Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Voyez deux camarades se réunir [terminé]

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Voyez deux camarades se réunir [terminé] - Mer 23 Jan 2013 - 19:01

Vous savez, il y a des questions qui se posent sans vraiment donner une raison ou d'importance dans la vie, par exemple ce que je fais ici, dans ce couloir. Ma réponse serra: Rien, je me promènes, c'est tout, je visite les classes à travers la porte coulissante et vitré sur la partie supérieur.

Voila, alors qu'il y a 20 minutes j'étais dans ma chambre, derrière mon bureau en bois décoratif et c'est du costaud, assis sur ma fauteuil en cuir. De mes deux mains j'étais en train de remplir un rapport, comme à mon habitude et ceci ne changera jamais, même après ma mort. Les rapports... C'est comme ça qu'on devient un grand écrivain, un grand poète, mais alors allez en trouver parmi les millions de soldats, en tout cas moi je me sens comme un écrivain, tenant le stylo dans ma main et écrivant donc sur le papier vierge jusqu'à la remplir de mes écritures presque lyrique. Mes mains ont du sang de je ne sais combien d'ennemis morts aux combats, pourtant ça ne m'empêche pas de les utiliser à écrire, et non pour tuer.

Maintenant que j'en parle, je me souviens encore que quand j'étais encore jeune j'écrivais comme un pleutre, comme un chien, je n'avais pas de talent pour ça, pourtant j'ai continué, je ne savais pas choisir les mots correctes pour exprimer juste une phrase, une quelconque signification. C'est avec le temps que j'ai pu m'améliorer, tout d'abord dans l'expression, puis dans l'écriture et enfin au moment où je me rends compte de mon incroyable progrès je suis devenu vieux, à cet instant j'ai éclaté de rire, personne ne pourrait comprendre mon délire, mais au moins ça fait du bien de se rappeler de ces bons moments, toujours aussi marrant si l'on pouvait partager avec quelqu'un, mais bon... Je n'ai pas encore rencontrer assez de personne qui puisse partager son propre histoire avec le mien.

Bref, j'ai terminé, je me lève de mon siège et j'éteins tout avant de quitter ma chambre, fermant la porte à double tour avant de mettre la clef dans ma poche et c'est partie pour une balade. Je vois que l'extérieur est toujours recouvert de neige, aussi froid que sur chaque fenêtre la buée gâche un peu la vue. J'entends encore les petits s'amusant à faire la bataille de boule de neige, ce doit être marrant ça. J'aimerai aussi participer à ça, d'ailleurs je pourrai, mais... C'est pas comme si j'ai un corps de jeune homme que je peux me permettre, c'est pas non plus l'obligation d'un professeur qui m'en empêche, ni même l'âge de mon âme, c'est juste que... Vous savez, je suis un dieu de la guerre, j'ai taillé une réputation au sein de l'académie, dès qu'il y a un type habillé en vert et qui fait peur rien qu'en regardant dans les yeux ça veut pas trop s'amuser. Les moments les plus amusant restent malheureusement dans mes souvenirs et je serrai le seul à rire de mes bêtisiers.

Les élèves qui passent près de moi se serrent encore plus, jusqu'à se compresser, tentant le plus possible d'éviter de me toucher, certain ne le sait pas encore, mais ils seront très vite mis au courant par ses camarade. C'est malheureux n'est-ce-pas ? Et pourtant je m'y fais au fil du temps, comment garder le contrôle sur sois-même ? Très simple, penser qu'il y aura toujours des trucs intéressent le lendemain.

Je marche actuellement dans un couloir avec les salles de classes alignés, j'observe une par une par la porte ce qui se passe à l'intérieur, c'est toujours marrant d'observer les élèves écouter à moitié son enseignant, voir leur tête bizarre, bon certain sont tout aussi charmant, d'autre de véritable voyou, mais sinon rien ne perturbe le cours. j'ai continué à marcher ainsi, pensant qu'il n'y a personne devant moi, trop occupé à observer la classe et penser en même temps, jusqu'à ce que je heurtes quelque chose, heu je veux dire quelqu'un, lorsque j'entends une voix je ne pouvais m'empêcher de m'arrêter et de regarder devant moi en tendant ma main sans que j'ai le temps de regarder de plus près la personne:


"Pardonnez moi, je vous ai pas vue ou entendu arriver, je ne vous ai pas fait mal?"


Plus tard ce que je vais voir sous mon nez, serrait la personne que j'aurai du la croisé plus tôt...


Dernière édition par Yuri Dragunov le Mar 5 Mar 2013 - 14:50, édité 1 fois
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Re: Voyez deux camarades se réunir [terminé] - Jeu 24 Jan 2013 - 18:53
Les allers-retours n’en finissaient pas. D’abord à l’extérieur, courant, dossiers serrés contre son cœur, veillant à ne pas tomber tout en affrontant l’air frais de l’hiver, claquant des dents par la même occasion, se hâtant toujours plus pour retrouver la chaleur soudaine de l’intérieur mais lorsque cette même chaleur surgissait, voilà que la demoiselle râlait à nouveau, contre ces salles surchauffées, ces radiateurs qui devaient user énormément d’énergie. Jamais contente, la brune. Les dieux ne devaient-ils pas montrer l’exemple en matière de non-gaspillage ? C’était bien joli d’être mort mais si c’était pour polluer la planète, non merci. Pour un peu, on aurait retrouvé Lyra clamant des poèmes de Baudelaire, joint au bec, à manifester dans le rues contre la pêche du thon rouge. Trêve de plaisanteries.
L’immortalité, c’était bien mais travailler, beaucoup moins. Une matinée de passer à faire du tri et à emmener des dossiers au secrétariat. D’anciens repentis avaient vraiment cru que cette salle était une poubelle. La Russe y avait trouvé de tout, parmi ces feuilles cornées et volantes. Mais au moins pourrait-elle mieux circuler une fois tout ce travail accompli.

Un dernier voyage et ce serait la fin. La fin d’une longue journée de labeur. Les salles entrouvertes devant lesquelles passait la demoiselle laissait filtrer l’excitation des élèves, impatients d’être à la fin des cours. Tous étaient suspendus à leurs montres, attendant l’échéance finale, le glas annonçant la liberté et les fous rires dans cette neige tombante. Cela ne devrait plus tarder désormais. D’ailleurs, la repentie avait intérêt à accélérer la cadence si elle souhaitait éviter cette vague quotidienne d’apprentis, déferlant sur les malheureux n’ayant pas eu le temps de s’arrimer à un écueil ou à un débris de salle, là où le froid n’aurait pas accès et où les enfants ne pénètreraient pas. Il fallait faire vite.

Elle courait plus qu’elle ne marchait désormais. Le temps pressait. Les fenêtres défilaient devant elle, les jeunes gens tournaient la tête pour voir la demoiselle se hâtait de rejoindre le secrétariat. Si seulement ils savaient que c’était pour les éviter qu’elle se dépêchait ainsi.

Le choc fut terrible. Elle ignorait ce qui l’avait provoqué exactement. Toujours est-il que cela avait su la freiner dans son élan. Elle se retrouva les fesses par terre, le dossier volant pour venir s’écraser au sol, éparpillant les feuilles par la même occasion. Pour une fois qu’elle travaillait convenablement – parce que d’habitude, c’était plutôt du genre à dormir du matin au soir parmi le beau bordel – voilà comment ses efforts avaient été récompensés. Cela lui apprendrait à vouloir bien faire.
Encore étourdie par le choc, une voix lui parvint, lointaine. Elle battit des paupières, ayant du mal à retrouver pied avec la réalité. Pourtant, il le fallait. Elle se massa la tempe, légèrement sonnée. Ce n’était qu’un simple coup, une bosse en devenir mais la douleur était bien présente.
Alors que la douleur s’installait un peu plus à chaque minute, Lyra vit une main tendue devant elle. Déjà une réponse à l’une de ses futures questions : c’était une personne qui l’avait bousculée. Ou l’inverse. Dans sa précipitation, elle n’avait guère fait attention à ce qui l’entourait. Sans cela, peut-être serait-elle encore sur pieds.

Son cerveau analysa enfin la phrase du jeune homme. Elle venait enfin de comprendre ce qu’il venait de dire. Elle fit non de la tête et l’observa davantage. Tout était matière à surprendre chez lui. Ses cheveux d’abord, vert. Cette couleur avait de quoi en étonner plus d’un. On aurait pu prendre sa chevelure pour une salade ayant élu domicile sur son crâne. Les yeux de l’inconnu étaient tout aussi vert que sa crinière, à croire que tout n’était que parfait accord chez lui. Ses habits étaient tout aussi étranges, pas du genre à passer inaperçu, kaki et peu communs. Pourtant, elle se rappelait avoir déjà vu des hommes porter de tels vêtements en Russie. Elle ne saurait trop dire où, ni quand, cela remontait à loin désormais.

- Non pardon… C’est moi, j’faisais pas gaffe où j’mettais les pieds et voilà le résultat.

