Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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 Le jour se lève [Terminé]

 
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Le jour se lève [Terminé] - Mer 30 Jan 2013 - 17:49
[Suite de ce rp]


« You can follow me
I will always keep you safe
Follow me
You can trust in me »


Des rayons vinrent chatouiller la frimousse de la demoiselle. Elle se retourna dans son lit, voulant retarder le plus possible ce réveil prématuré. Pas déjà. Elle voulait dormir encore un peu. Pour une fois que ses songes avaient été ponctués de calme et de repos, elle souhaitait en profiter encore un peu. Juste un peu.
Elle ouvrit finalement les yeux. Un instant, elle songea se rendormir pour retrouver cette quiétude tant appréciée. Mais une respiration attira son attention. Une respiration calme, régulière ; quelqu’un était endormie non loin d’elle. Elle jeta les couvertures au sol, affolée, poignard en main avant de se rappeler que c’était Akalie. Ce n’était que Akalie. Elle soupira. Ne passerait-elle jamais une journée sans cette crainte quotidienne qui la suivait à la manière quotidienne, sans cette peur qui se terrait au fond d’elle, sans cette panique qui lui serrait la gorge au moindre mouvement ?

Lyra se leva, il y a à peine cinq minutes elle aurait donné n’importe quoi pour rester un peu plus longtemps au lit mais cette fausse frayeur avait changé la donne. Elle se dirigea vers la salle de bain,s portant un léger regard à Akalie en se retournant. Elle ressemblait à un renard avec cette chevelure rousse. Un goupil endormi au fond de son terrier. Aussi vile et rusée que ce dernier, d’ailleurs.

Elle resta un bon quart d’heure dans la salle de bains avant d’en ressortir. Elle savait que d’ordinaire les jeunes demoiselle n’y passaient pas moins d’une demie-heure mais autant dire que l’archiviste avait d’autres préoccupations que ces misérables soucis esthétiques qui inquiétaient la plupart de la gente féminine. La touche de maquillage était rédhibitoire chez elle, un peu d’eye-liner pour mettre en valeur ses yeux, du crayon si besoin était et voilà le travail. Nul fard à paupières si ce n’est pour les grands jours. Encore moins de rouge à lèvre, qu’elle comparait à un pisse-vinaigre. Ce n’est pas parce qu’elle avait vécu en compagnie de prostituées qu’elle avait pris les habitudes de celles-ci, au plus grand dam de Kôta.

Chaque matin réservait son lot de surprises et Akalie allait avoir la sienne. La demoiselle dormait encore profondément alors qu’il serait grand temps de partir. Elle avait finalement réussi à trouver le sommeil. Lyra arriva avec un verre d’eau qu’elle avait rempli et le lança dans la figure de l’apprentie. Comme réveil, on trouvait pas mieux.

- Allez finit de roupiller, la marmotte ! L’est l’heure de se réveiller et de se lever !

Lyra, toute habillée, attendait que la jeune fille s’éveille enfin. Sûr qu’elle allait gueuler mais qu’importe. Elle devait déjà s’estimer heureuse que la Russe lui accorde un peu de sa bonté pour aller avec elle dans le monde des humains. Elle n’allait pas non plus cracher sur une telle opportunité. Sans cela, elle savait qu’elle n’aurait jamais eu la force d’y retourner. Ou du moins, pas de sitôt.
La rouquine s’agita doucement, sans soute surprise par le verre d’eau mais la brune ne lui laissa pas le temps de souffler, déjà enchaînant avec une nouvelle phrase :

- Avant de partir, j’te propose de faire un crochet par ta chambre pour te changer. Parce que je doute que tu souhaites aller dire bonjour à ta p’tite sœur avec des fringues trop grandes pour toi.

Ou des vêtements mouillés, au choix. Même si se balader en pyjama dans l’académie aurait fait passer Akalie pour une folle, cela n’aurait pas étonné l’aînée que toute à son excitation, elle parte sans même l’attendre, ainsi habillée.

La demoiselle se posa sur son lit, écouteurs dans les oreilles. Autant tuer le temps le temps que la demoiselle se prépare et retourne à sa chambre. Elle plaça ses mains derrière sa tête, observant le plafond. Elle aurait tout aussi bien pu compter les fissures qui serpentaient le plafond, les étudiait de long en large comme il lui arrivait de faire avant. Mais il y avait des divertissements plus originaux que de s’amuser avec des fissures, n’est-ce pas ? Et plus passionnants, aussi.


Dernière édition par Lyra Vilkas le Lun 8 Avr 2013 - 18:09, édité 1 fois
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Re: Le jour se lève [Terminé] - Sam 2 Fév 2013 - 16:50

Après des heures à se retourner et à essayer de trouver une position confortable pour trouver le sommeil, j'avais finalement réussie à le trouver. Pas qu'il était très profond, mais juste assez pour me reposer. C'était un sommeil sans rêve... ne permettant qu'à retrouver des forces. Bien que le plancher de la chambre de Lyra ne soit pas très confortable, il fallait que je réussisse à dormir un petit peu. Dès que je me réveillerai, je serai en route pour elle retrouver ma petite soeur. À ma grande surprise, j'avais réussie à convaincre cette repentie de m'accompagner dans le monde des humains afin d'atteindre mon seul et unique but. Par contre, un chose me tracassais; lorsque je reviendrai du monde des humains, que vais-je faire ? Après tout, j'ai bien un objectif en ce moment, mais une fois atteint, il ne me restera plus rien à faire. J'espère que je vais trouver.

Je me tortillais dans mon sommeil presque inexistant lorsque j'ai senti quelque chose d'humide et froid me fouetter le visage, ce qui m'a fait sursauter. De l'eau. Lyra m'avait lancé un verre d'eau. Elle a vraiment un problème celle là ! J'ai ouvert les yeux et je me suis étirée comme si de rien était. Elle voulait me faire réagir et je n'allais pas lui donner ce plaisir.

"Tu sais, il existe des façons plus délicate de réveiller quelqu'un." lui ai-je dis en faisant un petit sourire ironique.

À présent, j'avais le chandail tout mouillé. C'est elle qui voulait qu'on se dépêche à se lever et maintenant par sa faute, nous serons retardé. Quelle logique !

"Avant de partir, j’te propose de faire un crochet par ta chambre pour te changer. Parce que je doute que tu souhaites aller dire bonjour à ta p’tite sœur avec des fringues trop grandes pour toi."
"À quoi bon, elle ne me verra pas de toute façon."

Mais il est vrai que sortir avec un pyjama trempé n'est pas la meilleure des idées. Surtout que je me ridiculiserais. Il y a bien des limites à tout !

"J'y vais. *Mais ne t'en fais pas, ce verre d'eau, je ne l’oublierai pas !*, mais ne chiale pas si on part plus tard que prévu hein ?"

J'ai vérifié deux ou trois fois si les couloirs étaient vides et je me suis précipité dans ma chambre. J'ai fouillé dans mes tiroirs pour y sortir le premier chandail et pantalon que j'ai vu. Je les ai enfilé à la vitesse de l'éclair et j'ai bien faillit tomber sur le sol en sautant dans mes jeans. Tant qu'à être dans ma chambre, je suis passée par ma salle de bain pour brosser ma chevelure rousse. Pas besoin de maquillage, c'est inutile pour le moment. Je suis retournée dans la chambre de Lyra.

"Voilà, c'est partie pour l'aventure !"

J'étais tellement excitée d'enfin faire quelque chose d'intéressant ! De dangereux, de risqué. Maintenant que je suis morte, on dirait qu'une personnalité téméraire qui ne me ressemble pas a commencé à faire surface. C'est vraiment étrange, la mort...



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Re: Le jour se lève [Terminé] - Sam 2 Fév 2013 - 17:54
Finalement, la demoiselle n’avait pas émis la moindre remarque à propos de ce réveil peu ordinaire. Si ce n’est qu’il existait d’autres moyens pour réveiller les autres. Il en existait d’autres, certes, mais pas d’aussi drôles que celui-ci. Lyra dissimula un sourire alors que la rouquine s’en allait dans sa chambre pour se préparer. Leur voyage allait bientôt commencer. Il suffisait d’être encore un peu patiente et elles y seraient.

La Russe n’entendit pas les dernières phrases de l’élève, musique dans les oreilles, déjà partie vers un autre monde. Non pas celui des humains mais le sien, celui composé de ses souvenirs. Elle allait le revoir. Bientôt. Elle se laissa bercer par la musique, ne faisant plus attention au temps qui s’écoulait. Une éternité semblait s’écouler tout au long d’une chanson, de cette unique chanson qui scellerait leur départ. Elle ferma les yeux, lassée du spectacle peu joyeux qu’offrait les différentes fissures du plafond. C’est ennuyeux de contempler un plafond que l’on connaît depuis si longtemps déjà, que l’on a commencé à apprivoiser et qui a cessé de vous confier ses secrets. L’obscurité est alors préférable.
Dans cet autre-monde, elle se rendit à peine de la présence d’Akalie. Cette dernière était revenue, toute changée, toute prête pour l’aventure. L’enfant était si excitée qu’elle semblait impossible à canaliser. Alors cela serait joli, du côté des vivants. Elle allait avoir droit à mille émerveillements de la part de la rouquine. Tant pis. Elle avait accepté son rôle de guide, il fallait maintenant qu’elle s’y plie.

Elle ôta les écouteurs de ses oreilles, coupant net le flot de musique qui l’étourdissait depuis plusieurs minutes. Là où elle allait, elle n’aurait pas besoin de ça. Elle allait pouvoir constater de ses propres yeux ce qu’il advenait de son ancien monde, de ces hommes qui ne cessaient de côtoyer le bonheur sans toutefois réussir à le trouver, multipliant leurs désirs vains pour finalement se perdre à leur tour. Lui était-il arrivé la même chose ? S’était-elle perdue de son vivant ? Sans aucun doute.

- Faudra pas venir te plaindre si après tu regrettes d’y être allée.

Elle se leva et mena Akalie au port des deux dimensions. Elles n’échangèrent pas le moindre mot le long du trajet. Chacune était plongée dans ses pensées. Akalie devait trépigner d’impatience à l’idée de revoir sa sœur. Lyra ne cessait de se demander si elle ne faisait pas une connerie. Elle saurait bientôt si oui ou non sa bonté lui octroierait des ennuies. Les emmerdes, elle connaissait après tout. N’était-ce pas son lot quotidien du temps où elle vivait parmi les Hommes ?
Un bateau les attendait. Il allait bientôt partir en direction du monde des humains, à son bord d’autres élèves, repentis ou professeurs effectuant missions ou caprices.

