Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Un continent à explorer

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Un continent à explorer - Jeu 31 Jan 2013 - 12:39
Etrange sentiment est que de s’éveiller à nouveau. Miime, jeune japonaise du XVème siècle, avait sillonné les cinq mers avant de mourir d’une fièvre virulente dans la méditerranée. Elle s’était senti partir, tandis que tous les marins du ‘Tanegashima’ s’affairaient autour d’elle. Certains la pleuraient, d’autres la réconfortaient tant bien que mal. La brune offrait au monde ses derniers soupirs, avant de trouver un repos qu’elle pensait alors inéluctable.

Quelle ne fut pas sa surprise de se retrouver sur la terre ferme, visiblement en parfait état. Ses douleurs thoraciques avaient complètement disparu, de même que cette mer qui l’entourait il y a à peine quelques minutes. Etonnée, pour ne pas dire effrayée, elle fit un pas en arrière, accumulant les tours sur elle-même. La belle musicienne se palpa, perplexe quant à sa situation, et pas forcément rassurée de se voir indemne. Miime, toute croyante qu’elle était, n’était pas convaincue de l’existence du paradis, de l’enfer ou même du purgatoire. Pensez-vous, c’était avant tout une taoiste dans sa branche nippone. Aussi fut-elle stupéfaite de cette situation, et toutes ses réactions donnaient un côté presque burlesque à celle-ci.

Et alors qu’elle s’apprêtait à hurler de panique, Miime aperçut une ombre traverser un grand hall couvert. Ses pas résonnaient dans le lointain, terrifiant et apaisant à la fois. L’âme se dessina peu à peu dans l’obscurité, l’incandescence de la fraise de sa cigarette n’éclairant qu’une infime partie de son visage qui, néanmoins, dévoilait un franc sourire. La japonaise fronça machinalement les sourcils comme pour lui permettre de mieux voir qui s’approchait vers elle. Et, finalement, la lumière dévoila la silhouette. Un homme, bien habillé, cigarette coincée entre ses lèvres, plutôt frêle de prime abord, brun et assez beau (du moins au goût de la femme) s’arrêta silencieusement en face de la Koga. Il lui tendit une feuille, et d’un geste amical, lui demanda de le suivre. Impressionnée et pour le coup tellement perdue, elle s’exécuta sans le moindre refus quel qu’il soit, harpe en main.

Les deux protagonistes traversèrent le hall monumental, la demoiselle oscillant la tête de haut en bas et de gauche à droite comme pour mieux s’imprégner de son environnement. Fascinée était l’adjectif le plus en adéquation, même si une part de frayeur et de doute demeurait dans son cœur. D’immenses portes s’ouvrirent dans un grincement sinistre. Et, tout sentiment négatif disparut comme par magie. Miime dut d’abord se couvrir les yeux, d’abord éblouie, puis se hasarda à faire face à son vis-à-vis. Elle découvrit un ciel azur d’une pureté inédite. Elle sentit à nouveau les bienfaits du soleil sur sa peau nacrée. Elle entrevit un complexe architectural aux dimensions démesurées. Elle entendit un brouhaha réconfortant, celui d’hommes et de femmes qui vaquaient à leurs occupations. Le brun qu’elle suivait accompagna sa vision d’un discours pour le moins mystérieux, mais réconfortant.

La Deus Académie ? Cours ? Les questions submergèrent son cerveau, et Miime voulut en savoir plus, mais l’homme disparut dans un nuage de fumée. Jamais l’expression ‘trouver sa voie’ n’avait pris autant de sens qu’en cet instant. Contre mauvaise fortune bon cœur, donc, la musicienne ajusta ses cheveux d’un geste élégant, refit les plis de son yukata, et s’enfonça dans le nouvel univers qu’était le sien à présent.

Elle fit quelques pas dans les graviers, craquelant sous ses sandales, et entreprit d’en savoir un peu plus. C’est tout naturellement que Miime posa ses yeux aux reflets d’améthystes sur la feuille que lui donna ce mystérieux individu précédemment rencontré. Elle parcourut le texte tout en marchant, sans s’apercevoir de l’obstacle qui se mit en travers. Ni une, ni deux, elle s’empala involontairement sur une personne qui traversait sa route. La musicienne tomba alors à la renverse, ses fesses s’écrasant lourdement sur le sol plein d’aspérités. Surprise du choc, elle se frotta la tête en s’excusant maladroitement.

- « Par…pardonnez-moi ! Je suis terriblement confuse ! »



Dernière édition par Koga Miime le Lun 4 Fév 2013 - 17:27, édité 1 fois
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Re: Un continent à explorer - Jeu 31 Jan 2013 - 23:37
Calliste était d'humeur bougonne, ses nuits devenaient de plus en plus en plus possible, elle peinait à croire que ce fut possible, sa douleur était chaque soir un peu plus grande, elle accumulait la fatigue et le stresse, tout cela se dépeignait sur son visage, quant à son caractère ... Il était encore plus exécrable que l’accoutumée ... Elle avait passé une bonne partie de la journée à grommeler, pour tout et rien, il faut dire que son crâne et ses muscles la faisait atrocement souffrir. Elle avait le teint blafard, ré haussé du noir de ses cernes, le regard injecté de sang, elle jeta un oeil par la fenêtre, la lumière pénétrante du soleil semblait traverser ses globes oculaires pour venir vriller son cerveau. Ses yeux passèrent au rouge dans un gémissement rauque, elle tenait plus d'un animal agonisant à ce moment là qu'à une déesse. Elle ferma immédiatement les yeux.

*Calliste, tu devrais peut être sortir un peu, prendre l'air, ça te ferait du bien ...*

"La ferme, quand j'aurais besoin d'une nounou, je te ferais signe !"

Cela dit, la petite voix n'avait pas tort, si elle ne faisait pas d'effort pour s'acclimater à son nouvel environnement, son corps n'allait qu'en souffrir davantage, et puis, avec sa mort, elle avait manqué une partie non négligeable de l'évolution de la civilisation humaine. Il fallait qu'elle cesse de rester cloîtrée, après tout, sa cuisante défaite qui s'était soldée par sa mort était en partie due à son manque d'acclimatation, puis elle tournait en rond dans ce petit espace. Elle ajusta le haut de sa robe bustier noire cintrée avant de refermer le bouton du milieu de sa blouse et renoua son chignon de sorte qu'aucune mèche de cheveux ne s'en échappe. Elle alluma une cigarette avant de fermer les différentes entrée de l'infirmerie, on pouvait bien se passer de ses services un moment, y'avait pas mort d'homme, puis quand bien même, qu'ils crèvent en silence, c'était pas son problème. Lorsqu'elle arriva sur le pas de la porte, elle fut éblouie par la lumière, elle porta machinalement une main devant ses yeux rouges, ses pupilles complètement dilatée, elle tira une bouffée sur sa cigarette, la recrachant doucement par le nez, tel un dragon tandis que ses yeux reprenaient leurs couleurs si particulières. Elle s'avança un peu, ne sachant vraiment où aller, l'air frais rosissait ses joues de sa caresse fraîche, elle marmonna.

