Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


École des dieux RPG


Forum RPG
 

Voyage au pays des neiges éternelles....

Invité
avatar
Invité
Voyage au pays des neiges éternelles.... - Jeu 9 Mai 2013 - 16:11
Eh bien, on peut dire que la journée commence sur les chapeaux de roues. Cela faisait pourtant un moment déjà que la jeune indienne avait ses quartiers et ses habitudes à l’Académie mais encore jamais cela ne lui était arrivé. En même temps, il y a un début à tout. Mais bon, elle ne s’attendait quand même vraiment pas à ça. Le soleil était à peine levé et, comme à son habitude, elle était à sa fenêtre, laissant les premiers rayons de l’astre diurne inondée sa peau pâle. Les yeux fermés, elle profitait de ces instants de calme serein lorsque l’on toqua à l’entrée de la chambre. Afin de ne faire se lever les autres habitants de la chambre qui dormaient sans doute encore, elle alla ouvrir et qu’elle ne fut pas sa surprise de découvrir Hans, debout devant l’entrée, fier comme un paon. Un sourire se dessina sur les lèvres de la jeune indienne, ravie de revoir son ami mais ce dernier avait l’air étrangement sérieux. Et Sifel n’était pas avec lui. Un problème ?

« - Hans à un message pour Princesse Aby’ de la part de la directrice. Princesse être attendue avant le début des cours pour entretien avec Dame Siria. Etre très important qu’elle a dit alors toi devoir te dépêcher, cela serait mieux. »

Oulà. Une convocation directement dans le bureau de la directrice ? Et ce avant même le début officiel de la journée ? Cela ne laissait rien présager de bon. La jeune fille acquiesça de la tête et choisit de se rendre aussitôt au bureau de la directrice. Hans l’escorta tout le long du chemin mais tous deux restèrent silencieux, elle concentrée et lui visiblement un peu inquiet. En arrivant devant la porte du Bureau, la jeune indienne offrit un sourire confiant à son camarade avant de frapper et d’entrer après avoir reçue l’invitation de la faire. C’est malgré tout avec une grande inspiration qu’elle pénétra dans la salle, des dizaines de questions se mouvant dans son esprit.

L’entretien ne dura pas très longtemps cependant et déjà, elle ressortait de la salle, avec quelques morceaux de papiers dans les mains. Une autorisation de sortie ainsi que deux feuilles vierges que la Directrice lui avait affirmée, lui serait très utile une fois arrivée sur place. Elle fut étonnée de trouver Hans toujours présent, assis sur un tabouret trop petit pour lui au bout du couloir. Il se leva trop rapidement et manqua de tomber avant de se jeter littéralement sur la jeune fille, attendant clairement de savoir ce qu’il se passait. C’était drôle, depuis son arrivée ici, il était le premier à vraiment s’en faire pour elle alors elle ne le laissa pas dans l’angoisse plus longtemps.

"- Tout va bien Hans, rassure-toi. La Directrice souhaitait me voir afin de me confier une mission un peu délicate dans le monde des humains et elle souhaite que cela soit réglé rapidement. Tu vois, il n’y a rien de grave."


« - Hans soulagé d’apprendre ça. Lui craindre que Princesse avoir des ennuis. Pas vouloir que Princesse parte de Deus. Être grand honneur pour Princesse Aby’ d’être choisie par Dame Siria pour une telle mission, n’est-ce pas ? Hans être fière de toi ! »


D’ailleurs, pour appuyer ses dires, il lui offrit un sourire faisant trois fois le tour de sa tête avant de la serrer si fort dans ses bras qu’il manqua de lui briser une côte au passage. Mais bon, elle ne pouvait pas lui en vouloir, c’était Hans après tout. Une fois qu’il la relâcha, elle prit quelques instants pour reprendre son souffle en se frottant le bras avant de dire.

"- Je dois prendre le premier bateau pour le monde des Humains et j’ai encore des choses à préparer avant de partir. Alors, je vais devoir te laisser. J’ai été ravie de te revoir mais malheureusement, je suis pressée. Excuse-moi de partir si vite."

« - Le devoir appelle Princesse Aby’, Hans comprendre ça. Faire attention à toi Princesse quand même, promis ? Hans pas vouloir arriver toi un malheur. »

Elle aurait voulu lui promettre qu’il ne lui arriverait rien mais cela aurait été mentir. La dernière fois déjà, ils ne s’en étaient pas sortis indemne lors de leur sauvetage du dénommé Memphis. Alors, elle se contenta d’opiner du chef avant de prendre la direction de sa chambre. Commencer à par prépare ses armes et s’assurer qu’elles toutes dans le meilleur état possible. Et puis, changer de tenue. Bon, elle n’avait rien de vraiment chaud alors elle mit ce qu’elle avait de plus protecteur sur le dos. Son sac avec objets de premiers secours ainsi que son calepin et son crayon plus les papiers donnés par Colombe et la voilà prête à partir. Après avoir quitté sa chambre, elle fit également un détour par la cafétéria afin de prendre un solide petit déjeuner. Partir le ventre vide ne serait pas une bonne idée. Et déjà, elle prenait la direction du port des deux dimensions.

Le bateau était tout prêt à appareiller et lorsqu’elle se présenta pour embarquer, on lui refusa d’abord l’accès à bord mais la présentation de l’autorisation de la Directrice finit de décider le capitaine à la laisser monter, bien qu’il semble soucieux, marmonnant que le monde des Humains n’était pas sûr en ce moment, que ce n’était pas raisonnable. Alors que la passerelle allait être remontée, un aboiement lointain la fit se pencher par-dessus le bastingage. Un petit chien courrait come une flèche vers le bateau et s’élança sur le pont avant de se jeter littéralement dans les bras de l’apprentie-déesse. Sifel ? Cela ne pouvait vouloir dire qu’une chose. Elle se pencha pour apercevoir Hans courir à perdre haleine dans la direction du bateau, harnacher comme un véritable combattant. Aucun doute sur ce qu’il voulait faire, c’était évident. La jeune fille cria aux hommes de l’équipage d’attendre quelque secondes et déjà, Hans s’écroulait le souffle court sur le pont du navire qui décollait.

