Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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 Ash like snow, it's falling down from the sky !

 
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Ash like snow, it's falling down from the sky ! - Jeu 18 Avr 2013 - 19:11
Ses pieds se déposaient dans la neige avec lenteur. Autour de lui, la neige ne tombait pas. Dans une petite sphère d'une circonférence de cinq mètres, la neige semblait fondre ou glisser en dehors de sa présence. En résultait que la pluie gelée ne parvenait pas à se déposer sur le long ensemble noir du jeune homme. Celui-ci ressemblait presque à une faucheuse, dans la lointaine obscurité d'une nuit d'un paysage nocturne. Mais cette apparition onirique au loin, dans l'étendue froide, était curieuse : unique en son genre. Autour de lui, des lucioles dorées, douces, se répandaient dans les airs, alors qu'il ne s'agissait juste que de magie qui s'extirpait hors de son corps vers l'extérieur. Dans sa main droite, une longue forme pendait vers le bas, à la garde des bleus régaliens, à la lame brillante de la même couleur que les sphères de lumières flottante dans ce qui ressemblait à un magnifique ballet de lumière par-dessus un lac..

Et le porteur de la lame couverte d'une brûlante lumière, portait une tenue qui contrastait avec force à ces caractéristiques décrites précédemment.. Un long manteau noir, une longue écharpe rouge virevoltant autour de son cou, des chaussures noires. Sous l'épaisseur entr'ouverte du manteau, un long t-shirt blanc paré de deux lignes rouges qui se croisaient sous l'épaule, s'amusait encore plus à jouer avec les couleurs et l'absence de couleur de la scène. Un paysage bien trop paisible pour ce qui s'y déroulait. Des cendres fumantes, de la fumée, malgré la légère tempête... Oui, il faisait froid. Froid comme si la mort était passée par là. Et elle était venue, brûlante, impassible, impitoyable, déraisonné, injuste, capricieuse ... Humaine, en quelque sorte. Le jeune homme soupira, de son visage fin et pâle. Sortant d'une de ses poches, son portable, il le regarda et dit alors, en joignant ses camarades au conseil :

Atios à poste de commande. j'ai l'impression que je suis arrivé trop tard. Demande d'un scan pour confirmer les mouvements dans la zone.

Roger. Nous scannons aussi vite que possible. Veuillez avancer prudemment, Atios-senpai.

Tu parles. Si l'instigateur du massacre ne s'était pas échappé, c'était qu'il était bête, stupide, fou ou simplement, sûr de lui. Atios referma son portable et le rangea en silence. Avancer avec prudence .. Il ferait comme il le pourrait. Mais il était seul, sur cette affaire. Le nombre d'élève en mission n'avait cessé de croître et les élèves partaient seulsl, pour pouvoir empêcher un maximum de désastre. Et cela était dur, car en général, seuls, la sélection entre les motivés et les plus survivants naturels se faisait. Rien qu'à cette idée, le vice-président du conseil sentit son cœur se serrer dans sa poitrine. Et le temps que les apprentis de Deus arrivaient, les méfaits étaient déjà accomplis. Restait-il des survivants ? Le jeune homme, du haut de la colline, observa la scène.

C'était un village de paysan. C'était ; car les cendres se mélangeaient avec amertume à la neige qui tombait. D'ailleurs, le vent qui soufflait semblait vouloir créer un ironique couple de jumeaux fondamentalement différents. Neige immaculée, cendres calcinées, témoin d'un mariage sombre et criminel, de la perte de l'espoir et de l'avènement d'une haine déchaînée au profit de la joie et de la vie qui avait pu un jour avoir lieu ici. Le jeune homme, domestiqua ses émotions, avant de sauter en bas de son perchoir, pour se diriger vers le cimetière en ruine, qu'était devenu ce pittoresque et paisible hameau où un jour, les souvenirs heureux s'étaient fait un nom au travers d'un duel avec les malheurs nécessaires au déroulement d'une vie normale. Comme un ange descendant du ciel, il continuait d’émettre cette chatoyante et douce lumière d'or, qui semblait vouloir surpasser les éléments et les calcinations s'échappant du bois fumant, alors que lentement mais sûrement, dans une chute freinée par la magie, il glissa dans les airs vers le sol et posa ses pieds dans une artère qui menait jusqu'au centre du village, où jadis, une fontaine, désormais brisée et dont plus aucune eau ne s'écoulait, gisait, en silence. Il n'y avait aucun bruit, rien, aucun mouvement.

Atios-senpai, attention, le renégat est toujours là ! Nous confirmons la présence d'un renégat proche .. Quoi que non, je crois qu'ils sont deux. Nous ne pouvons pas encore identifier le second, mais le premier semble être une divinité du feu en cours de formation. Il devrait être légèrement moins fort que toi, en termes statistiques.

En termes statistiques ? La belle affaire, elles n'étaient plus à jour et il n'avait fait aucun effort pour les rendre justes, par le passé. Il pouvait faire joujou avec son feu, Atios avait décidé.. Décidé de ne plus jouer à l'idiot et aux gentilles faiblesses qu'il avait bien voulu montrer aux autres ces six derniers mois. Le temps de mentir était terminé... Jouer était devenu bien trop dangereux. Il fallait désormais être sérieux. Son royaume, par le passé, il l'avait unifié en se battant pour la stabilité et la paix de celui-ci... Il allait le prouver si nécessaire à tout ceux qui viendraient déranger la paix mondiale par leur égoïsme. Où était le coupable ? Il n'en savait vraiment rien. S'avançant de quelques pas, il alla examiner une bâtisse branlante, dont l'intégrité avait sévèrement était mise en danger par la dévorante faim des flammes qui s'étaient répandues. Une odeur de cadavre, de cochon grillé, flottait dans la ville endormie. Touchant de ses doigts frêles, la poussière cendreuse du bois, un craquement ébranla la structure et le silence. Le jeune homme se sentant observé perdit patience et dit alors, d'une voix colérique :

Le minimum, quand on fait brûler un hameau sans défense, c'est ensuite, de ne pas s'en cacher ..

Tant de lâcheté le mettait vraiment en colère. Mais un rire profond et guttural sortit au loin, en même temps qu'un jeune adulte aux cheveux blonds se révéla hors d'une ruelle. Réflexe d'Atios. De sa manche gauche, il fit glisser trois projectiles métalliques et les lança vers son adversaire, sans aucune sommation. Le lancer était parfait, la force de ceux-ci les rendait précis et s'ils touchaient la cible, celle-ci souffrirait de blessures profondes. Mais sa victime parvint à brûler les projectiles avant qu'ils ne puissent l'atteindre et celle-ci commenta :

Mec, c'est plutôt dangereux, de balancer ce genre de truc!

Tch.

Atios ne cherchait pas la conversation. Il était là pour traîner ce criminel dans les cellules de l'école où il y rencontrerait un tourment éternel, le temps qu'il puisse se repentir de ses crimes. Comme la foudre, il alla en un éclair se précipiter sur son ancien camarade de l'académie et tenta de le faucher de toutes ses forces, mais son ancien camarade parvient à rouler au sol pour éviter de se faire découper au niveau du torse. Il tenta de se relever, mais il vola au loin quand une nuée de projectiles lumineux explosèrent autour de lui, le forçant à s'éloigner en dehors des ruines, vers l'extérieur. Le blond à la langue percée, haletait avec force, dans la neige, avant de tenter de se remettre debout, alors que le jeune homme le fixait avec un regard à faire trembler les montagnes. Un mélange de supériorité, de dureté, d'impitoyable justice et de colère semblait presque prêt à le désintégrer juste avec ses yeux. Et même l'assurance du renégat semblât dérisoire en ce moment. Il y avait une différence de niveau. De force. Autant divine, magique, que de caractère.

T'es qui, sérieux ?!

Atios sourit. Un sourire d'une suffisance effroyable, pratiquement sadique, imposant tellement une supériorité entre eux qu'elle en devenait douloureuse pour celui qui était la cible de ce sourire. Cette scène était risible. Le jeune homme était fin. Il n'avait juste que sa hauteur pour s'imposer devant les autres. Ses bras, ses jambes, son visage. Il ressemblait à une brindille. Et pourtant, ça n'empêchait pas que les présences n'étaient pas les mêmes. Une nuée de boule de feu s'arrêta contre les barrières du jeune homme, qui n'avait pas bougé, avant de répandre, dans la fumée de l'explosion :

Moi ? Je suis juste moi-même.

Cette voix était si frêle et pourtant grave et dure à la fois. Elle était comparable à la poigne du jeune homme sur la garde de l'épée aux décorations uniques et à la glorieuse légende : elle semblait frêle, pourtant elle était d'une poigne de fer, comme habituée. Et ce sentiment qui émanait de la seule présence, de la posture, de la façon de parler du jeune homme.. Brillant, aveuglant, au point où ça en devenait frustrant.. Un prince, un véritable prince, qui ne faisait rien pour l'être, mais qui l'était par la seule force de sa propre existence, faisant l'étalage d'un fossé presque gargantuesque entre lui et le renégat, qui tenta un nouvel assaut en voulant immoler en vain le jeune homme qui avançait lentement vers sa cible, bien que des flammes ricochassent sur ses défenses. Les rebonds explosifs repartaient vers le sol ou les airs, pour enflammer la neige aux alentours.

Je te reconnais .. Tu es le mec qui s'est fait jeté par Isanagi .. Tu es Atios .. Le petit-ami de la fille de ..

Il ne put en dire plus. Atios venait de lui éclater la mâchoire d'un coup de pied brutal, mais rapide, dans le visage de l'impudent (qui venait de perdre sa dentition au passage) dans un sprint rapide où il avait laissé une trainée d'une version dorée de sa silhouette trop rapide pour l’œil humain. Et alors qu'il faisait une lente ascension dans les airs. Alors qu'il redescendait, une petite tête de dragon dorée vint attraper le cou du pyromane grièvement blessé.

Tu dois savoir que j'aurais pu être beaucoup plus dur avec toi. Mais tu n'en vaux pas la peine, sac à merde. Souviens-toi de mon visage est apprends à le craindre, toi qui as bafoué le cadeau de la vie que Deus t'a redonné. La prochaine fois, si je te revois, je te ferais simplement disparaître de cet univers, compris, sac à merde ? Le dénommé sac à merde fit oui du visage comme il le put, avec peur et vivacité, malgré que le sang s'était mis à couler à flot de sa mâchoire et de son nez, alors qu'il souffrait le martyre de ses blessures. Le sang tombant vers le jeune homme, s'arrêta dans les airs, pour couler le long des barrières de la divinité de la lumière, qui sortit son portable après avoir fait disparaître son épée de lumière pour mieux dire : il est prêt à rentrer au bercail, préparez le portail. Ah et il n'est plus en état de parler, donc il va falloir que vous lui répariez ça avant qu'il ne meurt de sa fracture au visage.

Roger.

Et quelques secondes s'écoulèrent avant l'ouverture du portail, où le traître blessé, soulevé par magie, fut jeté comme un poids mort.

Il ne parlera pas, j'imagine ...

Oui, Isanagi à vraiment su camoufler ses traces, c'était prévisible...

Un sort d'amnésie qui se déclenche lors de la capture...

Il y a de fortes chances.

Haru', je te laisse.. J'ai une invitée imprévue.

Atios raccrocha son portable et se retourna. Une de ses mains se tendit vers une structure branlante et un tir de lumière parti de la paume du jeune homme, faisant exploser les vestiges d'un mur du second étage.

Je ne sais pas qui est là, mais montrez-vous. J'ai déjà assez à faire d'un seul lâche dans la soirée. Et je finirais par sentir où vous êtes, je ressens et détecte les émotions d'autrui.
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Re: Ash like snow, it's falling down from the sky ! - Ven 19 Avr 2013 - 17:56
Ils s’étaient tous deux séparés. Lyra avait jugé cette idée mauvaise. Elle avait raison. Ils auraient mieux fait de décamper au plus vite, plutôt que de traîner là, à attendre que ces idiots de l’académie débarquent ! Cela n’allait pas manquer. Ils allaient au devant des ennuis. Elle aurait cent fois préféré effectuer cette mission en solitaire mais Isanagi ne lui avait pas laissé le choix. Mais quelle idée de l’encombrer d’un boulet pareil ! Elle n’arrivait même pas à se souvenir du nom du jeune pyromane. Ce n’était pas important.
Elle marcha au travers des cendres, observant ce qui restait de ce village désormais en ruines. Des cadavres s’étalaient au sol, la Russe en remua quelques uns du bout du pied. Quelle odeur pestilentielle. Plus tôt ils partiraient, mieux ce serait pour leurs narines. Elle allait finir par perdre toute forme d’odorat à force de respirer cette curieuse odeur de cochon grillé.

Elle fouina dans nombre de maisons. Mais rien. À croire qu’il n’y avait aucun survivant. Il n’y avait plus qu’eux d’eux, seuls témoins de ce carnage sans nom. Un beau brasier s’était tenu là. Pauvres petits paysans sans défense. Giono en aurait été horrifié. Ressortant de la masure, Lyra jeta un coup d’œil à l’arbre brûlé qui s’étendait devant elle. Pour peu, elle s’était attendue à voir un cadavre entre ses branches calcinées. Pourquoi ne pas rêver d’un bel arbre à morts ? Mais non, les macchabées préféraient la terre ferme. Allez savoir pourquoi. Sans doute plus confortable. Non, aucune goutte de sang pour sève ne brillait sur l’écorce. Un arbre des plus banales. Dommage.
La raison de ce massacre ? Il faut croire qu’il n’y a pas de plus merveilleux divertissement qu’une tuerie en bonne et due forme. Ce divertissement surpassait tous les autres. Tuer, cela transcendait un être. Il ne fallait pas avoir pitié de ceux qui ôtaient la vie, oh que non. Il fallait surtout prendre en pitié ceux qui n’avaient pas le courage de le faire. Eux étaient les réels être à plaindre. Ils savent que cet acte les changera à jamais, qu’ils ne seront plus jamais les mêmes et pourtant, ils n’osent pas. Heureusement d’ailleurs, sinon la Terre entière serait remplie de meurtriers. Voilà que l’eau des mers se transformerait en bain de sang et que la terre regorgerait de cadavres ! Mais assez de pensées pour aujourd’hui.

Lyra revint à l’endroit où elle avait laissé le jeune renégat. Il avait fallu qu’il ne revienne pas en temps et en heure. L’idée de l’abandonner ici ne lui déplaisait pas. Après tout, à la guilde noire, elle avait parié sur la mort du gamin. Ce ne serait pas une grande perte. Elle soupçonnait même Isanagi d’avoir fait exprès de l’assigner avec elle dans l’espoir qu’elle le laisse crever là. Il mourait des renégats au quotidien et pourtant, cela ne lui faisait ni chaud ni froid. À quoi bon s’entourer des faibles ? Ceux-là ne font pas long feu. Ce gamin-ci, en tout cas, n’avait plus beaucoup de temps devant lui. Elle ignorait si c’était son attitude exécrable qui la faisait penser ainsi de ce pauvre hère. Mais il était détestable. Elle n’y pouvait rien. Elle, en éternelle râleuse, savait reconnaître de vrais boulets. Lui en était un, sans l’ombre d’une hésitation.
Elle attendit quelques instants encore. À croire qu’il était rentré sans elle. Elle n’allait pas tarder à suivre son exemple. Elle pencha la tête depuis son rebord de ruine pour apercevoir une curieuse scène. Le renégat aux prises avec un élève de l’académie. D’ici, difficile d’apercevoir ses traits. Elle savait que c’était un garçon. Voilà tout. Elle aurait dû se douter que cette mission tournerait mal. Hors de question de rester là à attendre sagement qu’elle soit la prochaine cible de ce môme.

