Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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 « Tu me plais. Soyons amis ! » [PV Atios]

 
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« Tu me plais. Soyons amis ! » [PV Atios] - Jeu 9 Mai 2013 - 19:39
La résurrection est une idée toute naturelle ;
il n'est pas plus
étonnant de naître deux fois qu'une.








Rien n'est plus ordinaire et normal que de vivre puis de mourir. Pourtant, lorsque l'on meurt, on ne comprend pas forcément pourquoi il en est ainsi à ce moment. On sait qu'on s'en va, mais on n'admet pas pour autant qu'on a terminé d'apprendre. Terminé d'agir. Terminé.

La violence de l'arrêt cardiaque avait secoué Yôko de tout son être avant sa mort. Elle n'avait pas vraiment eu le temps de réfléchir ou de comprendre, à peine celui de réaliser la douleur qui s'était brutalement immiscée dans chaque recoin de son corps. Si la naissance n'était que souffrance, alors la mort pouvait en être tout autant, n'est-ce pas ? C'était prévisible, sans doute, bien que l'instant précis où on passe de l'autre côté l'est moins. Cependant, cela aurait certainement été trop simple de pouvoir prédire ce qu'était la mort, ce à quoi elle menait. Et parmi tous les chemins qu'une âme puisse emprunter, selon l'imaginaire de l'Homme, il en existait bien un auquel la jeune Yôko n'aurait jamais pensé : la possibilité de vivre une "seconde vie".


« Meow... ? »


Non, loin de là l'idée de voir feu l'humaine se réincarner sous un aspect félin. C'était un petit cri qui lui échappa tout de même, inattendu et surprenant. Ses paupières s'ouvrirent en grand, de sorte à ce qu'elle passe pour hallucinée, mais trop inquiète que sa vision ne disparaisse, elle ne voulait pas les fermer. Ses pupilles scrutaient, analysaient ce qui l'entourait, alors qu'elle était allongée à même le sol froid. De la pierre, certainement. De la pierre, ça fait partie de son monde. Par conséquent, peut-être que ce qu'elle avait vu n'était qu'un mauvais rêve.

Pourtant, ça n'avait pas l'air faux. Ça aurait été tout Tora de demander la main de Yôko, et tout elle d'en rire. Oui mais quand même, le suicide paraissait bien surréaliste, son ami ne pouvait avoir un tel courage pour une fille ; pour elle. Ses dents immaculées mordillèrent un bout de sa lèvre inférieure. C'était un peu douloureux, donc ça devait prouver que c'était vrai. Mais dans ce cas, que faisait-elle ici ?

Soudain, l'évidence lui sauta au visage, et elle se paralysa, comme attachée de liens invisible. Un enlèvement ! Oui, un enlèvement, ça ne pouvait être que ça ! La jeune fille déglutit, se forçant à fixer le plafond du bâtiment. De toute évidence, une rivale avait fait le coup. Ou un fan vraiment dérangé. Ah, il ne fallait pas exclure l'existence d'un psychopathe pervers non plus... L'idée plut à Yôko. Oui, un psychopathe, c'était plus crazy, plus dangereux. D'autant plus que sa curiosité serait exacerbée : pourquoi elle ? Dans le cas d'un fan obsédé par elle ou d'une rivale, les raisons étaient bien trop classiques pour un phénomène comme l'actrice. Oui, le psychopathe, ça le faisait vraiment.

Cependant, à peine une lueur naquit dans son regard que la jeune fille dût faire face à la déception. Enlever une fille pour la laisser en plan en plein temple - ça y ressemblait, à première vue - c'était presque craignos de la part d'un psychopathe. Pas crédible, comme bonhomme.


« C'est pas juste, ça ! »


La mine soudainement boudeuse, Yôko croisa les bras, toujours allongée par terre. C'était bizarre, et la situation qu'elle aurait aimé vivre ne collait absolument pas à ce qui se passait. Sinon, il y avait des vendeurs de confiseries dans les parages ? Elle n'avait pas faim, voulait juste faire une entorse à son régime. Juste pour bouder. Ou presque ; la saveur sucrée et douce de certaines confiseries lui manquait quand même. Et puisqu'il n'y avait pas de psychopathe, alors elle pouvait se déplacer comme bon lui semblait et acheter ce qui lui plaisait. Des bonbons.

Est-ce qu'on peut en trouver ici, dans ce temple ? D'ailleurs, on vénérait quoi dans cet endroit étrange ? Ça n'avait pas l'air très tokyoïte comme lieu de culte, voire, ça n'avait même pas l'air japonais. Ses yeux roulaient comme des billes dans ses globes oculaires, à la recherche d'un détail pouvant lui permettre de savoir où elle pouvait bien être. Peut-être rêvait-elle. Non, la pierre était froide dans son dos, et on ne ressent pas de froid quand on rêve. C'était étrange. Ce que Yôko avait vu, au parc, avec Tora, ça avait l'air pourtant si vrai.

La jeune fille serra des dents, frotta ses mâchoires l'une contre l'autre, les sourcils froncés. Elle ne savait plus distinguer le vrai du faux, elle ne comprenait rien du tout à la situation et, très franchement, cela ne lui plaisait pas du tout. Elle n'avait pas la moindre envie de partir à l'aventure pour savoir de quoi il en retournait. Elle n'avait pas envie de devoir faire des pieds et des mains pour rentrer chez elle – son appartement devait d'ailleurs être bien loin d'ici.


« Raaaaaah ! »


Tandis qu'elle poussait ce cri aigu, ses doigts se crispaient sur son visage et elle tapait des pieds autour d'elle, aléatoirement, son petit corps s'agitant en tous sens. L'on aurait dit une hystérique. Une dérangée.


« Mais qu'est-ce que je fous lààààà ?! »


Elle se raidit d'un coup, sentant un regard pesant se poser sur elle. On voulait la manger ? En écartant deux de ses doigts, elle put apercevoir qu'un jeune homme regardait dans sa direction. Elle le jaugea un instant, avant de l'indiquer de son index, le bras lentement tendu vers lui.


« S'il te plaît... Où je suis ? »


Sa voix s'était soudainement fait toute petite, ce qui l'étonna d'ailleurs. Elle paraissait presque effrayée. Enfin, le plus facile n'était-il pas de demander son chemin pour rentrer chez soi ?

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Re: « Tu me plais. Soyons amis ! » [PV Atios] - Jeu 9 Mai 2013 - 21:11
C'est quoi, des souvenirs ? Est-ce forcément des images ? Nettes? Ou alors, n'est-ce pas plutôt aussi, des sons, des sentiments, des couleurs ? Il ne pensait pas que sa mémoire puisse être plus encore, totalement tordue. Oh, Atios.. Combien de temps as-tu vécu ?

Te souviens-tu de tes anciennes vies ? D'autres ne s'en souviennent que d'une seule. Toi, on t'a forcé à te souvenir de tout ce que tu as dû être par le passé. Le feu, l'acier, le sang. La peur, la mort, le combat. La guerre. Les batailles. Tout cela ne pouvait pas logiquement faire écho à ce que tu avais été, à l'époque contemporaine. Quand ta maman t'a dit : "nous allons au Japon", tu avais été plus terrifié que lorsqu'on avait pu te cogner dessus, à l'école. Partir d'un extrême à un autre, traverser les lignes, les épreuves, remplir les failles pour mieux s'y infiltrer, avancer là où les gens abandonnaient..

C'est quand tu la vis, allongée au sol, que tes pupilles se dilatèrent. Elle était donc morte. Des cheveux roses. Un petit corps trop parfait pour une starlette au caractère bien trempé. Mais elle était une contemporaine. Yôko .. La question était de savoir pourquoi diable se souvenait-il encore de son prénom. Mais cette vue avait le mérite de le faire se sentir moins vide, moins léthargique, dans un univers où ils étaient désormais deux opposées. Se souvenait-elle, du jeune homme qui s'était enfui, après qu'elle lui ait fait un attouchement digne d'un harceleur sexuel? Pourrait-elle croire que le petit collégien, était en fait la réincarnation d'un roi du passé ?

Ils n'avaient jamais pu se parler. Atios, Atios.. Atios .. Désormais, Arthur regardait sa dernière incarnation .. Donc, il aurait été un lâche, s'il avait pu être un être humain normal ? Enfin .. Un lâche.. Il se souvint pourquoi il était mort désormais. Le roi passé, présent et futur. Celui qui pour toujours, régnerait. Celui dont on attendait le réveil. Ah, ça pour avoir sommeil, il avait à nouveau sommeil. Retirer l'épée d'or, encore une fois, s'en servir comme la clef dans la serrure du futur pour permettre aux autres d'avancer.. Ce rituel était vraiment une malédiction qu'il était à la fois fier et exténuait de porter. Que devait-il faire ? S'avancer ? La saluer ? Lui dire que ça faisait longtemps ? Elle devait être celle qui lui avait donné cette facilité à embrasser les autres.. Le liraient vous, ceux qui l'accusaient de violer les lèvres ?

Ils étaient si différents. Elle était toujours plus âgée. Et lui, était à jamais, figé à ses 19 ans. Il ne portait plus sa tenue de lycéen qu'il avait à sa mort. Il n'avait plus aucun rapport avec ce qu'il avait pu être au collège. Un petit Occidental dans une mer d'Orientaux et d'idéogrammes, de termes inconnus. Il était la consécration d'un combat qu'il ne pouvait fuir.

Et dire qu'il était mort pour sauver ses camarades lycéens .. Peut-être était un réflexe normal, de la part de quelqu'un qui avait été sauvé par la même demoiselle perdue au sol, baignée par la lumière du soleil du créateur de toute vie, dans ce temple où ils étaient tous deux des messagers et des représentants. Il faisait chaud, à l'extérieur. Malgré tout, le temple aux proportions de cathédrale restait frais, plongé dans l'obscurité, où le diffus mélange de couleurs s'échappait des vitraux, sous l'impulsion d'une boule enflammé, haut perchée dans un ciel à la fois découvert mais quelque peu nuageux, aussi, la jeune demoiselle devait, contrairement à lui, avoir froid.

Oh, lui .. Il portait un long manteau noir, qui flottait sur sa fine silhouette. Une longue écharpe rouge, flottante au gré de la légère brise s'infiltrant par l'ouverture géante du temple. Les bras croisés, l'un d'entre arborant un brassard affichant son statut dans l'école. Un pantalon terne, un t-shirt blanc, décoré de deux lignes rouges se croisant sous l'épaule droite. Des chaussures simples, de ville, sombre. Oui, le dieu de la lumière, malgré un soleil brûlant, restait ... Peu lumineux. De toute façon, elle ne reconnaîtrait pas son regard.

Atios était bien Atios. Mais Atios était aussi Arthur. Et sûrement un être aux multiples souvenirs. L'assemblage donnait un regard creux. Vide. Fatigué. Empli de néant, d'un désespoir contrôlé et mûrement réfléchi, réaliste.. Froidement pragmatique. Heureusement, son regard tranchait avec ses traits, qui pour une fois, étaient animés de curiosité. Yôko aurait peut-être le mérite de lui faire se sentir plus vivant.. Et puis, il lui devait quelque chose. Aussi infimes soient leurs liens, ils s'étaient connus l'un l'autre, par le passé. Il lui devait au moins ça. Comment devait-il agir ? Que devait-il dire ? Naturellement ? Qu'est-ce que c'était, que d'être naturel ?

Qui était Atios ? Ce qu'il voulait être ? Ce qu'il était ? Ce que les autres voyaient de lui ? Ou un peu de tout à la fois ? Si elle était ici, c'est qu'elle était morte. C'était fâcheux. Car lui, n'avait pas oublié Yôko, les mois où il avait croisé la starlette. Après tout, lui n'avait jamais brillé de son vivant, mais il avait fait parti de ceux qui avaient directement les moyens dans les mains. Le "Kurokami" dans son nom, n'était pas sorti de nulle-part. Il aimait faire croire qu'il était fictif, mais il avait bel et bien était adopté par ce clan qui lui avait donné tout ce qu'il avait voulu. Et de nombreux mauvais souvenirs. Et il n'avait jamais pu perdre de vue la demoiselle qui voulait devenir une star montante du cinéma. Mais il était mort avant de pouvoir la revoir. Et finalement, ils se revoyaient ici ?

Une minute .. Il avait su qu'elle avait un ami très proche d'elle ? Où était-il ? Pas ici, du moins. Il ne pensait pas avoir reconnu le nom de celui-ci dans ses papiers administratifs. Il soupira. Ce n'était pas vraiment ses affaires, normalement. Mais il se sentit pris d'affection pour la demoiselle. De toute façon, au diable les convenances, il ne pouvait s'empêcher de haïr l'univers tout en l'aimant. Il en allait de même, pour cette demoiselle au caractère très .. Casse-pied.. Aussi, il soupira, résigné et avança, d'une démarche lente mais assurée. Bien plus assurée par le passé. Ce n'était pas le fourreau mystique à sa ceinture, l'épée d'or, qui le ralentirait. Une démarche naturellement royale ou princière, en fonction de vos affinités. De toute manière, il avait été les deux.

Posant un genou à terre, le regard impassible, il attrapa la main tendue de ses frêles doigts pour mieux refermer la petite main de Yôko.

