Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Allons au fond des choses maintenant !

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Allons au fond des choses maintenant ! - Dim 28 Avr 2013 - 14:57
La pluie orageuse de la dernière nuit n'a pas forcément fait du bien... il aurait mieux valu de pas choisir ces jours-ci pour camper à la belle étoile, ça non. Qu'à cela ne tienne, Maya se réveille trempée avec la gueule de bois. Toute la belle pelouse alentour s'est transformée en boue marécageuse, dont notre petite apprentie se retrouve recouverte de la tête au pied. Après les vêtements recouverts de sang, voici les vêtements recouverts de sang et de gadoue... eux qui étaient si mignons et si agréables à porter, les voilà bons pour un allé simple pour le pays des ordures.
C'est un très bon prétexte pour chialer dès le levé...

Alors, que faire maintenant ?
Étape une, commencer par se débarbouiller le visage. La boue est encore humide, les plus grosses traces se retirent facilement. Bien entendu, il restera des tâches par-ci, par-là, et la demoiselle restera tendance brune tant qu'elle n'aura pas lavé ses cheveux avec un shampoing adéquat. Mais autant le dire tout de suite, elle préfère se sentir souillée que propre. Elle préfère avoir l'air sale et hideuse pour rester inabordable. Comble du comble, elle préfère sentir la transpiration et les détritus que le parfum aux Fleurs de Pêcher. C'est à peu près tout ce qui pourrait la rendre repoussante qui l'attire aujourd'hui. Aujourd'hui, et pour combien de temps ?
Maya se relève. Elle est un peu patraque. Elle n'a aucune idée de ce qu'il faut faire pour se sentir mieux après une soirée alcoolisée. Décuver ? Combien de temps est-ce que cela prendra encore ? Non pas qu'elle soit effrayée d'apparaître ainsi aux yeux de tous, mais elle aimerait bien pouvoir marcher droit. Accessoirement, si le mal de tête pouvait filer... ce serait bien aussi. À ce moment précis, elle sait que la cigarette lui permettrait d'atténuer la douleur... mais si c'est pour tousser et avoir une haleine répugnante, ce n'est pas la peine. Ce n'est pas parce qu'elle a envie d'être hideuse à l'extérieur qu'il en est de même pour l'intérieur. Elle a envie de se sentir bien... ou simplement ne pas se sentir mal. Alors, aucune triche n'est autorisée, il ne lui reste plus qu'à attendre que son corps élimine de lui-même cette peste qui la ronge.
Plus jamais l'alcool...
Plus jamais la cigarette...
C'est ce qu'on dit toujours, et ce qu'on ne fait presque jamais... bref.

Étape deux, trouver des informations. Maya ne perd pas de vue son nouvel objectif : retrouver les renégats. Leur base ou quoi que ce soit, pourvu que l'enquête la mène finalement à son ex-paternel. Que fera-t-elle une fois face à lui ? Il est encore trop tôt pour l'affirmer... mais il se pourrait bien que cela commence dans la tranquillité et que cela se termine dans un bain de sang. Quitte à avoir des visions négatives quant à l'avenir, Maya se verrait bien morte, dans les bras de son père. Il lui nettoierait son corps délicatement, retirant toutes tâches de sang et imprimant un sourire sur ses lèvres pour la rendre la plus radieuse possible. Il l'habillerait d'une robe blanche de mariée qui la ravirait davantage encore. Il joindrait ses deux mains et l'embrasserait sur le front, avant de l'enfermer dans un de ces cercueil desquels on ne sort plus jamais. Enterrée à six pieds sous-terre et pouvant enfin jouir du silence et de la solitude éternelle, loin du raffut et des difficultés de la vie. Ça donnerait un bon enterrement... ce serait cool comme final.

Si ça, c'est l'étape deux, alors il n'y aura jamais d'étape trois. La fin est proche, il n'en fait plus aucun doute. Un, peut-être deux mois. Inutile de nouer de nouveaux liens pour rendre les gens malheureux... autant partir dans l'anonymat. Aussi anonyme puisse être la piètre fille du directeur déchu. Mais après tout, ça ne fera qu'une seule victime, une parmi des centaines d'académiciens qui vivent ici... et tout le monde s'en portera mieux.


- Maman... je veux te revoir maman... Grand frère... petite sœur... J'en peux plus, je veux vous revoir... Je ne sais même pas si je peux... je ne sais même pas si j'ai le droit... Je ne sais même pas si je le veux vraiment...

Est-ce égoïste que de vouloir se servir de sa mère pour se soulager et se remettre d’appoint ? Certains diront qu'une mère sert à ça, d'autres penseront plutôt qu'après tout le mal que celle-ci s'est donnée, mieux vaut la laisser retrouver une vie équilibrée. Après quelques années, le deuil est terminé... que dirait-elle en revoyant sa fille débarquer ? Comment réagirait-elle ? Il doit y avoir de nombreux points communs avec Maya retrouvant Isanagi lors de son arrivée dans ces lieux... et si Isanagi lui a infligé et imposé sa présence, Maya ne peut en faire de même pour sa mère. Elle a un cœur... elle.

Grognements dans son dos...
La déesse cligne des yeux. C'est comme si soudainement, elle revenait sur terre. Où est-elle là ? Ça ressemble à une plaine, vaste prairie fleurie et lumineuse. Rien d'autre à l'horizon... Bon sang, jusqu'où a-t-elle marché sans réfléchir ? Elle se retourne pour confirmer son égarement et se retrouve nez à nez avec... une sale bestiole qui la renifle. Maya déglutit. Qu'est-ce que c'est que ce truc gigantesque... ? On dirait... une sorte de dinosaure de plus de 4 mètres avec les pattes d'une taupe... Apparemment, ce truc a faim. Notre déesse n'est pas très loin de trembler comme une feuille, surtout quand la langue du monstre commence à tâter son visage. Qu'est-ce qu'il faut faire pour s'en sortir dans ces cas-là ? Pour l'intérêt de la mémoire, c'est raté ; Maya n'a jamais bien retenu les cours. Rester sans bouger pour faire croire qu'on est déjà mort ou s'enfuir à toutes jambes et espérer ? C'est l'animal qui définit le choix à prendre... et ça, ce doit être une... Bulette ? Que faut-il faire face à une Bulette alors ? La voilà bien avancée...

Le monstre souffle son haleine immonde en plein dans les narines de son futur repas, lui donnant un haut-le-cœur. Maya se recroqueville immédiatement, tentant de se faire la plus petite possible pour échapper à la vue de la Bulette... et elle se fait avaler toute crue. D'un coup. Toute la gueule du monstre tout autour d'elle et hop, la voilà dans un endroit étroit, gluant, puant et horriblement noir... de quoi devenir claustrophobe en quelques secondes. Elle se sent avancer dans la gueule du monstre et atteindre l'œsophage, puis rapidement l'estomac après avoir été balancée dans tous les sens. Même l'alcool était doux comparé à ce qu'elle vit ici, actuellement. On se croirait dans un mauvais remake de Men in Black... sans l'humour qui va derrière, malheureusement. Quelle mort atroce l'attend... ?
C'est con de finir comme ça, aussi bêtement...
Elle terminera dans le futur livre des Darwin Awards, à n'en pas douter. Plus personne ne la trouvera jamais... et ceux qui se demanderont ne comprendront jamais ce qui lui est arrivée. Ils pencheront pour un suicide... l'affaire sera classée.

Quelle... vie.
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Re: Allons au fond des choses maintenant ! - Lun 29 Avr 2013 - 20:51
Et un nouveau jour qui se levait sans lui.

Combien y en avait-il eu des comme ça ? Combien de fois s'était-elle rendue au temple dans l'espoir de l'y retrouver ? Combien de fois avait-elle été déçue ? Combien de temps allait-elle continuer à vivre comme ça, le bout du nez mené par cet espoir désespéré ?

Et… depuis combien de temps marchait-elle ? Rain n'en avait aucune idée, mais ces derniers temps, l'académie était devenue invivable pour elle. Ses cours n'étaient pas annulés pour autant, il n'y avait eu que deux où on avait dû la remplacer mais elle avait repris les rênes bien rapidement, si bien que personne n'était au courant de rien. Et ce n'était pas comme si elle allait s'en plaindre, sa vie privée devait le rester. Seul Lev, qui l'avait sauvée de ces débris, savait et c'était bien assez comme ça.

La jeune femme leva les yeux et fit face à la légère brise qui malmenait sa chevelure noire. Elle observa cette vaste plaine parsemée de zones plus ou moins sèches à cause de l'orage de la veille. Les Terres Inexplorées. La dernière fois qu'elle y avait mis les pieds, sa route avait croisé celle d'un renégat et cela avait été une rencontre violente. En ce temps-là, elle avait eu tout sauf envie de combattre. A présent, c'était légèrement différent. Jamais elle ne s'était sentie aussi concernée par le problème des renégats. A présent, tout ce qu'elle souhaitait, c'était recroiser l'un de ceux-là et de le réduire en miettes. Mais elle n'irait pas vers eux. Elle ne les traquerait pas, comme le lui soufflait ce loup vengeur et assoiffé de sang qui restait tapis dans un coin de sa conscience. Elle ne se laisserait pas guider, ni détruire par sa haine, mais sa rage, incommensurable, se tenait toute prête à exploser sur le premier ennemi qui lui tomberait sous la main.

Je ne suis pas née pour aimer, ni pour être aimer, simplement pour tuer, accomplir la volonté de mes...

- La ferme.

N'y avait-il pas un moyen d'être reprogrammée ? Ou d'annuler ces programmes débiles qui peuplaient son cerveau, tout simplement. Etait-ce trop demander de renaître sans ces chaînes ? Pour cela, Rain en voulait au Dieu des Dieux. C'était comme s'il s'était pris un malin plaisir à la torturer. Un soupir las s'échappa de ses lèvres et elle trouva un endroit sec dans l'herbe où se poser en tailleur. Une fois installée, elle se massa la tempe, comme si elle espérait mettre de l'ordre dans ses songes de cette manière. Cela faisait déjà plusieurs jours que le sommeil ne voulait plus d'elle, alors la jeune femme ne tenta même pas de la chercher.

Pour le coup, elle se contenta d'extirper son kit pour nettoyer ses armes, un passe-temps qui lui permettait de se vider la cervelle de toutes les pensées néfastes qui l'habitaient pour quelques temps, puisqu'il requérait beaucoup de concentration de la part d'une maniaque comme elle. Seulement, la jeune femme n'eut pas le temps de déballer quoi que ce soit. Il lui sembla avoir perçu de la vibration sous terre, et cela suffit à l'obliger à se redresser d'un bond. Là, debout, elle aperçut une silhouette au loin. Ce ne fut que lorsqu'elle plissa les yeux qu'elle remarqua l'ombre humaine en-dessous de la dite silhouette qui appartenait visiblement à une vilaine bestiole, dont le nom lui échappait sur le moment. Ce fut donc tout naturellement qu'elle fit quelques pas vers le duo, qui se trouvait à une trentaine de mètres de là. Visiblement, elle aurait dû intervenir tout de suite, puisque le plus gros des deux protagonistes eut la bonne idée d'avaler son vis-à-vis.

Mais oui, la proie se faisait manger par le prédateur, elle l'avait oublié. Bon sang, qu'est-ce qu'elle foutait là, les bras ballants, alors qu'une potentielle membre de l'académie se faisait dévorer sous ses yeux ?

Son sang ne fit qu'un tour, des ailes incandescentes apparurent sur son dos et elles la propulsèrent d'un puissant mouvement vers le requin terrestre. Son épaule percuta violemment le flanc de celui-ci, ce qui le fit chavirer. La riposte ne tarda pas, elles étaient rapides ces bestioles ; sa griffe massive vola vers Rain qui se roula agilement par-dessus avant d'asséner un fulgurant coup de lame à la mâchoire de la bête, prolongeant instantanément l'ouverture de la gueule. Un mugissement de douleur s'en extirpa et la griffe revint à la charge, fendant le vide. Rain atterrit deux mètres plus loin et dégaina son Desert Eagle. L'énorme bête se jeta sur elle à une vitesse inouïe mais tout semblait se dérouler au ralenti. Sa gueule béante prenait son temps pour exhiber ses rangées de dents acérées. Les fils de salive esquissaient une étrange danse. Son regard noir et brillant était verrouillé sur sa cible.

Le coup de feu partit. La douille jaillit de la chambre. L'oeil droit du monstre explosa. Sa tête bascula sur le côté, entraînant le reste de son corps dans sa chute. L'énorme masse s'écroula dans la boue, soulevant des gerbes brunes.

