Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


École des dieux RPG


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 À la croisée des mondes

 
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À la croisée des mondes - Lun 15 Avr 2013 - 20:22
Je me trouvais dans une situation étrange. J'étais morte et me voilà à nouveau vivante, attribuée du domaine divin de l'art dans lequel je me devais d'évoluer en suivant des cours dans une académie, parmi d'autres apprentis-dieux. Je m'imaginais beaucoup d'histoires de mon vivant mais celle-ci, je n'y avais encore jamais songé. Je ne croyais pas en Dieu, mais je ne jugeais pas non plus ceux qui y croyaient. Après tout, chacun pouvait croire ce qu'il voulait non ? Du moment qu'ils croyaient, et que cela leur procurait espoir et bonheur, ça revenait au même principe qu'aux histoires que je racontais aux jeunes de l'orphelinat.

Croire, c'était quand-même une des plus belles choses au monde.

Seule, je parcourais les contrées du monde dans lequel j'avais atterri sans vraiment décider, imaginant moultes histoires et légendes au fil des lieux que je rencontrais sur mon chemin. Soniya était restée à l'académie, j'avais hâte de lui raconter tout ce que j'avais pu voir jusque là. Grâce à mon pouvoir, je serai auprès d'elle en très peu de temps. Voilà pourquoi je ne m'inquiétais guère de m'aventurer trop loin. Je n'avais jamais vraiment eu peur de l'inconnu, ayant toujours été d'une nature (trop) curieuse, mais alors là, il y avait encore moins de raison ! J'adorais marcher, partir à la rencontre de la découverte d'un monde étrange, tout cela alimentait mon imagination sans arrêt.

J'étais arrivée dans un endroit abandonné, où les ruines se succédaient au fil de ma progression et où les mauvaises herbes faisaient comme chez elles. Mon carnet de dessin en main, je m'attardais çà et là pour gribouiller quelques croquis, afin de pouvoir montrer toute cette faune à Soniya. Je respirai avec avidité l'odeur de la campagne, de la nature à l'état brute mais aussi de ce parfum imaginaire qui me parvenait d'un lointain passé. Comment était ce lieu auparavant ? Y avait-il une ville en ces lieux ? Cette maison en ruine, à qui pouvait-elle bien appartenir ? Marchais-je en ce moment sur une ancienne cité oubliée ? Avait-elle disparue suite à une grosse bataille opposant une ancienne génération de dieux ? Cela pouvait exister notre présence en ces lieux, il y avait tant de scénarii à développer là-dessus.

Une fois mon carnet refermé et mes feutres rangés dans ma poche, je me dirigeais vers les lointains horizons orangés qui s'offraient à ma vue. Je commençais à avoir faim mais je ne m'étais pas encore décidée à quitter ces lieux tout simplement magnifiques. Pourtant je devrais peut-être, il commençait à se faire tard. Au loin apparut alors une silhouette plus imposante, se détachant du plat relief environnant. Cela suffit à attiser ma curiosité et j'en oubliai ma faim. Mon pas s'accélérant, je me rendis vers cette vieille bâtisse en aussi bon état que le reste des constructions par ici. Je n'avais pas trop d'idée de à quoi elle pouvait servir à première vue, mais c'était un joli endroit où j'avais bien l'intention d'amener Soniya un jour. Ce joli dôme aux vitres sales devrait permettre d'observer les étoiles la nuit après un petit nettoyage.

Il me sembla alors entendre des bruits. Quelqu'un se trouverait donc dans cette ruine ? Ou alors une bestiole peut-être ? Ne pouvait attiser ma curiosité, j'avançai prudemment pour passer mon visage vers l'encadrement d'une porte inexistante. Des débris de verre jonchant le sol frétillèrent sous mon pied et je cessai de bouger un instant.

- Euh… Y a quelqu'un ?
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Re: À la croisée des mondes - Mar 16 Avr 2013 - 17:54
Un beau désordre. Voilà tout ce qu’inspirait cette ruine à Lyra. Sans doute autrefois ce lieu avait-il un petit quelque chose de magique mais aujourd’hui, il n’était plus que l’ombre de lui-même. Les vitres étaient brisées, laissant les faibles lueurs du Soleil rentrer par intermittence. À la nuit tombée, les étoiles se découpaient par milliers, embrasant le ciel par leurs seules présences. Mais la nuit n’était pas encore là. L’astre solaire était tout juste en train de se coucher. Le paysage était nuancé d’orange et de jaune. De bien belles couleurs vives redonnant du baume au cœur de la Russe. De belles pastelles coloraient l’horizon. Les couchers de Soleil avaient toujours su la fasciner. Elle ne savait pas pourquoi. Sans doute se rappelait-elle ces multiples soirées en compagnie de Lev où elle observait le jour déclinait, avec lui l’espoir d’un meilleur jour qui se lèverait. Mais les couchers de Soleil, tous comme les jours qui s’égrenaient en Russie, se suivaient et se ressemblaient. Trêve de sentimentalisme. Mieux valait partir de cette bicoque. Un véritable château de cartes manquant de s’effondrer à chaque instant par un simple coup de vent, une légère brise et voilà que tout s’envolerait ! Légèrement (seulement ?) exagéré, bien sûr.

Lyra se releva finalement, lasse de ce spectacle. Elle ne reste pas debout bien longtemps, s’aplatissant de tout son long sur le dallage de l’observatoire. Elle retint un juron. Mais quelle maladroite, vraiment ! Elle jeta un coup d’œil derrière elle pour voir ce qui l’avait fait trébucher. Si seulement elle regardait un peu mieux où elle mettait les pieds, elle aurait sans doute vu le carton posé non loin d’elle. Trop tard.
En un bond, elle fut à nouveau sur ses jambes. Hors de question de traîner plus longtemps ici. Ces lieux n’étaient pas sûrs. Toutes sortes de créatures pouvaient se tapir ici. Elle avait déjà eu de la chance en n’en croisant aucune, inutile de forcer le destin davantage.

- Euh… Y a quelqu'un ?

Lyra se figea net. Elle n’était pas seule. Elle savait qu’elle aurait dû dégager au plus vite ! Inutile d’espérer s’enfuir comme une vulgaire voleuse, il n’y avait qu’une sortie. De toute façon, elle n’avait rien à se reprocher. Peu importait qu’elle tombe sur un élève de l’académie, n’avait-elle pas le droit de venir ici flâner u peu, avec pour seul souci celui de distinguer les différentes teintes d’un coucher de soleil ? Après tout, tout le monde ne savait pas qu’elle était une renégate. Très peu, même. Hormis la guilde noire elle-même, les deux directeurs encore en vie et ceux qui se souvenaient d’elle lors de la cérémonie de Shindô Akarui. Cela faisait peu.
La brune choisit de descendre, sortant de l’ombre pour aller à la rencontre de cette mystérieuse personne. Une voix féminine l’avait interpellée. Elle marcha au milieu des bouts de verre, certains crissant sous ses semelles avant d’apparaître aux yeux d’une inconnue totale.

- Désolée si j’t’ai effrayée. C’était pas mon intention. J’me croyais seule, alors j’faisais pas trop attention au bruit et au bordel dont j’suis la source.

Là, elle se rendit compte que la personne en face d’elle était une rousse. C’était la première fois qu’elle en voyait une. En Russie, la plupart des femmes étaient des blondes. Elle-même s’était faite énormément charrier enfant, juste parce qu’elle était brune et que cette couleur de cheveux était moins répandue. Mais une rousse ! C’était une première ! Sans doute une fille du nord, des îles anglophones. Elle avait entendu dire qu’en Angleterre, la norme était d’être roux. Oui, ce devait être ça. Elle ne pouvait s’empêcher de songer aux stéréotypes liés aux roux dont on lui avait rabâché les oreilles pendant son enfance. Un roux était souvent un juif. Mais cette demoiselle n’avait pas le nez crochu qui allait avec.
Ses prunelles étaient tout aussi étranges. Deux billes rouges fixées sur elle, à la manière de deux rubis, étincelaient de mille feux. Elle frissonna en rencontrant son regard. Ce n’était pas la première fois qu’elle rencontrait une humaine ayant des iris hors normes. Elle n’avait aucune raison d’être mal à l’aise en sa présence.

- Tu devrais pas t’balader par ici toute seule. C’est dangereux. Y a pas mal de monstres dans l’coin, t’sais. Le genre pas commodes et pensant juste à tuer, même pas pur s'défendre ou pour s'nourrir. Juste parce que ce n'sont que des monstres et que c'est tout ce qu'ils savent faire.

Sage conseil qu’elle aurait pu elle-même appliquer. À la différence que cette rouquine semblait nouvelle à l’académie, ou du moins n’était-elle pas familière à Lyra. Depuis qu’elle avait rejoint le guilde noire, nombre d’arrivants avaient dû débarquer ici. Normal qu’elle ne connaisse pas tout le monde. Déjà qu’à l’époque, elle avait du mal à mettre un nom sur un visage mais désormais, avec cette vague soudaine d’apprentis que Deus s’efforçaient de faucher, la tâche serait encore plus ardue. Une chose est sûre, elle ne l’avait jamais vue. Ce devait être une apprentie tout juste débutante. Pas le genre à faire le poids contre une armée de monstres. Pas le genre à faire le poids face à Lyra. Mais inutile de songer à la violence. À première vue, elle n’avait pas l’air agressive. Juste un peu apeurée.
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Re: À la croisée des mondes - Ven 19 Avr 2013 - 19:36
Quelqu'un se trouvait bien là et je pus rapidement la détailler puisqu'elle fit quelques pas en ma direction. Les rayons du soleil qui se meurent se réfléchissaient dans les morceaux de verre à nos pieds, créant ainsi une mini Voie Lactée. C'était un spectacle fascinant, et ce fut parmi ces mille et une étoiles que cette inconnue m'était apparue. J'ignore si l'effet des éclats lumineux y étaient pour quelque chose mais je fus un instant subjuguée par cette personne que je trouvais magnifique. J'avais tellement envie de l'immortaliser dans mon carnet, mais il me semblait un peu trop tôt pour lui demander si elle voulait bien poser pour moi… Peut-être plus tard ?