« - Hans a réfléchi. Princesse Aby’ aidé Hans a sauvé Memphis la dernière fois alors Hans avoir une dette envers Princesse. Alors Hans va l’accompagner et l’aider à son tour. »

La jeune amérindienne sourit gentiment, laissant Sifel retourner auprès de son maitre qui reprenait doucement son souffle. Le capitaine eut un haussement d’épaule avant de prendre le large, direction le monde des humains. Le voyage se déroula tranquillement et sans encombres et la jeune fille en profita pour essayer de faire comprendre à Hans que le ‘Princesse’ lorsqu’il s’adressait à elle n’était pas obligatoire. Mais depuis l’épisode du Temple Maudit, il n’en démordait pas. Elle était digne d’une Princesse alors il l’appellerait ainsi. De guerre lasse, elle se résigna donc à s’entendre appeler de la sorte durant un bon moment. Elle n’avait plus qu’à espérer que cela lui passerait tout seul, même si elle doutait sérieusement.

L’arrivée dans le monde des Humains ne fut pas aussi douce que les dernières fois où elle avait eu l’occasion d’y venir. Le froid était mordant, la neige tombant à gros flocons et la bise était glaciale. Sans compter que leurs tenues n’étaient aucunement adaptées à ce genre de climat. Tant pis, il faudrait faire avec. Tant pis, il faudrait faire avec pour le moment. Cependant, leur première surprise fut de trouver un comité d’accueil à leur arrivée. Deux femmes étranges, chacune le parfait contraire de l’autre. Cheveux noirs et cheveux blancs, regard de braise contre regard doux, allure violente et sombre contre apparence calme et sereine. Ça c’était du contraste.

« Bon, c’est qui le petit rigolo qu’a été envoyé ici par la Siria ? »

Jane ! Un peu de respect pour la Directrice.

« L’est pas là et pour le moment, je me les gèle, alors on s’en tape du respect. Bon, z’avez perdu votre langue là-haut ? »

"- C’est nous."

« Et merde, deux novices pour le prix d’un, tu parles d’un cadeau. Putain, y a même un clébard avec eux. Mais c’est pas possible, c’est pas un cirque ici, vous savez. »

Jane, modère ton langage je te prie. Je vous en prie, venez vite. Nous discuterons de tout cela bien au chaud. Et il va falloir vous changer avant que vous ne vous changiez en glaçons. Alors suivez-nous.

Au moins l’une des deux était accueillante. Enfin, sans faire de commentaires, les deux apprentis descendirent du bateau et suivirent les deux étranges femmes en silence. Le trajet fut assez long aussi apprécièrent-ils beaucoup d’arriver enfin à destination. Un chalet où brulait un bon feu de cheminée, il n’y avait rien de plus agréable après le temps horrible qu’ils avaient affronté dehors. Semblant deviner ses pensées, la femme sombre lui répondit directement.

« Et encore, t’as rien vu. Là, on peut presque dire qu’il fait beau. Et ça des semaines que ça dure. Les gens commencent à déserter les stations de ski car à cause de la hauteur des neiges, y a pleins d’accidents. Et certains sont pas trop naturels, si tu vois ce que je veux dire… »

Jane, arrêtez d’embêter nos invités ! Je suis désolée, ma sœur est toujours un peu bourrue avec les étrangers. C’est donc vous que la Directrice envoie enquêter ? J’espère que vous pourrez nous aider.

« Et que vous survivrez, pas comme le guignol d’avant. »


Ça suffit maintenant. Pourquoi tu n’irais pas nous préparer des chocolats chauds, tiens ? Allez, au pas de courses, ils doivent être frigorifiés.

La femme douce devait sans doute être l’aimée car malgré ses grimaces, soupirs et haussements d’épaules, la femme sombre lui obéit. Durant son absence, les deux apprentis-dieux eurent droit un résumé des derniers évènements très précis et concret. Voilà qui les aiderait grandement. Puis, la fille sombre revint dans la salle avec quatre grandes tasses de boisson fumantes et même un bol d’eau alors qu’elle ne semblait clairement pas apprécier la présence de Sifel. Une fois tout le monde réunit, on passa aux présentations. Et ses dernières terminées, il fut temps d’entrer dans le vif du sujet. La fille calme répondant au nom de Jill lui demanda de voir les papiers que Colombe lui avait confiés et elle les lui tendit. C’est alors que les feuilles d’abord vierges se couvrirent comme par magie d’écritures.

Les animaux, hein ? Je comprends mieux pourquoi tu as été choisie pour cette mission. Nous pensons que des Yétis pourraient être derrière ses chutes de neiges anormales.

« Enfin, c’est pas sûr non plus mais c’est une piste. On a du planquer un cadavre d’un bestiau de ce type pour pas que les Humains tombent dessus alors maintenant, il urge de faire quelque chose. Voudrais pas voir les lieux devenir un cimetière de gros bonshommes des neiges. Et c’est pas le moment d’alerter l’opinion publique alors va falloir faire discret. Et c’est mal barré avec le géant au clebs. »

Jane, garde tes réflexions pour toi. Sa projection risque d’être très utile. Quant à Sifel c’est ça ? Eh bien, il pourrait se révéler d’un aide précieuse.


« Je me fie pas à ses bouts de papiers, ça veut rien dire. »

Voilà qui promettait de mettre du piquant dans cette mission. Midi n’était pas encore passé pourtant, la jeune fille avait l’impression d’être en fin d’après-midi à cause des semis ténèbres couvrant le ciel. Oui, il allait falloir agir et vite. Jill insista pour qu’ils mangent avec elles un bon repas chaud et consistant avant de partir en exploration et il faut avouer qu’il était difficile de lui refuser quelque chose, ses manières étant très délicates et agréables. Le regard de Jane lui semblait constamment les sonder, comme pour chercher quelque chose. Et plusieurs fois, elle répondit avant même qu’elle ou Hans puissent parler. Son pouvoir devait avoir trait à l’esprit, et vu le sourire qu’elle lui adressa à cette pensée, l’indienne put en déduire avoir visé juste.

Le repas terminé, séance habillage. Certes les gros manteaux, combinaisons de skis et pulls n’étaient pas forcément pratique afin de tirer à l’arc mais au moins ainsi, elle ne risquerait pas de mourir de froid. Ils furent équipés en plus de cordes et reçurent un piolet chacun en plus de chaussures adaptées à la marche en montagne avant de sortir affronter les rigueurs du temps. Jill et Jane ne les accompagnaient pas, ayant d’autres choses à faire de leur côté et personnellement, l’indienne préférait cela. Elle n’avait pas envie de se sentir suivit. Et puis, s’ils venaient à avoir un souci, se préoccuper d’une personne est bien suffisant, trois serait de trop. Du moins, c’était son avis. Alors, fin prêts, l’amérindienne et son camarade se mirent en route, Sifel ouvrant la voie. Hans avait passé un moment à discuter avec con chien, lui expliquant tout un tas de choses que la jeune fille n’avait pas forcément suivi. Mais lui semblait très bien savoir où il allait. Bien sûr, il disparaissait régulièrement comme à son habitude mais il revenait toujours et rapidement. Enfin presque.