Ses yeux tombèrent enfin sur les feuilles éparpillées autour d’elle. Non, non, non et non ! Hors de question de devoir tout recommencer. Elle regroupa les feuilles dans le dossier, ne se souciant plus de l’ordre, cela n’avait plus grande importance désormais. Tout était à refaire désormais. Elle accepta enfin la main du jeune homme et se redressa sur ses jambes.

- Dîtes, vos habits, ils sont pas communs. Pourtant, je sais que j’ai déjà vu des hommes avec les mêmes dans le passé. Impossible de me rappeler dans quelles circonstances précises. C’est que ça date, maintenant !

La Russie, un souvenir bien lointain désormais. Impossible de savoir si elle en gardait un beau pou un désagréable. Son pays d’origine l’avait tant fait souffrir. Pourtant, c’était là-bas qu’elle était devenue ce qu’elle était ici, qu’elle s’était forgée un tel caractère. Sans cela, elle le savait, elle aurait fini par ressembler aux autres filles, celles qui gloussent pour un rien et se maquillent à vous effrayer, celles qui croient en se brisant un ongle. Des filles, quoi.
Mais impossible d’oublier toutes les horreurs du passé. Ces cinglés qui priaient cette divinité en laquelle ils étaient les seuls à croire, ces fous qui croyaient que les Hommes leur appartenaient, ceux qui pensaient que le sang était la réponse à tous leurs problèmes. Etait-ce un fantôme de la Russie qu’elle contemplait en cet instant ?
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Re: Voyez deux camarades se réunir [terminé] - Ven 25 Jan 2013 - 0:17
J'ai aidé cette personne à se relever, une bien belle femme à vrai dire, elle m'avait l'air perturbé, pourtant elle se ressaisit pour me poser une question qui m'étonne, même de beaucoup à vrai dire, à moins qu'elle ne connait pas ce genre d'accoutrement ou qu'elle vient d'un époque lointain. Si je me rappelle bien ce genre de tenu n'est apparu... Quand j'ai intégré à peine l'armée, oh oui quand j'ai commencé à être formé pour devenir un soldat. Avant ça les soldat n'avait que des tenues au couleur unique, des fois marron clair, foncé, avant que je sois née ce fut le vert, nous avions trois couleur bien distinct dans notre domaine. Pour reconnaitre facilement les spetsnazs on portait un T-shirt bleu et blanc zébrés, fin, très voyant quand on a un tenu qui ne recouvre pas le torse.

Maintenant nous avons la couleur camouflage et je trouve ça pas mal, malheureusement elle ne le sait pas d'où cela provient, et bien ce n'est pas grave, ça ferra un peu de culture pour elle, un soldat face à une personne qui ne connait pas le monde militaire, ce doit être marrant:


"Ceci (juste après avoir lâché la main de la demoiselle) est l'uniforme porté dans l'armée, il y en a plusieurs sortes dans le monde, celui que je porte actuellement est celle de la Russie"

Le spetsnaz, oui, l'élite de l'armée, vous savez le monde change souvent je trouve, maintenant que j'y repense il y a tellement de choses qui ont changé dans mon pays. L'URSS n'est plus, le communisme n'est plus, la pauvreté n'est plus, le pays se remet de son hémorragie, se soigne au fil du temps, devenir encore plus fort qu'avant, montrer la volonté de fer et d'acier face à notre plus grand rival, l’Amérique, les USA! Ils ont été le tourment de notre glorieuse armée! Ils ont tout! Les technologies les plus avancés, assurant et garantissant leur survie, mais nous c'est du quotidien en absence de ces technologies avancés, nous avons appris à survivre avec ce que nous avons, voyez ce que nous produisons en armement, simple, mais très efficace et durable. Nous sommes en train de se mettre à leur niveau et ce que nous produisons à présent nous permet de nous préparer à d'éventuel combat sur l'échelle mondial, la grande guerre.

Enfin bref, je parles de guerre alors que j'en suis un, mais je ne parle pas de ces bonnes choses que j'ai vécu entre temps, de ces bons moments dans ma vie, amusant, autant de surprises que de frustrations et je ne m'en lasse pas.

... En attendant j'entends que ça parle un peu à côté, ces petits élèves qui nous regardent à travers la vitre et qui rigolent dans leur coin, bien sûr ce doit être marrant de voir deux personnes se rentrer dedans, surtout quand elle me rentre dedans et tombe lamentablement, je me suis dit que ce n'est pas un lieu pour discuter après ce genre de rencontre.


"Hum... Allons marcher ailleurs, c'est pas trop sûr ici" (en montrant de ma main le chemin à prendre, bien sûr, j'ai compté la direction qu'elle allait prendre)

Pendant que nous marchions j'ai repensé donc à mon pays, la tenu qu'elle se posait la question, et bien je vais terminer ce que j'ai à dire.

"Ecoutez, je ne sais pas si ça peu vous éclairer, j'étais dans l'armée Russe, parmi les Spetsnazs, l'élite des élites, moi et mes camarades représentons le marteau de fer de mon pays, mais je parles sans me présenter, je me nomme Yuri Dragunov, enseignant dans l'art de combat, et vous ? Comment vous vous appelez ?"
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Re: Voyez deux camarades se réunir [terminé] - Ven 25 Jan 2013 - 19:28
Les rires s’en étaient allés saluer la belle chute de l’archiviste. Elle aurait dû s’y attendre. Tous de sales morveux qui mériteraient des claques si elle pouvait. Si seulement elle était leur professeur, sûr que les choses ne se passeraient pas ainsi que ces sales garnements ne l’ouvriraient que sur demande ! Mais ruminer ne servirait à rien de plus, si ce n’est à l’énerver davantage.
Une fois sa main lâchée, l’homme entreprit de lui parler de ses vêtements. Elle voulait juste en connaître les origines, rien de plus. Impossible de se souvenir où et quand elle avait croisé des hommes vêtus à l’identique. Alors après tout, peut-être avait-elle rêvé ? Peut-être n’avait-elle jamais rencontré quiconque ainsi habillé et perdait son temps à essayer de se souvenir ? Une émission à la télévision lorsqu’elle était en Europe ? Des gosses habillés à l’identique dans l’enceinte de l’établissement ? Non, vraiment, c’était stupide. Ce n’est pas une tenue qui allait lui apporter quoi que ce soit.

Entendre la Russe, un mot si banal mais tout de mêmes on pays d’origine, prononcé dans la bouche de ce type eut pour effet de faire manquer un battement à son palpitant. Cet home, devant elle, affublé de cette tenue kaki, était un russe ? Un putain de russe, tout comme elle ? Non, impossible. Elle ne s’était jamais imaginée être la seule originaire de la toundra mais de là à tomber sur l’un d’eux, comme ça, bêtement, par hasard, c’était du grand n’importe quoi ! Enfin, elle n’allait pas se plaindre non plus.

- Vous… Vous êtes russe ? Vraiment ? C’est que, ça m’fait bizarre, car c’est la première fois que j’rencontre quelqu’un d’autre qui vient de là-bas, ici. Parce que, voyez-vous, moi aussi j’viens de la Russie. C’est drôle parfois, les hasards de la vie, hein.

À partir de cet instant, elle écouta à peine ce que racontait le russe, trop heureuse d’avoir retrouvé quelqu’un qui venait de chez elle. Ils n’avaient aucun lien de sang et pourtant le simple fait qu’il soit russe la forçait à le considérer comme un frère. Enfin, elle serait moins seule ici. Enfin, elle avait trouvé quelqu’un avec qui partager ses souvenirs du pays, même si elle aurait préféré les oublier. Enfin, elle allait pouvoir parler sa langue natale sans être surprise à être épiée comme un animal sauvage. Enfin, elle allait pouvoir revivre.
Elle le suivit et entendit son prénom. Yuri Dragunov. Si ils avaient commencé par là, elle aurait su de suite ses origines.

- Moi c’est Lyra, Lyra Vilkas. Simple repentie assignée au rôle d’archiviste pour le restant de ses jours.

Elle marcha en compagne de Yuri, loin des rires moqueurs des gnomes apprentis, loin de tout. Elle était en compagnie d’un ex-militaire, et accessoirement professeur de combat ici, alors qu’enfant, elle avait toujours rêvée qu’un jour l’armée vienne la délivrer de son cauchemar. Elle se rappelait maintenant, tout était encore flou, mais ces uniformes étaient ceux qu’elle avait déjà vus en compagnie de sa mère, du temps de son vivant. Elle n’était qu’une gosse à l’époque mais ces hommes, ces chiens obéissants et féroces, l’avaient tout de même marquée. Effrayée, elle s’était réfugiée auprès de sa génitrice. Parce qu’ils apportaient la mort avec eux et savaient peupler ses cauchemars. Si seulement elle avait su qu’elle se trompait sur leur compte.

- Je suis impressionnée de rencontrer un Spetsnaz ici. Impressionnée et surprise. Vous qui avez tué de sang froid, vous êtes professeur et moi… Repentie. J’ai toujours cru qu’un meurtre restait un meurtre, même ordonné par des forces qui nous dépassaient. Faut croire que j’avais tort.