Il me sembla qu'elle prit la parole pour prononcer des excuses, mais j'avais en réalité à peine écouté, trop absorbée par mes songes. Je finis par me secouer et à quitter ma position figée pour en adopter une plus naturelle. Ce n'était pas comme ça qu'on allait faire connaissance, même si je sentis un instant son malaise lorsqu'elle croisa mon regard. Etait-ce à cause de mes yeux ? Me traitait-elle intérieurement de démone ? Cette pensée me calma doucement. Après tout, peut-être qu'elle était comme les autres, à reculer de terreur en nous apercevant, Soniya et moi, ou à décamper quand la possibilité leur était offerte.

Mais l'inconnue n'eut aucune de ces réactions-là. Elle se contenta de reprendre pour m'annoncer que l'endroit était dangereux et que c'était imprudent de me promener par ici. La première question qui me traversa l'esprit, ce fut évidemment ce qu'elle pouvait elle-même faire là dans ce cas. Est-ce qu'elle était en train de cacher un trésor ? Tentait-elle de me convaincre de la dangerosité des monstres du coin dans le simple but de me voir partir afin de ne jamais découvrir ses secrets ? Ou alors protégeait-elle les secrets de ces lieux ? Tout cela ravivait ma curiosité décidément débordante mais je tentais tout de même de ne pas laisser mon imagination partir en vrille.

- J'ai pas peur des monstres moi, je les dessine !

Grand sourire aux lèvres, ce fut tout ce qui me passa par la tête comme réplique. Je jetai ensuite quelques coups d'oeil par ci par là, et même derrière la demoiselle pour voir s'il n'y avait pas une indice concernant une éventuelle cachette récemment scellée. J'étais toute excitée à l'idée de découvrir des trésors et des secrets.

- C'est super classe ici ! J'me demande quand-même ce que c'était avant cet endroit. Ah en fait, euh…

Je voulais poser ma question mais je fus rapidement interrompue par cette hésitation. J'étais tellement occupée à admirer les traits de la jeune fille que je n'avais pas fait attention à son âge, enfin elle était assez jeune mais je ne savais pas du tout si je devais la considérer comme mon aînée ou non… Après tout, il y avait tout plein de professeurs à peine sortis de l'adolescence à l'académie, et je devais les vouvoyer. Réflexion faite, puisqu'elle me tutoyait, je le ferais aussi, puis selon, j'envisagerai.

- Pourquoi tu m'dis qu'il faut pas rester dans le coin alors que tu le fais toi-même ? Qu'est-ce que tu fais ici ? T'es chasseuse de monstres ?

C'était une possibilité comme une autre selon moi, même s'il n'y avait pas vraiment cette occupation à l'académie, ça pouvait toujours être un hobby. Pour ma part, je n'aimais pas ce genre de chose, je préférais largement observer les bestioles et les dessiner que les tuer. C'est vrai quoi, les pauvres. Bon après, je n'avais jamais eu droit à ce dragon noir qui, à ce que l'on racontait, avait détruit une bonne partie de l'académie et bon nombre de ses pensionnaires. Je n'avais pas vécu ce sombre épisode puisque j'étais arrivée après, mais je savais que si jamais un jour ce genre de bête me tombait dessus, j'utiliserais tout bonnement mon pouvoir pour m'échapper. Je n'aimais pas l'affrontement, j'avais toujours été du genre à choisir l'évasion, bien qu'avec une Sonou à défendre, j'avais dû parfois aller à l'encontre de ce que j'étais. Pour elle, je ferais tout...
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Re: À la croisée des mondes - Sam 20 Avr 2013 - 18:39
Elle les… dessinait ? Pourquoi pas. Lyra était incapable de dessiner quoi que ce soit. Tous ses croquis ressemblaient à des patates, peu importait le modèle. Autant dire qu’avec le temps, elle avait arrêté de s’acharner inutilement. Elle n’avait aucun don quelconque en lien avec l’art. Alors mieux valait limiter la casse.
Cette rouquine semblait un peu candide. Sourire niais au visage, réplique futile balancée au vol. Elle ne savait pas trop quoi penser d’elle. Juste une môme un peu paumée, pas mal naïve. Inutile d’en faire toute une histoire.

La Russe n’était pas le parfait exemple. Elle incitait l’élève à déguerpir, prétextant que l’endroit était dangereux alors qu’elle-même se trouvait là. Pas étonnant qu’elle n’en fasse qu’à sa tête. Elle manqua de rire alors que la demoiselle la prenait pour une chasseuse de monstres. D’accord. Cette gamine était sérieusement atteinte. À un tel niveau, ses synapses avaient dû griller, voilà qui expliquerait un tel comportement. À moins que ce ne soit tout simplement dans sa nature.

- Chasseuse de monstres… Non, mais dis pas d’connerie, Jew !

Voilà. C’était craché. Elle allait avoir des ennuis si elle commençait à affubler cette pauvre enfant d’un tel surnom. Jew. Mais quelle mouche l’avait piquée ? Remarquez, la couleur de ses cheveux avait de quoi la troubler. Pas qu’elle soit antisémite, non, dans ce cas-là, le pauvre Dickens était tout en haut de la liste. Le mot lui avait échappé, tout simplement. Après tout, peut-être ne comprenait-elle pas l’anglais ? C’était stupide. De nos jours, tout le monde parlait anglais. Ou du moins avait les bases nécessaires.

- J’suis assez forte pour me défendre si y a un problème. Toi, t’as l’air un peu paumée et fraîchement débarquée, aussi.

La journée risquait de s’éterniser si cette fille restait dans ses pattes. Pas qu’elle soit désagréable mais énormément bizarre ! Elle lui faisait ressembler à une enfant. Une gamine innocente. Elle croisa son regard de rubis une nouvelle fois. Encore une chose peu commune à ajouter à la liste. Cette femme semblait collectionner les bizarreries. Déjà son physique passait mal inaperçu dans la rue. Ensuite venait ses propos. Cela ne la rendait en rien dangereuse. Au contraire, elle semblait très vulnérable. Elle avait l’air de ces poupées de porcelaine ou du moins de chiffon, celles qui font rêver les petites filles. Ses deux iris ressemblance à deux boutons. Des boutons rougeâtres, injectés de sang. Mais c’était idiot, les boutons ne saignent pas. Oui, elle semblait s’être évadée d’un univers parallèle où tout n’était que beauté et illusions, où les jouets prennent vie, où les animaux peuvent parler. Pourtant, le seul autre monde à la connaissance de Lyra était celui-ci. Cette autre vie qu’offrait Deus après la mort.

- J’sais pas c’que c’était avant… J’ai toujours vu ça comme un vieux lieu délabré, un observatoire inutilisé. Quand j’suis arrivée à l’académie, j’crois qu’il était déjà comme ça. Et à en juger par la poussière et la bonne dizaine de vitres cassées, ça fait un moment qu’il est ainsi.

Elle ne s’était jamais réellement posée la question. Pourquoi ce lieu avait-il abandonné ? Allez savoir. Après tout, cela ne l’intéressait pas. Elle était venue ici pour explorer, peut-être même occire deux-trois monstres. Malheureusement, elle n’avait rien trouvé. Hormis cette petite fouineuse rousse, rien de rien. Pas un chat. Pas la moindre créature ! À croire que tout le monde avait décampé à peine était-elle arrivée ! C’était calme. Etrangement calme. Elle s’était attendue à davantage d’agitations. Mais rien de rien. Juste leurs deux respirations qui se faisaient écho. Cela s’arrêtait là. Pas de quoi fouetter un chat – encore.

Elle s’approcha de la rouquine. Leurs visages étaient proches. Elle aurait pu la tuer d’un seul coup de poignard. Là. Comme ça. Un acte purement gratuit. Sans aucune motivation réelle. Mais à quoi bon ? Elle n’avait rien à lui reprocher, à cette drôle de demoiselle.

- Bon Jew… tu permets que j’t’appelle comme ça ? J’sais pas trop c’que tu faisais ici et j’en ai rien à foutre. Mais hors de question que tu t’balades dans c’bâtiment toute seule ! C’est que j’aurais des ennuis si tu t’faisais agressée par l’un d’ces monstres qui traînent dans l’coin. Donc j’t’accompagne où tu iras. Compris ?

Elle se recula. Le plancher craquait au-dessus de leurs têtes. Finalement, elles n’étaient peut-être pas si seules que ça ? Par réflexe, Lyra fit glisser la lame de son poignard entre ses mains. Elle était en train d’assurer les arrières d’une élève de l’académie. Elle, ne renégate. Quelques fois, elle ne se comprenait plus. Il faut croire que la rouquine n’était pas la seule à être perdue. Deus demoiselles complètement égarées. L’une physiquement et l’autre psychologiquement. Quel beau duo. Cela promettait de faire des étincelles.
Autant faire croire à cette demoiselle qu’elle faisait partie de l’académie. Elle n’allait tout de même pas lui avouer qu’elle était une renégate ! Même si cette petite semblait incapable de faire du mal à une mouche, inutile de prendre des risques inutiles. Elle serait bien capable d’ameuter les foules rien qu’en hurlant. Donc mieux valait essayer de l’avoir de son côté. Pour le moment, du moins.
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Re: À la croisée des mondes - Lun 22 Avr 2013 - 17:39
Jew ? C'était quoi ? Une onomatopée, une insulte inventée ou un surnom improvisé ? Dans tous les cas, je me contentai de répliquer que mon nom était Tanya, sans agressivité ou autre, mais avec plus de sérieux que précédemment tout de même. En tout cas, elle démentit ma thèse, c'était qu'alors elle n'appliquait pas ses propres dires, ou bien qu'elle cachait bel et bien quelque chose.