Elle se mit à courir dans le but de sauver sa vie. Le garçon était toujours occupé avec le renégat. Elle allait devoir passer sous ses yeux pour s’en sortir. C’était du suicide. Son cœur battait la chamade. Si jamais le renégat s’en sortait, juré, elle le tuerait elle-même.
Les fondations tremblèrent. Elle entendit le garçon parler. Elle était repérée. Et merde. Elle osa un bref coup d’œil et vit le renégat disparaître à travers un portail, des tâches rougeâtres salissaient le sol. Dommage qu’elle n’ait pas pu lui régler son compte en personne. Elle se laissa tomber au sol, protégée par un pilier. Elle n’avait pas beaucoup d’échappatoire. Se rendre ou combattre ? Mais pourquoi penser de suite à abandonner ou à en venir aux mains alors que ce gamin n’avait aucune raison de savoir qu’elle était renégate ? Même si ce n’était pas écrit sur son front, sa seule présence ici l’inculpait déjà. Il allait falloir la jouer finement ! Elle sortit de sa cachette, se montrant aux yeux du gamin.

- Moi lâche ? Sois gentil, évite de m’insulter de ce dont j’suis pas, l’ami, fit-elle d’une voix calme et posée tout en observant son interlocuteur. Oh mais j’te reconnais, toi ! T’es celui qu’a été sacré Mister Deus et qui fait partie du conseil, si j’me trompe pas ! Tu m’excuseras mais j’ai pas la mémoire des noms.

Son nom ne lui revenait pas. Mais sa gueule, oui. Elle l’avait déjà croisé dans les couloirs. Qui plus est, les membres du conseil étaient assez connus. Du moins suffisamment pour que Lyra en ait entendu parler.
Elle sortit une clope, comme si de rien n’était. Dommage que ce petit crétin se soit fait chopé, ses talents pyrotechniques lui auraient été bien utile. Elle sortit son briquet, ayant retenu la leçon, et alluma sa cigarette. Comme si de rien n’était. Elle tira une taffe et fit un sourire au jeune brun. Une épée pendait à sa garde. Bel ouvrage. Lyra n’était pas grande amatrice de lame mais savait reconnaître la beauté de celle-ci. Elle aurait dû se douter que l’académie, lasse de perdre ses élèves, enverrait cette fois-ci un membre du conseil en personne. Le niveau n’était plus le même. Elle jouait dans la cour des grands, désormais. Mais inutile de paniquer. Ce n’est pas cet avorton qui allait l’effrayer. Aussi fort soit-il, elle ne se laisserait pas faire. Ce n’était pas parce qu’elle était une femme qu’elle était bien moins forte que lui.

Ses yeux détaillèrent le garçon. Il était bien plus grand qu’elle. De toute façon, la dépasser n’était pas bien difficile. Ses cheveux noirs en bataille lui donnaient l’air d’un petit chiot. Traits fins, yeux tout aussi noirs. Pas de quoi casser trois pattes à un canard. La brune s’éternisa un peu trop sur son regard. Même s’il semblait avoir à peu près le même âge que Lyra physiquement, ses prunelles exprimaient bien autre chose. L’illusion d’avoir trop vécu, peut-être.

- Le salaud qu’a fait ça, j’espère que tu l’as attrapé, hein ? Ça m’ferait mal d’apprendre qu’il court toujours dans la nature après un tel carnage.

Tout n’était que désolation autour d’eux. Lyra aperçut les traces de sang de son partenaire. Il y en avait trop peu pour qu’il soit mort. De toute façon, elle l’avait bien vu gesticuler alors qu’il disparaissait dans un portail. Qu’arrivait-il aux renégats attrapés par l’académie ? Etaient-ils tués ? Lyra n’en croyait pas un traître mot. L’académie se voulait au-dessus des actes barbares de la guilde noire, jamais ils n’oseraient ôter la vie. Alors quoi ? Croupissaient-ils dans des prisons pour l’éternité ? C’était un bien pire sort que la mort. Hors de question qu’elle subisse la même chose ! Toujours est-il qu’avec la disparition soudaine de son acolyte, elle ignorait si elle avait gagné son pari ou non. Il n’était pas mort, juste porté disparu. Même pas capable de crever lorsque cela est nécessaire, celui-là ! Au moins aurait-il été utile une fois dans sa vie.

Elle n’aimait pas le regard posé sur elle de la part de Mister Deus. Normal qu’il ait des doutes sur elle. Elle se trouvait en plein milieu d’une scène de crime, débarquait comme si de rien n’était, il n’allait tout de même pas l’accueillir à bras ouverts !

- Tu m’fais pas confiance, hein ? T’as des doutes sur moi, j’parie. Remarque, j’te comprends. À ta place, j’agirai pareil. Mais si j’étais vraiment une renégate, tu crois pas que j’aurais déjà dégagé depuis longtemps ? Faut vraiment être con pour attendre sagement d’être cueillie par l’académie, ricana-t-elle.

Ah ça oui, fallait vraiment être con. Ou alors faire équipe avec un abruti fini. Cela marchait aussi. La preuve. Elle était bloquée ici, sans aucune issue possible. Elle ne savait toujours pas quel excuse pourrait être plausible, permettant d’expliquer sa présence ici. Elle n’était pas venue dans le but de cueillir des champignons, ah ça non. D’autant plus qu’elle s’imaginait mal affirmer à ce gosse qu’elle était ici dans le but de l’aider. Sans doute aurait-il les moyens de vérifier ses informations et alors elle ne donnerait pas cher de sa peau. Il allait falloir qu’elle trouve une excuse. Et une bonne, qui plus est.
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Re: Ash like snow, it's falling down from the sky ! - Ven 19 Avr 2013 - 22:36
Donc tu es bien une déesse. Traîtresse ou non, cela reste à prouver.

Le portable d'Atios se mit à vibrer. Il l'ignora. S'il quittait du regard la demoiselle, elle pourrait s'enfuir. Alors il s'approcha d'elle. Plus les mètres se réduisaient, plus les chances qu'elle puisse s'échapper s'amenuisaient en relation de l'une par rapport à l'autre. Finalement, ils finirent séparés par une distance pratiquement infime. Atios la fixa, de visage à visage, de regard à regard. Elle était jolie, cette inconnue. Trop jolie. Jolie comme une rose aux pétales pourrissants. Vous voyez, les poupées de porcelaine, dans les ténèbres, qui vous fixent avec leurs yeux froids ? Elle avait les mêmes. Elle semblait froide. Pas morte de l'intérieur, ou vide. Mais c'était comme si pour compenser sa beauté extérieure, elle avait accepté de se laisser pourrir de l'intérieur. Autant dire que le jeune homme grimaça. Du gâchis, encore, et encore. Toujours plus de gâchis. Chez les êtres humains. Chez les apprentis de Deus .. Combattre pour cet univers n'avait jamais eu l'air aussi insensé. L'humanité dans son extrême ensemble, semblait vouloir sa propre fin.

Alors à quoi bon se battre pour montrer aux autres qu'il suffisait d'un rien pour être heureux ? Qu'un simple petit effort pouvait suffire à faire de grandes choses ? Ces yeux trompeurs, froids, blessés peut-être..

Quant au fait que tu sois restée, c'était simplement pour voir si ton "camarade" allait s'en sortir. Peut-être un semblant de loyauté ou de miséricorde qui n'est pas encore morte en toi.

Les yeux du jeune homme brillèrent et se parèrent chacun d'une fente verticale, semblable à des yeux de chat, tandis que le marron foncé prit une teinte jaune, foncée brillante. Son visage alla se porter dans le cou de la demoiselle.

Tu sens le sang. Et l'odeur des cadavres. Donc oui, tu es une renégate. Merci d'avoir essayé de me prendre pour un con, Princesse.

Retraite rapide. Il fallait esquiver le coup de poignard très probable qu'il risquait de se prendre, pour avoir agi ainsi. Il sentait même Maya en train de faire un bond au plafond, malgré la distance entre eux. Le jeune homme soupira. Que faire ? la traîner de force jusqu'à l'académie ? Il n'avait pas le choix, en théorie, même si il n'avait aucune preuve formelle qu'elle avait participé activement au bain de sang. Il se tint le visage. Elle n'avait vraiment pas un visage désagréable. Elle semblait sympathique, parce qu'elle semblait nager entre deux eaux.

Je sais pas ce qui t'a motivé à rejoindre les renégats, j'imagine que toi aussi, tu as une vie humaine exécrable, que tu considères que le monde entier doit payer, ou une connerie d'enfant pourri gâté du genre.. Dans tous les cas, c'est dommage. Mais tu as choisi ton camp et je ne me permettrais aucune pitié te concernant. Je considère que tu as mûrement réfléchi aux conséquences, si, un jour, Deus venait à se réveiller et donc, à punir des rebelles ? Il serait cinquante fois moins agréabl-

Atios ne finit pas sa phrase. Des tas d'émotions. Froide, déterminée. Ils étaient là pour tuer. Capturer. Exécuté. Et ils voulaient rester discrets. Ils le seraient. Ses sens le prévinrent dans danger imminent, alors que ses yeux s'écarquillèrent.

Attention !

Dans une accélération intense, mais brève, il s'approcha très près de Lyra. Son bras tenant l'épée fit un mouvement rotatif. Sur ses yeux, lentement mais sûrement, se dessinait, le projectile qui avançait à une vitesse trop grande pour qu'un être humain puisse le suive. Je vais rater. Ce truc va trop vite. Fais-le ! Pare-la !

Un bruit de métal coupé retentit, alors que la lame d'Excalibur vibra et que le projectile coupé en deux se planta dans les murs en bois, déviés. Sans chercher à en dire plus, il l'avait déjà mise dans ses bras, la soulevant comme il l'avait déjà fait avec Miss Deus. Et il bondit en hauteur. Les bruits de fusils d'assaut retentirent, nombreux, alors que les balles fusèrent à travers l'air et que le jeune homme se propulsa depuis un cercle lumineux vers l'avant. Les bruits de course laissèrent place à des bruits de bottes qui taclent et raclent le sol. Ils reprennent positions, coordonnés comme les montres d'une aiguille. Sur le visage du jeune homme, la tension est palpable. Il pourrait paniquer. Mais il ne le fait pas. Il doit trouver une échappatoire. Pour et lui et sa captive. Au sommet d'un saut, il la regarda et lui dit alors :

Cramponne-toi bien et fais-moi confiance.. Je vais trouver un moyen de nous sortir de ce faux-pas.

Atios se mit à irradier plus encore de lumière et l'atmosphère autour de lui fut soudainement douce et chaleureuse, malgré le froid ambiant. Une chaleur rassurante, apaisante, mais qui semblait pourtant être profondément inhumaine. Le jeune homme trancha l'air de son arme, fit demi-tour dans les airs, en se propulsant à nouveau contre un cercle lumineux, pour mieux repartir en sens inverse, alors qu'un long filament doré alla frapper plusieurs soldats qui perdirent leurs armes, cassées, sous l'influence de l'attaque autoguidée. Revenant sur le plancher des vaches, il fonça vers un soldat pour mieux le désarmer d'un coup de garde, avant de lui asséner un puissant coup de pied et de repartir en saut périlleux arrière, de se remettre droit dans les airs, et de lâcher une pulsation lumineuse, qui se répandit, frappant avec force les soldats présents, qui s'effondrèrent au sol, assommé par la violence de la nova. Atios bloqua un nouveau tir de sniper, manquant de tomber en arrière sous l'impact, avant d'entendre le son caractéristique du lance-grenade..

Vous êtes pas ..

Sérieux... Boom. Atios et Lyra sont violemment secoués, mais les barrières tinrent bon. Dans la fumée, Atios esquiva une lame de couteau, qu'il para de son épée. Soudainement, les lames de couteaux devinrent plus nombreuses et se battre avec Lyra dans les bras, de plus en plus compliqué. Mais le jeune homme s'en sortait tellement bien qu'il était presque incroyable que ni lui, ni celle qui squattait ses bras, ne s'était fait toucher. Vif, comme un lion, il parvint à les désarmer, les uns après les autres, sans les tuer. Passant de couvert à couvert, les bruits de grenade s'échappant des canons retentirent à nouveau. Le jeune homme en profita pour localiser, puis désarmer les malotrus. Mais il ne pouvait continuer à les désarmer et les assommer. Il finirait par appeler des renforts et il ne voulait pas avoir une armée sur le dos à cause des conneries de quelques fieffés indolents, insolents renégats. Prenant de la vitesse, il esquiva un tir de sniper. Puis un autre, en distançant ses adversaires. Mais ils avaient un dernier stratagème. Un tir croisé. Le jeune homme évita une balle. Mais à travers sa barrière, une balle perça et se planta dans son bras, brûlante, sans qu'il ne réagisse ou laissa tomber sa protégée. Il souffrirait plus tard. Combien de temps s'écoula en silence, comme ceci ? Le jeune homme, flottant, dans la nuit, sautant de grande distance, avec une poupée froide et meurtrière dans les bras ? Il finit par s'arrêter jusqu'à une bicoque vide et abandonnée. Par chance, les fenêtres n'étaient pas brisées. En fait, cette bicoque semblait même en parfait état. Sauf qu'elle était vide. Elle appartenait peut-être à un trappeur. Ou elle était abandonnée.

En tout cas, Atios ouvrit la porte après avoir manipulé la serrure de l'extérieur, grâce à sa magie. Finalement, il la déposa sur un canapé avant de se retirer plus loin, de tendre le bras et de se retirer, en plongeant ses doigts dans le trou son membre, la balle encore tiède, en serrant les dents, laissant s'échapper une larme nerveuse du coin des yeux, en disant :

Rien de cassé ?

Oui, ça semblait complètement absurde sur l'instant, mais il ne mentait pas. Il n'avait pas vraiment eu le temps de regarder la demoiselle dans ses bras, lorsqu'il avait pris sa fuite. Ses yeux ingénus, mués d'une inquiétude sincère, se déposèrent sur celle qui s'était retrouvée ballotée dans un ballet mouvementé.
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Re: Ash like snow, it's falling down from the sky ! - Dim 21 Avr 2013 - 17:46
Bravo. Bien joué. Elle le savait qu’elle aurait dû dégager d’ici sans cet idiot de pyromane ! Mais il avait fallu qu’elle ait un semblant de bonté, qu’elle traîné dans les parages plus longtemps que prévu dans l’espoir de voir réapparaître ce crétin fini. Malheureusement, il n’était pas revenu, embarqué par l’académie. Le même sort l’attendait-elle ? Elle en avait peur. Sa piètre tentative de jeu n’allait pas faire grande impression. Cet homme la condamnait déjà, par sa seule présence. Ah ça, elle l’avait joué finement ! Ovations pour mademoiselle Vilkas qui risquait de finir sa vie derrière des barreaux juste parce qu’elle avait hésité. Tss.

Le garçon vint poser son nez dans son cou. Sans aucune gêne. En un geste habile, Lyra attrapa son poignard. Tout ce que sa lame trouva fut l’air. L’acier fendit le vide. Trop tard. Il avait été bien plus rapide.
La conclusion tomba, brute. Grâce à son seul flair, il avait su découvrir qu’elle était une renégate.

