Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Veillée tardive... ou réveil prématuré.

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Veillée tardive... ou réveil prématuré. - Sam 16 Mar 2013 - 0:24
Assise sur son lit, près de son oreiller, les jambes repliées contre son corps, une jeune femme seule tapote sur son téléphone portable. Elle se divertit sur « Angry Gods », variante divine d'un célèbre jeu humain recréé de toute pièce par un groupe de plaisantins. Le club des Geeks, sans aucun doute... Il n'en reste pas moins très réussi et sacré bouffeur de temps, ce qui reste utile quand on est seule et qu'on attend quelqu'un jusqu'au bout de la nuit. Bonne manière de prendre un peu de bon temps, de se divertir, différemment qu'en travaillant sans cesse. S'exercer est un divertissement en soi, mais il faut savoir faire des pauses. Certains devraient en prendre de la graine.
Éclairée par sa lampe de chevet, Maya est déjà en tenue et en disposition pour aller dormir. Douche prise, cheveux séchés, dents lavées, chemise de nuit revêtue. Courte la chemise, la chambre est bien chauffée. Il faut également reconnaître que la chaleur et la douceur d'une couette contre la peau nue des bras et des jambes est particulièrement délicieuse. Et à l'évidence, personne ne viendra la perturber ce soir encore. Ah ! Niveau C-16, balancer Atios dans la tour de l'horloge. Petit sourire en coin de bouche. Il faut reconnaître qu'elle a un petit faible pour ce niveau très cocasse. Premier jet, Atios défonce un premier étage ainsi que des monstres tout à fait répugnants. Second jet, il explose un second étage, entraînant l'explosion de petits dieux que Maya ne parvient pas à identifier malgré la base de données naturelle dont son esprit dispose pour se souvenir des visages et des noms de toutes les personnes qu'elle rencontre. Plus qu'un jet pour écrouler la tour dans sa totalité et pour ça, il faut réduire en cendre le boss du niveau... Isanagi. Maya pose son doigt sur Atios, le fait glisser vers l'arrière pour lui donner de l'élan, vise... et relâche la pression.

Sonnerie. L'apprentie déesse tourne la tête vers son réveil qui s'allume sur de la musique douce et apaisante. Minuit. L'heure la plus tardive à laquelle Maya se permet de rester éveillée. Elle dépose son GSM sur le lit à côté d'elle, puis elle se met à quatre pattes sur son matelas pour éteindre la sonnerie et reprogrammer le réveil, afin qu'il s'enclenche aux alentours de 6h45. Elle reporte ensuite son attention sur le jeu : Atios s'est arrêté juste devant Isanagi. Le jet manquait de force à l'évidence... et c'est amusant comme Atios à l'air prosterné devant Isanagi. Comme s'il lui baisait les pieds. Comme s'il demandait la main de sa fille...
Maya se paye une bonne tranche de fou rire.


- Atios, Atios, Atios ! Tu n'as pas encore le niveau face à papa ?

Elle quitte le jeu et check sa messagerie une dernière fois avant de dormir. Rien d'intéressant... quelques pubs pour des clubs de l'académie et une photo traficotée d'Isanagi en bikini qui là encore, fait rire la demoiselle de bon cœur. Ces derniers temps, pas de nouvelle de la part des deux grands bosseurs que sont son père et son copain... Ils doivent travailler dur et penser à des choses bien plus importantes que « Elle »...

