Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Tourmente

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Tourmente - Jeu 14 Mar 2013 - 16:02
Un cri strident vint déchirer les limbes tortueuses de la nuit, complainte désespérée d'un animal dont l'esprit se consummait peu à peu. Calliste se redressa dans son lit et se tenant la poitrine, son coeur frappait violemment sa cage thoracique comme voulant s'en extirper. Elle ramena ses jambes contre son buste avec un rictus de douleur, laissant tomber sa tête sur ses genoux, ses muscles enkylosés par les griffes paralysantes des cauchemars. Sa sudation formait de fins filets ruisselant sur tout son corps, marbrant sa peau blême, comme si la vie qui l'animait s'écoulait peu à peu par les pores de son corps. Elle était prise de spamses, contractant sa poitrine, l'étouffant, elle suffoquait. D'importantes oréoles humides venait orner la fine mousseline de sa chemise de nuit en soie carminée, semblables à des plaies sanguinolentes. Relevant la tête, les yeux fous, ses cheveux collés en mèches grossières à son visage boursoufflé et suintant, jetant un oeil par la fenêtre. C'était comme une porte donnant sur la réalité, la nuit calme sévissait, recouvrant le monde d'un manteau sombre, le fin bruissement des feuilles carressées par le souffle du vent, et rien d'autre, tout était calme, trop calme. La lune veillait sur ces ténèbres, gardienne froide et immaculée, sa marche silencieuse dans le ciel était déjà bien avancée, il devait être 3 ou 4 h du matin. Alors qu'elle se calmait un peu, les images crues de son cauchemars vinrent l'assaillir, violents éclairs de lucidité, traversant son esprit torturé. Son palpitant reprit sa frénétique valse pour la survie, alors que la nausée s'immiça en elle. Elle avait les voies respiratoires obstruées par la peur, ça ne semblait pas suffire, l'épais liquide nauséabon remontait déjà le long de son oesophage. Son estomac se contractait sauvagement, les relans de son estomac brûlait son tube digestif. Elle balança ses épaules précipitament pour entraîner son corps hors du lit, comme si une convulsion venait la tétaniser. Elle tomba lourdement sur le linoleum dans un bruit sourd, ses pieds encore sur le matelas. Fort heureusement, sa tête ne heurta pas violemment le sol, ses avant bras amortissant une partie de son poids lors de la chute. Elle releva brusquement la tête alors qu'un filet acide commençait à immerger ses papilles , son pouls accéléra et elle commença à ramper par saccades, ses jambes vinrent s'échouer, elles ne pouvaient pas la porter. Le frottement de ses jambes nues sur le lino avait un effet abrasif, celles ci devinrent rouge à cause de l'irritation, mais c'était le cadet de ses soucis puisque le dégueulis continuait de se déverser dans sa bouche. Elle fini par atteindre le carrelage froid de la salle d'eau, elle frissonna mais continua son cheminement, sa peau crissant sur la surface lisse. Elle eut à peine le temps d'atteindre la vasque en porcelaine, se redressant en tremblant à l'aide de ses mains frêles, elle déversa la vomissure de sa bouche avant qu'un puissant jet acide venant de ses entrailles vint accompagner les premiers gargouillis nauséabons. Tout son corps se contractait à chaque secousse, elle souilla quelques mèches de cheveux, ne pouvait les tenir tant elle était crispée, de fins vaisseaux sanguins éclatèrent juste au dessus de ses paupières tant la pression était forte. Lorsque son estomac fut vide, elle lâcha un râle avant de se laisser tomber sur le dos, laissant sa tête heurter la pierre violemment comme pour sommer à son corps entier de lui ficher la paix, elle ferma les yeux, haletant. Lorsque sa respiration revînt à peu près à la normale, elle entrouvrit les yeux, toujours rouge, regarda le plafond immaculé, son esprit s'était déconnecté rien qu'une minute. Elle était étendue là comme une poupée désarticulée, elle ramena son poignet contre sa poitrine, passa sa seconde main dans ses cheveux gras et puant, des larmes chaudes commençèrent à couler le long de ses joues. Elle avait toujours ce goût de liquide gastrique affreux dans la bouche, sa tête tournait, elle avait froid, mais elle ne voulait pas bouger, elle n'avait pas la force de bouger, l'énergie avait quitté son corps meurtrit, laissant la place à des courbatures. C'était comme si la régurgitation l'avait vidé de tout ses maux, de toute sa volonté, de la vie qui l'animait aussi, elle devenait un cadavre livide, vide de tout.


