Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Take the pills. They're here to be taken.

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Take the pills. They're here to be taken. - Ven 19 Avr 2013 - 20:58
Une belle histoire d'amour, c'est quoi ? Comment un garçon doit-il être, avec sa petite amie ? Présent ? Agressif ? Passif ? Absent ? Doit-il tendre des perches ? Attendre qu'on lui en tende ? Et vous, dans votre relation, si vous étiez adultes ? Que votre bien-aimée dort dans la chambre voisine ? Vous allez la voir ? Même si vous savez que l'académie est surveillée par le père de cette fille ? Vous y allez ? Vous dormez avec, comme si vous allez vous marier avec ? Vous fonceriez ? Sans réfléchir aux conséquences ?

La chambre d'Atios, si humblement susnommé, n'aura jamais été aussi pleine que ce soir. Après sa sortie fracassante de l'infirmerie, après avoir été absent toute la journée dans son bureau, la nuit aurait pu alors se déroulait comme à l'accoutumée, pour la fille d'Isanagi. Seule. Sans son père. Son son petit ami. Mais il y avait eu du changement. Des volontés de mieux faire. Une prise de résolution de tous les partis. L'un s'était résolu à dire qu'il aimait Maya. L'un s'était résolu de détruire l'Humanité. Et la dernière, s'était résolue à .. Mettre une bague au doigt d'Atios, d'envoyer paître papa et de rester à l'académie. Mais sinon ? Atios n'en savait pas plus. Personne n'avait été admis à son chevet, sauf Maya, une unique fois. Et sauf les quelques victimes du jeune homme de la matinée, une entrevue avec une statue de Deus et des informations secrètes par rapport au remaniement du service du vice-président au conseil des élèves, personne n'avait vu le jeune homme sortir de son bureau, seul les élèves admis au conseil purent voir qu'il était de retour et en pleine forme. En telle forme qu'il semblait d'ailleurs assez peu enclin à laisser le travail s'accumuler. Embauchant des élèves au conseil, il s'était fait aider d'une équipe de plusieurs volontaires qui lui permirent de finir plus vite. Et à ce train-là, il aurait beaucoup moins de temps à passer au conseil le jour..

Ce qui allait être une bonne chose. Mais la première personne qui en serait heureuse après Atios, ce dernier espérait que ce serait Maya.

22h. Les cours sont terminés depuis un moment. Le couvre-feu vient d'être placé. Les couloirs, non, l'académie tout entière est calme. Seules les chambres restent animées. Les surveillants gardent les couloirs. Sortir serait compliqué, désormais. Mais Atios possédait des passe-droits. Et ses coups d'éclat de ce matin montraient bien qu'il ne se laisserait plus faire face à quiconque, fût-il sa bien-aimée. Mais il avait fort à lui dire. Fort à lui faire comprendre. Qu'est-ce qu'était un garçon ? N'était-il pas misogyne de croire que le garçon devait-il être toujours celui qui fonçait ? Celui qui imposait son règne ? Pourtant, aujourd'hui, il allait imposer son règne. Et il avait commencé. Les gens de l'académie. Deus. Le conseil. Et la dernière étape, c'était de se faire comprendre par sa petite-amie. Par imposer, pensez-vous qu'il serait violent ?

Aha, réalisez-le bien : Atios s'est toujours contenu dans le soin des autres. Toujours, à être calme même dans le pire des cas. Il avait toujours fait ce qu'on avait attendu de lui. Et même quand Atios avait couché avec Maya, dans ces couloirs, après qu'elle se soit fait violenter, n'avait-il pas simplement répondu à l'appel conjoint de son désir pour elle, qu'elle partageait pour lui ? Il sourit à cette pensée. Oui, il n'était pas dû de le soumettre pour l'amener dans son pieu, quelque part. Mais cela allait changer. Il allait mettre Maya face à ses responsabilités. Son anneau, qu'il portait au doigt, il l'avait toujours. Il était fait d'une magie qu'il ne connaissait pas, mais qui lui inspirait l'intime idée et l'intuition qu'elle appartenait à sa petite-amie. Et il l'avait gardé. Parce que contrairement à un contrat qui lui aurait pris sa liberté.. Il voyait cette bague comme les responsabilités que Maya avait acceptées envers lui. Et il comptait bien lui faire respecter. Sa démarche était magnifiquement princière. Suffisante et avec raison. Il était monsieur populaire après tout... Il était "vraiment" populaire. Beaucoup de filles tomberaient pour lui. Même des garçons respectaient le vice-président du conseil des élèves.

Et sa force croissante ne ferait qu'augmenter cet état de fait. La divinité, balbutiante, était désormais un élève à part entière et intégré de l'école. Il était en plein milieu de cursus et il allait atteindre les sommets. Il bouterait hors de son chemin quiconque aurait l'outrecuidance de s'y mêler sans avoir de bonnes raisons de le faire. Il ne jouait plus. Et plus personne ne jouerait avec sa gentillesse.

Ouvrant la porte de sa chambre, il enleva ses chaussures. Il enleva son manteau. Et plutôt que de rentrer dans sa chambre, c'est la porte de celle de Maya qu'il ouvrit, avec le plus naturel des gestes, comme s'il en avait l'habitude. Et sans dire un mot à la demoiselle, il commença à déboutonner sa chemise et à se diriger vers la douche de la demoiselle. Jetant pêle-mêle ses affaires dans le panier à linge de la concernée, il retira la bague et la posa sur le lavabo. Se dénudant pour être propre comme un sou neuf quand il irait dans le lit de sa bien-aimée, il procéda à se savonner le corps et à se laver les cheveux. Il s'en foutait de l'effluve des parfums qui émanerait des gels douches ou des shampoings de sa bien-aimée. Elle assumerait qu'il n'était pas du genre à vouloir perdre son temps. Il était fatigué. Tellement fatigué. Et prendre une douche pour aller se reposer auprès de sa bien-aimée, cela faisait quatre mois qu'il ne s'était pas permis de le faire, au nom du bien de toute l'académie, des directeurs et de celle qui s'était retrouvée seule dans son lit. Alors que ses mains passaient sur sa figure mince, sur ses longs et doux cheveux, étalant les baumes qui sentaient l'exotisme, il réfléchit. Non, Maya n'imaginez pas. Tout comme lui n'imagine pas ce qu'elle avait vécu seule.

Coupant les robinets, il attrapa une serviette dans l'armoire la plus proche et procéda à se sécher, avant de se rhabiller. S'assoyant sur une chaise, près d'un sèche-cheveux, il procéda à sécher sa tignasse royale, qui faisait honneur aux rois mérovingiens. Claquant des doigts, les portes s'ouvrèrent jusqu'à sa chambre et son rasoir électrique et son après rasage hydratant, pour protéger sa peau sensible, firent le chemin dans les airs, suivis par un t-shirt et un boxer, les portes se fermant les unes après les autres derrière le vol mystique des objets entourés d'un doux et fin halo doré. Finissant de se sécher les cheveux, il passa à raser la fine moustache qu'il empêchait de pousser. Imberbe, il n'était pas, bien qu'ont pu en douter. Ses cheveux secs, son visage parfait, il s'étira une dernière fois et remit la bague, avant d'ouvrir la porte. Atios claqua des doigts et les lumières s'éteignirent. Compétence basique d'un Dieu de la lumière, il l'osait l'espérer. Il fit le tour du lit et se posa sur la droite, se glissant sans aucune gêne, dans le lit de celle qui voulait le voir comme promis. Posant son visage dans le cou de la demoiselle, passant ses bras autour d'elle, il osa alors un timide mais assuré : ▬ Tu dors ? Je pense qu'on a plein de trucs à se dire. En tout cas, moi j'en ai. Surtout si tu veux que je t'accepte tant que celle qui m'aime.
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Re: Take the pills. They're here to be taken. - Ven 19 Avr 2013 - 23:55
- Qu... aaaaah !

Et boum, elle glisse et tombe du lit. Non pas qu'Atios la tenait mal, mais des bras lavés avec du gel douche enrichi en agents hydratants ont tendance à devenir doux et à glisser... il est donc très simple de s'en défaire, même par mégarde. Maya embarque le drap dans sa chute.
Dur réveil...
Mais comment a-t-elle fait pour rester endormie alors qu'un type est entré dans sa chambre, s'est douché, s'est séché les cheveux et a fait claquer des portes, le tout en produisant un bordel monstrueux ? Pas très safe de la part d'une aspirante déesse... Pas très prudent de la part d'une femme... Mais soit, elle dormait, tout simplement. Le repos, sommeil, état naturel que certains semblent avoir bien du mal à trouver. On pourrait croire que les dieux ont moins besoin de se reposer que les humains... eh bien pas du tout. Il leur faut environ 7h30, comme tout le monde. Après, tout n'est plus qu'une histoire de calcul... Levée à 5h, couchée à... ? Non, pas 21h30, il ne faut pas abuser non plus. 22h, c'est raisonnable. Pour une asiatique, c'est même plus que de raison.

