Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Renaissance [PV Rain]

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Renaissance [PV Rain] - Jeu 21 Mar 2013 - 21:25


再生へと歩き出した 
君だった
無口な魂
Tu as pris le chemin de la renaissance,
C’était toi,
Cette âme silencieuse.

Voilà qui était bien étrange. Il semblait qu’elle était morte, pour sûr. Elle se souvenait clairement de la douleur à la nuque qui avait paralysé son corps. Elle se souvenait avoir perdu la vue, les yeux encore ouverts, et avoir eu la sensation de tomber dans les ténèbres. Et puis plus rien.
Et voilà que sa vue revenait. N’était-elle donc pas morte ? Si, sûrement. Parce que la scène qui se déroulait sous ses yeux était autrement différente à celle à laquelle elle aurait dû assister si elle s’était réveillée à Tôkyô. Normalement, elle aurait dû être dans une ambulance, ou dans un hôpital, ou même encore dans la rue sombre près de la tour 109 de Shibuya. Mais ce n’était pas le cas. Non. Le spectacle auquel elle assistait, elle n’aurait sûrement jamais pu l’imaginer. Peut-être rêvait-elle alors ? Elle se pinça. Non, apparemment non. Elle porta sa main à la nuque mais en dehors la très légère texture granuleuse qui correspondait à son tatouage en forme de papillon, elle ne sentit rien d’étrange. Elle regarda ses mains, normales. Ceci ne lui plaisait pas du tout. Mais avant qu’elle ne puisse se poser d’autres questions, elle vit la silhouette d’une jeune femme approcher.  Par réflexe, elle recula d’un pas mais la jeune femme marchait toujours dans sa direction. Quand elle fut assez près pour pouvoir la distinguer, la silhouette se transforma en une très belle jeune femme aux cheveux rouges. Celle-ci s’inclina et lui tendit un papier. Saya fronça les sourcils mais s’inclina à son tour et prit cette feuille qu’elle lui tendait. « Bienvenue dans la Deus Academia, viens, suis-moi. ». Et voilà que de grandes portes s’ouvraient à présent. La lumière l’aveugla, elle ne put s’empêcher de papillonner des yeux.
Puis la jeune femme disparut dans un tourbillon de pétale avec un « Bonne chance ! » qui lui sembla parfaitement ironique, mais soit. Elle regarda autour d’elle. N’ayant pas bougé de son poste, elle se trouvait encore à l’intérieur du temple et dut avouer que les architectes avaient été particulièrement doués. Cet endroit était d’une beauté sans limite. Mais elle n’avait pas le temps de jouer à la touriste. Elle n’avait pas encore compris ce qui lui arrivait. Elle réalisa alors qu’il serait peut-être utile de regarder la feuille qu’elle avait entre les mains. Décidément, son cerveau marchait au ralenti. En même temps, qui eût pu le lui reprocher…

Park Saya. C’était son nom.
Professeur de Combat Rapproché/Armes Blanches. Ah bon ? Tiens donc…
25 années. Ca aussi, c’était compréhensible.
Humain. En effet, qu’aurait-elle pu être d’autre ?
Domaine divin : Les arts martiaux. Oh, ça c’était réel. Mais comment ça divin ?
Pouvoir commun 1 : Contrôle des limites. C’est cool mais c’est quoi ?

… Elle lut le reste et termina en étant plus embrouillée encore que quelques secondes auparavant. Elle ferma les yeux un moment et les rouvrit. Bon. Que devait-elle en déduire ? Elle était morte. Elle était vivante. Elle était dans une Académie de Dieux. Elle avait un domaine divin, et le reste… Elle était professeur d’arts-martiaux, enfin non : de combat rapproché et d’armes blanches. Elle devait donc enseigner. A qui ? Des futurs dieux sûrement, si l’on se référait au nom de l’Académie.
Elle tenta pendant environ cinq bonnes minutes de digérer ce flot d’informations. En vain. Il était évidemment impossible qu’elle comprenne une situation aussi  incroyable. Elle avait toujours été athée, n’avait jamais réfléchis à ce qui pourrait l’attendre après la mort et voilà qu’elle se retrouvait prof dans une Académie de dieux. De quoi vous rendre folle. Mais rester plantée là ne résoudrait pas l’énigme. Elle sortit donc du lieu sacré.
La première chose qui l’interpella fut le bruit. Des bruits d’école, semblait-il. Puis les bâtiments. Ce qui était certain, c’est que Dieu - ou elle ne savait quoi d’autre - ne s’était pas du tout inspiré de l’architecture japonaise. Mais c’était beau, elle dut l’avouer. Cependant, elle était sur ses gardes. Tout était encore trop inconnu pour qu’elle se détende. Elle était sur une bien belle place, qu’elle traversa, sans faire attention aux personnes qui pouvaient parcourir les lieux. Elle était bien trop concentrée à essayer de comprendre ce qui lui arrivait. Elle n’osait pas encore demander. Elle devait d’abord se convaincre elle-même de la situation.
Elle était morte. Ceci la faisait rager. Elle n’aurait jamais dû perdre contre de tels idiots. Comment avait-elle… Comment avait-elle pu en arriver là ? Elle ? Elle, 4ème dan de ceinture noire de judo… Elle s’était fait submerger par des racailles de la pure espèce. Elle avait tellement honte, tellement honte. Mais si une nouvelle chance venait de lui être accordée, comme semblait l’insinuer la situation, alors elle se rachèterait. Elle deviendrait plus puissante, imbattable même. Ce serait sa seule motivation. Détenir tous les secrets des arts martiaux et ne jamais plus avoir à subir une telle honte.
Puis elle pensa à sa mère. Sa pauvre mère, retrouvée seule. La rejoindrait-elle ici ? Non. Elle continuerait de vivre, n’est-ce pas ? …
Elle était au bout de la place mais elle se retourna légèrement et regarda autour d’elle. D’abord, cette énorme horloge qui n’indiquait pas l’heure. Etonnant. Et de toute beauté, certes. Mais qu’importait. Ensuite les autres bâtiments. Toiture bleu, un peu partout. Sauf en direction de l’endroit d’où elle venait. Le temple, semblait-il, avait une toiture violette. Et quelques rares personnes passaient devant elle, des fois la remarquant et la dévisageant, des fois l’ignorant.
Ainsi, dut-elle se l’avouer. Elle était bien de nouveau vivante. Et son corps lui paraissait légèrement plus solide. Etait-ce dû au fait qu’elle était une déesse à présent ? Quelle étrange idée, tout de même.  Mais elle ne pouvait pas rester à rêvasser plus longtemps. Elle devait en apprendre plus, savoir ce qu’elle devait faire à présent, avancer. Bien qu’elle n’acceptait et ne comprenait pas encore la situation. Qui plus est, l’atmosphère ne lui plaisait pas. Sans qu’elle ne sache réellement pourquoi.
Toujours était-il qu’elle était là, plantée sur une place, devant une horloge étrange, en lieu dont elle ignorait tout. La ciel était gris. Pleuvait-il dans ce monde ? En effet, la pluie menaçait de tomber à tout moment. Elle soupira. Elle n’était pas vêtue pour. Un slim noir, moulant, époussetant joliment ses formes, un top couleur indigo, assorti à ses cheveux, court, laissant apparaître son ventre plat, les manches longues et larges au niveau des poignets. Quelques bracelets tintaient au rythme de ses mouvement. Elle possédait un petit sac à dos qu’elle portait sur une épaule. Elle n’avait pas grand chose dedans, une veste, un cahier, un porte-monnaie et son wakizashi, bien protégé dans du papier bulle. C’avait été sa dernière trouvaille et elle avait voulu le montrer à ses amis du club le soir de sa mort. Il était court – 30cm – et son fourreau était d’un blanc pur. La poignée était de la même couleur, sertie de fines rainures argentées. Sur le fourreau avait été gravée, de la même couleur argent, une panthère en plein élan. Il lui avait coûté une petite fortune mais elle avait eu un tel coup de cœur qu’elle n’avait pas regretté de l’avoir acheté. Aujourd’hui, servirait-il ? Elle eût la mauvaise impression qu’il servirait sûrement plus qu’elle ne l’imaginait...
Elle alla s’asseoir sur un des bancs de pierre qui avaient été installés autour de la place. Elle fixa l’horloge un moment puis sortit son wakizashi, délicatement. Elle le dégaina et regarda la lame polie et tranchante. Elle posa son doigt sur le bout pointu du mini-katana et regarda le sang perler. Une goutte cramoisie glissa le long de son doigt. Ainsi, elle pouvait saigner. Cela signifiait-il qu’elle pouvait également mourir une deuxième fois ? Et si c’était le cas, que se passerait-il ? A moins qu’elle soit dans une sorte de paradis rempli de petits anges qui vivaient d’amour et d’eau fraîche ? Non, cela, certainement pas. Pour deux raisons évidentes : 1 - il n’y aurait pas professeur de combat ; 2- elle n’aurait pas d’émotions si humaines.
Qu’allait-elle faire maintenant ? Peut-être était-il temps qu’elle se décide à demander des renseignements quelque part. Elle se sentait si idiote... Comme le premier jour d’entrée au primaire ou au collège. Quand vous vous sentez mal à l’aise parce que vous ne connaissez rien ni personne de l’endroit où vous êtes. Quand vous vous demandez si vous allez vous faire des amis ou rester seule, isolée.
Elle commença à jouer avec son wakizashi, changeant de mains, le faisant tourner entre ses doigts, sans pour autant se tailler la peau. La trace de sang sur son doigt n’avait pas disparu, sa blessure ne s’était pas refermée. Elle était bien, encore mortelle.

Il est temps de bouger, Saya, pensa-t-elle, sans pour autant se lever.

Elle tourna la tête. Quelqu’un approchait. L’aiderait-il ou l’ignorerait-il ? Elle continuait à jouer avec son wakizashi, fixant d’un air qu’elle voulut parfaitement neutre la silhouette qui s’approchait. Elle ne pouvait laisser paraître sa nervosité. Elle était dans un monde inconnu et elle ne pouvait en aucun cas savoir si les gens qui l’entouraient étaient des amis ou des ennemis. Quant à cette silhouette, féminine, devina-t-elle, était-elle une amie ? Ou un adversaire potentiel ? Elle ne pouvait en tout cas pas l’éviter. Il fallait qu’elle se fasse à l’idée qu’elle avait besoin d’aide... Elle se leva. Elle ne pouvait rester assise, c’était impoli. Et elle détestait l’impolitesse – bien qu’il semblât qu’elle-même l’oubliait parfois.
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Re: Renaissance [PV Rain] - Ven 22 Mar 2013 - 11:30
C'était un peu du freestyle sa vie. Un jour, elle était flemmarde, passait son temps libre à faire la sieste sur les toits et un autre, sans raison spéciale, elle était curieuse comme dix, prête à découvrir les moindres recoins de l'académie. C'était un jour comme ceux-là, pleines de découvertes sympathiques et compagnie. Une nouveauté à laquelle Rain avait pu goûter : l'alcool. Bon, elle n'était pas encore suffisamment connaisseuse pour dire lequel elle préférait, ce qu'elle savait par contre c'était qu'elle ne détestait pas.

Car il y avait beaucoup de choses qu'elle détestait, comme les sucreries ou la viande rouge. Les unes comme l'autre étaient d'une lourdeur… Et puis elle ne pouvait s'empêcher de penser aux morceaux de ses victimes passées lorsqu'elle voyait de la viande, c'était plus fort qu'elle. Alors les ingérer… non merci. Oui, c'est gore. Par contre, elle n'avait rien contre la viande blanche et le poisson. Il fallait dire aussi qu'elle avait un peu passé son ancienne vie à en manger et à en chasser par elle-même lors de ses missions. Et puis c'était tellement meilleur que la viande rouge… qui était franchement dégueulasse.

La bibliothèque était sans doute l'endroit le plus intéressant selon elle. Bon, la jeune femme n'aimait pas spécialement lire, mais c'était un peu parce que, jusque là, elle n'avait jamais eu à dévorer des bouquins. Ce qu'elle avait à savoir, elle le savait depuis sa naissance, gravé dans son cerveau. Ces connaissances acquises au préalable étaient naturelles pour elle et jamais Rain n'avait tenté d'en conquérir d'autres. Elle n'avait jamais eu de raison pour le faire, ce qu'elle savait lui suffisait pour mener ses missions à bien, point à la ligne. C'était ainsi qu'elle avait passé ses vingts premières années, sans soif de savoir, sans conscience. Un objet, une arme vivante, rien de plus, rien de moins.

Maintenant, elle avait un peu évolué. Et si c'était difficile pour elle de vouloir autre chose que ce qui lui avait été dicté lors de sa programmation, il y avait cette chose que l'on appelait volonté, qu'elle avait découvert en même temps que ses émotions et sa conscience. Mais elle n'en était qu'au début, de son humanisation, et il fallait dire qu'elle galérait un peu. Des jours, elle se contentait de suivre sa routine de machine à tuer, à somnoler lors de ses temps libres, puisqu'elle n'avait rien de mieux à faire, et d'autres, elle se sentait comme une enfant curieuse de découvrir un monde tout nouveau, tout neuf.

