Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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[QUETE] Un bond dans le passé...

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[QUETE] Un bond dans le passé... - Sam 8 Juin 2013 - 21:41
Une nouvelle journée banale qui s’était écoulée à la Deus Académia. Des heures de cours qui se suivent, des entrainements divers et variés qu’elle s’impose d’elle-même, simplement par habitude, un tour à la bibliothèque où elle dévore le premier livre lui tombant sous la main. La lecture n’était peut-être pas de mise de son vivant mais elle s’était bien rattrapée depuis. Après avoir d’abord concentré son attention sur les livres traitant de l’histoire de son peuple, elle avait varié ses lectures et ne passait plus une journée sans lire. Le soir tombant, elle quitta la bibliothèque pour se rendre à la cafétéria. Comme à son habitude, elle mangea peu et se désaltéra de cette fabuleuse invention qu’était le milk-shake. Mais exceptionnellement, elle avait dérogé un peu à sa tradition et avait accepté la part de tarte aux abricots qu’une serveuse souriante et on ne peut plus ravie d’avoir réussi son premier gâteau lui tendait avec joie. Et elle n’avait pas regretté son geste, déjà en voyant l’air radieux de la jeune fille mais également parce que le dessert en lui-même était succulent. C’est donc sur une note positive que se terminait sa journée et pour ne pas gâcher cela, après une douche rapide, la jeune précolombienne alla se coucher, prête à se laisser emporter par les bras de Morphée.

Allongée dans son lit, la jeune indienne n’arrivait cependant pas à trouver le sommeil. Cela faisait déjà un moment qu’elle se tournait et se retournait sur son sommier, sa couette envoyée voler au loin. Elle avait si chaud mais en quelques secondes, elle se retrouvait glacée. Tout son corps tremblotait sans qu’elle ne puisse l’en empêcher. Elle avait beau essayer de se calmer, rien n’y faisait. Elle voulut se lever pour aller boire mais le vertige qui la saisit lui fit revoir son idée. Tant pis, elle resterait là. Et puis, elle ne risquait pas de mourir, elle était déjà morte. Sans doute était-elle simplement tombée malade, rien de plus. Mais de là à être ainsi malmenée par son corps, c’était la première fois que cela lui arrivait. Elle essaya de se repasser sa journée, mais malgré le malaise grandissant en elle, la fatigue était bien là, insidieuse et profonde. Alors, entre deux frissons et une crise de tremblements soudains, son esprit finit malgré tout par sombrer dans les limbes du sommeil. Demain, tout irait forcément mieux, voilà sa dernière pensée avant qu’enfin ses yeux se ferment pour la laisser enfin dormir un peu.

*****

- Aby’ ? Aby’, est-ce que ça va ? John, apporte moi un verre d’eau et une serviette, les autres retournez travailler, elle a besoin d’air.

La tête me tourne et j’ai la nausée. Tout est sombre et je réalise seulement que j’ai les yeux fermés. Ma respiration est haletante et je me sens soudain flotter. Non, on me porte, oui c’est ça. Quelqu’un me déplace et m’allonge dans un coin frais, je sens l’air frôler ma peau. Une main sur mon front puis un tissu humide, c’est agréable, rafraichissant. Lentement, mes yeux battent des paupières avant de s’entrouvrir. La lumière est vive et me force à les refermer. Une plainte légère franchit mes lèvres alors que ma main vient se poser sur mon visage pour me protéger des assauts des rayons violents de l’astre du jour. Je tourne un peu la tête sur le côté et parvient à apercevoir des silhouettes se déplaçant dans un lieu étrange. C’est encore flou et je ne distingue pas vraiment les couleurs mais à nouveau, la voix se manifeste à côté de moi, douce et rassurante.

- Ah, ça y est, tu es de retour. Tu n’es pas sérieuse voyons. En plus, avec Tören en voyage à l’étranger, tu dois prendre encore plus soin de toi.

Tören. Mon regard aussitôt se porte sur ma main gauche. Un anneau d’agent serti de trois pierres précieuses y brille de mille-feu. Sa bague. Celle de notre mariage. C’est vrai, mais pourquoi je me souviens de tout cela alors que cela n’a jamais existé ? Que se passe-t-il ici ? Je me redresse doucement mais le tournis me reprend. Déjà, l’homme prêt de moi, du nom de Richard, me soutiens et soupire comme un père qui s’occuperait de son enfant un peu trop têtue. Il se montre serviable et me donne à boire, ce qui me fait du bien. Pourtant, cette nausée ne semble pas décidée vouloir à me quitter. Il remarque mes efforts pour tenter de dissimuler cet état de fait et rigole doucement avant de reprendre la parole.