Couchée, puis éprise dans un sommeil de plomb pour récupérer de ces journées, toutes plus difficiles les unes que les autres. Difficiles, vraiment ? Ce n'est plus qu'un travail ininterrompu du levé au couché. Radio, cours, entraînement spécialisé, entraînement personnel... emploi du temps dignement calqué sur les plus fous travailleurs de l'académie. À qui la faute ? Elle-même bien entendu. Il s'est déroulé tellement de choses ces derniers-temps... et chacun doit prendre sa part de responsabilités. Essayer de se racheter... quelque chose comme ça. Mais de toute façon, arrive un moment où on n'a plus envie de s'amuser, en grande partie à cause des horreurs qui se déroulent autour de nous. Un besoin de devenir sérieux... comme les autres. Pour une adulte de 18 ans maintenant, est-ce un mal que de vouloir ressembler à toute autre adulte responsable ?


Alors, la voilà éveillée. Et ce n'est pas le type de réveil difficile, non... c'est le réveil totalement « excité », hors de contrôle, à bloc. Pas encore conscient de tout ce qui se passe, mais présent mentalement à 200 %. C'est avec des yeux grands ouverts que Maya se ressaisit, plaque le drap contre elle et regarde les alentours pour découvrir ce qui se passe. Il fait nuit, seule la lune éclaire quelque peu la pièce. Bah... Maya aura bougé pendant un mauvais rêve et sera tombé de son lit, un classique. Elle soupire, se relève et va pour se recoucher tranquillement. Mais voilà qu'elle entre en contact avec « un truc dur ». Elle pousse un beuglement à faire frémir un fantôme tout en bondissant en arrière et en laissant échapper la couverture. Les deux mains collées sur sa bouche, elle se rend compte qu'il y a un léger problème... dans cette chambre. Un somnambule ? À moins que ce ne soit elle, la somnambule... ce qui est éminemment plus probable.


- Je... excusez-moi, j'ai dû me tromper de chambre... La fatigue... désolée !

Elle reprend le drap et le jette sur la personne, puis sort en courant de la chambre.

La voilà de retour deux minutes plus tard, prise de doutes.


- Ben... non, pourtant...

Cette fois c'est bon, elle est éveillée, lucide et limpide. La panique du moment a disparu. Comme la lionne qui se réveille en pleine nuit pour protéger ses petits du danger, la voilà rassurée : il n'y avait finalement rien de tel. Bien... donc maintenant, il va tout de même falloir tirer cette histoire au clair. Maya allume la lumière et observe son lit. Il y a une forme sous ce drap... grossièrement humaine. Est-ce qu'on lui fait une blague ? Agglow ? Mickaël ? Erwan ? Jenny ? Fionie ? Edward ? Will ? Su Park Lin ? Kaede ? Lee ? Sarah ? François ?

Maya s'approche, agrippe le drap du bout des doigts et, d'un geste brusque, dévoile ce qu'il y a dessous. Royalement surprise par l'homme qu'elle découvre, un juron sort de sa bouche, type « Ooooh put*** ». N'écoutant que son courage, elle se recouvre du drap à son tour pour ne pas qu'on puisse voir son visage déboussolé. Bon... voilà... c'est lui...



… qu'est-ce qu'il faut faire maintenant ?

Sous la couverture, elle se touche les doigts les uns après les autres. Ce doit être dans ces moments-là qu'on a envie de se ronger les ongles... mais elle va se retenir. Il est là, devant elle... ça fait tellement longtemps qu'elle n'a jamais imaginé ce qu'elle pourrait lui dire si jamais elle le revoyait. C'est une sorte de seconde « première rencontre », comme si tout était à refaire, tout en étant déjà très bien en place. D'un complexe absolu.


- Hmm... Coucou... Atios... Hum... euh... tu vas bien... ?

Ce n'est pas l'assurance dont elle parvient à faire preuve tous les jours avec n'importe qui d'autre, mais ça fera l'affaire pour cette fois. Encore que... c'est un peu « gamin » comme façon de parler, non ? Mais après tout, quel type de femme veut-elle qu'il voit ? Pour qui veut-elle se faire passer ? La femme sérieuse qu'elle semble être devenue ou celle qu'elle est toujours à l'intérieur ? Comme on dit en amour, la personne qui nous correspond est forcément celui avec lequel on sera le plus naturel... Mais qui est devenu Maya ? Celle qu'elle veut devenir ou celle qu'elle reste intérieurement, rien que pour ses yeux ?
Elle n'en a aucune idée pour le moment... c'est comme-si elle parlait de façon vide, même si ça ne le paraît pas du tout à cause de l'émotion dans sa voix.


- Je peux te faire visiter la chambre si tu veux... enfin... Je veux dire... normalement, tu as ta propre chambre et ton lit...

À la limite de l'insulte involontaire. C'est du reproche ou de la compassion... au choix. Combien de temps depuis sa dernière introduction en ces lieux ? Maya n'en a aucune idée. D'ailleurs, était-il déjà venu dans sa chambre à elle ? Peu probable...
Elle se découvre la tête et laisse le drap sur son dos, en forme de cape lui enveloppant tout le corps. Elle regarde Atios... avec ses yeux qui chancellent très rapidement. Non, elle n'est pas sur le point de pleurer, pas du tout. Elle est simplement toujours très très...
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Re: Take the pills. They're here to be taken. - Sam 20 Avr 2013 - 2:07
Vous êtes sérieux ? Oh, c'était le prix à payer, sûrement. Malheureusement pour Maya, elle venait de faire la plus grosse bourde qu'elle aurait pu faire à celui avec qui elle sortait. Par où reprendre ? Par où commencer ? Où l'humiliation avait débuté et où s'était-elle terminée ? Il ne savait pas s'il voulait faire imploser l'univers, en ce moment, ou s'il voulait juste disparaître. Maya le regretterait, il se le jura. Bon, il avait pu comprendre qu'elle ne s'attendait pas à ce qu'il vienne. Mais sa réaction était à la limite du blessant pour le jeune homme .. Sous le drap blanc, ses doigts, ses ongles, genoux, ses muscles. Tout s'était mis à trembler de façon invisible, tandis que des marques apparurent sur ses mains, puis, alors qu'il bougea ses doigts sur ses avant-bras, celles-ci se propagèrent sur ceux-ci tandis que ses ongles tentaient de rentrer dans sa propre chair. Des marques rouges. Sa mâchoire serrée. Ses joues rougissantes de gêne, de honte, humilié. Mais ça n'allait pas s'arrêter là. Maya s'était décidée à enchaîner les bourdes. Oh, pourquoi s'être réveillé ? Pourquoi avoir accepté le réveil ? Pour ça ? Est-ce que c'était sérieux ? Le monde se foutait-il de sa gueule ? Il avait envie de tout casser. Lentement, sous les draps, les lueurs dorées, volutes habituelles, se répandirent, de façon erratique alors que son regard se fronça et qu'une de ses mains vint se poser devant son visage, alors que ses épaules, se tendirent comme si elles allaient se déboiter. Coucou ?! Coucou ?! Maya Tensho, fille du simili de Lucifer, c'est tout ce que tu as à dire à celui qui a accepté que tu lui mettes la bague au doigt, sans son accord ? Il eut un haut-le-cœur, de frustration, de dégout et de colère, le tout mêlé à cette même et douloureuse sensation, celle de la vile humiliation.

Le silence se prolongea alors que ses yeux, blessés, la fusillèrent du regard comme l'aurait fait une DCA avec un chasseur ou un bombardier. Ses tubes étaient comme des tubes tirant le plomb pour abattre la responsable de ses maux. Oh oui, il n'était pas content. Blessé dans son ego, dans son orgueil. Blessé tout court. Et la suite, c'était l'équivalent de se faire pilonner par des bombes au Napalm. Mais le jeune homme tient bon. Malgré qu'il eut pu être un vilain volcan prêt à rentrer en éruption, il retient en lui tout ce qu'il a envie de dire. Le drap autour de lui se met à flotter, lentement mais sûrement, propulser par la magie que le jeune homme au sang draconique ne parvient pas à contenir. Mais les mots se répercutent. Encore. Encore, encore et encore. "Visiter". "La". "Chambre". La suite aussi. "Ta". "Chambre". "Ton". "Lit". Et comme l'aurait fait une balle en plastique entre deux surfaces proches l'une de l'autre, les deux hémisphères du jeune homme se renvoient la même sphère d'information. Tic, tac. Tic, tac. Tic, tac. La bombe est sur le point d'exploser. Ses yeux clos, fermés, jusqu'alors, se rouvrirent, passablement irrité. Sa voix tremblante, lâcha alors :

C'est vraiment tout ce que tu as à me dire, Maya Tensho ?