- J’suis assez forte pour me défendre si y a un problème. Toi, t’as l’air un peu paumée et fraîchement débarquée, aussi.

- Te fie pas aux apparences, répliquai-je simplement. J'suis pas suicidaire, je me ramènerai pas dans un lieu inconnu sans avoir la possibilité de lever le camp rapidos.

Mon large sourire s'était estompé pour se transformer en un sourire en coin, plus discret. Elle semblait me prendre pour une peureuse, j'avais sans doute l'air de l'être mais je ne l'étais pas, enfin j'avais mes peurs comme tout le monde, mais j'étais quand-même loin de décamper au moindre craquement de brindille ! M'enfin, je m'en fichais pas mal de comment j'apparaissais. J'avais pas à changer pour les autres. L'inconnue réagit ensuite à ma remarque sur les lieux. Elle non plus ne savait pas ce qu'il y avait avant ces ruines. D'un côté, j'étais déçue, mais de l'autre, quelque part, c'était bien, puisque je pouvais continuer à imaginer mille et une légendes dessus. Et vu comment elle parlait, j'avais l'impression qu'elle était arrivée à l'académie il y avait belle lurette. C'était sans doute pour ça qu'elle me regardait un peu de haut.

J'allais lui demander si elle en avait déjà croisé dans le coin, des monstres, vu qu'elle disait qu'il y en avait dans le coin, mais elle s'était approchée de moi. Je me méfiais un peu, j'avais appris à le faire à force d'avoir le rôle de protectrice, mais j'avais toujours tendance à céder un peu plus facilement quand ma soeur n'était pas près de moi.

- Bon Jew… tu permets que j’t’appelle comme ça ? J’sais pas trop c’que tu faisais ici et j’en ai rien à foutre. Mais hors de question que tu t’balades dans c’bâtiment toute seule ! C’est que j’aurais des ennuis si tu t’faisais agressée par l’un d’ces monstres qui traînent dans l’coin. Donc j’t’accompagne où tu iras. Compris ?

J'allais répondre quand le plancher craqua au-dessus de nous. Je refermai ma bouche mais un éclat attira mon attention. L'inconnue était armée, elle devait savoir se battre... Moi aussi, je savais me servir d'un couteau, mais quand j'étais en Russie, je m'en servais surtout pour faire peur à ceux qui embêtaient Soniya. Je n'avais jamais tué et je ne comptais certainement pas le faire un jour... Je la trouvais drôlement sur les nerfs cette fille en tout cas et l'idée de lui faire une petite farce me vint à l'esprit. J'utilisai donc mon talent de ventriloque et de mimétisme de voix pour en prendre une bien grosse et impressionnante, et je me mis à déclarer :

- Vous êtes entrées sans que personne ne vous ait accordé la permission de le faire... Toi, oui toi, je t'interdis de donner des surnoms bidons dans ma demeure, c'est compris ? Appelle-la par son prénom ou je te vire de là à coups de verre brisé au cul.

Avec un peu de latence, la jeune fille découvrirait sans doute le pot aux roses, vu que la voix provenait bien de quelque part, mais c'était assez difficile d'en déterminer la source vu qu'elle se dispersait en écho dans l'établissement vide. Et puis les ventriloques sachant adopter une toute autre voix que la leur étaient quand-même rares. En attendant, je me contentais d'afficher un sourire innocent.

- Tanya, lui rappelai-je alors qu'elle devait certainement être en train de se poser des questions. Et toi c'est quoi ? Que je doive pas te donner un surnom bidon à toi aussi. Je tiens à mes fesses moi.
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Re: À la croisée des mondes - Mar 23 Avr 2013 - 16:44
Elle n’avait pas l’air de comprendre l’anglais. Etait-ce possible ? Elle avait cru que tout le monde connaissait quelques bases en anglais. Des bases, oui, pas des mots pouvant la faire passer pour une antisémite. Enfin, elle n’allait pas se plaindre.
La demoiselle semblait bien présomptueuse. Peut-être son domaine divinatoire ne la rendait-elle pas plus forte mais si cela lui permettait de fuir, c’était l’essentiel. Fuir. La pire des lâchetés. Lyra préférait combattre plutôt que de tourner le dos à un adversaire. Elle était ainsi. Personne ne pourrait jamais la changer.

Une voix résonna alors. Lyra sursauta, surprise. D’où cela pouvait-il venir ? La lame glissa dans ses mains, prête à se battre si jamais quelque chose approchait pour en vouloir à leurs vies. Elle n’aimait pas ça. Pas du tout. Elle ne savait pas à quoi s’attendre dans ce lie malfamé. Des monstres défiant les lois de la nature ? Des créatures n’ayant que le goût du sang pour seul repère ? Tous les démons n’étaient pas semblables au pauvre Azazel, malheureusement, inoffensif petit chaton dont elle appréciait les joutes verbales. La compagnie, aussi. Mais cela, elle le tairait. Du moins, devant lui.
Elle reporta son attention sur la rouquine. Pas très effrayée. Elle semblait même à son aise depuis que la voix s’était manifestée. Etait-ce là l’œuvre de son domaine divinatoire ? Comment savoir ?

- Lyra. Toi qui sursautais alors que j’arrivais à peine tout à l’heure, t’as pas l’air franchement très apeurée par cette voix. À croire que tu en connais l’origine.

Mais assez perdu de temps. Elle ne pouvait exclure le fait qu’un monstre se terrait réellement ici. Un vrai, cette fois-ci. Pas l’un de ceux de ces contes pour enfants où le prince survient toujours pour sauver la belle princesse en proie aux flammes ou prisonnière d’une tour. Les sorcières existaient même dans cet univers. Surtout dans cet univers. Elle avait fait la connaissance de l’une d’elles. Mais assez de souvenirs ressassés pour aujourd’hui.

Cette demoiselle avait un fort accent. Pas déplaisant. Cet accent, elle le reconnaissait. D’ailleurs, en vérité, pour elle, ce n’en était pas vraiment un puisqu’elle possédait le même. A priori, elle avait affaire à une Russe. La deuxième qu’elle rencontrait depuis son arrivée ici. Elle pouvait se tromper mais souhaitait en avoir le cœur net.

- Dis-moi, c’est une impression ou tu es russe ? Ton accent… C’est l’même que le mien.

Elle aurait pu tout aussi bien lui parler en russe pour voir si cette dernière la comprenait. Ici, tous parlaient la même langue, universelle depuis leur mort, unique depuis leur mort. Cela aurait pu être une expérience intéressante. Son cœur manqua un battement à l’idée qu’une autre Russe se tienne juste devant elle. Elle savait qu’elle n’était pas la seule, elle en avait déjà croisé. Mais elle ne s’était pas attendue à en revoir de sitôt.

- Et si on allait visiter cet observatoire ? On pourrait peut-être tomber sur cette monstrueuse voix ?

Au moins pourrait-elle vérifier si oui ou non cette voix était une illusion ou bien si elle était réelle. Le comportement de Tanya ne ressemblait en rien à celui d’une donzelle en proie à la panique. Au contraire, elle savait garder son calme. Alors que devait-elle en conclure ? Peut-être n’était-ce qu’une farce destinée à l’impressionner ou du moins à l’effrayer. Cela avait fonctionné au début. Avec la chasse aux renégats de lancé, Lyra était à cran, surmenée, à fleur de peau. Viendrait un jour où elle perdrait totalement le contrôle d’elle-même, elle s’en doutait. Ce jour-là, rien ne pourrait l’arrêter.

L’élève ne semblait pas avoir de quoi se défendre. Une simple gamine paumée. Pas l’âme d’une belliqueuse. Mais l’habit ne fait pas le moine, n’est-ce pas ? Mieux vaut se méfier des apparences. Elle ignorait ce que pouvait cacher cette adolescente. Elle semblait assez rusée, du moins autant que la brune. Une exploration en sa compagnie pouvait se révéler intéressant, finalement.
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Re: À la croisée des mondes - Sam 27 Avr 2013 - 23:25
Lyra, c'était un très joli prénom. Tout naturellement, cela me faisait penser au mot "lyre", l'un des instruments fétiches de ma soeur. J'avais envie de la lui présenter juste pour ça. C'est un peu bête, je sais, mais après tout, on ne s'était pas encore fait beaucoup d'amis en étant tout fraichement arrivée. Il y avait cependant cette part de moi-même qui me méfiait de cette fille. Elle était armée et extrêmement nerveuse, ce qui n'était pas très rassurant en soi. J'avais l'impression qu'elle se sentait traquée. En même temps, si ça avait été l'heure des cours, je l'aurai aisément comprise, puisque sécher les cours revenait à se prendre des professeurs ou des repentis aux fesses. Pour ma part, je n'ai pas encore fait école buissonnière jusque là, mais ce n'était pas l'envie qui manquait et je pense que ça viendrait bientôt. Pour l'instant je venais à peine d'arriver et ce n'était sans doute pas la meilleure des choses à faire.

La dénommée Lyra me fit alors remarquer que je n'avais pas l'air apeurée et nourrissait de toute évidence des soupçons vis-à-vis de l'origine de la voix. En v'là une qui analysait minutieusement tous ceux qu'elle rencontrait. Je n'en connaissais pas beaucoup des comme ça.