Cela faisait un moment qu’ils exploraient les environs, montant toujours plus dans les hauteurs sous des couches de neige immenses, lorsque Sifel disparut sans revenir. Instinctivement, ils pressèrent le pas, suivant les traces du petit chien qui risquaient de s’effacer rapidement lorsqu’un aboiement faible et empli de douleur leur parvint. Hans aussitôt se mit à bondir vers le bruit, hurlant le nom de son compagnon tandis que la jeune fille lui emboitait le pas. Et le spectacle qui s’offrit à eux au détour d’un butte les laissa un instant perplexe. Deux êtres étranges, visiblement parfaitement à l’aise au milieu des glaces, tenaient en respect deux jeunes yétis. Et Sifel blessé à côté d’eux.

Spoiler:
 

Évidemment, Hans vit rouge en découvrant son cher ami blessé et se jeta littéralement sur le monstre ressemblant à un être humain. Une flèche déjà armée, le premier fusa sur l’espèce de fée et la transperça de part en part. Mais cette dernière se reconstitua avant de se tourner vers la jeune fille. Oups, voilà qui promettait de compliquer les choses. Les petits yétis ne bronchaient pas, acculés contre un mur de pierre et l’un visiblement incapable de marcher. Sifel grognait et aboyait en direction de l’espèce d’humaine mais l’apprentie déesse ne pouvait pas aider Hans pour le moment, la Pixie se jetant sur elle avec violence. De sa main sortirent des dizaines de tout petits flocons tranchants que la jeune fille parvint à esquiver de justesse avant de tirer à nouveau en pleine tête de la fée. Si celle-ci tomba au sol, se brisant en plusieurs morceaux, elle se reconstitua cependant en quelques secondes, indemnes. Bon, ça ce n’était vraiment pas bon. Profitant de son temps de récupération, elle s’approcha de la Pixie et lui broya le thorax d’un puissant coup de poing. Mais si, à nouveau la fée tomba au sol détruite quelques instants seulement, sa main se retrouva brulée par la glace dont elle était faite. Donc abandonner les attaques frontales.

Le combat commençait à s’éterniser. Qu’importe les attaques de la jeune fille, la créature ne cessait de se reconstruire à chaque fois. Et cela était pareil pour Hans de son côté. Non, aucun n’était immortel, il y avait forcément une solution. Ce ne pouvait pas être une impasse. Les deux apprentis-dieux commençaient à fatiguer, la jeune femme risquait de manquer de munitions sous peu et la situation tournait à l’avantage flagrant des deux monstres qui rigolaient bien lorsque la solution leur apparut enfin. Grâce à Sifel. Brave petit chien, même blessé, il soutenait son maitre de toutes les façons possibles. Alors que le combat faisait rage, un cri aigu retentit soudain du monstre faisant face à Hans. Il se tordit de douleur tandis que Sifel mordait dans quelque chose. Un médaillon représentant un cristal de glace. Un instant, la Pixie se détourna de l’indienne pour voler en direction du chien, préparant à nouveaux ses flocons tranchants mais elle fut fauchée en cours par une des flèches de l’indienne. Les quelques secondes qu’il lui faudrait pour se reconstituer devraient suffire. Armant son arc, elle appela Sifel et l’animal, semblant comprendre son intention, jeta le médaillon en l’air. Sous l’œil horrifiée de la Pixie terminant de se reconstruire, la flèche brisa le médaillon, faisant disparaitre le monstre humanoïde dans un cri suraigu, son corps devenant poussière de glace dispersé par le vent.

Mais ce n’était pas le moment de crier victoire. La Pixie était en colère et un vent énorme se leva, les aveuglant tandis que des centaines de petites boules glacées les harcelaient, les gelant même au travers de leurs affaires pourtant très chaude. Impossible de viser. Les projections d’Hans étaient déviées par la force du vent et il ne restait qu’une flèche à l’indienne ainsi que deux couteaux. Cette fois, ce fut une des yétis qui leur offrit une ouverture. Regain de courage, volonté d’aider les humains ? Toujours est-il que la boule de neige qu’il envoya fit mouche et ensevelit quelques secondes la Pixie. Profitant de ce répit, les apprentis dieu cherchèrent à repérer un talisman pouvant être celui de la Fée et cette dernière déjà relevée, se jetait sur Hans pour le forcer à reculer. Mais elle l’abandonna aussitôt pour se ruer sur Sifel qui venait à la rescousse de son maitre. Etrange, elle changeait de cible ? Non, elle protégeait un endroit précis.

Une aspérité sur le terrain juste sous elle. Flèche armée, elle décocha son tir et un cri échappa à la Pixie lorsque cette dernière heurta le petit rocher. Hans la mit K.O pour la énième fois tandis que tous deux se jetait sur le lieu où était plantée la flèche. La Pixie se reconstituait encore et afin de gagner du temps, l’indienne lui lança à nouveau son poing en pleine figure. Tant pis pour les brulures. Et alors que la Fée relançait son horrible tempête, il y eut un son semblable à un bris de glace. Et la Pixie s’arrêta se figeant avant de devenir poussière. Entre les doigts d’Hans, une plume de givre complètement détruite.

Maintenant qu’ils pouvaient enfin souffler, la jeune fille alla récupérer ses flèches et couteaux disséminés dans les alentours tandis que Hans venait prendre Sifel dans ses bras, le cajolant et le câlinant avec ferveur. Il allait bien, juste quelques égratignures. Par contre, les deux petits yétis commençaient à s’affoler. La jeune fille tenta d’utiliser son pouvoir mais ils étaient trop effrayés pour y être vraiment réceptifs. Celui blessé tenta de se lever mais retomba dans un cri plaintif tandis que l’autre tentait de l’aider de son mieux. La jeune fille s’approcha doucement mais elle ne réussit qu’à faire fuir au final celui qui était indemne. Elle arriva devant le petit blessé et observa sa jambe. Foulée, si ce n’était pas cassée. Alors, elle sortit de son petit sac quelques bandes de fortune. Hans vint l’aider à maintenir le yéti le temps qu’elle pose une attelle de fortune. Mais ainsi, il ne pourrait retrouver les siens. Dans ce cas, elle ne voyait qu’une solution. Le ramener avec eux pour le soigner.