*Calliste ... ? ça va ... ?*


Elle se mit à pleurer davantage, les soubressauts venant secouer son corps, dernier spasmes d'un cadavre encore chaud, fraichement vidé de son essence vitale. Elle se mourrait, elle sentait le sol se dérober sous ses pieds un peu plus chaque jour, son âme pourrissait dans une enveloppe charnelle faibrile. Sa lucidité, c'était comme une poignée de sable glissant doucement mais surement entre ses doigts, grain par grain, pensée par pensée. Elle savait qui elle était, dans son autre vie, mais ici ... Elle ne savait plus qui elle était, ni ce qu'elle voulait, elle n'avait plus de but, plus de raison de vivre, plus rien qui lui donne l'envie de continuer. Elle même ne se reconnaissait plus, sa personnalité changeante, son corps si faible ... Elle était une autre ... Une autre qu'elle haïssait par dessus tout. Son âme sembla quitter sa chaire pour la comtempler d'en haut, elle était pitoyable avachit sur le carrelage blanc, sanglottant comme une petite fille souillée dans ses chaires, puant la mort, rigide telle une macchabée. Ses yeux mis clos roulèrent dans ses orbites avant qu'elle ne lâche un hoquet dont suintait la détresse.


"Non ..."


Elle se redressa maladroitement, son corps la faisait horriblement souffrir, ses muscles endoloris et courbaturés pénétrés par des milliers d'aiguilles ardentes. Elle se leva, chancelante et s'adossa contre le mur glacé, laissant sa tête s'y appuyer, une putin ayant fini son injection après un long jeune avait meilleure allure à côté d'elle. Elle toisa le liquide visqueux et brunâtre qui reposait au fond de la vasque, tendant la main mollement comme une poupée de chiffon pour actionner la chasse. Elle s'essuya la bouche du revers de la main en fermant les yeux avant de faire glisser les brettelles de sa nuisette malhabilement sur ses épaules, le morceau de tissu tomba dans un bruit feutré à ses pieds. Elle se dirigea vers la cabine de douche, ses pas tintaient sur le carrelage, elle entra et fit couler l'eau, un premier jet glacé s'écoula sur elle, suprise elle lâcha un petit cri aigu. L'eau se réchauffa, elle soupira alors un peu d'aise lorsque le liquide parcouru son corps, son cauchemars revint la hanter. Ces derniers temps, ils étaient intenses, elle revivait une séance de torture avec l'une de ses victimes la plupart du temps, sauf que là, la victime, c'était elle ...


Les dernières années de sa vie, elle les avait passé au service des allemands, principalement pour trouver du juif et du traître. Ce n'était pas un poste très important, quoi que très gratifiant, puis, ce qui comptait dans le fond, c'était le plaisir qu'elle en tirait. Son mauvais rêve exploitait un moment de cette période fastueuse. Un jour d'hiver, une cave froide et peu acceuillante, elle avait pour ordre de faire parler un homme, il savait où se cachait un groupuscule de résistants Allemands. L'homme, un honnête père de famille, la quarantaine, bedonnant, était complètement appeuré, animal condamné, plein d'espoir et suintant la crainte. Elle aimait ça, sentir la peur chez une victime sans défense, elle aimait prendre son temps, donnant de faux espoirs, c'était si jouissif ce regain de confiance avant que la personne ne se rende compte que ce n'était que de vils mensonges. Cette fois seumement, elle était à la place de l'homme, ligotée, baillonnée, complètement nue dans cette cave dont la température ne devait pas excéder les -2 degré. C'était elle, son coeur battait la chamade alors que l'homme vint lui enlever le baillon, un nuage de buée s'échappa de sa bouche alors qu'elle le suppliait. Elle avait beau lui expliquer qu'elle ne savait rien, qu'elle avait une famille, l'homme souriait sadiquement en jouant avec ses instruments de torture, impassible. Le froid brûlait sa peu, engourdissait son corps, les extrémités devenant violettes. L'homme s'approcha avec une pince plate, une cigarette à la bouche et un rictus de satisfaction sur le visage, il poussa violemment la table, cette dernière vient buter contre ses orteils, elle lâcha un petit cri de douleur, suppliant. L'homme rigola grassement avant de dégager une de ses mains, la plaquant sur la table, pinçant l'ongle du bout de son outil.



"Je sais que tu connais la planque de ces enfoirés, deux options, soit tu parle, et tu es libre, soit je te fais parler ... Et dans ce cas, prépare toi à une lente et une douloureuse mort ..."


