Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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 Arrivée de l'infirmière

 
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Arrivée de l'infirmière - Sam 12 Jan 2013 - 2:41
"Mais qu'est ce que je fais là ..."

La jeune femme tira sur sa cigarette une bouffée qu'elle inspira profondément, la savourant. Elle recracha la fumée en un fin filet vaporeux, sa bouche carmin mi close.

*Bin c'est plutôt logique, une infirmière devant une infirmerie ...*

Elle bascula sa tête en arrière en fermant les yeux, déconcertée par cette réponse.

"Je parle pas seulement de l'infirmerie mais de cet endroit, bougresse ..."

La femme redressa sa tête et ouvrit les yeux, regardant un peu autour d'elle, l'air détaché.

*En attendant ça fait 5 minutes que tu es plantée là à rien faire, tu compte rentrer ?*

Elle tira à nouveau un peu sur sa cigarette, toisant le bâtiment, il était imposant pour une infirmerie.

"ça va, ça va"

Elle écrasa sa cigarette du bout de ses escarpins vernis après une dernière bouffée qu'elle expira lentement, remonta sa petite robe bustier, noire, cintrée et arrivant au dessus des genoux, se baissa pour attraper la poignée de ses deux petites valises. Elle cherchait à gagner du temps c'est vrai, mais son corps, assailli par les aiguilles du froid matinal, lui pria de presser le pas. Elle s'avança jusqu'à la porte et posa une de ses valises sur le palier pour glisser une main dans le haut de sa robe, sortant un trousseau de clefs de son soutient-gorge, elle introduisit la plus grosse dans la serrure et s'arrêta un instant pour soupirer avant de la tourner et entra.

*Bin tu vois c'était pas si difficile !*

Elle alla ouvrir les volets d'un pas vif.

"La ferme !"

La salle d'attente était plutôt grande, des chaises rouges étaient adossées aux murs dont la moitié inférieure était peinte en rouge et la moitié supérieur d'un blanc immaculé. Sur la droite des toilettes. Pas de pancartes, d'écriteaux, de brochures, cette pièce faisait vraiment vide, mais déjà le doux parfum du désinfectant emplissait ses narines. De son vivant, cette odeur l'insupportait au plus haut point, mais aujourd'hui, c'était une des seules choses familières. Elle alluma une cigarette et la laissa pendre à ses lèvres, ouvrant la porte donnant sur la salle de consultations. Lorsqu'elle entra, elle bloqua devant le bureau en bois sombre sur lequel reposait un ordinateur ... Ne prêtant pas attention à la table d'auscultations sur sa gauche.

"Mais c'est pas vrai ! Comment on faisait dans le temps ! Je refuse de devoir me servir de ce truc ..."

Elle s'installa derrière le bureau, mis 10 minutes à trouver comment on allumait ce machin et imprima la liste des dossiers médicaux avant d'ouvrir la porte sur la salle de repos. Elle était grande, blanche, froide, sans vie ... Elle ouvrit les volets avant de déverrouiller la porte au fond de la salle qui donnait sur une réserve, elle revint dans le cabinet de consultations, débrancha l'ordinateur et son imprimante pour les y ranger dans un coin.

"Une bonne chose de faite"

Elle savoura la bouffée de sa cigarette, très satisfaite d'elle.

*Tu ne veux pas faire d'efforts ...*

La femme leva les yeux au ciel avant de pénétrer dans la salle de repos, ouvrant la porte la plus proche. C'était une petite pièce claire avec un petit lit, pas très confortable mais ça ferait l'affaire, une petite gazinière, un petit réfrigérateur et ... Un poste de télévision ! Elle le débrancha immédiatement et il alla rejoindre son ami l'ordinateur.

"Non, ça rend dépendant, stupide ... Et j'vois même pas pourquoi je me justifie, je te dois rien !"


Elle déposa ses valises sur le petit lit et les ouvra, en sortant un cendrier cristallin, une bouteille de wisky et des affichettes. Elle cacha la bouteille, ainsi qu'un verre dans le tiroir coulissant de son bureau, écrasa sa cigarette dans le cendrier qu'elle posa sur le bureau. Elle prit les affichettes, elle les aimait ces affichettes, elle s'était donné un mal fou pour les faire, l'écriture calligraphiée soignée. Elle accrocha la première sur la porte d'entrée.

Pas d'animaux, ce n'est pas un centre vétérinaire
Pas d'armes, ce n'est pas un centre d'entraînement


elle en accrocha une seconde dans la salle d'attente.

Défense de fumer dans les locaux

Puis une troisième.

Défense de consommer de l'alcool dans les locaux

et une quatrième.

Aucun billets d'excuses ou de retard ne sera délivrés en cas de simulation.

Elle afficha les mêmes pancartes dans le cabinet de consultations et dans la salle de repos, elle laissa un sourire sadique se glisser sur son visage.

Prière de ne pas pleurnicher, gémir ou se plaindre sous peine d'être bâillonné

La dernière, elle l'afficha au dessus de son bureau

La contraception c'est important, parlez en à votre infirmière.

Elle s'assit sur sa chaise et coiffa ses cheveux en un chignon serré, quelques mèches dégradées s'en échappaient, mais ça lui donnait un certain charme, enfila sa blouse dont elle noua un des boutons du milieu, alluma une nouvelle cigarette, en tira une longue bouffée.

"Mais qu'est ce que je fais là ..."

elle commença à retranscrire les dossiers médicaux de manière manuscrite, les rangeant dans des pochettes cartonnées, classées dans son armoires.

*Mais ça va être marrant ! Positive !*

Elle s'avachit dans son fauteuil, sa cigarette dans la bouche.

"La ferme ..."
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Re: Arrivée de l'infirmière - Dim 13 Jan 2013 - 20:59
    Elle était morte. Elle se souvenait de cette douleur fulgurante dans son dos et l'air qui lui manquait. Comment ne pas se souvenir de ces ténèbres l'engloutissant lentement, de tous ces décors et ces sons familiers qui lentement disparaissaient alors que le froid venait prendre possession de son être. Une dernier mot, une dernière étreinte, cette larme sur sa main et puis.. Plus rien.

    Plus rien? Nan. La lumière était revenue, la laissant complètement perdue. Elle s'était relevée sans aucune difficulté, son corps et et son cœur fonctionnant comme ils l’avaient toujours fait, comme ils auraient du continuer de le faire sur cette terre qu'elle avait quitté si vite. Oui, elle était en vie. Entière et en pleine santé. Mais elle n'était plus chez elle. Elle avait perdu les siens, perdu ses repères. Perdu sa chère étoile, sa sœur chérie. Bien qu'elle soit heureuse de la savoir en vie, elle sentait son âme saigner de se savoir si loin d'elle. A jamais inaccessible.

    La Deus Academy? Elle avait du mal à y croire, du mal à comprendre. Elle était morte et pourtant, elle était encore là. Bien vivante sans pouvoir l'être réellement car ce n'était tout simplement pas possible. Les sages de sa tribu parlaient certes des Grands Esprits mais rien ici ne ressemblait aux plaines du repos destinées à ceux de son peuple mort honorablement. Avait-elle froissé leur égo, les avait-elle mis en colère d'une façon où d'une autre?

    Elle avançait le nez en l'air, découvrant les lieux avec un regard aussi fasciné qu'inquiet. Toute cette pierre partout, ces bâtiments... Cela ne ressemblait à rien de ce qu'elle connaissait. Et puis, il y avait cette sensation bizarre qu'elle ressentait régulièrement, comme si quelque chose la suivait. Cela s'approchait et repartait. Elle serait une apprentie-déesse d'après ce qu'elle avait compris. Pourquoi elle? Déesse de quoi? Comment?