Et oui, enfant était le bon mot, parce qu'elle était fascinée par absolument tout, et en particuliers… les jouets. Bon, ça par contre, c'était secret d'état. Personne, non, personne, ne devait la voir en train de tripoter un ours en peluche ou de démonter un fusil en plastique couleurs flashy. Ça casserait à peine son image de prof insensible et dure à cuire. Juste, à peine… Enfin, ce genre de situation lui était déjà arrivé, elle avait failli être grillée, mais heureusement, Monsieur Buisson se trouvait au bon endroit, au bon moment, et avait eu la gentillesse d'accueillir l'objet compromettant pour une courte durée, juste le temps que la troupe d'élèves passent leur chemin. Qu'est-ce que c'était dur, de vivre dans un endroit aussi peuplé. C'était difficile d'avoir un peu d'intimité, il fallait vraiment chercher un bon lieu désert.

Par contre, la place de l'horloge n'était pas vraiment ce que l'on pouvait classer de désert. Elle l'était lors des heures de cours, et encore. Rain pour sa part s'y était rendue pour s'y poser et y lire les livres qu'elle avait emprunté. Car oui, bien qu'enseignante, elle restait apprentie et avait encore beaucoup de chemin à faire avant de devenir déesse. Pas que cela soit son but ultime, mais la jeune femme espérait devenir suffisamment forte pour protéger son humain préféré de tout ce qui pourrait le menacer.

Sa progression fut ralentie lorsqu'elle aperçut de loin une lame briller. Son regard fut automatiquement captivé. Elle l'avait reconnue évidemment. C'était un wakizashi, petit frère du katana. Peut-être qu'il allait être copain avec ses tanto jumeaux ? Hum. Du calme, l'arme avait une propriétaire, hein. Bon, elle ne l'avait pas remarquée jusque là, l'arme blanche ayant volé la vedette de son attention, mais quand-même. A son approche, l'inconnue s'était levée, ce qui figea Rain, qui se demandait ce qu'elle foutait, prête à parer ou à esquiver une éventuelle attaque. En fait, rien de tout cela ne se produisit. Mais alors, pourquoi ?

L'enseignante fit donc un effort suprême pour détacher son regard de la lame et détailler l'inconnue à la place. Elle était brune également, peut-être un peu plus âgée, mais la peau mate. Ces constats purement scientifiques faits, Rain continua son chemin. OK, son wakizashi était canon, mais c'était tout ce qui la rendait intéressante… Non, non, non, non. Il fallait qu'elle fasse un effort… Juste un petit. Elle ne l'avait jamais vue auparavant, peut-être qu'elle était nouvelle, qu'elle était perdue, voire amnésique comme le professeur qu'elle avait accueilli il y a quelques jours ?

Avec un soupir intérieur, Rain se tourna donc vers l'inconnue, les mains dans les poches de sa longue veste noire, sac à bandoulière sur une épaule et katana sur l'autre. D'un air particulièrement neutre, elle prononça :

- Une jolie lame que vous tenez là.

Waouh, elle avait pris l'initiative de prendre la parole en première, et en prime par un compliment ! Joli. Maintenant, la suite.

- Il ne me semble pas vous avoir déjà vue en ces lieux, fit-elle alors simplement remarquer, attendant que son interlocutrice lui dise quoi par elle-même, du genre "non mais en fait, c'est juste que j'ai décidé de faire ma sortie annuelle", ou alors "oui, je viens d'arriver".



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Re: Renaissance [PV Rain] - Ven 22 Mar 2013 - 19:08

Saya avait progressivement essayé de détailler la personne qui s’approchait d’elle. Elle était grande, une bonne dizaine de centimètres de plus qu’elle-même. Il n’était, en même temps, pas bien difficile d’être plus grande que Saya. Elle remarqua ensuite la longue cicatrice qui barrait la joue droite de la jeune fille. Que devait-elle en déduire ? Que ce monde était dangereux ? Ou qu’elle avait eu cette blessure dans sa vie précédente ? Dans tous les cas, cela ne lui plaisait pas. Quel genre de personnes réunissait cette Académie ? D’un autre côté, peut-être devrait-elle ne pas trop essayer de jouer aux devinettes. Elle ne savait rien de cette fille. Mais c’était plus fort qu’elle, elle avait toujours eu tendance à détailler les gens et à se baser sur sa première impression.
Que pouvait-on remarquer d’autre ? Ses vêtements étaient sombres, ses cheveux étaient sombres, ses yeux étaient gris. Elle inspirait froideur de tout son être mais ce n’est pas ce qui dérangea Saya. Ce qui la fit serrer légèrement les poings, ce fut le regard de cette femme, posé sur sa lame. Elle n’aimait pas cela non plus. Ca signifiait qu’elle avait un intérêt pour son wakizashi et donc qu’elle connaissait les armes. Déduction logique quand on percevait le katana qui sautillait sur son épaule. Honnêtement, le corps entier de Saya était crispé sous la méfiance. Mais elle remarqua que cela n’était pas vraiment dû au personnage qui se trouvait devant elle. C’était tout le contexte qui entourait son arrivée ici, dans ce monde inconnu, qui la mettait si mal à l’aise. Après ce premier accès de méfiance apparut donc au fond d’elle, un certain intéressement. Car cela signifiait qu’elle avait un point commun avec cette jeune femme : elles aimaient les lames.
Elle essaya de ne rien laisser paraître de son anxiété mais elle se demanda si elle y arrivait. Quand la jeune femme arriva devant elle, les mains dans les poches et qu’elle parla d’un air particulièrement neutre, Saya soupira intérieurement. Ca avait l’air d’un cas difficile, celle-là. Même si, évidemment, elle n’était pas la mieux placée pour dire ça. Elle-même avait tendance à être froide et désintéressée. Mais elle aimait tout de même les gens dynamiques…

« Une jolie lame que vous tenez là. »

Eh bien, au moins, elle s’y connait, le masque de glace.

Elle allait répondre quand la deuxième partie du discours arriva.

« Il ne me semble pas vous avoir déjà vue en ces lieux. »

Saya eût un de ses sourires en biais qui n’exprimait pas de la joie mais qui empêchait son visage de rester sans expression. Elle prit le fourreau de son wakizashi sur le banc et rengaina la lame. Le bruit du frottement de la lame sur son fourreau fut une douce mélodie à ses oreilles. Elle le plaça à la ceinture et entreprit de répondre d'un langage qu'elle voulut poli. C'était en effet bien plus sûr à l'égard des personnes que l'on ne connaissait pas et à qui on allait demander un service.

« Pour répondre à votre première remarque, en effet, c’est une jolie lame, fit-elle en regardant amoureusement son bébé qui trottait à sa ceinture. Une magnifique pièce de collection. Quant à votre deuxième remarque, ajouta-elle en détournant le regard sur sa gauche. Je ne suis en effet jamais venue ici… »

Elle fronça les sourcils, toujours perturbée par la situation.

« La question peut vous sembler stupide mais pourriez-vous me dire où j’ai atterri ? Il me semblait être morte, il y a quelques instants. Et me voilà arrivée ici, où l’on me dit que je suis dans une Académie de dieux et professeur, par-dessus le marché… »

Elle n’aimait pas laisser paraître de façon si directe son incompréhension mais elle avait besoin de réponse. Une telle situation ne pouvait pas entraîner un simple désintéressement. Elle brûlait de curiosité. Cependant, elle sentait que la vérité serait plus étrange encore que ce qu’elle imaginait…. Non, quand bien même elle soit comme elle l’imaginait, ce serait toujours trop insolite pour que son esprit le comprenne immédiatement. La jeune femme allait sûrement lui répondre (ou peut-être pas d’ailleurs) mais quel qu’intention qu’elle eût, Saya reprit la parole, l’obligeant de nouveau à l’écouter.

« Attendez. Je sens que la réponse va me sembler totalement irréelle et que des milliers d’autres questions vont me venir par la suite. Je vous propose de vous asseoir, pour commencer, dit-elle en s’asseyant elle-même et désignant la place vide à son côté. Et peut-être pourrions-nous, par la suite, parler lames et sabres. Il me semble que vous avez un certain intérêt pour le sujet, vous aussi. », Ajouta-t-elle en désignant le katana sur son épaule

La dernière remarque avait pour but de détendre la jeune femme. En effet, elle ne semblait pas du genre à discutailler amicalement de la situation et de perdre son temps à décrire l’Académie à une petite nouvelle inconnue. Mais peut-être que le sujet des lames l’encouragerait à rester ?
Si, dans un contexte normal, Saya n’aimait pas blablater, étant donnée sa situation présente, elle devait se résoudre à agir ainsi. Qui plus est, parler lames et sabres ne lui déplaisaient pas, bien au contraire. Si, même, elle pouvait tester son interlocutrice par le biais d’un petit combat, ce serait autrement plus intéressant.

Mais ce n’est pas la priorité, ça, lui souffla sa conscience.

Son esprit était complètement embrouillé. Elle essayait de comprendre la situation mais aussi la femme devant elle puis elle essayait également de mettre en ordre les questions qui lui trottaient dans la tête. En effet, son cerveau était en ébullition par tous ces questionnements qui lui donnaient un mauvais mal de tête, d’ailleurs.
Elle était assise, les mains croisées sur ses jambes, légèrement courbée. Une légère brise de vent fit voleter les cheveux des deux jeunes femmes. Saya fixait son interlocutrice, espérant qu’elle accepte de continuer la conversation. Peut-être n’aurait-elle pas dû lui proposer de s’asseoir ? Peut-être préférait-elle rester debout ?… A cette réflexion inutile, Saya se rendit de nouveau compte qu’elle était en effet complètement embrouillée. Et si elle ne voulait pas lui répondre alors ? Elle pourrait toujours trouver quelqu’un d’autre, en ce cas. Mais cela l’embêterait. Elle préférait parler avec quelqu’un d’un tant soit peu intéressant et les personnes qui portaient un katana dans le dos étaient souvent des personnes que Saya considérait comme intéressantes.
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Re: Renaissance [PV Rain] - Ven 22 Mar 2013 - 20:39
L'inconnue ne répondit pas de suite, se contentant d'arborer un sourire plus formel qu'autre chose, puis rengaina son arme. Elle semblait complètement sous le charme de celle-ci, ce qui n'était guère étonnant. Si elle lui avait dit le contraire, cela aurait été bizarre. En tout cas, le regard qu'elle lança au wakizashi comme s'il s'agissait de la chose la plus chère à ses yeux fit apparaître un bref sourire sur les lèvres de Rain. Son interlocutrice détacha ensuite son attention de son trésor pour répondre à sa deuxième remarque et lui confirmer qu'elle était nouvelle en ces lieux. Elle semblait perturbée, ce qui était normal. Rain s'était retrouvée dans le même état, enfin, peut-être même pire vu qu'elle avait en prime eu droit à une amnésie temporaire. Bien que pas très douée en empathie, elle pouvait actuellement comprendre le trouble de la jeune femme qui se tenait devant elle.

« La question peut vous sembler stupide mais pourriez-vous me dire où j’ai atterri ? Il me semblait être morte, il y a quelques instants. Et me voilà arrivée ici, où l’on me dit que je suis dans une Académie de dieux et professeur, par-dessus le marché… »

Stupide, non, elle ne l'était pas. Elle était très censée puisque en soi, même si l'accueil n'était pas absent lors de leur arrivée ici, il était difficile d'assimiler tout de suite les informations données. Rain pour sa part les avait carrément zappées en masse, son cerveau avait dû oblitérer ce qui ne lui plaisait pas. Ce devait être ce qu'on appelait la sélection naturelle. Bon après, elle avait viré son nom dans le paquet, et ça, cela avait été un détail assez ennuyant. Enfin, l'essentiel, c'était qu'elle avait récupéré ses souvenirs par après.

La jeune femme n'eut néanmoins pas le temps de répondre à son vis-à-vis. Cette dernière l'interrompit et avoua redouter ce qu'elle allait lui dire. Des milliers d'autres questions ? Oulà, pas sûr que Rain tienne le coup. Elle pouvait se montrer patiente, même si elle ne l'était pas de base, mais il y avait un moment où cela pouvait déborder. Et ça, ce n'était pas une chose prévisible chez elle… Le temps de patience était complètement aléatoire.

L'inconnue l'invita ensuite à prendre place sur le banc tout en proposant de parler d'armes blanches. Rain avisa la demande quelques secondes puis se décida à se poser sur le siège de pierre. Elle ramena à elle ses jambes, se plaçant en tailleur, puis leva le visage vers le ciel et ferma les yeux. Qu'est-ce que c'était bon l'air frais quand-même. Elle ne comprenait décidément pas les gens qui restaient enfermés chez eux des journées entières à lire leurs livres. Pourquoi ne pas le faire à l'extérieur ? Cela économiserait de l'électricité, et c'était tellement plus sympathique.

Après quelques secondes, Rain rouvrit les yeux pour les braquer sur sa voisine. Elle semblait crispée par l'angoisse et complètement perdue. Que faire dans cette situation ? La rassurer qu'elle n'était pas seule ? Moui, non, elle n'avait pas envie de faire la baby-sitter quand-même. Peut-être que parler de leur visible passion commune la détendrait ? Si elle n'était pas prête d'accepter la réalité maintenant, c'était peut-être la meilleure chose à faire. Intérieurement, Rain soupira. Oh et puis zut, elle n'était pas psy quand-même !

