Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Lorsque les trains sont en retard [calliste]

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Lorsque les trains sont en retard [calliste] - Mer 27 Fév 2013 - 14:44
Ma France, ma si belle France. Je t'ai quitté depuis si longtemps, m'excuseras-tu un jour de t'avoir abandonné ? Je prends le bateau aujourd'hui, ma douce, pour venir te rejoindre à Paris.

Même si j'avais le mal de mer, ou de l'air, je ne sais pas vraiment si ce bateau magique reliant les deux mondes planait dans les airs ou voguait dans une eau imaginaire. Je me sentais si mal lors du trajet, mais je tenus bon en pensant à mon pays natal, les rues en pierre, les petits jardins, mon château à Versailles, ma petite fontaine au fond du pré.
Depuis ma mort, je n'étais jamais entré dans le monde des humains, il était donc temps de revenir, ma terre m’appelait.

On m'avait prévenu avant mon départ que beaucoup de choses avaient changé et qu'il ne fallait pas que je joue le fils à l'empereur, il n'y en avait plus en France.

*Quel horreur ! Plus d'empereur ? Remplacé par une sorte de président étrange et l'on pouvait même "voter" pour le choisir. Vraiment, les français étaient devenus étranges.*

J'arrivais par l'océan Atlantique, sur les belles plages de Bretagne. Il ne me manquait plus qu'à trouver quelques bonnes âmes pour m'accompagner jusqu'à Paris, la capitale de la France. Je fus vite ravi de voir qu'à part les moyens de transports, rien n'avait changé : les gens étaient toujours aussi obligeants. Aucun d'eux ne voulut prendre dans sa carriole un pauvre jeune homme tel que moi, qui marchait au milieu de la route.

Il me fallut quelques jours pour rejoindre l'entrée de la Seine à pied. Mes vêtements de prince en avaient beaucoup souffert mais ils étaient bien les seuls. Je n'avais ni faim, ni soif et la fatigue même semblait disparaître alors que je me voyais déjà sur la place des Champs Elysées.

Enfin, alors que je souhaitai une bonne journée à un vieil homme assis sur le bord de la Seine :

"Bonjour, brave homme, puisse cette journée vous rendre heureux !"

Il a eu pitié de moi et me répondit :

"Mon garçon, que fais-tu ici avec des habits aussi déchirés ? Tu es perdu ?"

"Oh non du tout, mon cher. Je cherche à rejoindre Paris par la Seine, mais sans argent personne n'a voulu de moi."

Il se retenait de rire et me continua :

"Garçon, je ne sais pas si tu fugues ou non, mais si tu veux aller à Paris, je suis ton homme ! Montes donc dans mon bateau, nous y serons avant que la nuit soit tombée."

Je le remerciai autant qu'il puisse l'être et entrai dans sa petite embarcation. Son navire était très simple (bien loin de mes navires impériaux) : entièrement fait de bois clair, long de dix mètres à peine et tellement léger que je crus bien le faire couler lorsque je montai à bord. Son hôte me donna de vieux vêtements à lui pour remplacer mes vêtements : un beau costard bleu marine, agrémenté d'une cravate et d'une chemise infroissable.

Il avait dit vrai, le soir même j'étais à Paris. Ahh, quelle belle ville, Paris. L'odeur du pain dans les boulangeries, les vieux pavés, les vieilles maisons. Seul le beau temps n'était pas au rendez-vous.

On me déposa près du "jardin des plantes". De mon temps, ce jardin n'existait pas, tout comme les grandes maisons construites autour. J'en fis le tour rapidement puis décidai de suivre les railles de trains en espérant trouver une gare pas loin afin de m'y abriter. Le temps se gâtait. Quelques mètres plus loin, j'aperçu un grand bâtiment d'architecture classique, un bâtiment de mon époque donc. Je fus agréablement surpris de voir qu'il était devenu une gare et que désormais un bruit infernal de grincements et de sifflets animait cette vieille carcasse d'un autre temps.

