Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Quand le cauchemar devient réalité [Solo]

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Quand le cauchemar devient réalité [Solo] - Mar 5 Mar 2013 - 2:43
Exceptionnellement, ce post sera à la première personne alors que c'est Sib qui parle. D'habitude c'est réservé à Sören quand il contrôle le corps mais là j'ai préféré autrement.

Explication de la chanson (j'ai pas la trad exacte alors il y a des ellipses au niveau des significations des paroles):
Spoiler:
 


La pluie n'a jamais eu de signification particulière pour moi. Beaucoup y voient la tristesse, je n'y voyais qu'un empêchement à mon désir de sortir en moto. Et ce soir encore, je me contentais d'écouter le bruit régulier des gouttes d'eau martelant la fenêtre de ma chambre. Il faisait nuit depuis... plusieurs heures déjà, le jour ne tarderait sans doute pas. Pourtant je voulais rester dans cette obscurité, ne plus sortir. C'était à peine si je pouvais me lever prendre quelque chose à mettre sur mes épaules. Je restai là, assise à côté de la fenêtre, en silence. Tout était silencieux, en dehors du bruit des gouttes martelant la fenêtre, tout le monde devait dormir et c'était même étonnant vu le vacarme que j'avais causé. Heureusement qu'il y avait la pluie, autrement un tel silence aurait été assourdissant seule dans cette pièce. Sören avait...totalement disparu. Les sensations que j'avais d'habitude quand il était éveillé n'étaient plus là. Pour la première fois depuis mon arrivée dans ce temple, mon esprit était seul, ça en était étrange, voire même anormal à mon sens. Pour quelqu'un qui n'aime pas cette idée d'avoir été dotée d'un pouvoir sans avoir été consultée, regretter le dit pouvoir était un comble. Regretter? Non... peut être pas jusque là. Avec les révélations qui m'avaient été faites ce soir, je ne devais plus être très lucide.
Je passais ma main droite sur mon visage puis mes cheveux pour ne plus les avoir dans les yeux. Merde...ma main tremblait encore. Je la mis devant mes yeux... Rouge... rouge... tout était rouge. Je fermais le poing et croisais mes bras contre moi, comme si j'avais froid, avant de recoller mon front contre la fenêtre pour tenter de discerner quelque chose. Enfin, il serait plus juste de dire que je fixais le vide. Il n'y avait même pas de larmes pour couler sur mes joues ensanglantées. Oh je n'étais pas blessée au visage, le sang venait de ma main qui n'arrivait pas à se fermer totalement à cause des éclats de verre logés dedans. La dernière fois que je m'étais blessée avec du verre, j'avais fini à l'infirmerie avec une infection du sang, mon frère à mes côtés. Noah... pourquoi ce 'dieu' t'a t-il rendu amnésique? Peut-être que c'était ton voeu en fait. Car maintenant que j'ai vu ce que tu as vu, je comprend que l'oubli ai été tentant pour te libérer du poids de ma disparition.
Avec ce que j'ai appris ce soir, j'aurai du être soulagée de savoir ne pas être responsable de ma mort. Après tout, j'allais trop vite sur cette route, j'aurai pu mieux gérer ce qui s'est passé, éviter les voitures qui devaient ne pas m'avoir vue. Si j'avais su... Si j'avais su que je n'aurai jamais eu cet accident, qu'importe la vitesse si cette voiture ne s'était pas délibérément mise sur ma voie, quitte à me percuter de plein fouet si je n'avais pas eu le réflexe de m'écarter. Si j'avais su qui était l'enfoiré qui conduisait cette voiture et que je l'avais rencontré ici, alors je lui aurai collé une balle entre les deux yeux sans la moindre hésitation.

