Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Retrouvailles

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Retrouvailles - Sam 6 Avr 2013 - 20:19
Froid. J'avais froid. Pourtant… je ne sentais pas mon corps. C'était comme si ce froid étreignait mon âme. Ça ne devait pas être la neige. Tiens… la neige ? Quelle neige ? Ah, oui, celle dans laquelle je courais au détriment de mes pauvres poumons essoufflés… Pourquoi courais-je, encore ? Je me souviens de m'être retournée… Ma soeur. Soniya. Ma soeur… Que lui avaient-ils fait ? Et moi, où étais-je ? Etais-je morte ? Je ne voyais rien… je n'entendais rien. J'étais incapable de bouger. Et pourtant… je pensais ? Je n'étais donc pas morte ? Ou alors…

Brusquement, la lumière fut. Blanche, aveuglante. J'en avais mal aux yeux. Ah, je sentais. J'étais donc vivante ? Peu à peu, ma vision commençait à s'habituer à cette forte luminosité et je commençais à distinguer une silhouette au loin. Une silhouette de femme. Elle s'approchait, et moi je la fixais, incapable de prononcer le moindre mot. Une magnifique chevelure rouge voltigeait autour de son visage et me communiqua la chaleur de sa couleur. Ce fut donc tout naturellement que j'ouvris la bouche pour murmurer un mot :

- Maman ?

La jeune femme ne réagit pas, ou du moins l'effet de contrejour m'avais empêchée de le voir. Elle prit la parole comme si elle n'avait rien entendu. Bienvenue, me dit-elle. La Deus Academia ? C'est quoi ? Elle me tendit une feuille que je saisis mais à laquelle je jetai à peine un coup d'oeil.

- C'est quoi ? Où est ma soeur ? Où est Soniya ?

Finalement, elle n'aurait répondu à aucune de mes questions puisqu'elle disparut. Je clignais à nouveau des yeux mais cette fois, l'air qui emplissait mes poumons, le carrelage sous mon dos, tout me semblait plus… brutal, plus réel. Je sentais clairement mon corps, là, allongé quelque part sous un toit inconnu. Toit que j'observai d'ailleurs quelques secondes avant de me redresser, me massant la tête malgré la douleur absente. Je me décidai ensuite à balayer les lieux du regard, l'esprit rempli d'interrogations et surtout, je sentais un grand vide au niveau de la poitrine. Je n'arrivais pas à être heureuse ou à ressentir quoi que ce soit de particulièrement excitant, il me manquait un bout de moi-même pour ça.

Et cette moitié, c'était ma Soniya.

Je me levais donc pour partir à sa recherche, dans ce qui me paraissait comme un lieu très étrange, avec des statues partout. Je ne saurais dire quoi, vraiment, je ne trouvais rien avec quoi comparer cet endroit. C'était complètement… différent de l'orphelinat qui avait constitué notre monde jusque là. D'ailleurs qu'est-ce qui m'étais arrivée finalement ? J'étais morte, je ne l'étais pas, je ne l'étais pas tout-à-fait… ? Je ne savais plus. J'étais perdue et je cherchais Soniya désespérément en l'appelant par son nom, comme si j'espérait la voir surgir par miracle de derrière l'un de ces piliers froids.

Finalement, je parvins devant ces grandes portes. Je tendis mes mains pour en attraper les poignées et à ce moment je vis la feuille que m'avait tendue la femme aux cheveux rouges avant de disparaître. Je ne rêvais donc pas ? Par curiosité, je me mis donc à la lire. Il n'y avait pas grand-chose marquée dessus, juste mon nom, mon prénom, mon âge, ma… race ? Pourquoi ma race ? Que pouvais-je être d'autre qu'une humaine ? Ah, démone peut-être. Mais au moins comme ça c'était clair, je n'en étais pas une. Il y avait aussi un délire sur les dieux que je ne compris pas.

Déçue de n'avoir trouvé le nom de Soniya nulle part, j'ouvris enfin les portes du temple, recevant les rayons du jour en pleine face. Je grimaçai puis me décidai à sortir. Me servant de ma main en visière, j'observai la place qui s'offrait à mes yeux et les silhouettes des imposants bâtiments qui se dressaient au loin. Il n'y avait là nulle trace de ma soeur. Je pouvais partir à sa recherche jusqu'à la retrouver mais le désespoir s'empara de mon coeur. Je dus ravaler un sanglot, avant de me rappeler que j'étais seule… Oui, seule.

Je me laissai donc tomber sur les marches de l'établissement derrière moi et rassemblai mes jambes contre moi. J'enfouis mon visage dans mes genoux mais je ne pouvais me résoudre à verser de larmes. Je ne pus résister longtemps cependant, les minutes commençaient à se faire longues et j'étais toujours seule.


Dernière édition par Tanya Siankov le Dim 21 Avr 2013 - 18:07, édité 1 fois
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Re: Retrouvailles - Sam 6 Avr 2013 - 21:39
Ma voix avait fini par s'éteindre. Je ne chantais plus. Je ne sentais plus la neige froide mordre ma chaire ni le contact des doigts de ma sœur dans les miens. Par contre, je n'avais plus mal non plus. Je ne sentais plus la présence de la lame qui avait percée mon ventre. Finalement, j'étais presque bien ici. Les yeux fermés, j'avais simplement l'impression d'être bercée par une douce chaleur. Si c'était ça mourir, ce n'était pas si terrible que ça au final. La seule chose que je regrettais, c'était de ne pas avoir pu sauver ma Tanya. Même maintenant, j'aurais aimé qu'elle soit là, près de moi. Comme elle l'avait toujours été du plus loin que je me souvienne.

Malgré mes paupières closes, je sentais que la lumière autour de moi s'intensifiait. Je fronçait le regard avant de tenter d’entrebâiller les yeux mais la lueur blanche et violente me fit mal. Tiens, je pouvais encore avoir mal alors que je n'étais plus? Je bougeais la main pour la placer devant mon visage et je parvins à distinguer enfin des formes. Ou plutôt une forme. Grande, imposante. Une silhouette impressionnante au visage baigné par un cascade de cheveux rouges. Comme ceux de ma sœur et moi. Mes yeux s'écarquillèrent de stupeur. Cette personne pourrait-elle être de notre famille? Je n'eus pas le temps de poser la moindre question la voilà qui se mettait à parler.

Bienvenue dans la Deus Académia. Viens, suis-moi.

La femme se tourna avant que je ne puisse dire ou faire quoi que ce soit. Je la suivis en silence, sans avoir la moindre idée d'où je me rendais mais je voulais la suivre. Où plutôt, j'avais peur de me retrouver seule ici, sans personne. Sans Tanya. Elle s'arrêta soudain avant de me tendre une feuille de papier. Je l'avais à peine saisie que la femme disparaissait de ma vue, comme emportée par un tourbillon de pétales de fleurs. Je voulus crier pour lui demander de m'attendre, de ne pas partir maintenant mais c'était trop tard. Et puis, soudain, l'ambiance douce dans laquelle je semblais flotter depuis le début changea brusquement.

Soudain, je me retrouvais à genoux sur un sol dur et froid. Bien réel. Relevant la tête, je pus découvrir les lieux. Une espèce de temple on dirait. Était-ce la femme qui m'avait amener là? Et pourquoi? Le bruissement du papier sous mes doigts attira mon attention. Bon, qu'est-ce qu'il y avait écrit dessus. En gros, que des choses que je savais déjà: nom, prénom, âge, race -bizarre ça-, Domaine divin.... Pardon? C'était quoi cette ligne là? Je fronçais les sourcils, intriguée, mais je ne voyais pas trop ce qui pourrait m'aider à mieux comprendre. Alors, je me levais lentement, les membres encore engourdis mais entière. Je pouvais tâter mon ventre, plus de trace de la lame qui m'avais tuée. Et ma cheville mordue ne présentait aucune trace de ce qui s'était passé, il y avait pourtant à peine quelques minutes.

En vérifiant mon état général, je notais un détail surprenant. Tiens, j'avais récupéré mes vêtements à moi. Je n'avais plus l'uniforme qu'on nous avait donné de force dans le camps. Tant mieux. Par réflexe, je glissais mes mains dans mes poches et mon visage s'illumina. Eux aussi ils étaient là, bien présent avec mes affaires. Mes instruments. Je vins alors passer ma main contre ma cheville et là aussi, le couteau de Tanya s'y trouvait aussi. C'était magique, j'avais récupéré toutes mes affaires. Encore un peu et tout serait comme avant. Mais alors que je voulais partager ma joie avec ma sœur, je réalisais ma solitude. Et celle-ci me glaça jusqu'aux os, me faisant frissonner. Tanya n'était pas là? Pourquoi, comment? Non, ce n'était pas possible, je l'avais forcément rater. Elle était obligatoirement là, quelque part. Ce n'était tout simplement pas possible autrement. Je ne le supporterais pas. Alors, je me mis à marcher doucement vers les portes que j'apercevais entrouverte devant moi en appelant avec de l'angoisse plein la voix.

"- Eh oh! Y a quelqu'un? Tanya, t'es là?"
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Re: Retrouvailles - Dim 7 Avr 2013 - 15:38
J'allais fermer les yeux, ne plus rien penser, me renfermer sur moi-même lorsque mon regard capta un objet scintillant devant moi. Je relevai donc la tête et attrapait ce qui semblait être mon pendentif. Je le pris entre mes mains et l'ouvrit pour observer les deux portraits qui s'y trouvaient, intacts. Papa… et maman. Réunis dans un seul et unique objet. C'était le seul souvenir d'eux que je possédais. Où que je fusse, il était là avec moi et je pouvais le toucher. J'avais alors tellement de questions dans ma tête que je ne savais plus ce qui m'intriguait le plus dans cette histoire. J'essuyai l'une de ces larmes qui s'étaient échappées et je me relevai. Il fallait bien que je le fasse un jour ou l'autre, rester assise n'était pas une solution, je devais partir à la recherche de quelqu'un, lui demander son aide, et retrouver ma soeur.

Ce fut alors que mon oreille capta une voix. Etouffée et lointaine, mais une voix quand-même. Je me raidis sous l'effet de la surprise tandis que je me retournai, le temps que mon cerveau réalise à qui appartenait la voix. Mes lèvres se descellèrent pour articuler un nom sans le prononcer, et je me ruai vers les portes de l'établissement que je venais de quitter. Je les ouvris à la volée, pour me retrouver face à face avec...

- Soniya !!

Le cri s'était échappé sans que je ne cherche à le retenir, je ne perdis pas de temps pour rejoindre ma soeur. Je me retins au dernier moment de lui sauter dessus et me contentai de la serrer de toutes mes forces dans mes bras. J'étais soulagée de l'immense fardeau qui semblait peser sur mes épaules, et heureuse, tellement heureuse que je me demandai un moment si je l'avais autant été auparavant. Ou alors c'était l'effet de contraste… Il y avait quelques secondes, j'étais écrasée par ce sentiment de me retrouver seule et maintenant, je sautillais sur place, ne pouvais retenir des larmes de bonheur et étreignait ma moitié comme si ma vie en dépendait.

- T'étais où ? J'ai flippé comme une malade !

Avec l'émotion j'avais eu du mal à articuler, je me décidai donc de me calmer histoire de réfléchir à la situation dans laquelle nous nous trouvions. Car certes, nous n'étions plus séparées mais il n'empêchait que de nombreux mystères entouraient celle-ci. Je me détachai donc quelque peu de ma Soniya sans pour autant la lâcher, comme si je craignais qu'elle ne s'évapore si je le faisais.

"Il s'est passé quoi ?"

Cette question faillit traverser mes lèvres mais je me retins au dernier moment. Ce n'était pas la plus rassurante ni la plus joyeuse, et mieux valait montrer à ma soeur que j'assurais, comme d'habitude ! Par contre ça n'allait pas être de la tarte, quand on n'avait aucune idée du lieu où l'on se trouvait et ce que nous faisions là… Je me contentai donc de prendre un air détaché et d'essuyer vaguement mes yeux rougis en grimaçant :

- R'ah cette poussière dans l'oeil. J'sais pas qui fait le ménage ici mais il faudrait arrêter de le payer pour rien.