Coucou Atios ! Tu rentres quand ? Love you

Annuler. Supprimer. Votre corbeille est pleine, voulez-vous vider la corbeille ?
Maya soupire. S'en suis une plainte type « Alala... » quand elle valide la requête proposée par le téléphone. Combien de fois a-t-elle écrit un message avant de se rétracter ? Trop pour la corbeille de son instrument de communication apparemment. Parfois, elle se prend en photo dans des tenues qu'elle apprécie particulièrement pour les montrer à Atios et Isanagi, pour qu'au moins, ils se remémorent son visage... mais là encore, jamais elle n'envoie. Tout est une question de formulation ou de suggestion cachée, elle ne peut se permettre de commettre ce genre d'écarts vis-à-vis des hommes de sa vie. Atios est membre du conseil. Il l'a mérité et bosse dur pour démontrer sa pleine servitude et son dévouement envers les autres pour réussir... contrairement à Maya, une ratée qui n'a même pas eu la confiance de ses supérieurs pour obtenir une place de seconde zone dans ce même conseil. Elle est d'ailleurs en plein complexe d'infériorité, s'imaginant qu'elle ne mérite pas de rester aux côtés d'un dieu si important et crucial pour l'académie. Maya n'est qu'une fille de. Manquerait plus qu'elle perde sa relation avec l'un ou l'autre de ces hommes pour que sa vie sociale tombe littéralement en ruine, désintégrée par sa propre volonté. Ce monde est cruel, bien plus que la vie humaine d'autrefois.
Si Atios fini par s'échapper de sa vie... peut-être devra-t-elle retourner dans le monde qui lui correspond le mieux ? Le monde des idiotes.


Atios... J'ai besoin de toi ici et maintenant. À l'aide... Qu'est-ce que je peux faire avec ce que j'ai sur la conscience ?

Annuler. Supprimer. Nouveau message.

Atios... tu as failli être père, le sais-tu ?

Annuler. Supprimer. Nouveau message.

Papa, tu étais à deux doigts d'être grand-père ! Ce sera pour une autre fois, si tenté que j'obtienne ta bénédiction.

Annuler. Supprimer. Nouveau message.

Bonne nuit Atios ! 。◕ ‿ ◕。

Envoyer.
Elle lâche nonchalamment son téléphone au-dessus de sa table de chevet et éteint la lumière. Elle s'allonge sur son lit, sur le côté, puis soupire. Elle prend son oreiller et le sert fort contre elle. Enlacer un oreiller quand on n'a plus rien d'autre à se mettre sous la main...
Maya se redresse et balance l'oreiller de toutes ses forces contre le mur, à l'autre bout de la pièce. Elle retire sa chemise de nuit, la compacte en boule et la jette exactement de la même manière. À quoi bon avoir de beaux vêtements si personne ne regarde ? À quoi bon simuler la bonne humeur si personne n'est là pour vérifier ? Voilà comment notre jeune déesse perd son calme et se retrouve avec un excès de force dans les bras. Comment se défouler pour se calmer ? Frapper dans les murs ? Soulever des meubles lourds ? Briser des objets fragiles ?

Et là, dans le noir, éclairée par la seule et faible lumière d'un croissant de Lune, Maya craque.

Elle sait cependant qu'elle n'a pas le droit de se laisser aller. Elle sait qu'elle est égoïste d'attendre quelque chose de la part des autres pour aller mieux. C'est une grande règle : « ne jamais attendre quoi que ce soit de la part des autres si on peut le faire soi-même ». À quoi bon d'ailleurs ? Ce serait de la paresse, de la lâcheté ou de la mauvaise volonté... Maya, tu veux être heureuse ? Alors, cherche le bonheur toi-même au lieu d'attendre Atios ou Isanagi. Ils ont autre chose à faire que s'occuper de ta petite personne juste pour ta satisfaction ou ton contentement. Mais il n'y a pas non plus à leur en vouloir, chacun mène sa petite vie de son côté du mieux qu'il peut, chacun à ses responsabilités, ses priorités et ses préférences. Tu n'as pas à mener des actions pour qu'ils modifient leur train de vie juste pour toi. Cherche ce que tu cherches, et fais le toi-même. N'essaye plus de plaire aux autres, reste toi-même et voit ce qui arrive. N'essaye même pas de savoir si on t'aime ou si on te déteste. Vis du verbe vivre et comprend le sens de ce mot.