À ce que je vois, ma chère, tu n'as toujours pas appris la politesse.

Sec, cassant. Désagréable ? Pas vraiment. Une certaine affection transparaissait dans ce reproche qui se voulait logique. On ne pointe pas du doigt les gens. Avec douceur, il pose sa seconde main près du dos de la demoiselle et la relève avec douceur. Comme un prince l'aurait fait avec une fille, en quelque sorte. On se reniait pas. Il lui fit un très léger sourire. Il ne parvenait pas à se lâcher. Parce qu'il savait que s'il était trop proche de la demoiselle .. Non, il ne valait mieux pas savoir ce qu'elle lui ferait. Il fallait rester un minimum ferme pour qu'elle lui saute pas au cou. Lâchant la main, le jeune homme s'avança vers la statue inanimée de celui qui les avaient rappelé à lui.

Je ne sais pas si tu m'as reconnu. Néanmoins.. Yôko Mori, tu es à la Deus Academia.. Deus t'a appelé à son service en tant qu'apprenti-déesse de la mort. Ton rôle, en tant qu'apprentie, sera de devenir forte. Et de protéger les êtres humains du mieux que tu pourras, conformément à la volonté de Deus. Et par protéger, ça sous-entend notamment les conduire à bien se comporter. J'imagine que ça sera difficile de ton côté.

Atios se retourne, un sourire entendu et provocateur sur le visage. Oh, là, il avait clairement changé. Posant ses mains sur ses côtes, il la fixe, un regard profondément amusé. Dire qu'il disait ça à Yôko ...

Je suis Arthur "Atios" de Bretagne, Kurokami, vice-président du conseil des élèves de cette école.. Et Président du Conseil des élèves par intérim. Puisque tu m'as connu sous le prénom d'Atios, j'aimerais que tu continues de m'appeler ainsi, si possible.

Avançant naturellement vers celle-ci, il lui reprit la main et la fit avancer, comme en référence au passé, vers la sortie du temple, pour lui faire voir la lumière du jour. Les cours étant commencés, l'école était relativement calme, aussi, elle put seule, accompagnée du vice-président, contemplée la vue de la place de l'horloge et de la gargantuesque bâtisse.

Tu devras suivre des cours et suivre un règlement que je me charge de faire appliquer. Autant de culture, que de magie. Et puisque je sens que tu risques de me le demander, je suis une divinité de la lumière. Mais tu n'en sauras pas plus, parce que de toute manière, on ne se verra pas beaucoup. Te connaissant, tu te feras pleins d'amis dans l'école et tu auras trop à faire, miss starlette et moi, j'ai beaucoup à gérer, surtout depuis que mon supérieur est parti en vacances.

Et surtout, des amis, ils n'en voulaient plus. En fait, les gens, il ne pouvait plus s'empêcher de les rejeter désormais. Yôko ne ferait pas exception, même si finalement, il se sentait rassuré par une présence qui lui permettait de se sentir comme avant, un garçon de 14 ans, perdu dans une mégalopole tokyoïte.

Mais pour le moment, le protocole m'impose de te faire visiter et de t'assister dans ta découverte de l'école. Alors, j'imagine que pour quelques heures, tu peux me demander de rester avec toi.

Depuis quand Atios était-il devenu ainsi ? L'espace et le temps les avaient séparés, en même temps que les circonstances. La lumière avait vu contempler la mort grandir, sans qu'elle ne le remarquât. Et désormais, la mort se retrouvait face à une lumière insoupçonnée.. Mais connaissant le caractère de sa "connaissance", les ennuis ne faisaient que commencer.


Dernière édition par Kurokami Atios le Ven 10 Mai 2013 - 17:31, édité 1 fois
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Re: « Tu me plais. Soyons amis ! » [PV Atios] - Ven 10 Mai 2013 - 16:31

Le doigt tendu, Yôko ne bougeait plus, fixant les yeux bruns du jeune garçon. C'était un regard qui l'avait surprise. Un regard fermé qui la transperçait. Elle ressentait de petits picotements dans sa poitrine, estima rapidement que c'était dû à la situation inexplicable dans laquelle elle s'était fourrée. De toute manière, la petite délurée n'aurait pas admis que cette personne l'avait déstabilisée, impressionnée. Quelque chose entourait sa silhouette svelte, drapée d'une sorte de manteau. Quelque chose de fort et de lumineux. C'était cela que l'on appelait "aura" ? C'était étrange, pour la jeune fille. Peut-être se trompait-elle, peut-être n'avait-elle pas assez dormi.

Sa main gauche glissa de sa joue jusqu'à l'une de ses couettes roses, qu'elle caressa du bout des doigts avant de s'arrêter au ruban. Le temps semblait arrêté. L'instant éternel. Que devait-elle penser ? Cette personne était un peu effrayante en soi, quand même. Mais ce qui l'entourait invitait à l'approcher. C'était doux, chaleureux, bien qu'un peu piquant. C'était un mélange d'impressions, vraiment. Qu'en penser ? C'était effrayant. Donc, en fait ; c'était cool !

Enfin, il approchait, d'une démarche altière. Ah, il n'avait donc pas été inquiété par le cirque de Yôko. Tant mieux. Elle aurait peut-être rapidement sa réponse. Mais en fait, non. Alors qu'il refermait la main de la demoiselle entre ses doigts chauds, il lui parla de politesse. Elle cligna des yeux, en ne prêtant qu'à moitié attention à ses paroles. Sa voix était plus importante, elle était agréable. Et bizarrement, elle ne lui était pas inconnue. Ce n'était rien, elle en avait tant perçu par le passé. Et puis, plus important encore, il faisait preuve de galanterie. C'était beau comme attitude, ça la mettait en valeur. Donc ça lui faisait plaisir. Et un petit sourire naquit sur son visage, tandis que ses joues s'empourprèrent légèrement. L'espace d'un instant, elle se prêta au rôle d'une petite princesse. Un rôle qu'elle n'avait jamais pu incarner dans sa carrière mais qui, finalement, n'était pas désagréable.

Ce garçon, pensait-elle, devait bien avoir un harem de groupies à ses trousses. Pourtant, aujourd'hui et maintenant, il était bel et bien seul. Qui plus est, il lui accordait de l'attention, à elle, une petite inconnue trouvée au milieu d'un lieu de culte, lequel était assez vaste pour qu'on puisse l'éviter sans s'apercevoir de son existence. A moins qu'il soit un fan qui l'ait reconnue. D'ailleurs, ça devait forcément être ça. Ou alors un camarade de classe, de lycée. Sinon, pourquoi parlerait-il d'elle de la sorte. Qui était-il, vraiment ? Trop de mystère tuait le mystère, c'en devenait déplaisant. Les sourcils froncés, Yôko fit une petite moue tandis qu'il l'aida à se relever. Et si, sous les beaux airs de prince se cachait un affreux crapaud ? Ça serait bien embarrassant, pour elle, de tomber sur ce genre de personnes alors qu'elle ignorait tout de ce qui se passait.


« Plaît-il... ? »


Elle prononça ces mots à mi-voix, tandis qu'il souriait faiblement. Elle l'amusait ? En tout cas, il rompit le contact physique entre eux, avant de se détourner d'elle. Quoi, il se moquait ? Cela la piqua légèrement. Yôko continua de faire la moue une fois sur ses deux jambes, entrelaça les doigts de ses deux mains avant de faire quelques pas à sa suite. Une grande statue leur faisait face. Une statue qu'étrangement, elle n'avait pas remarquée plus tôt. Par courtoisie, elle y accorda un certain temps d'observation – quelques secondes, en somme – avant de détourner le regard vers le garçon pour l'écouter. Bien qu'elle représentait une divinité, cette œuvre sculpturale n'était pour elle qu'un gros caillou.

Tout en écoutant, l'actrice hochait la tête, pour signifier qu'elle comprenait. Ceci dit, elle faisait nettement plus attention aux sonorités de sa voix. Pas encore celle d'un homme, mais elle n'était pas non plus celle d'un enfant. C'était joli. Chantant. Ou pas vraiment, mais c'était joli. Et finalement, des mots heurtèrent enfin son cerveau.


« Hein... »


Deus Académia ? Deus ? Apprentie déesse de la mort ? Reconnu ?
Elle leva un sourcil ; Il n'aurait pas fumé, celui-là ? Et comment ça, elle devait faire en sorte que les humains se comportent bien ? Elle posa les mains sur ses tempes, soudain en proie à la panique. Ses yeux étaient écarquillés. Mais... En fait, elle avait atterri dans un asile ; il ne pouvait pas y avoir d'autre explication. Ses dents blanches mordirent sa lèvre supérieure. Et...

Oh, ce sourire ! Il glaça le sang de la jeune fille. Psychopathe, psychosocial, psycho-délirant. Pour sûr, il avait un problème psychologique. Ne plus bouger, désormais. Peut-être que si elle adhérait à son délire et jouait vraiment la morte, il s'en irait gentiment et elle trouverait un moyen de rentrer à Tokyo. Et puis, le garçon se posta devant Yôko, dans une position de force. Elle allait mourir. Vite, ses prières... Et ses mains sur ses yeux, pour que ça passe plus vite encore.


« ... Atios... »


A... Tios ? Atios ? Cet Atios-là ? La demoiselle aux cheveux roses sursauta à ce prénom. Elle écarta les doigts d'une main pour le regarder de bas en haut. Cheveux bruns, visage occidental, aucune pilosité faciale. Effectivement, la ressemblance était troublante. Elle avait donc touché l'intimité d'un retardé mental... ? Il avait pourtant l'air bien normal, à l'époque. Ah mais bon sang, et en fait, elle n'y comprenait plus rien. Ecouter. Atios. Même si c'était fou. Il lui fallait saisir les moindres indices pouvant la rattacher à la réalité. A ce qu'elle avait saisi pour le moment, ils étaient dans un genre d'école et lui était gradé dans le comité de discipline. Ou un truc semblable, ça revenait au même.

Bon, "elle l'avait connu sous le nom d'Atios" signifiait clairement que c'était bien celui qu'elle avait connu. Elle n'en revenait pas, il avait plutôt bien grandi. Il n'était plus timide. Ni effarouché. Paraissait-il. Au contraire, les rôles semblaient totalement inversés, et c'était bien elle qui était complètement perdue et inquiète. Et s'il devenait méchant ? Parce qu'il s'était quand même enfui la dernière fois, parce qu'il n'était pas content. D'ailleurs, pourquoi n'avait-il pas été content ? C'était quand même classe d'avoir été dans une situation si intime et si rapidement avec une star de cinéma ! Il lui devait un minimum de reconnaissance quand même.

La main dudit Atios s'empara de la sienne, et Yôko se laissa docilement entraîner jusqu'à l'extérieur du temple. A première vue, effectivement, ça ressemblait à des bâtiments scolaires. Il ne mentait peut-être pas. Il n'était peut-être pas fou. Mais c'était si... étrange. L'idée qu'elle soit morte déjà, puis qu'elle devait encore étudier pour devenir une divinité. Et puis ce soleil, c'était très désagréable. Elle ne se sentait pas bien, comme si les rayons de l'astre du jour la chatouillaient, la picotaient. Et puis, ça chauffait... Un peu trop. Elle ne se sentait vraiment pas bien et, instinctivement, elle relâcha la main de son guide pour faire quelques pas jusqu'à l'ombre.

Ça allait un peu mieux, et Yôko pouvait de nouveau tenter de suivre les explications du jeune homme. Il disait être un dieu de la lumière. Du coup, cela la surprenait moins d'avoir vu cette "aura" brillant autour de lui. Cela la surprit davantage de commencer à croire à sa version. Mais bon, pourquoi pas, en fait ?


« … parce que de toute façon, on ne se verra pas beaucoup. »
« Mais... »
« Te connaissant, tu te feras pleins d'amis dans l'école et tu auras trop à faire, miss starlette et moi, j'ai beaucoup à gérer... »
« Mais je veux pas ! »


Ça l'avait pris d'un coup. Elle refusait qu'il parte si vite, qu'il l'abandonne ainsi. Ça serait la seconde fois qu'il prendrait la poudre d'escampette, et elle n'avait certainement pas envie que ça arrive. Ah non. NON. Pas question. La colère mêlée à la peur montèrent doucement en Yôko. Ses joues commençaient à rougir.


« Mais pour le moment, le protocole m'impose de te faire visiter et de t'assister dans ta découverte de l'école. Alors, j'imagine que pour quelques heures, tu peux me demander de rester avec toi. »


Et pouf, plus rien. A part un "youpi" intérieur qu'elle s'empêcha d'exprimer à voix haute. Ceci dit, elle se permit de montrer sa joie d'une autre façon. Sous un certain angle, on pouvait dire qu'Atios venait de s'offrir un nouveau collier en prononçant ses paroles. Un collier composé de deux bras fins, dont les mains serrées formaient un solide fermoir. Et pendait Yôko au cou du garçon.