Tuer pour servir une nation ou tuer pour servir une vengeance n’était en rien semblable mais cela, Lyra semblait ne pas le comprendre. L’entité à la base de cette académie, elle, avait su faire la différence. Voilà pourquoi l’une était repentie et l’autre professeur de combat. D’ailleurs, ce rôle lui allait bien. Qui mieux qu’un homme de la guerre pour apprendre aux élèves à se battre ou à dépasser leurs peurs ?
Toujours est-il qu’elle était en compagnie d’un autre russe. C’était ça, l’essentiel. Retrouver une partie de chez elle en lui. Un peu de sa famille en cet homme aux cheveux verts. Des russes, cela ne devait pas manquer dans l’établissement. Mais lui était le premier qu’elle rencontrait. C’était quelque chose, ça.
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Re: Voyez deux camarades se réunir [terminé] - Dim 27 Jan 2013 - 14:23
"Les hasards de la vie..."

Personnellement, il y a des hasards auquel je peux tolérer, mais le coïncidence est plus juste, puis il y a des fois où il est prévisible de ce qui va se passer. Cette rencontre qu'elle qualifierait de hasard, dans cet académie, je penses pas que ce soit le hasard, dans un univers où Deus nous a choisi pour accomplir ses tâches. Ce n'est pas comme si on se croisait dans un couloir après s'être rentré dedans puis hop un camarade! Oui, cette femme vient aussi du même pays que moi, donc je la considère aussi comme tel, il est très rare de voir un Russe dans cet établissement et là... Je ne sais comment le décrire, une belle femme que je la rencontre comme ça, par pure hasard ? Il y a des chances que je vais plus la croiser pour parler un peu plus sur elle et de parler un peu plus sur notre pays.

Lyra Vilkas, un nom peu ordinaire pour quelqu'un qui vient de là-bas, oui, je l'aurai tout de suite reconnu rien que par le nom, mais là, je ne saurai quoi dire, il est bien probable que c'est l'une des seuls pays que j'aurai pensé, en tout cas me voila soulagé. Hmmmm une archiviste ? En voila une qui doit bien s'ennuyer à la bibliothèque, à moins que le rôle reste pareil que de mon vivant, quand j'y pense il y a eu pas mal de belles femmes qui se promenaient dans les couloirs, trimbalant sur elles une pile de papiers et de dossiers, habillées de jupe noire et chemise blanche, leur rôle est de trier les documents et les classifier dans l'ordre et les ranger. Au temps de l'URSS elles étaient habillé comme nous, chemise à longue manche de couleur marron et de jupe plus foncé et portaient tout le temps leur béret avec l'étoile rouge au centre. Alala si je dois dire que tout les décorations que j'ai eu au temps de régime communiste, ce fut une belle époque, peut-être pas pour les citoyens, juste parce que le symbole était ce que l'on représente, la discipline et la crainte. On nous voyait comme des tyrans, des méchants, pourtant personne n'avait osé lever son poing en l'air contre le régiment, jusqu'à ce que le moment ultime est enfin arrivé, le soulèvement du peuple, ce moment là, près d'un demi siècle, a marqué la fin de l'URSS, mais cela ne nous a pas empêché de continuer à servir la nation.

Elle n'a jamais vraiment su comprendre le monde de l'armée, elle n'a pas su comprendre la différence qu'il y a entre tuer et survivre, des lois qui dépassent les mots inscrits sur des papiers à l'ancre noir, les lois qui va plus loin que nos esprits, voila ce que je penses, voila pourquoi nous sommes arrivé à là, ce que nous sommes maintenant ne reflète plus notre vie passée, nous étions certes des meurtriers, des pleutres, des traitres, des assassins, des incapables, des héros ??? C'est du n'importe quoi! Il n'y a jamais eu de héros dans notre histoire, même si c'est dit, ce n'est que pour de la propagande, pour inciter les troupes à les suivre comme des moutons, en tout cas c'est une façon très efficace pour mener notre armée vers la victoire, comme pour Stalingrad! La ville, symbole de notre ancien camarade et dictateur à la fois persévérant et cruel, a su faire revivre notre pays pour faire face aux envahisseurs fascistes, tueurs de Juifs. Depuis ce jour là, quand la victoire fut notre, grâce à l'effort de tout ces hommes qui sont tombés sur le front, de valeureux guerriers qui n'ont pas peur de mourir, pas pour la nation, pas pour la mère patrie, c'est pour la famille qu'ils se sont battus, homme comme femme, chacun ont pris leurs armes et sont partis pour les arrêter, puis les repousser vers leur dernier retranchement, Berlin.

ces histoires qui racontent comment nos ancêtres se sont battus et ont crée par la suite le Spetsnaz, ça a commencé par un homme qui a survécu pendant la seconde guerre mondial, un homme qui inventa le Kadochnikov par Kadochnikov lui-même, un grand combattant et philosophe, il a su améliorer le Systema qui existe aujourd'hui. Nous sommes devenus des armes mortels, pas comme ceux que vous avez vue dans les films américains, car les Spetsnazs sont très, très, très dangereux, indomptable, implacable. Ils opèrent dans l'opération musclé et d'une vivacité foudroyante, les opposants n'ont que d'une minutes pour prier avant de se prendre la charge de nos hommes comparables à des chars. Ils se croient supérieur, les étrangers, mais ils n'ont jamais fait front contre nous, ils ne sauront jamais de quoi nous sommes capables, jusqu'à ce que la troisième guerre mondial ne soit éclaté, si c'est bien ce que je penses, juste après ma mort.


"Je ne penses pas que cela concerne le sang qu'on a sur les mains, mais sur nos actions, justes ou non, c'est ce qui fait la différence. J'ai toujours fait face à des soldats près à mourir pour leur leader, pour leur objectif, ils sont tous morts sous ma furie, pourtant cela ne m'a pas empêché de me trouver en enfer, alors que j'y étais préparé pour, à la place je me retrouve ici, à enseigner mon art aux élèves, il y a tellement de cause dans ce monde qu'il est inutile de se casser la tête, c'est plutôt savoir comment faire pour la suite. Pour moi je trouve ça pas mal d'expier mes crimes en aidant les autres, mais bon quand on est dieu de la guerre... Oh mais maintenant que j'y penses, vous étiez où en Russie ? J'habitais pas très loin de la Sibérie, dans la campagne, j'avais un chalet, avec ma femme, très belle vue j'avais de cet endroit, maintenant c'est de l'histoire ancien..."
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Re: Voyez deux camarades se réunir [terminé] - Lun 28 Jan 2013 - 19:04
Alors qu’ils marchaient côté à côté, Lyra ne pouvait s’ôter la terrible impression qu’il était en train de la juger. Elle ne lui avait soufflé mot sur son passé, du moins rien de concret, si ce n’est qu’elle avait du mal à différencier les différents meurtres existants. Il était juste là, il n’avait rien dit mais son regard était pire que tout. Pourquoi se sentait-elle soudainement coupable ? Elle n’avait rien à se reprocher. C’était la vie qui avait voulu ça. Et rien d’autre. Elle ne devait pas croire que dans ses yeux, dans ces prunelles d’autrui, un jugement était mis en place pour clamer haut et fort la sentence. C’était faux. Juste son imagination qui lui jouait des tours.
Tuer est cruel, certes. Mais elle devait survivre, coûte que coûte. Maintenant qu’elle était morte, maintenant que cette vie de folie était derrière elle, elle pouvait laisser au placard ses vieilles habitudes, même si ces dernières semblaient s’être incrustées en elle, un peu comme de vieilles tâches ayant élu domicile en son corps.

- J’pars du principe qu’un meurtre reste un meurtre, j’y peux rien. C’est pas parce que vous vous êtes battu pour une quelconque idéologie que ça change quoi que ce soit. Vous êtes comme moi, vous avez tué. Et ça, vous ne pouvez pas le nier. C’est comme ça.

Premier aveu. Là, si il avait encore des doutes quant à son passé de criminelle, autant dire qu’ils s’étaient dissipés. Voilà ce qui arrive lorsqu’on se sent jugé, épié de bout en large alors que ce n’est pas le cas. Lui pouvait la comprendre, lui aussi savait ce que cela faisait. Pas pour les mêmes raisons mais ôter une vie au nom d’un pays ou pour vivre, quelle différence, au fond ? Les âmes ne vont en seront pas davantage reconnaissantes. Les idéologies, c’est un beau motif que les gouvernements servent à foison pour motiver les jeunes.
Lyra écouta ses paroles jusqu’au bout, voulant le connaître un peu plus. Même s’il était un ancien soldat, il semblait difficile pour lui d’oublier définitivement son passé. D’ailleurs, Deus ne l’avait pas réellement aidé pour ; il avait été nommé professeur de combat. La belle blague.