- Non mais t’es quoi, toi ? Un sale clebs échappé du chenil ? s’énerva-t-elle.

Difficile de rester calme en de telles circonstances. Sa couverture était tombée à l’eau. Couverture ? Il n’y en avait jamais vraiment eu. Elle faisait son boulot, voilà tout. Tant bien que mal. Il y avait toujours les risques, comme en ce moment précis.
Croyait-il vraiment qu’elle allait sagement se laisser conduire à l’académie ? Il se trompait. Elle guettait le moment propice pour filer. Malheureusement, plus les minutes passaient, plus elle voyait ses chances diminuer. Le brun entama un discours sur la vie de chacun, les valeurs, Deus… Tout ce ramassis de conneries, en somme. Rien de bien intéressant. Elle écoutait à peine, observant l’horizon. Un signe ? Rien de rien.

Le silence. La demoiselle leva la tête en direction du garçon. Ses sens semblaient en alerte. Elle jeta un regard derrière elle. Il n’y avait là autour d’eux. Alors pourquoi pouvait-on lire autant de peur dans ses prunelles ?
En un bond, il fut près d’elle. Epée sortie, un projectile fonçait droit sur eux. Alors ça y est. Elle allait mourir pour la seconde fois. Comme ça. D’une manière aussi stupide. Prise entre deux feux. Elle ferma les yeux, se préparant à l’impact. Rien. Elle ouvrit une paupière, puis l’autre. Un bruit de métal l’avait ramenée à la réalité. Le projectile n’était plus. Elle voulut se dégager de son étreinte mais déjà il la souleva dans les airs. Elle se débattit comme un diable jusqu’à comprendre qu’il n’y avait rien à faire sinon attendre. Elle s’accrocha à lui, comprenant que c’était la chose la plus sensée à faire. Elle ne comprenait pas. Rien de rien. Mais inutile de l’embarrasser avec ses questions futiles en un tel moment. La priorité était ailleurs. Rester en vie.

Les tirs fusaient de partout. Les balles les frôlaient, les hommes couraient en tout sens dans le but d’intercepter les deux dieux. Une armée entière se déployait sous les yeux de Lyra. Cela grouillait de partout. On aurait cru voir une fourmilière en mouvement, où chaque insecte était à son poste, chaque soldat était en effervescence, agissant pour la communauté entière. Au lieu d’agiter des mandibules, ces hommes agitaient des armes. Leurs antennes étaient remplacées par différents appareils de haute technologique, dans le seul but de rester en contact. À deux contre une armée entière, quelles étaient leurs chances de rester en vie ?

Le brun se défendait bien à l’aide de son épée. Il éblouissait tous ses adversaires, au sens propre comme au figuré. Il maniait la lumière avec une telle maîtrise que cela en devenait presque effrayant. Il avait raison. Elle devait lui faire confiance. Pour le moment du moins. Jusqu’à ce qu’ils soient enfin en sécurité. Dans ses bras, elle était totalement impuissante. Totalement inutile. Un poids de plus. Elle serra les dents. Ce n’était pas le moment de s’en vouloir d’être un leste pour un membre de l’académie. Vraiment pas. Il fallait qu’elle revoit l’ordre de ses priorités.

Le chahut était toujours là mais s’éloignait au fur et à mesure que le jeune homme bondissait de toit en toit dans le but de les sauver tous deux. Un vrai chat. Enfin, il s’arrêta. Les coups de feu pleuvaient toujours, elle les entendait au loin. C’était l’anarchie parmi les humains. Pas un seul mort de leurs côtés mais le dieu avait su leur rendre la tâche difficile.
Ils rentrèrent dans une bicoque abandonnée. À l’écart du village, elle n’avait pas été l’une des victimes de l’incendie. Pour la première fois depuis longtemps, elle remerciait l’autre renégat d’avoir mal fait son boulot. En d’autres moments, elle lui aurait sans doute jeté du sang. Mais assez d’hémoglobine pour aujourd’hui. Pourtant, ce n’était que le commencement.
La demoiselle fut déposée dans le canapé, à la manière d’une princesse. La question de Mister Deus la fit rire. Un rire sec et nerveux. Légèrement sarcastique. Etait-il sérieux ? Elle le jugea. Cela en avait tout l’air.

- C’est pas moi qui me suis prise une balle dans l’corps, Honey !

Mais quel genre d’homme était-ce ? Elle était une ennemie et il venait de la sauver d’un tel assaut. Pourquoi ? Que gagnait-il à a cela ? N’aurait-ce pas été plus simple de la laisser simplement là, crever, sans histoire. Ni vu ni connu. Cela aurait été plus rapide. Plus facile pour lui aussi. Il avait mis sa vie en jeu pour la sauver, s’encombrant d’elle alors qu’elle n’avait rien demandé.

- T’es pas logique comme mec, tu sais ? T’es au courant que j’suis une renégate et toi, qu’est-ce que tu fais ? Tu m’sauves de cette armée fraîchement débarquée ! J’sais pas si t’es seulement con ou juste trop bon mais j’pige pas ! Franchement, ça aurait pas été plus simple de m’abandonner là-bas plutôt que de t’encombrer avec moi ?

Il faut croire que l’heure n’était pas encore aux remerciements. Elle avait une grande dette envers lui. ? Une trop grande. Il lui avait sauvé la vie et elle se sentait redevable. Elle avait lu un jour qu’au Japon, rares étaient ceux portant assistance à leurs semblables lors d’un danger. Sauver la vie d’une personne était un poids bien trop lourd pour celui qui avait été sauvé. À jamais, il avait une bien trop grande dette que rien ne pouvait effacer. En ce moment, Lyra se sentait dans la peau d’une de ces japonaises sauvée d’un grand fléau qui aurait dû signer sa mort. Mais elle était encore en vie.

- À moins que… À moins que vous autres de l’académie, vous vous sentez si supérieurs à nous, vous pensez tant que vous valez mieux que nous, que vous préférez sauver la vie à vos ennemis pour pouvoir mieux les enfermer dans une cellule plus tard !

Il devait y avoir du vrai dans ses propos. Elle n’avait été sauvée que dans le but d’être prisonnière plus tard. Hors de question. Si c’était ça, elle préférait retourner sur le champ de bataille, se livrer elle-même plutôt que de devoir passer l’éternité en prison !
Elle planta son poignard dans la table basse et cracha au sol, vrillant ses yeux dans ceux du gamin.

- Ben tu sais quoi ? Tu peux te toucher si tu crois que j’vais sagement t’suivre là-bas, enfoiré !

Le ton était monté. Dehors, la situation était critique et Lyra perdait son temps à hurler après son sauver. Un chevalier servant comme elle n’en avait jamais vu. Pour le moment, ses choix étaient minces. Sortir pour échapper à celui qui avait risqué sa vie, rejoignant l’armée qui attendait patiemment de les revoir, réduisant à néant par la même occasion tout le travail que le brun s’était donné dans le but de lui permettre de vivre. Ou au contraire, elle pouvait choisir de rester avec lui dans l’espoir qu’il ne la confie pas à l’académie. Concernant ce choix ,elle était sceptique. Elle avait bien vu la façon dont il s’était débarrassé de l’autre renégat. Sans aucun remord.

Elle se leva d’un bond et chercha la salle de bains. Elle ouvrit différents placards. Même si c’était des paysans, ils devaient bien avoir un nécessaire de soin. Ils n’étaient plus au Moyen-Âge, tout de même.
Elle ouvrit des tiroirs, en renversant les contenus. Rien de rien. Etaient-ils pauvres au point de ne pas avoir la moindre trousse de premiers secours ? Elle dénicha finalement de la gaze. Elle s’en contenterait. Elle extirpa le précieux trésor et revint dans le salon. Elle empoigna le bras du brun et commença à enrouler la fine bande autour de sa blessure. Elle y allait sans ménagement. Elle avait remarqué deux trous. La balle était donc ressortie. C’était déjà ça. Elle attrapa un rouleau de scotch traînant là et en arracha un morceau à l’aide des dents. Une fois son travail terminé, elle observa le résultat. C’était pas si mal. Cela ne ressemblait ni à un gigot, ni à un gant de boxe. Le garrot permettrait de limiter l’hémorragie. Même s’ils étaient des dieux, ils ressentaient la souffrance. Elle se doutait qu’il ne lui claquerait pas entre les doigts aussi facilement mais si au moins elle pouvait éviter qu’il ne geigne toutes les deux minutes, ce serait déjà bien. Elle aurait pu faire carrière dans la médecine.

- Tu fais chier, cracha-t-elle. Et maintenant on fait quoi ? On attend qu’ils viennent nous tomber d’ssus comme des lapins pris au piège dans leurs terriers ?

L’optique de rester ici ne l’enchantait guère. C’était ça ou retourner sur le champ de bataille. Elle ne nourrissait aucun faux espoir, elle savait qu’ils ne mettraient pas longtemps à retrouver leurs traces. Ils n’étaient pas si loin que ça. Et avec l’incendie de tout à l’heure, les maisons en parfait état étaient minimes. Ils sauraient vite où chercher et où les dénicher.

Elle s’éloigna du garçon pour pouvoir aller se poster près de l’unique fenêtre de la maison. Ce n’était pas un formidable point d’observation mais au moins pouvait-elle voir si de l’agitation se précisait. Pour l’instant rien de rien. Elle ne pouvait pas croire qu’ils aient abandonné si facilement. C’était trop facile. Mais autant profiter du peu de répit qu’ils avaient pour s’organiser un peu mieux. Faire connaissance aussi peut-être ? Après tout, elle ne connaissait toujours pas le nom de son sauveur. Quoique l’appeler Mister Deus pendant toute leur épopée était suffisant. À lui de voir, après tout.
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Re: Ash like snow, it's falling down from the sky ! - Lun 22 Avr 2013 - 11:09
Tu parles trop. M'enfin, je répondrais à tout ce que tu viens de me signifier une fois que j'aurai assuré que notre planque disparaisse du périmètre.

Le jeune se releva, et fit apparaître un cube lumineux et transparent entre ses mains. L'énergie s'infusa dans la forme, de plus en plus, avant de s'agrandir et de traverser son créateur et la maison. Finalement, le cube de lumière disparut après avoir englober la maison toute entière et ses alentours.

Bon, maintenant que la barrière optique est en place.. Je vais pouvoir répondre à tout ce que tu as pu m'envoyer au visage. Primo, je ne suis pas un chien. Et je suis sûrement un être au pédigrée que jamais tu ne soupçonneras.

Ah ça pour sûr, de dragon, il n'en avait que le caractère et l'attitude. Mais ces deux choses d'une, avaient pu être confirmées lors de sa confrontation passée avec le renégat, ou même simplement, cette unité armée venue les capturer. Le vol d'un dragon, au rugissement fort et profond, qui montrait aux autres que jamais il ne se laisserait faire, et ce, dans la plus grande grâce et noblesse que celle qu'incarne la victoire obtenue sans la moindre giclée de sang. Il s'étira sans gêne. Le jeune homme ne laissait aucune ouverture, malgré son attitude détendue. Ouaip, il avait le contrôle de la situation et il le faisait sentir. Finalement, il alla se poser dans un fauteuil ramena ses genoux sous son menton, avant d'enserrer la formation de ses bras et de dire :

Secondo, je suis pas un "Mec". Considère-moi comme un simple agent de Deus, c'est déjà largement suffisant. Et mon nom est Atios Arthur de Pandragon Kurokami. Pour ce qui est du fait que tu sois une renégate...

Atios se leva et se planta devant la jolie demoiselle, pour mieux pointer la poitrine de celle-ci :

Tertio, contrairement à ce que vous pensez, vous aux autres renégats, vous n'êtes qu'au fond de simple humains capricieux avec des pouvoirs qui adorent faire votre crise d'adolescence post-mortem en cassant tout ce qui se trouve sur votre route, pour espérer trouver la paix à travers cet acte. Ceci étant dit, vu que le "vieux" m'a demandé de protéger toute forme de vie, je suis obligé de te sauver la mise. Mais n'entends pas là que je l'ai fait à contrecœur. Une jolie fille qui ne demande qu'a grandir, ce serait du gâchis de la laisser mourir aux mains de militaires ex-soviétiques voulant lui coller des sondes, des électrodes ou la disséquer dans le but d'en apprendre plus sur nos différences, n'est-il pas ?

Et bien ça, c'était dit. Lyra n'imaginait pas ce que les êtres humains et les gouvernements peu scrupuleux ou frileux face à une menace inconnue, était prêt à faire (en disant à l'éthique d'aller se faire voir) pour essayer de gagner un avantage, une avancée, ou simplement pour faire avancer la recherche. Imaginez la pauvre Lyra, attachée à une table d'opération par des sangles, avec quelques chirurgiens sentant la vodka et des scies circulaires, prêts à lui ouvrir les organes pour les extraire .. Ceci n'était pas vraiment une vision très joyeuse de la beauté douce et innocente de la demoiselle, n'est-ce pas ? Il lui fit un grand sourire, amusé, en la laissant s'imaginer le sort peu glorieux qu'il lui avait évité. L'air mutin, il se penche légèrement en avant, pour mettre son visage à sa hauteur et lui faire un grand sourire, amusé et sincère, avant de dire :

Oui, ça aurait été plus simple de t'abandonner. Mais tu serais morte, si je l'avais fait. Et puis, bien sûr, tu vas me traiter de con, au vu de ta politesse, mais j'ai malheureusement pour toi, des valeurs qui me poussent à aider la veuve et l'orphelin. Et aussi ringard que ça puisse paraître, je suis sûr que tu préfères la ringardise à cette balle de sniper que tu aurais pu te prendre dans le visage si je n'étais pas intervenu. Et puis ...

Atios se redresse avant de fermer les yeux et de laisser quelques secondes s'écouler avant de rajouter, en les rouvrant, son regard beaucoup plus déterminé et sérieux :

Si je ne suis pas un mensonge, alors la volonté de Deus s'est belle est bien vue exercée en te sauvant. Mieux, je pense même avoir transcendé les différences et je pense que ça, effectivement, ça fait de moi quelqu'un que meilleur que ton ami que j'ai jeté en prison, ou que la majorité de nos apprentis-dieux revanchards qui t'auraient laissés mourir à ma place.

Bien sûr, tout ceci risquait d'être un vaste charabia pour la demoiselle et quand bien même elle en saisirait les milles-et-unes signification, pour le jeune homme, tout ceci avait beaucoup d'importance. Est-ce que Lyra s'était-elle simplement posée la question de savoir pourquoi elle existait dans un vaste univers? Atios, lorsqu'il s'était réveillé à la Deus Académia, c'était avec une simple promesse : celle de toujours protéger. Quoi, qui, comment, pourquoi ? Il n'en savait rien, sauf qu'il allait devoir se battre pour protéger. Et si Deus était si omniscient, omnipotent, alors, il l'avait créer dans un but supérieur au simple manichéisme qu'on pouvait déceler entre les renégats et les apprenti-dieux.

Oui, j'espère que j'arrive à me mettre au-dessus de vos querelles et que Deus ne se réveillera jamais. Parce que sinon, je pense que la cellule aurait été plutôt agréable, en comparaison à ce qu'il pourrait "nous" réserver.

