Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


École des dieux RPG


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Heureuse soit celle qui sait se questionner

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Heureuse soit celle qui sait se questionner - Dim 2 Juin 2013 - 12:11

Maya Tensho
Inconnu
Au fond de son lit, Maya Tensho se sent seule. « La chambre d'Atios »... divisée en quatre chambres individuelles, dont trois sont et resteront désormais désespérément vides. Plus le temps passe, plus la poussière y élit foyer. Mais après tout, c'était ainsi auparavant, quand Atios restait au bureau, travailler toutes les nuits... alors, qu'est-ce qui a changé ? Simplement le caractère définitif de la chose. Il n'y a plus d'attente qui tienne, plus d'espoir d'amélioration subite...
... c'est comme ça et puis... « voilà ».
Les erreurs se payent cash dans ce monde. Pas d'excuse d'être jeune et inexpérimentée, l'âge n'a aucune signification particulière ici. Enfant ou adulte, tous sont logés à la même enseigne : horreurs, solitude, combats, apprentissage, violence, protection, mort. Telles sont les règles de ce jeu infâme. Comment sont sélectionnés les participants ? Deus joue-t-il à la roulette russe ? Bingo ! Ce sera Maya Tensho. Oui... elle va avoir une bonne vie de merde, elle va en chier et ce sera cool à regarder. C'est fou ce qu'on s'amuse. Choisissons également deux trois éléments perturbateurs, il ne faudrait pas qu'elle prenne trop de bon temps non plus. Où qu'elle aille, elle trouvera quelqu'un pour lui massacrer son moral... en bien ou en mal, tous les endroits se valent.

Elle regarde le plafond, mains derrière la tête, perdue dans ses pensées. Être positionnée allongée sur le dos l'empêche de dormir, très pratique quand elle souhaite réfléchir dans le noir. Consacrer sa soirée à la réflexion, voilà une initiative intéressante... tant que ce n'est pas au détriment du sommeil, c'est une activité saine pour l'esprit. La jeune femme fait le point et imagine l'histoire qu'elle pourra raconter le lendemain, les choix qu'elle devra faire pour améliorer sa vie. Peut-être devrait-elle prier Deus un peu plus souvent pour qu'il lui accorde ses faveurs ? C'est vrai que depuis le départ d'Isanagi, elle n'y est plus retournée. Fille du renégat, elle craint la réaction du Créateur quand elle entrera dans son temple. Il n'y a pas que cette raison en définitive... C'est peut-être le moment de se remémorer ce qui s'est passé ce jour-là.




Des corbillards qui roulent, du raffut dans tous les sens... même dans ce monde, les anciens habitants qui peuplaient la Terre n'ont pas perdu leurs vieilles habitudes. C'est désorganisé, précaire et inadapté au possible. Pourquoi ne pas utiliser des appareils divins pour simplifier la tâche ? Soulever les corps et les transporter grâce aux dons qu'ils ont reçus du Très-Haut ? Tout cela est tout bonnement ridicule et confirme la mésinformation et l'incompétence des gens d'ici.

- « Nous, les Dieux »... vous plaisantez ?

Maya Tensho, qui n'a plus de Tensho que 6 lettres successives formant un mot, reste aux côtés de son défunt petit ami. Personne ne l'a encore pris en charge, alors qu'elle-même a déjà recouvré la vue grâce à la réactivité d'un médecin traditionnel. Bien que certains ne veulent pas l'admettre, c'est une panique incontrôlable qui se déroule ici, sous les yeux des rescapés. Personne ne sait quoi faire... et ceux qui savent font n'importe quoi. Certains s'attellent à réparer les dégâts matériels, d'autres regardent autour d'eux en attendant... d'autres encore, s'éclipsent sans rien dire... et les médecins sont débordés. Scène de guerre, flottement après un attentat... et on comprend qu'en fin de compte, les Dieux ne sont que des êtres humains. La renaissance n'a pas eu les mêmes implications que la naissance première. Pour être un véritable Dieu, il faudrait naître Dieu... Malheureusement, à tort, certains croient pouvoir le devenir. S'ils persistent, ils atteindront peut-être la puissance, mais jamais le mental. Enfin... il y aura toujours quelques vantards ou éclairés qui penseront avoir la bénédiction de Deus. Tout cela mit bout-à-bout engendrera un monde absurde, le pouvoir au plus puissant, tel qu'imaginé dans les mythologies anciennes créées par les humains, notamment le peuple grec. Les humains nommeront alors leurs propres chefs divins et ne pourront plus s'absoudre d'eux... à croire qu'ils ne voudront jamais être libres et biens dans leur peau.

Assise le long d'un corps sans vie, la jeune femme caresse les cheveux d'Atios Kurokami. Il s'est sacrifié au nom de ses sentiments. Il a cessé de vivre pour son idéologie. Le fait de pouvoir ressusciter un jour l'a-t-il aidé dans sa mésaventure ? Possible... c'est plus simple quand on sait qu'on aura d'autres chances ensuite. La vie des dieux est un éternel recommencement, une chance pour ceux qui n'y accordent pas assez d'attention... en tout cas, c'est une raison suffisante pour ne pas être triste.
Un tout petit peu quand même. Après un tel discours, de telles promesses d'amour et de telles révélations... il y a de quoi en avoir gros sur le cœur !