Elle paniqua littéralement, sentant son sang battre dans ses tempes, sa tête tournait, elle ne savait pas ! Elle ne savait rien !


"Pitié, j'ai des enfants, une famille, je ne sais rien, je vous le jure !"


L'homme secoua la tête.


"Hin hin ... Mauvaise réponse ..."


Il arracha subitement l'ongle que la pince plate tenait en son joug dans un flot de sang, quelques morceaux de chaires pendaient lassivement. Elle hurla, la douleur était vive, elle sentait son sang battre dans son extrémité sanguinolente. L'homme posa la même question avant d'arracher chaque ongle, la réponse était toujours négative et la douleur toujours aussi intense. Losqu'il eut fini les deux mains, il s'alluma une autre cigarette qu'il approcha d'un de ses mammelons.


"Tu es sure que tu ne sais rien mon chou ?"


Elle opina, c'est alors qu'il écrasa le bout incandescent de sa cigarette sur son téton dans un crépitement de consumation sourd. Elle se mit à vociférer des jurons dans sa langue natale, prise de spasmes violents, ses yeux se révulsèrent alors qu'un filet de bave s'échappa de ses lèvres. L'homme en face d'elle commençait à s'impatienter. Voyant que ses manoeuvres avaient été jusqu'ici infructueuses, il entra dans une colère noire et envoya un puissant coup de poing dans son visage. Le coup fut si fort qu'il fit tomber Calliste, sa tête heurta le sol, le bruit du choc raisonna dans sa tête, elle ferma les yeux pour ne pas voir la pièce tourner. Le sang coulait à flot d'une blessure béante au crâne, sa bouche n'était plus qu'un amat de chaire ensanglantée. Il la rua de coups de pieds avant de relever la chaise on elle se tenait telle un pantin désarticulé, la tête tombante, crachant du sang. Puis il saisit un fin couteau aiguisé, l'air faussement désolé, il approcha la lame de sa hanche.


"Je ne voulais pas en arriver là, vraiment ... Tu ne me laisse pas le choix ... Nan je déconne, tu vas voir tu vas aimer autant que moi ... Quoi que ..."


Il commença à perforer sa peau laiteuse, traçant méthodiquement une forme ovale pour retirer un morceau de chaire qu'il lança plus loin. Calliste senti un jet chaud couler entre ses cuisses à la première pénétration, la douleur était fulgurante, insupportable ... Il continua de la découper pendant une heure qui lui sembla une éternité, seulement à la fin, elle s'était comme accoutumée à la douleur, elle ne criait plus, plus de force pour cela et ses cordes vocales la brûlaient furieusement. L'homme soupira et se plaça devant elle, jouant avec son couteau.


"Aucune gloire à mourir de la sorte mon chou ... Personne ne se souviendra de ta bravoure, un ou deux ploucs te pleureront ..."


Il planta son couteau dans son abdomen avant d'y plonger sa main bourrue, déchirant la petite plaie, l'agrandissant dans un flot de sang, il vint empoigner un intestin, le pressant l'air sadique. Elle hurla une dernière fois, son cri se mua en complainte sourde, la douleur ayant aspiré ce qu'il lui restait de force.


"Tu meures pour rien, pour une cause perdue, dans l'indifférence la plus totale"


Il tira sur les boyaux pour les faire sortir du ventre meurtri, Calliste posa les yeux un instant sur le rouleau grisâtre avant de basculer la tête en arrière, comme inconsciente. Il s'acharna à la vider bien qu'elle mourut avant la fin.