Pour le porteur de l'épée couleur d'or, il était simple et clair que si le créateur de l'univers se réveillait en voyant son directeur faire une surprise-party génocidaire en ayant corrompu des tas de ceux qui auraient dû protéger les êtres humains, il aurait peut-être simplement une envie de tout effacer pour tenter une nouvelle expérience, un nouvel univers, sans apprenti-dieux, sans Deus Academia et sans aucune notion ou forme d'Humanité. Un univers avec "autre chose" dessus.

Et si tu ne voulais pas de cellule en premier lieu, il fallait éviter aussi de trahir Deus à la base, tu sais. Je ne prends pas plaisir à jeter qui que ce soit en prison ; sauf les "démons", ces apprentis-dieux qui laissent libre court à leurs pulsions de sangs et qui tombent plus bas que des êtres humains.

Le jeune homme au visage finement dessiné, laissa échapper une expression attristée par rapport à tout ce qu'il avait pu montrer. Une forme de vulnérabilité naïve face à l'incompréhension d'un tel comportement. Il y avait tellement de chose à avoir, que lui aurait préféré avoir, plutôt que de courir après un bain de sang pour se sentir moins trahi ou pitoyable, moins seul. Et pourtant, c'est ce qu'ils prenaient goût à faire. Les renégats n'étaient pas des philosophes qui opposaient réellement une menace d'ordre idéologique face à Deus, mais plutôt des despotes, des barbares animés d'une soif de sang grandissante, couplée à une volonté de destruction incomprise, incontrôlée. Il soupira, en se bougeant les mèches en dehors du champ de vision. Il aurait dû se couper les cheveux depuis un moment. Surtout que l'instant était propice. Il ouvrit un tiroir, par instinct, en ouvrant sa paume de main, grâce à sa magie lumineuse. Un ciseau en sortit, venant se loger dans la main de son bras blessé. Il se plaça devant la vitre et sans aucun remord, il coupa ses mèches. Un geste que personne qui lirait ces mots ne pourraient comprendre et qui avait de si forte implication que le jeune homme laissa échapper une larme avant de se sourire, les mèches plus courtes. Oui, cela lui allait. Une renaissance tardive qu'il avait songé à faire, aujourd'hui, en cet instant futile, malgré les tremblements de son bras blessé. Il se retourna alors, rafraîchi par cette perte capillaire et rajouta, l'air innocent :

Et tu veux que je me touche où, pour que tu me suives ?

Le ton était donné. Jamais il ne prendrait au sérieux la pauvre Lyra. C'était peut-être présomptueux de la part du jeune homme, mais pour lui, ils ne jouaient clairement pas sur le même terrain et c'est pourquoi Atios n'était qu'à moitié sérieux. Jamais il n'avait eu l'idée de la forcer à venir. Il était venu capturer le pyromane. Il reposa son postérieur princier sur le fauteuil, laissant son long manteau traîner par terre, comme la cape d'un roi, en sortant son portable et prenant une photo de l'inconnue. Il finit par ajouter :

Donc, tu es Lyra Vilkas, une ancienne repentie, une archiviste .. J'imagine donc que le meurtre est naturel, chez toi, que tu n'en est pas à ton coup d'essai. C'est dommage. M'enfin, j'imagine qu'on est pareil, toi et moi .. Sauf que moi, j'ai tué beaucoup de gens dans le but d'en protéger beaucoup d'autre et ce, dès que j'ai été en âge de retirer une épée dans un rocher. D'ailleurs, si tu comptes me tuer, tu peux y aller, ce n'est pas moi qui t'en empêcherait. Mais j'ai un peu sommeil, alors, il faut que je me repose.

Le jeune homme se leva, avant de se jeter sur le canapé, de toute sa longueur, les pieds dépassant vers l'extérieur, les bras derrière sa tête, les yeux fermés, paisible. Le jeune homme était sans défense et semblait simplement trop parfait pour qu'on ne le rejetât point. Il se demandait si la fameuse "Lyra Vilkas" allait en profiter pour le tuer. Ou simplement continuer de jurer et de psalmodier des phrases aussi fines que l'expression d'un charretier. Et si elle était maline, elle devait comprendre que blesser le jeune homme, c'était risquer d'endommager sa barrière optique. Le prince, allongé, semblait trop paisible, surtout en la présence d'une ennemie. Mais ses regards, ses yeux, clos ou non, ses sourires, sa présence. Il était réellement gentil. Il voulait réellement quelque chose d'heureux pour tous. Le jeune homme rouvrit les yeux et fit un sourire amical à celle qu'il s'amusait encore à protéger. Quelle saleté, ce mec. Doué, fort .. Et jolis minois. Si ça c'était pas un peu dégueulasse ? Mais de qui Deus se moque-t-il ? En ce moment, il fallait se dire que c'était de Lyra et de la situation entre les camps, en règle général. Mais pas d'Atios, pour une fois que c'était lui qui avait la paix..
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Re: Ash like snow, it's falling down from the sky ! - Mer 24 Avr 2013 - 18:58
De la lumière se propagea entre les mains du garçon. Un simple cube d’abord. Puis tout disparut, traversant la maison de part en part, éblouissant Lyra un bref instant. La lumière avait déjà disparu. Barrière optique disait-il ? Elle ne savait pas trop ce que c’était. Sans doute un jeu de lumière permettant aux dieux d’être en sécurité. Invisibles aux yeux de tous.
Elle tiqua lorsque ce dernier se présenta. Elle connaissait un tel nom. Pas le premier, Atios. Mais le second.

- Arthur Pendragon ? Tu veux dire, comme l’aut’ couillon qu’a arraché une épée d’un rocher ?

Sa connaissance du mythe était vague, cette culture était bien trop éloignée de la sienne. Elle en avait entendu parler lors de son séjour en France, une belle histoire à coucher dehors à vrai dire. Elle ne se rappelait plus des détails mais le nom d’Arthur était connu de tous. Que devait-elle en conclure ? Que ce gamin était Arthur en personne ? Impossible. Tous lui avaient vanté la carrure imposante d’Arthur, son charisme légendaire. De légendaire, il n’avait que cette épée pour le moment. Quel était son nom déjà ? Cela lui échappait. L’Histoire n’avait jamais été un domaine qui l’avait intéressée. Encore moins une histoire qui lui était étrangère.

La demoiselle s’assit dans un fauteuil, réfléchissant aux paroles du garçon. Elle n’avait jamais imaginé les choses sous un tel angle. Pas une seule seconde elle n’avait soupçonné que l’armée ne souhaitait pas les tuer mais se servir d’eux comme cobayes. Elle frissonna à cette pensée. Ce sort était bien pire que la mort. L’éternité allongée sur une table d’opération. Pas un sort davantage enviable que ce pauvre renégat jeté en cellule.

- Toi, t’es pas comme les autres. T’es trop bizarre. De toute l’académie, tu dois bien être le seul à agir comme ça… Mais si tu crois sauver mon âme en m’sauvant ou une connerie du genre, ben tu t’goures. C’est trop tard pour moi.

Elle le laissa continuer son discours. Pour peu, on aurait pu croire qu’ils étaient deux amis discutant gentiment – ou presque – autour d’une table basse. Il ne manquait que le thé pour que l’illusion soit parfaite. En vérité, ils étaient juste deux ennemis. Deux ennemis qui ne se connaissaient pas, qui plus est.
Un flash l’éblouit et la demoiselle vit un portable dans la paume d’Atios. Qu’il ne se gêne pas, surtout ! Sans qu’elle ait eu besoin de se présenter, il connaissait désormais son prénom. Merci la banque de données du conseil de l’académie. Il faut croire qu’ils n’étaient pas tous de parfaits incapables comme l’avait songé de prime Lyra.

- Toi et moi, on est pas pareil et on l’sera jamais. (Elle l’observa s’allonger sur le canapé, baudissant dessus à la manière d’un chat.) J’suis pas comme ça, t’sais. J’pourrais même plus m’regarder dans une glace si j’venais à t’assassiner. C’est que… tu m’as sauvé la vie, tout d’même alors…

Le temps sembla rester en suspens. Lyra n’avait pas fini sa phrase. Elle n’arrivait pas à croire ce qu’elle sur le point de dire. À un ennemi, qui plus est ! Elle allait dire ça à un élève de l’académie ! Elle avait bien changé depuis le temps. Toutefois, il y a des choses qu’elle ne peut délaisser. Cette vie sauvée en faisait partie.

- Alors merci, fit-elle en baissant la voix.

Il n’avait pas peur. Il semblait même lui faire confiance, laissant sa vie entre ses mains à son tour pendant ce somme qu’il désirait faire. Tuera ou tuera pas ? Voilà ce qu’il avait dû songer avant de fermer les paupières. C’était tout réfléchi pour Lyra. Elle lui en avait fait part. Il n’y avait aucune crainte à avoir.
L’idée qu’Atios dorme alors qu’ils étaient menacés lui déplaisait fortement. Il y avait la barrière protectrice, certes. Qui plus est, elle allait s’ennuyer. Elle n’allait tout de même pas se placer derrière les fourneaux pour cuisiner quelque chose, tuant le temps comme elle pourrait pendant que monsieur allait ronfler gentiment à côté d’elle. Ah ça jamais.

Elle avisa des cartes sur la table basse. Les cartes c’est bien mais jouer seule, c’est pas super. De toute façon, elle n’avait pas particulièrement envie de jouer à ça. Elle avait une autre idée en tête. Elle prit place sur la able basse, juste en face d’Atios.

- Un p’tit jeu avant que tu t’mettes à roupiller, ça t’dit ? Et puis, j’sens qu’on va devoir se supporter l’un et l’autre encore longtemps alors autant faire un minimum connaissance.

Ce jeu, elle y avait joué des centaines de fois en Russie. Pas besoin de cartes. Tant que l’autre n’était pas manchot, c’était parfait. Jouer avec Atios se révèlerait peut-être intéressant, c’était bien plus enrichissant de jouer avec quelqu’un qu’on connaissait à peine. Le seul problème était les sujets délicats qui risquaient d’être abordés par mégarde mais peu importait. Ce serait un bon moyen de connaître cet homme.

- C’est tout con. Tu places tes mains comme ça, dit-elle d’une voix calme, paumes levées vers elle. Suffit de dire quelque chose que t’as jamais fait, et si j’l’ai déjà fait, j’dois baisser un doigt. J’commence pour t’montrer. Hum… J’ai jamais dormi dans une tente. Si tu l’as déjà fait, tu baisses un doigt. C’est à ton tour.

Elle avait dit la première chose qui lui était passé par la tête. Elle n’avait jamais eu le privilège de faire du camping. Du moins, pas en bonne et due forme. Elle avait déjà dormi en forêt, en Russie, pour fuir. Mais cela s’arrêtait là. Elle n’avait pas profité de tout le confort d’une tente comme le font tous ces gosses de riches qui partent en vacances dès que l’été approche.

C’était amusant mais jouer à plusieurs était compliqué. En Russie, le nombre n’excédait pas de cinq participants et c’était déjà beaucoup. Plusieurs groupes se formaient. Cela permettait de faire mieux connaissance dans la bonne humeur. Cela les changeait de l’ambiance sinistre et triste qui régnait en permanence là-bas, dans les dortoirs.
Elle ignorait si Atios allait vouloir réellement se prêter au jeu. Mais au moins ne se ferait-il pas insulter pendant toute la durée de la partie. N’était-ce pas une récompense enviable ? La guerre des doigts pouvait commencer désormais.
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Re: Ash like snow, it's falling down from the sky ! - Mer 24 Avr 2013 - 21:24
Ouais, ce mec était un profond couillon. On lui a dit en face que s'il retirait l'épée, il perdrait son humanité. Et il l'a quand même fait. Je te jure, si je pouvais revenir à cette époque, je lui mettrais une belle baffe au visage.

Atios souriait avec tant de force, se retenant de rire. Il s'imaginait, revenir dans le temps, vers son incarnation plus jeune, en tenue d'écuyer, alors qu'il était en costume, et de se coller lui-même une baffe, qui pourrait condamner la relativité temporelle connue d'aujourd'hui. Une baffe et ça serait tout l'univers qui s'écroule... Atios se relève de sa sieste, un grand sourire, provocateur, approchant son visage pour poser son front contre celui de Lyra et la regarder droit dans les yeux.

Tu as vraiment de jolis yeux. Mais je préfère les miens. En tout cas, je ne cherche pas à sauver ton âme, ou quoi que ce soit d'autre... Si déjà je peux être sincère avec moi-même, je pense que je serais déjà vainqueur.

Être sincère avec soi-même.. Un joli objectif. Sauver tout le monde, faire de son mieux pour les autres, même s'il devait finir seul, à souffrir, à haïr cet univers tout entier. Enchaîner dans sa propre haine et sa loyauté, il étoufferait lentement. Suintant de tous les pores de sa peau son ire et sa souffrance, il continuait d'avancer, sans jamais se permettre un quelconque écart de conduite, sans jamais se laisser aller, sans jamais hurler qu'il se fêlait de l'intérieur, alors que le monde lui-même commençait à se briser, comme l'expression métaphorique de l'état du jeune homme, de plus en plus fragile. Comme un réacteur en train de fusionner, sa lumière continuait de briller avec toute la splendeur dont il pouvait faire preuve, même en cet instant d'accalmie et de paix. Le temps qu'il passe à le regarder, Atios continue de sourire.

Je doute que tu sois quelqu'un de fondamentalement mauvais. Et le fait est que tu dises que c'est trop tard me pousse à dire que tu veux entendre sûrement l'inverse. On n'est effectivement pas pareil Lyra. Tu as explosé. Moi je continue à faire tic tac.

Il retire son visage et s'éloigne, pour mieux regarder le plafond, s'étend contre le dossier du canapé. Continuer de faire tic tac .. C'était tellement ça. Jusqu'où irait-il ? Jusqu'où il s'enfoncerait dans la solitude, le mal-être, pour parvenir à rester fort ? Le prince était réellement pris dans un tourbillon où chacun le vampirisait, chacun se servirait de lui. Un palliatif, voire même un gode, en fonction des personnes. Une poupée, une chaussette, un joli jouet qu'on se fait tourner, qu'on frappe, qu'on massacre, qui se relève, qui appelle toujours à plus d'épreuve à surmonter, qui ne se permettrait pas de vaciller, ou de pleurer, de hurler. Mais arrêtons d'ameuter les loups d'un futur sombre et vorace. Le monde se briserait tôt ou tard et son défenseur avec, pour le moment, l'ordre du jour était de jouer aux cartes. Pas dans un sens pervers, du moins. Un jeu inconnu, où il fallait poser des questions à l'autre, pour savoir s'il avait déjà fait ou non des choses. L'exemple ici était ... Le camping. Il n'avait jamais campé. Parce que les tentes n'existaient pas à son époque. Il baissa un de ses doigts.

Ton jeu est rigolo. Mais je sais pas quoi te demander, du coup. J'ai ... Jamais été aimé par qui que ce soit. Parce que personne n'a conscience de mes faiblesses ou de ce que je suis au fond. En fait, je pense que je peux carrément dire que personne ne m'a jamais compris. Et toi, on a réussi à te comprendre ? Ou t'as jamais voulu qu'on te comprenne ?

