Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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 Un verre pour continuer de croire, mais à quoi?

 
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Un verre pour continuer de croire, mais à quoi? - Dim 12 Mai 2013 - 11:06
Le jour n'est même pas encore levé pourtant la jeune indienne est déjà prête. Habillée, coiffée douchée, le lit fait et sa 'tanière' personnelle impeccablement ranger. A présent qu'elle commence à ne plus rien avoir à faire, le malaise revient. Sournois, insidieux, oppressant. Il ne la lâchera pas, elle le sait. Elle ne souhaite pourtant qu'une chose, s'en débarrasser. Et elle en aurait les moyens si elle se les donnait. Mais tout est encore trop récent, trop frais, trop présent. Dans son corps comme dans son esprit. Malgré la douce chaleur berçant sa chambre, elle ne peut s'empêcher de frissonner. Elle a froid. Ou plutôt, son corps lui rappelle ce froid profond et insondable qui l'a enveloppé il y a peu. Celui qui a manqué de l'engloutir en l'enfermant à tout jamais dans un carcan de glace. Les images de l'avalanche reviennent avec une force inouïe, frappant si violemment sa mémoire qu'elle serre les mains à s'en faire blanchir les jointures. Elle secoue la tête et se rend dans la salle d'eau. Là, elle reste un moment en arrêt devant le miroir. Est-ce bien elle, cette fille au regard froid, à l'expression vide et à l'attitude si désinvolte et pourtant ancrée avec force dans ce monde? La morte revenue à la vie, la fleur fanée et figée à jamais dans son dernier soupir.

Se détournant soudainement de son reflet, elle saisit ses affaires et sort de la pièce. Il lui faut aller ailleurs, changer d'air, de monde peut-être. Pourtant, rien n'effacera ce qu'elle a fait. Jamais. Alors, elle se met à errer simplement, ses pas la menant au hasard de l'Académie. Elle en fait le tour en long, en large et en travers, une fois, deux, trois... Mais rien ne change, toujours le même poids qui pèse sur sa conscience. Même les présences animales alentours calmes et sereines ne parviennent plus à l'atteindre, trop perdue dans ses sombres tourments. Alors, ses pieds se dirigent vers la pièce qui a cet instant lui inspire un brin de chaleur. Le Bar Scolaire. Là-bas au moins, les voyages sont oniriques, riches en couleurs et joyeux. Ils sont faux certes, mais si agréables, si doux. Un baume qui ferait sans doute du bien à son cœur blessé. Alors, elle pousse la porte du lieu avec une certaine détermination et un fond d'espoir que, peut-être ici, elle puisse oublier quelques instants son crime.

Malgré l'heure matinale, il y a déjà un peu de monde. Comme lors de sa première venue, elle va s'asseoir à une table un peu excentrée, le dos contre le mur lui offrant d'un simple regard tout le panorama de la salle. La décoration festive de la dernière fois à disparue, mais l'ambiance reste chaleureuse et accueillant. Un instant, elle lui fait presque penser au chalet dans la montagne avec ses poutres apparentes. Mais déjà, avec cette image agréable, une autre revient, qu'elle se force à chasser avec toute sa détermination. Un serveur vient prendre sa commande et malgré son air jovial, sa propre expression demeure de glace, comme figée par la neige qui a manquée de l'emporter. Il revient rapidement avec une grande tasse remplie d'un liquide sombre et brulant, sentant bon le cacao. Oui, un chocolat chaud. Commande incongrue vu le temps extérieur mais aucun commentaire de la part du jeune homme qui repart à son travail.

Le regard vide se plonge dans les ridules laissées à la surface du liquide brun foncé. L'arôme est agréable, prenant. Ses mains entourent la tasse et se réchauffent à son contact, s'y brulant presque. Mais les brulures, elle ne les sent plus, son esprit souffre trop pour entendre les suppliques de son corps. C'est une simple boisson, du lait avec de la poudre de cacao. Mais même ça, elle n'arrive pas à se donner le droit de le boire. Pourquoi le pourrait-elle alors que cet enfant, lui, ne verra même plus la lumière du soleil? Oui, la vie est injuste. Mais finalement, la mort l'est encore plus.
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Re: Un verre pour continuer de croire, mais à quoi? - Lun 20 Mai 2013 - 23:07
Chaud... Il faisait bien trop chaud dans le lit du membre du Conseil. Beaucoup trop chaud. Une chaleur inexplicable mais implacable, alors qu'il semblait se tordre au milieu de ses nombreux draps recouvrant à moitié son corps presque nu. On ne pouvait deviner son malaise que par le biais de l'expression de son visage affirmant son dégoût, pourquoi ? La sueur glissait depuis son front pour parcourir ses joues et s'arrêter aux bords de son visage. Un cauchemar, c'était la seule explication à son comportement quelque peu turbulent. De quoi pouvait-il bien rêver ces temps-ci ? Cela faisait déjà plusieurs mois qu'il était dans cette académie, plusieurs mois qu'il ne s'était pas rendu sur Terre, plusieurs mois qu'il n'avait pas revu sa petite sœur... Son subconscient ne cesse de lui remémorer ces moments, lorsqu'il était encore humain, sur sa moto roulant à grande vitesse, alors qu'il fut violemment percuté par un camion. A chaque fois qu'il arrive à ce moment, c'est le réveil. Il se redresse brusquement dans son lit, a moitié assit sur ses draps, une respiration saccadée qui l'empêchait de bouger de nouveau, alors qu'il transpirait à vue d’œil. Il regardait vers sa droite pour apercevoir l'une de ses colocataires lui tourner le dos alors qu'elle était encore couchée, visiblement dérangée par les bruits qu'il faisait. Un sourire gêné sur ses lèvres, il reprenait une inspiration calme et posée, avant de se lever en se massant la nuque avec l'une de ses mains. Direction la salle de bain.

La sensation de l'eau chaude coulant sur son corps faisait qu'il avait la sensation de revivre une nouvelle fois. Finit l'odieuse odeur de la sueur sur sa peau, de ses cheveux désordonnés. Après une bonne douche il était comme neuf, sortant de la salle de bain avec une serviette autour de la taille, en espérant qu'aucunes de ses colocataires ne le voit à moitié nu. Il ouvrait son armoire personnelle, y voyant ses habits soigneusement pliés et rangés, ainsi que son sabre posé sur le côté. Il se grattait la joue avant de décider à s'habiller, prenant soin de s'essuyer une dernière fois, avant de mettre un pantalon noir fait de soie ainsi qu'une chemise blanche qu'il rentrait dans son pantalon avant de mettre sa ceinture. Aujourd'hui était son jour de repos en tant que délégué des affaires disciplinaires, il avait donc la journée de libre devant lui. Ne jugeant pas nécessaire de prendre son arme fétiche, il sortit de la chambre en toute tranquillité en prenant soin de refermer à clé derrière lui pour ne pas que ses colocataires soient dérangés. Mains dans les poches, sifflotant sur la place tranquille de l'académie. Le soleil venait à peine de se lever, les cours n'avaient pas commencé. Une grande partie des élèves devaient être en train de profiter de quelques heures de sommeil en plus.

Néanmoins, ses cauchemars commençaient à sérieusement l'inquiéter. Il ne comprenait pas leur réelle signification, après tout il ne faisait que redécouvrir sa mort dans ses rêves, les sentiments qui le faisait vivre à ce moment-là étaient quasiment les mêmes, la douleur également. Il finit par rapidement perdre son sourire et soupirer en laissant son regard se poser sur ses pieds. Massant sa nuque comme à son habitude, il regardait en direction du bâtiment où étaient situés les pièces secrètes. La seule qu'avait débloqué Weiss depuis son arrivée à l'académie était... Le bar. Et sans aucune transition il se retrouvait à l'intérieur de ce dernier, il était assez surpris de voir qu'il y avait déjà du monde. Il y avait principalement des repentis et des professeurs cherchant à se détendre, en plus des employés de cet endroit. A vraie dire il était plutôt content de ne pas débarquer seul dans un endroit désert. La salle était moyennement animée, enfin, ce n'était pas non plus un cimetière. Les gens s'amusaient, buvaient un peu, discutaient. Le jeune homme retrouvait le sourire aussi vite qu'il avait perdu et marchait en direction du comptoir. Arrivé à destination, il posait son coude sur le bois et regardait à droite puis à gauche pour voir si la barman était là. Et oui ! Elle sortit brusquement de sous le comptoir avec deux bouteilles de vin, faisant sursauter garçon qui manquait de tomber à la renverse. Reprenant sa position initiale, il regardait la barman qui souriait en le voyant.