- C’est là. C’est grâce à ce bateau qu’on passera de l’autre côté. Moi non plus, j’l’ai jamais pris, ça sera une première pour moi aussi.

Elle se rendit alors compte qu’elle n’avait jamais pris le bateau. Elle n’avait connu que les trains ou les voitures. Dans les deux cas, les voyages avaient été peu confortables. Ce serait donc une première aussi concernant son voyage en bateau. Elle espérait qu’elle n’aurait pas le mal de mer.

- T’es toujours sûre de vouloir y aller ? T’as pas changé d’avis durant le chemin, par hasard ? Parce que perso, j’en ai rien à foutre du monde des humains, c’est pas moi qui vais y retrouver ma sœur. Mais t’es sûre que tu vas supporter de ne pas pouvoir lui parler ni la toucher ? T’es sûre de toi ?

Elle voulait une dernière réponse avant d’embarquer aux côtés de la rouquine. Elle pouvait encore tout arrêter si elle le souhaitait. Ce n’était pas Lyra qui allait se confronter à son ancienne vie mais Akalie alors mieux valait qu’elle soit sûre avant de faire un voyage pour rien. Au moins aurait-elle pris le bateau. Ce serait déjà ça.

- Pas que j’veuille te faire flancher mais y a pas mal de jeunes comme toi, ici, qui voulaient revoir leur famille et qui se sont retrouvés dans un sale état après. Juste parce qu’ils n’arrivaient pas à supporter tout ça, les contraintes de la mort et les règles qu’offre la vie.

Lyra attendit. Maintenant, c’était à Akalie de voir si elle se sentait réellement prête. Elle était surexcitée mais cela ne la rendait pas pour autant capable de supporter un tel choc psychologique. Au pire, Lyra serait là pour ramasser les morceaux. Chose qu’elle détestait. Réconforter les autres, très peu pour elle. Même ceux qu’elle appréciait. Elle n’avait jamais été très douée dans cet exercice. Les mots ne venaient jamais ou sonnaient faux dans sa bouche.
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Re: Le jour se lève [Terminé] - Lun 4 Fév 2013 - 0:24

L'excitation me collait à la peau et ne se laissait pas camoufler. Elle paraissait vraiment. Moi, Akalie Shemany, allait retrouver ma petite soeur, aujourd'hui même. Naky avait été la seule et unique personne à me soutenir et à croire en moi durant ma vie, mise à part mes parents adoptifs. Elle était là lors de ma première (et dernière) peine d'amour. Elle m'a consolé quand les gens se foutaient de ma gueule pour strictement rien. J'ai toujours juré de la protéger peu importe le prix à payer. J'ai tenu cette promesse. J'étais morte pour elle, mais maintenant elle me manquait terriblement. Perdre l'être qui nous est le plus cher en un seul coup, c'est difficile. À présent, j'avais l'opportunité de la retrouver, de savoir si elle va bien. Je n'allais pas la louper. Que quelqu'un ose m'en empêcher !

Moi et Lyra nous nous dirigions vers "le port des deux dimensions", qui était l'endroit séparant l'académie du monde des humains. Nous nous sommes arrêtés devant un bateau et elle m'a apprit que ce serait notre moyen de transport. J'ai pris le bateau que deux ou trois fois pendant ma vie et si mes souvenirs sont bons, j'avais bien aimé cela. La sensation des vagues zigzaguant au dessous de nous, le brise fraîche qui nous souffle délicatement sur le visage (enfin, tout dépendant de la vitesse du véhicule). Par contre, pour Lyra, c'était une première. J'espère que ce n'est pas le genre de personne à avoir le mal de mer, cela pourrait bien gâcher tout le voyage. Malheureusement.

Nous étions sur le point de monter à bord lorsque la repentie têtue a recommencé à me posé la fameuse question : «Es-tu certaine de vouloir y aller ?» Apparamment, le doute la hantait toujours.

"Non, je ne veux pas y aller. J'ai fais tout ce chemin pour finalement changer d'avis, rebrousser chemin et faire comme si rien ne s'était passé." j'ai marqué une pause en lui faisant un regard incrédule. "Ma décision est prise et j'y ai bien réfléchie Lyra. Je sais que je me pourrai entré en contact avec elle, mais j'essayerai tout de même. Je veux absolument savoir si elle va bien. Si je retourne à l'académie sans avoir fait ce voyage, cela hantera toute mes nuits." puis, je lui ai fais un léger sourire.

Je ne me mentirai pas en disant que ce voyage ne m'apportait aucune crainte. En revenant, j'aurai certainement les larmes aux yeux pendant plusieurs jours avant de m'endormir. Mais au moins, mon but sera accompli. Je n'abandonnerai pas.

"Pas que j’veuille te faire flancher mais y a pas mal de jeunes comme toi, ici, qui voulaient revoir leur famille et qui se sont retrouvés dans un sale état après. Juste parce qu’ils n’arrivaient pas à supporter tout ça, les contraintes de la mort et les règles qu’offre la vie."

...et je ferai partie des leurs. Evidemment. Mais que pouvais-je faire ? C'est trop facile de se dire qu'il faut oublié les gens qu'on aime, qu'il faut passer à autre chose. J'en suis incapable. Je serai certainement dans un piteux état psychologiquement, mais sûrement pas autant que si je n'y vais pas.

"Si tu ne veux pas m'avoir toujours dans les pattes, allons-y. Et ensuite je ne te dérangerai plus, si c'est ce que tu souhaites."

Cet argument allait probablement la convaincre. À bord du bateau qui commençait à voguer, les palpitations dans mon estomac ont refait surface d'un coup. Bientôt, elle sera devant moi. Ses jolis cheveux bruns clairs et ses yeux verts scintillants apparaîtront devant mes globes oculaires et ces images ne s'effaceront jamais. Jamais...



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Re: Le jour se lève [Terminé] - Mar 5 Fév 2013 - 19:22
Lyra eut un faux espoir quand la demoiselle se mit à exprimer son refus. Non, c’était trop facile. Impossible qu’elle abandonne aussi facilement. Pas elle. Elle si enthousiaste il y a encore à peine deux minutes voulait jeter l’éponge ? Une étincelle de malice brilla dans les yeux de la rouquine. Elle semblait ne pas avoir fini de parler. Sitôt la bouche ouverte, la joie de l’archiviste s’éteignit. Il semblait inutile d’insister. Sa décision était prise. Lyra haussa simplement les épaules et prit place sur le somptueux navire, s’asseyant parmi d’autres passagers.

- Si j’dois m’enticher d’un chien savant pour avoir la paix à l’avenir alors j’ferai ça avec plaisir, vois-tu ! Une journée de galère pour une éternité de tranquillité. Franchement, c’est pas cher payé.

C’était la première fois qu’elle mettait les pieds sur un bateau. Ce somptueux navire lui rappelait une histoire. Stupide, mais une jolie histoire qui l’avait bien fait rire lors de son malheur. Là-bas, en Russie, une fille qui avait été forcée de suivre son père dans cette horrible secte leur avait raconté à tous une histoire. Elle s’en souvenait encore, c’était leur puits de sagesse féminin, celle que même les garçons se pressaient de rencontrer car elle connaissait le monde extérieur. C’était celle qui savait que tout était faux.
Un jour, elle avait eu la chance d’aller visiter un port, celui de Primorsk, et ne rêvait que d’une chance : monter sur un bateau. Naviguer avec, aussi. Chose assez facile, à vrai dire. Elle n’était venue dans cette ville qu’avec ce seul objectif en tête : naviguer. Un beau rêva facilement accessible. Pourtant, lors de son cours séjour, elle n’avait pu approcher la mer. Au moins avait-elle eu le plaisir de l’observer de loin mais sans s’approcher des côtes. Plusieurs écologistes s’étaient amusés à manifester contre l’amiante. C’était bien joli tout cela, mais avec le raffut, leurs groupes qui ne se laissaient pas repousser par les forces de l’ordre et le beau chahut, sans compter la violence entre les deux groupes, cette demoiselle n’avait jamais vu la mer de près. Encore moins pris le bateau.

Lyra éclata de rire. C’était ainsi qu’elle avait réagi la première fois qu’elle avait entendu cette histoire. Elle ignorait si elle était exacte mais au moins avait-elle le formidable pouvoir de la faire sourire.
Elle se tourna vers Akalie. Elle, peut-être pourrait-elle déceler le vrai du faux. Hors de question de raconter cette anecdote. C’était là l’un de ses remèdes du temps où le noir semblait obscurcir son avenir. Il n’y avait plus besoin de cela ici.

- Tu crois que c’est possible, toi, d’être dans une ville portuaire mais de ne jamais emprunter le bateau alors que c’est là notre plus grand rêve ? Non mieux, tu crois que c’est possible d’être dans cette ville et de se retrouver bloqué loin des côtes sans jamais pouvoir approcher de près la mer alors qu’elle est si proche ?

Elle n’avait là dévoilé aucun détail de cette belle histoire.
Tout en la laissant réfléchir, Lyra ouvrit de grands yeux et se pencha près du bastingage. Si elle continuait ainsi, elle allait tomber. Elle observa les remous de la mer, les vagues qui allaient et venaient se fracasser contre la coque résistante. Son regard se promena le long du port et vit des barques solidement attachées pour éviter que les flots ne les emportent, des voiliers manquant de s’envoler sous la prise du vent et d’autres paquebots similaires à celui-ci.

L’eau ondulait et hypnotisait Lyra. Elle n’avait jamais vu de telle chose. Voilà qu’elle redevenait une enfant en tentant de scruter le fond de l’océan. Etait-il peuplé de poissons et autres créatures marines ? Si tous étaient des dieux, se pouvait-il que les bêtes peuplant ces fonds marins soient des être que seule l’imagination peut créer ? Elle battit des paupières. Non, c’était impossible.
Elle se rassit bien sagement et attendit que le bateau daigne commencer son voyage. Le moteur allait-il vrombir et hurler comme ces chiens de trains dont elle se souvenait ? Tout se ferait-il en silence ? Des voiles allaient-elles surgir de nul part ? Elle devait arrêter de prêter de la magie là où il n’y en avait pas. Un moteur, voilà ce qui allait pousser ce bateau. Un simple bateau dont l’invention fut créée par les humains. Voilà tout. Ses pairs étaient à l’origine de cette technologie.