    A force de se poser trop de questions, l'esprit préoccupé par tout sauf sur son chemin, elle ne vit pas les marches qui se dessinaient sous ses pas. Et la chute fut lourde comme le retour à la réalité. Elle était morte et pourtant, elle sentait cette douleur irradier dans son poignet et remonter dans son bras. Et le filet carmin qui s'écoula lentement au niveau de son œil. Elle saignait, elle avait mal. Elle fixa ses mains, incrédules avant de soupirer. Elle devrait s'y faire.

    Pour le moment, trouver le guérisseur du lieu. Plus tôt elle se soignerait, plus vite elle pourrait se concentrer sur l'essentiel. Comprendre. Car là, elle était bel et bien perdue, dans tous les sens du terme. Ces murs minéral se ressemblaient tous. Heureusement, quelqu'un finit par lui indiquer ce qu'elle cherchait. L'infirmerie? Quel drôle de nom. Peut-être était-ce le nom de leur Shaman. En tout cas, elle s'y rendit tandis que la douleur dans son poignet ne semblait pas prête à vouloir disparaitre.

    Ce qui l'interpella le plus fut le vide des lieux. Des panneaux des chaises et rien d'autres. 'Vétérinaire', 'centre d'entrainement', 'alcool'... serait-ce une référence à l'eau de feu? Que de mots étranges. Mais après tout, n'était-ce pas ainsi que tout lui semblait? Étrange et nouveau? Comme si elle venait de naitre à nouveau et qu'elle avait tout à apprendre. Exactement ce que lui avait dit cet homme lorsqu'elle avait repris conscience en ces lieux.

    Ne sachant que faire, elle se contenta de s'asseoir, essuyant négligemment le léger filet de sang provenant de son front égratigné, attendant de rencontrer cet 'Infirmerie' qui devait la soigner.
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Re: Arrivée de l'infirmière - Dim 13 Jan 2013 - 23:17
Calliste était dans son cabinet depuis son arrivée, elle n'en avait pas bougé, c'était la seule chose familière pour elle, la douce odeur de désinfectant, rassurante, embaumant l'esprit, ça lui permettait d'ignorer la peur qui l'envahissait. C'est vrai qu'elle n'avait jamais été dans une telle situation de détresse, la vulnérabilité elle ne connaissait pas ... L'époque ne lui convenait pas, ces lieux l'impressionnaient, les élèves l'incommodaient ... Pire que tout, cette petite voix dans sa tête devenait de plus en plus agaçante ... Ebauche de conscience ? Si au moins elle pouvait se tenir tranquille, mais voilà qu'elle chantait en plus !!!

*A l’ombre de la lagune je retournerai
Dans le brouillard qui entoure la folie de ton passé
Toi si belle quand vient l’hiver si étrange en été
J’attendrais le dernier soir pour te dire
A l’ombre du grand palais je m’endormirai
Pour entendre les martyrs crier du fond de mon sommeil
Voir si les mains du bourreau tremblaient de temps en temps
Dans tes souterrains perdus dans tes geôles d’argent*

"Arrête ça putin ! J'essaye de me concentrer !!!"

*... C'est pas comme ça que tu vas régler tes problèmes, en les ignorant, vaine opération ma chère ...*

"Ta gueule !"

Mais de quoi elle se mêlait elle ? Et merde ... Cette douleur, les boyaux qui se serrent, comme milles aiguilles se plantant dans les chaires flasques, réclamant qu'on les soulage, mais elle n'en avait pas le pouvoir. Elle avait perdu le pouvoir ... Sa vie lui glissait entre les doigts, inexorablement, elle se sentait couler, immergée peu à peu par une peur sans réel fondement ... Elle se mit à suffoquer, l'air lui manquait, et cette impression d'être assaillie de toute part, elle était faible, faible, FAIBLE ... Ce mot raisonnait en elle comme une lame lui baisant le cœur, à chacun de ses vas et vient, son cœur s'accélérait, envahit par une douleur diffuse, de plus en plus grande ... Faible, faible, faible ... Elle se leva, chancelante, le sol se dérobait sous elle, un éclair noir lui traversant la tête, comme s'il voulait débrancher le peu de lucidité qui lui restait, elle s'adossa sur le bureau, respiration rauque, la sueur perlant sur son front, la frange humide, elle s'essuya du revers de la main ... Sa détresse était grande, ses yeux passèrent au rouge, vague ombre du passé, ils n'étaient jamais devenus rouge que lorsque sa jouissance était grande, même lors de son exécution, elle n'avait pas faibli, acceptant son sort ... Oui c'est ça, elle n'était plus que l'ombre de quelqu'un qu'elle avait aimé, admiré, avec qui elle avait tout partagé. Elle se dirigea vers la fenêtre, d'un pas peu assuré, sa tête lui faisait mal, le sang bouillonnait dans ses tempes, et cette chanson ...

*Venise dans ma tête J’ai du sang plein les yeux
Et comme dans une romance qui s’éteint peu à peu
Venise dans ma tête J’ai du sang plein les mains
Que restera-t-il de nous deux demain*

Elle n'avait pas la force de répondre à sa conscience, elle savait que c'était vain, ouvrit la fenêtre, un appel d'air lui caressa son visage rouge et humide, un souffle de vie, mais ce qu'elle découvrit la rendit encore plus mal à l'aise. à peine la première bouffée d'oxygène engloutie, la nausée vient s'installer, ces parfums, ce soleil, ces rires de saletés d'ado pré pubères ... Si elle avait toujours cru qu'elle finirait en enfer, elle ne s'était jamais doutée que ce serait aussi tortueux ...

*A l’ombre du pont de pierre je me cacherai
Pour voir couler les larmes sur la mer endormie
Voir s’il est vrai que les soupirs se transforment en linceuls
Pour recouvrir la flamme des amants disparus
A l’ombre du grand carnaval et quand février viendra
J’attendrai que les princesses passent à portée de mes bras
Et j’arracherai leurs masques pour découvrir la folie
Qui sort de leurs yeux d’ébène comme un appel à la nuit*

Elle tapota sa poche près de sa poitrine et en sorti son briquet, de son autre main, elle fouilla sa poche près de ses hanches, sortant difficilement une cigarette, tremblante, elle la porta à ses lèvres, les yeux mi clos, comme agonisante, l'alluma, en tira une profonde bouffée réparatrice, ses yeux s'éclairant d'un rouge sang lumineux ... L'odeur du tabac masquait les autres, le bruit de la cendre qui se consume couvrait le chant des oiseaux, comment pouvait on être hypnotisé par une telle chose ... Son cœur commença à calmer ses ardeurs, le souffle lui revenant, l'air reprenant son cheminement habituel dans son corps.

*Venise dans ma tête J’ai du sang plein les yeux
Et comme dans une romance qui s’éteint peu à peu
Venise dans ma tête J’ai du sang plein les mains
Que restera-t-il de nous deux demain*

"La ferme j'ai dit ! Ta gueule !!!!"