Mort, il a désormais l'air paisible, un sourire imprimé sur les lèvres. Pourtant, en tant qu'ex-roi, il ne serait pas fier s'il voyait ce qui se passe autour de lui. Maya préfère le garder tel quel, ne rien toucher d'autre qu'une de ses mains, attendant la venue d'un brancard qui l'amènera à l'infirmerie pour la cérémonie de résurrection. Après tout, la situation est inédite : bien qu'il soit mort, dans les mœurs divines, il ne fait que dormir. Il se réveillera. Ce n'est pas triste, c'est simplement... très spécial à vivre. Maya peut lui dire tout ce qui lui passe par la tête, elle sait qu'il ne peut pas entendre et que son cerveau n'enregistre plus aucune information... il n'en reste pas moins qu'elle lui parle et qu'elle se confie à lui. Sorte de prière en direction de son âme, flottant dans les environs à n'en pas douter.


- Si tu n'étais pas intervenu, je ne sais pas où je serais à l'heure qu'il est. Je crois que j'aurais suivi... papa. Toi aussi tu as essayé d'intégrer son camp pour lui faire reprendre raison, j'aurais fait la même chose. « Pour un monde plus tranquille où nous aurions pu vivre en paix. » Je ne sais pas ce qui va se passer maintenant, mais une chose est sûre...

Elle agrippe doucement l'une de ses mains et se caresse le visage avec.

- ... je ne suis restée que pour toi. Je suis toute à toi, pour le restant de mes jours. Nous resterons ensemble à jamais... et jamais je ne t'abandonnerais, je t'en fais la promesse, moi aussi.
- Merci Maya.

Maya sursaute. C'était sa voix ! Elle regarde son visage avec énormément d'émotion... mais non, il n'a pas bougé d'un pouce. Que se passe-t-il ? Un lien invisible et indestructible entre deux dieux... ? Un lien par-delà la mort ? Bruits autour d'elle. Elle tourne la tête à gauche, à droite... c'est finalement au-dessus qu'elle le voit.
L'incarnation même d'une âme désincarnée : une copie translucide du corps d'Atios qui flotte au-dessus de sa véritable enveloppe... et qui la regarde, un sourire aux lèvres. Par quel miracle... ? La jeune adulte repose délicatement la main du corps solide, s'agenouille et lève un bras en direction de l'apparition, espérant qu'ils puissent à nouveau fusionner leurs mains et ne former plus qu'un. Mais elle le traverse... il n'est pas matériel. Ce n'est hélas pas la fusion que Maya espérait...


- Ne t'inquiète pas Maya, je reviens très vite.
- Atios...
- En attendant, vis ta vie et devient forte. Ne te laisse pas marcher sur les doigts par ceux qui te voudront du mal.
- Je resterais auprès de toi à t'attendre.
- Ne m'attend pas. Prend les choses en main. Ne perd pas ton temps à cause de mes erreurs : continue de vivre et retrouve ton si joli sourire. Quoi que ça nous coûte, tu peux le faire, j'en suis certain !

La jeune femme acquiesce... justement un sourire aux lèvres et quelques larmes aux yeux.
Bruit d'un claquement de doigt et la vision disparaît instantanément, comme happée par des flammes invisibles. Maya tourne la tête... et voit une paire de jambes à 30 centimètres d'elle à peine. Elle doit lever la tête pour voir son visage. C'est un adulte de sexe masculin bien plus âgé qu'elle, sans doute professeur ou repenti. Première fois qu'elle le voit. Un air sérieux et une cigarette au bec, il n'est pas sans rappeler un certain directeur. Il possède un de ces visages qu'on ne peut décemment pas oublier...

Qui est-il ? Que fait-il près de Maya et Atios ? Ce n'est pas un médecin... et le fait qu'il soit si proche au moment où la vision d'Atios disparaît ne laisse rien présager de bon. Est-il l'auteur de la vision ? Cette discussion privilégiée avec une âme perdue n'était-elle finalement qu'une blague de mauvais goût ? Ce qui est sûr, c'est que le type observe l'emplacement même où l'image d'Atios flottait il y a encore quelques secondes. Il a vu. Ça n'avait donc rien d'une illusion ou d'une connexion entre deux esprits amoureux par delà toute dimension.


- Est-ce... est-ce que c'était réel... ? commence Maya en reportant son regard sur son amour défunt.
- Je ne saurais pas l'affirmer. C'est un pouvoir divin de matérialisation des morts, mais je ne sais pas si la vision et le contenu sont réels ou s'ils découlent des souvenirs environnants à son égard. Ça t'a plu, jeune Maya ?
- C'était infect, odieux, ignoble et parfaitement déplacé.
- Ah... effectivement, c'est bien possible. Enfin, qu'est-ce que tu veux attendre d'autre d'un pouvoir divin ?
- ... qu'il... hésite la jeune femme, prise au dépourvu … qu'il serve le bien commun et fasse le bien autour de nous...
- Ça n'existe pas. D'ailleurs Maya, tu es le parfait exemple de la famille qui n'a pas la même notion de « bien ». Le bien, c'est toi, moi et ton père. Le mal, ce sont les gens différents de nous qui nous marchent sur les pieds.