- Rain Sinclaire.

Petit silence chatouillé par le vent, durant lequel son regard ne décollait pas de celui de la jeune femme.

- Et vous ?

Joli effort. Oh oh oh, ce jour était un grand jour. Il faudrait qu'elle le note sur son calendrier.

Enfin, malgré tout, la méfiance était encore bien présente chez Rain. L'inconnue possédait une lame et dégageait une aura de combattante. Non pas que l'enseignante fusse capable de ressentir ce genre de chose avec un quelconque pouvoir, mais lorsqu'on était dans le métier, c'était presque une habitude de cerner le personnage dès le début. Il y avait aussi l'intuition, cette intuition d'arme vivante qui lui disait que son vis-à-vis n'était pas une débutante. Elle esquissa donc à son tour un sourire en biais si bref qu'il fallait être observateur pour remarquer son existence éphémère.

- Je ne suis pas venue ici avec ma panoplie complète. A vrai dire, même si j'apprécie les lames, je ne suis pas une grande collectionneuse. Ce n'est pas l'esthétique qui me préoccupait par le passé, mais l'efficacité de la lame. D'autre part, ma fortune ne me permettait pas ce genre d'achat.

Et puis, fortune était un bien grand mot. Elle n'en possédait aucune, si ce n'était ses nombreuses armes et munitions. L'argent, elle ne connaissait pas. Les récompenses de ses missions étaient entièrement déversées à ceux qui l'avaient créée. De toute manière, tout n'était que néant pour elle. Rien n'avait d'existence, ni les biens intellectuels, ni les biens matériels, alors pourquoi chercher à les posséder ?

- C'est bien plus sobre au niveau de l'ornement mais il a le mérite d'être rapide, lâcha la jeune femme en extirpant l'un de ses tanto de sous sa veste.

La lame se trouvait dans un fourreau de bois noir poli, protégé par des bagues argentées. La poignée était on ne pouvait plus banale, similaire à celle d'un katana. La garde néanmoins était presque inexistante puisque c'était un peu le caractéristique d'un tanto, en dehors d'être plus court que le wakizashi. Il servait davantage de couteau, de poignard, que de sabre comme son proche cousin.

Rain dégaina ensuite l'arme, révélant ainsi sa lame en argent. Elle semblait douce sous cet éclat diaphane, mais la réalité était toute autre. C'était ça qu'elle aimait chez les armes blanches. Leur grâce, leur douceur apparente… et leur redoutable efficacité. Rapides et silencieuses. Parfaites pour… Hum, la voilà qui réfléchissait à nouveau comme une machine à tuer. Elle avait changé de registre en atterrissant à l'académie, enfin, elle essayait. Ce n'était pas facile de changer ce qu'on était, mais elle pouvait y arriver. Elle devait le faire. Pour ne plus être prisonnière de son passé.

Tout en replaçant la lame dans son fourreau, la jeune femme reprit pour formuler une question qui lui trottait dans la tête depuis un bon bout de temps déjà, voire même le début de leur rencontre.

- Vous me semblez davantage adepte d'arts martiaux que collectionneuse de lames. Je me trompe ?



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Re: Renaissance [PV Rain] - Dim 24 Mar 2013 - 18:02

Saya observa la jeune femme du coin de l’œil. Sa façon de s’asseoir, à son aise, peut-être même plutôt enfantine, la fit sourire intérieurement. Etait-elle une élève de l’école ? Ou un professeur ? Elle avait l’air un peu âgé - à peine quelques années de moins que Saya - pour être une élève mais, après tout, elle ne savait rien du fonctionnement de l’Académie. Peut-être n’y avait-il aucune limite d’âge ? Peut-être n’était-ce pas comme cela qu’on sélectionnait qui était professeur et qui était élève. Le fait-même d’ailleurs qu’un professeur puisse être plus perdu et perturbé que les élèves la tracassait. Si elle était bel et bien une enseignante, alors pourquoi devait-elle se sentir si angoissée ? Pourquoi se sentait-elle inférieure à tous les gens qui lui passaient devant sur cette place ? Un nouveau-né. Elle revivait approximativement les expériences de tout nouveau-né qui doit comprendre son environnement et prendre conscience de qui il est. Elle n’était qu’une enfant, aujourd’hui. Du moins, c’était ce qu’elle ressentait.
Elle soutint le regard que la jeune femme posa sur sa personne après quelques secondes de silence. Qu’allait-elle dire ? Le fait qu’elle se soit assise signifiait déjà qu’elle était d’accord pour converser. Mais que dirait-elle ? Lui décrirait-elle le fonctionnement de l’Académie ? L’aiderait-elle ? Elle ne savait trop comment se fier à cette personne…
Rain Sinclaire. Saya haussa légèrement les sourcils. En effet, elle venait de comprendre que les présentations n’avaient pas encore été faites. Elle qui se disait détestant l'impolitesse, il sembla qu’elle venait d’oublier une règle fondamentale : les présentations.

« Saya Park, enchantée.. », répondit-elle en inclinant légèrement la tête avant de détourner la tête pour regarder les alentours.

Elle ne connaissait pas vraiment Rain mais il lui sembla tout de même que parler lui coûtait. Etait-ce un personnage à ce point associable ? Elle n’était vraiment pas tombée sur la bonne personne pour lui apporter des renseignements. Il semblait que cela allait être difficile. Mais après tout, une fille avec une cicatrice lui barrant le visage et armée jusqu’aux dents était rarement une fille joyeuse, pimpante et aimant faire la discussion.

« Je ne suis pas venue ici avec ma panoplie complète. A vrai dire, même si j'apprécie les lames, je ne suis pas une grande collectionneuse. Ce n'est pas l'esthétique qui me préoccupait par le passé, mais l'efficacité de la lame. D'autre part, ma fortune ne me permettait pas ce genre d'achat. »

Ainsi donc, elles devaient commencer par parler armes… Soit. Cela ne dérangeait pas Saya outre mesure mais elle avait quand même espéré qu’elle la guiderait un tant soit peu sur ce qu’elle devait faire avant. Mais soit, cette Rain ne semblait pas être de ceux qui vous aident et vous soutiennent moralement. Saya elle-même comprenait complètement ce sentiment. Elle n’aimait pas non plus avoir à jouer les compatissantes. Bien, c’était donc d’armes qu’il lui fallait parler à présent.
Qu’avait-elle dit ? Pas sa panoplie complète… Mais alors qu’était sa panoplie complète ? … L’efficacité de la lame. Cela sonnait comme une parole de tueuse. Saya fronça les sourcils. Quel pouvait donc bien être le passé de Rain pour qu’elle ne s’intéresse qu’à l’efficacité de la lame ? A l’époque où elle vivait, Saya n’avait jamais eu à penser ainsi. Certes cela était important mais elle ne se servait que rarement de ses sabres tranchants. Uniquement pour les exercices, parfois pour quelques combats mais jamais pour tuer ou blesser – bien qu’elle adorât le doux son des sabres qui s’entrecroisaient. Mais si cette jeune femme parlait d’efficacité, c’est qu’elle l’utilisait bien plus qu’elle et qu’elle était une spécialiste. Elle ne savait comment le prendre. C’était une dangereuse réalité, malgré tout. Cependant Saya se détendit aussitôt pour ne rien laisser paraître de sa réflexion.

« Je comprends… », dit-elle simplement.

Elle ne pouvait s’aventurer à poser trop de questions sur le passé de Rain. D’un, cela ne l’intéressait pas outre mesure, elle était simplement méfiante vis-à-vis de la dangerosité probable de son interlocutrice. De deux, elle douta que Rain n’eût envie de lui répondre
Elle regarda ensuite le tantô que cette dernière sortit avec un nouvel haussement de sourcils. Peut-être qu’en effet, l’ornement n’était pas recherché mais il était certain que la puissance de la lame, elle, se faisait bien ressentir. En effet, lorsque Rain dégaina son tantô, Saya ne put s’empêcher de le fixer sérieusement et de l’analyser. Une belle lame également. A n’en point douter. Elle aimait la façon dont se réfléchissait discrètement la lumière sur la lame argentée.

« Les ornements ne sont pas tout. Cette lame dégage une certaine puissance. Je suis sûre qu’elle est très efficace. »

Intérieurement, Saya se posait la question : combien de fois cette arme a-t-elle tranché la chair ? Peut-être jamais, peut-être se faisait-elle des idées, mais elle en douta. Elle aurait bien aimé demandé à Rain de tenir quelques secondes ce magnifique tantô mais cette dernière coupa son élan. Cela était d’ailleurs mieux ainsi. Saya ne pensait pas que la jeune femme froide ne laissa quiconque toucher ses bébés si facilement. Si elle était une véritable amoureuse des lames comme Saya le devinait, alors elle ne l’autoriserait jamais.

De plus, la question qu’elle lui posa la prit au dépourvu et lui fit oublier son intention première de la laisser user de son tantô. Comment diable avait-elle pu deviner qu’elle était une adepte des arts martiaux ? … Il ne lui semblait pas avoir agi de façon si visible pour qu’elle puisse deviner son milieu de prédilection…

« Je ne sais comment vous l’avez deviné, mais en effet. Les arts martiaux sont ma plus grande passion depuis que je suis enfant. Les arts-martiaux nous apprennent plus que le combat. Plus que la défense ou l’attaque. Ils nous apprennent à affuter nos sens, à atteindre une paix intérieure qui nous permet ensuite d’avoir une réflexion plus poussée sur bien d’autres sujets. Même si je suis encore loin d’avoir atteint un tel niveau…», dit-elle en regardant au loin.

Autant être honnête. Il ne servait à rien de mentir. Si Rain avait réussi à deviner qu’elle était une spécialiste des arts-martiaux sans qu’elle n’ait dit un mot ou n’ait fait un acte le laissant entendre, elle ne pourrait s’y dérober. Et elle n’en avait d’ailleurs pas envie. Elles semblaient toutes les deux être expertes en combat, bien que leurs styles ne devaient pas du tout être les mêmes. Dans tous les cas, cela faisait plaisir à Saya. Elle aurait peut-être quelqu’un avec qui se défouler dans le futur…
Cependant, cette réflexion l’amena à de nouveau se poser la question : quel futur ?

« Et il semblerait que les arts-martiaux soient ce qui m’ait amené à être désignée ici Professeur de combat rapprochée et d’armes blanches… Bien que je ne sache pas vraiment ce qui m’attend avec ce statut… »

Elle fronça les sourcils. Cela la perturbait toujours mais sûrement un peu moins qu’au moment où elle avait lu le papier. Parler lames et arts-martiaux procurait l’effet désiré : elle ne pensait plus que cela était irréel et elle commençait à accepter qu’elle était bien dans un nouveau monde, monde qui ne devait pas être si différent de celui des humains, en un certain sens. Les passions, les relations sociales, tout cela existait ici aussi. Même si elle ne se rendait pas encore compte qu’elle allait devoir former des futurs dieux pour protéger les humains, race qu’elle avait été et qui semblait devenir de plus en plus lointaine à chaque minute qui passait.
Elle se craqua les doigts. C’était une sale manie dont elle n’arrivait pas à se débarrasser dans sa vie précédente et qui sembla l’avoir suivie jusque dans celle-ci. Elle regarda ses mains un instant. Elle ne se sentait plus aussi humaine qu’auparavant. Comme si une partie de son cerveau commençait à se résigner à accepter sa nouvelle nature. Elle tourna de nouveau sa tête pour regarder son interlocutrice.

« Aimez-vous les arts-martiaux, Miss Sinclaire ? Il vous faut normalement posséder une certaine base dans le domaine pour manipuler toute votre panoplie d’armes… »

Elle se demanda si cette jeune femme avait, comme elle, étudié le combat depuis l’enfance. La réponse était évidente. Cela devait en effet être le cas. Elle n’aurait sinon pu posséder autant d’armes ni cette jolie cicatrice. Elle n’aurait pas non plus deviné que Saya était spécialiste des arts-martiaux. Elle ne dégagerait pas non plus cette sorte d’aura étrangement mature et méfiante.
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Re: Renaissance [PV Rain] - Dim 24 Mar 2013 - 21:50
Ainsi donc son interlocutrice se nommait Saya. C'était assez étrange vu que jusqu'à présent ce mot signifiait simplement "fourreau" en japonais pour Rain. En tout cas cette jeune femme semblait prédestinée à utiliser ce genre d'armes, dis donc. Et puis à y réfléchir, c'était même un joli nom qui, du coup, prenait un sens presque symbolique à ses yeux. C'était intéressant, même si jamais, auparavant, Rain ne se serait attardée sur ce genre de détail et encore moins chercher une éventuelle signification au patronyme de son vis-à-vis. En même temps, peu de personnes l'approchaient par le passé. Ceux qui s'y risquaient ignoraient ce qu'elle était, mais se rendaient vite compte que quelque chose clochait avec elle et la fuyaient. Encore moins de personnes persévéraient et ceux-là étaient ignorés dans le meilleur des cas, éliminés dans le pire…

Les deux jeunes femmes parlaient ainsi de lames, mais Rain sentait quelque part qu'on ne suivait pas tout à fait son délire. Elle n'y fit pas vraiment attention, et posa sa question à laquelle Saya fournit une réponse plutôt complète. Celle-ci lui parla donc des arts martiaux, de sa visible passion pour eux mais elle lui offrit également une vision particulière de ces derniers, une vision qu'elle ignorait. Rain l'écouta avec attention, réellement intéressée par ce qu'elle disait. Plus que le combat ? Vraiment ? Pour sa part, on ne lui avait pas enseigné cela de cette manière. Pas du tout même. Elle avait simplement appris à tuer du premier coup, ou du moins, à ne porter que des coups mortels, afin de vaincre le plus rapidement possible. Le combat était pour elle une mise à mort.