La pièce qui me servait de chambre était méconnaissable. Tout avait volé en éclats. TOUT, jusque mes lunettes qui étaient jonchées quelque part sur le sol, les carreaux certainement brisés, comme le reste. Je ramenais mes jambes contre moi, prenant appui sur le bord de la chaise mais mes pieds glissaient et je sentais comme des pics s'enfoncer encore plus profondément dans ma chair. Et toujours ce liquide chaud qui coulait, qui salissait tout. Les draps, mes vêtements éparpillés, mes feuilles de cours... Les cours... ça me semblait tellement...lointain, optionnel ces "cours". Pourquoi avait-il fallu que j'enseigne, hein? J'avais appris à me défendre, certes, à me faire respecter, certes mais j'étais pas faite pour enseigner à des gamins qui ne prenaient pas la même d'écouter car maintenant qu'ils avaient des pouvoirs, qu'ils avaient été "élus", après tout l'enseignement c'était bidon. "Elus", ce mot là les grisait. Pour quoi, quand,... ça ils s'en foutaient. Aucun d'entre eux ne devait avoir connu ce 'Deus' avant de débarquer ici mais tous étaient reconnaissants. Comme le russe le lui avait dit à son arrivée "tu es la première à refuser ce don qui t'a été fait". Un 'don'! Un véritable cauchemar qui prenait vie oui!
Mon regard se détourna de la fenêtre pour observer l'intérieur de ma chambre. On y voyait plus rien. La seule lumière que j'avais allumé à mon réveil, j'avais brisé l'ampoule dans ma fureur et tout avait sauté. Il n'y avait même plus les chiffres rouges du réveil, j'ignorais totalement l'heure qu'il était. Ce n'est pas comme si je m'en souciais en même temps. Car même si le soleil venait à se lever et percer à travers les nuages, je fermerai les volets, m'allongerai sur mon lit défait tâché de sang et prierai le diable pour trouver un sommeil sans rêves ni cauchemars, juste... tomber dans une sorte de coma et ne me réveiller qu'une fois capable de me lever et de supporter le regard des autres.
Je m'imaginais déjà, me regardant dans le miroir, des cernes grises sous les yeux, le teint pâle presque maladif, voire même transparente. Avec en plus, une main bandée, des pieds bandés eux aussi, dans des baskets car toutes les autres chaussures me feraient trop mal et comprimeraient mes entailles à chaque pas. Ah oui... chaque pas serait désormais une torture, rouvriraient même les blessures au niveau des points d'appui. Il faudra chaque jour les nettoyer, les aérer, les laisser 'au repos' alors que de son côté, mon esprit n'aurait pas une minute à lui. C'était effarant comme une seule action qui n'avait prit que quelques secondes pouvait se répercuter sur des semaines. Dans mon cas, mon accident, qui était survenu à l'instant même où la roue de ma moto avait percuté ce rocher, avait causé ma mort ce qui est une fin en toute logique, un état irréversible survenu lors d'une seule seconde mais si j'avais survécu? J'aurai surement fini dans le coma, ou paralysée à vie, condamnée à vivre des mois de rééducation.
Qui se serait douté ce jour là, qu'en démarrant le moteur de ma harley, ni l'engin, ni moi ne re-franchirait plus jamais les grilles de notre villa? Que je ne pourrai plus jamais aider mon père dans ses affaires ou enlacer mon frère? Et pourtant, ce jour là, pendant que j'enfilais mes gants et grimpait sur la bécane, une voiture m'attendait deux rues plus loin et allait recroiser ma route, plus d'une heure plus tard, sur cette route de campagne où les secours sont venus récupérer mon corps inerte et les débris éparpillés de mon véhicule que j'avais tant adoré pour sa puissance, son bruit, son aspect mais aussi pour avoir été un cadeau de mon frère jumeau.
Quand je regardais ma chambre, je distinguais sur le sol en moquette, mes traces de pas ensanglantés, le matelas à moitié par terre, les draps aussi, tout recouverts de sang. L'armoire était renversée également, ainsi qu'un autre petit meuble dont les contenus s'étaient déversés comme le liquide d'une bouteille qui se fracasse sur le sol. Mes bijoux, mes affaires, mon sac, mon briquet, mon portable et même les emballages de quelques gâteaux que j'avais emportés recouvraient le sol de manière anarchique. Et en plus de cela, il y avait l'abat-jour cassé de ma lampe de chevet dont l'ampoule était brisée ainsi que les multiples débris de verre venant de mon miroir. Quelques instants plus tôt, dans ma fureur, mon poing avait frappé avec une force rare le miroir, qui avait instantanément brisé la surface lisse et intacte. Mon propre reflet m'était devenu insupportable... SON reflet également. C'était donc ainsi que je m'étais retrouvée avec mon poing en sang, criblé d'éclats que je n'avais pas pris la peine d'enlever encore, tout comme ceux de mes pieds, j'aurai bien le temps plus tard.


"Aah, je me souviens maintenant, j'ai été tuée par cet homme."

Et puis il y avait cette chanson qui m'était venue en tête... Cette chanson sur la luxure. Cet ancien conte avec tout ces bruitages, ces hurlements, les bruits de torture, le bruit infernal des guitares électriques et toutes ces voix. Je les comprenais ces voix... La langue n'était peut-être pas ma langue maternelle mais pour pouvoir accueillir les clients, il m'avait fallu en apprendre plusieurs, dont celle-ci, me permettant de comprendre ce qui était chanté, expliqué. "Qu'importe ma foi et mes prières, nulle ne m'a aidé. Alors, même si Dieu lui même se tenait devant moi, je le transpercerai avec ma lance, Longinus.". Moi aussi j'avais essayé de croire un certain temps, j'étais allée prier, parler à ce dieu qui, semble t-il, m'avait octroyé un don. Et au final, mes retrouvailles avec le seul homme qui comptait pour moi avaient été brisées par le simple fait... qu'il ait tout oublié, jusqu'à notre existence, notre vie alors que nous n'avions jamais été séparés. Mais comme on dit lors des mariages... "jusqu'à ce que la mort vous sépare". La mort nous avait séparés, j'ignorais toutefois que cela impliquait que nous devions aussi l'être après notre résurrection censée être une bénédiction.
Pendant des jours, des nuits entières où j'avais vu et revécu encore et encore mon accident, j'avais souhaité être comme cette femme qui, du haut de sa tour, appelait ses frères à l'aide pour être sauvée. Mais loin d'être cette pauvre femme infortunée, j'étais devenue cet homme qui, à cause de son sentiment de trahison et la perte de la personne aimée, n'aspirait plus qu'à la violence, au sang et à la vengeance.


