Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Un soupir vient souvent d'un souvenir ... [solo, terminé]

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Un soupir vient souvent d'un souvenir ... [solo, terminé] - Dim 27 Jan 2013 - 14:14
    3 jours. Cela fait maintenant 3 jours que j'ai quitté notre campement afin de mener à bien ce qui sera sans doute une des plus grandes traques de ma vie. 3 jours que je suis seule, à évoluer au milieu de ces montagnes traitresses mais si belles, beauté dangereuses de mère nature. Je n'ai aucun mal à subvenir à mes besoins mais je dois me hâter, encore et toujours. Je sais que mon temps est compté car à la prochaine pleine lune, nous lèverons le camp pour quitter cet endroit où nous rendre dans nos quartiers d'hiver, dans les plaines là où les rigueurs du temps sont malgré tout plus facilement supportables. Alors j’avance toujours davantage, sans tenir compte du froid, du vent ni même de la pluie. Je sais que je me rapproche de mon but. Je le sens. Et mon instinct ne m'a jamais trompé. Je suis une chasseuse, j'ai la traque dans le sang, cela ne fait de doute pour personne et d'ici peu, j'aurais réussi ma plus belle mission....

    Le corps simplement allongé, le visage tranquille, le souffle lent, la jeune indienne vient d'entrer en phase de sommeil paradoxal. Celui des rêves. Calme, elle se laisse guider par les méandres de son esprit. Au repos, simplement.

    Ça y est. Mes efforts sont enfin récompensés. J'ai repéré leurs traces et maintenant, je ne les quitte plus. Cette grotte que j'ai découverte hier leur a servi d'abri, tout est là pour le prouver. Ils ne reviendront sans doute pas ici mais je sais où chercher à présent. Je suis sur la bonne voie et la piste ne cesse de se montrer de plus en plus fraiche. Je me rapproche, la distance me séparant de ma cible se réduit lentement mais surement car je préfère être certaine de ne pas me faire repérer. Je sens ma détermination qui s’affirme, mes pas qui se font plus francs et mon esprit qui se focalise uniquement sur une pensée unique. Ma proie. La trouver, la suivre jusqu'à ce qu'elle entre dans ma ligne de mire. Et après, l'abattre. Leur présence est toute proche mais encore invisible, c'est maintenant que les choses vont devenir intéressantes. Le combat de l'homme contre la bête. Un seul pourra en sortir vainqueur. Un léger sourire se peint sur mes lèvres alors que déjà, l'adrénaline lentement se diffuse dans mes veines....

    Un léger rictus apparait sur le visage apaisé de la jeune fille. Ses doigts froissent très légèrement le drap mais elle reste parfaitement immobile. Sa respiration est très calme et rien ne laisse deviner ce qu'il se passe dans son esprit.

    Ils sont là. Juste devant moi. Encore une fois, je vérifie le sens du vent avant de faire un nouveau pas. La pente est traitre, la nuit très claire ce qui ne fait que compliquer mon avancée. Mais je ne renoncerais jamais. Encore moins si près du but. Ils sont deux à se dresser face à moi. Deux fauves imposants, méfiants. Je sens qu'ils sont sur leurs gardes, ils savent qu'ils sont suivi mais contrairement à moi, ils ne savent pas où se trouve leur ennemi. Un nouveau pas en avant, qui manque de trahir ma position. Les roches sont friables par ici, je ne pourrais pas me rapprocher plus sans me faire repérer. Alors, c'est maintenant ou jamais. Je n'ai plus de temps à perdre. Ma proie est là, à portée et le sablier du temps ne cesse de s'écouler dans sa course éternelle. La lune à dépasser son premier croissant. Je n'aurais pas de seconde chance. Un dernier regard à mes cibles. Non, elles n'ont pas bougé bien qu'elles soient sur leurs gardes. Ça va être le moment...."

    Instinctivement, son souffle s'est fait plus ténu. Elle dort oui, mais son corps revit chacun de ses mouvements. Ses mains remuent légèrement et c'est sans difficulté que l'on devine l'arc tenu entre ses doigts. Son visage est impassible et malgré son sommeil, la tension de son corps est légèrement perceptible.