La voix se faisait de plus en plus insolente, le ton narquois *Ah vi ? Qu'est ce que tu vas faire pour m'en empêcher dis moi ? Je suis curieuse ... Même contre moi, tu ne peux rien faire ...*

Se tint la tête, elle avait raison, elle ne pouvait rien faire, elle ricana nerveusement, l'air un peu fou ... Faut dire qu'elle avait la rancune tenace, le jour où elle trouverait le moyen de lui faire fermer sa gueule pour de bon, elle jouirait, oh oui elle jouirait comme aucun homme n'aurait pu le faire au creux de ses reins, comme aucune torture ne lui a jamais donné autant de plaisir, comme la prise d'un dernier souffle ne l'a jamais autant fait mouiller.

*A l’ombre de la grande place où Saint Marc s’est perdu
Et dans les tavernes du port je bois et je boirai encore
Pour oublier qu’un jour ou l’autre il ne restera plus rien
Du moins rien qu’une ombre dans tes rues dans tes rues*

"Rira bien qui rira la dernière ma grande, je t'en fait le pari"

*C'est ce qu'on verra lalalalala ...*

"La ferme, j'ai cru entendre du bruit"

Elle plissa sa blouse, la porte de la salle d'attente avait fait son petit cliquetis habituel, reprenant contenance, comme s'il ne s'était rien passé, comme si elle n'était pas apeurée, comme si elle avait le contrôle, ne rien laisser paraître, c'est ce qui compte, comme elle l'a toujours fait et comme elle le ferait par delà la mort ... Ils allaient tous payer un jour ou l'autre, elle reprendrait le pouvoir, elle leu ferait une belle nique avant de les tuer ... Elle sorti du cabinet, clope dans la bouche, l'air sévère.

"Nom, prénom ..."

*Venise dans ma tête J’ai du sang plein les yeux
Et comme dans une romance qui s’éteint peu à peu
Venise dans ma tête J’ai du sang plein les mains
Que restera-t-il de nous deux demain
Venise dans ma tête
J’ai du sang plein les yeux
Et comme dans une romance qui s’éteint peu à peu
Venise dans ma tête J’ai du sang plein les mains
Que restera-t-il de nous deux demain*

Et la petite voix continua de chanter ...
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Re: Arrivée de l'infirmière - Lun 14 Jan 2013 - 10:02
    Pourquoi les lieux lui semblaient-ils si creux, si inhospitaliers? Ces murs blancs et froids, cette odeur étrange et dérangeante dont elle ne connaissait pas la provenance. Il n'y avait rien ici qui lui rappelle cette Terre dont elle venait. Tout semblait mort en fait. Comme elle. Oui, elle était morte et pourtant elle se tenait là, bien vivante, sentait la douleur pulser de façon régulière et récurrente à la naissance de son bras. Elle ressentait la chaleur du liquide carmin qui semblait ne pas vouloir arrêter de couler de son front et sa vision s'en trouvait légèrement recouverte d'un voile carmin par instant. Si elle pouvait ressentir tout cela, c'est bien que son cœur battait, que sa vie avait repris son cours. Et bien qu'elle ne comprenne pas encore ce qui lui arrive vraiment, elle ferait avec. Après tout, ce n'est pas tous les jours que les Grands Esprits vous accueillent à leurs côtés pour vous enseigner à devenir vous-même un... Dieu.

    Déesse. Voilà encore un mot qui sonnait de façon fort étrange à ses oreilles. Mais celui-ci ne l'inquiétait pas. C'était plus comme comme une douce mélodie, une berceuse rassurante, comme si il éveillait des choses perdues profondément en elle dont elle avait toujours ignorée l'existence. Pourquoi était-elle là? Finalement, avait-elle vraiment besoin de le savoir? Non, pas vraiment. Elle se releva et fit quelques pas dans cette pièce qui semblait être comme une antichambre, un passage obligatoire avant d'avancer plus profondément vers un autre lieux. Un symbole de sa vie, qui n'aurait elle aussi été qu'une sorte de passage? Qui sait. Après tout, la seule chose qu'elle savait c'était que pour le moment... elle ne savait rien du tout.

    Et puis, il y avait cette sensation étrange qu'elle ressentait presque en continue. Comme si on la suivait, l'épiait. Il n'y avait personne dans la petite pièce mais elle sentait ces 'choses' présentes. Pas hostile, ou alors elle n'en savait rien, plus comme si ces choses l'effleuraient de loin, entraient et passaient dans sa vie sans laisser de traces. Sans trop savoir pourquoi, elle s'approcha d'une petite fenêtre et la sensation se fit un peu plus forte. Elle distingua quelques oiseaux et elle les observa, comme elle l'avait souvent fait de son vivant. Elle sourit un peu bêtement sans doute mais elle leur devait la vie de la personne comptant le plus pour elle. C'était eux qui l'avait prévenu, d'une certaine façon, alors elle leur en était reconnaissante, même si elle doutait que ceux qu'elle voyait ait jamais eu connaissance du drame s'étant joué parmi les siens.

    "Nom, prénom ..."

    Violemment tirée de sa rêverie, elle se retourna en vitesse, reculant du bord de la fenêtre un peu précipitamment, comme prise en faute. Les mots avaient sonnés comme deux véritables coups de fouet à ses oreilles et il lui fallut quelques secondes avant qu'elle ne comprenne réellement ce qu'on lui voulait.

    "- Lullaby, Abygaïl Lullaby"


    Son poignet meurtri soutenu par son bras valide, elle s'inclina respectueusement devant cette femme après avoir répondu à sa question. Alors, c'était elle, Infirmerie? Elle n'osa pas ajouté un mot de plus, la présence de la femme emplissait tellement la pièce qu'elle se serait presque excusée d'être là. Regard baissé au sol pour ne pas qu'elle puisse croire qu'elle la défiait d'une manière quelconque, elle massait discrètement son poignet douloureux qui avait déjà bien enflé à présent. Restant cependant debout, elle finit par ajouter calmement le regard toujours fixé sur le sol.

    "- Je vous prie de m'excuser. Je... viens juste d'arriver et je me suis déjà blessée. On m'a indiqué le chemin jusqu'ici en me précisant de m'adresser à L'Infirmerie. C'est bien vous?"
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Re: Arrivée de l'infirmière - Lun 14 Jan 2013 - 14:33
Calliste sentit une délicieuse chaleur envahir son bas ventre, elle y porta la main machinalement, sans s’en rendre compte, la fillette suintait la peur de tout son être, elle n’était plus vraiment elle-même mais ce sentiment, elle le connaissait, très bien même. Elle le savourait de son vivant comme on savoure sa cigarette après l’amour, se délectant de la moindre petite goutte que lui offraient ses victimes, et il lui faisait toujours autant d’effet par delà la mort. Doux élixir, coule dans mes veines, repais mon âme meurtrie, fais moi jouir à nouveau. Un sourire emprunt de malice se dessina sur son visage, découvrant ses canines aiguisées, même si ce n’était pas volontaire, même si ce n’était pas vraiment elle, elle avait quand même fait peur, peut être que finalement, elle n’avait pas totalement perdu le contrôle …

*T’es vraiment une grande malade hein …*

Elle siffla doucement entre ses dents, c’était à peine audible « La ferme … » Puis, la main toujours sur la poignée froide de la porte, la poussa davantage dans un grincement métallique qui lui rappela celui des énormes portes en fer des chambres à gaz des camps de la mort « Entre »

Elle lui laissa le soin de fermer la porte, se dirigeant vers son armoire ouverte, elle passait d’un dossier à l’autre de ses doigts fins et agiles, pattes d’araignée se promenant sur les dossiers colorés, ses ongles carmin faisant un bruit d’effleurement furtif sur les pochettes en carton.