- Et toi, tu as déjà pris le bateau Akalie ? Tu as déjà connu la sensation d’ivresse et de puissance de dompter les vagues ? Tu connais ce sentiment qui t’envahit sitôt la vitesse t’embarquant et les vagues te heurtant de toutes leurs forces pour briser en miettes ton navire et faire cesser ta course ?

S’ensuivrait alors une descente dans les abîmes plus profonds. Voilà ce qui se passait si la nature reprenait ses droits. Le froid d’abord. Cet horrible froid piquant la peau de la Russe dans son pays natale. On croit s’y habituer, on pense oublier la morsure tenace mais c’est faux. Elle est si vive qu’elle ne vous endolorit pas mais vous réveille un peu plus à chaque nouvelle rafale, vous rappelle que vous êtes toujours en vie et ne cesse de prolonger votre calvaire. Jusqu’à la mort, ô délivrance ! Cela devait être la même chose avec l’océan. Mais le calvaire ne s’arrêtait pas là ; ce serait trop facile sinon. La nature ne serait pas un peu amusée si elle n’avait pu profiter de l’agonie ou de la terreur des êtres de misère qui l’ont souillée.
Puis ce n’est plus seulement le froid qui vous pétrifie mais l’eau entière. Une bulle, un piège se referme alors sur le pauvre innocent ayant eu le malheur de sombrer avec son navire. Nager ? À mille lieux du rivage, c’est bien inutile. La fatigue sera donc là pour l’accueillir, le faire cesser de s’agiter, de s’épuiser en vain. Parce que tout est perdu. Enfin, voici venu le temps de la fin. La noyade. L’absence d’air se fait sentir car tout le monde n’est pas triton qui veut. Alors la pierre coule lentement et s’enfonce peu à peu au fond des abysses. Pour mieux remonter ensuite. Un corps sans vie en guise de rescapé.

- Moi j’ai jamais mis les pieds sur une coquille de bois flottante. J’suis née à Saint-Pétersbourg et pourtant j’ai jamais eu l’occasion de monter à bord d’un navire… Putain de paradoxe.

Lyra cessa enfin de s’agiter. Elle avait ressenti une soudaine secousse. Elle essaya de se détendre pour calmer les battements de son cœur qui venait de s’emballer. Ce n’était rien. Du moins rien d’autre que leur voyage qui débutait tout juste. Sa chevelure glissait, portée par les courants d’air, le vent ne se faisait pas prier et semblait saluer ce paquebot quittant le port. Au revoir, pauvres fous.

- Mais le problème avec l’eau, c’est que c’est fourbe. Suffit d’un rien, d’une seule vague pour que l’embarcation entière chavire. Et après, c’est la mort assurée, fit-elle tout en scrutant des yeux les vagues qui échouaient à mettre à terre ce Goliath des mers. Faut croire que tous les moyens sont bons pour que Deus puisse récupérer notre âme et nous enrôler dans sa belle école.

Il fallait être aveugle – ou plutôt sourd – pour ne pas déceler l’ironie de sa dernière phrase. Elle l’appréciait toujours autant, ce cher Deus. Ce dernier lui avait offert une nouvelle vie – malédiction – mais ce n’était pas de cette vie qu’elle voulait mais de l’ancienne. Celle où elle était humaine. Elle n’avait peut-être pas de pouvoirs, devait faire un sale boulot pour vivre, vivait dans la terreur et l’angoisse perpétuelle de voir un jour sa vie détruite par quelques flics traînant un peu de trop dans le quartier mais au moins était-elle heureuse. Avec lui. Maintenant qu’elle était un fantôme elle n’avait plus que ses yeux pour pleurer et ses souvenirs pour se rappeler du passé qu’elle avait quitté. À cause d’une mort trop stupide et trop rapide. À cause d’une vieille histoire prenant sa source en Russie. À cause d’une satanée entité l’ayant choisie pour un dessein dont elle n’avait pas connaissance.
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Re: Le jour se lève [Terminé] - Sam 9 Fév 2013 - 0:49

À quel point pouvais-je calmer ma nervosité ? Mon excitation ? Si ce voyage ne se terminais pas comme je l'imaginais, je serai déçue. C'est quelque chose que j'ai appris au courant de ma vie. Il ne faut jamais se dire que quelque chose serait extraordinaire afin de s'attendre au meilleur. Car à la fin, ce sera toujours un peu moins bien de ce à quoi nous nous attendions. Résultat : La déception.
Je tentai avec tous les efforts possibles de me calmer et de me relaxer. Je fermai les yeux et essayai de penser à autre chose. Mais impossible. Ma tête ne voulait penser à rien d'autre qu'à mes retrouvailles avec Naky. J'abandonnai l'idée de me changer les idées, de toute façon, je n'y parviendrai pas. Au pire, il n'y a pratiquement aucune chance que la déception m'atteigne. J'allais retrouver la prunelle de mes yeux, ma petite soeur. Mes pensées se bousculaient dans mon esprit et j'entendis à peine ce que Lyra me disait. Je crois qu'elle parlait d'un chien, ou quelque chose comme ça.
Je ne sais pas si Lyra pensait à quelque chose de marrant mais elle s'est mise à rire pour... absolument rien. C'était ma tête décoiffée par le vent ? Qu'elle étrange énergumène cette fille ! Pourtant, incapable de la détester. Je l'aime bien ainsi. Même si elle a osé me lancer un verre d'eau au visage !

"Tu crois que c’est possible, toi, d’être dans une ville portuaire mais de ne jamais emprunter le bateau alors que c’est là notre plus grand rêve ? Non mieux, tu crois que c’est possible d’être dans cette ville et de se retrouver bloqué loin des côtes sans jamais pouvoir approcher de près la mer alors qu’elle est si proche ?"

Lorsque je pris enfin conscience du sens de sa phrase, je ne voyais toujours pas de quoi elle me parlait. Ainsi donc, elle aimait la mer, mais n'avait jamais eu l'occasion d'y aller ? Parlait-elle de sa vie antérieure ? Peut-être les douces sensations des vagues lui permettent d'être enfin coopérative sur ce sujet ? Oh, quelle surprise ! Lyra qui parle de sa vie (du moins, je le constatais). Je m'approchai légèrement afin de l'écouter plus attentivement. Mais elle n'a rien ajouté. Il y a eu un long silence. Jusqu'à ce qu'elle me demanda si j'avais déjà eu la chance inestimable de prendre le véhicule qui chevauche la grande bleue, le bateau. Apparemment, embarquer dans celui-ci était pour elle, un grand rêve.

"Oui, j'ai déjà pris le bateau. La mer. Cette chose si fascinante, elle est remplie de mystères incroyables. J'ai déjà eu la chance de voyager au dessus d'elle. À bord d'un véhicule comme celui-ci. C'est une expérience magique. Même si tant de gens l'ont déjà vécue."

Pour Lyra c'était la toute première fois. Il est indispensable de vivre cette expérience au moins une fois dans sa vie, et elle a de la chance de pouvoir le faire pendant sa mort.

Saint-Pétersbourg était sa ville d'origine. Elle était donc Russe, cette repentie. D'où son subtil accent. J'apprendrai de nouvelles choses sur Lyra aujourd'hui, et j'étais contente. Mais comment pouvons-nous habiter à Saint-Pétersbourg et ne jamais avoir toucher à l'eau ? C'est presque impossible. C'est comme dire : J'habite dans le désert, mais je n'ai jamais vu le moindre grain de sable. Allez savoir comment c'est juste possible.
Elle semblait apeurée par les précipitations des vagues. En effet, elle n'avait pas complètement tort. Il ne suffirait qu'une vague trop violente ne nous atteigne et elle nous ferait automatiquement chavirer. Ensuite, la mort. Mais à présent, nous étions déjà mortes alors aucune raison de s'inquiéter. Je ne crois pas que nous pouvons mourir une deuxième fois... C'est possible ? Les possibilités dans ce monde sont infinies il faut croire. Bientôt, je pourrai me transformer en pomme, me faire pousser des ailes et imiter le cri de la girafe (qui n'ont pas de cordes vocales). Je n'ai pas pu m'empêcher de sourire en pensant à mon délire.

Il était inutile d'être un génie pour s'apercevoir que Lyra en voulait à Deus de lui avoir enlever sa vie. C'était compréhensible. Je me demandes si son destin de future déesse lui convient. Peut-être aurait-elle préféré avoir le repos éternel. Si ça aurait été le cas, jamais je ne l'aurais rencontré, jamais elle aurait eu la chance de m'avoir à ses côté afin de l'enquiquiner et de l'obliger à m'accompagner dans le monde des humains. Jamais je l'aurais rencontré au grand temple, et j'aurais été seule.

"Lyra... à ce que je comprends, le fait d'être dans cette académie ne t'enchante pas plus que ça. j'essayai de parler assez bas afin que les autres passagers n'entendent pas notre conversation. Je sais que tu n'aimes pas aborder ce genre de sujet, mais si tu veux en parler, je suis là."

Probablement que je parlais pour rien, elle allait sûrement me dire un truc du genre qu'elle s'en fout et qu'elle ne m'en parlera jamais, que je me prend pour la sainte fille qui comprends le problème de tout le monde. Je m'y attendait mentalement. Mais je voulais quand même qu'elle sache que j'étais là pour elle. En cas de besoin. Après tout, elle m'avait assisté à mon réveil ici et accepté de m'accompagner chez les vivants. Ce n'était pas rien.

Ça faisait un bon moment qu'on nous voguions. Je sentais que la fin du voyage arriverait bientôt. Je le savais. Plus tôt, j'avais dis à Lyra que si nous allions faire cette... aventure... ensemble, jamais plus je serais dans ses pattes. Mais au fond de moi, je ne pouvais nier que c'était une promesse en l'air. Même si j'essayais, je ne serais pas capable de couper les liens que j'ai en ce moment avec elle.




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Re: Le jour se lève [Terminé] - Dim 10 Fév 2013 - 17:09
Lyra ignorait si Akalie avait interprété cette historie comme étant la sienne ou celle d’une inconnue. La connaissant, la première supposition ne l’étonnerait pas. Pourtant, elle devrait savoir que l’archiviste n’est pas de nature à se confier aux autres. Elles se connaissaient depuis peu mais elle aurait déjà dû saisir cette parcelle de Lyra pendant ce court laps de temps.
Elle avait évoqué un rêve mais celui-ci n’était pas le sien mais celui d’une fille qui devait être morte aujourd’hui. En deux ans, il avait dû s’en passer des choses, là-bas, en Russie, le sang avait dû pleuvoir à nouveau, au même rythme que les balles criblant les corps. Mais tout cela appartenait au passé désormais.

