Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


École des dieux RPG


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Merci, Louis Braille [PV Hitomi]

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Merci, Louis Braille [PV Hitomi] - Sam 16 Fév 2013 - 7:31


Se documenter n'est jamais une tâche aisée, surtout sur un mal dont on ignore la cause. La schizophrénie de quelqu'un d'autre est un parfait exemple, d'autant plus que c'était exactement ce sur quoi Lord Vlad, assit sur une chaise des plus confortables, penché sur un livre de psychologie, tentait de se renseigner. La bibliothèque était le lieu où il avait atterrit après une longue errance, son premier jour, le lieu qui lui avait permis de comprendre. De tout comprendre, à propos de sa nouvelle vie, de ce qui s'était passé avant, d'où il était, de quoi serait fait son futur, de qui étaient les autres ici... Il avait juste pris une pile de livre et avait bouquiné, sans arrêt durant de longues heures. Tout ici était extrêmement bien fait. Les livres étaient toujours à leur place, à croire qu'il n'y avait jamais de retardataires, que tout le monde, mu par une force surnaturelle, venait rendre ses livres dans les délais. Rien de bien étonnant. Puis il avait entendu des pas, des pas lourd et lent d'homme, de vagabond, d'âme errante pas encore totalement accrochée à son corps tout neuf.

C'était Vlassios, Vlassios Socratis. Il était nouveau comme lui, encore plus perdu, cependant et en le percevant comme une aide providentielle, il lui avait demandé ce qu'il savait de cet endroit. Ce serait la seule vraie discutions qu'il aurait avec lui avant qu'il... Vlad, sans vraiment savoir pourquoi, serra dans sa main droite à s'en rendre les articulation aussi blanches que le gant qui les couvrait, la poignée de son épée d'argent, qu'il avait amené avec lui, sans vraiment savoir pourquoi. Il se sentait mal à ce propos, il se sentirait mal jusqu'à ce qu'il en aie fini avec Jhoken, ce qui, vu le niveau de son adversaire, risquait de lui prendre un certain temps.

C'était à cette même table qu'il avait apprit à se servir de son si utile et polyvalent pouvoir d'invisibilité, alors qu'il rencontrait Mégara, si l'on peut dire ça comme ça. Ce pouvoir qui l'habitait, ce pouvoir si paradoxal, qui lui permettait à lui, un des individus les plus immanquable de cette académie, de disparaître de l'oeil de ses ennemis pour une petite minute. Ce pouvoir qu'il devait conserver avec soin chaque jour en cas de coup dur, impatient, tout de même que les examens arrivent pour qu'il puisse augmenter l'efficacité de ce pouvoir si cher à ses yeux.

La dernière fois, il y avait soudain eu beaucoup de monde qui était sorti de nulle part et était venu s'asseoir à cette même table, mais ce jour-là, la bibliothèque était bien déserte, même les rats devaient avoir quitté le navire pour aller manger du bois pourri ailleurs. Il regrettait presque l'agitation, plongé dans son déchiffrage de termes techniques de psychologues plus dérangés que leurs patients choisissant volontairement des mots inmémorisables pour qualifier la moindre anomalie comportementale. Il ferma le livre qui l'énervait, se leva, l'emportant avec lui et le rangeant d'un geste à sa place toute proche. Il fit ensuite courir ses doigts sur les tranches des livres, lisant à peine les titres. Jusqu'à ce que l'un d'eux attises sa curiosité : la couverture était irrégulière, couverte de petits trous et de bosses. *Un livre abîmé, ici ? Impossible !* Il le tira du rayon et en lisant le titre, il comprit rapidement : °Le braille écriture des aveugles° ne laissait aucun doute sur la nature du relief de la tranche. Alors non-seulement le livre n'était pas abîmé, mais il était même en parfait état, puisque même la zone la plus susceptible d'être endommagée était encore resplendissante. C'était une étagère de livres informatifs et éducatifs, même s'il aurait été très dur de tirer le moindre enseignement du livre de psychologie qu'il venait de ranger, celui qu'il examinait devait donc être un livre servant à apprendre le braille. Cette connaissance ne lui servirait sans doute jamais, mais pourquoi pas ? Il avait l'éternité pour s'instruire, alors tant qu'à faire, pourquoi ne pas jeter un coup d'oeil pour s'aérer les idées.

Il enleva son gant et lut les instructions imprimées avant de vraiment s'attaquer au vif du sujet. Il y passa une demi-heure avant de se lasser et de revenir à ses lectures, dans le but presque oublié d'aider Ealia à maîtriser ou à se débarrasser d'Aleanna.

Soudain, il entendit un bruit, un léger frottement. Des pas étouffés qui se rapprochaient. *Un autre assassin ? Pas impossible.* Une ombre s'étira sur le sol, entre les deux rayons. Une ombre titanesque, exagérément grande qui faisait passer ce qui la causait pour un géant de trois mètres de haut. Le détail qui le frappa, c'est qu'une des mains de l'ombre était cachée par l'ombre d'une des deux étagères, ce qui ne pouvait signifier qu'une chose : qu'il avait la mains posée dessus, ce qui est plutôt inhabituel, surtout pour un assassin ne devant pas laisser de trace.

Décidé à confirmer ses doutes, il se leva, en faisant un minimum de bruit, plongea sa main dans sa poche pour y saisir un de ses couteaux et dit calmement, posément, à haute voix en direction de l'ombre mouvante :
- Venez, montrez-vous, je ne vais pas vous manger.


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Dernière édition par Lord Vlad le Mar 12 Mar 2013 - 2:30, édité 1 fois
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Re: Merci, Louis Braille [PV Hitomi] - Dim 17 Fév 2013 - 1:40
Hitomi pleurait. Elle sentait l'odeur du papier, de l'encre, du savoir, un savoir à portée de sa main, qu'elle pouvait toucher...Mais qu'elle ne verrait, qu'elle ne lirait jamais. Jamais, de toute sa vie humaine, elle n'avait autant souffert de sa faiblesse, et là, il avait suffi d'une heure, pour la chambouler au plus haut point. Elle qui vénérait presque le savoir, elle se sentait torturée, brûlée vive, par le fait de n'avoir jamais appris rien d'autre que la musique. Ses pleurs auraient redoublés si Akemi ne luttait pas de toutes ses forces pour l'apaiser, ou au moins pour former une digue temporaire autour de son coeur. L'air était lourd, fermé, signe d'une pièce surchargée, certes de livres, mais tout de même dangereuse au vu de la violence des crises de claustrophobie de la petite.
La jeune neko était toujours hantée par le souvenir d'Atsuhito, son traitre amour. Elle trembla un instant, se remémorant leur unique baiser, son premier, celui qu'elle n'avait jamais pu savourer. Son coeur de jeune fille romantique était brisé par cette évidence, qu'elle aurait dû admettre depuis l'instant où il lui avait jeté la première pelletée de terre, et qu'elle se refusait pourtant à réaliser. Sa voix avait été si douce avec elle, comment avait-il pu ainsi la livrer à la mort ?

