est qui ce mec, au juste ?
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Re: Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma] - Ven 28 Juin 2013 - 11:48

Un sourire. Janma se sentit désarçonné par la facilité avec laquelle cet inconnu avait répondu à sa question. Son visage rond, sa toute petite bouche légèrement tournée vers  le ciel, il lui sembla être la plus délicieuse des personnes de cette académie. Il se ressaisit, ajustant le bracelet de son bras droit, et s'arrêta en pleine action, interdit.

Ce jeune garçon , qui le vouvoyait, venait de s'incliner ... devant lui. Janma se redressa et se mit le dos bien droit au fond de son fauteuil, jaugeant l'inconnu avec douceur et fermeté. Qu'était-il ? Son accoutrement n'avait rien de vêtements de son époque, il semblait appartenir au "vingt-et-unième" siècle. Tout du moins c'était ce qu'indiquait la fresque d'évolution textile qu'il avait réalisée pour s'y retrouver. Le prince des voleurs croisa les jambes, sentant son regard muter lentement pour s'arrêter sur deux iris sable, prédateurs, possessifs.

Il offrit un visage fermé, manipulateur, pensif à ce jeune garçon, et ne se fendit que d'un sourire lorsqu'il lui expliqua avoir agi par... altruisme. Ah, bon. Et lui qui s'attendait à se prendre un savon de la part d'un surveillant faisant un peu trop de zêle... Il jouait avec ses cheveux, ne sachant plus où se mettre. Si dans  les premiers instants Janma s'était senti traversé par une émotion de lâcher prise, il était à présent totalement concentré sur ses faits et geste. Il s'accouda, posa son menton sur la paume de sa main, le dévora tranquillement du regard. Une pièce délicate, de toute beauté. Janma laissa un long moment de silence s'installer.

Il attendit de le mettre très mal à l'aise, de le voir rougir. Lui faire tourner les talons aurait été un péché d'orgueil. Il se redressa finalement, faisant clinquer ses artifices, et se leva pour s'étirer.

Janma : Je te remercie, cette table n'est pas des plus confortables pour y dormir. Heureusement pour moi je ne prends mon service qu'en début d'après-midi.

Il attrapa le livre, disparut dans les rayons de sa démarche d'explorateur, et revint, bras croisés, fixer l'inconnu. Il était plus petit que lui. Sans doute même plus petit que... personne. Il le lui rappelait, quelque part. Il semblait aussi instable, volatile, innocent et manipulateur que lui. Quelque part, cela lui donna envie de lui faire des misères. Il se contint cependant, ôta sa coiffe, et ramena ses cheveux en arrière pour les coiffer un peu plus proprement.

Janma : Nouveau travail. Tu es donc un repenti. Quel est ton nom, délicate créature ?

Son ton était incroyablement doux, il avait peur de le faire fuir, comme un animal sauvage qu'il approcherait sans appât. Janma se rapprocha de lui, examina en silence son visage. Ouh. Si ce garçon avait vécu à son époque, il aurait été esclave des plus grands. Sans doute même le sien. On se serait battu pour l'obtenir. Il secoua la tête, glissa sa bague armure sous son menton.

Janma : Tu as une peau tellement parfaite... j'en serais jaloux.

Ce n'était pas une manière correcte pour aborder un inconnu. Encore moins lorsqu'il le gênait au point qu'il en perde ses mots. Mais à cet instant précis, Janma oubliait toute bonne manière. Il y avait beaucoup d'apprentis dieux à la Deus Academia. Des jeunes filles fragiles, d'autres qu'il aimait rendre fragile. Des machistes, des imbéciles, des preux chevaliers, des défenseurs de causes perdues, des égoïstes et des conspirateurs. Mais il n'avait encore jamais rencontré... de sculpture aussi remarquable. Qui que soit cet inconnu, il était diablement beau. Presque trop pour en être... reél.
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Re: Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma] - Ven 28 Juin 2013 - 12:28
« Je te remercie, cette table n'est pas des plus confortables pour y dormir. Heureusement pour moi je ne prends mon service qu'en début d'après-midi. »
 
De rien. Puisque c’est chose faite, je peux maintenant m’en aller. Oui. Je peux. Je dois. Mais mon corps s’y refuse. Cet homme… Debout, il me semble encore plus impressionnant. Il s’étire. Je n’arrive à détacher mon regard de son corps. Je reste cependant bien en place, incapable de bouger. Quelque chose me dit que bouger aurait été risqué. J’ai l’impression de faire face à un prédateur. Je suis la proie.
 
Il va ranger son livre, avant de revenir vers moi, debout, devant moi, me jugeant de la tête au pied. Puis il semble se mettre à songer. A quelque chose. A quelqu’un ? Je soupire. Il se recoiffe. Mon dieu, que de sex appeal dans chacun de ses gestes.
 
« Nouveau travail. Tu es donc un repenti. Quel est ton nom, délicate créature ? »
 
J’hausse un sourcil. Jamais de toute ma courte existence sur terre, je n’avais entendu quelqu’un parler de la sorte. On m’avait bien appelé créature, mais ce n’était pas très mélioratif pour moi. En général, j’étais plutôt « beauté », « poupée » et autres âneries du genre. Je le détail un peu plus du regard. Très clairement, nous ne venons pas de la même époque. Je le savais, mais s’en est encore plus frappant maintenant que je l’ai en face de moi, et qu’il me parle. Pas européens pour deux sous, et pas contemporain non plus. Soudain, je sens un contact métallique sous mon menton. Il me détail comme un morceau de viande… ou une œuvre d’art, je ne sais pas trop. Mais ce que je sais, c’est que la gêne qui s’était emparée de moi à disparue. Non. Je ne suis plus le timide et fragile jeune homme que j’étais il y a encore quelques instants. Cet homme, ce cuisinier, à réveiller mon instinct de séduction.
 
« Tu as une peau tellement parfaite... j'en serais jaloux. »
 
Oh oui. J’adore que l’on me dise pareils mots. Je lui souris, sensuellement. C’est partit, je me mets à jouer. Une petite voix en moi me hurle d’arrêter, que je risque de le regretter, mais je l’ignore. Je ne saurais résister à pareil prince. Après tout, j’aime être dévisagé, admiré, désiré… Et personne ne saurait mieux me satisfaire en cet instant que lui.
 
Et pourtant, il ne sait que trop bien ce que je suis. Il n’est pas de ceux qui se sont laissé tomber dans le piège que la nature m’a offert. Et il en apprécie d’autant plus le spectacle. Et moi, j’en frissonne. Je sens que cette personne va s’avérer très intéressante…
 
« Je me prénomme Sven. Et puisque tu as décidé de me tutoyer, ne sois pas offensé que j’en fasse de même. »
 
Je susurre d’une voix douce. Ca y est, je lance le jeu de la séduction. Quelle créature je fais… incapable de m’en empêcher. Je ne me détache pas de mon sourire, le regardant droit dans les yeux.

 
« Et oui, je suis un repenti. Comme toi, en sommes… »
 
Je rajoute. J’ai retrouvé ma capacité à penser et à m’exprimer correctement. Je suis redevenu moi-même. Je lève la main, pose un doigt sur sa bague –ô combien finement réalisée- pour le faire baisser et relâcher son emprise.
 
Je décèle une lueur d’intérêt dans ses yeux. Par tous les saints, ce que je ne donnerais pas pour avoir le don de lire dans ses pensées en cet instant même… Cela doit être très intéressant à savoir. Surtout pour moi qui suis curieux et imbu de ma personne. J’aime les flatteries, j’aime les compliments. Un peu comme une femme, sur ce point. C’est ce que l’on me dit souvent. Et puis… j’aime les bijoux et la richesse, également. Et de ce côté-là, il ne semble pas lésé.  Bel homme en plus d’être riche. Il commence à sincèrement piquer ma curiosité. Qu’était-il avant d’être simplement le cuisinier de l’académie ? Un prince ? Un sultan ? Non… il en a la prestance, mais quelque chose me souffle que non…
 
Je veux savoir. Je veux connaitre son passé. Curieux, oui. Un autre trait typique du sexe féminin. Mais je n’en éprouve aucune honte. Loin de là, je l’affirme haut et fort. C’est un attrait qui plait aux clients, en général. Plus je ressemble au sexe opposé et plus je les attire. Sans quoi ils iraient payer un jeune homme plus viril que moi pour passer du bon temps. Je ris silencieusement.
 