Le drap s'envole, alors qu'il la pousse en arrière sur le lit, pour la fixer, droit dans les yeux, avant de continuer :

J'ai accepté de vivre dans le même groupe de chambre que toi pour te faire plaisir. Mais tu n'étais pas heureuse car tu ne me voyais pas, justement quand ton père m'envoyait risquer ma vie à droite ou à gauche.

Le tonnerre s'abat. Maya allait recevoir toute l'histoire. Tout, dans les moindres détails.

Des goules, puantes ! Des hommes-bêtes prêts à m'éclater la caboche pour me rôtir ! Mais attend ! Tout ça, c'est juste AVANT que je n'acceptasse de devenir camarade de chambre avec toi ! Après ça s'est empiré, je suis même mort une fois en protégeant quelqu'un ! Figures-toi que toi, pendant que tu attendais un signe pour savoir si tu devais ou non me draguer ouvertement, on m'a inscrit à un concours de popularité sans que je ne demande quoi que ce soit et je me suis retrouvé pourchassé, harcelé jusque dans les toilettes !

Oh, les mauvais souvenirs se ravivent, encore et encore. Le jeune homme continue, enchaîne, tandis que la fureur de celui-ci s'épanche :

Pendant que tu te tournais les doigts, seules, dans cette chambre, sans avoir le courage de me dire de ne pas faire ma carpette devant les autres, figure-toi qu'on m'a envoyé sur terre, faire le psy d'une prof bourrée, amie de ton père, où j'ai encore affronté des horreurs ! Des Doppelgänger et un putain de monstre qui crachait de l'acide et qui faisait la taille d'un camion !

Ah, le Kog'Maw... Que de souvenirs horribles. L'haleine, l'acide, la langue, le bruit de mastication...

Attends, attends, le plus drôle, c'est qu'après, on m'a vraiment accepté au conseil ! Et tu sais pourquoi je me suis dit que j'irais ? Pour ménager ton pôpa histoire qu'il s'occupe de toi et que tu puisses être heureuse ! Et le pire, c'est qu'à la place, il préparait la fin du monde, alors que maintenant, je me retrouve à devoir nettoyer SA merde ! La merde qu'il fout partout sur terre ! On dénombre déjà plus de 1258 victimes à travers le monde ! Et ça fait juste deux semaines qu'ils ont commencés ! T'imagines ? Non, t'as rien imaginé ! T'étais occupée à me reprocher de pas être là pour te rendre compte que je me suis battu ! Toujours, que ce soit pour toi, ton père, ou cette école !

Atios abattit son poing sur le sol. Utilisé. Utilisé comme un putain de palliatif, par tout le monde. Et maintenant ? Et maintenant ? Voilà comment la seule personne dont il attendait quoi que ce soit lui rendait ? Aveugle comme elle était.

Je me suis même battu pour t'empêcher de rejoindre ton père, parce que je t'aimais ! Je me suis fait tabasser, torturé ! J'pige mieux pourquoi il m'envoyait en mission, maintenant ! Il devait espérer que je crève ! Alors, maintenant, tu oses me faire ça et me reprocher de pas avoir été là? Je peux comprendre que tu sois surprise, mais je n'ai pas menti, bon sang de bordel de merde ! Cette bague, c'était un mensonge ? C'est ça ? Bah garde-la, t'as raison, j'ai un lit et une chambre et faut croire qu'avoir fait en sorte d'aménager mes horaires pour pouvoir rentrer plus tôt du conseil était une erreur.. T'as jamais rien su sur moi, tu m'as laissé seul dans mes problèmes et tu me reproches de pas avoir été là .. Bon sang ..

Atios retira la bague et la posa sur la commode, avant de se relever, essuyant ses larmes et de rajouter :

Ah et, chérie, tu sais où j'étais, avant que ton père ne m’envoie à l'hosto ? Tout le temps dans mon putain de bureau, à bosser seul pour les membres absents du conseil ! Je dormais pratiquement là-bas toutes les nuits, à recevoir des papiers à remplir! Mais bon, si ça se trouve, t'es même aller voir ailleurs car j'étais pas là et t'en as plus rien à foutre de moi, parce que je me saignais dans le but de te rendre fière et de te rendre ton père... Atios poussa un soupir de désespoir avant de conclure : Quel crétin je fais. Onizuka, Yoshihisa, vous êtes des cons, vos conseils, je vais vous les foutre où je pense ! Bah tu vois, Maya Tenshô ? Pour une fois, tu vas t'bouger toi-même si j'ai une quelconque importance pour toi, parce que c'est toi qui va te plier en quatre, pour une fois, pour me récupérer, parce que moi j'en ai assez de courir après les conneries des autres sans jamais récupérer le juste retour des choses ! Tu crois que je suis venu ici pour me faire jeter ? Putain, même les garçons ont besoin de se sentir aimer, bordel de ... Saint Deus, père de tous les dieux ! Maya no obaka !

Ses larmes s'étant mise à couler de plus en plus fort, il se tint la poitrine sur ce dernier juron, avant de tourner les talons et de claquer la porte, plantant celle avec qui il était en couple, sur son lit, après lui avoir déballé tout ce que lui, pouvait lui reprocher et contenir par le passé. Avançant jusqu'à sa porte, il se laissa tomber, fatigué dans un coin du couloir et se cramponna à ses genoux, malgré le froid et la douleur. Il avait mal. Si mal au cœur. Il se sentait bête. Humilié, frustré, déçu. Même s'il savait que s'attendre à un retour chaleureux aurait été idiot, elle avait bafoué tous ses efforts et ses espoirs. Il se sentait si stupide, désormais, d'avoir tenu bon jusqu'à maintenant et d'être revenu. Il avait envie que ça se termine. Il avait envie de disparaître. D'oublier et qu'on ne le blessa plus. Alors, il se laissa pleurer dans son coin de pénombre, sans permettre à sa voix un quelconque son pour laisser s'échapper son désarroi. Encore une fois, il tentait de se retenir, au profit des autres. Maya avait gagné. Elle avait réussi, pour la première fois, à faire éclater Mister Deus alors qu'il avait accepté d'être sincère et de ne pas se protéger, lui faisant payer cette preuve de confiance au centuple. Saurait-elle rattraper l'erreur où le laisserait-elle partir ? Les rôles s'étaient violemment inversés et si la bague avait eu un véritable message, alors elle allait, pour une fois, devoir se battre pour que celui-ci parvienne au jeune homme au cœur, visiblement brisé.
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Re: Take the pills. They're here to be taken. - Sam 20 Avr 2013 - 22:34
Alors... voilà ce qui se passe quand on ne fait rien et qu'on laisse la situation s'envenimer... Ça donne un gros n'importe quoi qui ne tient plus debout. Un torrent de reproches qu'elle n'aurait pas eu à subir si elle était partie. Non. Atios l'a protégé et l'a convaincue de rester, tout ça pour lui pourrir la vie par la suite ? Lui reprocher d'être attentiste ? Mais qu'est-ce que c'est que ce comportement ? À quoi est-ce que ça rime ?

D'un sens, il a raison, ce qu'elle a été stupide de CHOISIR Isanagi comme père.
Maya aurait mieux fait de réfléchir et prendre le premier gland venu plutôt que celui qui deviendrait le grand directeur de l'académie des dieux. Peut-être qu'elle ne serait même pas morte à l'heure qu'il est. Parait-il que ce sont certains gènes d'Isanagi qui étaient foireux, contrairement à ce qu'elle a pu dire un jour pour le pas vexer le bonhomme. Elle aurait aujourd'hui une belle petite vie humaine, ou serait sur le coup de la peur des dieux maléfiques fraîchement débarqués pour tout anéantir. Quelle veine, sérieusement.


Atios a affronté des sales créatures à cause de son père et par conséquent à cause d'elle. Oui.
Atios est devenu membre du conseil pour prendre un peu du boulot de son père. Oui.
Atios doit nettoyer la merde laissée par Isanagi à cause d'elle. Hum... oui.
Maya a reproché à son amour d'être égoïstement loin d'elle. Oui.
Maya n'a jamais rien su sur celui qu'elle aime. Oui.
Maya a été voir ailleurs, un autre. Oui.
Maya est une salope. Oui.
Non.