* Il est mort, Hi-chan. Et toi aussi. Ta place est avec les dieux désormais, pas à pleurer ta vie d'antan. C'est ici que tu dois chercher des gens qui t'aimerons, qu'ils soient amis ou juste connaissances, et parmi eux, il y aura celui avec qui tu vivras, celui qui t'offrira un bonheur infini.*

* Tu as raison, Nee-chan, mais Hitomi a toujours très peur de ne pas être acceptée pour ce qu'elle est, et elle ne pourrait supporter de jouer un rôle pour plaire. Hitomi n'est qu'une Bakemono Neko ratée.*
* Non, tu n'es pas cela. Tu es une fille douce, adorable, mais on ne t'a jamais laissé le montrer. Ici, cela se fera, tu peux me croire. Les dieux ne sont pas comme les humains que tu as connus.*
* D'accord, Nee-chan. Je te fais confiance. Mais comment savoir qui m'acceptera ? Je ne les vois même pas, ces gens qui m'entourent.*
* Je n'ai pas de réponse à cela. Je peux juste t'affirmer que tu le sauras, si tu peux leur faire confiance.*

A cela, Hitomi ne répondit rien. Elle pleurait toujours, les paupières meurtries, mais son coeur avait moins mal. Trouverait-elle un moyen de guérir son coeur ? Son instinct lui soufflait que oui. Quand à sa soif intarissable de savoir, il devait y avoir une solution, là aussi. Elle aurait bien aimé savoir laquelle, là, tout de suite, et se mettre à dévorer des romans d'aventure, comme on lui en avait lu des extraits parfois, dont les mots étaient figés à jamais dans sa mémoire, comme tout son qu'elle entendait.
Au moins, elle pouvait se raccrocher à cela. D'après Akemi, son esprit était fait pour stocker, analyser et sublimer les informations de manière presque parfaite. Ne lui manquaient que lesdites informations, mais ça viendrait, elle le savait. La personne qui l'avait accueillie dans l'Académie lui avait dit qu'elle apprendrait plein de choses.
Hitomi déambulait dans les rayons, son regard aveugle dérivait sur ce qu'elle devinait être des couvertures usées, refermées sur une mine infinie de savoir. Elle continua ainsi jusqu'à repérer une présence. Elle entendait la respiration, les battements de coeur, d'un être vivant. Elle pouvait le repérer avec plus ou moins de précision grâce à ses sens amplifiés par la privation naturelle de sa vue. Elle s'appuya sur la bibliothèque pour éviter que ses jambes tremblent de peur.
Elle entendit un bruit de beau sur les vêtements, de mains se glissant dans des poches, et ces doigts remuer le vêtement pour chercher quelque chose. Ensuite parvint à ses oreilles un bruit mat, léger, mais qu'elle reconnaissait, et elle prit peur aussitôt.

- Venez, montrez-vous, je ne vais pas vous manger.
- Pourtant, Hitomi a très, très bien entendu le bruit de vos doigts sur vos couteaux. Vous savez, Hitomi n'a nullement le désir de vous affronter, et elle ne vous rendra pas le coup si vous la frapper. Elle vient d'arriver, et sa mort l'a laissée épuisée. S'il vous plait, ne lui faites pas de mal.

Doucement, elle sortit la tête de derrière l'étagère, exposant ses yeux aveugles à la vue de l'inconnu.
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Re: Merci, Louis Braille [PV Hitomi] - Mar 19 Fév 2013 - 15:52
Vlad, pour tourner les pages avait trouvé plus pratique d'enlever ses gants qui gisaient sur la table. C'était considérable par les autres, ignorants par nature, comme un détail, mais pour Vlad, c'était capital, il détestait le contact des choses, d'autant plus des armes. C'est pour ça qu'il les portait, outre le danger que cela pouvait représenter de toucher quelqu'un ou un objet magique directement. C'était une partie de sa folie paranoïaque qui s'exprimait ainsi.

Dès lors, face à cette inconnu, sans ses gants, il n'était pas tout à fait à l'aise et pas question d'aller les remettre, ce serait s'exposer au danger, quel qu'il soit. La voix de la jeune femme retentit entre les rayons bourrés de livres tous plus intéressants les uns que les autres :

- Pourtant, Hitomi a très, très bien entendu le bruit de vos doigts sur vos couteaux. Vous savez, Hitomi n'a nullement le désir de vous affronter, et elle ne vous rendra pas le coup si vous la frapper. Elle vient d'arriver, et sa mort l'a laissée épuisée. S'il vous plaît, ne lui faites pas de mal.

Elle parlait à la troisième personne ? Ou parlait-elle pour quelqu'un d'autre ? Mais alors, qui ? Et comment avait-elle, à cette distance, pu entendre et reconnaître le bruit de ses doigts ouvrant un couteau ? Était-elle la déesse de l'ouïe ?

Les questions se bousculaient dans la tête de Vlad alors que son interlocutrice parlait et avançait un peu pour être visible par lui. Elle était plutôt jolie : pas très grande, ayant à vue de nez quatorze ans, quoi que ses attributs féminins lui en donnaient plutôt seize. Vêtue du même genre de vêtement qu'Ealia en violet avec des fleurs blanches, elle avait un visage aux traits harmonieux entouré de cheveux assortis à son vêtement, quoi que ce soit plutôt l'inverse, qui descendaient librement jusqu'à sa taille, ce qui même à l'académie, était des plus rares. Puis il y avait tout ce qui trahissait son hybridité, qui n'étonna pas le moins du monde Vlad, habitué depuis un bout de temps à voir des étrangeries diverses dans cette école qui semblait en faire un inventaire. Deux oreilles de chats, couvertes d'une fourrure de la même couleur que ses cheveux, des dents trop pointues pour être normales, qu'il avait vu alors qu'elle articulait les derniers mots de sa phrase et les pupilles verticales de ses yeux violets (pour changer...) trahissaient sa nature.

Qui avait-il d'ailleurs avec ses yeux, qui ne regardaient pas là où ils devraient, mais un peu plus haut, puis un peu plus bas ou à gauche, indépendamment de ses mouvement... Comme si elle se fichait éperdument de le regarder, que les livres, les rayons, certes gigantesques, étaient plus impressionnants qu'un homme masqué avec un haut-de-forme et un costume bicolores. Et cette mains qui n'avait pas quitté l'étagère, qui lui servait d'attache à la pièce... Vlad comprit et ne put s'empêcher de s'exclamer :

- Tu es aveugle ?

Il rangea son couteau, rentrant la lame d'un geste et le propulsant dans sa poche d'un autre en s'approchant lentement de la jeune fille. Il ne s'attendait pas à trouver une aveugle à l'académie, c'était un lieu peu approprié, d'autant moins qu'il fallait parfois se battre pour sa vie, même si elle était renouvelable. Elle ne pouvait qu'espérer que les autres élèves et les monstres soient pris, comme lui, d'une certaine empathie. Lui aussi avait un champ de vision anormal : limité à deux rectangles, ne pouvant voir dans une direction que si sa tête s'oriente en conséquence. C'était toujours bien plus pratique, mais il savait, par un test qu'il avait mené en bouchant ces deux orifices de son masque, que vivre sans la vision était loin d'être aisé.

Il repensa au livre de braille qu'il avait lu un peu plus tôt, ce qui l'amena à se demander si Hitomi savait lire le braille, s'instruire par elle-même. Selon l'époque, elle pouvait ou non l'avoir déjà appris. Le braille s'étant répandu progressivement à partir de 1947, si elle était née avant ou un peu après, elle aurait eu du mal à l'apprendre. Il analysa son vêtement, pour essayer de voir de quelle époque elle était originaire. On voyait plutôt ce genre de tissus en Asie, la coupe était japonaise, mais cela étant un vêtement traditionnel, porté pendant extrêmement longtemps, il lui était impossible de dire quand elle était née. Il ne lui restait plus qu'à lui demander :

- Hum, Hitomi, c'est ça ? Peux-tu me dire ce qu'est une bombe nucléaire ?