Fatigué d'un si long voyage, je trouvais un banc libre et pris place pour me reposer, un peu...
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Re: Lorsque les trains sont en retard [calliste] - Ven 1 Mar 2013 - 2:32
Calliste était arrivée peu de temps après son altercation si on pouvait dire, puisque le commun des mortels ne pouvait la voir. Son avant bras droit était marbré de son sang coagulé qui contrastait grandement avec sa peau laiteuse, un fantôme parmi les vivants. Elle avait déambulée jusqu'à la gare comme une morte vivante, abasourdie par le bruit de la ville, son rythme frénétique, sa nouvelle allure, non, ce n'était plus son monde, comme elle pouvait le déplorer. Finalement elle était venue pour trouver du réconfort et la voilà qui était encore plus perdue, tout avait changé, trop changé ... Mais pourquoi, c'était si joli de son temps, pourquoi l'Homme moderne n'avait pu s'en contenter ? Les rues puaient le dégueulis, les excréments et la pisse, d'effroyables carrioles en fer faisaient un boucan de tout les diables, les gens se bousculaient comme si leur vie dépendait. Une bonne épidémie, voilà qui les ramènerait peut être à l'essentiel, aux vraies valeurs tient ! C'est donc tout naturellement qu'elle se retrouva à la gare d'Austerlitz, parce qu'elle connaissait cet endroit pour y avoir travaillé, parce qu'un édifice de cette importance n'avait sans doute pas disparu. Elle arriva côté cours Museum, marchant lentement, caressant chaque pilier en bleu, sa main se heurtant au fer froid produisait ce son métallique, oui elle était bien là, en vie. Elle continua un moment l'air agar avant de s'arrêter devant un mur de la façade, une plaque de marbre grisée imposante y était incrustée. Elle s'approcha pour lire l'écriture dorée n'en croyant pas ses yeux, il y avait une trace de son passage sur Terre finalement ... Cette plaque commémorative, c'était pour les juifs déportés dans les camps d'Auschwitz ... Oui elle y avait participé, elle était là sur les quais de la petite gare qu'elle était à l'époque, à regarder les wagons à bestiaux partir, bondé de malheureux ... La première pensée qui lui vint, c'était ce jour où on y avait chargé des enfants, elle s'approcha de la plaque comme happée par ce souvenir douloureux. Elle se rappelait de tout, dans les moindres détails. Elle accompagnait les soldats armés, comme si des bouts de choux pouvaient faire quoi que ce soit, la plupart d'entre eux ne comprenaient même pas ce qu'il se passait. Ils étaient assoiffés et affamés, complètement apeuré et perdus sans leur famille, un certain nombre allait succomber pendant le voyage, il n'en faisait aucun doute. Parqué comme du bétail, debout, sans eau ni nourriture, dans une chaleur insoutenable, pendant des jours et des jours interminables, cela dit, il valait mieux pour eux trouver la mort dans ces cercueils ambulants, parce qu'à l'arrivée ... Elle savait très bien qu'ils allaient dans des camps de la mort, et elle avait beaucoup travaillé dans ces infrastructures. Ils allaient mourir de malnutrition, d'affaiblissement, de maladie, dans le meilleur des cas gazés, c'est ce qu'elle leur souhaitait, parce que dans le fond, il valait mieux abréger leur souffrance. Les cris, les pleurs de ces enfants venait lui perforer les tympans à nouveau, elle sentait le petit corps tremblant de la petite fille qui s'était blottie contre elle pour un peu de réconfort, elle l'avait repoussé sèchement parce que sans l'admettre, elle était en plein désarroi ce jour là ... Elle avait été, et était toujours un monstre, seulement, elle ne considérait pas les enfants comme des êtres humains, ils étaient innocents, pures et ils payaient pour la bêtise des grands, une guerre qui ne les concernaient pas, dont ils ne saisissaient pas le sens. L'Homme dans toute sa connerie de splendeur ... Cette putain de religion l'écœurait depuis toujours, elle avait tellement tué d'innocents au cours des siècles, comment pouvait on croire en ces inepties d'ailleurs ? Où était dieu lorsqu'il s'agissait de protéger ses fidèles ? Quand bien même on voulait croire en quelque chose, ce n'était pas mal en soit mais pourquoi fallait il alors imposer son dieu, son point de vue ? En quoi son dieu était il meilleur que les autres et pourquoi l'eut il fallu qu'il n'en n'eut qu'un ? Il n'y avait il pas déjà assez de guerres, de maladies, de famines, de crimes à combattre ? Pourquoi l'Homme avait il créé dans sa bêtise toute puissante une raison de plus de trouver la mort, de s'asservir ? Non elle ne pourrait jamais comprendre les humains. On disait d'elle qu'elle était un monstre, mais si on y regardait bien, elle ne faisait qu'exploiter les faiblesses humaines, l'Homme sciait lui même la branche sur laquelle il était assis, sans son aide, et il était capable d'autant de cruauté, si ce n'est plus qu'elle et les siens. Les femmes et les enfants n'étaient que des réceptacles, ils subissaient la connerie des mâles. C'est sans doute pour cela qu'elle avait la gente masculine dans le collimateur, parce qu'à bien des époques, ils étaient les seuls décisionnaires, cupides, avides, ils avaient le pouvoir, le pouvoir de tuer, de manipuler ses semblables, dans une totale indifférence, l'individualisme messieurs dames, que c'est beau ! Une bande de peine à jouir incompétents et gras qui se moquaient bien des petites gens, pourvu qu'ils soient toujours plus riches, toujours plus puissant, toujours plus immortels, des apprentis dieux qui jouaient avec la vie des autres. L'homme avait ce côté insatiable qui exaspérait la démone au plus haut point, ils étaient tous comme ça, il leur en fallait toujours plus, que cela fut au détriment de la survie de sa propre espèce lui importait peu ... Toujours est il qu'aucun enfants ne revint du camp d'Auschwitz ...