Hans se chargea de porter le petit Yéti qui s’endormit rapidement, épuisé par les évènements de sa journée sans doute, tandis que la jeune fille prenait Sifel avec elle. Les bras ainsi chargés, ils reprirent la direction du chalet qu’ils rejoignirent bien longtemps après le coucher du soleil. Si évidement Jane leur fit des tas de discours tous oins sympathiques les uns que les autres, Jill les fit entrer et distribua ses ordres. Elle commença par les envoyer se changer et nettoyer leurs plaies diverses tandis qu’elle s’occupait du petit yéti. Puis, ils furent obligés à manger afin de recouvrer des forces. Quand enfin Jill s’estima satisfaite, elle s’approche d’eux à tour de rôle pour… Les soigner. Donc les deux sœurs étaient toutes deux des Déesses ? En tout cas, cela ressemblait fort à un Domaine Divin. Elle ne se plaindrait pas, ses brulures se résorbant rapidement et sans grande douleur. Mais cela la fatigua énormément, plus elle que Jill d’ailleurs. Un contrecoup du pouvoir ? Toujours est-il qu’une fois soignée, elle les envoya se coucher sans leur demander leur avis et à peine eut-elle atteint un matelas posé à même le sol que l’amérindienne sombra dans le sommeil, emportée par les bras de Morphée.

*******

Le réveil fut plutôt difficile même si la nuit fut bonne. Bien que toutes ses blessures aient disparues, elle gardait des douleurs dans les articulations, surtout au niveau des mains et c’était assez désagréable. Enfin, elle se leva rapidement et alla rejoindre les autres qui se trouvaient dans le séjour. Le Petit Yéti dormait lui aussi, Sifel aussi sur les genoux de Hans. Tout le monde était attablé autour d’un copieux petit déjeuner mais dehors, il semblait faire encore plus noir que la veille.

« Eh ouais, on dirait que les monstres ont pas appréciés votre passage. Du coup, ils se vengent sur nous. La neige atteint presque 4 mètres et la station de ski en contrebas risque de devoir fermer rapidement. Les risques d’avalanche ont jamais été aussi forts. Félicitation »

Jane, ce n’est pas leur faute. Mais dans les cas, il va falloir faire rapidement quelque chose pour votre petit protégé. Pourquoi l’avoir ramené d’ailleurs ?

- Nous n’avions pas de quoi le soigner là-haut et il était en danger. Les deux monstres dont nous nous sommes débarrassés n’étaient peut-être pas seuls. Et puis, je refuse d’abandonner à une mort certaine un innocent.

« Bla bla bla, mais qu’elle cruche tu fais. Parce que tu crois qu’il va te remercier en plus ? »

- Je n’attends aucun remerciement de sa part. Qu’il vive me suffira amplement.

« - Princesse est comme ça. Avoir un grand cœur et de beaux principes. Hans d’accord avec Princesse, aider enfants être normal. Abandonner un blessé être mal. »

Je comprends mais vous vous doutez qu’on ne pourra pas le garder, n’est-ce pas ?

- Nous allons le ramener auprès des siens. Je voulais m’assurer qu’il allait bien avant. Et prendre un peu de repos pour ne pas prendre de risques inutiles en pleine montagne. Je ne connais pas ce milieu alors je préfère rester prudente.

C’est une sage décision. Finissez de manger puis vous pourrez le ramener à sa famille. Ils seront sans doute ravis de le revoir.

Ils ne mirent guère de temps à se préparer et avec l’aide de Jill et Jane, Le petit Yeti fut installé dans une sorte de siège portable dans le dos de Hans. Ainsi prêt, les deux apprentis dieux reprirent leur ascension vers les sommets. Ils avancèrent plus vite bien que le tems ne soit guère meilleur, un peu habitué au climat à présent. Mais il leur fallut monter longtemps avant de retrouver le lieu du combat de la veille. Son pouvoir aux aguets, la jeune fille cherchait à détecter d’autres présences aux alentours et elle finit par trouver une piste, montant toujours plus vers les hauteurs. Le Yéti s’était réveillé depuis un moment et bien que très effrayé au départ, à force de patience, elle était parvenu à le calmer. Maintenant, elle se fiait aussi aux réactions de l’animal afin de se guider car lui seul savait vraiment où ils allaient. Sifel ouvrait la marche mais restait très proche cette fois, ne s’éloignant jamais beaucoup.

Le soleil avait passé son zénith depuis un moment lorsqu’un blizzard étrange se leva, comme pour les forcer à reculer. Mais à la réaction du petit Yéti, c’était bien la bonne direction. Alors, ils avancèrent encore mais lentement. L’animal s’agitant de plus en plus, la jeune fille prit la décision de le sortir de sa chaise mais elle n’eut pas le temps de le poser au sol qu’Hans la poussa violemment sur le côté, la faisant chuter tout en tenant fermement le yéti dans ses bras. Une imposante boule de neige les effleura, signe clair d’un avertissement. Mais ce n’était pas le moment de se démonter. Son pouvoir commençait à s’affoler. 2, 3,… 7. Ils étaient 7 autour d’eux, dissimulés dans le blizzard et invisible mais assez proches pour les atteindre. Par réflexe, elle serrât plus fort le petit contre elle, comme pour le protéger du danger. Mais ce dernier semblait heureux et se mit à lâcher des cris étranges, semblables à une chanson. Sifel s’arrêta de grogner et de concert avec son maitre, tous se tournèrent vers lui.

Une mélodie similaire lui répondit et le second petit de la veille apparut devant eux. Alors, elle posa le Yéti au sol qui courût se jeter dans les bras de son compagnon. S’était mignon mais il y avait toujours ces présences menaçantes autour d’eux. Un instant, le temps sembla se figer puis les deux petits disparurent derrière le rideau de neige opaque. Le silence, le vent qui faiblit, la neige qui se calme et là, le choc. 7 Yétis les encadraient bel et bien mais avec une telle proximité que c’en était effrayant. Dans un coin, les deux petits se collaient contre un adulte, leur mère peut-être et les autres les observaient. Mi hargneux mi curieux. L’apprentie déesse fit un signe discret à Hans qui saisit Sifel tandis qu’elle se contentait de fixer les monstres face à elle. Ils n’étaient pas réellement des animaux mais il y avait des rapprochements. Ils pourraient peut-être sentir ses attentions. Elle posa donc son arc au sol et resta simplement là, à attendre.