« Par contre, ton nom m’a échappé… On a déjà dû me le dire mais j’ai tellement de choses à assimiler en ce moment que c’est un peu difficile de tout retenir… »
 
Je ne me recule pas. Je reste bien là, devant lui, à quelques centimètres, sans bouger. Bien campé sur mes pieds. J’ai réussis à arrêter de jouer avec ma tresse, que je laisse à présent en paix. En fait, j’ai plus envie de jouer avec ses cheveux qu’avec les miens, là, maintenant, tout de suite… Et j’ai envie d’entendre à nouveau sa voix.
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Re: Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma] - Ven 28 Juin 2013 - 14:32

Nouveau sourire. Décidément, ce jeune garçon avait toutes les ficelles à portée de main pour le balader sur le chemin de la flatterie. Plus gêné pour deux sous, il lui offrit une moue enjôleuse qui le destabilisa un instant. Si Janma n'avait pas été tant habitué à la séduction, il en serait devenu rouge de confusion. Heureusement pour lui, il ne se laissa glisser qu'un petit peu, étonné qu'un si petit être puisse réagir aussi rapidement.

Sven : Je me prénomme Sven. Et puisque tu as décidé de me tutoyer, ne sois pas offensé que j’en fasse de même.

Pas offensé le moins du monde, Janma croisa les bras sur son torse, le toisant avec calme. Bien. Il aimait les personnes de caractère. Quelque part, il était fasciné par Sven. Intéressé, oui, mais hypnotisé. Il était fin, gracile, fragile. Pas un combattant, non, c'était clair. La peau blanche, de grands yeux, des cheveux fins. Tout aspirait à l'amour, la proximité, les caresses. Il était aussi facinant et destabilisant qu'un...animal de compagnie exotique.

A cette pensée, Janma cacha un petit rire derrière le dos de sa main. Il rajusta son bracelet d'argent, haussa un sourci lorsqu'il se compara à lui, et secoua doucement la tête. Oh non. Personne n'était repenti  "comme lui en somme". Personne ne le comprenait, personne ne l'égalait. Chacun avait sa façon d'être, sa mentalité, mais personne n'égalait sa force,  sa puissance, sa volonté, la noirceur de ses desseins ni son ambition. Loin, très loin de lui ressembler, Sven faisait figure de petit objet fragile.

Le cuisinier se pencha doucement à la hauteur de Sven. Sven. Un prénom du nord. Quelque part où les hommes avaient jadis bravé les glaciers et les tempêtes pour vivre dans un froid glacial. Loin, très loin de lui. Janma planta son regard ambré dans celui du repenti,  et déclara très calmement :

Janma : Je suis Janma. Cela se prononce Yanma, mais s'écrit avec un J. Prononce-le avec délicatesse, je supporte peu qu'on l'écorche. Abîmer tes lèvres fragiles serait un gâchis inconsidéré.

Le prince des voleurs se redressa, et tourna les talons, prêt à partir. Sven. Il ne l'avait pas encore vu. Quel rôle pouvait-il bien avoir ce garçon aussi fin ? Est-ce qu'il y avait une sorte de... bordel à Deus Academia ? C'était le seul endroit où il envisageait de le voir travailler. Ah. A moins que... oui. Il s'arrêta, s'éloigna un peu, mais continua à lui parler.

Janma : Quelle tâche ingrate et dégradante t'a confiée Deus pour la gloire de chanter son nom ?

Le sarcasme dégoulinait de ses paroles, bien déguisé derrière un timbe parfaitement droit. Janma grimpa sur une échelle pour retrouver le livre qui parlait de son époque. Il les écumait, ces derniers jours. Il voulait trouver des passages sur sa vie, son  existence, son histoire. Il savait qu'il avait marqué son époque dans un cercle kilométrique relativement large. En revanche, il n'avait pas trouvé beaucoup de gloire. On le présentait comme le conquérant sans coeur, l'arracheur d'espoir, le tyran des bas-fonds. Certains l'accusaient même de viols en série. Hérésie.

Janma : Oh. A moins que tu sois un innocent et que tu ne puisses être élève parce que le très haut a fait une erreur de jugement ?

Il redescendit de son perchoir, un livre intitulé "Al'Suraja" à la main. Sa ville natale. Son regard se posa à nouveau sur Sven, il s'assit, dos à l'échelle, croisa les jambes pour trouver directement les illustrations de ce gros livre. Voir parler de lui était ce qui l'intéressait le plus. Il remarqua la lueur d'intérêt de Sven, son regard brillant s'attardant quelques secondes de plus que d'ordinaire sur ses bijoux. Ah, il aimait les choses qui brillaient ?

Janma : Réfléchissons... Luxure. Convoitise. Égocentrisme. Ai-je raison ?
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Re: Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma] - Ven 28 Juin 2013 - 15:21
Je le vois cacher un rire derrière le dos de sa main. Il se moque de moi, le bougre. Ça, je n’aime pas des masses. Mais je me retiens de le faire remarquer. Je ne suis pas bien belliqueux, la de suite. Il se penche vers moi, se met à ma hauteur pour me répondre.
 
« Je suis Janma. Cela se prononce Yanma, mais s'écrit avec un J. Prononce-le avec délicatesse, je supporte peu qu'on l'écorche. Abîmer tes lèvres fragiles serait un gâchis inconsidéré. »
 
… Yanma avec un J. Janma. Ho… c’est… doux à mes oreilles. Il pivote sur ses talons afin de s’éloigner, se dirigeant vers les étagères où sont posés les livres. Il semble songeur. Se demande-t-il ce que je peux faire ici, comme travail ? Je souris, observant chacun de ses gestes. Félin, gracieux, précis et secs.
 
« Quelle tâche ingrate et dégradant t'a confié Deus pour la gloire de chanter son nom ?  »
 
Bingo. J’ai donc vu juste. Cependant je sens le sarcasme et l’ironie dans son ton, pourtant si doux. Je crois que j’adore sa voix. Il pourrait faire gober n’importe quoi à n’importe qui. Il pourrait enjôler n’importe qui et leur faire gober les pires salades et immondices du monde. Ce type m’intéresse. Dans le sens où j’aimerais comprendre comment il pense, comment il fonctionne. J’aimerais connaitre les méandres de son esprit. Mais il y a toujours cette petite alarme en moi qui me dit de m’éloigner, d’arrêter de le côtoyer, de ne pas jouer mon petit jeu avec lui. Et je me refuse toujours à l’écouter. Il suffit parfois d’un regard, d’un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. Je ne  sais pas pourquoi, mais j’ai le pressentiment que Janma est ce quelqu’un.
 
« Oh. A moins que tu sois un innocent et que tu ne puisses être élève parce que le très haut a fait une erreur de jugement ? »
 
Tiens, j’étais tellement à fond dans mes pensées que j’en ai oublié de lui répondre. Je le vois descendre d’une échelle posée contre une étagère remplie de livre, avec l’un d’entre eux à la main. Je peux distinguer le titre. Al’Suraja. Humm… Je reviendrais peut être un jour pour voir de quoi traite cet écrit. Il pose son regard sur moi, à nouveau, puis s’assoit, les jambes croisées. Et il semble remarquer mon intérêt pour ses bijoux.
 