"Je vois. Alors c'est ainsi que tu...non, que vous avez été pendues. Le sang qui a été versé dans cette pièce où repose ce secret interdit, doit être payé par un sang qui sera versé pour l'obscurité du crépuscule."

J'avais déjà commencé à verser mon sang, comme pour sceller ce pacte que je faisais à moi même, à mon propre esprit, en réparation de toutes mes souffrances subies jusque là. J'oublierai tout et serai patiente. Puisque condamnée à ne plus mourir et ne plus avoir de repos, j'attendrai le bon moment pour m'enfuir, dût-il mettre des centenaires d'années à arriver.


Il n'y avait pas eu qu'un cauchemar cette nuit là. Et bizarrement, bien que le cerveau ne les retienne jamais tous, je me souvenais de tout ceux de ce soir là. Aucun rêve, uniquement des cauchemars mais certains moins horribles que d'autres. Avec le recul toutefois, certains avaient même été agréables, comme une marche funèbre, belle mais lugubre. Ils m'avaient transportée dans des mondes étranges, mais qui avaient détourné mon esprit de la routine. A croire que mon cerveau avait cherché à me préparer à cette nouvelle qui allait définitivement me changer.
Ce soir là, je m'étais couchée normalement après une bonne douche relaxante. J'avais posé mes lunettes à côté de ma lampe et avais éteint, y avait cours demain, encore. Comme tout le monde, je faisais régulièrement des rêves et autres mais aucun ne me marquait ou du moins, je ne retenais jamais les détails. Mais pour ceux là, tout était gravé dans ma mémoire. J'aurai bien aimé les oublier cela dit, au moins le dernier. Depuis mon arrivée ici, mes rêves n'avaient pas été très joyeux. Je me revoyais encore et toujours sur cette route de campagne ou en compagnie de mon frère. Ca avait le don de toujours me mettre de mauvaise humeur, très mauvaise humeur, pour la journée au moins. Quand les élèves le remarquait, ils avaient l'intelligence de se tenir à carreaux mais il y en avait toujours un pour faire le malin, le pauvre.

Mon premier rêve m'avait conduit dans un vieux manoir. Les fenêtres étaient poussiéreuses, à devenir opaques et les flammes des chandeliers étaient faibles et tremblotaient. Le hall était immense, ses portraits abîmés par le temps semblaient se décrépir de plus en plus au fur et à mesure qu'elle approchait. Dans la salle de bal, on y trouvait une grande table dressée, sur laquelle tout les aliments étaient desséchés alors que les araignées avaient déjà tissé leur toile. Les braises étaient froides dans la cheminée, dont les sculptures étaient très finement taillées d'ailleurs mais représentaient des petits diables. Etrangement, de la fumée s'échappait des braises supposées froides mais autre chose attira mon attention. Il y avait un orgue tout au bout de la salle et de la musique s'en échappait mais toujours plus intriguant, les touches s'enfonçaient toutes seules et sur le sol, était projetée l'ombre d'un homme en train de jouer. Des écritures à moitié effacées recouvraient les piliers, impossible à déchiffrer mais l'encre rougeâtre indiquait peut être qu'il ne s'agissait pas que d'encre. Sur le plafond, les peintures se détérioraient elles aussi. Il y avait des créatures fantastiques, des bouts d'ailes, de pied mais à cause du manque de lumière, on ne pouvait pas en distinguer plus. Les grandes fenêtres encadrées par des rideaux gris poussiéreux laissaient entrevoir, si on prenait la peine d'essuyer un peu la saleté, un jardin remplis d'arbres morts, d'herbe grise, comme si toute la nature avait perdu ses couleurs. Sur un mur en face de ces fenêtres, sans doute pour mieux capter la lumière et éclairer la pièce en cas de soleil, un grand miroir dont l'encadrement devait avoir été doré autrefois mais qui maintenant, n'avait que quelques traces de dorures par ci par là. Je m'en approchais mais n'arrivait pas à y voir mon reflet, tout au plus une silhouette fantomatique. Mais au travers de ce miroir, je pouvais voir cette salle à son apogée avec des couples de danseurs qui tournoyaient encore et encore.