C'est un futur déchu... un partant qui a cru à la bonne parole d'Isanagi et qui va le suivre et le servir. Un apôtre de la vile parole. À sa façon de parler et aux mots qu'il emploie, c'est évident. Il va donc sacrifier 7 milliards de vies humaines pour... une vengeance. Il n'y a pas énormément d'explications qui pourraient ensuivre au massacre d'une espèce entière.

- Il ne faut pas se méprendre : les dieux sont des dieux, tous soudés et de la même espèce. Ce n'est pas parce qu'on choisit une voie différente que nous devenons des ennemis. fait-il en devinant les pensées de son interlocutrice. Seule la sous-espèce est ma cible.
- Sous-espèce... ? On croirait entendre un discours de colonialiste... de raciste... de terroriste dictateur ou je ne sais quoi... Vous êtes un monstre !
- C'est bien, on t'a parfaitement implanté des idées dans la tête. Il s'accroupit et pose une main sur les cheveux de Maya, cette dernière paraissant soudainement moins sereine. Maya, tu n'es pas une petite fille qui doit bien se faire voir pour entrer dans une société de gentils moutons, tu es grande maintenant.
- Cessez de me parler de cette façon, vous n'êtes pas mon père !
- Va savoir. répond l'homme du tac au tac.
- ... Pardon ?
- En définitive, tu as toujours le temps de grandir et de mûrir. Il lui ébouriffe les cheveux avant de se remettre debout et de la surplomber de toute sa hauteur. Isanagi ne t'a pas fermé la porte, au contraire. Attentionné comme il est, il te laisse le temps de comprendre seule... et de le rejoindre quand tu seras prête. Je serais votre intermédiaire à tous les deux. Dès que tu souhaiteras le rencontrer, tu viendras me trouver au temple.
- ... parce que vous restez ici ?
- Exact.
- Mais... vous ne pouvez pas ! Si on découvre que vous êtes... vous allez...
- C'est vrai. Mais tu es la seule au courant et je suis l'unique moyen de contact. À bon entendeur.



« Si on découvre »... Comme cet homme, Maya ne voit pas ceux qui sont partis comme des ennemis. De toute façon, son père est l'un d'entre eux... jamais elle ne le considérera comme un être vil. Tous ces gens se sont perdus en chemin, le pouvoir leur est monté à la tête... si bien qu'ils se croient tout permis aujourd'hui. Mais Maya fait partie des gens qui protégeront les humains coûte que coûte et qui essayeront de convaincre les déchus qu'ils font fausse route. Protéger les humains sans attaquer les déchus ? Comment fait-on les deux à la fois ?
La jeune femme tourne la tête pour regarder son réveil, puis soupire. Elle ne se considère pas comme une académicienne, n'essayant plus de participer à de quelconques événements et préférant ne plus se faire remarquer, au moins par ses détracteurs. Elle n'est pas non plus renégate... Ce serait donc plutôt quelque chose entre les deux. Elle se détache du lot. Ce n'est pas parce qu'elle sait qu'un renégat vit à l'académie qu'elle le dénoncera. Qu'a fait cet homme de condamnable ? Rien pour le moment... il laisse simplement libre cours à ses émotions, exactement comme Isanagi. Il doit être possible de converser avec ce genre d'individu et de le convaincre de stopper les massacres d'humains... ou même de ne pas les entreprendre.

Le plus étrange, c'est que durant leur conversation, il a tenté de convaincre Maya par des arguments justes et solides. Ce serait elle qui ferait fausse route ? Ou alors il est juste... plus talentueux dans le domaine de la manipulation ? Plus vif d'esprit ?



- Les enfants ne peuvent convaincre les adultes, très chère demoiselle. fait l'homme avec un temps d'avance.
- Je ne suis pas une enfant...
- « Trop jeune pour faire le choix le plus judicieux. », telle doit être la pensée d'Isanagi. J'imagine qu'il te laisse faire tes bêtises d'adolescente pour que tu puisses comprendre par toi-même ensuite.
- Je suis une adulte, je sais parfaitement faire les bons choix !
- Aux yeux de qui es-tu adulte ? Aux yeux de la loi ?
- ... Ou... Oui... ! tout à coup moins convaincue par son propre raisonnement.
- L'âge de la majorité humaine, calquée sur le nombre d'années vécues et l'espérance de vie moyenne des Hommes. Crois-tu vraiment que cela importe encore ici ? Cet homme, Atios : lui est adulte. Lui a vécu assez de choses pour estimer et faire les « bons » choix. Toi, pas.

C'est toujours la même chose avec les adultes... ils tentent d'asseoir leur autorité sur le nombre d'années vécues. C'est inhérent au fait d'être parent : ils ne peuvent pas avoir tort quand ils parlent avec leurs enfants. Mais c'est faux... c'est archifaux. Ce sont les souvenirs et l'expérience accumulés qui les empêche justement d'avancer dans des situations où ils n'ont pas de point de repère. Ils croient savoir... alors que le monde évolue autour d'eux et qu'ils ne s'en rendent même pas compte. Ils vivent dans d'autres époques et ne prennent pas les bons choix, forçant les jeunes à reproduire des schémas vieillissants et obsolètes. Tuer les humains comme on part à la guerre ? Comme la violence et ce genre de débordement, c'est parfaitement ridicule... Qui sont-ils pour mieux apprécier la valeur d'une vie qu'un jeune ?

