Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Songes Post-mortem [Solo]

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Songes Post-mortem [Solo] - Mer 6 Mar 2013 - 20:44
D'un coup de pied une couette traversa la pièce pour finir son envol sur un des lits voisins. Eleyon bailla et regarda autour de lui. *Tout le monde est déjà parti hein ? Ce qui veut dire que … je suis en retard ...* Même s'il était conscient de son retard, l'élève ne chercha pas à accélérer ses mouvements, bien au contraire il sembla faire ses ablutions matinales en prenant tout son temps. *Quitte à être en retard autant l'être le plus possible* Un nouveau baillement décrocha la mâchoire de l'apprenti dévoilant la blancheur de ses dents. Une serviette attachée autour de la taille, il se dirigea vers son armoire à la recherche de quoi se vêtir car en l'instant même il était seulement couvert d'une serviette et de sa peau.

Eleyon s'affubla d'un pantalon en toile de jean et d'une chemise. Il n'aimait pas particulièrement porter des chemises, mais la chaleur qu'il faisait dans la chambre indiquait qu'aujourd'hui le soleil était au rendez-vous et pour rien au monde il ne voulait transpirer dans une veste. S'il devait transpirer, autant le faire le moins couvert possible. Il s'avança vers le miroir collé contre une des portes de son rangement personnel. Il ajusta le col de sa chemise avant de retrousser légèrement ses manches et d'ouvrir son col d'un bouton supplémentaire. Au moins comme ça il n'aurait pas chaud et il profitera de l'astre diurne. Après avoir pris le soin de remettre en ordre son lit dont la couette avait fait un voyage inopiné, il ouvrit le tiroir de sa table de nuit à la recherche de quelque chose.

Le jeune homme déambulait maintenant dans les couloirs à la recherche de sa salle de cours. S'il se rappelait bien il avait quelque chose comme un cours de langue. *Encore une de ses matières inutiles, pourquoi s'embêtent-ils à nous apprendre à orthographier correctement des mots ? La plupart des personnes de l'académie n'écrivent même plus, les élèves préfèrent combattre qu'étudier. Dans un sens, je les comprend …. Se mouvoir ou rester immobile ? Le choix est vite effectué* L'élève se rapprochait lentement de sa salle. Les couloirs étaient déserts, il avançait accompagné du bruit de cliquetis que répandait sa chaîne à chacun de ses mouvements. L'élève s'arrêta la main sur la poignée, devait-il la tourner pour entrer ou attendre et entrer incognito lors du prochain tour ? N'étant pas d'humeur à attendre les diverses remontrances que pourrait lui administrer le professeur de français il attendit patiemment que toute la classe sorte pour se mêler à la foule. De cette façon, Eleyon put atteindre le cours d'Histoire sans se faire remarquer. Apparemment son absence au cours précédent était passée inaperçu, il faut dire que peu de personne se souciait de lui en cet instant, mais cela lui était bien égal.

« Et c'est ainsi que la guerre fut remporté par les ... »

Il n'entendit pas la suite de la phrase, le baillement qu'il tentait en vain d'étouffer lui bouchait les oreilles lui donnant l'impression qu'elles étaient remplies de coton. Une sensation très bizarre. Il chercha une pendule des yeux, aucune à l'horizon il ne savait même pas si la Deus Academia avait une salle de cours équipée d'une horloge. Il lui semblait qu'une éternité s'était écoulé depuis qu'il s'était assis à sa table, pourtant la sonnerie n'avait toujours pas retenti. Il croisa les bras et fourra son visage dans l'abri protecteur qu'ils formaient. Il y faisait sombre, seul quelques légers rayons réussissaient à traverser l'espace restreint entre ses bras et la table. Les paupières d'Eleyon se firent de plus en plus lourdes se fermant inexorablement. L'esprit du jeune homme oscilla rapidement entre conscience et inconscience.

De doux rêves entourèrent le jeune homme le plongeant dans une béatitude totale. Mais ses agréables rêves laissèrent rapidement leur place à des rêves nettement moins gai. Des visions de son passé l'assaillirent cherchant à le déstabiliser. Il courait dans la forêt échappant à ses poursuivants, le corps rompu et pourtant il continuait sa course effrénée luttant pour sa survie. Eleyon s'agita sur sa table. Les images qu'ils voyaient apparaître se fissurèrent et laissèrent place à un décor sinistre, lugubre. Une silhouette sans forme distincte se matérialisa aux bord de son champ de vision. Elle s'approcha lentement, pas après pas jusqu'à arriver à la hauteur du jeune homme. Il n'arrivait pas à la distinguer correctement, ses contours étaient irréguliers comme enveloppés dans la brume et elle semblait dessinée par un enfant.

« Te complais-tu dans ce corps ? Quand je pense qu'un être aussi insignifiant que toi a le contrôle du corps qui me revient de droit... »

« Qui es-tu ? »

« Ne me regarde pas avec cet air hagard, imbécile. C'est évident non ? Je suis toi, comme toi tu es moi. Nous ne faisons qu'un même si tout nous oppose. »

« Tu es moi ? »

« Tu as d'autres questions idiotes à me poser, surtout que je t'ai répondu juste avant. »

La présence dirigea pressa sa main contre la gorge d'Eleyon le privant d'oxygène.



« Pour l'instant tu as le contrôle de ce corps, mais il ne sera pas tien éternellement. Je profiterais de n'importe quel moment de faiblesse de ta part pour te le subtiliser. »

L'étreinte de la silhouette inconnue s'accentua, l'apprenti chercha à y échapper sans succès. Le manque d'oxygène se faisait de plus en plus présent, sa vision devint floue et ses bras qui cherchait à desserrer cette main tombèrent le long de son corps.