Baissant le canon de son pistolet, Rain s'avança vers sa victime, le dos de son katana reposant sur son épaule. D'un coup de lame bien placé, elle taillada de flanc de l'animal de tout son long. Au milieu des tripes et autre délicieuse compagnie, se trouvait l'élève qui avait eu tout le plaisir de glisser hors des entrailles de son agresseur. L'examinant du regard, l'enseignante se rendit compte qu'il s'agissait de Maya Tensho. En tant que fille du directeur déchu, elle n'était pas vraiment méconnue des apprentis-dieux, pour ainsi dire. Enfin pour sa part, l'enseignante ne la connaissait que de nom, et savait accessoirement qu'elle ne s'était jamais pointée à ses cours. Et ce n'était pas parce que cette élève était la fille du chef de ces renégats que Rain s'était jurée de réduire à néant qu'elle allait la traiter ou voir différemment. Maya aurait pu être la fille du concierge, cela n'aurait rien changé dans son attitude vis-à-vis d'elle.

- Vous, vous êtes une abonnée aux absences, se contenta-t-elle de constater d'un ton parfaitement neutre.

Elle ne se préoccupa pas d'aider la jeune fille à se redresser, elle ne tendait la main qu'à ceux qui la réclamaient, et encore. Rain rangea donc son arme à feu dans son holster, puis extirpa un mouchoir d'une poche intérieure de sa veste.

- Que faisiez-vous seule en ces lieux dangereux, jeune fille ? Seriez-vous suicidaire ?

C'était assez cru comme formulation mais l'enseignante n'avait pas l'habitude de faire dans la finesse de toute manière. Elle attendit donc une réponse de la part de son interlocutrice tout en entreprenant de nettoyer le sang logé sur sa lame avec une nonchalance qui lui était propre. D'ailleurs, en parlant de nettoyage, la jeune fille ferait sans doute mieux de se passer un coup d'eau sur le visage, ce n'était pas seulement du sang qui la salissait, visiblement... Fort heureusement pour elle, l'intervention avait été suffisamment rapide pour que le suc gastrique n'ait pas opéré de manière trop grave, mais il faudrait tout de même débarbouiller tout ça. Au pire, il y avait un lac pas loin, du moins, si elle s'en souvenait bien.



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Re: Allons au fond des choses maintenant ! - Mar 30 Avr 2013 - 20:58
Retour à l'air libre, retour à l'air pur !
Maya patauge dans les restes de la créature. Au milieu de cadavres de petites bestioles en décomposition et autres boyaux, la jeune déesse recouverte de liquide gluant tente de se relever. Elle est soudainement prise d'un mal de tête fulgurant... elle va donc grimacer en posant ses mains sur son front et pousser des petites plaintes retenues. Il était évident que ce petit voyage touristique à l'intérieur du bide d'une bestiole immonde ne pourrait pas lui faire de bien... Être malaxée dans tous les sens, compressée, ballottée et étouffée, c'est certainement moins saint qu'un séjour de soin en thalassothérapie. Mais la bonne nouvelle, c'est qu'elle s'en est sortie. D'ailleurs, par quel miracle ?
Elle retire sa veste et se frotte le visage pour en retirer tout ce liquide visqueux qui la ronge. Ce doit être un mélange d'eau, de bave, d'acide chlorhydrique... et d'autres choses encore plus immondes et imprononçables qui aurait permis de la digérer. Enfin, avec un morceau pareil, ça aurait pris des jours... alors, quelques secondes seulement n'ont pas suffi à lui endommager quoi que ce soit. Peut-être que si elle reste comme ça à rien faire jusqu'au soir, ses vêtements auront commencé à se dissoudre... ? Peu importe. Si sa veste a été copieusement arrosée, ce n'est pas le cas de sa chemise. Sa jupe est bien assez épaisse pour supporter l'acide un bon moment. Alors, la jeune femme se frotte la peau avec sa veste pour prévenir les risques corrosifs liés à l'acide. Mais sur le coup, elle a bien envie d'aller faire une petite baignade pour purifier le tout...
... sang + boue = passable. Si on rajoute le liquide de digestion... c'est l'élément de trop. Il y a des moments, comme ça, où il faut savoir s'avouer vaincu. Une bonne douche... un bon bain... pouvoir sentir le savon, la vanille, la noix de coco... Avoir les cheveux propres, la peau douce, l'air radieux...

...

Alors, qui est ce sauveur ? Elle l'ignore depuis tout à l'heure, c'est assez maladroit et malpoli de sa part. Avec de la chance, c'est peut-être « lui », non ? Semi surprise, c'est une femme. Grande... Marquée... Froide... Impassible... À moins que ce ne soit un homme... ? Non, heureusement, sa voix est tout de suite assimilable à la voix féminine. Autrement, mis à part les cheveux longs, qui ne sont plus très représentatifs de nos jours, il aurait été difficile de trancher.


- Bonjour.

Maya tourne la tête à gauche puis à droite. Non, apparemment personne d'autre. Pas d'autres monstres non plus, c'est plutôt sécurisé de ce côté-là. Donc, c'est bien elle qui l'a sortie de là. Seule.

- Comment est-ce que vous avez fait ça ? fait Maya en se retournant vers Rain, après avoir observé la dépouille de l'animal. C'était une Bulette, non ? On m'a toujours appris à me méfier de ce genre de créatures. Elles ont été classées parmi... les monstres dangereux, difficiles à cerner et à appréhender. Je crois que les profs préconisaient la fuite tant qu'on n'avait pas atteint un certain niveau de compétence. Voir même qu'il était difficile de vaincre seul, qu'il valait mieux s'y prendre à plusieurs. Vous êtes vraiment très forte...

Respect. Elle n'a pas la moindre idée concernant l'identité de la personne en face d'elle, mais ce doit être quelqu'un d'important. Une femme proche du statut de « divinité accomplie ». Comme ce doit être réconfortant, bon et agréable de se sentir puissante... ne pas avoir de limite, avoir confiance en soi dans n'importe quelle situation, ne jamais hésiter à intervenir si nécessaire...
Cette cicatrice qu'elle a sur la joue témoigne des nombreuses batailles qu'elle a dû livrer. Se faire ainsi marquer à vie... est-ce que Maya serait prête à ça ? Prête à mourir, à n'en pas douter, mais à la vue de cette adulte et de tout ce qu'elle a dû donner... notre jeune apprentie se sent toute petite. Et pas que physiquement.


- Je sais que c'est auto-dégradant mais... vous êtes la première femme forte que je rencontre de toute mon existence. Je ne sais pas si je dois être jalouse ou admirative. En tout cas, merci pour l'intervention. Je vous dois... hum... beaucoup... madame.

Beaucoup... autant dire tout. Une vie complète de déesse. Quoiqu'une vie de Maya Tensho ne doit pas être aussi onéreuse, pécuniairement parlant, qu'une vie classique...

Notre jeune apprentie déteste devoir quelque chose à quelqu'un. Elle ne voudra jamais affirmer avoir une dette éternelle envers une autre personne, même si c'est pourtant le cas. Pas après la romance qu'elle a vécu. D'ailleurs, sa vie appartient déjà à un autre, jamais elle ne pourrait la confier à deux personnes à la fois... ce ne serait pas gérable. Question priorité, c'est Atios Kurokami qui aura l'avantage. Forever. Mais en vérité... tout dépend de ce que souhaitera cette femme en retour... en récompense. Peut-être qu'elle n'a besoin de rien ?
Quand même... Maya vient de se faire sauver la vie... il faudra bien qu'elle rembourse sa dette un jour... non ? Pour une question d'équité. « Tu me sauves la vie ? Alors... soit je te la confie, soit je sauve la tienne en retour... ». Mais cette inconnue a-t-elle besoin d'être sauvée, franchement ? Maya aura le temps de mourir 50 fois avant que cette femme ne se retrouve face à un danger insurmontable. Alors... il faudra rembourser la dette d'une autre façon. Quoi que ce soit, notre jeune héroïne le fera par pur plaisir, parce qu'elle est comme ça. Elle n'est pas une jeune adulte dépressive comme elle voudrait le faire croire... elle est Maya Tensho, la fille joyeuse en toute circonstance, qui aime rendre service aux autres.

Après tout... c'est sans doute la seule chose qu'elle sache faire.
De manière intellectuelle et sociale, elle est perdue. Définitivement au fond du gouffre. Sa façon de penser la caractérise aujourd'hui : rien n'est gratuit, tout doit être remboursé, un jour ou l'autre.
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Re: Allons au fond des choses maintenant ! - Ven 3 Mai 2013 - 19:56
Hm ? C'était une bulette ? Ah. Peut-être. En fait, Rain n'y avait pas vraiment prêté attention, mais à s'attarder sur la sale gueule de cette bestiole, oui, elle l'avait vue quelque part dans un livre de la bibliothèque. Et il était vrai qu'attaquer sans vraiment connaître la nature de sa cible était assez imprudent mais surtout propre à ce qu'elle était, au final. Une machine à tuer, qui se laissait guider par son instinct premier et qui improvisait, s'adaptait, selon ce que lui était offerte comme résistance. Une fois la victime ciblée, c'était la mort assurée. Elle avait été programmée pour cela, seulement… Cette force, elle n'avait pas su l'utiliser comme elle l'aurait souhaitée. "Vraiment très forte", hein ? Pas assez pour le sauver. Largement pas assez, puisqu'elle avait failli y laisser la vie elle aussi. Elle l'aurait fait, si Lev n'était pas intervenu à temps. Elle se tapait le beau rôle en sauvant des élèves des griffes des renégats et des monstres mais au final, elle n'avait rien su faire pour celui qui comptait le plus à ses yeux.

Non, il n'y avait rien d'héroïque dans ce qu'elle était. Rien d'admirable, ou susceptible de rendre jaloux. Rien. Et cette jeune fille ne lui devait pas plus.

Enfin, au moins elle suivait certains cours, vu qu'elle en savait pas mal sur le monstre qui avait failli la dévorer. Rain ne savait pas vraiment comment le prendre... M'enfin. Toujours est-il qu'elle ne parvenait pas à comprendre ce qui avait bien pu conduire la jeune fille en ces lieux, surtout qu'elle savait visiblement suffisamment de chose sur les bulettes pour ne pas ignorer que les terres inexplorées étaient leur planque favorite. Oh, en parlant d'ignorer, il lui semblait qu'elle n'avait pas pris la peine de lui révéler ce qu'elle faisait en ces lieux. Elle n'avait pas non plus relevé le mot "suicidaire". Qui ne dit mot consent... ? En tout cas, pour croire qu'il n'existât de femmes fortes en révélait pas mal sur le personnage.

- Hum. Je ne sais pas ce que vous faîtes de vos journées mais vous ne devez pas fréquenter beaucoup de femmes dans ce cas.

Bon, Rain était un cas à part, étant programmée pour être optimale au combat, mais elle en connaissait quelques-unes quand-même, des femmes fortes. Sa collègue Saya déjà, mais également certaines de ses élèves. Kate avait bien tenu tête à un dragon noir, mais elle était légèrement spéciale aussi. Même l'asocial et glaçon de service qu'elle était pouvait citer quelques noms de cette catégorie, alors elle se demandait quelle genre de vie menait Maya Tensho. Peut-être vivait-elle en ermite depuis l'évènement qui avait chamboulé l'académie lors de la cérémonie de Shindô ? Rain n'en savait rien, elle n'était pas du genre à s'intéresser à la vie privée d'autrui ni à faire le paparazzi, et puis franchement, elle en avait suffisamment à gérer pour elle-même. Enfin... et la voilà qui la remerciait. Une réaction logique, mais qui agaçait l'enseignante sans qu'elle sache vraiment pourquoi. Après, elle n'était pas du genre à jouer le chevalier servant, style "non non je vous en prie, vous ne me devez rien enfin", même si elle ne considérait pas pour autant avoir sauvé cette jeune fille.

- Professeur, se contenta-t-elle de préciser.

Saya préférait Maître, pour sa part, à cause de son passé de "toutou dressé pour tuer", elle éprouvait une aversion pour cette appellation, c'est pourquoi elle se contentait de "professeur". Bref, dette ou non, c'était à Maya de voir, Rain s'en fichait pas mal.

Elle cessa le nettoyage de son katana lorsqu'elle s'aperçut que plus elle essuyait et plus du sang apparaissait. Ah, oui, la jolie entaille qui était sur son bras. Elle était assez profonde pour laisser transparaître l'os mais surtout elle avait bousillé la manche de sa veste... Encore un livre à consulter à la bibliothèque histoire d'apprendre l'art de la couture, non parce qu'elle n'avait pas été programmée avec ces compétences, non plus. Lorsqu'elle abimait un vêtement au cours d'une mission, elle se contentait tout simplement de se changer, une fois de retour au berceau. A présent avec du recul, elle se rendait compte que bon nombre d'outils pouvant la rendre indépendante lui avaient été privés pour pouvoir la garder en laisse. Alors certes, sur le plan du combat elle était optimale, mais pour le reste, elle n'était guère plus évoluée qu'un bambin.