"éviter les gens, c'est ça"

*oh bin non, ça te fera du bien aussi de voir des nouvelles têtes !*

"La ferme, je suis sortie, tu devrais t'estimer heureuse ..."

Elle s'engagea sur un petit sentier peu fréquenté, rasant les murs, son esprit se perdit dans des lymbes à cause de sa fatigue, le manque de concentration, le malaise, autant de choses qui faisaient qu'elle ne prêtait guère attention à ce qu'il se passait autour d'elle. Elle ne vit pas la bridée plongée dans son bout de papier et se fit culbuter méchamment, projetée au sol, elle atterrit sur son postérieur, sa jupe remontant et laissant découvrir les agraphes de ses jarretelles. Un peu sonnée, elle mit quelques minutes à réagir, s'en apperçevoir, quand elle s'en rendit compte, elle se leva immédiatement, ses joues s'empourprèrent tandis que ses yeux passèrent au rouge tant la gêne était grande. Elle ajusta ses bas avant de rebaisser sa robe, clairement de mauvaise foi, après tout, elle n'avait pas fait attention non plus, elle prit un ton sec et agressif.

"Non mais tu peux pas regarder où tu fous tes putin de panards la bougresse !"

Elle continua à maugréer dans sa langue natale, puis un éclair de lucidité vint lui traverser l'esprit, elle sortait du temple, était elle nouvelle, elle tenta de contenir sa colère, son ton était plus calme mais pas forcément très amical.

"Tu viens d'où comme ça ?"
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Re: Un continent à explorer - Ven 1 Fév 2013 - 10:59
Miime venait de percuter une folle, une démone même, si l’on se fiait à son apparence. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que son attitude était, au demeurant, tout aussi ambigüe. Mais la furie tempéra peu après ses émotions, ce qui encourageait à croire au geste d’humeur, ce qui laissait la belle musicienne pantoise. Ce lieu était bien différent de ce qu’elle aurait pu imaginer.

Dans le choc, les étoffes se recroquevillèrent et les peaux se dévoilèrent. Ce qui était vrai pour la femme aux cheveux blancs l’était également pour la Koga, dont le yukata s’ouvrit très légèrement à la naissance de la poitrine, tandis qu’une partie des cuisses s’offrirent à la vue des autres, suffisamment pour faire provoquer l’émoi physique chez la gente masculine. Miime se releva, les pommettes roussies par la confusion et, d’un geste mécanique, réajusta ses vêtements puis serra la ceinture de soie de son kimono. Ses yeux mutins s’aventurèrent alors sur l’inconnue qu’elle trouva sur sa route. Elle eut un mouvement de recul que l’on pouvait assimiler à de la surprise. Elle était, en effet, plutôt étonnée de l’allure quasiment fantomatique et surnaturelle de sa vis-à-vis, un sentiment qu’elle s’empressa d’effacer le plus vite possible.

De fait, Miime se sentait pantoise d’avoir pu faire preuve d’une maladresse pareille, aussi involontaire fut-ce, d’autant que c’était une femme au pied marin, habituée depuis une dizaine d’année à sillonner le navire en long, en large et en travers, et ce tout en faisant attention aux cordages et aux marches, le tout dans un roulis et un tangage constant. Une épreuve de force, pour ainsi dire. Ainsi, la belle brune n’hésita pas à s’incliner comme on lui avait appris, afin de s’excuser le plus humblement possible.

- « Veuillez pardonner ma maladresse ! Il n’est pas dans mes habitudes de…enfin…marcher sur la terre ferme. Je suppose que c’en est…de la terre, je veux dire… »

Accoutumée aux rustreries dans sa vie antérieure, vous constaterez que Miime ne se formalisa pas du vocabulaire, soutenu disons, de sa vis-à-vis aux cheveux d’ivoire. Mais revenons-en aux faits. Sous la chape de plomb imposée par l’astre solaire, les deux femmes se faisaient face, l’une visiblement bien fatiguée. L’autre se frottait l’arrière du crâne, cherchant à défaire l’imbroglio qui régnait dans sa tête.

- « C’est-à-dire qu’il y a quelques minutes à peine, j’étais sur le pont d’un navire marchant en route vers Barcelone. Mais j’avais particulièrement malade…et puis après, pouf ! » Elle accompagna le dernier mot prononcé d’un geste ample. « Je suis ici. Et là, un type bizarre arrive avec sa cigarette, il me donne une fiche, il me demande de le suivre, et il disparait sans en dire plus. »

Miime était bavarde, certes. Ce n’était pourtant pas quelqu’un de particulièrement loquace. C’est en passant ses doigts fins et manucurés qu’elle remarqua une petite entaille sur la paume de sa main, sûrement du fait de la précédente chute. Et, en voulant extraire le gravillon qui gisait au milieu de la plaie, elle grimaça. Puis pesta.

- « C’est pas le paradis, cet endroit ! Nom d’un kami, mais où suis-je ! Et c’était qui, ce toquard, là-bas ? »

Loin d’être lunatique (et encore moins irritable), Miime ne supportait pas l’idée de ne pas être maitresse de son destin. Aussi, ses sourcils se froncèrent, son regard brûlait d’une vive colère, et son corps tout entier trahissait toute son impuissance. Son cœur tambourinait de plus en plus fort dans sa cage thoracique, à la limite de l’hypertension. Ses jambes fuselées tremblaient sous l’état d’excitation qui s’emparait de son être, et elle manqua de s’écrouler une nouvelle fois, alourdie par la masse d’informations surréalistes que son cerveau devait assimiler. Elle tituba, et se retint bien malgré elle au bras de sa compère pour ne pas défaillir. Un geste bien malencontreux et indépendant de sa volonté. Elle se reprit, inspirant de grandes bouffées d’air pendant quelques secondes.

Toute la rage contenue dans les prunelles améthyste de la Koga se mua en une complainte désespérée. Elle cherchait des réponses claires.