Calliste arrêta l'eau et ramena ses cheveux en arrière, geste apaisant, elle attrapa une serviette pour essuyer sa peau ruisselante et la noua autour de sa poitrine. Elle se dirigea vers le miroir, passa sa main sur la surface froide pour en retirer la buée. Elle avait mauvaise mine, elle ouvrit l'armoire pour saisir son rouge à lèvre, seulement quand elle voulu l'appliquer, sa main tremblante l'empêchait de dessiner un trait régulier. Une vague de rage l'envahit, elle n'était même pas capable d'accomplir un geste aussi simple, soutenir sa vision était insupportable, son poing vint éclater la surface réfléchissante. Elle vint saisir sa main ensanglantée, regardant le liquide carmin marbrer sa peau blanche, cette vision la tranquillisa. Elle ne se soigna que tardivement, léchant ses plaies comme un animal, cela dit le sang de démon n'était pas aussi goutu que celui des humains, elle pouvait au moins leur reconnaître cette qualité. Elle revêtit ses vêtements en cuir, songeuse, ne prenant pas la peine de mettre son manteau, alluma une cigarette, en fuma la moitié avant de sortir. Elle erra un moment, ne sentant pas vraiment le fraîcheure mordre sa peau, la brise peinait à soulever ses mèches de cheveux allourdies par l'humidité. Le froid était cette implacable contrepartie pour qui voulait profiter du grand air sans cotôyer quiconque et sans se faire agresser par le soleil. Elle leva les yeux au ciel, la course du soleil était déjà bien trop avancée, elle ne devait pas traîner. Elle amorça un repli lorsqu'elle apperçu non loin de là un bâtiment qui l'intrigua. Elle s'avança vers le préau même si le temps la pressait, caressant le bois rugueux des poutres. Elle alluma une cigarette et glissa ses mains dans ses poches étroites, absorbée par l'édifice, se demandant à quoi il pouvait bien servir. Elle déboucha sur le port, un moyen pour rejoindre le monde des humains ... Intéressant ... En plus elle en avait parfaitement le droit, son ancien monde lui manquait, ça lui ferait tant de bien de s'évader, avec un peu de chance elle ne rentrerait pas ... Qui allait la poursuivre dans ce monde si vaste après tout ? Elle monta à bord du navire, perplexe et mal à l'aise, la technologie avait le don de lui hérisser le poil, à priori ce n'était pas un bâteau ordinaire, cela dit elle prit place et somnola jusqu'à son arrivée sur terre. Elle descendit et resta là, les yeux agar, et maintenant ? Elle avait agit avec impulsivité, et elle se retrouvait dans un monde dont elle ne connaissait plus grand chose. Elle n'avait jamais eut de réel chez soi, difficile donc de se rendre dans un lieu familier ... Elle pourrait peut être retrouver ses mères, mais combien de temps cela allait il lui prendre ... Elle décida de se rendre dans un endroit qu'elle avait bien connu pour y avoir "travaillé", il fallait bien commencer quelque part. Elle se débrouilla pour rejoindre la gare d'Austerlitz, il y faisait nuit, elle s'y sentait bien jusqu'à ce qu'elle se rende compte que tout avait changé, horriblement changé. Les gens, leurs accoutrements, leurs ... Carioles ... Leurs outils, ce bruit fracassant ... Elle se rua dans une petite ruelle sombre en se tenant les oreilles, fermant les yeux. Un bruit, une sorte de cri les lui fit réouvrir, elle distingua deux ombres, elle s'avança pour mieux distinguer les individus, elle resta béate, pas tant à cause de l'étonnement mais parce que, malgré l'évolution technologique, l'humain restait un être primaire ... Un homme tentait de violer grossièrement une jeune femme, de 20 ans sa cadette à ce qu'il lui sembait. Elle soupira et sorti son fouet, haussant la voix.


"Hey trou du cul !! Lâche là avant que moi je te sodomise avec le manche de mon fouet"


Ni l'homme ni la femme ne semblèrent la remarquer ... Mais comment était ce possible ? Elle se mit à courrir et tenta d'attraper le sale fils de pute, toutefois, ses bras passèrent au travers de la chaire quadragénaire. Elle fut héberluée un instant, mais le temps pressait, il fallait trouver un moyen d'empêcher ce gros porc d'arriver à ses fins. Elle perfora son poignet de ses canines, faute de mieux, faisant jaillir le sang écarlate qu'elle vint appliquer sur le mur face à l'agresseur.


"Continue et tu mourras de ma main vengeresse"


Elle savait que c'était impossible mais ça lui faisait plaisir. D'ailleurs l'homme, fini par remarquer cette étrange marque sanguinolente qui dessinait des mots sur ce mur, blême, il jetta la jeune fille à terre et s'enfuit comme un couard en criant. La femme, sonnée se releva, toisa le mur et fit de même. Calliste n'attendait pas de remerciements, pas de la part d'un humain, elle s'en moquait, rien que le fait d'avoir empêcher un salaud de se vider les couilles de manière illicite lui donna du baume au coeur. Elle continua à déambuler près de la gare, un zombie invisible parmi les vivants, les lieux avaient changés, tout avait changé mais l'être humain restait toujours cet animal pathétique et malsain ...
♦ Rose ou chou ? : Fumée
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Re: Tourmente - Jeu 14 Mar 2013 - 18:48
Alors ce rp m'a vraiment beaucoup plus ! Ton écriture est très poétique en plus, qui se lit facilement et c'était bien (sadique aussi)

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Tourmente
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