Eleyon reprit conscience dans un sursaut, relevant la tête brusquement et inspirant une grande quantité d'oxygène. Son regard embarrassé par son cauchemar parcourut la salle du regard : elle était vide, pas âme qui vive. La végétation avait peu à peu pris le dessus sur les murs dont une partie s'était effondrée. Mais où était-il ?
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Re: Songes Post-mortem [Solo] - Jeu 7 Mar 2013 - 21:54
La chaise grinça lorsque le jeune homme se leva. Il reconnaissait la pièce où il se trouvait, c'était la salle de classe où il avait eu cours précédemment. Cependant, elle avait quelque peu changé. Les murs étaient maintenant recouverts de lichen et de lierre, le dallage de la pièce était fissuré en de nombreux endroits. De nombreuses plantes avaient profité de ces failles pour pousser et étendre leur feuillage dans toute la pièce. Eleyon avançait en direction du mur lorsque son pied, n'ayant plus rien pour se stabiliser, s'enfonça dans le sol. Surpris, il eut juste le temps de se rattraper à une table voisine. Sortant son pied du piège invisible, il débarrassa le sol de son tapis de verdure rendant visible un crevasse béante longue de deux mètres. Il déglutit péniblement à la l'idée qu'il aurait pu facilement tomber dedans et qu'il avait eu une chance énorme d'y échapper.

Reculant de quelques pas, l'élève prit son élan et sauta par-dessus la crevasse, se réceptionnant parfaitement de l'autre côté. Il avançait maintenant prudemment, s'aidant de son pied pour déblayer le sol des multiples feuilles de fougères qui le recouvraient. A peine eut-il fait un pas à l'extérieur via l'ouverture dans le mur que le soleil darda sur lui ses rayons brûlants, assommants. Se protégeant à l'aide de son bras, Eleyon analysa la situation dans la quelle il se trouvait. *A la vue de l'état dans lequel se trouve les locaux je ne suis pas dans la même époque qu'à mon arrivée à la Deus. En y pensant, à quelle époque suis-je arriver ? Je ne le sais même pas … Je n'ai aucun repère temporel pour me situer*


La plupart des bâtiments étaient eux aussi à l'état de ruine : le toit en dôme de la cafétéria n'existait même plus, il s'était totalement effondré et d'autres bâtiment avaient connu un sort tout aussi tragique. Tout ce qui avait fait la splendeur de l'académie était maintenant défiguré laissant place à des paysages hostiles. Les jardins où de nombreuses variétés de fleurs poussaient en liberté avait laissé place à une terre aride où ne poussait que des ronciers et autre mauvaises herbes. Attristé, c'était le mot qui définissait le plus l'état d'esprit d'Eleyon en ce moment. Il n'avait pas profité longtemps des charmes de l'école, mais il avait su les juger à leur juste valeur dès le départ.

Il déambula dans le territoire de la Deus à la recherche d'une âme emplie de solitude comme la sienne à l'heure actuelle. Oui, il était seul, il n'y avait pas âme qui vive même pas une créature magique.

« La solitude est un jardin où l'âme se dessèche, les fleurs qui y poussent n'ont pas de parfum ... » murmura Eleyon pour lui -même.

Il avait vu cette citation dans un des livres de la bibliothèques. C'était triste comme elle s'accordait si bien avec ce qu'il advenait de lui et de l'académie. Eleyon était abattu par ce spectacle désolant. Il se força à fermer les yeux pour réprimer les quelques larmes qui montaient en lui et dirigea ses pas vers le portail. Il ne pouvait plus voir l'académie dans cet état. Alors qu'il s'approchait à grand pas du portail, des grognements se firent entendre au loin. Il n'y prêta pas attention, trop abattu en l'instant présent pour lever le regard de ses pieds et se confronter à un avenir incertain.

La main du garçon se posa sur le portail et il resta un moment ainsi, silencieux, écoutant le vent faire bruisser les feuilles. Le portail grinça sous la pression croissante qu'exerça le jeune homme, ouvrant ses portes sur des terres inexplorées. Sans un regard en arrière, il avança sur la route avant de quitter le chemin de terre battue pour s'aventurer entre les arbres millénaires de la forêt.

La végétation était luxuriante, l'air embaumait différentes senteurs. Elles éveillaient quelque chose en lui, il avait déjà ressenti cette impression. A son arrivée, lors de sa rencontre avec une des élèves, son parfum avait éveillait en lui une partie animale qu'il ne connaissait pas. Le phénomène se réitérait aujourd'hui et ce n'était pas pour lui déplaire. Ces instincts qui se réveillaient en lui donnaient au jeune garçon une impression de liberté éphémère. Enivré de toutes ces odeurs qui arrivaient à ses narines, Eleyon perdit rapidement son chemin. Le jeune homme dirigea son regard vers le ciel, mais son regard ne rencontra qu'une voûte de feuilles que formait la canopée. Il marcha donc, esseulé au milieu de tous ces arbres.

Les hurlements reprirent de nouveau, cette fois-ce plus proche, beaucoup plus proche. Eleyon se retourna en un instant le cœur battant à tout rompre, il avait entendu des bruissements, il en était sûr, il n'était pas seul ici et la présence ne lui voulait certainement aucun bien. L'apprenti-Dieu la sentit près de lui, il dirigea son regard dans la direction d'où elle semblait être la plus forte, deux yeux jaunes le fixaient. Ils luisaient dans la pénombre environnante. La bête s'approcha de lui et grogna, un filet de bave s'échappa de sa gueule dotée de deux rangées de dents pointues et acérées comme le fil d'un rasoir. Ses griffes labouraient la terre à chacun de ses pas. Il n'arrivait pas à ranger ce « monstre » dans une catégorie. Il n'avait pas de poil, ni d'écaille, sa peau à nue était parsemée de pics long d'une vingtaine de centimètres et dont l'extrémité était perlée de petites gouttes minuscules. La bête s'élança, toutes griffes dehors, sur le jeune garçon arrachant à la terre de nombreuses herbes qui volèrent dans le ciel poussées par les alizés qui soufflaient.
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Re: Songes Post-mortem [Solo] - Sam 9 Mar 2013 - 13:59
Elle avançait vers lui, martelant le sol de ses énormes pattes. Gueule grande ouverte elle se jeta sur Eleyon, mais ses mâchoires se refermèrent dans le vide en un CLAC retentissant. Le jeune garçon avait effectué ce qui sembla être une roulade sur le côté car il se retrouva le dos collé au tronc rêche d'un arbre, les jambes formant un arc de cercle au-dessus de sa tête. L' 'hérisson' tourna la tête vers lui apparemment énervé d'avoir loupé sa cible. A l'aide d'un saut de carpe l'apprenti-Dieu fit face à la créature.

