Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Il faut travailler pour réussir sa vie, et même sa mort.

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Il faut travailler pour réussir sa vie, et même sa mort. - Dim 6 Jan 2013 - 14:29
Il faut travailler pour réussir sa vie, et même sa mort
Depuis le cour d'histoire il y a quelques mois, je n'avais plus eu le temps de sortir de mon bureau. Pourtant, les professeurs absents se faisaient toujours plus nombreux et les remplaçants étaient tout aussi disponibles. Deus accueille de plus en plus d'élèves mais il ne semble pas se préoccuper du travail considérable que nous, les directeurs, devons faire pour répondre aux besoins des élèves. Gérer les activités, les sorties dans le monde des humains, s'occuper de la logistique, recruter des professeurs pour que chaque cours ait lieu. C'était un travail de titan et j'étais épuisée.

Il était temps que je sorte un peu de mon bureau pour me changer les idées. Mais, à peine avais-je fermé la porte de mon bureau à clef qu'une bonne femme rondelette accourut vers moi en criant mon nom. Je me retournai vers elle et observait cette femme qui me rappelait la forme d'une bougie fondue et l'odeur d'Hector mon animal de compagnie. Je l'avais déjà croisé auparavant, c'était la professeur d'histoire qui faisait des allergies aux cheveux des élèves ! Enfin, ça, c'est ce qu'elle prétendait. Je pense surtout qu'elle ne supporte pas les moqueries de ses élèves sur son poids.

Je m'approchai d'elle et posai ma main sur son épaule pour la rassurer. Ma main s'enfonçait dans sa graisse et de la sueur coulait sur ma peau, c'était répugnant.... Je m'efforçai de garder un sourire amical et lui demandai pourquoi elle hurlait ainsi à travers le couloir. Elle ne pouvait me répondre, complètement essoufflée par le maigre effort qu'elle venait de faire en courant les deux cents mètres qui séparent la salle des professeurs dans l'aile droite du bâtiment de mon bureau dans l'aile gauche.
Je la guidai jusqu'à un banc, la fis s’asseoir et lui reposai ma question.

« Ahh Madame la Directrice, je vous cherchais ! J'ai un problème avec une élève, Léa Dolce, elle ne suit pas du tout mes cours. Elle me manque de respect !! Faites quelque chose ! »

« Ne m'en dites pas plus, reposez-vous, je m'en occupe. »
C'était au moins la cinquième fois que cette professeur me disait qu'un élève n'écoutait pas ses cours, vue la merlette je les comprenais. Enfin, c'était mon devoir de remettre les élèves sur le droit chemin, même si je m'en passerai volontiers.

Je traversai le bâtiment jusqu'à la salle des professeurs, pris la liste des professeurs de la classe 2 et appelai au micro :

« Léa Dolce et son professeur Pietro Alighieri sont priés de se rendre immédiatement dans la salle des professeurs. Je répète Léa Dolce et Pietro Alighieri sont priés de se rendre sans attendre dans le bâtiment d'administration, dans la salle des professeurs. Merci. »
J'avais choisi un professeur au hasard, Monsieur Alighieri. Je ne le connaissais pas mais j'espérais au moins qu'il puisse m'aider à cerner la personnalité de cette Léa et à trouver la sanction la plus appropriée.


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Dernière édition par Colombe Siria le Dim 13 Jan 2013 - 10:52, édité 1 fois
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Re: Il faut travailler pour réussir sa vie, et même sa mort. - Mar 8 Jan 2013 - 16:28
Les cours... un calvaire. D'accord, n'importe quel élève dira ça, à part ceux qui sont fous ou surdoués - l'un va avec l'autre en général d'ailleurs - mais pour Léa c'était on ne peut plus réel. Elle n'était pas faignante, et les matières ne la dérangeaient pas, non. Les professeurs étaient supportables, même si c'était tous des psychopathes, à l'image de leur directeur. Mais écouter pendant des heures quelqu'un parler de l'histoire du monde, partout, en devant en même temps se concentrer sur ses barrières psychiques pour éviter de finir dans les vapes sous toutes les pensées d'une classe entière... non, elle n'y arrivait pas.

Les premières heures de la journée passaient. La jeune fille supportait à peu près bien le chaos de pensées qui régnait autour d'elle. Parfois elle avait la chance de pouvoir squatter Aedan afin de se reposer la tête, mais ça restait peu pratique - allez écrire en tenant toujours quelqu'un - et somme toute un peu gênant, sans compter que, si la plupart des gens les considéraient en couple, d'autres pouvaient être moins stupides et soupçonner quelque chose. Enfin, elle ne risquait pas de s'améliorer si elle utilisait toujours le pauvre garçon qui n'avait rien demandé à personne. Alors elle se forçait à le laisser tranquille et à supporter sa croix.