Elle posa sa main sur la plaque sans le vouloir, comme absente, y déposant une trace de son furtif passage, une main ensanglantée pour des milliers de vies abrégées dans la souffrance, de toutes les manières, les gens passaient devant cette plaque sans même la remarquer, sans prendre le temps de poser les yeux sur elle, ils n'allaient pas remarquer ... Le devoir de mémoire avait ses limites, l'individualisme reprenait le pas, on foutait une plaque histoire de dire qu'on les oubliait pas, on pensait à eux une heure lorsqu'on ouvrait son livre d'histoire, on faisait la commémoration au lit le 8 mai, c'était avec un certain détachement qu'on leur rendait hommage ... Parce que dans le fond, on a encore du mal à imaginer, on ne veut pas forcément s'en souvenir, et puis c'est loin, on se dit que ça n'arrivera plus, ça ne touche plus, mais on fait semblant pour l'éthique, parce qu'on est des gens bien ... Mais elle ... Elle savait, elle se rappelait, elle y avait participé et elle n'avait rien fait pour l'empêcher ... Elle avait vraiment peu de regrets, de remords, mais celui ci en faisait partie bien qu'elle le considérait comme un point faible, elle l'admettait complètement. Ses yeux passèrent au rouge alors qu'une larme roula sur sa joue pour terminer sa course sur la commissure de ses lèvres, elle vint la laper ... Amère, comme l'amertume de ses regrets les plus inavouables, elle chuchota :

"Pardon"
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Re: Lorsque les trains sont en retard [calliste] - Ven 1 Mar 2013 - 15:40
Un coup de sifflet me réveilla. Je me relevais péniblement du banc, mon dos me faisait mal. Je me redressai et m'étirai doucement en baillant. La nuit avait été courte et mon lit peu confortable. A mes pieds, le sac contenant mes vêtements usagés avait disparu. Les gens n'avaient même plus pitié d'un enfant endormi sur un banc, comme un sans-abri.

« Hé petit ? Enfin réveillé ? »

Je tournais la tête et aperçus un homme d'une trentaine d'année assis sur sa valise, tout près de moi. Ses cheveux bruns étaient coiffés au gel, sa moustache parfaitement taillée et il me souriait.