L'entraînement qu'elle avait subi avait été terrible et avait eu lieu dans les endroits les plus hostiles de la planète, même si cela lui avait permis d'acquérir la maîtrise d'une quinzaine d'arts martiaux. En fait, elle aurait très bien pu y laisser la vie, cela lui aurait été indifférent. Comment avait-elle pu survivre avec si peu de volonté ? Rain n'en savait rien. En tout cas, une chose était sûre, s'il n'y avait aucun élément pour l'encourager, il n'y en avait également aucun pour l'abattre. Elle s'était sans doute contentée d'obéir aux ordres, comme une gentille machine, jusqu'au bout.

Malheureusement, Saya ne poussa pas plus loin ses explications qui pourtant l'intéressaient grandement. Le regard de la jeune femme se perdit au loin, et durant un instant Rain fit de même. Affuter les sens ? C'était déjà au point dès sa naissance. Mais la paix intérieure ? Une réflexion plus poussée ? Les arts martiaux faisaient réfléchir ? Jusque là, ils n'avaient été qu'une pièce parmi tant d'autres, comme ses nombreuses armes, qui constituaient la machine à tuer qu'elle était. Ils ne l'avaient jamais aidée à réfléchir à quoi que ce soit, tout ce qu'ils lui avaient permis de faire, c'était de mettre en morceaux un corps humain.

Son interlocutrice reprit la parole, attirant à nouveau toute son attention. Néanmoins, si elle avait commencé par citer les arts martiaux, ce ne fut pas pour développer ce qu'elle avait dit tantôt, mais plutôt pour dire qu'ils l'avaient sans doute amenée ici. En tant que professeur de combat rapproché en plus. Et d'armes blanches. Ah ? Mais… Attendez, c'était sa matière ça !

Rain fronça les sourcils à son tour. Si qu'elle s'en fichait pas mal d'avoir des collègues, c'était parce qu'elle pouvait choisir de leur parler ou non. Maintenant, avoir une collègue qui gérait le même cours qu'elle, cela allait être galère. Non pas qu'elle trouvait Saya particulièrement énervante, elle ne l'énervait pas, pas pour le moment, mais travailler en équipe, cela n'avait jamais été son truc. Le pire c'était que c'était exactement ce qu'elle enseignait à ces petits jeunes quelques fois plus âgés qu'elle…

La jeune femme observa sa voisine se craquer les doigts, comme si elle se préparait à un combat. Un instant, elle crut qu'elle allait la défier, mais ce ne fut pas pour cela que Saya reprit parole. Fort heureusement d'ailleurs, parce que c'était une chose que Rain ne pouvait accepter, non par peur, mais simplement parce que ce n'était pas dans ses principes de se battre pour une autre raison que pour tuer. Elle n'en était pas capable. C'était pour cela qu'elle ne faisait jamais de démonstration en classe. Trop dangereux.

Des fois, exceptionnellement, en dehors des cours, il lui arrivait d'en venir aux mains, mais vu l'effort psychologique que cela lui demandait à chaque fois pour retenir ses coups, elle limitait les occasions. D'ailleurs, elle ne comprenait pas comment des gens pouvaient s'affronter juste pour prouver qu'ils étaient les plus forts. C'était complètement stupide. Enfin, après, elle était peut-être aussi légèrement complexée par son passé, mais ça, c'était trop compliqué pour elle pour le moment. Il fallait déjà qu'elle décrypte tout côté sentiments avant de s'attaquer à autre chose.

- Aimez-vous les arts-martiaux, Miss Sinclaire ? Il vous faut normalement posséder une certaine base dans le domaine pour manipuler toute votre panoplie d’armes…

"Aimer" ? L'espace de quelques instants, Rain observa son interlocutrice comme si elle venait de lui sortir un mot totalement inconnu. Quelque part, ce n'était pas totalement faux. "Je ne suis pas née pour aimer, ni pour être aimée, simplement pour tuer, accomplir la volonté de mes Créateurs", c'était ce qu'elle répétait machinalement, autrefois, lorsqu'on le lui demandait. Cette phrase lui revenait d'ailleurs souvent dans la tête, comme un vieux cauchemar, sauf qu'elle ne se contentait pas de revenir la nuit. C'était la joie d'être programmée.

- Je… n'ai pas eu le choix, lâcha-t-elle au bout de quelques secondes d'hésitation.

Elle n'avait réussi à laisser paraître aucune émotion dans sa voix, et pourtant, elle se sentait si triste d'un coup. Ah, elle n'aimait pas cela, la tristesse. Pour elle, c'était synonyme de faiblesse. Et puis, ça ne faisait rien d'autre que rendre faible et mou. Et faire mal. Malheureusement, les sentiments n'étaient pas comme sa panoplie d'armes, ils ne pouvaient être possédés de manière séparée. Ils pouvaient être utilisés mais c'était toujours eux qui commandaient… Du moins, pour le moment.

N'ayant aucune envie de faire étalage de son passé — ce qu'elle n'avait, soit dit en passant, jamais fait jusqu'à présent— et ne sachant pas quoi rajouter d'autres, Rain détourna son regard et le laissa une fois de plus se perdre au loin. La place était toujours aussi déserte, heureusement. Sans quoi, elle aurait bougé ou, au mieux, demandé à Saya afin qu'elles changent de lieu de discussion. Le calme, c'était tout ce qu'elle aimait. Les bruits, elle ne supportait pas. Et pas seulement parce qu'ils l'empêchaient de faire une sieste, non, surtout parce que sa patience était des plus limités, malgré tous ses efforts et toute sa bonne volonté.

- Si vous êtes professeur de combat rapproché, alors nous serons collègues. J'enseigne la même matière.

Quelque part, ce n'était pas aussi mal d'en avoir une. Ses élèves recevraient une toute autre vision du combat, une radicalement moins violente, sans doute. Elle n'en savait rien. Elle ne connaissait pas assez ce point de vue pour se prononcer. A vrai dire, elle avait même du mal à concevoir le fait qu'un art martial pouvait aider à réfléchir. A quoi ? Saya avait parlé "d'autres sujets". D'autres sujets que comment tuer l'autre donc. Rain avait du mal à voir quoi, c'est pourquoi elle se tourna à nouveau vers son interlocutrice.

- Dîtes-m'en plus sur votre vision des arts martiaux. Vous parliez de réflexions, je crois ?

Bien sûr, elle n'allait pas avouer qu'elle avait compris que dalle à son explication. Il y avait des faiblesses qu'elle assumait, d'autres pas. Là, elle enrageait simplement d'être ce qu'elle était. Là, plus fortement qu'auparavant. Elle avait l'impression d'avoir des années d'évolution en retard sur les autres et elle désirait changer tout ça. Pour cela, il fallait qu'elle se renseigne, s'intéresse à autres choses que ce que lui avaient inculqué ceux qui avaient été à l'origine de sa maudite existence. Bien sûr, tout cela était arbitraire. Ses compétences lui permettaient de ne pas craindre grand monde, surtout au niveau du corps-à-corps, mais c'était sur le plan de la compréhension de celles-ci que tout changeait. Elle avait l'impression que quelque chose de capital lui échappait. Et ça, c'était une sensation très désagréable.



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Re: Renaissance [PV Rain] - Mar 26 Mar 2013 - 21:43

Pas eu le choix, avait-elle dit. Qu’est-ce que cela pouvait bien vouloir dire ? Saya n’était pas du genre à s’immiscer dans le passé des autres mais elle ne pouvait s’empêcher de se poser des questions. Entre ses paroles précédentes sur l’efficacité de la lame et celles-ci, Rain semblait avoir un passé des plus étranges. Saya ne demanda toutefois aucune précision. Il était normal que la jeune femme qu’elle venait à peine de rencontrer ne voulût pas lui parler de son passé. Malgré la neutralité de son ton, son hésitation et son regard perdu au loin montrait que son passé la rattrapait et entraînait si ce n’est de la tristesse, au moins une gêne dont elle ne souhaitait pas parler. Saya se devait de respecter son choix.
Puis elle ne souhaitait en aucun cas commencer à devoir réconforter quelqu’un. Elle n’avait pas que ça à faire. Certes cette pensée était égoïste, certes, mais Saya n’avait jamais été très généreuse sur ce point. Elle avait peut-être été là pour les gens qu’elle appréciait mais jamais pour ceux qu’elle ne connaissait ni d’Adam ni d’Eve. Et elle ne voulait pas commencer aujourd’hui. De plus, elle se méfiait encore de son interlocutrice. Si elle avait un passé difficile et qu’elle avait été élevé à s’intéresser uniquement à l’efficacité de la lame et à se battre sans qu’il y est un quelconque sentiment de passion pour cela, cette Rain pouvait être dangereuse. Intéressante si elles combattaient un jour toutes les deux, certes, mais pas moins dangereuse. Alors la forcer à en dire plus sur elle n’était pas forcément la meilleure solution. Peu importe sa passion pour le combat, Saya ne voulait pas se faire un ennemi de suite, si elle pouvait l’éviter.
Elle respecta donc le silence de la jeune fille sans insister et se concentra également sur le calme de la place. Elle jeta de nouveau un coup d’œil aux nuages gris qui annonçait une pluie future, se demandant s’ils étaient la raison pour laquelle les gens ne sortaient pas. Quel dommage en cas. Saya avait toujours aimé la pluie… Même si elle n’aimait pas forcément se retrouver trempée, elle aimait la regarder tomber. Cela la fit penser que la traduction du prénom de Rain était pluie. Un prénom grisâtre peut-être mais que Saya aimait bien tout de même.

Collègues, venait-elle de dire ? Eh bien, si cela n’était pas une coïncidence des plus étranges. Pourtant, cette jeune fille semblait bien jeune pour être professeur. Quand on y réfléchissait, Saya l’était également mais elle ne savait pourquoi, Rain lui semblait plus jeune qu’elle ne l’était peut-être.

« Collègues ? Vraiment ?, s’étonna-t-elle de vive voix. Je compte sur vous pour la suite, en ce cas-là. », ajouta-t-elle poliment.

Elle ne savait quel style de combat Rain pratiquait mais il était clair qu’il devait être radicalement différent du sien. Leur vision du combat et des armes semblaient déjà différentes alors qu’elles ne parlaient que depuis quelques minutes alors la pratique devait receler encore plus de divergences. Mais Saya n’en était que plus intéressée encore. Un nouveau style de combat, une nouvelle façon d’enseigner, peut-être les deux jeunes femmes arriveraient-elles à trouver chez l’autre ce qu’il manquait chez l’une.

- Dîtes-m'en plus sur votre vision des arts martiaux. Vous parliez de réflexions, je crois ?

Saya s’étonna de cette question. Elle haussa les sourcils et laissa échapper même un de ses véritables sourires. C’était habituellement un sourire qu’elle réservait aux élèves de son maître qu’elle assistait. La réflexion de Rain venait de lui faire penser exactement à ces petits mioches dont la tête était encore vide et qui souhaitaient en apprendre plus, sans pour autant montrer qu’ils ne savaient rien. Cependant, la formulation de la question montrait pertinemment leur ignorance. Et c’était ce qu’elle venait de ressentir en entendant l’interrogation de Rain.
Après la légère nostalgie vînt un sentiment d’étonnement un peu plus profond. Comment se faisait-il que la jeune femme ne sache rien sur la profondeur des arts-martiaux si elle les avait pratiqués auparavant ? N’avait-elle jamais appris les principes fondamentaux de Confucius ou l’histoire des arts-martiaux ? N’avait-elle donc appris qu’à… combattre ?
Saya s’adossa au bas de façon à être plus à l’aise. Elle regarda devant elle et entreprit de répondre.

« Je ne suis pas une experte dans le domaine. Je n’ai une vision que théorique des réflexions qui accompagnent les arts-martiaux. Je n’ai pas encore un niveau assez élevé pour atteindre la paix intérieure dont je vous ai parlé. »

Elle fit une petite pause. Elle avait l’impression de parler comme ses anciens maîtres quand ils lui expliquaient l’essence de l’art-martial. Cela était légèrement perturbant, à dire vrai.

« Il faut tout d’abord savoir que chaque art-martial possède une philosophie propre. Les arts-martiaux nous apprennent techniques et discipline mais veulent également nous transmettre des valeurs. On a diverses approches philosophiques, je ne les connais pas toutes. Mais je peux dire par exemple qu’historiquement parlant, les arts-martiaux sont apparus dans les temples, c’étaient donc des moines qui apprenaient à combattre pour se défendre des attaques qui pouvaient les atteindre. Les arts martiaux se sont donc automatiquement empreints d’une tradition bouddhiste, hindouiste et taoïste. »

Elle reprit légèrement son souffle.