Lorsqu’il eut terminé et lui demandé d’où elle venait, Lyra ferma les yeux quelques instants. Le début était flou et c’était pourtant à cette époque qu’elle avait vécu les plus beaux souvenirs. Après, tout n’avait été que tristesse et rage. Elle avait dû faire preuve de patiente et endurer un enfer, sans doute sans aucun rapport direct avec celui qu’avait vécu Yuri mais un enfer tout de même pour elle. Là où lui avait dû affronter les champs de bataille, les balles virevoltant dans les airs, à la manière d’un ballet où les seules ovations seraient les cris des mourants, elle avait dû affronter des fous de dieux. D’un dieu. Ils priaient toujours, sacrifiant des hommes à leur dieu cinglé, faisant subir mille tortures aux infidèles. Tout cela en échange d’un toit et d’un peu de nourriture. Mais pour combien de temps encore ?

- Je… J’ai grandi à Saint-Pétersbourg, commença-t-elle en russe. J’y ai vécu mon enfance, enfin si on peut appeler cela une enfance… Elle s’est arrêtée à mes six ans, brutalement. J’m’en souviens encore, de ce jour noir où j’ai cru mourir mais où j’ai été épargnée sans aucune raison.

C’était la première fois qu’elle racontait cela. Son histoire. Ou du moins un prélude. Alors quoi de mieux que sa langue natale, cette si belle langue fleurie aux accents de vodka et aux allures de tsar pour raconter sa vie ? Il ne lui en avait pas demandé autant mais après toutes ces années passées dans le silence, venait un moment où les mots devaient sortir, en bloc parfois ou en discontinu. Elle n’essayait même pas de les arrêter, elle les laissait s’enfuir sans même vouloir les rattraper avant qu’ils ne volent hors de sa bouche. Elle avait oublié à quel point le russe pouvait être une si belle langue, notamment pour raconter des histoires.

- À la place, ils ont pris ma mère. J’ai pas compris au début. T’façon, j’avais six ans alors à cet âge, on comprend pas grand chose. Alors à la place, j’me suis endormie, dans le creux d’une poubelle. C’est une belle cachette, les ordures, vous savez. Là au moins, j’avais ma place parmi elles, pesta-t-elle. Alors la suite, on me l’a raconté. Parce qu’endormie, on voit pas grand chose. J’étais davantage passionnée par ces rêves de papillons et d’arcs-en-ciel qu’une gamine de mon âge faisait sans doute que par la réalité du monde. De mon monde.

Silence. Lui avait eu une belle vie, hormis la guerre. Elle, elle avait tenté par tous les moyens d’accéder à ce bonheur. Elle avait longtemps couru après ce dernier mais il semblait la fuir ou du moins être réservé pour d’autres. Mais pas pour elle. Le bonheur, c’est cette enflure qui joue à cache-cache avec ceux qui le cherchent et qui saute aux yeux de ceux qui l’ont déjà. Le bonheur, cette pourriture.
Un chalet, une femme, la campagne. C’était un beau conte de fées qui aurait pu faire plaisir aux gamins. C’était si éloigné du quotidien qu’ils s’en prenaient à rêver de choses ordinaires mais si magnifiques pour eux.

- Au début, on m’avait prise pour de la viande. Alors une viande avariée, sans doute. Ceux qui m’ont sortie de mes ordures étaient deux. Deux garçons à peine plus âgés que moi. J’aurais pu être emportée par le froid, j’aurais pu rejoindre ma mère en cette belle soirée mais non, la providence avait placé sur mon chemin ces deux enfants. Si seulement j’avais su que les détritus seraient un bien plus beau palace que là où ils m’ont emmenée, sûr que je serais restée bien au chaud, entre les épluchures et les morceaux de viande, bercée par la douce odeur des miasmes.

La suite, elle s’en souvenait. La suite, elle la détestait tout autant que sa vie entière par la simple raison qu’elle composait le principal de sa vie. Elle aurait dû crever là-bas, dans le froid de l’hiver. Des jeunes qui décèdent, cela se voyait tous les jours. Elle n’aurait pas fait exception à la règle et n’aurait pas connu ces années de souffrance. Tout plutôt que d’y retourner, même à travers les bribes d’un souvenir.
Ce souvenir, elle le revivait lors de certaines nuits. Il était ancré en elle. Lui non plus, ne s’effacerait pas. Des scènes resteraient à jamais gravées dans sa mémoire. Voilà depuis longtemps déjà qu’elle apprenait à vivre avec. Elle aurait dû avoir l’habitude depuis le temps mais la vérité, c’est qu’on ne s’habitue jamais à l’horreur, même répétitive.

- Je… Je suis désolée. Je suppose que vous n’en avez rien à foutre de ces vieilles histoires.

Elle baissa la tête, confuse. Elle ne comprenait toujours pas pourquoi elle avait ressenti le besoin inexplicable de raconter tout ceci. À un inconnu, de surcroît. Si c’est pour déblatérer des conneries pareilles, autant payer un psy. Il n’avait rien demandé, le pauvre. Juste savoir où elle avait grandi. Répondre Saint-Pétersbourg aurait suffi.
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Re: Voyez deux camarades se réunir [terminé] - Sam 2 Fév 2013 - 1:46
Un meurtre reste un meurtre, dit-elle... Je suis comme elle, elle est comme moi. Je me suis battu pour une idéologie ? Pour mon pays ? Pour mon peuple ? En fait, je n'en sais rien, je me suis battu depuis trop longtemps pour savoir pourquoi je me suis battu. Depuis que je suis un gamin j'ai été entrainé pour devenir un soldat, j'ai participé à plusieurs des conflits, j'ai survécu à ces conflits, à chaque conflit je garde des cicatrices qui témoignent ma vie passé sur ces terrains hostiles. J'ai souvent changé de compagnies, de personnes, jusqu'à ce que je reste définitivement dans l'unité que je commandai avant de mourir. Ces personnes qui m'avaient obéi, et bien ce sont mes camarades, des vrais, c'est à cet instant que j'ai commencé à grandir dans ma tête, avoir mes propres sentiments pour mes proches, avoir enfin la sensation de joie, de tristesse, de colère, de la jalousie et enfin de la peur... Oui, la peur de mourir un jour, alors que je ne l'avais jamais ressenti avant, mais c'est de cette peur que j'ai su surmonter les dangers de plus en plus grandissants, m'adapter et survivre, survire pour voir le lendemain, puis le lendemain est un autre jour à découvrir et qui ne serra pas pareil que les jours précédents.

Un meurtrier ? Je ne l'ai jamais nié, car je suis un parfait tueur! Depuis tout jeune je n'ai jamais eu peur de tuer ma première personne, je n'ai rien senti à ce moment là, je n'ai même pas pensé que c'était un victoire, ma première victoire. Je n'ai jamais pensé que cela était difficile pour tuer quelqu'un, je n'ai pas hésité à tirer, car si je ne l'ai pas fait... Je serrai actuellement mort, quelque part dans une ruine d'une ville, mon corps aura disparu de la surface, dépouillé par les clochards, puis par les rôdeurs et enfin le temps. Je n'ai plus aucun droit d'exister sur terre et mon âme ? Et bien je pense que j'aurai rejoint le paradis, car je ne me suis jamais reproché de quoi que ce soit, ni même penser faire du mal à autrui, tout simplement je n'avais aucun sentiment de le faire, je n'étais qu'un gamin, un bébé quand mes parents m'ont abandonné. Maintenant que j'y repense c'est quand même frustrant de ne pas connaitre mes vrais parents, que voulez vous, c'est comme ça, c'est ce que vous pensez, c'est le destin, c'est la vie, c'est fait ainsi...

Alors j'ai préféré être un meurtrier depuis cet instant là, depuis que j'ai tenu mon arme, près de mes camarades et combattre sur le terrain et tirer, tirer et tirer sur mes ennemis, jusqu'à ne plus en voir. J'ai les mains tâchées de sang de ces hommes sans vie, sans avenir, c'est moi que les ai ôté, comme ça, d'un simple pression de la gâchette et que l'air vibre sous le hurlement répétitif de mon kalachnikov. A présent nous vivons dans un ère de paix, mais encore bien plus compliqué qu'avant, ce monde fragile que je pensais... que c'était très bon pour vivre paisiblement, je peux toujours courir après, car la guerre est toujours avec moi.

Si je suis comme elle ? Si elle a tué quelqu'un alors oui, si elle a tué milles personnes alors je ne comprends toujours pas pourquoi elle se trouve en tant que repentie. J'ai tué des personnes pour mille raison, mais le résultats reviennent certes à un seul, comme une conclusion finale, un meurtrier. La définition simple d'un meurtrier et que nous avons tuer un ou une de nos semblables, donc des humains. On va pas appeler quelqu'un qui tue des animaux, que ce soit pour la chasse, pour la peau, pour le trophée, pour le plaisir ou même pour la survie. Oui, je crois qu'elle a tout à fait le droit de bien peser le mot et me mettre dans le tort, que si j'en ai mentionner, hors ce n'est pas le cas. Elle a pas les mêmes yeux que moi, elle n'a pas vécu ce genre d'expérience que j'en ai vécu moi à plusieurs reprises, elle a les yeux d'une innocente et elle parle d'être comme moi ? Folie... Si seulement je pouvais savoir plus sur son histoire je la comprendrai un peu mieux et nous aurions pu parler autrement.