« Lullaby … Lullaby … Lullaby »

Elle ne prêta aucune importance à sa révérence, les mondanités, les protocoles, le respect, autant de choses inutiles inventées par des peines à jouir en mal de montrer leur puissance à défaut d’être dotés d’une queue.

Elle s’arrêta un instant, soupirant, elle ne trouvait pas ce fichu dossier, elle n’avait guère observé la jeune femme, qu’est ce que ça pouvait bien lui faire qu’elle soit, petite, joufflue, blonde, brune. Elle allait pour pester contre la pauvre fille quand sa surprise la stoppa net. Mais d’où elle sortait fagotée de la sorte ? Elle ne venait pas d’Europe ça c’était certain, pour l’avoir ratissé en long en large et en travers, elle pouvait difficilement se tromper. Ces bijoux, cette tenue, ça lui rappelait vaguement des histoires sur des peuples vivant sur la nouvelle contrée comme on disait dans le temps.

"- Je vous prie de m'excuser. Je... viens juste d'arriver et je me suis déjà blessée. On m'a indiqué le chemin jusqu'ici en me précisant de m'adresser à L'Infirmerie. C'est bien vous?"

Elle se laissa tomber dans son fauteuil, l’air mauvais, tirant une bouffée sur sa cigarette pour se calmer.

« T’pouvais pas le dire avant que tu étais nouvelle bougresse ? »

Elle prit son porte plume qu’elle trempa dans l’encrier, attrapa une feuille cartonnée verte, elle ne savait pas vraiment pourquoi, vert ça lui allait bien à la petite et commença à écrire le nom et le prénom de cette dernière.

Elle peina à retenir un sourire aimable.

« Tu sais que ce n’est pas poli ici de regarder ses pieds quand on s’adresse à quelqu’un ? Oh et je ne suis pas une infirmerie, ce terme désigne ce bâtiment jeune fille, un endroit où on soigne des gens blessés … Comme toi … Moi je suis une infirmière, mon nom est Zahli … Tu saisis la nuance au moins ? »

Elle ne la prenait pas pour quelqu'un de faible mentalement, juste quelqu'un de perdu, plus appeuré qu'elle.
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Re: Arrivée de l'infirmière - Lun 14 Jan 2013 - 20:20
    Elle devait bien avoué que la femme face à elle la mettait plutôt mal à l'aise. Déjà, son ton sec et froid qui l'avait durement ramené la réalité n'avait rien fait pour l'aider mais maintenant, cette expression étrange sur son visage, avec ce sourire qu'elle jugeait tout sauf accueillant ne la laissait pas vraiment rassurée. La voici nouvellement morte, arrivée en un lieu parfaitement inconnu, blessée et plantée devant une femme qui, si elle ne se trompait pas, semblait pourvu de légers crocs. Et pour couronner le tout, la voilà qui se mettait à murmurer quelque chose entre ses dents. Si c'était là une épreuve des Grands Esprits pour qu'elle ait enfin le droit d'accéder au repos éternel, ils avaient un sens de l'humour bien particulier. Et puis, elle doutait de plus en plus que ce soit réellement ses Grands Esprits qui soient responsable de tout cela. Les Sages lui aurait parler de ça lors des veillées ou de sa cérémonie d'entrée dans l'âge adulte.

    " Entre "


    Le grincement de la porte la fit sursauter, ce n'était pas un son qu'elle était habitué à entendre. Elle suivit la femme dans une nouvelle pièce, encore des murs de pierre autour d'elle. Elle trouvait cela pesant mais ne dit rien, se contentant de fermer la porte derrière elle une fois qu'elle fut entrée. La femme posa son doigt sur de nombreux morceaux feuilles sans s'arrêter sur aucun avant que le bruit de sa peau sur la matière végétale transformée ne cesse et que le silence ne s'installe, alors qu'elle sentait son regard s'appesantir sur elle. Surtout, ne pas le croiser.

    « T’pouvais pas le dire avant que tu étais nouvelle bougresse ? »

    Bougresse? Qu'est-ce que cela voulait dire? Ça ne semblait pas vraiment gentil, surtout au vu de son timbre de voix mais lui étais-ce vraiment destiné? En tout cas, elle releva un peu la tête, assez pour la voir prendre une nouvelle feuille et écrire dessus ce qu'elle reconnut sans mal être son nom et son prénom. A quoi allait donc pouvoir lui servir ce morceau de papier?

    « Tu sais que ce n’est pas poli ici de regarder ses pieds quand on s’adresse à quelqu’un ? Oh et je ne suis pas une infirmerie, ce terme désigne ce bâtiment jeune fille, un endroit où on soigne des gens blessés … Comme toi … Moi je suis une infirmière, mon nom est Zahli … Tu saisis la nuance au moins ? »

    Par réflexe, elle releva les yeux, le regard interrogatif. Apparemment, il y avait déjà pas mal de choses qu'elle avait comprit de travers alors autant éviter de continuer dans l'erreur. Chez elle aussi, elle regardait les gens en face, mais c'était son monde, l’univers qu'elle connaissait. Cela n'avait rien à voir avec ce qu'elle découvrait ici et il y avait tellement de choses qu'elle ne savait plus trop où elle en était. Si elle l'avait jamais su depuis qu'elle était arrivée ici.

    "- Je suis désolée. Je tenais simplement à ne pas me montrer impolie mais je ne savais pas trop comment me comporter ici. Tout est si... étrange. Je crois que je comprend mieux à présent. Donc, je suis dans une infirmerie et vous êtes l’infirmière Zahli, c'est bien ça?"

    Si elle devait passer pour une idiote, tant pis. Elle préférait mettre les choses au clair dès le début, ça lui éviterait de faire d'autres bêtises par la suite. Car elle ferait forcément de nombreux impairs dans ce lieu, ce monde?, qui n'était le sien que depuis très peu. Maintenant qu'elle avait relevé le regard, elle n'avait plus cette crainte qu'elle avait ressentie en arrivant. Certes, elle n'était toujours pas vraiment à son aise mais au moins, elle se sentait plus libre, moins déplacée dans ce décor nouveau. Pour le coup, elle en aurait presque oublié ses blessures. Son attention était déjà attirée par de nouveaux mots placardés dans la salle, juste au-dessus du bureau.

    "- Je peux vous poser une question? Là, sur le panneau. Ça veut dire quoi, contraception? Pourquoi faut-il vous en parler?"
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Re: Arrivée de l'infirmière - Lun 14 Jan 2013 - 21:20
Calliste leva à peine les yeux sur elle, elle aimait cette détresse, cette perdition qu'elle sentait chez la jeune fille, mais cela ne faisait que la ramener à sa réalité : elles en étaient au même point, même s'il lui semblait que la personne se tenant en face d'elle était bien moins au fait de la situation qu'elle.
Elle s'avachit dans son fauteuil, tapotant les accoudoirs du bout des ongles d'une main, tirant une nouvelle bouffée sur sa cigarette, l'expulsant lentement par sa bouche charnue entrouverte.

*aide la, qu'est ce que tu as à perdre à être gentille ? Essaye au moins une fois dans ta vie, tu verras que tu te sentiras bien après, pire tu pourrais aimer ça ... Puis ne dit-on pas aide les autres et le ciel t'aidera ?*

"Foutaises ..." murmura-t-elle.