- T'exagères, j'ai pas sursauté, me défendis-je. J'suis pas une peureuse, tu sais !

- Et parlez plus bas, ou c'est dehors aussi.

J'esquissai alors une petite grimace, comme si je réagissais vraiment aux dires de ce vil personnage invisible. Oui, théoriquement, je me parle à moi-même et si Lyra l'apprenait, elle me verrait sans doute encore plus de travers, mais ce serait tant mieux ! Non, je ne souffre pas de dédoublement de personnalité. Les jeux de rôles, vous connaissez ? A force de pratique avec les spectacles de marionnettes que je réalisais pour les petits de l'orphelinat, je jonglais avec beaucoup d'aisance ces multiples personnages que je m'étais amusée à créer. L'improvisation, c'était aussi mon fort, mon imagination ne me lâchait jamais.

Je me contentai de confirmer lorsqu'elle me demanda si j'étais russe. Je n'avais pas fait attention à son accent, en fait j'avais même pris quelques jours avant de me rendre compte que je ne parlais plus russe, puisque tant que tout le monde se comprenait, je ne me posais pas de question. Il fallait dire que j'étais plus observatrice des yeux que des oreilles, aussi…

- Et si on allait visiter cet observatoire ? On pourrait peut-être tomber sur cette monstrueuse voix ?

- хорошо !

Ça me faisait bizarre de reparler russe. A ma venue ici, je m'étais automatiquement mise à papoter dans ce langage universel qui s'employait à la Deus Academia. A vrai dire, si je ne m'étais pas attrapée cette poutre à côté de mon lit dans le crâne, je n'aurais pas poussé un juron dans ma langue natale et je ne me serais jamais rendue compte du changement. Je fis donc quelques pas pour pénétrer dans les restes de cet étrange bâtiment. L'exploration, j'adorais ça. Mais je sentais ma voisine sur les nerfs et sans trop savoir pourquoi je tenais absolument à la rassurer, je posai ma main sur le poignet de celle qui tenait le couteau et plantai mon regard rubis dans le sien.

- Relax.

Je ne cherchais pas à emprisonner son poignet, qu'elle pouvait dégager à tout moment si elle faisait partie de ceux qui n'appréciaient pas les contacts physiques. Je me contentai de ne pas la quitter du regard et d'arborer un sourire rassurant mais discret. Ça ne devait pas être joyeux de rester sur ses gardes comme ça, on ne pouvait pas profiter pleinement de la vie de cette manière, c'était impossible, car ce serait se tourner vers la mort et la guetter.

Nous n'eûmes néanmoins pas le temps de tester la solidité des escaliers des lieux car un cri nous parvint. Ce n'était pas un cri humain mais plutôt celui, aigu, d'une bête. Pour le coup, je me figeai et levai les yeux vers les cieux d'où provenait ce rugissement. Je pouvais aisément apercevoir l'écran couleur azur grâce au plafond troué au travers duquel je distinguais un morceau de dôme en verre. Le soleil couchant donnait encore une fois des éclats magnifiques au lieu mais l'ombre passa une nouvelle fois, plongeant durant une brève seconde les lieux dans l'obscurité.

- Qu'est-ce que c'est ?

En tout cas, une chose était sûre, ça volait. On pouvait clairement entendre l'air frôlé par les ailes. Je ne paniquais pas mais je me tenais prête à user de mon domaine divin pour déguerpir au plus vite si cela s'avérait trop dangereux comme bestiole. Et il s'avéra que ce fut le cas lorsque je le vis, de loin mais cela me suffit pour le reconnaître. L'Aurora.

Spoiler:
 

J'avais vu sa photo dans l'un des livres de la bibliothèque, c'était l'un des monstres les plus dangereux du coin. Quel manque de bol. Il parait que leur simple souffle peut réduire un rocher en miettes.

- Ce poulet, faut pas le charrier. Faut qu'on se tire avant qu'il se décide à éternuer !

Déjà ma craie était apparue dans ma main et je me jetais à genoux pour tracer un large rectangle sur le sol. Une fois cela fait, je poussai le morceau de pierre qui s'ouvrit à la manière d'une trappe. Je pressai Lyra de se jeter dans l'ouverture qui s'ouvrait sur un visible couloir, après quoi je la suivis. Nous atterrîmes dans le lieu que j'avais visualisé dans ma tête quelques secondes auparavant. Ce n'était pas la première fois que j'utilisais ce pouvoir, mais c'était toujours aussi perturbant comme impression de passer d'un endroit à un autre comme ça, par le biais d'une porte.

Nous étions donc de retour à l'académie, en sécurité, tandis qu'au-dessus de nous le trou rectangulaire venait de se refermer. Ma craie se dématérialisa cependant que mon ventre m'insultait silencieusement. Ah bah oui, en même temps, c'était légèrement l'heure du souper.

- On est quelque part près des casiers de l'école, précisai-je à l'adresse de Lyra au cas où elle se sentirait perdue. Bon, j'espère que le volaille vert va pas faire son nid dans cette ruine, parce que je compte bien l'explorer. T'as envie de manger un bout avant qu'on y retourne ? J'ai une de ces envies de brûler le couvre-feu, pour une fois.

Oh, minute. Elle n'était pas prof' la Lyra j'espère ?! J'aurai dû y penser avant… Quoi qu'il en soit, je lui posai la question, mine de rien.

- En fait, t'es quoi ? Élève ?
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Re: À la croisée des mondes - Ven 10 Mai 2013 - 18:12
Une rencontre avec une Russe ? Sympa. Parler cette langue la changerait. Cela commençait à faire longtemps qu’elle parlait uniquement la langue universelle de l’académie.
La main de la rouquine effleura la sienne. Lyra tressaillit sous son contact. Elle n’avait pas l’habitude. Les contacts physiques avec de parfaits inconnus, très peu pour elle. Ce n’était pas parce qu’elle était elle aussi une Russe qu’elle pouvait tout se permettre. Lyra dégagea donc son poignet, naturellement. Il fallait s’y attendre.

Un nouveau bruit emplit la salle. Un rugissement. Les monstres de foire s’étaient donnés rendez-vous ici ou quoi ? Pas un pour rattraper l’autre. D’abord cette curieuse voix, maintenant ce bruit inhumain, monstrueux. Du grand n’importe quoi.
Les deux demoiselles levèrent par instinct les yeux au ciel, ce même ciel couvert par un dôme, voilant l’extérieur, offrant des reflets de lumière aux jeunes filles. L’ombre s’abattit un instant sur l’observatoire. Le noir complet. À la manière d’une éclipse, le soleil semblait avoir disparu, les privant de toute luminosité. Mais cela ne dura qu’un temps. La lumière reprit ses droits, chassant les ténèbres. Le cri perçant ne disparaissait pas, lui. On distinguait nettement un bruit d’ailes. Pas le genre d’ailes de chauve-souris, une paire bien plus imposante. Du jamais vu.
Lyra n’avait aucune réponse à apporter à la question de Tanya. Un oiseau de découpait au loin. Un oiseau ou peut-être un dragon. Elle ne saurait trop dire. Un hybride. Ses ailes imposantes lui donnaient un élan de puissance. Le vert était omniprésent. Des plumes à l’infini. Belle bête. La voix de Tanya lui apparaissait lointaine. Elle ne quittait pas des yeux le monstre qui maîtrisait pleinement l’espace, non loin d’elle.
La seconde d’avant elle était dans l’observatoire et la seconde d’après dans le couloir grouillant de casiers. Elle le reconnaissait. Le passage magique allant de la guilde noire à cette pièce était par ici. Elle l’avait déjà emprunté plus d’une fois. Au moins pourrait-elle fausser compagnie à cette élève si l’occasion se présentait et si la situation devenait trop délicate à gérer.

- Ouais, on va s’manger un morceau avant d’aller faire rôtir cet emplumé ! Première fois que j’vois un tel monstre ! C’est quoi son nom d’ailleurs ? C’est que t’as l’air de t’y connaître pas mal en matière de créatures. C’est pas commun. L’genre bonne élève, non ?

Brûler le couvre-feu pour une fois. La pauvre enfant n’avait pas l’âme d’une rebelle. Au moins faisait-elle des efforts. Difficile de lui en vouloir pour cela. Ce n’était pas dans la nature de tous que de se sentir l’âme hardie ou quelque peu aventureuse. Il y avait les sages et les récalcitrants. À première vue, Tanya appartenait à la première catégorie. La dévergonder un peu serait amusant.

- J’suis pas une élève. Juste une repentie. Tu croyais quand même pas que j’étais une prof, hein !

Professeur. La pire insulte au monde. Du point de vue de Lyra.
Les apprentis longèrent les couloirs, prenant la direction de la cuisine. À cette heure tardive, il n’y aurait pas un chat. Tant mieux. Elles auraient la cuisine pour elles seules. Elle se demandait quel goût avait ce drôle d’oiseau de jade. Il semblait composer d’une multitude d’émeraudes. Si c’était le cas, ce ne devait pas être l’idéal en bouche. Mais au fond, ce n’était qu’un poulet géant, non ? Le faire cuire à la broche pourrait être sympathique. Encore faudrait-il avoir une broche suffisamment grande pour faire tenir un tel mastodonte. Mieux valait arrêter de rêver.

Pas une âme errante au milieu de ces boyaux de couloirs. Il ne faisait pourtant pas encore totalement nuit. Le soleil déclinait peu à peu mais avec les beaux jours, il était toujours possible de savourer les quelques rayons de clarté et de chaleur encore présents, les quelques retardataires réchauffant l’épiderme de chacun.