- Atios est un adulte et il souhaite protéger les humains, lui ! Il connaît la valeur d'une vie !
- Faux. Son jugement est simplement entaché par sa vie d'humain. Il se croit encore roi, protecteur de son royaume et de son peuple.
- ... alors... vous avez tort... Adulte ou non ça ne change rien...
- Hum...disons qu'Atios n'est pas simplement adulte. C'est un être irrécupérable, à jamais bloqué dans son époque et dans son esprit, sans jamais pouvoir regarder la vie d'une nouvelle manière. C'est un « vieux ». Pour lui, il n'est pas devenu un apprenti dieu, il continue simplement sa vie humaine là où elle s'était arrêtée. D'ailleurs, il doit voir Isanagi comme un roi ennemi qui ne cherche qu'à s'emparer de son territoire. Son domaine, c'est ici, la Deus Academia. Et il l'étend petit à petit à la Terre entière. Bientôt, il tentera d'en devenir le maître, c'est sa nature. Lui est le véritable dictateur que tu ne veux pas voir apparaître. Un conseil : soit sa reine ou fuis.

Dans un bond, Maya se relève et se colle contre l'homme de manière provocatrice. Il la provoque en insultant son amour. Jamais elle ne lui laissera dire du mal d'un mort, encore moins d'Atios Kurokami et ce qu'il a déjà fait pour tant de gens. Irrécupérable ? Vieux chnoque sénile ?

- Je vous interdis ! fait Maya en haussant le ton.
- Ne cherche-t-il pas à grimper les échelons ? N'est-il pas devenu Mister Deus, puis vice président du conseil des élèves ? Bientôt, il sera président, détrônant son supérieur par la force. Sans doute préfère-t-il taire ses objectifs en faisant croire qu'il n'y est pour rien et qu'on l'inscrit sans son approbation.

Difficile de nier... mais ce n'est que pure supposition. Il tente d'obscurcir le personnage et tous les souvenirs que Maya a de lui. Ceci dit, autant parler à un mur.

- Il nous veut du bien.
- « Bien » ? Encore ? Tous les dictateurs veulent faire le « bien » à leur façon. En privant leur peuple de liberté ou d'éducation par exemple. Au moins, ils sont sûrs que les gens ne tomberont pas dans la violence, simplement dans la peur. Une manière de régler les conflits de manière pacifique.
- Atios n'est pas comme ça, il est gentil...
- Isanagi n'est pas comme ça, il est gentil...
- C'est idiot ! fait Maya en perdant patience.
- Relativement proche de la réalité.
- Atios veut sauver des gens alors que papa veut en tuer !
- Les humains veulent tuer les animaux, je ne vois pas la différence. Tuer pour prendre leur place, pour pouvoir se développer et pour être plus libre dans nos actes. Tu pourrais considérer ça comme un sacrifice, mal nécessaire pour t'épanouir par la suite. En vérité, les humains sont la seule source de conflit : sans eux, nous sommes « libres ».



Toujours allongée sur son lit, dans le noir mais les yeux ouverts, l'apprentie déesse hoche la tête. Elle hait ce raisonnement et elle ne l'adoptera pas. En vérité, c'est à peine si elle l'a écouté. « Sans les humains, plus de guerre » ? C'est un discours absurde. « Sans les humains, d'autres problèmes prendront le relais », voilà tout. Mais ces hommes, ces adultes, ces vieux politiciens croient tout savoir... ils croient pouvoir rendre le monde plus beau en agissant de manière stupide.
Les forts ont un devoir de protection envers les faibles.

Hum... Vraiment... ?
N'est-ce pas une idée avant-gardiste qu'un humain blanc imposait à un humain noir ? Se sentant supérieur, il revendiquait la nécessité de le protéger et de l'éduquer, même si ce dernier le lui refusait... normal puisqu'il n'était pas considéré comme assez intelligent pour comprendre que ce serait bénéfique pour lui. A-t-on déjà demandé aux humains s'ils voulaient de la protection des Dieux ? Est-ce réellement un devoir de protection ou une entraide qui doit bénéficier aux deux partis ? Qui est Deus ? Comment est-il parvenu à la conclusion qu'il fallait protéger les Hommes ? Maya se souvient de la petite humaine, Fuko Lemarchand, française qui implorait les dieux de l'aider dans la recherche de ses parents. Après l'abandon des forces de l'ordre terrestre, il ne lui restait plus que l'intervention divine. Mais dans cette bataille, les humains veulent-ils de l'aide des gentils dieux? Ils doivent avoir peur... peur d'une partie du peuple des dieux, peur d'avoir affaire à un dieu maléfique se faisant passer pour bon... peur de tous les dieux au final. Ils ne veulent sûrement pas compter sur des étrangers pour leur apporter secours, ils ont confiance en leurs propres armes. Le meilleur moyen d'agir ne serait-il pas de les laisser en paix ? Et que feront-ils une fois que les dieux mauvais auront disparus ? Ne deviendront-ils pas jaloux des créatures qui les gouvernent par la force ?
Les dieux seront détestés... En réalité, c'est sûrement ça la religion : le respect tant qu'on n'a pas vu, la destruction une fois qu'on peut mettre un visage et un corps sur un nom... Après tout, si le dieu est matériel, il doit pouvoir être détruit... et si les mauvais dieux peuvent être éradiqués, les bons le peuvent aussi.