« Quand on touche aux arts-martiaux, on touche donc directement à une philosophie religieuse. Je ne crois personnellement en aucune religion, bien que je pense que je devrais étant donné la situation présente, rajouta-t-elle pour elle-même, mais les valeurs qui sont transmises par le biais de la religion m’ont quand même été transmises à moi aussi, en un sens. En prenant par exemple le bouddhisme, il est dit qu’on a trois poisons qui sont l’origine des souffrances : l’avidité, l’intolérance, l’obscurantisme ou, autrement dit, la cupidité, la colère et l’ignorance. On nous dit donc de ne pas être avare, d’être calme et surtout cultivé. Quand on apprend un art-martial, on nous transmet ce genre de valeurs. On ne veut pas seulement créer un soldat qui sait se battre mais un soldat qui sait réfléchir et utiliser ses aptitudes pour être juste. Quand je parlais de paix intérieure, je parlais d’un état proche d’une méditation bouddhiste. On connaît le monde et ce qui nous entoure et cela nous permet de nous battre sans même réfléchir, en n’utilisant que nos réflexes et nos connaissances. »

Elle s’arrêta et regarda le ciel gris avant de soupirer et de se tourner vers son interlocutrice.

« Je suis désolée. Je ne sais pas si j’ai été très claire. Moi-même je ne comprends pas encore la signification précise de tout ça. Je peux juste affirmer clairement que les arts-martiaux transmettent des valeurs. Et, si j’enseigne ici, c’est ce que j’essaierai de transmettre à mon tour à mes élèves. En espérant être également apte à les comprendre moi-même. Je suis loin d'être parfaite à ce niveau-là. »

Elle sourit à Rain. Parler d’un sujet comme celui-ci la détendait au point qu’elle souriait presque sans aucune raison. Elle en oublierait presque la méfiance qu’elle avait à l’égard de la jeune femme. Elle fixa la jeune femme et dit calmement :

« Vous n’avez jamais appris tout cela. »

Ce n’était pas une question mais une affirmation.

« Qu’en pensez-vous ? Et quelle est l’idée que vous vous faites du combat et des arts-martiaux, dans ce cas ? »

Cette question l’intéressait. Car la réponse en dirait long sur la nature profonde du personnage.
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Re: Renaissance [PV Rain] - Mer 27 Mar 2013 - 21:05
Sa question avait provoqué la réaction attendue et redoutée chez son interlocutrice. Saya haussa les sourcils, surprise par cette interrogation qui devait lui paraître dérisoire de la part d'une professeur de combat. Rain prit plutôt mal son sourire, même si la sincérité que ce dernier dégagea la troublait. Son regard en était captivé et elle dut se ressaisir pour éviter de le toucher de sa main. Cela n'aurait pas été un réflexe bien accueillie par son vis-à-vis, ça ne faisait aucun doute… Et pourtant elle ne pouvait s'empêcher d'être fascinée par tant d'expressions qu'un visage humain était capable d'exprimer. Le sien, c'était comme si ses nerfs étaient bloqués, donc c'était un peu à plusieurs années lumières de ce qu'elle voyait.

Détachant son regard qui commençait à se faire insistant, Rain porta sa main à sa cicatrice et la caressa doucement, d'une manière presque machinale. Est-ce qu'un jour, elle arriverait à sourire véritablement, elle aussi ? Et à verser des larmes… Cela ne lui était jamais arrivé, du moins pas dans ses souvenirs. Et il fallait dire qu'en tant qu'arme sans conscience, elle n'avait jamais eu l'occasion de ressentir quoi que ce soit avant sa rencontre avec sa moitié, exceptée une fois. La fois où cette cicatrice était née sur son visage…
***
J'étais accroupie aux côtés du corps de ma victime, un homme d'une trentaine d'années. Il n'a même pas eu le temps de voir ma lame venir. A présent son dernier souffle avait été rendu, à travers sa gorge fendue. Mais ce n'était pas sur lui que mon regard et mon attention se portaient. C'était sur cette petite fille qui se tenait debout à côté de lui. Elle me fixait sans bouger. Moi non plus je ne bougeais pas. J'observais son visage avec un intérêt que je n'avais jamais connu auparavant. Son petit menton tremblait. Ses lèvres tressautaient au rythme de ses sanglots muets. Ses délicats sourcils semblaient avoir du mal à trouver une position statique. Et son regard. Il brillait d'une telle force…

Je continuais à la scruter et elle aussi. Nous aurions pu continuer ainsi indéfiniment si une goutte de s'était pas échappée de l'un de ses yeux. Intriguée, je penchai légèrement la tête sur le côté. Je tendis l'une de mes mains vers cet étrange liquide qui coulait sur le visage de la petite fille. Je m'arrêtai en plein élan. Je vis cette main, habituée à briser, à trancher, approcher sa joue avec lenteur. Mes doigts tremblaient, j'avais l'impression que j'allais la griffer d'un instant à l'autre. Mais il ne se passa rien de ce genre et je réussis à entrer en contact avec cette peau qui se révéla étrangement douce… et trempée. Je cueillis cette goutte du bout de mon index, ne la quittant pas des yeux. A ce moment, la petite fille eut une réaction inattendue. Elle planta ses dents dans ma main et détala en vitesse.

Je l'observais courir sans réagir. La douleur était minime, elle n'attira même pas mon attention. Quelque chose d'autre me troublait. Je baissai les yeux vers cette trace rouge formée par sa petite dentition. Elle aussi semblait dégager une force inconnue. Je ne savais pas ce que c'était, mais cela me bouleversait. Je me sentis soudain prise d'un malaise. Je me recroquevillai sur moi-même. Je ne savais pas ce que j'avais, mais je me sentais perdue. Peut-être l'avais-je toujours été, mais là c'était la révolution. J'étais en proie à des remous intérieurs et j'y faisais face seule. Personne n'était là pour m'expliquer ce qui se passait.

Je me pris le visage entre les mains. Tant de choses se bousculaient en moi. Machinalement, je traçais le parcours de cette goutte sur ma joue, avec l'espoir de l'y sentir. Mais il n'y avait rien. Ça se contentait de bouillir à l'intérieur. Et personne pour me délivrer de cette souffrance interne.

Personne… rien.

J'enfonçais donc plus profondément, allant jusqu'à ouvrir une plaie sanguinolente le long de ma joue.


- Lar… mes...
***
Sortant brusquement de ses songes, la jeune femme dirigea à nouveau son regard vers son interlocutrice, qui lui répondait. Cela aurait été légèrement impolie de rester dans la Lune alors qu'elle prenait le temps de le faire. Rain l'écouta attentivement et n'en perdit pas un mot. On aurait dit une élève consciencieuse… mais elle préféra ne pas y penser, pour sa fierté personnelle.

Apparemment, il fallait un niveau élevé pour atteindre la dénommée "paix intérieure". Mais qu'était-ce, cette paix intérieure ? L'absence de sentiments ? Non, cela devait être l'harmonie entre les sentiments. Ah, ça, ça l'intéressait par contre. Enfin, pour qu'ils s'harmonisent il fallait déjà qu'elle les connaisse tous ces sentiments. Et c'était loin d'être le cas, elle en découvrait encore jour après jour. Question qui lui passait souvent par la tête : ils étaient combien ? Non parce que si ils étaient infiniment nombreux, elle ne voyait pas vraiment comment elle pourrait trouver une harmonie dans ce bordel.

Puis elle lui parla de philosophie. Ce terme lui semblait aussi inconnu que le mot "aimer", m'enfin soit. Rain voyait à peu près, c'était l'important. Par contre, lorsque la suite vint, la jeune femme eut du mal à accrocher. Valeurs ? Moines ? D'accord, elle voyait encore à peu près le sens de ces mots, le temps qu'elle farfouille dans son encyclopédie encéphalique puisqu'ils étaient de ces connaissances qu'elle n'avait jamais eu à avoir besoin et qui se retrouvaient tout au fond du cerveau. Par contre... Boude quoi ? Inde comment ? Philosophie religieuse ? Religion ?

Au fur et à mesure que son professeur du moment parlait, de plus en plus de points d'interrogation venaient danser la capucine autour de la tête de Rain. Puis c'était quoi cette histoire de poisons ? Les arts martiaux étaient liés aux poisons ? Et alors qu'elle s'attendait à ce que Saya cite des noms de substances toxiques, elle lui énuméra une ribambelle de termes dont certains appartenaient plus à des sentiments, des péchés ou autres concepts, qu'à ces dernières. L'impression d'être incapable de faire le lien entre ces informations, lien qui devait sans doute être évident pour quelqu'un pratiquant les arts martiaux, était très accablant. Rain fronça quelque peu les sourcils, tentant de ne pas s'énerver là tout de suite et tâchant de suivre le reste.

Ne pas être avare, OK. Ça, elle ne l'était pas. Elle ne possédait pas la moindre richesse en dehors de ses armes alors c'était réglé. Calme, elle l'était la plupart du temps, mais ses sautes d'humeur ne se faisaient pas rares non plus. Quant à ce qui était du combat, oui, elle était calme, tout le temps. C'était donc correct. Par contre euh, pour le point "être cultivé", vu comment elle avait tout compris de l'explication de Saya, ou plutôt rien compris, c'était sûrement à travailler...

La suite du discours amena Rain à penser qu'elle n'avait pas appris grand-chose finalement. Elle n'était plus ce "soldat" qui savait simplement se battre, elle avait appris à réfléchir et à juger les choses par elle-même et elle en était fière. Cela voulait au moins dire qu'elle était en pleine évolution. La méditation bouddhiste ? Prrr. Non, elle ne savait déjà pas ce que c'était, alors elle devait sûrement avoir compris la paix intérieure de travers. Se battre sans même réfléchir, elle savait en revanche, et au détriment de sa propre volonté, d'ailleurs. Elle pouvait mettre un adversaire à terre tout en dormant, telle une machine équipée d'une veilleuse, et si cela pouvait sembler pratique vu de l'extérieur, ce n'était pas tellement le cas à présent qu'elle ne voulait plus être une arme. Cela l'amenait à considérer en permanence ce genre de soucis pour éviter de blesser des gens, ça tapait donc plus sur le système qu'autre chose.

En conclusion, les explications de Saya lui avaient surtout appris d'où pouvaient venir ces connaissances et réflexes qu'elle avait acquises au préalable, n'étant qu'un être programmé à sa naissance. Rain restait néanmoins persuadée qu'elle avait loupé quelque chose de cette manière. Elle se disait que le processus d'apprentissage devait être vraiment intéressant et amènerait quelques éléments en plus. Mais bon, elle ne saurait sans doute jamais si c'était le cas ou non.

- Je suis désolée. Je ne sais pas si j’ai été très claire. Moi-même je ne comprends pas encore la signification précise de tout ça. Je peux juste affirmer clairement que les arts-martiaux transmettent des valeurs. Et, si j’enseigne ici, c’est ce que j’essaierai de transmettre à mon tour à mes élèves. En espérant être également apte à les comprendre moi-même. Je suis loin d'être parfaite à ce niveau-là.

Rain se contenta d'acquiescer. C'était en enseignant qu'on apprenait, parfois, et dans son cas c'était exactement cela. Bon, elle n'apprenait pas à se battre évidemment, mais elle avait pu comprendre bien des choses en donnant ses cours. En revanche, malgré ses efforts, la jeune femme ne réussit pas à rendre son sourire à son vis-à-vis. Tentative de communication : fail. Elle l'enviait un peu, beaucoup même, mais tenta de ne pas trop s'attarder sur ce détail. Elle détourna donc à nouveau les yeux, cependant que Saya reprenait la parole pour prononcer une phrase qui ressemblait plus à une affirmation qu'à une question.

Non... elle n'avait jamais rien appris de tout cela.

- Qu’en pensez-vous ? Et quelle est l’idée que vous vous faites du combat et des arts-martiaux, dans ce cas ?

- Un instrument, répondit Rain de but en blanc.

La réponse lui était venue naturellement, comme une évidence.

- Non, une pièce d'un instrument. Cet instrument est notre corps. Les arts martiaux sont pour moi une pièce essentielle afin de lui permettre de se défendre des attaques physiques. Et parfois cette pièce fait de l'instrument ce qu'il est.

C'était son cas, mais elle ne le dit pas directement. En même temps, elle n'était pas là pour se plaindre. Que dire maintenant ? Allez, un effort. Un petit encouragement pour la route, hein ?

- Je suis certaine que vous amènerez beaucoup de choses à nos élèves. En enseignant, vous apprendrez également. Nous sommes ici pour évoluer, nous aussi.

Elle tenta un sourire qui se résulta en un semi-succès. Décidément, elle était en forme aujourd'hui. Le ciel commençait à s'assombrir par contre, il n'allait sans doute pas tarder à pleuvoir. Pour sa part, cela ne la dérangeait pas, elle aimait bien rester sous la pluie, puis ses livres étaient protégés par son sac donc. En ce qui concernait sa voisine en revanche, rien n'était sûr. Elle était sans doute, comme la plupart des humains normaux, peu friand de se laisser tremper jusqu'aux os, mais bon, elle était suffisamment grande pour bouger toute seule si elle veut hein, ce n'était pas à Rain de lui dire quoi faire.

