Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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A jouer sous la pluie on attrape un rhûme [pv Lord Vlad]

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Re: A jouer sous la pluie on attrape un rhûme [pv Lord Vlad] - Sam 19 Oct 2013 - 20:23
__Croyez-vous au destin ? Non ? Vous ne pensez pas que tout est prédéterminé, que tout est décidé à l'avance par une instance supérieure, que ce soit à la conception de l'univers ou plus tôt ?

__Cela ne change rien en fait : si c'est le cas, on ne peut pas le changer, du moins, pas tant que l'on a pas eu l'occasion de le connaître et si ce n'est pas écrit, cela reviens au même que si l'on ne le lit pas.

__Pour Vlad, le destin doit être écrit quelque part, en détail, peut-être même dans la bibliothèque de l'académie, ou dans le livre de Deus lui-même. Dans un rêve, il s'infiltrait dans le bureau des directeurs, utilisait un drôle de dispositif à la Mc Giver à partir d'une tasse de café, d'une épingle de cravate et d'une bombe atomique pour annuler la protection placée autour du livre et l'emporter. Il lisait en suite sans retenue son contenu. Il y fut aspiré, pendant sa lecture et se retrouva une centaine d'année plus tard :
__Ce soir-là après s'être réveillé, il avait avoué son amour à Ealia et ils avaient ensemble, au fil des ans, enlevé tous ses blocages mentaux. Il avait toujours, lui, son masque collé au visage. Il était assit, dans un fauteuil, au coin du feu, ils étaient manifestement dans le monde humain, le paysage à la fenêtre était blanc. Il avait radicalement changé de tenue : du costume noir et blanc, il était passé à des habits tout à fait normaux. À son doigt, il avait une alliance. Il était seul dans la pièce, mais il entendait juste à côté, le grésillement de viande que l'on cuisine. Il se leva du fauteuil et manqua de tomber en trébuchant sur un tigre blanc couché au sol, que l'on aurait pris pour un tapis s'il était un peu moins épais. Passant au dessus, il se rendit dans une autre pièce, où une femme, aux cheveux noirs et aux yeux rouges, cuisait deux steaks sur un feu de bois. Elle ne leva même pas les yeux pour l'accueillir, elle savait que cela ne pouvait être que lui. Il se serra contre elle, posant ses deux mains sur son ventre, qui gonflait étrangement... Elle était... enceinte ? Un peu bouleversé, il retourna dans le fauteuil. Ils mangèrent, puis ils s'en furent se coucher, chacun de leur côté, comme les couples qui ne s'aiment pas, ceux issus de mariages arrangés, ceux des gens qui se marient pour l'argent. La nuit passa en une seconde et le calendrier lui indiqua qu'il avait passé une semaine dans cet étrange rêve. Des bruits de pas dans le couloir attirèrent son attention et activant instinctivement son pouvoir, devenu très puissant, il suivi ces bruits sans en faire lui-même. Ealia sortit, se rendit à travers la steppe jusqu'à une autre maison où un homme ouvrit immédiatement la porte et l'embrassa tendrement. Une lance d'arcanes, soudain, transperça leurs deux corps. C'était lui qui l'avait lancée, les yeux pleins de larmes.

__Il ouvrit les yeux sur le monde réel, se redressant brusquement, haletant. Ce devait être très soudain, car il ne bougeait pas dans son sommeil et sa respiration ne changeait jamais. Les questions fourmillaient dans sa tête : *Qu'est-ce que c'était que ce rêve ? Une prémonition ? Un avertissement ? D'où vient-il ? Ai-je réellement vu le contenu du livre de Deus ? Aurais-je réellement toujours mon masque dans 100 ans ? Est-ce une conséquence de mon dévouement pour Ealia ? Devrais-je lui avouer ma passion et accepter ce destin, m'accorder un bonheur qui finira de cette façon, ou me taire et changer le futur ? D'ailleurs, me taire le changera-t-il ou le retardera-t-il ? Est-on destinés elle et moi ou... ? Mon amour pour elle n'est-il qu'une folie de jeunesse ? Une passion éphémère qui m'a frappé ?...*

__Il reprenait doucement sa contenance et sa conscience. Il remarqua que la nuit était tombée et qu'Ealia était assise près de lui et que très naturellement, elle avait remarqué son éveil. Elle s'était changée, elle portait un vêtement noir qui rendait difficile de distinguer les limites de son corps, tant qu'elle semblait faire partie de l'obscurité de l'endroit. Une ceinture blanche contrastant fort avec le vêtement semblait l'attacher à la réalité, comme le faisaient aussi bien la pâleur de sa peau et quelques lignes blanches qui apparaissaient fugitivement sur son habit sombre.

__Cette irréalité rappela à Vlad son rêve et l'impossibilité de cet amour. Il n'en voulait plus, il était dégoûté, il en avait peur, mais il ne pouvait s'empêcher de la trouver ravissante. Il ne savait plus où il en était, ce qu'il devait dire ou ne pas dire, ce qu'il allait faire. Il pouvait encore dormir ici, ou du moins, rester là pour la nuit, ou sans trop de difficulté, il pouvait retourner dans sa chambre en échappant aux surveillants. Il commença à peser le pour et le contre, sans oser regarder Ealia en réfléchissant, pensant très justement que cela influencerait sa décision. Si ça ne lui posait pas de problème, il comptait rester : son lit était assez grand pour deux, puis il avait décidé que ce rêve n'était peut-être qu'une création de son esprit.

- Ça te dérange si je dors ici cette nuit ? Je n'ai pas trop envie de faire face aux surveillants, ni de leur expliquer pourquoi je sors de la chambre d'une fille. Et si ça te dérange que je sois dans ton lit, je peux dormir par terre, ça ne me dérange pas.

__En un sens, il se doutait qu'elle dirait oui, mais il n'était pas sûr de pouvoir retrouver le sommeil dans cette chambre qui n'était pas la sienne. Mais il est certain qu'il ne souhaitait pas le moins du monde voir les couloirs obscurs et dangereux de l'internat.


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Re: A jouer sous la pluie on attrape un rhûme [pv Lord Vlad] - Mar 12 Nov 2013 - 18:34


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Pouvait-elle encore rêver ? Est-ce que, pendant au moins une nuit, une heure, une minute, l’apprentie avait pu passer une nuit paisiblement, sans que ses cauchemars ne l’emportent loin d’un simple rêve ? Il y avait longtemps qu’Ealia y avait renoncé. Le principe même d’un rêve lui était inconnu. Il n’y avait que sang, que larmes, que douleur et peur dans son esprit qui ne cherchait simplement qu’à se reposer. Mais le repos n’avait plus lieu d’être dans un monde où mourir n’était plus une solution définitive.

Le regard bordeaux de la dérangée s’était porté sur le masque bicolore qui abritait un visage qu’elle aurait tant voulu voir. Mais était-ce possible ? Le verrait-elle un jour ? Elle cligna des yeux, comme si, d’un battement de cil, une des barrières qui les empêchaient de communiquer tous les deux allait s’envoler pour lui permettre d’enfin apercevoir le jeune homme prisonnier.

Mais pourquoi un tel désir l’envahissait-elle ? Elle n’avait pourtant jamais eu envie d’une chose avec tant d’énergie, mis à part son désir de pouvoir, un jour, sourire. Pourquoi spécialement le Lord ? Car ils étaient pareils tout en étant différants ? Qu’elle pouvait le comprendre dans un sens et qu’elle compatissait ? Ou alors simplement que sa curiosité débordante lui poussait à voir son visage, quel qu’il soit ? C’était trop d’interrogations pour une si petite fille qui essaya de chasser sa perplexité pour se concentrer sur autre chose.

Et c’est naturellement sur le Lord qu’elle dirigea ses pensées. Quoi d’autre ? Les semaines de solitude qu’elle passait lui donnait l’occasion de réfléchir au sens de la vie, et elle avait l’impression qu’il n’y avait plus rien sur lequel elle pouvait réfléchir. Comme si toutes les questions du monde avaient déjà été réfléchies, analysées et résolues dans son esprit. Ainsi Ealia se laissa sombrer, là où elle pourrait trouver quelques choses à penser, tout en attendant que quelque chose se passe.