Le croassement d'un corbeau sur une des chaises autour de la table détourna mon attention. Il prit son envol et sortit de la pièce. Je le suivis, sans même savoir pourquoi j'avais envie de le suivre. Je revins dans le hall avec le grand escalier au tapis délavé, aux chandeliers ternes avant d'entrer dans une bibliothèque en tirant un rideau. Les livres occupaient tout l'espace, y compris le sol. Sur la gauche, un bureau où je m'installais quelques instants pour y voir des lettres manuscrites, certaines froissées, avec une boîte à cigare et un petit buste de marbre encadrent l'encrier. La plume pour écrire était d'ailleurs...déplumée comme si elle était morte elle aussi. Je continuais ma progression. Enfin...c'était vite dit car avec tout ce qui encombrait mon chemin, je ne parvenais pas à avancer comme je voulais. Il y avait tant de choses... Des fauteuils d'un rouge passé, des animaux empaillés ramenés de je ne sais quelle chasse et même une armure de samurai avec les armes qui allaient avec. Au bout de la bibliothèque, une véranda dans laquelle se trouvait un piano. Ca me faisait penser qu'en fond, je percevais toujours la musique de l'orgue, toujours aussi funeste. Mais malgré son côté lugubre, je ne m'en lassais pas.
Me concentrant de nouveau sur la bibliothèque, je m'attardais sur le titre des livres. Tous ou presque avaient un rapport avec la mort ou les esprits... plutôt approprié non? Je finis par en ressortir, voulant aller dehors, sans raison mais dans un rêve on ne sait pas toujours pourquoi on agit. Et l'endroit que j'atteins fut le cimetière... Un cimetière dans le jardin, à côté d'une piscine vide, avec des fissures et des feuilles mortes, le temps s'était arrêté ici. Mais en dehors des noms à moitié illisibles, des sculptures dont des morceaux s'étaient effondrés, des grilles de mausolée effondrées, plus rien ne tenait. J'entendis un bruit derrière moi et me retournant subitement, mon regard tomba sur la silhouette d'un homme. Plus grand que moi, il semblait avoir la trentaine de loin, habillé en smoking noir impeccable, il me fixait avant de tout bonnement se retourner et partir. Sans réfléchir, je me précipitais à sa suite, il accéléra le pas, une pluie battante se mit à tomber et il s'engouffra de nouveau dans le manoir. Mais une fois à l'intérieur... rien. Aucune trace de pas, aucune goutte d'eau, comme s'il s'était évaporé.
Le corbeau croassa encore, ça venait encore de la bibliothèque. Je sursautais lorsque l'horloge au dessus de l'escalier indiquait minuit... non, pas minuit car à la place du 12, c'est un 13 qui était pointé. Mon rythme cardiaque s'accéléra, et j'avancais lentement mais après avoir écarté le rideau, rien, toujours personne. Le corbeau était sur le piano, il attendait. Toujours prudemment, je me retrouvais de nouveau à côté du piano, dans la véranda. Dehors, il faisait très sombre, presque nuit et un orage éclata. Je sursautai de nouveau au premier coup de tonnerre, pourquoi m'avoir amenée là? Second éclair, le corbeau croassa une nouvelle fois mais beaucoup plus prenant, le son d'une cloche, un bruit assourdissant. Je me tenais la poitrine, comme si mon coeur allait me lâcher sans savoir pourquoi. Encore la cloche, le sol et les murs tremblèrent. Encore un coup, mon regard se porta vers le haut de la véranda, craignant qu'elle ne se brise mais je ne vis pas de fissures, je vis un pendu, l'homme tout à l'heure qui m'avait observée. Son corps se basculait au bout d'une corde, il était livide. Encore un coup, je m'effondrais sur le piano, comme poussée par un vent violent, j'avais du mal à respirer. Encore un coup, tout sembla s'estomper autour de moi et m'enveloppait d'une sorte de brume noire. Encore un coup, plus lointain mais respirer était toujours aussi difficile. Encore un, toujours plus lointain, la pression se relâchait, enfin. Les bruits s'éloignaient de plus en plus.
Le silence allait régner bientôt, me laissant dans l'obscurité, avec toujours l'image de cet homme au bout de sa corde en tête. L'exploration de ce manoir était étrange, j'ignorais d'où mon esprit avait pu tirer cet imaginaire. Mais il s'agissait là d'un rêve, tous nous avons fait des rêves ayant absolument aucun rapport avec notre vie présente... ou notre mort dans mon cas. Mais je me souviendrai toujours de ces cloches qui sonnaient pour moi tel un glas.



Entre ces deux cauchemars, j'avais du dormir tranquillement mais impossible de savoir combien de temps. Qui sait pendant combien de temps il a rêvé après tout? Pas moi en tout cas... En revanche, je sais que je n'aurais jamais voulu faire ce deuxième cauchemar.
Je me souviens, qu'il commença par ces mêmes cloches qu'à la fin du rêve du manoir. Lointaines au départ, mais de plus en plus proches et prenants. La même bourrasque noire revint et je craignais de tomber dans le vide car je n'avais strictement aucun objet auquel m'accrocher pour ne pas m'envoler. Cette bourrasque me rendait sourde à tout jusqu'à ce qu'elle se calme enfin, laissant apparaitre des rayons de lumières un peu partout qui devinrent vite une scène. Dans cette scène, c'était moi qui faisais tout, je savais que je ne controllais pas mon corps mais que je voyais bel et bien à travers les yeux de quelqu'un.