« Eh ben, t'as quand même pris pas mal de hauteur depuis le temps... C'est cool ça. ♥ »


Elle se voyait déjà se balancer de gauche à droite, et cela la fit pouffer. Bon, ça n'était pas comme s'il ne s'y attendait pas. Et puis, il avait vécut en même temps qu'elle au Japon, n'est-ce pas ? S'il lui prenait la main, alors cela insinuait clairement qu'il lui donnait carte blanche à la proximité. Oh, c'était amusant, l'au-delà. Ou la Deus Académia. Ça revenait au même, elle était morte. Et apprentie déesse de la Mort. C'était vraiment amusant ça, une morte qui contrôle la mort.

Et ce soleil qui lui tapait sur la tête. Agacé par les rayons lumineux, elle desserra vite son étreinte et se faufila quelques pas en arrière, à l'ombre d'un arbre. Comment ça se faisait ?


« C'est horrible... Le soleil est dangereux ici ? Pourquoi ça ne te dérange pas, toi ? »


Apprenti dieu de la lumière, c'est lié au soleil. Question bête, tant pis.


« Je ne peux pas bouger, non ? Comment je fais ? Je mourrai encore ? Et puis, tu ne partiras pas, promis ? Emmène-moi tout voir, s'il te plaît. Ça a l'air génial en fait, je veux tout voir, tout tout tout ! S'il te plaît Atios, montre-moi les endroits amusants ! Et puis, un apprenti dieu, ça mange, ça boit, ça dort ? En quoi c'est différent d'un humain ? »


D'un coup, le moulin à paroles était lancé. Yôko avait tant de questions à poser à Atios, sur cet endroit, sur eux, sur lui, sur tout en fait. Sa curiosité avait grand besoin d'être satisfaite, puisque ces quelques minutes à ne rien savoir ni comprendre avaient été une torture pour elle. Oh non, il n'aimait pas qu'elle soit impolie. S'en rappelant, elle joignit ses pieds, ses mains devant elle, et s'inclina autant qu'elle le pouvait, ses couettes volant au-dessus d'elle à ce moment.


« S'il te plaît, Atios-kun, apprends-moi tout ça. Je m'en remets à toi, prends soin de moi. »


Timidement, elle releva un peu la tête et risqua un regard mignon dans sa direction. Peut-être qu'il serait gentil, si elle agissait de la sorte. Elle guettait sa réaction. Et en même temps, elle avait envie de bonbons. Mais elle se doutait qu'il valait mieux prendre son mal en patience. Et rester avec Atios pour le moment. Il était le seul lien avec la réalité auquel l'actrice pouvait s'accrocher pour le moment, son seul et unique repère. Atios était précieux. Et même inestimable pour elle.

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Re: « Tu me plais. Soyons amis ! » [PV Atios] - Ven 10 Mai 2013 - 18:52
Le saviez-vous ? Atios était quelqu'un doué d'une véritable empathie magique. Et liée à sa capacité de raisonnement, cela lui permettait assez facilement de se mettre dans le cœur des autres. Pour pouvoir comprendre quelqu'un et le rendre heureux, il est parfois nécessaire de se mettre dans la peau de celle-ci pour savoir ce qu'elle désire. Ce qui était troublant avec Yôko, c'était qu'elle voulait et en même temps, ne voulait pas. Certains désiraient l'absence de présence. Certains désiraient une présence, bien particulière. Ou des attentions de la part de celle-ci. La capacité d'apprécier cette personne, de lui faire ressentir. D'être avec quelqu'un. Aimer quelqu'un. Et son interlocutrice, il n'était pas certain de ce qu'elle voulait. Innocente, mais pas trop. Rusée, mais pas trop. Calculatrice, mais pas trop. Il était naturellement manipulateur, lui aussi, ainsi, il comprenait à quel point jouer contre lui-même pouvait être dur. Après tout, même lui ne savait pas facilement ce qu'il voulait.

D'un côté, l'arrivée, le retour de Yôko dans sa vie, était une véritable plaie. D'un autre côté, il ne pouvait s'empêcher de trouver rassurante, la présence de la demoiselle. Comme si elle était une valeur sûre, une valeur qui ne le trahirait pas. Mais admettons que Yôko soit véritablement gentille dans le fond... Atios détestait les gens gentils. Car, compter sur la gentillesse d'autrui, c'est se condamner à se retrouver déçu plus tard. Avoir confiance dans les autres ? Une belle arnaque. On ne pouvait compter sur personne. Ni croire les autres. Toujours prendre en compte l'éventualité qu'ils puissent mentir. Ou qu'ils nous mentent. Pour ne pas se retrouver déçu. Il ne voulait pas qu'elle se colle à lui. Cela serait douloureux. Dérangeant. Blessant. Repoussant. Il en avait déjà presque la nausée, à l'idée qu'elle puisse le faire. Parce que s'il acceptait d'apprécier ce contact, il risquait de s'affaiblir. De s'exposer à la douleur, à l'absence de présence. C'était vraiment vicieux, comme façon de réfléchir, n'est-ce pas?

Mais le jeune homme, il le savait. Yôko était appréciable. Il devait être fragile, car il se sentait presque prêt à baisser sa garde face à elle. Il se sentait presque prêt à être lui-même. Mais personne n'avait besoin du véritable lui. On avait besoin d'un être fort, capable d'être bon en toute circonstance. Les masques étaient nombreux. Il pouvait porter tous les masques du monde ou presque. Mais personne, au fond, voulait le visage sous le masque. Qu'est-ce qu'elle voulait ?

Ah oui.. S'amuser. Et épancher sa volonté de câliner les gens. Elle était si simple, en comparaison avec lui. Cela lui donna encore une fois la nausée ; imaginer qu'elle puisse se satisfaire uniquement de ça.. C'était douloureux pour lui. Et puis, il devait rester professionnel. Être distant envers Yôko était presque une loi implicite de cette école. Une loi qu'il avait voulu briser avec Maya et qu'on lui faisait payer, désormais. Un couple parfait ? Oh, là, il avait vraiment envie de vomir.

Un abruti qui croit qu'on l'aime. Une pauvre petite princesse qui se fait manipuler et qui tue le responsable. Lui qui est obligé de le bannir. Voilà ce qu'avait été cette histoire. Un mensonge. Et ce n'était pas lui qui avait menti. C'est à lui qu'on avait menti. Depuis le début. Encore. Tu étais à leur tête, mais tu n'étais pas avec eux. Encore une fois, on te le reprochait. Encore une fois, il avait envie de s'isoler.

Oui, Maya avait eu pas mal de problème, à rester proche du populaire Atios. Encore que cette popularité avait baissé, ces derniers temps. Ou plutôt, elle avait changée. Moins héroïque que par le passé, il se chargeait de la tâche ingrate que de concierge politique de l'école. Les règles, elles étaient là pour être respectées. Et lui, il était là pour qu'elles soient respectées. Et ceux qui désobéissaient ou qui se rebellaient désormais, ils avaient été rosser par ses soins. Finir deuxième au concours de Mister Deus était un petit miracle en soi. Même s'il admettait que perdre ne lui avait pas plu, il comprenait pourquoi il n'avait pas été réélu. Pas assez de social. Trop d'exécution. Et puis, il s'isolait beaucoup plus que par le passé.

Il doutait simplement désormais, d'avoir le droit de profiter de la tendresse, fusse-t-elle empoisonnée, ou mensongère, de la part de celle qu'il devait conduire dans l'école. Aussi, comme prévu, celle-ci semblait encore lui donner une importance troublante et dérangeante. Elle voulait être avec lui. Elle voulait lui plaire. Pour mieux se servir de lui, sûrement. Une apprentie-déesse de la mort ? Alors que sa figure svelte était taillée pour représenter le mot douceur ? Décidément, Deus avait beaucoup d'humour. Les mains étaient fines. Les bras longs et filiformes. La peau soyeuse. Mais il se rappela aussi du sentiment qu'il avait perçu plutôt. Scepticisme, peur, un regard effrayé, incompréhensif. Puis, de la curiosité. Un mot lui revient au visage.

Inestimable ? Atios poussa un profond soupir, qui sembla porter des étincelles. Quelle hypocrisie .. Mais bon. Il ne pouvait pas lui reprocher de ressentir. C'était lui l'intrus qui captait les sentiments des autres. Pas elle, la fautive. Mais cela l'agaçait. Elle était d'apparence douce, charmante, joyeuse, agréable.. Voir désirable.

Tu n'as vraiment pas changée..

Mais lui, désormais, il pouvait voir par de-là les apparences. Et déjà par le passé, il avait pris peur face à elle. Désormais, ce n'était pas vraiment mieux. Il avait encore plus peur de comprendre cette demoiselle. Ou de s'approcher d'elle. Autant, il broyait les autres inconsciemment, autant ceux-ci, inconsciemment, le blessaient dans le fond. Les relations entre deux êtres, étaient vraiment compliquées, après tout. Et lui, il ne voulait plus s'approcher des autres. Quelque part, il ne voulait même plus être courageux pour les autres. Mais il n'avait pas le choix que d'aider les autres. C'était la raison de son existence divine. Son cœur n'avait pas à être blessé, il n'avait pas à saigner, ni même à douter, voir à être fêlé, brisé comme du verre fissuré. Sa langue claqua alors qu'il passa sa mains dans ses cheveux et qu'il regarda Yôko avec un regard dur, plutôt agacé, exprimant clairement une hostilité, un rejet.

Dans un mouvement très rapide, son bras se relevant vers le crâne de la demoiselle qui lui demandait à la japonaise, son aide. Comme une déchirure dans l'univers, la lumière d'or suivi le tracé de cette main et son mouvement, pour se matérialiser sous la forme d'une épée flamboyante, comme un symbole de justice, brûlante avec la ferveur d'une lumière plus douce et à la fois plus brillante que celle de l'astre solaire. L'acte était clairement agressif. Et elle semblait vraiment ne pas aimer la lumière. Aussi, le jeune vice-président du conseil voulait lui faire clairement comprendre une chose :

Je t'aiderais. Mais ce n'est pas par affection pour toi. C'est parce que celui qui t'a réincarné ici m'a lui-même rendu la vie pour que je le fasse.. Tu as désormais devant toi la preuve que nous ne jouons pas la comédie, dans cette école.

L'air s'était mis à vrombir alors que le vent avait soufflé, autour d'Atios, faisant voler ses mèche et son manteau, alors que l'air s'était remplie de volute dorée, douce et chaude, comme des lucioles ou des fées, qui sur leur passage, laissée une douce poussière d'or dans leur sillage. De la magie. Celle du vice-président du conseil. Elle exprimait plutôt bien le clivage que son origine vivait. Son but était d'être là pour les autres. Mais d'un autre côté, les autres l'avait bien blessé. Il n'avait plus personne sur qui compter. Et il n'avait plus envie de croire en quiconque.

Tu ne m'as jamais vraiment connu et tu n'imagines même pas à qui tu as affaire, Yôko Môri. Je ne te faisais pas confiance quand j'étais pratiquement un simple être humain perdu à Tokyo. Ce n'est pas aujourd'hui que je te ferais confiance. Je t'en dois une, malgré ton comportement. Et je suis obligé de m'occuper de toi. Mais c'est une fonction, pas une envie personnelle.

Elle aurait beau avoir l'air aussi mignonne qu'elle le voulait, le jeune homme était trop blessé par tous les derniers événements et lassé par sa lutte quasi-solitaire, pour pouvoir vouloir être doux, ou gentil. Le soleil, lui aussi, l'agaçait. Il aurait préféré rester enfermer dans sa chambre, ne plus en sortir. Faire en sorte qu'on l'oublie. Mais il n'avait pas le choix. Il était la tête pensante du conseil des élèves. S'il abandonnait, il s'effondrerait à nouveau en l'absence de toute cohésion.

Contrairement à toi, je préfère la solitude. Elle est moins douloureuse et vicieuse quand tu te l'infliges que quand ce sont les autres qui te frappent avec. Et si je n'ai pas cru en mon ex, ce n'est pas en une starlette gâtée, capricieuse, qui m'aura presque traumatisé par le passé, en qui j'aurai confiance. Le mieux serait que tu me considères comme ce que je suis : le vice-président du conseil et que moi, je te considère comme une simple élève. Parce que tôt ou tard, je te laisserais, car je m'isolerais de toi.

Il soupira en faisant disparaître l'épée de lumière, mettant fin au spectacle magique de ses lueurs d'ors. Il en disait beaucoup trop à quelqu'un qu'il voulait voir à mi-distance de lui. Qu'espérait-il, finalement ? Voulait-il vraiment la voir partir le plus vite possible ? Ou simplement se voilait-il la face ? Après tout, il n'était plus à une surprise prêt le concernant. Il était comme un puzzle éclaté. Ses sentiments, ses souvenirs, son existences.. Tout ceci était fragilisé et confus. Il avait dû être particulièrement dure avec quelqu'un d'aussi insouciant que Yôko. Il se mordit la lèvre, se sentant coupable, alors que son regard, légèrement fuyant et affreusement tendre, soudainement, vint jurer avec l'extrême froideur qui avait été son bouclier.

Désolé si je suis un peu dur. Je ne veux pas te faire du mal... Non, je ne veux surtout pas que ce soit toi qui m'en fasse. Je te guiderais, ne t'en fais pas.