- « Je suis sensé être un professeur pour les dieux, mais depuis quand des dieux, même apprentis, ressentent la douleur et les malaises ? Depuis quand ils saignent ? On est où, exactement ? »

Elle fixa de ses yeux légèrement humides son interlocutrice, droit dans les siens. Car bien que son apparence paraissait peu engageante, la belle blanche
( éwi, jl’ai dit, =D ndlr ) devait posséder ces réponses tant espérées. Et peu importe si c’était une démone, si elle devait sortir sa faux et lui dévorer son âme en échange…Il lui fallait savoir, coute que coute. C’était important, pour sa santé mentale.
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Re: Un continent à explorer - Ven 1 Fév 2013 - 22:43

Calliste ne prêta guère attention aux chaires misent à nue de la jeune femme , elle n'avait jamais éprouvé le moindre désir pour les attributs de la gente féminine, plus plus que ceux de la gente masculine, en revanche elle devait l'avouer, un caractère bien trempé pouvait l'émoustiller. Qui plus est, la jeune femme qui se tenait devant elle avait l'air bien soumise comme il faut, fade, faible, en d'autre terme, elle était bien loin de lui faire battre des papillons dans le bas ventre ... Une révérence ... Cela la fit frissonner, les convenances, l'étiquettes, mais quelle belle connerie, elle relâcha les épaules lascivement, soupira un peu avant de battre l'air de sa main.

"Arrête ça ... C'est pas mon truc ce genre de sucreries à la con"

Elle regarda le sol, relevant la tête dépitée, un sourcil haussé ... Elle ... Avait prit une substance hallucinogène ou quoi ? Elle recula d'un pas, méfiante, ne voyant pas de quoi elle voulait parler.

"De la terre oui ... Avec des cailloux, de l'herbe ... T'es bizarre dans ton genre toi, hein ..."

Elle écouta attentivement les explications de la jeune femme, ceci expliquait cela ... Elle allait encore devoir annoncer à quelqu'un sa mort ... Bon, elle devait l'avouer, elle commençait à y prendre goût. Par contre une légère nausée vint la troubler, la mer ... Un bateau qui tangue ... L'odeur salée de l'écume ... Non vraiment, ça elle ne supportait pas, ça l'avait toujours rendu malade, elle prenait les marins pour des fous. Elle reprit contenance et plissa la commissure de ses lèvres en guise de sourire.

"Tu es morte ... Quand ça je ne sais pas ... à en juger par ton accoutrement je dirais que tu ne viens pas du continent européen, c'est tout ce que je peux te dire ... Barcelone ? Je n'ai jamais vraiment apprécié cette ville ..." son regard se perdit dans le vide, un homme avec une cigarette ... Aaaaah oui ! "Tu sais, ici on est un peu lâché dans la nature ... Je n'ai pas réellement jouis d'un charmant accueil je dois dire ... Cela dit, Les humains sont des êtres rustres, rien d'étonnant à ça somme toute ... Il t'a dit au moins ce que tu allais faire comme boulot ici ?"

Elle ne pu s'empêcher de rigoler à la réplique de la jeune femme, elle lui faisait terriblement penser à elle à son arrivée, enfin dans son cas elle pensait plutôt s'être retrouvé en enfer, bagatelle. Finalement, elle semblait être pleine de saveur la petiote, sa colère fit se contracter ses chaires les plus intimes, elle se mordit la lèvre inférieure sans s'en rendre compte. Elle vint prendre sensuellement la main de la demoiselle, ses doigts félins glissant sur sa peau douce, l'approcha de sa bouche pour en lécher la plaie. Sa langue chaude referma l'entaille sur son passage, l'odeur du sang était enivrante, elle la savoura, les papillons battaient furieusement des ailes, ses yeux devinrent rouges alors que son instinct animal refaisait surface. Elle se redressa gentiment sans la lâcher.

"Pour moi, cet endroit s'apparente plutôt à l'enfer ... En pire ... Le toquard ... Je ne sais pas vraiment ... Un directeur ou quelque chose dans ce bout là ... Je ne l'ai vu qu'une fois ... Mais rassure toi, tu n'es pas seule ... Je suis là moi ..."

Le contact avec la paume de la femme lui permettait de savoir que la colère la submergeait, elle avait les mêmes symptômes, ne connaissant que trop cet état, elle la laissa se rattraper à elle. La chaleur en elle s'intensifia davantage quand elle senti sa détresse ... Cette belle brune ... C'était ... Elle ? Ses doigts de prédateur vinrent glisser le long d'une mèche de cheveux avant de s'aventurer sur le cou de la créature, finissant leur course sur le coeur de la femme dans un fin bruissement de soie. Elle activa son pouvoir, bien qu'il n'y avait aucune cellule à régénéré, la chaleur émanant de ses mains sur la peau sucrée de la femme avait pour but de la calmer. Sa voix était posée, calme, rassurante.

"Ma belle, qui te dit que nous sommes réellement des dieux ? C'est vrai, ils se font appeler comme ça, mais nous n'en avons pas la certitude, on est peut être une autre race ... Il semblerait qu'on soit dans une sorte de ... Monde parallèle à celui des humains ... Calme toi, tout se passera bien ..."

Son autre main vint lui caresser la nuque gentiment pour la rassurer. Elle avait sa réponse, c'était un professeur, ça devenait une habitude les professeurs en détresse ...
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Re: Un continent à explorer - Sam 2 Fév 2013 - 0:29
Les réponses tant attendues arrivèrent. Une partie seulement, en réalité, mais elles étaient suffisantes du moins pour sustenter l’esprit embrumé de Miime. De fait, elle reprit peu à peu pieds, comme si elle trouvait ses marques dans ce nouvel univers à coup de solutions. Bien entendu, les gestes savamment assurés ( et ô combien délicieux ) de la vis-à-vis aux yeux pourpres n’y était certainement pas étrangers non plus. A défaut d’être séduite, il y avait une ébauche de fascination qui naissait au sein de la Koga.

Il fallait bien avouer que les premiers secours distribués furent d’une efficacité redoutable, même s’il n’y avait probablement pas une grande gloire à y retirer. De plus, la façon de les distribuer contribuait à laisser Miime coite, troublée dans une moindre mesure.

Quoi qu’il en fût, la belle nippone reprit la pleine possession de ses moyens. Ses gestes redevinrent assurés, à l’image de ce qu’elle était, c’est-à-dire une femme en pleine confiance, consciente de l’effet qu’elle pouvait provoquer à la gente masculine, pour rester courtois. Oh, Miime ne put s’empêcher de poser une main manucuré sur sa poitrine, à l’endroit même où la femme aux cheveux d’ivoire en posa une. Ses longs doigts fins se recroquevillèrent en accrochant la soie du vêtement, tandis ses sourcils se froncèrent et que ses lèvres roses s’arque-boutèrent. Il y avait quelque chose qui la dérangeait viscéralement dans ce qu’elle venait de vivre lors de ces dernières secondes, sans pour autant qu’elle ne puisse réellement savoir quoi. Ses pupilles améthystes trahissait sa brève aventure dans l’océan des souvenirs à court terme. Ce fut rapide, et pourtant si long…trop long à son goût.