Son cœur se serra, la petite voix n'avait pas tort dans le fond, et si à travers cette fille, elle s'aidait elle même ? Elle se reconnaissait quand même, elle devait l'avouer même si elle essayait de refuser de se le dire à elle même, en la personne D'abygaïl ... Mais sa nature démoniaque était si forte, la tentation trop grande d'avoir le dessus sur plus faible qu'elle, un démon ne lutte pas contre ses instincts, il ne les subit pas non plus, il les épouse, les vit ... Oui mais c'est comme si elle abusait d'elle même, son esprit se scindait clairement en deux sans qu'elle ne puisse rien y faire, ce n'était plus la petite voix, mais bien elle qui tergiversait, chose nouvelle, pour elle qui jusqu'ici, s'était contentée d'écouter ses plus bas instincts.

Elle soupira un peu, lâchant un petit nuage vaporeux, elle amena une main à sa joue pour se soutenir la tête, la bougresse avait gagné ... Cela dit, pour le moment, le côté sombre de Calliste était toujours là, prêt à faire surface à tout moment ...

"C'est ça, tu as compris, je suis une infirmière, travaillant dans une infirmerie, se prénommant Calliste Zahli ..."

Elle sourit presque gentiment à la question sur la contraception, de redressant de son fauteuil, s'adossant au bureau, comme si elle avait besoin de soutient pour passer cette épreuve sur le chemin de la félicitée.

"La contraception ? Mais tu viens d'où dis moi pour poser ce genre de question ? Tu sais comment on fait les bébés rassure moi ?"

Elle craignait vraiment la réponse de la jeune fille, elle était infirmière, pas éducatrice, ni même là pour remplacer les parents, qu'est ce qu'ils foutaient avec leurs mômes ceux là d'ailleurs ? C'était plus simple dans les temps anciens ...

*C'est un bon début ... Pour peu je serai fière de toi !*
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Re: Arrivée de l'infirmière - Mar 15 Jan 2013 - 7:43
    Cette drôle de bande que la femme face à mit dans sa bouche et alluma lui rappela rapidement les calumets que son peuple utilisait afin de fêter les grands arrangements entre tribus ou dont les Shamans faisaient usage afin d'entrer en transe et de se rapprocher au plus près de leur mère la nature. Bon, l'odeur était loin d'égaler celle douce et rassurante des diverses plantes dont il se servait, la fumée lui semblant très agressive, mais elle n'en dit rien. Un souvenir était toujours un souvenir et cela faisait du bien de voir que certaines choses, si elles semblaient avoir été modifiées, existaient toujours. Cela la rassurait. Elle ne serait peut-être pas si perdue que ça trop longtemps, ce ne serait pas un mal d'ailleurs. Elle ne voulait pas paraitre complètement idiote mais trop de choses ici, pour ne pas dire tout en fait, restait un parfait mystère à ses yeux.

    Complètement avachie face à elle qui se tenait bien droite sur sa chaise, la femme continua d'aspirer et de recracher la fumée grisâtre et nauséabonde en laissant sa tête tomber dans sa main. C'était elle qui provoquait cette réaction? Apparemment, puisqu'il n'y avait personne d'autre dans la pièce. Cela n'était pas pour la rassurer vraiment mais vu son état, de toute façon, elle était obligée de passer par ici alors autant en profiter pour apprendre deux trois choses sur ce monde nouveau.

    "C'est ça, tu as compris, je suis une infirmière, travaillant dans une infirmerie, se prénommant Calliste Zahli ..."

    Eh bien, comme ça au moins, elle n'aurait pas tout perdu. Elle aurait au moins compris ça. Après allez savoir pourquoi infirmerie et infirmière. Après tout, lorsqu'elle était blessée ou malade de son vivant, c'était le Shaman qui venait nous voir directement et sinon, sa hutte n'avait jamais porté un nom particulier. Mais leur petite tribu n'était pas non plus à la même taille que les lieux qu'elle côtoyait à présent. cette Deus Academia était diablement grande pour une simple école.

    "La contraception ? Mais tu viens d'où dis moi pour poser ce genre de question ? Tu sais comment on fait les bébés rassure moi ?"


    Un instant, elle observa plus avant l'infirmière. Elle ne semblait pas vraiment se moquer mais apparemment, cette question n'était pas du tout celle qu'elle aurait attendue. La jeune fille ne baissa cependant pas le regard, pas gênée le moins du monde. Elle voulait savoir alors elle n'avait pas d'autre solution que de demander, ne sachant même pas de quoi ce panneau parlait. Son poignet douloureux bien calé sur ses cuisses pour éviter que la douleur ne se réveille trop, elle se contenta de répondre le plus naturellement du monde.

    "- Je viens des grandes plaines au pied des roches éternelles. C'était la Terre de mes Ancêtres.
    Pour les enfants, les Sages m'ont simplement dit de ne pas partager ma couche avec un homme avant d'être officiellement liée à lui devant la tribu. C'est tout."


    Que pouvait-elle ajouter d'autre? C'était son éducation, son mode de vie avait toujours été ainsi. Même par-delà sa mort, elle restait fidèle à ce qu'elle était et à ce qu'elle avait toujours été. Elle alla pour repousser ses cheveux en arrière lorsqu'elle appuya sans le faire vraiment exprès sur sa plaie au front. Aie, elle l'avait oublié celle-là. Le sang avait commencé à sécher et à former une croute mais le sang suintait encore un peu.
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Re: Arrivée de l'infirmière - Mar 15 Jan 2013 - 20:12
Calliste baissa un peu la tête, portant machinalement une main à son front, comme si on venait de lui annoncer quelque chose d'aberrant. Elle releva les yeux vers la jeune fille, l'air franchement désolée, la fichue pucelle se tenant devant elle n'était pas seulement perdue, elle marchait complètement à côté de ses pompes ... Elle n'avait jamais été vraiment en contact avec des enfants, en revanche elle se rappelait parfaitement de son enfance à elle avec ses mères veuves noires. Elle avait grandit parmi elles, bénéficiant de leurs bons conseils, de leur soutient et de leur amour inconditionnel. Elle leur en était profondément reconnaissante, sachant que trop ce qu'il arrivait aux jeunes femmes peu averties ... Comme la jolie jeune fille crédule qui se tenait devant elle ... Elle avait beau détester l'Homme, la femme avait quand même une place particulière dans son cœur, non pas qu'elle les aimait, juste, avec tout ce qu'elle avait vu, elle avait toujours eut du mal à s'en prendre à elles ... Après tout, s'en prendre à des martyrs ne l'intéressait guère, il n'y avait aucune gloire à cela, aucune jouissance, pas la moindre satisfaction. Bon il lui était arrivé de prendre la vie à nombre d'entre elles, mais soit ce fût des hommes masqués par le visage de la féminité, soit elles l'avaient vraiment cherché ...

Elle soupire longuement, elle n'en avait pas envie, en tout cas, elle se forçait à y croire, mais elle ne laisserait pas cette jeune femme se faire manipuler, puis ne dit-on pas qu'il vaut mieux faire les choses par soi même si on veut qu'elles soient bien faite ? Toutefois, elle lui enseignerait la mécanique des choses, autant le pourquoi du comment ne la dérangeait guère, autant le côté sentimental lui donnait la nausée.

"- Je viens des grandes plaines au pied des roches éternelles. C'était la Terre de mes Ancêtres.
Pour les enfants, les Sages m'ont simplement dit de ne pas partager ma couche avec un homme avant d'être officiellement liée à lui devant la tribu. C'est tout."