- Rassure-toi, au bout du troisième mois, les nausées disparaissent. Tu seras bientôt débarrassée de ce fléau. Même si ton petit bout ne pointera pas son nez avant quelques mois encore.

Pardon ? Non, ce n’est pas possible. Et pourtant, je ne vois pas d’autre explication non plus. Reflèxe idiot, mes mains se posent sur mon ventre, légèrement plus rebondie que dans mes souvenirs et mon instinct me hurle que oui, il y a bien une vie qui s’épanouit là. Je respire un grand coup et lui sourit en le remerciant de prendre ainsi soin de moi. Ah oui, il est l’oncle de Tören, c’est vrai. Tant de détails étranges et insensés qui m’arrivent ainsi sans raison, je ne comprends vraiment pas. Mais mon corps sait ce qu’il doit faire on dirait. Ici, je n’ai pas d’armes. J’ai un bureau avec un ordinateur et quelques dossiers, une machine à café au bout du couloir, une imprimante et une photocopieuse que je partage avec Jenny, ma voisine de box. Et je me sens parfaitement à ma place dans cet environnement pourtant inconnu. Je suis assise à mon bureau et face à ma fenêtre, je peux voir une autre tour, semblable à celle où je me trouve actuellement. Immense, elle effleure le ciel. La Tour Numéro Une et sa sœur jumelle où je me trouve. Le World Trade Center.

Du 17ème étage ou je me trouve, j’ai déjà une vue imprenable sur la cité de New York. Et heureusement que je ne suis pas beaucoup plus haut car je dois bien avouer avoir légèrement le vertige. Maintenant que Richard s’est assuré que je vais bien, il retourne dans son bureau, quelques boxs plus loin et Jenny se faufile jusqu’à moi. Avec un paquet cadeau. Oui, nous sommes le 11 septembre 2001 et ce soir, Richard partira officiellement à la retraite. Tous les gens du service se sont cotisés pour lui offrir un cadeau qu’il ne sera pas prêt d’oublier, un voyage au Grand Canyon, son rêve depuis toujours. Mais chut, nous ne lui donnerons qu’au déjeuner. Pour le moment, il reste du travail et chacun s’affaire de son côté. Il est encore très tôt, à peine 8h 30 mais le monde ici se lève aux aurores. La ruche fourmille d’activités habituelles, calmes et sereines.

8h46. Soudain, un cri. Nos regards quittent nos écrans au son sourd qui résonne derrière nous et nos visages qui prennent la pâleur de l’effroi. Un avion vient de heurter la face Nord de la Tour Une. Non, ce n’est pas possible. La panique commence à gagner les salariés qui restent tous figés aux fenêtres, découvrant cet atroce spectacle. Richard est revenu dans le bureau et me tire par la main. Il ne veut pas que je reste là et je le suis, comme une poupée docile. Cette horreur hante mes yeux alors que les flammes commencent à s’élever. Il récupère Jenny aussi et nous emmène dans un coin à l’abri. Il attend des ordres des supérieurs pour l’évacuation et tente de ramener les gens à la raison avec tout un groupe de collègues. Tout le monde reprend sa place, gardant un œil inquiet sur la Tour d’en face, stupéfait. Comment une telle chose est-elle possible ?

9h03. Cette fois, c’est notre Tour qui tremble de tout son être. Et la panique qui revient. Cette fois, tout le monde évacue et étrangement, le calme bien que vrombissant d’inquiétude permet aux gens de ne pas se marcher dessus. Les New-Yorkais sont très civilisés dans ce genre de cas, l’habitude des alertes exercices nous sert bien aujourd’hui. Alors que nous descendons, Jenny fait demi-tour, le cadeau de Richard étant resté dans notre bureau. Je n’ai pas le temps de la retenir mais au fond de moi, je sens que je ne la reverrais plus jamais. Nous descendons alors que nous croisons les pompiers qui eux montent à l’assaut des flammes, déroulant leurs lances derrière eux. Nos regards croisent les leurs, déterminés et confiants. Alors, nous aussi nous sommes plus sereins. N’étant pas dans les étages les plus hauts, nous arrivons assez vite à l'entrée du grand parvis. Le passage souterrain permettant de rejoindre le métro est tout près et on nous invite à nous y rendre, je suis le flux, Richard se trouvant retardé par un collègue qui le harcèle de questions. Je pénètre dans la bouche sombre, avec un aperçu derrière moi des 2 tours qui flambent. Mes yeux se remplissent de larmes sans que je ne comprenne vraiment. Les hormones sans doute.