Le temps parut s’éterniser avant qu’un des yétis ne s’avance. Elle ne broncha pas alors qu’il venait coller son visage au sien, respirant son odeur à pleines narines. Elle se souvenait de ce bestiaire décrivant les yétis comme des monstres sans cervelles mais ils n’étaient pas dépourvus de cœur. Ils leurs avaient ramené un petit et sauver le second, ce n’était pas rien. Finalement, le monstre lâcha quelques cris à son tour et les autres se dispersèrent, disparaissant dans le mystère des montagnes. Le dernier qui semblait être un meneur attendit que tous les autres soient partis avant de s’éloigner à son tour. Les voilà donc à nouveau seuls au milieu des montagnes. Mais au moins, ils avaient rendu le petit à sa famille. Certes, elle ne s’était pas attendue à des miracles mais un peu de reconnaissance peut-être un peu. Enfin, les yétis restaient des créatures sauvages.

Ils se remirent en route vers le sommet, maintenant que leur devoir était accompli ils avaient une mission à reprendre et à mener à bien. L’ascension se faisait de plus en plus difficile à mesure qu’il approchait des hauteurs, l’oxygène se raréfiant et l’effort devenant plus conséquent. Ils faisaient des pauses régulières et, à intervalles réguliers, elle sentait comme des présences les surveiller. Mais toujours à la limite de sa perception, lui restant trop flou pour savoir de quoi il s’agissait. Elle fit cependant part à Hans de ces présences proches sans l’être dont elle ne pouvait deviner les intentions. Hostiles ? Neutres ? Pacifiques, vu les environs, elle n’y croyait absolument pas. Se remettant en marche après une énième pause, Sifel manifesta lui aussi une forme de légère inquiétude. Il restait constamment sur le qui-vive, la tête tournant dans tous les sens. Oui, aucun d’entre eux n’était rassuré.

Le sommet était presque à portée de vue mais le mauvais temps empêchait le regard de portée assez loin. Cependant un son retentit soudain, les stoppant net. Proche, comme un cri bestial mais il n’avait rien de réellement animal. Sifel aboya avec hargne avant de foncer dans la direction du cri, suivit par les deux apprentis-dieux. Mais leur course fut stoppée par une violente bourrasque qui les stoppa net. La neige les aveugla un peu, juste le temps qu’une silhouette n’apparaisse devant eux. Suivit d’une seconde quelques instants plus tard encadrée d’une aura de lumière.

Spoiler:
 

Il était évident au vu des deux monstres nous faisant face qu’ils ne nous laisseraient pas passer gentiment pourtant, ils ne semblaient pas nous avoir vraiment repérer. Comme s’ils cherchaient quelque chose d’autre. Ou quelqu’un ? Hans à ses côtés, elle se coucha dans la neige, attrapant Sifel pour le couvrir le museau de sa main et lui intimer le silence. Avec un peu de chances, ils repartiraient sans les voir…Mais le petit chien se débattant et elle n’eut pas le temps de lui intimer l’ordre de se taire via son pouvoir, le voilà qui aboyait, ramenant l’attention des deux monstres sur eux. Et ils ne semblaient pas contents du tout d’être dérangés. Se relevant aussi prestement que possible au milieu de cette neige abondante, ils se fixèrent respectivement avant que la forme humanoïde ne s’en aille, leur tournant ostensiblement, les laissant sans vergogne à son sous-fifre. Un élémentaire de glace si elle se souvenait bien de ses cours. Autant dire un ennemi redoutable dans cet environnement où il avait plus que l’avantage. Sifel fut le premier à bondir sur le monstre mais ses griffes et ses crocs n’entaillaient même pas sa constitution. Il fut chassé d’un revers de la main tandis que Hans projetait de son poing un puissant rayon qui le frappa à l’épaule. Déséquilibré, il fit quelques pas chancelants durant lequel elle tenta de le blesser mais comme elle s’y attendait, ses flèches étaient sans effet. Lui restait sa propre force mais en venir au corps à corps avec lui serait suicidaire. Pourtant, elle n’avait pas le choix.

Fonçant sur l’élémentaire, elle frappa de toute sa force dans son genou, le faisant chuter pour de bon en fendillant son articulation. Au moins elle pouvait l’atteindre mais à quel prix. Le froid engourdissait ses doigts et voilà qu’un violent blizzard la repoussait plus loin. Aveuglée, elle ne vit pas venir les morceaux de glace qu’il projeta à son encontre et si elle en évita certains, plusieurs l’écorchèrent. Ok, ce n’était pas la bonne tactique. Mais Hans c’était jeté sur le monstre et alors que Sifel aboyait en tous sens pour tenter de le désorienté son maitre en venait à utiliser sa force et son pouvoir pour lui casser une main. Mais c’était insuffisant. Le monstre l’envoya s’écraser plus loin dans la neige, se relevant lentement mais surement. Même à trois contre lui, avec leurs armes, ils n’y arriveraient pas. Pourtant, elle se jeta à nouveau à l’attaque, Hans à l’unisson afin de le harceler autant que possible. Faute de le blesser vraiment, le pousser à la faute pourrait peut-être leur donner l’avantage mais le monstre ne semblait pas décider à leur offrir une ouverture. Une lance de glace explosa à ses pieds, la sonnant sérieusement et, rouvrant les yeux au cri de Hans, elle eut l’horreur de découvrir l’élémentaire jute au-dessus d’elle, un bloc de glace impressionnant dans sa main valide destiné à l’écraser. Et elle incapable de se relever, engourdit et sonnée. Non, elle ne mourrait pas comme ça mais malgré toute la force de sa volonté, le bloc tombait déjà, inexorablement, au ralenti… .

Une ombre immense qui la surplomble et un bruit de bris de glace qui retentit comme une bombe à ses oreilles. Une présence qui se fait ressentir avec une force presque déstabilisante. Ses yeux fermés qui se rouvrent et des cris étranges et mélodieux qui se répercutent en échos autour d’elle. 8 présences qu’elle connait. Les Yétis !!! Un instant, elle est incapable de réagir. Les créatures sont là, en train de se mêler à la bataille. Pourquoi ? Elle se posera la question plus tard. A présent, le combat tourne à leur avantage alors il faut en profiter. Elle se relève difficilement et rejoint Hans qui comme elle, assiste au spectacle, aussi surpris qu’affolé. Mais non, aucun d’entre eux ne se retourne contre les apprentis-Dieux. Alors, reprenant ses esprits, la jeune fille retourne au combat. Harceler l’élémentaire, encore et toujours. Le faire reculer tandis qu’il s’essouffle face à trop d’adversaires. Et la faille qui, camouflée par la neige qu’il a lui-même fait tomber en tentant de tous les ensevelir, l’aspire avant de le tuer. Disloquant son corps de glace en de multiples morceaux, l’aura qui l’entourait disparait pour se diriger vers une ombre discrète. L’autre monstre qui c’était caché.