1h du matin. Maya a retrouvé la position qu'elle avait dans le ventre de sa mère et s'est intégralement recouverte de sa couette. Aucune intervention de l'extérieur, seule avec elle-même. Elle tremble et sanglote profondément. Personne ne peut l'entendre... tout simplement parce qu'il n'y a personne ici. C'est dans cette optique qu'elle décide de faire le vide dans sa tête pour dormir. Elle est simplement fatiguée de rester éveillée tous les soirs jusqu'à pas d'heure. Fatigue entraîne l'interrogation, qui engendre la dépression et les mauvais songes, puis les larmes. Qu'elle cesse de veiller et d'attendre... c'est devenu vain. Ce qu'elle demande de la part d'Atios et d'Isanagi n'a jamais été légitime... elle l'aura simplement cru jusqu'au bout. Il est grand temps de se reprendre en main maintenant. Comment ? Rester elle-même sans plus chercher à plaire à tout le monde.
Demain... non, aujourd'hui, dans une quinzaine d'heures, aura lieu la petite cérémonie de couronnement du nouveau directeur. Si Isanagi ou Atios s'y rendent également, ce sera l'occasion d'aller directement au devant d'eux et prendre les choses en main. Elle n'attendra pas qu'ils viennent vers elle, parce qu'à l'évidence, ils ne le feront pas. S'il le faut, elle leur ordonnera de laisser tomber leur travail quelques heures pour qu'ils aillent s'amuser... mais pas forcément avec elle. Elle n'attendra rien d'eux... si elle le faisait, ils finiraient par la rendre malheureuse pour de bon. Simplement, elle récupérera à cette occasion l'amour qu'ils n'ont pas voulu lui accorder de leur propre initiative. Elle discutera ensuite avec n'importe qui lui plaira sans rien attendre en retour. Rester soi-même, tout faire pour soi...
... aura-t-elle simplement la force d'appliquer ses propres résolutions ?

La nuit porte conseil... tout autant que le sommeil est réparateur.
Ainsi positionnée, Maya s'endort pour ce qui semble être sa dernière nuit malheureuse... Aujourd'hui... elle va se lâcher, relâcher toute cette pression qui pèse sur ses épaules et aller faire sa déclaration au monde. Le ciel est prévenu : l'aube d'un jour nouveau va s'élever parmi les apprentis. Comment se nomme cette révolution ? Nous le saurons bien assez tôt...
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Re: Veillée tardive... ou réveil prématuré. - Sam 16 Mar 2013 - 12:15
Depuis combien de temps n'était-il pas rentré dans sa chambre ? Il ne savait plus. Dans sa tête, le souvenir de son lit était flou. Une semaine. Une semaine, passé à dormir sur son bureau, chaque soir, des gobelets de café sur sa droite. Des papiers. Des papiers. Toujours plus de papier. Et dire qu'à côté de ça, les directeurs en avaient sûrement cent fois plus. Mais il devait tenir bon. Il ne devait pas se laisser aller. Faire toujours mieux. Sans jamais se laisser abattre. Viser les sommets pour s'y tenir et ensuite, pouvoir tendre la main aux autres. Alors, mécaniquement, il essaye de remplir au mieux ses fonctions. Il a bientôt fini de revérifier les archives et de les mettre à jour. Des repentis sont venu l'aider. Encore et encore, chaque soir, alors que le conseil part se coucher, le vice-président du conseil, souriant, leur souhaita le bonsoir et se remettait à travailler, avec un gobelet de café sur le côté. Son rythme de croisière était atteint et ce n'est pas son visage de déterré qui lui avait dit de ralentir le rythme. De toute façon, les infirmiers étaient clairs. Il ne risquait rien. Quelque chose s'assurait à le maintenir en vie malgré le pire des traitements qu'il s'infligeait. Pas besoin de sommeil, de manger, de boire. Bien sûr, c'eut été mieux. On lui avait conseillé de le faire. Alors, quand il y pensait, il le faisait. Et quand son corps ne tenait plus, il s'endormait sur son ordinateur, avant de reprendre, au réveil, son fastidieux travail.