Il s'agissait d'un homme, ça se voyait à ses mains rugueuses et puis même, je sentais que je le savais intérieurement. Il montait dans une voiture, très belle voiture d'ailleurs, pas le genre que n'importe qui peut se payer. Quand il monta dedans et tourna la clé, je dois avouer bien avoir apprécié le bruit du moteur ronronnant. Oh ça n'égalait pas ma moto mais si j'avais une voiture, j'en aurais certainement une du même gabarit. Mais plutôt avec des sièges en cuir noir et non marron clair/beige comme ici, ça ne les mettait pas en valeur je trouve. Bref, les portes se refermèrent et la voiture sortit de l'allée de la villa où elle était garée. Ca ne devait pas être n'importe quelle villa car aux grilles, attendaient tout de même deux gorilles qui ouvrirent en voyant la voiture de luxe blanche arriver, sans l'arrêter. D'un autre côté, arrêter une voiture alors qu'elle sort semblait un peu stupide, surtout si le conducteur était un membre de la famille. Là où il fallait faire attention, c'était aux véhicules entrants pour s'assurer que rien de dangereux ne franchisse les grilles.
Nous voilà donc sortis, dans un beau quartier résidentiel ensoleillé que je ne connaissais pas. A la sortie de la ville néanmoins, je reconnus les panneaux. Nous étions en France, dans le sud, une petite ville non loin de celle où j'avais vécu. Ah...c'était donc ce type de rêve qui allait me faire revivre ma dernière journée de vie. Encore un cauchemar.

Cependant, ce cauchemar n'était pas comme ceux que je faisais habituellement. Normalement, j'observais tout en restant à l'écart, d'un point de vue extérieur et non à la premier personne. C'était étrange. Je me regardais dans le rétroviseur et voulu le régler. Une fois qu'il le fût, quelle ne fut pas ma surprise lorsque j'y vis le visage de l'autre homme qui m'observais dans le cimetière du manoir et qui avait fini pendu. J'étais donc cet homme là, conduisant sur la route nationale au volant d'un véritable bolide. Est-ce qu'on se connaissait? Tout semblait croire en plus qu'il prenait la direction de ma ville mais rien ne le forcait à aller chez moi non? Mais alors, voir à travers ses yeux serait inutile. Mes doutes finirent par se confirmer. Quartier après quartiers, rues après rues, il se rapprochait sans aucun doute de ma villa. Un client de père? Je pensais tous les connaître pourtant ce visage m'était inconnu.
Au bruit du moteur, nos gardes vinrent à sa rencontre et demandèrent ses papiers, je les donnais -vu que c'était moi dans son corps- mais ne pu lire ce qui y était écrit. Le garde fit ouvrir les grilles et me laissa entrer. Roulant au pas sur l'allée grevé, je revoyais comment était notre jardin, quels arbres avaient été planté et derrière lesquels se tenait notre demeure... Un autre bruit familier attira mon attention, roulant toujours au pas pour me garer à côté des autres voitures Audi du propriétaire des lieux, je fixais en même temps la jeune femme blonde sur une moto noire qui faisait ronronner son moteur. Et cette femme...cette femme sur cette moto c'était moi. Assise sur ma Harley, je devais vérifier qu'après l'avoir bricolée, rien ne dysfonctionnait au niveau du moteur. Et je riais, avec mon frère en face de moi qui m'indiquait quelque chose au niveau de la béquille. Ah oui, elle s'était repliée tout seule lorsque j'avais redressé l'engin, une sécurité commune à certaines Harleys.
Je me garais à l'écart du couple fraternel alors qu'un autre garde venait acceuillir le conducteur, enfin...venait m'accueillir plutôt. Il me conduisit à l'intérieur de la villa. Je passai à côté de la piscine, dans le grand salon, puis montai quelques marches avant qu'on ne m'ouvre la porte du bureau du chef, mon père. Il était assis dans son fauteuil, un cigare à la main, regardant à travers la grande baie vitrée qu'il avait fait installée et qui donnait sur tout notre parc. Enfant, je m'étais toujours dit qu'avec un tel parc, on aurait pu m'acheter un cheval car j'aurai la place de le monter ou même d'organiser des concours mais père n'avait jamais voulu. Debout, sans un mot, j'attendais qu'il m'adresse un mot. Il finit seulement par se retourner et m'invita d'un signe de la main à venir s'asseoir en face de lui. Je me rendis soudain compte que j'étais devant un puissant chef de la mafia, et qu'il m'avait fait venir ce n'était pas pour une mince affaire. Mais étrangement, j'étais calme, je savais que j'avais une certaine "puissance" de mon côté aussi.
Il finit par m'adresser la parole. Me confiant que le contrat qu'il me donnerait serait délicat, très délicat pour lui et sa famille, car ça le diviserait. Sur le moment, je ne savais quel sens donner au mot 'famille', entendait-il 'les membres de la mafia" ou "mon fils et ma fille"? Il me fit me lever pour aller vers la baie vitrée qui, en contrebas, donnait aussi sur l'entrée des garages où on entendait encore parler Noah et... moi. Où voulait-il en venir?