J'espérai que cette remarque détende Soniya car je ne pouvais pas me résoudre à poser les questions qui se bousculaient dans ma tête. Parce que si moi je me mettais à les poser, ce serait la fin du monde. Il ne fallait pas que je perde mon rôle de vue ou que je me laisse submerger par la peur. Il fallait que je sois forte pour protéger Soniya, de tout.
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Re: Retrouvailles - Dim 7 Avr 2013 - 16:53
Au départ, seul le vide des lieux répondit à ma question, ce qui ne fit rien pour me rassurer. Les murs me renvoyaient ma voix en écho mais aucun réponse ne venait. Je déglutis une fois, avant d'appeler à nouveau ma sœur, plus fort cette fois. La voix tremblant un peu aussi. Se pourrait-il qu'elle ne soit réellement pas là? Que je me retrouve seule ici? Non, je ne voulais même pas y penser. Mes pas avaient accélérés alors que je me dirigeais vers la porte. Elle était forcément quelque part et ce lieu rempli de silence et de solitude me devenait trop pesant pour que j'en supporte encore le poids sur mes épaules. Des images revenaient danser devant mes yeux. La chute de Tanya, le sang qu'elle perdait, ses yeux fermés, son souffle arrêté. Mais moi aussi, j'étais morte alors pourquoi j'étais là et pas elle? Les yeux remplis d'effroi, j'arrivais devant la porte lorsque celles-ci s'ouvrirent à la volée devant moi. Par réflexe, j'ai mis ma main devant mes yeux pour me protéger de la forte luminosité extérieure et de surprise, je lâchais un léger cri en stoppant net.

- Soniya !!

Au bond que fit mon cœur dans ma poitrine, je réalisais à quel point j'étais vivante. Car il me fit mal à réagir si fort. mais je m'en moquais. Cette voix, il n'y en avait pas deux pareilles et je pouvais sans mal la reconnaitre. J'ai baissé ma main et j'ai distingué la silhouette bien connue de ma sœur qui courait vers moi. Moi, je n'arrivais pas à bouger, trop sous le choc. J'avais eu si peur de l'avoir perdue, j'étais si heureuse de la retrouver que j'en avais perdue tous mes moyens. Mais déjà, la voilà qui me serrait dans ses bras et je fis la même chose. J'avais beau sourire et même presque rigoler un peu nerveusement, je pleurais en même temps. Cela faisait beaucoup d'émotions d'un coup, je n'arrivais pas à tout gérer.

- T'étais où ? J'ai flippé comme une malade !

"- J'ai cru que je te reverrais jamais. Qu'on avait été séparée définitivement. J'ai eu si peur. Mais tu vois, même la mort nous à pas séparer. On restera ensemble, toujours, n'est-ce pas?"

Les mots avaient besoin de sortir, désordonnées, sans but précis, il fallait que je les laisse s'en aller. Que je dise à voix haute toute ma frayeur pour enfin l'exorciser. Lentement, je sentais que Tanya reprenait son calme puisqu'elle se dégageait un peu. Mais on ne se lâchait pas. Aucune n'était prête à faire cela. Pas encore. pas après ce que nous venions de vivre.

- R'ah cette poussière dans l'oeil. J'sais pas qui fait le ménage ici mais il faudrait arrêter de le payer pour rien.

Je ne pus m'empêcher de sourire à sa phrase. oui, j'avais bien retrouvé ma Tanya. La seule et l'unique. Celle qui était toujours là à jouer les fortes même si elle aussi voulait flancher. Je l'admirais toujours autant. Un jour, je lui ressemblerais. Du moins, je l’espérais. Étant à présent devant la porte grande ouverte, je pouvais apercevoir un peu le monde à l'extérieur. Et cela n'avait rien à voir avec ce que nous avions laissé derrière nous. Où était la neige, les fils barbelés, les chiens et les gardiens? Et puis, ça ne ressemblait pas à la Russie du tout en fait. Baissant le regard, elle nota la présence d'une feuille dépassant de la poche de sa sœur, avec le même écriture que sur la sienne.

"- Dis, toi aussi, tu as vu la Dame aux cheveux rouges? Tu as compris ce qu'elle a dit? C'est quoi, la Deus Académia? Tu crois que c'est ici? "


Oui, cela faisait beaucoup de questions très rapidement mais en même temps, il y avait de quoi se les poser. J'avançais un peu, tenant toujours la main de ma sœur, mais je voulais mieux voir à quoi ressemblait l’extérieur. Tout semblait si... beau, si calme. Comme une sorte de paradis. Soudain, la vérité me frappa de plein fouet et je me tournais vers Tanya.

"- C'est parce qu'on est mortes qu'on est ici, hein? Je suis désolée..."


Oui, j'étais désolée car c'était ma faute. C'était moi qui avait chuté, moi qui avait permis aux gardes de nous rattraper assez pour tuer Tanya, moi qui n'avais pas été capable de me sauver toute seule. Parce que sans Tanya, je n'avais plus eu envie de fuir. Je baissais la tête et serrais les dents pour ne pas pleurer devant ma faiblesse. Même dans la mort, je n'avais été capable de rien. Même ici, c'était encore et toujours sur Tanya que je comptais. Cette fois, je me détournais du paysage pour revenir me blottir contre ma sœur. Je ne pleurerais pas, mais j'avais besoin de la sentir vivante, près de moi.

"- Tanya, on doit faire quoi maintenant à ton avis?"
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Re: Retrouvailles - Dim 7 Avr 2013 - 22:38
Au fond de moi, j'ai toujours cru en l'existence d'un monde meilleur, où il n'y aurait ni famine ni guerre. Et surtout, personne pour nous traiter de démone. Quelque part, j'avais presque l'impression d'être retournée chez moi. Cet endroit paisible et à première vue sauf ressemble un peu à ces jardins miniatures que je m'étais imaginées et dans lesquels je voyageais souvent quand la réalité devenait trop dure à vivre.

Lorsque Soniya sourit, je le fis naturellement. J'aimais la voir sourire et c'était une raison suffisante pour que je le fasse aussi. Il en fallait très peu pour me rendre heureuse. Bien sûr que nous resterons ensemble et pour toujours. Même la mort ne nous a pas séparées, comme elle le disait, alors qu'est-ce qui pouvait le faire ? Rien. Non, rien ne pouvait les séparer, elles étaient jumelles après tout, elles étaient une à la base.

- Dis, toi aussi, tu as vu la Dame aux cheveux rouges? Tu as compris ce qu'elle a dit? C'est quoi, la Deus Académia? Tu crois que c'est ici?

- Si elle nous dit bienvenue et qu'on atterrit ici, bah j'imagine.

J'essayais de prendre un air détaché. En même temps, c'était plus simple maintenant qu'il y avait ma Soniya à mes côtés. Je n'avais plus peur de rien. Quant à ce qu'était la Deus Academia, je n'en savais pas plus mais si cela devait être une académie comme son nom le laissait entendre, je ne parvenais pas à comprendre pourquoi on avait atterri là. Pourquoi une académie ? Etions-nous mortes ou non au final ? Enfin, est-ce que ce dernier détail avait seulement de l'importance ? La mort n'était peut-être finalement pas à vivre comme un drame mais comme une bête étape vers une autre vie ? Mais pourquoi une vie… dans une académie ?

- C'est parce qu'on est mortes qu'on est ici, hein? Je suis désolée...

Ces paroles me tirèrent de mes réflexions. Je fronçai les sourcils et observai ma soeur. Elle semblait sur le point de refondre en larmes. Je me penchai donc vers elle avant de lui attribuer une gentille pichenette sur le front.

- Dis pas ça, petite sosotte.

J'aimais bien lui donner toutes sortes de surnoms farfelus. Sonou, Soso, Sosotte quand elle disait des bêtises… J'adorais la taquiner, et puis mieux valait prouver que j'étais restée la même, ça pouvait rassurer aussi. Je la laissai ensuite venir dans mes bras et la serrai contre moi. Cette proximité me rassurait, je me faisais passer pour celle qui protégeait mais au fond, je n'étais pas aussi solide que j'essayais de le montrer.

Ma soeur reprit ensuite pour me demander ce qu'on allait faire par la suite. Je ne voyais pas beaucoup de solution, à part rester glander ici et attendre de prendre racine, ce qui n'était franchement pas excitant, nous ne pouvons que partir à la découverte de ces lieux où nous venions d'atterrir.

- On va aller voir un peu ce qu'il en est de ce Deus Academia. Il fait soleil dehors, il faut en profiter !

En effet, il ne faisait pas souvent un aussi beau temps en Russie. Et la première chose que j'avais remarquée en sortant de cet établissement était que l'extérieur n'était pas couvert par de la neige. Cela nous changerait. Je pris donc ma Soniya par la main et l'entraîna au dehors, presque fière de pouvoir lui montrer quelque chose, même si je n'étais en aucun cas à l'origine de la beauté de ces lieux.

- Eh vous deux, vous êtes pas en cours ? Marre des sécheurs là ! Filez-y ou je vous y envoie à coups de Doc dans le derrière !

A peine étions-nous sorties qu'une voix nous interpella. Je me suis retournée pour voir une personne à notre gauche, se tenant au bas des marches. Il avait une quarantaine d'années, une cigare dans la bouche et les cheveux mauves en pétard, l'air franchement pas content. Alors là… Nous qui étions traitées de démones par le passé à cause de nos cheveux rouges, celui-là, j'osais à peine imaginer ce qu'il subissait. Attendez… Peut-être que c'était logique tout ça ? Nous venions peut-être d'atterrir dans le paradis des cheveux aux couleurs particulières ?

Quoi qu'il en soit, j'allais pas le laisser faire, à nous hurler dessus comme ça. Je me mis donc instinctivement devant ma soeur et lui répliqua :

- C'est quoi ces manières de parler à des dames ? Vous êtes qui d'abord ? J'vous connais même pas ! On vient d'arriver en plus ! Vous pourriez au moins nous souhaiter la bienvenue !

L'homme ricana. Bon, finalement l'endroit n'était pas aussi paisible que je l'espérai. J'aurai grandement préféré qu'un prince charmant sur un cheval blanc vienne nous accueillir, même si c'était un délire qui devait rester secret.

- Mais oui, c'est ça, foutez-vous de ma gueule. Je l'ai entendue mille fois celle-là, je me suis fait avoir plein de fois, mais cette fois vous m'aurez pas !

Et déjà je serrai les poings, une veine saillante au niveau de ma tempe, j'avais envie de lui refaire le portrait, à cet idiot. Enfin, tant qu'il ne touchait pas ma Soniya, il ne risquait rien. Expirant profondément, je glissai alors à ma soeur :

- Dis-moi qu'y a marqué "nouvelle arrivée" sur notre fiche, Sonou, ou j'vais être obligée de le lui faire comprendre à coups de poings j'pense…
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Re: Retrouvailles - Lun 8 Avr 2013 - 9:36
- Dis pas ça, petite sosotte.

C'était sans doute idiot mais ses quelques mots suffirent à me rassurer. Bon, comme à chaque fois, il fallut que Tanya ponctue sa phrase d'une pichenette qui m'arracha une simili grimace avant que je ne me frotte le front, plus par principe qu'autre chose. Je suis peut-être douillette, mais il en faut quand même plus que ça pour me faire mal. En tout cas, Tanya m'accueillit à bras ouverts et j'appréciais beaucoup. J'avais encore beaucoup de mal à réaliser qu'elle était bien devant moi, en chaire et en os. Bien vivante. Sans même une trace de la balle qui l'avait tuée pourtant sous mes yeux. Oui, cette image, je n'arrivais pas à m'en débarrasser pour le moment. Mais j'espérais bien qu'elle disparaitrait rapidement, je ne voulais plus y penser.