Tout cela est peut-être trop compliqué pour une personne... surtout quand celle-ci n'a pas tous les éléments à sa disposition. Quelqu'un pourrait la renseigner sur les zones d'ombres... il y a même de nombreuses personnes qui le peuvent. C'est d'ailleurs fou : tous ceux qu'elle connaît et qui l'apprécient encore sont dans l'autre camp. Pourquoi ça... ? Conspuée par ses alliés et applaudie par ses ennemis... c'est dans ces moments qu'on ne comprend plus le monde qui nous entoure.

Trahir ses idéaux pour rejoindre les ennemis et l'entourage d'une vraie famille ?
Tuer les ennemis pour regagner la confiance des hypothétiques défenseurs de ses idéaux ?
Maya ne veut plus dormir. Elle se découvre, s'assoit sur son lit, attrape ses chaussettes et commence à s'habiller. Il lui faut un espoir, maintenant. Qu'il soit minuit ou non, couvre-feu ou pas, elle ira au temple ce soir et maintenant. Elle doit y retrouver quelqu'un qui la mènera... vers autre chose.


« Continue de vivre et retrouve ton si joli sourire. Tu peux le faire, j'en suis certain. »
Ainsi s'est exprimé... le hasard ou la traîtrise.
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Re: Heureuse soit celle qui sait se questionner - Mar 4 Juin 2013 - 0:02
Les portes du temple se referment juste derrière Maya, dans un raisonnement digne d'une cathédrale. Chacun de ses pas entraînant un boucan monumental, la jeune femme consent rapidement à marcher sur la pointe des pieds. Et puis finalement, elle retire ses chaussures et les garde en main pour plus de discrétion et de praticité.
Elle regarde autour d'elle en avançant, constatant que rien n'a changé depuis la dernière fois. À cette heure avancée, seules quelques bougies éclairent encore l'avant du temple, partie cérémoniale où trônent les statues. Personne là-bas. Maya reste cependant dans l'ombre, ne souhaitant pas particulièrement se faire remarquer. Par qui s'il n'y a personne ? Hum... par Deus lui-même, peut-être ? Est-il un dieu normal comme la plupart des gens d'ici ou est-il omniprésent, dans le cœur et l'esprit de chaque apprenti ? Dans tous les cas, Maya ne ressent rien de bizarre ou changé chez elle : pas de pincement au cœur, pas de sensation de froid ou de frisson... c'est plutôt bon signe. Après un dernier coup d'œil et la confirmation qu'elle est seule, l'apprentie s'avance donc vers les statues à l'autre bout du temple. Elle s'assoit sur le sol, non pas pour prier mais pour patienter. Elle n'est donc pas à genoux, mais en position détente...

10 minutes passent.
Qu'attend-elle déjà ? La venue d'un renégat qui a dit être resté à l'académie ? Dans le temple de Deus, seule, à 1h du matin, attendant une personne du camp ennemi dont elle ne connaît même pas le nom... n'est-ce pas légèrement dangereux ? Stupide ? Irresponsable ? Que penseraient ses parents s'ils la voyaient ainsi ? Ses véritables parents... pas Isanagi. Lui n'a transmis absolument aucune éducation à sa fille. Les seules choses qu'il ait faites, c'est ne pas la reconnaître en tant qu'enfant à son arrivée et se laisser subjuguer par ses émotions pour rejoindre le côté obscur, tout ça sous les yeux ébahis et impuissants de sa descendance. Reste-t-il du bon en lui ? Ah ah... certainement pas. En tout cas, les tuteurs humains de Maya seraient inquiets de la tournure des événements. Mais Maya elle-même ne comprend plus le monde qui l'entoure. Trop de variables, trop compliqué à comprendre. Ce serait génial de pouvoir poser les questions, avoir les réponses et enfin retrouver la paix intérieure. Ce qui serait génial surtout, ce serait de pouvoir avoir une confiance totale en la personne qui donnerait les réponses... Mais est-ce possible encore aujourd'hui ?



Un brancard s'est libéré, mais toujours pas de médecin spécialisé en résurrection. C'est donc avec l'aide de l'inconnu que Maya soulève délicatement le corps de son amant et le place sur la plate-forme roulante. La jeune femme pose correctement les bras du défunt le long de son corps, puis lui caresse la joue. Il refroidit si rapidement... ou bien est-ce le temps qui passe trop vite ?

- Ne t'inquiète pas Atios, ils vont bien prendre soin de toi.