Ca marchait bien au début. Mais elle ne pouvait pas tenir toute la journée et finissait toujours par décrocher. Certaines matières étaient faciles, parce qu'elle connaissait déjà ce dont il était question, elle n'avait donc pas besoin d'être très attentive pour réussir les exercices. Mais d'autres étaient l'exact opposé et elle avait un mal fou à s'en sortir. Ses notes s'en ressentaient d'ailleurs. Elle avait beau essayer de compenser en dehors des cours, en mettant la bibliothèque à sac, ça n'était pas suffisant et elle manquait autant de temps que d'aide.

L'histoire n'était pas une matière des plus passionnantes - navrée Pietro ! - et elle arrivait toujours dans les dernières heures de la journée. Impossible donc pour Léa d'avoir assez d'attention pour suivre. Alors, quand ce cher professeur lui avait donné son autorisation pour tout simplement sécher ces cours-là, elle ne s'était pas gênée. Sauf que... l'info n'était pas vraiment passée. Pietro Alighieri n'était pas son professeur. C'était une espèce de crapaud visqueux qui s'occupait de sa classe et si la jeune fille avait considéré que la dispense valait pour la matière, quel que soit son enseignant, cette femme n'était pas du même avis.

Pourquoi fallait-il qu'on l'embête, elle, qui était toujours calme et sage ? D'accord, elle ne suivait pas correctement les cours et ses devoirs étaient loin d'être potables, mais au moins elle n'enquiquinait personne. Ce n'était pas elle qui empêchait les autres élèves d'être attentifs ! Alors quel besoin de venir lui faire des reproches ? Léa n'était pas du genre à râler ou à protester, encore moins contre un enseignant, mais là... elle n'avait pas pu s'empêcher de répliquer au crapaud que de toute façon ses cours étaient nuls, qu'elle arrivait pas à intéresser un seul élève et encore moins elle, qui de toute façon avait une dispense d'abord, elle avait qu'à demander au concerné ! Et quelques autres choses moins agréables à entendre.

Ceci étant dit, la jeune fille avait quitté le cours sans demander son reste, sur les nerfs. Elle s'était faite arnaquer de tous les côtés, et risquait probablement des ennuis maintenant. Mais il fallait que ça sorte. Elle avait involontairement séché quelques cours, et avait pris sur elle pour revenir, puisqu'apparemment sa dispense était fausse. Mais c'était pas assez pour ce sale crapaud qui se faisait un devoir de la harceler. Et gnagnagni elle suit pas et gnagnagna faut faire plus plus attention et l'écouter. Elle était peut-être patiente, mais yavait des limites, même face à un professeur. Tant pis si elle devait se manger une retenue ou allez savoir quelle punition encore. Au moins, elle s'était exprimée. Bien sûr elle aurait pu parler de son domaine divinatoire, mais elle avait bien assez de soucis sur ce sujet comme ça. Mieux valait passer pour une cancre qu'une violeuse d'esprit. Tous les profs n'étaient certainement pas aussi compréhensifs que Pietro.

Du coup Léa flânait dans les couloirs, ses remparts dressés contre les pensées des autres, maugréant, attendant que la foudre de Deus lui tombe dessus. Ca ne tarda pas d'ailleurs, vieille pimbêche de crapaud. Convoquée dans la salle des professeurs, allez, le sermon n'allait pas se faire attendre. Remarque au moins c'était pas le bureau du directeur. Elle aurait vraiment pété un câble si c'était Isanagi qui s'était fait un malin plaisir de la reprendre, lui qui distribuait des dispenses de cours à tout va. Cela dit... la voix dans le micro avait parlé de Pietro aussi. Il allait peut-être expliquer cette histoire de cours annulés, et prouver ainsi qu'elle n'avait pas menti. Ca serait bien. Avec un peu de bol, il lui éviterait les ennuis. Restait à voir si d'une part il était bon avocat, et si de l'autre il voudrait la défendre. On ne sait jamais avec les profs... même les plus sympa.

Soupirant, l'apprentie déesse gagna le bâtiment en question et arrangea la sangle de son sac. Elle portait la tenue réglementaire de l'école, qui n'était pas assez bleue à son goût, mais bon faut ce qui faut, et s'était attachée les cheveux en queue de cheval. Quelques mèches d'en échappaient et lui tomber sur le visage. Elle souffla dedans pour les éloigner et toqua à la porte de la salle indiquée.

- C'est Léa Dolce.