▬ Weiss ! Ca va ? Ca faisait un moment que je ne t'avais pas vu dans le coin !
▬ Ca va aller merci, le bar à l'air de bien se porter. Tu peux me servir un verre du vin que tu as à la main ?

Ni une ni deux elle prenait un verre et ne mit pas longtemps avant de le remplir à moitié de la liqueur aussi rouge que le sang. Dans un autre contexte Weiss aurait pu être un vampire, l'idée le faisait bien rire. Il prit le récipient en main et buvait à petite gorgée avant de faire tournée l'alcool dans son verre, le regardant.

▬ Hum, il a bon goût. Quoiqu'un peu jeune.
▬ Hihi, quand Devola est passée par là elle m'a dit que tu devrais aimer.
▬ Elle est passée par là ? J'espère qu'elle ne cause pas d'ennuis...
▬ Oh non ! Elle vient de temps en temps pour jouer un peu de la musique tout en chantant. Quelle belle voix elle a... Dis ! Pourquoi ne jouerais-tu pas un peu de ce piano là-bas dans le coin ?

Il se retournait pour voir le fameux piano d'où il pouvait déjà apercevoir la poussière qui y régnait dessus. Il rit un petit instant en se disant que c'était une petite blague jusqu'à ce qu'il croise le regard d'une jeune brune aux yeux... Vides de vie. L'expression de son visage changea du tout au tout, prenant un air un peu plus inquiet, sans que la Becky la barman ne le remarque, elle qui attendait une réponse du garçon. Ce dernier se retournait vers le comptoir, terminant d'une traite son verre avant de retirer son coude.

▬ Haha peut-être s'il y avait moins de poussière dessus.

Sans attendre une réelle réaction, il se retirait pour se diriger d'un pas léger vers cette fameuse femme à l'écart de la pièce, de tout même. Il voyait la tasse qu'elle semblait tenir fermement dans ses mains et pouvait voir une légère fumée en émaner, prouvant que cela devait être un café ou un chocolat chaud. Mais la façon dont elle regardait son entourage inquiétait Weiss, qu'avait-elle vécue pour semblait si... Triste ? Il finit par arriver à côté d'elle et posait ses doigts sur le dos d'une des mains de la fille brune, remarquant à quel point elle était gelée. Il tournait ses yeux vers son visage et dit d'un air légèrement inquiet :

▬ Vous ne devriez pas tenir cette tasse ainsi, vous allez vous brûler.


Dernière édition par Weiss Alexander le Mar 21 Mai 2013 - 22:20, édité 1 fois
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Re: Un verre pour continuer de croire, mais à quoi? - Mar 21 Mai 2013 - 10:43
Le Bar Scolaire aurait tout aussi bien pu disparaitre qu'elle ne s'en serait pas rendu compte. Au fond, est-ce que tout ceci était bien réel? Elle était morte. Elle le savait et, avec le temps, elle avait digéré cette information. Elle avait fini par accepté la réalité de son sort. Pourtant, elle ne pouvait cesser de se poser des questions qui restaient encore et toujours sans réponses. Pourquoi elle? et depuis peu, a quoi bon? Sauver les humains, à quoi cela les avançaient au final? Non, elle n'avait rien contre eux mais la tourmente l'empêchait de réfléchir dans le bon sens, de se poser les vrais bonnes questions. Pourquoi se battre envers et contre tous si au final, le sort était déjà joué? Comme elle voudrait revenir en arrière, retourner à cet instant face à ce monstre des glaces et l'achever, déverser contre lui contre la peine qu'elle avait accumulé pour espérer sauver une vie. Une simple et misérable existence oui, rien de plus. Pensée égoïste? Peut-être, elle s'en moquait. Tout ce qu'elle voulait, c'était ne plus y penser alors que son esprit ne cessait de se focaliser dessus, envers et contre toute sa volonté. A moins qu'elle n'ait baissé les bras?

▬ Vous ne devriez pas tenir cette tasse ainsi, vous allez vous brûler.

La voix qui résonna lui parut lointaine, comme assourdie. Pourtant, il n'y avait pas de doute, les mots lui étaient bien destinés. Comme sortant doucement d'une sorte de transe, elle réalisa le contact de sa main sur la sienne. Elle ne l'avait pas sentie. A cause de la chaleur de la tasse dans sa paume? Qui sait, cela n'avait pas grande importance au final. Son regard se leva légèrement, jusqu'à croisé le sien. Elle ne le connaissait pas, en tout cas pas personnellement. Elle l'avait aperçu de loin, une ou deux fois, rien de plus. Mais pourquoi avait-il cette mine inquiète? Elle ne voyait rien qui puisse justifier cela. Ah si, ses mains autour de la tasse peut-être. Lentement, elle reprit le contrôle de ses doigts, forçant pour arriver à les détacher du contact brulant du récipient. Elle observa ses paumes un instant. Rougies, peut-être très légèrement brulées à certains points mais rien de grave. Tiens, il était toujours là? Peut-être devrait-il dire quelque chose alors, pour le rassurer.

"- Ce n'est rien. De toute façon, je suis déjà morte. Ce n'est pas comme si je risquais vraiment quelque chose..."

Pourtant, au fond d'elle-même, elle savait très bien que ses paroles étaient fausses. Sonnaient-elles aussi mal aux oreilles de son interlocuteur qu'aux siennes? Elle aurait voulu sourire, histoire de montrer qu'il n'y avait rien de grave mais son expression ne bougea pas. Son regard restait lointain, comme bloqué sur un décor qu'elle était la seule à pouvoir apercevoir. Et c'était mieux ainsi, elle ne voulait pas faire partager sa peine aux autres. Ça, c'était son forfait, sa faute. Ce serait donc son fardeau personnel. Elle soupira un instant, venant simplement tapoter du bout des doigts sur la tasse, comme attirée inexorablement vers sa chaleur. Puis, elle se rappela de la présence du jeune homme près d'elle. Malgré son mal-être, des réflexes bien plus anciens et profonds revinrent à la surface et son éducation reprit le dessus.

"- Je ne crois pas vous avoir déjà rencontré. Puis-je savoir qui vous êtes?
Pour ma part, je me nomme Abygaïl Lullaby..."


Un autre jour, elle lui aurait surement proposé de s'asseoir pour discuter. Mais franchement, qui souhaiterait engager la conversation avec une meurtrière? Car c'est bien ainsi qu'elle se considérait. Pour avoir laisser cet enfant mourir, elle ne se jugeait pas mieux que n'importe quel monstre ou créature rencontrée lors de ces périples. Elle était revenue saisir plus doucement sa tasse et l'amena à ses lèvres mais à la première gorgée, elle manqua de s'étouffer. Le liquide était brûlant, elle encore glacée. Et cela n'était pas qu'une impression, son corps peinait réellement à se réchauffer. Y arriverait-il un jour? Toujours est-il qu'elle reposa rapidement sa tasse sur la table, en toussant franchement. Une fois calmée, un rictus fatigué apparut sur son visage. Une première forme d'expression sans en être vraiment une.

"- Je crois que ce n'était pas une bonne idée. En plus, je n'aime même pas vraiment ça en fait..."

Elle se parlait autant à elle-même qu'en destination de garçon près d'elle. Comme elle pouvait se sentir lamentable à cet instant. Et Deus avait choisi de la faire revenir à la vie? Elle, choisi parmi des milliers d'autres âmes? Décidément, la mort avait un sens de l'humour qui lui était vraiment personnel et très particulier.
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Re: Un verre pour continuer de croire, mais à quoi? - Dim 16 Juin 2013 - 23:30
▬ Vous ne devriez pas tenir cette tasse ainsi, vous allez vous brûler.