Etant en panne d'inspiration pour trouver un nouveau sujet de discussion, mais également peu motivée à lui dire "au revoir bonne journée", la jeune femme demeura silencieuse, attendant que son interlocutrice se lance d'elle-même. N'empêche que c'était la première fois qu'elle ne lâchait pas une personne en plein milieu de la discussion et bâcle l'entrevue. Etait-ce bon signe ?



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Re: Renaissance [PV Rain] - Jeu 28 Mar 2013 - 22:49

La réponse au tac au tac de Rain avait surpris Saya. Un instrument ? Pourquoi donc ? Comment pouvait-on penser les arts-martiaux comme un instrument ? Elle ne pouvait y croire. Qu’avait donc appris cette petite – grande mais petite moralement parlant pour Saya - pour en arriver à penser ainsi ? Avait-elle seulement appris quelque chose ? Saya avait remarqué que ses explications rendaient son interlocutrice perplexe. Elle ne pouvait lui en vouloir, elle était partie dans des réflexions philosophiques que peu de gens pouvait comprendre à moins d’avoir appris l’histoire de l’Asie en profondeur… Elle avait constaté que Rain n’avait jamais rien appris de tout cela. Mais elle n’aurait jamais pensé qu’elle pouvait décrire les arts-martiaux comme un instrument… C’était tellement plus… Tellement plus.
Une pièce d’un instrument n’était pas mieux. Considérer son corps comme un instrument, c’était encore pire. Pour se défendre des attaques physiques ? Seulement ? Saya ne pouvait comprendre cette réflexion… Elle était trop… simple. Trop rationnelle, scientifique. L’être humain n’était pas un objet, comment pouvait-elle penser à son enveloppe charnelle comme un instrument ? Et puis un instrument contre quoi ? Qu’avait-donc été la vie de cette fille pour qu’elle en arrive là ?
Sous le coup de l’incompréhension, Saya ne put rien répliquer. Mais elle n’allait pas la lâcher là. Elle ne savait pas vraiment pourquoi mais elle avait envie de changer quelque peu la façon de voir de son interlocutrice. En tant qu’adepte des arts-martiaux, en tant qu’élève de son maître, elle ne pouvait laisser cette pensée guider la vision de quelqu’un. Peut-être n’arriverait-elle pas à la changer, mais elle ferait tout pour. Rain lui rappelait son moi au collège. Quand elle qui avait oublié la signification des arts-martiaux, les préceptes de l’hapkido, elle qui maltraitait les gens qui étaient plus faible qu’elle simplement pour montrer sa supériorité. Peut-être Rain n’était-elle pas comme ça, mais sa vision des arts-martiaux était la même que celle de l’enfant que Saya avait été.

- Je suis certaine que vous amènerez beaucoup de choses à nos élèves. En enseignant, vous apprendrez également. Nous sommes ici pour évoluer, nous aussi.

Cette remarque rassura Saya, en un sens. Elle accepta le compliment sans trop réagir. Elle ne savait pas vraiment si elle pourrait apporter quoi que ce soit à ses élèves. Des élèves. L’idée même d’avoir des gens à qui elle allait pouvoir transmettre son savoir, savoir qui avait été transmis par son maître qui l’avait reçu d’un maître avant lui… Se dire qu’elle pourrait perpétuer ces valeurs l’émut. Elle n’en montra rien, mais au fond d’elle, elle était heureuse. Elle allait être professeur, pour de vrai.
Cependant ce ne fut pas ceci qui rassura Saya. Ce fut la remarque suivante. Rain pensait qu’elle était là pour évoluer. Elle savait donc qu’elle ne connaissait pas tout de ce monde. Peut-être allait-elle évoluer en commençant à comprendre le sens du combat ? Saya, bizarrement, voyait en Rain une élève. Certes elle était professeur et peut-être, sûrement, bien plus forte qu’elle mais son champ de vision réduit lui semblait celui d’une enfant.

« J’espère en effet pouvoir évoluer. Mais pour cela faudrait-il encore que je comprenne le fonctionnement de cette Académie… »

Voilà que ressortaient ses questionnements premiers. Mais ce n’était plus devenu une priorité. Elle verrait ça plus tard. Elle avait d’autres choses en tête maintenant. Elle voulait tout de même faire une remarque sur les précédentes paroles de Rain.

« Vous parlez du corps comme un instrument. Je ne connais rien de votre passé mais je ne peux pas accepter cette remarque sans rien dire. Le corps n’est pas un instrument. Le corps représente la vie… Vous ne pouvez pas considérer la vie comme un instrument, comme quelque chose d’anodin. Si c’est le cas, même tuer vous semblerait anodin, ajouta-t-elle sans penser un instant que le passé de Rain était si noir. Et lorsque vous prenez la vie, c’est terminé. Il n’y a pas de retour en arrière possible. Même si cela semble étrange à dire vu le contexte actuel. »

Elle fit une petite pause avant de reprendre
.
« Pensez à votre corps comme quelque chose de précieux. Essayez de trouver dans les arts-martiaux une possibilité de voir plus loin que des techniques. Posez-vous la question : pour quoi est-ce que je combats ? Cela peut être une passion certes, mais il y a plus. Une manière de trouver la paix du corps et de l’esprit, par exemple. »

Elle s’arrêta un instant. Elle semblait lui donner de leçon. Sûrement que la jeune femme n’apprécierait pas mais elle ne pouvait pas s’en empêcher. L’idée qu’on puisse voir les arts-martiaux comme une pièce d’un instrument la rebutait.
Elle sentit une goutte de pluie tomber sur sa main. Tant que ce n’était pas une averse, cela ne la dérangerait pas. Elle avait tout de même légèrement froid. Son ventre à l’air ressentait les moindres petits souffles du vent. Même si elle n’était pas gênée par ça outre mesure, elle préfèrerait tout de même changer de tenue.
Elle se tourna ensuite de nouveau vers son interlocutrice.

« Pour tout vous dire, votre vision du combat semble étriquée au maximum. Vous devez chercher plus loin. On dirait une enfant qui ne sait rien de la vie. »

Ah. Son côté franc était ressorti – encore qu’elle avait failli dire « gamine » et non « enfant ». Elle allait la blesser, la vexer, la mettre en colère, pour sûr. Ce n’était sûrement pas les bons mots à dire devant une fille renfermée et froide, qui possédait un katana sur son épaule et un tanto dans sa poche. Elle avait été prudente pourtant, au début. Elle voulait des renseignements de la part de la jeune fille et n’avait aucune intention de la blesser. Devait-elle se rattraper ? Elle n’avait pas vraiment envie de se fritter avec Rain. Elle l’aimait bien, étrangement.

« Excusez-moi. J’ai tendance à dire un peu trop franchement ce que je pense, dit-elle rapidement pour se rattraper, ou pas. Mais je peux comprendre que vous n’ayez pas la même vision des choses que moi. Simplement, je trouve ça dommage. »

Elle aurait peut-être dû chercher à comprendre mieux le passé de la jeune femme avant de parler. Mais qu’y pouvait-elle si elle n’avait pas apprécié les mots son interlocutrice ? Elle n’allait pas acquiescer gentiment en lui disant « Je comprends » ou pis, en compatissant « Quel dur passé avez-vous dû avoir pour penser ainsi ». Ce n’était pas son genre. Elle ne voulait pas être compatissante, elle voulait faire remarquer à la femme qui se trouvait devant elle qu’elle n’avait pas la bonne façon de voir les choses. Et pour cela, parler crûment aidait parfois. Mais avait-elle bien fait ?...
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Re: Renaissance [PV Rain] - Ven 29 Mar 2013 - 12:36
Rain avait senti la perplexité chez son interlocutrice lorsqu'elle lui parla de sa vision des arts martiaux. Cela pouvait être compréhensible, elle n'avait pas cherché à édulcorer sa version. Si cela avait été avant sa mort, ses paroles auraient sans doute été plus crues encore. Mais elle avait changé. Un peu, mais quand-même, elle avait changé.

Aucune réplique ne vint néanmoins, sans doute l'effet du choc, Rain n'en savait rien, elle n'était pas psy. Elle se contenta de prononcer un encouragement, qui n'entraîna pas plus de réaction chez Saya. Etait-elle trop plongée dans ses réflexions ? Bien que Rain fusse de nature impatiente, elle n'en dit rien. Ce n'était pas quelques pauvres secondes qui allaient la faire sortir de ses gonds, non plus. Et puis, elle les passait sans problème à tenter de décrypter les pensées de son vis-à-vis. Certes, elle était dépourvue d'empathie, mais en ce qui concernait cerner les gens, elle se trouvait assez douée à ce niveau là. Et pour cause, sa capacité d'analyse propre à une machine de guerre.

La nouvelle enseignante finit par reprendre la parole et d'enfin émettre une réaction. Elle s'inquiétait encore pour son intégration dans l'Académie. Les questions devaient être nombreuses dans sa tête. Pour sa part, Rain était partie à la rencontre de l'inconnu seule et avait fait sa place en ces lieux par ses propres moyens, mais après tout, le cas de Saya devait être relativement différent. Elle ne devait pas avoir l'habitude de se trouver complètement seule. Néanmoins, c'était pareil que pour Shin, tant qu'elle réclamerait pas de l'aide directement et formule des questions explicites, Rain ne lui tendrait pas de main. Elle n'était pas là pour ça, pour être la sauveuse des âmes perdues, mais si on lui demandait de l'aide, si on exprimait un désir minimum de sortir de son pétrin, elle ne refuserait jamais de la donner.

Les questions qui devaient se bousculer dans la tête de Saya passèrent par contre rapidement en second plan. Sa réaction vis-à-vis de sa réponse à propos des arts martiaux déboula, avec quelques bonnes minutes de retard mais les problèmes de trafic étaient courants. Rain l'écouta, le regard braqué dans le sien. Elle encaissa les mots sans rien dire, la laissant exprimer son avis jusqu'au bout. Alors non, effectivement, Saya ne connaissait rien de son passé, mais visiblement, elle ne pouvait s'empêcher de vouloir lui imposer sa manière de penser. Bien sûr, elle devait savoir que c'était impossible, mais cela ne l'empêchait pas de le vouloir, et de le tenter. Et cela ne plaisait pas à Rain.

Le corps était pour elle un instrument, et alors ? Le corps représentait une vie, logique, mais cela ne l'avait pas empêchée d'en détruire des centaines, des milliers, et alors ? Merci, elle savait qu'en prenant une vie, il n'y aurait pas de retour en arrière possible. Qu'est-ce qu'elle voulait qu'elle lui dise ? Joli discours ? Vous avez parfaitement raison, mais si vous pouviez éviter de vous la ramener en me parlant légèrement comme à un élève ?

"Si c’est le cas, même tuer vous semblerait anodin". Confirmation, son interlocutrice ne connaissait rien de rien de son passé. Mais alors pourquoi s'avancer sur un terrain dangereux ? Franche. Mais différemment.

Un muscle de sa mâchoire tressauta tandis que la patience de Rain commençait à s'épuiser. Ses lèvres avaient de plus en plus de mal à demeurer scellées. Et Saya qui reprenait, à fond dans son trip, à croire qu'elle avait décidé de la prendre pour cobaye dans le but d'être crédible à son premier cours. Elle aimait décidément penser que l'autre était ignorant et qu'elle lui apprenait des choses, mais ce n'était pas le cas. Cela l'était lorsqu'elle se contentait de lui exposer l'étendue de la philosophie art martiale, mais là, elle ne faisait que dire tout haut ce qu'elle pensait déjà. Et cela exaspérait Rain.

Si la métaphore de son état du moment, à savoir un volcan prêt à l'éruption, avait été réelle, alors nul doute qu'elle aurait transformé ces gouttes qui commençaient à tomber sur elles en vapeur. Elle avait beau tenter de se raisonner, de faire pencher la balance en se disant que Saya n'avait pas tort, contenir sa colère devenait de plus en plus difficile. A croire que son visage n'exprimait pas suffisamment son état d'âme pour que son interlocutrice se taise. Elle devait également bien aimer pousser le bouchon jusqu'au bout. Lorsqu'elle la traita d'enfant "qui ne sait rien de la vie", Rain bondit tout simplement de son siège pour se retrouver debout, sur le banc. Mais elle n'y resta pas longtemps, elle atterrit bien rapidement sur le sol, n'ayant aucune envie de servir de parapluie à Saya.

Et voilà qu'elle s'excusait. Pensait-elle ainsi éviter les conséquences de son écartement ? Pensait-elle que Rain laisserait cet affront passer ? Non, elle n'était pas du genre à se laisser marcher sur les pieds, il y avait des choses pour lesquelles elle voulait bien faire des efforts, d'autres pas. Et là, clairement, Saya avait dépassé les limites. Néanmoins, qu'elle ne compte pas sur elle pour en venir aux mains. Non, Rain n'était pas comme cela. Elle allait lui prouver qu'elle avait tort, que si elle voyait les arts martiaux comme un instrument, ce n'était pas pour autant qu'elle en était fière, ou qu'elle l'employait à tout bout de champ.