Voilà qu'il recommençait à mentir. Pouvait-il vraiment s'avouer qu'il voulait vraiment qu'elle le colle ? Lui qui voulait dresser un mur entre son cœur et celui des autres ? L'arrivée de Yôko était vraiment une très mauvaise chose pour lui, quelque part. Elle remettait en cause cette lente et désolante chute dans l'apathie et le désespoir, le terreau fertile de la dépression qu'il tentait de combattre. Et le voilà qu'il se comportait comme une tsundere indécise. Il avait envie de se mettre des claques. Ou de fuir la starlette. Mais l'un ou l'autre était impossible. Aussi, devait-il trouver autre chose et bien se comporter avec la nouvelle. Deus, que devait-il faire ?

Pouvait-il être fier de son comportement ? Où était le Atios si sûr de lui à son arrivée ? Où était le prince charmant qui faisait fondre toute les demoiselles ? Ses mains étaient désormais plus moite que d'habitude. Indécis, comme toujours... Il prit une grande inspiration, après avoir tortiller ses cheveux des doigts de sa main droite. Se reprendre. Et agir correctement. Clac. Ses deux mains se posent sur ses joues avec fracas. Il respire un grand coup et s'approche avec lenteur de Yôko. Sa main, avance, incertaine, jusqu'au crâne de la demoiselle. Bon sang, elle était plus vielle que toi, idiot..

Si... Si je me sens bien avec toi, j'accepterais peut-être qu'on se voit à l'école. Peut-être... Quant au soleil, j'imagine que c'est parce que tu n'as pas d'affinité avec... Ceci fera l'affaire en attendant.

Comme une cape qu'on retire, le manteau noir vibra d'une légère teinte dorée alors qu'il fut enfiler sur le dos de Yôko. Néanmoins, celui-ci allait protéger la demoiselle des effets nocifs du soleil en les bloquant avant qu'elle ne soit atteinte.

Sache une chose, l'un de mes pouvoirs est de comprendre ce que les gens autours de moi ressentent. Si tu cherches à me faire un coup tordu, je le saurais.

Cela était bel et bien un avertissement. Après tout, elle était capable du pire, il en était sûr et certain.
Mais pourtant, après quelques hésitations, une certaine gêne transparaissant sur ses joues au travers de légère rougeur, il finit par caresser les cheveux de celle qui était décidément une grande gamine. Cela dura quelques furtives secondes, dans l'ordre de la dizaine à la vingtaine, mais c'était un effort considérable d'Atios pour montrer que finalement, il décidait de laisser une très infime chance à la demoiselle.

Et cet endroit n'est pas amusant. C'est un lieu d'étude. Certes, tu es là pour t'épanouir, mais tu es aussi là pour un jour protéger les êtres humains. Sinon, oui, tu as besoin de manger, de boire et de dormir, bien que peut-être qu'un jour, tes pouvoirs te permettront de te passer de tout ça, bien que je ne te le souhaite pas.

Il le savait bien.. Cela pouvait altérer avec force l'humeur, la personnalité, la forme. Manger, dormir, boire, tout ça, c'était humain. Et perdre son humanité... Cela menait au désespoir et à la souffrance. Et lui ne voulait, ne pouvait plus, se comporter comme un simple être humain. Puisqu'il était l'épée de Deus. Son autorité autant sur terre que parmi les élèves. Une épée, n'a pas, en théorie, besoin de ses sentiments, pour faire son travail. C'est pourquoi il tentait de les ignorer.

La différence entre un être humain normal et nous, c'est que nous sommes... Plus forts, plus résistants, plus endurant qu'eux. Pas de beaucoup, mais déjà un peu. Après, ça dépends des gens, mais en général, nous stockons de la magie à plus grande échelle que les êtres humains. Et cela nous permet d'utiliser des pouvoirs en rapport avec ce que notre âme exprime vraiment. Tu l'as vu précédemment, quand j'utilisais mes pouvoirs non ? Les lumières dorées, c'était l'expression de ma magie. Toi aussi, tu pourras faire ça un jour. Même si ça sera en rapport avec la mort.

Pourquoi la mort, d'ailleurs ? Il ne voulait pas y réfléchir tellement la réponse semblait dure à trouver pour Yôko. Peut-être était-ce encore un jeu de Deus ? Il était le premier à savoir que sa lumière, elle protégeait en détruisant, ce qui lui apparaissait comme un paradoxe... Yôko pouvait-elle représenter l'importance de la vie à travers le contrôle de la mort ? Tss, il réfléchissait encore beaucoup trop. Et elle n'était pas prête à agir de façon responsable. Il valait mieux qu'il l'encadre que de la laisser se débrouiller seule et qu'elle tourne mal. Il ne voulait pas la voir rejoindre les renégats, par exemple. Mais il ne pouvait pas la rejeter et la protéger en même temps. Et même s'il le ferait, il finirait par le regretter. Alors que faire ?

La première étape, est j'imagine, de te fournir ton uniforme et de t'inscrire sur les listes de formation de chambre à l'administration. Après, si tu le désires, je te montrerais l'internat, le réfectoire et les autres lieux importants de l'école... Il fit une petite pause et rajouta en lui prenant la main : d'accord ?

Elle ne refuserait pas, il en était presque certain. Mais il voulait lui laisser le choix pour se désolidariser de Yôko. Ne pas lui imposer un choix. Lui permettre de savoir comment elle voulait se comporter. L'histoire ne demandait qu'à être écrite.
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Re: « Tu me plais. Soyons amis ! » [PV Atios] - Ven 10 Mai 2013 - 22:56

Si Yôko avait été un chat, ses oreilles se serait dressés sur sa tête à ce moment-là. Ses pupilles se contractèrent légèrement, elle se méfia soudain de lui. Parce que le regard et le ton d'Atios semblaient avoir brusquement changé. Ce qui l'entourait aussi. Elle avait un très mauvais pressentiment et, sur le coup, ses muscles se crispèrent, en même temps que ses doigts sur un pan de sa robe. Pourquoi cette impression ? Pourquoi ce regard froid ? La jeune actrice se demanda alors ce qui avait cloché pour qu'il adopte une attitude presque agressive à son égard. C'était trop obséquieux venant d'elle, cette courbette ? Peut-être. Elle ne savait pas, et n'avait pas spécialement envie de savoir. Il lui restait de l'instinct, bien qu'elle fut morte. Et pour tout avouer, cet instinct lui conseillait vivement de prendre ses jambes à son cou. Et au triple galop, s'il vous plaît. Eh ?

Une fois qu'il lui reprocha – aux oreilles de Yôko, oui, c'était un reproche – d'être toujours la même, elle sut que son instinct n'était pas un mauvais conseiller. Et alors, dès qu'une lumière lui apparut, venant d'Atios, la jeune fille se précipita brusquement derrière l'arbre qui lui offrit son ombre un peu plus tôt. Accroupie, elle ferma les yeux. L'éclat qui émanait du garçon était éblouissante pour ses pupilles. Si le soleil était désagréable, que penser de cette lumière déflagrante ? Il lui en voulait donc à ce point ?

Adossée contre le tronc d'arbre, elle attendait que ça passe, les mains couvrant au maximum son visage. Elle sentit alors quelque chose contre sa cuisse. Ça faisait un peu mal. Les paupières toujours closes, elle tâtonna de sa paume droite l'une des poches de sa robe blanche. Dans cette position, son vêtement était bien serré, et remonté vers le haut de ses jambes, ce qui rendait difficile la récupération de l'objet douloureux. Cependant, elle y arriva. Yôko s'était légèrement détendue, oubliant Atios et son pouvoir incroyable pour se concentrer sur sa tâche, faisant son maximum pour ne pas perdre l'équilibre. Ah. Presque. Encore une seconde.

Diling.
Le vent s'était levé, brusquement, poussant la jeune fille à se recroqueviller sur elle-même tandis qu'elle serrait de toute ses forces le petit grelot entre ses doigts. Les mots du jeune homme devenaient difficilement perçus, alors Yôko choisit de ne pas l'écouter. Il fallait plutôt que la plante de ses pieds reste collé au sol, malgré la bourrasque. Si ses talons se levaient, alors elle avait perdu. Résister, résister. Encore. C'était dur, mais elle serrait des dents en contractant ses muscles. Et soudain, l'information lui monta au cerveau.


« Magic ? »


Elle redressa la tête et s'empara des mèches roses qui voletaient autour d'elle pour regarder Atios. C'était ça, le pouvoir d'une divinité de la lumière ? C'était éblouissant, mais elle tenait à voir, quitte à s'imposer des tâches de soleil pour les minutes qui suivraient. Ça ressemblait à une arme et c'était impressionnant. L'actrice en aurait été bouche bée, si elle n'avait pas eu peur de gober une mouche avec ce vent.


« Woah... C'est joli... C'est génial... »


De toute évidence, la lueur dans son regard devait autant crépiter que les éclats de lumière autour du membre du conseil de l'académie. Oh oui, il avait tellement changé avec les années, et de toute évidence avec la mort. C'était incroyable. Et puis, c'était comme un rêve. Le cœur de Yôko battait à tout rompre dans sa poitrine, tant la situation était fantastique et excitante. Elle aurait pu bondir sur place, réclamer de voir encore d'autres facettes de son domaine divin, mais c'était quand même effrayant. Et si épuisant. Ces quelques secondes suffirent à la fatiguer, cependant, elle se leva quand même et s'approcha timidement d'Atios. De toute évidence, sa propre mort avait entraîné une faiblesse face à la lumière.

Donc de fil en aiguille, une faiblesse face à Atios. Le danger fascine, c'était connu. Et aux yeux de Yôko, ce garçon – ou cet homme, désormais – avait toujours fait naître chez elle une certaine fascination. Un grand intérêt. Que ça soit pour son visage enfantin de quatorze ans, la découverte par palpation de son appareil reproducteur – quand on a pas idée de chercher à quoi ça ressemble sur un moteur de recherches, on se débrouille autrement – ou pour son pouvoir immense et magnifique, il semblait receler tant de choses merveilleuses en lui. Oui, il était fascinant. Un sourire avide s'étira sur le visage de Yôko. Elle n'écoutait plus, elle rêvait. Atios. Elle voulait en voir davantage de lui, encore. Elle l'aimait bien la première fois qu'ils s'étaient vus, et aujourd'hui, le même sentiment refit surface. Oui, elle l'aimait bien.

Il l'aiderait par devoir ? Il ne lui faisait pas confiance ? Qu'importe, puisqu'il resterait avec elle malgré cela. C'était l'essentiel, et cela lui suffisait alors. Oh, il lui en devait une ? Là, c'était extrêmement intéressant. Son côté orgueilleux et calculateur était flatté, ces mots avaient tout de suite était gravé dans une sorte de mémo en elle. Yôko comptait bien y repenser, et garder précieusement ce joker. Pour le moment, afin de garder précieusement Atios à ses côtés. La partie ne semblait pas risquée pour le moment, ça comptait pour du beurre. Il lui ferait connaître le terrain. Découvrir le jeu. Et très certainement après, la véritable partie commencerait.


« Ton ex ? »


Cette appellation heurta sa rêverie. Mince, une fille avait certainement volé sa virginité. Mais c'était sans doute elle qui lui avait donné ses premières caresses. C'était bien. Enfin, si on pouvait appeler ça comme ça. Si Yôko avait touché à l'intimité d'Atios quelques années plus tôt, c'était plus pour savoir comment c'était fait que pour lui faire plaisir. C'était pour sa curiosité. Mais se dire qu'on avait touché un garçon extraordinaire, ça gonflait quand même l'orgueil. Il avait eu droit d'être touché par une star, et elle avait eu droit de toucher un apprenti dieu sur Terre. Comme le monde était petit et bien fait. Ça ressemblait plus au destin qu'au hasard, à ce niveau. Et cela la faisait sourire, tandis qu'il lui parlait. Mais elle restait à penser à son ex. A quoi ressemblait cette fille qui lui avait plu, qu'il avait aimé ? Elle devait être bien exceptionnelle, elle aussi. Ou alors il l'a cru, et elle s'était révélée minable pour qu'ils ne soient plus ensemble. Que de curiosités... Cet endroit semblait riche en événements et en surprises, c'était extrêmement excitant pour la jeune fille.

Elle aimait l'entendre, aussi n'avait-elle pas de mal à boire ses paroles, telle une petite groupie. Et en même temps, elle ne s'intéressait pas à la profondeur de son discours. C'était beaucoup trop austère et aride à son goût. Non, elle avait envie de sucré et de pétillant. Et de toute façon, qui voulait la blesser par les mots s'y casserait les dents ; son instinct la rendait imperméable à ce genre de propos, ils lui glissaient dessus comme la pluie sur la roche. Elle ne niait pas que cela pouvait creuser, et finir par l'atteindre. Mais elle ne voulait pas savoir. Juste écouter. Sa voix, sa voix. Une musique. Sa voix lui inspirait une musique.

Elle leva les yeux au ciel, songea à la chanson qu'elle écoutait quelques jours plus tôt au parc avec son amie Sonoko. C'était agréable, ce moment.