Mais pourquoi autant d'acharnement à faire du travail que le conseil ne s'amusait pas à régler vite, d'habitude ? Décharger les directeurs. Et sa motivation principale, n'était autre que la fille de l'un de ces derniers. Peu de gens savaient qu'Atios & Maya avaient une relation aussi intime, sauf depuis qu'il avait aidé un groupe de jeunes à faire connaître leur art. Les rumeurs avaient augmenté, sans pour autant faire tout le tour de l'école. Celle-ci était paisible, en apparence, pour l'instant. Sauf pour les nouveaux membres du conseil. La réforme de celui-ci lui avait permis de s'impliquer un peu plus dans la vie des étudiants. Alors, forcément, même lui devait s'y coller. Arrêter des emmerdeurs. Guider les nouveaux. S'assurer que les profs faisaient leurs heures. S'assurer que les repentis étaient respectés. S'assurer que personne ne traînait tard, la nuit, dans l'académie. Franchement. Il n'allait jamais s'en sortir. Et ses aides de travail finissaient par partir. Et les piles de papiers qui ne désemplissaient pas. Pires, elles augmentaient au fur et à mesure qu'il devait faire des rondes à l'extérieur. Magiquement, les nouvelles fiches divines à répertorier se rajoutaient. Et plus il réfléchissait à sa tache sans fin, plus il avait envie de sortir Excalibur et de tout casser. Pour se défouler. Et même le club d'escrime moderne battait de l'aile, désormais. Franchement ! Et il n'avait pas vu Maya depuis si longtemps. Bientôt un mois.

Sérieusement, un mois ? Pensât-il. Comment allait-elle ? Avait-elle réussi à se rapprocher des autres ? Il avait pu vérifier qu'elle avait eu ses examens. Il avait été fier et souriant, ce jour-là. Malheureusement, il ne put s'empêcher aussi de constater que son taux de présence en cours, ce dernier mois, était inférieur au dixième des jours de cette unité de mesure temporelle. Le dieu de la lumière finirait Dieu de la paperasse, à ce train-là ! Bien sûr, il avait choisi de s'infliger cette torture prolongée dans le temps. Mais il avait espoir que l'ajout d'une nouvelle tête à l'équipe de direction de directeur lui permettrait de lever les deux pieds sur la table. Mais il devait se rendre à l'évidence.

Il était faible. Inutile. Et serait incapable de protéger qui que ce soit. Les infirmiers lui avaient dit que s'il utilisait ses pouvoirs à leur paroxysme, il risquait de se blesser. Tu parles d'une divinité. Deus, pourquoi lui avoir donné des pouvoirs si on lui refusait de s'en servir ou s'il était incapable de le faire ? Il avait un titre d'autorité et de régence sur la lumière... Mais il ne savait pas quoi en faire. Il allait devoir avoir une discussion avec les directeurs, un de ces quatre. Histoire de leur demander ce que c'était, la magie. Parce que lui, il n'en savait rien. Il savait se servir de la lumière pour faire quelques tâches basiques : bouger des choses dans son environnement, provoquer des explosions ou d'autres fantaisies, mais il se sentait si ... Inculte dans cette matière qu'il lui arrivait de se sentir comme le pire des bons à rien. Il irait aussi donc, peut-être faire un tour à la bibliothèque. S'il en avait le temps.

Il se balança sur sa chaise, le sourire amer. Tant d'efforts, tant de bonne volonté qui étaient invisibles. Tant de gens qui le vénéraient pour ce qu'il semblait être. Tant de gens qui l'enviaient ou qui l'insultaient pour ça. Alors, que tout ce qu'il faisait, c'était de vivre du mieux qu'il pouvait pour respecter ses engagements, ses responsabilités, ses objectifs. Bravant ses peurs, allant jusqu'au bout pour sauver tout le monde, jamais on ne le prendrait à céder à ses désirs les plus personnels : il y renoncerait tôt ou tard pour respecter la mission que Deus lui avait donnée. Protéger les autres, peu importe le prix, peu importe la souffrance, quitte à finir seul et rejeter de tous. Mais il y avait une personne avec qui il voulait être. Une personne, qu'il voulait mettre au-dessus du panier sans savoir s'il en aurait la force.