Se faire comprendre, hein ... Atios avait bien voulu. Mais n'avait jamais été compris. Il était maudit. Le genre de malédiction qu'on ne pouvait pas fuir, car on en était fier. Qu'elle était une partie d'elle-même. La chevalerie, les valeurs.. Exister pour protéger, exister pour se battre pour les autres, peu importe les limites, peu importe les épreuves. Réussir, encore, toujours. Même s'il avait l'air fragile, même s'il l'était, même s'il n'était pas charismatique, même s'il était stupide, même s'il était laid... Pour l'honneur d'avoir l'épée qu'il possédait entre ses mains, il n'avait pas le choix que de devenir la perfection, le chevalier parfait, le roi aux milles et ultimes actes d'héroïsme, acclamait par les foules, comme l'ultime incarnation de la justice.. Faire en sorte que jamais, quiconque, ne regrette leur roi. Être exalté encore et encore, par-delà le passé, le présent, le futur, pour toujours continuer à se tenir debout, peu importe sa forme, pour toujours continuer à croiser le fer.

Et malgré toute la passion qui animait ce gentil être aux pouvoirs croissants et à la destinée folle, ses traits enfantins semblaient mépriser l'univers tout entier, alors qu'il pose son visage sur ses paumes de main, pour la regarder.

Dis, pourquoi tu détestes les êtres humains toi ? Ils t'ont rejeté parce que tu n'étais pas parfaitement humaine, toi aussi ?
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Re: Ash like snow, it's falling down from the sky ! - Jeu 25 Avr 2013 - 18:18
Lyra éclata de rire. Il faut croire que Atios ici présent et l’Arthur de la légende étaient la même et seule personne. Elle ne voyait pas comment une telle chose était possible. Etait-il la réincarnation-même du roi de Bretagne ? Elle ne croyait guère à ces histoires de différentes vies. Pour elle, ce n’était que de la superstition. Croire qu’une nouvelle vie nous serait offerte après celle-ci avait de quoi en perturber plus d’un. Mieux valait profiter de cette seule vie car uniquement celle-ci comptait. Elle respectait les idées de chacun. Mais elle avait son avis sur la question.
Le compliment sur ses yeux la fit rougir. Légèrement. Elle n’avait pas l’habitude qu’on lui parle ainsi. Malheureusement, la beauté de la phrase fut gâchée par celle d’après. Elle fixa à son tour les prunelles sombres du garçon. Toujours ce même regard qui semblait trop vieux pour ce jeune corps.

- Ça va les chevilles ? Fais attention ou tu pourras plus passer par la porte ! le taquina-t-elle. Mais j’avoue que tes yeux sont pas mal, mouais.

Elle ignorait si c’était réellement trop tard pour elle. Son simple choix d’avoir voulu rejoindre les renégats était la preuve qu’il n’y avait plus rien à sauver en elle. Mais c’était faux. Elle n’était pas totalement pourrie de l’intérieur. Sinon, elle aurait déjà tué Atios, qu’il lui ait sauvé la vie ou non. Elle avait encore des valeurs qui lui dictait une vie plus ou moins respectable. Ses actes n’avaient rien de plaisant. Tuer. Encore et encore. Jusqu’à épuisement. Pourtant, elle n’était pas une machine. Elle pouvait choisir à tout moment d’arrêter. Personne ne la forçait à continuer. Elle s’imposait cette hygiène de vie, par son statut de renégat. Mais tout pouvait encore changer. Si elle le souhaitait vraiment, elle pouvait revenir en arrière. Non pas effacer tout ce sang qu’elle avait sur les mains mais du moins arrêter.

Voilà qu’elle remettait en doute tout ce en quoi elle avait cru jusqu’à présent. Quoi donc ? La guilde noire ? Ses rêves de vengeance ? Pas vraiment le genre de rêves qui permettent de vivre. Tic tac ? Peut-être serait-il possible de revenir en arrière après tout ? Maintenant qu’elle avait explosé, elle ne courait plus aucun risque si ce n’est celui de suivre la voie qu’elle s’était choisie. Rien ne l’obligeait à continuer ainsi.

- Toi exploser ? J’aimerais bien voir ça. T’as l’air doux comme un agneau, incapable de faire du mal à une mouche. La preuve, t’as même pas été capable de m’abandonner parmi l’armée alors s’cuse-moi si j’doute de toi mais j’ai pas vraiment l’impression que tu sois une bombe à retardement. Tu feras jamais boum. Pas toi.

Sur quoi se basait-elle pour dire cela ? Pas grand chose. Elle ne le connaissait qu’à peine. C’était leur première rencontre. Une rencontre qui avait su jouer des étincelles, c’était vrai. Elle n’oublierait pas de sitôt le jour où elle avait été sauvée par Mister Deus. Des milliers d’élèves auraient sans doute rêvé d’être à sa place, fantasmant qu’un tel chevalier servant vole à leur secours sur un beau cheval blanc. Mais pas de cheval pour cette occasion. Juste Atios et son don incroyable pour la lumière. Atios qui bondissait comme un chat parmi les balles, évitant chacun des projectiles – sauf un – préférant désarmer ou étourdir plutôt que tuer. Un vrai prince. Charmant ? Pas pour elle.

- J’pensais qu’avec toute la popularité que t’as à l’académie, t’avais finir par trouver chaussure à ton pied.

Nouveau thème du jeu. L’amour. Lyra ne s’était pas attendue à ça. Elle n’avait pas non plus penser que le garçon avait passé sa vie sans amour. Elle l’avait cru populaire avec ses titres de noblesses. Avoir un roi en face de soi, cela devait en impressionner plus d’une et marcher auprès des filles.
La demoiselle baissa un de ses doigts. Le premier.

- J’ai déjà été aimée. Par mon frère. On n’a aucun lien de sang mais c’est comme si. On s’connaît depuis… pas si longtemps qu’ça à vrai dire. Mais j’lui fais confiance, tu vois. C’est pas d’l’amour comme les bouquins à l’eau de rose, juste l’amour que porte un frère à sa sœur. Et pour moi, c’est déjà beaucoup. Et suffisant.

Lev. Elle ignorait s’il la comprenait. À défaut d’avoir totalement réussi, au moins avait-il essayé. Mais Lyra était si complexe à comprendre que c’était peine perdue. Il était rare qu’elle se montre sous son vrai jour. Elle avait tant de facettes. Elle était l’égal d’un diamant brut brillant de mille feux. Il lui manquait juste le bon écrin, la bonne place. Etait-ce auprès des renégats ? C’était là où elle se sentait le plus à l’aise. Du moins se sentait-elle moins mal que lorsqu’elle était à l’académie, à œuvrer pour ces professeurs et ces élèves, sans jamais un merci. Beaucoup semblaient penser que les repentis n’étaient que les chiens de l’académie, de braves toutous savants obéissant au pied et à l’œil. Mais pas elle. L’occasion lui avait été offerte de changer de vie. Elle l’avait saisie.

La question concernant les humains la surprit de prime. Elle reporta son regard sur Atios. À l’entendre, lui aussi les haïssait. Du moins le dernier mot laissait présager qu’il avait beaucoup souffert sur Terre. Ces maudits humains. Le fléau de cette Terre. Elle n’oublie qu’elle en est une à la base. Toutefois, elle est devenue ainsi par leur faute.

- Tu n’es pas totalement humain ? l’interrogea-t-elle. Mais si être parfaitement humain ça veut dire ressembler à ceux qui m’ont gâchée la vie et devenir un bourreau comme eux à mon tour, alors non, j’l’étais pas.

Brève inspiration. Elle n’avait aucune envie de raconter sa vie d’humaine à ce garçon. Toutefois, il avait le droit de savoir ce qui l’avait poussée à rejoindre les renégats plutôt qu’à rester une simple repentie. Il avait droit de connaître la vérité. Elle avait préféré se salir les mains en permanence plutôt que de rester à classer des archives, un boulot ingrat dont personne n’avait que faire.

- J’les déteste parce qu’ils m’ont pourri la vie, tout simplement. Sur Terre, j’ai vécu un Enfer. J’croyais que le seul échappatoire possible était la mort mais c’est faux, y avait d’autres chemins, d’autres possibles. J’ai rassemblé mon courage et j’ai fui. Et pour survivre, j’ai fait la seule chose que je savais faire car vu des milliers de fois. Tuer. C’est à cause d’eux si j’suis ainsi. Tout est leur faute. Alors maintenant, ils récoltent juste ce qu’ils ont semé. Œil pour œil…

Dent pour dent. La loi du Talion. Tout était la faute de ces humains. Si seulement les deux frères russes l’avaient laissée crever là, dans cette poubelle, ordure parmi les déchets, plutôt que de la ramener avec eux dans ce qui ressemblait à un camp de la mort. Si seulement. Mais il était trop tard pour réécrire le passé. Seul l’avenir comptait à présent. Avancer. Elle leur faisait payer leurs actes d’antan grâce à la mort qu’elle leur offrait comme cadeau. Un bien beau présent. Elle les condamnait tous pour la folie d’une poignée d’entre eux.

- Tu les détestes aussi alors ? Pourtant, avec tous tes beaux discours, j’aurais cru le contraire.

Difficile de cerner totalement Atios. Elle le connaissait à peine. Elle ne savait pas quoi penser sur lui. Il semblait avoir un trop lourd fardeau à porter seul. Un poids trop lourd pour ses épaules frêles. Lyra ignorait de quelle nature exacte était cette responsabilité. Elle ignorait même si elle pouvait l’aider. Mais elle avait en face d’elle un ancien roi. Les grandes décisions, il connaissait. Il ne semblait pas y avoir grand chose à faire pour le soulager. Hormis peut-être continuer de discuter avec lui. À elle aussi, cela lui faisait du bien. À la guilde noire, elle ne connaissait pas grand monde. Bonjour, au revoir et c’était tout. Des partenaires le temps d’une mission puis chacun reprenait sa vie de son côté.

- Jamais eu l’occasion d’aider qui que ce soit. Ou plutôt, jamais eu l’envie.

Point facile pour lui. Il lui avait sauvé la vie alors oui, elle trichait un peu. Cela se verrait à peine. Et même si c’était le cas, tant pis.
Son regard se perdit par-delà la large fenêtre du salon. L’endroit était bien éclairé. L’agitation de l’extérieur semblait s’être calmée. Mais difficile d’en être réellement sûre avec cette barrière lumineuse.

- On va rester là encore longtemps ?

Un peu, ça va. Mais Lyra était une femme qui avait besoin d’être en perpétuel mouvement. Rester ici la frustrait. Elle avait l’impression d’être inutile. Si seulement elle pouvait mettre un pied dehors, elle pourrait faire quelques dégâts du côté de l’armée. Pas sûr qu’Atios approuve une telle initiative. Mais la demoiselle n’avait aucune envie de rester ici confinée pour le restant de ses jours, avec pour seul présence celle du garçon. Leur situation pourrait être bien pire, il ne faut pas l’oublier. Ils auraient pu finir en rat de laboratoire.
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Re: Ash like snow, it's falling down from the sky ! - Ven 26 Avr 2013 - 14:48
Je ne disais pas qu'ils étaient forcément beaux, tu sais. Je disais juste que j'appréciais les miens comme ils étaient... Enfin, merci du retour du compliment.

Ses yeux, ils n'avaient rien de spéciaux, rien d'anormaux, non plus, les trois quarts du temps. Mais il les aimait simplement pour ce qu'il lui permettait de faire : voir. Imaginez vivre en aveugle ? C'est pas forcément la situation la plus confortable. Et même si on perdait la faculté de voir des milliers de choses horribles en perdant sa vue, il était clair qu'à côté, quiconque préférerait avoir la vue de l'univers en son ensemble plutôt que de perdre la chance de voir quelque chose de joli un jour. Et puis, il ne savait plus qui avait théorisé la beauté dans la laideur et le fait qu'une part de beauté résidait en tout, mais il savait aussi qu'il n'y avait pas de fumée sans feu. Et l'exemple le plus probant de ce feu et de sa fumée, c'était bien la présence de Lyra en face de lui. De la à considéré Lyra (la russe, même s'il ne le savait pas), comme un feu, le métaphorique paradoxe n'était alors éloigné que d'un pas.

Tic tac, tic tac, tic tac. Ne dit-on pas qu'il faut se méfier de l'eau qui dort? Je me considère comme idéologiquement parlant, plus lucide que le directeur dépressif fumant sa clope dans son nouveau bureau souterrain en faisant tourner un globe du haut de son majeur.

Lucide ? C'était un mot accessoire pour camoufler "haine". Mais ça allait bien avec la différence qui séparait Isanagi, les renégats, du jeune homme, qui continuait, malgré ses sentiments et ses raisons parfois plus valables que celle qu'avaient ses ennemis, de s'occuper de défendre les Humains, qu'il détestait tant. Mais est-ce qu'il ne faisait que les détester ? Atios reprit alors, le visage ingénu, sincère et sérieux :

Je suis conscient de l'égocentrisme, de l'égoïsme, de lâcheté, de la stupidité, du comportement des êtres humains. Mais tuer son prochain, le blesser, sous couvert qu'on a soit même était blessé, n'est-il pas simplement se comporter comme eux ? Crois-tu qu'un génocide effacera le mal qu'on a pu te faire, me faire, le mal qui se trame en ce moment-même, où celui qui se loge depuis bien longtemps au fond de nous-même ?

N'était-ce pas un poil trop séquence émotion ? Bon, si, admettons. Cela sonnait un peu faux, si on le prenait avec humour. N'en restait pas moins qu'il pensait sincèrement ce qu'il disait et que c'était ce pourquoi, rejoindre Isanagi ne l'avait jamais intéressé. Le trahir pour mieux démanteler sa mascarade, oui ; quitte à le rejoindre d'abord. Le bien à tout prix... Conjugué à la formule "on a rien, sans rien", c'était acceptable et logique. Bien sûr, le père de son ancienne dulcinée avait soit été malin, soit il l'avait rejeté par simple rejet de son "possible futur gendre". Dans tous les cas, cette solution s'était écartée d'elle-même.

Je ne dis pas que pardonner ou faire ce que je fais est la voie la plus facile, gratifiante, ou la moins douloureuse. Je ne dis pas non plus qu'on me remerciera pour ce que je fais.. On a même tendance à plutôt me voir mal, à l'école. Mais le fait est que tout comme les êtres humains, nous autres apprentis-dieux, possédons une âme similaire. C'est à nous de choisir ce que l'on veut être. Un être qui aide son prochain ou qui les tues de sang-froid, sans aucun état d'âme pour ceux qui les aimes.

Atios ne pouvait plus faire de mal gratuitement. Parce qu'il était trop réfléchi pour ça. Et trop gentil dans le fond. Dès lors qu'il voulait blesser quelqu'un, ou même tuer, il ne pouvait s'empêcher de souffrir pour tout ceux qui pourrait souffrir de ses mauvais actes.

J'ai tué. Encore, et encore, et encore... Dans le but de protéger, des tas de gens. Mais j'ai réalisé que pour chaque vie que je tuais, je brisais encore plus de personnes autour de moi. Le cycle de la haine se perpétuera, encore et encore, pour chaque perte, chaque vie brisée par la souffrance. Pour que la paix puisse espérer un jour exister, il faudra sûrement des sacrifices, mais pas des innocents.