Enfin cette plaie était très probablement la vilaine conséquence de l'un des coups de griffe de la Bulette mais l'adrénaline avait dû lui faire zapper la chose sur le moment. Et puis il fallait l'avouer, depuis qu'elle avait pris conscience de sa capacité de régénération sanguine, elle devenait de plus en plus négligente sur ses blessures. Ce n'était pas bon, ça. Ses tissus musculaires n'étaient pas à l'abri pour autant, il faudrait qu'elle fasse davantage attention à tout ça.

- Il existe des endroits mieux fréquentés pour une fugue, et utiles dans votre cas, comme le lac où je compte me rendre... Mais si vous tenez à attirer la population carnivore et charognarde du coin, je vous souhaite une bonne journée.

Ceci dit, Rain replaça son sabre dans son fourreau et tourna les talons, laissant Maya en plan, peu soucieuse de savoir si elle allait la suivre ou non, quoique... elle aurait quand-même aimé savoir ce que cette jeune fille faisait dans le coin. Mais elle avait franchement la flemme d'insister en ce moment. Si son interlocutrice la suivait, alors peut-être qu'elle tenterait d'en savoir plus. Si non, ce n'était pas comme si cela allait changer le cours de sa journée et l'empêcher de faire sa sieste à l'heure convenue.



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Re: Allons au fond des choses maintenant ! - Dim 5 Mai 2013 - 10:44
Une enseignante... d'art du combat à n'en pas douter. Amusant comme l'information paraît évidente maintenant. Une cicatrice, une puissance hors norme, une connaissance parfaite de son ennemi... ben voilà, ça coule comme de l'eau de source. D'un autre côté, c'est peut-être dommage, ça aurait été... rassurant de voir un simple apprenti parvenant à développer une telle force. Malheureusement, c'est la naissance qui fait la différence. La naissance humaine avait déjà tout décidé, voilà qu'elle se mêle également de la vie divine. Tous ne naissent pas égaux... et Maya finirait même par regretter d'avoir eu une vie trop tranquille sur Terre, autrefois. Si seulement elle avait fait comme ses anciens camarades de classe : apprendre au moins un art martial. Tout serait sans doute différent, à commencer par les réflexes lors d'une agression par quelque monstre ou renégat que ce soit.

La jeune femme emboîte le pas de la bien nommée professeur. Elle court légèrement derrière, en évitant les passages de hautes herbes et en tentant de ne pas trop se faire distancer. Ben oui... parce que l'autre ne se préoccupe pas de Maya, elle fonce à toute allure...
Ces grands ont bien peu de respect ou d'attention envers les petites jambes... enfin.


- Une fugue ? Non non non non non ! Quand on fugue, c'est généralement pour aller dans un endroit « moins pire » que celui dans lequel on se trouve. Ici... Elle se met à regarder autour d'elle, tout en continuant à trottiner. ... je ne sais pas trop où on est, mais je suis certaine que c'est pire que l'académie. Et puis... je n'ai aucune provision, aucun sac, aucun bagage, aucune arme... alors décidément non, ce n'est pas une fugue. Et vous, madame ? Vous n'enseignez pas aujourd'hui ? Est-ce que vous fuyez vos responsabilités ?

Le franc-parlé qui tue... Mais comme toujours, il n'y a aucune volonté de critiquer. L'une comme l'autre font ce qu'elles veulent, elles sont adultes et en âge de prendre les décisions qui s'imposent. Maya ne suit pas tous les cours, il n'y a pas de raison que cette enseignante s'acharne à apprendre des choses à des « abrutis ignorants ». D'ailleurs... comment est-ce que ça fonctionne ? A-t-elle décidé d'être prof à son arrivée ou lui a-t-on imposé de rendre son savoir faire publique ? La seconde réponse serait étrange... on n'arrive pas à la Deus Académie avec une connaissance supérieure de celle qu'on possédait sur Terre. À priori, en se mettant à leur place... si Maya avait été foudre de guerre ou batailleuse anonyme, elle n'aimerait pas devoir enseigner ses techniques secrètes à n'importe qui, surtout à des potentiels ennemis. Elle ne saurait pas s'y prendre non plus d'ailleurs... encore moins avec les petites gamines coquettes qui sécheraient les cours pour ne pas se casser un ongle.

… toute ressemblance avec une possible réalité serait fortuite.


- Il y a un lac dans le coin ? reprend-elle sans laisser le temps à Rain de placer une réponse. Je ne savais pas qu'il y avait des cartes de cet endroit. Je n'ai même jamais entendu parler de dieux qui revenaient d'ici... enfin, je n'ai jamais entendu grand-chose en vérité. Personne n'ose vraiment parler de cet endroit et pourtant, je suppose qu'il y a pire bêtise que s'aventurer dans ces lieux. Avec tous les bouquins qu'il y a à la bibliothèque, j'imagine qu'on ne nous dit pas tout. Qu'est-ce que vous voulez y faire au lac, professeur ?

Elle part du principe que cette femme n'a pas de temps à perdre avec une petite dévergondée... alors, si elle se rend à ce lac, c'est qu'elle veut y faire quelque chose elle-même. Après, elle aurait pu y aller seule sans se préoccuper du boulet qu'elle va maintenant devoir traîner sur plusieurs kilomètres. C'est assez sympathique de sa part, ça vient d'un bon sentiment... ou d'une mauvaise appréhension du caractère de son élève. Quoi qu'il en soit, en remerciement, Maya ne va pas lui imposer ses petits problèmes d'adolescente, parce qu'elle sait pertinemment que les adultes tels que Rain se contrefichent éperdument des jérémiades des plus jeunes. C'est de la politesse... en vérité, maintenant, l'enseignante doit regretter de ne pas avoir plutôt dit « suis-moi, mais s'il te plaît, boucle-là »...
Seules face à la nature désormais. Maya éternue dans sa manche... prétexte pour ensuite sentir ses mains, ses vêtements et sa peau. Est-ce qu'elle pourrait attirer des monstres en dégageant une telle odeur ? Même eux seraient effrayés par cet aliment à senteur avariée.


- Je pue... fait-elle tout bas, juste pour elle-même. Plutôt que d'attirer les monstres, je crois que je vais repousser les académiciens. Je finirais peut-être réellement toute seule, qui sait... Maman serait fière de moi...

Si elle parle beaucoup, c'est parce qu'elle n'a pas encore totalement décuvé. Normalement, elle devrait être dépressive, inabordable et asociale. Au lieu de ça, elle semble libérée de dire tout ce qui lui passe par la tête, au grand désespoir de l'enseignante. Ça « anime » le trajet... même si ce n'est pas forcément l'animation que préfère un sobre.
Il n'en reste pas moins que Maya suit une inconnue. Aucune question véritablement, aucun doute sur ses intentions... elle pourrait être renégate lui tendant un piège que Maya n'y verrait que du feu. Le fait qu'on la sauve et qu'on prenne un peu soin d'elle... même sans le faire exprès... suffit à lui inspirer confiance. Après tout, maintenant, qu'importe les arrière-pensées de ceux qui la côtoient : s'ils lui veulent du bien, ce sera toujours mieux que ce qu'elle doit endurer actuellement. Alors, qu'importe le camp... l'apprentie donnera tout pour ceux qui lui accorderont de l'intérêt. Telle est la vision des choses d'une jeune adulte totalement abattue par le poids de la vie.
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Re: Allons au fond des choses maintenant ! - Dim 12 Mai 2013 - 22:55
Elle la suivit, en même temps ce n'était pas comme si elle avait vraiment le choix, mais la nuance était là ; cette jeune fille n'avait pas hésité une seule seconde, pas une once d'hésitation. Et la méfiance, elle ne connaissait pas ? Sans doute cela expliquait-il sa présence en ces lieux réputés pour être mal fréquentés. Selon Maya il n'y aurait donc qu'une forme de fugue. Pour sa part, Rain ne connaissait que la définition propre de ce mot, c'est à dire le fait pur et simple de fuir son domicile. Après, que le fugueur en question eusse songé à emmener des bagages avec lui et eusse été dans un endroit dit moins pire que son chez lui, ou non, ne dépendait que des circonstances, sans doute. M'enfin, puisqu'elle l'affirmait de la sorte… Elle n'allait pas chipoter pour un mot non plus, fugue ou non, cette jeune fille avait déserté l'académie et Rain devait toujours savoir pourquoi… Mais pour l'heure, le plus urgent était de trouver le fameux lac. Elles avaient toutes les deux besoin d'eau, l'une pour se laver, l'autre pour laver sa plaie.

En attendant, il semblerait qu'elle fusse tombée sur une bavarde. Etrangement, pour une fois, cela ne la gênait pas. Pourtant, elle n'était pas au meilleur de sa forme et son humeur était loin d'être au top, décidément, elle ne se comprenait elle-même...

"Mais où est-ce qu'il est ce fichu lac…"

Ouais, ben ce serait bien sa pomme tiens, de dire qu'elle se rend à un lac pour au final ne pas le retrouver. Et non, il n'y avait pas de cartes pour les terres inexplorées, qui portaient bien leur nom. Par contre, sans doute était-ce parce qu'elle ne s'était jamais aventurée trop loin, Rain ne s'était jamais égarée en ces lieux. En même temps, ce n'était pas comme si elle s'y rendait tous les jours non plus. Il n'y avait eu qu'une seule mauvaise rencontre pour sa part, celle avec un renégat robotisé particulièrement puissant. Finalement, cela ne s'était pas terminé trop mal puisqu'elle l'avait emportée mais elle se souvenait encore de la douleur que lui procurait son omoplate broyée…

- Qu'est-ce que vous voulez y faire au lac, professeur ?

- Ma sieste.

OK, pour les réponses susceptibles d'enrichir une conversation, elle pouvait repasser. Encore une fois, sa franchise avait frappé… Mais ce n'était peut-être pas pour déplaire son interlocutrice, qui était elle aussi directe à sa façon, en plus bavarde, sans doute. Des arbres se détachaient au loin. Hum, non, ça ne devait pas être dans cette direction… L'enseignante balaya l'horizon du regard, perplexe, même si cette expression n'était guère visible sur son visage. Oh et puis où est-ce qu'elles étaient du coup ? Super ! Elles seraient paumées ?

Elle soupira et plaça l'une de ses mains sur ses hanches avant de diriger son regard neutre vers sa cadette.

- Et accessoirement, un bain ne vous fera pas de mal, je pense.

Un hurlement s'éleva au loin, long, inquiétant. Allons bon, des loups maintenant ? Ou plutôt des lyncheurs vu la population néfaste du coin. Et en général, une meute ne se déplace pas sans son Alpha. Rain n'attendit pas vraiment que leurs silhouettes de quadrupèdes se forment à l'horizon. A vrai dire, elle n'avait peut-être pas perdu de sang grâce à son pouvoir mais sa plaie lui faisait mal. Elle était loin d'être douillette au vu de son passé, elle avait beau avoir un instinct qui lui soufflait de mater ces canidés. Il y avait désormais cette notion nommée responsabilité qui lui demandait de ne pas courir trop de risques. Une élève à protéger et un bras endommagé, ce n'était pas vraiment le duo à conseiller face à une meute de lyncheurs assoiffés de sang.

Pour sa part, ses ailes pourraient sans doute l'aider à lever le camp plus rapidement, mais il n'en était peut-être pas de même pour Maya. Dans tous les cas, elle n'hésita pas à lui poser la question. Si nécessaire, elle devrait la prendre avec elle et il ne resterait plus qu'à prier pour que son aversion pour les contacts ne prenne pas le dessus. Les premières bêtes apparaissaient au loin lorsqu'elles se retrouvèrent dans les airs.

Ah… ben finalement, elles auraient pu emprunter cette voie plus tôt. De là, elles pouvaient clairement apercevoir une source d'eau entre les arbres. En espérant juste que les molosses ne cherchent pas à les retrouver en quittant leur plaine… Sans vraiment consulter l'avis de son vis-à-vis, Rain entreprit l'atterrissage à la manière d'un félin, sans bruit, comme si elle pesait le poids d'une plume. Elles se trouvaient à présent à côté d'une petite chute d'eau, ce qui était pratique pour une douche, à défaut d'avoir un bain.