Le contact de sa main chaude contre la surface glaciale de la main de la jeune femme semblait avoir plus d'effet que son avertissement en lui-même. Redressant ses yeux vers le regard inquiet de Weiss, elle semblait étonnée, la surprise se lisant sur la prunelle de ses yeux et non de part l'expression de son visage. Ne remarquait-elle vraiment pas ce qu'elle était en train de faire ? Tenir fermement une tasse de café brûlant entre ses doigts, ne semblant pas en démordre jusqu'à ce qu'elle le remarque. Retirant ses mains, contemplant ses paumes rougies par la chaleur. Cependant, elle gardait son expression de marbre, répondant machinalement au garçon qu'elle se fichait bien de tout ça, que quoi qu'il arrive elle était déjà morte. Surpris, le jeune homme retirait sa main en la laissant pendre le long de son corps, restant debout, face à la table où était assise la fille aux longs cheveux bruns. Pourquoi les paroles qu'elle prononça à ce moment-là ne lui convenait pas ? Outre le fait qu'elle ait avancée des propos négatifs, il avait la sensation qu'elle essayait de s'imposer une vérité, une vérité à laquelle elle ne souhaitait pas adhérer.

Un étrange sentiment rebondit au plus profond de son coeur, brisant les chaînes de l'oubli qu'il s'était lui-même donné lorsqu'il ressortait d'un passage aussi douloureux que la mort elle-même, par le passé. Baissant légèrement le regard vers la table, le café étant toujours en mouvement suite au fait que la tasse fut lâchée assez rapidement, ses yeux se perdant dans ces mouvements incessants, alors qu'il se souvenait du lendemain de la mort de sa propre mère. La pièce était sombre, aussi noire que les ténèbres du néant. Une chambre sans aucune lumière, sans aucune chaleur, sans aucune notion de la vie. Recroquevillé contre lui-même, contre le mur de la pièce en désordre, revêtis d'habits déchirés, ayant subi le mélange de sa tristesse le poussant à la colère, et qu'à chaque minute passant, le poussant de plus en plus vers la folie. Des larmes qui ne cessaient de couler depuis des yeux apercevant les cadeaux qu'avaient pu lui faire la personne qu'il aimait le plus, sa lèvre saignant à force de la mordre, des bleus se dessinant sur sa main à chaque coup donné contre le même mur où il se posait. Pour ce Weiss qui n'était âgé que de cinq ans, la mort de sa mère était synonyme de désespoir et de perdition, sa conscience l'ayant abandonnée dès lors où la main de cette femme aux cheveux argentés perdit ses forces, devenant un poids mort entre les doigts du petit garçon...

...
▬ Je ne crois pas vous avoir déjà rencontré. Puis-je savoir qui vous êtes? Pour ma part, je me nomme Abygaïl Lullaby...

Un brusque retour dans le présent, quittant ce passé douloureux, alors que le regard du membre du Conseil reflétait l'étonnement, une nouvelle fois. Il y a un instant, il s'était totalement coupé du monde, de vieilles cicatrices s'étant ouvertes au niveau de son coeur, ce même coeur qui laissait couler des larmes immatérielles, évitant à ses yeux un tel fardeau. Reprenant sa respiration, il passait sa main sur son propre visage, comme pour laver sa peau de toute expression négative, et reprenait un sourire à la fois chaleureux et naturel. Il était content qu'elle se soit présentée, cela montrait qu'elle n'était pas totalement insociable. Il tiré de sa main l'une des chaises pour s'asseoir dessus et être face à la demoiselle, au même niveau qu'elle, seule une table où reposait une tasse de café les séparaient.

▬ Quel joli nom, je suis Weiss Alexander. Je m'excuse d'avoir posé la main sur vous, je ne souhaitais pas vous effrayer.

Bien que ce qui les séparaient physiquement était une simple table, il en était tout autre au niveau de l'aura qu'ils dégageaient tout deux. On pouvait aisément remarquer une certaine frontière entre le garçon au sourire d'ange et la demoiselle aussi froide que la glace en elle-même. Après l'avoir observé quelques instants, elle saisissait une nouvelle fois cette tasse, buvant quelques gorgées de cette boisson amer, trop amer à son goût. D'ailleurs, elle non plus ne semblait pas apprécier cet arôme, toussant un bon bout après avoir bu quelques secondes. Elle avouait sans détour qu'elle n'aimait pas vraiment ça, il la comprenait, bien qu'elle semblait fatiguée, trop même. Un léger rire s'échappait entre les lèvres du garçon, alors qu'il faisait signe au serveur. Une fois que ce dernier s'approchait, il lui demandait d'apporter un thé avec le nom d'une herbe bien précise, le garçon de service s'empressant de se rendre au comptoir du bar. Il prenait la tasse de café posée sur la table et en respirait la senteur.

▬ Je comprends, l'amertume qu'offre cette saveur est plutôt désagréable, puis-je vous recommander un thé peut-être plus mélodieux ?
▬ Hé Weiss ! C'est un bar ici, pas un salon de thé !

De là où il se trouvait il pouvait entendre la voix de la douce et élégante Becky, il se retenait de sourire de façon amusé et détourné, tandis qu'il fixait son attention à Abygaïl. Sans plus attendre, le serveur revenait dans la direction des deux apprentis-dieux, déposant avec délicatesse et grâce deux tasses de thé décorées, une agréable senteur s'en dégageant. L'enlaçant d'un de ses doigts, il buvait une légère gorgée en passant son petit doigt sous la tasse comme on lui avait appris à faire de part son éducation. Les secondes passaient, calmement, la demoiselle et le jeune homme semblant se démarquer du reste de la salle grâce à leur attitude. Néanmoins, Weiss finit par reposer la tasse de thé, reprenant un peu plus de sérieux et d'attention vis-à-vis de la fille brune.

▬ Pardonnez mon indiscrétion mais... Que vous est-il arrivé pour que votre visage perd autant d'éclat ?

La tasse posée sur la table, bien qu'il la tenait toujours, ne quittant pas ses yeux un seul instant. Il était bien intrigué par cette histoire, au-delà du visage de marbre de cette femme, il avait l'impression de se revoir, une quinzaine d'années plus tôt...
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Re: Un verre pour continuer de croire, mais à quoi? - Lun 17 Juin 2013 - 10:42
Alors qu'elle avait réussi à sortir enfin quelques mots sortant de cette forme de tragédie qu'elle ne pouvait s'empêcher de vivre et revivre de manière incessante, elle put dénoter une forme d'étonnement dans le regard du jeune homme lui faisant face. pour quelle raison? Qu'est-ce qui pouvait bien justifier une telle expression de sa part? Elle n'en avait pas la moindre idée et, pour le coup, ne cherchait pas à en savoir plus. Chacun à sa croix à porter, la sienne était déjà bien assez lourde comme cela à ses yeux. En tout cas, son changea rapidement d'expression, comme par magie. Sa main qu'il passa dessus et hop, le voilà qui retrouvait un sourire vrai et sincère. Comme elle aimerait être capable d'en faire autant. Au moins ainsi, elle n'attirerait plus l'attention des gens suite à cette froideur glaciale qu'elle dégageait malgré elle, souvenir incrusté de ce combat qu'elle considérait comme perdu malgré tout.

▬ Quel joli nom, je suis Weiss Alexander. Je m'excuse d'avoir posé la main sur vous, je ne souhaitais pas vous effrayer.

Il était venu s'asseoir face à elle. Un bon point pour elle, elle ne devait pas encore faire assez peur pour qu'on la fuit de manière définitive. A moins qu'elle ne lui fasse pitié au point qu'il se sente incapable de la laisser seule dans sa détresse? Qui sait. Y avait-il vraiment un sort plus enviable que l'autre au final? Elle en doutait sérieusement mais la question n'était pas là. Elle hocha légèrement la tête lorsqu'il se présenta. Il s'excusait de l'avoir touché? C'était assez inattendu. Sans doute devrait-elle dire quelque chose, afin de la rassurer à ce propos.

"- Ce n'est rien. J'étais juste ... perdue... dans mes pensées."

Perdue, oui. C'était ça en fait. Tout simplement. Reprenant sa tasse, elle ne put se résoudre à la boire. Finalement, sa chaleur était trop intense pour elle, couplée à la saveur puissante de la boisson en elle-même. Du gaspillage? Oui, tant pis. Pour une fois, elle se le permettrait. Les mots s'échappèrent seuls de sa gorge, comme pour s'excuser de son comportement qui n'était pas celui de tous les jours. Pourquoi avait-elle se besoin de se justifier d'ailleurs? Peut-être simplement pour ne pas sombrer. Weiss sembla trouver ça drôle mais récupéra sa tasse pour en respirer l'arôme avant de commander quelque chose que le serveur s'empressa d'aller chercher.

