Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


École des dieux RPG


Forum RPG
 

[ Quête Solo ] Retour aux souces.

Invité
avatar
Invité
[ Quête Solo ] Retour aux souces. - Mer 27 Mar 2013 - 18:59

Amarilys


« Retour aux sources »


« Qu'est-ce qu'il pleut ! » s'exclama Ama en allant se mettre à l'abri du couvert des arbres. Il était venu visiter un peu la forêt, et finalement, le temps qui avait été au beau fixe toute la matinée avait décidé de faire pleuvoir. Pas de chance. Cela faisait quoi, trois jours qu'il était ici ? Et il trouvait cela très étrange. Bon, pas aussi étrange que le fait d'être redevenu quasiment humain. Mais ... Il était un apprenti-dieu. Ca c'était quelque chose. Le blondinet s'assit tranquillement sur une racine noueuse, couverte de mousse, et mit sur son crâne la capuche de son sweat. Il portait des vêtements de coton, hélas, et ils étaient imbibés. Il se sentait comme un poisson hors de l'eau. Quoi que, avec toute cette pluie ... Il détestait cordialement le mauvais temps. Peut-être à cause de son lien avec le soleil. Ne pas voir la source de son pouvoir le faisait se sentir extrêmement vulnérable. Il essaya de se réchauffer en se frottant les bras. Le froid l'engourdissait un peu et il pesta doucement.

« Allez, petit soleil, reviens, j'ai besoin de toi » fit-il d'une voix douce et mielleuse, comme si le soleil était un chien capable d'être soudoyé avec des mots gentils.

Hélas, l'astre solaire ne répondit pas à cette déclaration et resta sourd. C'était toute sa vie ça ; vénérer l'astre solaire et le voir le repousser. N'importe quoi ; le froid le faisait délirer, sûrement. Il se leva, en espérant qu'être debout fairait mieux circuler le sang, mais il sentit un mal de tête poindre, et un étourdissement.

« Wow. J'vais rester assis, finalement. »

Il reposa ses presque divines fesses sur la racine et secoua la tête pour éviter que des gouttes d'eau ne dégoulinent de ses cheveux sur son visage. Il avait de mauvais souvenirs avec l'eau. Il n'avait jamais aimé la pluie, les lacs, les rivières. L'eau pouvait être dangereuse, mine de rien. On ne se méfiait jamais assez de l'eau qui dormait. En parlant de dormir, d'ailleurs, Ama commençait à somnoler. Il fermait les yeux, essayant de lutter. Puis, il tomba lourdement sur le sol dans un bruit de succion alors que la boue engluait son corps. L'inconscience l'avait pêché comme un carnassier attire une proie.

Quand il rouvrit les yeux, des points noirs dansèrent devant ses yeux et il grogna, les mâchoires serrées. Il avait mal à la tête, comme si son coeur qui battait la chamade avait changé de place et s'était placé directement entre son front et ses tempes. Comme si un mauvais joueur de pinball était venu perdre du temps dans son crâne et prenait son cerveau pour une bille. Il se redressa tant bien que mal, incapable de se lever, restant à quatre pattes. Il avait la nausée, et faillit vomir sur le sol boueux couvert de feuilles encore vertes. La lumière lui faisait mal aux yeux, et il entendait distinctement les gouttes d'eau s'écraser au sol. Allons bon, la migraine donnait des accès d'hyper-ouïe, maintenant ? Il essaya de se redresser, mais ses yeux se posèrent sur ses mains.

« Je n'avais pas autant de poil, avant, sur les mains ! » s'exclama t-il, ou du moins essaya t-il de s'exclamer, car ce qui était sorti ressemblait plus à : « Raourrff graaaa rrrr ! »

Il haussa les sourcils - mentalement, car il n'eut pas l'impression de mouvement sur son visage qu'il sentait particulièrement rigide. Il était couvert de poils d'un jaune douteux, couvert de boue. Il tourna la tête, et vit au delà de son regard ... Un museau. Il glapit ; ce qui sortait de sa gorge n'était pas une voix mais le grognement d'un animal. Il s'était changé en animal ! Un renard, si il en croyait la forme, la vue et ... l'odeur. Le renard dégage une odeur musquée assez repérable, et cette odeur il la connaissait - n'était-il pas à moitié renard, autrefois ? Bon. Il fallait rester optimiste. Qu'y avait-il d'optimiste à être un renard ? Et bien ... Il pouvait manger des écureuils.