S'avançant sur les galets, elle retira sa veste et s'accroupit auprès de l'eau pour rincer sa plaie.

- Nous ne sommes jamais à l'abri longtemps en pareils lieux, alors je vous conseillerai de faire vite, dit-elle sans se retourner vers son interlocutrice. D'ailleurs vous ne m'avez toujours pas dit ce que vous faisiez seule sur cette plaine, sans bagage ni rien.

Observant son reflet, elle effleura machinalement ce nombre marqué sur sa clavicule. Elle n'avait pas encore trouvé un moyen de l'enlever, puisque cela faisait apparemment, d'après les dires des infirmiers, partie de son os, mais elle finirait par trouver. Elle n'avait certainement pas envie de rester une bête marquée jusqu'à la fin de l'éternité, et même si, diraient certains, ce n'était que deux chiffres insignifiants, pour elle ils représentaient quelque chose de très lourd, aussi lourd que son passé.

Son nettoyage fini, elle se tourna vers Maya. Cette jeune fille ne ressemblait pas vraiment à son père, du moins pas physiquement. A tout l'opposé du directeur déchu, elle possédait une chevelure et des prunelles claires. Maintenant, ce qui l'intriguait le plus, c'était ce que la fille du chef des renégats faisait seule sur les terres inexplorées, sans autre compagnie que sa propre ombre…



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Re: Allons au fond des choses maintenant ! - Lun 13 Mai 2013 - 19:43
Cette enseignante possède elle aussi le don des ailes ! Plus que tout ça, elle attrape Maya pour s'envoler avec elle et ainsi les protéger toutes les deux des monstres, à l'autre bout des hurlements. Oui, elle touche Maya. Ce qu'elle doit avoir l'air idiote d'en être émotionnellement troublée... Il faut dire que l'avant dernier qui l'a pris dans les bras l'a quitté le soir même, et le dernier la manipulait comme une vulgaire marionnette. Ce sera quoi pour cette fois ? Enfin un acte détaché d'intentions négatives, comme cela devrait toujours être le cas ?
Laissant ce moment de côté, il faut reconnaître que d'en haut, le point de vue est dégagé... pratique pour retrouver leur chemin. Il n'était pas forcément utile de rassurer Maya en faisant croire qu'elle connaissait les lieux, mais l'intention était louable. À moins que ce ne soit un énième mensonge éhonté. Reste qu'elles sont momentanément à la merci des prédateurs volants, pas moins dangereux que les créatures quadrupède. Le désert céleste est tout aussi dangereux que celui des plaines, sinon plus. Par chance, le professeur remarque rapidement un endroit pour se poser et elles redescendent sans trop s'attarder. Près d'un ruisseau et d'une cascade... c'est encore mieux, évidemment.

Dans un premier temps, Maya ne bouge pas. Elle regarde son enseignante se diriger vers une grande flaque d'eau résultante de la cascade. Elle la regarde retirer sa veste, prendre de l'eau dans la paume de ses mains et l'appliquer sur ce qui semble être une blessure. Bizarrement, Maya n'avait rien remarqué jusque là... sans doute ne fait-elle pas assez attention à ses collègues, un facteur qui renforce son dégoût prononcé envers elle-même. Une nouvelle fois, Rain va alors prendre la parole pour lui demander ce qu'elle fabrique par ici. Maya est surprise devant une telle insistance : il est rare qu'on pose deux fois la même question par pure politesse. Qu'importe la raison, elle a l'air de réellement s'intéresser à l'explication que la jeune apprentie pourrait lui apporter.


- C'est drôle... je pensais que les adultes n'aimaient pas écouter les jérémiades des plus jeunes, « toujours en train de se plaindre pour un oui ou pour un non ». répond Maya en déboutonnant sa chemise. Je comptais vous épargner ça aussi.

Mais puisqu'elle insiste, elle va avoir l'histoire... tout du moins, le résumé. Si ça l'intéresse toujours au final, elle n'aura qu'à poser des questions. Avis qu'elle n'en aura ni le besoin ni l'envie. Elle est enseignante, pas psychologue ni même amie. Elle restera dans le rôle qui est le sien : enseigner. Mais... sachant qu'il n'y a aucun rapport avec le combat, sa matière présumée... ce sera... somme toute original.
Maya retire sa chemise, puis déboutonne sa jupe et la dévêt également. Chaussures puis chaussettes, ne lui reste plus de notable qu'une ceinture à laquelle est attachée une sorte de fourreau circulaire en bois, contenant son arme fétiche. Ne jamais se séparer de son arme, leçon basique de combat et d'autodéfense. Elle balance les vêtements retirés dans une flaque d'eau calme, s'accroupit et entreprend de les nettoyer du mieux possible... même s'il est évident que le sang de la veille, ça ne partira pas. Faites au moins que ça ne sente plus l'intérieur digestif d'une Bulette répugnante...


- À vrai dire, je suis là par hasard... fait-elle en s'adressant à Rain de la même manière qu'elle, sans la regarder ...ou par instinct... à moins que ce ne soit le destin... bref, je ne sais pas, tout ça c'est la même chose. Je crois que je les cherche... ceux qui sont partis, ceux qui ont pris l'autre chemin. Les déchus je ne sais quoi. Ce n'est pas en restant à l'académie qu'on les trouvera, j'imagine qu'il y aura davantage d'indices dans des endroits perdus comme celui-là. Assez secoué, elle lâche les habits et se relève. Et voyez-vous...

Et c'est parti pour la douche froide. Elle y va comme ça, sans réfléchir, et regrette immédiatement. Eau à 9°C, vent plutôt froid en y repensant maintenant... mais il ne faut pas faire la difficile. C'est pour son bien. Et elle n'a pas le droit de perdre du temps à pester contre la nature, une certaine prof la regarde et l'attend. Maya s'assoit donc dans le bassin d'eau sous la cascade, dont tout le débit se déverse sur le haut de son crâne. Elle ramène ses jambes contre elle et les entoure de ses bras, tentant de conserver un maximum de chaleur. L'eau est peu profonde, une vingtaine de centimètre... ce qui n'aide pas non plus.
Mais ce n'est pas en restant inactive qu'elle va redevenir propre, comme par magie. Alors, elle commence à frotter ses cheveux pour enlever terre et sang séché.


- ... j'ai... commence-t-elle en claquant des dents ...rompu... mes dernières attaches avec les autres apprentis dieux. On m'a... peut-être légèrement forcé la main... mais en tout cas, je ne suis pas seule... pas folle pour m'aventurer toute seule dans ces lieux pour enquêter. Non, je suis entourée par toutes les personnes... qui ont encore un temps soit peu d'affection à mon égard.

Elle se relève et tend les bras sur les côtés comme pour montrer des personnes invisibles. Elle leur donne la main pour former une chaîne ou une ronde d'amitié. Mais contrairement à ce qu'elle déclare, elle est bel et bien seule... alors, ses bras retombent inexorablement et claquent contre ses cuisses. À noter qu'elle n'est pas triste. Pas en colère, pas fâchée, pas même désabusée... mais sereine. Elle ne donne pas l'impression de se plaindre, mais juste de narrer une histoire qui lui serait presque étrangère, ou dont elle n'aurait aucune séquelle. Peut-être a-t-elle déjà trop pleuré pour que de nouvelles larmes coulent sur ses joues... ou peut-être que cette cascade et cette eau qui glisse sur son visage masque des sanglots sortant de ses yeux.
Basculant la tête légèrement vers l'arrière, elle reçoit désormais l'eau sur sa figure. Elle se frotte le front et les joues, puis recrache de l'eau en rebasculant sa tête vers l'avant. Ainsi yeux baissés, elle parait plus atteinte moralement, plus fatiguée, plus noircie, directement touchée physiquement par son trouble moral... à moins que ce ne soit l'ombre qui change la perspective et qui renforce ses traits malheureux. Question d'interprétation. Elle se frotte les bras, le ventre, les jambes, puis avance un peu et se penche en avant pour que la cascade lui nettoie naturellement le dos.


- Je sais, c'est ma faute... c'est pour ça que je ne voulais rien dire. Que je sois « fille de » ou non, je ne sais juste plus gérer ma vie auprès des autres. Je n'aurais pas dû laisser filer Isanagi Tensho, alors je dois le retrouver, même si je ne sais pas encore pour faire quoi. Ou alors si : mettre fin à cette situation inextricable, d'une manière ou d'une autre.

Se retournant pour se rincer une dernière fois, Maya prononce encore quelques mots habilement masqués par le bruit de la cascade. Elle passe ses mains dans ses cheveux, se fait une queue de cheval, relâche le tout, secoue la tête puis s'éloigne de la cascade et retrouve rapidement au sec. Elle pose sa main sur sa ceinture, sort un pinceau de son fourreau et se place pile dans l'axe de Rain. Bien entendu, elle reste à plusieurs mètres d'écart... pas de quoi paraître menaçante avec un vulgaire morceau de bois. Là, la déesse commence à tracer un rectangle à même l'air. Deux mètres de largeur sur un mètre cinquante de hauteur. Elle pose ses mains derrière sa tête pour réfléchir, tandis que ses cheveux et sous-vêtements déversent leur trop plein d'eau de manière continue. Petit « Ah ! » pour signifier qu'elle a eu une idée, elle augmente l'épaisseur du rectangle et le redessine en rectangle plein. Par la suite, elle semble faire des dizaines et des dizaines de coup de pinceaux pour ajouter des points sur toute la surface, des deux côtés du rectangle flottant. Revenant à son point de départ, Maya range son pinceau dans son fourreau et tend les deux bras vers le dessin flottant. Elle ferme les yeux. Une seconde plus tard, une serviette de bain tombe dans ses mains et elle s'y engouffre le plus rapidement possible.

À nouveau, Maya va s'accroupir pour tenter de se réchauffer plus rapidement. Elle grelotte et claque des dents, tout en frottant la serviette contre sa peau pour que le coton et la matière spongieuse absorbe le trop plein d'eau. Rapidement, sa température remonte et la jeune femme retrouve le sourire. Sourire... ? Oui enfin... oui, si, c'est une sorte de sourire. Un soulagement plutôt, puisqu'elle se sent mieux.


- Hmm... merci pour le lac. Je... m'appelle Maya Tensho... et je peux vous laisser faire votre sieste maintenant, pendant que je sèche tout ça. Enfin... « je vous conseillerais de faire vite »... n'est-ce pas ? cite-t-elle pour conclure.

L'autre savait peut-être déjà son nom... peu importe, la présentation est faite maintenant.
N'oubliant pas ses autres vêtements trempant dans la flaque d'eau, la jeune adulte les extirpe tous de là, les essore et les chiffonne honteusement à plusieurs reprises, puis les expose sur des grosses pierres dans l'espoir qu'ils sèchent rapidement. Oh soleil, fais ton travail et frappe Maya de ton rayon astral. Mais s'il te plaît, presse le pas... il se pourrait que les monstres soient bientôt là.
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Re: Allons au fond des choses maintenant ! - Lun 20 Mai 2013 - 17:13
[HRP: Je rererere...poste car il y a eu un bug étrange de la part de FA qui zappait mes à-la-lignes u_u"]


Une fois sa blessure nettoyée, Rain sortit le kit de soin qu'elle avait pris soin de kidnapper lors de son séjour à l'infirmerie. Après tout cela faisait partie de l'équipement essentiel pour la survie en pleine nature, et elle ne pouvait tout le temps user de son écharpe comme pansement. Alors elle dégaina un couteau et s'occupa avec son rouleau de bandage pendant que Maya lui répondait. Il y avait un air étrange dans ses paroles, qu'elle ne saurait véritablement définir, n'étant pas assez douée dans le décryptage des sentiments humains. Elle savait simplement que cette sensation ne lui était pas inconnue. Des jérémiades, elle s'en fichait et n'était pas plus friande que les autres adultes, enfin, si elle pouvait se considérer comme une adulte. Ce qui l'intéressait, c'était ce qu'elle faisait là, et si accessoirement savoir ce qui l'avait conduite à le faire pouvait être utile, ce n'était pas dans ses priorités.