Peu importe. Elle va tout accepter et se convaincre que tout est vrai, tout prendre sur elle et se sentir le plus mal possible juste pour lui faire plaisir. D'ailleurs, ça y est, ça arrive. Elle commence à avoir mal au ventre. C'est si simple de contrôler son corps grâce à son esprit, surtout quand c'est pour se faire du mal. Pour en guérir, ensuite... rien de plus difficile. Mais on récolte ce que l'on sème, cela va de soi.
Maya se relève et attrape l'anneau qu'il a laissé sur la commode. Elle le pose au creux de sa main et le tripote de ses doigts. Alors comme ça... Atios n'est pas du genre à céder à l'anneau ? Il peut s'en séparer si facilement... ? Maya fait quelques pas... chancelle un peu... puis se rend jusqu'aux toilettes pour vomir. « Que tout ce qu'il y a de mauvais en moi soit rejeté de cette façon, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que du propre. » C'est ce qu'on pourrait appeler voir la vérité en face, ou commencer une dépression. À priori, ça ne marche pas comme ça, mais qu'en sait-elle ? Elle tremble et elle a froid, maintenant allongée à même le sol près de la cuvette des WC. Elle serre le poing sur l'objet de ses troubles. N'importe qui la voyait la considérerait ivre, complètement bourrée... et ce ne doit pas être loin du compte. Parait-il que ce sont les effets secondaires de l'amour du côté des femmes... et celui des hommes accessoirement, même s'ils résistent mieux à l'alcool d'après les croyances populaires. Notre jeune adulte est bien fiévreuse, elle transpire et se sentirait presque « partir ». Oh, sainte inutilité, Maya est ta plus grande réussite. Oh, dieu des ratés, Maya s'approche de toi à grand pas.




Il se passe beaucoup de temps.
Des siècles sûrement. Il et elle ont tout le temps de refaire leur vie dans leur tête. Que serait-il arrivé si Maya avait aidé Atios ? Bon, déjà, il aurait fallu qu'elle soit au courant et qu'elle le suive partout comme une petite chienne, alors que lui avait expressément demandé de pouvoir être seul assez souvent. C'est là le but des chambres séparées... c'est peut-être ce loisir là qu'elle n'aurait pas dû lui accorder : la solitude. Le suivant pourtant, elle l'aurait aidé dans ses missions toutes plus dangereuses les unes que les autres. Difficile, elle aurait sûrement été un boulet d'entrée de jeu, lui causant maintes et maintes fois des morts dramatiques et affreuses. Elle aurait fini par devenir forte par contre... alors là, elle se serait finalement révélée... « bonne accompagnatrice ». Non... juste « moins boulet ». C'est peut-être ça qu'elle aurait dû faire. Maya se serait affichée avec lui aux yeux de tous, entraînant la jalousie et leur rejet... ou l'inverse, leur adoption, remportant alors l'award du couple le plus « glamour » et prisé de l'académie. Ils auraient alors emménagé dans la même chambre, se seraient mariés, auraient eu des enfants... et même Isanagi aurait été fier d'avoir une fille aussi radieuse. Il ne serait pas parti. Du coup, c'est peut-être ce qu'elle aurait dû faire. Tous les soirs, elle se serait occupé du repas de son beau chevalier, lui aurait massé les épaules pour le détendre... Ils se seraient tous deux occupés de leur fils, Atios Jr., futur directeur de l'académie des dieux. Et de leur fille, Saya, future meilleure guerrière de tous les temps...

Ça aurait pu être comme ça... mais ça n'arrivera pas puisque personne ici ne veut être heureux. Personne ne connaît ce mot, chacun cherche le petit détail qui le mettra hors de lui. D'une même famille, voilà qui sont trois à avoir pris la décision stupide de se pourrir la vie les uns les autres.

Isanagi a pourri la vie de Maya et Atios en craquant son slip.
Atios pourrit la vie d'Isanagi en empêchant Maya de le rejoindre, et pourrit la vie de Maya en lui en voulant de ce qu'elle a pu faire par le passé (et qu'elle fait toujours d'ailleurs).
Maya a pourri la vie d'Isanagi et d'Atios en les laissant tomber.
Bravo... quelle belle histoire ils écrivent là. Quel bon exemple ils montrent à leur entourage. Mais après tout... peut-être que les deux hommes vivent de belles choses avec d'autres personnes, au contraire de Maya qui ne trouve plus rien. Peut-être ont-ils des genoux sur lesquels se reposer, alors qu'elle n'a plus que des morceaux de tissus pour se remodeler... Qui sait... elle aurait peut-être mieux fait d'aller voir ailleurs pour trouver un peu de réconfort, mais cette attaque qu'elle vient de prendre l'aurait détruite un peu plus encore. Sans ces deux-là, que devient Maya ? Toute sa nouvelle vie était basée là-dessus et elle n'est pas fichue d'en garder un auprès d'elle. Pas fichue de se faire apprécier. Alors oui, le problème vient bien d'elle, et ce sera à elle de recoller les morceaux. Se plier en quatre... s'il le faut.

Elle rouvre sa main pour constater qu'une tache d'encre dorée remplace désormais un certain objet. Ainsi, tout le lien est rompu de sa main...
Maya trouve un brin de force pour se relever et pour se rincer la bouche. Toujours tremblante, elle va droit sur Atios et s'assoit juste à ses côtés, dans l'exacte même position. Elle ose poser sa tête sur son épaule et faire pression sur lui avec son poids plume. Ouaaah...


- Excuse-moi de ne pas t'avoir compris... Excuse-moi de ne pas te connaître. J'ai toujours cru que tu voulais rester un solitaire, d'où la chambre séparée... Je croyais que c'était un signe... que je ne devais pas m'approcher mais attendre que toi, tu aies envie de le faire... Je ne suis peut-être juste pas assez intelligente, pas assez calculatrice...

Nope, elle ne va pas y arriver. Elle ne sait pas s'y prendre. Toujours ce complexe d'infériorité. Moins forte, moins grande, moins puissante, moins intelligente, moins gentille, moins serviable, moins bonne, moins belle... il ne tient qu'à Atios de l'accepter s'il le souhaite ou de trouver mieux autre part. C'est lui qui doit se résoudre à prendre un sous-être... la balle est dans son camp. Mais Maya a tout de même sa carte à jouer et elle n'abandonnera pas comme ça. Des vies sont en jeu... des « nouvelles vies ». C'est égoïste. Des nouvelles vies... Il peut en faire avec qui il veut, ou même avec toutes.

- Isanagi Tensho n'est plus là, mais il continue à te faire du mal à travers moi... Hmm... Si... si tu veux, j'irais le trouver moi-même. Il ne me fera rien, il ne peut même plus me prendre sous son aile. Je... je t'enlève cette pression des épaules et je prend les commandes pour ce sujet. Je le trouverais le plus rapidement que je le pourrais... et... et... je... je le tuerais s'il le faut... Et je... je pourrais devenir ton assistante pour ton travail dans le conseil, tu me déléguerais le travail que tu n'as plus le temps de faire. Au moins, tu ne serais plus seul...

… et elle, elle serait plus heureuse, assurément. Même s'il la prenait pour une bonniche, elle serait mieux que maintenant. Cependant, elle a réellement l'impression de se contredire par rapport à quelques mois plus tôt. Elle lui promettait de lui laisser de la tranquillité, et maintenant... elle promet de l'aider pour qu'il ne soit pas seul. Atios aurait-il changé d'avis depuis ?
À moins qu'elle ne l'ait jamais compris... c'est sans doute vrai.

Elle lui tend sa main ouverte, mais il n'y a plus aucun anneau... simplement de l'encre dorée séchée sur sa paume et ses doigts. Il fait nuit de toute manière... il ne verra pas le sceau qu'elle souhaite passer avec lui. S'il touche sa main... eh bien... elle saura quoi faire.
À propos de quoi d'ailleurs ?
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Re: Take the pills. They're here to be taken. - Dim 21 Avr 2013 - 0:52
Avez-vous fait face à une vingtaine de personnes vous fixant de leurs yeux ? Avez-vous fait, face, seuls, à des milliers de regards, des milliers d'armes, prête à vous tuer ? Avez-vous un jour, ressenti, ce frisson de savoir qu'en face de vous, chacun des hommes se tenant debout serait prêt à vous tuer ? Avez-vous ressenti la peur, quand un dragon, tout entier, vous fixe de ses yeux, prêt à vous dévorer vifs, vous et tous les autres apprenti-dieux de l'académie ? En quelque sorte, qu'est-ce que la peur ? Ce sentiment froid, qui vous pousse à mal faire ? Atios l'avait ressenti. Encore, encore, toujours, encore et encore, plus fort. Devant une armée prête à vous tuer. Devant un directeur. Devant les sous-fifres d'un directeur. Devant tout un peuple qui vous regarde, devant tout une école qui vous écoute... Devant le choix de votre bien-aimée.. Devant la mort, la douleur, l'apaisement, l'éveil, la réalisation que vous auriez pu tout perdre ... Devant votre propre existence et ses capacités, celles que vous devez utiliser pour surmonter la destinée, l'univers et les autres...