Puis elle se met à parler, par la suite, où elle était née, Saint-Pétersbourg... Seconde capitale de la Russie, j'y étais là-bas, c'était et reste pour moi une des plus belles villes que j'ai vue, mais aussi contenant tellement d'histoire. Il y a eu tellement de choses qui a transformé ce coin, des circonstances qui a rendu cette ville célèbre. Alors elle est née là-bas... Pourtant, dans sa voix, elle ne semble pas être convaincu de cette vie, comme pour sa parole qui raconte un lourd passé. Je viens de me rendre compte qu'elle parlait en russe, j'avais pour habitude de comprendre l'unique langue pour communiquer avec autrui, mais là c'est beaucoup plus personnel, bien plus relationnel qui tourne autour d'un cercle intime. Pourquoi je ne me suis pas rendu compte sur le coup ? C'est que la langue universel nous permettant de se parler entre nous est incrustée dans notre mémoire au moment où nous avons foulé, enfin, où nous avons était ressuscité. Là... C'est de la Russie que nous parlons! Elle s'est ouvert à moi et faire part de son histoire alors que je ne l'ai pas encore demandé et elle continue à dévoiler une bride de son passé. Je comprends alors qu'elle a vécu une vie assez difficile et ceci je peux très bien la comprendre, oh que oui.

Lorsqu'elle finit son récit, pourtant inachevé, elle ne pu continuer et se rend compte qu'elle avait trop parlé, mais pas assez pour moi et qui m'intrigue de plus en plus,attisant ma curiosité et me poussant à parler et l'encourager de continuer, même s'il faut dévoiler mon passé.

"Non...(disais-je en russe) Je pense... Que nous sommes pareils, nous avons eu une enfance peu aisée, pas comme la plupart des personnes qui ont grandi normalement, dans une famille, avec un père et une mère, mais non, ce ne fut pas le cas pour toi et encore moins pour moi... Car je n'ai jamais connu mes parents, abandonné depuis que je ne suis qu'un bébé, un nouveau née, pris en charge par l'orphelinat, puis un peu plus tard, lorsque j'avais eu à peu près le même âge que toi, j'ai été enrôlé dans l'armée rouge. Je n'étais qu'un bon toutou qui obéissait à son maitre, qui n'a qu'un seul objectif, accomplir ce pourquoi j'ai été formé, je connais cette douleur, car je l'ai ressenti tout les jours, ce manque de sentiment... Je... ne pensais rien d'autre qu'à vivre comme un chien, je n'avais pas de vie quand j'étais jeune et je ne comprenais pas l'utilité de ces sentiments. Pourtant... En te regardant, en t'entendant parler ces souvenirs, un passé que j'aimerai oublier, je l'ai toujours gardé, pourquoi ? C'est pour me rappeler que j'ai progressé par moi-même et non grâce à mes parents! Mon seul désir de vivre suffit pour prendre tout le sens de respirer sur cette terre pourrie et pourtant qui restera à tout jamais dans mon coeur, car c'est aussi une belle planète bleu qui a ses propres histoires et ses propres chagrins... Vous savez, jeune demoiselle, je ne sais pas ce que cela fait de vivre dans les rues, mais moi je sais ce que cela fait de voir notre vie mis en jeu sur le terrain, des soldats près à tuer pour n'importe quel raison, même les plus ridicules ou tout simplement pour rien... Une vie qui tiennent sur un fil suspendu sur un gouffre noir et l'ange de la mort qui s'amuse à le couper à tout moment avec son paire de ciseau. J'en ai vécu presque tout le temps et ça depuis près de 28 ans..."

Oula, je viens de me rendre compte que j'ai trop parlé devant elle, mais je n'y peux rien, c'est sorti tout seul, je n'avais pas vraiment le contrôle de ce que je disais, j'en frissonne rien que de penser.

"Hmff... Trop parlé"

PS: désolé du petit retard ^^'
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Re: Voyez deux camarades se réunir [terminé] - Dim 3 Fév 2013 - 17:17
Voilà que les langues se déliaient au fur et à mesure que les deux adultes marchaient. Pourquoi un changement soudain d’attitude ? Elle, si réservée quant à son passé se mettait à en parler à un parfait inconnu. Elle le connaissait depuis à peine dix minutes et voilà qu’elle lui avait narré sa vie. Non pas sa vie. Juste les prémices. Les six premières années. Tout était flou à cette époque. Ses yeux d’enfant l’avaient peut-être trompée quant aux évènements exacts. Tout cela ne s’était peut-être pas passé ainsi. Peut-être sa mémoire avait-elle légèrement déformé les faits. Les seules choses dont elle était certaine étaient la manière dont Nikolaï et son frère l’avaient trouvée. La vérité commençait ici.
Etait-ce parce qu’il était Russe qu’elle l’avait assommé de paroles, de ce long flot continu qu’elle n’avait su retenir ? Etait-ce parce qu’elle avait senti que c’était le bon moment ? Etait-ce juste parce qu’elle en avait besoin ? Elle n’aurait su le dire, là, de suite. Parler lui avait fait ressentir l’effet d’une libération. Un poids énorme qui quittait peu à peu son cœur. Cette masse, cette ombre était toujours présente mais semblait plus légère, moins sombre qu’il y a des années. Parler l’avait délivrée. Et dire que ce n’était que le début, le début de sa misérable vie.

Lui-aussi se mit à parler. Il semblerait que la soudaine verve hâbleuse de Lyra ait contaminé Yuri à son tour. Elle l’en remerciait. Elle s’était déjà sentie mal à l’aise sitôt son récit terminé, cet aveu de sa part lui permettait d’oublier ce sentiment de honte.
Elle l’écouta du début jusqu’à la fin, n’en perdant pas une miette. Désormais, les bavardages insistants et les moqueries des élèves ne l’atteignaient plus, elle ne faisait plus attention à tout cela, elle se concentrait uniquement sur les mots de Yuri. Sur sa vie. La vie d’un autre Russe qui avait pu vivre plus longtemps qu’elle, une vie pleine de souvenirs qu’elle ne connaîtrait jamais. Lui en tant qu’ancien spetsnaz avait dû découvrir le monde. Il avait dû voir toute sa misère, il avait dû y faire face quotidiennement, sans jamais flancher.

- Au fond, je crois que je n’aurais pas dû vous raconter tout ça. On a tous eu nos problèmes. Et moi, contrairement à vous, j’ai eu la chance de connaître mes parents. Je me souviens très peu de mon père car il était plutôt du genre à écouter davantage sa queue que sa morale mais au moins, lorsque j’étais gosse, j’ai eu les joies de le connaître. Concernant ma mère, mes souvenirs sont tout aussi flous, peut-être même sont-ils une simple projection de mon esprit, peut-être mon imaginaire s’est-il amusé à créer ces souvenirs… Mais au moins, si jamais j’ai le moral à zéro, je peux me replonger dans mon passé. Dans ce passé-ci. Alors que vous, non.

Six ans. Ce n’était peut-être rien dans une existence, six courtes années. Mais pour la Russe, c’était déjà beaucoup. C’était ce qui lui avait permis de tenir durant les dix années suivantes, c’était ce qui la rattacher à la vie, ce fil d’Ariane qu’elle suivait, qu’elle ne devait pas perdre sous peine d’errer à jamais dans un labyrinthe de terreur. Voilà ce qui l’avait maintenue en vie, ce qui lui avait donné la force d’avancer encore et encore, même quand la mort venait toquer à sa porte pour saisir un ami, même lorsque la douleur s’invitait sans crier gare, lorsque tout espoir semblait perdu, voilà qu’elle se souvenir. Et la magie agissait de suite.
Mais les souvenirs ont aussi leurs mauvais côtés. Ils peuvent vous affaiblir à tout moment. Cela s’appelle de la nostalgie. Alors mieux vaut prendre garde à ce côté-ci ou la seule chose qu’apportera la mémoire seront de nouvelles larmes.

- Mais voyez-vous, ce qu’il y a de dommage avec les souvenirs, c’est justement qu’ils ne sont plus que de mauvais souvenirs. Les mauvais ne vous quitteront plus mais vous pourrez au moins vous dire que tout cela est derrière vous et que plus jamais vous ne voudrez revivre une telle horreur. Mais le problème avec les bons, c’est qu’ils vous poursuivront jusqu’à votre mort. Ils ne vous lâcheront plus, vous rendront nostalgique et vous n’aurez plus que vos yeux pour pleurer et regretter ce temps passé. Le problème avec cette académie, c’est que nous avons tous une ancienne vie qui nous colle à la peau. Et donc les souvenirs qui vont avec.