Le ciel était dégagé aujourd'hui. Et dire qu'hier encore, l'orage faisait rage. Les lieux n'en n'étaient pas pour autant sûrs, sur terre comme au ciel. C'était la raison pour laquelle une fois ses soins terminés, Rain remit sa veste ainsi que son écharpe, puis se leva pour aller chercher du bois. La plupart des bêtes craignaient le feu, et puis c'était un élément drôlement utile pour ne pas que la baigneuse du duo prenne froid, même si elle s'était très bien débrouillée avec ce qui semblait être son domaine divin. Malgré le fait que ses cours lui avaient permis d'en voir une bonne centaine, il n'en restait pas moins que l'enseignante était fascinée par la diversité et le potentiel inépuisable de ces pouvoirs. Rassemblant ses trouvailles sur les galets, elle entreprit de créer un petit feu de camp tout en réfléchissant aux dernières paroles de l'élève Tensho. Elle n'avait prononcé un mot durant tout son discours, et même à la fin de celui-ci, elle ne s'était pas pressée pour s'exprimer. Ce ne fut qu'une fois son foyer créé que la jeune femme se décida à réagir, le regard rivé sur les flammes qui prenaient peu à peu, se débattant contre la légère brise qui soufflait.

- Je suis désolée d'être intervenue tout-à-l'heure.

Oui, elle regrettait. C'était le sentiment qu'elle avait tiré des aveux de Maya. Pourquoi ? Bonne question. Elle-même avait du mal à y voir clair, n'étant pas créée pour être psychologue à la base mais bien pour ôter des vies. Toutefois, les progrès n'avaient pas manqué depuis et il était fort perturbant de ressentir à nouveau ce vide dans les paroles de son élève. Car oui, c'était ce vide si familier qu'elle avait perçu depuis le début du monologue. Sans doute était-ce parce que c'était la seule chose qu'elle avait vraiment vécu jusque là. Le néant. L'absence de tout. Il y avait aussi, ajouté à cela, de la fatigue, de la lassitude, lui semblait-elle, mais pas celle du corps. Tout cela lui paraissait très flou, mais ne l'avait pas empêchée à parvenir à une conclusion : cette jeune fille n'irait pas loin dans cet état d'esprit.

Trop instable.

Il lui semblait que malgré ce qu'elle tentait de faire croire, elle ne savait pas ce qu'elle voulait vraiment. Ou alors avait-elle été acculée d'une telle manière qu'elle n'avait d'autres choix que d'avancer aveuglément vers ce qui lui semblait être un objectif, vaguement. En avançant de la sorte, et en choisissant en prime ces terres dangereuses, elle finirait en charpie. Tôt ou tard, une bête féroce la trouverait et en ferait son repas. Comme la Bulette l'avait fait tout-à-l'heure. Ce n'était pas en l'arrachant une fois de ses tripes qu'elle l'avait sauvée. Non, Rain soupçonnait d'avoir prolongé son calvaire. Voilà pourquoi elle regrettait.

Elle ne savait exactement pourquoi mais tout cela lui faisait froid dans le dos, si bien qu'elle remonta quelque peu le col de son écharpe, jusqu'au niveau de son nez. Puis elle ferma les yeux, humant cette écharpe en tentant de se remémorer l'odeur de celui qui la lui avait offerte. C'était ce que permettait la vie, aussi : se remémorer. Être en vie pour pouvoir se souvenir des morts, et ainsi les faire vivre.

Tant qu'on était en vie, on avait également une chance de changer.

Tant qu'on était en vie… Oh et puis merde, c'était ses affaires. Pourquoi s'acharnait-elle à se soucier de cette fille qu'elle ne connaissait ni d'Eve, ni d'Adam ? Peut-être que cela faisait partie de ses efforts pour se sentir humaine… peut-être. Mais arriverait-elle simplement à la comprendre ? Elle n'en avait pas vraiment l'impression. La nature humaine lui avait toujours parue incompréhensible, elle ne pouvait faire autrement que s'appuyer sur son propre vécu pour tenter de saisir cette logique indéfinissable et avait tout le temps l'impression de se retrouver complètement à côté de la plaque. Ses sentiments lui paraissaient toujours étrangères et des fois, il se trouvait que celles-ci s'entre-mêlaient à son incompréhension et formaient un cocktail explosif. Des fois elle ne savait même pas pourquoi elle réagissait d'une telle manière. Comme à présent cette colère froide qui avait remplacé son regret.

- Que comptez-vous faire à présent ? Qu'allez-vous faire de cette vie sauvée ? Continuer votre périple en solitaire et prendre à nouveau le risque de la perdre ?

La jeune femme continuait à fixer le feu de camp. Elle finit par ramener une jambe contre son corps, sans prendre la peine de détacher son regard des flammes joyeuses pour s'attarder dans celui de la jeune fille qui se trouvait à ses côtés. Son ton, qui était resté neutre, ne parvenait à transcrire pour le moins du monde le volcan intérieur.

- Que cherchez-vous exactement ? La vie, ou la mort ?



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Re: Allons au fond des choses maintenant ! - Lun 20 Mai 2013 - 23:35
Petit pincement au cœur quand Maya entend sa partenaire dire qu'elle est désolée d'être intervenue. C'est sa première réponse après que Maya se soit présentée... c'est donc forcément lié. Elle serait désolée d'avoir sauvé une Tensho ? Elle aurait préféré la laisser mourir sous ses yeux, un sourire sur ses lèvres, savourant la disparition d'une des pires créatures de tous les temps, fille d'un démoniaque directeur maintenant enclin à détruire le monde ?
En voilà de la franchise à toute épreuve !

Pour le coup, Maya ne se sent plus tout à fait la bienvenue pour se réchauffer près de ce feu de camp, habituellement synonyme de camaraderie et de complicité. Elle ne se sent plus à l'aise, voir oppressée par la remarque. Pourtant, elle pensait avoir suffisamment remerciée l'enseignante, lui avoir montré et prouvé toute sa gratitude... En quoi cette femme est-elle désolée dans ce cas ? Ça ne colle pas... ou alors, c'est mal formulé. Peut-être est-ce l'équivalent de « J'aurais préféré que tu crèves, salope, fille de démon », mais de façon plus poliment tournée... ? Maya ne se sent pas très bien. Elle va simplement s’asseoir sur le sol, là où elle se trouve, et regroupement ses jambes contre elle pour se faire toute petite. Ce que ce monde est dur avec elle...
Maya relève les yeux. L'autre ne la regarde pas... tant mieux. La jeune adulte ne va se gêner pour l'observer du coup. À bien y voir, cette femme à l'air... tout à fait détachée. Elle dit des choses, pose des questions courtes, mais n'a pas l'air de les vivre. Ou alors, c'est un test... et en fonction de ce que répondra Maya, Rain fera telle ou telle action. En l'occurrence, que pourrait-elle faire ?

Alors que toutes les questions ont été posées et que l'enseignante n'attend plus que les réponses, seul le silence s'installe. Maya regarde l'enseignante, ouvre la bouche pour parler... puis la referme et tourne la tête vers le feu. Panne d'inspiration. Elle ne sait pas quoi répondre. Que change cette vie sauvée ? Rien... c'est comme s'il ne s'était rien passé, il n'y a pas de leçon à retenir. Vraiment ? La vie est fragile, la mort, si vite arrivée. Faut-il s'acharner pour une cause perdue, au bout de laquelle ne trône nulle autre que la Mort ?


- C'est pas une question de vie ou de mort, c'est une question de « réparation »... fait Maya, instinctivement. Réparation... quoi qu'il en coûte. Je fais une connerie, ça touche également d'autres personnes, et je ne les laisserais pas prendre des risques pour réparer mes propres erreurs.

Aucune idée... ce ne sont pas des mensonges, mais pas davantage des vérités. Appliqué à la vie réelle, est-ce vraiment le cas ? Si une petite fille casse un pot de fleurs, elle a droit de demander de l'aide à une amie pour recoller les morceaux. Si l'amie en question est forte dans ce domaine, elle peut même proposer de le réparer seule... malgré que ce ne soit pas sa faute. Aucune raison de refuser, la petite fille en sera même ravie et emplie de gratitude, même si elle restera honteuse de sa faute. Voilà un cas où ça fonctionne, où Maya pourrait se sortir d'affaire sans prendre de risque. Pourquoi cela ne pourrait-il pas fonctionner pour « ce problème-ci »... ?

- Qui est-ce que je serais pour laisser faire mon sale boulot par un autre ? Ça servirait à quoi ? À lui transmettre le risque ? Non, je ne ferais pas ça. Parce que certains se croient forts alors qu'ils ne sont rien en réalité. Le pouvoir leur monte à la tête et ils croient pouvoir tout régler par la force... mais je ne les laisserai pas faire.

« Ils ne sont rien... »... comparé à Isanagi, c'est sans doute vrai. La puissance d'un apprenti est risible face aux pouvoirs d'un dieu en colère. Maya ne peut décemment pas se faire aider, cela reviendrait à faire courir un risque à plusieurs personnes au lieu d'une. Alors d'accord... si Rain voulait une réponse, elle en a désormais une : Maya part perdante. Il n'y a aucune façon de gagner contre un directeur déchu. Derrière tout ça, il n'y a qu'une bonne volonté de ne pas faire subir de traumas aux autres, de les laisser en dehors de l'Histoire. À quoi bon envoyer des amis au casse-pipe avec elle ? Le nombre ne fait pas la force... il fait le nombre... de morts...

- Qu'est-ce que je peux faire pour empêcher un autre de faire une bêtise en attaquant... Isanagi ? Le devancer. Et honnêtement, j'ose imaginer que seule, je pourrais peut-être toucher... l'individu... par l'affectif.

Croit-elle en sa propre bêtise ? Plus ou moins... c'est vrai que maintenant qu'elle y pense, c'est extrêmement risqué. Elle veut jouer sa vie à pile ou face, avec une pièce truquée... pièce qui tournera certainement en faveur d'une mort certaine. Parce que oui : si l'affectif ne fonctionne pas, il faudra employer une autre technique, plus drastique, radicale. Quelle en sera la conclusion ? Pas grand-chose en définitive... juste une personne de moins dans le groupe des alliés de l'académie. Mais une chose est sûre : peu de personnes peuvent se targuer d'avoir une chance de remettre Isanagi Tensho à la place qui était la sienne... Est-ce une bonne raison pour risquer sa vie ? Pour le bien de tous... oui ?

Mais est-ce un sacrifice ? Non. Maya n'a plus beaucoup d'attache ici, et peu importe le sort des uns ou des autres à vrai dire. Il n'y en a qu'un à ses yeux, un seul qui vaille le coup de faire ce qu'elle souhaite faire. Et si Maya ne parvient pas à vaincre le côté obscur Isanagi, alors autant mourir... oui.

Maya prend une pierre, observe Rain... puis tourne les yeux vers le sol et trace bêtement un cœur dans la terre. Elle lâche sa pierre et pose ensuite sa main au centre de la forme géométrique. Et elle regarde Rain. Et elle rougit légèrement puis détourne le regard. Finalement, c'est tout aussi simple qu'un long discours, non ? Ses motivations ne sont pas nobles ou pures... Maya couvre discrètement ses intérêts énormes. La condition pour retrouver l'amour perdu...
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Re: Allons au fond des choses maintenant ! - Mar 21 Mai 2013 - 23:33
Vulnérable. C'était l'image que Maya lui donnait. Aucune méfiance n'habitait l'esprit de la jeune fille. Elle lui confiait des choses qui n'avaient vraiment pas intérêt à être entendues par les mauvaises personnes. Elle répondait à ses questions sans s'en poser à elle-même, sans se demander à qui elle parlait. Tout ce qu'elle savait jusque là sur Rain, c'était qu'elle était professeur. Cette confiance était-elle due au simple fait qu'elle lui avait sauvé la vie ? Alors que rien ne prouvait que ses intentions étaient nobles ? Non, c'était définitivement trop peu pour que cette jeune fille réponde à toutes ses interrogations. Avait-elle besoin de parler ? Sans doute. Cela confirmait en tout cas son opinion sur la promenade de cette élève en pleine nature. Elle courait tout bonnement à sa perte.

Lorsque le silence s'était installé entre elles suite à ses questions, Rain ne s'en était pas formalisé et avait sorti son kit d'entretien pour ses armes à feu. Puis elle avait pris soin de démonter l'un de ses deux Desert Eagle. Par principe de sécurité évident, elle ne le faisait que pour un pistolet à la fois. Elle s'interrompit néanmoins dans sa tâche lorsqu'elle ressentit le besoin de vérifier quelque chose. Attrapant son katana, la jeune femme extirpa la lame de son fourreau de quelques centimètres. Celle-ci était effectivement toute émoussée, comme elle s'y était attendue. Un soupir inaudible s'échappa de ses lèvres. Elle devrait vraiment plus attention à ceux qu'elle prenait pour cibles. Son côté machine avait encore trop tendance à attaquer pour tuer le plus rapidement possible, si bien qu'elle en abimait ses armes… Si seulement ça ne s'arrêtait qu'à ses armes.