- Mais je peux comprendre que vous n’ayez pas la même vision des choses que moi. Simplement, je trouve ça dommage.

- Ce qui est dommage, c'est que vous restiez fermée sur la manière de penser que l'on vous a enseignée. Alors certes, je ne suis peut-être qu'un enfant ignorant à vos yeux, mais moi au moins, mon esprit est suffisamment ouvert et curieux pour me permettre d'avancer.

Son ton était à présent proche du zéro absolu, de quoi calmer les ardeurs même si son interlocutrice semblait s'être calmée d'elle-même. De son point de vue, elle était aussi une enfant à sa manière. En fait, elles étaient deux gosses en train de se disputer. L'une restait accrochée à ce que lui ont enseigné les adultes et ne pouvait accepter ce que le monde extérieur pensait s'il était contraire à tout ce que l'on lui avait dit jusque là. L'autre au contraire rejetait ce qu'on lui avait inculqué, ou du moins essayait. L'une tentait d'imposer un savoir dont elle était sans doute fière, et l'autre… l'autre n'en avait simplement rien à foutre, de sa leçon de morale.

- Et effectivement, vous ne connaissez rien de mon passé. Même si vous en saviez quelque chose, vous n'êtes personne pour me dire quoi ou comment penser. Cela en est de même pour vos futurs élèves, Saya Park. Vous êtes là pour les instruire et leur transmettre quelque chose, pas pour leur imposer quoi que ce soit.

Les gouttes de pluie semblaient se multiplier, mais la jeune femme ne leur prêta aucune attention. Son regard était droit, planté dans celui de la future enseignante qui se trouvait en face d'elle. La tolérance et l'ouverture d'esprit faisaient-ils partie des valeurs qu'enseignaient les arts martiaux ? Rain n'en savait rien, mais lorsque l'on partait du néant, on avait tendance à s'ouvrir à tout. Il y avait ce vide que l'on désirait en permanence remplir, mais ce vide était d'une taille infinie. On n'avait jamais fini d'apprendre. Jamais. Et la seule chose que l'on pouvait changer en ce monde, c'était soi-même. Si Saya commençait à vouloir changer les autres, elle courait à l'échec. C'était du moins ce que Rain en pensait.



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Re: Renaissance [PV Rain] - Mar 2 Avr 2013 - 17:54

Si Saya eu un petit geste de recul quand Rain se redressa d’un bond sur le banc avant de retomber au sol, elle ne fut pas surprise par le ton des paroles qui suivirent. Elle devait en effet s’y attendre. Même si elle ne connaissait pas bien le personnage, elle en avait assez cerné pour savoir que la froideur était une chose commune chez elle. Elle aurait d’avantage était surprise qu’aucune réplique ne survienne à la suite de ses propos. Toujours était-il que ce qu’elle disait avait un sens, également. Peut-être en effet était-elle trop accrochée à des valeurs qu’elle avait apprises ? Comment pouvait-il en être autrement, de toute façon ? Sa vie s’était résumée aux arts martiaux et à l’apprentissage de cette mentalité. Elle avait été virée de son dojo d’hapkido quand elle les avait oubliés. Alors oui, elle était également accrochée à cette manière de penser. Mais il n’y avait rien de plus juste au fond d’elle que celle-ci. Rien. Elle guidait ses décisions et ses actes.
Elle fixa, les yeux pétillants, la jeune femme plantée devant elle. Saya aimait toujours qu’on réplique à ses mots. Elle aimait qu’on lui réponde, tant est-il que c’était justifié et argumenté. Elle appréciait de voir des gens francs et directs. Le monde était tellement corrompu par les mensonges et les demi-vérités… Voir qu’il existait des personnes qui savaient ce qu’elles pensaient et ce qu’elles disaient était agréable. Malgré le fait qu’elle ne soit pas d’accord avec celles-ci, « celle-ci » en l’occurrence.

« Et effectivement, vous ne connaissez rien de mon passé. Même si vous en saviez quelque chose, vous n'êtes personne pour me dire quoi ou comment penser. Cela en est de même pour vos futurs élèves, Saya Park. Vous êtes là pour les instruire et leur transmettre quelque chose, pas pour leur imposer quoi que ce soit. »

Ouille. On touchait là un point sensible. Saya avait l’impression que son interlocutrice, qui ne connaissait rien à la véritable nature des arts-martiaux, lui donnait une leçon cuisante. En effet, elle n’était pas là pour leur imposer quoi que ce soit. Mais ce n’était pas ce à quoi pensait véritablement Saya. Elle ne souhaitait pas imposer mais faire comprendre. Faire comprendre que cette vision aussi simpliste du combat ne pouvait diriger seule la mentalité de quelqu’un. Mais après-tout, peut-être que Rain n’avait pas tort. Elle était trop accrochée à ses préceptes. Les gens pouvaient peut-être vivre en pensant ainsi. Non. Non, cela ne se pouvait. Quelqu’un ayant passé les stades de l’apprentissage du combat ne pouvait penser ainsi. Pouvait-elle ne jamais avoir eu cette expérience ? Non, cela aussi était impossible. Si elle était humaine.
Cependant, il semblait tout de même que Saya était intolérante sur ce sujet-là. C’était un bon sujet de réflexion sur elle-même qu’elle devrait sûrement approfondir un jour. On apprenait toujours sur soi lors de nouvelles rencontres. Elle venait en faisait l’expérience. Et peut-être fallait-il qu’elle réfléchisse sur sa façon de voir les choses. Elle ne pourrait cependant pas remettre en cause sa vision du combat. Jamais.
Elle avait écouté d’un air intéressé tout ce que lui avait dit son interlocutrice et la fixait à présent, sans bouger, silencieuse. Elle se serait attendue à ce que la jeune femme détourne le dos et la laisse planter là après avoir répliqué d’un tel affront. Elle l’aurait bien compris et n’aurait certainement pas tentée de la rattraper. Mais elle était toujours présente devant elle, debout, le regard froid, crispée et énervée, semblait-il.

« Hum, fit Saya au bout de quelques secondes. Vous n’avez peut-être pas tort. Peut-être que moi aussi, j’ai ma vision des choses et que je suis accrochée à celle-ci. Peut-être que j’essaie de l’imposer. Mais il y a une limite très faible entre imposer et transmettre une vision des choses. Je verrai ce qu’il en est en rencontrant mes élèves. Mais je suis trop empreinte de mon idée du combat pour ne pas réagir quand quelque chose va à ce point à son encontre. »

Elle regarda les gouttes de pluies tomber sur ses mains puis sur le visage de Rain avant de reprendre.

« Et je doute que je puisse changer cela. Vous êtes, à ce niveau, bien plus ouverte que moi, semble-t-il, ajouta-t-elle calmement. J’espère que cela vous permettra de voir plus loin et de changer cette stupide idée qui est que le corps est un instrument. »

Peut-être parlait-elle encore trop directement. Mais elle n’allait pas lui dire qu’elle comprenait et qu’il était normal qu’elle pense ainsi. Outre le fait qu’elle pratiquait les arts-martiaux, un être humain normal ne pouvait pas penser de son corps comme d’un instrument. Qui, dans ce monde, pouvait bien penser ainsi ? Un être humain ne pensait jamais à lui comme d’un objet… Cette fille avait dû en baver dans sa vie. Un jour, Saya apprendrait peut-être à quel point. Pour l’instant, il valait mieux qu’elle abandonne l’idée. Elle avait mis Rain trop sur tension pour que celle-ci se décide de lui parler d’elle. Et puis, Saya avait-elle réellement envie de savoir ? En effet, c’était paradoxal mais bien qu’elle eût envie de comprendre comment la femme qui se trouvait devant elle en était arrivée à une telle réflexion, elle ne souhaitait pas entrer dans son passé. Plus elle parlait avec elle, plus ce dernier lui semblait trop obscur. Et ce n’était pas pour la rassurer sur son arrivée ici.
Elle se leva à son tour, replaçant tendrement son wakizashi à sa ceinture pour qu’il ne soit pas trop de travers (chacun ses petits tics, hein) et sortit sa veste de son sac pour se la passer sur les épaules. La pluie tombait maintenant régulièrement et les cheveux de Saya dégoulinaient sur son front. Ils étaient d’un violet des plus sombres.
Elle se craqua une nouvelle fois les doigts et s’étira.

« Je suis désolée si je vous ai blessée, détendez-vous maintenant. Ce n’est pas très réjouissant de parler à un mur de glace. »

Elle eût un léger sourire en coin. Elle s’attendait à ce que son interlocutrice décampe à tout moment. Et elle ne le voulait surtout pas. Maintenant qu’elles avaient bien discuté de leurs visions opposées concernant le combat, Saya ressentait le besoin de savoir où est-ce qu’elle avait atterri. Peut-être que le débat aurait pu continuer indéfiniment si elle s’était mise à défendre ses positions plus directement mais la situation exigeait qu’elle ne se lance pas dans un débat indéfinie. Et si elle pouvait éviter de se faire une ennemie dès le départ, ce ne serait pas trop mal non plus.
Elle continua donc rapidement :

« Et si cela ne vous embête pas, je pense que je me sens prête à entendre la réponse maintenant. Pouvez-vous me dire comment il se fait que je sois morte… et vivante… Et ce que rassemble réellement cette Académie ? »

Elle jeta un regard sur les bâtiments des alentours. Est-ce que Rain accepterait de répondre ? Saya ne passait elle-même habituellement pas facilement d'un sujet à l'autre (à moins qu'elle soit bourrée). Surtout quand le sujet premier concernait le combat et les arts-martiaux. Mais cela n'empêchait pas que la situation était telle qu'elle était et qu'en voyant quel genre de personne était Rain, elle en venait de nouveau à vouloir savoir ce que constituait réellement cette Académie et qui (ou quoi) elle réunissait.

« A moins que vous ne vouliez pas me répondre… », ajouta-t-elle d’un ton neutre.

Neutre, peut-être mais intérieurement, elle pensait que cela l’embêterait grandement.
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Re: Renaissance [PV Rain] - Mar 2 Avr 2013 - 20:48
Rain aurait pu tourner les talons suite une fois ce qu'elle avait à dire dit. En fait, cela aurait été la réaction la plus logique à ses yeux, mais elle ne le fit pas. Son regard soutenait celui de son interlocutrice tandis qu'elle réfléchissait au pourquoi du comment elle se comportait de la sorte avec cette femme. Oui, cela lui arrivait souvent de se questionner sur ses propres réactions. Maintenant qu'elle s'était enfin réveillée, il y avait un paquet de choses à découvrir dans le monde, mais avant tout sur elle-même. La discussion pour elle n'était pas terminée, ça, elle le savait. Les fois où elle remettait les personnes à leur place, elles se trouvaient déjà dans le négatif côté estime, ce qui l'amenait à mettre fin à la discussion direct. Là ce n'était pas le cas. Même si les dernières affirmations de Saya l'avaient fait perdre quelques points, sa situation n'était pas pour autant stagnante. En fait c'était presque une bonne nouvelle, puisque cela signifiait qu'elle n'était pas totalement inintéressante à ses yeux.

Les deux jeunes femmes se toisèrent un instant en silence. La pluie semblait être la seule à tenter quelque chose à ce niveau-là, jusqu'à ce que Saya se décide à reprendre la parole. Sans doute s'était-elle attendue à ce qu'elle parte, sans doute était-elle occupée à digérer ses paroles, à moins que ce ne fusse les deux. Rain pour sa part avait retrouvé son regard neutre, sans se préoccuper des gouttes qui dégoulinaient de ses cheveux. Elle avait l'habitude de sentir ce contact sur sa peau et l'appréciait, même si cela lui rappelait régulièrement les larmes qu'elle était incapable de verser. A croire qu'elle avait été privée de cette capacité depuis sa naissance, tout comme celle de rire, apparemment. Après, ce n'était que des suppositions, elle n'avait jamais eu le dossier du projet 99 entre les mains alors… mais à y réfléchir, c'était presque logique. Quel intérêt de coller ce genre de faculté à une machine à tuer, hein ?

"Une limite très faible entre imposer et transmettre une vision des choses". Certes, en fait cette limite était franchie à partir du moment où l'on se permettait de juger la personne et de la traiter d'enfant "qui ne sait rien de la vie". Peut-être qu'elle n'avait pas à être vexée par ça, mais elle l'était et elle n'avait pas à se contenter de faux-semblant. Elle était ce qu'elle était et ce n'était pas à cause de sa condition d'arme vivante qu'elle allait se laisser marcher sur les pieds en se disant qu'elle ne méritait pas le respect ou se triturer la cervelle avec d'autres pensées dépressives du genre.

Quoi qu'il en soit, Rain avait émis son opinion sans manquer de respect. C'était tout ce qu'elle ferait de son côté, sinon elle irait à l'encontre de ce qu'elle venait de dire. Après tout, elle enseignait comme elle le voulait la nouvelle. Croisant ses bras sur sa poitrine, la jeune femme laissa Saya continuer et annoncer qu'elle ne pensait pas pouvoir changer son comportement. Elle le faisait que si elle le voulait hein… Rain n'était personne pour l'obliger à le faire. Ce qu'elle disait, elle le pensait toujours, elle n'allait pas exposer un principe qu'elle ne respectait pas elle-même non plus.