« Réfléchissons... Luxure. Convoitise. Égocentrisme. Ai-je raison ? »
 
J’affiche un air faussement choqué, mais réaliste, avant de finalement arborer un sourire en coin, soudainement moins angélique. Il fait ressortir mon vrai visage, le bougre. Je me hisse sur la table, derrière moi, le gardant dans ma ligne de mire, et croise les jambes de manière féminine. Je me mords doucement la lèvre inférieure, réfléchissant à l’ordre que je vais donner à mes réponses.
 
«  Surveillant. Et je ne chante nul autre nom que le miens.»
 
Juste un mot franchis la barrière de mes lèvres. Lèvres que j’humidifie d’un geste de langue sensuel. J’ai soif, tiens… Enfin.
 
«  Quand à ta supposition… Je ne suis pas en position de nier. Je déteste le mensonge. »
 
Je lui lance mon regard intéressé, joueur. Oui. Je m’amuse avec lui, pour l’instant. Mais je sens que le vent va tourner. Et je sens que je vais m’en prendre plein la face. Tant pis. J’en profite, tant que je ne le laisse pas indifférent. Tant qu’il ne me laisse pas indifférent non plus.
 
« J’aime la beauté, j’aime les hommes, je m’aime. J’aime la luxure, et j’aime l’or. Je suis un être intéressé, et manipulateur… du moins, c’est ainsi que l’on me décrivait, de mon vivant… »
 
Je reprends mon air de victime, celui que j’arborais souvent dans mon ancienne vie. Je feins l’innocence, passant pour un ange. Et quel ange… Celui qui vous poignardait dans le dos dès que vous lui cherchiez des noises. Enfin… celui, plutôt, qui vous faisait poignarder dans le dos. Mes mains sont propres. Du moins, à part deux trois accident, elles le sont. Je suis innocent, en soit. Je n’ai jamais fait couler le sang moi-même. Par contre, il est vrai que j’étais sujet à la luxure, vendant mon corps aux plus offrant. Prostitué, Escort-boy, courtisant, comme certains s’amusait à me le dire en prenant un petit accent vieillot. Oui. C’est… c’était moi. Séduisant pour arriver à mes fins. Me servant des gens avant de les jeter comme des mouchoirs usagés. Je soupire.
 
« Je ne vois pas ce qu’il y a de mal à se laisser vivre et à y prendre du plaisir. »
 
Je rajoute, un peu pour moi-même. Je ne me cherche pas d’excuses. Je n’en ai pas besoin. Je fais ce que je veux, j’ai toujours fais ce que je voulais. Personne ne m’en empêchera. Jeremiah lui-même n’a pas réussi à m’en empêcher…
 
Je serre les poings. Je ne devrais plus penser à cet homme. Il est mort. Je l’ai fait tuer, et c’est tout aussi bien ainsi. Je dois arrêter de ressasser le passer… Je me mords l’intérieur des joues. Ce type me mettra toujours autant en rogne…
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Re: Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma] - Ven 28 Juin 2013 - 21:22

Bingo. Janma sentit son visage s'éclairer d'une lueur d'intérêt sincère. Sven lui avait semblé fragile, délicat, doux...en façade. Une façade de bonhommie, de gentillesse, de faiblesse qui renfermait un coeur beaucoup plus acide, âcre, une âme vengeresse, peut-être même traitresse. Le dieu ds voleurs ourla ses lèvres d'un délicieux sourire malsain. Surveillant. Ceux chargés de veiller sur le bien et la protection des élèves. En d'autres mots les miradors de la direction, les punisseurs de mauvais garçons, les voleurs de rêves des petits galopins cherchant à faire le mur ou partir en escapade.

Le prédateur s'installa confortablement, consultant la carte d'époque d'Al'Suraja sans vraiment s'y intéresser. Sven était beaucoup plus fascinant que ces vieilleries rédigées depuis des millénaires. D'autant que, si les moeurs n'avaient pas complètement changé depuis son époque, il était en train... de l'allumer ouvertement. Le prince des voleurs s'installa plus confortablement, observa Sven sans broncher. La beauté. Les hommes. La luxure. L'or. Quatre maîtres leviers qu'il suivait lui aussi de son existence. A ceci près que Janma aimait quelque chose plus encore que toutes les richesses du monde, lui-même. Janma aimait la beauté, mais uniquement masculine. Il aimait les hommes, mais seulement ceux qu'il pouvait manipuler. Il aimait la luxure, à moindre dose, comem complément de sa boucle de péchés. Il aimait l'or, les rubis, les saphirs, l'argent, les bijoux, les étoffes, les esclaves, la richesse dans son ensemble. Et quant à manipuler les autres...

Il préférait les réduire en cendres. Les anéantir, leur faire tant de mal qu'ils en pleuraient, et dépérissaient. Oui. Janma aimait manipuler le monde pour le servir. Mais quelque part, il était très étonné que l'innocence affichée de Sven soit capable de tels méfaits. Plus inéressé que jamais, il plia les jambes, posa son menton sur son genou, et le fixa de longues secondes sans décrocher le moindre mot.

Se laisser vivre et prendre du plaisir. Il connaissait quelqu'un qui jadis avait pensé de cette manière. Lui ne se laissait pas vivre, non. Il faisait tout pour luter contre la vie qu'on lui imposait, exploser les préjugés, les volontés de ses adversaires et prendre possession du pouvoir lui-même. Oui. Janma prenait du bon temps, mais il le consommait comme une récompense chèrement dûe et donc avec malice. Il prenait possession des autres. La nourriture, le sexe, tout était sous contrôle jusque dans les larmes qu'il récoltait avec une certaine satisfaction. Le prince des voleurs se massa doucement le côté de l'oreille, fixant Sven changer lentement d'humeur.

Janma : Quel avoeux. La sincérité est un atout et un défaut qui ont fait tomber les plus grands.

Il allongea ses jambes, s'avachit légèrement, et rouvrit son livre pour chercher le chapitre sur sa famille. Il savait qu'une grande parenthèse sur sa propre histoire y était faite et voulait la lire une nouvelle fois. La conscience à moitié braquée sur Sven, il finit par trouver la page, et constata que tous n'avaient pas l'orthographe encré dans la cervelle. "Yanva Urvaraja", c'était sensé être lui.

Janma : A ton visage fin, tes manières délicates et ta taille de princesse, beaucoup douteraient de ta capacité à être une mauvaise personne Sven.

Il planta son regard sable durement dans le sien, et fronça légèrement les sourcils.

Janma : Jouons un peu, veux-tu ? Tu m'intrigues, et je suis sûr que tu veux en savoir plus sur mon existence. Je te pose une question, tu y réponds, ensuite, tu me poses une question. Interdiction de mentir, évidemment.

La pie voleuse corrigea directement sur le livre certaines données incorrectes avec un petit crayon de papier posé sur l'étagère à côté. Il tourna la page, et hocha négativement la tête. Ils avaient inventé une romance particulièrement ridicule avec la dénommée Julia. Décidément, l'histoire appartenait réellement à ceux qui la vainquaient.

Janma : Si tu ne veux pas répondre, je gagne un joker pour ne pas te répondre à mon tour, mais en échange ta dette de sincérité augmente.

Janma tourna le livre pour retracer grossièrement la carte jusqu'à la mine de saphirs. Armé de son crayon, il attrapa l'atlas de géographie juste à côté et commença à comparer les endroits.

Janma : Lorsque ta jauge est pleine, tu me dois un service. Et inversement. Veux-tu t'amuser un peu, avec moi?

Un sourire félin marqua son visage. A la recherche de la bonne page, il ouvrit grand son livre qui le décoiffa un peu, faisant voler ses mèches folles. Il avait la possibilité de le voir embarrassé... voir ses joues délicate se décorer de rouge. Quel péché.
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Re: Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma] - Ven 28 Juin 2013 - 23:19
« Quel aveu. La sincérité est un atout et un défaut qui ont fait tomber les plus grands. »
 
Je souris à nouveau. Oui. Je reste quelqu’un de sincère, aussi étonnant cela puisse paraitre. Cependant… J’ai dit que je n’aimais pas le mensonge. Je n’ai pas dit que transformer légèrement la vérité était une chose que je ne fais jamais. Je l’observe feuilleter son livre, froncer les sourcils comme contrarié. Je suis fasciné par ses expressions. Par son visage. Par son être tout entier, à vrai dire. C’est étrange. 
 