Des sacrifices... Bizarrement, on aurait presque pu dire que c'était de lui qui parlait de son propre futur. Être un sacrifice pour les autres ... Quelque part, toute sa philosophie reposait sur l'acte d'agir gratuitement et intelligemment dans l'intérêt des autres. Malgré ses peurs, il n'avait pas hésité à tenter de rejoindre la guilde noire dans l'unique but de protéger le reste de l'univers, de ses partisans. Et il ne regrettait pas d'avoir échoué, puisqu'il avait eu le courage d'accuser ensuite, le regard de l'académie, qui était perdue à son sujet, pour expliquer ce que Isanagi allait faire des gens qui le rejoindrait. Des bouchers qui s'enfonceraient plus bas que ceux sur qui ils voulaient exercer une futile vengeance.

Je ne peux pas tuer. Je n'ai jamais réussi à prendre plaisir à le faire. Mais étrangement, ce qui caractérise un héros, c'est le nombre d'ennemi qu'il a pu mettre à mort au nom d'une noble raison. Alors je ne renie pas le fait que plus tu te bats, plus tu prends plaisir à devenir une machine à exterminer... Cependant, si tu gardes à l'esprit le mal que tu fais, tu te rendra bien compte que tuer n'est pas plaisant, si tu n'es pas quelqu'un que tu veux abattre..

Se battre... Se battre, encore et encore. Que ce soit physiquement ou pas, une fois que l'on avait appris à regarder ses propres efforts avec le sourire, cela était comparable à l'ivresse du plus fin des vins et à l'alcoolémie. Si chaque effort raisonnait comme un tintement de lame a lame, ce son était alors comparable au bruit qui émanait d'un carillon, qui retentissait encore et encore avec fierté d'avoir pu sonner. N'y avait-il pas plus belle récompense que de voir ses efforts récompensés ? Et même si ceux-ci pouvaient trahir nos espérances, les efforts finissaient tôt ou tard par servir. C'est pourquoi il n'arrivait pas à s'arrêter, esclave de sa propre volonté de bien faire, de voir sourire. Et même si son caractère n'était pas toujours facile à vivre, même si par moment, lui aussi, devait fuir pour se protéger, cela ne changeait pas. D'autres, s'enfonçaient dans la vinasse et le tabagisme actif, d'autres continuaient de se battre. Chacun sa voie.

Alors oui, je ne sais pas si un jour j'exploserais, parce que je réfléchis trop pour ne pas incrémenter le compteur qui se vide, mais je ne suis pas capable de voir l'avenir. Je ferais juste de mon mieux pour ne pas trébucher.

Et bizarrement, même s'il arborait une expression bien différente de celle qu'il avait pu porter lorsqu'il se battait, il semblait qu'en fait, il n'était pas si différent de lorsqu'il bondissait, glissait dans les airs, tenant Lyra et son épée, lançant ses sorts et affrontant l'adversité. Quant au fait d'être populaire...

Et puis, je ne suis pas vraiment si populaire que ça. Ma pointure est trop compliquée pour qu'on puisse s'y satisfaire. La première avec qui je sortais, elle a fini en train de picoler et de fumer près de la piscine de l'école parce que je ne voulais pas rester avec elle et car je ne me sentais plus en sécurité avec. Donc non, je suis pas prêt de vouloir me rechausser. Trop occupé pour ça, de toute façon. Occupé à sauver les renégats de l'armée soviétique, par exemple.

Occupé .. C'était sûrement la raison que l'on pouvait énoncer pour expliquer la rupture de ce duo qui avait eu l'air de couple parfait, de couple d'apparat. L'un trop occupé à rester dans son bureau à faire de la paperasse, l'une occupée a ... A ne rien faire dans sa chambre et à attendre que ça passe. Ouaip, plus il y repensait, plus il était clair qu'en fait, il avait eu raison de se barrer. Tout était vraiment trop mal parti pour qu'il ne faille pas lâcher le mauvais bout, quitte à le reprendre correctement plus tard, en amitié. Et quant à la vie de Lyra..

Œil pour œil, dent pour, un mal pour un mal. Mais avant ça, il est dit dans ce même ouvrage : "pour accompagner le règne des justes sur la terre, afin que le fort jamais ne brutalise le faible."

Et c'est ainsi que par la citation du même auteur, Atios venait de démontrer à Lyra que la vengeance n'était pas la justice. La vengeance prenait, encore et toujours, sans jamais rendre quoi que ce soit, sauf un sentiment de vide et un appel supplémentaire à la vengeance. En définitive, de toute manière, l'homme avisé suis sa propre direction et ne reste pas sur la vengeance, il avance et se bat pour protéger ce qu'il possède encore.. En l'occurrence, Deus leur avait redonné la vie qu'ils n'avaient pas eut la possibilité d'avoir, la chance de vivre comme il l'entendait en échange d'un service. Pour Atios, ce service avait toujours été une philosophie. Lyra, c'était de s'occuper des archives. Et même.. Un service qui n'était pas obligatoire. Quant on voyait l'utilité de certains membres du conseil, il était sûr et certain que le service que les gens offraient en servant Deus n'était pas le genre de travail dont on se faisait licencier pour absence.

Concernant les mouvements à l'extérieur ... Et le fait qu'elle lui offrait un point, en voulant sortir d'ici... Atios baissa un doigt avant d'ajouter : ▬ Je sais pas. C'est à toi de voir, j'imagine qu'en ce moment, la zone est quadrillée par des unités de soldats, des hélicoptères et qu'ils nous cherchent. D'ici quelques heures, ils devraient être partis dans la direction qu'on a emprunté.

Une question à poser. Qu'est-ce qu'il n'avait jamais fait ?

Je n'ai jamais vécu en paix là où je le désirais avec les gens que je désirais. M'enfin. Tu vois, être gentil avec les autres, ça ne coûte pas grand chose... Regarde...

Le jeune homme attrapa doucement les épaules de la demoiselle pour la serrer dans ses bras. Fraternisation avec l'ennemi, Colombe faisait tourner sa faux dans son bureau. Mais le fait est que de cette simple étreinte, rien sauf la sérénité et la paix, n'en réchappait. Aucun conflit, aucune souffrance.

Pardonner est beaucoup plus dur que de se venger. Utiliser ses bras est beaucoup plus dur que d'utiliser une arme. M'enfin, j'imagine que tu es en train de te dire que je suis collant et chiant.
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Re: Ash like snow, it's falling down from the sky ! - Sam 11 Mai 2013 - 17:21
Un coup de poing vint cueillir le nez d’Atios. Du sang maculait les doigts de Lyra. À quoi s’attendait-il en allant l’étreindre ? Il pensait vraiment qu’elle allait lui sauter au cou, tout sourire, heureuse de se faire câliner par l’ennemi ? Quel idiot. Le geste avait été fulgurant. Sans crier gare, elle l’avait frappé. Un coup. Un seul. Elle n’en voulait pas à sa vie, juste lui rappeler où était sa place. Et certainement pas dans les bras de Lyra.

- Me touche pas, toi ! siffla-t-elle. Garde tes câlins pour les autres mais pas pour moi !

La renégate n’appréciait guère les contacts physiques. Et voilà le brun qui débarquait, fier de ses paroles, de son beau discours, la prenant dans ses bras ! Non, non et non ! Trop c’est trop. Elle voulait bien supporter Atios pour quelques temps, lui laisser la vie sauve en échange de ce qu’il avait fait pour elle mais de là à fraterniser avec l’ennemi, il ne fallait pas abuser, tout de même. Il y avait certaines limites à ne pas dépasser.
La demoiselle se rassit sur le fauteuil, attrapa un mouchoir et s’essuya la main. Et pour le nez du garçon ? Qu’il se débrouille. Il l’avait bien cherché, après tout. Il semblait parfois oublier qu’il dans la même pièce qu’une renégate. Au moins ce charmant coup de poing lui remettrait-il les idées en place.

- J’ai déjà vécu en paix. Pas longtemps. Parce qu’après, j’suis morte. Et tu vois, si Deus n’avait pas voulu jouer les gentils en m’ramenant à la vie ici, ben j’aurais p’têt erré pour l’éternité, j’sais pas trop c’que ça fait quand on meurt vraiment, sans s’réincarner à l’Académie. Mais ça peut pas être pire que d’être ici.

Elle baissa un doigt. À croire que la récente violence dont Atios avait fait les frais était déjà oublié. Elle s’était vite remise dans le jeu, laissant le gamin se débrouiller seul avec son nez rouge.

- C’pas croyable. Dire que c’est l’armée de mon propre pays qu’est à mes trousses, s’amusa-t-elle. Tu crois que si j’sors leur dire deux-trois mots en russe, une bouteille d’vodka à la main, ils nous laisseront filer ?

Elle n’y croyait pas un seul instant. Cette situation la faisait bien rire. Pendant son enfance, elle avait toujours espéré l’intervention de l’armée soviétique, la sortant de cet Enfer qui était son quotidien. Elle avait eu beau attendre, personne n’était jamais venu. Mais voilà qu’aujourd’hui, alors qu’elle vivait une nouvelle vie, loin de la Russie, ces bons à rien la traquaient. Du grand n’importe quoi. Et dans quel but, d’ailleurs ? L’étudier à la manière d’un animal ? À choisir entre passer sa vie dans une cage, des électrodes posés sur tout le corps ou devoir supporter un peu plus longtemps Atios, le choix était facile.

- J’espère vraiment que ta p’tite barrière de lumière nous lâchera pas quand ils approcheront. Sinon, on s’ra dans la merde. (Un temps.) Et au pire, si jamais ils nous chopent, ben tu pourras toujours leur faire une p’tite démonstration de tes talents d’chevalier, Sire Pendragon, non ?

Il venait lui-même avouer qu’il avait déjà tué. Lyra avait du mal à se faire à cette idée. `le voir ainsi, frêle, fragile, il ne donnait pas l’impression d’un grand roi. Pour elle, ce n’était qu’un gamin. Un gamin qui pouvait très bien l’envoyer moisir dans les geôles de l’académie mais un gamin tout de même. Un môme à qui elle remettait sa vie entre ses mains. Elle lui faisait plus ou moins confiance. Moins davantage que plus. Malheureusement pour elle, elle ne pouvait pas faire autrement. Si seulement elle ne s’était pas faite attrapée dès le début, elle n’en serait pas là. Mais inutile d’avoir des remords, ce n’était pas ça qui lui permettrait de changer le passé. Elle n’y pouvait rien. C’était ainsi.

C’était la première fois que Lyra entendait la suite de l’adage « Œil pour œil, dent pour dent ». Elle ignorait même que cette phrase du quotidien ait une suite. Elle l’avait entendue maintes fois, l’avait reprise ensuite. C’était aussi simple que cela.

- T’as l’air d’aimer les citations, toi ! En v’là une autre : la fin justifie les moyens. Crois pas que j’prends un quelconque plaisir à tuer cette vermine d’humains, j’fais mon taf, c’est tout. T’façon, ça fait trop longtemps que ces ordures vivent. Ils ont gâché leur existence à souiller tout c’qu’ils touchaient, c’est normal qu’ils payent pour tout ça.

Elle ignorait qui avait un jour dit cette belle phrase. Un philosophe italien, voilà tout ce qu’elle savait. Son nom exact ? Inutile de trop lui en demander. Le mot philosophie était déjà assez vague pour elle, pas la peine de l’embrouiller davantage.
Elle revint au jeu, réfléchissant à quelque chose qu’elle n’avait jamais fait. Cela ne devrait pas être trop compliqué à trouver. De son point de vue, elle n’avait jamais rien accompli d’important de son vivant. Elle n’était pas comme ceux qui ont eu l’honneur de faire de grandes choses. Un peu comme Atios, d’ailleurs. Être roi, ce n’est pas rien.

- J’ai jamais goûté d’beurre de cacahouète.

À nouveau, elle avait dit la première chose qui lui était passée par la tête. Elle n’avait pas cherché compliqué. Si seulement elle avait pu mettre un jour les pieds aux Etats-Unis, au moins aurait-elle pu en goûter. Peut-être n’était pas trop tard. Il n’est jamais trop tard pour quoi que ce soit.
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Re: Ash like snow, it's falling down from the sky ! - Dim 12 Mai 2013 - 19:03
Fendant l'air,, la main du jeune homme vint se poser sur le poignet de la demoiselle. Mais il était trop tard. La position dans laquelle il s'était tenue lui avait empêché d'être assez rapide. Peu importe à quel point ses réflexes étaient aiguisés, il savait aussi à quel point il était inopérant une fois désarmé. Trop habitué de tenir une arme et de se défendre avec. Mais il se promit aussi de faire attention à la demoiselle ; il avait su qu'elle réagirait mal, mais il ne pensait pas qu'elle frapperait avec autant de précision son nez. Son sang maculant la main de la demoiselle se mit à crépiter doucement, en même temps que celui qu'il laissa, sonner s'écouler sur son visage. C'était la première fois que quelqu'un parvenait à lui faire saigner du nez, d'ailleurs. Qu'à cela ne tienne, il n'avait pas l'habitude non plus d'avoir affaire à des gens farouches comme Lyra. Même ce fieffé coincé de Shaad n'avait pas bronché. Et ça faisait mal bordel. Il se recula lentement, en se tenant le nez. En plus, son sang pétillait vraiment.. Bon sang, c'était la première fois qu'il se rendait compte que son sang de dragon POUVAIT faire ça. Mais les étincelles s'éteignaient bien vite. De toute manière, alors que Lyra s'était essuyée, elle avait mis fin au pétillement chaud du sang. Quant à celui du visage d'Atios, le jeune homme se laissa reculer un peu plus sur le canapé. La douleur physique était .. Peu commune. Il avait déjà reçu des coups d'épée, il s'était fait pendre, enchainé, lynché.. Mais le visage, c'était nouveau comme zone sensible. Et puis, le sang s'était arrêté de couler naturellement, sa magie et son corps s'affairant à l'effort pour mieux réparer les capillaires éclatés.

Aussi, il ne chercha même pas à s'essuyer, trop surpris pour pouvoir réagir. Il se tint la poitrine, crispé. Bon sang, c'était donc ça, de se faire jeter. Il ne comprenait pas ce que c'était, parce que ça n'avait jamais eu lieu jusqu'à maintenant. Il sourit, amer. Trop prudent. Il avait baissé sa garde, il était à blâmé. Il sourit davantage en se disant que Lyra était plus intéressante qu'une simple renégate. Plus vaste qu'une simple affiliation. Il se laissa aller encore plus en arrière, les yeux partant vers le plafond, ses mèches se mêlant devant son visage, rejoignant la trainée rouge sur son visage, qu'il avait totalement oublié. Ce que ça fait de mourir... Qu'est-ce que ça peux bien faire ? C'était un peu comme ce coup de poing qu'il avait reçu. En plus long. En plus langoureux. En plus lancinant. Il revoyait cet univers de gris, cette mer où il n'avait plus rien à faire et nulle-part où aller. Peut-être que pour quelqu'un sans foi, il n'y avait simplement rien autre que le vide de l'univers à affronter. Combien de fois était-il mort ? Depuis son arrivée à l'école, c'était assez fou le nombre de fois qu'il avait pu affronter la mort.