Parlant de rêve, quel était celui de la Russe ? Elle croisa les bras et posa sa tête sur ces derniers. Elle n’y avait jamais réellement songé. Souhaiter le bonheur pouvait-il en être un ? Non, ce désir était commun à tous les hommes ; n’était-ce pas le but même de l’existence, traquer le bonheur en multipliant les plaisirs ?
Désirer pour prétendre au bonheur. Encore et encore. Une boucle éternelle qui recommence, qui semble sans fin, interminable. Un fil conducteur qui dirige chaque être humain. Un désir de plus assouvi, et ensuite ? Un autre apparaît. Frustré d’abord car inaccessible. Triste ensuite car réalisé. Le bonheur se construit au fil des désirs de chacun, ces mêmes désirs se multiplient sitôt l’un d’entre eux satisfait et finissent pas être déçus. Quel paradoxe.

- Ne te méprends pas, prendre le bateau n’était pas un rêve. Juste que ça ne m’aurait pas déplu de vivre cette expérience de mon vivant. Ce n’est pas moi qui étais bloquée dans cette ville et qui n’a pu voir la mer ni emprunter le bateau. C’était quelqu’un d’autre. Alors évite de te méprendre à l’avenir ou plutôt de faire des conclusions hâtives.

Cela se voyait de la façon dont Akalie l’avait regardée sitôt cette anecdote contée. Ce même regard que l’on offre aux plus démunis, ceux qui font pitié, ceux qui sont dans le besoin. Lyra n’avait pas besoin de sa pitié. Non merci. Long soupir. Serait-ce toujours ainsi, serait-elle toujours regardée de cette même manière tout au long de sa vie à Deus ? Elle ne parlait jamais de son passé, pourtant quelque chose la trahissait, quelque chose trahissait la blessure au fond d’elle. Tant qu’elle ne saurait pas quoi, difficile d’y remédier.

Elle laissa ses pensées se dirigeaient vers le rêve qui l’avait poussée à vivre. En avait-elle seulement un ? Sans doute, sinon elle n’aurait pas tenu pendant dix-huit années et se serait suicidée sitôt son entrée dans la secte. Alors quoi, qu’est-ce qui l’avait poussée à aller de l’avant ? Son désir de vivre peut-être. Tout bêtement. Cette envie de s’en sortir et de voir le vrai monde de ses yeux, pas celui qu’on lui servait en Russie. Elle ovulait vivre. Rien d’autre.

- Lyra... à ce que je comprends, le fait d'être dans cette académie ne t'enchante pas plus que ça. Je sais que tu n'aimes pas aborder ce genre de sujet, mais si tu veux en parler, je suis là.

Elle ne lâchait pas facilement l’affaire, celle-là. Combien de fois lui avait-elle posé cette question ? Long soupir. Il faut croire qu’avoir une vie privée et être appelée à devenir une future déesse n’allait pas de pair ici. Tant pis. Si elle lui offrait une bribe de sa vie, une partie de son passé sans entrer dans les détails peut-être lui lasserait-elle la paix ? Elle pouvait toujours tenter le coup.

- Toi t’es comme les morpions. Dès que t’as élu domicile, difficile de te décrocher ! s’amusa-t-elle. J’ai une dent contre Deus. Pas ma faute. J’lui ai jamais rien demandé à lui. Il aurait tout aussi bien pu me laisser crever en paix que j’lui aurais jamais cherché de noises ! Mais non, il a fallu qu’il me fasse payer mes actes passés en m’offrant une seconde chance… Malédiction, ouais !

Elle cracha par-dessus bord sitôt le dernier mot sortit. S’exprimer sur cette divinité ne l’enchantait pas. Dire qu’elle avait été déjà le prier par deux fois pour obtenir plus de puissance. Quitte à être coincé ici, autant pouvoir s’amuser un peu avec des pouvoirs. Elle ignorait toujours si celui qui se cachait derrière toute cette mascarade s’appelait réellement Deus mais une chose est sûre, quelqu’un tirait bien les ficelles depuis tout là-haut.
Elle se remit dans sa position initiale, tête sur ses mains, à observer les vagues se fracassant contre la coque depuis le bastingage. C’était sympa, en vérité, le bateau. Un peu flippant, mais sympa. Au moins supportait-elle la traversée. Elle avait craint que son cœur ne l’abandonne sitôt les premiers remous mais il n’y avait rien de cela. Ce n’était pas le cas de tout le monde, d’ailleurs. Autour d’elle, des passagers prenaient sans doute le bateau pour la première fois et se vidait l’estomac, pâlissant à en faire rougir un cadavre. Et cela se prétendait des dieux ?

- J’ai commencé à réellement vivre à seize ans. J’aurais eu deux belles années devant moi avant de mourir. J’sais même pas pourquoi j’suis morte, en plus. Le coup est parti, comme ça, déchirant la nuit. J’ai rien vu venir. Remarque, j’aurais dû être un peu plus prudente, aussi ! Rester sur mes gardes, comme avant.

Voilà qu’elle se mettait à parler de sa mort. Ce n’était pas là le sujet le plus confidentiel de sa vie. Son passage de vie à trépas lui importait peu, tout comme les circonstances. Elle aurait aimé qu’on lui explique pourquoi elle avait été la cible de cette balle. Mais rien. Elle avait été propulsée ici, dans cette académie, sans la moindre explication. Y avait qu’à se démerder et à trouver les réponses. De toute façon, n’est-on jamais mieux servi que par soi-même ? Lyra avait su appliquer cet adage plus d’une fois. Autant lors de son existence d’humaine que pendant celle de déesse.

- Après, la suite, tu la devines. J’suis arrivée ici, accueillie par un guignol fumant une clope et s’éclipsant dans un nuage de fumée. Même pas l’temps de dire quoi que ce soit qu’il avait disparu, l’enfoiré ! fit-elle tout en laissant un silence. Alors satisfaite, Mademoiselle-La-Curieuse ?

De toute façon, elle n’en saurait pas plus. Qu’elle se contente de cela. Lyra n’était pas de nature à faire des confidences et même si Akalie était la première personne à qui elle racontait sa mort – ou plutôt évoqué – elle ne s’en réjouissait pas pour autant.
Elle leva la tête en direction de l’horizon et vit que les terres approchaient de plus en plus. Elles arrivaient. Elles allaient enfin pouvoir fouler la tette des humains. Leur terre. C’était là que tout avait commencé. C’était là que la rouquine renouerait avec son passé en revoyait sa petite sœur et ici que Lyra essayerait de couper les ponts avec son ancienne vie.

Le bateau se dirigea vers un port. Le colosse des mers perdait de la vitesse pour pouvoir se s’amarrer convenablement en évitant toute casse. Les passagers s’étaient déjà levés, impatients à l’idée de poser pied à terre. Ce n’était là que leur ancien monde, pas de quoi s’exciter. La Russe se doutait que cette même excitation contaminerait bientôt Akalie. Elle avait été en proie à la nervosité depuis le début de la journée, il n’y avait aucune raison pour que cela change. La demoiselle attendit que tout le monde se soit dirigé vers le pont pour faire de même.

- Alors tu viens ? Ta sœur t’attend !

Elle tendit sa main à Akalie qui n’allait pas tarder à les rejoindre. Là, leur aventure commençait réellement, en terre familière mais inconnue. Familière car elles venaient de là mais inconnue car tout avait changé depuis qu’elles étaient mortes. Les humains ne les verront pas, ne les entendront pas. Elles ne seront que deux fantômes de plus parmi cette anarchie humaine. Akalie aurait grand besoin de soutien pour ne pas flancher. Elle serait là pour elle en cas de besoin.
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Re: Le jour se lève [Terminé] - Mer 13 Fév 2013 - 19:20

Donc l'histoire du rêve de voguer sur un bateau n'était pas le sien ? Quel était l'intérêt de me la raconter alors ? Faux espoirs, encore et toujours de faux espoirs. Il fallait que je me rende à l'évidence, Lyra resterait pour moi un mystère, et cela ne changerait jamais. Pourquoi donc je m'acharnais là dessus ? Oui, je voulais en savoir plus sur sa personne, sur son vécu. Cette repentie à la longue chevelure brunâtre m'intéressait beaucoup. Je l'aimais bien et j'avais envie de la connaître. Par contre, ceci n'était que des pensées en l'air.

"Toi t’es comme les morpions. Dès que t’as élu domicile, difficile de te décrocher !"

Bon et quoi encore ? M'en voulait-elle parce que je voulais mieux la connaitre ? Parce que je souhaitait que notre "amitié" se prolonge ? Il est vrai que je peut paraître insistante quand je veux, mais quand j'ai une idée, un but, une pensée en tête, j'y vais jusqu'au bout. Tout dépendant de la personne avec qui je suis. Maintenant que je me sentais à l'aise d'être en compagnie de Lyra, cette mauvaise manie de ne jamais vouloir décrocher m'envahira, encore. Il va falloir qu'elle s'y habitue, qu'elle le veuille ou non. *soupir* et elle a continué :

"J’ai une dent contre Deus. Pas ma faute. J’lui ai jamais rien demandé à lui. Il aurait tout aussi bien pu me laisser crever en paix que j’lui aurais jamais cherché de noises ! Mais non, il a fallu qu’il me fasse payer mes actes passés en m’offrant une seconde chance… Malédiction, ouais !"

Ainsi elle aurait préféré avoir le repos éternel. Décidément, nous avions toutes les deux des façons de penser bien différentes. Moi j'étais choyée de pouvoir continué mon existence en tant qu'apprentie déesse. Le repos éternel me semblait effrayant. Tu ne peux rien faire, ta vie est finie alors... tu n'es plus rien, ta conscience est mise à off. Je n'aurais pu l'accepter. Enfin, je l'aurais même pas remarqué. Non ! Cette pensée me donnait des frissons et je suis heureuse que Deus m'aie accordé cette chance. Mais effectivement, ce n'était pas le cas de tout le monde. Certains peuvent avoir envie d'avoir l'âme libre et ne plus jamais penser à rien. Être tout simplement... mort.