De quoi était en train de rêver le Lord ? Elle aurait bien voulu le savoir en cet instant. Les rêves, elle se rappelait l’avoir lu quelque part, étaient un moyen utilisé par l’inconscient pour déstresser. Les pensées profondes et les frustrations s’y trouvaient donc souvent, c’était ce que l’apprentie dérangée en avait conclu.

Rêvait-il de son masque ? Du moment où enfin il allait tomber et qu’il pourrait voir son visage ? Où peut-être n’y avait-il rien de logique dans ses rêves. Un simple enchevêtrement d’images, de flash, de sons, sans queue ni tête ? En cet instant, mademoiselle Vaylond aurait bien voulu avoir quelque chose pour avoir le don de lire dans les rêves. Mais elle n’avait rien. Elle n’avait rien du tout, dans beaucoup de domaines.

Une voix la gratouilla, dans le coin de sa tête. Des mots emplirent sa tête, trop de mots, sans aucun sens, des mots, des phrases, ensemble. C’était comme si un insecte s’était introduit dans son crâne et s’était mis à faire son nid. C’était pourtant si rare, pourquoi maintenant ?

En effet, si, au fil du temps, il y avait bien une chose qu’elle n’avait pas réussi à surmonter, c’était ce gratouillement. La voix lui chuchotait trop de choses en même temps, il lui était impossible de s’en défaire. Elle continuait, encore et encore, sans faiblir. A lui en donner le tournis, à lui donner l’envie de se taper la tête contre un mur, à mettre fin à ses jours, juste pour faire cesser cette voix qui lui chuchotait des choses qu’elle ne pouvait ou ne voulait pas entendre.

Ses yeux se fermèrent. Cela devait cesser, elle ne pouvait pas tenir longtemps. Elle savait qu’il ne s’agissait pas d’Aleana. Elle avait même l’impression que cela les touchait toutes les deux. La demoiselle ne pouvait y échapper. Elle ne pouvait prévoir ni l’arrivée, ni le départ de ce gratouillement. Sa tête s’abaissa légèrement, ses dents se serrèrent. Ses lèvres se mouvaient, sans générer le moindre son.

*Stop… stop… stop…*

Comme une mélodie lancinante, les mots continuaient à s’insinuer dans son esprit. Il fallait que ça cesse… Que ça cesse ! Mais ça ne cessait pas. Les voix se multipliaient, elles chuchotaient d’un air moqueur des choses qu’Ealia ne voulait pas essayer de comprendre, sachant parfaitement que cela ne la rendrait que plus dérangée encore.

Soudain, le Lord se redressa. Et telle une pièce qui tombe, les voix s’envolèrent comme de l’éther. La dérangée rouvrit les yeux soudainement et releva un peu la tête. C’était fini ? Que s’était-il passé ? Le Lord avait chassé les voix ? Elle ne comprenait pas. Pourquoi ? Pourquoi ? Ses yeux bordeaux se tournèrent vers le masque dont une seule des deux moitiés ressortait dans les ténèbres de la pièce.

Le silence était déjà installé. Ils ne disaient rien. Ealia ne pouvait dire, le Lord l’observait, elle était comme pétrifiée, baignant dans l’incompréhension et toujours enveloppée du fin voile qu’enroulaient les voix autour d’elle. Qu’allait-il se passer ? Il allait partir ? Il faisait nuit, les surveillants rôdaient tels des loups à la recherche d’une proie. Ce n’était peut-être pas la meilleure des idées. Mademoiselle Vaylond détourna les yeux. Elle ne voulait plus réfléchir, elle avait l’impression qu’on martelait l’intérieur de son crâne avec un marteau.

- Ça te dérange si je dors ici cette nuit ? Je n'ai pas trop envie de faire face aux surveillants, ni de leur expliquer pourquoi je sors de la chambre d'une fille. Et si ça te dérange que je sois dans ton lit, je peux dormir par terre, ça ne me dérange pas.

Ainsi il pensait comme elle. Ce n’était pas une bonne idée de sortir, probablement. Il fallait qu’il dorme ici. Mais Ealia voulait-elle dormir avec lui ? Sachant très bien que ses nuits n’étaient pas des plus calmes ? En effet , elle avait pu remarquer, au vu de ses oreillers à l’autre bout de la pièce, de sa couverture à ses pieds, et de sa position au réveil, qu’elle ne dormait pas simplement immobile.

Cela lui faisait peur. Mais la demoiselle ne pouvait pas lui dire de partir seulement pour ça. Elle ne pouvait pas s’y résoudre, tout comme le faire dormir par terre. Il fallait donc risquer de lui montrer tout ce qu’elle endurait la nuit, alors que la dérangée savait très bien qu’il ne s’inquiétait que déjà bien trop à son sujet ? Il y avait un choix à faire. Et il devait être rapidement pris. Pourtant, même si Ealia faisait durer le silence, elle ne faisait que mine de trancher dans sa tête ; sa décision était depuis longtemps prise.

Ses yeux bordeaux trouvèrent le masque de Vlad et s’y arrêtèrent. Ils étaient redevenus grands ouverts dans son expression neutre éternelle. La demoiselle hocha doucement la tête pour lui démontrer son accord, un petit doigt sortit de sa manche et désigna le lit pour lui dire qu’il ne devait pas dormir par terre. En espérant que le Lord comprenne. Ils allaient donc dormir, enfin, essayer. Elle n’était pas sure de pouvoir y arriver. Et quand bien même la dérangée y arriverait, elle allait surement se réveiller au milieu de la nuit.

Son regard glissa sur le lit, il y avait largement la place. Et le sommeil gagnait la jeune femme, maintenant qu’ils en parlaient. Un bâillement élargit sa bouche et dévoila ses dents. Il était surement tard. Elle se sentait prête à aller au pays des cauchemars, comme d’habitude. Elle espérait seulement ne pas réveiller Vlad durant ses gesticulations nocturnes.

L’apprentie remonta ses jambes sur le lit. D’habitude elle ne dormait qu’en petite culotte et en t-shirt, mais elle allait faire abstraction de cela pour cette fois-ci, bien trop pudique pour montrer trop de peau à quelqu’un d’autre. La dérangée se hissa donc sur le lit, passa les jambes du Lord d’une enjambée, et se retrouva de son côté du lit, contre le mur. Ealia s’allongea sans un mot qu’elle n’aurait pu dire de toute manière. Remontant les couvertures jusqu’à ses frêles épaules, elle se mit sur le côté pour pouvoir regarder Vlad de ses grands yeux bordeaux.

Il fallait dormir. Vraiment dormir ? Oui, il allait le falloir. Et heureusement, Aleana restait muette quelque temps après le départ des voix, comme si elles lui faisaient beaucoup plus de mal qu’à la dérangée. Bon point.

Ealia voulait s’endormir après le Lord, mais est-ce que cela allait être seulement possible ?


 
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Dernière édition par Ealia Vaylond le Mar 15 Avr 2014 - 14:16, édité 1 fois
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Re: A jouer sous la pluie on attrape un rhûme [pv Lord Vlad] - Lun 30 Déc 2013 - 14:01
__Il parait que pour obtenir ce que l'on veut, il suffit de le souhaiter assez fort, c'est à dire, évidemment, faire tout son possible dans le sens de sa réalisation, mais pas que cela, il faut vraiment le vouloir. Lui voulait oublier ce rêve stupide, ce fatal destin où il ne retira jamais son masque et créait son propre malheur. Il ne voulait pas juste l'oublier, mais aussi l'éviter. De toutes façons, il enlèverait ce masque cela passait avant tant de choses qu'il ne échouer. Il était décidé à tuer Deus dans son sommeil si c'était la seule solution disponible.

__Il réussirai car tout, au fond, tout se passait toujours de manière étrange, mais lui profitait d'une manière ou d'une autre. En se perdant en forêt, il avait obtenu un cadavre d'insecte tout à fait inconnu pour lequel un prof de biologie lui avait échangé une boussole, l'aidant dorénavant à ne plus se perdre. En allant au marché, par un étrange quiproquo, il avait fait la connaissance d'Ealia. En sortant durant le temps de midi, il l'avait croisée sous la pluie, avait décidé qu'elle devait rentrer, à cause de la pluie et du rhume qu'elle pourrait attraper et finissait la journée, après avoir sèché les cours de l'après-midi, à dormir dans sa chambre. Et il allait peut-être aussi y passer la nuit. Alors un jour, il croiserai, totalement par hasard, quelqu'un qui lui enlèvera son masque comme si de rien était. Tout se fera dans la même atmosphère d'étrangeté que toujours.