« A ton visage fin, tes manières délicates et ta taille de princesse, beaucoup douteraient de ta capacité à être une mauvaise personne Sven. »
 
Je souris à nouveau. C’était bien ça, le plus beau cadeau que la nature ai pu me faire ! Ressembler en tout point à l’image que l’on peut se faire d’un ange, et camoufler ainsi sa sombre partie. Je ne suis pas un monstre. Pas un mon sens. Bien que certains auraient pu me surnommer ainsi. Disons que d’après certains critères posés par des professionnels, je colle pas mal au profil type de ce qu’ils appellent un psychopathe. Je ne crains pas grand-chose, je n’éprouve pas d’empathie, je suis égocentrique, impulsif, quelque peu irresponsable, manipulateur… et d’une certaine manière, asociale. J’adore être admiré, mais je déteste les gens. J’ai du mal à avoir de réelles relations, je ne connais ni l’amitié, ni l’amour, ni les relations parents/enfants. Et tout ça ne me manque pas. Je n’en ai cure. Je ne connais ni la honte, ni le remord, ni la culpabilité. Et pourtant, ce n’est pas cause d’avoir fait des choses qui mériteraient d’être regrettées. Enfin… d’après la société. Mais je me moque bien des normes sociales… Je ne satisfais rien d’autre que moi, mes désirs, mes besoins… Et le reste, je m’en sers comme tapis. Sauf aujourd’hui. Sauf lui. Je fais une exception, pour une fois. Je ne veux pas l’utiliser, juste satisfaire ma curiosité.  Ce ne sera pas mon tapis. De toute façon, quelque chose me dit qu’il ne se laisserait pas faire. Je ris silencieusement.
 
Ceci dit, j’adore ses mots. Visage fin, manières délicates, taille de princesse. J’en frémis. Oui, c’est bien ça, c’est bien moi.
 
Et puis il plante son regard dans le mien. Je le soutiens, avec mon peu de fierté.
 
« Jouons un peu, veux-tu ? Tu m'intrigues, et je suis sûr que tu veux en savoir plus sur mon existence. Je te pose une question, tu y réponds, ensuite, tu me poses une question. Interdiction de mentir, évidemment. »
 
Ça sonne un peu comme une question piège. Comme s’il savait à l’avance ce qu’il allait me demander. Comme s’il comptait s’insinuer dans le peu d’intimité que j’ai pu avoir. Comme s’il allait gratter chacune des parcelles de crasses qui se trouvent en moi. Mais pourtant, je ne peux refuser. C’est plus fort que moi. Je veux savoir. Et cela ne me gêne pas de le laisser grappiller des informations sur moi.
 
« Si tu ne veux pas répondre, je gagne un joker pour ne pas te répondre à mon tour, mais en échange ta dette de sincérité augmente. »
 
J’écoute attentivement ses instructions. J’ai tout de même le droit de ne pas répondre. Soit. Je ne vois pas ce que je pourrais bien refuser de dévoiler, mais soit. Je suis d’accord avec le principe.
 
« Lorsque ta jauge est pleine, tu me dois un service. Et inversement. Veux-tu t'amuser un peu, avec moi?  »
 
Je souris. Non plus mon sourire doux. Mais plutôt mon sourire de prédateur. Cela peut sembler étrange, mais contrairement aux apparences, de mon vivant, le réel prédateur n’était pas le client. C’était moi. Je le laissais seulement croire que c’était lui qui m’avait choisi et non plus l’inverse. Un peu comme un chat. Alors qu’en fait pas du tout. Je trainais dans les quartiers chics exprès, une fois que l’un d’entre eux attirait mon attention et faisait naître ce fameux sourire prédateur sur mes lèvres, je me renseignais sur lui, je l’observais, puis je lançais une tentative d’approche. De son approche à lui. Lui qui vient vers moi. Jamais le contraire. Et là, je lui mettais le grappin dessus.
 
Bref… Je reporte mon attention sur Janma, qui, de je ne sais quelle manière, s’est quelque peu décoiffé. Je n’ai pas fait attention, je l’avoue, trop plongé dans mes pensées que j’étais. Mais je peux voir un sourire félin sur son visage. J’en frissonne tant il est beau. Tant il est captivant. Je soupire.
 
« J'adore les jeux... Je suis de la partie…  »
 
Je susurre, en souriant moi aussi. Je n’aurais jamais pu refuser de jouer à un tel jeu avec pareille personne, même s’il l’aurait fallu pour moi-même. Mon instinct me hurle de plus en plus fort de tout arrêter, de partir, de l’abandonner ici. Mais quelque chose d’autre me pousse à rester. C’est que… cet homme… ce Janma… il me fait vibrer. Je n’avais encore jamais rencontré qui que ce soit qui attise autant ma curiosité, qui réveille mon intérêt de la sorte. Aussi est-il tout bonnement hors de question que je fuis la seule personne en vingt et un ans qui ai réussi cet exploit. Une petite pensée tente de s’immiscer dans mon cerveau, mais je la repousse.
 
Jeremiah…
 
Merde… Ca y est, elle a réussi à faire son chemin la garce. Bon… je dois avouer que Jeremiah a été le premier… Mais non. Non, je m’y refuse. Je ne veux plus penser à lui. Il me fait instantanément sortir de mes gonds, le salopard. Je sers les dents, je me retiens d’exploser. Calme… restes calme mon tout beau… J’inspire, expire à nouveau, puis plonge mon regard déterminé dans celui de Janma.
 
« Je te laisse l’honneur de commencer.   »
 
C’est partit pour jouer… Je penche la tête légèrement sur le côté, ma tresse suit, me rappelant son existence. Je lève une main jusqu’à elle, me saisit de l’élastique qui retenait mes cheveux prisonniers et tire dessus, les libérant d’un coup sec. Ils retombent légèrement dans mon dos, respirant à nouveau. Je passe l’élastique autour de mon poignet, puis une main dans mes cheveux. J’ai toujours adoré ceux-ci. Même après une journée passée à être tressés, ceux-ci n’ondulent pas, restant lisses. Et j’ai l’impression que ceci est d’autant plus vrai depuis que je suis arrivé ici… Enfin…
 
« C’est quand tu veux. »
 
Je murmure en plongeant à nouveau mon regard dans le sien.
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Re: Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma] - Sam 29 Juin 2013 - 0:02

Sven perdait petit à petit son enroubage de douceur pour devenir un prédateur. Pas des dangereux pervers prêts à découper toute victime en pièces par quelque moyen que ce soit non, un prédateur discret, sournois, de ceux qui attendent patiemment que la vulnérabilité entraîne leurs victimes dans l'irrésistible piège qu'ils leur tendent.

Sven : J'adore les jeux... Je suis de la partie…

Evidemment. Il n'en aurait pas douté une seule seconde. Janma sentit son coeur accélérer légèrement à la sensation de chasse qui fourmillait dans son ventre. Il venait de trouver un partenaire de jeu. Quelqu'un d'assez intelligent pour savoir se montrer réservé, et d'assez curieux pour s'exposer comme un papillon en pleine lumière. Une victime parfaite. Une souris idéale. Une proie facile. Et d'un autre côté, un être mystérieux. Quelqu'un qu'il mourrait d'envie de découvrir, de retourner, de mettre mal à l'aise. Oui, s'il lui donnait l'honneur de commencer...Janma pouvait bien y aller franc-jeu.

Quelle question pouvait-il bien lui poser ? Il voulait s'épargner les classiques. Connaître les circonstances de sa mort l'intéressait mais c'était d'une banalité affligeante. De même, connaître des éléments comme son âge, son origine, sa famille n'étaient pas d'un grand intérêt. Non. Il fallait quelque chose de beaucoup plus intrusif, de beaucoup plus franc, de plus direct, de plus... lui.