Lyra est morte à dix-huit ans et moi à dix-sept. Donc, je la comprenais amplement. Par contre, j'aurais aimé mourir à son âge aussi. Je n'ai jamais pu vivre mes dix-huit ans, l'âge où l'ont devient "adulte" et libre. Mais bon, l'idée d'être une adolescente pour le reste de mes jours me plaisait tout autant. Enfin, est-ce qu'on grandit encore ici ?
Elle m'a aussi confiée que son arrivée à l'académie n'a pas été la plus chaleureuse qui soit. Moi, j'ai eu la chance de faire sa rencontre lorsqu'elle était là à mon réveil. Mais je n'ai pu m'empêcher de rire lorsqu'elle a parlé d'un "guignol fumant une clope" ! J'imagine la scène. Pauvre Lyra, c'est vraiment pas le meilleur des accueils, en effet.

"Oui, je suis satisfaite. Faut pas m'en vouloir si j'ai envie d'apprendre à te connaître !" ai-je dis en faisant un petit sourire subtil.

Le voyage tirait à sa fin, nous arrivions dans le monde des humains. Mon coeur battait de plus en plus fort et le stress ne tarderait pas à faire surface. Ma soeur était tout près de moi. Bientôt, je l'aurai devant les yeux qui se rempliraient de larmes de joie... et de tristesse. Lyra m'a tendit sa main et je l'ai pris avant de débarqué du bateau. J'ai commencé à la suivre. Sérieusement, il n'y avait rien de dangereux ici, pourquoi avait-elle si peur de venir ? Ça faisait changement de l'académie. Je regardais partout autour de moi, comme si je cherchais ma soeur, mais je savais qu'elle n'était pas dans les environs. J'avais si hâte de la voir que je ne pensais plus à rien.

"Où devons-nous aller pour la voir ? Je ne penses pas qu'elle se trouve près d'un port où il y a des bateaux menant à une académie de Dieux..."

Je cherchais le moyen de communiquer avec elle. Avec Naky, quand je la verrai. Les animaux revenaient toujours dans ma tête. Si c'est vrai qu'ils peuvent voir les esprits, nous en auront la preuve aujourd'hui.




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Re: Le jour se lève [Terminé] - Jeu 14 Fév 2013 - 19:14
Lyra était déjà à terre, attendant que la demoiselle vienne lui saisir la main, ce qu’elle ne manqua pas de faire. La ville s’étendait devant elles. Leur monde. Leur ancien monde. C’était là qu’elles avaient grandi, là qu’elles avaient ri, ici qu’elles avaient connu leurs premières larmes, ici qu’elles étaient mortes. Voilà qu’elles y retournaient aujourd’hui. Juste pour revoir une humaine. Etait-ce toujours une folie ? Sans doute à la place d’Akalie aurait-elle fait le même cinéma pour pouvoir faire céder un repenti. Mais elle n’était pas à sa place et les rôles ne seraient jamais interchangés. Ainsi est la vie.

- Où devons-nous aller pour la voir ? Je ne pense pas qu'elle se trouve près d'un port où il y a des bateaux menant à une académie de Dieux...

Là, leurs affaires se gâtaient. Etait-elle vraiment sérieuse ou plaisant-elle tout simplement ? Lyra tourna la tête vers elle pour scruter le blanc de ses yeux. Non, c’était bien l’ignorance qu’on pouvait lire au fond de ces prunelles. Long soupire. Elle avait accepté de guider Akalie jusqu’au monde des humains mais avait songé que la demoiselle prendrait le relais sitôt arrivées. N’était-ce pas elle qui souhaitait retrouver sa cadette, et non l’inverse ? Mais qu’importait. La Russe trouverait bien une solution. Il y avait toujours une solution. Il suffisait juste de réfléchir un minimum.
Lyra commença à marcher, suivie de près d’Akalie. La rouquine semblait attendre un lieu, une indication lui indiquant où chercher. N’aurait-elle pas pu y songer avant d’embarquer dans le bateau ? Là, elles avaient l’air de deux idiotes un peu paumées. Rien d’autre.

L’archiviste se laissait porter par ses pas, luttant contre le vent marin. D’abord, quitter ce port. Inutile de rester ici plus longtemps. C’était la ville qu’il fallait gagner. Lyra se retourna juste à temps pour voir le navire disparaître dans une écharpe de brume. Mais il allait revenir. Et si ce n’était lui, c’en serait un autre, identique en tout point, qui leur permettrait de rentrer. Leur ticket retour pour l’académie voguait sur les eaux et transportait à son bord des dieux en devenir. Hilarant.

- Il est encore tôt, j’pense qu’à cette heure là ta sœur doit être en cours, non ? Le mieux, c’est de repasser chez toi ce soir pour aller la voir, fit-elle tout en se tournant vers Akalie et en souriant. Tu penses tenir jusque là ou tu vas m’claquer entre les doigts à force de t’impatienter ?

Son rire vint balayer sa dernière phrase. Vraiment, elle n’avait jamais rencontré qui que ce soit ressemblant à Akalie. La rouquine avait l’air d’être heureuse dans toutes les circonstances. Cet éternel sourire ne la quittait jamais et même lorsque cette esquisse disparaissait de son visage, ses yeux en disaient long sur elle. Il suffisait de croiser son regard pour voir à quel point elle aimait la vie. Au moins l’une des deux femmes était elle heureuse d’être ici, présente parmi les vivants, au lieu d’être enterrée six pieds sous terre.
C’était la première fois qu’elle rencontrait quelqu’un d’aussi souriant. Lorsqu’elle était en vie, son passé n’avait été qu’obscurité et peines à longueur de journée. Les visages semblaient avoir la couleur de cette neige grisâtre, fondant dès les premières lueurs du printemps. Les sourires eux-même étaient aussi rares que le soleil en hiver. Là-bas, tout n’avait été que grisaille et tristesse. Ici, une nouvelle couleur teintait sa vie. Celle de l’espoir.

- Il fait froid, et si on allait se poser quelque part au chaud ? Pas envie de patienter une journée entière à claquer des dents et à danser sur place pour m’réchauffer, s’exclama-t-elle, pointant du doigt un bâtiment. Et ça c’est un café ou j’m’y connais pas ! Tu crois qu’ils acceptent les morts ?

Elle se dirigea droit vers le bâtiment en question. L’enseigne semblait manquer de s’arracher à chacune des bourrasques, le nom du troquet était illisible – merci la pluie – et sans doute l’intérieur était-il aussi délabré que l’extérieur mais cela n’arrêta pas Lyra. Elle fit un sourire d’encouragement à Akalie. Il ne fallait pas se fier aux apparences, elles étaient parfois trompeuses.
Mais trêve de minauderies, Lyra poussa la porte qui grinça. Pour une arrivée discrète, c’était raté. Tous les regards convergèrent vers elle. Alors quoi ,ces humains pouvaient la voir ? Impossible !

- Hey les mecs ! Encore une qui s’est barrée de l’académie !

La phrase fut accueillie pas des « hourra » et des chopes entrechoquées. D’accord, elles étaient tombées chez les fous. Pas de chance. Elle poussa Akalie à l’intérieur. Ces guignols n’avaient pas l’air dangereux, c’était déjà ça. La Russe referma la porte derrière elle et s’adossa contre cette dernière, profitant de quelques secondes pour balayer la pièce. Au final, l’intérieur était identique à l’aspect pitoyable qu’offrait l’enseigne. Mais ce n’était pas ç a qui allait l’arrêter. Au moins étaient-elles au chaud. Du verre brisé s’étalait au sol, de curieux liquides collaient au parquet qui semblait ne pas avoir vu la couleur de la cire depuis longtemps. En parlant de couleur, celle du bois tirait davantage vers le jaune que vers le blanc. Pour un peu, on aurait pu croire qu’un fin tapis de pisse recouvrait les planches d’origine. Mais rien de tout cela. Inutile de dramatiser davantage l’endroit.

Si seulement il n’y avait que le sol qui était crade. Mais non, les murs étaient recouverts par différentes peintures. Lyra tourna la tête pour voir une phrase insultant Deus. Super. Elle était tombée chez des futurs dieux anarchistes. Rectifions. Super ! Elle était tombée sur des futurs dieux semblant apprécier Deus autant qu’elle ! Cela promettait d’être intéressant. Si elle avait encore des doutes quant à l’académie dont le mec avait fait allusion en guise de bienvenue, autant dire qu’ils s’étaient envolés.

- Reste près de moi, Akalie. C’est pas parce que ces dégueulasses sont comme nous qu’il faut pas pour autant se méfier d’eux. Tu y crois toi, à ces pseudos-anarchistes qui boivent et insultent Deus à longueur de journée ? Ils ont plus l’air d’être de beaux enfoirés que d’avoir de vrais valeurs.

Elle ne s’était pas gênée pour dire haut ce qu’elle pensait. Des dieux méprisant réellement Deus ? Elle demandait à voir. Elle allait s’asseoir au comptoir. Ce dernier aussi était cadre. L’archiviste laissa promener son index pour évaluer le niveau de saleté de l’endroit. Une belle tâche noire s’était dessinée au bout de son doigt.
Tous les regards s’étaient tournés vers elles. Pourtant, elle ne se laissa pas influencer et regarda droit dans les yeux le barman pour lui annoncer sa commande : deux chocolats chauds. Il devait bien avoir ça en stock, au milieu de l’absinthe et de la bière bon marché, non ? Elle fit signe à Akalie de venir. Elle n’allait tout de même pas rester devant la porte.

- Allez viens, on va s’amuser un peu, j’te dis !

Elle ne savait pas encore tout cela allait finir. Les apprentis ne lâchaient pas des yeux les demoiselles, fixant tour à tour l’une puis l’autre. Des femmes étaient parmi eux. Une musique flottait dans l’air. Si seulement c’était moins dégueulasse, peut-être cela aurait-il pu être accueillant. Mais si la propreté était au rendez-vous, nul doute que des humains viendraient s’approprier cet endroit. Sans doute était-ce pour cela que tout était fait en sorte pour que le client soit écœuré par l’esthétisme du bar. Cela, plus la paresse aussi peut-être ?
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Re: Le jour se lève [Terminé] - Dim 17 Fév 2013 - 0:02

Le monde des humains. L'endroit où nous avons vécu, l'endroit où nous avons mourût. Maintenant, nous étions de retour. Ça fait bizarre. Mais j'aime beaucoup ! Je pourrais rester ici pendant des jours, de toute façon, j'ai tout mon temps.