"Partager ta couche avec un homme ... Cela induit avoir des relations sexuelles, concrètement cela se passe de la manière suivante : les partenaires unissent leurs attributs respectifs, à la fin de cet acte, l'homme répand un liquide à l'intérieur de la femme, on appelle cela de la semence. ça fonctionne aussi entre deux hommes. Cette semence est pourvue de petites cellules qui vont rencontrer une cellule à l'intérieur de la femme, par la suite, les deux cellules ne font plus qu'une et se développent pour former un bébé neuf mois plus tard. La contraception, c'est empêcher les cellules de l'hommes de s'unir avec la cellule de la femme, pour que cette dernière ne fasse pas d'enfants et aussi prévenir de certaines maladies"

Elle tira une bouffée sur sa cigarette avant de la laisser se consumer lentement dans le cendrier, utilisant sa main pour soutenir sa tempe, croisa les jambes et sourit gentiment.

"Abygaïl, as tu une idée de la date de ta mort ainsi que celle à laquelle nous nous trouvons ? Sais tu où tu te trouve et pourquoi ? à tu la moindre idée de ce que tu es ?"

Non, elle n'allait pas l'abandonner à son sort, peu importe ce que ça lui coûterait, elle n'était plus vraiment elle même déjà de toutes les manières, elle n'était plus à ça près ... Abygaïl, c'était un peu ce qu'elle serait devenu sans ses mères.
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Re: Arrivée de l'infirmière - Mar 15 Jan 2013 - 21:10
    "Partager ta couche avec un homme ... Cela induit avoir des relations sexuelles, concrètement cela se passe de la manière suivante : les partenaires unissent leurs attributs respectifs, à la fin de cet acte, l'homme répand un liquide à l'intérieur de la femme, on appelle cela de la semence. ça fonctionne aussi entre deux hommes. Cette semence est pourvue de petites cellules qui vont rencontrer une cellule à l'intérieur de la femme, par la suite, les deux cellules ne font plus qu'une et se développent pour former un bébé neuf mois plus tard. La contraception, c'est empêcher les cellules de l'homme de s'unir avec la cellule de la femme, pour que cette dernière ne fasse pas d'enfants et aussi prévenir de certaines maladies"

    Simplement assise sur sa chaise, elle l'écouta le plus calmement du monde. Pourquoi aurait-elle du se sentir gênée ou autre alors que tout ceci n'était rien d'autre que la réalité? Mère Nature et les Grands Esprits ne font jamais rien au hasard, tout avait toujours une place, une raison d'être. Même si elle ne comprit pas forcément vraiment tout ce dont l'infirmière lui parla, elle saisit parfaitement le message. La contraception, c'était juste un moyen pour ne pas avoir d'enfants. Pourquoi mettre ce panneau ici, juste au-dessus d'elle? Sans doute pour attirer l'attention. Peut-être que c'était un sujet qui elle, la préoccupait beaucoup après tout.

    Et puis, maintenant qu'elle lui avait expliqué tout ça, elle se sentait encore moins concernée par ce panneau qu'auparavant. Après tout, elle était morte mais si elle venait de se réveiller ici. Alors, elle n'aurait jamais l'occasion de se présenter à son peuple en compagnie d'un homme à qui elle lierait son avenir. Sa vie avait prit fin sur Terre, elle devrait s'y faire. Et puis, elle avait entendu toutes les légendes de son peuple et aucune ne parlait de naissance d'enfants après la mort. Alors, elle n'avait rien à craindre. Au moins, elle se serait renseignée, elle n'aurait pas tout perdu.

    Le silence s'installa un moment entre elles deux, que la jeune fille ne voulut pas briser la première. L'infirmière restait son aînée, elle lui devait le respect. Son attention était attirée régulièrement par ce tube rempli d'herbes brunâtres et malodorantes qu'elle semblait pourtant étrangement apprécier. Chacun ses goûts, elle n'avait pas à la juger. Mais n'avait-elle pas noté un autre autre écriteau signalant qu'il ne fallait pas fumer? Hors le filet grisâtre et volubile s'élevant de cette chose ne laissait aucun doute sur sa combustion. Et qui dit feu dit fumée.

    "Abygaïl, as tu une idée de la date de ta mort ainsi que celle à laquelle nous nous trouvons ? Sais tu où tu te trouve et pourquoi ? à tu la moindre idée de ce que tu es ?"

    Oulà! Là, ça commençait à faire beaucoup d'un seul coup. Elle voulut répondre du tac au tac mais réalisa que certains détails lui échappait. Non, finalement, les réponses n'étaient pas toutes aussi évidentes qu'elle l'avait cru en l'entendant. Alors, elle essaya de remettre de l'ordre dans ses idées avant de se lancer. Cela ne servirait à rien de se perdre en de long discours, autant être le plus clair possible.

    "- Ma mort.... C'était aux environs du solstice d'été. Je ne sais pas combien de temps je suis restée inconscient avant de rendre l'âme. Selon les derniers dire des Hommes Blancs, ce devait être ce qu'ils appelaient l'an 1800, ou quelque chose comme ça. Mais pour ici, je n'en sais rien. Tout est si étrange, si différent. Il n'y a rien de semblable entre ce lieu et là d'où je viens."

    A nouveau, la nostalgie la reprit un instant. Plus de grandes plaines sauvages. Où étaient passées les pieds des Montagnes couvertes de forêts denses et profondes? Mais surtout, tout ici était froid, mort. Inhumain. Il n'y avait pas la vie qui courait dans son monde à elle, celui qu'elle du abandonné. Et tant de pierres pour faire ses bâtiments, que cherchaient -ils ainsi? Les faire le plus haut possible pour atteindre le ciel?

    "- Ici, c'est la Deus Academia. Si j'ai bien compris ce que m'a dit l'homme qui m'a accueilli. Cela ressemble à une sorte de lieu d'apprentissage mais c'est tout ce que je sais. Quand à ce que je suis...
    J'étais enfant du peuple Shoshoni, fille de Cheveyo, chef de notre modeste tribu. Mais ici, je ne suis qu'Abygaïl Lullaby, une jeune... fille perdue et maladroite."


    Elle ne cherchait aucunement à se faire plaindre. Elle n'avait pas de larmes dans la voix et son regard restait fier. Elle se contentait d'énoncer une simple vérité, pas vraiment très agréable mais après tout, ne dit-on pas qu'il n'y a que la vérité qui blesse? Elle attendit donc d savoir si elle avait répondu à Calliste comme cette dernière s'y attendait.
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Re: Arrivée de l'infirmière - Mar 15 Jan 2013 - 21:49
Calliste était sure maintenant qu'elle ne venait pas d'Europe, même dans les contrées reculées de l'URSS il n'existait pas semblable peuple. Elle avait entendu quelques récits sur des sauvages habitants le nouveau continent, rien de bien flatteur pour autant qu'elle s'en souvienne, en même temps elle n'y avait pas prêté une grande attention, un peuple primitif en phase avec la nature ... ça la dépassait totalement ... Pourtant la jeune fille qui se tenait devant elle n'avait rien d'une sauvage ... Décidément, l'Homme était vraiment un être abjecte et stupide, si elle y réfléchissait bien, c'était plutôt elle la sauvage, pas la jeune Abygaïl. Elle avait l'air douce, fragile, et elle était belle, rien à voir avec les monstres qu'on lui avait dépeint ...

Pour l'heure, il fallait essayer d'expliquer la situation à la jeune fille, être concrète mais pas trop, ne pas l'effrayer, rester simple, ne pas rentrer dans les détails pour le moment, elle avait l'air assez perturbée comme ça pour le moment. Elle savait pertinemment qu'en plus du bond temporel, elle allait subir un violent choc de culture.