"Stupide idée"… Oui, non, elle n'était pas prête de changer. Vraiment, cette Saya devait avoir été éduquée d'une manière complètement opposée à la sienne pour se permettre de critiquer les choses comme ça. Elle était comme la plupart des gens que Rain croisait, en fait. N'ayant jamais connu la faim, ayant toujours eu un toit et un lit douillet. Peut-être en avait-elle bavé lors de ses entraînements mais cela devait se limiter là… Après, c'était sans doute précipité comme hypothèse mais de toute manière, Rain n'était guère intéressée par cette part de sa collègue. Cette part obscure que l'on appelait passé. Pour la simple raison qu'elle ne souhaitait pas que celle-ci s'intéresse au sien. De toute façon, il n'y aurait rien à raconter, puisqu'elle n'avait commencé à exister qu'à partir du moment où cette chose que l'on nommait conscience avait fait son apparition dans sa tête d'arme vivante.

Après s'être levée, Saya enchaîna sur une plate excuse que Rain aurait accepté si elle n'avait pas ajouté une… demande ? Mouais. Demande ou ordre, la jeune femme n'appréciait pas qu'on lui dise quoi faire. Pour la peine, elle détourna le visage pour s'offrir une vision plus apaisante pour son humeur, à savoir la place vide par ce temps grisâtre. Cependant la dernière remarque de son interlocutrice lui arracha un demi-sourire, même si, manque de bol, cette moitié se trouvait sur le côté caché du visage. Oh et puis merde, qu'elle passe pour une inexpressive, hein, ce n'était pas comme si elle en avait quelque chose à faire de l'avis des autres. Et elle était au courant qu'elle était un mur de glace, mais elle n'avait jamais demandé à naître comme ça elle.

Vu son absence de réponse, Saya devait avoir compris qu'elles ne tomberaient sans doute jamais d'accord sur ce qui s'était passé tout-à-l'heure. Sans doute. En fait, Rain s'en fichait. A partir du moment où elle avait donné son avis, c'était emballé, pesé, tout ce que vous voulez, elle n'avait plus rien à ajouter. Le reste ne regardait que le destinataire de ces paroles. C'était à lui de changer, ou non. Il vivait comme il le voulait, tant qu'il ne lui cause pas de tort… Par contre, rien ne mettait cette personne à l'abri d'une saute d'humeur, évidemment. En tout cas, sa colère du moment était passée et la voilà à nouveau neutre, fixant son interlocutrice qui s'engageait sur les interrogations premières qui avaient habité leur conversation.

- Pouvez-vous me dire comment il se fait que je sois morte… et vivante… Et ce que rassemble réellement cette Académie ?

Rain ignora l'ajout que la jeune femme sembla se faire pour elle-même. A moins qu'elle ne veuille pas lui répondre… Pourquoi ne voudrait-elle pas ? Elle la prenait vraiment pour une enfant ? A bouder parce qu'on lui avait dit ses quatre vérités ? Nan ! Puisque t'as été méchante avec moi, je te réponds pas, nah ! … Euh… Ouais non.

- A votre mort, votre âme a été choisie parmi d'autres et vous vous êtes réincarnée ici, à la Deus Academia, pour mener une nouvelle existence, celle d'une déesse en devenir. J'ignore pour quelles raisons il en est ainsi, peut-être que les directeurs vous éclairera davantage à ce sujet.

Une réponse brève, avec tout ce qu'il y avait d'essentiel dedans, digne d'une machine pré-programmée pour ça mais… Mais il fallait plus qu'une réponse pour entretenir une conversation, enfin… Faire des efforts quoi. Intérieurement, elle soupira. Pourquoi ? Saya ne voulait pas changer, du moins ne pensait pas pouvoir le faire (mais bon, à partir du moment où l'on pensait comme ça, on ne risquait pas trop d'évoluer), c'était sa manière d'être, mais Rain ne pouvait se permettre de rester sur place. Enfin, si, il y avait des choses qu'elle ne changerait jamais, d'autres où c'était tout le contraire.

- Voulez-vous que je vous mène à eux ?

Euh… Il y avait quand-même mieux comme question pour relancer une discussion, mais tant pis. C'était tout ce qu'elle avait à donner pour l'instant. Il fallait le croire, c'était infiniment plus épuisant qu'un combat, une conversation à deux. Maintenant, heureusement qu'elle n'avait pas comme projet de convaincre quelqu'un de la véracité de cette thèse.



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Re: Renaissance [PV Rain] - Jeu 4 Avr 2013 - 18:52

Apparemment, Rain allait consentir à lui répondre. Mais Saya soupira intérieurement. Cette fille ne pouvait-t-elle donc pas exprimer quelque chose sur son visage ? Elle était impressionnée par tant de neutralité et de froideur. Elle n’avait pas rencontré une seule personne comme cela de son vivant. Après tout, un humain ne peut rester si indifférent. Son corps et son visage ont besoin de bouger. N’est-ce pas la définition même d’un être vivant ? Mais qu’importait. Si Saya, elle, était bloquée dans sa façon de penser, Rain, de son côté, semblait bloquée dans sa façon de s’exprimer. Cela ne servait à rien de chercher plus loin. Cependant, Saya présageait diverses tensions entre les deux femmes à l’avenir, en particulier si elles devaient enseigner toutes les deux la même matière. Oh et puis, pourquoi se prendre la tête sur ça ? Leur relation évoluerait comme elle évoluerait. Ce n’était certainement pas Saya qui ferait un effort pour essayer de s’adapter à Rain. L’inverse semblait peu probable également. Mais après tout, quand deux têtes de mules se rencontrent, ça peut donner un peu de piquant à la vie. ? L’envie de voir combattre cette grande brune revînt. Qu’il serait intéressant qu’elles s’entraînent ensemble. Ou mieux : qu’elles donnent un cours ensemble. Ça, ce serait vraiment quelque chose. Elle pourrait voir de visu ce que Rain se faisait de l’idée d’enseigner et surtout de l’idée du combat. Et à quel point elle « transmettait » et non « imposait » ses connaissances.
Toujours était-il que Rain lui répondit. De façon neutre certes mais c’était toujours une réponse. Choisie ? Comment ça choisie ? Et dans ce cas, où allait les autres morts ? Qu’avait-elle fait dans sa vie pour mériter que des instances supérieures la choisissent ? Tout cela était bien étrange. Elle aurait bien aimé voir leurs critères de sélection. Car elle n’était pas de ceux qui avaient été bons toute sa vie. Et son interlocutrice ne semblait pas dans ce cas non plus… Eh bien, cela promettait. Quel autre genre de personnes allait-elle rencontrer ici ? Cela piquait sa curiosité.
Une déesse en devenir… C’était bien beau, dit comme ça. Mais une déesse de quoi ? Des arts-martiaux sûrement. On voulait donc d’elle qu’elle arrive, aille donner des cours à des petits dieux, évolue en une grande déesse des arts-martiaux. Drôle d’avenir que voilà. Mais elle aurait bien aimé que pour le réaliser, elle puisse oublier sa vie précédente. Avec ses souvenirs de sa vie d’humaine, elle ne se sentait pas apte à accepter facilement tout ce qu’il lui arrivait. Cependant, elle allait devoir s’y faire, elle n’avait pas le choix. Et puis, elle pourrait pratiquer les arts-martiaux chaque jour, enseigner, et rencontrer peut-être des gens intéressants. Une question lui vînt à l’esprit.

Putain. J’espère qu’il y a de l’alcool ici. Ce serait sûrement le meilleur remède pour faire passer tout ça.

Les directeurs ? Il y avait plusieurs directeurs maintenant dans les écoles ? Ah, oui, on n’était pas dans le monde humain. Mais bon, à quoi cela servait, plusieurs directeurs ? … Cette question ne semblait cependant pas forcément essentielle pour la suite, Saya l’oublia rapidement. Elle réfléchissait cependant, la jeune femme aux cheveux rouges, qui était-elle ? Il aurait été logique qu’elle fasse parti des directeurs… Hum.
Dans tous les cas, il semblait que Saya doive revoir sa non-religion. Pas de doute donc, il y avait des dieux.

Saya fixa Rain un moment. La jeune fille ne semblait absolument pas douée en conversation. Même sa réponse avait semblé être tout droit sorti d’un automatisme. Elle-même ne s’était jamais sentie experte dans le domaine mais apparemment, elle n’était pas la pire.

« Voulez-vous que je vous mène à eux ? »

C’était une bien gentille proposition. Sa colère avait donc parfaitement disparue. Quelle étrange fille, d’arriver ainsi à contrôler ses émotions. Saya ne s’énervait que rarement mais quand c’était le cas, il était bien difficile de la calmer. Elle travaillait toujours sur ça, dans le but d’acquérir plus de force en arts-martiaux. Mais pour la personne qui se trouvait devant elle, cela semblait normal. Elle l’enviait un peu, en quelque sorte. Etait-elle toujours comme ça ?
Saya réfléchit à la proposition. Aller voir les directeurs ? Ce serait sûrement une suite logique des choses. Elle aurait facilement la réponse à toutes ses questions. Oui, c’était la meilleure chose à faire. Bien qu’elle n’ait absolument aucune envie de passer par toutes ces formalités, elle ne pouvait les éviter. Elle n’allait pas tout demander à Rain. Elle en avait assez de passer pour une nouvelle, complètement perdue, face à sa future collègue. Bien que celle-ci semblait n’en n’avoir cure. Elle n’avait donc pas le choix, elle allait devoir accepter la proposition.

Elle soupira et regarda la place grise. Elle commençait à être trempée par la pluie, à présent. Elle devrait vraiment rentrer se trouver un abri et boire un verre. Oui, elle devait vraiment boire un verre. Rien de mieux pour s’intégrer dans une ville que d’aller dans un bar. Ce serait parfait si elle pouvait faire de même ici. Avant même de rencontrer les directeurs. Ou non, il ne valait mieux pas arriver bourrée dans leurs bureaux, supposa-t-elle.

« Eh bien quelle histoire. Je pense que je ne peux plus me considérer comme athée, maintenant, »fit-elle en lançant un nouveau soupir.

La pluie dégoulinait sur son visage et ses cheveux bien trop longs lui collaient à la peau et aux vêtements. Quelle idée de les laisser détacher. Elle attrapa un chouchou à son poignet et entreprit de remonter sa tignasse en une queue-de-cheval bien haute tout en continuant de parler à son interlocutrice.

« En tous les cas, merci pour votre proposition. Ce serait en effet la meilleure des choses à faire. Je vais donc vous déranger encore, en vous demandant de faire la guide. »

Elle finit d’attacher ses cheveux. Lorsqu’elle lâcha l’élastique, le bruit sec fut recouvert par les clapotis bruyants de la pluie qui tombait drue.

« Et puis je pense qu’il est temps de se mettre à l’abri. Même si nous ressemblons sûrement déjà toutes les deux à deux chiens mouillés. »

Même si Rain n’avait pas du tout l’air dérangée par la pluie (son nom l’en protégeait-il ?), elle n’en était pas moins aussi trempée que Saya. Et toutes deux ne devaient pas ressembler à grand-chose. Ceux qui ont dit que les filles sous la pluie étaient sexy devaient être sous l’effet de quelque chose. Il n’y avait rien de sexy à avoir les cheveux trempés qui vous collent à la peau, les yeux brouillés qui papillonnent pour éviter les gouttes d’eau et les vêtements poisseux.

Elle aurait pu s’arrêter là et suivre Rain tranquillement jusqu’aux bureaux de ces chers directeurs. Cependant, elle avait une question urgente à poser. Vitale même. Alors qu’elle se penchait pour attraper son sac sur le banc, elle s’arrêta et se redressa.

« Ah. Dîtes-moi s’il-vous-plait, qu’il y a un bar quelque part dans les alentours. Avec de l’alcool. Fort. Ou je vais sérieusement regretter de ne pas avoir tout simplement disparu à ma mort », ajouta-t-elle en soupirant.

Saya sentait que sa façon de parler devenait légèrement moins formelle et plus… amicale ? Non, n’allons peut-être pas jusque-là. Mais plus naturelle, oui, cela se sentait. Elle se dit que si un tel bar existait, elle irait bien le découvrir avec Rain. Ce qui serait intéressant serait surtout de voir cette dernière ivre. Que devenait-elle ? Son imagination lui donna une image de Rain, les joues rouges et un sourire niais aux lèvres en train d’agiter les bras dans tous les sens. Elle dut faire un effort considérable pour se retenir de partir dans un fou-rire incontrôlable.
Elle se contenta de prendre son sac et de faire face à son interlocutrice avec un léger sourire. Un vrai sourire cette fois. Qu’il soit dû à l’image de Rain dans son imagination ou au fait qu’elle avait conclu que cette personne pourrait être une connaissance intéressante à l’avenir, il n’en était pas moins réel, ce sourire.
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Re: Renaissance [PV Rain] - Dim 12 Mai 2013 - 21:19
Et bien quel long rp ! Long, mais pas désagréable à la lecture ! Deux personnes qui ont une vision différente des art-martiaux, c'est pas courant de lire ce genre de rp ! ^^

Saya Park : 650 xps
Rain Sinclaire : 500 xps

Xps attribués : Oui
Renaissance [PV Rain]
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