Bref ! Elle refit surface. Un sourire naquit à la commissure de ses lèvres. Elle était contente, soulagée. Mais décidément, la vie après la mort n’avait rien de facile, et si elle avait su ce que serait cet épisode, nul doute qu’elle aurait tranché des carotides à tour de bras…

- « Merci. Merci beaucoup. Sans toi,…enfin… » Elle marqua une courte pause. « Enfin bref ! »

La réflexion de la démone ne la laissa pas de marbre, bien au contraire. Après tout, celui qui s’apparentait au directeur de l’académie était resté plus que vague au sujet de son nouveau but. Et il l’était certainement pour les autres. Ainsi, il n’était pas inopportun de s’interroger sur le statut de toutes les personnes qui erraient ici-même, de sa propre âme à celle de son interlocutrice, en passant par tous ces gens qui discutaient autour d’eux ou qui s’affairaient tels des fourmis.

- « Si je devais répondre là, maintenant, je te dirais que nous sommes ce que nous sommes. Dieux ou démons, nous sommes là pour donner le change. D’ailleurs, en te regardant, je dirais que l’enfer est bien plus proche de moi qu’on pourrait me le faire croire… » Elle posa nonchalamment une main sur sa hanche et se cambra, un rire équivoque surgissant de sa gorge. « Mon instinct me dit de me méfier de toi, mais mon cœur me dicte tout autre chose… »

Le goût du risque était l’apanage du voyageur, et toutes les fibres de son être transpiraient la liberté. Nul doute quant à ses intentions. Elle glissa une mèche anthracite hors de son champ de vision, et offrit un clin d’œil aguicheur à sa compère. Y voir une allusion hors de propos là-dedans ( ou non ) était affaire à jugement…

- « Tu es médecin, n’est-ce pas ? Je n’avais jamais eu un tel prodige auparavant. Comme si tu t’étais appropriée mon corps et que tu avais aspiré mon mal. Je ne pensais pas qu’une femme comme toi allait me prendre en pitié. Non pas que je n’en sois pas honorée, bien au contraire, mais je me demande bien pourquoi. » Elle fit une révérence gracieuse, comme on lui avait appris tout jeune. « J’ai une dette envers vous, il en va de mon honneur de fille de shinobi. Et sachez que Koga Miime paie toujours ses dettes. »

Elle s’avança quelque peu, puis, arrivée à sa hauteur, posa délicatement sa douce main chaude et légèrement ongulée sur l’épaule de la belle aux rubis. Après quoi l’ôta tout aussi délicatement, n’hésitant pas à l’effleurer au passage ( sans presque aucune arrière-pensée, faut-il le préciser ), et baissa ce même membre à hauteur de ses jambes, lui faisant face de trois-quarts.

- « Médecin, peut-être, mais bien mauvaise mine. Voulez-vous bien marcher un peu en ma compagnie ? Il y a encore des choses qui m’interpellent ici. Comme…voyons... » Un large sourire dévoilait des dents blanches, parfaitement agencées. « …ce que l’on a le droit de faire ici, si l’on peut voir les humains, s’ils nous vénèrent,… »

Le dernier mot prononcé était jouissif pour Miime. La mégalomanie était décidément un de ses plus grands défauts…
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Re: Un continent à explorer - Sam 2 Fév 2013 - 16:49
Calliste elle ne voyait aucune ambiguïté quant à son attitude, ce genre de gestes dans sa famille étaient on ne peut plus naturels. Il était courant pour elle et ses mères de s'embrasser un peu partout et de se caresser, c'était des marques d'affection, de soutient, un signe d'appartenance au groupe. Il n'était pas question dans ces moments là d'éprouver le moindre désir, et même si ce fut le cas pour certaines d'entre elles, elles ne se l'auraient jamais avouer si tenté soit qu'elles furent dans la capacité de savoir ce que qu'était l'amour ou la concupiscence. Aussi les caresses qu'elle avait accordé à la femme n'avaient pas éveillé la moindre flamme dans son bas ventre, contrairement à la rage qu'elle avait dégagé et qui semblait s'évaporer peu à peu. Quand elle sentit l'organisme de la femme parfaitement serein, elle retira sa main de la peau sucrée, ses doigts félins s'installèrent de parts et d'autre du visage fin de la brunette. Ses yeux avaient repris leur couleur si particulière, elle était tout à fait détendue, sa voix presque douce, elle vint frotter son front contre le sien.

"Je t'en prie belle plante ... Je ... Ressens la même chose que toi ... J'aurais aimé rencontré quelqu'un comme moi à mon arrivée ... ça m'aurait aidé je crois ... Mais je suis intimement convaincue que tu serais parvenue à surmonter cette épreuve sans moi ... Différemment mais tu y serais arrivé ..."

La haine commença à la submerger, la détresse de la jeune femme était la sienne, elle se voyait à travers elle, c'était vraiment perturbant, comme si elle se regardait dans un miroir pour la première fois, c'était même plus troublant que cela. La surface réfléchissante renvoyait une image, une façade, un spectre sans sentiment, là c'était différent, elle était assaillie par les sensations de la jolie brune. Soit disant on leur donnait une nouvelle vie, une nouvelle chance, mais elle avait l'impression qu'on les balançait dans la fosse aux lions, sans armes, sans indications, sans rien d'autre qu'une espèce d'instinct de survie primaire. Elle n'était pas la seule à se sentir perdue et désarmée, et ça, elle le trouvait inadmissible ! Elle avait sincèrement cru que le malaise envahissant depuis son arrivée venait d'elle et de son manque d'adaptabilité, mais il s'avérait que c'était déjà la deuxième personnes qu'elle assistait à son arrivée. Ces bougres les faisaient débarquer dans un environnement inconnu , devant honorer un être invisible, loin de tout ce qu'ils connaissaient, sans la moindre explications ni le moindre soutient, livré à eux mêmes. Ils avaient perdu leurs repères, leurs vies, leurs desseins, une partie d'eux même en somme, il fallait utiliser les vestiges de sa vie antérieure pour se reconstruire ... Mais seul ... Pour elle c'était in envisageable ! C'était une forme de renaissance, hors dans ses moeurs, la venue au monde d'un être devait être rigoureusement encadrée, on ne devait pas laisser un nouveau né seul dans la nature. De noires intentions émergèrent dans son esprit malade, il fallait que les responsables de tout ça payent, qu'ils souffrent autant que leurs victimes. Ses doigts flirtaient sur la peau de la femme, effleurer les lèvres pulpeuses de la demoiselle.