Oui, le propre des combattants, des vrais héros, de tous ceux qui peuvent se vanter de s'être levé et battu, c'est de connaître la peur pour l'avoir quotidiennement surmonté. Et pour le roi des chevaliers, la peur n'avait jamais eu de place dans son cœur. Il l'avait piétiné, encore et encore, la gardant au fond de lui et fauchant l'adversité avec toutes ses forces. Parce que perdre n'a jamais été une option, pour lui. Même pas devant les combats les plus insensés de son existence. Pas même devant les papiers administratifs qui s'accumulaient dans son bureau. Alors contre Isanagi ou un dragon ? Contre l'armée russe ? Contre Maya ? Contre qui que ce soit ? Contre l'amour ? Contre des sentiments ? Vous comprendrez, il ne reculerait plus pour exprimer ce qu'il gardait au fond de lui. Et il l'avait, ce soir. Il ne s'était pas gardé de lui expliquer à quel point, il avait pu se sentir seul et abandonné, autant voir plus qu'elle. Si elle pensait qu'il avait refait sa vie dans sa tête, c'était faux. Atios ne voyait pas l'avenir, il ne voyait que l'instant présent. Faire des projets alors que l'éternité s'annonce devant nous ? N'était-ce pas une vision humaine de la vie ? Une vision trop humaine pour quelqu'un qui s'est déshumanisé en majorité il y a longtemps. Il se laissa simplement pleurer dans son coin, incapable de hurler sa souffrance, par pure politesse. Si rien ne se passe ce soir, il s'endormira juste et ira affronter sa journée comme si de rien n'était, comme si jamais il n'avait souffert. Avec toute la dignité qu'il devait afficher pour respecter les illusions des autres.

Alors quand elle se pose à côté de lui, il ne comprend pas. Il ne sait pas s'il doit fuir, la repousser, ou se boucher les oreilles. Pourtant, il allait affronter ce qu'elle allait lui dire. Elle pose sa tête sur épaule et s'exprime. Mais aucune excuse ne va l'atteindre. Il ne veut pas des lamentations. Il ne veut pas d'une fille qui n'est pas capable de se surpasser pour atteindre celui qu'elle aime. Méritait-il quelqu'un de faible, alors qu'il avait passé son existence à être fort, malgré ses propres faiblesses ? Et la suite, était-elle sérieuse ? Atios soupira..

Tu fais de promesses que tu ne peux pas tenir, alors que juste avant, tu te dénigres ? De qui te moques-tu ? Maya, tu es aussi valable que toutes les filles que je peux rencontrer .. Mais en amour, je pense que le succès revient à ceux qui se battent pour obtenir ce qu'ils veulent. Toi, assassiner ton père ? Alors, que tu n'as pas réussi à me tuer ? D'ailleurs, j'imagine que tu ne sais pas non plus ce que j'ai pu ressentir à ce moment-là ? Au fond de moi ? Bon sang, Maya Tesnho, tu n'es pas différente des autres ! Arrête ce narcissisme enfantin et bats-toi avec tes tripes pour obtenir ce que tu veux ! Tout ce qui fait ta personne doit te servir à obtenir ce que tu désires obtenir...

Encore une fois, il allait l'aider. L'aider à se surmonter elle-même. Atios était maudit. Maudit de chez maudit. Il ne pourrait pas s'enfuir de son rôle de guide pour les autres. Il lui attrape sa main, avec l'encre dorée, sans même la regarder, avant de la faire avancer jusqu'à la chambre qu'il venait de quitter. Il l'attira vers lui et se laissa tomber sur le dos.

Arrête de faire des plans pour l'avenir et assure un peu dans le présent, pour une fois .. C'est à toi de te battre, pour une fois. Vas-tu m'abandonner pour te camoufler dans ton propre cocon de misère auto-infligée ? Ou seras-tu capable d'être plus forte que tes propres faiblesses ?

Autant dire que l'auteur avait sa propre idée de la réponse. Après tout, on parle bien de Maya, n'est-ce pas ?
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Re: Take the pills. They're here to be taken. - Dim 21 Avr 2013 - 17:54
Maya se colle contre son torse.
Elle soupire.


- Est-ce que tout est ma faute ou tu as également une part de responsabilité ?

« Il a beau être plus vieux, avoir été roi ou déchet industriel dans une poubelle à ordure, il n'a aucune raison d'être plus intelligent qu'elle. » Si c'était vrai, il ne se permettrait pas de la juger et de tout lui coller sur le dos. Il a dû affronter des monstres et son père pour la sauver... soit. Mais pourquoi est-ce qu'il lui dit ou lui reproche ? Sans doute imagine-t-il que pendant ce temps, elle se la coulait douce toute seule dans leur chambre, à s'envoyer en l'air avec les premiers venus. Sans même lui demander ce dont il en retourne, il la poignarde et clame haut et fort qu'elle est responsable de son malheur.
Mais est-ce la réalité ou simplement la vision de Maya vis-à-vis de ce sujet ? Toujours croire que c'est la faute des autres... Est-elle égocentrique et narcissique à ce point sans jamais s'en être rendu compte ? Si elle lui demandait qui est le responsable de cette dispute, que répondrait-il ?

Elle ?

Il n'empêche qu'elle n'est pas lui... et qu'elle a sa propre manière de voir les choses. Dans son esprit, soit elle décide que la faute est partagée, soit elle prend effectivement tout sur le dos. Et d'après le discours de son bien aimé, tout lui revient de droit. Eh bien alors, qu'est-ce qu'elle attend pour tout réparer ?


- Soit. Pendant que j'étais seule, il s'est passé quelques petites choses... et je crois que je ne voulais pas venir t'en parler. À quoi bon te dire quelque chose qui n'arrivera pas ? Tu sais... Je me suis mise aux arts martiaux et j'y suis arrivée. J'ai été capable de régler le problème avec Jenny et ses deux acolytes toute seule. Et puis j'ai affronté des monstres pour l'académie, moi aussi... sans pouvoir t'appeler parce que... parce qu'on ne m'en donnait pas la possibilité.

C'était une mission qu'on lui avait confié à elle, pas à eux deux. Encore un moyen trouvé par Isanagi pour ne pas les voir ensemble, c'est évident. En revanche, si elle avait pu le désigner comme accompagnateur, elle n'aurait certainement pas hésité. Proposer, tout du moins...

Alors non, elle ne faisait pas rien. Elle bosse sur ses cours à l'académie, elle s'entraîne à l'art du combat pour pouvoir défendre les lieux... souvent au détriment de sa vie privée. Du coup, s'ils ont fait tous les deux les mêmes choses, pourquoi est-ce que ce serait la faute de Maya plutôt que la faute d'Atios ? Pourquoi ne daigne-t-il pas le reconnaître ? Lui non plus ne disait rien jusqu'à aujourd'hui, pourquoi et comment devait-elle être au courant de ce que son père lui faisait subir ? Mais tout cela lui allait bien... chacun avait ses ennuis de son petit côté et ils les géraient parfaitement.
Aujourd'hui, Atios vient tout déballer. Alors qu'il est passé tout proche de la mort, il ne veut plus attendre. En réalité, c'est aussi ce qu'avait décidé Maya, la nuit précédent les événements dramatiques... « ne plus attendre ». Il lui a reproché ne pas être resté à son chevet... Elle n'allait pourtant pas patienter à rien faire. Mieux valait tenter de remettre cette académie à neuf, même si à nouveau, la reconstruction les éloigneraient. Ils auraient eu tout le temps ensuite, si jamais leur emploi du temps venait à concorder à nouveau.
Mais encore une fois, soit. C'est leur choix, ils assument.

Aujourd'hui donc, Atios déballe toutes ses rancœurs et tous ses problèmes, toutes les raisons qui font qu'il en veut énormément à sa compagne. Elle peut se planter... mais dans ces situations-là, on essaye d'aider... pas d'en rajouter une couche.


- Je maîtrise un peu plus mon pouvoir qu'avant. Je vole mieux, je peux me protéger. Tu sais, j'ai formulé un discours très clair à Isanagi, juste avant qu'il ne s'enfuie définitivement... Avec la volonté... je pourrais l'affronter, j'en suis sûre. Et je suis capable de le faire pour toi... comme pour moi.

Et si Atios préfère que l'action se déroule au présent et que ce ne soient pas des paroles futiles, alors Maya est capable de partir sur-le-champ à sa recherche. Il ne soupçonne pas ce qu'elle fera pour lui maintenant qu'elle lui a mis la bague au doigt. Mais après tout... à la base, il ne soupçonnait déjà pas que leurs intérêts allaient dans le même sens pour bon nombre de sujet. Seul le combat et la violence étaient des sujets critiques, mais elle a décidé de les adopter depuis. Ce n'est pas pour lui qu'elle ira retrouver Isanagi un jour... c'est pour elle. Pour discuter avec lui et le ramener auprès d'elle. Parce qu'elle n'est pas attentiste, plus maintenant. Elle prend des décisions et fera ce qu'il y a de mieux pour elle et pour les autres.

Mais puisqu'il veut tout savoir et qu'il veut du sensationnel, voilà tout ce qu'elle peut lui dire. Et ce n'est pas sans effort et larmes aux yeux qu'elle peut tout lui avouer.


