Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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[QUETE] Retour aux sources...

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[QUETE] Retour aux sources... - Ven 15 Mar 2013 - 11:18
Un peu de solitude, cela ne faisait de mal à personne. Encore moins après les derniers évènements. Bon, on ne pouvait pas non plus dire que depuis son arrivée à l’Académie les choses s’étaient spécialement mal passées mais il demeurait que le changement entre son ancien mode et celui des apprentis-dieux restait diamétralement opposé. Aujourd’hui, elle avait choisi de prendre un peu de temps pour elle, afin de faire le point clairement sur tout ce qu’elle avait appris et vécu depuis sa mort. D’ailleurs, était-elle réellement morte au final car plus elle y songeait, plus elle se sentait vivante au final et cela ne l’aidait pas à réaliser la réalité de sa condition. Et puis, son voyage dans le monde des humains aurait tout aussi bien pu l’amener sur une partie lointaine de la Deus, comme rien ne lui avait paru familier, elle doutait même de l’endroit où finalement ils avaient atterrit.

Le soleil était à peine levé et le couvre-feu se terminait seulement que déjà, ses pas la menaient hors de sa chambre, direction le port des deux dimensions afin de se rendre dans le monde des humains. Elle avait besoin de retrouver des repères de sa vie sur terre et rien de mieux pour cela que de redescendre dans le monde qui l’avait vu naitre et de passer quelques temps simplement ici-bas, comme elle avait pu le faire si souvent avant de mourir. Elle donna sa destination au capitaine du vaisseau et déjà, le navire décollait pour survoler les nuages avant de redescendre sur la terre ferme, laissant la jeune fille au aux abords d’une forêt semblable à celles qu’elle avait parcouru durant ses années d’enfance terrestre.

Les arbres et le couvert du bois. Oui, aujourd’hui elle ne tenait pas à faire de rencontres quelques quelles qu’elles soient car elle avait fini par comprendre que le plus souvent, ces dernières tournaient plutôt mal qu’autre chose. Et puis, pour pouvoir réfléchir comme elle le voulait, elle avait besoin de solitude et de calme, deux propriétés que la compagnie humaine ne lui offrirait pas. Certes, elle restait connectée aux animaux mais leurs présences n’engendraient aucune gêne pour elle, parfaitement habituée à son don à présent. Alors, d’un pas tranquille mais assurée, la voilà qui s’enfonçait en forêt.

Elle n’avait prévenu personne de son départ. Qui s’en soucierait de toute manière ? Et puis, elle était armée, elle ne craignait rien. Du moins, elle le pensait. Tandis qu’elle avançait à l’abri du sous-bois et des regards indiscrets, elle se détendit doucement. Plus de tension, moins d’inquiétudes. Elle aimait le frou-frou apaisant des feuilles sous ses pas, le chant de la nature autour d’elle. Ses pas finirent par la mener devant une rivière à l’onde claire dont la musique douce et sereine la fit s’asseoir. Ses pieds vinrent tremper dans l’eau fraiche tandis que, très légèrement, se dessinait une ébauche de sourire de sourire sur son visage. Ici, c’était presque comme avant. De son vivant. Elle ne se laissait pas aller ni à la tristesse ni à la mélancolie mais les souvenirs peuvent aussi se montrer doux, comme un baume à une âme un peu perdue. Elle poussa un soupir d’aise, offrant son visage aux rayons de l’astre diurne lorsque le cri retentit.

Par réflexe, elle se leva d’un bond et son visage se tourna vers l’origine du son. Un appel déchirant, un cri de détresse profond et ravageur. Même de sa place, ce simple son lui avait fait mal, comme si elle en ressentait toute la portée qui lui restait inconnue. Un hurlement bestial signant une fin très proche. Pourquoi se sentait-elle tellement touchée par ce dernier ? Elle n’eut pas e temps de se poser plus de questions. Un souffle puissant, comme un tempête mais fonçant à l’horizontal droit sur elle. Elle ne le voyait pas mais le devinait à la fuite des animaux et celui-ci fonçait droit sur elle. Impossible de l’éviter. Et elle ne tenta pas le moindre geste. Mais quand le mur d’air entra en contact physique avec elle, ce fut comme se prendre un mur réel directement contre son esprit. Elle sentit de la rage, de la colère, de la peine et de la panique, le tout si puissamment mélangé qu’elle ne put en supporter la portée de la douleur. Sans un mot ni un geste, la jeune fille s’écroula au sol évanouie, ses armes à ses côtés.