- On va aller voir un peu ce qu'il en est de ce Deus Academia. Il fait soleil dehors, il faut en profiter !

Évidemment, quand je lui ai demandé ce qu'on devait faire, elle n'en avait sans doute pas beaucoup plus d'idées que moi. Mais au moins comme ça, on allait penser toutes les deux à autre chose. Tanya a prit ma main et elle m'a conduite sur le palier. Dehors, il y avait un grand soleil, plus grand que ce que je n'avais jamais vu. Et ils brillait fort. Pas besoin de gros manteau ni de cache-nez. Sans même m'en rendre compte, je souriais comme les petits de l'orphelinat lorsqu'il entendaient Tanya faire parler les marionnettes sans bouger les lèvres. Oui, j'étais émerveillés. Si c'était ici qu'on atterrissait après être mort, finalement, je ne regretterais presque pas de m'être fait tuée. C'est tellement plus agréable que là d'où nous venions.

- Eh vous deux, vous êtes pas en cours ? Marre des sécheurs là ! Filez-y ou je vous y envoie à coups de Doc dans le derrière !

J'étais tellement captivée par la vision des lieux que je n'avais même pas remarqué que quelqu'un était là. Juste en bas des marches, assis avec un cigare dans la bouche. Mais ce qui me marqua le plus, ce fut sa coiffure. Des cheveux mauves qui partaient dans tous les sens. C'était sa couleur normale? Dans ce cas, la vie n'avait pas dû être facile pour lui non plus. N'empêche, son regard ne semblait guère sympathique et du haut de sa quarantaine, il en imposait même s'il se trouvait plus bas que nous. Bien sûr, Tanya fut la première à réagir et, comme à son habitude, elle se plaça entre moi et l'homme en question avant de lui répondre.

- C'est quoi ces manières de parler à des dames ? Vous êtes qui d'abord ? J'vous connais même pas ! On vient d'arriver en plus ! Vous pourriez au moins nous souhaiter la bienvenue !

- Mais oui, c'est ça, foutez-vous de ma gueule. Je l'ai entendue mille fois celle-là, je me suis fait avoir plein de fois, mais cette fois vous m'aurez pas !

Au fait, j'avais rêvée ou il avait parlé de cours un peu plus tôt? Cela voulait dire que nous allions avoir des leçons à suivre? C'était peut-être un détail idiot mais pourtant, c'était celui qui me marquait le plus. En tout cas, il ne semblait pas prêt à démordre de son idée que notre place était censée être dans un cours et pas ici. Il l'avait entendue mille fois celle-là, cela voulait dire qu'il y avait d'autres personnes par ici? Parce que, pour le moment, à part la femme aux cheveux rouges et lui, nous n'avions croisé personne. A croire que les lieux étaient vides contrairement à ce qu'il nous annonçait.

- Dis-moi qu'y a marqué "nouvelle arrivée" sur notre fiche, Sonou, ou j'vais être obligée de le lui faire comprendre à coups de poings j'pense…

Aussitôt, ma main fouilla dans ma poche et j'en sortis la feuille que venait de me remettre la Dame aux cheveux rouges. Je la feuilletais rapidement et empruntais celle de Tanya, afin de la comparer à la mienne. Comme elle était arrivée avant moi, peut-être qu'il y aurait un ou deux mots en plus, qui sait? Mais je ne trouvais pas grand chose d'exploitable.

"- A part les mots de bienvenue, il n'y a rien de marqué de spécial là-dessus."


- Qu'est-ce que vous fichez à vous baladez avec vos feuilles divinatoires? Elles doivent rester dans vos chambres, vous n'avez pas le droit de vous promener avec ça.


Une chambre? On allait avoir une chambre? Un instant, je m'inquiétais de savoir si ce genre d'endroit ressemblerait aux dortoirs de l'orphelinat ou aux bâtisses délabrées dans laquelle on nous avait parqué dans le camps mais je n’eus pas le temps de me poser plus de questions, un morceau de feuille un peu différent attira mon attention. Collé à ma feuille divinatoire, comme l'avait appelé l'homme au cigare, il y avait un autre document.

"- Tanya, regarde! Lis la date là!"

Il s'agissait d'un emploi du temps avec la date d'aujourd'hui. Et comme année trônait un chiffre inconcevable à mes yeux. 2013. J'avais ouverts des yeux ronds et je fixais la feuille comme si mon regard ne pouvait s'en détacher. Quatre chiffres, ce n'était pas grand chose pourtant. Mais cela me laissait complètement perplexe. Tellement que je ne vis pas l'homme arrivé à notre hauteur avant que l'ombre de sa main ne se pose sur mes feuilles et qu'il ne les prenne.

"- Non, rendez-les moi. S'il vous plait! Elles sont à moi."

- Ça va, ça va je sais que c'est les tiennes. Bon alors, voyons ça....
Bon vous avez de la chance pour cette fois. Votre emploi du temps ne commence que dans deux jours. Donc c'est bien que vous venez d'arriver. Mais trainez pas ici sans rien faire alors. J'ai des sécheurs chopper et là, vous me gênez.


D'un geste désinvolte, il me rendit les feuilles que je récupérais à la hâte pour les serrer contre moi. Je rendis celle à Tanya tandis que l'homme aux cheveux mauves se tournait pour apercevoir une silhouette un peu plus loin. Un sourire un peu mauvais se dessina sur son visage avant qu'il ne nous plante carrément sur place, partant en courant hurler derrière quelqu'un. J'espérais que si c'était bien un sécheur, il aurait le temps de s'enfuir. Mais mon regard retomba sur la date incrustée sur le papier. 2013.

"- Tanya, il y a forcément une erreur, n'est-ce pas? On ne peut pas être à cette date-là?

Pour le coup, je l'asseyais sur le haut des marches. Là, ça commençait à faire un petit peu beaucoup pour ma petit tête. Entre les lieux bizarres, la femme qui avait disparu dans des pétales de fleurs, cette date incroyable et ces feuilles étranges, sans compter le drôle de monsieur que l'on venait de croiser, je crois que je saturais un peu.

"- Si je récapitule bien: on est morte, la Dame nous à amener ici et nous a donner ces papiers pour faire... je sais pas quoi, et maintenant, on doit se débrouiller? Là, j'y comprend plus rien..."

Pour le coup, je n'avais même pas peur, j'étais par contre complètement paumée. Mais dans quel endroit étions-nous tombée au final?
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Re: Retrouvailles - Mar 9 Avr 2013 - 12:11
Ma soeur m'annonça rapidement qu'à part des mots de bienvenue, ces feuilles ne contenaient rien qui pourrait nous innocenter. Mon regard quant à lui ne quittait pas l'homme aux cheveux mauves, je me méfiais de lui. Et il me semblait que j'avais raison car il n'avait cessé de se montrer désagréables, nous annonçant brutalement que ces… feuilles divinatoires devaient rester dans nos chambres. Chambre ? Instinctivement, je me mis à imaginer la plus luxueuse de celles-ci, celle que je m'amusait à imaginer le soir en racontant des petites histoires à Soniya, pour l'aider à oublier les conditions précaires dans lesquelles nous vivions. Pour m'aider à oublier aussi, évidemment.

- Tanya, regarde! Lis la date là!

Je détachai mon regard de l'homme pour glisser mon regard sur l'endroit pointé par ma soeur. Quatre chiffres trônaient au bout de la date affichée sur la feuille : 2013. Hein ? C'était un délire tout ça, ou nous avions atterri dans le futur ? L'espace d'un instant, mon imagination déborda un peu, m'offrant la vision d'une ville futuriste colorée et exhibitionniste. Je dus rapidement redescendre sur terre cependant car Monsieur Violet venait d'ôter nos documents des mains de ma soeur. Merde, je l'avais zappé celui-là...

- Non, rendez-les moi. S'il vous plait! Elles sont à moi.

- Ouais ! Rendez-les lui ! criais-je alors en me jetant sur lui pour le ruer de coups de poings.

Il me repoussa sans trop de difficulté avant de prononcer une phrase censée calmer mes ardeurs, mais je continuais de serrer les dents, prête à le mordre et à le griffer jusqu'au sang comme je savais le faire quand je me rendais compte que ma force physique n'était plus un atout face à mon adversaire. Face aux plus âgés de l'orphelinat où nous étions, c'était la tactique que j'employais lorsque la situation tournait mal, ce qui m'avait valu le surnom de la Furie. Mais au moins, cela leur ôtait toute envie de s'en prendre à ma Soniya par la suite.

- Bon alors, voyons ça... Bon vous avez de la chance pour cette fois. Votre emploi du temps ne commence que dans deux jours. Donc c'est bien que vous venez d'arriver. Mais trainez pas ici sans rien faire alors. J'ai des sécheurs chopper et là, vous me gênez.

- Tsss.

Mais je ne répliquai rien, puisqu'il finit par rendre nos papiers à Soniya. L'attention de l'homme se détourna alors rapidement de nous pour se diriger vers une silhouette au loin. Je ne sus pourquoi je le fis mais je portai mes mains en haut-parleur à ma bouche et je me mis à beugler en sa direction :

- Fais gaffe il t'a repéré !

Monsieur Violet se raidit aussitôt à mon cri. Il se tourna dans notre direction et braqua un doigt vers nous. La bouche ouverte prête à laisser déferler un flot d'injures, il dut cependant vite laisser tomber le plan pour se lancer à la poursuite de sa cible. J'éclatai de rire en le voyant courir à toute vitesse à la poursuite de celui qui venait de détaler à mon avertissement. Et nous voilà vengées !

Soniya de son côté semblait encore bien absorbée par la date étrange, qui m'était déjà sortie de la tête. Ce fut ses questions qui me ramenèrent sur terre et je l'observais, ne sachant pas trop quoi répondre pour ce qui était du nombre 2013. Je me contentai de la suivre lorsqu'elle alla s'installer sur le haut des marches et l'écouta récapituler la situation.

- Si je récapitule bien: on est morte, la Dame nous a amenées ici et nous a donné ces papiers pour faire... je sais pas quoi, et maintenant, on doit se débrouiller? Là, j'y comprends plus rien...

J'inspirai alors un bon coup tout en caressant une barbe invisible, zappant volontairement le "on est morte". Je ne voulais pas le savoir, je ne voulais pas m'attarder sur ce détail déprimant, car je savais très bien que je culpabiliserai. Or ce n'était pas le moment de perdre mes moyens.

- Le mec violet a parlé de cours et de chambres. La Dame nous a dit "Bienvenue à la Deus Academia". On doit avoir atterri dans une école de type internat, normalement. Alors je pense qu'on doit y suivre les cours, sauf qu'on vient d'arriver donc notre "emploi du temps commence que dans deux jours". Quant à ce qu'on doit faire maintenant…

Je n'en savais pas plus qu'elle. Mais encore une fois, je ne pouvais pas le dire.

- Bah j'imagine bien qu'y a un comité d'accueil rien que pour nous non ? De toute façon il fait trop beau pour que je me plaigne d'attendre dehors. Oh et j'espère qu'ils ont préparé un buffet de bienvenue, j'crève de faim moi, pas toi ?

Je lui souris. Je la savais aussi perdue que moi, mais je me rassurais en la rassurant. J'espère tout de même qu'on n'allait pas trop nous faire attendre, car effectivement, j'avais faim… Pour passer le temps, rien de mieux qu'imaginer le buffet en question. C'était l'un de nos jeux favoris avant de nous endormir quand on était à l'orphelinat. Nous n'y mangions pas toujours à notre faim alors l'idéal était d'imaginer un bon gros festin où nous pouvions nous rassasier à notre guise. Ainsi nous finissions souvent au pays des songes avec un sourire niais sur les lèvres.

- Oh ! Tu vois ça Soniya ? lançai-je brusquement en pointant la place vide du doigt. Qu'est-ce que je disais ! Le buffet ! Waw, il est immense ! Cette nappe blanche, elle est comme neuve, c'est trop beau ! Oh, il y a des petits fours ! J'adore les petits fours ! Ah, et ce doux fumet de poulet rôti... Tu vois quoi toi d'ici ? ajoutai-je en me servant de ma main comme visière, justifiant ma question par le soleil éblouissant.