D'une rapidité incroyable, la bête fonça sur lui, il eut à peine le temps de se protéger avec son katana non dégainé qu'elle refermait ses mâchoires sur le fourreau. Il se brisa en un éclair comme s'il n'avait été qu'un vulgaire brindille dans les mains d'un adulte. La lame resta cependant intacte, elle était résistante ce n'était pas qu'une babiole, une épée d'entraînement. D'un mouvement de la tête, la lame fut arrachée des mains de son porteur avant d'être envoyé valdingué entre les racines d'un arbre. Le buste du jeune garçon fut plaqué au sol par la patte du monstre. La pression s'accrue sur son thorax alors que la bête rapprochait sa tête de la sienne, de près comme de loin d'abord sa gueule ressemblait à une fosse béante.

Il fronça le nez, il se prenait l'haleine pestilentielle de l'animal en plein dans le visage, un mélange de viande avariée et de chair en décomposition, rien de bien appétissant n'est-ce pas ? Rassemblant toutes ses forces dans sa jambe gauche, Eleyon balança sa jambe dans l'abdomen de la bête lui arrachant un cri de douleur aiguë. Profitant de l'instant de surprise mêlée de douleur qui terrassait actuellement la bestiole, Eleyon se jeta sur son katana et se releva tout aussi vite l'arme empoignée d'une main ferme. Il fit de nouveau face à la bête qui entre temps s'était relevée, ses yeux luisaient d'une rage incommensurable. Plaçant la lame de son katana entre eux pour se protéger, il se déplaça lentement sur le côté pour se dégager une issue au cas où le combat tournerait mal. Ses yeux le fixaient toujours cherchant sûrement à le jauger. Il ne devait pas craquer, ne pas détourner le regard ou la bête comprendra qu'il était sûrement plus faible qu'elle et elle aura un avantage psychologique sur lui se croyant, de ce fait, plus forte.

Elle semblait douée d'une intelligence peu commune dans le monde animal, il ne devait pas lui laisser le temps d'élaborer une stratégie précaire. Eleyon s'élança vers le monstre dans l'intention simple de l'occire en un coup. Mais tout ne se passe comme on veut, il balança son katana de gauche à droite, fracassant une grande partie des épines ponctuant le dos de l'énorme hérisson. Cependant, les épines étaient plus dures que prévu et le choc de l'attaque se répercuta dans tout son corps, le paralysant momentanément. La bête profita de cet instant de faiblesse pour l'attaquer, ses griffes arrachèrent de grand lambeaux de peau sur son bras gauche avant que ses mâchoires ne finissent le travail en se refermant sur les plaies fraîches.

L'enchaînement arracha un cri de douleur à Eleyon. Dans un geste désespéré, il agrippa fermement son katana et tenta d'asséner un coup de taille de toute ses forces sur le cou mis à nu de la bête. La lame s'enfonça comme dans du beurre avant de ressortir par l'épaule droit de la bête sectionnant le muscle cardiaque sur son passage. L'animal lâcha prise et s'affala de tout son être dans l'herbe. Le bras d'Eleyon étaient maintenant couvert de sang, ses bandages en étaient complètement imbibés, il ruisselait sur le sol se mélangeant avec celui de son adversaire. L'affrontement avait recoloré toute la végétation d'une belle couleur carmin sur 2 mètres à la ronde.

L'apprenti-Dieu arracha une partie de la manche de sa chemise pour s'en fabriquer une attelle. Précaire certes, mais elle soutiendrais son bras meurtri pendant qu'il cherchait la trace d'une civilisation. Il avança à travers les arbres millénaires sans apercevoir le moindre humain, juste quelques créatures qui s'enfuirent à son arrivée. Il faut dire que sa tête faisait assez peur et son apparence n'arrangeait rien.

Cela faisait une heure qu'il marchait, pourtant il lui semblait que cela faisait des jours et des jours, son bras le lançait, l'attelle ne calmait en rien la douleur. Le glougloutement d'un torrent parvint aux oreille du semi-loup accompagné de l'odeur de poisson et d'autres victuailles. De la nourriture, il avait faim, depuis combien de temps n'avait-il pas mangé ? Seulement deux heures ? Impossible, il avait trop faim pour qu'il se soit restaurer il n'y a pas si longtemps. Eleyon écarta un buisson de son chemin dévoilant par la même occasion un cours d'eau d'où provenait l'odeur qui l'avait conduit ici. Le courant était fort, pourtant de multiples poissons sautaient par-dessus la surface de l'eau se fichant éperdument du courant, le remontant comme s'il ne s'agissait que d'un faible filet d'eau. L'odeur alléchante du poisson frais fit naître en lui une envie insatiable de poisson, arrachant son attelle il courut vers le cours d'eau pour attraper, à mains nues, son repas. La pêche ne fut pas très fructueuse et le jeune garçon attrapa seulement trois poissons. Cependant, ces trois poissons furent plus que suffisant pour calmer son estomac affamé.

Un arrête coincée entre les dents, il s'adossa contre un arbre brodant le torrent et inspecta ses plaies. Elles étaient beaucoup plus nettes à présent, lavée par l'eau fraîche du torrent il pouvait maintenant estimer les dégâts qu'avaient fait la bête. De grandes lacérations parcouraient son avant-bras vestiges des griffes et étaient parsemées de multiples entailles rondes rangées en deux rangées parallèles. D'après les étudiants de l'académie, les blessures magiques étaient les seuls blessures capables de blesser profondément un demi-Dieu. Devait-il associé les blessures de la défunte créature à des blessures magiques ? Dans tous les cas, les blessures finiraient bien par guérir toutes seules même si ça prenait du temps.