« … je te laisserais, car je m'isolerais de toi. »


L'attention de la petite actrice se focalisa contre son gré sur ces quelques mots. Atios, c'était une première partie, on fait semblant d'abord, pour comprendre les règles du jeu et tout ça ; pourquoi il s'amusait déjà à mettre cartes sur table au sujet de la finalité du jeu ? Non, ce n'était pas juste, ça la vexait. Pourquoi ça finirait comme ça ? Pourquoi en décidait-il tout seul, et pourquoi dans ce sens ? Elle était là, Yôko, et ça n'était pas pour se faire mener à la baguette. Pour qui se prenait-il ? Dans un soupir exaspéré, elle croisa ses bras sur son buste pour faire comprendre au vice-président son mécontentement. Et il avait beau être fort, gradé, et mieux renseigné qu'elle, pas question de s'écraser. Elle ne voulait pas, non, et tant pis s'il voyait ça comme un caprice de petite starlette gâtée. N'était-ce pas lui qui l'avait traitée comme une princesse quelques minutes plus tôt.


« Tu es injuste. »


Il se mordait la lèvre, la fuyait du regard. Bien, culpabilise, macho ! La demoiselle avait aussi son mot à dire. Mais il semblait encore différent de tout à l'heure. Gentil, agressif, et maintenant perdu. Il ne savait donc pas sur quel pied danser ? Il ne savait pas quelle carte tirer de son jeu ? C'était peut-être le moment de l'influencer un peu. Peut-être avait-elle moyen de mêler leurs jeux ensemble, s'allier un peu. Juste pour ne pas qu'il tienne ses menaces à exécution. Pour le moment. Atios ne devait pas l'abandonner, il était trop important à ses yeux, et ça aurait été une catastrophe d'être mise échec et mat d'office.

Bon, il y avait un intérêt dans cet échange. Forcément, qui souhaiterait perdre ceux qu'on aime ? Pas Yôko. Elle appréciait Atios et, dès le premier instant, elle savait que ça serait toujours le cas. Aussi,tout moyen était bon pour le garder à ses côtés. Maintenant qu'ils devraient étudier dans le même établissement, qu'ils avaient tous deux un destin hors du commun à mettre en marche, il était impensable pour elle de perdre contact une seconde fois.

Son regard... Oh, si craquant. La jeune actrice fondait sur place, tant elle le trouvait adorable à ce moment. Un petit prince déstabilisé et indécis, qui laisse en quelque sorte s'ouvrir une brèche, c'était magnifique pour elle. Si féminin à ce moment, si enfantin. Il revêtit d'une certaine façon de nouveau ses quatorze ans, et elle retrouvait en cet instant l'Atios qu'elle avait connu lors de sa vie. Elle décroisa les bras, se tenant les épaules un peu en arrière en l'observant, un sourire intéressé aux lèvres. Oui, elle appréciait le spectacle, il était joli à voir ainsi. Et soudain, vlan, il s'octroya une claque. Ah bon, perdu à ce point ? C'était pas drôle s'il se frappait, même si ça faisait rougir ses joues. Son sourire devint une petite moue, et elle ferma les yeux tandis que la main du garçon s'approcha de son visage. Il comptait la transpercer de sa lumière ? Courir, pas courir ?

Un poids se posa alors sur ses épaules, et elle reconnut la sensation du tissu contre sa peau. En ouvrant les yeux, elle s'aperçut qu'elle portait désormais un manteau. Magique, sans aucun doute, vu les effets lumineux du survêtement. C'était gentil quand même. Mais pourquoi avait-il fait ça ? Il l'aimait bien, finalement ? Ses yeux étaient clairement interrogateurs, mais elle n'osait pas vraiment s'exprimer. Ce serait horrible de le fâcher encore et qu'il change d'avis. Du coup, elle murmura un faible « merci » en prenant sa main dans la sienne, en la caressant furtivement. Et puis en fait, non, elle n'avait pas envie de lui caresser la main. Yôko rompit le contact physique entre eux, et lui fit un petit sourire. Bien sûr qu'elle voulait qu'ils soient ensemble dans cette école étrange. C'était certainement le seul être qu'elle avait connu par le passé qu'elle pourrait retrouver ici. Ce n'était pas un hasard. Et ce genre de choses, on les protège. Ce lien était précieux à ses yeux.

Et comme pour confirmer ce qu'elle pensait, il posa sa main sur sa tête. C'était doux... Mais, un instant ; il la prenait pour une enfant, sérieusement ? Elle leva un sourcil, tandis qu'Atios la caressa. Bon, par défaut, Yôko appréciait cet attouchement mignon. Finalement, il devait l'aimer. Donc non, il ne l'abandonnerait pas, c'était rassurant. Et cela suffit, si bien qu'elle ne pensa pas à se plaindre lorsqu'il cessa.

En écoutant Atios – pour une fois – elle se posa une autre question. « Protéger les humains » ? C'est le rôle d'un être apprenant à maîtriser la mort, vraiment ? Cela lui semblait inadéquat. Le monde à l'envers. Quoique... Veiller à ce que les âmes passent correctement le Styx, ça doit être sympa. Ou terriblement ennuyant. Ça ne doit pas être un hasard si on disait que Perséphone n'attendait qu'une chose, la période de l'année où elle serait loin d'Hadès et des Enfers. Oh, non, son boulot semblait soudain totalement dénué d'intérêt. Elle grimaça. Quoique... A elle de rendre sa tâche amusante, non ?

Mais là encore, ça coinçait. Si elle écoutait Atios, alors elle était vouée à l'étude et à la sévérité du travail. C'était nul, ça. Si elle avait su, elle se serait dépatouillée pour avoir une vie un peu plus longue, non ? Quoiqu'en même temps, elle voulait un destin extraordinaire. Apparemment, les priorités ont fait le reste. Alors qu'elle n'avait pas pu lire les petits caractères en bas du contrat. On l'avait arnaquée. REMBOURSEMENT !

Que dalle. A quoi bon ? Jusqu'à aujourd'hui, le voyage dans le temps n'existait pas – et sans doute ici non plus. Autant s'intéresser un peu à ce qui se passait alors. La surprise était passée. Elle avait saisi l'ensemble du fonctionnement des pouvoirs divins. Elle en avait un, elle aussi, la Mort. A cette pensée, elle observa ses mains. Elle pouvait tuer ? Gérer les morts ? C'était étrange.

Une fois de plus, la voix d'Atios la tira de ses pensées. Elle leva vers lui son regard rubis, tandis qu'il lui proposa de lui trouver un uniforme et de lui faire visiter, sa main dans la sienne. Minute papillon, une requête !


« Où est-ce que je pourrais avoir des bonbons ? Ça existe ici, au moins ? »


Cela ne coûtait rien de demander. D'ailleurs, comment ça fonctionnait ici pour payer ? Décidément, elle avait vraiment besoin d'Atios pour démarrer sa nouvelle vie ici. Et puis... c'était Atios. Ça lui faisait plaisir. Si bien que, sans prévenir, Yôko lui sourit et l'enlaça sur le parvis du temple. Elle en ria doucement, contente de le câliner.


« Atios-kun, tu es toujours aussi mignon ! ♥ »


Joyeuse, elle frotta doucement son visage contre son torse, avant de s'éloigner de lui tout sourire.


« Très mignon, même. C'est vraiment amusant de se retrouver maintenant. Mais tu penses que je pourrais avoir des bonbons, dis-moi ? »


Oh, elle y tenait à ses fichues sucreries. Et puis, elle lui parla de son envie de visiter avec lui. Elle en était toute heureuse d'être avec lui ce jour, qu'il l'aide un peu. C'était cool comme situation, pour elle. Elle aimait bien l'idée de se faire guider par lui, l'idée qu'il la protège. Elle se sentait bien. Et pour le prouver, elle ne prit pas sa main, mais s'agrippa carrément à son bras. Et puis, furtivement, elle déposa un léger baiser sur sa joue.


« On doit aller où ? Montre-moi~ »


Elle était toute joyeuse, la petite Yôko. Retrouver Atios et avoir des bonbons, c'était suffisant pour pétiller et être heureuse. La demoiselle en avait carrément oublié le côté dramatique de sa mort : la perte de Tora, de sa famille, et puis plus de cinéma. Par contre, davantage de responsabilités. C'était inquiétant en soi, mais là, elle s'en moquait. Elle réaliserait bien toutes ces choses d'ici le lendemain, et avait l'éternité pour y songer. Rien ne pressait désormais.

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Re: « Tu me plais. Soyons amis ! » [PV Atios] - Sam 11 Mai 2013 - 18:04
Quand elle se jeta derrière un arbre pour se cacher, Atios triompha intérieurement. Parce que pour une fois, il tenait Yôko. Bon, ce triomphe fut amer assez rapidement. Inspirer la terreur, cela ne lui plaisait que moyennement. Mais pour une fois que quelqu'un avait une réaction sensée dans cette école.. Et cela fut une bonne chose pour l'actrice aux cheveux roses. Lui montrer qu'elle n'était pas stupide ou effrontée, mais bel et bien sensible et fragile, cela lui vaudrait un bien meilleur capital sympathie que si elle avait voulu jouer la carte de l'effronterie ou du courage. L'un était méprisable, l'autre louable, mais d'aucun d'entre eux n'était capable faire vibrer son cœur, d'interpeller sa sollicitude pour qu'il la protégeât. Bon, la suite de la réaction ne fut pas forcément très ... Logique. Enfin si ; logique, mais pour l'ex-actrice. Il lui semblait qu'elle aimait le voir se servir de ses pouvoirs, bien loin de craindre ceux-ci. Entre fascination et terreur, donc ..

Atios ne s'était jamais vu en train de se servir de ses pouvoirs. Un jeune homme svelte, entourée d'une légère aura d'or, qui s'échappait dans une trainée de poussière et de volutes, de fées, dorées. Oui, des dizaines de petites sphères de lumière, montant au ciel, s'échappant de son corps, du sol et de la végétation, dans un concert de trainée et de scintillement d'or, alors que la lame qu'il détenait entre ses mains, se parait d'un manteau de lumière brûlante. Après tout, le mythe d'Arthur parlait de nombreuses créatures féériques et il n'était que juste rapport que cela s'exprime à travers ses pouvoirs et son arme. Mais de là à savoir si cette lumière était l'expression du courroux ou simplement du pouvoir, chacun était libre de son interprétation, bien que l'émetteur de ce spectacle onirique était le mieux placé pour comprendre la légende de ses pouvoirs. Noir pour l'expression de volontés néfastes, rouge pour les instincts, d'or pour l'expression de ses volontés pures.

Le noir, il n'y tombait pas souvent. Quand il y tombait, c'était par colère et souffrance. Et jamais, il n'était resté longtemps dans cet état enclenché par la fureur. Quant au rouge, il faisait très attention à ne pas se laisser envahir par ses instincts refoulés, lorsqu'il se déchaînait dans des affrontements les plus longs. L'un ou l'autre n'était pas forcément lié à la volonté de faire le mal, mais pouvait y conduire. Personne n'avait réussi à transformer le roi en tyran, jusqu'alors et le consensus implicite devait sûrement en déduire que c'était réellement, plutôt une bonne chose. Atios, méchant ? La bonne blague. N'en restait pas moins qu'il fallait espérer que ce ne serait pas les gens le poussant dans ses limites qui riraient les derniers.. Si Atios, de l'extérieur, semblait s'élever toujours plus haut, en son for intérieur, c'était plutôt une chute longue et profonde, dans une abîme ténébreuse digne du monde du cauchemar dans Slumberland. Et il ne savait pas jusqu'où il irait dans l'obscurité, puisque son ascension extérieure ne semblait pas s'arrêter. Peut-être que quand il atteindrait le plus haut point qu'il pouvait atteindre, il aurait atteint aussi la ruine la plus profonde de son être.

Bien sûr, rien n'était perdu. Aussi improbable soit les acteurs jouant sur la vaste scène de cet univers, Atios n'était pas le seul protagoniste de cette pièce. Maya, Shaad, Léa, Isanagi et sûrement beaucoup d'autres qu'il oubliait, rejoints par Yôko, pourraient influencer cette conclusion qui s'annonçait dans le futur. Pour le peu que l'un de ces indolents galapiats se décide à réagir à temps. Quoi que, Yôko était tenace. Sûrement plus que Maya ou que Shaad, occuper à mettre en pratique la philosophie du beau brun ténébreux à pics aux pupilles noires et rouges.

Et malgré la joie et l'excitation de cette fille issue de l'un de ses passé, Atios gardait conscience que ses pouvoirs devenaient de plus en plus dangereux et compliqué à gérer. Elle trouvait ça cool. Mais lui, il avait conscience qu'un grand pouvoir impliquait aussi de gros problèmes, de grosses préoccupations et pour ne pas singer l'homme araignée, de grande responsabilités. Bien sûr, libre à lui de choisir ce qu'il ferait. S'en défaire, s'y accommoder. Mais il ne voulait pas voir quelqu'un disparaître sous l'impulsion d'un mauvais choix de sa part, ça serait .. Triste et indigne des idéaux qu'il se vouait à respecter. Cet état de fait provoquait un magnifique clivage entre lui et Yôko. Il ne pouvait s'empêcher de se sentir gêner en comprenant qu'elle était fascinée par sa présence. Il avait la sensation que la défunte actrice, désormais déesse de la mort, troquait les spots qui l'avaient éclairé, pour mieux les diriger ses lui de par son regard. Bien sûr, le côté hautement calculateur et orgueilleux de la demoiselle cassa un peu cette impression et n'étonna malheureusement pas le jeune homme qui avait soudainement l'envie de se prendre le visage dans la main, tellement il était déconcerté par des sentiments si peu .. Désintéressés.