Mourir et ne pas se réincarner, c'est faire face au choix d'abandonner ou de lutter. Et après, seuls le vide et l'éternel te font face. J'ai eu le droit de revivre plusieurs fois la vie d'Arthur Pendragon de Bretagne. Et j'ai jamais pu changer l'issue de sa vie. Finalement, il a décidé qu'il valait mieux abandonner et avancer. Et après, il a vécu d'autre vie. Et parmi sa ligne de descendance, je suis né. Et il semblerait que malgré mon éloignement avec lui, mon corps fut assez fort pour rappeler Excalibur quand j'en ai eu besoin. Mais utiliser de la magie sous forme humaine m'a tué. Et après .. Eh bien, il s'est passé deux ans. Sans que je ne puisse rien faire, sauf voir le monde continuer d'avancer. Sans pouvoir avancer ou me réincarner. Et j'ai fini par me réincarner, après deux ans, à l'académie.

Atios n'avait pas eu une existence aussi plate et sommaire que les autres. Elle avait passé par de nombreux chemins, tortueux, liées à celle de ses ancêtres qu'il incarnait encore aujourd'hui. Peut-être qu'Arthur Pendragon continuait de rêver de son descendant dans lequel il s'était réincarné. Bien plus faible, chétif, innocent... Qui était aujourd'hui la somme de son passé et de son futur. Il avait parlé en réponse à Lyra, mais il l'ignorait complètement. Le coup résonnait encore en lui, l'amertume salée du sang encore sur ses papilles gustatives, coulant depuis ses voies respiratoires jusqu'à sa gorge, vestige d'un coup qui s'était déjà soigné. Et la suite le fit sourire encore plus. Elle était spontanée. Assez pour qu'on puisse aussi se dire qu'elle était stupide. Elle devait vraiment avoir foi en les valeurs d'Atios, mine de rien. Espérer se faire sauver par quelqu'un qu'elle venait de frapper et de repousser, c'était assez incroyable. Autant la victime avait vraiment surpassé la guerre, autant l'agresseur avait surpassé la paix. Et selon vous, quelle est la bonne attitude à prendre ? Vous venez de vous faire frapper pour votre bonne volonté, vous venez de vous faire étaler et rétamer et la personne en face de vous compte sur votre gentillesse? N'est-ce pas cruel quelque part et profondément humain que d'espérer le meilleur des autres en étant incapable du meilleur ?

Le pardon, divin ? Sûrement. Atios, Humain ? Assurément, mais il n'allait pas pour autant se laisser aller dans la vengeance. Bien sûr, il en voulait à Lyra. L'inverse aurait été totalement effrayant, vous ne trouvez pas ? Presque du masochisme quelque part. Mais il connaissait bien le cycle de la haine. S'il voulait rester cohérent face à ses valeurs, ses philosophies, il devait la pardonner. Et s'il voulait rester cohérent envers ses propres sentiments, il devait être honnête et lui dire. Mais à quoi bon ? Elle en rirait davantage. Mais après tout, il était le héros gentil-bête-stupide peut-être attachant ici. C'était son rôle que d'avoir l'air naïf.

Je n'aime pas me faire frapper. Ni me faire jeter. M'enfin, j'imagine que ça devait bien arriver un jour. Reste que je.. N'aime pas.

Il avait été honnête envers lui-même. Bon sang, sortez la vodka, Miss Lyra ! C'était la première fois qu'il était honnête. Bon, devant une ennemie, c'était peut-être encore plus con que d'avouer que son cœur était faible, mais après tout... C'est en se rendant compte de sa propre vulnérabilité que l'on sait faire face.. Source ? Mon cours de philosophie que je dois apprendre pour demain matin. Et Rousseau, il me semble.

Pour ce qui est de l'alcool et des parlementions, crois-moi, chaque pays en contact avec les renégats se sont amusés à former des sections armées impitoyables, delon les renseignements que j'ai eu. Les américains ont déjà fait des progrès sur leurs armements. Et les soviétique, ils me semblent qu'ils aimaient déjà les travaux génétiques avant que les renégats ne s'amusent à faire des balades bucoliques en Russie. Voir des super-soldats dans leurs rangs ne me choquerait pas, en somme.

Un être humain normal, de base, était déjà un être particulièrement dangereux. Ses capacités physiques étaient déjà limitées pour éviter qu'il ne se blesse trop en forçant sur celui-ci, mais si les autorités des divers pays parvenaient à créer des armes biologiques capables d'utiliser des capacités proches du contrôle des limites, ils avaient largement de quoi inquiéter les apprentis-dieux les plus faibles et fougueux. Le savoir des hommes était la plus puissante des armes dont ils se servaient. Croire qu'ils étaient sans défense, c'était se mettre le doigt dans l’œil. La science politique avouaient clairement que le faible avait parfois plus de force que le faible. Mais Atios releva son visage pour faire face à celui de Lyra.

Donc, je dois continuer de t'aider malgré que tu m'aies frappé. Tu en attends quand même énormément de la part d'un ennemi, tu ne trouves pas ? Sachant que je pourrais effectivement me débarrasser de nos amis les Soviétique avec beaucoup plus de facilité sans toi dans les bras. Sans parler du fait que je peux partir d'ici beaucoup plus facilement sans toi, te laissant dans les mains de tes anciens compatriotes.

Un ton glacial. Froid. Méthodique. Calculé. Logique, pragmatique. Mais même s'il disait ça, cette idiote et lui savait déjà tous les deux qu'il était obligé de l'aider, malgré la blessure infligée. Mais après tout, Atios était en recherche de surpasser sa légende passée. Atios, en tant qu'hériter du titre du roi des chevaliers et Dux Bellorum, savait les limites de son art. Quelqu'un l'avait dépassé en terme de pureté. Un autre, l'avait dépassé en terme de perfection martiale. Ses anciens chevaliers, unies sous son règne, comme ses piliers. Il regrettait toujours de n'avoir pu les sauver. De changer quelque chose au passé. Mais il fallait bien avancer. Encore et toujours loin. Le coup de poing et Lyra étaient soudainement devenue totalement invisibles à son regard. Même s'il la fixait droit dans les yeux, son regard portait loin. Beaucoup plus loin que la maison et son interlocutrice, que la situation. Sa réponse par des citations finit par le faire tiquer. Ils méritaient de disparaître...

Si le mal existe dans ce monde, il réside dans le cœur de ceux qui sont capables de choisir.

Ce n'était pas exactement la bonne citation, mais le message était toujours le même. Le taf, ne justifiait rien. S'il faisait strictement son "taf", Lyra serait déjà morte. Non, se cacher derrière son rôle était beaucoup trop simple.

Si te justifier par un travail te suffit, j'imagine que ça montre le niveau où tu te situes. C'est pratique, comme argument, j'imagine que l'armée qui n'est jamais venue te sauver avait le même genre de raisonnement. Pas d'ordre, pas d'intervention. Laissons les autres décider pour nous et ne réfléchissons pas. Ne choisissons pas. Ne pas se mouiller, c'est plus facile que de faire face aux autres par ses propres décisions.

Lyra venait de se faire battre en brèche. Mais Atios sourit. Il avait trouvé sa vengeance. De toute manière, il savait aussi qu'ils allaient bientôt bouger. Il regarda furtivement son téléphone. Ils avaient vraiment décidé de les faire sortir de leur cachette avec des grands moyens.

Je n'ai jamais volé de baiser par vengeance.

Il baissa son doigt, puis, il s'approcha de Lyra et fit ce qu'on allait sûrement lui reprocher à l'unisson cette marque d'irrespect un peu folle et passionnée. De toute manière, il était un roi et il avait sauvé la vie de Lyra. Et il comptait continuer de le faire. Un petit baiser volé par jeu et par vengeance, ce n'était pas le genre de vengeance terrible qu'il aurait à se reprocher. Passionnant, passionné, langoureux et rapide, il retira sa bouche avec un air provocateur et narquois, fier de lui. Il releva son majeur dans un geste profondément impoli mais qu'universellement, Lyra comprendrait.

Eh, la Matriochka, ça c'était pour mon nez. Et puis, considérons ça comme une découverte de la Russie profonde, mon avion était passé au-dessus à l'époque, aha. Bref, on va décamper. Parce qu'ils sont légèrement plus tenaces que d'habitude et parce que tu as foiré.

Tu as foiré ? Eh bien oui .. Le coup de poing dans son pauvre nez lui avait fait oublier la barrière quelques secondes, rompant sa concentration suffisamment longtemps pour qu'un soldat eut cru qu'il avait abusé de la vodka si chère à ce peuple éloigné du monde occidental. Ils approchaient donc bien décidés à les faire sortir de leur cachette. Atios fit craquer ses jointures.

Et ce coup-ci, j'ai l'autorisation de me défendre un minimum, parce qu'ils nous ont envoyés autre chose que de gentils petits soldats normaux. Je ne veux même pas savoir avec quoi ils ont été allaités, mais j'imagine que ça tourne dans les anabolisants et la méta-amphétamine de guerre. Alors après qu'un roi t'ai volé un baiser, tu vas en plus devoir le suivre si tu veux pas finir dans une salle de chirurgie exploratrice où ils te feraient de l'ablation.

Ne la laissant pas réagir, il l'attrapa dans ses bras, la couchant dans son côté gauche. Des particules de lumière s'échappèrent autour d'eux, alors qu'il bondit à travers une fenêtre, flottant pratiquement dans les airs. Et à l'extérieur ? Eh bien .. C'était assez simple. Des soldats. Et plus que tout à l'heure. En formation serrée. Armes en joues. Comme des lignes d'infanterie. Ils visèrent.. Tirèrent.. Et une pluie de plombs se répandit dans les airs, autour d'eux.

Sifflant contre les défenses du dieu de la lumière, le fameux Sire Pendragon, de sa main libre, traça quelques symboles dans les airs. Des pentacles lumineux apparurent autour de lui et laissèrent s'échappèrent des projectiles lumineux, semblable en forme en des boules de feu. Et elles eurent le même effet, en allant frapper les formations de soldats qui se retrouvèrent dans un enfer magique et lumineux. S'élevant dans les airs en rebondissant contre des cercles de lumière qui lui servaient de plate-forme, il fit face aux lignes ennemies, qui se dispersaient pour tenter de le déborder, même s'il était clair que déborder une apprenti-divinité capable de se servir un minimum de ses pouvoirs était assez compliqué. Visant de sa main, autour de lui, des faisceaux lumineux partirent et et s'abattirent comme une petite pluie, sur diverses zones du champ de bataille, frappant des soldats isolés dans leur course dans des déflagrations de lumière.

Le jeune homme leva une main au ciel, pour former une sphère de plus en plus grande, comme un soleil. Celle-ci atteint un point critique. Et une pulsation plus tard, elle se transforma en nuée de projectiles explosifs et lumineux, qui continua de semer le chaos sur les pauvres hères envoyé au massacre. Déjà, certains commençaient à fuir, incapable de répliquer face à cette entité flottant dans les airs et les attaquant sans même s'exposer. Néanmoins, à nouveau, les lignes se reformèrent suite à l'arrivée en hélicoptère de nouveaux soldats qui étaient différent de ceux qui tentaient de s'enfuir. Ils étaient plus grand, plus massifs. Et aussi, mieux coordonnés et équipés. Le jeune dieu fut forcé de battre en retraite dans le sol et les airs, puisque Lyra et lui étaient poursuivis par des tirs de roquettes. Et ça, c'était pas cool. Surtout quand elles étaient en groupe. Et même avec tous les efforts du monde, Atios ne volait pas, ni ne flottait. Il ne faisait juste que se créer des plates-formes pour se déplacer dans l'espace. Il soupira. Obligés d'utiliser ses sorts les plus complexes, la jeune demoiselle et lui commencèrent à se déplacer de plus en plus vite.

Accroches-toi. Je compte me défendre à l'épée contre ces types. Je vais pas jouer avec eux, ça serait risqué pour nous.

Et hop, l'accélération fut brutale, ils se déplacèrent de plus en plus vite alors que l'épée d'or venait de réapparaître dans les mains du jeune homme. Comme une comète, derrière eux, des reflets de leur propre image restaient dans les airs, couleur d'or, tandis que le jeune homme désarmait ou blessait les soldats, incapable de réagir ou de se défendre face à cet être qui n'avait pas piqué sa formation de divinité dans une chorale. Clac, clac, clac. Les super-soldats russes se défendaient bien mieux, armés de leurs couteaux de combat. Mais leur armure était la seule chose qui leur permettait de ne pas se faire battre facilement. Le jeune homme et sa lame dorée finissaient par les couper. Excalibur se mettait à briller de plus en plus fort et semblait passer au travers des lames et des combinaisons renforcées comme dans du beurre. C'en était presque déconcertant. Un gamin ? Oh non. Le jeune homme se battait sans prendre réellement de plaisir, mais avec un sourire amusé, habitué, méthodique. Ils ne valaient pas ses anciens sparing-partners. Lyra devait pouvoir apprendre beaucoup de choses en le regardant, se battant contre les soldats. Mais de là à pouvoir copier le style de son sauveur, il était peu probable qu'elle y parvienne avec précision pour le moment. Même en étant observateur, il fallait comprendre le cœur de celui qui se battait pour pouvoir reproduire un instinct acéré comme celui dont il faisait preuve. Mais la déesse ennemie allait forcément apprendre au contact de celui qui avait l'air, soudainement, tout sauf le gentil gamin gringalet.

Atios aurait pu tuer ses ennemis depuis le début. Même avec ses sorts. Excalibur tirait des vagues de lumières provoquant des explosions sourdes autour d'eux, brûlante, dangereuse.. Les feux de la guerre se répandaient en même temps que la tempétueuse et lumineuse vindicte de l'impétueux vice-président du conseil. C'était comme s'il faisait danser Lyra sur une vaste piste enneigée. Elle avait accès à tous les détails de cette scène surréaliste, en qualité de témoin, comme tout à l'heure. Et cette fois-ci, son sauveur n'avait pas fait de quartier. Ses coups ne partaient pas pour tuer ou blesser, mais la puissance de ceux-ci avait réellement fait comprendre à ceux qui l'affrontaient qu'une divinité en train de se battre était légèrement plus impressionnant que ce qu'ils avaient pu imaginer. Une divinité, c'était avant tout quelque chose qu'on ne pouvait voir à l’œuvre qu'en étant témoins des pouvoirs de celle-ci. Aussi, Atios avait encore beaucoup à apprendre et en comparaison de certaines divinités bien plus fortes que lui, il était encore faible.. Mais il n'était pas non plus incapable de se défendre et il venait de le prouver. L'académie n'était pas prête d'abandonner sa lutte contre les renégats.

Lyra fut remise sur pied et Atios la pointa avec la pointe de son épée.

Va dire à Isanagi que j'ai rompu avec sa fille et qu'il aura sûrement des nouvelles d'elle sous peu. Et que l'idiot que je suis n'est pas prêt de ne rien faire contre lui, même s'il était le favori de Deus. J'irai au sommet. Je ferais de mon mieux pour sauver autant les humains, sa fille, que mes rêves ou tes camarades renégats.

Atios trancha l'air de son épée vers la droite, faisant lever un rideau de neige sur le côté, qui se retrouva tâché de sang, tandis que la lame retrouva sa brillante lueur.

J'ai bien un été roi un jour, j'imagine qu'on doit toujours faire son "taf". Je n'ai jamais abandonné.