"Tu crois vraiment que le paradis, l'enfer, ces choses futiles, existent vraiment ? Même après ce qu'il vient de t'arriver ... Les démons, les dieux, ce ne sont que des mots, on est ce que l'on décide d'être, on se modèle, ainsi que le monde, finalement, il peut être comme on veut qu'il soit ... Il suffit de le façonner comme on l'entend ... On a la chance dans notre malheur, on a hérité de dons hors du commun, ce serait dommage de suivre lascivement le troupeau ..."

Elle fut surprise de sentir une main se baladant sur sa hanche, combinée à l'émergence de sentiments malsains, une douce excitation émana de son bas ventre pour l'envahir toute entière. Ses yeux arborèrent à nouveau leur couleur sanguine. Il n'y avait rien de sentimental là dedans, c'était plus l'expression de ses pulsions prédatrices. Qu'elle se méfie ne l'étonnait pas vraiment, c'était un sentiment qu'elle connaissait bien et qu'elle s'amusait même à faire naître chez les autres ... En revanche, pourquoi lui parlait elle de son palpitant ? Un coeur ... ça ne parle pas ... Elle ne parvenait pas à saisir ce concept, mais elle fit comme si c'était le cas et vint lui mordiller la lèvre inférieure.

"Scellons nos destin ... Prenons le contrôle ... Viens avec moi ... Si tu marche à mes côtés ta méfiance s'envolera, on ne craindra plus rien ni personne."

Le rire ... Le regard ... Des avances ? Elle avait utiliser ce genre de stratagèmes à de maintes reprises sur des hommes, de manière mécanique, sans réellement se rendre compte de la portée de ses gestes, sans chercher à comprendre ce que cela pouvait éveiller en eux. Mais jamais au grand jamais sur une femme, parce que, pour elle l'être humain était un animal, les bêtes n'avaient pas d'autres aspiration que de procréer pour la survie de la race, hors deux femmes ne pouvaient donner la vie, une union féminine était difficilement compréhensible en somme, même si elle savait que cela existait. Mais ... Les désirs de la brunette ... ça n'avait aucune importance dans le fond, parce que si elle acceptait son offre, elle ne serait plus humaine à ses yeux mais faisant partie à part entière de sa famille, rien d'anormal donc dans le fait d'avoir ce type de relation avec elle, oh et puis, elle se questionnerait là dessus plus tard, pour l'heure, il y avait plus urgent.

"Je suis ... Une sorte de guérisseuse on peut dire, enfin j'imagine ... Toi aussi tu as un don ... Il suffit de le découvrir ... Je suis intimement convaincu qu'il est en lié à ce que l'on est ... Sache que je ne te prends pas en pitié, loin de là, tu es forte, je le sens ... Tu es juste ... Momentanément en détresse"

Elle vint caresser son cou du bout du pouce.

"Calliste ... Appelle moi Calliste ... Tu ne me dois rien ... Ce n'est pas comme cela que j'envisage ma relation avec toi ... Plus comme ... Un échange, une entraide, une complicité, appelle ça comme tu veux ... En somme tout se considérer comme son égal ..."

Elle frissonna sous la caresse chaude avant de la laisser s'éloigner un peu, brisant le contact physique, la toisant toujours de ses yeux rouges. Elle se sentait gênée d'être considérée comme une malade à qui on proposait de faire sa marche journalière pour ne pas laisser ses muscles s’ankyloser ... Avait elle une mine aussi décrépite que cela ? Il fallait songer à cesser d'éviter les miroirs et user d'artifices pour masquer le mal qui la ronge, comment allait elle trouver des comparses alors qu'on pouvait la penser souffrante ? Elle masqua sa peine à merveille, entamant la marche pour ne pas perdre la face.

"C'est cet endroit qui me donne la nausée ... Ce que l'on a le droit de faire ... C'est vague ... à ce que j'ai cru comprendre, nous n'avons pas le droit de passer outre la muraille qui nous entoure ... Sinon il ne semble pas il y avoir de vraies restrictions ... En même temps se retrouver comme un lion en cage est suffisante ... On peut aller dans le monde des humains ... Mais ils ne nous voient pas ... Comment pourraient ils nous vénérer alors que nous sommes si impuissants et invisible ? Je ne crois pas qu'ils connaissent notre existence ... "

Un sourire sadique vint statuer sur son visage.

"Pas encore tout du moins ... Mais ça ne tient qu'à nous deux de faire changer les choses ..."
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Re: Un continent à explorer - Dim 3 Fév 2013 - 0:01
Belle plante. Il est vrai que Miime appréciait la flatterie. Sur de son fait, elle n’en demeurait pas moins sensible à ce genre d’égard. Par ailleurs, il en était de même pour ce qu’elle assimila à une confession bien réconfortante, il fallait bien le dire. Car pour sa part, même si elle se savait dotée d’une volonté farouche -et il en fallait pour traverser les épreuves qui ont jalonnées son existence mortelle-, il était tout de même rassurant de savoir accompagnée, ou du moins exempt d’une solitude qui pouvait être trop pesante. Elle ne le savait que trop bien. Et après tout, les loups ne vivent-ils pas en meute ? Même les plus féroces prédateurs se posaient en groupe uni, mue finalement par le désir de vivre et survivre…

La nommée Calliste jouissait, à l’instar de la musicienne, d’une sensualité naturelle. Que cela soit dans ses gestes envers Miime, ou en général, il se dégageait de cette femme un je-ne-sais-quoi d’une volupté douce et sévère à la fois. C’était hypnotisant, et, pour le coup, la Koga voyait par elle-même ce qu’elle pouvait provoquer à la gente masculine. Loin d’être rebutant, il était néanmoins prématuré de penser qu’une quelconque attirance pouvait naître entre les deux êtres, de par leur nature, et de par leur genre. Pour l’heure, en tout cas, cela était impensable, quand bien même notre amie n’était pas réfractaire aux expériences inédites.

Elle écouta toutefois la femme aux cheveux d’ivoire exposer son avis sur la nature de leur univers. Il était intéressant de constater que son avis était le reflet d’une réflexion murement travaillée. Elle insistait sur les nuances de gris dans la vie et au-delà, et plaçait l’Homme au cœur de sa pensé, ce qui était parfaitement au goût de la demoiselle tatouée, même s’il subsistait dans son conditionnement de nippone une envie de croire au bien et au mal. Ou bien était-ce en idéaliste qu’elle réagissait…Peu importe, elle laissait parler, s’abreuvant goulument des paroles de sa charismatique -bien que mal en point de prime abord- interlocutrice. Silencieusement, au moins jusqu’à ses derniers mots. Elle réfléchit courtement, avant qu’un brasier ne s’allume dans le regard améthyste de Miime.