Lyra hésitait toujours entre le tutoiement et le vouvoiement quand elle devait s’adresser à lui. Il était plus âgé qu’elle, du moins avait-il davantage vécu et était un professeur et elle simple repentie, voilà de quoi imposer le respect. Mais il était aussi Russe, camarade de souffrance et avait alterné entre tutoiement et vouvoiement lorsqu’il avait pris la parole. Pour être sûre de ne pas le froisser, elle avait décidé de s’en tenir à ce dernier. Du moins pour le moment.
Elle l’écouta évoquer ses impressions quant à cette Terre dont ils étaient tous les enfants, quant aux Hommes qui ont ce don de faire des choses pitoyables pour un lopin de terre, de ceux qui savent que la mort marquera la fin mais qu’importe. À l’entendre, on pourrait croire que chaque existence est vaine. Voilà pourquoi les Hommes sont en quête du bonheur. Un bel objectif que ce dernier.

- En vérité, il semblerait que l’on soit tous des pions sur cette belle Terre. On est là, on sait que nous allons mourir un jour ou l’autre alors on tente de s’occuper par tous les moyens. Les divertissements sont là pour ça. Ils nous font croire que nous avons trouvé le bonheur mais c’est faux. Le bonheur, moi, je ne l’ai jamais trouvé et n’ait jamais cru avoir mis la main dessus. Parce que cette fichue planète n’est en fait qu’un véritable échiquier géant où chacun de nous est manipulé par la peur. La peur de la mort, la plupart du temps. Alors on multiplie les plaisirs mais sans jamais trouver le bonheur.

Lyra n’avait jamais été grande philosophe. Pour elle, la philosophie d’Epicure consistait à se noyer dans différents plaisirs alors que c’était même tout le contraire. Les désirs existent et peuvent être assouvis et doivent assouvis si ils sont nécessaires et d’ordre naturels. Mais cela s’arrête là. Trop de gens se méprennent sur Epicure. De toute façon, ces grandes thèses que les sages abreuvent à leurs élèves ne l’avaient jamais intéressée. Elle s’était fondée sa propre opinion sur la vie, sur la société, sur ce drôle de monde qui l’entourait, sur ces mystères qu’elle n’avait jamais su comprendre et sur elle-même.

- Je sais ce que ça fait de tuer. Tuer ou être tué. La survie avant tout. Voilà pourquoi je ne vous juge pas. Je vaux moins bien que vous. Au moins vos crimes peuvent-ils être pardonnés, je crois que je commence à faire la nuance entre vous et moi. Vous, vous n’aviez pas le choix. C’était vous et les autres. Moi, j’aurais pu tout arrêter une fois mon calvaire terminé. Mais je ne l’ai pas fait.

Parler avec ce garçon lui faisait du bien. Elle ignorait si il en avait trop dit ou pas assez. Elle ignorait elle-même si concernant son cas, elle devait continuer à s’exprimer là-dessus. Peut-être attendit-il la suite de sa vie. Alors il serait déçu. Elle était incapable de parler de tout cela à voix haute. Les mots resteront coincés dans sa gorge, une fois de plus. Il y avait une conscience entre son esprit et son corps. Sa langue s’était déliée jusqu’à ses six ans. Sa voix avait charrié les odeurs de pourriture de Saint-Pétersbourg, ces effluves narrant son enfance mais elle ne pouvait se résoudre à explorer ces horreurs pour les exprimer à haute voix. Son esprit en était encore imprégné. Comment oublier tout cela ? Si même avec un Russe, avec un ancien représentant de l’ordre, elle ne pouvait se confier, alors à qui pourrait-elle un jour raconter son passé ? Lorsqu’elle avait réussi à fuir ces horreurs, elle n’en avait jamais parlé en Europe, elle avait gardé tout cela pour elle et avait fini par pourrir de l’intérieur. Une fois partie, elle avait toujours évité de songer à ces innocents restés là-bas, à ceux qui y étaient peut-être encore aujourd’hui. Elle ne s’était jamais considérée comme une lâche mais au fond, sa seule fuite consistait en un acte de lâcheté. Elle les avait abandonnés, Tous.

Mais les remords ne ramèneront pas les morts à la vie. C’était trop tard. Tout ce qu’elle pouvait espérer désormais était de se faire pardonner en tant que repentie en travaillant pour l’académie. Au fond, peut-être ses meurtres n’étaient-ils pas l’unique cause l’ayant fait intégrer le poste de repentie. Mais désormais, elle devait laisser tout cela de côté. Tout ce qu’elle pouvait faire était de garder ces souvenirs en tête pour pouvoir peut-être un jour les raconter à quelqu’un qui la croirait. Ainsi, leur histoire ne serait pas perdue. Pas encore.
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Re: Voyez deux camarades se réunir [terminé] - Jeu 14 Fév 2013 - 11:36
Replonger dans le passer, revivre des moments de bonheur, quand le moral est au plus bas pensez à ce que vous avez vécu de meilleur... Depuis gamin j'ai vécu la mélancolie de notre pays, je ne savais pas à cet époque ce que pourquoi et du comment j'ai été entrainé là-dedans, mais après, quand mon cerveau muri comme tout être humain, j'ai commencé à comprendre un peu le monde dans lequel j'étais en train de vivre, puis là aussi je me suis rendu compte que je n'avais pas réellement une famille. J'avais que mon arme, celui qui me servait depuis des temps anciens, depuis ma jeunesse, j'ai vécu avec et j'ai survécu au front, avec. Ecoutez, ce n'est pas le plus sophistiqué des armes à feu, mais c'est bien l'arme de survie, où qu'on aille il te suivra, comme ton ombre, dans l'eau, dans le sable, dans le marais, par un temps mauvais, il fonctionnera tout comme tu respires encore. Kalachnikov, son nom complet est Mikhaïl Timofeïevitch Kalachnikov, le père de tout les armes russe, celui qui a permis de moderniser nos fusils actuellement, c'est grâce à cet homme que nous vivons encore plus. Ces Yankees se croient plus intelligent ? Ils ont sous-estimé nos armes et se sont retrouvés à nu dans Vietnam, en Afghanistan ou bien l'Irak. Un objet qu'on pourrait presque comparer à notre bras droit, un part intégré à notre corps, c'est comme les samurai et leurs katanas, partageant le même âme, et bien dans notre cas c'est le même. Comprenez, j'avais toujours mon vieux AK-47 toujours accroché dans mon salon, sur terre, dans mon chalet. Ce même AK-47 que j'ai fait reproduire dans ma chambre, dans l'académie, pour me rappeler le parcours que j'ai effectué, les moments difficiles que j'ai vécu, d'ailleurs tout les armes russes que j'ai utilisé sont affichés dans ma chambre, laissant des traces de guerres et de combat rapproché, mais celui-là, ce Kalachnikov est belle et bien le tout premier arme que je possédais, c'est comme rendre hommage.

Puis les mauvais souvenir, n'est-ce-pas ? C'est vrai, ce ne seront que des souvenirs, mais ces souvenirs sont fait pour se rappeler de ce que nous avons fait, pour devenir ce que l'on est aujourd'hui. Pour le bien ou pour le pire, on s'adapte et on avance, si l'on avance pas on peut pas vraiment dire qu'on vit ou vivre librement. Dans mon cas, je sais que j'ai progressé, car j'ai cessé d'être le gentil chien et devenir un vrai soldat, puis un commandant, s'en suit d'être un leader ou bien père de ses enfants, mes frères d'armes, ceux qui ont combattu à mes côtés, fier et courageux, ne laissant tomber personne et n'abandonnant pas les fronts comme des êtres normaux. Ce que j'essaie de vous dire, c'est que ce sont de braves guerriers et que je suis heureux de les rencontrer dans ma vie, on était une grande famille, nous avons vécu tellement de choses ensemble, mais bon voila, je sens, au fond de moi, que ce genre de famille ne va pas durée une éternité, maintenant que je suis là, je ne sais même plus ce qu'ils font sur terre, s'ils s'en sortent bien sans moi. Enfin, devrais-je croire en eux ? Ils ont toujours leur commandant, mon bras droit et aussi ma femme, redoutable soit-elle et peut me remplacer pour combattre les traitres.

En parlant d'elle, j'ai eu de bon souvenir, que du bonheur en tout cas, c'est grâce à elle si j'ai vécu aussi longtemps et ainsi devenir un bon commandant, la première fois qu'on s'était réellement lié c'était quand nous nous chamaillons pour qui est le plus fort, a la fin on a décidé de faire un duel dans la forêt, personne ne pouvait nous voir et ils en rataient des choses. C'était dans cette forêt qu'on s'était affronté, très violent même, je peux dire que je n'avais jamais eu un combat aussi intense et même peut-être épique. Ce genre de chose, ne peut-être gardé que pour sois-même tellement c'est grandiose. Enfin, je décrirai en détail plus tard, ou même je vais encore le garder secret.


"Da... Tu as raison, mais le bonheur et le seul bonheur réside certainement dans l'amour, c'est peut-être bizarre de me voir de dire ça, pourtant c'est vrai, l'expression de l'amour ne se limite pas pour sa femme, non, c'est pour la famille, de ses frères et soeurs, de mes camarades, de ceux qui m'entourent et que je les considère comme membre de la famille, ceci a le pouvoir de chambouler notre destin, le rendant moins prévisible, mais c'est tout aussi dangereux si l'on ne saisit pas bien l'expression de l'amour... ceci n'a et n'aura pas de limite dans notre âme que ses divertissements, quelque soit le prix. L'amour n'est pas à vendre et ignore la mort, c'est pour cette raison que je suis mort."