    L'arc est venu comme par magie se lover dans le creux de ma main. Mes doigts jouent un instant sur le bois souple de ce dernier, afin d'affirmer ma prise sur mon arme. Mon autre main est venue chercher la flèche qui mettra fin à toute cette histoire. Droite, affutée, elle est tout simplement parfaite. Accroupie au sol, la flèche reposant simplement sur le corps de mon arme, j’attends le moment propice. Les nuages sont légers mais le vent les chasse au loin avec une régularité appréciable. Alors je le laisserais travailler pour moi. Lentement, dans un silence profond, la flèche vient s'enclencher sur la corde, mes doigts de chaque côté de l'empenne afin de lui assurer une stabilisation maximale. Mon autre main ne sert que de reposoir pour la pointe mais elle lui donnera la bonne direction le moment venu. Et ce sera la fluidité et la perfection de mon mouvement qui m'assurera une parfaite réussite. Un coup d’œil au ciel qui se dégage, laissant la clarté lunaire m'offrir un angle de vue idéal. Maintenant....

    Un corps immobile, emprisonné dans les limbes du sommeil. Elle semble si calme, si inoffensive à cet instant. Une enfant fragile. Et pourtant, son expression est trop calme, ses mains trop crispées pour qu'elle paraisse réellement sans défense.

    Ma respiration est très calme. Je ferme les yeux un instant pour faire le vide dans mon esprit. Je les rouvre, déterminée. D'un seul mouvement, dans un ensemble que je connais par cœur pour l'avoir répété des centaines de fois, je laisse mon corps agir. Mes jambes se déplient et je me relève. Avant même d'être debout, l'arc est en position, la flèche pointée vers ma cible et la corde armée. Je sens la tension qui traverse son bras, parfaite, idéale. Je ferme un œil et retient ma respiration, je suis en place, ma cible dans ma ligne de mire. Parfaitement alignée. Aucun tressaillement, pas la moindre hésitation. Je relâche violemment mes doigts et je sens le bout des plumes effleurer ma peau. Le sifflement caractéristique de la flèche fendant l'air brise l'espace d'un seconde le silence de la nuit avant que ne réponde en échos un cri déchirant, signant la fin de cette traque intense. Le tout n'a pas duré plus de quelques secondes et enfin, je me permets de respirer à nouveau....

    La différence entre le rêve est la réalité est si ténue. Son souffle s'était arrêté un instant, pour ne pas influencer ce songe. Ses mains avaient relâchées toute la tension les habitant et à présent, tout semblait terminé. Seul le repos l'enveloppait de son calme serein.

    Je ne peux détacher mon regard de cette scène ahurissante. Je devrais me cacher mais tout mon corps reste figé. je suis incapable de réagir, d'esquisser le moindre geste. La flèche à fait mouche, exactement comme prévu. Mais d'où sort ce troisième fauve que je viens d'abattre à la place de ma cible toute désignée? Les deux autres se sont enfuis, je ne chercherais pas à les rattraper. J'entends leurs plaintes et leur chant triste, douce oraison funèbre qui résonne douloureusement dans mon cœur. Pourquoi cette peine excessive? Je ne comprends pas. Alors que mon corps recommence à m'obéir, je me dirige vers mon trophée. Lorsque j'arrive à sa hauteur, je vois que la bête n'est pas encore morte mais ce n'est plus qu'une question de temps. La plaie est mortelle, nous le savons tous deux lorsque mon regard croise le sien. Mais pourquoi ses yeux m'impressionnent autant? Ma main caresse doucement la fourrure du puma qui s'éteint doucement. Je ne lui voulais pas spécialement de mal mais c'est la tradition. La robe de mariée de ma sœur se doit d'être faite de la plus belle des étoffes et seul toi pouvais m'offrir ce cadeau. Je chantonne doucement, pour apaiser l'âme de cette pauvre bête avant de sortir ma lame. Je ne veux pas la voir souffrir inutilement, je vais abréger ses souffrances. Déjà mon bras se lève et s'abat sans fléchir....

    Le sommeil est toujours là. Pourtant, tout son corps se crispe violemment. Entre ses dents serrées, un grognement de douleur lui échappe. Elle si calme se met soudain à remuer, comme si elle cherchait à fuir loin de ces images. Son corps sait ce que son esprit lui réserve mais ce dernier la garde encore prisonnière. Il n'en a pas fini avec elle. Bientôt.