__Le hochement de tête, verdict d'une intense réflection à sa demande, le tira de ses propres pensées. Ainsi, elle voulait bien qu'il reste. Son expression, toujours la même, ne l'aidait pas plus que s'il regardait son propre masque, à savoir l'effet que lui faisait cette acceptation. Il était très probable qu'elle voie le fait de dormir avec quelqu'un de manière très innocente. Pendant des siècles, les jeunes filles avaient été gardées ignorantes jusqu'à l'âge adulte où elles étaient douloureusement plongées dans la réalité de l'union charnelle. Évidemment, il n'allait pas abuser de la situation, mais il était bon de penser qu'elle, en tous cas, n'y pensait pas non plus. Il n'était pas sûr que cela s'applique également à son autre personnalité qui avait déjà, lors de leur première rencontre, à ce genre de chose, en se moquant de lui. D'ailleurs comment allait-elle réagir ?

__Il était possible que cela finisse mal, de nouveau, car elle semblait protéger Ealia contre tous, surtout lui, d'ailleurs et elle pouvait, si elle connaissait ce genre de choses, réagir de manière violente durant la nuit, bien qu'il ne s'y passerai rien. C'était un risque à prendre, puisqu'il ne voulait pas sortir pour prendre d'autres risques. Le risque était tout de même moindre puisque la chouette semblait prompte à lui porter secours en cas de besoin. Et si elle dormait, il suffirait d'un rien pour la réveiller, ces animaux ont l'ouïe fine, et le fait qu'un inconnu soit présent dans son logis la ferait sans doute rester alerte, surtout un inconnu ne ressemblant même pas de loin à sa maîtresse.

__Il restait à savoir si ils sauraient dormir, simplement. Peut-on ainsi bouleverser ses habitudes et sommeiller tranquillement ? Dans un sens, on pouvait se dire que les premières nuits dans cet endroit répondaient à la question, mais le changement de lieu et le passage de la solitude à partager son lieu semblaient tout à fait incomparables. Au pire, il n'était jamais trop tard pour partir. Les surveillants seraient toujours dans le couloir certes, mais un gentleman ne peut pas causer une nuit blanche à une jeune femme, pas dans ces circonstances.

__Les gens gentils sont prévisibles, presque autant que les gens méchants. Lord Vlad se doutait qu'elle allait refuser sa proposition de coucher sur le sol. D'ailleurs, dans un premier temps, si cela ne la dérangeait pas qu'il y dorme, elle ne l'aurait pas tiré sur le lit. Elle pointa le lit du doigt, pour lui faire comprendre ce qu'il savait déjà. Puis elle passa au dessus de lui et se coucha à côté de lui, du côté du mur.

__Puis tous deux se contemplèrent mutuellement, longuement, en attendant que le sommeil arrive... Bon d'accord, pas si longuement que ça. Et ils fermèrent les yeux avant de s'endormir, comme tous les humains que vous connaissez. Mais ils se regardèrent un moment, les yeux dans les yeux, dans la pénombre, tels des amoureux... Quoi ? Je suis le narrateur, j'ai le droit de faire tous les commentaires qui me plaisent !

__Ealia s'endormit la première, ce qui laissa Vlad, seul, conscient, à essayer de ne plus l'être. Mais... comme il l'avait pensé, impossible de fermer l'oeil. Il fallait penser à autre chose, le sommeil viendrait ainsi. Difficile de penser, dès lors à autre chose que la jeune fille en face de lui. Il rouvrit les yeux. Elle n'avait pas changé et dans la pénombre, il distinguait assez clairement à cause de sa pâleur, le visage paisible de l'endormie. La pensée que ce sommeil réparateur n'éloignait pas que lui de ses soucis le fit sourire. Il lui vint l'idée de lui caresser les cheveux. C'est typiquement le genre d'idée qu'ont les garçons timides quand ils sont devant une fille endormie : quelque chose qu'ils meurent d'envie de faire et que seul le sommeil peut leur permettre sans même risquer d'être remarqués. Alors doucement il approcha sa main, et caressa la chevelure d'ébène qu'il n'aurait pas beaucoup d'autres occasions de toucher. Ses cheveux étaient aussi doux qu'ils étaient lisses et il ne put résister à la tentation de le refaire. Mais il s'arrêta là, retirant sa main brusquement, comme s'il avait pris une décharge électrique. Il n'y avait pas de raison particulière à cela, mais il fut pris de remords quant à ses actes. C'était quelque chose de mal, puisqu'il le cachait. Mais en fixant une minute de plus son visage calme, un tentation plus forte encore lui vint. Il voulait toucher sa joue, l'effleurer, vérifier sa température, avoir un aperçu de sa douceur. Sa main avança de nouveau, légèrement tremblante et se posa délicatement sur la joue d'Ealia. Cela dut déclencher quelque chose dans son inconscient, qui la fit bouger dans son sommeil et pétrifia Vlad de frayeur. Un instant, il se crut pris la main dans le sac et manqua de défaillir. Puis après quelques instants aux aguets, il reprit enfin sa respiration, constatant que tout allait bien.

__Cela ne fut que de courte durée. Les songes d'Ealia étaient très agités, ce qui expliquait notamment qu'elle s'endorme près d'un mur et elle remuait avec des gestes amples comme courts, elle se débattait contre ses démons intérieurs. Sur le moment, il fut complètement désorienté par un tel changement en l'espace de quelques instants, mais il savait comment les phases du sommeil s'enchaînaient et ces connaissances expliquant le phénomène, il ne fut pas surpris très longtemps. Cela lui donna l'occasion de penser à un moyen d'agir. La réveiller était une mauvaise idée. Elle avait sans doute besoin du peu d'énergie qu'elle tirait de ces nuits agitées et d'ailleurs, rien ne disait qu'Ealia plutôt que son alter-ego allait être en possession de son corps à son réveil. Il fallait influer sur ses rêves. Le moyen le plus simple de faire ça aurait été un Domaine Divin approprié, mais le sien ne l'était pas. Il était à l'état de simple mortel pour tout ce qui touchait à la psychologie. Peut-être l'immobiliser ? Mauvaise idée, cela ne faisait qu'éviter le problème et ses cauchemars risquaient même de devenir pire. Ou alors il faudrait la prendre contre soi, à la manière des jeunes enfants, pour la rassurer, il y avait de grandes chances que cela marche, mais son masque et les boutons de ses vêtements pouvaient lui faire mal, surtout si elle s'y appuyait. Puis il lui serait sûrement impossible de dormir à une telle proximité d'une fille, surtout d'elle.

__Il lui revint soudain en mémoire qu'il possédait un objet qui ferait peut-être l'affaire : un bracelet qui permet une empathie avec les sentiments des gens proche ne permettrait-il pas de lui offrir un peu de son apaisement ? Puis, s'il ne se trompait pas, il y avait dans le champ d'action de l'objet, de l'autre côté du mur, au moins une personne endormie faisant de beaux rêves, qui pourrait transmettre ses doux ressentis à l'apprentie déesse. Mieux valait s'en assurer, pensa Vlad en prenant le bracelet dans sa poche et en le passant autour de ses doigts. Il sentit une détresse et une peur intenses, celles d'Ealia, mais aussi, assez faible, comme il l'avait supposé, un grand contentement. Il était possible qu'il vienne même de deux personnes. Vlad préféra ne pas trop réfléchir à ce qu'il y avait dans la chambre à côté. En ramenant délicatement les bras d'Ealia sur son ventre, l'un sur l'autre, pour que celui de son côté empêche l'autre de bouger et d'aller cogner le mur, il passa le bracelet sur ses doigts de la même façon, faisant profiter les deux à la fois de ses effets et, il l'espérait, augmentant la transmission des émotions. Dès lors il se concentra pour rester calme malgré toute la détresse qui l'attaquait et finit par dormir paisiblement jusqu'au matin.