- Par contre, j’espère que t’es plus douée en cuisine que pour tes mensonges surfaits ! la taquina-t-elle. J’suis pas stupide, t’sais. J’me doute que t’étais pas totalement étrangère à c’t’histoire de voix surnaturelle.

Après avoir longé nombre couloirs, les voilà enfin devant la cafétéria, franchissant la porte blanche. Et l’envers du décor, alors ? La cafétéria, c’était bien aux heures de repas. Sinon ,mieux valait aller directement vers la cuisine, se confectionner son propre repas. Voilà ce qu’elles avaient l’intention de faire.

Au final, peu d’ingrédients s’étendaient devant eux. Rien de rien. À croire que le cuisinier en chef cachait bien les denrées alimentaires. Il allait falloir fouiner pour trouver quoi que ce soit de potable et concocter un plat avec. Inutile que Tanya s’attende à de la cuisine gastronomique, si c’était le cas, elle risquait d’être déçue.
Après une fouille intensive, Lyra ressortit une douzaine d’œufs, des pommes de terre, du jambon, des champignons, toutes sorties d’herbes et d’aromates et de la cannelle. De la cannelle. Elle appréciait en mettre dans ses plats. Juste pour donner un petit arrière-goût, le rehausser aussi. Elle se rappelait que sa mère faisait de même. Une vieille histoire de famille.

- J’ai pas trouvé d’chou mais les patates, c’est bien aussi.

Le plus dur restait à faire. Eplucher les patates, couper le jambon en lamelles, nettoyer et couper à leur tour les champignons et cuisiner le tout. Elle alla fouiller dans le bazar de la cuisine et en ressortit une poêle qu’elle posa sur la gazinière ne prévision de la cuisson, un saladier pour les pommes de terre, un autre pour les dés de jambon et encore un pour les morceaux de champignons. Elle posa le sac de patates devant Tanya et lui dit tout en souriant :

- Une omelette, ça s’rait bien, non ? T’façon, avec les fonds d’tiroir, j’sais pas c’qu’on peut faire d’autre. Maintenant, y a plus qu’à éplucher l’tout !

De son côté, elle attrapa le jambon et le coupa en dés. Inutile de tout coup utiliser. Déjà que leur fringale nocturne risquait de ne pas passer inaperçue. Mais personne ne saurait jamais qui sont les véritables coupables. Elle, Lyra Vilkas, renégate de surcroît, était en train de préparer un casse-dalle main dans la main avec une fille de l’académie. On lui aurait dit cela qu’elle ne l’aurait pas cru. Il n’y avait aucun mal à ce que deux Russes cuisinent ensemble, se remémorant leurs souvenirs. Pour les souvenirs, ce n’était pas encore ça. La confiance semblait s’installer peu à peu entre les demoiselles, pas à pas. Inutile de brusquer le cours des choses. Sa dernière rencontre avec un Russe s’était soldé par un au revoir cuisant. Mes le moment n’était pas le même. Chacun choisissait son camp, alors que lui avait préféré rester fidèle à Deus, Lyra avait choisi de le trahir. Pas étonnant que les dernières phrases échangées de ces deux camarades aient été des menaces. Pas de ça avec Tanya.

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Re: À la croisée des mondes - Sam 11 Mai 2013 - 20:42
Rôtir l'emplumé, mais quelle bonne idée ! J'espérais juste qu'elle n'était pas sérieuse parce que bon, ce n'était pas le genre de bestiole à approcher. J'ignorais quel niveau elle possédait mais il fallait la force de plusieurs apprentis-dieux pour en parvenir à bout. Un Aurora. Voilà comment ce poulet géant s'appelait. Vu comment Lyra réagissait, elle n'était aucunement préparée à rencontrer une telle bête en pareil endroit, et comme le prouvait sa question, elle ne savait même pas ce que c'était. Et après elle me taquinait d'être le genre bonne élève...

- Disons plutôt que j'ai bonne mémoire !

C'était vrai. Je n'étais pas spécialement studieuse, au contraire, j'avais du mal à me concentrer en classe. Je préférais d'emblée m'évader dans mon monde et faire mes petits dessins dans mon coin plutôt que d'étudier. Par contre, comme les créatures me fascinaient, il était naturel que je m'y intéresse de plus près et retienne au moins quelques noms ! L'Aurora était l'une des plus classes et des plus belles bêtes selon moi, même s'il ne fallait pas espérer pouvoir lui faire un câlin un de ces jours.

- J’suis pas une élève. Juste une repentie. Tu croyais quand même pas que j’étais une prof, hein !

- Bah je sais pas, on a des profs super jeunes quand-même ! Mais c'est vrai que je t'vois pas enseigner.

Nous rasâmes ensuite les murs pour nous rendre à la cafétéria. C'était certain, vu la manière assurée avec laquelle Lyra se déplaçait, qu'elle était plus ancienne que moi. Je fis disparaître ma craie et fourra mes mains dans les poches de mon pantalon tandis que je la suivais sans un mot. Elle me lança ensuite une taquinerie à propos de cuisine et de mensonges. Genre ! Comment avait-elle deviné ? C'était aussi évident que ça ? Elle était devin elle aussi ? Ben dis donc ils l'étaient tous ici ou quoi !

- D'quoi tu parles ?

Là c'était ma fierté qui en prenait ! Ce n'était pas comme si j'avais passé une bonne partie de ma vie en tant que comédienne, j'en avais de l'expérience en la matière tout de même ! Non mais non, soit elle devait avoir un pouvoir, commun ou divin, qui lui permettait de deviner quand on mentait, soit elle était grave parano et pour une fois elle ne s'était pas trompée ! En attendant, nous étions entrées dans la cuisine, vide à cette heure-ci. Cela me rappelait mes petites escapades nocturnes avec Sonou, quand on était à l'orphelinat. D'ailleurs j'avais l'impression de me trouver à la place de ma soeur et de me voir sortir les ingrédients un par un. C'était perturbant, vraiment.

J'esquissai alors un petit sourire, tendre car ce moment l'était, à n'en pas douter. Une omelette, mais quelle bonne idée ! Je n'étais pas capable de faire beaucoup de mets, puisque ce qu'il y avait à l'internat ne me permettait pas vraiment d'innover, mais ça, je savais faire, évidemment ! Je saisis un couteau et attrapai une pomme de terre particulièrement grosse.

- Quand on n'a pas ce qu'on aime, on aime ce qu'on a !

C'était ma devise et je l'avais prononcée sans vraiment me rendre compte. J'espèrais que Soniya parviendrait à dormir avec mon sms parce que sinon je m'en voudrais ! En attendant, il fallait que j'explore des terres et avant, il me fallait me remplir la panse ! Je commençais donc à éplucher quelques patates, rapidement puisque j'étais habituée à le faire, puis, par une simple envie du moment, j'ouvris l'une d'entre elles sur le côté de sorte à lui faire une bouche. Bouche qui s'ouvrit lentement de même qu'une série de petits grognements sortaient.

- Aaah ! Au secours ! Cette patate est vivante !

Je me débattis avec cette pauvre pomme de terre que je tenais dans ma main. Oui, j'étais repartie dans un trip...

- Ça fait mal purée ! Tu veux que je te découpe aussi c'est ça ?! Tu vas voir ce que ça fait que de se faire déshabiller comme ça !

- Non ! Pitié ! Attention je suis armée !

Je brandis mon couteau face à la vilaine patate que je tenais toujours dans ma main, la mine sérieuse malgré mon envie d'éclater de rire en songeant à la tête que risquait de tirer Lyra. C'était sûre qu'elle n'allait pas me prendre pour une saine d'esprit ! A mon avis, je l'étais, mais ça restait à prouver ! Hu hu hu.

- Tiens prends ça ! lançai-je en plantant ma lame dans la pomme de terre et en la clouant sur la table.

Chose faite, je retirai l'ustensile mine de rien et achevai d'éplucher le légume.

- J'crois bien que t'avais raison pour la voix, lâchai-je avec mon détachement habituel, un léger sourire aux lèvres.
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Re: À la croisée des mondes - Mar 14 Mai 2013 - 19:46
Etait-ce sa façon de parler qui la trahissait ? Elle s’était toujours exprimée ainsi. Il est vrai que les professeurs sont d’ordinaire des gens de bonne famille, des gosses pourris gâtés depuis leur plus jeune âge, des adultes continuant de vivre leur vie d’adolescent sous de faux airs. Elle n’était pas aussi distinguée que ceux-là, ces grands de la cour qui ont recours aux beaux mots et aux belles phrases pour parler de rien. Le silence est tellement préférable à ces phrases préfabriquées d’usage.
Peut-être sa dégaine aussi. Quelque peu mités, ces vêtements. Du vieux de la vieille. Ils en avaient vu d’autres, les pauvres. Et alors ? Faire passer le paraître avant l’être était devenu l’adage de ce nouveau siècle, autant sur Terre qu’à l’académie. À observer Tanya de plus près, elle non plus ne prenait pas soin de son apparence. Pas dans le genre dépravée, il y a un grand pas à franchir tout de même. Pas non plus le genre à mettre rimmel sur rimmel ou fond de teint au point de virer carotte. Sobre, c’est bien aussi.

Alors que Lyra terminait de découper ses dés de jambon, Tanya était toute fière de son drôle de jeu, faisant parler une patate. Une patate qui parle. Les surréalistes l’auraient prise comme élève, cette enfant. Malheureusement, mille lieux les séparaient de ce mouvement littéraire. Lyra n’avait pas l’habitude de ce genre de convention. Convention ? Est-ce un mot pour qualifier quelqu’un en train de rire de sa propre blague ? Ce n’était pas là une coutume propre à la rousse, du moins l’espérait-elle. Peut-être les juifs – elle n’avait pas démordu de cette idée saugrenue encrée en elle – utilisaient-ils des rituels à l’aide des légumes, celui-ci en était peut-être un ? Là, c’était du grand n’importe quoi. Cette môme était juste cinglée, voilà tout ce qu’on pouvait dire sur elle. Pauvre enfant.