Il se leva et cracha l'arrête. Puis, il leva la tête vers le ciel maintenant piqueté d'innombrables lucioles. Les étoiles … Elles avaient toujours été une source de fascination pour lui, il aimait se perdre dans l'immensité du firmament. Pendant trente minutes il resta ainsi immobile, le regard tourné vers le voile céleste qui englobe tout ne faisant qu'un avec tout, synonyme d'harmonie pour tous. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas admiré la beauté de ce spectacle, après tout, à l'académie il n'avait pas encore trouvé le temps pour ni l'état d'esprit d'ailleurs. En fin de compte, ce saut temporel, comme il le pensait, lui était bénéfique.

Retenant un soupir de satisfaction face à ce ciel nocturne, l'élève reprit le chemin de la forêt toujours à la recherche de la trace même infime d'un humain ou d'une humaine d'ailleurs. Il se frotta les yeux, sa vision se faisait de moins en moins nette. En y pensant, cela faisait un moment qu'il ne ressentait plus de douleur, enfin qu'il ne ressentait plus rien dans son bras droit. Sa vision se fit encore plus trouble et il s'effondra. Blessé et seul dans la forêt, qu'allait-il bien pouvoir advenir de lui ?
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Re: Songes Post-mortem [Solo] - Dim 10 Mar 2013 - 1:33
Des bruits de sabot résonnèrent dans la forêt, trois personnes chevauchaient les animaux à l'origine de ce phénomène sonore. Ils galopaient à travers les arbres, filant comme des comètes dans la voie lactée. La cavalière du milieu, une femme aux yeux ambrée et à la chevelure rousse tourna la tête à droite et à gauche et fit un signe à ses compères. L'homme de droite acquiesça d'un hochement de tête et s'écarta du reste du groupe, effectuant un détour par l'est alors que celui de gauche en effectua un par l'ouest. Les trois cavaliers traversèrent une barrière érigée par des buissons en même temps, synchronisés et atterrirent sur le lieu du combat d'Eleyon. Les sabots des chevaux clapotaient dans la mare de sang qui se répandait du thorax ouvert de l'animal. Les chevaux hennirent à sa vue et roulèrent des yeux. Les cavalier essayèrent d'apaiser leur monture, en vain, ils les attachèrent à un bosquet protégé par la barrière de buisson. La femme s'approcha du cadavre de la bête puis sur les alentours avant de se retourner vers ses compagnons.

« L'affrontement a dû être rude vu la mare de sang qui s'étend ici. Je me demande bien quelle créature a bien pu avoir l'avantage sur celle-là, ce n'est pas un monstre inoffensif. »

Son compagnon ôta sa capuche pour se pencher et attraper un des bandages d'Eleyon. Il le montra à sa comparse.

« Créatures ou humain plutôt ? »

« Ne dis pas de sottises ! Tu sais très bien que peu d'homme sont capable de vaincre une de ces bestioles et encore moins tout seul. »

« Ce bandage reste néanmoins une preuve irréfutable qu'il y avait un humain ici. Il n'a sûrement été qu'un spectateur de ce carnage entre deux bestioles se trouvant au sommet de la hiérarchie magique, trop apeuré pour faire la moindre chose. »

« Tu as sûrement raison Wijjiz. Nous devons toute fois le retrouver. »

Elle montra du doigt les pics sectionnés.

« S'il a été en contact avec le poison qui remplit ces épines alors il ne doit plus lui rester très longtemps à vivre. Il en revient de notre honneur de l'aider ! »

Les deux hommes hochèrent la tête face aux paroles de la jeune femme, elle avait raison, il en revenait à l'honneur de leur pays d'aider cette personne même si elle n'était qu'un incapable doublé d'une lopette. Le petit groupe remonta sur leur selle respective avant d'avancer au pas, suivant à la trace les déplacements d'Eleyon. Ils parcoururent le même chemin que le sien, pour arriver au torrent où il s'était rassasié précédemment.

« Il s'était arrêté ici pour manger, il ne doit pas être aussi mal en point qu'on le croyait. A quoi ça sert de chercher quelqu'un qui a fuit comme un lâche ? » railla le troisième homme qui jusqu'alors s'était tu, tout en shootant dans les arrêtes, restes du dernier repas de l'apprenti-Dieu.


La femme qui semblait être à la tête des deux autres le fusilla du regard avant de répliquer d'un ton peu amène.

« Je n'en ai strictement rien à faire, on le retrouve un point c'est tout ! Même s'il n'est pas blessé je veux savoir qu'est-ce qui a tué une créature aussi puissante. »

L'homme lui tourna le dos et agita sa main dans les air au niveau de sa tête.

« Très bien, on fera comme tu voudras Suzumi, pas la peine de prendre la mouche comme ça » répliqua-t-il, un sourire imprimé sur ses lèvres.


Sur ces paroles teintées de moquerie les cavaliers remontèrent sur leur monture avant de repartir sur la piste de l'apprenti-Dieu. La suite du trajet ne fut pas longue car Eleyon s'était évanouie peu de temps après s'être remis en marche. Ils arrêtèrent leur monture à quelques mètres de l'élève inconscient. La prénommé Suzumi s'avança vers le corps d'Eleyon et posa ses doigts sur le côté de sa gorge.