▬ Je comprends, l'amertume qu'offre cette saveur est plutôt désagréable, puis-je vous recommander un thé peut-être plus mélodieux ?
▬ Hé Weiss ! C'est un bar ici, pas un salon de thé !

Ce fut à peine si elle nota la remarque de la barmaid. Déjà, le serveur revenait rapidement à leur table avec deux tasses joliment décorées remplie d'un autre liquide brulant mais à l'odeur bien moins agressive que celle de sa première boisson. Avec une pointe de curiosité, elle observa le jeune homme saisir sa tasse d'une façon très particulière avant de la porter à ses lèvres et d'en déguster quelques gorgées. Refroidie par son expérience précédente, l'amérindienne avait un peu de mal à se décider à faire de même. Mais ses mains semblaient toujours attirées par la chaleur dégagée par la tasse. Lentement, elle commençait à soulever la table lorsque Weiss reprit la parole.

▬ Pardonnez mon indiscrétion mais... Que vous est-il arrivé pour que votre visage perde autant d'éclat ?

La tasse parcouru le même chemin en sens inverse, revenant se loger dans sa soucoupe. Ce qui lui était arrivé? A elle, rien. Et c'était sans doute ce qui lui faisait le plus mal dans toute cette histoire. Elle était la fautive et s'en sortait avec les honneurs et le soutien de tous. Alors que.... Un grand soupir lasse s'échappa de sa gorge, qu'elle ne put en aucun cas dissimuler. Son expression bien que figée dans la glace prit pourtant une allure plus triste, plus sombre. Comment expliquer ça? Il n'y avait pas de mots assez forts pour décrire son crime.

"- J'ai commis une erreur dont je dois aujourd'hui payer le prix."


Que pouvait-elle dire de plus? Elle se doutait que ces simples mots, cette phrase unique et on ne peut plus générale ne lui suffirait pas. Mais quelque part, la force lui manquait. Ou la volonté? Peut-être un peu des deux. Elle fit l'effort de porter la tasse à ses lèvres, comme pour tenter de reprendre son souffle avec cette déclaration qui le lui avait coupé. C'était bien plus agréable que l'autre boisson mais elle n'était pas vraiment à même de l'apprécier réellement. Reposant le récipient, elle reprit la parole, toujours très calme et posée, un peu moins glaciale peut-être.

"- Je ne pensais pas que la mission tournerait ainsi. Personne n'aurait du être blessé, nous avions tout fait pour cela. Pourtant.... Il y a eu un mort malgré tout. Par ma faute..."

Ce corps froid, bleu et déjà presque sans vie, aux vêtements déchirés et enveloppé d'un linceul de glace vient frapper violemment sa mémoire. Elle en tremble légèrement, sans même s'en rendre compte. Un enfant. Un petit garçon d'environ 8 ans qui lui n'aura pas la chance de revenir à la Deus. Une vie qu'elle prise alors qu'elle commençait à peine. Cette neige qu'elle n'avait jamais connu de son vivant l'avait littéralement achever dans la mort. Étrange coup du sort s'il en est un. Le tremblement régressa jusqu'à cesser Alors que son regard revenait croiser celui du jeune homme face à elle. Maintenant qu'il savait, comment allait-il réagir?

"- C'est la vie qui donne aux gens une profondeur et un éclat certain. Si mon corps est mort il y a de cela plus de 200 ans maintenant, je crois que mon esprit l'a suivi ce jour-là. La neige l'a ensevelie définitivement."

Elle y croyait. Ou du moins, elle voulait y croire. Car si son esprit était mort, elle ne devrait plus souffrir. Alors pourquoi cette pression qui demeurait si pesante sur sa poitrine? Pourquoi les larmes tombaient-elles encore de ses yeux alors qu'elle se réveillait en sursaut de ce même cauchemar chaque nuit?
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Re: Un verre pour continuer de croire, mais à quoi? - Sam 6 Juil 2013 - 6:17
▬ Pardonnez mon indiscrétion mais... Que vous est-il arrivé pour que votre visage perde autant d'éclat ?

Vraisemblablement, la question fut posée au mauvais moment, étant donné qu'elle reposait la tasse de thé que lui avait offert le jeune homme. Heureusement qu'il s'était excusé pour une telle indiscrétion, qui sait comment pourrait réagir une personne à cela. En tout cas, la jeune femme brune semblait attristait par la réponse à cette question, qu'elle relatait seulement dans son esprit, affichant une mine assombrie, semblant culpabilisée. L'image qu'elle donnait à Weiss était semblable à celle d'un enfant qui réfléchissait, à propos d'un animal de compagnie qui mourra suite au fait qu'il l'obligea à dormir dehors, sous la pluie et le froid de la nuit. Oui, elle culpabilisée pour une erreur qu'elle ne semblait pas pouvoir se pardonner. Et c'était bien le cas, puisqu'elle l'affirmait sans réellement tarder. Une erreur dont elle devait payer le prix aujourd'hui, disait-elle. Dans un sens, cela semblait quelque chose de banal, d'anodin, mais le garçon savait que cela allait plus loin que cela. Il n'avait qu'à regarder le fond des yeux d'Abygaïl pour le comprendre, cela concernait une vie, une vie qui semblait belle et bien déjà perdue...

Elle goûtait finalement le contenue de la tasse, semblant l'apprécier un poil plus que le café, c'était un bon point. Cependant, Weiss en perdait son sourire, afin de rejoindre la même expression qu'elle, une pointe de tristesse se lisant sur son visage. Oui, lui aussi pouvait bien être triste, il savait quel sujet ils étaient actuellement en train d'aborder et il trouvait que sourire à ce moment-là était le plus grand manque de respect qu'il puisse être. Peut-être qu'un étirement des lèvres pourrait réconforter la demoiselle, mais la réconforter seule ne suffirait probablement pas. Elle poursuivait en donnant plus de précisions, une mission, tout avait été fait pour qu'il n'y ait pas de blessé, une erreur, un mort... Il remarquait les légers tremblements au niveau des doigts de la jeune femme, un pincement dans le coeur du garçon se faisant, il ne pouvait pas la laisser dans un tel état, non. Comme pour lui il y a plus de quinze ans, il fallait la sauver. Elle redressait le regard vers lui tout en continuant son discours, contredisant les paroles d'Alexander vis-à-vis de l'éclat. Peut-être s'attendait-elle à ce qu'il la regarde avec mépris, ou pitié, mais il n'en fit rien. C'était un regard compréhensif, calme, empathique. Attentif, mais pas pensif. Il l'écoutait parler sans jamais l'interrompre, comme si une jeune âme torturée se confesser pour chercher une réponse à ce tourbillon de souffrance.

Il fermait les yeux un instant en joignant ses mains sur la table, repensant à ses instants de purs désespoir dans sa chambre alors qu'il n'était qu'un enfant, à ce moment-là, lui aussi pensait qu'il n'existait plus d'éclat pour lui, qu'il allait souffrir à jamais. Bien qu'un jour, la porte de cette fameuse chambre s'entrouvrait, laissant la lumière du couloir lui brûler les yeux, des yeux qui étaient restés pendant des jours dans l'obscurité la plus forte. Il avait aperçu cette forme plus petite que lui, une forme qu'il ne pourrait jamais oublier... Soupirant légèrement, il rouvrait les yeux pour regarder Abygaïl dans les yeux, sans aucun détour possible, ni arrière pensée. Il gardait les mains jointes, ses doigts s'entrelaçant entre eux.

▬ Ce n'est pas la vie qui donne de l'éclat aux personnes, mademoiselle. Non, ce qui donne de la profondeur et un sens à notre existence, c'est pourquoi nous la vivons. Aux côtés d'amis nous bravons les dangers les plus grands, nous rions et festoyons tous ensemble, nous pleurons et nous soutenons tous ensemble...

Posant un peu plus son dos contre la chaise, regardant sa tasse thé où le liquidait restait fixe et immuable, passant le bout de son doigt sur le contour de la tasse, comme pour dessiner un cycle.

▬ Oui, la solitude n'est pas une réponse, elle ne fait que nous entraîner dans un cycle de douleurs et de souffrance, de cauchemars et de tristesse, rien d'autre... Abygaïl, as-tu quelque chose à protéger ?