Bizarrement, un sérieux complexe d'infériorité était en train de naître en lui. Tout comme un manque affectif qu'il cachait derrière du travail, toujours plus de travail. Le froid de la pièce obscure glaçait depuis un moment ses mains, le retenant de chuter, sur cette chaise en équilibre. Il avait envie de hurler, de fuir, de se planquer, de fermer les yeux, de ne jamais plus sortir affronter les autres. Puisqu'il était si faible. Si inutile. Si infime. Et puisque ses bonnes volontés étaient comme des gentils petits coups d'épée dans l'eau dans la vaste étendue de cet imperturbable univers. Ses efforts semblaient ne jamais suffire. Tout finirait par se briser. Et lui avec. Peut-être qu'il n'était pas fait pour être une divinité ? Peut-être que Deus s'était trompé sur son compte ? Atios en était au point de douter de sa légitimité face à son illustre passé.

Alors que la chaise se repose et qu'il se met en boule face à celle-ci, lentement mais sûrement, les ampoules éteintes de la salle éclatent les unes après les autres. Le vent s'agite un peu plus, alors que le jeune vice-président du conseil perd le contrôle de ses pouvoirs. Finalement, son portail vibre et le force à rouvrir les yeux. Dans les ténèbres, la lumière de l'ordinateur et du portable éclaire son visage, surpris. Il n'a pas encore craqué.

Bonne nuit Atios ! 。◕ ‿ ◕。

Atios se relève. Le poing serré. Il ouvre la porte du bureau, la referme. Et marche, marche, marche, jusqu'aux toits du bâtiment. Et une fois à l'extérieur, il se laisse aller contre le mur. Il avait juste envie de taper ce même mur. Passer une bonne nuit? Ah, elle était bonne, celle-là. Deux petites larmes s'écoulèrent de son visage.

Si tu veux que je vienne te voir, sois plus honnête et dis-le-moi simplement, baka...

Mais il le savait. Il n'avait pas le droit de pleurer. Ni celui d'être faible. Ni celui de se laisser. Il s'était enfui sur le toit car il avait senti en lui, une grondante envie de gueuler. Gueuler après l'académie tout entière. Gueuler après Deus. Gueuler face à l'immensité du vide. Parce qu'il le savait, bordel de merde. Ils finiraient tous par l'abandonner. Il s'en irait pour viser le bien commun en sacrifiant chaque parcelle de son être et rien ni personne ne s'en douterait. Lui qui serait animé des meilleurs ambition, personne ne verrait en lui. Le poing tenant son portable se serra.

Hypocrite.

Êtes-vous sûr de vouloir supprimer ce message ?

Message supprimé.

Elle ne méritait pas ça. Personne ne méritait ça. Après tout, c'était la voie qu'il choisissait. Une voie où il finirait seul. Désespérément seul. Tant qu'elle était heureuse un jour, quitte à ce que ce soit sans lui, il s'en fichait au final de souffrir. Même s'il viendrait sûrement à se faire tuer, que ce soit par Isanagi ou quelqu'un d'autre, même s'il viendrait à tuer et à être pris dans un dilemme où protection rime avec tuer, s'il devait s'y enfoncer seul pour respecter seul ses volontés de protéger le bonheur des autres... Tant pis. Il était prêt pour un second round, Deus. Ses larmes tombent enfin sur le portable.

Je t'aime, Maya.

Il voulait lui dire. Il voulait vider son sac. Il avait écrit des phrases. Les avaient supprimés. Non, il ne pouvait pas lui imposer ça. Il n'avait personne pour le faire. Il était déjà seul, en fait.

Message envoyé.