"Mes enfants sont jumeaux. Je ne les ai jamais séparé depuis leur naissance et aujourd'hui encore, ils me servent et me chérissent comme on peut s'y attendre pour des enfants aussi aimés. Mais, à trop vivre ensemble, j'ai bien peur qu'ils ne soient devenu trop... intimes en tant que frère et soeur. Noah n'est plus aussi...efficace qu'avant et Sibylle qui me rappelle pourtant tant sa defunte mère, semble avoir perdu la motivation de servir à mes côtés. Je comptais la marier à un autre clan de la mafia pour m'assurer leur loyauté mais la fratrie est trop soudée. Si Sibylle vient à partir, il est très probable que Noah, qui doit pourtant prendre ma relève, parte avec elle au détriment de ce que j'ai construit. C'est pourquoi je vous ai fait appeler. J'ai déjà eu à faire à vos services sans jamais dévoiler mon identité, mais là que je veux que vous compreniez l'importance que ça aura. Je sais que tout vos contrats sont respectés, et accomplis dans les temps. Voici le mien."

Il me tendit une feuille où étaient écrites quelques lignes seulement. "Contrat, 50 millions. Cible: [photo]. L'assassinat devra passer pour un accident absolument! Si elle survit, il faudra faire en sorte qu'on croit qu'elle est décédée de ses blessures. Aucune marque, aucune balle, aucune trace. 25 millions versé en plus si la mort survient du premier coup. Vous aurez un portable avec lequel on vous contactera pour vous prévenir de ses sorties. Elle doit être la SEULE victime."
Je ne pouvais pas agir, juste suivre le cours de cette histoire qui était plus un amas de souvenirs que mon simple imagination. Car la photo sur le contrat d'assassinat, c'était moi. Mon visage, mes yeux, mes lunettes, mes vêtements, tout... Il rendit la feuille à mon père en acquiescant, il allait le faire, il allait me tuer contre 75 millions... Tout ça parce que j'étais proche de mon frère? Cela avait toujours été ainsi! La feuille fut détruite, ne laissant aucune preuve nulle part. Puis il ressortit et passa même devant Noah et moi toujours dehors. Il salua mon frère qui lui rendit son salut avec un grand sourire... Puis il reprit sa voiture, et sortit de notre villa, laissant mon esprit dans cette cour, m'entendant parler avec mon frère, souriante, de si bonne humeur.
J'étais dévastée de mon côté. J'avais envie de hurler, hurler et hurler encore pour les prévenir, pour me prévenir de ne plus prendre cette moto mais de fuir avec Noah, le plus loin possible. Mais personne ne m'entendait, rien, aucune réaction, cette journée se poursuivait comme elle s'était passée autrefois. Mais je continuai de hurler, d'appeler Noah à le poursuivre, à l'arrêter et à m'emmener avec lui. Noah pourquoi ne m'entend-tu pas? NOAH!

Tout redevint noir et je me retrouvais de nouveau dans le corps de cet assassin. Il conduisait encore mais pas la voiture de luxe de la dernière fois, sur des petites routes de campagne. Sur le tableau de bord, se trouvait une sorte de GPS qu'il regardait régulièrement. Je craignais de savoir quel était ce jour... c'était celui de ma mort. Ce jour ensoleillé où tout avait basculé à cause d'UNE voiture. Et je savais désormais que cette voiture, cet assassinat masqué avait été orchestré par mon propre père afin de garder Noah à ses côté, afin qu'il se concentre exclusivement sur les affaires de la famille et non moi, afin que je ne sois pas une faiblesse. Là encore je voulus hurler d'arrêter car je savais ce qu'était ce point qui se dirigeait vers la voiture. Non, pas la voiture mais LES voitures, toutes celles qui m'avaient croisée et lui était la dernière, celle qui allait vouloir doubler pour m'obliger à m'écarter. Il savait que je roulais trop vite, mon père lui avait dit cette fâcheuse habitude mais aussi les routes que j'empruntais le plus fréquemment. Il m'avait suivi depuis la sortie de la villa, avait attendu et anticipé mes mouvements pour venir à ma rencontre. Et ce point qui se rapprochait vite, tellement vite qu'enfin je fus en vue. Je me voyais, toute équipée sur ma harley.
Il appuya à fond sur l'accelerateur, faisant hurler le moteur pour arriver au niveau des autres voitures, sachant pertinemment que la distance ne serait pas du tout suffisante pour se rabattre. Il me fixait, attendant de voir quelle serait ma réaction et je le savais, j'allais finir dans l'herbe, tenir encore droite sur la moto par miracle pour qu'au final la roue avant se bloque et m'envoie voler à 130km/h.
Il regarda dans ses rétros, et vit ma moto faire plusieurs bonds avant de s'encastrer dans la terre du champ voisin, mon corps demeurant inerte sur le bitume. Aucune des voitures ne s'arrêta. Des complices? Très probable... L'assassin lui s'arrêta dans un petit renfoncement peu de temps après pour sortir le téléphone donné par père et l'appeler. Il ne dit que trois mots.


Sören... C'est fait.