« Tu n'as pas à avoir peur, je ne te veux aucun mal. Je suis un simple voyageur, je passais par là quand je t'ai vu endormi sur le banc. Tu ressembles tellement à mon fils Benjamin que je ne pouvais pas me résoudre à te laisser seul ici. »

C'était un homme adorable et d'une gentillesse sans égale. Il vint me rejoindre sur le banc et me conta des heures entières la région d'où il venait, son métier qui l’obligeait à voyager mais qu'il aimait tant et sa famille, sa jeune femme enceinte de six mois et ses trois enfants, des garçons, qui ne tenaient pas en place. A chaque mot qu'il prononçait, un ange devait naître au paradis. Les larmes lui coulaient des yeux. Et je l'écoutais avec toute l'admiration que l'on donne à un homme vivant dans une pauvre maison, sans domestique, sans voiture mais vivant heureux.
Lorsque midi sonna à la grande horloge, il m'invita à manger et je ne pus le lui refuser. Nous traversâmes les couloirs de la gare jusqu'à un grand restaurant « Le roi des mers ». Il me semblait trop luxueux pour le budget de ce pauvre homme et pourtant on me fit dire de ne pas m'inquiéter. A table, je choisis le repas le moins cher « des moules servies nature », il s'en aperçut rapidement et prit soin de me prendre le plus cher des repas, le meilleur surtout. C'était un vrai régal, je n'avais pas mangé depuis plusieurs jours et les crustacés paraissaient fondre sous ma langue.

Le repas ne fut pas très long car mon hôte avait un train à prendre, à 2 heure précise. En guise de remerciement, je le conduisis jusqu'à son quai et lui fis la conversation. Il continuait à me parler de sa famille : de sa mère tout d'abord, une femme forte qui avait combattue pour la paix et qui était morte pendant la guerre, son père ensuite, disparu depuis quarante ans et dont les chances de survie étaient maintenant quasiment nulles et enfin son enfant, Benjamin le plus jeune des trois, le plus mignon et certainement son préféré.

L'horloge sonna 2 heure et une petite voie robotisée annonça :

«  le train express régional numéro 860550 en provenance de Lille, arrivera voie 2, merci de vous éloigner de la bordure du quai. »

Je crus un instant que nous nous étions trompé de quai mais le visage calme de cet homme me dit comprendre que non. Je reculais de la bordure avec les centaines d'autres passagers. Seul, il restait devant le quai, il ne pouvait plus reculer car la foule trop dense bloquait le passage. Le train arriva, il ne s'arrêterait pas. De ses 160 km/h, il avalait les rails avec la fureur d'un démon.

« Merci jeune homme. »

Ce furent ces dernières paroles, avant de se laisser tomber contre la locomotive du train express. La foule cria, les enfants pleuraient et moi, emprisonné au milieu de ce chaos, je ne pouvais plus que regarder le corps étalé sur plusieurs mètres sur les rails.
J’apprendrais plus tard que toute sa famille avait été tué dans un incendie, un accident provoqué par le plus jeune enfant de la famille. Il avait mis le feu au rideau de l'appartement.

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Dans toute l'agitation que ce suicide pouvait provoquer, je remarquai une jeune femme, seule devant une petite plaque forgée à la mémoire d'un peuple décimé. Je m'approchai alors de la demoiselle et lui dis :

« Jeune fille, vous ne devriez pas rester là. Il y a... Quelqu'un qui s'est jeté sur les rails. Une foule de policiers ne vont pas tarder à arriver. »

Je la pris délicatement par le bras et continuai :

« Venez, partons d'ici. »
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Re: Lorsque les trains sont en retard [calliste] - Dim 3 Mar 2013 - 0:01
Calliste fut sortie de son deuil trop rapidement, elle regarda partout autour d'elle cherchant à comprendre, encore un peu dans son souvenir, elle avait un peu de mal à savoir ce qui était réel, d'autant plus qu'elle ne semblait être qu'un fantôme ici. En tout cas ce n'étais pas le moment de venir la ramener à son état de lucidité, aussi elle prit ce geste pour une agression et malgré ses tremblements, elle vint donner un violent coup de poing dans le ventre de celui qu'elle considéra alors comme son assaillant. Elle sanglota davantage et se mit à vociférer comme une dératée.