Non loin de nous, un café tout délabré de l'extérieur était dans notre champs de vision et Lyra voulait que l'on y rentre. Quel charmant endroit où passer notre journée ! Mais bon, c'est pas comme si on avait le choix. Bientôt, je verrai ma soeur, mais en attendant, il fallait trouver un abris où se réfugier.

"Et ça c’est un café ou j’m’y connais pas ! Tu crois qu’ils acceptent les morts ?"
"Y'a pas trente-six moyens de le savoir, allons-y !"

À l'intérieur, c'était aussi accueillant qu'à l'extérieur. De jolies tables toutes brisées, avec des fenêtres craquées de partout où la vitres se répandait sur le sol, c'est à peine si on pouvait appeler cet endroit un café. Le plus étrange, c'est que tous ceux ici présents dans ce café à part nous se sont mit à nous fixer du regard. Comment est-ce possible ? Nous sommes mortes. J'ai alors compris que c'était leurs cas à eux aussi, ils sont des fugueurs de l'Académie. De plus, je crois que comme Lyra, ils ont une dent contre Deus eux aussi. Je suis entourée d'ignorants et de débiles profonds, génial !

"Reste près de moi, Akalie. C’est pas parce que ces dégueulasses sont comme nous qu’il faut pas pour autant se méfier d’eux. Tu y crois toi, à ces pseudos-anarchistes qui boivent et insultent Deus à longueur de journée ? Ils ont plus l’air d’être de beaux enfoirés que d’avoir de vrais valeurs."

Je me suis mise à rire, elle ne s'était pas gêné une seule seconde pour dire ce qu'elle pensait à voix haute. La tête que le garçon a fait à côté de nous était tout simplement hilarante... En m'asseyant avec Lyra, après qu'elle nous aie commandé des chocolats chauds, j'ai eu l'envie de m'amuser un petit peu. Pourquoi pas intéragir avec un de ces bouffons ? Il est vrai qu'en temps normal, je suis de nature timide, mais cette fois-ci, je m'en fichais royalement ! Peut-être le monde des humains a-t-il une influence sur mon comportement ? Le mec près de moi - celui qui avait fait la tête marrante d'homme vexé - s'était approché pour commander une bière.

"C'est pas en buvant que tu vas oublié que t'es mort, mon cher. Oh, mais où sont passées mes manières ? Salut, je m'appelle Akalie. Non mais sérieusement, comment tu fais pour passer tes journées dans ce trou à rats ?"

À sa grande surprise que je l'interpelle, ce jeune homme s'est tourné pour me faire face et m'a analysé du regard. Comme je l'ai fais. Il devait avoir entre dix-neuf ou vingt ans maximum. Ses cheveux étaient bruns foncés virant presque sur le noirs et il avait les iris bleus saphirs. Lorsqu'on prend le temps de le remarquer, on peut dire qu'il soit assez mignon.

"Je passe mes journées où je veux. C'est déjà mieux ici que cette académie de malheur !"

Les quelques personnes non loin de nous se sont regardés en hochant la tête en signe d'accord. J'ai arqué un sourcil, un léger sourire aux lèvres. Ces gens n'aiment pas l'académie. Mais pourquoi ? Ont-ils une bonne raison ou ils ont simplement envie de se rebeller ? Nous ne sommes plus en vie à présent, nous sommes morts. Ils devront un jour où l'autre accepter leur sort. Sinon, il vont vraiment s'emmerder longtemps !

"Si j'comprends bien, vous êtes comme ces esprits qu'on voit à la télé, qui prennent un endroit abandonné effrayant et qui décide de le hanter ? Parce que c'est à peu près la réputation que vous vous donnez. Quelles sont les raisons de votre haine envers Deus ? J'aimerais bien comprendre davantage. Il vous a offert la chance de prolonger votre existence, et vous, vous lui tournez le dos. Je ne suis pas sûre de partager votre logique. Mais j'aimerais en savoir plus sur votre façon de voir les choses... et sans ta bière si tu permet."

Monsieur a déposé sa bière et a croisé les bras, l'air de réfléchir. Apparemment, personne ne lui avait jamais dis les choses de cette façon. Ce qui n'est pas surprenant. Je me demande à quoi il pense. Peut-être ma réflexion l'avait-il fait voir son point de vue d'un autre angle. Je ne sais pas.

"Quand tu vis une vie de misère, tu as envie de te reposer par la suite. Mais non. Deus ne comprend pas ça, il a fallu qu'il nous choisisse pour devenir des dieux. Des dieux ! Non mais sais-tu à quel point être un dieu requiert des responsabilités ! Ce n'est pas ce que j'ai choisis. Je sais que le fait de prolonger son existence est une chance exceptionnelle. Mais ce n'est pas de cette façon que je la voulait, cette chance !"

J'ai hoché la tête en signe de compréhension. Il est vrai que ces gens ont dû avoir une vie beaucoup plus misérable que la mienne pour vouloir se rebeller contre Deus. Je me suis tourné vers Lyra qui buvait toujours son chocolat chaud, mais qui, évidemment, n'avait perdu aucun moment de la conversation. Était-ce là son opinion à elle aussi ? Je lui ai fais un petit sourire amical avant de me retourné vers le garçon.

"Ouais... je comprends. Chacun voit la chose différemment de toute façon."

Je n'allais pas le convaincre d'apprécier Deus si ce n'était pas le cas, ça me servirait strictement à rien. J'ai regardé Lyra, je lui ai lancé un regard qui voulait dire « et si on changeait d'endroit ? » je ne sais pas si elle m'a comprise. De plus, ma soeur aura bientôt terminée ses cours. Alors forcément, il faudrait débarrasser l'endroit ! Sauf si elle a en tête de rester... Alors là, je risque de me faire plusieurs connaissances en ces lieux.




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Re: Le jour se lève [Terminé] - Dim 17 Fév 2013 - 17:45
Lyra posa ses mains sur le chocolat chaud. Cela allait lui faire du bien. L’hiver était bel et bien là, emportant avec lui les joies de la neige et des oreilles rougies par le froid. Elle porta la tasse à ses lèvres. C’était bouillant. Elle reposa derechef le récipient, observant Akalie en pleine conversation avec un inconnu. Voilà qu’elle se mettait à parler avec des hommes, elle d’ordinaire si timide ! Cette balade aura au moins eu pour effet de la décoincer un peu.
Les oreilles de la Russe se perdaient à travers la joute verbale entre Akalie et l’homme. Ses yeux, eux, préféraient faire le tour de la pièce, distinguant les éléments qu’elle n’avait pas remarqués de prime. Y a pas à dire, c’était vraiment crade comme endroit. Une vraie porcherie. Pour peu qu’il y ait des rats traîner près des cuisines, cela ne l’étonnerait même pas. Cela irait même plutôt bien avec ce décor sinistre. Mais même si le désordre semblait être le mot d’ordre principal, quelques règles d’hygiène semblaient être suivies. C’était mieux que rien. Pour le moment, nuls cafards n’avaient escaladé son poignet. C’était déjà ça.

La discussion touchait à son terme. Dommage. Lyra aurait bien aimé relancer le débat. Et pourquoi pas, d’ailleurs ? Cela risquait d’être intéressant. Il suffisait juste de frapper là où cela faisait mal. Ils méprisaient Deus. Sans doute l’académie tout autant. Allez, on allait rire un bon coup.

- Ouais on comprend tout ça. Mais c’est pas avec vos tags à la con et en étant soûl du matin au soir que vous allez pouvoir changer quoi que ce soit. Si vous voulez vraiment faire connaître à tous votre opinion quant à deus, ce qui vous a fait et tout… Vous auriez plus d’impact dans l’enceinte même de l’académie, dit-elle tout en se tournant vers son nouvel interlocuteur. Imaginez, un endroit où des centaines d’apprentis n’attendent qu’une chose : vous. Vous y allez, vous recrutiez du beau monde et vous frappez un bon coup, là où ça fait mal. Là, vous s’rez p’têt entendus ou plutôt écoutés, avec un peu d’chance. Après, ça changera pas grand chose à votre statut de « mort-vivant » mais vous vous serez au moins battus pour vos convictions. P’têt que ça vaudrait l’coup d’essayer, vous croyez pas ?

La bouteille en verre vint se fracasser contre le comptoir. Là, elle l’avait énervé. Ses yeux semblaient être injecté de haine, tissons de verre entre les mains, il brandissait son arme, menaçant. Elle avait beau réfléchir, elle ne voyait pas ce qu’elle avait pu dire de déplacé.

- On retournera jamais là-bas ! Jamais ! Z’entendez ? Plutôt crever dans ce trou à rats !

Cela avait au moins le mérite d’être clair. Lyra haussa les épaules, peu impressionnée par cet élan d’agressivité. S’il avait besoin de cogner quelqu’un, qu’il s’excite davantage sur les autres crevards qui lui servaient de compagnons. Mais pas sur elle. Quoiqu’elle ne serait pas contre un beau combat mais là, il était encore tôt. Elle ne rêvait que d’une chose : se reposer un peu.
Elle porta une nouvelle fois sa tasse à ses lèvres. Le liquide était bien moins bouillant qu’à la première gorgée désormais. Toujours est-il que cela réchauffait toujours autant. Akalie, elle, n’y avait pas encore touché. Sans doute avait-elle été trop absorbée par sa discussion avec l’autre idiot pour pouvoir se pencher dessus.

- Ok, ok. Inutile de s’énerver pour une histoire pareille. D’ailleurs mec, j’pense comme toi. Deus n’est qu’un bel enfoiré et aurait dû nous demander notre avis avant de nous offrir cette nouvelle vie. Mais il ne l’a pas fait. Alors maintenant t’as que deux options qui s’offrent à toi, soit tu acceptes cette renaissance, soit tu t’apitoies sur ton sort, comme tu l’fais depuis t’à l’heure. Mais ça, ça ne regarde que toi.

Les prunelles de Lyra se posaient sur la bière qui coulait depuis le comptoir, se perdant sur le sol. De la bonne bière gâchée au bon vouloir d’un connard. Ces êtres-ci n’avaient que la vengeance pour unique motivation dans cette nouvelle vie. Leur seul but était de venir à bout de Deus, voilà leur objectif ultime. Ils semblaient oublier que Deus était à la base même de cet univers. Alors comment tuer une entité ? Là était tout le problème. Ils auront beau hurler de toutes leurs forces, faire le plus de mal possible à leur entourage, briser des verres encore et encore, manifester pour attirer l’attention sur eux, c’était inutile. Peut-être Deus les observait-il mais alors peu lui importait cette bande d’anarchistes. Ces ivrognes n’étaient qu’une simple épine. Il suffisait de peu pour les réduire au silence.