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Re: A jouer sous la pluie on attrape un rhûme [pv Lord Vlad] - Dim 2 Fév 2014 - 10:55


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Le silence n’avait jamais vraiment dérangé Ealia. En l’occurrence elle ne pouvait pas faire grand-chose contre. Comme quoi, le conditionnement pouvait faire pas mal de changements dans un esprit encore influençable. Ne pas pouvoir parler correctement et donc être contrainte à se taire devait inexorablement amener à l’affection d’une chose qui en devenait commune. Cela faisait partie de sa vie. La future déesse était bien assez seule pour avoir, bien trop de fois, des jours où pas une parole ne parvenait à ses oreilles. Le quotidien était tel que celui-ci. Elle avait depuis longtemps abandonné les cours, n’y étant pas vraiment habituée. Elle s’était depuis longtemps résignée à tenir une véritable conversation autre que celles qui se déroulaient au travers de l’autre aux yeux verts. Faute de grives on mange des merles, Ealia s’était habituée à parlementer avec elle-même.

Néanmoins, s’il pouvait y avoir une situation qui la faisait changer totalement d’avis, il s’agissait surement de la nuit, ou plutôt, du contenu de ses nuits. C’était une des principales tortures qu’elle se devait de supporter tous les jours. Elle redoutait plus que beaucoup de choses ces instants où le sommeil la gagnait trop fortement. Fallait-il réellement qu’elle endurât tout ceci en présence de cette personne en particulier ? Elle avait compris qu’il s’inquièterait. Elle avait compris qu’il ferait tout pour l’aider comme il l’avait déjà promis auparavant, au sujet de son « problème ». Il n’y avait plus de raison de continuer sur cette lancée. Ealia ne voulait pas être redevable à quelqu’un. Car elle savait qu’elle ne pourrait pas combler la dette. Car elle savait qu’elle n’était pas assez utile pour pouvoir faire une telle chose.

C’était ainsi qu’elle comptait faire une nuit blanche pour ne pas devoir montrer tout ce qui se passait, et dont elle n’avait elle-même pas vraiment idée au final, au Lord. A la personne qui était devenue la plus importante. A la seule personne avec laquelle elle avait une conversation et même des contacts plus qu’unique. Et c’était cela qui le rendait si spécial. Mais n’y avait-il pas autre chose en fin de compte ? Aurait-ce été pareil avec n’importe quelle autre personne ? Le future déesse ne pouvait le dire, en fait. Elle n’avait pas vraiment envie de savoir. Il était là, c’était la seule chose qui comptait pour elle. Profiter des instants présents. Voilà ce qui la motivait, et qui ne la faisait, en partie également, plus aller en cours. C’était ceci que faisaient en ce moment les deux jeunes gens. Ils se regardaient, comme pouvaient se regarder deux personnes dans le même lit, à une heure avancée de la nuit. Ealia n’avait à vrai dire pas grand-chose à regarder. Il n’était possible que de voir un masque à moitié invisible de par sa couleur de ténèbres. Encore une fois, elle aurait tellement voulu voir ce qui se cachait derrière. Resterait-il éternellement ainsi ? Même si c’était un peu égoïste, Ealia voulait de tout cœur qu’il finisse par faire tomber le masque, au sens propre du terme. Même si cela lui enlèverait tout handicap, ce qui les rapprochait au final. Même si elle se demandait parfois s’il ne s’éloignerait pas une fois toute entrave explosée. Il fallait qu’elle se change les idées. Même s’il n’y avait peut-être aucun risque qu’une émotion quelconque traversât ses pupilles, Ealia ne voulait pas se laisser perdre par ses pensées. Surtout à un moment pareil. Un moment qu’elle ne comprenait pas, en fait. Mais Aleana saisissait la situation de manière bien plus adulte que le véritable propriétaire du corps ; Ealia. Elle voyait une chose bien plus grave qu’il n’en paraissait à travers le bordeaux qui remplissait les yeux de la presque jeune femme. Aleana était si heureuse que la petite ne pût pas entendre ses pensées alors que l’inverse était possible, avec une grande concentration. Il fallait croire que la future déesse ne pouvait pas réunir ses pensées plus de deux minutes sans changer de focalisation inconsciemment. D’ailleurs, malgré tous les efforts qu’elle pouvait faire pour rester éveillée, le confort de son lit, sa chaleur, ainsi que la chaleur et la présence rassurante de Vlad eût tôt fait de l’envoyer dans le pays des limbes, là où elle ne voulait pourtant absolument pas aller. Alors qu’Ealia pensait avoir seulement cligné des yeux, elle ne le rouvrit plus, et plongea dans les ténèbres de sa tête.

A l’intérieur de celle-ci, au début, tout était calme. Il ne s’agissait que de néant. Comme si quelqu’un était en train de choisir un programme sur la télévision et qu’il restait un moment indécis. Ce moment ne dura à priori pas si longtemps. Mais il était impossible de savoir mesurer une telle chose dans une situation pareille. Ainsi, la véritable « action » commença sans crier gare. Les cauchemars n’en étaient pas réellement. Il s’agissait plutôt de flash, de cris, de pleurs. Des images chaotiques qu’Ealia n’arrivait pas vraiment à comprendre et analyser. Il y avait des visages connus, des inconnus dont elle avait oublié l’existence. Il y avait des lieux qu’elle fréquentait et d’autres qui ne semblaient provenir que du fruit de son imagination. Elle ne pouvait savoir si ses rêves étaient vraiment terrifiants, ni ce qu’ils signifiaient. C’était comme une peur venue du fond d’elle-même qui remontait dès qu’elle voyait ces images qui ne voulaient toujours rien dire. De quoi s’agissait-il pour qu’elle en eût peur ainsi ? La déesse à en devenir avait eu beau chercher, rien ne lui était venu à l’esprit. Rien de concret, en tout cas. En effet elle avait l’impression qu’il s’agissait du soir de sa mort. Mais, étant donné qu’elle n’en avait aucun souvenir, Ealia ne pouvait l’affirmer et cela resterait surement toujours une supputation. Dans tous les cas, Ealia se débattait vainement contre ses visions. Essayant de chasser les images de son esprit manuellement. Elle ne se rendait pas compte, endormie, que ce qu’elle cherchait à faire, dans sa tête, se répercutait dans le monde physique, et encore, appeler la Deus Academia comme tel était en soi une erreur. Ealia pensait s’être habituée au fil du temps. Toutes ces images, ces sons, ce sang. Elle pensait que tout ça finirait par devenir son quotidien, comme son silence forcé. Et pourtant, non. Sa peur ne s’atténuait pas. Elle devait subir, comme beaucoup de nuits, comme beaucoup de siestes, ses pérégrinations nocturnes.

Néanmoins, cette nuit, quelque chose n’était pas pareil. Alors que tout semblait parfaitement normal – si on pouvait appelle cela comme tel- , une sensation vint l’apaiser. Comme un vent rassurant, une étreinte chaleureuse. Ealia ne pouvait pas vraiment la définir, mais cela la calma. Les flashs ralentirent, devinrent flous et tangibles. Elle put les chasser peu à peu. Comment cela avait-il pu arriver ? Il n’y avait aucune raison qu’Ealia s’apaisât ainsi sans aide. Mais alors qui ? Le Lord ? Dans les limbes, la déesse à en devenir en avait eu l’impression. Elle aurait bien voulu lui demander, mais, elle pouvait enfin dormir. Ce n’était pas négligeable. Par conséquent, l’apprentie laissa son esprit se reposer. Elle aurait voulu que toutes les nuits, cela soit le cas. Mais elle ne pouvait pas demander à Vlad de braver les dangers des surveillants toutes les nuits pour venir l’aider ainsi. Elle n’était même pas certaine de son hypothèse. Elle ne pouvait pas demander, c’était impossible pour elle. Inimaginable même. Ealia allait seulement profiter de cette nuit de tranquillité et supporter toutes celles qui viendraient ensuite. Sans broncher, sans pleurer, sans craquer. Comme elle l’avait toujours fait.