Si quelqu'un d'extérieur surprenait notre conversation, il nous prendrait pour des folles et ne comprendrait certainement pas notre délire. Mais moi, à chaque fois qu'on jouait au dîner parfait, j'étais à fond dans mon trip. Et puis, on jouait toujours à ça la nuit avant de nous endormir alors, il n'avait jamais été question de regards extérieurs.
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Re: Retrouvailles - Mer 10 Avr 2013 - 18:40
- Fais gaffe il t'a repéré !

Sur le coup, je sursautais légèrement. J'avoue que je ne m'y étais pas attendue mais finalement, c'était du Tanya tout craché ce genre de réaction. Je mourrais d'envie d'éclater de rire mais au regard couplé au doigt accusateur pointé sur nous, je me retins difficilement, étouffant mon rire entre mes mains avant de regarder l'homme aux cheveux mauves disparaitre au pas de course derrière la silhouette qui elle, n'avait pas l'intention de faire de vieux os par ici. En tout cas, une chose à savoir, il vaudrait mieux éviter ce type-là à l'avenir, il risquerait d'avoir une légère dent contre elles. Ce ne fut qu'une fois qu'il fut trop loin pour nous entendre que je me laissais aller un peu plus librement à rire, mais pas autant que ma sœur malgré tout.

Maintenant que j'avais récupéré les papiers, mon regard ne parvenait plus à se décrocher de ces fichus chiffres. Il n'y en avait que 4 pourtant, je ne devrais pas y accorder autant d'importance. Cependant, il n'y avait rien à faire. mon attention toute entière était mobilisée par ce fichu morceau de papier. Serait-ce un sort que nous aurait lancé la femme aux cheveux rouges, comme dans les contes de fées que nous lisions parfois à l'orphelinat? Elle ne ressemblait pas vraiment à une sorcière mais à part une magicienne, qui était capable de disparaitre au milieux de pétales de fleurs, hein?

Bon, comme à chaque fois que les gens me dépassaient et prenaient des proportions que je digérais pas, il fallait que je m'exprime à voix haute, comme pour m'assurer de la véracité de mes propres paroles. Et le fait de dire de moi-même que j'étais morte me faisait sérieusement bizarre.

- Le mec violet a parlé de cours et de chambres. La Dame nous a dit "Bienvenue à la Deus Academia". On doit avoir atterri dans une école de type internat, normalement. Alors je pense qu'on doit y suivre les cours, sauf qu'on vient d'arriver donc notre "emploi du temps commence que dans deux jours". Quant à ce qu'on doit faire maintenant…

Une école. Un internat. Voilà des mots qui lui parlaient beaucoup plus déjà et qui dans un sens la rassurait. Cela, ils étaient réels, je les connaissaient bien car l'orphelinat était une sorte d'internat quand on y pensait. Quand à l'école, tout le monde est forcément passé par là un jour. Nous allions donc avoir des cours à suivre. De quel genre? L'emploi du temps n'était pas vraiment très explicite pour le moment et franchement, je n'avais plus très envie de m'attarder dessus. Ces feuilles, je crois qu'elles m'intriguaient autant qu'elles m'inquiétaient au final. En tout cas, la question finale du 'Qu'est-ce qu'on doit faire?' restait elle toujours en suspens.

- Bah j'imagine bien qu'y a un comité d'accueil rien que pour nous non ? De toute façon il fait trop beau pour que je me plaigne d'attendre dehors. Oh et j'espère qu'ils ont préparé un buffet de bienvenue, j'crève de faim moi, pas toi ?

Mon ventre répondit avant ma voix en émettant un léger gargouillis. Bon, pas de quoi fouetté un chat non plus, juste de quoi se faire entendre. Par réflexe, je rougis un peu. Tanya était forcément dans le même état que moi. Je ne souvenais même pas clairement de la dernière fois où j'avais mangé, les derniers évènements ayant marqués mon esprits n'étaient vraiment pas orientés nourriture. Dans tous les cas, elle avait raison, comme d'habitude. Moi aussi, j'appréciais le soleil et le beau temps même si, quelque part, je regrettais de ne pas voir de neige. Je m'étais habituée à vivre dans un monde quasi blanc toutes l'année, ça me faisait un peu bizarre toutes ses couleurs soudaines, même si c'était très joli, je dois bien l'admettre.

- Oh ! Tu vois ça Soniya ? Qu'est-ce que je disais ! Le buffet ! Waw, il est immense ! Cette nappe blanche, elle est comme neuve, c'est trop beau ! Oh, il y a des petits fours ! J'adore les petits fours ! Ah, et ce doux fumet de poulet rôti... Tu vois quoi toi d'ici ?

Un grand sourire illumina mon visage alors que je rentrais complètement dans le jeu de Tanya. Ma main placée comme la sienne au-dessus de mes yeux, nous avions la même posture, la même allure. Si quelqu'un nous voyait, il pourrait sans doute croire qu'il avait la berlue et apercevait la même chose en double. En tout cas, je savais déjà très bien ce que je voulais imaginer sur cette table magique et cela n'étonnerait surement pas ma soeur. Elle me connaissait bien maintenant.

"- Il y a aussi plein de gâteaux aux fruits, et des sucettes. Ils ont rajoutés des fleurs de couleurs sur la nappe pour colorer le tout. Et il y a des carafes avec du chocolat chaud et un pot de crème fouetté à côté, pour mettre dedans. Tu crois qu'on va avoir droit à des musiciens pour animer le banquet?"

J'aurais pu souhaiter tout ce que je voulais mais aller savoir pourquoi, j'avais toujours fait une fixation sur les fruits. Qu'importe leur mode de préparation. Cru, en gâteaux, compotes, confitures et autres.... Il y en avait si peu sur les terres gelées qui nous avaient vus grandir. Et puis, un banquet n'était pas un banquet sans musique et sans divertissements. Alors, je sortis ma flute de ma poche. Mais avant d'en jouer, comme c'était mon idée première, je la brandis avec fierté devant Tanya avec un grand sourire émerveillé.

"- Au fait, tu as vu? Elle est revenue, je l'ai récupéré. Pourtant, les hommes en uniformes avaient marchés dessus en la piétinant, mais elle est intacte. Tout comme ma lyre d'ailleurs. Et j'ai aussi ton couteau toujours avec moi. Toi aussi, tu as pu garder tes affaires avec toi? "


A mes yeux, le plus beau cadeau que m'avais offert l'Académie n'était pas de m'avoir ramenée à la vie mais bien de m'avoir rendue mes biens les plus précieux. Mon arme, mes instruments et par-dessus tout, ma jumelle. Ma Tanya. Reprenant correctement ma flute en main, je m'amusais à demander le silence à un public invisible avant de le saluer et de me mettre en place, comme une grande musicienne impatiemment attendue. Puis, je laissais les notes s’égrener d'elle-même. Je n'avais pas réfléchi à la mélodie que je voulais jouer, elle était venue toute seule. Une musique gaie et entrainante, qui me colla le sourire aux lèvres sans pour autant me faire cesser de jouer. J'étais littéralement aux anges. J'étais avec Tanya, sous un magnifique ciel bleu sans nuages, dans un monde magnifique et très agréable. Si l'on exceptait le monsieur d'un peu plus tôt, cela avait de grandes chances d'être le paradis. En tout cas, pour moi, ça l'était. Je terminais ma musique avant de reprendre notre petit jeu.

"- On dirait que les gens ont appréciés ma musique. Les couverts sont devenus en argent et les verres en cristal. Il y a des bougies et des tas de plats. La plupart, je sais même pas ce que c'est. Mais qu'est-ce que ça sent bon par contre. Toi aussi, tu sens les épices? Je suis sûre qu'il y a de la cannelle dans le lot."

Si mon esprit adorait ce jeu, mon corps un peu moins. j'avais réellement faim et le torturé, même gentiment de la sorte, ne lui plaisait pas beaucoup. Du coup, mon ventre râla à nouveau, un peu plus fort. Je ris un peu nerveusement en croisant les bras dessus, pour le faire taire, avant de m'adresser à ma Tanya, un sourire d'excuse sur le visage.

"- Je crois que lui aussi, il sens les épices. Et il voudrait bien y gouter de plus près."

Mais lorsque j'y prêtais un peu attention, n'y avait-il pas vraiment des odeurs de nourriture qui flottaient doucement dans l'air? Qui sait, à force d'y croire, un vrai banquet apparaitrait peut-être vraiment devant nous.
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Re: Retrouvailles - Dim 21 Avr 2013 - 16:45


Saya reposa l’arme en bambou qu’elle tenait en main. Elle enleva son casque de kendo et regarda le pantin qui lui faisait face. Elle s’entraînait comme une acharnée depuis… l’évènement. Elle n’avait même pas eu l’occasion de donner un cours avant que tout n’arrive et elle réfléchissait à ce qu’elle pourrait faire pour celui qui arrivait. Dans quel état trouverait-elle ses élèves ? Ceux qui avaient vécu l’évènement du moins… Elle espérait que les traumatismes ne seraient pas trop forts mais elle en doutait… Ils avaient vus leurs camarades mourir, ou être blessés. On ne pouvait oublier ce genre de chose et venir dans un cours de combat sans penser qu’il arrivait trop tard.
Elle regarda la salle de cours de combat, vide mais ne s’attarda pas. Elle avait fait ses exercices du jour. Elle alla reposer son arme et l’armure dans une salle annexe avant de se rhabiller et de se rendre dans ses appartements prendre une bonne douche. Sous le jet d’eau brûlant, elle pensa à son quotidien. Mine de rien, depuis le départ d’Isanagi et des renégats, le quotidien avait réussi à reprendre place aux alentours de l’Académie. Le paysage était encore désolant par endroit mais la reconstruction avançait rapidement. Les cours avaient repris… Une ambiance presque normale si ce n’est l’ombre qui pesait dans chacun des cœurs, à savoir : Où en étaient les renégats ? Que faisaient-ils ? Que pouvaient-ils faire, eux qui avaient décidés de protéger les humains jusqu’au bout ? Ces questions étaient dans le cœur de tous ceux qui connaissaient un peu la situation, qu’ils y aient pris part ou non…
Une fois sortie de la douche, elle prit de nouveaux vêtements, consistant en une jupe-short blanche et un T-shirt léger bleu ciel. Elle accrocha son wakizashi à la ceinture, ne s’en séparant jamais depuis son arrivée ici. Elle avait vraiment faim à présent et elle se décida d’aller à la cafeteria. Elle serait également bien allée au bar boire un verre au bar mais à 14h, cela n’était pas vraiment conseillé. Elle allait finir bourrée en pleine journée, chose qu’elle évitait depuis son premier jour quelque peu… animé en compagnie de Rain. Et puis, elle préférait tout de même quelque chose de plus consistant là…
Elle sortit de l’internat, le soleil tapait sur sa peau hâlée qui brillait sous tant de lumière. Elle aimait le soleil, la chaleur… Ils étaient les ingrédients nécessaires pour lui arrachait un sourire paisible. Et sourire, Dieu savait qu’elle en avait besoin. Expression d’ailleurs étrange ici… Elle rentra dans le bâtiment administratif, dans le but de se rendre de l’autre côté et de rejoindre le paradis de la nourriture. Une fois de nouveau à l’air libre, elle croisa un jeune garçon qui courrait à toutes jambes et faillit lui foncer dedans. Par réflexe, elle lui bloqua l’épaule de la paume de la main et lui donna un coup dans les genoux, l’obligeant à s’asseoir à terre.

« AÏE ! PUTAIN ! T’ES QUI POUR… ? »

Il ne termina pas sa phrase, voyant à qui il avait à faire. Même si elle n’avait pas encore donnée de cours, on savait bien qu’elle était une professeur. Du moins, la majorité des élèves le savaient.