"Me touchez pas bordel ! J'ai dit que j'étais désolée"

Elle prit une position défensive, comme un animal prêt à attaquer en cas de besoin. Les yeux embrumés par les larmes, elle commença à analyser ce qu'il se passait autour d'elle, elle vint s'essuyer du revers de la main pour y voir plus clair. Au fur et à mesure que son esprit se recalait sur le bon espace temps, elle se détendait, sa lucidité revenait petit à petit. Elle regarda à gauche puis à droite, les gens étaient complètement affolés, les agents d'escale commençaient à baliser le terrain, mais il était un peu tard, beaucoup de gens avaient vu, aussi certain prenaient les coordonnées des clients afin de les orienter vers une cellule psychologique. La tension environnante était étouffante, le vacarme assourdissant, elle vint poser ses mains sur ses oreilles, fermant les yeux pour ne pas voir le monde tourner. Elle put ainsi réfléchir un peu mieux, d'ailleurs ses pensées allèrent à cet homme qui l'avait attrapé par le bras ... Elle avait dû lui faire mal et ... Attrapé par le bras ? Mais comment c'était possible seulement de la voir ? Les gens ici lui passait au travers, ne devinaient en aucun cas sa présence et lui ...

Elle rouvrit les yeux doucement, il était toujours là, il semblait la voir ... Pourtant elle ne sentait pas mal, pas plus que délirante. Sa voix se fit chevrotante.

"M..Mais ... Qu... Qui êtes vous ? V... Vous me voyez ?"
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Re: Lorsque les trains sont en retard [calliste] - Dim 3 Mar 2013 - 16:08
De toutes les réactions qu'une jeune fille aurait pu avoir lorsqu'un beau jeune homme lui prend le bras, la sienne fut surement la pire. Elle me donna un grand coup de poings dans mon ventre, alors que j'avais mangé il y a tout juste une heure. Je me retenus de lui vomir dessus comme je le pouvais, de l'acide me remontait dans la gorge et cela était absolument répugnant.

Si ce n'avait pas été une femme, si elle n'avait pas été aussi belle, je l'aurai pris par les cheveux et lui aurais fait manger chaque pilier de cette gare jusqu'à que son crâne se fracture en un millier de morceaux. Je tentais de rester calme et réfléchi. Après tout, elle fondait en larmes devant moi. Ce n'était pas du regret mais plutôt une profonde tristesse personnelle. J'hésitais à la prendre dans mes bras pour la consoler, mais après un tel coup il était plus sage de garder quelques distances.

"Me touchez pas bordel ! J'ai dit que j'étais désolée"

Voilà comment j'étais remercié d'être venu la chercher pour l'éloigner d'une salle de suicide répugnante et choquante. Qu'avais-je fait ? Est-ce que mon beau visage normalement si doux et si rassurant lui paraissait effrayant ? Je tâtai mes joues pour m'assurer que la faim ne m'avait pas déformé, mais non elles étaient toujours là, toujours aussi molle et grasse.

La jeune fille regardait les alentours comme si elle se revenait d'un songe. Et moi, pauvre ignorant, je l'avais réveillé brutalement sans prendre soin de me présenter ou de m'assurer qu'elle ne dormait pas. En même temps, me direz-vous, dormir assis ce n'était pas courant.
Elle m'adressait finalement la parole, sans me frapper cette fois-ci :

"M..Mais ... Qu... Qui êtes vous ? V... Vous me voyez ?"

Je froissai les rides de mon front en essayant de la comprendre. Disait-elle que les humains l'ignorent, qu'elle leur semble invisible, qu'elle est perdue ? Ou plutôt... Non c'était impossible, pas dans cette vieille gare... Quoique, elle m'avait frappé si fort.
Je reculais d'un mètre, pour m'assurer qu'elle ne pourrait plus me frapper et lui répondit :

"Ma demoiselle, ne me frappez plus, je vous pris. Votre coup m'a énormément remué l'estomac, je me retenais de vous réingurgiter mon repas dessus."