- T’es dans un grand délire, là… soupira-t-elle, saisissant une pomme de terre à son tour. Donne m’en quelques unes sinon on y s’ra encore demain.

Elle n’avait pas une faim de loup mais n’avait pas l’envie de passer sa soirée ici. Elle était en charmante compagnie mais cela n’empêchait pas qu’elle avait des obligations. Elle ne savait pas lesquelles mais trouverait. Tous les prétextes seraient bon pour quitter cette rouquine. Elle n’était pas méchante, légèrement timbrée, un peu effrayante aussi, mais cela s’arrêtait là. Pas de quoi fouetter un chat.
Elle n’arrivait pas à comprendre comment la rousse parvenait à faire parler une pomme de terre. Le concept de la ventriloquie lui était totalement inconnu. Etait-ce grâce à son domaine divinatoire qu’elle offrait une voix aux objets inanimés ? Pour elle, cela relevait du mystère. Il n’y a que dans les foires ou les cirques que l’on a l’occasion de croiser de tels personnages. Lyra n’avait jamais mis les pieds ni dans l’un, ni dans l’autre. Elle n’avait pas non plus eu la chance de tomber sur l’un d’eux par hasard, au coin d’une rue. La renégate était novice en la matière. Totalement perdue dans cet univers qu’elle ne comprenait pas. Etai-ce cela, la magie dont lui parlait Lev en Russie ? Ces drôles de mages habillés en costume, haut de forme pour plaire à ces dames, lapins blancs dans le chapeau ? La parure en moins, l’animal en option.

- J’comprends pas comment tu peux faire parler c’te patate. Tu peux faire ça avec tout et n’importe quoi ? Donner n’importe quelles voix aux objets ? Pardon d’me montrer curieuse, c’est pas mon genre mais… j’ai jamais vu ça d’ma vie. Remarque, c’est p’têt juste en lien avec ton domaine divinatoire, non ?

Tout en la questionnant, la patate entre ses doigts ôtaient peu à peu sa robe d’épluchure, le couteau faisant usage. Attention à ne pas se couper. Lyra reporta son attention sur son travail, veillant à bien faire. Inutile de gâcher la chaire du légume par mégarde, juste parce qu’elle s’était montrée légèrement naïve sur les bords.
Leur table se jonchait peu à peu d’épluchures. Une fois qu’il faudrait nettoyer, elles allaient avoir du travail. À deux, éplucher les patates allait bien plus vite. La Russe lui fit signe d’arrêter une fois qu’il y en eut assez. Inutile d’en couper des masses, elle n’était que deux à manger ce soir. Elle ignorait quel appétit avait cette élève mais tout de même pas au point de dévorer un sac entier de pommes de terre. Surtout qu’il n’y aurait pas que ça. Jambon, champignons en plus, le tout mélangé dans une omelette. Elle en avait l’eau à la bouche.

Mesquine, Lyra s’amusa à lancer des épluchures dans la chevelure rougeoyante de la jeune fille. Juste pour s’amuser. Elle n’avait pas l’habitude de parler à des objets inanimés, elle. Elle préférait de loin rechercher l’affrontement, quitte à lancer une bataille de déchets. Il fallait bien tout nettoyer, non ? Tanya ferait une bien gentille poubelle. Un peu trop bavarde, peut-être.

- Ça t’va bien, les épluchures ! Tu devrais penser à en mettre tous les jours dans les ch’veux, j’suis sûre que les garçons te dévoreraient du regard ! Te croqueraient, même ! Parole de Russe !

Et les épluchures continuèrent de fuser. Ambiance bon enfant à la cuisine. Elles allaient finir par en oublier leur casse-croûte, ces deux-là ! De prime, elles étaient venues ici pour manger, non pas pour s’amuser à la manière de deux gamines. Jeux d’enfants.

- Vengeance d’la patate que t’as maltraité !

Les épluchures cessèrent enfin de pleuvoir. Restait les champignons. À s’occuper, non pas à gaspiller. Peut-être Tanya devait-elle craindre les représailles des champignons aussi ? Pas qi elle n’y touchait pas. Ce fut la lame de Lyra qui se chargea de ces nouveaux légumes, ne leur laissant aucune chance de sortie. Les végétariens peuvent se révéler aussi cruels que les carnivores, la preuve avec cette scène d’une grande épouvante dans la cuisine de l’académie. Qui entendra les appels au secours de messire champignon ou de mademoiselle pomme de terre ? Personne. Inutile d’espérer une quelconque aide du jambon, ce cochon était bien trop occupé à jouer aux dés pour s’affairer à sauver la tubercule et le cèpe.

Elles causent, elles causent, c’est tout ce qu’elles savent faire. Les champignons n’allaient pas bon train sur la table, la plupart encore tous entier. Il en fallait peu mais le quota n’était toujours pas atteint. La faute à la bataille.
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Re: À la croisée des mondes - Lun 20 Mai 2013 - 20:14

Lyra ne semblait pas s'être amusée pour le moins du monde de mon spectacle. Vraiment bizarre cette fille. Un peu trop sérieuse peut-être. Pfff… Pas drôle. Elle devait me prendre pour une folle. Ah non mais ça va hein, je n'ai pas encore d'hallucinations, je t'assure. Franchement, on ne peut plus rire dans ce monde de fous ! Enfin si elle pensait que j'allais changer pour ci peu, elle se mettait le doigt dans l'oeil. Même si j'avais l'habitude que mes petites prestations fassent rire les enfants de mon orphelinat, je me rendais compte que ça ne pouvait être le cas de tout le monde, surtout que je connaissais rien de Lyra. Qu'est-ce qu'elle avait vécu pour être aussi sérieuse ? Vu sa dégaine, elle ne devait pas être une enfant de riche, ou alors elle avait changé depuis son réveil. Pour ma part, je préférais la voir sourire qu'autre chose. Là c'était carrément déprimant.

- Si on peut même plus déconner, soupirai-je à mon tour tandis qu'elle me piquait une patate. Pourquoi prendre les choses de manière aussi terre à terre, j'pige pas…

Je continuai à éplucher les légumes histoire qu'on n'y passe pas toute la soirée non plus. Je ne savais pas pour Lyra mais pour ma part j'avais suffisamment faim pour me dépêcher. Un bref silence s'installa entre nous, un peu gênant et ma voisine reprit la parole pour prononcer quelques interrogations. Sans quitter mes yeux de mon travail, j'entrepris de lui répondre avec sérieux, lui prouvant que je pouvais être déjantée mais uniquement si je le souhaitais. Je n'avais pas besoin de prouver que je n'étais pas folle, elle croyait ce qu'elle voulait, mais ça me fatiguait aussi de délirer vingt-quatre heures sur vingt-quatre, ce qui était assez normal.

- Non, j'avais ce don bien avant ma… mon arrivée ici. J'suis juste ventriloque, autrement dit, je peux parler avec mon ventre, sans bouger les lèvres. J'sais aussi mimer les voix que j'entends, les deux ensemble, ça peut donner des petits sketches sympathiques. Les p'tits les aimaient beaucoup, eux…

"Ça les aidait à oublier", prononçai-je en silence, formant les mots sur mes lèvres sans pour autant qu'un son ne s'en échappe. Je préférai oublier, moi aussi, à vrai dire. Dès qu'il y eut suffisamment de patates épluchées, nous commencions à nettoyer les lambeaux bruns. Seulement, Lyra s'amusa à m'en balancer dans les cheveux et je ne tardai pas à protester.

- Eyh !

Haaan la vile ! Elle me voyait de travers dès que je faisais la gamine et là elle me balançait des épluchures dans la tignasse ! Déjà que j'avais du mal à y mettre de l'ordre, il ne fallait pas qu'elles y restent ! Alors les batailles de nourriture, j'aimais bien pour délirer, mais pas quand elle était déjà rare à la base.

- M'en fous qu'les garçons me regardent, grognai-je en retirant les morceaux de peau de mes mèches rouges.

Un sourire espiègle fit une apparition éclaire sur mes lèvres et je lui rendis son dû en la bombardant elle aussi d'épluchures. Si elle croyait que j'étais du genre à me laisser marcher sur les pieds... Elle se trompait lourdement ! Avec ma soeur à protéger, j'avais depuis longtemps endurci ma personnalité, j'avais perdu en innocence mais quelque part c'était indispensable. Cela faisait partie de mes sacrifices vis-à-vis d'elle. Notre petit jeu cessa rapidement, fort heureusement car ça commençait à me gonfler, de constater que ses cheveux lisses ne capturaient pas aussi bien les morceaux de peau que mes mèches en pagaille.

- C'pas équitable comme bataille.

A ce rythme-là, on y serait encore demain. C'est pourquoi je m'attaquai de suite aux champignons sans m'attarder sur l'épisode précédent. Une fois cela fait, je me penchai sur les oeufs et en voyant leur forme ovale (évidemment, quelle autre forme pouvaient-ils avoir ?), il y eut comme un tilt dans mon cerveau. J'en attrapai trois et me mis à jongler avec, presque instinctivement. Un petit sourire apparut sur mon visage, presque automatiquement, comme à chaque fois que j'exerçai l'une de mes passions.

- Dis la vengeresse des patates, tu viens de quelle époque ?

Mais je m'arrêtai bientôt pour ne pas tarder plus et je m'occupai de casser les oeufs au-dessus de la poêle qui chauffait déjà.