« Ah mais v’z’êtes la deuxième prof de combat ! Vous gérez ! », s’exclama le gamin en se relevant et s’époussetant, comme si de rien n’était.

La bouche de Saya tiqua. Comment pouvait-il y avoir aussi peu de politesse chez les jeunes d’aujourd’hui ? Elle n’était pourtant pas si vieille mais elle avait l’impression que le fossé entre les deux générations était immense…

« Dés’lé M’dame mais j’dois y aller… »

Il s’apprêtait à fuir de nouveau quand elle l’attrapa par le col, le tira en arrière, et le fit se rassoir devant elle, toujours sans dire un mot.

« M’dame ! »

Elle s’accroupit devant lui et le fixa dans les yeux.

« Ecoute-moi bien, gamin. D’un, on parle autrement à son professeur. De deux, je ne suis pas « M’dame » mais Maître. C’est comme ça que l’on appelle son professeur de combat, gamin. De trois, à cette heure-ci, tu devrais être en cours. »

Elle se redressa. Le gamin fit mine de faire de même mais elle le fusilla du regard.

« Tu restes assis.

« Mais M’dame »

Elle s’apprêta à répliquer quand elle entendit au loin une voix des plus doucereuses…

« SALETE DE GAMIN DE MERDE ! REVIENS ICI PETIT SECHEUR ! JE VAIS T’APPRENDRE LE REGLEMENT A COUP DE PIEDS AU CUL, MOI ! »

Saya leva les yeux au ciel avant de reporter son attention sur le gamin qui se trouvait devant elle.

« S’vous plait M’dame… », marmonna-t-il.

Elle soupira. Si la situation restait ainsi, ça allait être embêtant. Elle n’aimait pas les choses embêtantes. Elle avait faim et n’avait que faire que de s’occuper d’un gamin qui séchait. Qu’il fasse ce qu’il veut. Il mettrait juste 10ans à devenir un dieu. Elle lui donna un coup de pied au cul pour le redresser.

« Dégage. Vite. Et que je te reprenne pas à sécher au risque pour toi d’apprendre la définition du mot douleur.

« Merci M’dame !

« Maître.

« Ouais, merci Maître ! »

Et il s’en alla en courant à toutes jambes sans même une petite courbette de politesse. Elle savait qu’en occident, ils ne le faisaient pas mais tout de même… Qu’importait, elle avait juste faim. Et le surveillant approchait. Cheveux violet, la quarantaine, essoufflé par la course. Encore un dont elle devait se débarrasser…

« Professeur…

« Mmh.

« Vous n’auriez pas vu un élève aux alentours ? Ce gamin sèche ses cours…

« Non.

« Mais…

« Je n’ai vu personne. C’est votre travail de les trouver et les punir. Faites donc. Sur ce… »

Elle s’apprêta à partir quand il la retînt encore.

« Ah, Professeur. Il y a deux nouvelles au temple. Des élèves. Faudrait les accueillir, je pense…

« Et vous pouviez pas le faire ?

« Mais, Professeur… Les sécheurs…

« Qu’est-ce qui est le plus important ? Des stupides gamins qui s’amusent dehors ou deux âmes perdues qui ont besoin d’aide ? Revoyez le sens de vos priorités mon pauvre, et vite. »

Elle le planta là et se dirigea donc vers le temple. Pourquoi devait-elle se coltiner ce genre de tâches, elle ? Elle devrait sérieusement penser à parler à Colombe de la façon d’accueillir les nouveaux. Elle-même avait été complètement perdue à son arrivée et avait finie bourrée dans la salle de réunion quelques heures après. Pas qu’elle ne le regretta vraiment mais cela ne lui avait tout de même pas expliqué grand-chose de la situation.
Elle soupira en passant à côté la place de la grande horloge. Un lieu paisible aujourd’hui mais qui la faisait toujours frissonner quand elle repensait aux combats… Elle entendit alors le son d’une flûte. Elle s’approcha du temple. Elle percevait deux silhouettes devant l’entrée du lieu sacré. Elles auraient été visibles à dix kilomètres tant leurs chevelures rougeoyaient de mille feux au soleil… Un instant, elle se demanda si ses yeux ne voyaient pas double… En effet, à cette distance, les deux filles se ressemblaient comme deux gouttes d’eau. Et elle douta de trouver une quelconque différence, quand bien même elle s’approchât. Elle remarqua que l’une des deux jeunes filles était à l’origine de la douce mélodie.

Des jumelles… Super. Comment elles ont fait pour mourir toutes les deux en même temps ? Bref…

Elle soupira et reprit tranquillement sa marche vers les deux nouvelles venues.
Le son de la flûte s’arrêta. Les deux jeunes filles ne semblaient pas perdues pour le moins du monde. Elles souriaient et parlaient, semblant agir de façon totalement naturelle. Peut-être essayaient-elles de se détendre comme elles pouvaient ? En tout cas, de là où elle se trouvait, la joueuse de flûte semblait heureuse, partie dans un délire que Saya n’entendait pas. Elle s’approcha d’avantage. Si habituellement, elle aurait eu tendance à s’approcher discrètement, elle n’essaya, là, pas à se cacher. Elle ne voulait pas leur faire peur.
Elle eût le temps d’entendre la dernière phrase de la jeune musicienne avant de se faire remarquer.

« Je crois que lui aussi, il sent les épices. Et il voudrait bien y gouter de plus près. »

Des épices ? Où ça ? Etait-elle tombée sur une folle ? Elle ne chercha pas à comprendre. Mais si elle devinait juste, elle avait faim. Vu qu’elle se tenait le ventre… Elle inclina légèrement la tête en arrivant devant les deux jumelles.

« Deux d’un coup. Et deux jumelles. C’est assez rare. Enfin bon. », commenta-t-elle.

Les deux étaient jeunes et belles mais l’une avait un regard plus effarouchée que l’autre. Cependant, Saya aurait bien eu du mal à les différencier… Elle avait beau chercher, à part le regard, rien ne les distinguait l’une de l’autre.
Bien, elle n’allait pas se contenter de cette simple remarque, cela n’avancerait pas à grand-chose pour les deux jeunes filles.

« Bienvenue à la Deus Academia, je suis Saya Park, professeur de combat rapproché. »

Elle inclina de nouveau légèrement la tête avant de reprendre d’une voix neutre en regardant alternativement les deux jeunes filles d’un air nonchalant.

« Avant tout, vous l’aurez deviné mais vous êtes mortes, dit-elle crûment. Vous avez été choisies pour devenir des apprentis-dieux dans cette Académie. Dans le but final de devenir des dieux accomplis qui pourront protéger les humains. »

Elle soupira. Que c’était chiant d’accueillir les nouveaux… Mais elle comprenait leurs difficultés même si elle n’était pas du genre à être très rassurante. Elle aurait certes pu rester là à papoter tranquillement mais son ventre criait famine et, à l’évidence, ceux des deux jeunes filles également. Elle leva la tête au ciel, se protégeant les yeux des rayons du soleil qui tapaient fort. Au moins, les deux jeunes filels avaient la chance d’avoir un temps idéal pour leur arrivée. Elle, elle avait finie trempée jusqu’aux os dès son premier jour.

« Je pourrais certes vous expliquer plus en détail mais j’ai faim. Et il me semble que vous aussi, dit-elle en baissant la tête et lançant un regard appuyé à la jeune fille au regard le plus doux. Suivez-moi toutes les deux, on continuera à parler en mangeant. »

Elle posa sa main sur son wakizashi pour le remettre en place et tourna le dos, entreprenant déjà de se diriger vers la cantine. Elle s’arrêta au bout de quelques mètres et se tourna vers les deux jeunes filles.

« Ah. Je ne vous ai pas demandé vos noms… »

Elle n’était pas la meilleure hôte qui soit, c’était clair. Mais après tout, elle faisait déjà un effort pour aller les accueillir, cela était déjà bien. Elle espérait que les deux jeunes filles n’allaient pas la harceler de questions mais elle se faisait certainement un gros faux espoir. Tant pis. Elle devrait le supporter. Elle était professeur après tout, son but premier était d’écouter et d’aider ses élèves…
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Re: Retrouvailles - Lun 22 Avr 2013 - 17:39
Ma soeur rentra bien rapidement dans mon jeu, il fallait dire que depuis le temps, on en a imaginé des bouffes et que ça devenait de plus en plus naturel comme exercice chez nous. J'acquiesçais avec un sourire heureux en m'imaginant les gâteaux aux fruits qu'elle citait et les sucettes, et je renchérissais en citant quelques goûts au passage et les formes des friandises. De notre vivant, il nous avait jamais été accordés de manger autant. La nourriture à l'orphelinat était tout sauf diversifiée, mais il y avait ces choses merveilleuses qu'on appelait livres et qui nous faisaient découvrir des choses inatteignables mais qui nous faisaient tellement rêver...

- Et il y a des carafes avec du chocolat chaud et un pot de crème fouetté à côté, pour mettre dedans.

- Miam, je prendrais bien un peu de crème fouettée ! Il ne fait pas spécialement froid mais personne ne dit non à du chocolat chaud !

- Tu crois qu'on va avoir droit à des musiciens pour animer le banquet?

- Et comment ! Un bon banquet n'est rien sans une musique d'accompagnement pour lancer les festivités !

J'étais tellement plongée dans mon trip que je ne tiquai pas lorsque Soniya me montra sa flûte, pour moi c'était naturel qu'elle l'ait toujours sur elle, mais apparemment pas tellement. A force d'être dans la lune, j'avais tendance à zapper des bouts moi... Mais il ne m'en fallait pas pour que je m'émerveille devant ce qui semblait être de la magie. Des instruments détruits revenus comme s'ils n'avaient jamais rien subi... Laquelle des deux réalités était un rêve ?

- J'ai mon pendentif, oui ! répondis-je à sa dernière interrogation. Heureusement d'ailleurs...

Machinalement, je saisis le collier entre mes doigts et le caressa doucement, toujours ce même sourire heureux sur les lèvres. Mon regard pétillait tandis que j'observais ma Sonou, je l'applaudis en n'omettant pas de siffler pour remplir mon rôle de public enthousiaste avant qu'elle ne se mette à jouer. Franchement, c'était comme dans un rêve...

Les soldats, le long voyage vers l'enfer à bord de ce wagon trop petit, le camp, les prisonniers qui puaient la mort, la poursuite dans la neige... Tout me semblait tellement lointain. Comme si ça s'était déroulé à des années lumière de maintenant. Et quelque part, je n'avais pas totalement tort, vu la date qui était affichée sur nos feuilles. 2013. Nous avions donc effectué un voyage dans le temps après notre mort, pour nous retrouver dans une académie céleste, mais pourquoi ce voyage ?

Malgré toutes ces interrogations, je ne me prenais pas la tête. Je profitais de l'instant présent, de la douce mélodie qu'était en train de jouer ma Sonou, et de la simple présence de ma jumelle. Nous étions heureuses et ensemble, toutes les deux. Que demander de mieux ?

Et je me mis à l'applaudir avec le même entrain lorsqu'elle termina son morceau. Tout ce bonheur, si pur et si simple, emplissait mon être et j'en venais presque à me convaincre que tout ce qui s'était passée dans le camp n'était qu'un long et pénible cauchemar.

- On dirait que les gens ont appréciés ma musique. Les couverts sont devenus en argent et les verres en cristal. Il y a des bougies et des tas de plats. La plupart, je sais même pas ce que c'est. Mais qu'est-ce que ça sent bon par contre. Toi aussi, tu sens les épices? Je suis sûre qu'il y a de la cannelle dans le lot.

- Mmmh, de la cannelle. J'adore la tarte aux pommes !

Nos ventres gargouillèrent en même temps. Ils n'avaient pas trop le choix, en tant que propriétés de jumelles, après tout... Acquiesçant aux paroles de Soniya, je me remettais sur mes pieds, prête à me jeter sur le buffet avec elle afin que l'on puisse se remplir les panses.