"Je vois ..."

Elle tira la dernière bouffée de sa cigarette et l'écrasa dans le cendrier, avant de se lever pour se diriger vers la fenêtre à pas feutrés. Elle la ferma doucement, comme si elle voulait être discrète, qu'elle cachait quelque chose. Elle se positionna à côté de la table d'auscultations et en tapota le cuir à petits coups secs.

"Viens t'asseoir ici, explique moi ce qu'il s'est passé, et après on discutera de tout ça, je dois t'expliquer beaucoup de choses on dirait, mais ça va aller, je ne te ferai pas de mal" elle rigola un peu, masquant sa bouche de prédateur. C'est vrai que cette phrase, elle la prononçait à ses victimes avant que le piège ne se referme sur elles, c'était ... Dans une autre vie ...
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Re: Arrivée de l'infirmière - Mer 16 Jan 2013 - 19:07
    "Je vois ..."

    Un instant, elle se permit de hausser un sourcil interrogateur. Elle voyait? Elle voyait quoi? Enfin, vu qu'elle ne lui reposait pas de questions afin de la faire préciser certains détails, elle en déduisit qu'elle avait du lui répondre à peu près correctement. En tout cas, cette discussion avec l'infirmière lui permis de ne plus faire attention l'espace de quelques temps à cette étrange sensation qui la titillait. Celle d'être suivit, observée. Cette dernière c'était beaucoup atténuée lorsqu'elle était entrée dans le bâtiment mais un coin de la pièce lui restait ... comment dire ... désagréable. ou plutôt dérangeant. Tant qu'elle ne comprendrait pas d'où venait cette sensation, elle ne serait pas tranquille.

    Calliste finit par écraser le bâton d'herbes brunâtres dans un pot prévu à cet effet sur son bureau avant de se diriger vers la fenêtre. Dehors, l'on pouvait percevoir le chant discret et les piaillements légers de moineaux qui s'envolèrent au mouvement de la femme face à la vitre. Et avec eux, sa sensation d'être épiée. Elle le nota vaguement sans y prêter vraiment attention car déjà, l’infirmière venait se poster à côté d'un meuble lui paraissant bien étrange, une sorte de table assez longue sur laquelle elle tapota du bout des doigts, gentiment mais en un geste ne laissant pas vraiment place à la contestation.

    "Viens t'asseoir ici, explique moi ce qu'il s'est passé, et après on discutera de tout ça, je dois t'expliquer beaucoup de choses on dirait, mais ça va aller, je ne te ferai pas de mal"

    A la manière dont elle lui parlait, il était clair qu'elle avait l'habitude d'utiliser ses mots. Ce fut surtout le rire qui les accompagna qui la laissa légèrement perplexe mais elle obéit sans chercher plus loin. Chez elle, les jeunes filles se devaient d'écouter leurs ainées et ici, cette femme était sans aucun doute bine plus au courant des évènements qu'elle ne l'était elle-même. Elle s'assit donc bien droite, les jambes pendant légèrement dans le vide et son bras toujours replié sur son buste.

    "- Je n'ai pas peur de la douleur. Ça au moins, je sais à quoi m'attendre. Mais j'avoue qu'étant morte, je ne pensais pas que j'aurais encore à devoir endurer ça.
    Pour mon bras, c'est vraiment bête en fait. Tout était tellement nouveau que mon regard était attiré partout. Du coup, je ne regardais pas vraiment où je marchais. J'ai trébuché sur une marche, je ne sais même plus à quel endroit exactement, et je me suis mal rattrapée apparemment. C'est là aussi que je me suis abimée le front."


    Pour un premier jour après une renaissance, déjà finir dans son état devait être assez... comique aux yeux de l'infirmière. A moins que cela lui arrive plus souvent qu'elle ne le pensait. Toujours est-il que là, elle se sentait un peu bête du coup. De son vivant, jamais ce genre de chose ne lui serait arrivé. En même temps, les Amérindiens ne connaissaient pas les marches, ceci expliquant peut-être aussi cela.

    "- Est ce que je pourrais vous demander quelque chose? Cela va peut-être vous paraitre un peu étrange comme demande mais... Est-ce que vous pourriez me dire si j'ai une marque dans le dos, vers l'omoplate gauche? Là où cela se trouve, je n'arrive ni à voir ni à toucher cette zone."

    Oui, elle était morte. Mais avait-elle gardée une trace de son dernier jour sur terre. Son corps avait-il aujourd'hui et pour toujours d'imprimer en lui une quelconque marque qui lui laisserait un souvenir, certes douloureux, mais unique et inaltérable de son propre courage? Elle avait sauvé une vie, ce n'était pas rien. Ainsi, si un jour elle venait à douter, elle aurait toujours cela à quoi se raccrocher, un souvenir 'palpable', matériel, de ce qu'elle avait été. Une preuve que tout ce qu'elle avait vécu n'avait pas été un simple rêve.
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Re: Arrivée de l'infirmière - Mer 16 Jan 2013 - 21:05
Calliste la laissa s'installer, la pauvre, elle ne devait pas connaître toutes ces choses, déjà qu'elle, se sentait perdue au milieu des prouesses technologique accomplient pendant son absence mais alors Abygaïl ...

Elle lui saisit le poignet doucement pour ne pas lui faire peur et sonda son corps, il n'y avait rien de bien méchant, rien qu'elle ne puisse pas soigner.

"- Je n'ai pas peur de la douleur. Ça au moins, je sais à quoi m'attendre. Mais j'avoue qu'étant morte, je ne pensais pas que j'aurais encore à devoir endurer ça.
Pour mon bras, c'est vraiment bête en fait. Tout était tellement nouveau que mon regard était attiré partout. Du coup, je ne regardais pas vraiment où je marchais. J'ai trébuché sur une marche, je ne sais même plus à quel endroit exactement, et je me suis mal rattrapée apparemment. C'est là aussi que je me suis abimée le front."


La jeune fille ne semblait pas du tout savoir ce qu'il en était de sa nouvelle vie, mais elle était courageuse, elle aimait ça, elle ne se posait pas en martyr et endurait la douleur plutôt bien.

"Les chutes ça arrive à tout âge, même par delà la mort et c'est souvent bête, un manque d'attention ... T'as une petite entorse du poignet et une plaie bénigne, je peux soigner ça facilement, rassure toi, ça ne fera pas mal. En fait, tu n'es pas vraiment morte, tu es revenue à la vie pour devenir une divinité, ton corps là est bien vivant, c'est pour ça que tu peux te blesser, quant à la mort, je crois qu'on peut y échapper ... Je ne suis pas sure, je suis arrivée il y a peu de temps pour être tout à fait honnête ..."

Elle commença à se concentrer, son pouvoir se libérant, sa main glacée émanait une douce chaleur, le poignet d'Abygaïl craquant un peu, ça se remettait en place, rien de grave. Quand elle eut fini, elle s'attaqua à la blessure frontale, du bout du doigt, elle passa le long de l'entaille qui se refermait, comme zippée.

"- Est ce que je pourrais vous demander quelque chose? Cela va peut-être vous paraitre un peu étrange comme demande mais... Est-ce que vous pourriez me dire si j'ai une marque dans le dos, vers l'omoplate gauche? Là où cela se trouve, je n'arrive ni à voir ni à toucher cette zone."