- T'en manges combien des oeufs habituellement ?
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Re: À la croisée des mondes - Ven 21 Juin 2013 - 17:20
Dire quelques instants plus tôt, les demoiselles étaient poursuivies par une petite poule verte – cela nous poursuit ! – et les voilà désormais concoctant une omelette alors que la nuit était tombée. Manquerait plus que quelqu’un les attrape, elles auraient de sérieux ennuis. Enfin Lyra plus que Tanya. Mais qu’importe, c’était les risques du métier – être renégate et non pas cuire des œufs – alors peu lui importait.
 
- 'Tain mais t’es bourrée de talents, en fait !
 
La rouquine riposta à son tour à coup d’épluchures, arrêtant bien vite en remarquant que les lambeaux ne s’accrochaient pas aussi bien dans la chevelure de Lyra que dans la sienne. La brune ôta les quelques morceaux encore accrochés avant de retourner à ses champignons. Elle allait bientôt en voir le bout de ces légumes. Ne restait plus qu’à battre les œufs. Tanya se proposa pour cette tâche. Bientôt, elles pourraient savourer ce mets savoureux.
 
- Trois, répondit-elle. Et j’viens du début du vingt-et-unième siècle. Et toi, tu viens de quelle époque ? D’une autre époque antérieure ? J’sais que y en a pas mal qui viennent de toutes les époques possibles et imaginables… Y en a d’autres qui viennent du futur aussi. C’est bizarre.
 
Occupée à parler, elle ne se rendit pas compte que la lame effleura son doigt pour venir le couper légèrement. Elle laissa échapper un cri de surprise. Mais quelle maladroite ! Il fallait toujours qu’elle se fasse remarquer. Elle porta son index à ses lèvres. Dire que ce n’était même pas une blessure de guerre dont elle aurait pu se vanter en tant que membre de la guilde noire. Non, Lyra était bien plus modeste dans ses missions. Elle s’était blessée en faisant la peau à des champignons inoffensifs. Et elle avait perdu la bataille.
 
- Les champignons m’aiment pas beaucoup, j’crois.
 
Elle songea aux différents dons de Tanya. Cette demoiselle l’épatait. Elle n’avait jamais vu quelqu’un de semblable. Dire qu’elle arrivait à faire tout cela sans l’aide de son domaine divinatoire. Après tout, peut-être avait-elle reçu une formation spécialisée pendant sa jeunesse ?
 
- T’as grandi dans un cirque ou quoi ? T’es capable de tout et n’importe quoi alors j’me demande. Tu jongles avec c’que t’as sous la main, t’es capable de changer ta voix et j’suis sûre que tu peux faire d’autres choses encore.
 
La blessure avait enfin arrêté de saigner. Pas trop tôt. Dire que les deux demoiselles étaient tranquillement en train de discuter comme si de rien n’était. Comme si Lyra n’était pas une renégate. Après tout, l’autre n’en avait pas la moindre idée. Heureusement d’ailleurs, sinon l’accueil n’aurait pas été le même. Sans doute un accueil bien plus haut en couleurs, plus explosif aussi.
La brune songea à nouveau à la volaille d’émeraude. Dommage qu’elle n’ait pas constitué leur dîner. Mais au moins pouvait-elle se consoler en se disant que ces œufs que Tanya s’apprêtaient à casser n’étaient rien d’autre que ceux que l’emplumé couvait. En plus petits, malheureusement. Ce sera peut-être pour une prochaine fois, l’Aurora cuit à la broche.  
 
Son estomac se manifesta alors, rappelant sa présence à tous et combien il était affamé. Elle ne s’était pas rendue compte à quel point elle avait faim. Après tout, il ne fallait pas longtemps pour concocter une omelette, pas étonnant que le ventre de la renégate s’impatiente.
 
- V’là mon estomac qui nous rappelle à l’ordre, fit-elle avec un sourire.
 
Manquerait plus que l’estomac de Tanya se mette lui aussi à geindre et ce serait un beau concert de borborygmes auquel elles auraient droit. Toutefois, ces vocalises seraient peut-être davantage portées sur la cacophonie que sur la symphonie.
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Re: À la croisée des mondes - Lun 8 Juil 2013 - 19:05
Je tâchai donc de casser les trois oeufs de sa Majesté Lyra tout en écoutant sa réponse. Ainsi donc elle venait d'une époque postérieure à la mienne, un siècle plus tard en somme. Qu'est-ce qu'il pouvait bien y avoir de son temps ? Des fusées ? Je me faisais déjà tout un film dans ma tête et me rendis compte que si je n'étais pas morte récemment, j'aurai pu être aisément sa grand-mère ! D'un coup le regard que je portai sur elle fut différent. C'était vraiment perturbant de se rendre compte de ce détail… mais je zappai rapidement.
 
- C'est vrai que les gens qui viennent du futur, j'comprends pas trop. On dirait qu'on nous a tous rassemblés ici, à cette époque, pour vivre quelque chose d'important. Pour te répondre, je suis née en 1924. Quel jour, je ne sais pas précisément, ma soeur et moi, on a été retrouvé bambin au pied de la porte d'un orphelinat.

Pourquoi je lui racontais tout ça moi ? Bonne question. Silencieuse, j'écoutai le bruit des oeufs qui crépitaient allègrement, jusqu'à ce qu'à côté de moi, Lyra poussa un petit cri. Je me retournai et la vis porter un doigt à sa bouche, elle avait dû se couper. 

- Est-ce que ça va ? 

Bon ça va, ce n'était pas une grosse coupure non plus. Je ne m'approchai pas trop, j'avais remarqué son mouvement de recul lorsque l'on était dans les ruines et je savais qu'elle n'était pas très tactile. Et puis elle était suffisamment âgée pour se débrouiller toute seule dans ce genre de circonstances. Je tentai donc de refouler mon côté maman poule un peu trop développé à force de vivre avec Soniya et me concentrai sur mes oeufs. Mmmh, qu'est-ce que ça sentait bon ! 

Je m'occupais de mélanger les différents ingrédients aux omelettes lorsque ma voisine reprit parole, visiblement intriguée par mes petites démonstrations, même si je ne les considérais pas comme telles. Je m'amusais avec tout ce qui me tombait sous la main, jongler et improviser des petits sketches, c'était ma passion et je ne le faisais pas pour qu'on me regarde. Si je m'étais retrouvée sur une île déserte, j'aurai exactement la même attitude. 

- J'ai créé une sorte de mini cirque oui, avec ma soeur, quand on était à l'orphelinat. Ça aidait les gosses à penser à autre chose et à sourire. D'ailleurs si tu me vois à deux endroits en même temps, méfie-toi, soit c'est moi qui m'amuse à ouvrir mes portes magiques, soit t'as rencontré Soniya, ma jumelle. 

Je ris. A vrai dire la différence entre nous deux résidait aussi au niveau des vêtements, je ne pense pas que Lyra rencontrerait trop de difficulté pour nous reconnaître. Mais bon, par expérience je savais que les gens avaient toujours un peu de mal au début et que c'était perturbant pour eux. Pour moi, c'est simple, tant qu'il n'y a pas de miroir devant moi, je sais que c'est pas moi ! Bon OK, c'est pas drôle. Mon ventre sembla protester contre cette blague un peu pourrie, grognant en concert avec celui de mon interlocutrice. Je souris à mon tour et entreprit de sortir les assiettes et les couverts.

Une fois les omelettes bien installées, je déposai le tout sur la table en n'oubliant pas d'éteindre la cuisinière.

- Приятного аппетита ! 
 
Je pris une première bouchée. Mmmh ! Succulent ! Je pensai immédiatement à Soniya. Il n'y avait jamais une minute qui s'écoulait sans que mes pensées se dirigent vers elle. Je devrais peut-être lui en garder une part ? Oui, on sait jamais, les creux au milieu de la nuit, c'est si vite arrivé ! Je me servis donc de mes couverts pour sectionner un tiers de mon omelette que je laissai calé dans un coin, puis je me remis à manger. Il était temps dis donc !

- Hm, mais dis-moi, tu fais quoi toi si t'es pas prof' ? Comme ça, demain, j'pourrai venir te voir après les cours, pis on repartirait à la chasse à la petite poule verte ! 

Ah mais d'ailleurs, si elle était repentie, c'est que sa vie antérieure n'avait pas été joyeuse. En général ce n'était pas des gens très recommandables, les repentis. Ils étaient là pour expier leurs péchés, et la plupart se montraient dignes de ces péchés en question... Mais Lyra me semblait différente. Je m'entendais bien avec et sûrement que cela influençait sur mon avis, mais je pensais que c'était une gentille fille, au fond.

- Parce que là, je vais pas pouvoir repartir je crois, il faut que je rentre ou ma soeur va s'inquiéter. Et puis l'omelette va refroidir aussi. 
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Re: À la croisée des mondes - Mar 9 Juil 2013 - 18:43

Tanya se mit à évoquer son ancienne vie, lui parlant d’un orphelinat. Cela n’avait pas dû être rose tous les jours. Pas étonnant qu’elle ait développé de tels dons, un rien permettait de s’évader du quotidien. Chacun ses astuces. Lyra aussi, pendant son enfance, avait dû s’adapter, inventant toutes sortes de jeux tant pour retrouver le sourire que pour faire retrouver les fillettes du dortoir. Cela permettait d’oublier, parfois.

La Russe essaya d’imaginer à quoi pouvait bien ressembler l’époque de la rouquine. 1924. Cela devait être totalement différent de ce qu’elle connaissait.
La renégate hocha la tête alors que la cuisinière lui demandait si elle allait bien. Ce n’était qu’une égratignure. Elle avait connu bien pire.