Je plaçai alors une main sur mon ventre, la douleur revenait. Malgré cela je continuai :

"Pour ce qui est de vous voir, je vous vois parfaitement bien. Une telle question de votre part, ce pourrait-il... Enfin, je me trompe peut-être... Mais est-ce que vous êtes une apprentie déesse de la Deus Académia?"

J'arrêtai de parler tant ma question me parut irréaliste et gênante pour la jeune fille en face de moi. Surement, elle n'avait rien compris, comme toutes les humaines. Je m'excusai alors :

"Oh non, rien, laissez tomber cette question. Mes rêves et moi, comprenez."
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Re: Lorsque les trains sont en retard [calliste] - Sam 9 Mar 2013 - 0:32
Calliste ouvrit des yeux ronds et rouges tant la surprise était grande, elle l'avait touché, et il l'avait vu, mais comment était ce possible ? Dans le monde terrestre, personne ne remarquait sa présence ... Était il possible que cet homme ... Viennent de la deus académie ? Fichtre ! Elle faisait tout pour l'oublier et voilà que le destin, aussi cruel soit il, la ramenait à la dure réalité. Autant il l'avait plutôt laissé tranquille jusqu'à la fin de sa vie, autant il semblait se rattraper dans la mort pour lui faire payer tout ses crimes ... Elle ne pouvait pas vraiment lui en vouloir, en tout cas pas en ce moment même alors qu'elle venait d'être confrontée à sa plus grande honte, sa plus grande faute, son impardonnable.

Elle ne pu s'empêcher de dessiner un sourire radieux sur son visage malgré ses yeux mouillés. Il lui avait remonté le morale d'un coup d'un seul. Elle lui avait fait mal, le frappant jusqu'à lui donner la nausée, ce n'était pas rien ... Elle n'était pas si faible qu'elle le pensait finalement ... Ou alors elle était tombée sur une éternelle victime, allez savoir ... Cela dit, elle éluda rapidement cette seconde pensée de son esprit, préférant se rassurer.

Elle passa sa min sous son haut sans aucune gêne, de ses mains émanait sa chaleur bienfaitrice, le soignant en surface, mais c'était toujours ça de pris, une forme d'excuse pour son geste peu approprié. Après tout, même s'il l'avait touché, il n'avait rien fait de mal, son visage puait la sympathie en plus. Encore un qui l'appelait mademoiselle ... Les humains ...

"Madame ... Je ne vous frapperais pas à nouveau, c'était involontaire de ma part, vous m'avez sorti ... D'une rêverie"

Oui plutôt crever que d'avouer que les démons cauchemardent, en principe ils n'ont pas de remords ... Elle l'écouta attentivement, nul doute possible, il venait bien du même endroit qu'elle ... Le dépaysement était plus que raté pour le coup ... Son petit moment de tranquillité, si tenté soit qu'on puisse trouver une accalmie en cet endroit, était bel et bien fini ... Elle ricana un instant, ne se moquant pas de lui mais imaginant les gens le voir parler à un fantôme ... Cela dit, les égocentriques avoisinants ne semblaient pas s'occuper de lui ...

"Oui j'en viens ... Toi aussi d'après ce que je vois ... Enfin moi je ne suis pas une élève ..."

Elle haussa un sourcil, il semblait gêner, mais pourquoi ... A quoi bon poser une question si on disait de laisser tomber ? Les humains étaient vraiment étranges. Elle le regarda, ne sachant que dire, que faire ...
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Re: Lorsque les trains sont en retard [calliste] - Sam 9 Mar 2013 - 16:06
La jeune fille devant moi semblait surprise par mes paroles. Si elle était humaine, elle aurait bien pu croire que j'étais fou. Mais pourtant, elle s'approcha doucement de moi et vint placer ses mains sur mon torse. Je rougissais un peu en la regardant faire, elle ne me connaissait pas mais cela ne semblait pas la gêner pas pour me toucher. Petit à petit, ma douleur disparaissait et je compris qu'elle venait de me soigner. Elle était une apprentie-déesse, c'était désormais certain, et je pouvais sans risquer gros prédire que son domaine était le soin ou la santé.