Avant de raccrocher. Sören...Sören... es..est...est-ce que? C'éta...C'était son prénom? Ou son nom de code en tant qu'assassin? Non... il n'aurait jamais donné son vrai prénom. Ca résonnait dans ma tête, c'était infernal. Je voulais me prendre la tête, m'arracher les cheveux en hurlant et je crois que c'est ce que je fis inconsciemment. Alors cet homme qui m'observait dans le manoir, ce pendu, était au final cette voix qui m'avait acceuilli à l'académie ce jour. J'avais été accueillie par mon propre assassin...

Mais le cauchemar ne sembla pas vouloir s'arrêter. Car je vis les secours arriver finalement. Un pompier constata mon décès tandis que les gendarmes concluaient que j'avais simplement perdu le contrôle de mon véhicule. Ils parvinrent à trouver mes papiers à l'intérieur de ma veste en cuir. Permis de conduire, carte grise du véhicule, ils savaient qui j'étais et où j'habitais. Mon casque était fendu, j'avais perdu une botte et mon pied était en sang mais une fois mort, le nombre de litres de sang qu'on peut perdre, on s'en fout royalement. Une dépanneuse vint chercher l'épave qui avait été, semble t-il, une Harley auparavant, et ce sont donc les pompiers qui emmenèrent directement mon corps à la morgue de l'hôpital.
Une fois à l'hôpital, le temps passa vite car je me vis déjà sur la table, un simple drap blanc sur mon corps et mon visage. Une porte s'ouvrit, laissant entrer le médecin légiste et deux civils...mon père et mon frère. Ils se mirent de part et d'autre de mon corps et le légiste souleva le drap. Cette vision était horrible. Je reconnaissais à peine mon visage tant il était recouvert d'ecchymoses tout comme les épaules qu'on pouvait voir également. J'avais aussi des multiples coupures autour des yeux à cause de la visière qui avait volé en éclat. Mon teint était livide, mes lèvres bleues... Noah voulut toucher mon corps froid des doigts, comme pour vérifier si ce n'était pas que du maquillage. Il se mit à rire, pas un rire d'hilarité mais plutôt de désespoir mêlé aux larmes. Sa descente aux enfers commencait pour lui, par ma faute, par la faute de notre père qui pleurait lui aussi. Peut-être avait-il eu un immense remord à condamner sa fille et la voir ainsi, il n'en demeurait pas moins le commanditaire.

Dernière vision, dernier cauchemar. J'entrais dans une autre villa, vide, sans gardes mais avec une voiture de luxe garée devant, signalant qu'au moins une personne devait être présente. J'entrai doucement, sans faire de bruit. Au loin, on entendait une fontaine avec une musique douce. Tout était très lumineux, ouvert et laissait l'air frais circuler. Je m'approchais de l'origine de la musique et tombais dans un grand salon blanc, avec un bar dans un coin. Il y avait un fauteuil, et dessus une silhouette tenant un cocktail dans une main et un PAN
Le coup de feu retentit dans toute la maison, le verre se fracassa sur le sol. J'allais vers ce fauteuil afin de voir le visage de l'homme. Noah? Père? Non...c'était l'assassin, une balle dans la tête. Je n'osais pas le toucher, mais sur la table à côté, tâchée par de multiples tâches de sang et d'éclats beaucoup moins ragoutants, je vis deux documents, une photo et une lettre. La lettre était en premier, je la lisais et découvrit que ce courrier venait de mon père, indiquant qu'il annulait mon mariage avec le fils de T***** pour... je ne pus lire le reste car le sang avait tout recouvert. Et sur la photo, c'était moi... prise lors d'une soirée, j'était revêtue d'une longue robe blanche et je tenais le bras de mon frère. J'étais tellement souriante, tellement vivante ce soir là.
Je ne pouvais que conclure que ce Sören, vivant de contrat, était aussi un mafieux, celui que mon père voulait me faire épouser avant de décider de me tuer. Pour ce faire, il appela donc un assassin dont il n'avait jamais eu à se plaindre et qui était en même temps mon prétendant. Il était au courant, il savait qu'il aurait du m'épouser et il avait quand même accepté ce contrat qu'il avait accepté à merveille. Riche de 75 millions, il venait de se donner la mort pour une raison que je ne voulais pas savoir. Je venais déjà de trop en découvrir ce soir.



Je me réveillais en sueur, les draps à moitié par terre, totalement désorientée. Je sentais encore la chaleur de mes larmes couler le long de mes joues. J'avais beau me dire que ce n'était que des cauchemars, je savais que tout était trop réel pour que ça ne soit que mon imagination. Pourquoi j'aurais imaginé ces horreurs d'ailleurs? J'étais tremblante, frigorifiée en même temps, comme en pleine crise de panique. Je voulus connaitre l'heure mais impossible de distinguer les chiffres tellement je voyais flou. Ma main tenta de se saisir du réveil et en réussis qu'à le faire tomber. Tant bien que mal, je parvins à sortir du lit en tenant plus ou moins en équilibre. Je m'approchais du miroir, ouvrit le robinet et me passais un coup d'eau sur le visage. J'étais livide, aussi livide que lorsque je m'étais vue allongée sur cette table. Reprenant mon souffle, je faisais tout pour effacer ces visions de ma mémoire, mais en vain. M'épongeant le cou et la nuque, je levais mon regard vers le miroir et vit le visage de cet homme à côté de moi...de Sören. La surprise fut telle que je tombais en voulant m'éloigner de ce maudit miroir.