Aussi, il fut satisfait de voir que malgré toutes les impressions agréables ou les côtés intéressés de la demoiselle, son discours avait su la faire réagir. De la colère, boudeuse .. La bonne blague. Elle pouvait très bien marquer son mécontentement, Atios savait aussi pertinemment qu'il ne se laisserait pas faire devant la demoiselle. Elle avait beau être mignonne et douce, le jeune homme s'était promis de ne jamais se laisser avoir par le côté sournois des filles qu'il pouvait fréquenter. La gentillesse? Un moyen de masquer son côté manipulateur. De l'audace? Un moyen de cacher son côté calculateur, joueur. Les filles étaient sûrement le plus grand danger pour les hommes qu'il avait connu à travers toutes celle qu'il avait pu approcher. La pureté morale ? De purin entre les mains de celle qui étaient prêt à tout pour se venger ou celle qui tuaient sans s'expliquer, voir qui tapaient ou coinçaient pour s'amuser. Entendre de la part de Yôko qu'il était injuste alors qu'elle était la première à jouer avec les garçons et les autres lui fit faire un sourire sardonique, au plus profond de lui-même.

Yôko était une tempête de sentiments naïfs. Lui, il était plutôt connu pour ses pensées tempétueuses, ses raisonnements compliqués, alambiqués et trop pragmatique, trop logique... Ainsi, la découverte des réflexions mécaniques de la demoiselle suffisait à rendre celle-ci quelque peu intéressante. Elle semblait, du moins, tentait-il de le déduire, être vraiment sous son "charme". Elle ne voulait pas le quitter d'une semelle, il semblerait. C'en était presque vraiment repoussant. Elle voulait manger des bonbons ? Honnêtement ? Forcément, elle suintait le sucre avec son attitude. C'était collant, voir écœurant par moment. Comme quand on se bourre la bouche de bonbons jusqu'à l’écœurement le plus total. Et quand on regardait la demoiselle qui venait de renaître, elle ne semblait pas du tout mal prendre le fait d'être morte.. Au contraire, elle était collante comme une sucrerie. Et semblait se comporter avec lui comme s'il était lui-même une confiserie.

D'ailleurs, la suite des événements confirma son impression. Elle se frottait carrément le visage contre son torse, putain de bordel de .. Il eut presque envie de réactiver ses barrières magiques, histoire de la punir un peu de ce trop plein de proximité et de ces paroles qu'il refusait de croire sincère. Mais attention, Atios. Garde à l'esprit ... Baisses ta garde et elle en profitera. Pour pêcher un poisson, il faut savoir le ferrer. Et si tu ne savais pas ferrer les thons et les carpes, tu savais un minimum ferrer les êtres humains pour mieux les faire agir dans le sens que tu désirais. Elle était rusée, mais tu avais la capacité de savoir ce qu'elle ressentait. Et elle était beaucoup trop impulsive pour pouvoir simuler ses sentiments. Elle ne voulait pas être mise en échec et mat, mais dès le début, tu pouvais mettre en échec son roi sans bouger tes pièces. Et Yôko, c'était un fer chaud qui attendait d'être battue, non pas pour la faire rentrer dans un moule, mais pour la rendre meilleure. Il en revenait à ses attributions principales de divinité, au final.

La garder à son bras était-il une bonne ou une mauvaise idée? Il n'avait pas besoin de nouvelle rumeur de remplacement concernant Maya, mais ça allait forcément en venir là pour les autres. D'un autre côté, il serait monstrueux de se libérer avec force de l'étreinte ou de la pousser loin de lui. L'éthique, la morale et l'honneur, c'était vraiment le bordel à respecter. Surtout qu'elle portait son manteau, désormais ... Tss. Et il fallait lui répondre. Sinon, elle allait croire qu'il l'ignorait.

Arrête de dire des choses qui ne sont pas vraies, veux-tu. Je ne suis pas fait pour être mignon.

Pas fait pour être ça.. Oui, lui, il ne voulait pas se considérer comme beau, mignon ou autre. Il ne voulait même pas qu'on le juge sur son physique. Parce que le physique était loin d'être important, aujourd'hui. Surtout dans cette école. Bien sûr, ça n'empêchait pas des concours de popularité d'avoir lieu. Cela n'empêchait pas que des groupies poursuivaient certaines personnes dans l'école.

En plus, j'ai perdu au second concours de popularité où je me suis inscrit. Bon, j'ai fini deuxième garçon le plus populaire de l'école et j'ai perdu mon titre, mais ce n'est pas grave. J'imagine qu'être populaire quand on fait la loi, c'est comme vouloir demander aux gens d'aimer les procès verbaux et les contrôle de police..

Oui, c'était incompatible. Et puis, Atios ne faisait plus assez de bain de foules pour que ça fonctionne. Il n'avait pas le temps d'aller en cours. Forcément, il était coupé de l'école, à cause de ses fonctions de vice-président du conseil. Qui étaient ingrates, d'un côté. Il n'avait pas le charisme du gérant du club des hôtes. Ce n'était pas simplement naturel pour lui que d'avoir la même type de popularité. Il voyait très bien Weiss entourée de fille avec charisme. Alors que lui, il était poursuivie par les filles. C'était pas la même chose, quoi.

Et puis, depuis que j'ai rompu avec Maya, on dit que je n'ai pas de cœur, que je suis un sale con impitoyable égoïste et particulièrement cruel. j'imagine que ça doit jouer en ma défaveur aussi, aha.

Ils se parlaient comme des proches. C'était un peu idiot de voir, à sa propre vision des choses, qu'il s'ouvrait à Yôko sans ménagement. Et même s'il ne connaissait pas le dénommé Tora, il espérait qu'elle ne l'assimilerait à la présence de personne d'autre. Il était et voulait rester unique.

Par ailleurs, tu ne devrais pas me coller. Ni même me faire des bises. Sauf si tu veux croire que tu es la nouvelle copine de l'ancien Mister Deus. Et personnellement, ça me dérangerait que les gens croient que nous sommes ensemble. Déjà, parce que les rumeurs, c'est chiant. Ensuite, parce que je sais à quel point tu es une petite peste. Tu serais capable d'humilier les garçons les plus populaire de l'école et je doute que tu m'épargneras de tes frasques.

Le ton était plutôt dur et la prudence d'Atios était comme une corde de piano : bien serrée, prête à étouffer l'ennui à la source. Si Yôko voulait quoique ce soit du jeune homme, elle avait tout intérêt à modérer sa mesquinerie, sa ruse et ses mauvaises blagues. Il imaginait très bien la demoiselle chauffer un garçon pour le déshabiller et le laisser en plan, ou pire, prendre des photos et faire du harcèlement moral par jeu, sur celui-ci.. Japonaise jusqu'à la moelle, tu sueras ton impitoyable hypocrisie tendrement cruelle.

D'ailleurs, si tu veux qu'on reste en bon terme, mesures tes farces. Je ne ferais preuve d'aucune pitié à ton égard si on vient à se plaindre de ton comportement. C'est à toi de voir, si tu veux nous restons en bon terme, voir qu'on devienne proche, va falloir que tu apprennes à m'aider à avancer, pas à me ralentir.

Ouh, quelque part, ces mots venaient de trancher avec force sur le passé. Ralenti.. Oui. Par Shaad. Par Maya. Par l'école toute entière. Seul, avançant, se battant seul, il avançait beaucoup plus rapidement. Bien sûr, il avait besoin de l'appui moral des autres pour rester en accord avec lui-même et ne pas perdre sa substance - comme aujourd'hui -, mais il savait que s'il oubliait les autres, il serait capable d'avancer encore plus loin qu'eux.

Pour ce qui est des bonbons, il y en a. Il y a un grand réfectoire, où tu peux demander à ce qu'on te cuisine à peu près tout et n'importe quoi, gratuitement, tant que tu n'y vas pas trop tard. Mais on ne peut pas y aller tout de suite. L'administration d'abord.

L'entraînant comme il pouvait en se trimballant le poids, léger mais présent, de la demoiselle, il s'avancèrent jusqu'à la place de l'horloge et au-delà. Le sol, d'une allée cimentée, le soleil brûlant et les ombres des arbres, les oiseaux qui chantaient.. L'école semblait être figée entre le printemps et l'été. Se tournant vers la gauche, ils avancèrent jusqu'au bâtiment administratif. Atios parlementa avec une secrétaire repentie plusieurs minutes, jusqu'à ce qu'elle aille se fournir dans une salle de stockage de l'uniforme. Le jeune homme, ensuite, entraîna, le paquet dans ses mains, jusqu'au bureau du conseil. Dans l'entrée des divers bureaux qui composaient désormais l'institution du conseil des élèves, le jeune homme salua Haruka, sa secrétaire personnelle.

Senpai! Bonjour!

Elle se jeta à l'autre bras d'Atios, le surprenant quelque peu. Comme si elle voulait attirer de sa frêle figure, le jeune homme de son côté, plutôt que de celui de l'ex-starlette. L'homme pris en sandwich lui demanda alors :

Tu peux lui imprimer sa carte d'étudiante, s'il-te-plaît ?

D'accord, je reviens Senpai. Cela va me prendre quelques minutes.

Elle trottina de son mètre quarante, jusqu'au bureau voisin, prête à remplir son devoir, tandis qu'Atios se retourna vers Yôko et l'entraîna vers une porte, lui fourguant le paquetage dans ses bras et d'ouvrir la porte de son bureau.

Vas y, tant qu'à faire, change-toi là-dedans, pendant qu'elle finit tes papiers.

Il ouvrit la porte et la poussa à l'intérieur, en la refermant derrière elle, avant de se poser contre le côté droit de la porte, de sortir son SMS et de préparer un message à son ami le manipulateur d'espace.

Yoshi, tu peux me chercher des bonbons et me les ramener, s'il-te-plaît ?

Refermant son portable, il se mit à regarder ses chaussures. Il espérait que Yôko ne ferait pas n'importe quoi dans son bureau et qu'elle obéirait sagement en mettant son uniforme sans faire de vague, mais la connaissant, c'était peine perdue. Ses sens aux aguets, il attendait presque un mauvais tour de sa part en baladant ses yeux dans le bureau. Ils étaient très décorés. Couleur bois anciens, nobles comme le parquet ciré avec soin. Équipé avec des ordinateurs. Des tables. Et des armoires, pleines de classeur. Son bureau était légèrement personnalisé, puisqu'il avait pas mal de bibliothèque et des vitrines contenant des objets de toutes sortes, accumulés au gré de diverses quêtes ou virées dans le marché. Le fait est qu'il se sentit pris d'un doute. Laisser Yôko était peut-être dangereux. Il s'arrêta devant la porte et s'apprêta à frapper et à demander s'il pouvait rentrer. Mais il se ravisa. Cela était peut-être un piège ..
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Re: « Tu me plais. Soyons amis ! » [PV Atios] - Jeu 22 Aoû 2013 - 0:54

Ses petits yeux pétillaient de tous leurs feux, lorsqu'Atios doucha son regard à l'aide de quelques phrases. Plus rabat-joie tu meurs, non ? L'éclat de ses iris rose perdit de sa superbe, mais Yôko était loin de se laisser déprimer. Elle serra donc ses maigres poings dans la volonté de résister, d''ignorer la négativité, de conserver sa joie. Parce qu'après tout, ce n'est pas tous les jours que l'on arrive dans un lieu magique où on vous apprend que vous êtes morte et que vous êtes désormais une déesse en devenir. Déesse de la Mort... En y songeant un peu plus – histoire de ne pas avoir à écouter tout à fait les étranges règles de popularité de l'école – la demoiselle ne savait toujours pas quoi penser de son domaine divin. Cool ou pas cool ? En tout cas, si elle était désormais immortelle, elle pouvait donc se permettre de remettre ses réflexions existentielles à plus tard. Parce que du coup, Yôko existait davantage que n'importe lequel de ses proches terrestres ? C'était intéressant. Un petit sourire rêveur naquit au coin de ses lèvres, alors qu'elle imaginait tous ceux qui n'avaient jamais cru en elle. Jubilant. Et à propos, qu'était-il advenu de...


« ... Maya...»


Brusque retour à la réalité ; c'était qui celle-là ? Soudainement très intéressée par ce que débitait Atios, la jeune fille aux cheveux roses fit une mine observatrice et dénuée de signes joyeux. Ses pupilles s'étaient contractées à l'écoute de ce prénom féminin.