Son visage était déformé par la haine. La Russe balaya les faciès des autres personnes présentes dans la salle. Toutes semblaient prêtes à leur sauter à la gorge au moindre faux pas. C’était bien marrant de s’amuser à remettre en question leurs idéologies mais mieux valait ne pas trop jouer avec le feu. Elle risquait bien de se brûler tôt ou tard. Tous étaient armés jusqu’aux dents. Ils semblaient être parés pour se débarrasser d’éventuels enquiquineurs comme c’était le cas en ce moment-même.
Mais assez de temps perdu. L’archiviste refusait d’être prise pour une cible. Alors autant leur montrer à qui ils avaient affaire. En un geste, elle attrapa l’un de ses poignards et le lança en plein milieu de la cible d’un jeu de fléchettes. En plein dans le mile.

- Et la prochaine fois que tu t’énerves à nouveau, c’est dans ta jolie gueule d’enfoiré qu’il atterrira. Alors t’es gentil, tu dis à tous tes potes de se calmer ou ce troquet sera bientôt encore plus minable qu’il ne l’est actuellement… J’serai toi, j’me tiendrai à carreau et j’ferai plus d’zèle comme tout à l’heure. C’est compris ?

Elle avait évalué la situation et savait qu’à deux, elles ne tiendraient pas longtemps si un combat devait avoir lieu. Deux apprentis contre une bande de dieux déchus. Y avait de quoi rire.
Si les iris de Lyra avaient été des armes, sûr que le pauvre homme serait mort depuis belle lurette. Elle ignorait si elle avait réussi à l’impressionner. Elle ne souhaitait même pas gagner le respect de cette clique, juste éviter que cela se transforme en effusion de sang avant qu’elle n’ait eu le temps de dire quoi que ce soit. Mieux valait se méfier de ces extrémistes. Deus seul savait de quoi ils étaient capables.

Loin de les calmer, tous semblaient encore plus à cran. Etait-ce là leur quotidien ? Cela devait être chiant alors. Ce n’était pas une vie, ça. Être sur le qui-vive à longueur de journée, très peu pour elle. Dans son passé, elle avait dû tant de fois se méfier de tout le monde, même de ses proches. Y avait de quoi finir paranoïaque à la fin.

- Sinon, vous auriez pas quelque chose à grignoter ? De préférence, sans crottes de rats qui traînent. Et sans morceaux de verres. Pas envie qu’on s’casse une dent avec votre bouffe, s’exclama-t-elle, se tournant vers l’assemblée entière. Oh allez ! Faîtes pas la gueule ! S’amuser, vous connaissez pas ?

Manger et se changer les idées. Voilà quel était leur programme. Du moins si elles arrivaient à rester envie suffisamment longtemps. Akalie ne semblait pas partager son envie, prête à tout pour quitter ce lieu insalubre. Mais inutile de craindre une bande d’abrutis dans ce genre-là. À deux, elles auraient bien le dessus si une bagarre devait éclater. À deux plus un soupçon de malice.
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Re: Le jour se lève [Terminé] - Ven 22 Fév 2013 - 16:52

Y'a pas à dire, ces mecs sont vraiment zélés. Je regardais la confrontation de Lyra avec l'inconnu auquel je parlait il y a quelques minutes. Je ne disais pas un mot. Ça devenait violent et moi, étant entre ces deux individus, je ne pouvais les laisser faire.

"Bon, vous allez vous calmer maintenant ? Sinon j'vous jure que vous allez le regretter ! Non mais sérieusement, vous me découragez."

C'était à peine s'ils m'avaient entendus qu'ils continuaient à s'engueuler. Lyra avait lancé un de ses poignards dans le milieu du jeu de fléchette et avait avertie à l'homme devant elle que si il continuait, sa gueule serait la prochaine cible. J'ai lâché un petit rire discret. Mais en même temps, je ne pouvais m'empêcher de la trouver quelque peu idiote d'avoir dit cela. La violence se termine en vengeances infinies, en plus, ces abrutis sont morts tout comme nous, ils n'auront donc aucune difficulté à nous retrouver. Même Lyra détestait Deus, pour je ne sais quelle raison. Si elle partageait leur opinion, pourquoi les défiait-elle ?

"Vous êtes tellement ignorants. Vous êtes en train de me dire que vous auriez préféré pourrir dans un sommeil pendant le restant de vos jours ? Ça me dépasse, vous n'avez aucune logique ! Votre façon de montrer votre haine envers Deus est tellement stupide que ça me fait marrer ! Vous avez simplement l'air deux fois plus misérables ainsi. Ça vous plait de passer pour une bande de soûlons qui passent leur journées dans un trou à rats ? Même les rats trouvent cet endroit dégoûtants ! C'est abusé votre petit jeu. Je ne comprends vraiment pas !" j'ai marqué une pause. "Vous avez le droit de détester Deus si vous l'souhaitez, moi je ne vais pas vous en empêcher. Mais j'vous en pris, commencez pas à vous entre tuer, alors là ça serait vraiment con. J'plaisante pas ! Vous êtes morts, alors reposez en paix, comme on dit, et cessez votre attitude de brutes, bordel !"

La surprise dans les yeux de la foule, la surprise de voir une petite fille à l'apparence si innocente et douce, qui soudain se transforme en... ceci ! Ne sachant quoi dire, tout le monde avait les yeux posés sur moi. Bon, je viens de faire une folle de moi. Mais qu'est-ce qui m'arrive bons sang ? Depuis notre arrivée dans ce café, je me sens plus intimidante, si on peut dire ça comme ça. Je me suis retournée vers Lyra.

"Bon... Lyra, je pense que tu as de l'influence sur moi !" ai-je blagué.

La faim commençait à m'envahir, il était temps de prendre un gueuleton, sinon j'allais devenir vraiment folle ! Ma scène n'était qu'un avant goût, enfin, je commençais à m'endurcir, petit à petit, c'est un bon début.

"J'ai faim moi, arrêtez de me regarder ainsi et montrez nous ce qu'il y a de mangeable dans ce taudis."

En faisant un petit sourire pour prouver que j'étais redevenue calme, je me suis levé de mon tabouret à moitié déchiré et je suis allé voir l'inconnu à qui j'avais conversé.

"Alors toi... tu es bizarre."
"Pas plus que tout le monde."

Au moins s'était-il calmé. Même si je n'approuvait pas sa façon de penser, ni sa façon d'agir, je devrai l'endurer encore un moment, puisque nous devrions rester ici encore. Alors pourquoi pas essayer de sympathiser un peu ? Il est possible qu'il nous surprenne en fait.



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Re: Le jour se lève [Terminé] - Ven 22 Fév 2013 - 17:47
Les assiettes glissèrent sur le comptoir. Lyra se pencha pour observer l’étrange mixture servir dans la porcelaine. Pour un peu, cela aurait pu être du carton que cela ne l’aurait pas étonnée. De la fumée se dégageait de l’étrange plat. C’était déjà ça. Au moins était-ce chaud. Cela aurait au moins le mérite de les réchauffer. La fourchette piquée dans le mélange semblait bien enfoncée. Lyra l’effleura du bout des doigts, comme si l’acier allait lui mordre la chair. Mais rien de tout cela. Juste une banale fourchette usée par le temps.
Elle jeta un regard à Akalie. Elle semblait s’être vite remise de son coup de gueule d’il y a cinq minutes. Seule la nourriture semblait l’intéresser désormais. Mais encore fallait-il que cela soit comestible.

Elle piqua le tout, en souleva un morceau. Qu’est-ce que cela pouvait bien être ? Les paris étaient ouverts ! Elle approcha le mélange de son nez, voulant vérifier l’odeur. Infecte. Mais peut-être aurait-ce meilleure goût ? Elle l’espérait. Déjà qu’à la vue, l’aspect laissait à désirer, niveau odorat c’était pas le top non plus, si en plus cela se révélait infect, mieux valait décamper d’ici de suite !
Elle allait enfourner une première bouchée lorsqu’elle vit quelque chose dans son assiettes. Elle reposa le mets, titillant la chose du bout de la fourchette avant de s’apercevoir que c’était vivant ! Alors quoi ? Cafard ? Scarabée ? Mouche ? Vers ? C’était petit et noir. Et cet insecte semblait être heureux au milieu de toute cette puanteur. L’archiviste repoussa l’assiette, malgré les grognements de son estomac mécontent.

- J’serais toi, j’toucherais pas à cette merde, Akalie ! la mit-elle en garde. Ils ont mis des insectes en guise de viande… Remarque, si t’aimes les nouveautés, n’hésite pas et goûte ! C’est p’têt bon qui sait ! Mais niveau hygiène, ça laisse à désirer… Mais au moins, ça t’ferait une expérience culinaire inoubliable !

Lyra se retourna et observa tous les curieux qui avaient retenu leur souffle alors que la demoiselle n’avait cessé de triturer son assiette. Faut croire qu’ils avaient attendu pendant tout ce temps qu’elle goûte enfin leur précieuse nourriture ! Etait-ce de cette horreur dont ils se nourrissaient ? À vrai dir,e elle préférait l’ignorer. Elle ne pouvait mettre de côté le fait que ces anarchistes avaient peut-être juste voulu leur faire payer leurs accès de colère. Cette hypothèse était davantage plausible. Elle comptait des femmes, sans doute raffinées- du moins autrefois – et les imaginait mal avaler cette bouillie.

- Mais j’t’ai promis de t’ramener saine et sauve à l’académie alors si tu pouvais éviter de me faire une intoxication alimentaire, ça m’arrangerait pas mal ! Pas envie de t’ramener à moitié agonisante !

Mais après tout, le choix de goûter ce plat lui appartenait. Elle n’était pas forcément pour et espérait que la curiosité laisserait sa place à la sagesse, davantage de mise dans une telle situation.

Lyra préféra se détourner de cet épisode culinaire pour aviser le juke-box du fond de la pièce. Il avait l’air en parfait état. Mieux, c’était lui qui diffusait la musique du bar. Au moins un objet n’était-il pas pourri dans ce troquet ! Elle avança en sa direction et laissa sa main caresser le vieil engin. Cela faisait longtemps qu’elle n’en avait pas vu de tel ! Elle avait pensé ne plus jamais en revoir même ! Une seule fois elle avait eu la chance de poser ses yeux sur un tel engin.