Les heures s’écoulèrent lentement. Et pourtant elles semblèrent passer le temps de fermer les yeux. Il faisait encore un peu sombre quand la jeune presque femme avait ouvert les yeux. La clarté filtrait par les rideaux mal fermés. Elle n’était pas assez forte pour faire mal à la rétine, mais assez lumineuse pour qu’Ealia pût voir sa chambre dans son entièreté. Or, ce n’était pas la chambre qu’elle regardait, mais plutôt le jeune homme, - ou pas va savoir, avec le masque- endormi. Il était tout proche, tourné vers elle. Elle le détailla, ou plutôt, elle détailla le peu de chose qu’il y avait à détailler. Au final, rien de plus qu’elle n’avait déjà vu de loin. Pourtant il y avait ce bracelet, entre eux deux. Il ne fallut pas beaucoup de temps pour qu’elle comprît comment Vlad avait procédé pour la soulager. Si elle avait pu sourire, elle l’aurait fait, en cet instant. A la place, si elle ne pouvait pas le remercier silencieusement de cette manière, elle préféra se rapprocher, encore, encore. Son front vint se coller au masque de Vlad alors qu’elle attrapait sa main avec les deux siennes. C’était bien tout ce qu’elle pouvait faire. Elle profitait ardemment qu’Aleana soit encore engourdie par le sommeil pour faire ce genre de chose qui, soit dit en passant, n’avait encore aucune autre signification que le remerciement. Quand bien même ils ressemblaient à un drôle de couple, et c’était encore faible, Ealia ne possédait pas ces « pensées », ni cette vision des choses qu’Aleana gardait jalousement pour l’instant.

L’apprentie attendit, ainsi sous la couverture, que son « sauveur de la nuit » comme cela lui avait traversé l’esprit, se réveille. Elle voulait encore le remercier quand il serait là. Elle le devait, c’était devenu comme un devoir. Et quand Ealia se mettait une chose en tête, elle n’abandonnait jamais. Celle-ci ne ferma pas les yeux, fixant les uniques trous dans le masque collé à son front. Elle serra la main qu’elle avait pu attraper. Des heures. Elle aurait pu tenir des heures dans cette position.  

 
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Dernière édition par Ealia Vaylond le Mar 15 Avr 2014 - 14:15, édité 2 fois
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Re: A jouer sous la pluie on attrape un rhûme [pv Lord Vlad] - Mar 4 Mar 2014 - 19:21
__

__Se réveiller, c'est passer du rêve à la réalité.

__Quand il se reprit conscience, une jeune fille se tenait devant le lit. C'était Ealia, bien sûr... Ou n'était-ce pas elle ? Elle était de dos, il ne pouvait rien affirmer à ce sujet. Pas de signe de la chouette. Il tenta de voir ses yeux, se glissa doucement hors du lit, essayant de ne pas se faire remarquer par l'incertaine silhouette. Malgré un léger grincement en prenant appuis sur un seul pied, au sol, la jeune fille ne se retourna pas. Elle était assise à terre devant la fenêtre, ses cheveux avaient le noir corbeau de ceux d'Ealia, il n'eut donc qu'à supposer que c'était elle, sans avoir besoin d'autres indices.
Il s'approcha à pas lents de la fenêtre par laquelle filtrait une douce lumière ondulante. Son regard était attiré par ces yeux qu'il ne voyait pas encore et limité par son masque. Soudain, il sentit quelque chose sous le pied qu'il posait au sol, toujours aussi doucement, ce qui le fit baisser les yeux. Avec horreur, il constata que cette chose n'était autre que le corps sans vie du familier de son amie, sa nuque avait été brisée et son corps jeté violemment sur le sol, couvrant les alentours de petites gouttes de sang. Relevant brusquement les yeux, il ne put que s'étonner de la disparition d'Ealia. Faisant paniqué, un tour d'horizon, regardant tel un animal en détresse les alentours, il fut de nouveau frappé de stupeur. Dehors, la lumière ne venait pas du soleil, mais d'un immense brasier qui consumait l'académie, tandis que les élèves et les professeurs paniqués courraient se mettre à l'abri près de la fontaine, dont l'eau, malheureusement, ne suffisait pas à les garder en lieu sûr. Ceux qui avaient plongé dedans, pensant y trouver un refuge semblaient souffrir énormément et ne pas réussir à sortir.
Des mains agrippèrent brutalement son cou et il se rappella ne pas être seul dans la pièce Aleanna, car seule elle pouvait avoir tué Heleth, s'y trouvait aussi. Sans réussir à exercer une grande pression, elle tentait de l'étrangler à son tour.
En attrappant ses poignets, il la regarda droit dans les yeux, trasférant toute sa colère dans ce regard que son masque lui cacherait. Sa colère se changea vite en peur. Ses yeux n'étaient pas plus verts que rouges. Ses yeux étaient noirs, pas d'un noir comme ceux des animaux, mais plutôt comme celui des trous noirs la lumière y rentre et n'en ressort pas. On ne les voit que parce qu'on ne les voit pas. Pire encore, sa force ne suffisait pas à la faire lacher prise, et aurait même eu tendance à la faire se renforcer. Sa tête tournait, sa vision devint de plus en plus floue et...

__Il ouvrit les yeux. Tout était calme. La lumière du soleil pénétrait un peu dans la pièce lui montrant le visage de la jeune fille le front collé à son masque. Son cauchemar était fini, ils ne duraient jamais longtemps et peut-être étais-ce nécessaire pour la calmer, qu'il absorbe une partie de sa peur. Ses yeux rouges avaient quelque chose de rassurant, de serein. Sachant qu'elle ne pouvait à cause de son masque, pas remarquer qu'il avait les yeux ouverts, il entreprit de bouger. De la main avec laquelle il tenait la sienne, il fit un petit geste, un simple mouvement de doigt pour se faire remarquer. De manière assez inattendue elle recula un peu, se repliant sur elle-même. Il bougea encore, alors que tous ses sens n'étaient pas en éveil et chaque fois, il provoqua cette réaction. Lui faisait-il mal ? Il pensa tout de suite qu'il avait peut-être, exceptionnelement, roulé pendant son sommeil et qu'il écrasait son bras. Baissant la tête, il essaya de faire descendre assez son champ de vision pour voir où étaient ses bras. Les deux descendaient dans les couvertures et restaient près de son corps. Pas de soucis de ce côté là. Sa perception devenant de plus en plus concrète, il se rendit doucement compte que la main qu'il avait bougé était soumise à une chaleur anormale. Il n'eut pas le temps de plus constater ce qui se passait.

__Il se réveilla.

__Ce qu'il vit lui fit sérieusement se demander s'il était dans un rêve, de nouveau. Tout était pareil que la dernière fois, leurs deux visages proches, ses yeux plongés dans les trous de son masque, son état de somnolence à la sortie de son sommeil immobile. Pour manifester son éveil, il préféra donc la parole au mouvement, même si ce n'était que pour un mot :

-Bonjour...



[

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Re: A jouer sous la pluie on attrape un rhûme [pv Lord Vlad] - Mar 15 Avr 2014 - 14:13


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Il y avait cette drôle de mélodie dans sa tête. Douce, calme, envoutante. C’était comme si elle n’était pas présente. Comme si elle faisait partie de la normalité, un bruit de fond. Egal au bruit de pas quand on marche, égal au son de l’eau quand on passe à côté d’une fontaine. C’était normal. Et pourtant pas du tout. Cette musique. Elle était malsaine, dérangeante. Effrayante même pour Ealia. De simples chuchotements, comme si une personne venait gratter l’intérieur de sa tête avec son ongle pointu. A bien des égards cela pouvait passer pour quelque chose d’insignifiant. C’était ce que croyait également Ealia au départ. Mais le temps passait, le bruit continuait et détériorait les pensées d’Ealia et de personne d’autre. Quelque fois elle se demandait si elle n’était pas la seule à l’entendre. Si Aleana aussi pouvait percevoir ce son qui la hantait.  Malheureusement, jamais elle n’avait osé lui demandé. Trop personnel, trop de risques à prendre pour peut-être terminer humiliée. Ealia savait déjà qu’elle pouvait se révéler folle. Mais sentir cette menace, l’ascension inexorable de ce bruit vers le cœur de son esprit l’effrayait encore plus que n’importe quoi. L’angoisse lui montait quand elle ressentait une différence dans l’intensité de cet enfer mélodieux.

 
Ses cauchemars étaient-ils liés à cette chanson persistante ? Qui aurait pu le dire, ces rêves, elle ne s’en rappelait jamais. Ealia avait beau essayer de s’en remémorer, rien n’y faisait. Ils restaient inaccessibles, loin et pourtant trop imposant. Chaque nuit, ils la torturaient sans relâche, sans répit pour la pauvre jeune fille. La noirceur dominait son âme et ses songes, elle l’engloutissait dans un tourment qui n’en finissait qu’au lever du jour.
 