« C'est elle qui prétend que tu es un monstre ? »


Sans doute l'avait-elle chuchoté au lieu de le prononcer distinctement, puisque le jeune homme ne semblait même pas remarquer la mouvance de ses lèvres. Au contraire, alors que la petite nouvelle de la Deus s’intéressait à lui de façon approfondie, il se retourna vers elle afin de la mettre en garde ; tout écart ou bêtise de sa part serait sévèrement – apparemment – puni par ses soins. En même temps, pas la peine de penser passer inaperçue si elle voulait faire des âneries, puisqu’il la connaissait mieux que n’importe qui ici. Elle comptait se faire petite dans un premier temps, mais qu’Atios pose le doigt sur son tempérament capricieux et malveillant de la sorte, oui, c’était vexant pour elle. A peine arrivée, déjà fichée. C’était agréable. Gna gna gna…

Levant le nez, sourcils froncés, elle détourna le visage d’un air bien boudeur comme elle sait si bien les faire. En plus, pas le coller, pas le toucher, et tout ce qui fait que des gens sont proches… Il voulait quoi, Atios, en définitive ? Qu’ils soient amis ou qu’ils fassent comme s’ils ne se connaissaient pas ? Elle était un peu perdue, et c’en devenait agaçant.


« Tu es bien prévoyant, Atios-kun… Ce n’est pas étrange de tout prévoir à l’avance de la sorte ? On dirait que tu essaies de te convaincre tant bien que mal que ça se passera comme tu en décides à l’instant. Tu as peut-être tout simplement peur de te laisser aller à… un peu plus de proximité. »


Elle sourit à demi, se penchant vers lui, les mains dans le dos. La ligne était lancée, l’hameçon taquinait dès maintenant le regard du poisson. Cela manquait encore un peu d’agitation pour obtenir sa parfaite attention, même s’il ne comptait pas y mordre et fuir. Du moins… pour le moment. Aguicheuse, Yôko s’adressa alors à lui d’une voix sucrée tout en touchant son bras du bout des doigts, une fois son buste redressé.


« A croire qu’on t’a malmené par ici… Ne t’en fais pas Atios-kun, je m’occuperai bien de toi, ça ne te fera que du bien de te détendre avec moi. Et tu empêcheras les bad gods de me faire du mal, n’est-ce pas ? Tu as l’air si fort aujourd’hui… »


Elle acheva sa phrase en suivant le contour d’un muscle de son avant-bras de son index. Mais il s’éloigna – probablement un quelconque réflexe – et passa directement à un autre sujet. Ah oui, les bonbons… Bien, Yôko était bredouille de sa pêche pour le moment. Rien de bien gênant, elle avait tout son temps pour ferrer sa future prise. C’était finalement amusant ! Et dire qu’elle avait tant de fois refuser de faire de la pêche à la ligne en compagnie de l’auteur de ses jours, quel gâchis.

Refermant le manteau sur elle-même, la petite boudeuse suivit Atios d’un pas nonchalant, tout en étant agrippée à son bras, jusqu’aux bâtiments administratifs. Enfin, elle découvrait un peu plus de l’endroit où elle vivrait désormais… Rien de bien extraordinaire au premier abord, mais la demoiselle ne laissa pas ses rêves éclater comme des bulles de savon ; sans doute cette école divine recelait mille et une surprises de taille qu’elle pourrait bientôt voir. Mais avant d’être considérée comme une étudiante digne de ce nom, il lui fallait finaliser son entrée.

Nul concours, ni test, ni long formulaire à remplir. Première surprise. Yôko se fit silencieuse et observatrice durant la procédure primaire ; l’obtention de son uniforme scolaire. Tiens, on ne lui demandait pas sa taille ? Soit… Suspicion, suspectition… Euh non, ça ne voulait rien dire. Ses yeux plissés vers la boule de nerfs qui fonçait sur Atios, par contre, voulait tout dire. C’était qui celle-là ? Pourquoi elle le collait comme ça ? C’était elle Maya ? Ou peut-être pas, vu que le brun ne l’envoya pas sur les roses, mais plutôt s’occuper de sa carte d’étudiante… sans son nom ? C’était quoi cette administration plus qu’étrange ?

Cependant, le temps n’était pas aux réflexions. Ni une ni deux, Atios envoya la petite nouvelle valser dans une pièce inconnue, le paquet que formait son ensemble scolaire entre ses mains. La porte claqua. Yôko se retrouva par conséquent seule, dans un grand bureau qui ressemblait, selon elle, à celui d’un professeur de musée – ou tout autre personnage extravagant pouvant coller à l’ambiance du lieu. Effrayant ! Elle se mit à tambouriner contre la porte.


« Laisse-moi sortir d’iciii ! C’est méchant ! »


Quelques secondes plus tard et aucune réponse en écho à son appel – la porte était-elle épaisse au point qu’on ne pouvait entendre sa détresse ? – Yôko cessa de frapper et plaqua son dos contre la sortie de la pièce, inquiète, glissant son regard à chaque recoin, comme si elle veillait à ce qu’un diablotin rieur ou un livre papivore ne lui saute dessus. Rien. Encore rien. Elle déglutit, fit un pas en avant. Toujours rien.

Méfiante néanmoins, la demoiselle récupéra les vêtements qu’elle avait laissé tomber à terre avant de les envoyer au centre de la pièce. Dans un bruit sourd, ils s’écrasèrent sur le sol, signifiant ainsi à la petite Yôko que la voie était libre. Un pas. Deux. Trois. Soudain confiante, elle fit un petit sourire et reprit son bien en main. Elle devait se changer donc, n’est-ce pas ? Bon. C’était là le premier jour, pas de bêtise…

Soupir.
Rassurée, la jeune fille lissa les mèches d’une de ses couettes roses entre ses doigts, tout en approchant du bureau. Elle y déposa tout d’abord lourdement le manteau dont Atios l’avait revêtit, tout en prenant soin de n’abimer aucun papier alentour. Dessus, son nouvel uniforme. Elle retira ensuite ses chaussures et s’installa sur le paquet de tissu, recroquevillée finalement sur le bureau. Son regard se posa alors sur la porte, et Yôko ne bougea plus. De longues minutes. Pour être sûre qu’elle ne s’ouvre pas sur un vieux professeur de musée pervers et gâteux. Yek ! Elle en avait des frissons rien qu’en y pensant.


« Pff… Drôle de monde. Bon, j’espère qu’Atios-kun me protège quand même… »


Second soupir.
La jeune fille se mit alors à genoux sur le bureau, défit sa fermeture Eclair sur la droite de sa robe immaculée avant de la retirer doucement. Ses sous-vêtements étaient tout aussi simples que son vêtement : blancs, avec une petite broderie décorative pour faire joli. Elle les aimait bien, c’était un ensemble qu’elle s’était offert en présence de Tora. Tora qu’elle avait d’ailleurs bien embarrassé ce jour-là. Qu’était-il devenu depuis son départ ?

Songeuse, elle descendit alors du bureau à sa façon. Pour ne pas dire, en entraînant le manteau dans sa chute. Et les papiers. Et l’uniforme. Et, oh, une plaque nominative. S’étant plutôt bien rattrapée, Yôko grinça des dents et frotta sa hanche en se redressant. Atios allait se fâcher ! Vite ! Ça faisait du bruit en plus ! Un papier, un stylo et… « Kurokami Atios ». Hein ?


«  ATIOS-KUUUUN ! »


Naquit un hurlement de terreur en prononçant ces mots. Choquée, elle fit face à la porte, et attendit qu’entre le principal intéressé pour lui adresser l’objet de son désarroi, un pan du manteau dans une main et deux papiers froissés dans l’autre.


« Atios-kun, dis-moi que ça n’est pas vrai ! Dis-moi que ça n’est pas toi qui as décoré ton bureau ! Si ? »


Le tout en petite tenue. Oui monsieur, oui madame.

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Re: « Tu me plais. Soyons amis ! » [PV Atios] - Jeu 22 Aoû 2013 - 1:00

Yoshihisa se posait sincèrement de nombreuses questions. Outre la collaboration amicale avec le vice-président du conseil, il s’en retrouvait parfois à faire des commissions étranges  pour ce dernier. Posait dans sa chambre, acculée de fumées aux volutes ambrées de produits déconseillés pour une bonne santé - pêle-mêle, alcool et drogues -, il se demandait sincèrement si l’air surchargé en suspension ne lui faisait pas voir des choses étranges. S’il en croyait ses pauvres mirettes, son ami lui demandait … De lui rapporter des bonbons. Haussant un sourcil, puis l’autre, voir tour à tour, l’un puis l’autre, il soupira et annonça à ses camarades - de toute façon, largement trop oxygénée d’opiacés -  qu’il partait brièvement. Et l’instant d’après, la place occupée dans son canapé était vide.

Il réapparut à l’extérieur des dortoirs, avant de disparaître à nouveau et de se téléporter à plusieurs reprises jusqu’à atteindre les cuisines où, il fouilla les armoires sans ménagement. Prenant un paquet de fraise sucrées, couleur roses, il rebroussa chemin et bifurqua jusqu’au bureau d’Atios.
Apparaissant à côté de lui, il le fit sursauter : Atios, assis contre le mur, le pied posé de la même façon contre celui-ci, les bras croisés avec l’air de quelqu’un de pas très réceptif à son environnement, il écarquilla son jolis minois en manquant de glisser en parvenant à se maintenir suffisamment pour comprendre le phénomène qu’il commenta sobrement : « je ne m’y ferais jamais, Yoshi. »

Ce dernier sourit.

« Depuis quand le bourreau du travail que tu es, se fait une collation surprise en pleine matinée à coup de sucreries ? »

Ce n’était pas faux et suspect. Comme quoi, Yôko était vraiment quelqu’un qui mouvait son quotidien. Il n’imaginait pas si Yoshi découvrait la nature du lien, certes ténu, qu’ils partageaient de leur vivant. Bouarf, après tout, son ami et ses connaissances étaient de bons vivants. Surtout ces derniers, d’ailleurs. Ils vivaient d’une éternité de plaisirs … Pour reprendre le terme précédemment utilisés… Opiacés.

Et au vu de la sollicitude du chef des Yakuz concernant sa sortie de « couple » avec la fille de « l’ex-directeur », il le soutiendrait sûrement dans une quelconque relation avec n’importe qui. Et Yôko n’était pas n’importe qui. Voyant un léger silence s’installait, Yoshihisa arqua un sourcil et demanda : « Pourquoi ne rentres-tu pas ? »

« Une envie de me poser à l’extérieur, tout simplement. »

Réponse légèrement trop nerveuse à son goût, aha. Et son interlocuteur n’en fut pas dupe : sourire profondément amusé, son regard lui répondit : « j’ai compris, mon très cher Atios ! ». Ce-dernier fit signe de pas en faire tout un foin, sachant qu’il avait été pris la main dans … Les poches, en l’occurrence. Mains qui fusèrent comme de jalouses fusées pour mieux se déposées sur les flancs de son ami et allié, pour mieux l’empêcher de profiter des charmes - supposés - de mademoiselle Mori.. Yoshi n’en sourit que d’avantage, face à cette réaction de garçon possessif, gardant jalousement la fille qui lui plaît, loin de la vue des autres.

« Aha, ne t’en fais pas, je te la laisse. Mais fonce, on ne sait pas combien de temps les perles restent disponible, ahaha. »

« Yoshi, ta gu.. »

Pouf. Yoshi, naplu. Celui qui venait de l’apostrophé eut à peine le temps d’attraper l’objet convoités précédemment et origine des péripéties contées jusqu’alors. Gêné, rougissant, le vice-président du conseil grinça des dents en silence. Oui, un mouvement sans bruit, pour cacher son jeu de tous. Tout ceci était beaucoup trop … Irréel. Se reposant en silence contre le mur, il se mit à se remémorer les souvenirs de la demoiselle aux cheveux roses.

Yôko était .. Pétillante.
Yôko était.. Jolie.
Yôko était … Une peste.
Mais lui, que pensait-il de Yôko ?

Il cherchait à se demander ce qu’il pensait de cette fieffée touffe de cheveux rose bonbons, faisant irruption toujours au mauvais moment dans sa vie, plus il était obligé de résumer leur relation à « je te sauve, je te prends une partie de ta virginité, ahaha, je m’en vais ! ». Ouais, quelque part, c’était ça et quelque part.. C’était ridicule ! N’importe quel psychiatre, psychanalyste (fou ou pas, d’ailleurs), aurait dit qu’Atios n’était pas indifférent à la mangeuse de bonbons. En même temps, ce n’était pas dur. Et puis, après de tels traumatismes… N’importe quel garçon n’aurait pu s’empêcher de vouloir se raccrocher.

Était-ce ça, de profiter d’une fille ? Il ne savait pas. Et d’ailleurs, réfléchir à tout ça, le gênait beaucoup. La réflexion était pourtant simple, mais sa réponse ne lui plaisait guère …
Comment résumer ? Yôko Mori ? Oui, il n’en était pas du tout indifférent. En fait, si une demoiselle lui avait laissé un souvenir de désir aussi lointain… C’était l’actrice aux cheveux roses. Donc en fait, il en pinçait pour elle. Et ça, c’était la merde. Grossièrement dit, cependant.