Il se mit à la tutoyer, non pas pour se montrer supérieur à elle, mais plutôt pour se sentir d'égal à égal avec elle, privilégiant un contact plus familiarisé, comme s'il souhaitait lui faire comprendre qu'il avait vécu cette situation des années plus tôt. Au fond des yeux de Weiss on pouvait lire à quel point il ressassait le passé, cette forme qui se dégageait de cette lumière venant du couloir pour éclairer une partie de sa chambre, c'était sa petite soeur, Yonah... Elle le dévisageait de ses yeux purs et sincères, dressant sa petite main vers lui en l'appelant du regard. Oui, cet éclat Weiss ne l'avait jamais réellement perdu, cette profondeur, finalement, avait été transmise à cette enfant qu'il finit par serrer dans ses bras. Aujourd'hui, il dressait sa main vers Abygaïl, le regard pur et déterminé, dressant cette même main qu'on lui avait dressée ce fameux jour-là.

▬ Abygaïl, ne souhaites-tu pas vivre pour cette personne qui est partie à jamais, plutôt que de vivre dans la douleur pour abandonner ta vie et te laisser submerger par le désespoir ?
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Re: Un verre pour continuer de croire, mais à quoi? - Sam 6 Juil 2013 - 18:07
Voilà, elle avait finalement lâché le morceau. Une personne à l'académie était au courant de son crime. En plus de Colombe et de Hans, mais ce dernier ne comptait pas vraiment, il lui était trop dévoué. Elle savait que l'apprenti-dieu le soutiendrait quoi qu'elle fasse mais ce n'était pas vraiment de ça dont elle avait besoin. Dans un sens, est-ce qu'elle n'attendait pas une sorte de punition de n'importe qu'elle sorte? Mais celle-ci ne tombait pas, la laissant dans l'expectative. À moins que sa punition ne soit justement de vivre avec ce poids sur la conscience pour toute l'éternité. Finalement, la mort et la vie étaient aussi cruelles l'une que l'autre.

Pourtant, alors qu'il était à présent au courant de ce qui s'était passé, il ne semblait ni rebuté, ni effrayé. Ni même emplis de pitié. La seule chose qu'elle parvenait à lire dans son regard clair restait une sorte de partage, de la compréhension même. Aucune animosité ni de dégoût, simplement un calme presque serein. Tout ce à quoi elle ne se serait pas attendue. Il y eut même ce léger sourire qui ne lui fit que froncer légèrement les sourcils d'incompréhension. Les doigts sur la tasse de liquide parfumé et chaud, elle attendit donc qu'il parle, sa curiosité raviver par son comportement qu'elle n'arrivait pas à juger autrement qu’étrange.

▬ Ce n'est pas la vie qui donne de l'éclat aux personnes, mademoiselle. Non, ce qui donne de la profondeur et un sens à notre existence, c'est pourquoi nous la vivons. Aux côtés d'amis nous bravons les dangers les plus grands, nous rions et festoyons tous ensemble, nous pleurons et nous soutenons tous ensemble...

Le pourquoi d'une existence. Tiens, tiens, cela lui rappelait une conversation tenue avec une autre personne. Léa Dolce. Même si le contenu de leur discussion était bien différente, au final elle se rejoignait sur certains points. Pourquoi vivait-elle ici? En voilà une bonne question. Des amis... Il y avait bien des personnes avec qui elle s'entendait plutôt bien mais de là à parler d'amis, c'était sans doute un peu trop fort. Pourtant, elle ne fuyait pas les gens. Peut-être la peur secrète de perdre à nouveau des êtres chers la bloquait-elle un peu? Sans doute. Elle n'avait jamais refusé son aide à qui que ce soit mais si l'autre ne faisait pas le premier pas vers elle, elle n'était pas de celles à se lancer, simplement par respect. Les us et coutumes, les traditions de son peuple y étaient pour quelque chose mais il n'y avait pas que ça. Elle était fautive également. Après tout, qu'est-ce qui l'empêchait réellement de se mêler aux autres?

▬ Oui, la solitude n'est pas une réponse, elle ne fait que nous entraîner dans un cycle de douleurs et de souffrance, de cauchemars et de tristesse, rien d'autre... Abygaïl, as-tu quelque chose à protéger ?

Cette remarque, elle ne put pas la laisser passer. Tout son être d'ailleurs réagit à ce simple mot. Protéger. De son vivant, elle avait protégé sa Terre, son clan, sa sœur même au prix de sa vie. Depuis son arrivée, elle avait sauvé Memphis, prêtée main forte à des nombreuses personnes pour des missions ou lors de rencontres diverses. Jamais elle n'avait hésité à se battre, que ce soit via des mots ou des armes, pour aider ceux qui en avaient besoin. Et aujourd'hui...

En fait, aujourd'hui c'était son tour d'avoir besoin d'aide. Mais il avait fallu toute cette réflexion pour en arriver à enfin cette franche évidence. Un jour ou l'autre, on a aussi besoin de se sentir soutenu et cette fois, c'était son tour. Car il y avait tant de choses qu'elle souhaitait protéger que seule, elle se rendait bien à l'évidence qu'elle ne pourrait jamais y arriver. Elle ouvrit la bouche pour répondre mais rien ne sortit, elle avait encore besoin de digérer tout ça. Son esprit tournait à pleins régime et le froid qui jusqu'à présent l'avait engourdi mettait du temps à se dissiper, puissant et omniprésent.

▬ Abygaïl, ne souhaites-tu pas vivre pour cette personne qui est partie à jamais, plutôt que de vivre dans la douleur pour abandonner ta vie et te laisser submerger par le désespoir ?

La tasse monta à ses lèvres et la gorgée qu'elle avala lui sembla bien plus subtile qu'un peu plus tôt. Son corps avait toujours froid mais son esprit remontait lentement de sous ce carcan gelé qu'elle avait laissée l'emprisonner. Au fond du regard de l'indienne, une étincelle commençait doucement à se raviver, encore incertaine mais bien présente. Volonté, détermination. Faible certes, mais qui ne demandait plus qu'à grandir pour retrouver la place qui avait toujours été la sienne dans le cœur et les actes de la jeune précolombienne.

"- Non, je ne souhaite pas vivre uniquement pour cette personne. Ce serait égoïste de ma part. Car si aujourd'hui lui est mort, la vie fera que de toute mon éternité, je connaitrais d'autres personnes qui partageront son sort. Je souhaite vivre pour les vivants en honorant les morts, protéger ceux qui peuvent l'être sans oublier ceux qui ne sont plus. Préparer l'avenir sans tirer un trait sur le passé. Voilà ce que je souhaite."

Voilà qui présageait de tout un programme, et de beaucoup de travail pour la jeune femme. Après tout, elle n'était qu'apprentie déesse. Elle ne pouvait pas à elle seule porter toutes les misères du monde sur son dos mais toutes celles qu'elle pourrait ne serait-ce que soulager un peu, elle le ferait. Elle avait eu droit à une seconde chance. Finalement, même les neiges éternelles n'avaient pas réussies à avoir raison d'elle. Alors il n'y avait pas de raison pour qu'elle ne mette pas sa chance et ses pouvoirs aux services de ceux qui feraient appel à elle.

"- Je ne sais pas qui est réellement Deus, pourquoi il m'a choisi ni même les véritables raisons de ma présence ici. Mais ce genre de questions ne fera avancer personne. Quitte à être toujours vivante, je veux que ma vie serve à quelque chose. Est-ce que j'ai quelque chose à protéger? Oui.... Tout."

Finalement, le résumé était vite fait. Elle ne voulait pas faire de choix. Pourquoi privilégier les hommes aux animaux? Les Humains aux dieux? Les plantes aux minéraux? Elle protégerait tout ce qui serait à sa portée et même plus si elle le pouvait, si on lui en donnait les moyens. Le froid était toujours là mais lentement, il commençait à régresser.
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Re: Un verre pour continuer de croire, mais à quoi? - Dim 1 Sep 2013 - 18:07
▬ Abygaïl, ne souhaites-tu pas vivre pour cette personne qui est partie à jamais, plutôt que de vivre dans la douleur pour abandonner ta vie et te laisser submerger par le désespoir ?