La pluie de pic de glaces qui les accueillit fut terrible. L’un d’entre eux frappa l’indienne au visage, manquant son œil de peu et lui ouvrant l’arcade. Mais pas le temps de s’en soucier. Se relever, se mettre à l’abri. Et déjà, repasser à l’attaque. Ce monstre-là n’était pas constitué de glace, elle pouvait donc l’atteindre avec ses armes. Arc en main, un première flèche fusa qu’elle stoppa en plein vol, la givrant avant de la faire exploser en l’air mais Hans en profita pour lancer son rayon direction son visage. Si le monstre parvint à l’éviter de justesse, il ne put éviter la morsure de Sifel qui la déséquilibra. Un coup de son bâton envoyant voler le petit chien plus loin, elle revint à Hans mais une pluie de boules de neiges commença à s’abattre sur lui. Les Yétis l’attaquaient à leur manière, leur offrant les ouvertures nécessaires à sa perte. Trois flèches partirent coup sur coup, atteignant cuisse, épaule et thorax tandis qu’un rayon l’atteignait à la tête. Mais le monstre bien qu’en piteux état ne s’avouait toujours pas vaincu. Alors, montant avec un bel ensemble au corps à corps, Les deux apprentis-dieux frappèrent dans un même ensemble, elle la nuque, lui l’estomac. Ce coup agrémenté de son rayon projeté traversa le monstre de part en part qui tomba dans la neige avec un silence presque effrayant avant de ne laisser de lui rien de plus qu’une fine poussière de glace. Comme tous ses prédécesseurs.

Le combat était enfin fini. Pourtant, la tension ambiante grimpait en flèche. Les Yétis étaient toujours là et grognaient en direction du sommet. Lentement, l’horizon se faisait légèrement plus clair, comme si toute la neige en suspension finissait par se poser au sol. Et c’est alors qu’il apparut. Une silhouette immense, une envergure impressionnante et un regard plus froid que toutes les glaces de l’univers. Le seigneur des Glaces, l’oiseau légendaire inverse du Phœnix. Elle ne connaissait pas son nom mais avait lu des légendes à son sujet. Un être né de la glace elle-même. Et au caractère monstrueux. Il faisait du vol stationnaire, chacun de ses battements d’aile alimentant les chutes de neige en direction de la station de ski. Le voilà donc le responsable de tous ses changements climatiques. Maintenant qu’ils étaient arrivés là, plus question de faire demi-tour, il fallait se débarrasser de lui qu’importe la manière.

Spoiler:
 

Les Yétis semblaient partagés leur avis et foncèrent sans se poser de question droit vers l’oiseau mythique. Sa présence en effet ne leur était pas bénéfique puisque selon les dires de Jane, au moins l’un des leur était mort à cause de lui et des autres monstres, sans compter les deux petits qu’ils avaient sauvés. Alors leur colère était compréhensible. Et surtout très pratique. Ainsi, ils pourraient exploiter leur nombre pour le fatiguer et espérer le mettre ainsi à terre.

Chacun se concentra donc sur ce qu’il savait faire de mieux. Les yétis étaient déchainés mais gênaient plus qu’autre chose l’apprentie-déesse qui ne pouvait tirer comme elle voulait, Hans se retrouvant comme elle plus embêté qu’autre chose. Et les attaques de l’oiseau des glaces étaient puissantes et dévastatrices. Leur seul avantage était qu’il avait besoin de quelques secondes avant de les lancer, temps qu’ils mettaient à profit pour se protéger de leur mieux. Mais le dernier combat avait été rude, tout le monde commençait à fatiguer. Certains yétis avaient abandonnés les leurs et les autres commençaient à tomber les uns après les autres. Trois étaient déjà morts et malgré les attaques répétées des créatures ainsi que des apprentis-Dieux, l’oiseau des glaces ne semblait guère affaibli. Pourtant, il avait forcément un point faible. L’oiseau prit son souffle et les deux élèves eurent juste le temps de se jeter derrière un rocher pour éviter de se faire transpercer de lames de glaces. Le dernier Yéti debout y laissa la vie. Mais maintenant, il y avait un moment de flottement avant que l’oiseau ne puisse relancer son attaque, c’était la faille à exploiter.

Bondissant hors de sa cachette, la jeune fille décocha sa flèche avec toute la force que Deus lui avait accordée. Elle jaillit si fort et vite que son empennage marqua profondément sa joue, y laissant une plaie béante que le froid rendait déjà douloureuse. Mais cette dernière atteignit sa cible, l’œil de l’oiseau. Le cri que lança le monstre manqua de la faire trébucher, douloureux à ses oreilles mais elle n’y prêta pas attention. Elle courut comme jamais elle n’avait couru en direction de l’oiseau tandis qu’elle voyait un des rayons frapper en plein thorax de l’oiseau qui tomba au sol. Sautant à près de 10 mètres de haut, elle arma à nouveau, visant la jonction du corps et l’aile. Trois flèches s’y fichèrent tandis qu’elle retombait en cloche, atterrissant durement sur le corps glacial de l’oiseau. Ce dernier commença à se secouer dans tous les sens pour la forcer à lâcher prise mais Hans lui lança un rayon au niveau de la tête, le sonnant légèrement. Assez pour laisser à l’indienne le temps de saisir ses flèches comme point d’ancrage. Et la voilà qui frappait des toutes ses forces sur l’os du monstre, sentant lentement ce dernier faiblir sous ses assauts. Hans ne cessait de son côté de continuer à l’empêcher de se tourner vers la jeune fille, frappant vers son cou et sa tête et attirant son regard.

Lorsque l’os cassa dans un son lugubre, le cri du monstre dû être entendu jusqu’en bas de la station de ski. Mais à présent, il était à leur merci. Incapable de voler. Fou de rage, il se releva violemment et cracha son souffle glacé et chargé de bris de glace sur la jeune fille qui se protégeant le visage de ses bras fut jeté à bas du monstre. Mais Hans en profita pour venir frapper de plein fouet la nuque de l’oiseau, son oing chargé d’un rayon si concentré qu’une seconde, on put croire que les alentours de la plaie fondaient littéralement. L’animal mythique resta un instant immobile avant de se laisser retomber dans la neige, inerte. Lentement et difficilement, la jeune fille se releva, des bouts de glace incrustés un peu partout sur ses bras, ses jambes et son corps mais elle était encore vivante. Sifel sortit de sous une couche de neige où il s’était réfugié et, lentement, le ciel devint moins sombre. Les nuages se dissipèrent, la neige cessa et, chose impressionnante, le soleil brilla. Malgré le froid toujours glacial, sa chaleur tira un sourire aux deux apprentis dieux. Ensemble, ils observèrent un instant le monstre devant eux, le ciel éclaircit et, en bas, la vision de la station de ski. C’en était presque reposant. Maintenant, ils n’avaient plus qu’à rentrer.