La question pouvait sembler étrange, mais étant donné que deux de ces saloperies avaient été lancées sur des villes japonaises, s'il ne se trompait pas sur ses origines, c'était une excellente façon de savoir si elle avait été instruite à la lecture par points en relief.


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Re: Merci, Louis Braille [PV Hitomi] - Mer 20 Fév 2013 - 22:55
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Elle avait décidément peur de cet homme. Elle pouvait sentir sa force, physique et mentale, comme un goût acide sur sa langue. Elle ne pouvait s'empêcher de trembler très légèrement. Elle avait toujours évité les gens puissants, de peur de s'attirer leur colère. Mais elle n'avait rien fait de mal, elle errait juste dans la bibliothèque. Alors pourquoi se sentait-elle tellement menacée, oppressée par l'aura de cet inconnu ?



- Tu es aveugle ?



La question lui planta un poignard glacial dans le ventre. Elle avait tellement, tellement honte de sa faiblesse. Les larmes recommencèrent à ruisseler sur son visage délicat, sans pour autant transfigurer ses traits, étrangement sublimés par les dizaines de perles cristallines qui glissaient lentement, les traces humides et brillantes semblant transformer sa pâleur en argent doux. Pourquoi ? Pourquoi cette malédiction l'avait frappée, elle, une ombre parmi les ombres ? Sa voix se brisa quand elle répondit à l'homme.



- Oui... Hitomi est née des Ténèbres, et seules les Ténèbres peuplent son monde.



Il n'existait sans doute pas en ce monde d'intonation plus triste, plus lasse, que celle de la jeune neko en ce moment. Ses doutes remontaient à la surface de son esprit comme un tsunami de lave. Elle tremblait plus fort à présent, retenant ses sanglots de toutes ses forces. Une enfant. Oui, c'était cela, elle n'était qu'une enfant traumatisée, de n'avoir jamais goûté au bonheur.



- Hum, Hitomi, c'est ça ? Peux-tu me dire ce qu'est une bombe nucléaire ?



C'était la goutte de trop. Non, elle ne pouvait pas, elle qui ne savait rien ! La colère et le désespoir, c'était un mélange dangereux, instable, qu'Hitomi contenait depuis le début de son existence, et aujourd'hui, pour la première fois, une brèche s'ouvrait dans son âme, en percutant brutalement le noyau, la stabilité même. Et le passé s'ouvrit.

Un flash. Il y avait une forte odeur de terre, la voix d'Atsuhito, et elle sentit la première pelletée d'humus sur son visage, puis le sentiment infini d'avoir été trahie, trainée dans la boue par son seul potentiel salut, fut trop fort. Elle étouffa.

Retour dans le présent. Pliée en deux, un filet de sang au coin des lèvres, dont quelques gouttes avaient touché le sol, elle toussait à s'en déchirer les poumons. La sensation d'étouffer envahit ses membres, domina ses sens, en une vague déferlante, déchainée sur le seul objectif de l'anéantir corps et âme.

Mais la neko avait encore en elle la volonté infime de survivre. Elle abaissa toutes ses défenses mentales, laissant son pouvoir se libérer sauvagement de son corps. Une onde violente, qui créa successivement environnements et monstres qu'elle n'avait jamais connu, mais que ses cauchemars créaient, prit possession de la salle. Cela ne dura que quelques secondes, tant elle en appelait aux racines même de son pouvoir, mais l'horreur et le puissant réalisme visuel de ces illusions était tout bonnement stupéfiant. Elle hurlait de toute la force de ses cordes vocales, tête relevée vers le ciel qu'elle ne verrait jamais. Ainsi, elle se libérait de sa rage, de sa détresse, de son désespoir, se laissant elle-même plus affaiblie qu'un chaton, mais en quelque sorte apaisée par le reflux de ses émotions.

Le cauchemar avait cessé, ne laissant qu'une forme menue, tombée à genoux sur le sol, haletant, essoufflée, un filet de sang au coin des lèvres, se laissant totalement dominer par cet inconnu, qui avait, en quelques phrases, délivré cette bête en furie qu'étaient ses émotions. Elle sentait naître en elle les symptômes d'un épuisement physique intense, mais, en un sens, elle se sentait mieux à présent.



- Pardon, mina-sama (monsieur). Elle n'a pas voulu risquer de vous agresser, mais vous avez réveillé en elle des souvenirs, des pensées, qu'il vaut mieux laisser à l'écart. C'est la première fois que son trop-plein d'émotions se manifeste, mais elle le retient depuis plus de dix-huit ans, et vos mots, même si l'intention ne devait sans doute pas être là, ont fait éclater le cercueil de glace qui a toujours entouré son cœur. Cependant, ses sens lui disent que vous n'avez pas été blessé, et elle en est heureuse. Elle se tuerait elle-même plutôt que de faire du mal à la première personne qui lui porte un intérêt même minime, sans arrière-pensée.



Elle avait le souffle court, mais son ton n'était plus troublé, juste las, ce qui était normal au vu de la puissance de son déchainement de pouvoirs. Elle ne pourrait plus lancer la moindre illusion avant plusieurs jours, elle le sentait clairement. Heureusement, elle se rappelait de la question de l'homme, et put enfin y répondre, conservant cette fois son calme.



- Les femmes de l'époque d'Hitomi, et à plus forte raison les Himes, les princesses du Japon féodal, n'avaient pas accès au savoir. Elles n’apprenaient que ce que pouvaient leur dire leurs sens, et seules les plus chanceuses savaient lire. Une femme qui sait, c'est ennuyeux, parait-il. Mais Hitomi, avec ses sens diminués, et ce malgré son attachement pour le savoir, elle ne détient que deux savoirs. Tout d'abord celui, primaire, qu'apporte l'instinct. La survie. Et ensuite, celui que lui ont offert ses oreilles, qui lui permet d'utiliser sa voix, et tout instrument se présentant devant elle, de façon instantanée. Hitomi est ce que les savants de l'école appellent un génie auditif, elle retient à jamais tout ce qu'elle entend.



Elle avait encore peur, bien sûr, de la colère potentielle de l'homme. Elle savait que ce qu'elle avait fait apparaitre pendant quelques secondes, c'était un cauchemar auquel nul ne voudrait être exposé. Elle espérait qu'il ne lui en voudrait pas, qu'il comprendrait.



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Re: Merci, Louis Braille [PV Hitomi] - Dim 24 Fév 2013 - 22:46
Qui était cette fille ? Qu'avait-elle vécu ? Comment pouvait-elle être si fragile ? Quelles horribles expériences avaient pu la faire ainsi réagir à quelque chose d'aussi anodin ? Toutes ces questions traversaient l'esprit de Lord Vlad incertain sur ce qui venait de se produire. Laissez moi faire une petite analepse explicative qu'en tant que narrateur, j'ai le droit et l'obligation de faire :

Il avait ressenti une peur instinctive, une peur profonde lancinante, la peur d'un écureuil acculé au fond de son trou par un chat sauvage, cruel et affamé. Assez ironiquement, puisque c'était elle, le chat, normalement. C'était une des raisons qui l'avaient poussées à faire disparaître son arme après sa question. Mais de façon surprenante, cette peur que lui causait sa lame aiguisée se changea en honte, la honte d'un femme qui se néglige surprise nue par un illustre inconnu, une honte profonde et fermentée depuis longtemps, très longtemps, toute une vie, peut-être plus longue que la sienne, déjà allongée de plusieurs mois à l'académie. Elle commença même à pleurer, mais il ne s'en aperçu pas immédiatement, réfléchissant trop, se fiant trop à son bracelet. Il entendit à moitié la réponse à sa question, réfléchissant au livre de braille :

- Oui... Hitomi est née des Ténèbres, et seules les Ténèbres peuplent son monde.