Puis la tuerie, la mort n'est-ce-pas ? Encore une nouvelle fois pourquoi craindre le paradis ou l'enfer à cause de nos actes ? Personnellement je m'en fout, ceci ne m'a pas empêché de me faire exploser, j'étais bien décidé à mourir pour une cause, l'amour. En cet instant, je me rappel encore de cet homme qui m'avait fait face et ne savait pas pourquoi on en était arrivé à là, ni même moi, pourtant, en cet instant précis, celui que j'avais considéré comme mon véritable frère, il est devenu mon ennemi, mais à cet instant il y a bien une chose qui m'a bien fait réfléchir, qui sommes nous au juste ? On se croirait comme des pions, comme l'avait si bien dit cette jeune repentis, le gouvernement, même l'armée nous avaient trahis, on s'est fait berné par ces bureaucrates, Tout ça pour déclencher la guerre... Les abrutis.

"Je ne sais même pas pourquoi on est pas dans le même panier, j'ai tué beaucoup de gens, armés, certes, mais ça reste des humains, j'aurai très bien pu m'arrêter et mener une vie sociable, mais au lieu de ça j'ai continué, car je ne savais rien faire d'autre que de me battre et je le fais très bien. J'étais destiné pour brûler en enfer et vivre mille douleurs et de souffrances pour tout mes actes commis depuis plus de 30 ans, pourtant j'ai été choisi pour devenir dieu, là encore cela défie tout logique, c'est là que je me disais qu'il a eu les yeux sur nous et décide de nous sauver, pour quel raison ? Je ne sais même pas, même prévisible, il n'y a rien de concret là-dedans, mais bon, je pense que si nous arrivons à progresser suffisamment longtemps on aura notre réponse au bout de ce tunnel noir, une lumière qui pourra nous éclairer sur notre destin, vous en pensez quoi ?"

PS: Désolé si j'ai répondu après les autres, j'avais eu l'inspi pour eux, autant les répondre avant que je n'en ai plus et me concentrer bien sur celui-ci ><
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Re: Voyez deux camarades se réunir [terminé] - Sam 16 Fév 2013 - 17:57
Un spetsnaz croyant en le pouvoir de l’amour ? Etrange. Mais après tout, ce soldat était un homme comme un autre. En dehors de la guerre, il avait eu une vie. Le champ de bataille était peut-être son quotidien mais au moins pouvait-il fuir cette réalité si morne grâce à sa famille.
De famille, Lyra ne se souvenait pas en avoir déjà eu une. Une vraie. Le peu qui lui restait de sa famille, elle l’avait perdu alors qu’elle avait à peine six ans. Ensuite, pendant dix longues années de souffrance, elle n’avait pu se lier d’amitié réellement avec qui que ce soit. Des connaissances, des camarades, voilà tout ce que représentaient ces êtres à ses yeux. Même une fois sortie de l’Enfer, elle n’avait pu eu le privilège d’avoir une famille. Elle avait failli en avoir une. Une belle famille composée de trois membres. Elle porta une main à son ventre, instinctivement. Mais c’était trop tard désormais. Tout cela appartenait au passé. La mort l’avait rattrapée et avait fait voler en éclats ses rêves.

- Oui, de la part d’un homme vouant une haine profonde à ses parents, c’est étrange d’entendre de telles paroles… L’amour, hein ? se moqua-t-elle. Jusqu’à mes seize ans, j’ai cru que je ne savais pas aimer, que je n’étais destinée qu’à haïre. J’avais pas de famille sur laquelle j’aurais pu reporter un quelconque amour, pas même d’amis que j’aurais pu vouloir défendre au péril de ma vie comme vous avez sans doute déjà fait en tant que soldat. Non. J’avais juste moi. Et cela me suffisait amplement.

Après tout, qui aurait été assez fou pour réellement aimer cette fille à la manière d’une simple sœur ? Elle n’avait jamais eu de tels espoirs. Alors pendant toute la durée de son calvaire, elle s’était davantage occupée de sa propre personne que de son entourage. Eux-même en auraient fait autant. À choisir entre eux ou Lyra, ils auraient préféré sauver leurs pommes. Et la Russe ne les comprenait que trop bien.
Là où tout le monde essayait de s’entraidait et de se serrer les coudes, elle restait en retrait, à observer ce microcosme dans lequel ils étaient tous enfermés. Ils étaient tous dans la même merde et pourtant cela ne l’avait pas affectée le moins du monde. Elle avait caressé l’espoir de s’en sortir pendant une dizaine d’années, ne partageant ses rêves avec personne. Ou presque. Il y en avait bien un qui était sorti du lot. Mais il n’était plus là désormais. Alors qu’elle aurait dû réfléchir et lui faire confiance, elle avait préféré agir comme une lâche. C’est ainsi.

Elle ignorait toujours pourquoi elle discutait ainsi avec cet homme. Elle le connaissait à peine et pourtant elle n’avait pas hésité à lui raconter un pan de sa vie. Devait-elle craindre de trop parler à nouveau ? Au pire, ce n’étaient que des mots. Qui se soucierait de la vie de cette repentie ? Certainement pas les gens d’ici. Pour le moment, il l’avait écoutée, semblait lui avoir prêté une attention particulier mais sitôt qu’ils se sépareraient, il ne s’en soucierait plus et balayerait bien vite cette rencontre de sa mémoire. Elle en était certaine.

- Et après, quand j’ai cru que je pourrais enfin avoir une famille. Ma famille. Tout a été détruit par ma mort. J’pouvais dire adieu à mes rêves passés car j’suis bloquée ici désormais. Merci Deus. Et vous voulez savoir le plus drôle ? C’est justement à cause de l’amour que j’suis morte.

Le fin mot de sa mort, elle ne le connaissait toujours pas. Elle aurait aimé trouver des réponses mais ce n’était pas dans cette académie qu’elle avait pouvoir savoir quoi que ce soit. Elle ne connaissait pas l’identité des tireurs, ignorait jusqu’à la raison qui les avait poussés à tirer sur elle. Elle savait juste que si seulement elle avait été plus prudente, si seulement elle n’avait pas baissé sa garde, aveuglée par cet amour dont il était question depuis cinq minutes, elle serait sans doute encore là-bas, sur Terre.
Elle ignorait pourquoi Deus lui avait offert une nouvelle chance et ne cherchait même pas à le savoir. Si ça ne tenait qu’à elle, elle serait déjà allée lui refaire son portrait, à ce dieu fainéant ! Malheureusement, difficile de frapper une entité.

- J’en pense qu’il faudrait peut-être que vous choisissiez entre le tutoiement ou le vouvoiement, le taquina-t-elle. C’est que d’entendre un professeur me tutoyer, c’est pas commun ! Mais l’entendre me vouvoyer ensuite, c’est encore moins commun !

Hormis cette légère plaisanterie lui permettant de trancher enfin entre le tutoiement et le vouvoiement, Lyra ne partageait pas du tout son avis quant à Deus. Ici, ils ne trouveraient aucune réponse. Ils n’avaient été que des pions en tant que vivants, il en sera de même morts. L’expérience ne ferait rien avancer, ne leur apprendrait rien d’autre si ce n’est qu’ils étaient coincés ici pour l’éternité. Ils avaient quitté le monde des vivants pour rejoindre un lieu hermétique dans le seul but d’être appelés à devenir des dieux. Et après ? Que feront-ils une fois fin prêts à recevoir le titre de dieux, se débarrassant de celui d’apprentis ? Ils iront sur Terre veiller sur les humains ? Pathétique.

- J’attends rien de cette nouvelle vie et encore moins de la part de Deus. Notre destin est derrière nous, du temps où on était vivant. Maintenant, on nous mène par le bout du nez grâce à des chimères. C’est bien joli d’avoir été choisi pour devenir un dieu mais dans quel but ? On ne sait rien de rien. On était des pions sur Terre, on l’est à nouveau aujourd’hui. La seule chose qui a changé, c’est qu’on a des pouvoirs. Ça a p’têt le don d’en adoucir plus d’un mais certainement pas moi. J’préfèrerais avoir eu droit à une nouvelle vie sur Terre, quitte à oublier l’ancienne, plutôt que d’être bloquée ici. Mais ça, ce n’est que mon opinion.