Janma plongea son regard sur son atlas et entoura une large zone dite "industrielle". Il fronça le nez en découvrant que sur sa mine de saphirs était aujourd'hui fondée une grande entreprise de pétrole nommée "Golden Blue". L'or bleu. Oui, c'était ce qu'il s'était dit, lui aussi, jadis. S'il avait su que sous sa chère mine était caché un trésor plus grand encore, jamais il ne l'aurait abandonnée à quiconque. Il aurait même eu des héritiers pour faire perdurer une lignée de Janma... richissimes. Mais non, au lieu de cela il avait préféré les hommes, la luxure, le plaisir simple et sincère de relations sans conséquences... sur son héritage.

Janma : Hmm... Dilemme cornélien s'il en est.

Le prince de voleurs réfléchit un instant de plus. Une taille aussi fine, une langue aussi pendue, des manières aussi brutes, pures, sincères. Sven avait sans aucun doute vendu son corps. Cette question n'était donc pas utile, il en connaissait déjà la réponse. En revanche... Ah, oui. Voilà qui ouvrirait bien le bal.

Janma : A combien d'hommes plus fortunés que toi as-tu vendu ton corps, Sven ?

Il voulait jouer ? Ils allaient jouer. Selon ses règles, se lancer la balle, voir lequel la lâcherait le premier. C'était une partie de nerfs où le perdant serait celui qui se tairait le premier. Dangereux, Janma n'avait honte de rien, son passé était derrière lui. En revanche, certains passages de son existence étaient si noirs qu'ils lui donnaient encore honte. Il serait sans doute virulent, colérique, et peut-être même... ridicule. Judal. il ne voulait pas en entendre parler. Stop. Il devait se focaliser sur Sven.

Sven, uniquement Sven. Et... sa réaction. Quant à sa question.
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Re: Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma] - Sam 29 Juin 2013 - 1:47
Il réfléchit à la question qu’il peut bien me poser, cherchant sans doute la plus directe, la plus gênante, la plus… claire. Je n’en suis pas entièrement sûr, mais je le sens. J’ai toujours eu un don pour décrypter les gens, et bien que je n’y arrive pas tout le temps, et encore moins avec lui, sur ce coup, je suis presque convaincu de ne pas me tromper. J’attends donc qu’il la formule. Par contre, ce serait génial qu’il accélère un coup, avant que je ne change d’avis et que je me tire.
 
« Hmm... Dilemme cornélien s'il en est. »
 
… Bon d’accord. Je ne partirais pas. Rien que sa voix suffit à m’enchainer ici avec lui. Ce n’est pas bon signe du tout. Il est hors de question que je sois enchainé à qui que ce soit, aussi beau, séduisant, sensuel, bourré de charme, et surtout bourré de bijoux de valeur, soit-il. Douce illusion que celle-ci… Non. Pas illusion. Réalité. Je ne me laisserais pas capturer par qui que ce soit, y compris cet homme. J’aime ma liberté, et je la chérie plus que tout au monde. Enfin non. Pas plus que moi et mon corps. Après tout, j’ai quand même un bijou en matière de corps. Fin, gracile, aux courbes parfaites, délicat… Bref, une œuvre d’art en matière de séduction.
 
« A combien d'hommes plus fortunés que toi as-tu vendu ton corps, Sven ? »
 
Pardon ? Il me tire subitement de mes pensées avec cette question à laquelle, je l’avoue, je ne m’attendais pas du tout. Je ris doucement, pas gêné le moins du monde. Juste surpris qu’il l’a deviné aussi facilement. Ce mec à un don. C’est intéressant. Cela ne me plait que plus. Je tente de faire les comptes. J’essaye de me rappeler quand je suis arrivé à Londres, quand j’ai commencé à coucher avec des hommes de mon âge, puis plus âgés, pour finalement viser ceux qui avaient les moyens de payer plus cher pour cela. Il y en a quelques-uns. Mais je tournais sur les mêmes, en général. J’avais mes clients fidèles. Et puis j’avais, de temps à autres, des coups d’un soir, à qui j’offrais une nuit de plaisir gratuite, juste pour l’envie. Je compte sur mes doigts, mais y en a trop. Je ris à nouveau.
 
« Hmm… je dirais qu’en deux ans… j’ai dû me vendre, si mes comptes sont exacts, à quatre-vingt-sept hommes. Mais j’avais des habitués. Et puis… ce n’était pas bien compliqué d’être plus fortuné qu’un simple étudiant. »
 
Bon, c’est sûr qu’avec dix doigts, j’étais loin de pouvoir tous les compter. Je soupire. Quand même. Plus de quatre-vingt-dix types me sont passé dessus. Mais c’est vrai que si mes souvenirs sont bons, je n’ai passé de nuit seul que très peu de fois. Certes, j’avais eu des périodes d’abstinences pour reposer mon corps, mais tout de même… C’était rare. Mais je ne regrette rien. Je détestais et déteste toujours passer mes nuits seul. C’est une torture pour moi… C’est peut-être pour ça que je dors mal, en fait… Enfin. Ressassé le passé, ce n’est pas bien cool. Je vais encore penser à… trop tard, c’est le cas. Je baisse la tête, tente de me focaliser sur une question à poser à Janma. Janma. Pas Jeremiah. D’ailleurs, lui, je le hais. Oui c’est ça, je le déteste. Grr… Enflure.
 
Je repose mon regard sur mon interlocuteur, donc. Il semble s’exciter sur son libre, barrant des choses à l’aide d’un crayon débusqué sur une étagère, et en corriger d’autre. Ainsi que de faire une comparaison sur deux cartes. Je soupire. En fait, maintenant, je n’ai plus de question à lui poser. Rien d’intéressant, rien de blessant. Rien qui puisse être à la hauteur de cette première question qu’il vient de me poser.
 
Pas la peine de lui demander s’il est hétéro, bi ou gay, j’ai déjà ma petite idée là-dessus. Je suppose que son genre d’homme, c’est plutôt ceux qui ont des particularités physique qui les rendent différents des autres, beaux. Des gens qui sortent du lot. Comme moi, en sommes. Après tout, je ne vois pas pourquoi il irait perdre son temps avec d’autres. Aux vues de son style vestimentaire, il n’est donc pas contemporain, et vu le bouquin qu’il a dans les mains, je table sur le cinquième ou sixième siècle. Pays du Maghreb. Catégorie sociale élevée. Aller Sven, trouve une question… une question…
 
« Tu as trouvé le trésor que tu convoitais ? »
 
Ça m’est sorti tout seul, je ne sais pas trop d’où, mais c’est venu ainsi. Cette historie de carte qui m’a perturbé et qui a dû me faire penser à une carte au trésor… Baaah…. Je n’ai plus qu’à attendre sa réponse, du coup.
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Re: Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma] - Sam 29 Juin 2013 - 10:19

Un rire. Après les sourires enjôleurs, possessifs et violents dont il l'avait gratifié, Sven se mettait maintenant à rire. Janma l'écoutait avec un certain délice, sentant son sourire en coin devenir plus sincère. Fascinant. Sven était une ôde. Une ôde vivante au désir, à la luxure, à... l'amour ? Comment dire. Ce garçon avait tout d'un corps qu'on s'arrache, d'une personne capable de déclencher des guerres pour son minois. C'était une gigantesque boîte de Pandore douée de raison, un danger public pour tout homme sachant cueillir sa beauté. Ah. Janma le fixa avec un air narquàois, patiemment.

Sven : ... Quantre-vingt-sept hommes...