Il se permettait de poser une telle question suite à la précédente où l'indienne semblait déconcertée lorsqu'elle y fit face. Prenant une nouvelle gorgée du thé, elle reportait entièrement son attention sur le jeune homme assit en face d'elle, bien que son regard ait changé. Plus direct, plus droit, plus... Étincelant. Une âme vivait à travers ses yeux. Elle lui répondait de but-en blanc, avec franc et sérieux, comme lui le faisait. Sa réponse ne lui déplu pour le moins du monde. C'est vrai que c'était égoïste de vouloir vivre pour une seule personne qui n'était plus et que, comme elle le disait, il fallait vivre pour ceux qui vivent encore à nos côtés tout en honorant ceux qui ne sont plus là pour nous voir. Alors que Weiss saisissait la tasse de thé comme il avait l'habitude de faire, il la plaçait au niveau de ses lèvres, cachant un sourire rassuré et satisfait alors qu'il écoutait avec attention les paroles d'Abygaïl. Il savait à présent que le déclic débutait, une graine de confiance en soi germant dans l'esprit de la demoiselle assise face à lui. Elle était prête, prête à protéger ce qu'elle souhaitait, c'est-à-dire tout. Ce type de pensée plaisait au membre du Conseil qui l'était, une philosophie Droite, Honorable et Juste...

▬ * Aurais-je trouvé une de ces perles rares ? Possible... *

Terminant sa propre tasse de thé, il reposait cette dernière sur son couvercle avant de laisser à l'indienne un aperçu du sourire qu'il avait sur le moment. Il était plutôt heureux d'avoir l'impression de changer les pensées négatives en positives dans l'esprit de la brune aux cheveux longs. Sa tâche était-elle terminée ? Après tout, son but était de la réconforter à l'instant où il avait posé le regard sur elle, on peut dire que c'est en grande partie réussit. Cependant, un certain besoin se formait au fond de son propre coeur. Revisiter son passé fait ressortir de nombreux souvenirs, des joyeux comme des malheureux, des souvenirs amusants et d'autres moins. Il détournait alors son regard vers le piano disposé à côté de la table, ses oreilles n'écoutant plus les voix des autres personnes dans le bar, ses yeux ne se concentrant plus sur autre chose que cet instrument de musique qui représentait beaucoup de choses à la fois. Ses doigts le démangeaient, comme s'il avait besoin de les libérer d'une vieille promesse qu'il s'était faite alors qu'il venait tout juste de rentrer au lycée. Avant qu'il ne puisse se ressaisir avec ses propres moyens, la voix de Becky se faisait entendre dans le creux de ses oreilles.

▬ Weiss ! Si t'as tellement envie d'en jouer, alors fais-le.
▬ Très bien.
▬ Hein ?

La barman semblait surprise de la réaction du jeune homme, et ce n'était qu'un euphémisme de dire qu'elle était juste surprise. Se levant de son siège, il souriait à Abygaïl avant de s'avancer vers le piano, passant sa main sur le bois, avant de remarquer qu'un voile transparent était posé dessus. Lorsqu'il le retira, la poussière qu'il pensait avoir vu disparue totalement, laissant alors un piano complètement neuf, dans un bois d'ébène. Son coeur battait anormalement, il n'avait pas peur de jouer en public, bien qu'il ne le faisait pas souvent. Ce n'était pas de la peur, mais les souvenirs d'une certaine personne qui refaisait surface, alors que Weiss observait l'instrument d'un regard cachant une certaine tristesse. Il redressait sa tête vers toutes les personnes présentes dans le bar.

▬ A tous, j'aimerais vous demander quelque chose. Je souhaite que, pendant ce petit instant, vous fermiez les yeux et que vous repensiez aux personnes qui vous sont chers. Je souhaite que nous portions un toast à ceux qui nous soutiennent et que nous protégeons, ainsi que nous buvons à la mémoire de ceux qui ne sont plus là pour nous voir...

Un verre fut servi à toutes les personnes présentes dans le bar, ces dernières écoutant les paroles du jeune homme aux cheveux argentés qui, une fois son discours finit, s'installait en face du piano, avant de délier ses doigts pour les poser sur les notes. Il fermait lui aussi les yeux, inspirant un grand coup avant de lancer la première note de musique, ses doigts lançant la partition de piano sur les notes blanches et noires de l'instrument, sans se tromper.



***

Alors que les notes s'enchaînaient, Weiss avait l'impression qu'un clou s'enfonçait de plus en plus dans sa poitrine, cette partition étant devenue une musique « interdite » dans son entourage à Londres... Mais, plus il jouait, plus il se perdait dans ses pensées, le ramenant à une toute autre époque, quelques années plus tôt, au sein même d'une salle de musique. Qu'est-ce que voyait le jeune homme ? C'était simple, lui-même, couché sur un assemblage de table fait de sa main, alors qu'il observait un garçon installé devant un piano, jouant alors que des bandages étaient appliqués à ses yeux aveugles.

▬ Dis, Weiss...
▬ Oui Emil ?
▬ Je pense que je n'arriverais jamais à terminer cette chanson...
▬ Pourtant, tu l'as toi-même écrite, non ?
▬ Mais...
▬ Écoutes, tu es doué Emil, plus doué que moi-même ! Je suis sûr que si tu le veux vraiment, tu peux le faire !

Le garçon se tournait vers ce Weiss pré-adulte, un grand sourire d'enfant sur les lèvres.

▬ Weiss ?
▬ Oui ?
▬ Merci...

***

Et ce fut la dernière note... Le membre du Conseil rouvrait alors les yeux, ses yeux anormalement luisant, pouvant laisser transparaître que des larmes pouvaient facilement tomber, à lui, un garçon qui se voulait paraître joyeux pour tout le monde. Sa main droite tremblait légèrement, Weiss la saisissant de sa main gauche pour stopper cela. Il levait les yeux pour voir tout le monde saisir le verre et boire leur contenue sans hésiter. Néanmoins, son regard se stoppait sur une femme aux cheveux écarlates, qui était à l'entrée du bar, fixant le jeune homme alors que des larmes coulaient de ses joues. C'était Popola, à la plus grande surprise de Weiss qui se levait, inquiet, alors qu'elle ressortait instantanément de la salle par la porte de sortie. Il baissait alors les yeux, serrant son poing droit, soupirant. Après tout, elle n'avait toujours pas réussie à lui pardonner par ce qu'il a fait par le passé. Lui non plus, ne ce l'est jamais pardonné... Tournant les yeux vers Abygaïl, il lavait cette émotion de tristesse en la remplaçant par un sourire amical.

▬ Abygaïl, me feriez-vous l'honneur de vous présenter à la future sélection du Conseil ? Je serais ravis qu'un jour, nous puissions protéger ce qui nous est cher, ensemble.
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Re: Un verre pour continuer de croire, mais à quoi? - Dim 1 Sep 2013 - 19:13
La salle avait presque l'air d'être moins sinistre. Non, elle n'avait aucunement changée, elle n'avait été sombre ni quoi que ce soit de ce genre. Mais le voile devant son regard l'empêchait de profiter de la réalité. Et pourtant, après tant de jours passées dans la souffrance, de nuits dans la solitude et le regret, il avait suffit de quelques mots, de simples phrases bien placées et sans prétentions pour parvenir à atteindre ce qu'elle croyait à présent enfoui à tout jamais, inaccessible et figé. Son Humanité....

Car oui, pour elle, ce n'était pas que la mort d'un enfant, que l'échec d'une mission, qu'une erreur de parcourt. cette faute avait représenté la fin de son Humanité toute entière. pourquoi? parce que ses principes, sa volonté, sa détermination, tout ce qui avait fait d'elle ce qu'elle avait été s'étaient retrouvés ce jour-là balayés par la neige et la glace. Et là, le bout des doigts se réchauffant autour d'une tasse de thé, les mots étaient sortis, finissant par remonter avec eux tout ce qu'elle avait craint avoir perdu pour toujours. Pourtant, il était encore trop tôt pour être réellement soulagée. L'étincelle était revenue mais fragile et vacillante. Le froid reculait certes, mais il était encore plus que présent. Le voile s'effritait devant ses yeux, le gris redevenant vivant, mais il lui restait du chemin à parcourir pour vraiment remonter la pente.