Il eut presque envie de vomir. Mais il se mit à quatre pattes, visage vers le sol et ne fit que taper du poing. Jusqu'à ce que sa frustration soit éteinte. Personne ne verrait ce triste spectacle. Quand les gens reviendraient dans le bureau du conseil des élèves, il aurait remis des ampoules neuves, il aurait ranger le verre brisé et Atios sourirait, encore et encore, en travaillant. Lui aussi, était un hypocrite, au final. Il n'avait pas la force d'avouer aux autres ses faiblesses. Il n'avait pas le courage de faire face à Maya et de lui paraître misérable. Il n'avait pas la force d'appeler Shaad pour lui dire qu'il avait besoin d'un ami pour ne pas sombrer. Il en valait de même pour Léa. Il aurait pu simplement dire à Aedan qu'il voulait prendre une pause, sans non plus le faire. Mais c'était son choix. Quitte à aller à contresens de l'ordre établi, si les gens devaient le remarquer, ce serait par eux-même... Ce ne serait qu'une preuve de valeur. Pleurer ne changerait rien. Parler ne changerait rien non plus. Il allait devoir faire confiances aux autres. Voir ce qu'ils choisiraient. Est-ce que Maya le choisirait ? Est-ce que des gens viendrait le sauver, lui ? Seul le temps le dirait.

Les gens n'ont pas besoin d'un faible.

Le monde n'a besoin que des forts.

Et il ne se permettrait pas d'être faible.
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Âme Errante
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Re: Veillée tardive... ou réveil prématuré. - Mer 27 Mar 2013 - 14:36
Le soleil finit par terminer sa courbe descendante pour laisser sa place chauffée à la lune miséricordieuse. Un petit vent frais, quelques bruissements lointains et les étoiles commencent à perler dans le plafond nocturne. Le temps passe et voilà que vint-et-une heure passe. Plongé dans une silence pesant, l'Académie se repose de tout les actes de la journée. Intéressons-nous cependant à la lueur qui émane d'une fenêtre circulaire situé à l'ouest de la divine école. Une lumière tamisée transperce les rideaux qui ont été posés pour cacher ce qu'il pourrait se tramer à l'intérieur. On peut y voir une silhouette fatigué entrain de s’affairer sur des papiers qui montent, sur le bureau, comme des escaliers en colimaçon. Cette silhouette n'est autre que l'un des directeurs : Isanagi Tensho. Comme toujours il est situé dans son bureau.

Son visage s'imprègne de quelques traits tirés, fatigués et pesants. Il passe sa main gauche sur sa tempe pour la masser tandis que l'autre tient un stylo qui gratte inlassablement la feuille de papier. Cette feuille résume un bref résumé : Le portrait de sa fille venait d'être peint par une bande de taggeur en vogue. Tout avait été planifié par l'élève Kurokami Atios. Il jura silencieusement en lisant ce nom. Remplissant le formulaire pour la création du club, il ordonne dans le même temps, le nettoyage du portrait. Une fois l'ordre écrit, il lâche l'outil et tend ses bras vers l'avant pour faire craquer chacune de ses articulations. Détendu légèrement, il se lève de son bureau et s'avance vers la fenêtre. Comme dans sa vie d'antan, il s'attarde sur les étoiles et la lune. Souvent, il sortait griller une cigarette sur son balcon. Sa femme le guettait de loin en le couvant d'un regard protecteur.

Avait-il vraiment changé sa façon de penser en mourant ? Sa vie en tant que professeur ne valait pas un clou. Le rythme des cours, des journées et de sa vie en général était monotone. Si monotone qu'il s'imaginait un monde féerique, un monde plus..mouvementé. Un monde où l'on vivrait de vives aventures un peu à la manière des jeux vidéos style Final fantasy. Oui, un monde où la nature lui dévoilerait ses plus doux secrets. Ah..que c'est beau de posséder encore une âme enfantine à son âge. C'est ce qu'il avait toujours imaginer et à présent, on lui avait confié ce poste. Un professeur toujours mais aux fonctions plus avancés, promu directeur pour être bref. Initialement, ça lui plaisait beaucoup. Il se croyait dans un jeu et se voyait déjà parcourir les mondes pour s'initier aux plaisirs de l'aventure. Hélas, il faisait juste office de commandant ou de régulateur des entrées et sorties. Accueillir des apprentis-Dieux, mener à bien des examens, donner des missions et vérifier que tout puisse se dérouler correctement. Sous les ordres de la grande divinité : Deus.