Elle attendit qu'on lui dise d'entrer puis, soupirant une dernière fois, pénétra dans l'antre du démon. Quoi que non ça c'était le bureau d'Isanagi c'est vrai. Disons l'entre du mini démon alors.
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Re: Il faut travailler pour réussir sa vie, et même sa mort. - Mar 8 Jan 2013 - 20:34
Nous étions au beau milieu de la journée, et le professeur, sérieux et responsable que j'étais aurait dû se trouver dans sa chambre en train de travailler, dans une salle de classe afin de donner un cours, ou encore à la bibliothèque afin d'étudier. Le souci c'est que je n'étais ni sérieux, ni responsable...et j'étais un vil séducteur. Depuis quelques temps déjà je m'étais senti changé, me mettre à avoir certaines envies que je n'avais plus eues depuis des années. Si vous voyez ce que je veux dire, je m'étais remis à courir après la gente féminine. Après tout j'avais le corps de mes 25 ans, les envies qui allaient avec cet âge...et j'avais l'avantage d'avoir l'expérience, la sagesse, la courtoisie et la délicatesse d'un homme ayant vécu une très longue vie. Je n'avais pas encore fait des ravages au sein de l'Académie, là n'était pas le but. Mais je m'amusais de temps à autre à séduire, me rendant compte que je n'avais rien perdu de mon savoir-faire.

En ce début d'après-midi je me prélassais dans ma salle de bain, plongé dans un bain mousseux. L'atmosphère était tiède et agréable et je me détendais, nu comme un ver dans cette eau chaude bienfaisante. Seulement, au bord de la baignoire était posé un seau à champagne, le champagne lui-même n'avait plus de bouchons. Je portais à mes lèvres ma coupe, tandis que face à moi, elle portait la coupe à ses lèvres. Qui était-elle ? Une dénommée Amélia, jeune femme de 22 ans qui s'occupait habituellement de l'entretien des jardins de l'académie. C'était la première fois que je franchissais le pas et que je me retrouvais nu face à une autre personne depuis la mort de ma défunte femme. Là où elle était, elle devait se retourner dans sa tombe...mais devait comprendre. Quoiqu'il en soit après une nuit plutôt mouvementée et une bonne grasse matinée, je lui avais proposé de partager un bain...ce qu'elle accepta volontiers.

C'est au moment où elle reposa sa coupe et qu'elle s'approcha de moi sensuellement, venant se coller contre moi, posant ses lèvres sur les miennes et touchant des parties de mon corps que je me garderais bien d'énoncer ici qu'une voix raisonna dans toute l'Académie. J'étais convoqué dans la salle des professeurs avec Léa, ma jeune amie. Seules deux personnes étaient autorisées à utiliser ainsi les hauts parleurs, et vu le ton féminin de la voix, je savais que Colombe Siria venait de formuler cette demande. Aussi sympathique que l'on me l'avait décrit, je savais par mon vécu qu'il n'était jamais bon de faire attendre son patron. Je sortais donc précipitamment du bain, me séchant à la va vite tout en m'excusant auprès d'Amélia et en lui expliquant que je la rejoindrais plus tard. Je fonçais vers ma penderie et enfilais en toute hâte un caleçon, un jean, un t-shirt et des derbys noirs. Je pris cependant le temps de m'allumer une cigarette et fonçait vers la salle de professeurs.

Quelque part j'étais stressé, je n'avais que rarement eu des contacts avec les directeurs, hormis un souvenir fugace lors de mon arrivée ici. J'avais déjà eu à faire un peu avec Isanagi Tensho lors d'un examen, mais bien peu de choses. Le reste du temps je recevais juste des missions ou des demandes par papiers. En gros c'était la première fois que j'allais rencontrer l'un de mes employeurs et ce n'était pas pour me rassurer. Je me demandais d'autant plus pourquoi Léa était là elle aussi, et pourquoi diable j'étais convoqué avec elle ? Peut-être parce qu'on avait discuté...non ça ne pouvait pas être ça, nous avions juste sympathisé. Ce n'était pas comme si c'était elle qui venait de partager mon bain. Alors que pouvait-il bien se passer ?

La tête emplie de questions je courais tout le long du chemin, bousculant un groupe d'élèves dont un qui renversa son café sur mon T-Shirt. Plus loin je rencontrais un jardinier qui arrosait des fleurs avec un tuyau, il se tourna vers moi, surpris de me voir déboulé aussi vite et m'arrosa sans le vouloir. Enfin dans le couloir je croisais un petit groupe d'étudiants portant des fournitures dans les bras. En les bousculant, un pot de peinture que tenait l'un d'entre eux me tomba sur la jambe et me fit une belle tache jaune sur mon jean noir. J'arrivais enfin devant la porte de la salle des professeurs et reprenait mon souffle tout en me recoiffant. Je rallumais aussi ma cigarette qui avait été éteinte par le jardinier. Je toquais à la porte et j'entrais.