- Oh oui ! Trêve de bavardages, allons nous...

Je m'interrompis en m'apercevant que nous n'étions plus seules. Une jeune femme aux cheveux mauves se tenait là, près de nous. La soeur à l'autre gus violet ? Hum, elle n'avait pas vraiment la même couleur de peau mais après tout, pourquoi pas... Tous les frères et soeurs ne se ressemblaient pas comme deux gouttes d'eau ! Je la regardais en me plaçant discrètement devant Soniya par réflexe, pas de quoi lui boucher la vue mais pour pouvoir mieux m'interposer en cas de danger. Après notre précédente rencontre, il y avait de quoi se méfier des gens aux cheveux couleur violette ! Je commençais d'ailleurs à me demander, s'ils étaient tous mauves par ici.

- Deux d’un coup. Et deux jumelles. C’est assez rare. Enfin bon.

Je ne commentai pas son commentaire, me disant que ça commençait déjà plus soft qu'avec l'autre vieux. Ça me rassurait un peu de voir que quelqu'un savait parler ici sans nous beugler dessus et sans nous traiter comme deux crottins frais. L'inconnue nous souhaita ensuite bienvenue et se présenta en tant que professeur. Saya Park, ce nom sonnait vraiment pas russe, mais j'aimais bien. En fait j'avais tendance à apprécier tout ce qui était anormal ou étrange, ça enrichissait mon imagination. Et comment ça professeur de combat rapproché ? C'était pas censé être une académie ? Ce n'est pas l'armée tout de même ?! Et comment ça rapproché ? C'est quoi l'éloigné ? Le tir ? Oh non, je n'aimais pas ça.

La prof nous annonça ensuite du tac au tac qu'on était morte. Je fronçai les sourcils. Je n'aimais pas vraiment la manière dont elle le disait, je ne savais pas pourquoi, c'était comme ça. Choisies pour devenir des apprentis-dieux ? Ça, ça devenait intéressant, même si c'était complètement farfelu, il y avait déjà plus à creuser que le "vous êtes mortes". Comme si quelqu'un l'avait persuadée que c'était le cas, alors que bon, personnellement, je préférais croire en un rêve. Et puis ça ne changeait rien au final, si ?

Protéger les humains... Ça semblait vachement super-héros tout ça. J'aimais bien, même si en soi, là tout de suite, j'aurai bien aimé savoir faire apparaître de la nourriture.

Oh, en parlant de nourriture, il semblât que notre interlocutrice m'ait entendue, puisqu'elle nous proposa de la suivre et de continuer à papoter avec quelque chose sous la dent. Je ne pouvais pas refuser même si je me devais de me méfier un minimum. Mais la méfiance n'était pas vraiment de ma nature profonde puisque je n'ai créé mes épines que pour protéger ma soeur. J'attrapai donc la main de Soniya tout en emboîtant le pas à la Dame Violette.

- Ah. Je ne vous ai pas demandé vos noms… demanda-t-elle alors.

- Tanya et Soniya. A vous de deviner qui est qui !

J'esquissai un sourire espiègle tout en continuant à la suivre. Je ne pouvais pas m'empêcher de taquiner et de blaguer à tout va, parfois ça plaisait, parfois moins. Enfin, vu comment soupirait la prof, je me disais qu'elle ne nous accueillait que par pure obligation. Manque de pot, ça me donnait encore plus envie de la taquiner... Et cette fois, avec des questions à n'en plus finir comme je savais si bien le faire vu ma curiosité débordante.

- Dîtes, pourquoi c'est mis 2013 sur nos feuilles ? On n'est pas en 1941 ? Pourquoi on doit devenir des dieux ? Pourquoi nous ? Et c'est une teinture vos cheveux ? Tout le monde les porte mauves ici ? C'est encore loin l'endroit pour manger ?
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Re: Retrouvailles - Mar 23 Avr 2013 - 10:17
Cela faisait tellement de bien. Après tout ce que nous venions de traverser ma sœur et moi, nous étions encore en train de jouer. Comme avant. Comme si rien de tout ça n'était arrivé. J'en avais le cœur bien plus léger déjà. Ce n'était pas grand chose mais ensemble, il ne pourrait jamais rien nous arriver, je le savais. nous le savions toutes les deux. Tout ce qui s'était passé avant, bah, ce n'était plus qu'un souvenir, voilà ce que je me disais. Je ne voulais plus y penser. Et puis, est-ce que cela avait vraiment existé? Car je n'aurais pas pu récupérer mes instruments. Tanya aussi avait gardée son pendentif et bien que je ne sois pas persuadée qu'il s'agisse de nos parents dedans, la présence de cet objet me rassurait. Il faisait parmi de notre histoire alors l'avoir ici était rassurant.

Tanya joua seule le rôle de tout mon public et comme elle était très douée pour faire du bruit et imité la foule, cela faisait vraiment comme si il y a avait du monde devant moi. Mais j'ai joué uniquement pour elle et je sais qu'elle le sait. On est pas jumelles pour rien. Ma mélodie prit fin et Tanya applaudit avec encore plus d'entrain que d'habitude. Moi, ça m'avais fait du bien de jouer et j'espérais que m'écoutais lui avait aussi fait du bien à elle. Mais je n'en oubliait pas notre jeu pour autant, profitant de mon concert improvisé pour rebondir dessus et parler des modifications de notre banquet imaginaire ainsi que des nouvelles odeurs s'en échappant.

- Mmmh, de la cannelle. J'adore la tarte aux pommes !

La tarte aux pommes. Sans doute un des seuls gâteaux que l'on ait vraiment mangé. Alors oui, on y était très attachées toutes les deux. Et le fait d'entendre nos ventres se réveiller de concert était assez drôle en soi. Et oui, même la faim nous prenait en même temps.

- Oh oui ! Trêve de bavardages, allons nous...

J'étais déjà quasiment parti mais le fait d'entendre Tanya s'interrompre me stoppa net. Il se passait quelque chose? Ah, il y avait quelqu'un qui approchait. Une jeune femme très élégante avec elle aussi des cheveux violets. Houps, encore une fois, on allait se faire repérer à ne pas avoir les mêmes chevelure que les autres; Déjà, Tanya était venu se placer un peu devant moi, comme elle l'avait toujours fait, tandis que la femme avançait. Je crois que ce qui me marquait le plus c'était sa peau toute dorée, foncée. Jamais je n'avais vu ça et c'était vraiment très joli.

« Deux d’un coup. Et deux jumelles. C’est assez rare. Enfin bon. »

Bah, par définition, les jumelles ça va par deux, non? En tout cas, même si elle n'avait pas l'air spécialement ravie de nous voir, au moins elle ne nous criait pas dessus elle. Et puis, elle avait l'air plus gentille que le type d'avant. Peut-être qu'elle était là pour les accueillir? Après tout, elle avait une certaine prestance, elle devait être quelqu'un d'important ici.

« Bienvenue à la Deus Academia, je suis Saya Park, professeur de combat rapproché. »

Euh... Deus Académia, la Dame aux cheveux rouges nous avait déjà dit ce nom. Donc, on se trouvait bien dans une sorte d'école puisque elle-même était professeur. Jusque là, ça se tient. Mais c'est quoi cette école justement? J'ai jamais demandé à apprendre à me battre, moi. Je sais même pas me servir du couteau de Tanya alors. Et puis, je veux pas avoir à taper les autres, ça va leur faire mal.

« Avant tout, vous l’aurez deviné mais vous êtes mortes. Vous avez été choisies pour devenir des apprentis-dieux dans cette Académie. Dans le but final de devenir des dieux accomplis qui pourront protéger les humains. »

Bon bah, maintenant au moins, je suis fixée. je suis bel et bien morte. Pourtant, je me sentais étrangement vivante depuis que je m'étais réveillée. Et en plus, j'ai été choisi pour devenir un Dieu? Je savais pas que j'avais participé à un concours. Moi qui gagne jamais rien d’habitude, je suis plutôt surprise. Mais temps que Tanya est avec moi, ça me gêne pas. Et puis, protéger les Humains, c'est chouette non? Quand je serais un Dieu, je me débrouillerais pour qu'il y ait plus d'orphelinats et d'enfants comme Tanya et moi. Se serait bien ça.

« Je pourrais certes vous expliquer plus en détail mais j’ai faim. Et il me semble que vous aussi. Suivez-moi toutes les deux, on continuera à parler en mangeant. »

Ah, ça se voyait tant que ça? Elle avait quand même pas entendu leur ventre gargouiller de loin? Du coup, je rougis un peu en baissant la tête lorsqu'elle fixa son regard sur moi. Je hochais légèrement la tête parc que oui, j'avais faim pour de vrai. Alors, tout en restant juste à côté de ma sœur, j'emboitais le pas du Professeur Park.

« Ah. Je ne vous ai pas demandé vos noms… »

- Tanya et Soniya. A vous de deviner qui est qui !

J'avais ouvert la bouche pour répondre mais Tanya m'avait devancée. Comme souvent d'ailleurs. Et je trouvais sa réponse bien plus drôle que celle que j'allais donnée. Je souris à ma jumelle, sentant bien que là, elle s'amusait un peu. Bon, c'était quand même un professeur, elle ne devrait peut-être pas faire ça mais après tout, ce n'était pas méchant.

- Dîtes, pourquoi c'est mis 2013 sur nos feuilles ? On n'est pas en 1941 ? Pourquoi on doit devenir des dieux ? Pourquoi nous ? Et c'est une teinture vos cheveux ? Tout le monde les porte mauves ici ? C'est encore loin l'endroit pour manger ?

L'avantage d'avoir une jumelle comme Tanya, c'est qu'elle fait tout à ma place. Moi aussi, je me posais toutes ses questions et même si je ne les aurais pas forcément formulées pareilles, les idées étaient là. Du coup, je n'avais plus grand chose à dire moi. J'observais beaucoup les environs. nous avions quitté le temple et nous dirigions vers un autre bâtiment qui apparaissait lentement au loin. La cantine? Ce serait vraiment bien ça. Mais finalement, elle aussi avait des questions à poser et quitte à avoir un professeur avec nous, c'était sans doute le moment ou jamais.

"- Madame le Professeur, votre peau elle a toujours été foncée comme ça? Et vous venez d'où? Vous n'êtes pas russe, n'est-ce pas? Et euh... le combat rapproché.... C'est une matière obligatoire ici?"


Autant savoir tout de suite à quelle sauce je serais mangée. Et puis, si je devais devenir vraiment un Dieu, je vois pas pourquoi je devrais me battre. Dans les livres que j'avais lu, ils utilisent des pouvoirs magiques et puissant pour ça, pas des armes.
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Re: Retrouvailles - Lun 6 Mai 2013 - 1:32


Elle ne tînt pas compte des réactions des deux jeunes filles à ses propos. Leur incompréhension se lisait clairement sur leur visage mais elle allait leur expliquer clairement tout plus tard donc qu’importait pour l’instant.

- Tanya et Soniya. A vous de deviner qui est qui !

Super, elle était tombée sur deux rigolotes. Elle regarda les deux jumelles qui setenaient par la main. Identiques. Réellement identiques. Elle ne pourrait jamais deviner qui était qui. Quand bien même elle ait un prénom à coller à leur visage. Saya n’était pas friande de devinettes mais elle ne put s’empêcher d’esquisser un léger sourire. Peut-être pouvait-elle deviner si elle y réfléchissait. Souvent les gens disaient le nom de la personne qui les accompagnait en premier. Mais les jeunes filles étaient… eh bien, jeunes. Donc il était fort probable que la petite rousse au regard farouche ait dit son prénom en premier.