- « J’ai toujours détesté ne pas avoir le contrôle de ma vie, et toi non plus, apparemment. » Elle remarqua aussitôt la belle aux cheveux d'ivoire se mordillant les lèvres. Un geste piquant, qui fit monter en son être un sentiment bien trop confus pour en tirer des conclusions. Elle brûlait d'un feu encore plus vivace à l'encontre de cette dernière. Désarçonnée, elle tenta de garder le contrôle, avec un certain brio. « Vous me plaisez de plus en plus ma chère, en plus de me rendre curieuse sur vos intentions en ce monde, vous savez... »

Elle ne voyait aucun intérêt de donner une réponse claire, cette dernière étant contenu dans sa courte intervention : Calliste s’était trouvée un compagnon de route de choix en la personne de la Koga, si toutefois elle parvenait à maintenir cette flamme et cette ardeur qui s’activait dans les pupilles violettes de la mélomane. Un large sourire et un clin d’œil racoleur venaient accompagner la réponse ainsi faite, comme pour faire acte de signature à un contrat qui pouvait être macabre. Mais peu importe si cela pouvait être le cas, elle avait toujours fait fi des risques.

Il fallait bien avouer qu’elle savait se montrer convaincante, la bougresse. Ce qui suivit fit réfléchir Miime quant à ce monde étrange. Aux dires de Calliste, la Koga le percevait telle une prison dorée, dans lequel les statuts n’étaient que des mots. La liberté à travers laquelle la mélomane avait voué sa vie semblait d’un seul coup s’envoler sans qu’elle ne puisse en retenir la moindre parcelle. Elle ne se voyait pas comme étant une prédatrice aveuglée par la quête du sang, mais elle souhaitait néanmoins conserver ses ailes…et on les lui avait coupé tout net. Changer les choses ? Oh que oui !

- « Changer les choses est une évidence ! Comment une colombe pourrait amener son message de paix si on l’empêche de voler à sa guise ? »

Miime regarda le ciel bleu de ce monde, bluffée par cette sensation réelle que lui transmettait son cerveau. Elle souriait telle une carnassière qui sentait sa proie arriver entre ses griffes. Elle se revoyait dans les divers bars qu’elle écumât en tant que matelot, cherchant l’homme le plus charmant de l’office et lui arrachant une nuit d’amour et s’en allant aussitôt l’affaire faite, ou pour l’amusement, jouer la séductrice pour s’arrêter au moment critique, juste pour voir sa réaction. Les jeux étaient bien trop rares en ces temps-là pour ne pas en profiter, la vie était faite pour ça…

- « Il me faut néanmoins connaitre mon ennemi pour le frapper là où ça fait mal. C’est un principe de base chez les shinobi Koga. Il nous faut quelqu’un qui connaisse également du monde, haut placé si possible. Et il nous faudra un leader charismatique… »

Miime s’arrêta de marcher, son sourire déformant toujours son visage. Elle se retourna alors vers la femme aux yeux pourpres. La Koga glissa sa main chaude et douce au dos de la nuque de sa compère, et s’en approcha lentement. Son souffle arriva à hauteur de joue. Son corps frôlait celui de la belle blanche, laquelle pouvait aisément sentir les embruns de son interlocutrice, un savant mélange de vanille et de coco. Après quoi lui glissa-t-elle au creux de l’oreille :

- « Il me semble que vous avez toutes les qualités requises pour incarner cette fonction… » Puis elle s’éloigna rapidement, lâchant toute prise avec son amie du jour, lui gratifiant d’un nouveau sourire. « Vous avez plus d’expérience en ce monde que moi, de toute façon… »

Les gens allaient et venaient autour des deux voyageuses. Certains passaient sans prêter la moindre attention à nos protagonistes, d’autres semblaient plus interloqués. Miime se remit à avancer, comme si de rien n’était.

- « Guérisseuse, vous dites…Vraiment, quel genre de dieu sommes-nous pour en avoir besoin ? » Elle soupira. « Et vous dites que j’ai un don inhérent à mon cœur ? Etrange…La seule chose qu’il me reste de mon ancienne vie, c’est cette harpe, là. »

Elle sortit la harpe du fourreau qui décorait sa hanche, et fit glisser ses doigts assurés sur les cordes de l’instrument. Un son cristallin en émanait, pur. Tout en posant ses pieds l’un devant l’autre, ses yeux se concentrèrent sur chacune des notes qu’elle souhaitait composer.

- « J’ai toujours eu un don pour la musique, depuis toute jeune. Cette harpe, c’était un cadeau de… » Quelqu’un qui connaissait parfaitement bien Miime pouvait déterminer la raison pour laquelle elle s’immobilisa dans ses paroles. Pour quelqu’un d’autre, en revanche, c’était une autre histoire. Légèrement bouleversé qu'elle était, la Koga ne put oublier le geste plein de volupté qu'eut Calliste à son égard. Ce doigt si sucré qu'elle déposât un peu plus tôt sur ses lèvres avait ému et certainement attisé plus encore ce sentiment qu'elle éprouve depuis leur rencontre. Elle voulut la prendre dans ses bras, en toute simplicité, juste pour retrouver un peu de réconfort et de chaleur humaine, aussi prude pouvait-il être ( dans les intentions, du moins ), mais elle ne put s'y résoudre. Elle troqua toutefois son regard troublé par un sourire forcé. « …mais c’est du passé, maintenant. Quoi qu’il en soit, j’imagine que ce doit être lié. »

Elle décocha quelques notes de plus, avant de s’arrêter tout net.

- « J’ai complètement oublié ! Je suis professeur à présent ! J’ai des obligations en tant que tel, n’est-ce pas ? Je ne sais même pas où aller ! » Elle fixa brièvement Calliste, avant de lui glisser un clin d’œil malicieux. « Vous me faites perdre la tête, vous…Savez-vous où je dois me rendre en premier lieu ? »
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Re: Un continent à explorer - Dim 3 Fév 2013 - 20:37
Calliste se sentait renaître pour sa part, les idées sombres qui avaient germé un peu plus tôt lors de leur discussion se précisaient, elles allaient agir, oh que oui, même si ça prendrait du temps, elles prendraient le contrôle, mais il lui fallait plus de personne. Pour commencer il était nécessaire de sceller leur union, il y avait un pacte pour cela, encore fallait il qu'elle accepte, elles ne seraient pas une tant que cela ne serait pas fait. Le contrôle, elles l'avaient perdu toute les deux, mais elles le voulaient tout autant l'une que l'autre, et Calliste le partagerait volontiers avec une des siennes. Elle sourit à la remarque de sa nouvelle compère.

"C'est normal de vouloir avoir le contrôle de sa vie, non ? On est pas là pour se faire dominer ..."