Elle se recula ensuite et, après s'être excusée, elle me dit :

"Oui j'en viens ... Toi aussi d'après ce que je vois ... Enfin moi je ne suis pas une élève ..."

Elle était intelligente mais un peu mystérieuse. Pourquoi ne pas dire quel rôle elle avait dans l'académie ? Peut-être qu'elle en avait honte ou qu'elle cherchait à le cacher. Mais, vu son pouvoir, elle ne pouvait qu'être professeur de soin ou infirmière, voir aide médicale. Cependant, je préférai ne pas faire de fausses suppositions et décidai de lui arracher les mots de la bouche :

"Si vous n'êtes pas élève, qu'êtes-vous donc ? Vous pouvez me le dire sans gêne car après tout, cela m'importe peu..."

Je la regardai fixement dans les yeux, non pas pour lui donner une certaine pression mais parce que ses iris étaient très beaux. Je n'avais jamais rencontré une jeune fille aux cheveux blancs, auparavant. Était-ce encore l'une de ces teintures chimiques contemporaines, ou une véritable couleur ? Mais ce genre de questions n'étaient pas bonnes à poser.
Je me souvins alors que je ne m'étais pas encore présenté et j'y remédiai immédiatement :

"Excusez mon impolitesse, je ne me suis pas présenté. Je me nomme Fuyuki Iga, apprenti-dieu de l'alchimie. Pourriez-vous me faire l'honneur de m'apprendre votre prénom ?"

J'avais encore beaucoup de questions à lui poser : pourquoi était-elle ici, pourquoi regardait-elle cette étrange plaque, est-ce que cela avait un rapport avec son passé... Mais pour le moment, je décidai de chercher un lieu plus calme pour bavarder et lui dis :

"Jeune fille, allons plus loin je vous pris. Ici, les gens sont trop bruyants et ne nous permettrons pas de discuter tranquillement."

Il y avait un petit banc un peu plus loin. En fer forgé et en bois, ce petit banc était posé contre le mur d'un petit magasin de souvenirs et donnait sur les quais de la gare. A part quelques tâches de gras, des miettes de pains, de la pâte-à-mâcher et quelques oiseaux, l'endroit était parfaitement proche et vide. J'invitai la jeune femme à s'y asseoir.
Cependant, je remarquai un petit paquet en carton qui dépassé du rebord dans la poubelle juste à côté de nous. Je me demandai bien ce qu'un paquet encore en bon état faisait dans cette poubelle, partie les détritus. C'était du gâchis de le laisser là, mais avais-je vraiment le droit de le prendre ?

[je te propose une petite mission pour nous amuser : choisis ce que l'on trouvera dans ce paquet (arme, argent, drogue, animal...) et on s'amusera à le rendre ou à arrêter les "méchants"]
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Re: Lorsque les trains sont en retard [calliste] - Mer 13 Mar 2013 - 14:55
Calliste elle n'était pas gênée, pour elle un corps n'était rien de plus qu'une enveloppe, les humains étaient tous constitué de la même manière à quelques différences physiques près. Et puis son don impliquait qu'elle touche la plaie, elle commençait à s'y faire, le dégoût du début n'était plus de rigueur.

Mais pourquoi diable voulait il connaître son statut ... Pour une fois elle aurait aimé ne pas susciter la peur, le doute, l'incompréhension, tout ce qui pouvait passer par la tête de celui qui savait que vous êtes un repenti ... Elle ne le voulait pas à ce moment même bien qu'à d'autres cela la fasse jouir, pas après ces remous du passé. Elle soupira et s'écarta en croisant les bras.

"Je suis infirmière ... Poste tout trouvé compte tenu de mon don ... Mais ce n'est pas intéressant ... Sauf si tes vaccins ne sont pas à jour ..."

Pourquoi la regardait il comme cela ... Ah oui ... Ses yeux atypiques dont elle était affublée depuis sa naissance ... Elle savait parfaitement que les humains attachaient de l'importance aux tares physiques, chez eux c'était tellement important que bien souvent, les humains en étant dotés ne trouvaient pas de partenaires ... Des animaux en somme ces humains ... Ses yeux passèrent au rouge tant son malaise grandissait, ayant l'impression d'être une bête de foire.