Elle agrippe les poignées de la civière et commence à l'entraîner dans le mouvement de marche vers l'infirmerie. Dans un premier temps, le futur déchu va simplement marcher à côté d'elle en silence. À quoi pense-t-il ? Encore une situation peu commune à vivre : l'ennemi est mort et il est impossible de le tuer pour l'empêcher de ressusciter. Atios n'est pas un blessé qu'on pourrait aider à partir en lui plantant un couteau en plein cœur... non, il est déjà loin. La seule façon de faire, ce serait de voler le corps et l'enterrer très profondément pour ne plus jamais pouvoir le retrouver.
L'inconnu place finalement ses mains sur la civière et commence à pousser avec Maya.


- Si Atios est l'un de vos pires ennemis, pourquoi vous n'en profitez pas pour vous débarrasser ?
- Comme je l'ai dit tout à l'heure, je ne vous considère pas comme des ennemis.
- Mais Atios... c'est le plus redoutable de vos... traqueurs, non... ? Vous n'avez pas peur qu'il... contrecarre vos plans... ?
- Pas le moins du monde.

Il est sincère, ça se voit à son expression et au ton qu'il emploie, totalement désinvolte. Ce doit être un nouveau défaut des gens plus âgés : ils ont trop confiance en eux et en leurs capacités. Ils vont se faire bouffer sans même comprendre ce qui leur arrive.

- ... qui êtes-vous... ?
- Un renégat.
- Non mais... qui êtes-vous vraiment... ? répète la jeune femme, espérant une vrai réponse cette fois.
- Un renégat, proche de ton père.
- Est-ce que vous le suivez ou est-ce que vous auriez fait la... « Révolution » sans lui ?
- Bonne question. Mais la réponse est encore autre : nous faisons la révolution ensemble.



La jeune femme n'a pas tilté immédiatement... Au fond, qu'est-ce que ça voulait dire ? Le coup était-il prévu depuis longtemps ? Ça avait pourtant l'air d'être une décision presque subite. C'est assez dur à encaisser, puisque cela signifie qu'Isanagi n'a pas parlé de ses plans à Maya alors qu'il savait ce qui allait se passer. Pas parlé avec Maya, mais avec d'autres... ?
Mais quel type de père est Isanagi ? Comment peut-il lui faire une chose pareille ? A-t-il pensé qu'elle le rejoindrait en même temps que tous les autres académiciens juste après la cérémonie ? A-t-il cru qu'elle entrerait docilement dans son camp sans réfléchir ? Mais qui est-il bon sang, que croit-il ? C'est complètement absurde... elle n'est qu'une étrangère de plus pour lui, une étrangère qu'il croit pouvoir amadouer par un titre familial... Mais un titre pareil, ce n'est pas inné, ça doit être travaillé. Maya aurait même été prête à lui apprendre et à être patiente avec lui, simplement pour qu'il devienne un père moyen. Bon sang... pourquoi est-ce que ça s'est passé comme ça... ? Impatience ? Manque de motivation ? Erreur malheureuse ?
Pourtant... au moment du drame... il a appelé « sa fille » à venir près de lui. Il ne l'avait pas encore renié. Fille et étrangère à la fois ? Comment peut-elle comprendre ce qu'il attend d'elle ?

Maya est désormais allongée sur le sol du temple. Allongée sur le côté, tournant le dos aux statues célestes et dessinant sur le sol à l'aide de son pinceau divin. Peinture symbolique : elle tendant les bras vers Isanagi et lui, tournant le dos à la fille. Entre les deux personnages, une vitre sans tain. Elle, posant ses mains sur la vitre et ne voyant pas ce qui se passe de l'autre côté et lui, n'essayant même pas de la regarder. Elle dans la prison et lui, à la liberté absolue.
Ce n'est pas possible autrement... Maya doit faire un complexe vis-à-vis de lui. Il est toujours question d'Isanagi par-ci, de père par là... elle n'a que ça en tête. Depuis le début. Et quand ce n'est pas Isanagi Tensho, c'est Atios Kurokami. Un remplaçant ? Qui remplace qui dans son cœur ? Complexe amoureux ? Pourquoi est-ce qu'elle ne pense qu'à ça ? Est-ce que ça finira enfin un jour ?


- Dégagez de ma mémoire... je n'en peux plus...


- Vous qui connaissez mieux mon père que moi... est-ce que même seul, il serait entré en croisade contre les humains... ?

Tous les trois sont dans l'infirmerie. Atios a été allongé dans un lit et ressuscité. Enfin... son cœur bat de nouveau, voilà la définition première de cet état dans lequel il se trouve à présent. D'après la femme qui a procédé à la réanimation, l'ex-roi peut rester ainsi pendant plusieurs mois avant de se réveiller... voir plusieurs années. Tout est une question de volonté. Plus les blessures sont profondes, plus le temps de guérison est long... sauf si l'esprit est très soudé à quelque chose ou quelqu'un dans ce monde-ci : il cherchera alors à le rejoindre de toutes ses forces, réduisant considérablement la durée de rétablissement.
Maya est assise sur une chaise à ses côtés, et l'inconnu renégat est debout, regardant le ciel à travers la fenêtre de la chambre de réveil. Voilà plusieurs minutes qu'ils étaient muets. La jeune femme avait imaginé qu'Atios se réveillerait instantanément, alors, elle attendait patiemment qu'il ouvre les yeux... Mais ils peuvent tous les deux déduire que les blessures du vice président du conseil sont trop profondes pour qu'il puisse en réchapper si rapidement.