Elle lui plaisait ? Calliste fronça un peu les sourcils, dubitative, choquée. C'était bien la première fois qu'avec des desseins aussi sombres qu'un humain semblait lui porter de l'intérêt. Pourtant elle ne lui avait rien caché, elle avait été très honnête, une vague d'excitation l'immergea, bien qu'elle le cachait plutôt bien, seuls ses yeux devenus rouges pouvaient la trahir. Voilà qu'elle semblait lui faire des espèces d'avances, c'était étrange de la part d'une femme quand même, pas dérangeant mais un tantinet étrange, et elle semblait lui plaire. Elle vint lui prendre la main gentiment.

"Toi aussi tu me plait"

Et c'était vrai, son caractère fort lui plaisait, ses aspirations, son allure douce qui semblait masquer son vrai visage. Vraiment, elle appréciait de plus en plus sa compagnie, mais elle avait dit ça sans vraiment comprendre la signification de ses mots, parce qu'après tout, ce n'était que des mots dérisoires, on se trompait souvent avec les mots tant ils étaient incapables de refléter nos sentiments les plus intimes. Après tout, l'Homme était capable de dire je t'aime aussi bien à l'un de ses semblables qu'à un objet ! Le fait qu'elle n'ait pas les mêmes codes en tant que démone n'arrangeait rien.

Il semblait en tout cas qu'elles partageaient les mêmes envies, comme quoi les humains n'était pas si in intéressants. Ses formules étaient un peu pompeuses et présomptueuses mais ce n'était pas grave, elle lui plaisait telle qu'elle était, puis il n'y avait pas de mal à côtoyer une femme brillante, elle la considérerait tout de même comme son égal.
En plus elle était pleine de bonnes idées la petite, comme si elle connaissait déjà les ficelles du métier ! Son bas ventre exultait littéralement, elle ne se retint pas plus longtemps, parce qu'à ses yeux elle avait tout d'une membre de sa famille, elle vint poser ses lèvres contre celle de la jeune femme.

"Oui il faut qu'on s'immisce dans leur système, qu'on le comprenne, qu'on y trouve des alliés et qu'on le pourrisse de l'intérieur ... Mais on a pas besoin de désigner une sorte de chef, on doit se donner la même importance, parce qu'on se vaut, parce qu'on prend les décisions à deux ... Qui plus est, je ne suis pas charismatique..."


Sa main chaude sur sa peau lui fit un bien fou, mais ce n'était pas suffisant, bien qu'elle se savait plus vieille, elle ne s'estimait pas plus sage ni plus savante ... Quant à son charisme ... Manipuler ça elle savait faire, mais cela n'avait rien à voir avec le charisme, loin de là, puis elle n'avait pas l'âme d'un chef. L'âge ne voulait rien dire, parce qu'à maintes reprises, les plus jeunes avaient démontré leur savoir faire, avaient apporté des idées innovantes, elle voulait dominer, oui, mais pas ses soeurs. Puis elle savait que le statut de leader pouvait entraîner sa chute, la convoitise, la jalousie, autant de défaut qui conduisaient les groupes sereins à la ruine. Elle prit une grande inspiration.

"Je ne veux pas voir de chef chez nous, parce que je refuse que tu me déteste pour ça plus tard, parce que je ne veux pas être au dessus de toi, parce que je ne veux pas qu'on m'accorde plus d'importance qu'à toi, parce qu'on mérite de reignier ensemble"

Elle observa la harpe de la jeune femme, non les arts n'étaient pas sa tasse de thé, mais elle respectait l'amour que semblait porter la femme à la musique. Elle était quand même intriguée, dominer le monde avec une arme ? Pourquoi pas après tout ! Elle écouta les quelques notes sans trop ressentir d'émotions. Elle pencha la tête.

"Un cadeau ? ... De qui ? Tu sais, le passé n'est pas réellement mort, c'est lui qui fait ce que nous somme, on ne peut pas faire fit des évènements de notre vie, qu'ils soient bons ou mauvais, les accepter oui, s'en rappeler, pour éviter de reproduire les mêmes erreurs, pour apprécier d'avoir changé ... Il faut pas le considérer comme un poids mais quelque chose de précieux aussi lourd soit il ..."

Elle lui prit la deuxième main, elle ne savait pas trop pourquoi d'ailleurs. Elle était professeur oui, un atout sans doute, elle allait pouvoir approcher des êtres innocents et malléables. Puis elle se mit à rougir, elle faire perdre la tête ? Elle n'aurait pas pu si bien dire.

"Ce que je te propose, c'est de sceller notre union, ce soir, prend le temps de découvrir en quoi consiste ton travail. La nuit tombée, rejoins moi à l'infirmerie, après ça on ne fera qu'un ... Cette proposition, je ne l'ai jamais faites à un humain, preuve que tu ne me laisse pas indifférente toi aussi, mais je ne te le demanderais qu'une seule et unique fois"
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Re: Un continent à explorer - Lun 4 Fév 2013 - 15:58
- « C'est normal de vouloir avoir le contrôle de sa vie, non ? On n’est pas là pour se faire dominer... »

Des mots qui résonnèrent dans le cœur de la belle mélomane. Elle acquiesça immédiatement d’un hochement de tête révélateur. Pourtant, elle ne pouvait s’empêcher de méditer brièvement sur cette réflexion. Miime s’était efforcée tout au long de sa vie à chercher l’autonomie, physique ou spirituelle, et à demeurer libre. Pour autant, elle ne s’était jamais préoccupée de la raison. Etait-ce par nature ? Par peur d’être dominée, ou bien était-ce une fuite en avant constante et perpétuelle de ses responsabilités en tant que futur du clan Koga ? Les trois ? Des pensées parasites qui disparurent bien rapidement au gré des paroles et des actes de Calliste.

Cette dernière, en effet, ne fut pas en reste. Loin d’être effacée, la démone répondit à l’attitude tout en sensualité de Miime par un geste tout aussi voluptueux, allant même un peu plus loin en offrant ses lèvres à celles de la nipponne. La Koga, surprise, fut prise au dépourvu. Ses yeux furent grands ouverts, alors que ses muscles se raidirent. Bien que le baiser fut bref - et certainement innocent -, cette seconde fut fort étrange, mais pas moins agréable. A vrai dire, si elle n’était pas immobilisée de stupeur, la musicienne aux longs cheveux de jais aurait, sans aucun doute, donné une saveur plus spéciale à cet instant en participant plus activement à la caresse labiale. A la suite de quoi la belle blanche se retira.

Par ce biais, elle refusa d’endosser le costume de chef, arguant des raisons dont certaines étaient moins recevables que d’autres. C’était un choix que Miime respectait, bien qu’elle ne fût pas entièrement d’accord avec sa compère. Certes c’était un poste à haut risque, qui pourrissait les âmes et détournait les esprits du reste de la meute. Mais, à son sens, si toutes les sociétés mortelles possédaient une hiérarchie bien définie, c’était bel et bien pour une raison. Toutefois, elle s’épargnât de donner son avis, d’une part peu encline à engager un discours sur le bien-fondé de ses convictions, et d’autre part encore troublée par ce baiser fugace, dont ses lèvres en portaient encore la chaleur et la douceur.