« Il est mort ? » questionna Wijjiz

« Nan, il est faible, très faible même, mais son cœur bat toujours. Viens et aide-moi à le transporter, on va l'installer sur ma selle je monterais avec lui. »

Wijjiz et Suzumi installèrent l'apprenti-Dieu sur la selle de cette dernière. Elle monta à sa suite, tenant les brides de façon à soutenir le corps inanimé du jeune garçon. Le petit groupe prit la route de la capitale, du bastion de la résistance, Kokarusou. Une ville fortifiée dans la montagne accueillant la quasi totalité des habitants de Tempesta, dernier pays des Terres d'Argent. Arrivé au château qui surplombait la ville, le pont-levis s'abaissa et les portes s'ouvrirent laissant tout juste l'espace nécessaire aux quatre personnes pour passer. Les trois cavaliers s'arrêtèrent dans une sorte de cour intérieur. Une fontaine les éclaboussait légèrement et envoyait voler de nombreuses gouttelettes qui formaient autant de miroir renvoyant les images du cadre paradisiaque de la cour intérieure. Divers espèce de rose et de tulipe poussaient dans ce jardin alternant des senteur et des couleurs qui auraient ravis les pupilles et les narines de notre semi-loup. Une armée de domestique s'approchèrent des cavaliers pour les débarrasser de leurs fardeaux, en l'occurrence du corps d'Eleyon.

« Emmenez-le dans une pièce chauffée et qu'on y fasse venir le magicien pour savoir si il peut encore le sauver. Appelez-moi dès qu'il se réveille, j'ai des questions à lui poser, ou s'il est mort » ordonna Suzumi aux multiples domestiques qui se présentaient devant elle.

Ils opinèrent du chef avant d'obéir aux ordre de leur maîtresse et de transporter l'apprenti-Dieu. Ils le firent traverser d'innombrables couloirs et d'escalier avant de le transporter dans la pièce qui lui était attribuée. Ils le déposèrent dans le lit avant de reposer les couvertures sur son corps glacée. Lorsqu'Eleyon émergea du coma dans lequel il était plongé jusqu'à maintenant, la pièce où il se trouvait était vide. Un feu crépitait joyeusement dans l'âtre d'une cheminée, faisant danser les ombres sur les murs.

« Il devrait bientôt se réveiller, ne vous inquiétez pas. J'ai trouvé ceci sur lui et ses plaies étaient couvertes de poison d'Adamankelhon. »

Le silence retomba momentanément avant d'être brisé par une voix féminine.

« C'est bien ce qu'il me semblait, faîtes moi savoir dès qu'il sera réveillé. Je veux être la première personne à le voir, quelqu'un qui survit à un affrontement avec un Adamankelhon ne court pas les rues. »

« Il semble avoir suscité votre intérêt, ma dame. »

« Ne vous méprenez pas sur mes intentions à son encontre, je ... »

Le reste de la phrase se perdit dans le brouillard du sommeil qui enveloppa le jeune garçon.


Dernière édition par Eleyon Fukitsu le Mer 13 Mar 2013 - 15:08, édité 1 fois
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Re: Songes Post-mortem [Solo] - Dim 10 Mar 2013 - 18:03
Ses paupières s'ouvrirent de nouveau sur l'intérieur de la pièce permettant à un flot de lumière de l'éblouir. Il cligna des yeux de nombreuses fois avant de s'être habitué à la luminosité ambiante. Le décor n'avait pas changé depuis son dernier et premier réveil dans cette pièce, dans l'âtre dansait toujours de magnifiques flammes. Son regard fut attiré par une belle demoiselle qui était assise sur une chaise, face à la fenêtre dos à lui, regardant le ciel limpide. Eleyon se redressa dans son lit cherchant à s'adosser contre la tête de ce dernier. Le bruit des couvertures alerta la jeune femme qui se retourna vers lui faisant ondoyer sa chevelure de blé.

« Je vais prévenir dame Suzumi de votre réveil. »

La domestique s'inclina face à lui avant de sortir en trombe de la pièce. Il la regarda quelque éberlué par sa beauté mais aussi sa façon de se mouvoir. Il n'en revenait qu'une personne ayant autant de grâce ne soit qu'une vulgaire domestique ou alors il avait plus d'importance qu'elle dans ce royaume. Tout en se massant la nuque endolori de sa main droite il examina ses blessures, elles avaient quasiment toutes cicatrisées. Au final, il avait eu raison quand il avait dit qu'elle guériraient toute seule. Cependant, les gens du château d'où il se trouvait avait dû y être pour quelque chose, il y avait sûrement un apprenti-Dieu derrière tout ça dont le domaine divin devait avoir des pratiques curatives.

La porte s'ouvrit violemment coupant court aux réflexions du jeune garçon. Une jeune femme se trouvait sur le pas, vêtu d'une armure légère, une vraie guerrière en soit. Elle s'avança près de la fenêtre et s'installa sur la chaise auparavant occupée par la belle domestique. Son regard ambré ne quittait pas une seule seconde les yeux d'Eleyon qui garda le sien braqué sur elle, la mettant au défi de dévier le regard ne serait-ce qu'une fois. Ils restèrent ainsi un moment, immobile, deux statues qui se regardaient.


« On a retrouvé ça près du cadavre d'une Adamankélhon, c'est à toi ? » demanda-t-elle tout en balançant les bandages rouges et secs d'Eleyon sur lui.

« Oui, mais … Qu'est-ce qu'une Adamajélon au juste ? »

« Une A-da-man-ké-lhon pas une Adamajélon » soupira-t-elle

« Une Adamankélhon ? Ça ne me dit toujours pas ce que c'est. » répliqua-t-il en passant la main dans ses cheveux et le regard rivé sur le bandage.

« C'est la bête que l'on a retrouvé morte près de tes bandages, l'espèce d'énorme hérisson. »

« Ah, cette créature qui m'a attaqué sans crier gare ? Elle a brisé le fourreau de mon katana cette saleté. »


Eleyon tapa du poing sur le lit à cette pensée, c'était un bien précieux pour lui, dernier souvenir de son défunt meilleur ami. Affichant une expression quelque peu peinée il releva la tête pour poser son regard sur la jeune femme.