Si Janma avait été en train de  boire quelque chose, il l'aurait aussitôt recraché. Quatre-vingt-sept... QUATRE-VINGT SEPT ? Son regard dut s'écarquiller, car il ressentit un léger tiraillement au niveau du front. Il fixa, complètement interdit, le petit Sven perché sur sa table. Quatre-vingt-sept hommes. En deux ans. Pas quatre-vingt-sept fois, non, quatre-vingt-sept personnes différentes qui avaient profité et abusé de sa personne déli... non, quand on en venait à passer sous l'équivalent d'une petite armée, on ne pouvait pas vraiment être considéré comme délicat. Scié, Janma tapota nerveusement son crayon contre l'atlas, faisant un rapide calcul.

Oh non. Oh non non... bon sang. Ce sort-là n'était pas réservé même aux plus mauvais de ses esclaves, il les violait, les tuait, mais il ne les faisait pas tourner entre quatre-vingt-sept mains. Trop risqué, trop de maladies. Son oncle s'était vu trépasser par la vérole lorsqu'il était jeune, il avait retenu la leçon. Est-ce que c'était comme  ça qu'était mort Sven ? D'une maladie vénérienne violente, dégénérescente et incontrôlablement fatale ?

Le roi des larmes joua avec ses cheveux pour les remettre en place. Quatre-vingt-sept... brree... Il avait envie de l'attraper par la peau des fesses, et de le laver jusqu'à ce que sa peau soit rouge. Jusqu'à enlever toutes les impuretés qu'il avait dû subir. Quatre... il fallait qu'il passe outre. Ouah. Ouais. Une putain. Sven la putain. Il se racla la gorge, en entendant sa question.

Trésor ?

Janma se ressaisit, examinant la question. Devait-il répondre sincèrement ? Oui, c'était là sa règle. Est-ce qeue c'était un pur hasard que Sven se lance dans une question pareille aussi simplement ? Janma étira ses lèvres d'un sourire sincère. Un trésor. Ah, oui, il l'avait trouvé. Il fit diversion, laissa là ce nombre ignoble, et se concentra sur... sa réponse.

Janma : Il suffit de peu pour souffler des idées entre tes jolies tempes, Sven.

Une manière très polie de lui dire qu'il n'était pas allé chercher bien loin sa question, n'est-ce pas ? Un autre lui aurait sans doute ri au nez, mais Janma... avait vécu toute sa gloire sur son trésor. Il se redressa donc.

Janma : Je n'ai pas trouvé le trésor que je convoitais. Je cherchais... "un bien tel que l'oeil humain ne peut le supporter", selon la légende de la carte. Je n'ai trouvé qu'une grotte. Je ne te ferai pas étalage de mon désarroi, mais j'ai manqué d'exécuter  un par un tous ceux qui m'ont un jour poussé à partir en expédition pour cette chimère... avant de comprendre la véritable signification de cette énigme.

Le prince fouilla sous ses linges, et sortit une petite bourse en cuir. A l'intérieur de celle-ci se trouvait une pierre d'un bleu pur. Brute, la pierre était énorme, aussi grosse qu'un poing. Pas taillée, légèrement sale, elle luisait cependant de mille feux. Janma perdit son regard dans son... trésor.

Janma : Une mine de saphir, voilà ce que j'ai découvert à la place de la Caverne aux Merveilles. Des pierres précieuses en nombre suffisant pour ériger une statue à ma gloire, bleu outremer.

Son regard félin quitta l'énorme gemme, pour se poser sur le regard de Sven. Il le fixa calmement, cherchant à décrypter son expression. Il disait aimer l'or, une pierre de cette taille n'avait pas dû le laisser totalement... indifférent. Janma rangea posément son trésor, et le cacha sous sa couche de vêtements inférieure, là où personne ne viendrait le chercher.

Janma : Mais toi, Sven. Quelle fut le comportement le moins recommandable que tu aies eu pour te procurer... des richesses ? Vendre son corps à quatre-vingt-sept hommes est répréhensible mais quelque chose me dit...

Un sourire malsain encra son visage. Il lui offrit un regard sombre, inquisiteur. Un regard qui ne supporterait aucun défilement, aucune lâcheté.

Janma : ...que c'était de l'innocence, à côté de certains de tes travers.
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Re: Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma] - Sam 29 Juin 2013 - 15:15
Cette expression sur son visage après que je lui ai annoncé le nombre de clients que j’avais pu avoir. Je me mords l’intérieur de la joue pour ne pas en rire. Je crois que n’importe qui d’autre aurait été gêné de cette réaction, à priori tout à fait normal. Mais moi pas. Oui, quatre-vingt-sept. Et pas quatre-vingt-sept bons partenaires, hein… mais au moins, ils payaient bien. Certes, ils avaient tous des envies, des désirs, des attentes assez étranges, parfois, mais du moment qu’ils montraient la couleur de leur argent, j’étais capable de tout faire. Et puis, en fait, ça a été rapide pour moi, de me faire un nom, et de trouver des clients. Après en avoir dénichés tel un chasseur, les autres venaient à moi, s’annonçant comme étant « une connaissance d’untel ». Je demandais toujours combien ils étaient prêts à mettre. Certains étaient tellement fous qu’une seule nuit pouvait aisément monter dans les cinq cent euros. Cinq cent euros, c’était la moitié du loyer du duplex que je m’étais loué. J’en avais les moyens, et ça m’évitait de loger dans l’un des une pièce de la résidence universitaire. Enfin… revenons-en à nos moutons. Il faut vraiment que j’arrête de ressasser le passer, ce n’est pas bon du tout… Ça me fait mal. C’est qu’actuellement, je n’ai plus rien de ce que j’avais sur terre… Je me masse le poignet droit, par réflexe, un peu triste. Et mes doigts effleurent quelque chose de froid, de métallique. Je baisse les yeux. Le bracelet. Ce bracelet… Celui qu’il m’avait offert après m’avoir… Je déglutis.
 
« Il suffit de peu pour souffler des idées entre tes jolies tempes, Sven.  »
 
Je reporte mon intention sur Janma. Je fixe ses lèvres, comme voulant boire ses paroles. Bon, d’accord celles-ci ne sont pas celles que je voudrais qu’il me dise tout de suite, surtout si c’est pour l’entendre me dire que je ne me suis pas bien creusé la cervelle pour cela. Je me retiens d’agir en enfant et de lui tirer la langue. Non. Je suis un adulte, tout du moins un jeune adulte, et je me dois de me comporter comme tel. J’attends donc, croisant mes bras sur mon torse. Et puis je le vois se redresser.
 
« Je n'ai pas trouvé le trésor que je convoitais. Je cherchais... "un bien tel que l'oeil humain ne peut le supporter", selon la légende de la carte. Je n'ai trouvé qu'une grotte. Je ne te ferai pas étalage de mon désarroi, mais j'ai manqué d'exécuter  un par un tous ceux qui m'ont un jour poussé à partir en expédition pour cette chimère... avant de comprendre la véritable signification de cette énigme.  »
 
Je le vois fouiller en dessous de son ce fatras de tissu qu’il porte, et en ressortir une petite bourse de cuir. Assez gros pour contenir un caillou d’une certaine valeur. De quoi piquer ma curiosité à vif. Sans m’en rendre compte, je me penche légèrement en avant, suivant du regard le moindre de ses gestes –plus que sensuels au passage- pour découvrir ce qu’il cache. Se découvre alors une pierre bleue, brute, pas taillée. Mais elle brille… splendide chose qui s’offre à ma vue. J’en suis fasciné… Et lui aussi apparemment, j’en conclus d’après un rapide coup d’œil vers son visage.
 
« Une mine de saphir, voilà ce que j'ai découvert à la place de la Caverne aux Merveilles. Des pierres précieuses en nombre suffisant pour ériger une statue à ma gloire, bleu outremer.  »
 
J’en frissonne. Saphir… variété de gemme de corindon. Peut présenter une multitude de couleur. Rose, jaune, orange, violet, verte, incolore…Sauf rouge. Un saphir rouge, c’est un rubis. Cependant, le mot « saphir » vient du grec, sappheiros, qui veut dire « pierre de couleur bleue ». Mais d’autres pensent que la véritable étymologie viendrait plutôt de l’hébreu, sappir, « la plus belle chose ». Pour ma part, j’ai toujours trouvé que les deux origines vont à merveille à cette merveille de la nature. Pas la peine de se demander comment je sais tout cela, un de mes clients était un grand joaillier. Enfin, je ne vais pas rentrer dans les détails de sa structure, bien que je les connaisse un minimum. Je soupire de plaisir. Car oui, pouvoir voir cette pierre est un véritable plaisir.
 