« Eh bien, je vais supposer que vous êtes Tanya et que votre sœur est Soniya. Ai-je raison ? Enfin… En y pensant, peu importe vos noms, vous êtes tellement identiques que je risque de vous confondre quand même. »

Elle n’eût pas le temps d’ajouter quoi que ce soit. Les questions commençaient déjà à fuser de la bouche de la petite blagueuse.
Elle leva les yeux au ciel tout en marchant et écoutant les questions une par une. Les premières étaient normales. Ainsi, les deux jeunes filles avaient connu le début de la seconde guerre mondiale. Elles n’avaient pas dû avoir une vie très facile. Vu à quel point elles étaient accrochées l’une à l’autre, Saya supposa que la vie ne leur avait pas fait de cadeaux… Cependant, les questions qui suivirent, Saya ne s’y attendait pas. Sa couleur de cheveux ? Est-ce que tout le monde les porte mauves ? Elle n’avait que ça comme question existentielle à sortir ? … Quoiqu’elles avaient dû voir l’autre surveillant aux cheveux violets également… D’où cette question. Mais le violet de ses cheveux à elle était tout de même bien plus beau que celui de l’autre quadragénaire, non ? … Comment pouvait-on comparer leurs deux chevelures ? … Là n’était pas la question. Elle la laissa terminer avec sa question sur la cafeteria. Eh bien, il semblait qu’elle était tombée sur une petite curieuse.
Et sa jumelle. Le flot de question semblait continuer naturellement d’une bouche à l’autre des deux jeunes filles. Rien ne les distinguait physiquement et leur lien affectif semblait tellement fort que Saya avait presque l’impression de n’avoir à faire qu’à une seule personne. Encore des questions sans intérêt. Sans intérêt peut-être mais logiques sûrement pour les deux nouvelles apprenties. Si elles étaient à ce point curieuses sur sa couleur de cheveux ou de peau, c’est qu’elles n’avaient pas dû sortir beaucoup. Quoique pour la couleur de cheveux, à l’époque, il n’était sûrement pas habituel de se les teindre. Ainsi donc, c’était deux petites russes… Cela confortait Saya dans l’idée que leur vie n’avait pas dû être simple du tout. La Russie n’était pas un havre de paix en 1941… Quant à sa question sur le combat rapproché… Cela fit tiquer Saya. Celle au regard le plus doux n’était pas friande de combat… Elle n’était donc pas une élève très intéressante pour Saya. Mais en effet, tout le monde n’aimait pas le combat. Elle espérait tout de même que la jeune fille saurait s’endurcir car, même si elle était morte à présent, la vie en tant que dieu n’allait pas non plus lui faire de cadeaux.
Le temps que les jumelles la harcèlent de questions, elles étaient arrivées devant la cafeteria. Le bâtiment rond au toit bleu brillait de mille feux au soleil. Elle les avait écoutées toutes les deux sans les regarder mais en demeurant attentive. Cependant, elle n’avait toujours pas envie de leur répondre le ventre vide. Elle ne se contenterait que d’essayer de deviner qui était qui pour l’instant.
Elle s’arrêta devant le bâtiment en se tournant vers les deux rousses.

« Vous avez certes une quantité de questions phénoménale, c’est normal mais je préfèrerai y répondre en mangeant. »

Elle leur ouvrit la porte du bâtiment.

« Rentrez. Allez vous installer, je vais vous chercher quelque chose. »

Elle les laissa là et se dirigea vers l’exposition foisonnante de plats divers. Les deux jeunes filles avaient l’air d’avoir vraiment faim, elle choisit donc un plat alléchant de viande en sauce avec du riz revenu dans divers légumes. Elle leur prit également une salade de pommes de terre en entrée et une grosse part de tarte au chocolat à chacune. Pour elle, elle choisit simplement un plat de nouilles chinoises et une part de tarte au citron meringué. Elles avaient de la chance qu’il reste tant de plats à cette heure-ci. Habituellement, il y avait très peu de plats salés à partir de 14h. Tenant adroitement les trois plateaux, un dans une main, un dans une autre, le troisième sur son avant-bras droit, elle avança vers les deux jeunes filles et déposa doucement les plateaux sur la table et s’installa en face d’elles.

« Allez-y, commencez à manger. Je vais vous répondre pendant que vous vous remplissez le ventre. »

Elle leur sourit doucement en désignant leurs plats. Si elle leur avait mis fourchettes et couteaux sur leur plateau, elle s’était pris des baguettes pour elle. Elle joignit ses mains en murmurant un « bon appétit » et s’attaqua à son plat de nouilles.
Après la première bouchée, elle releva la tête vers les deux demoiselles et commença à leur répondre, se tournant d’abord vers Tanya.

« Bien. Alors pour commencer, non, nous ne sommes pas en 1941. Ici sont réunis des gens de toutes époques, passé, présent, futur… L’époque actuelle correspond à l’année 2013. Mais vous pouvez rencontrer des gens qui viennent du XVIIIe siècle comme des années 2400… »

Elle reprit une bouchée de nouilles et continua.

« Pourquoi nous ? C’est la question que chacun d’entre nous se pose. Nous sommes choisis, tout simplement. Il n’y a pas de critère de sélection spécifiques. Deus vous a estimé apte à devenir des déesses, et vous vous retrouvez ici. La vie en tant que Dieu n’est pas forcément toute rose mais vous vous en sortirez très bien. »

Nouvelle bouchée. Elle eût un léger sourire avant de répondre à la question suivante.

« Et oui, je teins mes cheveux. Mais non, tout le monde n’a pas les cheveux mauves. Je m’excuse d’ailleurs pour l’attitude du surveillant que vous avez dû croiser il y a quelques instants. »

Elle but une gorgée d’eau et continua en se tournant vers Soniya.

« Non j’ai pas toujours été « foncée » comme ça. Je me mettais très souvent au soleil pendant que j’étais humaine. Et ma peau a pris ce teint bronzé. Et non, je ne suis pas russe mais japonaise. Mais cela n’a aucune signification une fois arrivée ici. Nous parlons tous la même langue. La question de la nationalité ne se pose pas. Je vous conseille quand même de vous mêler à vos camarades de classe car même s’il n’y a pas de différence ici, tous ont leurs souvenirs en tant qu’humain et peuvent vous apporter plein de choses. Des connaissances et des façons de pensée que vous n’avez pas connues par exemple. »

Elle attrapa de nouveau quelques nouilles et continua après avoir avalé.

« Quant au cours de combat rapproché, il ne fait pas parti du tronc commun donc non, il n’est pas obligatoire. Mais je vous conseille tout de même d’y assister car même en tant que dieu, vous n’êtes pas invincible et vous allez faire face à de nombreux problèmes qu’une maîtrise du corps pourra vous permettre de surmonter. »

Elle avala une autre bouchée et les fixa.

« J’ai répondu à toutes vos questions mais je sens que vous en avez d’autres. J’y répondrai. Mais je vous conseille de profiter de votre repas avant qu’il ne refroidisse. »

Elle eût un léger sourire et recommença à manger. Elle sentait que les questions allaient fuser de nouveau. Elle n’était pas très patiente, elle ne savait pas combien de temps elle tiendrait à jouer les professeur-nounous. Cependant, parler de sujets banals comme ceux-là lui permettait d’oublier quelque peu la situation actuelle, les renégats et tout ce qui s’y apparentait. Elle allait d’ailleurs peut-être devoir en parler aux deux jeunes filles… Mais elle n’aborderait pas le sujet à moins qu’elles ne lui posent une question qui ne lui en laisse pas le choix…
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Re: Retrouvailles - Sam 11 Mai 2013 - 19:49
- Eh bien, je vais supposer que vous êtes Tanya et que votre sœur est Soniya. Ai-je raison ?

- Nope, vous êtes complètement à côté de la plaque ! rétorquai-je du tac au tac.

Puis merde, comment elle avait fait pour savoir du premier coup celle-là ? Elle était devin ou quoi ? Enfin elle n'avait pas tort, savoir ne l'empêcherait pas de nous confondre pour autant. Dans tous les cas, il ne fallait pas qu'elle sache qu'elle avait réussi à deviner du premier coup ! J'étais prête à jouer le jeu jusqu'au bout, d'ailleurs. En attendant, je ne me privai pas de me venger en lui posant une ribambelle de questions, suite à quoi ma Soniya n'hésita pas à rajouter une couche. Cette prof allait comprendre qu'on n'était pas jumelles pour rien !

Un curieux bâtiment se dressa devant nous alors qu'on continuait à avancer pendant que Sonou terminait de parler. A l'odeur qui s'élevait dans les airs à l'approche de cet établissement, je pouvais sans mal deviner qu'il s'agissait de la cafétéria. Ce n'était vraiment pas le genre de construction que l'on pouvait trouver en Russie, ce qui me confirma qu'on se trouvait dans un tout autre pays, voire monde. Soniya et moi, nous nous arrêtâmes, toujours main dans la main, lorsque Mademoiselle Park se tourna vers nous pour nous annoncer qu'elle préférait répondre à nos questions en mangeant. Je ne cherchai pas à répliquer sur ce plan-là, étant donné que nous étions visiblement toutes les trois mortes de faim, nous serions sans doute plus aptes à écouter avec quelque chose sous la dent.

A son invitation, j'hésitai tout de même un peu, me méfiant de tout ceci comme notre ancienne vie m'avait appris à le faire, mais je finis par me laisser convaincre. Nous nous posâmes donc à une table de quatre personnes, pour ma part, même si je tentais de le cacher un minimum, j'étais un peu perdue. L'endroit me paraissait dix mille fois plus luxueux qu'à l'orphelinat où nous habitions Soniya et moi. J'étais plongée dans l'observation des lieux, ma main tenant toujours celle de ma soeur, quand l'enseignante revint vers nous avec des plats qui avaient aussi dix mille fois plus de couleurs que les bouillies qu'on nous servait à l'internat.

« Allez-y, commencez à manger. Je vais vous répondre pendant que vous vous remplissez le ventre. »

Me penchant vers Sonou, je lui glissai à l'oreille :

- Je crois que c'est la bonne fée qui a entendu notre volonté et qui a décidé de nous offrir le buffet de nos rêves !

Je souris et saisis mes couverts pour m'attaquer à… en fait je ne savais pas trop par quel plat commencer. Mon ventre rétorqua qu'il s'en fichait bien du moment qu'il était rempli, ma bouche décida donc que cette part de gâteau au chocolat y passera le premier ! Je me décidai donc à déposer ma fourchette et mon couteau pour m'emparer du morceau de pâtisserie et je mordis dedans à pleine dents, aux anges.

C'était sans doute la chose la plus sucrée que j'aie jamais pu goûter jusque là, un pur délice, si bien que j'avais du mal à rester concentrée sur ce que nous répondait notre interlocutrice. Alors comme ça, des gens de toutes époques venaient ici ? Trop cool ! Même pas besoin d'étudier son cours d'Histoire comme ça ! Peut-être qu'on croisera Cendrillon et qu'on connaîtra enfin la version authentique de son histoire ? Chaussait-elle des pantoufles de vair ou de verre ?

Ainsi donc, personne ne savait pourquoi on était choisi. Pour ma part je trouvais cela intrigant et intérieurement, je me promis d'un jour découvrir le pourquoi du comment de cette sélection, même si d'un côté, le simple fait de pouvoir être avec ma soeur me suffisait amplement.

- Et oui, je teins mes cheveux. Mais non, tout le monde n’a pas les cheveux mauves. Je m’excuse d’ailleurs pour l’attitude du surveillant que vous avez dû croiser il y a quelques instants.

- Pourquoi vous vous excusez ? répondit-je avec un haussement d'épaules désinvolte. C'est lui qui n'aura pas d'ami, déjà que les cheveux aux couleurs spéciales ont tendance à attirer des ennuis…

Je laissai ensuite mon autre moitié de gâteau pour m'attaquer à la chose qui ressemblait à de la purée que nous connaissions, mais en mieux. Mmmh. Si tous les jours c'était aussi bon par ici, je n'allais pas refuser de rester dans le coin !