Une gorgée de thé, la faisant terminer sa tasse avant qu'elle ne la repose. Elle avait laissé son regard se perdre aussi bien dans les dessins du bois de la table que sur les cercles concentriques jouant à la surface de sa boisson. En relevant les yeux, elle croisa le regard du jeune homme qui souriait. Calme et serein. Ou presque? En tout cas, ce dernier semblait lui être destiné et au fond d'elle, ce simple détail lui fit du bien. Un sourire, elle n'en avait pas vu depuis son retour, ce jour-là. Et elle réalisait seulement à quel point un détail aussi anodin pouvait se révéler d'une aide précieuse. Elle n'était pas capable de le lui rendre mais un jour, elle y arriverait. Bientôt, peut-être.

Et puis, le regard du garçon changea avant de tomber sur le piano tout proche. Il se perdit littéralement dans la contemplation de l'instrument, en oubliant tout le reste et le jeune fille ne se sentit pas autorisée à intervenir. Il l'avait écouté, entendu également, mais il l'avait faire à son rythme. Alors elle ne le brusquerait pas non plus, sans savoir si elle devait faire quelque chose ou pas, un peu intriguée. Et ce fut la Barman qui finalement intervint.

▬ Weiss ! Si t'as tellement envie d'en jouer, alors fais-le.

▬ Très bien.

▬ Hein ?

▬ A tous, j'aimerais vous demander quelque chose. Je souhaite que, pendant ce petit instant, vous fermiez les yeux et que vous repensiez aux personnes qui vous sont chers. Je souhaite que nous portions un toast à ceux qui nous soutiennent et que nous protégeons, ainsi que nous buvons à la mémoire de ceux qui ne sont plus là pour nous voir...

Déjà, il s'était installé devant le piano, souriant à nouveau à la jeune précolombienne avant de retirer la protection de l'imposant instrument et de le toucher du bout des doigts. Il s'était installé, avec comme une crainte? Non, ce n'était pas ça. Mais il semblait y avoir un poids entre lui et l'objet inanimé. Un souvenir sans doute, comme elle avec la neige et le froid. Il s'était redressé pour s'adresser à toutes les personnes présentes et les verres avaient été distribués, qu'elle ne prit que par pur réflexe, bien plus intriguée par le comportement du jeune homme que par le reste.

Et puis, la musique monta, résonnant dans la salle à travers un silence épais. Rien que des alignements de blanches et de noires qui donnaient une mélodie subtile mais aussi triste que douce. Au départ, elle n'avait pas eu la force de fermer les paupières, craignait trop le retour de certaines images et pourtant, elle avait fini par céder. C'était sa demande, elle la respecterait. Et elle revit les visages familiers, aux couleurs des gens de sa tribu, la carrure de son père, l'odeur florale des cheveux de sa mère, le sourire de sa chère Ada et puis, également, cet enfant. Toujours aussi bleu et froid mais au regard presque serein. Elle déglutit difficilement alors que d'autres images se déroulaient encore, nombreuses et successives.

Le silence se fit avec la fin de la mélodie mais ses yeux demeurèrent fermés. Elle voulait simplement ressentir les présences, ses gens qui unanimement levaient leurs verres avant de le boire, comme un assentiment silencieux. Un partage universel. Elle finit par ouvrir les yeux sur un son de pas plutôt éloigné mais saccadé, rapide. Comme une fuite. Elle ne sut pas ce qu'il c'était passé, simplement témoin du changement d'expression de Weiss qui retrouvait son sourire avant de s'adresser à elle.

▬ Abygaïl, me feriez-vous l'honneur de vous présenter à la future sélection du Conseil ? Je serais ravis qu'un jour, nous puissions protéger ce qui nous est cher, ensemble.

Le Conseil des élèves? Une future sélection? Elle n'en avait pas entendue parler. En même temps, elle n'y avait peut-être tout simplement pas prêtée attention. Son regard restait quasi impassible bien que la surprise était décelable dans son attitude. Une telle proposition, elle ne s'y était pas attendue. Surtout, elle ne se pensait pas digne d'occuper une telle place, pas capable de remplir un tel rôle. Cependant, il y avait des mots qu'il avait utilisé et qui a nouveau faisait mouche. Protéger. Ce qui nous est cher. Ensemble.

L'important, ce n'était pas lui, elle, ni qui que ce soit. Non, l'essentiel était de rester ensemble, unis. C'était ce qu'elle avait oublié en se retrouvant plongée dans sa torpeur glaciale et que la réalité venait soudain lui rappeler. Elle n'était pas seule. Elle ne le serait jamais. Même en fuyant au plus profond de sa propre solitude, il y aurait toujours quelqu'un ou quelque chose, un jour, qui lui rappellerait cela. Et que durant son enfermement, volontaire ou pas, elle avait raté beaucoup des choses que peut-être, elle aurait pu modifier. Des vies qu'elle aurait pu sauver, simplement grâce à un peu plus de volonté.

Une ébauche de sourire, une esquisse d'expression sur son visage de marbre. A peine une impression mais cela était loin d'être négligeable. Elle aurait voulu faire mieux mais pour l'instant, c'était tout ce dont elle était capable. Le reste viendrait, petit à petit. Après tout, ne dit-on pas que le premier pas est toujours le plus dur? Elle avait touché le fond, maintenant elle avait trouvé la force d'y prendre appui pour enfin remonter vers la surface. Plus forte. Du moins, elle l'espérait.

"- J'y penserais. Et je pense que... Oui, je le ferais... Pour ce qui nous est cher...."

Elle avait hésité sur le début de sa réponse mais la fin lui avait parut une évidence. Ce projet, c'était exactement ce qu'elle recherchait. Et à plusieurs, ils ne pourraient que se montrer plus forts. Solidaires. Des soutiens mutuels.

"- Vous jouez très bien de la musique. C'était très joli. Et je pense que cela à fait beaucoup de bien à tous les gens présents. Alors je vous remercie, de leur part mais aussi pour moi."

Pour la première fois depuis le début de leur discussion, elle ne se contentait pas de répondre à une question. Elle prenait une initiative. Oui, doucement, elle émergeait de cette nuit glaciale qui avait manquée de l'engloutir totalement. Elle ne savait pas si les gens du Bar Scolaire partageaient en effet tous son avis mais elle était sincère pour son compte, et c'était tout ce qui comptait à ses yeux.
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Re: Un verre pour continuer de croire, mais à quoi? - Lun 16 Sep 2013 - 1:13
Soif... Oui, c'était bien ça, le jeune homme avait soif. Sa gorge commençait à le brûler, au point que l'air passant par ses poumons lui semblait chaud et éreintante. Il paraissait serein à l'extérieur, alors qu'à l'intérieur c'était tout le contraire, tout semblait si... Bousculé. Son estomac se serrait petit à petit, son coeur battant d'inquiétudes vis-à-vis de Popola qui s'était enfuie, en larmes. Son rythme cardiaque accéléré, ses tympans lui faisaient mal à chaque passage de son sang, sa main droite, qu'il venait de plonger dans la poche de son pantalon, continuant de trembler légèrement, discrètement, mais assurément. Rares étaient les moments où Weiss pouvait vivre un tel instant, où il se passait à la fois beaucoup de choses, pour rien, ou presque. Il tentait de rester calme face à Abygaïl puisque, après tout, il ne voulait pas laisser la tristesse de certains instances dans sa vie passée ressortir, pas après tant de paroles visant à la réconforter. Il cherchait alors du regard quelque chose à boire, voyant chaque personne présente ici-bas accompagné d'un verre. N'y avait-il pas de verre pour lui ? Il se serrait doucement la gorge avant de la racler, écoutant alors les paroles de l'indienne.

Elle semblait avant toute déconcertée par ce qu'il avait dit un peu plus tôt, sur le fait qu'il l'invitait ouvertement à rejoindre le Conseil des élèves de Deus Académia, rejoindre ses côtés. Cela demandait beaucoup de réflexions, pour prendre une telle décision. Autant de son côté que celui de Weiss. Néanmoins, elle ne refusa pas, hésitante au début, mais certaine à la fin, et c'était ce qu'espérait le jeune homme. Gardant le sourire, heureux qu'elle ait acceptée. Sa gorge continuait de le démanger, le forçant à froncer un petit peu les sourcils, ses tremblements ayant cessés, se permettant se retirer sa main de sa poche afin de ne pas rester impoli. C'est alors qu'elle le complimentait, sur sa manière de jouer, ainsi que sur la musique. Il ne pouvait empêcher ses sourcils de se redresser, paraissant surpris aux premiers abords, alors qu'elle le remerciait pour ce petit instant musical où les sentiments pouvaient s'exprimer dans leur coeur. De son expression surprise se détachait alors un sourire bien différent des autres, un sourire où il était content, comme quand on est content lorsqu'on nous remerciait d'avoir fait une bonne action, d'avoir fait quelque chose de bien... Il faisait un clin d'oeil à Abygaïl en gardant le même sourire.