Elle savait que tout le monde ne partageait pas sa façon de penser. Il suffisait qu’elle prenne pour exemple cette élève qu’elle avait rencontré il y a peu, Akalie, pour comprendre que pour beaucoup, c’était davantage une bénédiction qu’une malédiction que de pouvoir vivre une nouvelle vie.
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Re: Voyez deux camarades se réunir [terminé] - Jeu 28 Fév 2013 - 21:11
En voila une fille entêté, je viens de me rendre compte qu'elle est tout le contraire de ce que j'ai vécu dans ma vie, elle est l'opposé de ma personnalité, elle est bien différente de moi. Ce n'est pas comme si elle n'avait pas vécu la misère, comme moi en fait, mais bon, ce qu'elle venait de me raconter c'est bien triste, elle n'a rien accompli dans sa vie, alors que moi j'ai accompli tellement de choses et pour des causes, souvent sur le champ de bataille, toujours à risquer ma vie pour mes camarades. J'ai voyagé à travers le monde, pas pour des vacances, hélas, toujours armé de mon kalachnikov, je me suis battu sans relâche, les moments de détentes se trouvent en Russie, et encore c'est souvent le bordel dans les rues. En tout cas je ne vais pas me plaindre de ma vie, car j'en ai aussi vécu de belle choses.

"Je vois... Dommage que l'amour ne vous a pas permis de voler si loin"

Et puis... Quand vous dites que la vie est rose, d'autre c'est l'enfer. Oui, c'est vrai, je ne dis pas le contraire, on dit même que c'est sur terre que se trouve l'enfer, comme le paradis, mais je ne comprendrai jamais ces deux notions si futiles, pour moi, ce monde, je l'ai vécu, point, après ce qui se passe derrière la mort c'est autre chose, on me dit qu'il y a un nouveau monde, d'autre l'incarnation, et moi je les trouve bien plus réaliste que ces comtes de fée sortis tout droit des bouquins ou de bibles. L'imagination des humains sont si compliqués et source d'inspiration inépuisable, on ne sait même plus où on en est, c'est à en devenir fou.

"Ha ? Oui, désolé, bien probable que je préfère tutoyer, mais pour des raisons qui m'échappe je vouvoie, sans faire exprès"

Puis voila sa phrase qui m'a bien fait trembler mon esprit, c'est bien la première femme que je croise... non, la deuxième, j'ai pas oublié cette femme qui s'oppose totalement aux idéaux de Deus, je ne dis pas que c'est du blasphème, car je peux très bien dire qu'elle a tout à fait raison, mais... non, je ne peux l'encourager, car moi, toujours à me battre sur terre et maintenant je suis un enseignant, quoi de mieux pour vivre tranquillement dans l'académie ? Certes, notre destin s'est terminé au moment de notre mort, et alors ? J'aime finalement cette nouvelle vie, pas parce que j'ai un pouvoir, voir même puissant, pas parce que j'ai un corps très jeune, c'est un monde totalement nouveau pour moi, je suis entouré de jeune, des élèves, il n'y a pas de guerre autour de moi, il n'y a pas de conflit, juste quelques petits bagarres qui ne sont pas très fréquent. Je ne me plaint pas de cette vie que je suis en train de mener, mais qu'est-ce-que je dis moi, venant d'un dieu de la guerre, c'est trop pour que ce soit réel et pourtant si.

"Ton opinion est juste, je ne le dis pas le contraire, tu as été enfermé toujours dans une cage et te revoilà à nouveau enfermé dans cet école, à travailler en tant que repentis, sans vraiment savoir pourquoi, ni même le but, alors que moi, j'ai parcouru sur les quatre coins du globe, j'ai vécu le désert, la forêt, la jungle, le grand froid ou même la mer, j'ai tellement vue de visages de ma vie que je ne saurai jamais les compter, mais ce qui est sûr c'est que j'ai visiter les pays et je les envie, ils n'ont pas les même mode de vie que chez nous, plus libre, un climat bien chaleureux, les gens bien sympas, mais bon, je suis mort, je peux plus revenir en arrière, mais je ne plaint pas non plus de cette nouvelle vie, je ne subis plus le stress du combat, il n'y a plus de conflit ici, c'est la paix, c'est étrange d'entendre dire ça de la part d'un soldat, mais c'est la vérité, je ne suis pas un adorateur de la guerre, j'ai toujours rêvé de vivre en paix et de rester calme pendant un moment, juste ça. On a pas les même opinions, mais chacun sont justifiés et je comprendrai que tu as la haine contre Deus"

Je n'ai pas pu terminer ma phrase quand la sonnerie retentit, je peux entendre déjà les portes s'ouvrir et les élèves sortir, à nouveau, le couloir si calme est envahi par le brouhaha de ces petits, bientôt nous allons être submergé, c'est à cet instant que je me suis dit qu'on va s'arrêter à là, je ne sais pas combien de minutes ont passé depuis cette rencontre, mais ce fut plaisant de parler avec elle et il est temps de se quitter.

"Je pense que je ne vais plus vous retenir, vous avez sûrement du travail à faire, navré de vous avoir retenu aussi longtemps, j'espère te revoir et parler à nouveau ensemble dans un coin calme"

PS: bon ba voila, désolé du retard encore une fois, mais je pense qu'on va s'arrêter à là.
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Re: Voyez deux camarades se réunir [terminé] - Lun 4 Mar 2013 - 18:49
Léger claquement de langue. Agacée ? C’était l’amour qui lui avait permis de vivre ces beaux moments en France. Courts peut-être mais tout de même magnifiques. Et ça, elle ne pourrait pas l’oublier. Cet ancien soldat ignorait tout de ce qu’elle avait ressenti. Peut-être étaient-ils du même pays mais les ressemblances s’arrêtaient là. Leurs enfances avaient toutes deux été chaotiques mais au moins la vie de Yuri avait-elle trouvé un virage, un sentier l’emportant loin de ces sillons de tristesse et de haine. Lyra, elle, n’avait su y échapper. Mais elle préférait cela plutôt que d’être devenue, comme lui, un chien galeux aux bottes de l’armée.

Il ne semblait pas trouver exécrables les paroles qu’elle venait de proférer à l’encontre de Deus. La religion était ce qui lui avait gâché la vie, cet idiot de dieu pensait vraiment que la demoiselle allait se plier gentiment aux douces règles de l’académie ? Alors qu’il lui avait rendu la vie, avait-il vraiment cru un seul instant que la demoiselle irait déposer des corbeilles de fruits en le remerciant quotidiennement de ce cadeau ? Malheureusement pour lui, non. Déjà de son vivant, elle avait dû vivre dans l’ombre de la terreur, tout ça à cause d’une secte de dégénérés priant un dieu maudit exigeant mille tortures pour son bon plaisir. Faut croire que les suppôts de Satan avaient besoin d’entendre de pauvres gens hurler pour pouvoir enfin jouir de ce spectacle ! Le plaisir semblait décuplé alors que des êtres agonisaient juste pour une poignée d’hommes prenant leur pied devant ces cris.

La sonnerie retentit. Lyra tourna la tête. Déjà un flot d’élèves sortaient par les portes les plus proches. D’autres se pressaient encore de ranger leurs affaires pour pouvoir profiter au plus tôt du peu de lumière qu’offrait encore le jour. Les garnements ne se gênaient pas pour bousculer les deux adultes leur entravant le passage. Ils étaient là, immobiles au milieu de cet océan de foule, à la manière de deux récifs. Mais aucune lumière ne prévenait de leur présence alors il n’était pas rare que nombre de ces êtres ne grommellent devant ces deux gêneurs. Vient un temps où il faut savoir se dire au revoir et le moment semblait être celui-ci.
On pouvait à peine s’entendre penser tant le bruit saignaient les oreilles. Des cris de joie alors que la sonnerie se taisait peu à peu. Voilà. Un dernier flot allait emporter au loin les deux Russes. Avant de se retourner, elle offrit une éclipse de sourire au Russe. Voir quelqu’un de son pays l’avait apaisée. Dommage qu’il ne partage pas les mêmes idéaux qu’elle mais mieux valait ne pas trop espérer de la part d’un spetsnaz, même à la retraite.

- Oui c’est ça… À bientôt.

Là, elle serra ses dossiers contre son cœur et avança en direction du secrétariat. Si elle se pressait, elle y serait avant que les repentis assignés à leur poste ne s’en aillent. Cette sonnerie marquait peut-être la fin des cours mais aussi la fin de la journée et par conséquent, bon nombre de repentis rentraient dans leur quartier dans le but de se reposer.

Elle sortit et fut accueillie par l’air frais. Après la chaleur des radiateurs voilà qu’elle devait subir le froid de l’hiver. Hiver qui toucherait bientôt à sa fin. Les flocons s’étaient calmés, la neige commençait doucement à fondre, anéantie par le Soleil qui avait levé le bout de son nez, offrant aux dieux sa présence tant appréciée. La Russe leva la tête vers le ciel et y reconnut un corbeau au loin. Toujours les corbeaux. Bon présage ? Certainement. De son point de vue, du moins.
Il ne faisait pas si froid que cela finalement. Alors inutile de se presser. Les dossiers pourraient attendre. Autant profiter du peu de clarté de cette fin de journée. Au diable le secrétariat !
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Re: Voyez deux camarades se réunir [terminé] - Mer 6 Mar 2013 - 9:40
Pour la question de l'amour, je suis d'accord avec Yuri : l'amour fait vivre, donne de l'espoir, apporte tant de joie et tant de rêve. Mais tout comme une belle fleur, l'amour est éphémère.

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Voyez deux camarades se réunir [terminé]
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