Ils s’étaient éloignés d’une centaine de mètres du cadavre de l’oiseau géant lorsque ce dernier eut un sursaut. Relevant la tête, il poussa un cri si puissant que les deux apprentis-dieux durent s’agenouiller en se bouchant les oreilles tellement le son était insupportable. Puis, le son s’éteignit dans la gorge du monstre avant que son regard ne devienne vitreux et que sa tête ne retombe lourdement au sol. Cette fois, il était bel et bien mort. Mais l’écho de son cri se faisait toujours entendre. Puis un grondement sourd et lointain, puissant. La neige qui semble bouger ? Leurs regards apeurés se croisèrent. Une avalanche. Voilà ce que le monstre leur avait réservé comme dernière attaque, un cadeau d’adieu. Sifel bondit dans les bras de Hans et sentant le sol devenir instable, la jeune fille tendit la corde attachée à sa taille à Hans qui l’accrocha à la sienne. Mais déjà, les voilà, emportés par la couche de neige devenue trop épaisse et instable. Un moment ils luttèrent pour garder la tête à l’air libre et s’ils parvinrent un moment, le froid finit par engourdir la jeune fille pour qui soudain, tout devint noir.

Au loin, une voix. Oui, quelqu’un était proche. Rouvrant les yeux, elle réalisa avec horreur qu’elle se trouvait sous la neige. Mais elle respirait encore alors elle devait en profiter alors qu’elle n’était pas encore trop engourdie. Le son résonnait au-dessus d’elle et elle le suivit grattant à s’en faire saigner les doigts. Elle ne mourrait pas ici. Pas après avoir réussi sa mission, jamais. Pourtant, elle avait envie d’abandonner, son corps lui criant d’arrêter de lutter contre la torpeur qui l’envahissait lentement. Et alors que ses yeux se fermaient pendant que ses doigts se fermaient sur une nouvelle poignée de neige, l’éclat du soleil heurta ses yeux et elle lâcha un cri de douleur la ramenant à la réalité. On l’avait mordue. Sifel. Retrouvant la motivation de sortir, elle creusa encore un peu et réussit enfin à s’extirper de la couche de neige la recouvrant. Le petit chien lui fit la fête alors qu’elle tentait de faire une mise au point, sa vision restant très floue.

« - Eh, elle est là ! Elle aussi s’en est sortie. Jill, ramène tes fesses, elle pisse le sang. »

Un léger sourire. Pour une fois, elle était presque contente d’entendre la voix de Jane. Toujours aussi amicale cependant. Sa sœur arriva rapidement la jeune fille se laissa soigner. Des bandages, des pansements et des compressions, le strict minimum pour le moment mais c’était déjà bien mieux que rien. Sa vue revenue à la normale, elle repéra Hans un peu plus loin, visiblement complètement sonné. Et puis, elle réalisa seulement que les deux sœurs n’avaient pas fait le voyage avec elle. Si elles étaient près d’elle, jusqu’où l’avalanche l’avait-elle emportée ?

"- L’avalanche, jusqu’où ?"

« Oh là, du calme Pocahontas. T’as déjà de la chance d’être en vie. Vous êtes presque arrivés à la station de ski. »

Jane à raison, repose-toi un peu. Vous avez réussi, il ne neige plus. Vraiment je vous…

La sonnerie d’un téléphone portable retentit et Jill décrocha. Quelques échanges rapides et le visage de la femme changea de couleurs, elle raccrocha en vitesse et déjà se relevait.

Jane, avec moi. Il y a des disparus. Un groupe de randonneurs sur le versant Est qui était sorti malgré les intempéries. 7 personnes. Le signalement est donné, l’équipe de secours nous attend.

Non, ce n’était pas possible. Cette annonce la glaça d’effroi. Des gens étaient prisonniers sous cette calotte de neige. Comme elle l’avait été. Et par sa faute. S’ils avaient achevés plutôt l’oiseau, ce ne serait pas arrivé. Alors, elle se leva sous les yeux médusés de Jane qui s’écria

« Non mais n’y compte même pas. Tu vas pas les chercher. Tu tiens à peine debout. Et les équipes de recherches savent ce qu’ils font. Tu restes là avec ton pote. »

"- Non, j’y vais. C’est ma responsabilité. Et Sifel pourra m’aider."

« C’est trop dangereux, ils doivent pas savoir ce que tu es. Tu seras rapidement grillée dans ton état, c’est non ! »

Mais déjà, elle emboitait le pas de Jill, laissant Jane plantée là à surveiller Hans. L’indienne siffla Sifel qui la suivit un peu de mauvaise grâce. Elle saisit le petit chien dans ses bras en montant à l’arrière de la moto neige de Jill, un peu étonnée mais qui finalement lui tendit un casque. Pas le temps de discuter, elle le savait elle aussi. Le trajet bien que rapide lui parut d’une longueur interminable. Et lorsqu’ils rejoignirent l’équipe déjà en place, personne ne lui posa de questions, toutes les bonnes volontés étant les bienvenus. Elle suivit les groupes avec les chiens d’avalanche, usant de son pouvoir sur Sifel, afin qu’il utilise sa capacité à traverser la matière pour mieux repérer les randonneurs ensevelis. Elle était parmi les premiers, les plus en avant, alors elle pouvait se permettre cela en étant hors de vue de tous même si c’était risqué. Mais elle ne laisserait pas ses gens. Pas tant qu’elle aurait la force de tenir debout.

Les recherches avancèrent avec lenteur et méticulosité et Sifel fit des miracles. 1, 2, 3…. Lentement, les victimes étaient repérées et sorties de leur carcan de glace. 4,5… Leur état était préoccupant certes mais pour le moment, les diagnostics étaient plutôt bons. Mais il en restait deux et leurs chances de survie diminuaient lentement. La sixième, une fillette d’une dizaine d’année. Multiples fractures, hypothermie grave. Héliportée aussitôt mais tous les médecins se réservent sur son pronostic vital. Et il reste encore une personne. La nuit tombe et avec elle, les recherches ralentissent. Malgré toute sa volonté, elle aussi ne peut plus tenir le rythme. Son corps hurle de souffrance mais elle refuse d’abandonner. Elle sait ce que c’est, d’être enfermée ainsi sous la neige, elle ne laissera pas cette personne mourir ainsi.