Quelques pas à l’abri, une minute peut-être et un choc puissant qui retentit derrière nous, bloquant le passage du souterrain ? Cette fois, c’est la crise. Les pas s’accélèrent, tout le monde veut sortir le plus vite possible et loin de tout ça. La station est à l’arrêt, tout le monde est dirigé vers les sorties et je suis les autres, inquiète. Richard était derrière, je ne l’ai pas vu entrer. Et Jenny, non plus. La relative noirceur des lieux me perturbe, j’ai l’impression d’avoir chaud, trop chaud pour que cela soit normal. Alors, mes pas avancent seuls jusqu’à la première sortie à ma disposition. Enfin, de l’air. Je me sens soudain comme libérée d’un poids. Je suis sortie de cet enfer, c’est terminé. Je sors mon portable pour téléphoner à Tören mais tous les réseaux sont saturés, réquisitionnés pour la police et les pompiers. Mon regard est alors attiré à nouveau vers les Tours que je viens de quitter. Et la réalité me saute au visage avec une douleur et une monstruosité effrayante.

Les Tours Jumelles sont en train de bruler. On peut voir par instants des formes se jeter dans le vide. Des gens qui cherchent à fuir ce calvaire en sachant que seule la mort les attend au bout. Je suis terrifiée, choquée, incapable de réagir par moi-même. On me bouscule car je suis au milieu du chemin mais cela ne suffit pas. Alors, j’enclenche la fonction vidéo de mon téléphone et fixe l’objectif sur le World Trade Center face à moi. Et ma voix qui se met à parler. Je bégaye, ma peur suinte à travers mes mots et mes gestes brusques, tremblotants. On me force à me déplacer et je suis la foule que l’on éloigne, vers les quartiers adjacents. J’ai perdu toute notion de temps tellement l’horreur m’assaille. Mais mon téléphone marque les minutes lui. 9h57. En une heure, le cauchemar s’est abattu sur nous avec une violence inouïe.

Je me trouve trois pâtés de maison plus loin, les forces de l’ordre commencent à barricader les lieux pour éviter les intrusions lorsqu’un bruit sourd et puissant fait trembler jusqu’au sol sous nos pieds. Il est 9h59 lorsque que je lâche mon téléphone qui filme toujours, soufflée par le nuage de cendres noires qui m’engloutit toute entière. La Tour 2, la mienne, vient de s’effondrer sous mon regard incrédule. Et maintenant, je suis noyée dans cette marée de poussières brulantes qui me rongent la peau et les poumons. Je peine à respirer, mes yeux me font atrocement mal et je suis incapable de me déplacer. A genou, je tousse tout ce que je peux, tentant en rampant de me protéger entre deux maisons proches. Mais aucun abri ne semble s’offrir à moi. Je pleure des larmes qui ne coulent pas, asséchées avant d’avoir franchi mes paupières. Ma main arrache un bout de ma veste que je laisse là pour la plaquer contre ma bouche. Je me sens défaillir et alors que les ténèbres m’engloutissent, me laissant suffocante et désorientée, j’entends des pas et je sens des mains m’agripper. Puis, le noir m’enveloppe et seule la douleur demeure, comme ancrée dans mon corps en profondeur.

Des sons réguliers et aigus, désagréables. Comme un bruit mécanique qui résonne autour de moi. Mes poumons me brulent et je tousse un peu. J’ai quelque chose dans le nez mais je ne peux pas bouger, aucune force ne me vient. Mes yeux clignent et la lumière blanche et vive au-dessus de moi m’agresse sérieusement. Pourtant, en me forçant, je parviens à retrouver la vue. C’est un peu flou mais au moins, ce n’est plus le noir. Une démangeaison sur ma main et en tournant la tête, je vois la perfusion qui y est fichée. Un médecin entre, apparemment soulagé. Les machines ont dû le prévenir de mon réveil. Et le voilà qui me pose un tas de questions. Oui, je me souviens de mon nom, de mon adresse, non je n’ai pas mal, enfin pas de grosse douleur. Je demande à voir Tören, on me dit qu’il a été prévenu et qu’il arrivera vite. Il m’apprend alors que je me réveille d’un coma de 5 jours. Que je dois la vie à des habitants de l’immeuble devant lequel je me suis écroulée. La poussière a failli avoir raison de moi. Mais je sens comme une réticence dans sa voix.