Elle sourit, non elle ne trouvait pas ça étrange, elle connaissait beaucoup de pratiques qui consistaient en un marquage du corps afin d'affirmer son appartenance à un groupe.

"Oui je peux regarder mais, ça ne me semble pas étrange, ne dis pas ce genre de chose, on pourrait croire que l'avis des autres est important pour toi, tu dois être plus forte que ça, vis pour toi, les autres tu t'en moque ... S'ils te jugent ... Je m'en occuperai ..."

Elle était très sérieuse, elle restait quand même quelqu'un d'ouvert d'esprit et n'avait jamais compris l'intolérance de certains hommes, c'était si ridicule, elle savait parfaitement que mêmes avec leurs différences, ils restaient les mêmes ... Bon après, elle en a aussi profité à la fin de sa vie ...

Elle souleva le col de la jeune fille pour y glisser son regard, le tatouage était bien là, la petite pouvait être rassurée.

"Oui il est toujours là mon chou ... Il est beau ... Il a une signification particulière ?"
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Re: Arrivée de l'infirmière - Jeu 17 Jan 2013 - 10:27
    "Les chutes ça arrive à tout âge, même par delà la mort et c'est souvent bête, un manque d'attention ... T'as une petite entorse du poignet et une plaie bénigne, je peux soigner ça facilement, rassure toi, ça ne fera pas mal. En fait, tu n'es pas vraiment morte, tu es revenue à la vie pour devenir une divinité, ton corps là est bien vivant, c'est pour ça que tu peux te blesser, quant à la mort, je crois qu'on peut y échapper ... Je ne suis pas sure, je suis arrivée il y a peu de temps pour être tout à fait honnête ..."

    Autant le début de son explication lui parut on ne peut plus logique, autant dès qu'elle commença sa phrase par 'Tu n'es pas vraiment morte', elle ne put s'empêcher de se demander si elle était sérieuse. Après tout, elle l'avait bien ressenti. Ce froid profond et intense, prenant naissance au cœur même de son corps pour l'emmener avec lui. Ces ténèbres insondables qui lui avait ouvert les bras pour la happer loin de tout, étouffant mêmes les sons et les sensations, la laissant comme vide. Tout ça, elle ne pouvait pas l'avoir rêvé. C'était trop fort, trop clair pour être une simple coïncidence.

    Pourtant, elle devait bien reconnaitre qu'elle se trouvait ici, bien vivante. Assise dans cette salle face à une femme à l'allure plus qu'étrange à ses yeux dans un environnement qui ne lui rappelait rien de connu. Alors, comment douter de ses mots? Son corps était bien là, avec elle. Son esprit marchait toujours autant. Pourtant, le monde était différent. Devenir une divinité? Qu'est-ce que cela voulait dire? Allait-elle rencontrer les Grands Esprits? Dans ce cas, elle aurait sans doute la possibilité de revoir les siens, au moins de savoir comment ils allaient. Finalement, c'était une bonne nouvelle.

    Une douce chaleur irradia sur son poignet, la ramenant à la réalité. Curieuse, elle observa l'infirmière faire en silence pour ne pas la déconcentrer. Elle serra les dents lorsqu'un craquement retentit, la blessure n'était certes pas très grave mais la douleur belle et bien présente. Cela ne dura pas. Déjà, Calliste laissait son poignet pour aller s'occuper de son front. La jeune fille en profita pour faire remuer ses doigts et sa main, constatant que tout était parfaitement réparé. Impressionnant. Décidément, cet endroit était plein de surprises.

    "Oui je peux regarder mais, ça ne me semble pas étrange, ne dis pas ce genre de chose, on pourrait croire que l'avis des autres est important pour toi, tu dois être plus forte que ça, vis pour toi, les autres tu t'en moque ... S'ils te jugent ... Je m'en occuperai ..."

    L'avis des autres? Si elle parlait des gens d'ici, elle ne les connaissait pas alors cela lui importait peu. Si elle parlait des siens, de son vivant, c'était différent. Elle avait toujours une une place à respecter au sein de sa tribu alors elle ne pouvait pas toujours tout se permettre. Vis pour toi... Cette phrase lui fit mal par contre. Elle n'avait jamais vécu pour elle mais toujours au pluriel. Elles étaient deux, ensemble. Même séparées, elles restaient un tout. Sa sœur jumelle et elle. Du moins, elle en était intimement persuadée. mais aujourd'hui elle était réellement seule pour la première fois de sa vie et cela lui faisait bien plus mal que n'importe quelle douleur physique.

    Elle poussa un profond soupir, ne tenant pas à s'attarder trop sur ce genre de pensées. Déjà, elle avait droit à une seconde chance dans un sens, elle n'allait pas se plaindre en prime. Déjà, l'infirmière jetait un coup d’œil à son dos avant de lui répondre.

    "Oui il est toujours là mon chou ... Il est beau ... Il a une signification particulière ?"


    "- C'est plus un symbole qu'une véritable signification. Le croissant de lune, c'est moi. Abygaïl, l'enfant née du premier rayon de lune. L'étoile, c'est ma sœur. Aiedaïl, l'enfant de l'étoile du matin, la première à se lever dans le ciel automnal. Ma jumelle à le même du côté droit, étant l'ainée de la famille.
    Je suis rassurée, j'avais peur que la flèche qui m’ait tué ne l'ai abimé. Je sais qu'elle m'a frappée dans la même zone."


    Un sourire tranquille se dessina sur ses lèvres. Au moins, il lui resterait toujours ça, ce serait mieux que rien. Maintenant que son poignet ne la faisait plus souffrir, elle parvenait mieux à bien remettre ses idées en place. Et une des remarques de l'infirmière lui revint en mémoire. Elle hésita un instant avant de finir par relever le regard sur elle pour le demander calmement.

    "- Vous m'avez dit que vous êtes arrivée il y a peu vous aussi. Cela veut dire que vous êtes morte également? Tout le monde ici a déjà mené une vie ailleurs?"
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Re: Arrivée de l'infirmière - Ven 18 Jan 2013 - 22:23
Calliste remarqua une plaie nette au niveau du croissant de lune, comme si une pointe de flèche l'avait transpercé, le scindant en deux, elle prit un air désolée, Abygaïl semblait y tenir, il avait une histoire, c'était une partie d'elle sans doute. Elle dut s'avouer qu'elle était gênée de lui annoncer que son tatouage n'était pas indemne.

"Je suis désolée ... Ton tatouage est abîmé, il y a une cicatrice qui tranche la lune en deux ... Tu ... T'es pris une flèche dans le dos ? On te voulait du mal de ton vivant ?"

à cet instant, Calliste se demanda si Abygaïl était consciente que tout ce qu'elle avait connu, sa soeur, son peuple, probablement l'endroit où elle habitait, avait disparu. Elle savait très bien que les européens n'avaient été guère ouvert d'esprit avec les habitants du nouveau continent.

Calliste ne savait pas comment aborder la chose, une migraine pointant le bout de son nez, elle alla se servir un verre de whisky qu'elle porta à ses lèvres après avoir allumé une cigarette. Elle reposa le verre, s'installa dans son fauteuil et prit une bouffée de sa cigarette, la bouche ronde, elle éjecta la fumée par petites bouffées pour faire des cercles. Cela la détendait, et puis c'était marrant. Elle fixa la jeune fille par la suite, opinant légèrement.

"Oui je suis morte, comme tout le monde ici en fait ... Enfin je crois ... Abygaïl, tu ... Sais que tes proches ne sont plus en vie ?"
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Arrivée de l'infirmière
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