- J’ignorais que votre troquet conservait des antiquités. Hormis vous, bien sûr !

L’ancienne musique se termina enfin. Elle sortit une pièce de sa poche et l’inséra dans la machine. Un nouvel air emplit alors la salle. Cela faisait du bien. Elle s’adossa à l’engin – seule source semblant être nettoyée de temps en temps – et scruta l’assemblée du regard. Ils n’avaient plus k’air si agressifs que cela. Peut-être commençaient-ils à apprécier ces nouveaux venus d’un jour ? Une simple escale et ils repartiraient aussitôt. Ce n’était qu’une question de temps avant qu’ils ne quittent leurs nouveaux amis.

- Une p’tite danse, ça vous dit ?

Elle savait bien qu’il y aurait des choses à faire ici. Si ce n’est pas manger ou boire, au moins pourraient-ils danser un peu ! Elle fit signe à Akalie de se lever de son siège. Une jeune fille comme elle devait avoir l’habitude de se trémousser au fil de la musique ? Encore fallait-il qu’elle sache bouger au rythme du rock’n’roll ! Mais après tout, apprendre n’était pas le plus compliqué. La rouquine lui avait bien expliqué les bases du maniement d’un katana – elle pouvait désormais remercier sa mémoire eidétique pour l’apprentissage de cette nouvelle arme- alors enseigner la danse ne l’effrayait pas le moins du monde ! Restait plus qu’à voir ce qu’elle savait faire. Depuis leur arrivée ici, sa timidité semblait s’envoler peu à peu. Alors ce n’est pas ce défaut qui allait la clouer sur son siège !
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Re: Le jour se lève [Terminé] - Mar 26 Fév 2013 - 1:21

Ça puait le renfermé dans chaque recoins de l'endroit et je crois même que la moisissure avait prit en otage les murs. Si on reste encore longtemps ici, c'est l'infirmerie assurée ! De plus, la bouffe était tout simplement immangeable, voir intouchable. Même Lyra tentait de me convaincre de ne pas approcher cette supposé nourriture, de peur que je ne fasse une crise de coeur (si je suis chanceuse) ou peut-être pire. Mais mes gargouillis d'estomac finiraient par me trahir un jour où l'autre. Il faudrait bien que je finisse par engloutir un truc. C'est alors que je me tapa la tête de ma main. «Espèce d'idiote que je suis, non mais vraiment, quelle idiote !» J'ai toujours des barres de chocolat dans mon sac, dont maintenant. Comment ai-je pu oublier mes bébés ? Je suis incorrigible, sérieusement !

J'allais les sortir, et je savais que j'aurai droit à une tête désespérée de la part de ma chère amie Lyra, lorsque celle-ci demanda si quelqu'un voulait danser. Danser ? Dans cet endroit miteux ? En compagnie de ces clowns ? C'était une blague, non ? Je l'ai regardé un moment. Non, elle était sérieuse. Tout ce qu'il y a de plus sérieux. Elle m'étonnera toujours, cette fille là. Après tout pourquoi pas ? Une petite danse pourrait être amusante. Je me demande quelle serait la réactions de nos nouveaux copains. Embarqueraient-ils dans notre petit jeu ? J'en doutes fort, mais bon. Mais avant tout, il faut calmer la famine !

"Ouais, pourquoi pas ! Mais avant..." lui dis-je en sortant une barre de mon sac. "Ça te dis un peu de chocolat ?"

J'avais un énorme sourire de fille innocente d'étampé au visage. J'ai déchiré le papier d'une autre barre de chocolat et je l'ai mangé d'un coup. Le chocolat, n'est-ce pas la meilleure chose au monde ? Bref, maintenant la collation terminée, la fête pouvait commencer. Par contre, quelques trucs me tracassaient. Quelles genre de danses Lyra connait-elle ? Après tout, nous n'avons pas les mêmes origines elle et moi.

"Dis-moi, sais-tu danser le hip-hop ? Le break dancing ? Parce que tu dois te douter que ce sont à peu près celles ci que je pratiquais."

Ah et puis pourquoi pas faire une performance solo pour commencer ? Cela fait tellement longtemps que je n'ai pas fais ça. Il faut mettre la gêne de côté et foncer ! Puis, si Lyra ne connait pas les mouvements, elle pourra toujours les recopier à l'aide de sa mémoire Ede... Eid... Ededi... comment on le dit déjà ? Peu importe. J'ai commencé à faire quelques mouvements de hip-hop que j'avais appris lors d'une chorégraphie que nous montrait mon ancienne professeur de danse, il y a de cela quelques années. Le plus drôle, c'est que je n'avais perdu aucun détail de cette chorégraphie. Je me suis ensuite tourné vers les mecs qui me regardaient d'un drôle d'air.

"Vous venez pas ? Vous avez peur de ne pas être à ma hauteur ?"

À ma grande surprise, ils sont arrivés près de moi et ont commencés à faire du n'importe quoi. Bon, au moins dansaient-ils. J'ai regardé sur la montre du gars qui se trouvait à côté de moi. Si l'heure était la bonne, ma soeur avait terminé les cours depuis un petit moment. Je me demande si Lyra voudra qu'on parte maintenant, même si, je l'avoue, cela commençait à être amusant. Mais il faudra un jour où l'autre partir et accomplir le véritable but de ce voyage.




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Re: Le jour se lève [Terminé] - Jeu 7 Mar 2013 - 18:51
La demoiselle extirpa une barre chocolatée de sa poche. Profond soupir. Elle n’aurait pas pu y songer plus tôt ? Lyra en attrapa une qu’elle mastiqua et avala bien vite. Voilà. Plus de chocolat. Ce serait toujours ça dans leurs ventres. Inutile de la châtier pour son oubli. Maintenant, la Russe voulait juste s’amuser un peu.
Elle fut surprise de voir Akalie s’avancer sur cette piste de danse improvisée. Là, au milieu des débris de verre et des restes de nourriture, deux jeunes femmes dansaient au rythme du rock’n’roll que crachait le juke-box, antiquité du siècle dernier. Alors qu’Akalie avait énoncé différentes sortes de danse, Lyra avait secoué la tête. Jamais elle n’avait entendu de tels mots ! Elle avait passé son adolescence derrière des barreaux alors difficile pour elle de connaître quoi que ce soit à la culture américaine. Pourtant, il y avait bien une danse qu’elle connaissait qui venait du Pentagone.

- Jamais entendu ces noms d’ma vie ! Par contre, y a une minette de chez moi qui nous apprenait en secret une danse américaine car elle avait vécu une partie de sa vie là-bas… C’est quoi son nom déjà… Ah oui ! Du jive !

Là, elle se souvint des soirées dans le froid occupée à observer ce brin de demoiselle sautillant sur place. Il fallait une sacrée énergie pour réaliser de telles prouesses ! Les applaudissements ne manquaient jamais à la fin de la démonstration. Elle aurait concouru pour des concours de danse que le public n’en aurait pas été aussi séduit ou aussi attentionné que toutes ces fillettes claquant des mains à s’en brûler la chair !
Elle se laissa porter par la musique et se rappela les pas que cette enfant lui avait appris. Des années qu’elle ne s’était pas laissée ainsi porter par la musique. À sa grande surprise, son corps se souvenait du moindre mouvement. Elle qui n’avait que très peu dansé depuis son départ de la secte, elle qui avait évité les pistes de danse en France, la voilà aussi fraîche qu’un gardon, se remuant et se trémoussant sur ce sol, laissant exploser toute cette énergie qu’elle avait canalisée au fond d’elle-même depuis trop longtemps déjà.

Elle ne formait plus qu’un avec la musique. Difficile de savoir si cette demoiselle aurait été fière d’elle si elle l’avait vue en ce moment mais sans doute ne serait-elle pas restée indifférente devant sa camarade.
L’énergie se déployait par son corps entier. Tout était en mouvement chez elle. Ses jambes retombaient aussitôt sur le sol que déjà une nouvelle rebondissait. Et ainsi de suite. Bientôt, elle devrait aller s’asseoir. Elle n’avait plus l’habitude de la danse. Cela remontait à si longtemps que même si sa mémoire était intacte et son corps fidèle aux enchaînements du passé, cela l’épuisait. Elle vit du coin de l’œil des hommes rejoindre Akalie. Elle choisit ce moment précis pour aller se poser sur une chaise, ne quittant pas la rouquine des yeux.

Une assiette vola, allant se fracasser sur le mur derrière elle. Elle leva les yeux pour voir l’étrange mixture dégouliner sur le papier peint. Charmant. Elle se décala, ne voulant pas recevoir de cette étrange bouillie dans les cheveux, et eut tout juste le temps de voir une autre assiette voler droit sur elle. Elle se jeta au sol. Alors qu’elle était à terre, elle vit que de nombreux plats volaient dans les airs. Ce n’était donc pas elle la cible principale de cette émeute culinaire. Emeute ? Pas bon, ça.

- Akalie ! Ramène-toi ! On s’casse d’ici !

Si encore ils se contentent de la nourriture, elles devraient s’en sortir sans trop de dommages. Malheureusement pour elles, ces pensionnaires étaient armés jusqu’aux dents. Toutefois, Lyra avait du mal à comprendre la raison de ce soudain coup d’éclat. Ces gros idiots avaient l’air de s’amuser pourtant. Alors quoi ? Il avait dû suffire d’une étincelle pour allumer la mèche. Elle n’avait aucune intention de connaître le pourquoi de cette agitation. La priorité restait de mettre les voiles.

- Allez Akalie ! Tu veux voir ta sœur oui ou merde ?

Lyra avisa la pendule – cassée – ornant le troquet. Malgré son mauvais état, elle semblait fonctionner encore. Les cours devaient être terminés à cette heure-ci. Du moins la repentie l’espérait-elle. Traîner dans le monde des humains, c’était bien. Mais jouer les nounous, cela allait un peu ! Alors plus tôt Akalie aurait-elle vu sa sœur, plus tôt elle rentrerait. Lyra, elle, resterait encore un peu. Pour ce qu’elle avait à faire, mieux valait éviter qu’elle ait l’élève dans ses pattes.
Elle détailla l’endroit une dernière fois. Peut-être aurait-elle à y retourner. Un jour. Peut-être même dès ce soir. C’était toujours bon de savoir où trouver des anarchistes critiquant Deus. Ils lui faisaient penser à elle. En moins délicat, peut-être.
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