Il ne pouvait  pas s’empêcher de s’en vouloir. Il était une divinité. Et à la fois, un garçon normal. Peu importe à quel point ses héritages et ses titres hérités, ses valeurs, ses codes qu’il s’imposait, étaient douloureux, durs à portés, il ne pouvait pas échapper à une simple réalité : il restait au fond, un garçon avec des envies. Et un garçon, ça peut avoir envie d’une autre fille. Surtout quand son précédent couple s’est transformé en roman noir, dramatique, mélangé à un petit peu de merveilleux à la sauce manipulatoire, le tout pour séparer avec succès deux personnes. Devait-il s’en vouloir de n’avoir eu confiance en une demoiselle qui n’avait su faire autre chose que de compter sur lui ?

Il ne pouvait en juger de lui-même avec impartialité, aussi, c’est pourquoi il préféra ne pas chercher à le faire pour le moment. Mais c’est sans compter que l’objet (terme un peu réducteur), de ses pensées et aussi de ses désirs, en profita alors pour s’exhiber en petite tenue, dans son bureau, pour lui poser une question tout à fait … Importante, après un cri retentissant. Qui avait décoré le bureau d’Atios ? C’était une très bonne question. Une question tellement pertinente  qu’il leur faudrait sûrement plusieurs longues minutes de réflexions pour qu’il puisse en obtenir la réponse.

« Oh, je me le demande sérieusement ? Le pape, à tous les coups. »

Il lui attrapa la main, comme il avait l’habitude de le faire, quand nerveusement, on menaçait de produire une situation inconfortable. Il claqua la porte derrière lui et contempla … Ce qu’il pouvait contempler. C’est-à-dire. .. Un régal pour les yeux masculins ou de ceux qui, représentant le sexe aux attributs moelleux et tombants, se complaisaient dans l’homosexualité ; qu’à  cela ne tienne, Atios n’était ni une fille, ni homosexuel et dans le cas présent, ce qu’il  avait pour se rincer l’œil valait largement le détour… Yôko cherchait-elle à jouer de sa naïveté prononcée alliée à ses charmes naturels, mais pourtant raffinés pour mieux le tenir et le faire chanter ? Dans tous les cas, il valait mieux qu’il se sorte de cette situation, qui par des égards, était confortable et qui par bien d’autre, était inconfortable, dans le genre, lit d’épines.

« Dois-je te rappeler, très chère, que l’exhibitionnisme est prohibé dans toute bonne société dont les conventions sont modernes ? Que ferais-tu, si toute l’école se retrouvait à s’échanger tes photos en sous-vêtements ? Je … »

Ne pourrais pas te protéger de l’école toute entière ? Ne le permettrais pas ? Voudrais de ces photos ? Peu importe qu’aurait pu être la suite, elle ne fut jamais expirée : Haruka débarqua alors, carte d’étudiante en main et bredouillante, rougissante, comme une personne qui n’aurait pas dû  ouvrir la porte à ce moment-là, précis : « Euh … Senpai .. Je .. Je.. Je suis désolé … Voi-voici les … Papiers de miss Mori.. Je .. Je vous laisse ! »

Et la chevelure rousse haute du mètre cinquante claqua la porte, gênée, dévoré par une sorte d’anxiété et de jalousie à l’encontre de Yôko. Pour la seconde fois en quelques peu de temps, il se laissa à nouveau glisser, se tenant le front. Il claqua des doigts alors que les papiers et tout le dérangement, s’ordonna suite à sa demande. Que dire ? Que faire ? Il ne savait pas trop. Yôko, c’était le frisson du plaisir, le frisson de l’aventure, le plaisir d’exister, à travers la pétulance des saveurs qu’elle permettait d’éprouver. Et lui ? Il était … Le guerrier de Deus. Arthur. Le roi des chevaliers. Un chevalier. Un être divin, condamné à affronter l’adversité, à se battre, encore et encore, jusqu’à ce que ce monde se termine, ou jusqu’à la fin des temps.

Ils étaient deux êtres, tout comme il avait pu l’être avec Maya, qui n’étaient pas destinés à vivre ensemble. Car lui, il n’était pas destiné à éprouver la joie, ou le bonheur. Il était destiné à se battre, ni plus, ni moins.

Récupérant les papiers le visage sombre et vidé, il les tendit à Yôko en même temps que son uniforme.

« Tu as tout ce qu’il te faut désormais. La suite, elle n’appartient qu’à toi. Une fois que tu te seras rhabillée, je retournerais travailler. J’ai beaucoup à faire. »

Yôko était un fruit défendu. Et lui, se défendait de goûter à tous les fruits depuis fort longtemps.

« Je te donnerais tes bonbons quand tu auras daigné t’être rhabillée et sur le pas de ma porte. »
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Re: « Tu me plais. Soyons amis ! » [PV Atios] - Jeu 22 Aoû 2013 - 1:19

Même l’ahurissement de Yôko ne pouvait l’empêcher de percevoir l’ambiance de la pièce soudainement alourdie, dès l’instant où Atios prit conscience de ce qui s’y déroulait. Etait-ce sa maîtrise de la lumière, ou tout simplement une réaction naturelle, mais face à lui, la demoiselle n’était pas très à l’aise. Au contraire. Baissant légèrement la tête, de façon à pouvoir tout de même regarder le vice-président lui répondre, elle ne put répliquer que par un sourire déformé par l’embarras.

Avait-elle réellement voulu qu’il entre en oubliant sa tenue inappropriée ?
Rien n’était moins sûr. Enfin si, elle. La petite Yôko, dont désormais les joues prenaient une teinte écarlate. Que faire ? Où se cacher ? Son regard fuchsia se posait partout autour d’elle, comme à la recherche d’un miracle pouvant l’aider. Tac. Oups, Atios s’avançait vers elle et lui prit brusquement le poignet. Clac ! Porte fermée…


« Oh, Atios-kun… Ne te fâche pas, je… je ne voulais pas dire du mal de ton bureau, tu sais ! Vraiment… ! »


Oui, elle regrettait d’avoir signifié de la sorte que son lieu de travail était tout sauf à sa convenance, ne sachant plus où se mettre. Et en même temps... Il la reluquait ? Un sourcil levé, Yôko constata que cela faisait tout de même de longues secondes que le brun la regardait de bas en haut, puis de haut en bas. C’était étrange. Et surtout ; n’était-ce pas en contradiction avec ce qu’il lui avait dit plus tôt ? Son regard bonbon coula sur leurs doigts qui se touchaient alors. Ils se tenaient la main ? Ce qui signifiait qu’il acceptait d’être lié à Yôko, de toute évidence. Et à cette pensée, elle eut un sourire plus franc, bien moins gênée, de nouveau à l’aise dans ses baskets – ou en l’occurrence, de ses sous-vêtements. Ironiquement, Atios se comportait simplement comme un garçon normal face à une fille qui, par bien des mésaventures, était une de ses « amies ». Il tentait du mieux qu’il pouvait de garder son regard droit dans les yeux de son interlocutrice tout en luttant pour ne pas céder la tentation de… Eh bien de regarder plus bas. Il devait l’avouer. Yôko était… Délicieuse. Hélas.


« Dois-je te rappeler, très chère, que l’exhibitionnisme est prohibé dans toute bonne société dont les conventions sont modernes ? »


Ah, les remontrances s'étaient finalement pointées dans la discussion. Elle leva les yeux aux cieux, hochant la tête de droite à gauche pour lui faire comprendre son manque d’écoute. Bla bla bla. Elle se changeait juste, pas besoin d’en faire tout un fromage. D’ailleurs…


« Ouais… Tu ne veux pas plutôt du fromage, Atios-kun ? »


Une expression que répétait très souvent Sonoko après avoir connu un français, dans la vie terrestre de Yôko. Elle aimait bien la répéter, en son souvenir, et puis parce qu’en général ça clouait le bec tant ça surprenait. Ou que c’était inapproprié, au choix. Ou plus simplement, parce que tout le monde n’aime pas ça tant il faut un nez bouché pour supporter ce met. Beuh… Et.

Ah tiens, la secrétaire.


« Haruka, ce n’est pas ce que tu… Crois... »


A peine Yôko eut-elle écarquillé les yeux que la petite dame, cafouillant et embarrassée comme jamais, repartit comme elle était venue ; en flèche. L’apprentie déesse de la Mort fit lâcher son poignet à Atios et, nerveuse, ramena ses quatre couettes devant sa poitrine pour en tripoter les mèches. Donc, enfin, elle faisait tout à fait partie de l’académie. Le jeune homme, quant à lui, semblait plus ennuyé qu’elle ; à croire qu’une flopée de problèmes venait de s’abattre sur lui. Ses affaires se rangèrent par magie suite à un claquement de doigts par la suite. Etonnée, Yôko haussa les épaules, se disant qu’elle finirait par s’habituer. Oui, que ça n’était qu’une habitude à prendre. Sans doute elle-même était capable de quelques petits sortilèges, comme ça, par défaut, parce qu’elle était déesse – en devenir, mais quand même – et qu’elle les découvrirait bien au fil du temps.

Redressant la tête vers Atios, sortie de ses songes, la demoiselle aux cheveux barbe à papa se mordit le pouce ; le visage du garçon, une fois assombri, faisait presque peur à voir. Du moins, il n’était pas du tout rassurant. Il lui donna ses affaires qu’elle récupéra prestement.


« Tu as tout ce qu’il te faut désormais. La suite, elle n’appartient qu’à toi. Une fois que tu te seras rhabillée, je retournerais travailler. J’ai beaucoup à faire. »
« Hein ? »
« Je te donnerais tes bonbons quand tu auras daigné t’être rhabillée et sur le pas de ma porte. »


Encore des remontrances ?


« Tu changes vraiment d’avis comme de chemise. C’est lourd à la fin. Oh, tu es peut-être tendu ? Attends, tu vas voir, je suis douée pour faire du bien aux gens ! »
« Mais qu’est-ce que …»


Rapidement, elle bondit tout sourire sur Atios qui se contracta de partout, comme un animal sauvage entre les griffes de son prédateur. Le prenant par les poignets, l’ex starlette l’attira vivement de l’autre côté du bureau, le poussa à s’assoir sur son fauteuil moelleux sous son regard interrogateur, froncé. Et, ni une ni deux, elle s’installa agilement sur ses genoux, face à lui, qui hésitait à protester. Frottant ses mains, la jeune fille fronça les sourcils, de manière à montrer qu’elle était concentrée et comptait bien s’appliquer. C’était plutôt confortable pour elle et, de toute façon, son poids plume n’allait certainement pas déranger le garçon porteur d’Excalibur, qui semblait cependant prêt à la faire partir.

Oh et puis, il n’allait quand même pas oser se plaindre. Yôko avait bien remarqué que ses petits yeux s’étaient posé sur sa poitrine un peu plus tôt, il devrait au contraire la remercier de l’approcher autant de son visage. Fufu. Cependant, pas certain qu’il appréciait toute l’attention qu’elle lui offrait.


« Ben Atios-kun, c’est quoi cette tête ? »
« Yôko, qu’est-ce que tu fabriques ? »


Elle pouffa tout en posant ses mains sur les épaules du vice-président. Pression des pouces près de la clavicule, puis des autres doigts près des cervicales. Un mouvement. Puis deux, trois. La demoiselle y allait doucement, tout en s’efforçant d’appuyer suffisamment pour masser les nerfs du jeune homme, aussi tendus que la peau de chèvre d’un djembé. Petit sourire en coin, elle espérait que ça lui plairait. Malgré le bien-fondé de cette tentative, il ne pouvait se laisser manipuler ainsi, aussi, Atios lui fit un regard hostile.

Ceci dit, pas question de s’éterniser. Après avoir massé ses épaules, sa nuque et l’espace entre ses omoplates, Yôko bondit en arrière, sentant que l’ambiance devenait doucement électrique entre eux. Avait-elle exagéré ? Ou aurait-elle dû poursuivre ? Il lui avait demandé de filer si elle voulait ses bonbons, et comme son envie était brusquement revenue chatouiller son cerveau, l’apprentie déesse était prête à s’exécuter pour les obtenir. Toute joyeuse, elle s’empara de son uniforme, l’enfila, constata qu’il lui collait bien à la peau, puis s’enfuit sur le pas de la porte, tout ça sous le regard soupirant du propriétaire de la pièce, qui posait son coude sur son bureau pour mieux contempler … Ce qu’il y avait à contempler.

Souriante. Pétillante.
Elle tendit la main, paume tournée vers le ciel, buste en avant, réclamant à l’aide de ses doigts son bien sucré. Parce qu’elle avait été gentille, sage, et qu’elle méritait tout à fait sa récompense. Yum yum. Récompense, qui lui fut envoyée sans ménagement dans les mains par le propriétaire du bureau, dans un lancer franc et plutôt agacé. Maintenant, c'était à elle de se débrouiller, seule, pour se familiariser avec son nouvel environnement.

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Re: « Tu me plais. Soyons amis ! » [PV Atios] - Ven 23 Aoû 2013 - 14:54

Atios qui reprend du service ! o/
J'ai beaucoup aimé lire, c'était certes long, mais pas désagréable ! Surtout que Yôko a son petit caractère qui ajoute une petite touche de piquant à ce rp. Ça m'a fait plaisir de lire ce rp ! J'aimerai bien voir comment leur lien va se développer tient !

Yôko : 440 xps
Atios : 410 xps

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« Tu me plais. Soyons amis ! » [PV Atios]
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