Pendant ce temps, Maya s'était décidée à parler. Elle avait parlé de réparation, mais pour Rain tout cela se résumait en deux choses, la voie de la vie et celle de la mort. C'était aussi simple que cela, pas besoin de se casser la tête. Pour elle, c'était déjà suffisamment compliqué comme ça. Et les deux voies étaient étroitement liées. De son point de vue, cette jeune fille était davantage dans le chemin la menant vers la mort que celle menant vers la vie, même si elle semblait chercher le contraire, sinon elle ne l'aurait pas remerciée en sortant des tripes de la Bulette. Non, elle lui aurait hurlé dessus, ou lui aurait demandé le pourquoi du comment l'enseignante l'avait sauvée. A la place, Maya l'avait remerciée puis suivie, fait confiance de manière "plus aveugle tu meurs". Etrange personnage que voilà. Se débattre en se dirigeant vers la mort les yeux fermés, il fallait le faire.

Silencieuse, Rain observa les treize lames qu'elle avait alignées devant elle. Dix couteaux, deux tantos et enfin, son katana. Sa veste était bien moins lourde comme ça. Elle la passa donc sur ses épaules, laissant les manches vides, puis attrapa un des tantos jumeaux et se mit debout. Son regard gris prit son temps pour glisser jusqu'à la jeune fille assise plus loin, laissant s'écouler quelques lourdes secondes. Quand enfin, il se posa sur elle, quelque chose d'inquiétant semblait s'y être logé. Il n'était pas question de lueur bestiale, non. Simplement… le vide. Le regard de quelqu'un qui avait du sang sur la main, une grande quantité de sang, et qui n'hésiterait pas pour le moins du monde à en verser à nouveau, même s'il lui fallait pour cela trancher la gorge d'un nouveau-né.

- Pensez-vous vraiment que je vous laisserai atteindre votre père ? Savez-vous au moins à qui vous venez de confier vos objectifs, jeune fille ?

Elle marcha vers elle, sans se précipiter, ni dans ses paroles, ni dans son attitude, tel un prédateur qui jouait avec sa proie. L'impression générale qu'elle donnait à présent était celle d'un être sans âme prêt à égorger sans le moindre remord.

- Ôter la vie à une traîtresse n'est pas un crime. Il comprendra, n'est-ce pas ?

Cette fois, elle était arrivée à mi-distance. Sa lame était prête à fendre l'air, ce qu'elle fit… pour se retrouver enfoncée jusqu'à la garde dans la terre boueuse, entre les deux jeunes femmes. Rain toisait à présent son ex-proie toute sa hauteur. Vu comme ça, avec le contraste, son visage paraissait presque doux.

- Si cela s'était avéré vrai, qu'auriez-vous fait ?

D'une main, elle ôta la veste qui couvrait ses épaules pour la laisser tomber sur celles nues de Maya. Puis elle se détourna de la jeune fille, laissant son tanto aux pieds de celle-ci. Elle ne chercha pas non plus à s'éloigner, se contentant d'observer les couleurs vives du foyer de loin, les mains accrochées à ses holsters.

- Rien ne vous assure que vous ne trouverez pas la mort avant de trouver votre père. Soit vous mourrez dévorée par une bête, écrasée par un rocher ou noyée dans un marécage. Soit, et admettons que ce soit le meilleur des cas, vous tombez sur un renégat, qui pourrait se montrer sensible à vos charmes et vous amener jusqu'à votre père. Et même là, soyez honnête avec vous-même… votre détermination n'est pas suffisante. Elle ne vous mettra pas à l'abri d'une habile manipulation.

Non, Maya n'était pas encore suffisamment forte. Pas avec ce que Rain en avait déduit d'elle jusqu'à présent. Certes, il y avait encore beaucoup de zones d'ombre, mais en soi, cela revenait à un fait bien simple : une jeune fille erre avec pour seule compagnie et arme un pinceau, dans des terres reculées et jamais explorées, peuplées de créatures plus redoutables les unes que les autres. Son objectif, réparer apparemment quelque chose. Les erreurs de son père ? Les siennes ? Les deux peut-être ? La famille était une notion qui échappait à Rain de toute manière.

Si on mettait tout ça ensemble, c'était simplement du suicide de la part de la jeune fille, qui se basait sur rien pour mener sur ses recherches, absolument rien. Elle ne savait pas où aller, peut-être se persuadait-elle qu'elle allait vers son objectif, sans doute se persuadait-elle qu'elle le mènerait à bien, sans hésitation. Sans doute se trompait-elle...

- Vous n'êtes pas prête. Vous aurez porté un autre nom, mon opinion resterait la même : votre périple est un suicide.

Seulement, c'était son droit de le poursuivre. Rain n'était personne pour l'en empêcher, même en tant qu'enseignante, elle respectait la liberté de chaque personne qu'elle croisait. Imposer les choses n'avait jamais été la bonne solution, alors elle se contentait d'exprimer son avis. Même si une autre personne aurait certainement saisi cette chance pour ramener Maya, car elle était une arme bien trop précieuse pour l'Académie dans la lutte contre les renégats, Rain n'accordait pas vraiment d'importance à ce détail. Certes, elle était précieuse, sans doute la seule actuellement à pouvoir atteindre le directeur déchu au coeur, mais elle n'était pas de la chair à canon non plus. Et puis une arme pouvait très bien être à double-tranchant.

Ce fut le moment que leurs loups préférés choisirent pour les retrouver. Un premier hurlement s'éleva, et il sera bientôt suivi d'autres... Sans paniquer, Rain se contenta de demander, parfaitement consciente du timing à avoir pour mettre la main sur ses armes à temps.

- Oseriez-vous me dire que je vous aurai sauvée pour rien ?



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Re: Allons au fond des choses maintenant ! - Mer 22 Mai 2013 - 23:55
Boum boum... Boum boum... le cœur de l'apprentie s'accélère. Cette femme s'approche d'elle et n'a plus l'air aussi rassurante que l'avaient démontré ses actes jusqu'à maintenant. Est-il possible de sauver, puis de tuer dans la foulée ? L'attitude de l'enseignante semblerait lui démontrer que oui, nul n'est jamais à l'abri d'un revirement de bord. C'est quelque chose qui lui fait penser à ce jour...
... oui, ce jour où tout a mal tourné. Tous les apprentis croyaient en leur directeur et en son sens du devoir et du respect envers les êtres vivants. Tous les dieux se sentaient sans doute en sécurité à ses côtés. Et du jour au lendemain... il était devenu l'instigateur de la rébellion. Un des êtres les plus mauvais qui soit... accompagné d'un clown encore plus malfaisant que lui. D'ailleurs, ce clown, ce Johken... Maya le croit toujours responsable du changement de comportement de son père. C'est à cet être qu'incombe la faute... parce que croire que tout est sa propre faute ne serait pas surmontable. Autant partager la faute, même si c'est avec l'être le plus vil qui soit. L'ange naïf et le démon perfide... voilà la bonne formule pour transformer un être remarquable en dieu du chaos.

Croire dans les gens et dans leur honnêteté, c'est sans doute trop demander de nos jours.
Si bien que lorsque Rain s'approche de Maya, cette dernière lui répond par la pitié à travers ses yeux. « Pitié, ne me faites pas vivre cela encore une fois. ». Jamais elle ne cherchera à se défendre ou à s'enfuir, simplement rester assise là en se faisant la plus petite possible et espérant qu'on ne la tue pas. Ce n'est pas une philosophie de survie bien extraordinaire... mais c'est la seule qu'elle ait à offrir à l'enseignante.

Isanagi sera-t-il triste d'apprendre la mort de sa fille ?
Hum... question extrêmement difficile...
... mais oui, il comprendrait... il serait très compréhensif. Touché... mais libéré d'un poids.




Et finalement non, pas de mort. Alors... ? Oui ou non ? À quoi joue cette femme ? Est-ce un faux oui ou un faux non maintenant ? Est-ce que Rain veut tuer Maya, mais elle se retient, ou a-t-elle fait semblant de vouloir la tuer ? La voilà devenue indéchiffrable, indéfinie... leur début de relation est avorté. Maya ne sait plus. Si cela s'était avéré vrai, comme le demande Rain, l'apprentie serait tout simplement morte sans rien faire. Non, elle n'a pas eu confiance ou un quelconque instinct caché ou une intuition lui faisant croire à un test psychologique de la part de l'enseignante... rien de tout cela. Bon sang... qu'a-t-elle fait ? Et que fera-t-elle quand la situation se représentera ? Rien, vraiment ? Alors... elle cherche donc bien la mort... ce serait ça la conclusion ?
Maya, toujours assise, baisse la tête. Elle est sans doute entourée d'une aura noire, dépressive et abattue...
Ainsi, elle se prend sa propre vérité en pleine face : elle souhaite mourir. Ou plutôt, elle se satisferait de ne plus vivre. Oui, c'est tout à fait ça : si elle se plante, elle perd la partie de dégage du plateau de jeu. Et se planter, c'est relativement simple... il suffit par exemple de se dévoiler à une mystérieuse bienfaitrice. Quelle est la leçon à retenir de tout ça ? Qu'en plus de devoir stopper toute progression suicidaire pour retrouver son père, elle ne doit jamais plus se confier à qui que ce soit ? Ne plus jamais faire amie amie avec un d'autres dieux ou d'autres déesses ? En voilà une vie bien morbide qui l'attend...

Et Rain en remet une couche. Et Rain parle de manipulation. On dirait qu'elle sait... elle sait exactement comment lui faire mal, comment briser Maya en quelques phrases. Ça ne fait même pas 24 heures que l'apprentie est libérée de l'un de ces contrôles mentaux que tout le monde craint... la blessure est loin d'être refermée, même après une nuit d'alcool, d'ivresse et de tabac. Maya craque... et ça n'a rien d'étonnant. Les gens dépressifs pleurent très facilement, il suffit de les bousculer un peu. Ça doit avoir un caractère amusant incompréhensible par ceux qui n'ont pas assez d'humour.

Maya pleure parce qu'elle n'en sait rien. Elle n'est pas prête. Qu'est-ce qu'elle va faire alors ? Laisser les autres s'occuper des dieux déchus ? Mais elle n'est pas prête non plus à redonner une confiance aveugle à qui que ce soit. Elle n'est pas prête à se rouvrir aux autres... ni prête à oublier ceux qu'elle a connu jusque là et qui se sont révélé être des idiots par la suite. Oublier Isanagi, oublier Atios, oublier tout le reste... Toute la difficulté est là. Parce que comme le pense sûrement Rain, Maya n'est plus enclin au progrès, elle ne sait plus rien... jamais elle ne se libérera. Et si elle n'est pas capable de réparer ses erreurs, alors elle ne peut plus se montrer devant ceux qu'elle aime. Perdue dans l'océan de l'autre monde, elle ne sait même plus nager pour remonter à la surface. Le fond est quasiment palpable... et Dieu sait comme il est pourtant difficile à atteindre.

La jeune femme verse des larmes en silence. Au loin, on entend clairement des loups approcher. Leurs hurlements ressemblent à des carillons annonçant la fin... pourtant, tout le monde sait que ces créatures sont inoffensives pour des divinités. C'est leur nombre ou la chose qui pourrait les accompagner qui se révélerait dangereuse. Dangereuse à condition de donner un quelconque prix à la vie... cette vie qu'elle doit en partie à cette femme, cette enseignante mystérieuse qui lui somme de réfléchir sur sa propre condition. Maya a-t-elle été sauvée pour rien ? Doit-elle la vie à cette inconnue au point de la lui offrir... ? Ce débat a déjà pris place dans l'esprit de l'apprentie... mais il est possible que la décision qu'elle a pris n'était pas la bonne et qu'elle a maintenant droit à une seconde chance.


- Je ne sais pas... et vous... ? fait Maya d'une voix tremblante, en séchant ses larmes. Vous oseriez me dire que je me suis confiée à vous pour rien... ? Que je vous ai fait confiance pour rien... ? Si jamais vous pensez répondre par l'affirmative à l'une de ces questions... alors je vous en prie...

Elle s'est relevée. La serviette de bain qui l'enveloppait a disparu, remplacée par cette veste trop grande que Rain lui a confié. Maya a désormais le katana miniature entre ses mains. Elle a également déployé ses ailes majestueuses, brillantes et rayonnantes, en parfaite disharmonie avec son état psychologique. Quoique son teint semble moins terne... et son expression faciale plus humaine. Elle est juste triste, d'un chagrin naturel, humain, non contenu ou caché. Ce n'est peut-être pas ce qu'on peut attendre d'une déesse de son rang mais qu'importe.

- … si jamais... alors... laissez-moi seule avec ces monstres qui s'approchent de nous.