Mademoiselle Park enchaîna ensuite pour parler de soleil. Apparemment, c'était à cause de ça qu'elle avait la peau plus foncée que nous. Ah ben forcément, tout s'explique ! Dans le coin paumé et froid où nous vivions, nous n'avions aucune chance d'avoir une autre teinte que celle diaphane de notre peau. Par contre, bonne nouvelle pour Soniya, le cours de combat rapproché n'était pas obligatoire ! Personnellement, j'étais assez partagée. Je suis de nature non-bagarreuse, mais j'avais depuis longtemps conscience que je me devais d'avoir quelques compétences en cette matière pour pouvoir protéger ma soeur. Un autre détail néanmoins m'inquiétait...

« J’ai répondu à toutes vos questions mais je sens que vous en avez d’autres. J’y répondrai. Mais je vous conseille de profiter de votre repas avant qu’il ne refroidisse. »

Ah ça bien sûr qu'on en profitait ! Attendez… refroidir ? Ah oui, je n'ai touché qu'aux plats froids jusqu'à présent ! Qu'est-ce qu'on devait avoir l'air de paysannes devant cette prof ! Je plantais donc ma fourchette dans ce morceau de viande qui sentait bon pour une fois et qui ne ressemblait pas à un bout de cuir desséché comme ceux qu'ils nous servaient à l'orphelinat.

- Qu'est-ch'qu'on va bien pouvoir avoir comme problèmes ichi madame ?

Je m'interrompis juste le temps d'avaler ma bouchée, puis je repris :

- Je croyais que c'était le paradis, ici. Enfin, une sorte d'équivalent quoi, je sais que c'est une académie ! Et puis y a quoi comme dieux ici ? Et comme matières ?
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Re: Retrouvailles - Dim 12 Mai 2013 - 12:11
La réplique du tac au tac de Tanya ne sonnait pas juste mais ça, j'étais sans doute la seule à le savoir alors je ne dirais rien et je jouerais le même jeu que ma sœur. Et puis, la remarque suivante de la professeur me fit sourire. Oui, connaitre nos prénoms ne l'empêcherait jamais de se tromper. Les seules à en être capable, c'était bien moi et ma jumelle. Comment confondre son propre prénom avec celui de la personne qui compte le plus pour vous? Ce n'est tout simplement pas possible.

Alors que je finissais de lui poser mes questions, nous arrivâmes devant un bâtiment en forme de coupole. Ça faisait un peu bizarre, je n'avais jamais rien vu qui ressemblait à ce genre d'architecture. Ça tenait vraiment debout tout seul? En tout cas, c'était joli, j'aimais bien la forme. Et je dois admettre que l'odeur qui s'en échappait était aussi drôlement attirante. Et je n'étais pas la seule à avoir faim car la Professeur nous annonça qu'elle ne dirait plus rien avant d'avoir mangé. Alors, c'était ça la cantine ici? Elle était classe. En tout cas, elle me plaisait beaucoup. Et vu sa forme bizarre, elle serait facile à repérer même de loin. moi qui avais tendance à me perdre facilement, cela serait pratique pour m'aider.

Madame Park nous dit d'aller nous asseoir tandis qu'elle allait chercher à manger et je suivit ma sœur jusqu'à la table, m'asseyant à côté d'elle. On ne s'était toujours pas lâcher la main et chacune d'entre nous observait les lieux avec le même regard ébahi. Ça n'avait vraiment rien à voir avec là où nous avions grandi. Pour un peu, j'aurais dit que c'était trop beau pour être vrai et pourtant, je pouvais bien toucher la table, je sentais les odeurs et je voyais de mes yeux ces merveilles. Alors, il y avait bien autre chose ailleurs que les murs gris et ternes qui nous avaient vu grandir. Pour le coup, j'étais presque heureuse d'être morte au final. Surtout quand je vis arriver les assiettes tenue par la Professeur.

- Je crois que c'est la bonne fée qui a entendu notre volonté et qui a décidé de nous offrir le buffet de nos rêves !

Pour le coup, j'étais incapable de réagir. Tout ça, c'était vraiment pour nous? C'était réel? J'avais vraiment du mal à y croire. Déjà, Tanya se jetait sur le gâteau alors que du bout de ma fourchette je tapotais les divers plats. Oui, ils étaient bien là, devant. Mes yeux devaient ressembler à des soucoupes. il y en avait tellement, jamais je ne pourrais manger tout ça. Pourtant, lorsque que je piquais dans les légumes et que je croquais le premier, je ne doutais plus de pouvoir tout avaler. C'était si bon. J'adorais ça!! J'ai commencé par les légumes avec le riz alors que ma sœur dévorait sa part de gâteau. Eh oui, on était peut-être jumelles mais parfois, on avait des préférences un peu différentes. C'était rigolo. Enfin, je trouvais.

Alors que nous mangions de bon cœur la Professeur commença tranquillement à répondre à nos diverses questions tout en mangeant son propre plat. On dirait des pâtes mais elles étaient étranges. En tout cas, ce qu'elle dit me laissa un peu perplexe. Ainsi donc, on avait bien voyagé dans le temps. On avait changé d'année, de siècle même et pourtant, nous n'avions pas changé d'un cheveu. Et il y avait des gens qui venaient de partout. Peut-être que l'on croiserait des princesses alors? ou des chevaliers en armures? Ou des êtres fantastiques? Un fée? Oui, cette idée me ravissait tandis que je continuais de dévorer mes légumes et mon riz mélangés à la sauce. Ça faisait plein de couleurs, c'était trop beau, même dans mon assiette.

Ah tiens, même la Professeur avouait ne pas tout savoir. Remarque, finalement, je m'en moquais un peu de savoir pourquoi j'étais ici. Pour moi, c'était comme un cadeau. Pour une fois, je n'aurais pas froid, pas faim, personnes pour nous faire du mal et ma Tanya était avec moi alors je ne pouvais pas rêver mieux. Deus, c'était donc lui que devais remercier pour ça? Promis, si un jour je le croisais, je le remercierais de tout mon cœur de nous avoir sauvé ma jumelle et moi.

« Et oui, je teins mes cheveux. Mais non, tout le monde n’a pas les cheveux mauves. Je m’excuse d’ailleurs pour l’attitude du surveillant que vous avez dû croiser il y a quelques instants. »

- Pourquoi vous vous excusez ? C'est lui qui n'aura pas d'ami, déjà que les cheveux aux couleurs spéciales ont tendance à attirer des ennuis…


Ça, nous étions bien placé pour le savoir. Sur le coup, je marquais une légère pause dans mon repas. Je ne comprenais pas pourquoi elle se teignait les cheveux d'une couleur aussi étrange alors que finalement, cela n'avait jamais fait que jouer en notre défaveur de notre vivant. Oui, ça lui allait bien comme couleur mais quand même, vu les ennuis que cela leur avait valu, elle avait du mal à croire qu'elle pouvait les teindre ainsi juste par plaisir. Mais peut-être que les gens ici seraient plus gentils qu'en Russie? En même temps, ce ne serait pas très dur. Mademoiselle Park se tourna alors vers moi pour répondre à une de mes questions précédentes.

« Non j’ai pas toujours été « foncée » comme ça. Je me mettais très souvent au soleil pendant que j’étais humaine. Et ma peau a pris ce teint bronzé. Et non, je ne suis pas russe mais japonaise. Mais cela n’a aucune signification une fois arrivée ici. Nous parlons tous la même langue. La question de la nationalité ne se pose pas. Je vous conseille quand même de vous mêler à vos camarades de classe car même s’il n’y a pas de différence ici, tous ont leurs souvenirs en tant qu’humain et peuvent vous apporter plein de choses. Des connaissances et des façons de pensée que vous n’avez pas connues par exemple. »

Ah, c'était le soleil qui avait coloré sa peau? Chez nous, à cause de la neige, il brulait au lieu de nous colorer comme cela. Et puis, Tanya et moi n'avions jamais bronzé alors que certains enfants si. Peut-être notre peau était-elle faite pour rester opaline? Remarque, je la trouvais très jolie comme ça. Japonaise. Du japon. Je me souvenais vaguement de la position de l'ile sur un planisphère. C'était l'autre bout du monde quasiment. Nous parlions tous la même langue? Je ne parlais plus Russe alors? Ça alors, je ne savais pas que j'étais capable de parler une autre langue aussi facilement. Quand au fait de se mélanger aux autres, je n'était pas contre les rencontrer mais j'avouais que j'avais un peu peur quand même. Comment eux réagiraient-ils face à nous? On nous avait si souvent montré du doigt et persécuté, et si ça recommençait ici?

Mes légumes terminés, je goutais mon entrée et j'étais surprise de trouver ça aussi bon. Des patates, on en avaient mangés souvent mais jamais elles n'avaient vraiment eu de gout. Là, c'était vraiment délicieux. La Professeur prit aussi une nouvelle bouchée de son plat avant de reprendre la parole à mon attention; Elle était forte quand même pour avoir retenue toutes les questions qu'on lui avait posé.

« Quant au cours de combat rapproché, il ne fait pas parti du tronc commun donc non, il n’est pas obligatoire. Mais je vous conseille tout de même d’y assister car même en tant que dieu, vous n’êtes pas invincible et vous allez faire face à de nombreux problèmes qu’une maîtrise du corps pourra vous permettre de surmonter. »

Pour le coup, sa réponse me coupa un peu l'appétit. Ne pas être invincible, ça, je m'en doutais bien mais devoir faire face à de nombreux problèmes, elle entendait quoi par là? Une maitrise du corps nous permettra de les surmonter. En gros, elle parlait de combats là. Il allait donc falloir se battre? Mais dans la mythologie, même si les dieux se battaient, ils ne le faisaient pas vraiment entre eux, ils utilisaient des intermédiaires. Et oui, l'idée de devoir user de la violence ne me plaisais pas. J'étais faible, c'était un fait avérer. Si j'avais tenu si longtemps déjà sur terre, c'était grâce à Tanya alors là,...

- Qu'est-ch'qu'on va bien pouvoir avoir comme problèmes ichi madame ?
Je croyais que c'était le paradis, ici. Enfin, une sorte d'équivalent quoi, je sais que c'est une académie ! Et puis y a quoi comme dieux ici ? Et comme matières ?


Voilà, c'était exactement ça. Tout était si beau ici, ce ne pouvait être que le paradis dont la gouvernante principale de l'orphelinat leur rabattait les oreilles, répétant régulièrement que moi et ma sœur ne pourrions jamais y aller. Pour le coup, je n'avais rien à rajouter, Tanya ayant exprimé mieux que moi les questions que je partageait avec elle. Je hochais donc la tête pour appuyer ses paroles et tentais également de gouter la viande. Mais je la laissais rapidement, j'en étais venu à détester la viande et je n'étais pas encore prête à manger, même aussi appétissante.

"- Et si il y a des cours, ça veut dire qu'il y a aussi des examens, des contrôles? Et vous avez dit que le combat ne faisait pas partie du tronc commun. Il y a donc des matières en plus qu'on peut choisir de prendre ou pas? Et comme on est des apprentis-Dieux, on doit faire des choses pour les Humains? Parce que ceux de la mythologie, ils les protégeaient et les aidaient. Nous aussi on devra faire ça?"

Oui, j'avais à nouveau laisser ma curiosité me devancer mais pour une fois qu'on ne nous traitait pas comme des monstres. Et puis, elle avait l'air de savoir beaucoup de choses. Dans un sens, je l'admirais un peu. Elle était différente des gens que l'on avait croisé toute notre vie et elle semblait forte. Peut-être qu'un jour, je pourrais lui ressembler et ainsi, être oins un fardeau pour Tanya. Parce que je savais que parfois, c'était ma faute si elle se battait. Pour me protéger parce que je n'étais pas capable de le faire toute seule.
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Re: Retrouvailles - Dim 21 Juil 2013 - 18:03

J'ai bien aimé vos retrouvailles entre sœur et c'est franchement dommage que Saya ne soit plus là. J'aime beaucoup vos caractères respectifs (surtout Sonou *-*).

Soniya Siankov : 450 xps
Tanya Siankov : 430 xps
Saya Park : 155 xps

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