    Comment? Pourquoi? Ma lame est là, sous mes yeux, plantée dans la carotide du fauve afin de lui offrir le repos qu'il mérite. Le sang qui rougit mes mains et le souffle qui s'est arrêté de sortir de son corps me prouvent que mon coup à frapper où il fallait. Alors d'où vient cette douleur qui me transperce le cœur? Cette souffrance qui déchire ma peau, mes muscles et plus encore, jusqu'à mon âme? J'ai le souffle court et dans mon dos, je sens une chaleur étrange qui s'écoule hors de moi. Du sang. Mon sang. Une de mes mains vient chercher la cause de cette hémorragie et la trouve, sans souci. Mon regard s'agrandit à nouveau, d'incompréhension. Ma flèche est toujours plantée dans le cadavre du fauve devant moi, pourtant, c'est bien elle qui laisse ma vie s'échapper lentement de mon enveloppe corporelle. Non, ce n'est pas possible. Je me retourne, me relevant de façon très instable. Et là, je les vois. Le reflet de deux pupilles qui disparaissent dans la nuit. Je tombe à genou, mes forces m'abandonnant. Un sourire triste passe sur mon visage. Moi qui me croyais chasseur, j'ai fini proie. La vie à un bien étrange sens de l'humour. Mon corps finit de s’effondrer sur la fourrure douce et encore chaude du fauve décédé. Je te rejoindrais vite, noble animal. Dans un dernier effort, je lève les yeux sur le ciel. A côté de la lune, brille de mille feux une petite étoile bleue. Aiedaïl. Désolée, je ne rentrerais pas cette fois. Le froid m'enveloppe doucement, mes yeux se fermant tout seul alors que mon souffle se tarit doucement. Cette fois, la traque est belle et bien terminée....

    D'un sursaut, la jeune fille se releva en position assise sur son lit. Les yeux écarquillés de stupeur, son souffle est court et saccadé. Son cœur cogne si fort dans sa poitrine qu'elle à l'impression que ce dernier va défoncer ses côtés. Elle est en âge et a la gorge terriblement sèche. Elle ne sait pas trop si elle a crié ou non. Mais rien de tout cela ne la préoccupe vraiment. Elle n'a qu'un mot qui résonne en échos dans sa tête. Cauchemar. Ce n'était qu'un cauchemar. Rien qu'un cauchemar.

    Lentement, elle se force à reprendre pied dans la réalité. Elle reconnait son lit, cette chambre qu'elle occupe depuis peu. Son souffle se calme afin de reprendre un rythme plus normal, son cœur retourne sagement à sa place mais une douleur sourde reste présente dans sa poitrine alors que son regard devient mélancolique. Avant qu'elle ne l'ait vraiment réalisé, la voilà debout devant la fenêtre à fixer le ciel nocturne en silence, l'esprit bouillonnant littéralement.

    Un cauchemar. Oui et non. Un souvenir que son esprit lui a rendu sous une forme incongrue. Oui, le jour de sa mort, elle a été cette bête traquée. Une fois dans sa vie, la chasseuse qu'elle était avait cédé la place à la proie qu'elle avait représentée. Son regard vient se perdre sur le décor nocturne qui s'offre à ses yeux. La lune est belle ce soir, dans son premier quartier comme dans son souvenir. La petite étoile bleue est là aussi. Sa main vient effleurer sa cicatrice dans son dos, toujours présente également.

    Un grand soupir s'échappe de ses poumons tandis qu'elle retourne s'asseoir sur son lit. Elle n'avait jamais fait de cauchemars chez elle. Mais ici, elle n'avait pas ses talismans ni son attrape-rêve. Il faudrait qu'elle remédie à cela. Elle ne tenait pas à passer ses nuits réveillée par ce genre d'images. Mais déjà, le sommeil revenait, insidieux et puissant, sapant toutes ses défenses. Elle n'avait pas la force de lutter contre. Demain, elle chercherait de quoi fabriquer un attrape-rêve. Demain sera un jour nouveau. Demain, elle n'aurait plus peur de tout ça. Oui, demain....
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Re: Un soupir vient souvent d'un souvenir ... [solo, terminé] - Lun 28 Jan 2013 - 14:25
Ton écriture est vraiment chouette dis donc. J'ai bien aimé l'interprêtation de ton cauchemar, c'était vraiment bien fait !

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