- … j'ai été manipulée par quelqu'un de proche de moi... je m'en veux pour ce qui est arrivé dans l'académie à cause d'Isanagi... et j'ai perdu... notre enfant. J'ai pas su venir vers toi pour te le dire. Voilà... c'est dit... je n'ai plus rien qui m'éloigne de toi maintenant...

Maintenant qu'elle a tout dit, il peut l'achever en disant qu'il s'en moque totalement. Elle se plaint, elle n'est qu'une petite pleurnicharde comme une autre... sur ce coup-là, il n'aura pas tort, Maya ne diffère pas des autres. Mais à quoi bon lui dire ? Il saura ce qu'il n'aura pas... et ça peut le foutre en l'air. S'il ne l'avait pas su, il ne l'aurait pas eu non plus... alors, à quoi bon faire mal pour ce « rien » ?
C'est du tuage de rêve, ni plus ni moins.
Et Maya n'est pas une dream's killer.
Elle est une dream's maker.
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Re: Take the pills. They're here to be taken. - Dim 21 Avr 2013 - 20:41
Atios est simplement gelé sur place. Jamais, jamais, on ne lui avait fait un tel coup. En fait, Maya avait été la première fille qu'il aimait. Avait été, oui. Car maintenant, le jeune homme s'en rend compte. Elle lui a caché "ça". Son enfant. SON gosse. Encore un qu'on lui avait cachée. Encore un qui était là pour souffrir, pour le faire souffrir. Et il venait de le comprendre. Merlin n'avait pas menti. Même maintenant. Jamais il ne pourrait être un simple être humain. Jamais, il ne pourrait vivre un quotidien normal. Roi, chevalier, héros, Mister Deus, divinité de la lumière...

Il s'était battu. Il savait que Maya aussi s'était battue. Mais elle n'avait pas eu confiance en lui, ou en elle. Elle ne lui avait pas parler de ce simple petit détail. Peut-être qu'il était mort sans même qu'elle ne le sache. Et lui, sans qu'il ne le sache. Ces mots se répétaient, encore, et encore, dans son esprit. Il sentait la garde, douce, froide, de Caliburn entre ses mains. Si tu retires cette épée, à tout jamais, tu perdras ton humanité. Ces mots, raisonnent, encore et encore, sur cette scène qui se répète, dans un instant d'éternité. Et c'est lorsqu'il parvient, sous les regards et les révérences, à faire coulisser l'épée dans la pierre, en dehors de son socle, que ses souvenirs reviennent. Cette vie de combat. Ce viol. Mordred. La mort. La guerre civile. Encore un enfant maudit. Il comprend enfin. Ces mots maudits sont encore là. L'enfant mort est le prix à payer pour avoir cru qu'il avait le droit au bonheur après la mort. Isanagi avait raison. Atios avait été un idiot. Depuis le début. De croire en son droit au bonheur. Alors, le jeune homme, rigide, se lève, et recule, en hochant du visage de gauche à droite.

Comme le bruit de claquement d'une porte coulissante, les barrières se mettent en place, les unes après les autres, autour de lui. Une, deux, trois, quatre, cinq. Les couches forment la coquille de celui qui est blessé, alors que ses doigts se referment sur ses bras et s'enfoncent dans sa peau, griffée, à nouveau. Le vent s'est levé. La lumière se met à grésiller, l'ampoule s'allume, s'éteint, les murs sont frappés, les uns après les autres, alors que l'air se surcharge. Le jeune homme veut vomir. Lui, un simple être humain ? Quelle prétention inversée par rapport à Deus. Il s'était menti. Il avait menti à tout l'univers. Ce qu'il avait voulu, un être en qui avoir totalement confiance, avait par deux fois su lui montrer qu'il avait été vain de croire en un rêve éphémère. Il était seul. Et ça ne changerait pas. Un trône, un siège de bureau, tout ça, ça ne peut être occupé que par une seule personne. "Abondance de souverain, nuit. Il ne peut n'y en avoir qu'un seul, un seul roi!" Et le roi n'a pas d'égal. L'état, c'est lui. Personne ne peut espérer être à son niveau. On le détrône et l'exécute, on usurpe sa place, mais jamais, on ne peut se mettre face à lui. Le jeune homme se tient le ventre, comme s'il veut laisser s'échapper un râle, ou vomir. Mais rien ne sort, alors que ses veines s'enflamment les unes après les autres, dans ce concert de tintement contre les murs. Les coups se calment enfin, quand lui, relève le visage, déterminé.

J'ai fait une erreur. On ne pourra jamais être heureux à deux. En fait, le simple fait d'être heureux ne m'a jamais été accordé. Et si je m'acharne à vouloir avoir une vie normale, voilà ce que Deus me réservera. Un enfant qui meurt. La prochaine étape, ça sera ton décès, sûrement. Ou ton père qui vient te reprendre. Je dois me rendre à l'évidence.

Atios pousse un léger ricanement désemparé, alors qu'il fait un pas :

Je ne suis pas humain. Je ne serais jamais humain. J'ai pas le droit d'être humain. Je suis manipulé par le reste de l'univers. Je suis, j'imagine, le tapis de Deus et la carpette de tous les êtres qui me fréquentent. Et ça ne marchera jamais entre toi et moi. Tu peux aller le voir ton père et rester avec. Même devenir mon pire ennemi. Mon cœur n'a pas le droit d'exister. J'imagine que c'est par sadisme que Deus me l'a laissé, comme pour me rappeler ma place. Ma place de concierge, pour les autres. Je suis désolé. Peut-être que si j'avais pu naître sous une autre forme, on aurait pu rester ensemble. Mais je ne suis pas un simple être humain. Je ne suis pas une simple personne. Je suis, et resterai, la proie des autres. Le joli symbole protecteur, que l'on veut vénérer, que l'on veut aimer ; voir que l'on veut avoir dans son plumard, parce qu'il est joli, parce qu'il est gentil, parce qu'il est bien con, aveugle et obéissant. Et dire que si je me suicide, on me forcera à revenir à la vie..

Le discours d'Atios doit glacer le sang de Maya. Elle l'a perdu, c'est clair. En fait, les autres, dans la vaste majorité, avaient perdu le jeune homme qui ne se verrait plus comme un simple mortel, mais comme à la fois bien plus et bien moins. Plus qu'un Humain, moins qu'un Dieu. Quelque chose entre les deux. Un hybride maudit entre l'hédonisme et la miséricorde, l'abnégation. Le jeune homme repart dans la salle de bain de Maya, pour mieux se rhabiller en silence. Il savait où sa place se trouvait. Et elle n'était pas ici. Pas auprès de quelqu'un qui lui avait fait perdre tout espoir qu'un jour, il puisse être heureux. L'amour, il ne voulait plus ressentir ce sentiment. Désormais, il se sentait effroyablement vide. Totalement vide. Mais prêt à en découdre avec le futur. Il n'attendrait plus rien de la part de Maya. Elle serait libre. Seule et libre, comme lui. Elle pourrait se faire tous les mecs de l'académie, si elle en avait envie. Elle pourrait même aller chez les renégats. Atios ne laisserait plus son cœur entraver sa logique. Et dans son corps, ce rejet de sa condition humaine, il prenait la forme d'un changement mais rapide. Son sang, ses muscles.. Tout son corps subissait une mutation invisible, mais bien présente. La régression de son humanité physique. Atios, les mains dans les poches, se remet dans le couloir.

"Le roi est mort. Vive le roi.".

Le message était clair. Atios, l'humain qui avait voulu être heureux, n'était plus. De tout ça, restait toujours ce rôle, cette malédiction, cette charge, qui elle, ne disparaîtrait pas. Et un nouveau visage, identique au précédent, mais avec un cœur différent, prendrait la relève de celui qui venait de mourir. Et celui-ci, il n'attendrait rien du bonheur ou de l'amour. Il avancerait seul, pour accomplir son rôle de gardien universel. Une dernière larme, se répand sur sa joue, alors qu'il se retourne et dit, dans les dernières paroles d'une âme qui se meurt : ▬ Je t'ai aimé. J'ai fait ce que j'ai pu. Je t'ai fait confiance.. Mais j'imagine que je ne serais jamais assez bien pour une seule personne ou pour égaler ton père.. Prions pour qu'il mette fin au processus, comme le programme que je suis, dans cet univers.. Adieu, Maya Tensho.

Et la porte se claqua en même temps que le rideau se ferma sur la scène. Il fallait des échecs pour avancer. Et à n'en pas douter, ils avanceraient, chacun de leur côté, désormais.
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Re: Take the pills. They're here to be taken. - Lun 22 Avr 2013 - 18:45
- Je m'en fous ! crie-t-elle.