Pourtant, il sentait sa tristesse, sa détresse mental, sans vraiment y faire attention. C'était une partie de son côté si inhumain, de dénier si facilement même les choses les plus horrible pour se concentrer uniquement sur un problème mineur, quoique certains, plus nombreux qu'il y parait, se prétendaient humains et le faisaient encore plus communément que lui. Ainsi, avant de lui poser sa deuxième question, il ignora complètement ses émotions. Mais celles qui suivirent étaient tellement puissantes qu'il ne put même pas penser à autre chose.
Comment pouvait-on être si désespéré ? D'où venait ce désespoir si implacable ? Avait-elle été considérée comme une inconnue par son propre enfant le dernier jour de sa vie ? Avait-elle vu l'homme de sa vie mourir le jour où elle s'était décidée à lui confesser ses sentiments ?
Comment pouvait-on contenir une si grande colère ? La colère d'une vie gâchée, une colère capable de faire passer le reste d'une vie éternelle en quête de vengeance, la colère de l'animal blessé qui se défend de son prédateur, de la princesse chassée de son royaume par son propre valet, de la femme aimante apercevant une dernière fois son mari alors que celui-ci vient de la poignarder pour protéger sa maîtresse...

Qu'est-ce qui suivait. Un sentiment d'oppression, une toux incontrôlable, des saignements... Cette fille avait définitivement et incontestablement un énorme problème. Elle avait la sensation d'étouffer, pourtant rien de physique ne l'empêchait de respirer, à moins que les femmes-chats crachent des boules de poils, mais ce n'était pas vraiment quelque chose pour lequel il pouvait l'aider. Et ce n'était sans doute pas le cas, de toutes façons, elle n'avait pas assez de fourrure pour avoir cet inconvénient et ses halètements étaient sans doute causés par les fortes émotions par lesquelles elle passait.

D'un coup, l'environnement changea, Vlad se retrouva dans un endroit sombre, éclairé uniquement par des petits points incrustés dans les murs qui projetaient un rayon de lumière dans une direction seulement, autour se baladaient des créatures inimaginable, tellement laides et loin de ce que je connais que je ne saurais pas les décrire (oui, en temps que narrateur, j'ai le droit d'avoir la flemme.). Ses yeux lui disaient que c'était la réalité, mais son cerveau, plus malin, très logiquement, avait déjà analysé que cela ne pouvait être que le pouvoir de la jeune fille, une illusion générée par une fille qui n'avait jamais vu le monde, qui l'inventait selon les sensations et les odeurs. Ses hurlements et ses émotions, que ses oreilles et son bracelet continuaient de lui transmettre avaient grandement aidés à arriver à sa conclusion.

Puis, d'un coup, tout cessa, elle était devant lui, à genou, la mine accablée, épuisée, haletante, une dernière larme pendant à son menton. Peut-on imaginer un être plus en détresse, plus pitoyable, plus à plaindre que cette fille au corps entier couvert d'une couleur violette irréaliste ? Cette pensée changea quelque chose en Lord Vlad, réveilla une partie de l'être humain qui sommeillait derrière ce masque éveillant en lui l'envie irrésistible de l'aider, pas comme un ami, pas comme un amant, mais comme un père.

- Pardon, mina-sama (monsieur). Elle n'a pas voulu risquer de vous agresser, mais vous avez réveillé en elle des souvenirs, des pensées, qu'il vaut mieux laisser à l'écart.*J'avais remarqué...* C'est la première fois que son trop-plein d'émotions se manifeste, mais elle le retient depuis plus de dix-huit ans, et vos mots, même si l'intention ne devait sans doute pas être là, ont fait éclater le cercueil de glace qui a toujours entouré son cœur. Cependant, ses sens lui disent que vous n'avez pas été blessé, et elle en est heureuse. Elle se tuerait elle-même plutôt que de faire du mal à la première personne qui lui porte un intérêt même minime,*Heu, elle en fait tout un foin, qu'elle se calme un peu... Non, mais c'est quoi cette obsession des japonais du suicide réparant les erreurs ?* sans arrière-pensée.

Elle semblait fatiguée, sûrement l'utilisation de son pouvoir lui avait drainé de l'énergie, mais elle était en état de réfléchir et elle ne se priva pas de répondre à sa dernière question concernant les armes atomiques :

- Les femmes de l'époque d'Hitomi, et à plus forte raison les Himes, les princesses du Japon féodal, n'avaient pas accès au savoir. Elles n’apprenaient que ce que pouvaient leur dire leurs sens, et seules les plus chanceuses savaient lire. Une femme qui sait, c'est ennuyeux, parait-il. Mais Hitomi, avec ses sens diminués, et ce malgré son attachement pour le savoir, elle ne détient que deux savoirs. Tout d'abord celui, primaire, qu'apporte l'instinct. La survie. Et ensuite, celui que lui ont offert ses oreilles, qui lui permet d'utiliser sa voix, et tout instrument se présentant devant elle, de façon instantanée. Hitomi est ce que les savants de l'école appellent un génie auditif, elle retient à jamais tout ce qu'elle entend.

Pourquoi avait-elle cette peur qui ne la quittait pas ? Était-il si terrifiant ? Bon, oui, il faisait peur aux enfants dans la rue, mais ce n'était pas le même Vlad, c'était celui qui faisait passer les apparences avant le reste... Il s'approcha encore plus d'elle, s'accroupi et lui saisit la main, puis en essayant de la rassurer, il la tira pour la lever et le suivre.

- N'aie pas peur, suis-moi ! avait-il dit avant de s'emparer de la petite main

Ce n'était pas si désagréable finalement, le contact avec la peau douce des doigts fins et courts de la jeune... jeune hybride qui transférait un peu de sa froideur, elle-même tirée des étagères en bois assez isolante pour ne pas absorber les calories de l'air et trop peu pour ne pas les partager avec qui les touche par inadvertance n'était pas déplaisante. Il l'amena jusqu'à sa chaise encore chaude devant laquelle il s'arrêta, pour chercher dans ses piles le livre de braille qu'il n'avait pas encore été remettre dans l'armoire. Après avoir, pas sans bruit, récupéré le précieux ouvrage, il s'assit sur la chaise, sans pour autant avoir lâché la fille une seconde et la saisis pour la forcer délicatement à s'asseoir sur ses genoux, ce serait plus facile de lui faire déplacer les mains comme il voulait ainsi pensait-il.

Pour qu'elle comprenne ce qui arrivait, il cru bon de lui expliquer :

- Bien après ta mort, un homme nommé Luis Braille a inventé un moyen pour que les aveugles comme lui puissent lire et écrire en sentant le relief sur les pages... J'ai décidé que j'allais t'initier à ce mode de lecture, même si je dois y passer plusieurs jours, même si ce sera sans doute rapide, en espérant que tu retiennes ce que tu sens comme ce que tu entends.