Il y avait comme des bruits de pas, le roulis d’une course. Ce fut cette sensation qui la réveilla. Son esprit parvenait doucement à faire le tri entre ce qu’elle avait ressenti et ce qui lui appartenait vraiment. Pourtant, lorsqu’elle tenta de se lever, elle réalisa que quelque chose n’allait pas. Elle était là, comme prisonnière d’un lieu sombre et exigu, une présence prenant toute la place tout près d’elle. Une Ourse. Sur ses gardes, la jeune indienne voulut malgré tout tenter de parler mais rien ne sortit. Perplexe, elle se mit à se demander ce qu’il se passait et l’animal présent réagit à ses dernières. Elle l’entendait par son esprit ? Au moins elles pourraient communiquer. L’indienne se contenta de lever les mains, en signe d’apaisement, car l’animal était clairement dans un état le rendant dangereux. Puis, elle tenta de lui parler, l’appelant Nita, l’esprit Ourse protectrice qui de son vivant était également son animal totem. Cette dernière sembla se calmer un peu mais elle n’appréciait pas la présence de la jeune fille. Pourtant, c’était bien son corps à elle. Que faisait l’esprit de l’Ourse ici ?

La course ralentit tandis que le son de l’eau se faisait plus clair. L’animal se détournant un instant de la jeune fille, cette dernière se pencha avant de reculer sous la surprise. Non, ce n’était pas faisable. Pas possible. Et pourtant, si ce corps était bien le sien, l’apparence que lui renvoyait l’onde était bien celle d’une Ourse. Un animal magnifique certes, mais pas son reflet à elle. Tâchant de se calmer, elle se remémora le cri, le mur d’air et tout ce qui s’était passé. Tout avait un lien mais de quelle façon ? Déjà, l’ourse reprenait sa route, pressée par le temps. L’indienne ne tenta pas de l’en dissuader mais ayant accès à l’esprit de la bête comme cette dernière partageait le sien, elle y chercha des réponses. Cela ne plaisait pas à l’animal mais elle devait comprendre. Lui arrivèrent des images succinctes, comme des brèves de vie. Des oursons, au nombre de cinq. Seuls dans une grotte, pleurant. C’était sa pensée principale, celle qui revenait en boucle. Si elle voulait les protéger de quelque chose, la jeune fille ne ferait rien pour l’en empêcher et, voyant qu’elle était incapable d’agir, elle se mit en retrait, laissant la maitrise entière de son enveloppe corporelle à la bête.

Cette dernière finit-elle par se rendre compte du geste de la jeune fille ? Peut-être. D’autres images devinrent accessibles à son esprit. Des mâles se battant pour un territoire. Une partie de pêche qui finit mal. Les oursons qu’elle défend et puis une sorte de crevasse. Oui, elle est forcément un esprit protecteur comme dans son monde. La mère ne peut accepter de rejoindre les Grands Esprits tant que le sien ne sera pas apaisé. Alors elle l’aidera. Pas seulement dans le but de récupérer son corps mais aussi pour sauver cette femelle uniquement portée par le désir de protéger les siens.

Le chemin jusqu’à la tanière entraperçut dans l’esprit de l’Ourse fut long, très long. Plus d’une journée entière. Mais à l’arrivée, la surprise valait tous les sacrifices du monde. Les cinq petits étaient là, affamés mais vivants. L’un d’eux était blessé mais cela n’était rien de grave. Ils firent la fête à leur mère revenue, ayant hésité à s’approcher d’elle sans doute à cause de l’odeur de la jeune fille. Mais déjà, elle les faisait la suivre, les guidant jusqu’à la source la plus proche. Ils devaient manger, cela devenait urgent. La pêche fut bonne et une fois chaque bébé repu, la mère reprit sa route, direction une nouvelle tanière. Celle-ci était trop connue, elle n’était pas rassurée. Elle sentait le danger approcher. L’indienne tenta de détecter des présences mais dans ce corps, rien ne marchait normalement. Et puis, le rugissement qui retentit fit stopper tout le monde, avant qu’un des oursons ne se mette à pleurer. Voilà le fin mot de l’histoire. Le mâle se voulait dominant et ces oursons n’étaient pas ses descendants, il devait les supprimer. L’Ourse se remit à courir, aussitôt imitée par ses petits. Mais le petit dernier blessé, peinait à suivre la cadence. Et le mâle avait retrouvé leurs traces. Il fallait se hâter, mais la mère ne pouvait se résoudre à abandonner son enfant. Et la jeune fille qui ne pouvait qu’observer, impuissante.