Néanmoins cette nuit-là, ça ne s’était pas déroulé comme prévu. On l’avait apaisée, calmée. On avait dompté ses rêves l’espace d’un instant. Et ce « on » se trouvait être une personne en particulier. Pas n’importe qui, pas un passant, un inconnu, une rencontre fortuite qui ne se réitérerait jamais plus. Il s’agissait de Vlad. De ce masque Ying et Yang qu’elle croisait bien plus souvent que n’importe qui. Et à chaque instant, à chaque nouvelle rencontre, un évènement, pas des plus heureux, se produisait. N’y aurait-il jamais un instant où ils pourraient discuter, sans que rien ne les rendît triste, sans qu’aucune chose ne vînt perturber leur discussion paisible ? Rien n’était bien sûr, au pays des morts réapprenant à vivre. Malgré le fait que sa présence ne semblait qu’apporter des malheurs pour la jeune apprentie, c’était la personne qui la rendait le plus heureuse, quand bien même elle ne pouvait montrer cette joie au Lord. Malgré tout ce qui pouvait arriver quand ils se retrouvaient ensemble, il restait la personne auquel elle tenait le plus. Était-ce seulement de l’amitié ? Pour Ealia, ça ne pouvait rien être d’autre. En effet, elle n’était pas capable de ressentir l’amour. Son âme ne le possédait pas, mais Aleana, oui. Et cela se révélait être un obstacle à quoique ce soit et à qui que ce soit qui désirait approcher de près Ealia. Aleana avait dirigé cette émotion incomprise vers la jeune femme. Là demeurait tout le problème qu’aucune des deux ne parvenait à identifier.
 
-Bonjour…
 
Cette voix ne lui semblait pas inconnue. Car en effet, Ealia la connaissait. Ce mot sortait de la bouche masquée. Masque qu’elle fixait pourtant depuis un bon moment. Patiemment et en silence. Elle n’aurait jamais pu essayer de troubler son sommeil après ce qu’il avait accompli pour elle, dans le seul but de la soulager, de l’aider. La jeune apprentie aurait tant voulu le remercier pour la meilleure chose qu’on aurait pu faire pour elle. Mais comment ? Là se trouvait la question qui la tiraillait en plus de ce son qui semblait ne jamais vouloir partir. Le Lord aurait-il pu également faire partir ce bruit ? C’était peut-être trop demander. Il s’agissait surement au final de quelque chose qui ne pourrait jamais être soigné, aussi triste et désespérant que cela paraissait.
 
Ealia cligna des yeux plusieurs fois, comme pour signifier qu’elle se trouvait bel et bien parmi les réveillés. Peu avant elle s’était perdue dans la profondeur de son esprit, absente. Tirée petit à petit par cette mélodie envoutante vers le fond. Une fois de plus elle remercia le Lord de l’avoir remontée, quand bien même il l’avait fait avec un simple mot dont l’objectif se révélait tout autre. Aleana ne semblait pas encore apte à réagir à leur proximité qui ne pouvait que l’énerver, elle qui possédait les émotions adéquates pour comprendre les sentiments du Lord. D’ailleurs elle l’avait compris, mieux qu’elle ne l’imaginait. Mais Ealia lui appartenait et pour rien au monde elle ne l’aurait laissé à quelqu’un d’autre, en cet instant en tout cas. L’avenir était une chose incertaine et cela jusqu’à la fin. La jeune femme décida de se décoller du masque. Elle ne voulait en effet pas plus le déranger avec sa présence qui pouvait se trouver encombrante. A la place, dans un élan d’affection soudain, peut-être parce que son esprit étriqué s’était décidé à imiter un petit animal, ou simplement parce que des sentiments qui ne pouvaient lui être propre s’étaient accumulés en elle, Ealia vint se blottir dans le creux délimité par la position de Vlad. Elle se mit en boule, son menton touchait ses genoux, sa tête était appuyée sur le torse du Lord tandis que ses jambes se trouvaient contre son ventre. S’agissait-il d’un moyen pour prouver son affection, emprunté aux animaux qu’elle avait vu dans des livres ? Utilisé pour lui signifier son attachement et sa dette envers lui ? La mélodie commençait réellement à l’atteindre. De plus en plus elle s’insinuait en elle et cela devait jouer en grande partie quant à cette action.
 
Cela pouvait paraitre très étrange, qu’une jeune femme qui n’en avait pas l’air se lovât comme un chaton contre le Lord pour une raison qui pouvait paraitre obscure mais qui, pour elle, était tout à fait justifiée. Elle ne pouvait rien dire, elle ne savait expliciter par des mots son remerciement pour ses actes. Elle aurait très bien pu frotter son visage contre lui tel un chat. Mais sa timidité était encore trop grande pour cela et la position dite de « boule » était plus propice pour dissimuler son visage. Ealia ne pouvait pas prédire la réaction de son « ami » si leur relation étrange et pittoresque pouvait utiliser ce mot aussi simple. Elle tenta de dire quelque chose tout en sachant très bien que l’épreuve était presque impossible. Ce n’était qu’un mot. Un mot normal qui, une fois dit, devrait éclairer son geste. Elle prit une grande inspiration, sa concentration se rassemblait en elle, poussant la mélodie au plus loin pour occuper le plus de place.
 
Un seul mot.
 
-Me…Mer…Merci…

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Re: A jouer sous la pluie on attrape un rhûme [pv Lord Vlad] - Jeu 17 Avr 2014 - 16:07

__Rouge. Cette couleur qu'il voyait, ces yeux rouges qui plongeaient dans les tréfonds des ombres de son masque pour trouver son regard, cette couleur de sang bien qu'elle provienne en fait de tout autres pigments, cette couleur si étrange qui lui faisait penser que peut-être, cette jeune fille calme qui lui plaisait énormément n'était que la seconde personnalité du corps qu'il avait contre lui. Après tout, pourquoi une fille aux yeux verts ne serait pas habitée par un esprit qui rend ses yeux rouges, pourquoi l'inverse lui paraissait si étrange. Rouge. La couleur de la colère, de l'attirance, celle qui souligne le trajet des larmes, celle qui emplissait les joues invisibles de l'homme au masque.

__Joues empourprées vainement, peut-être, car quel moyen avait-il de savoir ce qu'elle ressentait pour lui, elle qui était presque aussi inexpressive qu'un saumon, une pierre ou son masque ? Il n'avait que quelques indices flous : une attitude envers lui qui relevait au moins de l'amitié, une relation excessive d'une autre personnalité, et ce sentiment qu'il sentait grâce au charm's émotifs, qui étaient restés sur lui après la nuit, un sentiment doux indescriptible, si ce n'est par ce mot. Quelque battements de paupière en réaction à son bonjour lui indiqua qu'elle l'avait entendu. Elle recula un peu du masque, qui avait laissé, puisqu'elle s'y était appuyée, une marque rouge sur son front, qui lui donnait un air, avec ses yeux pas trop ouvert, d'une fille à peine réveillée, ayant dormi la tête dans l'oreiller. Vlad ne put s'empêcher de trouver ça mignon.

__Mais pas aussi mignon que se rouler en boule et se lover contre lui. Cette position lui rappela celle d'un chat, qui vient se frotter contre la personne avant de se coucher contre elle pour lui piquer le plus de calories possible tout en dormant paisiblement, sans se soucier que sa victime soit immobilisée par la peur de le déranger. Sale bête... Enfin Ealia, ce n'était pas totalement ça non plus. Elle ne faisait pas ça pour lui piquer de la chaleur, les chats font ça parce qu'ils n'ont pas comprit, ou pas eu envie de comprendre, le principe de la couverture, ce qui ne semblait pas poser de problème à Ealia. Mais pourquoi le faisait-elle ? Vlad n'eut pas d'autre interprétation de cette position qu'une marque d'affection. Après tout, il avait réussi à adoucir ses cauchemars, à lui faire passer une bonne nuit là où il n'y avait manifestement de la place que pour la sueur froide et l'agitation. Dans cette affection, il n'y avait pas d'avantage que cela ne laissait penser, même si Aleana semblait avertie de l'origine de la vie, il se refusait à prêter à Ealia ce genre de pensées, son silence devait y être pour quelque chose. Puis cette position n'avait rien qui puisse laisser penser qu'elle était plus qu'un "câlin" amical.