Trop court, cependant. Janma referme sa bourse pour la ranger sous ses vêtements. Hmm… De savoir qu’elle est cachée à cet endroit me donne encore plus envie de laisser mes mains aller vagabonder sous toutes ces couches de tissus…
 
« Mais toi, Sven. Quelle fut le comportement le moins recommandable que tu aies eu pour te procurer... des richesses ? Vendre son corps à quatre-vingt-sept hommes est répréhensible mais quelque chose me dit...  »
 
Je redresse la tête, fixant son visage, tentant de comprendre ce qu’il me demande. Un sourire malsain nait sur ses lèvres. J’en frissonne. Dieu qu’il est… beau.
 
« ...que c'était de l'innocence, à côté de certains de tes travers.  »
 
Il cherche à me mettre mal à l’aise, c’est ça ? Je ferme les yeux, et un nouveau sourire, sincère, innocent, commence à apparaître sur mes lèvres. Je rouvre les yeux, pose mon regard sur lui. Mes doigts viennent effleurer le bracelet, à mon poignet, jouant avec. Je réfléchis quelques instants. Non, je n’hésite pas, je ne fais que remettre dans l’ordre, les évènements passés…
 
« La prostitution, ce n’était pas pour moi qu’un moyen de passer le temps et de gagner de l’argent. D’ailleurs, je ne faisais pas que coucher avec ces personnes. Parfois, j’étais également payé à les accompagner à des soirées mondaines. Beaucoup des hommes me connaissaient, car ils avaient déjà goûtés à mes services. D’autres me reconnaissaient, d’après les rumeurs où les discussions qu’ils avaient pu entendre. Je récoltais pas mal de demande. Il faut dire que moi, en robe de soirée moulante et échancrée, ouverte dans tout le dos… ça émoustillait pas mal de ces messieurs, et les femmes me jalousaient. Je jouais mon rôle. Tout le monde me réclamait, mais moi je n’étais qu’à celui qui avait avancé l’argent. Cependant, nombreux sont ceux qui voulaient me voir tomber, me bloquer le passage, l’accès à ce que je voulais : la célébrité. Que mon nom soit connu de tous. Aussi… il ne me fut pas rare de faire tuer certaines personnes.  »
 
Je me tais quelques instants. Bizarrement, cela ne me gêne pas de raconter mon histoire à cet homme précisément…
 
« Mon premier crime –bien que ce ne soit pas moi qui l’ai commis- fut celui de mon ami d’enfance.   »
 
Je serre ma main sur mon poignet, sur le bracelet. Je sers les dents. Ce souvenir me sera toujours douloureux. Je décide donc d’arrêter là. Sa question ne portait pas sur Jeremiah, mais sur mes actes.
 
« En gros, je manipulais les autres, leurs faisant miroiter un espoir de pouvoir me posséder, ou plutôt posséder mon cœur, en échange de leur service. C’est ainsi que sont mystérieusement morts certains étudiants de mon université, ainsi que certaines personnes au services de mes clients… ou certains journalistes, qui cherchaient à m’enfoncer…  »
 
Je souris, sadiquement. Ils l’avaient bien mérité. Oh ça oui. Et je ne me repentirais jamais de cela.
 
« Ah. Je me suis salis deux ou trois fois les mains moi-même. Mais je n’en ai jamais été soupçonné. »
 
Je reprends mon air angélique, totalement innocent, comme ne comprenant soudaine plus où je suis, ce que je fais ici, ni qui est Janma. Avant de sourire à nouveau.
 
« Ton favoris… comment était-il ?  »
 
Je demande alors. Question tout à fait pertinente. Si je veux en savoir un peu plus sur lui, et savoir comment lui plaire, pour pouvoir m’approcher de cette fichue pierre, et d’autres biens, autant savoir comment était celui qu’il préférait parmi tous ses … esclaves ? Amants ? Je ne me défais pas de mon sourire, le regardant fixement.
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Re: Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma] - Sam 29 Juin 2013 - 17:01
Lentement, Janma voyait la figure de pureté de Sven s'entâcher de parcours noircis. La magnifique sculpture d'albâtre de son androgyne délicat possédait des zones d'ombre, des lambeaux entiers de son existence voués à la noirceur, au vice, à la malice. Oui, Sven passait doucement d'icône agréable à regarder à petite vipère malsaine. Le genre de personne qu'il appréciait tout particulièrement, et qu'il aimait côtoyer au quotidie.

Prostitution, il l'avait dit. C'était un vilain mot, un mot qu'il n'aimait pas entendre prononcé. Entre les lèvres fines de Sven, c'était la plus dissonante des mélodies. Un mot à bannir. Janma n'était qu'à la moitié de ses surprises. Il comprenait que l'on offre son corps pour le plaisir, mais qu'on le vende pour le plaisir, c'était une toute autre chose. Une forme de masochisme avancé, peut-être même d'auto-mutilation particulière. Il ne dit cependant rien, ne notant qu'une seule information : Sven se travestissait.

De la même manière qu'il habillait Judal en femme jadis, Sven le faisait avec ses clients. Des robes échancrées, autrement dit des pièces de tissus qui laissaient deviner ses courbes, ses formes... factices. Un vice à lui tout seul. La tromperie incarnée. Janma l'écouta patiemment. Ainsi, le but de la vie de Sven était de se faire connaître. A une échelle différente, le sien n'était pas si éloigné. Janma avait toujours voulu rester dans les livres d'histoire. Il avait réussi, d'une certaine manière, mais son but premier était de vivre confortablement et libre de toute entrave familiale. Ce qu'il avait accompli d'ailleurs avec brio.

Avant cette cérémonie de mariage.

Janma reporta toute son attention sur Sven, qui semblait aux prises avec ses souvenirs pour lui répondre. Faire tur des personnes. Cela ne le dérangeait pas. Il avait lui-même exécuté scrupuleusement tous les obstacle à son ascension, alors pourquoi cette délicate petite princesse n'aurait-elle pu en faire autant ? Ses avoeux en revanche... le dirigèrent vers des amis. Ah. Les amis.

Janma en changeait comme d'intérêt. Il était très rare qu'il conserve quelqu'un plus de six mois dans ses relations, ayant sans arrêt besoin de nouveaux tremplins pour grimper. Mais il comprenait que certains les utilisent comme des ancres solides. Des liens auxquels se raccrocher en cas de crise. Bizarrement, Sven ne s'attarda pas sur cette donnée, et enchaîna sur les morts mystérieuses. Ah, oui.

Janma considéra Sven d'un autre oeil. Ce garçon savait jouer des cordes sensibles d'autres hommes et des êtres humains en général. Dans ce monde de prédateurs violents et acharnés, il était la petite bête sachant s'approprier l'amour et le désir des plus grands pour se faire obéir. Une petite fouine. Androgyne. Colérique.

Exactement son type, en quelques sortes.

Sven : Ton favori...comment était-il ?

Janma fronça doucement les sourcils. Son favori ? Comme... les favorites d'un harem ? Oh, qu'il était mignon. Sven n'avait sans doute pas grande connaissance de son époque, il le prenait peut-être pour quelqu'un de haute naissance... Ce qu'il était, à la base. Pas noble, mais bourgeois. Le prince des voleurs s'installa plus confortablement. Son favoris. Judal.

Le seul qu'il ait supporté, à vrai dire. De son enfance jusqu'à sa première mort. Il avait eu des moments heureux avec Judal. Lorsqu'il ne le traumatisait pas en le maltraitant, il le faisait gémir à en rendre mal à l'aise les gardes de la porte de sa chambre tout le mois suivant. Oui. Son favori. Le seul qu'il ait laissé en vie, protégé, envers et contre tout. Comment était-il ?