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Re: Merci, Louis Braille [PV Hitomi] - Jeu 28 Fév 2013 - 16:39
Merci, Luis Braille !


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La peur l'agitait toujours, se traduisant par des contractions impulsives de ses épaules et de ses doigts. Elle sentait ses muscles se mouvoir de manière irrégulière, et pendant un laps de temps court, mais chaque mouvement faisait monter la fièvre qui s'était emparée de son esprit à cause de l'utilisation de son pouvoir. Dire qu'elle payait ainsi pour un geste involontaire...Mais quand, quand, se stabiliserait-elle enfin ?
Elle sursauta en sentant l'anonyme s'approcher, tremblante. Qu'est-ce qui l'attendait, à présent ? Des coups ? Des tortures mentales ? Elle avait appris à se méfier des hommes dans sa vie humaine, et avait tellement de mal à faire confiance aux gens, malgré sa renaissance dans ce monde. Après-tout, pourquoi commenceraient-ils à faire le bien maintenant ? Certes, d'après le Directeur, qui l'avait accueillie au temple, plusieurs siècles s'étaient écoulés depuis sa mort, mais tout de même... Les hommes restaient des hommes. Elle qui avait été trahie par l'un d'eux, elle ne pouvait pas, ne pouvait plus, croire en eux. Elle aurait aimé apprendre cela, mais qui lui offrirait ce savoir ? L'inconnu qui s'approchait d’elle, Il devait la haïr à cause des illusions. Les gens de sa classe ? Elle n'osait pas aller vers eux. Seule, elle était seule, dans son ignorance, son passé et sa peur, et contrairement à ce qu'avait promis Isanagi-sama dans le temple, nulle lumière ne se ferait jamais dans son esprit.
Elle sentit l'homme s'accroupir devant elle, et rentra la tête dans les épaules, tentant de se soustraire aux coups qui, c'était sûr, allaient tomber. Elle tremblait comme un chaton effrayé, ramassée sur elle-même, à la fois pitoyable et, sans le savoir, étrangement attendrissante.

- N'aie pas peur, suis-moi !

Elle laissa échapper un miaulement étonné en sentant la main chaude de l'inconnu attraper la sienne, tremblante, et la serrer doucement. Prise au dépourvu, elle s'abandonna à ce contact, le premier agréable depuis si longtemps, un léger ronronnement montant de sa poitrine. Elle tremblait toujours, mais c'était un autre sentiment qui avait pris le dessus, la lutte pour le contrôle de son corps, qui n'avait qu'une envie, se blottir au chaud dans ces bras, qui semblaient si ouverts, si doux. Elle n'avait plus eu droit à une étreinte depuis si longtemps qu'elle ne savait même plus ce qu'on pouvait ressentir, serré confortablement dans les bras de l'autre, même dans un geste amical.
Malgré son trouble, elle restait docile, se laissant guider vers un lieu dont elle ne connaissait rien. Elle ronronnait toujours, un peu plus confiante, aidée par la chaleur de ce contact, même ténu, qui l'apaisait, la réconfortait. Ses doigts sensibles savouraient ce toucher, sentant la moindre aspérité, si petite soit-elle, dans la peau de l'homme. Alors c'était ça que ça faisait d'avoir confiance ? Ca lui plaisait, même si elle hésitait encore; elle ne connaissait même pas son nom, alors qu'il savait le sien. En même temps, vu sa position, elle ne pouvait décemment demander à l'homme de le lui donner. Elle savait que c'était impoli de le faire, enfin, à son époque, dans son pays, elle n'avait pas eu le droit.
Puis il s'arrêtant, prenant la précaution de toujours la tenir. Savait-il qu'elle serait totalement désorientée s'il la lâchait, Sans doute, après tout, il avait entendu ses ronronnements, elle savait avoir été bruyante. Elle entendit le bruit d'une pile de livre qu'on fouillait et, se doutant que c'était l'anonyme, elle ne bougea plus, décidant enfin de s'en remettre totalement à lui.
Puis il s'assit, et amena Hitomi à en faire de même, sur ses genoux. La jeune fille rougit très fort, immédiatement, intimidée par se contact plutôt intime pour une japonaise. Malgré sa timidité, elle ne bougea pas, attendant qu'il lui dise ce qu'elle devait faire. Il était si grand, par rapport à elle, que le sommet de sa tête lui arrivait sous le menton, et que ses pieds étaient loin de toucher le sol.

- Bien après ta mort, un homme nommé Luis Braille a inventé un moyen pour que les aveugles comme lui puissent lire et écrire en sentant le relief sur les pages... J'ai décidé que j'allais t'initier à ce mode de lecture, même si je dois y passer plusieurs jours, même si ce sera sans doute rapide, en espérant que tu retiennes ce que tu sens comme ce que tu entends.

Hitomi n'en croyait pas ses oreilles. Elle allait apprendre à lire ! Des larmes de joie pure naquirent au coin de ses paupières, roulant silencieusement sur ses joues. Jamais elle n'avait ressenti un tel bonheur, et tout son monde intérieur en était chamboulé, mais d'une façon agréable, inconnue encore pour elle.
Lentement, elle recula contre le torse de l'homme, la tête lui tournant légèrement. Autant de fortes émotions n'étaient pas bonnes pour sa santé, à cause de la fièvre violente qui lui martelait les tempes, mais en réalité, c'était plutôt l'annonce en elle-même qui la troublait. Elle dénoua soigneusement ses muscles, appuyée contre son instructeur, la respiration encore douloureuse à cause de l'utilisation de son pouvoir. Il lui fallut plusieurs minutes pour se reprendre, pour s'habituer à ce qui l'attendait, mais la chaleur du corps de l'inconnu, sa présence rassurante, l'aida à éclaircir ses idées.

- Hitomi est prête. Quant à son sens du toucher, vous avez raison, il retient également tout ce qui passe par lui.



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Re: Merci, Louis Braille [PV Hitomi] - Sam 2 Mar 2013 - 12:39
La patience. C'était la principale qualité requise par un professeur, quelle que soit la matière enseignée, du moins quand ce dernier a comme but ou comme obligation de ne pas brusquer l'élève. Enseigner, c'est tirer de son propre savoir, la méthode permettant de l'assimiler et la mettre sous une forme facilement assimilable... Ce n'est pas pour rien que cela s'apprend. Tandis que l'élève n'a que l'obligation d'écouter, de respecter et de retenir ce que lui transmet son professeur. Ce qui pouvait logiquement être fait à tout âge, à condition de ne pas avoir trop mauvais caractère.

Ce shéma est toujours valable, que ce soit en classe entre les élèves normaux et les professeurs habituels, ou comme ce jour-là à la bibliothèque, entre Lord Vlad emplit d'un élan paternel inexplicable et Hitomi, une hybride aveugle et démunie. La patience, il allait lui en falloir, à Vlad, pour tout apprendre de la lecture en braille à quelqu'un de parfaitement analphabète, tout apprendre en partant de zéro. Mais la jeune fille était l'élève parfait, à proprement parler : enthousiaste, calme, rassurée et possédant un génie auditif et sensitif, comme elle venait de le lui confirmer. Elle s'appuyait à son torse et laissait ses mains se faire guider sur les pages, confiante. D'autant plus que sa petite taille lui permettait de ne pas se contorsionner pour voir le livre, ne pouvant que se fier au texte normal imprimé au dessus de chaque caractère braille. Il craignait par contre un peu de lui faire mal avec son masque et évitait de trop pencher la tête en avant, après tout, cette saleté lui permettait de casser des pierres d'un coup de boule sans même se faire mal, alors il pouvait facilement assommer quelqu'un cogné un peu fort sur le haut du crâne par inadvertance.