-Me…Mer…Merci…

__C'était sa reconnaissance qu'elle exprimait, c'était déjà, à peu près ce qu'il pensait. Mais il espérait qu'elle ne se faisait pas de fausses idées sur les moyens d'exprimer sa reconnaissance. Il avait eu vent qu'à certaines époques les femmes étaient tellement soumises que donner leur corps en remerciement était quelque chose d'assez courant.

__Il ne fallait pas y penser, les chances que quelque chose d'aussi tordu arrive étaient inférieures à zéro... heu, inférieure à un pourcent, c'est suffisamment peu. Il était content qu'elle soit prêt de lui et penser comme un puceau pré-pubère gâcherait le plaisir simple qu'il pouvait tirer d'un moment comme ça. Sa main passa dans les cheveux noirs d'Ealia, caressant la douce toison, doucement, sans appuyer, comme on caresse un chat qui fait semblant de dormir, en essayant de ne pas le réveiller alors qu'il simule et qu'il n'attend que votre main dans son pelage. Ses jambes se rabattirent un peu sur elle, ses bras la piégeaient symboliquement contre lui en lui caressant les cheveux. Il l'avait capturé, elle était sienne, elle pouvait partir d'un instant à l'autre, juste relever la tête, faire quoi que ce soit, mais elle ne ferait rien. Elle non, mais Aleana elle, ne resterait pas sans rien faire, mais ça valait le risque.

__Il n'avait pas prit le temps de regarder sa montre, il était peut-être déjà en retard en cours, puisque le soleil était levé, peut-être pas, il pouvaient aussi s'être levés très tôt. Quoi qu'il en soit, pour une fois, les cours pouvaient bien attendre.


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Re: A jouer sous la pluie on attrape un rhûme [pv Lord Vlad] - Dim 20 Avr 2014 - 17:48



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Une nouvelle fois, la signification des gestes des deux protagonistes étaient toujours sujets à interprétation. Si, pour une personne extérieure, une jeune fille en boule contre un jeune homme qui l’avait emprisonné et qui lui caressait affectueusement les cheveux était signe d’une relation poussée et probablement amoureuse, le cas présent ne se révélait pas du tout comme cela. En tout cas, pour la jeune fille, ça ne se présentait pas comme ça. Il acceptait seulement ses excuses d’une manière au moins aussi étrange que la sienne. Il s’agissait en quelque sorte d’un juste retour des choses avec un procédé similaire. Sa main passait, repassait, polissait presque les cheveux de la jeune fille. Celle-ci se laissait faire. Les gestes du Lord se révélaient agréables, apaisants et encore plus reposants que son sommeil ultérieur. Il ne semblait fait que pour la tourmenter, la tirer toujours plus loin dans ses peurs et finir par la noyer de l’intérieur. Quelle partie de son esprit pouvait-il être si perfide pour lui faire subir toutes ces choses ? Il ne s’agissait pas d’une question à se poser, du moins pas pour l’apprentie déesse. Ses principales questions résidaient à « Qu’est-ce que je vais manger aujourd’hui ? », « Où est Heleth ? » et « Que va penser Aleana si je fais ça ? » Il ne paraissait pas difficile de comprendre le mode de vie de la jeune fille rien qu’avec ses interrogations quotidiennes.
 
D’ailleurs en cet instant, comme traversée par un éclair de lucidité et de maturité que pourtant elle ne possédait pas, la troisième question lui vint en tête. Aleana se trouvait-elle déjà parmi eux à ce moment précis ? Cette hypothèse s’annulait rapidement. Même la jeune fille naïve et innocente était capable de ressentir sa présence en elle et surtout pouvait savoir quelle sorte de scène ne lui plaisait pas. Bien qu’elle le sût, elle ne parvenait pas à comprendre pourquoi. En quoi cette situation se révélait si impure, mauvaise pour elle, alors que rien ne s’y passait, qu’il ne faisait que lui caresser les cheveux en la tenant pour ne pas qu’elle glisse hors du lit. Du moins dans sa vision des choses. Qu’aurait-il voulu faire d’autre, en la tenant ainsi ? Soit il ne voulait pas qu’elle partît, idée peu probable vu qu’il ne détenait aucune pensée violente envers elle, en tout cas, elle l’espérait, soit il lui donnait un peu de sa chaleur corporelle. Il se plaçait toujours au-dessus de toutes les personnes qu’elle n’avait jamais pu rencontrer avant et de tout son cœur elle souhaitait qu’il y restât. Ealia désirait depuis leur toute première rencontre, depuis le moment où elle l’avait quitté qu’il pût rester à cette place toute particulière. Cependant, cet endroit ne se nommait pas. Aucun nom ne pouvait se poser là-dessus. Tout simplement car ce titre ne pouvait se trouver dans la tête d’Ealia, mais bien dans celle d’Aleana. Ainsi resterait cette stèle innommable.
 
Le temps s’écoulait ainsi, sans que rien ne les dérangât. Cela aurait pu durer des heures comme quelques secondes. Rien ne parvenait à leur indiquer le temps, dans cette chambre. L’apprentie n’avait que faire du temps, elle ne suivait ni les cours ni les couvre-feux et jamais personne ne lui avait reproché son mode de vie. Autonome et indépendante, ou plutôt désespérément seule et abandonnée, un cercle vicieux s’était installé autour d’elle. En effet, elle ne pouvait d’ores et déjà plus suivre les cours, vu qu’elle n’y comprenait plus rien, et sa difficulté de communication rendait toutes questions mortes-nées. A quoi cela servirait d’aller en cours si c’était pour se faire lyncher par quelques camarades railleurs et par le professeur en même temps ? L’utilité ne s’y trouvait malheureusement pas, de plus, Aleana ne se révélait pas en mesure de supporter autant de personnes dans la même pièce. Ses tentatives de rattrapage à la bibliothèque s’étaient tous soldés par des échecs. Pourtant, la motivation ne manquait pas. Il fallait croire que le manque d’éducation dans sa vie terrestre avait déteint sur sa vie d’apprentie déesse. Mais qui s’en plaignait ? Personne, jamais personne ne s’en était plaint. Elle faisait ce qui lui plaisait, nul être ne l’avait punie pour tout cela. Alors à quoi bon. A quoi bon faire des efforts quand ceux-ci s’avéraient infructueux.
 
Peu à peu, au fil du temps, à mesure qu’ils vieillissaient au gré des secondes, alors qu’Ealia écoutait la fine mélodie qui résonnait inlassablement dans sa tête, tentant par la même occasion de voir qui pouvait bien la chanter et pourquoi, une autre présence s’immisçait en elle.  Elle parvenait à la sentir, remonter les abimes en se tirant à la force de son esprit vers le plateau de contrôle. La jeune femme se crispa. Il ne fallait pas qu’elle vînt. Le moment était trop calme, trop beau pour être gâché de cette manière. Elle allait revenir en pleine forme et briser tout sur son passage, piétiner tout ce qu’ils avaient réussi à construire malgré les difficultés, quand bien même cela ne ressemblait à pas grand-chose. Son corps se tendit, ses paupières voulurent se fermer plus qu’elles ne le pouvaient. Elle devait partir ! Aleana devait partir, il fallait la chasser, loin d’eux. Ce moment n’avait pas le droit d’être brisé. Pourtant. Et pourtant son avancée ne ralentissait pas, elle accélérait même. Comme si Aleana parvenait à sentir la situation, à la voir avec son esprit avant d’avoir pu le faire avec ses « yeux ». Ealia glissa ses mains jusqu’à son crâne pour l’enserrer avec toute la force qu’elle possédait. Tout allait tomber en miette. Toutes les histoires se devaient de mal se terminer, après tout. La jeune femme n’avait aucune envie que le Lord se retrouve de nouveau face à elle. Il n’y avait que la violence, que le mal, que l’agressivité en elle. Il allait fuir si elle le rencontrait encore. Son devoir l’appelait.
 
-P-pars…
 
Ses fragiles mains opalines repoussèrent le torse du masqué avant de revenir à son crâne, se recroquevillant sur elle-même. Bien sûr, il penserait que son geste ne lui avait pas plu, malgré le temps qu’elle avait passé dans ses bras. Bien sûr il allait penser qu’elle le détestait alors qu’il s’agissait du total opposé, mais les mots lui manquaient et le temps aussi.
 