Il baissa le cinquième doigt de sa main, avant de se retourner. Il soupira, en se passant sa main dans les cheveux. Puis, les rentrants dans les poches, il dit alors, le regard neutre :

Lyra, j'ai été content de te connaître. Au plaisir de te revoir un jour, peut-être. J'imagine que tu me détestes, mais moi j'aime ce monde autant que je déteste ses habitants. Et je sais qu'on n'est pas tous obligé de se faire la guerre et de s'entre-tuer. Et puis, certains pensent que je suis effrayant, voire que même des élèves de l'école me détestent, mais tant que je serais moi-même, peu importe le regard des autres, je devrais continuer d'avancer. Ah et oui, je te laisse libre pour cette fois. J'imagine que Colombe me fustigera, mais je pense que pour que tu puisses croire en la bonté d'autrui, il faut le montrer par les actes. Le vieux qui dort me comprendra, car en définitive, c'est lui qui nous as créés. Et c'est lui qui nous jugera à la toute fin. J'espère qu'il sera miséricordieux pour nos fesses, d'ailleurs...

Il avait beaucoup à affronter. Beaucoup à faire. Beaucoup à vivre, aussi. Il allait assurément souffrir. Il allait assurément devoir faire de son mieux. Il allait sûrement recroiser la route d'Isanagi bien plus tôt que prévu, d'ailleurs. Et il se savait encore trop faible pour l'affronter. Mais face à ce ciel infini... Il ne pouvait que continuer d'avancer.

The stolen, fleeting light
Connects to the living proof
No matter the fate
I’ll accept it,
And live until the last moment


Dernière édition par Kurokami Atios le Sam 8 Juin 2013 - 14:47, édité 2 fois
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Re: Ash like snow, it's falling down from the sky ! - Mer 15 Mai 2013 - 19:07
Des représailles à craindre ? Pas le moins du monde. Atios, c’était ce gentil gamin un peu trop naïf qu’on pouvait frapper sans risquer de se prendre des horions en retour. Un pari risqué ? Même s’il décidait de se venger alors soit. Après tout, il l’avait bien cherché. Parce que sauver la vie à Lyra méritait bien un bon coup de poing, non ? Quelle idée aussi de vouloir l’étreindre. Pis ce n’était même pas pour se donner bonne conscience. Ah le salaud ! Lui vraiment n’était pas comme les autres. Difficile à cerner. Impossible à comprendre. Mieux valait ne pas essayer, d’ailleurs. Sa façon de penser avait de quoi donner un bon mal de crâne.
Le sang d’Atios s’était mis à pétiller. Alors quoi ? Son hémoglobine était composée à moitié de champagne ? De jolies petite bulles s’élevaient, crépitant dans le silence. Non, ce mec n’était pas humain. Mais les bulles s’étaient éteintes en même temps que le sang avait cessé de couler. Le problème, lorsqu’on est un dieu, est que les blessures guérissent vite. S’il n’avait été qu’un humain, le sang aurait continué de couler à flot, emportant avec lui sa nature pétillante.

Le roi avait l’air d’avoir du mal à comprendre ce qui lui était arrivé. Il s’était frappé, voilà tout. Pas de quoi en faire toute une histoire. Toutefois, il semblait surpris. Il ne s’était certainement pas attendu à un coup venant de la Russe après un câlin. La paix n’était pas pour tout de suite entre les deux camps, ce coup de poing en était la preuve. Si seulement il avait été un peu plus lucide, il n’aurait pas étreint Lyra. Si seulement il était un peu moins gentil, rien de tout ça ne serait arrivé.

- Tss. À t’entendre, c’est l’premier coup qu’on t’porte. Ben même si c’est l’cas, ça s’ra pas l’dernier, j’peux te l’assurer, réagit-elle à ses paroles, balançant le mouchoir rouge dans un coin de la pièce, pis tu sais, personne n’aime se faire frapper. À part les masos, mais ça, c’est un cas à part…

Elle ne le forçait à rien. Il pouvait très bien l’abandonner ici. Il avait déjà fait beaucoup pour elle. D’autant plus qu’elle ne lui avait rien demandé. Avec ou sans lui, elle s’en serait sortie, elle en était certaine. Peut-être aurait-elle pris une balle au vol, tentant de s’échapper alors que le terrain était peu à peu encerclé par ses compatriotes. Mais elle aurait rejoint la guilde noire. La chance, le karma, le destin – appelez ça comme vous voulez – avait souhaité placer sur sa route un chevalier servant au cœur tendre. Il pouvait toujours revenir sur ses convictions et la laisser là. Rien ne l’obligeait. Il était libre de faire ce que bon lui semblait, décidant selon son seul libre-arbitre. Restait encore qu’il ait le cran nécessaire pour la laisser là. Il paraissait l’apprécier un minimum. Mais mieux valait ne pas s’emporter. Cette histoire n’était pas encore terminée. Ce môme pouvait tout aussi bien décider de la livre à Colombe, en dépit du câlin qui lui avait coûté une hémorragie. Elle n’avait pas été fine, la Lyra. Elle aurait pu accepter son étreinte, se contrôler et bonjour la liberté ! Mais non, impulsive comme elle est, elle n’avait pas réfléchi et son poing était parti tout seul. Inutile d’espérer des excuses de sa part. Quel mal y avait-il à frapper un ennemi ?

- Fais c’que tu veux mais ça s’rait ocn de m’laisser crever ici alors que tu t’ais déjà donné tant d’mal pour me garder en vie, tu crois pas ?

Elle eut un sourire. Le ton de l’autre s’était voulu glacial, le sien était tout à son opposé. Un ton enjoué, joueur. La balle était dans le camp d’Atios mais ce dernier avait pris sa décision depuis le début. Depuis le moment où il l’avait prise dans ses bras pour la mettre en sécurité, elle savait ce qu’il ferait. La garder en vie.
Le jeu continuait toujours. Lyra ne prit pas garde à ses paroles. Alors qu’elle allait se détourner de lui, en ayant assez de ses belles paroles, elle fut prise par surprise. Sa bouche rencontra celle d’Atios. Leurs langues se croisèrent. Un bref instant. Elle ouvrit des yeux stupéfaits, ne comprenant pas la situation. Elle se dégagea enfin, crachant au sol. Berk ! Ce crétin l’avait embrassée.

- Sale con, l’insulta-t-elle, t’as pas autre chose à foutre que d’embrasser une pauvre femme sans défense !

Sans défense, si on veut. Elle lui avait décoché un pain dans le pif, la pauvre femme sans défense ! Elle avait encore des ressources. Si le pauvre hère avait hérité d’un coup pour un câlin, quel serait son sort cette fois-ci ? Si elle avait eu davantage de temps, le roi aurait payé cher pour cette humiliation. Être embrassée par un ennemi. Y avait-il pire torture au monde ? Le câlin n’était rien en comparaison. Juste une mise en bouche, un amuse-gueule qui n’avait pas suffi à le contenter.
Au moins garderait-elle l’honneur d’avoir visité les amygdales d’un roi. Formidable honneur ! Une honte, oui. Quand le roi en question n’appartient pas au même camp qu’elle, difficile d’appeler ça autrement. Un épisode à supprimer de sa mémoire. Dommage que cela lui soit impossible.

Elle ne comprit pas de prime par ce qu’il entendait alors qu’il lui avait craché qu’elle avait foiré. L’armée n’avait pas lâché l’affaire, et alors ? En théorie, ils étaient en sécurité tant que son mur protecteur et lumineux tiendrait le coup. Voilà ce qu’elle avait retenu lorsqu’ils étaient arrivés ici. Se pouvait-il que son seul coup de poing ait suffi à faire perdre la concentration légendaire d’Atios ? Après tout, il ne s’y était pas attendu, le pauvre. Le concept même de la surprise. Pas étonnant qu’il ait été distrait quelques secondes, les rendant visibles aux yeux de tous par la même occasion.
Il ne lui laissa pas le temps de dire quoi que ce soit, la saisissant à nouveau. Elle n’était pas un paquet cadeau qu’il pouvait transporter à son aise. Elle s’agita d’abord, ne lui facilitant pas la tâche. Elle avait horreur d’être mise au second plan, inutile dans ses bras. Elle aussi pouvait se battre. Ne le lui avait-elle pas prouvé il y a quelques instants à peine ? Mais monsieur préférait jouer les héros. Elle n’était pas l’une de ces princesses attendant son prince charmant dans une haute tour gardée par un dragon. L’action, elle aimait ça. Toujours en mouvement, toujorus sur le qui-vive. Au moins avait-elle l’impression d’exister ainsi. Avec Atios, rien de tout ça. Il ne lui laissait pas le choix. Elle n’avait pas pu dire deux mots que déjà elle était dans les airs, l’observant combattre. Quelle vie on mène, quand on est renégat.

Une armée de soldats s’étendit devant eux. Bien alignés, on aurait pu croire à des soldats de plomb, de gentils jouets inoffensifs, si les balles ne sifflaient pas près de leurs oreilles. En joue, certains avaient déjà tiré, visant du mieux qu’ils pouvaient. Le dieu ne leur facilitait pas la tâche, agile comme un félin, il bondissait d’espace en espace, ne restant jamais longtemps au même endroit. Il faudrait au moins ça pour ressortir vivants de ce piège humain.

L’élève n’avait toujours pas commencé à se servir de son épée, préférant de loin ses sorts de lumière. Projectiles lumineux fusaient vers les ennemis, de drôles de symboles étaient gravés quelques secondes dans les airs, s’évanouissant aussitôt. Lyra ne saisissait aucun de ces mots. Cette forme de magie était bien trop complexe pour qu’elle puisse comprendre quoi que ce soit. Un crachin s’installa, lumineux toujours, prenant pour cibles des soldats isolés de tous, les dispersant aux quatre coins de la zone. Les dons du garçon lui faisaient penser à sa propre magie des arcanes, en bien plus développée et puissante, évidemment. Trop différente, aussi.

Elle s’accrocha davantage, attentive aux paroles de son allié d’un jour. Elle le laissait mener la danse, impuissante ainsi baladée.
L’épée apparut dans ses mains. La donne n’était plus la même. Il semblait se fatiguer à force d’user de ses sorts alors rien ne vaudrait un bon combat au corps au corps. La magie alliait à ses dons d’épéiste aurait de quoi faire de lui un adversaire redoutable.
Il s’élança à corps perdu dans la bataille, ses coups faisaient mouche à chaque fois. L’épée magique découpa les armures, blessant les soldats par la même occasion. Lyra comprit qu’en combat égal contre Atios, elle n’aurait eu aucune chance. Elle serra davantage sa prise, manquant de glisser par moment. Pas très confortable, comme position.
Atios ne faisait plus dans la dentelle, blessant s’il y avait besoin mais jamais ôtant la vie. Il gardait ses principes, même plongé dans la bataille. Une adrénaline nouvelle semblait s’être emparée de lui, mi-animal, mi-humain. Il était méconnaissable. Au fond, il ne faisait que son boulot. Il ne tuait pas, protégeait juste. Sauvait sa vie aussi.

C’était une drôle de danse que la leur. Une danse ayant pour mélodie principale les coups d’acier échangés, s’entrechoquant, la vibration de l’épée d’Atios, les explosions lointaines. Un curieux orchestre. Son partenaire ne cessait d’évoluer sur ce terrain où les ennemis s’enfuyaient à tire-d’aile pour certains, restant pour d’autres. L’espoir les nourrissait, pour eux l’issue était encore incertaine. Pour Lyra, le combat était déjà gagné d’avance par Atios.
Elle ne cessait d’observer chacun de ses mouvement,s les détaillant, les retenant. Sa mémoire eidétique était au travail, il fallait bien qu’elle serve de temps en temps. Elle n’avait jamais manié la moindre épée, ce serait l’occasion parfaite pour commencer. Au moins pourrait-elle mettre en application ce qu’elle avait appris aux côtés d’Atios. Son style était si complexe qu’elle ne pourrait jamais tout copier. Au moins aurait-elle les bases. Plus tard, lorsque son don serait bien plus puissant, elle n’aurait plus aucun problème, quel que soit le style du combattant, peu importe l’arme.

Mieux valait avoir Atios pour ami que pour ennemi. Malheureusement, sitôt loin de ces effusions de sang, de ces Russes voulant les disséquer, de ces grenades explosant à brûle-pourpoint, tout redeviendrait comme avant. Atios le gentil membre du conseil pourchassant les renégats pour les jeter en prison et Lyra la vilaine renégate pourchassant les humains pour les mettre à mort. De curieuses vies que les leurs.

Ils étaient loin de ce champ de bataille désormais. Une nouvelle fois, Atios lui avait sauvé la vie. Elle allait avoir une très grande dette envers lui. Une trop grande qu’elle ne pourrait jamais honorer.
Le garçon la posa à terre, son épée pointée vers Lyra. Il ne lui faisait pas peur. Elle l’avait vu à l’œuvre mais ne le craignait pas davantage pour autant. Atios était celui qui lui avait sauvé la mise par deux fois. Celui qui ne se battait que lorsqu’il était obligé. Celui qui volait un baiser en échange d’un coup de poing. Un drôle de numéro.

- J’suis pas un hibou, trouve-toi un autre pigeon pour ça.

Pas un merci. Elle l’avait déjà dit la première fois, aucune envie de se répéter. Elle avait déjà courbé l’échine une première fois. C’était suffisant. Elle aurait pu accepter sa requête en échange de tout ce qu’il avait fait pour elle. Mais rien à faire, elle ne voulait pas. Elle n’avait pas envie de crier sur les toits qu’elle avait rencontré Atios. Pas que ce soit une honte mais si elle venait à affirmer qu’elle avait été sauvée par un ennemi, sa réputation en tant que renégate en prendrait un coup. Peut-être ferait-elle part de tout cela à son frère ? Lui, il comprendrait.

C’était la première fois qu’elle rencontrait quelqu’un ayant une aussi grande foi en Deus. Elle, elle n’y avait jamais vraiment trop cru. Pour elle, ce n’était qu’une fable, un conte destiné à adoucir les nouvelles âmes à l’académie. Il y avait maintes preuves de son existence, ou du moins quelque chose y ressemblant : leurs résurrections, les pouvoirs conférés au temple. Mais cette entité en sommeil n’avait qu’à se réveiller si vraiment Deus souhaitait que tous croient en lui. Alors qu’il se réveille donc, elle n’avait pas peur de lui.

- À une prochaine, p’têt.

Atios se détourna. Alors c’était tout ? Il la laissait filer aussi simplement ? Elle n’allait pas se plaindre. Elle avait la vie sauve, la liberté en surcroît. Inutile d’en faire toute une histoire. Autant rentrer à la guilde noire. Un drôle de jour que celui-ci. Le jour où elle a fait la connaissance d’un ancien roi. Un jour peu banale en somme. Le jour où un membre du conseil avait décidé de l’épargner. Le jour où elle avait frappé un adversaire qui aurait pu la tuer d’un simple claquement de doigt. C’était une sensation étrange que de se savoir libre alors qu’elle aurait pu finir emprisonnée. À l’avenir, elle serait plus prudente. Bien plus prudente. Parce que s’il est vrai que chaque étoile porte un nom, il est inutile que le sien cesse de briller soudainement.
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Re: Ash like snow, it's falling down from the sky ! - Dim 9 Juin 2013 - 14:45
J'ai adoré lire ce rp parce qu'il a un contexte original en plus ça parle de moi. Au début ça a l'air long puis à force de lire ça passe tout seul, à la fin j'me suis même dis que c'était trop court. Sinon côté orthographe pas grand chose à dire à part qu'Atios et Lyra inversent des lettres ou en ajoutent à des mots alors attention. Sinon Atios : Fais gaffe pour ton discours sur les démons sinon tu vas pas t'entendre avec Lev ~

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