Par l'intermédiaire de son bracelet, il sentait une gêne faible mais persistante, c'est vrai que c'était un peu osé de la faire s'asseoir sur ses genoux alors qu'il ne lui avait même pas dit son nom et ça le rendit, par empathie, un peu gêné également. C'est donc avec une voix moins forte et plus hésitante qu'à l'accoutumé qu'il commença :

- Je suis loin d'être un bon professeur, mais le système de lecture occidental est très simple et j'ai remarqué qu'en arrivant ici, nous acquérions tous la connaissance de toute langue orale. Je risque de te dire des choses que tu sais déjà, mais ce n'est jamais un mal de les clarifier.

Il respira un grand coup, encore franchement nerveux et posa sa main mal assurée sur celle plus petite d'Hitomi.

- Bon, commençons par le commencement... L'écriture occidentale est une manière de mettre sur papier ce qui est dit à l'aide de 26 lettres différentes, de 10 chiffres différents et de signes de ponctuation. Les lettres servent à écrire les mots, les chiffres à écrire les nombres servant à quantifier les choses. On peut aussi écrire les nombres avec des lettres, mais c'est plus laborieux... Les lettres qui se suivent forment plusieurs syllabes prononçables individuellement et un groupe de syllabe est un mot. Tous les mots répondant à cette définition ne sont pas corrects, mais elle n'est pas fausse pour autant. Maintenant je vais t'apprendre toutes les lettres, ce qu'on appelle l'alphabet. On a l'habitude de toujours les mettre dans le même ordre, ça permet de s'y retrouver plus facilement à l'apprentissage des langues étrangères.

Il ferma ses doigt sur ceux de la jeune hybride sauf sur l'index qui se trouvait ainsi le seul doigt tendu et apte à parcourir la page. Page d'un livre extrêmement bien fait : chaque point des signe braille était coloré en rouge ou en noir pour qu'on puisse lire le braille avec ses yeux et chaque caractère était surmonté d'un caractère imprimé traduisant le braille pour les non-initiés. Il avait toujours eu du mal avec le braille, depuis l'énigme du temple sous marin du jeu pokémon rubis auquel il avait le vague souvenir d'avoir joué. Mais comme disait l'autre : "To teach is to learn". En soulevant sa main et la posant sur chaque lettre, il expliqua, sans se presser.

- Cet arrangement de points est la lettre A, elle se dit et se lit "a". Cet arrangement de points est la lettre B, elle se dit "bé" mais se lit "b...". Cet arrangement de points est la lettre C ...

Et il continua ainsi tout l'alphabet, avant de passer aux caractères spéciaux de la même manière, aux sons spéciaux tels que les "ou" et les "au", puis au très simple système des nombres et des calculs. Les rudiments avait été appris très simplement, sans avoir besoin de se répéter, car Hitomi retenais tout, vraiment tout. Puis en lisant les phrases d'introductions, faites pour s'entraîner, il eut une idée géniale. Il fit passer l'index d'Hitomi, très attentive sur la première phrase, doucement, pour qu'elle puisse la lire, comme il venait de le lui demander tout bas, à haute voix, mais arrivé au nom de Luis Braille qui servait pour l'exemple, il fit revenir sa main sur l'alphabet pour lui faire lire autre chose :

°Je suis ... V...l...a...d ... enchanté ... H...i...t...o...m...i°


[

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Re: Merci, Louis Braille [PV Hitomi] - Sam 13 Juil 2013 - 15:30
- Je suis loin d'être un bon professeur, mais le système de lecture occidental est très simple et j'ai remarqué qu'en arrivant ici, nous acquérions tous la connaissance de toute langue orale. Je risque de te dire des choses que tu sais déjà, mais ce n'est jamais un mal de les clarifier.


Hitomi hocha docilement la tête. Dans ses veines battait l'infini désir d'apprendre. Il la possédait tout entière, plus fort que toutes les pulsions que pouvait bien faire courir sa part animale. Dans son coeur chantonnait aussi, bien plus doucement, la joie. Son rêve de toujours se réalisait. Elle brûlait tant d’impatience que son rythme cardiaque était beaucoup plus élevé que ce que le corps humain pouvait tolérer. Mais justement, elle n'était pas humaine, et en remerciait presque ses ancêtres Yôkai.
Il y avait la douleur aussi. Puissante, brutale, sauvage, comme un poison qui forçait son système sanguin en ne laissant que des cendres derrière lui. Conséquence sans doute de la fièvre sans nom qui dévastait son esprit, mais qu'elle refoulait, sans aucune pitié pour elle-même. Oh, l'évanouissement viendrait. Mais la neko avait bien mieux à faire en cet instant que de faiblir.
L'esprit surdoué d'Hitomi analysait tout cela, percevant aussi la nervosité de son instructeur, tout en restant infiniment concentré sur sa tâche principale, qui débuterait bientôt. Elle aussi inspira, plus discrètement, évacuant la timidité provoquée par le contact physique.

 - Bon, commençons par le commencement... L'écriture occidentale est une manière de mettre sur papier ce qui est dit à l'aide de 26 lettres différentes, de 10 chiffres différents et de signes de ponctuation. Les lettres servent à écrire les mots, les chiffres à écrire les nombres servant à quantifier les choses. On peut aussi écrire les nombres avec des lettres, mais c'est plus laborieux... Les lettres qui se suivent forment plusieurs syllabes prononçables individuellement et un groupe de syllabe est un mot. Tous les mots répondant à cette définition ne sont pas corrects, mais elle n'est pas fausse pour autant. Maintenant je vais t'apprendre toutes les lettres, ce qu'on appelle l'alphabet. On a l'habitude de toujours les mettre dans le même ordre, ça permet de s'y retrouver plus facilement à l'apprentissage des langues étrangères.

Un nouveau hochement de tête. A peine énoncée, l'information était déjà stockée, gravée, retenue. Elle n'en n’oublierait jamais le moindre mot, garderait même le souvenir de l’intonation exacte de son professeur. Ce génie naturel et incontrôlable pouvait être extrêmement problématique, et il y avait bien des choses qu'elle aurait voulu oublier. Mais son esprit ne le tolèrerait jamais.

 - Cet arrangement de points est la lettre A, elle se dit et se lit "a". Cet arrangement de points est la lettre B, elle se dit "bé" mais se lit "b...". Cet arrangement de points est la lettre C ...

Elle l'écouta ainsi, mémorisant chaque lettre, chaque arrangement de sons, retenant absolument tout. Puis ils passèrent à la phonétique, et là encore elle ne rencontra aucun problème, bien au contraire. Elle arrivait même à saisir les très subtiles différences entre les alliages de lettres qui, en apparence, formaient le même son. Ensuite, il lui enseigna les nombres, les calculs. Là encore, aucun problème. Les nombres et les lettres dansaient dans sa tête, alors que son savoir s'enrichissait follement. Ensuite, son enseignant d'un jour, qui peut-être, et elle l'espérait, prolongerait son enseignement, afin que, comme dans la berceuse de son enfance, elle sache tout, lui prit doucement les mains, à nouveau, mais cette fois pour les poser sur les lettres qu'il choisissait, formant un message qui se dessina en lettres de feu dans son esprit.