-Pars… Vite…
 
Il s’agissait là des seuls mots qu’elle arrivait à articuler. Ils se suffiraient à eux-mêmes pour l’instant. Plus tard, Ealia s’expliquerait. Plus tard, elle lui montrerait que ses intentions se révélaient nobles. Mais pas maintenant, malheureusement, pas maintenant. Son corps ne formait plus qu’une simple boule de vêtements et de cheveux. Aleana imposait de plus en plus sa présence. La mélodie la rendait plus angoissante qu’elle ne devrait. Les voix s’étaient intensifiées, Ealia en était maintenant certaine. Pourquoi, pourquoi aujourd’hui et maintenant ? Ils se reposaient si bien. Une chose devait toujours venir tout gâcher. Le sort s’acharnait-il ? Pourquoi sur une pauvre jeune fille dont la destinée s’était toujours profilée malheureuse et solitaire ? Des réponses qui resteraient à jamais sans réponse, sans doute. Qui aurait pu répondre à ça. Le désespoir envahit soudainement Ealia. Sa solitude la rattraperait, après tout ceci, elle reviendrait au pas de course pour l’emprisonner dans son horrible cage. Plus loin, Heleth s’agita, comme si son âme était encore liée à celle de sa mère adoptive.
 
Jamais les choses ne changeraient. Jusqu’à sa mort, Ealia ne trouverait jamais la paix.

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Re: A jouer sous la pluie on attrape un rhûme [pv Lord Vlad] - Lun 21 Avr 2014 - 11:31

__Il était bien comme ça. Le temps semblait figé, malgré le très léger tic-tac de sa montre, qui, d'excellente qualité, était faite pour faire le moins de bruit possible. Il ferma les yeux. Il n'avait pas besoin de voir. Il continuait presque machinalement de caresser la chevelure soyeuse de la jeune fille. Ses mains, sa peau sentait la caresse des cheveux sur elle, bien que ce soit elles qui, dans le principe, les caressaient. Ses sens s'éveillaient un peu plus, du fait de la réduction de la place prise par la vue. Il entendait. Il entendait aussi bien le bruit répétitif de sa montre, qui lui rappelait le rythme du monde, effréné, tandis que la respiration d'Ealia et la sienne, s'ils avaient été les seuls bruits, auraient fait passer l'écoulement du temps pour un long fleuve tranquille. Il entendait même au dehors de la chambre, des discussion, des pas, des rires, des élèves se rendant le matin en cours, pas encore en retard. Il sentait les odeurs, la sienne, une odeur étrange, qui sentait globalement comme la transpiration, normale, mais avec quelque chose de plus, qu'il ne savait décrire et l'odeur d'Ealia qu'il trouvait agréable, mais qu'il n'avait pas beaucoup plus de mots pour décrire. Et enfin, sens que son bracelet, passé autour de ses doigts, lui donnait en plus de l'être humain normal, il pouvait sentir les émotions de la jeune fille et de sa personnalité envahissante. D'un côté, c'était la paix de l'âme et de l'esprit, de l'autre, ça semblait vouloir étriper Vlad puis le pendre avec ses boyaux. Cela l'amusa et le fit esquisser un sourire.

__Il se concentrait sur tout ce qu'il sentait, c'était pour lui un moyen de garder ces instants en mémoire, de les retenir parfaitement, de pouvoir dans son esprit les réinvoquer comme de bons souvenirs, dans les moments difficiles, cela lui donnerait la force de continuer, cela lui donnerait l'énergie du désespoir, une raison de désespérer, quelque chose qui le motiverait à continuer à vivre, quelque soit le pétrin dans lequel il serait tombé.

__Puis il ressentit la peur, un sentiment intense que son bracelet transmettait très bien. Il avait dès lors, sans en connaître la raison, un peu peur lui-même. Il raisonna, il en chercha les raisons, non en lui, mais en Ealia et c'est en posant sa main sur sa tête, répétant encore son mouvement, qu'il eut une réponse formelle : elle se tenait la tête, elle avait mal à la tête, comme lors de leur première rencontre, et il était fort probable que comme lors de leur première rencontre, Aleana allait pendre le contrôle de son corps d'un instant à l'autre.

-P-pars…

__Sans lui laisser le temps de lui obéir docilement, comme le gentil toutou qu'il devenait, sans s'en rendre compte en sa présence, elle le repoussa avec ses deux mains et une force que l'on ne soupçonnerait pas en la voyant. Vlad roula au sol, tombant malgré lui avec la couverture qui eut au moins le mérite d'empêcher sa chute de lui faire mal.

-P-pars… Vite…

__Elle était triste, Aleana était toujours en furie, mais Ealia elle, était plutôt submergée par la tristesse. Elle ne savait pas prendre soin d'Ealia, elle la rendait triste, si elle l'aimait, c'était d'un bien piètre amour. Si cette dernière avait pu exprimer ses émotions Lord Vlad l'aurait remarqué à sa voix, à ses larmes, à son expression, mais elle ne pouvait pas et le bracelet remplaçait ce que lui permettrait normalement l'observation.

__Vlad se releva, jetant un oeil inquiet à Ealia qui se tenait la tête. Il ne pouvait rien faire, sinon partir. Mais il avait du mal à s'y résoudre. La salvatrice agitation de la chouette lui donna une excuse pour se retourner, regarder ce qui se passait, plutôt que de partir immédiatement. Cela lui donna quelques secondes supplémentaires pour penser à ce qu'il allait faire. Il n'avait pas de pouvoir ni d'objet qui pouvait contenir Aleana et il était bien la cible de sa colère, alors s'il voulait l'éviter et peut-être épargner sa présence à Ealia également, il devait partir. Mais il ne pouvait pas partir sans rien faire, ni sans rien dire. Son champ d'action étant très limité, il préféra penser à quelque chose à lui dire, quelque chose à quoi elle pourrait se raccrocher. Et s'il lui avouait ses sentiments ? Non, c'était trop dur pour lui, il s'arrêterait au milieu d'une phrase et il ne finirait jamais, alors mieux valait ne pas tenter, il y aurait d'autres occasions. Il trouva quelque chose qui convenait parfaitement, alors il se jeta vers la porte et une fois la poignée en main, il se retourna et s'exclama d'un ton impérieux :

- Nous nous reverrons, Ealia, sois en sûre. Peu importe le temps que cela prendra, peu importe si nos chemins se recroisent demain ou dans cent ans, mais ils se recroiseront, même si dois aller dans les abîmes des enfers pour te revoir, nous nous reverrons.

__Il ouvrit la porte passa, la ferma, en une fraction de seconde, il avait disparu de la chambre. Il s'appuya contre la porte, le souffle coupé. Il avait oublié ses gants à l'intérieur, mais il s'en fichait, Ealia empêcherait Aleana de les détruire, il les récupérerait un jour. Il aurait voulu sortir Ealia de la chambre, en laissant son autre personnalité dedans, mais il ne pouvait pas. Des élèves qui passaient dans le couloir le scrutaient depuis son arrivée. Il se sentit mal à l'aise. Il ne pouvait plus rien faire là, de toutes façons, il devait aller en cours, il était presque l'heure. Il partit, traversant les couloirs, un après l'autre, jusqu'à sa chambre, la chambre noire, que Hank avait déjà déserté. Il s'empara de ses cours et d'un pas lent, un peu déprimé, un peu esseulé, il se rendit dans les bâtiments de classe pour se faire bourrer le mou de choses qu'il savait déjà. En quittant l'internat, il se risqua un petit regard aux balcons, ignorant même où se trouvait celui d'Ealia, celui avec une petite maison pour oiseaux, vue du coin de l'oeil.


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Re: A jouer sous la pluie on attrape un rhûme [pv Lord Vlad] - Dim 27 Avr 2014 - 21:31
Vlad qui se dégonfle alors qu'il allait se confesser ... Même Lev a eu les couilles de le faire mec ! D:
M'enfin, c'est un rp plein de sentiments. Perso j'le trouve triste, surtout pour Ealia quoi. J'espère qu'un jour elle se rendra compte que Vlad n'est pas un ami et que psychologiquement parlant, elle ira mieux.
Je sens que vos aventures ne vont pas s'arrêter qu'à une nuit dans un lit o/

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A jouer sous la pluie on attrape un rhûme [pv Lord Vlad]
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