« Pourquoi vouliez-vous savoir ça ? »

« Je tenais à savoir quelle créature avait réussi à tuer une Adamankélhon, vous devez l'avoir vu non ? »

« Vous l'avez en face de vous. »

Suzumi rigola.

« Ne me faîtes pas rire, aucun homme n'est capable de battre une Adamankélhon en combat singulier. »

« Mais soit, nous verrons bien quel niveau vous avez demain avec une épée en main. »

Sur ces paroles un brin moqueuses, la jeune femme se leva et quitta la pièce laissant Eleyon seul pour ruminer dans son coin ses paroles. Mais pour qui se prenait-elle pour prendre ce ton aussi hautain avec lui et de le réduire à ce point ? Il lui montrerait demain qu'il avait la force de terrasser un monstre aussi faible. En attendant, il devait se reposer pour être en pleine possession de ses moyens demain. C'est ce qu'il se disait, mais cette nuit là il n'arriva pas à trouver le sommeil. Il préféra se perdre de nouveau dans les étoiles, dans ces astres lointains qui illuminaient le ciel nocturne et nos vies.


Le lendemain arriva bien vite, Eleyon fut réveillé par la clameur des oiseaux matinaux et la clarté du soleil levant. Il avait le corps perclu de courbatures, car il s'était endormi sur le rebord de la fenêtre. Retenant un baillement il s'étira cherchant à assouplir son corps avant l'affrontement. Ses ablutions finies, l'apprenti-Dieu se dirigea sur le terrain d'entraînement son katana en main et attendit patiemment son adversaire. Il s'était levé tôt et s'était vite préparé, car trouvé le terrain d'entraînement n'était pas une mince affaire. C'était un petit bout de terrain relégué au fond du domaine après plusieurs jardins. Il avait été obligé de demander son chemin à plusieurs domestiques avant de l'atteindre. L'apprenti-Dieu s'assit en tailleur à une des extrémité du terrain de terre battue, posa son katana sur ses genoux et entreprit de refaire les bandages de ses mains. Cela faisait longtemps qu'il recouvrait ses mains et ses avant-bras de bandages, depuis quand exactement ? Il ne s'en rappelait pas, mais il avait toujours eu horreur de laisser à découvert cette partie de son anatomie.

Le soleil tapait fort sur le terrain et le peu de vent qui soufflait n'arrivait pas à rafraîchir suffisamment Eleyon qui transpirait dans ses vêtements. Lorsque son adversaire du jour s'avança sur le terrain elle ne semblait pas dérangé par la température estivale. Toujours vêtue de son armure estivale elle s'avança vers Eleyon et lui lança un set d'armure.

« Tiens met ça ! Je ne voudrais pas t'estropier. »

« Non merci, ça ne ferait que me ralentir. » répliqua-t-il sur un ton dédaigneux envoyant valser les pièces d'acier d'un coup de pied rageur.

La jeune femme haussa les épaules et se plaça en position de garde face au jeune homme. Elle combattait avait une épée courte à double tranchant, arme à mi-chemin entre une rapière et une épée classique, et un pavois de bois. Quant à lui, il se battait sans armure, juste armé de ses katanas. Seul le noir était actuellement dégainé, car il n'était pas chose aisée de se battre avec deux katanas, cela relevait même de l'impossible.


Eleyon s'avança jusqu'à ce que la distance entre les deux combattants se réduisent suffisamment pour que chacun puissent se porter un coup l'un l'autre s'ils le désiraient. Cependant, ils se jaugèrent simplement du regard, attendant de voir un faille dans la garde de son adversaire. L'apprenti-Dieu bascula son poids sur sa jambe droite et abaissa son centre de gravité en même temps que son épée. Son adversaire tomba dans son piège et attaqua avec un coup d'estoc pensant qu'il tenterait une charge frontale. Mais il avait juste laisser présager ça, un bon manieur de lames doit savoir tromper son adversaire en simulant la préparation d'une attaque. Alors qu'elle fonçait droit sur lui, il pivota sur pied droit pour laisser passer l'épée et la jeune femme avant de d'asséné un coup oblique en direction de son bras gauche. Alors qu'il pensait atteindre sa cible, le katana ripa sur le pavois en bois et termina sa course dans les airs. Eleyon jura intérieurement, il l'avait sous-estimé, elle avait de meilleurs réflexes qu'il ne l'aurait cru. En tout cas une chose était sûre, il ne recommencerait pas et l'attaquerait avec tout ce qu'il a.


Les deux combattantes se remirent en garde aussitôt et se déplacèrent sur le côté sans se quitter du regard, formant un cercle. Des acclamations montèrent de la foule qui s'étaient rassemblées autour du terrain, il y avait de tout : des néophytes, des guerriers aguerris, des domestiques, des gens du peuple et même quelques membre de la cour. Après avoir regagné leur place initiale, Eleyon et Suzumi se lancèrent dans un échange de coups époustouflants. L'air étaient empli des coups d'épées qui frappaient le bouclier ou la lame de l'adversaire, c'était un vrai vacarme on entendait à peine la clameur de la foule.


Le reflet du soleil sur l'armure de la jeune femme atteignit le jeune homme en plein dans les yeux, l'aveuglant momentanément. Profitant de cette chance inopinée, elle désarma Eleyon et essaya de l'achever avec un coup de taille à hauteur de la poitrine. Mais son coup ne brassa que l'air, il s'était accroupi rapidement pour échapper à la lame. L'apprenti-Dieu faucha les jambes de son adversaire en effectuant une rotation. La jeune femme tomba en laissant échappé un petit cri. Pendant qu'elle se relevait furieuse, Eleyon avait eu le temps de récupérer son katana et de se remettre en garde face à elle, un petit sourire malicieux imprimé sur ses lèvres. Les échanges reprirent plus ardus qu'auparavant, aucun des deux ne semblaient vouloir s'aider l'avantage à son adversaire. Cependant, les coups de Suzumi se faisaient de plus en plus lent et imprécis alors que ceux d'Eleyon gagnait en vivacité et en précision. Les muscles de la jeune femme la brûlaient et elle ne sentait quasiment plus son bras gauche, mais elle continua désespérément son combat, elle ne voulait pas s'avouer vaincu face à lui. Misant le tout pour le tout, elle tenta une botte compliquée alliant feintes et coups d'estoc. Le jeune homme para le dernier coup de la jeune femme qui face au choc des épées lâcha la sienne. La lame tomba au sol avec un bruit étouffé en même temps que les jambes de Suzumi la trahissaient la faisant tomber à genoux soulevant un nuage de poussière.