Elle se les humecta en dardant délicatement de sa langue rougeâtre, comme pour participer à son tour à un évènement dont elle n’eut aucune prise. Un geste à contretemps, mais qui n’était pas dénué de sensualité. Il semblait que les deux femmes s’engagèrent dans un bal équivoque, où chacune cherchait à prendre le dessus sur l’autre dans une folie séductrice. Un jeu, une compétition plus qu’un désir physique ? Chacun sera juge. Pour sa part, Miime ressentait une confuse certaine, preuve que les trois raisons étaient bel et bien emmêlés.

Quoi qu’il en fut, les deux femmes poursuivirent leur route, rythmées par les quelques notes de harpes sans réelle articulation musicale. Calliste réconforta son interlocutrice, à l’aide de mots plutôt bien choisis, puis de gestes à nouveau empreints de volupté. D’une douceur infinie, la peau nacrée de Miime frissonna lorsque son interlocutrice lui prit les deux mains. Son échine vibrait, alors qu’elle plongea ses yeux d’améthystes dans ceux de sa collègue, d’où elle pouvait noter la puissance et la beauté de ses prunelles teintés de rouge, mais aussi ressentir un malaise certain, sans que la Koga ne puisse en expliquer la raison. C’était comme si l’océan dans lequel elle s’aventurait recelait des traces inconnues et effrayantes, qu’il ne fallait éclairer qu’en son âme et conscience, à risques et périls.

- « Parfois, il vaut mieux ne pas exhumer le passé. Ce qui est fait est fait, à quoi bon remuer la boue… » Fit-elle, dans un sourire figé. Cela ne l’empêcha pas de claquer un clin d’œil à l’attention de la femme qui lui faisait face. Après tout, c’était valable aussi bien pour sa personne que pour Calliste. Elle ne savait pas réellement si l’adage avait du sens aux yeux de la belle blanche, mais ce qui était clair, c’était que son âme était tourmentée. Du reste, ses démons différaient, à n’en point douter, de ceux de la mélomane. Détendue, comme si ses souvenirs douloureux s’étaient enfouis dans la vase, elle reprit, sourire carnassier à l’appui. « Mais après tout, la vie vaut-elle d’être vécue si elle n’était qu’un long fleuve tranquille ? La vie est ainsi faite, nous vivons avec nos malheurs mais je préfère retenir le bonheur. Par ailleurs, je ne vis pas dans le passé. Fort heureusement, je préfère tenter les choses et forcer le destin plutôt que de le voir arriver. On peut passer à côté de si belles choses…non ? »

Elle s’en mordilla les lèvres. Ses dernières paroles avaient éveillé une foule de souvenirs, tous plus exotiques les uns que les autres. Ses ultimes actions en tant que vivante furent, en effet, d’une prise de risque exagérée, mais les récompenses furent à hauteur des efforts déployés. Et cette fois encore, l’idée fomentée par la Zahli était dangereuse, à n’en point douter. Elles risquaient gros, mais cela en valait la peine. Du moins en était-elle persuadée…

Aussi accepta-t-elle sans l’ombre d’une hésitation la proposition de la démone. Toutes dents dehors, elle montra son plus beau visage : Rayonnant, il irradiait d’une lumière et d’une chaleur peu commune. Comment, sous ses dehors angéliques, pouvait-elle développer un dessein pareil ? En vérité, elle n’allait pas lutter pour installer l’anarchie, elle voulait simplement remettre Dieu au centre de tout, et plus son regard se portait autour d’elle, plus elle trouvait que les moyens mis en œuvre n’étaient pas suffisant. Elle y remédierait, avec Calliste. Pour les plus simples d’esprits, les deux femmes étaient les deux faces d’une même pièce, la lune et l’aether…

- « Il n’y a aucun doute dans mon esprit, votre cause sera mienne. » Elle s’inclinait. « J’espère que votre rituel n’est pas trop douloureux, sinon… » Elle s’approcha, féline, et, fondant sur le corps de la démone, lui agrippa la taille et la rapprocha d’elle. Après quoi, buste contre buste, quelques millimètres séparant les lèvres des deux créatures, celles de Miime se rendirent au creux de son oreille, qu’elle mordilla avec précaution. « …je me verrai obligé de vous mordre ainsi pendant les années qui viendront. »

Evidemment, c’était l’ébauche d’un avertissement qui n’en était pas vraiment un. Ce trait d’humour n’avait vocation qu’à se rassurer et à éprouver l’esprit de la démone. Quoi qu’il en fût, Miime relâcha sa prise avec la même délicatesse qui semblait être dépeinte sur son visage, en frôlant la hanche de Calliste de sorte que cela apparaisse autant que possible à un geste non-prémédité. Puis elle lui fit une révérence en s’inclinant le plus bas qu’elle put, en signe de respect, en bonne fille de bonne famille japonaise qu’elle était.

- « Rendez-vous dans votre salon de torture, alors, à la lune officiante… »

Un trait d’humour un peu involontaire, à vrai dire. Car habituée aux médecins européens, Miime en avait développé une peur viscérale. C’était de vrais bourreaux en leur temps, et elle ne s’imaginait pas un changement des méthodes, bien que celles qu’avait appliquées la belle blanche fussent loin d’être désagréable. En tout état de cause, la Koga s’éloigna de sa rencontre du jour.

Encore sous le charme, le cœur tambourinant sous la masse osseuse, Miime en oubliait presque les tâches auxquelles elle devait s’atteler. Lâchée dans la nature, elle tâchait d’occuper son esprit à autre chose que cette mystérieuse demoiselle. Elle passa les doigts sur ses lèvres rosées, réfléchissant aux étapes à suivre. Et finalement, elle opta pour une solution pleine de facilité : Faire le tour de l’académie, pour repérer les lieux et les gens qui travaillaient ici. Il faisait très bon ici, et une promenade ne pouvait être que bénéfique. Il va sans dire qu’elle avait le temps, maintenant qu’elle était morte…
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Re: Un continent à explorer - Mar 5 Fév 2013 - 22:24
Votre rp m'a bien fait rire. Vous avez de bons styles d'écritures toutes deux et comme ça, pour caricaturer, on aurait dit deux vieilles mégères qui critiquent le monde les entourant XD. En tout cas pour vos idées de conspirations, je ne sais pas si vous lisez l'Event principal 2 mais ça se rejoint. Bref, c'était un très bon rp !

Calliste Zhali : 380 xps
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