- Le bébé ?

Pas besoin d’attendre sa réponse, j’ai tout deviné à son expression. J’étais très mal en point et ils ont du faire un choix : me sauver ou nous perdre tous les deux. Tören est au courant, heureusement car seule je n’aurais pu lui dire. Le voilà qui arrive, le souffle court. Il a couru pour être là aussi vite que possible et à mon expression dévastée, il comprend ce qui se passe. Il serre ma main, me parle doucement, me rassure. Je demande pour Jenny et Richard, aucune nouvelles de leurs côtés. Je suis en vie mais je n’arrive pas à m’en réjouir. En quelques instants, j’ai l’impression d’avoir tout perdu. Ces gens qui étaient devenus ma famille, mon travail pour lequel je me suis tant battu, ce bébé dont je rêvais tellement. Et mon Tören souriant et volontaire, devenu une ombre de lui-même. Ce n’est pas juste, je ne méritais pas ça. Si le monde à une justice, qu’il vienne me l’expliquer. Et bien que profondément athée, me voilà qui maudit les Dieux de tous bords. La télévision dans ma chambre me passe en boucle les évènements que j’ai vécus et vus en direct, j’en frémis de terreur à chaque fois.

Cette nuit, Tören est autorisé à la passer près de moi, sur un lit de camp. Cela me rassure un peu en plus du fait que je sois sortie du service de soins intensifs. Bientôt je rentrerais chez moi. Et la reprendra son cours. Comme avant ? Non, ce ne sera jamais possible. Je trouve mon mari fébrile ce soir, fatigué mais lui m’assure que tout va bien. Avant de se coucher, il m’embrasse comme tant de fois auparavant mais ses lèvres n’ont pas la même chaleur. Je suis inquiète mais encore très fatiguée et je m’endors rapidement. Pour me réveiller en pleine nuit. Par réflexe, je cherche la main de Tören et suis surprise de la trouver si fraiche. Je l’appelle, le secoue. Rien, pas la moindre réaction. Il ne respire plus. Depuis quand ? La panique reflux avec violence et je hurle en écrasant le bouton d’urgence. Déjà, l’infirmière de nuit arrive et s’approche de lui avant de sortir chercher de l’aide. Trois médecins arrivent rapidement mais rien ne semble se passer comme ils veulent, je les entends mais ne comprends pas tout. Et les voilà qui emmènent mon mari dans une autre salle, je vocifère, je hurle, je pleure. Non, pas lui. Ne me prenez pas aussi mon Tören. Par pitié. Je suis hystérique, même l’infirmière ne parviens pas à me calmer. Et son nom qui s’échappe encore de ma gorge alors que je sens l’injection dans mon bras destinée à me calmer.

- TÖREN !!!!!


*****

La jeune fille se redresse violemment sur son lit, en âge, le souffle haletant et le cœur prêt à lui défoncer les côtes. Non, plus d’hôpital, simplement sa tanière personnelle à La Deus. Elle cligne un peu des yeux et se lève pour se trainer à la salle d’eau. Elle écoute l’eau couler doucement avant de se mouiller le visage, observant le reflet que lui présente son miroir. Non, rien de tout ça n’était réel. Pourtant, elle éprouve le besoin de vérifier l’absence de marque de la présence d’une bague à sa main gauche. Son ventre est parfaitement normal aussi. Non mais qu’est-ce qui lui a pris de faire ce genre de rêve ? Revenant à son lit, au moins, elle remarque que le malaise qu’il l’avait prise est terminé. Plus de traces. Le cauchemar serait-il lié à son état fébrile au moment de se coucher ? Peut-être. En tout cas, la nuit n’était pas terminée et elle comptait bien profiter du temps qu’il lui restait pour se reposer un peu et bien comme il fallait. Alors, elle s’allongea à nouveau, caressant du bout du doigt son attrape-rêve et invoquant silencieusement Asibikaashi, la Déesse Araignée mère de tout le peuple indien, de veiller sur son sommeil.
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Re: [QUETE] Un bond dans le passé... - Ven 14 Juin 2013 - 20:36

Joli joli ! Comme toujours aby, tu fais largement au dessus du minimum demandé, bravo !


Abygaïl : 500 xps

Xps attribués : Oui
[QUETE] Un bond dans le passé...
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