Un liquide chaud coulait sur la joue d'Eleyon. Du sang, mais comment ? Il était pourtant sûr qu'elle ne l'avait pas touché, cependant cette coupure était une preuve irréfutable qu'il avait encaissé un coup. Sûrement lorsqu'il s'était baissé après avoir été aveuglé par la lumière réfléchie. Eleyon tourna le dos à la jeune femme qui restait toujours agenouillée, complètement abattue par sa défaite. Après tout, peut-être avait-il vraiment réussi à vaincre une Adamankélhon en solitaire se surpris-t-elle à penser.


« On nous attaque ! »

La voix résonna dans l'air accompagnée du bruit sourd d'une cloche, le tocsin. L'association des deux sonna la panique dans la foule, tout le monde courrait dans n'importe quel sens. Les guerriers prirent leurs armes et se rassemblèrent attendant les ordres de leur commandante.


« Je crois qu'ils ont besoin de toi. » chuchota Eleyon à l'intention de la jeune femme.

Les paroles de l'apprenti-Dieu la ramenèrent à la réalité, elle se releva, fit face à ses guerriers et s'éclaircit la gorge.

« Section alpha ! Je veux vous voir devant la grande porte dans 5 minutes, nous défendrons la cité coûte que coûte. Section bêta ! Vous allez aider les habitants à se cacher dans la montagne puis vous reviendrez nous épauler. Section gamma ! Direction les armes balistiques, je ne veux aucuns survivants. Rompez ! »

« Ossu ! » répondirent à l'unisson la totalité des soldats massés devant elle.

« Toi ! » l'interpella-t-elle.

Eleyon se retourna interrogateur.

« Oui ? »

« Tu viens avec moi et la section 1, même si ça me fait mal de dire ça on va avoir besoin de tes capacités. »

« Apparemment je n'ai pas le choix, mais avant j'ai une question à te poser. »

Cette fois ce fut à Suzumi d'afficher un air interrogateur.


« J'aimerais savoir qui est l'apprenti-Dieu qui m'a soigné pour le remercier. »

« Apprenti-quoi ? Voyons, cette espèce a quitté ce monde il y a de ça 4ooo ans, il n'en reste aucun sur ces terres. Si tu as d'autres questions aussi idiotes tu ferais mieux de te taire et de te préparer. »

Elle tourna les talons et marcha en direction des portes accompagnée de la section alpha. Les paroles de la jeune femme le désarçonnèrent, cela faisait 4ooo ans que les apprentis-Dieu avaient disparus ? Pourtant il se rappelait comme si c'était hier son arrivée à l'académie. Elle devait se moquer de lui, il n'y avait pas d'autres explications. C'est le pas lourd de ses réflexions, que le jeune garçon s'avança à son tour en direction des portes de la villes, lieu d'un conflit qui changera la face du monde, mais ça il ne le savait pas encore.
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Re: Songes Post-mortem [Solo] - Mer 13 Mar 2013 - 14:14
Le vent souffla, soulevant les cheveux du demi-loup et dévoilant ses deux petites oreilles pointues et couvertes de fourrures. Il leva la tête à la caresse du vent, regardant le ciel à travers ses deux iris rubis. Il faisait beau, aucun nuage ne venait cacher l'immensité du ciel, on pouvait apercevoir ce bleu céleste de n'importe quel endroit. Reportant son regard sur sa destination, un large sourire étira ses lèvres. De là où il était, Suzumi et ses hommes ressemblaient une colonie de fourmi dont la fourmilière aurait été piétinée. Le spectacle qui s'offrait était risible ce qui explique le large sourire qu'il affichait en cet instant. Eleyon repris sa marche, remontant le flot de villageois désemparés qui cherchaient un asile sûr dans les montagnes. L'apprenti-Dieu fut bousculé à diverses reprises par quelques personnes, mais il continua d'avancer d'un pas léger.

Eleyon ne se rendit pas directement vers la section alpha, il s'arrêta plutôt devant les portes d'une des quatre grandes tours qui décoraient les murailles en pierre de la ville. Il l'ouvrit d'une simple poussée, l'intérieur était vide mis à part un escalier qui montait en colimaçon vers le sommet. Marche après marche il gravit l'escalier s'arrêtant à une porte disposée contre un des murs sur une plate-forme. Cédant à la curiosité, Eleyon l'emprunta pour se retrouver sur les hauteurs des fortifications. L'air y était plus violent et beaucoup plus frais, frissonnant il rangea ses mains dans les poches de son jean. De nombreuses personnes couraient des tours aux arbalètes disposées le long du chemin de ronde. Le demi-loup se posa contre le bord et les regarda s'affairer, quelques sentinelles scrutaient l'horizon pour estimer les troupes totales de l'ennemi tandis que de valeureux soldats étaient occupés à charger en pierre ou en énorme flèche de gigantesques machines balistiques.

Lassé, Eleyon se releva et s'appuya sur le rebord, le menton sur ses deux poignets, et regarda l'armée adverse avancer. Ce n'était plus qu'une question de minutes avant que le combat n'éclate. Les combattants adverses se ressemblaient tous, à tel point que l'idée qu'ils soient tous des clones traversa l'esprit de l'apprenti-Dieu. Il n'avait plus beaucoup de temps pour se préparer et se rendre auprès de Suzumi. Se redressant, il se mit à courir en direction de la porte de la tour et sauta dans l'espace circulaire entre l'escalier. Il se réceptionna à l'aide d'une roulade et sortit de la tour, toujours en courant. C'est essoufflé qu'il arriva jusqu'au groupe de la jeune femme, elle le regarda arriver sévèrement.