Elle sentit l’approche du mâle en colère et la panique de l’Ourse augmenter. Ils se trouvaient à présent sur une colline aux flancs escarpés, ce qui compliquerait son avancée mais ralentissait aussi celle de la mère. Elle força ses enfants à passer devant pour surveiller les arrières. Et la jeune fille lui hurla soudain la présence du mâle toute proche. Son pouvoir fonctionnait à nouveau, galvanisé par la peur de l’animal. Cette dernière se retourna alors pour faire face à son adversaire, les petits allant se cacher dans une faille plus loin. L’heure de vérité avait sonné. Le mâle ne se fit pas attendre, fonçant en direction de l’Ourse tandis qu’elle maintenait sa position. Ce fut un choc titanesque lorsque le combat s’engagea. Et il dura un temps qui parut infini à la jeune fille, inquiète autant pour la mère que pour les petits laissés derrière.

Mais cette fois, l’indienne n’était plus qu’une simple spectatrice mais pouvait aussi agir, dans une moindre mesure. Elle sentait les griffes et les crocs s’enfoncer dans sa chaire car ce corps restait le sien. Elle partageait la volonté de victoire de l’Ourse et elle lui prêta sa force. Lorsque les deux animaux se mirent debout, ce fut elle qui, un instant retrouve le contrôle de son corps. Le coup de poing partit cueillir le mâle en plein estomac avant de lui en coller un second en pleine tête. Déséquilibré, la femelle y vit une ouverture et, se remettant sur ses pattes, elle le poussa avec un cri de rage afin de le faire basculer dans le vide. Ce dernier ne put réagir et chuta lourdement, sa tête heurtant avec tant de violence les flancs de la colline que sa mort était une évidence avant même le choc final de son arrivée au sol. Les petites étaient sauvés, la maman aussi. Elle sentit la reconnaissance de l’animal la couvrir comme une bulle protectrice alors que les petits sortaient les rejoindre en couinant de joie. Une belle histoire en vérité.

Pourtant, l’Ourse ne s’arrêta pas là, la peine emplissait toujours son âme et l’animal reprit sa route, plus doucement mais sans faillir. Où les menait-elle cette fois ? A nouveau, la marche dura de longues heures et sans doute un peu plus longtemps qu’en temps normal car ses blessures la faisaient souffrir. La jeune fille aussi avait mal mais elle tairait sa douleur, elle tenait à comprendre le fin mot de cette histoire et seule l’Ourse pourrait la lui offrir. L’aube du second jour se levait lorsqu’ils arrivèrent à destination. Une forme sombre s’offrit à leurs yeux, comme un animal endormit mais à la douleur qui parcourut l’esprit de l’Ourse, elle sut qu’il y avait autre chose. Et lorsque les rayons tombèrent sur la forme inerte, elle comprit. L’ourse était là, étendue devant, dans sa véritable enveloppe corporelle. Décédée depuis la veille. Alors ce cri qu’elle avait perçu était le sien ? Mais malgré sa mort, elle aussi avait eu droit à une seconde chance, au moins le temps de protéger ses enfants. Un geste admirable. Les petits vinrent se blottir dans la fourrure de l’animal allongé tandis que l’Ourse esprit baignait d’un calme serein l’esprit de la jeune fille, la remerciant à sa manière. Puis, l’animal posa son cou su le dos de celui à présent décédé et ferma les yeux. Lorsque la jeune fille les rouvrit, elle avait repris possession de son corps, sa main caressant la douce fourrure de la mère Ourse.

"- Tu peux être fière de toi, ma Sœur Ourse. Je chérirais ton courage et ta force à travers ma mémoire, je t’en fais le serment. Repose en paix, Nita...."

Les oursons, surprit, prirent la fuite, ce qui était une bonne réaction. Elle ne devait pas s’attacher à eux malgré le reste des sentiments de l’Ourse dans son corps et son esprit. D’ailleurs, en parlant de son corps, ce dernier était meurtri, griffé et mordu en d nombreux endroits. Alors elle devait récupérer ses armes et rentrer au plus vite. L’esprit encore un peu embrumé, elle retrouva le lieu où toute son aventure avait commencé et prit ensuite, sous le soleil couchant, le chemin du retour vers l’Académie. Au loin, elle entendit le chant des oursons résonner et sourit alors qu’une douleur lui tenaillait le poignet. En son creux, venait d’apparaitre un tatouage couleur fourrure. Une patte d’Ourse dont chaque doigt avait la silhouette d’un des oursons sauvé. Un dernier cadeau de la part de son Totem. Un sourire doux sur le visage, elle regarda le soleil se préparer à disparaitre derrière l’horizon avant de prendre le chemin qui la ramènerait à la Deus. Au loin, elle entendait le vaisseau approcher. Cette nuit, elle rentrerait chez elle. Parmi les Dieux….
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Re: [QUETE] Retour aux sources... - Ven 15 Mar 2013 - 15:39
C'était mignon comme solo dis donc. Avec l'esprit de l'Ourse et les cinqs petiots. Bref, tu as réussies ta quête, bien joué ~

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