▬ Pas de soucis, c'était le but recherché après tout. Et par pitié, tu peux me tutoyer, je ne suis pas si vieux que ça ha ha ha.

Ce rire était peut-être de trop, comme s'il en demandait beaucoup trop à sa voix assoiffée, le laissant un peu dans une douleur silencieuse et invisible. Il finit par passer sa main sur son pantalon afin de retirer les plis s'étant formé lorsqu'il était assit, avant de saluer Abygaïl.

▬ Bien, je dois me rendre à mon travail journalier. Bonne journée à toi, Abygaïl. Au plaisir de te revoir.

Faisant signe de la main, à la fois à l'indienne et à Becky la Barman, il finissait par marcher lentement en direction de la porte de sortie, la poussant d'une main avant de voir le soleil s'être totalement levé depuis qu'il était entré dans le bar scolaire. Ayant prit l'une des nombreuses issues de la salle, il s'était retrouvé sur un des points élevés de l'académie, le laissant alors une large vision sur la grande place de l'établissement. A sa surprise, une main lui était tendue depuis le côté, avec entre ses doigts un verre rempli d'eau. Il haussait les sourcils avant d'apercevoir une autre femme aux cheveux écarlates, le dos reposé contre le mur, les yeux posés dans le vague alors qu'elle tendait le verre à Weiss. Il prenait le verre entre ses propres doigts, le serrant, avant de poser son dos sur le mur en face, laissant ses fesses tomber sur le sol en douceur, alors qu'il contemplait le liquide transparent.

▬ ... Tu étais là ?
▬ Non, mais Popola m'a tout racontée.
▬ Je vois...

Il dessinait du bout de son index le contour de ce verre, sa vision se perdant, ne se concentrant plus réellement sur ce qu'il voyait, mais sur ce qu'il a déjà vu par le passé...

▬ Weiss... Ce n'était pas de ta faute...
▬ ...

Plick - plick

Il écoutait la soeur de Popola, Devola, lui dire que ce n'était pas de sa faute, alors que des larmes coulant du visage du jeune homme tombaient directement dans le verre d'eau. Il n'avait plus envie de cacher quoique ce soit, pas même à son amie d'enfance, déposant le verre d'eau sur le côté avant de poser sa tête contre le mur, passant sa main sur son visage et la laissait au niveau de ses yeux, les fermant alors qu'il laissait les larmes tomber, dans un silence lourd...

▬ Putain... J'ai soif...
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Re: Un verre pour continuer de croire, mais à quoi? - Lun 16 Sep 2013 - 9:41
Certes, sa réponse n'avait pas été des plus franche. Il avait du connaitre des gens bien plus démonstratifs et plus enthousiaste devant une telle proposition mais elle n'avait jamais été du genre à sautiller sur place en criant de joie non plus. Déjà, elle avait été capable de donner une réponse et, même si elle ne savait pas exactement en quoi consistait ce fameux Conseil, elle savait qu'elle ne reviendrait pas sur sa décision. Seule, elle ne serait jamais assez forte pour protéger comme elle voudrait le faire ceux qui en avaient besoin. Ensemble, ils pourraient enfin réussir à œuvrer pour le plus grand nombre et, bien qu'elle se doute qu'elle ne parvienne jamais à atteindre son objectif, au moins ainsi, elle pourrait s'en rapprocher au plus près. TOUT protéger, c'était en effet un peu beaucoup trop pour simplement ses deux pauvres épaules.

▬ Pas de soucis, c'était le but recherché après tout. Et par pitié, tu peux me tutoyer, je ne suis pas si vieux que ça ha ha ha.

Un léger sourire au coin de ses lèvres apparut tandis qu'il riait, en faisant visiblement un peu trop mais ce n'était pas gênant en soi. Décidément, elle n'avait vraiment pas reçue la même éducation que tous ses gens. Mis à part Alexander et un ou deux professeurs, tout le monde lui faisait cette remarque. Et le pire dans tout ça, c'est qu'elle avait beau essayé, par réflexe, elle en revenait toujours au vouvoiement. Bon, cela lui ferait quelque chose en plus sur lequel se concentrer, afin de reculer le froid toujours présent mais bien plus contenu qui s’insinuait toujours en elle.

"- Je ferais des efforts là-dessus, c'est promis, même si je ne promets pas un résultat rapide. Chassez le naturel, et il revient au galop comme on dit. Mais comme vo... tu n'es pas le premier à me dire cela, je devrais finir par y arriver, un jour."

▬ Bien, je dois me rendre à mon travail journalier. Bonne journée à toi, Abygaïl. Au plaisir de te revoir.

"- Dans ce cas, je n'ai plus qu'à te souhaiter une bonne journée. Le plaisir d'une prochaine rencontre sera partagé, ce sera avec joie. Et encore merci...."


La jeune apprentie déesse ne bougea pas, observant le jeune homme aux cheveux blancs s'éloigner avant de sortir du Bar Scolaire, disparaissant de son champ de vision. Son regard fit alors le tour de la salle et finalement, cette grisaille épaisse qui avait tout enveloppé à son arrivée, elle ne la reconnut pas. Tout n'avait pas retrouvé ses couleurs vives et pleines mais ce n'était plus un épais rideau qui semblait tout lui cacher, simplement un film léger, posé sur son propre regard, qui changeait sa perception des choses. Sur la table, les deux tasses de thés vides trônaient toujours à côtés de sa première commande. Elle observa la tasse qui ne fumait plus autant mais était encore bien assez chaude pour en boire le contenu.

Se rasseyant, elle la prit entre ses doigts et retenta l'expérience. La boisson était toujours très corsée mais ce n'était plus cette agression qu'elle avait eu l'impression de subir en se forçant à l'avaler à son arrivée. Après deux gorgées, le gout et l'arôme finirent même par se rendre agréable, révélant un fond un peu sucré. Finalement, ce n'était pas si mauvais que ça, même si elle n'en boirait pas tous les jours. Enfin, elle prit le temps de terminer sa tasse avant de ramener tous les récipients directement au Bar, ce qui surprit franchement la dénommée Becky. Passé cet instant de surprise, elle lui sourit et la jeune fille tacha de lui rendre son expression joviale. Elle ne dut pas vraiment réussir mais au moins, elle avait essayé.

Maintenant, elle aussi se dirigea calmement vers la sortie, un dernier regard pour le piano, la salle, et les gens qui continuaient de rire et de discuter plutôt bruyamment autour d'elle. C'était drôle, elle ne les entendait pas lorsqu'elle était entré. La précolombienne était donc remonté de si loin pour parvenir à présent à vraiment prendre conscience de son entourage? Peut-être, ou pas. Dans tous les cas, pour l'instant, elle n'avait plus rien à faire ici. Alors elle passa le pas de la porte et se retrouva dans le couloir, cette fois parfaitement éclairé par la lumière de l'astre diurne. Ah, elle ne pensait pas être restée aussi longtemps à l'intérieur. Un instant, elle se contenta d'observer le paysage, fermant les yeux pour laisser son domaine divin se réveiller doucement, sa conscience effleurée par la présence de tous ces animaux à l'esprit calme et serein.

Un léger bâillement lui échappa et finalement, lui fit prendre la direction de sa chambre. Il y avait longtemps qu'elle n'avait pas dormi pour de vrai. Pour de bon. Alors, maintenant qu'elle était dans un meilleur état d'esprit, autant essayé. Elle ne mit pas longtemps à rejoindre ses pénates et à peine se fut-elle allongée sur son lit que le sommeil l'engloutit, offrant enfin à son corps et son esprit un repos amplement mérité.
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Re: Un verre pour continuer de croire, mais à quoi? - Mer 18 Sep 2013 - 23:57

Maiiiiis je les voulais saoules les présidents moiiii D: Toute cette conversation aurait pris une tournure tellement WTF et ç'aurait pu varier l'ambiance xD Non, c'était un rp bien sympa à lire, j'aurai bien vu un truc délire avec Weiss pour une fois, mais bon. Pense à le faire à l'avenir è-é


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Un verre pour continuer de croire, mais à quoi?
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