« Je peux savoir ce qui t'as pris autant de temps ? »

« J'avais différentes choses à faire … »

« Comme ? »

Eleyon dégrafa son katana blanc de sa ceinture pour le lever afin que Suzumi puisse le voir.

« Il fallait que j'aille chercher mon second katana dans la chambre où je me suis réveillé. »

C'était totalement faux, car Eleyon avait depuis le début ses deux katanas avec lui. Pitoyable excuse qu'il avait trouvé là, mais si elle fonctionnait il s'en foutait. Suzumi hocha faussement la tête visiblement pas convaincue par la raison qu'avait évoqué le jeune homme pour excuser son retard.

« Tiens, revêts ça ! »

D'un signe de la main un homme s'approcha de lui et lui fourra différentes pièces métalliques dans les bras. Surpris par le poids du 'cadeau', Eleyon lâcha l'ensemble du set d'armure qui tomba sur le sol en soulevant un nuage de poussière et en émettant un joli tintement métallique. Il souleva l'une des pièces et l'examina. Elle n'était pas finement ouvragée, mais elle semblait pouvoir tenir plusieurs chocs avant de céder.

« Quelque chose ne te plaît pas ? »

« Hein ? Non, non rien du tout. »

Il ceignit les jambières et les brassières avant de placer son mini-plastron constitués d'une plaque octogonale pour protéger le corps et d'une bande métallique parcourant tout son tour de taille pour protéger ses entrailles d'un mauvais coup, le tout était relié et fixé par des bandes de cuirs qui parcouraient l'ensemble du set. Il soupira se demandant de quoi il avait l'air avec cet accoutrement ridicule, on aurait dit une de ces combinaisons que portent les enfants dans le monde des humains pour éviter de se blesser lorsqu'ils font du roller ou du vélo. Descendant de son cheval et ramassant le casque toujours au sol elle s'avança vers lui et lui mit sur la tête.

« Tu avais oublié ça. » lui dit-elle tout en souriant.

« Merci » répondit-il dans un grognement.

Pourquoi lui avait-elle rappelé qu'il fallait mettre le casque ? C'était inutile, d'ailleurs tout était inutile. Ce n'était pas comme ci il avait réellement besoin d'une protection, ses réflexes suffisent d'habitude. Les défenseurs se placèrent face aux portes encore closes. Chacun frissonna lorsqu'elles s'ouvrirent dans un grincement, soulevant un léger nuage de poussière haut d'une trentaine de centimètre. Ils traversèrent la voûte formée par les deux battants et firent face à leurs opposants. Un frisson parcouru l'échine d'Eleyon, la vision d'une future bataille à venir l'exciter. Ce n'était pas tous les jours que l'on pouvait participer à une bataille de cette envergure et qui pouvait donner assez d'adrénaline pour faire chavirer le cœur de n'importe quel homme. Eleyon dégaina son katana, la lame noire brilla lorsqu'il la plaça devant lui. Les muscles contractés, prêt à bondir à n'importe quel moment, le demi-loup attendit patiemment le signal de Suzumi pour charger.

« Chargez ! »

A peine, le cri de la jeune femme résonnait dans l'air qu'Eleyon fonçait vers les rangs ennemis prenant une longueur d'avance sur ses camarades. Il lui fallut une dizaine de seconde pour traverser le no mans land qui régnait entre les deux armées. D'un coup bien placé il fit la première victime de la bataille, la lame s'enfonça dans la chair pour sectionner l'adversaire en deux. S'ensuivit alors une danse furieuse pendant laquelle l'apprenti-Dieu virevolta entre les ennemis, les transperçant, les tailladant ou les mutilant de son arme. De gigantesques blocs de roche pleuvaient sur les rangs ennemis, écrasant les malheureux qui avaient eu la malchance de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment.

Un voile rouge tomba sur les yeux d'Eleyon, aussi rouge que le sang qui parcourait la lame de son katana. Peu à peu il sombrait dans l'ivresse du combat et sa rationalité laissa la place à une folie sanguinaire. Il ne se contrôlait plus, n'agissant que par pur instinct. Alors qu'il détruisait le plexus d'un adversaire d'un direct du gauche, son visage se déforma laissant place à une expression effrayante, on aurait dit un vrai démon. Inexorablement, il se rapprocha du général ennemi barricadé dans une muraille humaine. Eleyon n'eut aucun mal à mettre à mal puis, finalement, à percer les défenses ennemies. Fracassant les rangs ennemis, il se faufila jusqu'au général dont il tua le destrier d'un coup d'estoc en pleine poitrine. L'animal hennit une fois avant de basculer, entraînant la future cible de l'apprenti-Dieu dans sa chute. Alors que l'homme à terre essaya de se relever, Eleyon planta son épée dans son ventre et l'enfonça dans le sol de sorte que seule la poignée dépasse de la bedaine de l'individu. Ceci fait, il prit place au-dessus de lui et ramenant son poing en arrière lui asséna un coup en plein visage.

Une table se brisa et des éclats volèrent dans toute la pièce. Surpris, tout le monde se retourna vers l'auteur de ce vacarme. Il se tenait là debout, le bandage de sa main droite imbibé de sang, le visage déformé par un rictus invisible aux autres et ses oreilles de loup dressées sur sa tête.
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Re: Songes Post-mortem [Solo] - Sam 30 Mar 2013 - 19:58
*est sans voix* Long très long, mais ça se lit plutôt bien vraiment. C'était bien intéressant à lire ~

Eleyon Fukitsu : 500 + 150 ( bonus ) xps

Xps attribués : Oui
Songes Post-mortem [Solo]
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