Janma : ... Judal était... plus âgé que moi. Mais plus fragile également. C'était mon esclave d'accompagnement durant mon enfance. Mon... jouet. Il exécutait le moindre de mes désirs, je l'humiliais, et il en redemandait. Parce que c'était là la seule chose qu'il savait faire.

Son regard de prédateur se posa calmement sur Sven. Il lui ressemblait quelque part. Mêmes courbes, mêmes airs innocents, même tendance à manipuler quiconque.

Janma : Je lui ai appris à lire. Je lui ai appris à compter. Et puis, quand j'ai été plus âgé, je m'en suis servi comme... défouloir.

Pensif, il ramena ses jambes contre lui. Oui. Un formidable défouloir. Qu'il pouvait tabasser à sa guise, mordre et faire couiner plus tard. Une formidable marionnette qui jamais ne se brisait. Et à côté de ça... d'une fragilité accablante.

Janma : Aux yeux de tous Judal était... une demoiselle. L'esclave que je traînais sur mes genoux chaque jour que j'allais jouer. Je jouais beaucoup, j'ai fondé ma fortune sur les jeux. Il était... comment dire.

Janma joua avec sa créole, se souvenant du cadeau qu'il avait fait à Judal. Celui qui avait causé sa ruine. Un magnifique tour de cou en or, serti d'un énorme rubis. Une encoche fine à l'arrière lui permettait de l'accrocher, le tirer, le malmener... une boîte de Pandore qui lui avait coûté sa fortune. Ah, oui. Il avait joué de malchance.

Janma : Judal ne manquait que de courage. Je ne lui accordais pas assez d'attention, alors il m'a fait perdre ma fortune. C'est comme ça qu'était mon favori. Un petit scorpion irresponsable qui disait non mais gémissait oui.

Son ton était devenu très sec. Janma inspira calmement pour faire taire l'élan de colère violente qui s'était emparé de lui. Il aurait pu sauter à la gorge de Sven et lui faire payer chaque coup fourré que Judal lui avait infligé, à cet instant. Serrant les dents, il se pinça l'arrête du nez, ayant besoin de passer à autre chose.

Janma : Tu as déjà eu un mécène ?
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Re: Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma] - Sam 29 Juin 2013 - 21:03
Je l’observe m’observer pendant que je lui réponds. Je l’observe s’occuper de son livre, puis reporter son attention sur moi. Je l’observe… Je l’observe, tout simplement. Je me délecte de la précision de ses gestes. De cette sensualité qu’il dégage. De cette espèce d’aura que je peux sentir l’entourer. De lui, tout entier, en fait. Je continue à triturer mon bracelet, sans trop m’en rendre compte, absorbé par ce que je regarde.
 
A ma question, ses sourcils se froncent. Ai-je touché une corde sensible ? Je penche légèrement la tête sur le côté, comme un chien curieux cherchant à comprendre ce qu’il a fait de mal, attendant sa réponse.
 
« ... Judal était... plus âgé que moi. Mais plus fragile également. C'était mon esclave d'accompagnement durant mon enfance. Mon... jouet. Il exécutait le moindre de mes désirs, je l'humiliais, et il en redemandait. Parce que c'était là la seule chose qu'il savait faire. »
 
Je bois ses mots à la source, fixant ses lèvres. Je pense que nombreux sont ceux qui se seraient damnés pour pouvoir les embrasser. Pour ma part, je n’irais pas jusque-là. Mais j’avoue être curieux de savoir quel goût ses baisers ont… Je secoue la tête. Je ne dois pas me laisser prendre à ce petit jeu. Pas de suite.
 
Judal… c’est joli aussi comme prénom, Judal. Et donc c’était un jeune homme, plus âgé… Je souris. Je crois qu’à mon époque, on aurait dit que Janma le traitait « comme une merde ». Et qu’il aimait ça… On dirait moi. Mais moi j’étais payé à me comporter ainsi. Je soupire. Je ne pense pas que j’aurais apprécié connaître ce type.
 
Je sens le regarde de Janma se poser sur moi. A quoi pense-t-il ?
 
«  Je lui ai appris à lire. Je lui ai appris à compter. Et puis, quand j'ai été plus âgé, je m'en suis servi comme... défouloir. »
 
Trop bon de votre part, majesté. Je soupire. Je ne sais pas si je dois plaindre ce Judal ou bien me moquer de lui. Il ne devait surement pas avoir le choix, mais il aurait pu assassiner son maître. Et se donner la mort après. Ou fuir. Ou je n’en sais rien. Mais il aurait pu réagir. En fait, il m’énerve. Oui. Je crois que c’est ça. Il m’énerve. Les yeux regardant dans le vide, je songe aux gifles que je lui aurais données si l’on s’était connu. Ceci dit… ce n’était pas du tout la même époque…
 
«  Aux yeux de tous Judal était... une demoiselle. L'esclave que je traînais sur mes genoux chaque jour que j'allais jouer. Je jouais beaucoup, j'ai fondé ma fortune sur les jeux. Il était... comment dire. »
 
Je repose mon regard sur Janma. Alors lui aussi il s’habillait en demoiselle ? Je ris, doucement. Et nouvelle données, cet homme qui se tient devant moi était un joueur. Ce qui lui a beaucoup rapporté. Je tente d’imaginer à quoi pouvait bien ressembler son… esclave. Physiquement je veux dire. S’il s’habillait en femme, c’est que, comme moi, il devait avoir un corps fin. Et les traits qui vont avec. Les cheveux longs, surement. Hmm…
 
«  Judal ne manquait que de courage. Je ne lui accordais pas assez d'attention, alors il m'a fait perdre ma fortune. C'est comme ça qu'était mon favori. Un petit scorpion irresponsable qui disait non mais gémissait oui. »
 
Son ton s’est durcit, mais je n’y prête pas attention de suite, plutôt concentré sur ses mots que sur sa voix. C’est que ça monte facilement à la tête, d’être le favoris de quelqu’un. Et je sais de quoi je parle. Mais je n’ai encore jamais fais de crise à qui que ce soit de manquer d’attention envers moi. En même temps, je n’ai jamais eu besoin de le réclamer, cela me venait naturellement. C’est drôle, maintenant que je me le dis, j’ai l’impression d’être une princesse. Je remarque que Janma ne semble plus si calme que ce qu’il était au début. C’est vrai, son ton a changé, et même dans sa manière d’être… Ce type, ce Judal, avait dû lui en faire voir des vertes et des pas mures. Et vue comment il me regarde, je crois que j’ai du souci à me faire. Je ne sais pas pourquoi, mais cela ne me dit rien qui vaille. Tant pis. Je m’en moque. Je ris.
 
«  Tu as déjà eu un mécène ? »
 
Là, je m’étrangle. Un mécène ? Il veut dire… un mac ? Je m’offusque !
 
« Ca va pas la tête ? J’étais indépendant, moi monsieur ! Mon argent, mon miens, rien qu’à moi ! »
 
… Oups, voilà mon côté oncle Picsou qui ressort… Je me gratte la tête, amusé que cela me soit sorti aussi naturellement devant lui.
 
« Enfin voilà… Non. Jamais. Trop contraignant, trop violent. Trop… trop. »
 
Je me lève, m’étire, vais regarder par la fenêtre. Le soleil commence à bien se hisser dans le ciel. Je retourne m’assoir. En face de lui. Je le regarde droit dans les yeux.
 
« Il t’a fait quoi, ce Judal, pour que tu lui en veuille à ce point… ? »

 
Mon visage en face du sien. Sa beauté n’en est que plus frappante. J’en frémis. Mince alors… C’est qu’il est vraiment excitant, en fait…
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Il suffit parfois d'un regard, d'un hasard pour rencontrer quelqu'un qui nous marquera à jamais. [P.V. Janma]
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