Le repas fut fin prêt. Les omelettes fumantes furent déposées sur la table. Lyra goûta le plat. Un vrai délice ! Elles avaient bien travaillé toutes les deux. Le résultat se trouvait désormais dans les assiettes ! Elle vit du coin de l’œil Tanya découper un morceau de son omelette, sans doute pour sa sœur. Elle avait l’air de beaucoup l’aimer au point de lui sacrifier un morceau de son repas ! Lyra songea à Lev, lui n’aurait pas fait tant de délicatesse pour elle, le connaissant, il aurait tout avalé jusqu’à la dernière bouchée. Elle sourit.

- Avoir une sœur jumelle, ça doit être sympa. T’imagines toutes les conneries que vous pouvez faire ensemble ? Vous devez bien vous amuser, n’empêche.

Tout le monde n’était pas comme ça, bien sûr. Mais du peu dont elle avait aperçu de la personnalité de la rouquine, faire des blagues au monde en compagnie de sa sœur jumelle serait bien dans sa nature. Elle pouvait se tromper, certes. Le doute était permis, l’erreur aussi.

Tanya aborda la question qui fâche. Son job. Difficile de lui révéler qu’elle était en vérité une renégate qui oeuvrait pour la guilde noire, tuant des humains, cherchant à détruire l’académie ou même, l’objectif suprême, détruire Deus. Pour ce dernier, il roupillait toujours mais concernant les autres buts fixés, autant dire que chacun s’activait à la manière d’une fourmi, chacun son poste. De toute façon, elle lui avait déjà dit qu’elle était une repentie, trop tard pour faire marche arrière. Son ancienne activité de repentie allait lui servir une fois de plus. Ce n’était pas vraiment un mensonge, non.

- Archiviste. Mais ça sert à rien d’aller m’chercher aux archives, j’y suis presque jamais. Tu l’remarqueras bien vite, nous autres repentis, on glande presque autant que les élèves. Eux sèchent les cours et nous… ben on sèche nos postes. Si y a besoin, j’te trouverai, t’inquiètes pas.

Comme elle faisait déjà avec son frère. Malheureusement, Tanya ne risquait pas d’apprécier ses visites nocturnes. Elle pouvait donc tirer un trait sur cette chasse à la petite poule verte – la pauvre ! – si le hasard ne décidait pas de réunir ces deux-là, elles ne se reverraient sans doute plus jamais.  
La rouquine émit le souhait de partir, vrai qu’il commençait à se faire tard. Elle avait sans doute cours demain. Alors voilà, c’était déjà l’heure des au revoir ou des adieux, à chacun de voir. Mais peut-être le destin en déciderait-il autrement ? Peut-être se recroiseraient-elles à l’avenir. Lyra espérait juste que ce ne soit pas au détour d’une mission.

La Russe allait lui dire bonsoir alors qu’un animal grimpa sur la table, s’aidant de la chaise pour monter en hauteur à la manière d’un ouistiti. Un museau noir vint les narguer. La bête était petite, presque mignonne si l’on en oubliait ce qu’elle était en vérité. Deux rayures blanches lui barraient le dos. Une moufette.

- Si on oublie l’odeur que c’te bestiole peut dégager, ça f’rait un charmant animal de compagnie, tu crois pas ? Ou une arme anti-petite poule verte aussi.

Lyra n’était pas effrayée par le quadrupède. Il ne leur ferait aucun mal. Au pire, il pouvait répandre un liquide toxique nocif pour l’odorat, une sale odeur pestilentielle. Il n’y avait aucune raison qu’elle passe à l’offensive si elle ne se sentait pas agressée. Toujours est-il que ces cuisines n’étaient pas très propres pour que des sconses s’y perdent. Ce serait quoi le prochain locataire ? Un rat ?
L’animal miroitait la part d’omelette dans l’assiette de Tanya. Cet espèce apprécie énormément les œufs, pas étonnant qu’elle lorgne autant l’omelette. Des œufs cuits, c’était nouveau pour elle. Elle s’approcha de l’assiette, levant les yeux vers Tanya et emporta avec elle le bout d’omelette, semant des morceaux un peu partout sur la table lors de sa course. Plus de part réservé.

La moufette sauta de la table, emportant avec elle son précieux sésame. Elle courait le long des dalles, cherchant un terrier de substitution dans lequel elle pourrait déguster cet aliment nouveau qui la changerait des insectes et des souris traînant ici et là dans cette vaste cuisine.

- Une chasse à la moufette, ça t’tente ? Faut qu’elle paye pour son crime, cette sale p’tite voleuse !

Hors de question de la tuer, juste de faire comprendre à la bestiole que voler ne se faisait pas. Une leçon de conduite de la part d’une renégate à un pauvre animal sans défense, on aura tout vu.
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Re: À la croisée des mondes - Ven 19 Juil 2013 - 17:34
[HRP : Ça m'énerve d'écrire au passé quand je suis à la première personne, je viens de me rendre compte que c'est tellement plus logique de parler au présent xD]

Avoir une jumelle oui, c'est chouette, mais avoir ma Sonou, c'est encore mieux. Je crois que c'est le plus beau cadeau que Dieu m'ait fait jusque là, en dehors du fait qu'il nous a réunies ensemble. Il y a ce lien qui nous unit peu importe la distance qui nous sépare, un lien qui va même jusqu'à unir nos pensées. On connait chacune l'autre mieux que le fond de sa poche. Franchement, je ne sais pas ce que je ferai sans elle. Je fais la forte mais en fait, j'ai autant besoin d'elle, qu'elle de moi. Et pas seulement pour faire des conneries ! Mais c'est vrai qu'à deux, on en fait beaucoup plus. Nos petits délires nous font souvent passer pour des folles aux yeux des autres, mais vu les précédentes réactions de Lyra, j'y parviens très bien toute seule non ? Enfin remarque, j'ai l'habitude qu'on me (ou qu'on nous) regarde de travers vu que notre physique à Soniya et moi sort de l'ordinaire. Là, pour le coup, Lyra est gentille à côté…

Cette dernière répond donc à ma question : elle est archiviste. Quoi que c'est ? Je n'en sais rien mais étymologiquement, c'est en rapport avec les archives. Elle passe donc ses journées à trier du papier ? Qu'est-ce que ça doit être chiant, surtout si on ne peut pas faire d'avions en papier avec ! Ah, bah justement, elle me dit de ne pas aller la chercher aux archives parce qu'elle n'y est jamais. Sans blague. A sa place, j'aurai séché mon poste comme elle !

- Tu m'étonnes, ça doit être tellement chiant de rester bloqué à longueur de journée dans un huit-clos. Et encore nous les élèves, on a le droit de sortir à l'occasion… J'imagine pas le calvaire des archivistes !

OK, elle viendra me voir alors. Moi ça ne me dérange pas et je le lui fais savoir entre deux bouchées d'omelette. Elle pourra aussi faire connaissance avec ma Sonou comme ça ! J'aimerai bien les présenter, peut-être qu'elles s'entendront ? Je termine à peine d'annoncer que je vais la laisser quand une bête sauta sur la table, me faisant sursauter légèrement sous l'effet de la surprise. Il me semble avoir vu cet animal dans l'un des livres sur les animaux qu'il y avait à l'orphelinat, mais à vrai dire, je n'en ai jamais rencontré un en vrai.

Un animal de compagnie ? Quelle drôle d'idée… Arme anti-petite poule verte par contre, je ne dis pas non ! Une arme redoutable qu'il sera.

- Ouais, mais t'es sûre que c'est docile ces bêtes ?

Je tripote mon omelette avec ma fourchette sans quitter la bestiole des yeux. Oui, elle est jolie mais ça risque pas de nous péter à la figure ce truc-là ? Surtout ne pas faire de mouvement brusque. Qui sait quel genre de gaz insupportable il pourra nous lâcher à la tronche si on lui fait peur ! La moufette s'approche de moi. Je la regarde, elle me regarde, nous nous regardons. Elle va dans mon assiette, je n'ai pas le temps de réagir. Bref, elle m'a piqué mon omelette.

- Hé !

En plus c'est la part de Soniya ! Je bondis de ma chaise pendant que la moufette, elle, bondit de la table pour prendre la poudre d'escampette !

- Rends-moi ça sale bête !

Remarque, même si elle me rend le morceau, il ne sera plus comestible… Mais oui, comme le dit si bien Lyra, il faut lui donner une bonne leçon à cette bestiole ! Je me rue donc à la poursuite de la moufette. Heureusement que j'ai pensé à fermer la porte en entrant… par contre, je ne pourrai rien faire si l'animal se décide à se planquer entre deux meubles, ce qu'il finit par faire, saleté. Prise dans mon élan, je me jette à genoux et regarde par la fente sans parvenir à voir la bestiole. Tu parles, il fait tout noir là-dedans et ce n'est pas comme si elle a une fourrure fluorescente. Ah non en fait, là je la vois, pas grâce à sa fourrure qui est restée normale mais grâce à ses deux yeux brillants dans l'obscurité.

- J'la vois ! Faudrait l'attirer avec de la nourriture, dis-je sans détacher mon regard de ma cible.

Je matérialise ma craie et trace un rectangle sur le sol, me visualisant très clairement un endroit que j'ai eu l'occasion de voir tout-à-l'heure en sortant les couverts : l'armoire. Maintenant, il ne reste plus qu'à l'attirer pour qu'elle sorte de sa planque, qu'elle tombe dans le piège, et hop, un aller simple pour la prison ! Une fois en hauteur, on aura plus de facilité à l'attraper, normalement. Après tout, on est des animaux bipèdes, nous, pas quadrupèdes.

- J'vais la piéger dans l'armoire, il reste des morceaux de champignons non ?
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