Ainsi le rythme monotone...non, l'affliction, la malédiction ou le fléau de l'ennui reprenait. Rythme régulier, gestes automatiques et feuilles à remplir étaient son lot quotidien de travail. Enfermé dans ce bureau qui commençait à puer sincèrement le tabac froid, il se morfondait dans son impassible solitude. Jusqu'au jour où sa fille est arrivée au sein de l'établissement. Qu'elle avait grandit, depuis ce jour où il était descendu sur terre, sur sa tombe pour la voir, elle et sa mère. Ce n'était qu'une petite poupée aux allures si fragiles et sa mère qui n'avait pas changée. Il avait fait le choix et le temps s'était écoulé depuis. Alors quelle surprise ! De la voir grandie, plus femme mais accompagnée d'un élève... Atios. Rien de plus. Sa femme avait refait sa vie, renouer des liens tandis que lui se statufiait dans son bureau. Ainsi donc, l'oubli est une chose inexorable, hein ? pensait-il en tirant une bouffée de sa cigarette tout juste allumée.

Mais tout allait changer. Par désir égoïste ou non, il allait tout changer. Se libérer des chaînes qu'il s'était lui-même entraver. De sombres désirs, pensées, desseins germaient dans son esprit. Casser ce rythme, briser ces hommes qui oubliaient les choses, les moments importants de leurs vies. Oui, car ils vivent des moments chaleureux, pénibles mais les personnes importantes dans leurs coeurs finissent par disparaître dans les oubliettes du passé. Lui-même ne devait plus avoir une grande place dans le coeur de sa femme. Rien de plus qu'un souvenir éphémère qui finira par s'estomper avec le temps. Oublies-moi chérie, oublies ta fille et continue ta vie avec d'autres personnes voyons...

Quittant la fenêtre, il se rapprocha d'une étagère et prit une livre qu'il ouvrit en son milieu. Ce livre n'était qu'une ruse pour dissimuler les deux moitiés d'artéfacts qu'il avait eut "tant de mal" à récupérer. L'une avait été prise aux griffes de scientifiques avides d'étrangetés par Nikolas Cimeries, tandis que l'autre fut récupéré par le directeur et Léa, une élève plutôt frustrée de nature. Bref, il utiliserai dans peu de temps et les plans qu'il avait longuement échafauder entre quelques poses allaient voir le jour. Bientôt.

Se grattant la joue et expirant la fumée qui glissait contre le carreau de la fenêtre, il finit par sortir de son bureau. Il atterrit dehors et déploya ses ailes célestes. Digne d'ailes d'un archange, elles battirent lentement l'air et finirent par faire voler son propriétaire. Le reflet cristallin affublé des rayons lunaires offraient une couleur violette éblouissante à quiconque aurait pu le voir. Quelle direction allait-il prendre ? Devinez-le. Il approchait du dortoir, d'une fenêtre et se stabilisa pour rester sur place, à quelques mètres de hauteur. Il observa l'intérieur, outrepassant la fenêtre et voulu voir la personne qui s'était reclus dans son lit. Posant sa main contre contre le carreau, il murmurait quelques mots silencieux.

Je t'aime, Maya, ma fille chérie.

Puis il reparti dans son antre obscur : Son bureau. Nuit blanche et préparatifs à faire. La journée allait être rude....
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Re: Veillée tardive... ou réveil prématuré. - Mar 2 Avr 2013 - 23:02
Pfiou... L'un des plus beau rp qu'il m'était donné de lire. C'est original, bien écrit, les sentiments retranscrits à la perfection, une précision que frôle l'excellence... C'est une vraie réussite, vous pouvez être fiers ! Chacun aura ses xp en fonction du barème utilisé pour les solos (pour que vous y gagniez quelque chose quand même).

Maya : 300 xps
Atios : 300 xps
Isanagi : 250 xps

Xps attribués : OUI
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