Sifel qui abois, ses jambes qui courent à nouveau, la portant comme par magie. Le crie qui jaillit de ses poumons ‘Il est là !!! ‘ Et la voilà qui creuse, les mains déjà brulées par la glace et la neige. On vient l’aider, tout le monde s’y met et au bout d’un temps qui lui parut interminable, elle saisit un vêtement. L’enfant est sorti de son tombeau de glace. Un garçon d’environ 8 ans. Mais il est si froid, si bleu. Déjà, on la pousse, la forçant à s’éloigner alors que les médecins se jetent sur lui pour lui apporter les premiers secours. L’hélicoptère met du temps à arriver et cette fois, il n’y eut pas un mot. Dans quel état est-il ? Pourquoi ne l’a-t-on pas tenu au courant pour lui ? Ou l’emmène l’hélicoptère ? La main de Jill sur son épaule la fait sursauter. Elle se tourne pour croiser son regard confiant mais fatigué.

C’est bon, c’est fini maintenant. Tu as réussi.

Comment peut-elle dire ça alors que personne ne sait rien à propos de l’état de l’enfant ? Non, elle ne peut pas penser ainsi. Il faut qu’elle sache. Mais alors qu’elle ouvre la bouche, le monde se met tourner violemment autour d’elle et la lueur de lune comme les éclairages des équipes de recherches disparaissent pour laisser places aux ténèbres.

*******

Une pièce sombre et chaleureuse. Un lit. Des voix au loin dont qu’elle reconnait comme étant celle de Hans. Où est-elle ? Ouvrant doucement les yeux et se relevant avec précaution, elle découvre une pièce en bois qui lui semble vaguement connue. Le chalet des deux sœurs ? Sifel abois et gratte à la porte. Brave bête, il sent qu’elle s’est réveillée. Déjà, Hans ouvre la porte et la lumière qui pénètre dans sa chambre lui fait mal aux yeux. Le jeune homme est suivi de silhouettes si identiques et différentes en même temps, Jille et Jane.

« Eh bien, tu dois avoir des marmottes dans ta famille toi. Deux jours entiers que tu roupilles. Enfin, bon retour parmi les vivants. »

« - Hans très inquiets pour Princesse. Craindre que toi pas te réveiller. Hans soulagé que Princesse aller mieux. Maintenant, nous pouvoir rentrer à l’Académie et dire à Dams Siria que mission réussi. »

"- Les Randonneurs…. Comment vont-ils ?"

« Tu viens d’échapper à la mort et tu t’inquiètes pour eux ? T’es vraiment nunche toi, c’est pas possible. »

Ne t’en fais pas. Ils sont pris en charge par les urgences et ils sont quasiment tous sortis d’affire. C’est grâce à toi et à Sifel, vous avez fait un travail remarquable.

"- Quasiment ?... Le petit garçon… ?"

Il.. était trop tard pour lui. Il avait une hémorragie interne et souffrait d’une malformation pulmonaire qui l’a condamné dès le départ. Je suis désolée….

Alors il était mort. Elle avait donc échoué. Un instant, il ne se passa rien. Le silence dans la salle, personne ne parla, pas même Jane et ses diverses piques. La jeune fille serra les dents et déglutit bruyamment avant de se tourner vers les deux sœurs, le regard vide et le visage inexpressif.

"- Merci pour votre aide. Nous n’allons pas vous embêter plus longtemps. Il est temps pour nous de rentre à l’Académie. N’est-ce pas Hans ?"

« - Hans être prêt mais Princesse pas besoin de se reposer plus ? Hans pouvoir attendre encore un peu, le temps que Princesse soit parfaitement rétablie. »

"- Je vais très bien Hans. Et comme tu l’as dit, notre Directrice attend mon rapport. Ma mission étant terminée, je n’ai aucune raison de rester plus longtemps. Encore merci pour votre accueil et désolée de partir si vite ais il nous reste encore des choses à faire. "

Nous comprenons très bien. Allez-y tous les deux doucement pour les jours à venir tout de même, promis. Jane et moi avons quelques courses à faire alors prenez votre temps pour vous préparer. En partant, glissé la clef sous le paillasson. Bonne chance à vous pour la suite.

« Ouais c’est ça, bonne chance. Et qui, à un de ses jours peut-être…. »

Les deux sœurs sortirent de la pièce, laissant seuls les deux apprentis dieux. Mais le silence demeura. Pas une larme, rien. Trop de douleur, de rancœur personnelle. Il était mort. Un enfant innocent. Et par sa faute. Oui, elle ne le digérait pas. Elle ne décocha pas un mot, pas un sourire de tout le trajet du retour. Elle devait être prête, il lui faudrait expliquer tout ça à la Directrice. Elle ne cacherait rien mais avait déjà hâte que cela soit fini, ne rêvant plus que d’une chose : dormir pour plus revoir l’image de ce corps bleu et froid tiré avec espoir de la neige mais voué à disparaitre aussitôt.
♦ Rose ou chou ? : Fumée
♠ Petits messages : 2152

Feuille de personnage
Niveau:
30/30  (30/30)
Expériences :
10000/10000  (10000/10000)
Votre domaine: La Création
avatar
Âme Errante
Voir le profil de l'utilisateur http://www.deus-academia.com/
Re: Voyage au pays des neiges éternelles.... - Sam 11 Mai 2013 - 13:22
Bien, je viens de la terminer et c'était vraiment très sympa (même si le principe de la mission a déjà été donné à Yuri auparavant). Je ne vais pas comparer mais certaines étaient bien trouvées et ça regroupait tout ce que j'aime. Avec la petite touche triste du garçon, ça le fait aussi. Bien joué, tu as réussie ton examen ~
Voyage au pays des neiges éternelles....
Page 1 sur 1
Sujets similaires
-
» Petit moment de poésie : voyage au pays des songes ...
» Voyage au pays des merveilles
» [Pic de l'épaule] Hauteur des neiges éternelles
» reveil après un long voyage(PV Plumes des Neiges+libre )
» Voyage au pays des songes Part1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Deus Academia :: Le Monde des Humains :: Hors de la ville :: Montagnes et forêts :: Station de ski-
Sauter vers:

Attention :
Ce RP contient des passages violents ou/et particulièrement gores. Il est déconseillé à la lecture aux moins de 18 ans.
Continuer à lireQuitter cette page