Quoi ? Il ne voulait pas manger des écureuils ! Des lapins alors ? Mais enfin ! C'était comme si deux lui se battaient à l'intérieur de sa tête. C'était comme si il luttait contre l'esprit du renard - et, il détestait l'avouer, en cet instant, l'instinct animal prenait le dessus. Les odeurs humides de la pluie permettaient à sa truffe de repérer celles des animaux et des sentes qu'ils avaient pris. Il lutta encore, mais son corps se mit en mouvement. Il pistait un lapin. L'animal était blessé. Peut-être un vieux, mais il préférait un jeune ; la viande était plus douce. Les os plus fragiles, et ils craquaient sous les crocs. La forêt était son territoire ; sa fourrure imperméable laissait la pluie au dehors et il appréciait la douceur du temps. Ses pattes au bout noir étaient couvertes de boue, mais cela ne le gênait pas : ses petites griffes rappaient le sol sans glisser. Il s'assit, posant sa longue queue qui aurait été un peu plus noble si elle n'avait été aussi sale, puis poussa un glapissement de joie face à la nature elle-même qui se mettait en place devant lui. Puis il se redressa et se mit à galoper. Son corps fin, souple glissait à travers les racines et les arbres, petit éclair noir, jaune, blanc. Ses moustaches et ses vibrisses ressentaient les choses plus qu'il ne les voyait, et tous ses sens étaient présents, plus seulement sa vue mais son ouïe et surtout son odorat. Il sentait les choses, vraiment.

Puis, il trouva le lapin. Pauvre bête effrayée, elle était à moitié prise au piège dans un noeud de racines. La pluie avait dut la surprendre, et elle tremblait de froid. Le renard en lui s'affolait, tandis que l'esprit du garçon se rebellait face à l'acte que s'apprêtait à commettre la bête. Non ! Il ne tuerait pas cette pauvre bête ! Mais le renard avançait, et le lapin plissa ses yeux vers lui, affolé, son petit museau frémissant, incapable de s'enfuir. Il avait une patte cassée ; l'odeur de sang était forte, métallique. Le renard se jeta sur lui, ou du moins le voulut ; Ama refusa et stoppa l'élan. Ce qui donna, en gros, un bond à moitié arrêté et un glissement dans la boue. Non ! Il n'était plus une bête ! Il valait mieux que cela ! Ses parents lui avaient parlé d'être pires que les hommes : des bêtes horribles, descendant des hybrides, qui s'étaient laissés aller aux cruautés humaines. Devenues pires que des bêtes, des monstres. Il ne voulait pas être cela ! Il secoua la tête, essayant de chasser l'esprit du renard de lui-même. Le lapin voulut bouger, puis poussa une exclamation muette. Ama, par empathie, ressentit sa douleur. La douleur crue. Pareille à une lance. Il l'avait ressentie, quand la cruauté injuste, la méchanceté gratuite des hommes l'avait tué. Il ne voulait pas être comme eux. Il n'avait pas besoin de cette viande. Il ne prendrait pas cette vie.

Ce fut comme un déclic. Comme si ce simple choix devait être pris. Il fut aveuglé, un instant, et ferma les yeux, le coeur au bord des lèvres. De nouveau, la nausée le saisit, et il plaqua les mains sur sa bouche pour ne pas vomir. Puis, la réalité se fit : des mains ! Il avait des mains ! Il se redressa, et compta ses membres. Deux bras, deux jambes, il avait bien ses doigts. Il sauta dans la boue, indifférent aux tâches de terre humide qui peuplaient à présent ses vêtements. Puis, mettant un genou à terre, il reccueillit la pauvre bête blessée qui tremblait comme une feuille ; que devait-elle penser ? Son traqueur était là, plus sous la même forme, certes, mais c'était le même. Ama souffla sur ses poils pour le réchauffer, et le plaça sous son tee-shirt, sa petite tête poilue sortant du col. Sa chaleur allait contaminer le lapin. Il le tenait doucement, pour éviter la douleur dans sa patte cassée.

« Ca va aller. Je ne te veux plus de mal. Je pense qu'il fallait que je passe par cette sorte d'initiation. Il fallait que je choisisse ce que je voulais devenir. Tu vois ? Non. Bien sûr, t'es un lapin. Allez, on rentre à l'école ; on pourra sûrement t'y soigner, là-bas. »

Ses paroles douces semblèrent rassurer l'animal, qui cessa de trembler, blottit contre le torse du garçon. Il fit le chemin en sens inverse, quoi que plus lentement, ses pensées encore tournées vers cette espèce d'épreuve qu'il venait de passer.

(c) Suika


Invité
avatar
Invité
Re: [ Quête Solo ] Retour aux souces. - Ven 29 Mar 2013 - 15:44
À l'avenir, je te prierais de bien vouloir faire un message dans le sujet de quêtes comme quoi tu prend la dites quêtes, avant de la faire. Sinon, le rp est tant qu'à lui superbe. J'adore ton style, fais du bien de voir un style rp aussi rafraichissant.

Amarilys : 575 xps


Xps attribués : Oui

[ Quête Solo ] Retour aux souces.
Page 1 sur 1
Sujets similaires
-
» [Solo] Retour aux sources
» Retour aux bercailles [Qui veut]
» L'homme est de retour ...
» Jean-Bertrand Aristide : Un comité pour son anniversaire et son retour
» retour de la droite dure en Suisse

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Deus Academia :: Le Monde des Humains :: Hors de la ville :: Montagnes et forêts :: Forêt-
Sauter vers:

Attention :
Ce RP contient des passages violents ou/et particulièrement gores. Il est déconseillé à la lecture aux moins de 18 ans.
Continuer à lireQuitter cette page