La lame est retirée du fourreau. Le tantō est fermement maintenu dans sa main droite. Peu importe leur nombre ou leur dangerosité, Maya ne mourra pas aujourd'hui. Pas de la main de monstres en tout cas. Adviendra ce qu'il adviendra de la main de l'enseignante, qui fera ensuite de la vie de son élève ce qu'elle voudra. Mais... ce serait dommage de s'arrêter là... n'est-ce pas?
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Re: Allons au fond des choses maintenant ! - Jeu 30 Mai 2013 - 16:31
Bats-toi.

Si tu perds, tu meurs.

Si tu gagnes, tu vis.

Mais tu ne peux pas gagner sans te battre.

Aucune réaction. Aucune tentative de s'extirper de cette situation que Rain avait créé de toutes pièces. Elle ne s'était donc pas trompée sur le compte de cette jeune fille qui finalement versa des larmes. Pourquoi ? L'enseignante l'ignorait. Elle n'était pas suffisamment douée en matière d'émotions pour le comprendre. De par son cerveau de machine, elle parvenait de temps en temps à décrypter les manières de penser d'autrui mais au niveau des sentiments et de ce qui pourrait les provoquer, cela se compliquait d'emblée. Il ne fallait pas non plus compter sur sa sensibilité naturelle pour que cette scène l'émeuve d'une quelconque façon. La jeune femme se contentait d'observer ces larmes. Ces larmes dont elle était dépourvue, elle, créature artificielle.

C'était quand-même frustrant, cette impression de comprendre sans savoir ce qu'elle comprenait.

La meute de lyncheurs approchait. Combien étaient-ils ? Elles allaient bientôt le savoir. A côté d'elle, Maya semblait s'être ressaisie, du moins en partie. Son tanto entre les mains, elle s'était donc décidée à combattre. S'était-elle confiée à elle pour rien ? Sans doute que non, puisqu'à présent, l'apprentie était debout et prête à se battre. Auparavant, elle se serait sans doute laissée manger. Pouvaient-elles considérer cela comme un espoir ? Rain n'en avait aucune idée, elle ignorait trop de choses encore de cette élève pour savoir si elle était véritablement sauvée, mais c'était le moment présent qui importait. Elle avait décidé de combattre, et c'était une bonne chose aux yeux de l'enseignante, dont la manière de penser s'était toujours résumée en "marche ou crève", une phrase aussi délicate que sa façon de remettre les idées de quelqu'un en place.

La laisser seule… La solitude, voilà. L'abandon. Il lui semblait que Maya connaissait très bien tout cela. Après, ce n'était pas comme si Rain en avait pas grand-chose à cirer de sa vie, mais ce serait la rendre trop monotone, à force de répéter le même scénario.

- Hum. Je préfèrerai ne pas avoir perdu mon temps pour rien, si vous le voulez bien.

Elle recula de quelques pas jusqu'à se trouver plus proche du feu de camp, devant lequel était étalée sa panoplie complète de lames. Les pas rapprochaient. Ils étaient neuf. Sans doute allaient-ils opter pour la stratégie de l'encerclement, c'était la plus populaire des meutes.

- Je ne compte pas vous laisser tranquille aussi facilement.

Et en effet, ils progressèrent avec précaution, créant un étau géant qui se resserrait lentement mais sûrement autour de leurs proies, n'osant pour le moment pas encore se détacher des arbres. Enfin "proie", pour Rain, c'était plutôt le contraire. Son regard demeurait fixé sur un point situé quelque part devant elle, pas inquiétée pour le moins du monde par les créatures qui s'approchaient.

L'un des lyncheurs finit par surgir hors de sa cachette, la gueule béante devant lui. C'est que ça sautait haut ces bestioles. Sans doute cherchait-il à dévorer sa tête dès le début, la taille de ses mâchoires le permettait… Cependant, à la place d'une esquive traditionnelle, il se prit tout simplement un violent coup de boule dans le museau, qui l'envoya sur l'un de ses camarades se trouvant dans son sillage. Le son sinistre d'un os brisé et des glapissements accompagnèrent la chute des deux bêtes dont l'une n'était pas prête de remordre.

Inévitablement, cette sensation de vécu, de déjà-vu, remontait. Elle avait l'impression de percevoir à nouveau dans l'air ce mélange de sang, d'alcool, de sueur et de tabac froid. Les braillements des hommes, ses créateurs, qui la prenaient pour une bête de foire. Une bête ? Non. Une simple machine à tuer que l'on avait mise face à des bêtes qui, eux, savaient souffrir et se rebeller contre leur propre situation.

Ses doigts vinrent en contact de ce front qu'elle découvrait légèrement endolori. Oui, elle ressentait, maintenant. Ce n'était plus le néant. Les choses existaient. Tout avait une valeur.

Son instinct lui cria de s'abaisser in extremis, afin d'éviter un assaut par derrière. Le lyncheur atterrit un mètre plus loin et fit volte-face, cependant qu'un autre bondissait déjà sur Rain. Allait-elle devoir saisir ses lames ? Non puisqu'ils n'étaient pas armés, autant combattre à armes égales, pour une fois. Ainsi la jeune femme envoya son poing dans la gueule grande ouverte de l'animal, enfonçant si loin qu'il n'aurait sans doute plus jamais faim.

Le lyncheur mort encore accroché à son bras, Rain jeta un coup d'oeil éclair à Maya qu'elle n'avait pas pris la peine d'assister durant le bref combat. Après tout, elle n'était pas aussi maman poule que cela, malgré ce que certaines personnes de son entourage pourrait dire. De toute manière, c'était son combat, sa manière de lutter pour avoir la vie sauve, elle n'avait pas à intervenir… Sauf si le cas d'une mort imminente se présentait, auquel cas elle n'hésiterait pas à la sauver une nouvelle fois. La dette… une notion qui ne l'intéressait lorsqu'il s'agissait de quelqu'un d'autre. Par contre, si elle devait une vie à quelqu'un, ce qui était déjà le cas avec Lev, cela virait de "insignifiant" en "de grande importance", car jamais elle n'accepterait de devoir quelque chose à quelqu'un. Question de principe.

Les deux canidés restants du quatuor qui s'était jeté sur elle restaient en retrait, peu friands de s'élancer à sa rencontre. En tout cas, pas avant l'entrée en scène… de leur chef. Le lyncheur Alpha. La bête, plus imposante que ses comparses n'allait pas laisser le massacre de sa meute sans rien faire. Il n'était peut-être pas plus intelligent que le reste de sa famille mais possédait un sens de l'honneur basique.



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Re: Allons au fond des choses maintenant ! - Sam 1 Juin 2013 - 8:09
9 individus... 8 petits et un énorme... reste à savoir leur degré d'intelligence.
S'ils voient devant eux deux créatures faibles qui n'opposeront que peu de résistance, alors leur chef ne se fatiguera pas pour si peu et laissera ses sujets attaquer et rapporter la nourriture.
S'ils voient devant eux deux femelles dodues et juteuses, mais dangereuses... ils attaqueront tous la plus petite et la plus faible pour réduire le nombre de proies et écarter de nombreux risques.

Il n'empêche qu'en plus d'être stupides et sûrs de leur victoire, ces monstres sont largement moins imposants qu'une Bulette. Les neuf sont moins puissants qu'une... Alors, ni Maya ni Rain n'ont à s'inquiéter de l'état de leur congénère. Ce sera vite fait bien fait... et cela commence superbement bien avec ces deux assauts de l'enseignante, le tout à mains nues. Elle ne leur laisse aucune chance... mais bigre, ce que cette façon de combattre est âpre ! Comment peut-on avoir idée d'introduire sa main dans une gueule pour tuer de l'intérieur ?

...
Aussi facilement que d'avoir idée de se faire gober toute entière, sans doute...
Grognements. Maya reporte son attention sur deux lyncheurs qui semblent prêts à en découdre avec elle. Mis à part tenter de l'impressionner, ça ne sert pas à grand-chose. La jeune femme s'accroupit pourtant, une jambe pliée et une jambe tendue, une main posée sur le sol et l'autre, tenant l'arme, positionnée vers l'arrière. Ses ailes sont déployées dans son dos, prêtes à se replier sur elle pour la protéger ou à s'activer pour déclencher de violents courants d'air. La demoiselle observe les immondes chien-loups avec un regard dur et des yeux de prédatrice, prête à bondir. Elle devient l'animal... et ce sont eux qui seront bouffés s'ils ne fuient pas immédiatement, c'est certain. Mais encore une fois, ils ne sont pas assez sagace pour le comprendre. Ils se jettent donc tous les deux conjointement sur la petite créature appétissante qui s'offre à eux, et sont repoussés à une dizaine de mètres d'un simple battement d'ailes aussi soudain que bref. Un troisième monstre s'élance en bondissant sur elle, en solo. Telle une danseuse, Maya se relève en tournant une fois sur elle-même pour esquiver sur le côté, puis place son bras et son arme sur la trajectoire de la bête pour qu'elle se découpe toute seule, à la force de son élan. La force dans le bras pour ne pas flancher, l'apprentie l'a : le monstre est donc entaillé sur toute la longueur, le tout sans la moindre effusion de sang. La bête atterrit quelques mètres plus loin et doit sentir que quelque chose ne va pas... Quelques organes à l'air... ça n'a jamais tué personne, c'est vrai, mais côté horrifiant, on peut difficilement faire mieux. À partir de cet instant, la bête va donc sombrer dans la folie : bondir dans tous les sens, rouler sur elle-même...
Maya abrégera rapidement ses souffrances en lui plantant la lame entre les deux yeux.


- Désolée petite bête, je m'excuse...

Trois lyncheurs lui sautent dessus par derrière. Ils se mettent à mâchouiller ses ailes, l'empêchant ainsi de se redresser ou de les utiliser à nouveaux pour les éjecter loin d'elle. Il faut reconnaître que des crocs plantés dans la continuité du corps, c'est affreusement douloureux. Comparativement, le mal serait identique si un animal féroce venait à lui mordre une jambe et tentait de l'arracher en donnant de violents coups de mâchoire. Mais pour le cas présent, ce serait sous-estimer la puissance des ailes que lui a accordé Deus. Maya s'accroupit et s'envole, supportant non sans mal le poids des trois monstres ainsi que la douleur. Sentant le sol se dérober sous leurs pattes, les monstres renforcent la pression de leurs crocs et traversent la chair. L'apprentie déesse serre les dents et monte encore de quelques centaines de mètres avant de désactiver son pouvoir divin.
4 corps lourds se mettent donc à chuter.
Trois agitent leurs pattes en tentant vainement de se raccrocher à quelque chose, tandis que le quatrième apprécie la chute libre à sa juste valeur. Vue imprenable, vent, liberté d'action, de mouvement, sensation d'être légère... Maya tourne sur elle-même et fait plusieurs cabrioles gracieuses dans les airs. Enfin... pas trop non plus : le sol se rapproche extrêmement vite, difficile d'apprécier pleinement la récréation. Parce que c'est finalement exactement comme une attraction dans une fête foraine : on prend plaisir sans peur parce qu'au final, on sait qu'on est attaché, en sécurité, et qu'on ne risque rien. Oh... dans le cas présent, le risque est plus élevé pour Maya, qui n'est pas certaine que son pouvoir pourra être réactivé avant le rude contact avec la terre ferme... mais elle en est persuadée. Elle a confiance en ce don que lui a offert Deus. Cela ressemble en aucun cas à une partie de roulette russe, la vie remise entre les mains de la chance.

À 5 mètres du sol, alors que les animaux s'écrasent lamentablement, Maya libère ses forces cachées, exécute un violent battement d'ailes en direction du sol pour freiner sa chute et se pose tranquillement dans un fin carré d'herbe, à deux pas de Rain. La petite femme se penche en avant et passe sa manche sur son front pour essuyer un début de transpiration.


- Waouuuh ! fait-elle en poussant un grand soupire, visiblement enjoué. Je suis en manque de sensations fortes... Pourquoi est-ce qu'on ne peut pas s'amuser un peu plus souvent ? J'ai l'impression qu'on ne me donne que de quoi broyer du noir, jamais d'activité divertissante ou passionnante... J'ai aussi l'impression qu'on me dit à l'oreille : « Si tu veux t'amuser, alors débrouille-toi toute seule, nous ne sommes pas là pour rendre ta vie heureuse. » Qui peut se contenter d'une vie triste sans enchantement, sérieusement ?

Maudite soit la hiérarchie qui ne prend pas soin de son peuple.
Maudits soient les directeurs et les mauvais profs qui ne savent que vociférer.


- Pour qui nous prend-on ?