 °Je suis ... V...l...a...d ... enchanté ... H...i...t...o...m...i°

Hitomi sourit doucement. Ses mains prirent le contrôle de leurs gestes, avec suffisamment de force pour qu'il ne puisse se dérober, mais pas assez pour lui faire mal, et, afin de lui montrer qu'elle avait tout retenu, elle retrouva la double-page où étaient gravés tous les chiffres et toutes les lettres, pour lui écrire, à son tour, une phrase. Deux, en fait.

°Hitomi aussi est heureuse de vous avoir rencontré. Elle s'en remet à votre bienveillance et espère que vous lui apprendrez beaucoup de choses encore.°

Ses gestes étaient juste assez lents pour que Vlad puisse comprendre ce qu'elle désignait. Néanmoins, sa gestuelle était empreinte d'une habitude qu'une novice ne pouvait normalement pas avoir acquise. D'aucuns auraient trouvé cela inhumain. Mais encore une fois, Hitomi ne l'était pas.
Lentement, elle se retourna vers Vlad. La fièvre avait repris le dessus sur son esprit, à l'instant, forçant sans aucune pitié ni retenue ses barrières mentales. Des tremblements incontrôlables agitaient son corps trop frêle. Puis elle fut totalement exposée à la vue du jeune homme. Ses yeux étaient brouillés, embrumés, et à la lisière de ses pupilles dansaient des démons cauchemardesques. Ses joues étaient rouges, mais de ce rouge malsain, maladif, que l'on ne retrouve que chez les gens malades. Elle haletait, le souffle rauque. On la sentait à bout de forces, on percevait le fait qu'elle avait lutté jusqu'au bout pour refouler cette malédiction qu'était sa faiblesse de corps. Mais maintenant, elle était submergée, dominée, et ne pouvait plus rien contre ce qui la rongeait.
Elle resta quelques secondes face à Vlad, pantelante, essoufflée. Puis son corps fragile se cambra brutalement, agité d'une brève convulsion. Un filet de sang sombre s'écoula du coin de ses lèvres entrouvertes sur un cri muet, alors qu'un kanji, un seul, se dessinait sur son front emperlé de sueur. "Maboroshi", ou "Illusion" en japonais. signe que le pouvoir avait pris le dessus. Enfin, son corps retomba contre le torse de Vlad, tête en avant, alors que sa conscience était soufflée comme la flamme d'une bougie. Elle était inerte, mais son coeur battait encore faiblement. et surtout, la fièvre, si forte que même à travers une épaisse couche de vêtements, on pouvait la sentir.
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Re: Merci, Louis Braille [PV Hitomi] - Jeu 17 Oct 2013 - 21:51
__Les gestes de leurs deux paires de mains changèrent : les siennes menaient la valse, dansaient sur la page que Vlad venait longuement de lui décrypter oralement, telles deux danseuses parfaitement ordonnées qui retrouvaient sans vraiment les connaître les pas de la danse, allant de lettre en lettre avec la régularité du mécanisme d'une montre. D'une part, elle avait donc assimilé le sens et l'emploi de chaque lettre, mais également son emplacement sur la page par rapport à toutes les autres. Cela aurait pris des mois à Vlad, de faire ceci avec une telle habileté, une telle précision, surtout les yeux fermés. Même s'il s'était habitué à avoir un champ de vision restreint, il en avait besoin, il devait voir ses deux rectangles de monde pour se repérer et voir ce qui était devenu son univers, les humains ne croient que ce qu'ils voient, n'est-ce pas ? Tant qu'il aurait ce réflexe de primate, il serait humain, n'est-ce pas ? Malgré ça, même si ses yeux lui montraient les longues phrases qu'Hitomi écrivait, il n'y croyait pas, pas tout à fait.

°Hitomi aussi est heureuse de vous avoir rencontré. Elle s'en remet à votre bienveillance et espère que vous lui apprendrez beaucoup de choses encore.°

__C'était pourtant quelque chose qu'elle aurait tout à fait pu lui dire. Et elle avait fait bien attention à ce qu'il puisse voir chaque lettre suivre la précédente, laissant un temps de quelques secondes entre chacune. Cela avait pris un certain temps, mais le temps importait peu, tant que la situation ne changeait pas, tant que personne ne faisait irruption dans la pièce, tant qu'une pale lumière lui permettait de donner un appui visuel à sa piètre lecture du braille, tant que la faim et la soif n'avait pas fait d'eux des squelettes, tant qu'aucun des deux ne faisait un malaise, l'éternité était contenue dans chacun de ces instants. Hitomi s'avança un peu sur ses genoux et le "regarda", même si elle ne le voyait pas. Quelque chose soudain, fit s'arrêter le temps, presque littéralement, pour Vlad. Dans un instant figé il essaya de comprendre ce qui se passait, ce qui remuait le corps de la neko : il pouvait la sentir trembler, ses grands yeux mauves avaient un je-ne-sais-quoi très inquiétant, son souffle, la façon qu'elle avait d'aspirer l'air comme si elle était sous des milliers de tonnes de rochers et son teint trop rouge pour être dû à quelque chose d'autre que ce que lui transmettait son bracelet qui fonctionnait à plein régime : un malaise, justement.

__Les bases de la causalité sont que toute chose à une raison d'être, que tout est relié à sa cause et que pour stopper une action, il suffit de lui retirer sa cause. C'est l'idée qui vint immédiatement à Vlad quand il sentit que la jeune fille allait mal, mais un problème majeur le bloqua dans les prémices de sa réflexion : il ne savait pas pourquoi elle se sentait mal. Il avait à portée des centaines de livres de médecine, infailliblement, avec des recherches approfondies, il pourrait trouver le problème et le remède, mais il n'avait pas le temps. Il ne pouvait pas non-plus l'amener à l'infirmerie, dont au moins un des repentis pourrait donner un diagnostic, car elle serait peut-être morte en chemin (ce qui n'était pas tant un problème, mais il préférait l'éviter), et si elle survivait elle ne serait sans doute pas rassurée qu'il ne soit plus à ses côtés, dans un endroit inconnu, entourée d'inconnus ne sachant rien d'elle, car il fallait bien qu'il suive un minimum les cours.

__Elle se cambra sur ses genoux, le coin de la table l'empêchant de tomber en arrière et de se briser la nuque, alors que quelques gouttes de sang perlaient au coin de ses lèvres. Elle s'évanouit vraiment, les bras pendants, les yeux fermés, la tête appuyée sur le torse de Vlad, qui comme s'il était affecté par un sortilège de chance, ne toucha pas une goutte de sang. À travers ses vêtements, il pouvait la sentir, si chaude qu'il avait l'impression de brûler à son contact.