- Seul... oui, mais peut-être pas si ouvertement. fait l'homme après réflexion.
- Qu'est-ce que vous voulez dire ?
- Qu'il aurait fini par bâcler son travail de directeur pour descendre discrètement sur Terre et développer des épidémies dévastatrices sur les êtres humains.
- Il... pourrait faire une chose pareille ? s'étonne Maya.
- Ne jamais sous-estimer Isanagi Tensho. Ne jamais sous-estimer la famille Tensho. Toi aussi, ton pouvoir est très puissant. Vous formeriez une très belle paire.
- ...
- Par contre, avec cet homme qui gît ici, tu n'as pas une très grande compatibilité, objectivement parlant.
- Vous n'êtes pas à même d'être très objectif...
- Je le suis.

Encore une fois, on remet ses choix en doute. Comme il l'a fait tout à l'heure, cet homme lui dit qu'Atios n'est pas fait pour elle. Pourquoi s'autorise-t-il une telle remarque alors qu'il ne connaît pas Maya ? Va-t-elle lui reprocher son orientation sexuelle alors qu'elle n'en a aucune idée ? Non... c'est sa vie, chacun fait ce qu'il veut. Alors, pourquoi lui ne pense-t-il pas de la même façon ?
Maya commence à se sentir bizarre. Elle sait qu'elle doit faire quelque chose. Des idées lui traversent l'esprit et elle en comprend rapidement la signification. Pour convaincre ce renégat qu'il est dans l'erreur et qu'il ferait mieux de se mêler de ce qui le regarde...


- … je vais lui mettre la bague au doigt.
- Maya ? Tu vas bien ? Ça ne te ressemble pas de prendre une telle décision si rapidement.
- Je vais parfaitement bien.
- Tu es sûre d'avoir bien réfléchi ? Tu refermes la porte au nez de ton père par amour pour un autre ? Je te rappelle qu'on ne possède qu'un seul père de toute sa vie.
- J'en ai deux.
- Non Maya, un seul. Isanagi Tensho, ton père divin, futur maître des dieux.
- Ça n'arrivera jamais. Atios le réduira en miette s'il ne revient pas à la maison. Et c'est vous-même qui m'avez dit de devenir sa reine...
- ... ou de fuir.
- Soit, mon choix est fait.

La jeune apprentie prend la mesure de l'annulaire gauche d'Atios et commence à dessiner un cercle d'or dans l'air. À même l'air, oui... c'est la première fois qu'elle fait ça. C'est instinctif, comme si son pouvoir venait d'évoluer après les derniers événements. Ce cercle, elle l'épaissit, elle l'embellit de divers petits motifs... elle y inscrit « amour » dans toutes les langues qu'elle connaît. Cet anneau sera l'anneau unique, dessiné dans la mort et préparant la renaissance. Un anneau pour lier... tous les deux, à jamais.

- Tu n'as qu'un père Maya... tu ne peux pas l'abandonner. reprend l'homme.
- Et lui alors ! Il n'a qu'une fille et ça ne l'empêche pas ! répond Maya en se tournant vers le renégat, furieuse.
- Désolé, mais ça ne marche pas de l'autre sens. Il pourrait avoir d'autres filles s'il le souhaitait. De vraies filles qui seraient dignes de lui. Des filles qui l'aimeraient et que lui pourrait aimer en retour. Il peut « rater » un enfant sans problème...
- C'est... c'est horrible ce que vous dites...
- Si on ne prend que la symbolique, alors Isanagi serait très heureux de te passer la bague au doigt Maya. Il t'aime énormément mais ne sait pas te le montrer. Il est maladroit. Demande à Kym Mäss, sa femme... tu comprendras alors à quel point il tient à toi.
- ... Kym... Mäss... ?
- Souviens-toi : au temple dès que tu souhaiteras le retrouver.

Il retourne près d'elle, pose une main sur sa tête et lui ébouriffe à nouveau les cheveux. Qui qu'il soit réellement, il ne sait pas y faire avec elle... mais alors pas du tout. Elle est soulagée en le voyant enfin sortir de la chambre. Enfin un peu de tranquillité avec son amant perdu, loin du raffut de l'extérieur et loin des regards...
Maya peaufine son anneau, puis elle le matérialise pour le faire devenir réalité. Elle prend doucement la main gauche d'Atios et elle lui enfile la bague au doigt. « Unis à jamais, unis pour la vie. Jusqu'à ce que la jalousie des autres les sépare. » Elle repose sa main et va l'embrasser amoureusement sur les lèvres.




Dans le dessin, ce n'est pas Maya que regarde Isanagi, c'est Kym Mäss... Kym qu'elle dessine donc en gros boudin aux cheveux gras, affreusement laide à en faire vomir un zombi. Au-dessus du dessin, Maya écrit le mot « Jalouse » en coréen. Oui, elle sait qu'elle est jalouse et elle sait que c'est idiot. Isanagi a le droit de choisir sa femme, tout comme Maya avait droit de choisir Atios. Qu'en est-il à présent ?

- Maya Tensho ! Qu'oses-tu dessiner sur le sol de ce temple sacré ?