Position d'attaque plus académique : de côté, les jambes légèrement écartées, un bras en avant pour la protection et l'autre bras en avant centre, prêt à planter et transpercer tout ce qui bouge. Elle tient la lame à l'envers, vers le bas plutôt que vers le haut comme une épée traditionnelle. Pourquoi ? Elle a simplement déjà vu faire, et ça lui parait plus pratique avec ce genre d'épée courte. Quand on ne connaît pas particulièrement l'art du combat à l'arme blanche, on fait ce que l'instinct nous dicte... D'ailleurs, il est quasi certains que Maya n'agira jamais autrement que par instinct. Sur le moment, elle aime cette position confortable et, semble-t-il, adaptée à la situation. Optimale ou non... bah.
Ne reste plus que trois individus en état de combattre : deux petits et le plus gros. Maya se met dos à dos avec Rain, juste pour le fun. Elle aime particulièrement la situation, cet affrontement... allez savoir pourquoi, cela lui donne des ailes. Est-ce qu'il fallait juste que cela sorte ? En tout cas, elle ne remerciera jamais assez sa bienfaitrice enseignante... !
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Re: Allons au fond des choses maintenant ! - Ven 7 Juin 2013 - 22:21
Rain n'avait guère besoin de ses yeux pour combattre, ni pour analyser un combat. Et il semblerait qu'elle n'avait pas eu tort de ne pas sous-estimer sa jeune soeur d'arme, comme quoi ce n'était pas parce qu'on séchait tous les cours de combat que l'on ne savait pas se servir d'une lame. Après, il y avait une falaise entre savoir en tenir une correctement et la manier avec perfection. En tout cas, c'était une bonne chose qu'elle sache se débrouiller par elle-même, et surtout qu'elle veuille s'en sortir en vie. Parce que, admettons-le, mourir mangé par une horde de lyncheurs n'avait absolument rien de glorieux. Si l'on avait encore un minimum d'amour propre, en général, on préférait sans doute avoir une mort digne. Dans l'esprit de Rain en tout cas il n'avait jamais été question de mourir. Jamais. Même lorsqu'elle l'avait perdu, lui qui constituait son monde, lui qui existait plus que tout le reste… Quelque chose lui avait donné l'ordre de se relever. Sans doute était-ce sa nature de machine qui la rendait aussi insensible ? Non, insensible n'était pas le mot, au fond elle avait encore mal, mais oublier ses émotions était pour elle chose aisée, ayant vécu vingt années de sa vie sans. En tout cas, ce n'était pas pour autant qu'elle en perdait ses objectifs de vue.

Sans quitter les deux lyncheurs d'en face du regard, la jeune femme saisit la mâchoire inférieure de leur confrère encore accroché à son bras et extirpa son bras de la gueule avec une certaine nonchalance. Un liquide gluant recouvrait ses doigts. Miam. Ce n'était de toute manière pas le genre de détail dont elle s'en souciait. Par le passé, les occasions où elle avait dû saisir tripes et boyaux entre les mains faisaient partie du quotidien et ce n'était pas un peu de bave qui allait la dégoûter. Pendant ce temps, des grognements s'étouffaient dans la gorge de leurs assaillants, qui s'étaient mis à rôder autour d'elles. Rain ne réagit pas aux paroles de Maya, qui s'était glissée dans son dos pour compléter le cercle de défense contre les assauts futurs de leurs adversaires. A vrai dire, elle pouvait à peine comprendre son point de vue. Il n'y avait pas besoin d'avoir une intelligence surhumaine pour comprendre que la jeune fille avait besoin de décharger une certaine quantité de frustration. Pourquoi ? Rain l'ignorait et ce n'était pas ses affaires. Cela devait être le quotidien de la fille du chef des renégats, surprotégée ou rejetée.

Qui pouvait se contenter d'une vie triste sans enchantement… ? Effectivement. Qui pouvait supporter de vivre ainsi ? Qui, à part elle, une arme au corps artificiel ? En fait, c'était faisable, même pour un humain normal, tant que l'on avait conscience de rien, encore moins de son propre malheur.

- Des machines… obéissantes.

Voilà pour qui ils les prenaient. Rain ne savait même pas pourquoi elle avait répondu, il fallait dire que c'était sorti tout seul. Et dans ces mots, elle y mettait une certaine haine. Cette haine vis-à-vis de ces humains qui l'avait créée à leur image, pour qu'elle se salisse les mains à leur place… Elle n'avait été rien d'autre qu'un objet, que l'on activait, désactivait à volonté et que l'on jetait aux ordures lorsqu'il n'était plus opérationnel.

La silhouette imposante de l'Alpha se dessina dans son champ de vision, cependant qu'elle percevait l'un de ses sbires à sa droite. De puissantes mâchoires claquèrent dans le vide, à l'endroit précis où se trouvait sa jambe il y avait une seconde. La semelle de son ranger s'abattit violemment sur celles-ci, arrachant un glapissement de douleur au canidé, la gueule à présent clouée au sol. Marchant sur le garrot de sa victime, le Numéro 99 s'en servit comme point d'appui pour bondir sur l'Alpha qui se dressait à quelques mètres d'elle, afin de pouvoir lui décrocher un fulgurant coup de pied dans l'une de ses têtes, l'envoyant percuter son voisin. A en déduire par le son d'os brisé, il y en avait au moins une qui était endommagée. C'était pratique d'avoir deux cerveaux mais peut-être pas aussi près l'un de l'autre du coup. Est-ce qu'il souffrait deux fois plus ? La grande bête chancela mais se reprit bien vite, bondissant sur Rain, qui s'éclipsa sur le côté avant de lui envoyer un violent coup de poing dans les côtes, produisant un nouveau craquement sinistre.

L'Alpha chuta du côté de Maya mais ne semblait pas décidé à rester à terre malgré ses blessures. Il fallait dire que mis à part un dernier lyncheur qui n'avait sans doute pas fait long feu, il était le seul survivant de sa meute. A quoi bon continuer à vivre sans ? Quoi qu'il en soit, Rain reposa ses mains sur ses hanches, certaine que son élève se débrouillerait très bien sans son intervention. Puis, comme si pour elle le combat était déjà terminé, elle demanda de but en blanc :

- L'Arène des Chasseurs ne vous suffit donc pas pour le divertissement ?

Non pas qu'elle était contre l'entraînement en pleine nature mais c'était certainement mieux encadré qu'ici, où elles n'étaient jamais à l'abri de mauvaises surprises. Enfin l'enseignante songeait surtout à la sécurité de son interlocutrice, après, elle faisait ce qu'elle voulait. Et puis, sans doute qu'elle avait déjà fait des contrats et que cela l'avait ennuyée ? Et dire qu'il y avait quelques minutes, elle était sur le point de se laisser tuer. Peut-être que cela dépendait de l'identité de celui qui la tuerait ? Ridicule. Quand on meurt, que ce soit de la main d'une bête ou d'un humain, on ne peut plus rien faire ni changer.



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Re: Allons au fond des choses maintenant ! - Dim 16 Juin 2013 - 23:56
Rodéo style !
Alors que l'énorme bête lui a bondi dessus pour la dévorer toute crue, Maya a simplement sauté dans les airs et s'est raccrochée à l'une de ses têtes. Et la voilà partie pour la folle chevauchée ! Le Lyncheur Alpha est fou de rage. Il se met à courir droit devant et secoue sa cavalière avec virulence. Elle tient bon. En fait... c'est beaucoup plus simple grâce à la seconde tête. Comparé à un cheval ou un taureau, ce monstre est beaucoup plus large et touffu, ce qui permet à Maya de trouver de nombreux points d'accroche pour se cramponner à chaque mouvement brusque. Bref, encore une fois, elle s'amuse... elle s'amuse dangereusement. C'est presque de l'inconscience, de la prise de risque stupide, celle pour laquelle une enfant se ferait sévèrement réprimander par ses parents...

« Maya, on ne grimpe pas sur les Lyncheurs à deux têtes, c'est dangereux ces monstres-là ma puce. Viens plutôt voir les jolies Licornes ! »

… si seulement la vie avait pu être un compte de fées.
Soudain, la queue passe à l'attaque. Enfin... plus précisément, le serpent qui remplace la queue du monstre tente de planter ses crochets venimeux dans la jambe de la demoiselle. Ce qui est dommage dans son cas, c'est qu'il pousse un sifflement très audible à chaque fois qu'il va s'élancer pour une tentative de morsure... pour l'effet de surprise, ce n'est pas la meilleure des solutions. Mais sachant qu'il est assez vif et que le reste du corps continue de tenter de désarçonner la cavalière, celle-ci finit par capituler et se fait éjecter de sa monture. Proportionnellement à la vitesse de la créature qui courait comme une dératée, Maya roule sur plusieurs mètres avant d'être arrêtée par un tronc d'arbre qu'elle reçoit en plein dans les côtes. Souffle coupé, c'est tout de suite moins amusant. L'apprentie se tord de douleur sans pouvoir émettre la moindre plainte. À faire la maligne, elle va finir par se faire bouffer une bonne fois pour toutes.

Le monstre a continué sa course plusieurs mètres avant de s'arrêter et de se retourner. La tête encore valide renifle les environs pour retrouver la proie. Maya rampe sur une courte distance pour se mettre à l'abri sous un buisson. Elle aurait pu se relever et attaquer à la façon bourrin... mais ce n'est pas son intention d'être si directe et irréfléchie. De toute façon, elle se doute éperdument que le monstre va la retrouver : ces bêtes-là ont un excellent flair. Alors, la jeune apprentie attend, tout en se remettant tranquillement du coup reçu dans les côtes.
L'enseignante doit être un peu plus loin. Combien de kilomètres a parcouru Maya pendant la chevauchée fantastique ? Pas trop, elle l'espère... ce serait dommage de se quitter si rapidement.

Grognements.
Maya sort de sa cachette et se met à courir. À peine une seconde plus tard, le monstre se jette sur le refuge où elle se trouvait plus tôt et arrache les branches d'un simple coup de mâchoires. Il était temps... Néanmoins, l'alpha aperçoit la fuyarde et il se précipite à sa poursuite. Il la rejoint en deux temps trois mouvements et ouvre à nouveau grand la bouche et il la croque à pleine dent.
Du sang. La bête rouvre la bouche et replante ses crocs acérés un peu plus profondément dans la chair de Maya. Alors qu'il repart pour une troisième et dernière morsure...


- Qu'est-ce que tu fais mon vieux ?

… il referme sa mâchoire sur Maya, mais ne parvient pas à la découper. Et bientôt, il sent une résistance. On lui écarte la mâchoire, on tente de la lui faire ouvrir plus grand... plus grand... plus grand encore... et finalement, les ailes de l'apprentie ont raison de la seconde tête de la créature.
La jeune femme, bras écartés, rouvre les yeux et regarde le ciel. Elle ne donne pas l'impression d'avoir l'air particulièrement satisfaite, mais elle l'est. Oui, elle l'est. La tâche n'était pas ardue : elle ne courait aucun danger face à un lyncheur alpha dépouillé de l'une de ses têtes... quoiqu'il lui fallait également se battre contre elle-même. Satanée vie... Qu'est-ce que cela aurait donné contre les trois têtes à la fois ? Pas trop de différence normalement, elle s'en serait peut-être tiré avec quelques blessures additionnelles. Qu'importe, c'est fini maintenant. Le monstre est allongé, mort. Enfin... la queue bouge toujours, mais n'est pas en mesure de contrôler le corps entier. Le serpent siffle mais ne pourra plus nuire à qui que ce soit. Souffre-t-il ? Que dirait la morale ? Achever la pauvre bête ? Que dirait la victime ? Laisser souffrir pour punir ?

Maya tourne la tête vers le serpent. Elle s'approche tout en restant hors de portée, puis s'accroupit. Elle l'observe se débattre, tenter de bouger le corps entier, mais ses efforts resteront vains. L'apprentie ne sait pas quoi faire, pas quoi décider à son sujet. Et ce n'est malheureusement pas le monstre qui lui donnera la réponse. Comment doit réagir un dieu face à ce genre de situation... ? Peut-être faudrait-il... les conseils d'une experte sur la question ? Mais l'enseignante n'est plus là, elle ne les a pas encore rejoint. Le fera-t-elle ? Espoir. Ce serait bien.


- Madaaaaame... ? appelle Maya en haussant la voix pour se faire entendre de loin. Vous êtes là ?

Non, jamais elle n'imagine que son appel pourrait attirer d'autres monstres. Ce n'est plus la question... maintenant, elle aimerait juste revoir le visage déjà familier de sa bienfaitrice sauveuse. Et puis... s'il y a d'autres monstres, elle s'en occupera bien volontiers.
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