La couleur des cheveux dans sa famille était un peu spéciale, elles naissaient toutes avec une chevelure noir de jais. La décoloration s'effectuait au long des années et révélait leur âge. Elles passaient d'un brun très foncé, à un plus clair, puis un châtain, cela continuait avec une dérive sur les différents tons de roux, pour arriver à un blond qui s'atténuait au fur et à mesure, la teinte blanche arrivant autour des 2000 ans de vie.

Calliste fronça les sourcils lorsqu'il lui parla de l'alchimie, elle avait entendu parler de ce concept, peu de la pratique, cette matière n'aurait sans doute pas servi les noirs desseins de sa famille. Cela dit, ça restait intéressant. Et voilà que comme tout les humains, il voulait connaître son patronyme. Elle parla d'une voix détachée.

"Calliste Zahli"

Elle leva les yeux au ciel lorsqu'il l'appela jeune fille, esquissant tout de même un sourire. Elle était tellement vieille, elle avait peut être même torturé ses aïeux, ou pire encore ... Et puis de quoi voulait il discuter au juste ...

"Ne m'appelle pas jeune fille mon chou ... Et puis de quoi veux tu donc parler ..."

Cela dit elle le suivi jusqu'au banc, sans s'asseoir, se tenant bêtement debout devant lui, observant également le paquet sans vraiment s'y intéresser.

[Drogue ou arme cela me va, fais toi plaiz !]
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Re: Lorsque les trains sont en retard [calliste] - Lun 18 Mar 2013 - 17:54
"Je suis infirmière ... Poste tout trouvé compte tenu de mon don ... Mais ce n'est pas intéressant ... Sauf si tes vaccins ne sont pas à jour ..."

Je l'avais deviné, une infirmière de l'académie. Quel hasard de la croiser dans cette gare, en plein milieu du monde des humains !

"Ne m'appelle pas jeune fille mon chou ... Et puis de quoi veux tu donc parler ...

« Oh je suis persuadé que vous avez pleins de choses à m'apprendre. Par exemple, comment viviez-vous, avant de mourir ? A quelle époque et dans quel pays ? »

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Après avoir hésiter quelques secondes, j'attrapais le paquet et le ramenai vers Calliste avant de le poser sur le banc, à côté d'elle. C'était juste une petite boîte en carton avec une étiquette "fragile". Je jetai un coup d'oeil à la jeune infirmière et lui demandai :

"D'après toi, qu'est-ce qu'il y a dans ce carton ?"

La curiosité était trop grande, je sortis mon couteau et coupai le ruban adhésif qui fermait le paquet. J'ouvris et reculai immédiatement d'un pas. Le carton contenait un grand nombre d'armes à feu, de petites tailles. Vu la technologie, c'était des automatiques, les armes les plus dangereuses d'entre toutes. Normalement, seuls les policiers ont le droit de porter de telles armes et s'en procurer est très difficile. J'attendis que Calliste prenne connaissance du paquet et lui dis :

"Mon dieu, que fait-on ?? Ces armes, elles sont interdites ! Pourquoi sont-elles dans une poubelle ? Serait-ce....un réseau d'armes ?! A Paris ! Non, non, je ne les laisserai pas faire du mal à ma ville ! Jeune fille, aidez-moi à cacher ce colis avant que l'on vienne le chercher ! On peut me voir, mais vous non."

J'attendis sa réponse en espérant qu'elle partage les même convictions que moi pour la justice et pour le devoir.
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Re: Lorsque les trains sont en retard [calliste] - Sam 21 Sep 2013 - 0:39

Je suis… Sans voix xD J’trouvais amusant le contraste entre la douceur et l’innocence de Fuyuki et l’amertume et la froideur de Calliste, jusqu’à ce qu’on apprenne pourquoi le train est en retard xD Dommage que ce rp ait été abandonné, il avait du potentiel ^^ J’sais pas si vous le verrez, mais vous avez un bon niveau rp toutes les deux !

Fuyuki Iga (Invité) : 255 xps.
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Lorsque les trains sont en retard [calliste]
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