Alors chérie, en forme?

Il me regardait toujours du miroir, de toute manière il n'était visible que sur des surfaces réfléchissantes. Il semblait réfléchir à quelque chose, ou plutôt, chercher ses mots. Qu'allait-il me dire? Non... Non NON! Il n'allait pas me dire que tout était vrai! Il n'oserait pas! Pourquoi avoir entendu jusqu'à aujourd'hui? Pourquoi aujourd'hui je voyais tout ça en rêve? POURQUOI?

D'habitude, j'ai toujours fait gaffe pour que tu vois pas ça mais j'ai relâché ma vigilance faut croire. Mais bon, fallait bien que tu le découvres un jour non?

Immobile, je demeurai immobile. Tout ne pouvait pas être vrai... C'était impossible. Puis je me relevais.

Pourquoi maintenant? Tu as toujours prétendu ne te souvenir de rien et ce soir pourtant je vois tout ce que tu as vécu, POURQUOI?
Parce que tu menacais de te tuer une deuxième fois et maintenant que nous sommes un tout les deux, je veux pas qu'il t'arrive quelque chose chérie.

La bile me monta à la gorge à la simple entente de ce mot. "Chérie"...oh non il n'y avait pas de "chérie" ni de "lien" entre nous JAMAIS.

Je devais t'épouser et puis y a eu ces rumeurs avec ton frère. Je m'en foutais perso pis c'est là que ton père m'a fait appeler pour ce contrat. J'voulais pas j't'assure, imaginer ton pauvre corps abîmé...je pouvais pas. Et pourtant j't'assure que tuer ça a toujours été c'que j'sais faire de mieux. Alors j'ai suivi les instructions et j'ai fait en sorte que tu meures dans cet accident. J'aurai bien voulu le faire moi même, pouvoir te tuer en touchant enfin ton corps, mais au final ça m'a jamais été permis. Si j'avais pu choisir, c'est ton frère que j'aurai tué...
ASSEZ.

Mon poing finit dans le miroir pour effacer ce visage insupportable. Les débris volèrent et se logèrent dans ma peau, mon sang coulant immédiatement et laissant des gouttes sur la moquette et mes draps mais qu'importe. Sören continua pourtant de parler, mais je refusais de l'écouter. Tout vola dans la chambre. J'eclatais ma lampe par terre, chercha à éclater les portes en bois des armoires. Tout se déversa sur le sol et à chaque pas, des bris de verre s'enfoncaient dans mes pieds. J'hurlai, sans fin, lui ordonnant de se taire, d'arrêter de me révéler la vérité. C'était insupportable, sa voix, son visage, tout était désormais gravé dans ma mémoire alors que je ne voulais pas.
Pourquoi m'avoir affublé de ce monstre? C'était ça le don de ce Deus? Me coller mon assassin dans la tête qui me veut pour lui et qui aurait tué mon frère? Il m'avait condamné à vivre ma mort dans un enfer perpétuel. Et le premier qui prétendrait que c'était une chance d'être là finirait comme le miroir! Personne ne valait quoique ce soit ici... Ni moi, ni ce cette sale vermine d'assassin, et encore moins mon père qui avait plus pensé à son fric qu'à la vie de ses propres enfants. Et en devenant un dieu ici on devait protéger les humains? Laissez moi rire! Aucun humain n'était assez bon, assez pur pour ne pas vouloir du mal aux autres. Ce n'était que des animaux plus évolués que les autres, voilà tout! Et ce dieu fantoche voulait qu'on se tape le travail pour lui? Jamais, il pourrait toujours attendre!

La chambre toute retournée, j'avais fini de nouveau sur mon lit, laissant mon sang imprégner les tissus, la literie, laissant ma haine et ma rage envahir mon esprit... Mes mains et mes pieds me brûlaient mais je n'y faisais pas attention. La pluie commenca à frapper la fenêtre, il n'y avait toujours aucun bruit dans le bâtiment. Avec tout ce que je venais de déménager pourtant... Mais ce n'était pas plus mal, je n'aurai pas été d'humeur à parler à qui que ce soit. Quand la pluie s'amplifia, je me levais pour redresser une chaise et m'asseoir dessus pour observer la nuit. J'avais tellement maudit Sören qu'il s'était tu, enfin. Je ne sentais même plus sa présence et pour la première fois depuis mon arrivée, je me sentais...libérée. Mais le cauchemar était déjà réel et ne semblait pas prêt de s'arrêter.


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Re: Quand le cauchemar devient réalité [Solo] - Sam 9 Mar 2013 - 14:57
Très bon rp Lian-Hua mais il faudra me donner la traduction du mot de la fin.

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Quand le cauchemar devient réalité [Solo]
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