Un verre vole à travers la pièce et vient s'exploser contre la porte qu'il vient de fermer. Maya est 100 fois plus détruite que lui… mais c'est lui qui n'a aucun cœur, lui qui est d'un égoïsme sans faille. Et si elle lui avait révélé l'information plus tôt, qu'est-ce qu'il aurait fait ? Il se serait simplement barré plus tôt lui aussi, la laissant seule dans son désespoir. Ce n'est pas comme si elle avait été au courant qu'elle était enceinte… elle n'aurait certainement pas pris la décision toute seule de le garder ou de le lâcher. Que va-t-il croire ? Elle l'a appris dans les mêmes circonstances que lui… alors qu'il était déjà trop tard. Pourquoi est-ce qu'elle lui aurait dit, hein ? Pourquoi ? Pour qu'il la quitte ?
Alors voilà… alors qu'ils ont et auront tout le temps devant eux pour effectuer une nouvelle tentative, monsieur préfère faire son lâche et la quitter sans sommation. Qu'il aille au diable si ça lui chante…
… elle le suivra sans hésiter.

Cette fois, c'est en pot en argile qui vient s'écraser contre le mur. Plus qu'abattue, Maya est totalement déchaînée. Jamais ces retrouvailles n'auraient pu terminer de cette façon, c'est totalement impossible. Ce monde n'est pas la réalité, elle est en train de rêver… un cauchemar. En réalité, elle est encore humaine et rêve d'un autre monde, ce monde après la vie. En n'espère en tirer aucun bonheur… simplement l'espoir qu'il existe. Atios, que représente-t-il dans ce rêve ? Une partie d'elle, ce dont elle a le plus peur… la solitude, le rejet. Elle pensait qu'elle était parvenue à les adopter et à les maîtriser, voir fusionner avec ces deux concepts pour ne plus jamais en avoir peur… mais apparemment, ça ne se fera pas. Maya touche son front, se claque les joues… mais ce qui se déroule aujourd'hui est bien la réalité.
Une réalité noire, triste et sans bonheur. Qui a osé créer ce qu'on appelle le bonheur ? Pourquoi avoir statué sur un concept pareil alors qu'il semble inatteignable ? C'est immoral et odieux que de se moquer des gens de la sorte, d'attiser leur envie et de faire naître en eux une jalousie envers les autres. Ces autres couples qui semblent si heureux… mais qui à l'évidence, ne peuvent pas l'être. Ce serait des types comme Friedrich Nietzsche qui auraient raison ? Et pourquoi pas des Montaigne ou des Diderot ? Dans tous les cas, aucun d'entre eux ne statuent sur l'effet définitif de la chose : Nietzsche lui-même disait préférer l'expérience de la joie. Personne ne peut vivre sans jamais avoir cette petite flamme à l'intérieur.

L'expérience de la joie… Atios s'en détourne pour gagner la tristesse et la mélancolie perpétuelle... À quoi bon ? « Reste allongé sur le sol, au moins tu ne tomberas pas plus bas ? » C'est une connerie. Reste debout, tu n'as presque aucune chance de tomber. Tes jambes sont solides. Pire que ça, tu auras toujours quelqu'un pour te rattraper. Ne crois pas le contraire. Ne nie pas. Mais si tu restes par terre et que tu refuses les mains qu'on te tend… que deviens-tu ?


- T'as pas le droit ! continue-t-elle en criant de toutes ses forces. Et moi, qu'est-ce que ça m'a fait de l'apprendre, hein ? T'en as rien à foutre ! T'en as jamais rien eu à foutre de ma gueule, pauvre con ! T'as gagné, je vais jouer le rôle de la méchante que tu m'attribues ! Je ne te laisserais pas tranquille, plus jamais ! Je te donne ma vie, c'est ça que voulait dire la bague ! Et tant pis si tu t'en moques, je fais ce que je veux, idiot ! Tu m'auras sur le dos toute ta vie, que tu le veuilles ou non ! Faudra me passer sur le corps si tu veux me quitter ! Je serai ton objet autant que tu le voudras, et même si tu me refuses, je m'occuperais de toutes tes tâches à ta place ! Je serai ton bouclier humain ! J'irais tuer Isanagi de mes mains et je serais très contente de crever à ta place ! Tu m'entends ? Je les tuerais tous ! Idiot !

Débit rapide, voix puissante, tout l'étage doit entendre… où que soit parti Atios et qu'importe son état de décrochement de la réalité, il n'a pas pu ne pas entendre. Quant à savoir ce que ça lui fait, ça… sans doute rien. Il n'est pas foutu de la croire sincère malgré l'état dans lequel elle se trouve… et même s'il la croyait sincère, il est au-dessus de tout ça. Inatteignable parce qu'il l'a décidé ainsi. Que peut-on faire face à ce genre de personne fataliste ? Une fois sa décision prise, il ne reviendra pas en arrière…
… d'un côté, ça tombe bien puisque Maya a décidé d'être aussi pénible que lui.


- Reviens… ! Ce n'est pas parce que notre enfant est mort que tu dois me tuer… Je ne comprends rien…

Et, agenouillée sur son lit, elle attrape et agrippe son drap, puis elle éclate en sanglot. Elle est bruyante, elle ne retient rien… Tout vient de ce cœur qui s'arrêtera de battre s'il ne revient pas. Tôt ou tard, elle ne voudra plus de cette vie si triste, si désastreuse qu'on lui a mis entre les mains. Elle n'aura même plus la force de survivre pour les autres… et de toute manière, personne ne la pleurera.
Que va-t-elle faire maintenant ? Quel sera son but dans la vie ? Il n'y a plus rien… pas même la volonté de recréer quelque chose derrière. Atios aurait mieux fait de lui dire de se préparer à l'enfer… parce qu'elle ne rejoindra pas son père non plus. Au final, peu importe où elle ira… ça n'a aucune importance à leurs yeux.

« Si tu comptes réellement rester ramper sur le sol par peur de tomber, alors laisse-moi creuser une tombe et m'y enterrer. Au moins, je serais encore plus bas que toi… prête à t'attraper si tu venais à t'enfoncer. »
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Re: Take the pills. They're here to be taken. - Mar 23 Avr 2013 - 23:22
Atios, il se passe quoi avec Maya ?

Yoshihisa, ce n'est pas le moment.

Ces simples mots partent, alors que le garçon, dans sa chambre, range ses affaires les plus importantes, dans une valise qu'il avait cachée sous son lit.

Tu t'en vas ? De l'école ?

Tu crois que je peux me permettre de faire ça ? Je suis en laisse depuis un moment, tu sais. Non, je prends juste mes affaires les plus importantes. Qui sait ce que Maya serait capable de faire, désormais.

T'y vas pas un peu fort ?

Elle dit que je la tue car je romps avec elle... Enfin, rompre.. On a jamais suivi la procédure normale. La conclusion est logiquement anormale.

J'aime pas quand tu parles comme ça. Tu parles comme une machine.

Désolé, Yoshi'. Cela ira mieux plus tard. Tu devrais me laisser, je suis un être néfaste, un idiot, un sale con et j'imagine que pour toutes les filles qui se nourrissent de romance parfaite, un bel égoïste égocentrique qui n'a aucun sentiment, aucun ressenti.

Et en plus, tu méprises la totalité des gens de l'école ?

Clac, le jeune homme referme sa valise et relève ses yeux, vides. Un sourire trop parfait se dessine sur ses jolies lèvres et il laisse échapper, innocent :

Cela se voit tellement ?

Pourquoi es-tu si négatif ? Tu n'avais pas envie de rompre avec elle ?

Et toi, pourquoi cherches-tu à me faire parler ? Je veux dire, tu devrais faire comme la majorité des gens qui ont entendu les cris de Maya, te mettre à me vomir dessus car j'ai défendu au moins la liberté de mon cœur.

Allons bon, on est pote. Et qu'on le soit ou non, est avisé celui qui se fait sa propre opinion basé sur les faits réels. Et en l'occurrence, de ce que j'ai entendu, je n'ai pas envie de tenir avec qui que ce soit.

Yoshihisa s'avance, dans la pénombre de la chambre éclairée par la lumière nocturne et se plante, mains dans les poches, fixant le jeune homme droit dans les yeux. Il enchaîna, naturellement, sur un ton grave :

Non, je suis là pour savoir comment va un ami. Car il est clair qu'il ne va pas bien.

Comment veux-tu que ça aille ? Je viens d'apprendre que mon fils était mort sans que je ne sois jamais au courant de sa courte existence. Atios fit un grand sourire; provocateur, éloquent.. Tu crois que je prends mes distances avec elle par caprice ? La bonne blague ; les gens lisent plutôt facilement le cœur des autres, aujourd'hui, j'en ai l'impression.