La nommée sursaute. C'était une voix forte qui résonne dans le temple, provocant un vacarme assourdissant. L'apprentie se retourne, se redresse... puis le voit. Il est exactement identique aux statues, dans un corps translucide flottant dans l'air... C'est... c'est...

DEUS !

Le cœur de la jeune femme s'emballe. Sans perdre un instant, elle s'agenouille et baisse la tête au plus bas qu'elle le peut. Elle l'a provoqué, elle savait qu'elle allait être punie pour ses mensonges et le déshonneur qu'elle transmet au dieu des dieux. Elle se met à trembler comme jamais. Rapidement, sa gorge s'assèche et son cerveau se met à lui jouer des tours. Elle est mal, extrêmement mal devant cette apparition incroyable. Elle a des vertiges. Elle ne va pas tenir, l'émotion est trop forte. Son cœur va lâcher... Et c'est à ce moment qu'elle sent des mains se poser sur ses épaules.


- Petite Maya, ça t'a plu ?

... ce n'est pas Deus...
... c'est encore lui qui lui joue des tours, totalement inhumains. Lui, ce renégat... Comment... comment peut-il croire qu'elle puisse être amusée d'une telle monstruosité... ? Elle a failli mourir de peur alors que ce n'était qu'un faux ? Un humain classique aurait cédé à la panique et serait mort... Quel pouvoir... horrifique... diabolique... il n'y a pas de mot assez fort pour le décrire.


- Vous... vous êtes complètement fou ! fait Maya en versant des larmes de terreur.
- Calme-toi, c'est terminé. Je voulais simplement te montrer l'emprise que tes supérieurs ont sur toi. Un nom, des statues... et tu obéis parce que tu es horrifiée de ce qui pourrait t'arriver s'il existait réellement.

C'est bigrement efficace comme solution. Mais pas sympathique pour un sous. C'est la pire chose qu'on lui ait faite de toute sa vie... et elle en a pourtant vécu des choses. Cet homme est le diable incarné. Maya détestait Johken quand elle l'avait côtoyé pendant la cérémonie... mais alors cet homme... Il est infiniment fois pire. Il ne se rend même pas compte de la dureté de ses actes, comme s'il ne ressentait absolument rien vis-à-vis de Maya. Et c'est pourtant à elle qui parle, avec elle qu'il échange et qu'il a échangé... tout ça sur ordre de Isanagi. Pourquoi le père a-t-il voulu que sa fille côtoie un tel phénomène d'inhumanité... ? Souhaite-t-il lui apprendre la vie à travers un regard dur et impitoyable ? C'est gagné... jamais Maya n'a été aussi sauvagement psychologiquement assassinée.

- Je... je veux rencontrer mon père une dernière fois.
- Je suis là pour ça.
- Soit je le ramènerais, soit... je le tuerais...
- ... hum. Belle preuve d'audace. À moins que ce ne soient que des paroles dans le vent ?
- Je... je le ferais...
- Accordé. Il sera content de te revoir.

Il lui tapote dans le dos pour la calmer. C'est dingue comme il peut être extrêmement cruel puis effroyablement aimable quelques secondes plus tard... Comment fait-il pour changer si facilement d'attitude ? Maya n'avait jamais rencontré quelqu'un comme lui... et pour tout dire, elle préférerait le voir le moins possible à l'avenir...

- Enfin, c'est relatif. Personne ne te certifie qu'il te montrera un quelconque sourire ou une once d'affection. À l'inverse, il peut te manipuler en faisant semblant. Il faudra bien faire attention, petite Maya.
- Je... je sais... répond Maya en murmurant.
- Parfait. Il t'attend la nuit prochaine, soit dans... 22h maintenant. Gare de Tokyo, là où bon nombre de gens prennent un nouveau départ. Soit-y avant minuit.
- V... vous y serez ?
- Je reste ici. À l'avenir, si tu as besoin de me voir, tu sais où me trouver. Bonne nuit petite.

Il disparaît.
Maya, devant les statues de Deus, s'allonge et se met à prier. Elle veut se faire pardonner, elle espère qu'il lui pardonnera. Toute la nuit, elle ne pensera qu'à cette affreuse vision de Deus flottant dans l'air. Son sommeil sera entaché de nombreux cauchemars... son esprit sera définitivement marqué par cette épreuve abominable. Le lendemain, elle fera ses adieux à ses proches et tentera de faire ce qu'elle a décidé de faire : une bonne fois pour toutes, choisir son avenir et ce qui sera bon pour elle. Ne plus jamais regretter et vivre enfin dans le calme, la douceur et la paix.


- Est-ce vraiment trop demander ?
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Re: Heureuse soit celle qui sait se questionner - Mar 4 Juin 2013 - 9:26
J'ai bien aimé la lecture de ce solo, les dialogues sont prenants et la scène d'apparition de "Deus" ainsi que la panique engendrée était bien drôle. L'inconnu est intriguant en tout cas et j'attends d'en savoir plus sur lui dans tes futurs solos. Par contre il y a quelques fautes de conjugaison par ci par là, mais dans un pavé de 7000 mots, ce sont des choses qui arrivent j'imagine. La partie notable est l'un des discours du fantôme d'Atios dans laquelle tu oublies de mettre des s à tes impératifs. Sinon pour le reste, nickelchrome comme toujours !


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