__Il la redressa, passa un bras sous ses genoux pendant que l'autre rasait la surface de la table de tous les livres qui la couvraient, il les ramasserait plus tard, et puis il la souleva sans peine pour l'y coucher. La première chose qu'il vérifia fut son pouls, car cela ne servait à rien de se donner du mal si elle avait déjà passé l'arme à gauche. Il eut du mal à trouver son artère, ce n'était pas vraiment dans ses habitudes, mais il souffla un peu de sentir le sang la parcourir. Mais c'était sans doute un peu faible, un peu trop lent, en comparant avec la sienne, ça lui sembla même évident. Il ne connaissait qu'une chose à faire dans ce cas : un massage cardiaque, mais... c'était une fille et sa poitrine était plus sensible que celle des garçons, elle allait sans doute en souffrir pendant des jours... si en plus il ne lui brisait pas une côte ou l'autre en forçant trop  fort... puis c'était indécent, elle lui en voudrait peut-être. Quoi que, elle n'était pas une fille comme il en avait connu, par le passé et dont il se rappelait les caractéristiques principales, mais une fille d'une époque révolue de soumission totale. Elle trouverait peut-être même ça normal qu'il profite de son inconscience pour user de son corps comme bon lui semblait... et serait reconnaissante qu'il l'aie ranimée. De toute manière il fallait agir.

__Lord Vlad, enlevant son veston parce qu'il avait chaud autant qu'elle à cause de l'effet de son bracelet, monta sur la table, à cheval sur la jeune fille dont il ouvrit assez le vêtement pour poser ses mains à l'emplacement de son coeur. Puis il appuya par petits coups secs, de plus en plus forts, amplifiés par une vaine inquiétude et la peur de la sentir mourir entre ses mains.


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Re: Merci, Louis Braille [PV Hitomi] - Ven 18 Oct 2013 - 21:11




Merci, Louis Braille !


Elle brûlait. Comme si son corps se détruisait peu à peu. D'ailleurs, c'était sans doute ce qui arrivait. Ses ténèbres étaient déchirées par d'horribles éclairs blancs. Chacun d'eux agrandissait la souffrance qu, semblait-il, la tuait à petit feu. Elle avait l'impression de n'existe que pour et depuis cette douleur, que tout n'étais que foudre et obscurité, qu'il n'y avait ni avant ni après cet enfer. Elle hurlait en silence, encore et encore, attendant à chaque instant la mort après laquelle elle courait.

* Hitomi, calme-toi. Tu ne mourras pas. Il est en train de te sauver. Ne rajoute pas de difficulté à cela, s'il te plait.*

Un souffle rauque balaya un éclair prêt à maltraiter son esprit une nouvelle fois. Étrangement, l'air sentait le chocolat... Et la sauge blanche. C'était bon. Elle avait déjà senti cette odeur. Sans y prêter attention. Et elle l'associa par instinct à la joie, à la sécurité, au savoir. Savoir. Elle avait le savoir. Elle aurait le savoir. Elle l'avait eu. Elle ne pouvait plus laisser la mort l'emporter. Elle voulait encore du savoir. Elle souffla encore. Ça faisait mal. Mais l'odeur était toujours là. Elle restait. Tant mieux. Elle aimait cette odeur. Elle voulait la sentir toujours. Elle le pourrait peut-être. Si elle se réveillait.

Elle sentait des coups sur son corps. Ça faisait mal, et c'était bon, en même temps. Les chocs qu'elle ressentait éloignaient les éclairs à coup sûr. Et puis cette douleur, tellement physique, la confortait dans son impression de vivre encore. Les coups s'intensifièrent, se firent plus rapides. Quelqu'un, dans le monde des vivants, avait-il peur qu'elle meure ? C'était gentil... Mais elle n'en valait pas la peine. Elle n'en vaudrait jamais la peine.

Les mains étaient chaudes. Et froides, en même temps. Ca lui faisait du bien. Ce toucher lui rappelait quelque chose. Mais paradoxalement, elle ne se souvenait pas de quoi . Pourtant, ces mains, elle le savait à coup sûr, lui avaient offert le savoir. Un savoir ô combien précieux. Un savoir comme elle en voulait toujours plus. Ne pas avoir accès à sa mémoire présentement était vraiment frustrant. Elle voulait se rappeler.

Elle se souvint soudain. Ce souhait avait été assez pour ramener ses souvenir. La bibliothèque... Les livres... Ses larmes... Le braille... Et Vlad. Oh, Vlad ! Elle accéléra sa course le long de la route noire, infinie, qui la séparait encore de la conscience. Chaque maladresse, chaque chute, provoquait une horrible douleur dans tout son corps, mais elle avançait, sans s'en soucier. Elle voulait le retrouver. Tout son esprit se tendait vers ce but, marqué par les pressions violentes des mains qui ranimaient son coeur.

Et elle ouvrit les yeux.

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Re: Merci, Louis Braille [PV Hitomi] - Ven 18 Oct 2013 - 22:51
__Est-ce qu'il y a un magasin de réparation des objets magiques au marché ? Lord Vlad se dit après les événements qu'il aurait bien besoin de faire réviser ce bracelet : alors qu'il pressait pour les dernières fois sa poitrine, il avait ressentit un étrange sentiment, qui ne lui était pas familier, qu'il ne connaissait pas. C'était à la fois doux et intense, comme du miel trop sucré ou un feu de bois trop fourni. C'était comme...

__Il ne le savait pas, mais les yeux d'Hitomi s'ouvrirent et l'air remplit à nouveau ses poumons le bruit légèrement plus rauque que fait l'air en rentrant trop vite dans les poumons. Elle repris quelques respirations, figée, déboussolée. Vlad était immobile, à l'affût du moindre signe de rechute, de danger, en d'autres mots, il avait toujours les mains l'une sur l'autre, au même endroit, mais, au moins, il ne regardait pas, il ne s'en rendait même pas compte, son esprit se focalisait entièrement sur ce qu'elle ressentait.

__Puis, comme le danger ne venait pas, vint la prise de conscience : son regard se baissa légèrement, suivant le bord du vêtement, qui s'était encore plus ouvert avec les mouvement désespéré pour la ranimer, ses mains étaient encore lourdement posées sur son torse, et il était toujours à cheval sur elle. Il n'aurait fallu qu'un regard importun, extérieur, pour faire circuler une malheureuse rumeur...

__Reculer ! Vite !

__Il leva brusquement les mains, tout en reculant le torse, ne pouvant pas bouger les jambes de la même façon... il tomba donc à la renverse, sans pouvoir déplier les genoux, qui purent tout de même se soulever, permettant à ses jambes de se déplier et de s'aligner avec le reste de son corps tandis qu'il finissait sa course, couché aussi sur la même table, mais orienté à l'inverse...

__Combien de fois tombait-il par jour ? Trop souvent... déjà, cette fois avec Yuri dans la grotte, contre ce monstre, puis cette autre fois, après s'être lui-même blessé, lorsqu'il a rencontré Ealia...

__À son tour, il devait gérer le stress qu'il avait accumulé... Pourquoi donc tant d'inquiétude... Sans doute à cause du cumul des siennes et de celles d'Hitomi. Il inspira lentement, expira lentement, puis, fermant les yeux pour mieux se relaxer, il demanda à voix haute :

- Ça va, Hitomi ?


[

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Re: Merci, Louis Braille [PV Hitomi] - Lun 24 Fév 2014 - 18:35
Dommage que ce rp ai été abandonné, il avait tout de même plutôt bien commencé. Il y a du mignonnet, avec Vlad qui prend le temps, et qui a la patience, d'apprendre à Hitomi à lire, et du moins mignonnet, où Hitomi est à deux doigts d'aller manger les pissenlits par la racine... J'aurais bien aimé savoir ce que ça aurait donné, après ça.

Lord Vlad : 480 xps
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