Yoshihisa grimaça. Autant parce qu'Atios venait de violemment critiquer tout son entourage, lui y compris, mais aussi parce qu'il venait de comprendre que les raisons du jeune homme, qu'elles soient bonnes, mauvaises, que sa réaction soit adulte ou pas, humaine ou pas, n'étaient pas drôle. Ce n'était pas une simple dispute de couple. Non, c'était bien parce que son ami était aussi froid qu'un cercueil, qu'il savait qu'au fond de l'être qu'il avait en face de lui, un profond deuil se jouait, rythmé par une fonte progressive des espoirs de celui qui avait pu les nourrir un jour. Le chef des Yakuz' se passa une main dans les cheveux et tapa dans l'épaule de son ami, le vice-président du conseil.

Tu es sûr que tu dois t'éloigner de Maya ?

Atios rit. Un rire qui aurait pu être machiavélique, mais profondément méprisant.

T'es sérieux, Yoshi ? Elle a voulu me tuer pour son père, elle a failli m'abandonner et elle m'a jamais prévenu pour mon gosse ? Bon sang, c'est si incroyable que ça que je puisse avoir peur d'elle, désormais ? De nous ? Que j'ai peur d'être avec elle ? Que je me sente plus prêt d'être en sa compagnie ? Que j'ai besoin d'air? De liberté ? De renouveau ? De tirer une page ? Cette école se fout donc de ma gueule jusqu'au bout ?! Même ça, je n'ai pas le droit ? Mais pour qui se prenne les gens, sérieusement ?

Atios, je dis ça pour toi, pas pour te juger.. Tu sais très bien que je ne permettrais jamais de te dire ça comme un reproche, c'est juste que je demande si tu ne vas pas être malheureux, seul..

Malheureux, seul ? Si ce n'est pas toi, les Yakuz', j'ai qui dans l'école ? Onizuka, qui se gratte le cul dans son plumard ? Shaad qui se tape l'intégrale de Naruto en hurlant qu'il est fan de Sasuke Uchiha ? Des fans ? Sérieusement, je ne suis peut-être pas totalement seul, mais seul amoureusement, je l'ai toujours été, je suis désolé. Tellement seul que même mon enfant, je ne savais pas qu'il était mort. Ou qu'il avait pu commencer à se développer.

Si tout est réfléchi et que ça t'aide à aller mieux, fonce. Peu importe ce que les gens diront, je suis sûr que ton statut de célibat va relancer l'intérêt de tes fans.

T'as raison. On n'est jamais mieux que célibataire, c'est le mec qui s'est marié pour son royaume qui te le dit. Les femmes, si tu les laisses te foutre une bague au doigt, après, elles feront ce qu'elles veulent de toi et iront voir ailleurs si elles estiment que t'es plus assez bien pour elle. Beurk. Atios fait signe de mettre un doigt dans sa trachée pour vomir. Je déteste la mentalité des femmes. Elles m'ont toutes niqué d'une façon ou d'une autre ... Et certaines au sens littéral du terme.

Atios s'étire. Il sourit à son ami :

En tout cas, merci, Yoshi', tu m'aides déjà à me sentir mieux. J'imagine que certains voudront me voir six-pieds sous terre pour mon égoïsme sentimental, mais je peux te dire qu'après avoir laissé tomber un poids, moi je me sens prêt à m'envoler loin des emmerdes et des déceptions.

Yoshihisa éclata de rire devant un tel rebondissement .. Qui caractérisait tant les capacités d'adaptation de son ami. Un chat reste un chat, il retombera toujours sur ses pattes. D'autant plus quand il crache du feu.

T'es un peu salaud, quand même. Mais bon, ta sincérité montre que tu mens pas et que tu es pas fait pour être avec elle, surtout si tu te sentais si mal avec.

C'était trop compliqué, c'était parti à l'envers. Et même après que je l'ai quitté, je suis sûr que je vais avoir des emmerdes. Déjà, son père ? T'imagine ? Il va sûrement me faire assassiner... Tu vois, j'suis pris dans les emmerdes jusqu'au bout à cause de cette famille de chieurs .. Deus, c'est un ange à côté de ce que j'ai vécu à cause de lui.

Le chef des Yakuz' n'en pouvait plus de rire, il en pleurait, tellement le sérieux de la mine boudeuse de son ami était simplement épique dans cette situation. Atios finit par sourire, lui aussi. C'était ça des amis. Même dans les pires crises, ils étaient là, pour vous, à relativiser, à vous faire réfléchir, à vous aider à avancer. Et ça, Maya, n'avait pas pu le faire. Même en tant qu'amie, elle avait échoué à aider celui qu'elle aimait.

Tu vas faire quoi du coup, maintenant ?

Je sais pas. Le conseil bénéficie d'une meilleure gestion, désormais, alors autant dire que je vais avoir beaucoup plus de temps à tuer. Je dois contresigner des trucs, mais ça prend pas énormément de temps. Faire le secrétaire, pour moi, c'est terminé! J'imagine que j'organiserais des opérations sur le monde réel pour empêcher les massacres. Et puis, je dois continuer d'aider au maintien de la paix dans l'école, d'autant qu'Aedan est absent..

En fait, ta vie changera pas..

Là c'est toi qui est dur avec Maya, connard.

Ils rirent de bon cœur. Mais Yoshi' reprit un air sérieux, légèrement mélancolique, et dit sur un ton plus mesuré :

Tu penses qu'elle s'en remettra ?

Tu penses qu'elle peut grandir ?

Je pense qu'on est tous obligé de grandir.

Alors c'est à elle de savoir ce qu'elle veut. Me courir après, quitte à se prendre des murs. Me laisser, m'insulter... Me haïr... Rejoindre son père.. Elle peut faire plein de choses. Comme continuer à casser les objets dans sa chambre, comme dans une sitcom américaine. Elle devra bien faire avec et s'en sortir, trouver sa voie pour être heureuse. Je l'aiderais, de loin, si possible. Mais je ne veux plus être avec cette personne, pour le moment.

L'ambiance gaie venait de s'éteindre avec cette simple phrase, sincère, en provenance d'un cœur de jeune homme, qui n'avait jamais rien fait d'autre que de défendre sa liberté d'action, sa liberté de choisir son bonheur, sa liberté d'être celui qu'il était. Quiconque s'opposerait ou le critiquerait, serait juste un capricieux observateur loin des cœurs concernés, loin de tout droit à juger. C'était ça, une vie normale. Des amours, des malheurs, des rebondissements, des choix... Et à n'en pas douter, ils en vivraient beaucoup d'autres, de nombreuses et palpitantes aventures, pour l'éternité, si tenté qu'ils soient capables de les affronter. Atios et Yoshihisa continuèrent de discuter, de tout, de rien. D'idioties amoureuses, relativisant l'horreur que ce couple mort-né, comme cet enfant qui n'avait jamais pu naître, avait pu amener sur le tapis. Des déceptions amoureuses, ils en verraient tous, encore et encore. Mais ils avaient tant de temps, pour réparer, ou construire des relations nouvelles, non, que s'arrêtait ici, était un caprice face à la réalité. L'éternité, les attendrait. Autant que la faible Maya, qui apprendrait à se tenir debout d'elle-même, qu'Atios continuerait de sauter, sauter, toujours plus haut, tout ça pour attraper le ballon coincé dans les arbres, pour mieux le rendre aux autres, encore et encore. Petite Maya, petit Atios, vous allez devenir grand. Encore plus grand.

Et si Maya était seule aujourd'hui, si elle n'avait personne pour l'épauler.. C'est peut-être qu'elle n'avait jamais eu le courage d'aller vers quiconque d'elle-même ? Peut-être ce manque de confiance qu'elle payait aujourd'hui se reflétait désormais dans sa solitude ? Elle retrouverait Atios dans son bureau, désormais. Non pas en tant qu'amour, mais que vice-président du conseil, en tant qu'ami tout au plus, car aujourd'hui, il avait peur d'être avec elle, peur qu'elle le rende malheureux. Et cette blessure inéluctablement infligée, elle ne pourrait pas la réparer. Il était trop tard pour qu'elle puisse coudre la blessure sans que cela ne laisse de vilaine cicatrice. Il faudrait du temps pour qu'une telle blessure ne s'infecte pas. Et cet ainsi que la chambre d'Atios, allait perdre celui qui en avait fait la demande. Vidé grâce à l'aide de son ami, le bureau du vice-président contenait des meubles bien étranges et des affaires de toute sortes, désormais. Mais après tout, c'était SON bureau et il pouvait y ranger ses affaires, le temps de se trouver un nouvel endroit où vivre. Un nouvel endroit où se rebâtir.. Lui et un nouvel avenir, brillant et radieux, loin de la famille Tensho.
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Re: Take the pills. They're here to be taken. - Ven 26 Avr 2013 - 17:12
Quel rp horrible mon dieu...j'aurai préféré ne jamais le lire. J'étais contente de votre petit couple, vous deux qui écrivez si bien. Et là, cette séparation... Mais l'amour est un perpétuel champs de bataille : un jour on gagne et souvent on se perd.

Atios : 405 xps
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