Je savais que j'étais dans un état pitoyable, mais que pouvais-je bien y faire. J'avais été pris de cours. Le mégot humide au coin de la bouche, les vêtements pas mal trempés avec une grosse tache de café sur le torse et de la peinture jaune qui coulait sur ma jambe droite. Pourtant j'entrais avec le sourire, regardant Léa et...Colombe Siria. Une enfance difficile et pieuse dans une famille pauvre. Famille obligée de partir en ville pour survivre. Morte à 26 ans dans des circonstances tragiques...je savais tout de la directrice après avoir simplement posé les yeux sur elle. Puis je bloquais mon pouvoir comme je l'avais fait lors de ma discussion avec Léa pour ne pas l’accommoder avec toutes ces images. L'air tout à fait naturel malgré mon état pitoyable j'annonçais calmement.

- Mademoiselle Siria, Léa, désolé de vous avoir faîtes attendre.
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Re: Il faut travailler pour réussir sa vie, et même sa mort. - Dim 13 Jan 2013 - 10:46
Un peu de rangement avant de commencer.
Ils arriveraient dans une dizaine de minutes, juste assez de temps pour mettre un peu d'ordre dans la salle des professeurs : des feuilles étaient par terre, les étagères penchaient dangereusement, les livres étaient empilés en grands nombres pour former une muraille sur les bords du bureau, les sièges étaient éparpillaient aux quatre coins de la pièce, sans parler de la poussière et de la vermine qui traînaient au sol.
Ce vacarme était du dû à une demande d'un professeur comme quoi les repentis chargés du ménage mettaient ses papiers au mauvais endroit et qu'il ne les retrouvait plus. Depuis, les repentis ont cessé de venir et j'en voyais les résultats...
Il y avait bien quelques professeurs soigneux qui rangeaient correctement leur casier, mais ils faisaient presque taches parmi le reste de la pièce sans dessus-dessous.

J'avais du travail et ce n'était pas à me déplaire ! Je commençai par cette petite étagère en bois que je réparai à l'aide de quelques boules collantes qu'une de mes fleurs exotiques. Puis j'y rangeai par ordre alphabétique les livres qui me passaient sous la main et quelques compartiments où je classais les feuilles. Il y avait des feuilles d'examens, d'exercices, de correction, d'images et de cartes : les élèves ne devaient pas avoir tous les jours une vie facile. Ensuite, je me fabriquai rapidement quelques balais auxquels je donnai vie avec mon pouvoir pour qu'ils fassent le ménage à ma place pendant que je rapprochais les siège du bureau.

Quelqu'un frappa à la porte et se présenta :

"C'est Léa Dolce."
Déjà ? Le temps passe si vite...

" Tu peux entrer jeune fille, la porte est ouverte."
Lorsqu'elle entra, je disposai encore quelques livres dans la bibliothèque et je fus surprise par sa chevelure blanche mais aussi par l'impression qu'elle me donnait entre l'angoisse et l'énervement. Je m'approchai d'elle et lui tendit la main pour la saluer, puis je lui montrai les deux petites chaises installées près du bureau.

Un autre homme toqua à la porte et entra, il était assez grand et d'un joli blond mais sa tenue était assez spéciale pour quelqu'un qui va voir la directrice. Enfin, je ne pouvais pas lui en vouloir, je ne les avais pas prévenu à l'avance.

- Mademoiselle Siria, Léa, désolé de vous avoir faîtes attendre.
Je lui répondis que ce n'était pas grave, que c'était de ma faute et lui demandai de se joindre à Léa sur une chaise. Lorsqu'ils furent tout deux installés, je vins me poser sur le siège en face d'eux et expliquai le motif de leur convocation :

" Je m'excuse de vous faire venir d'une façon aussi précipitée. J'imagine, jeune fille, que tu as une idée de pourquoi tu es ici ? L'un de tes professeurs est accourue dans mon bureau pour me dire qu'une de ses élèves se moquait d'elle et ne venait plus en cours depuis quelques temps. Je suis ici pour avoir des explications."


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Re: Il faut travailler pour réussir sa vie, et même sa mort. - Dim 13 Jan 2013 - 11:30
Léa reconnut sans mal la directrice : elle l'avait entraperçue une fois, lors de son arrivée ici, pendant l'inaltérable petit discours de bienvenue, qui n'apprenait pas grand chose sur la situation. C'était la première personne qu'elle avait rencontré si l'on peut dire après sa mort, ça ne s'oublie pas. Et ce genre de chevelure flamboyante non plus. Allait-elle se faire renvoyer ? Juste pour avoir eu quelques mots plus hauts que les autres envers un professeur incompétent ? Ca serait le bouquet pour bien finir sa journée tiens. Son moral déjà pas très haut chuta méchamment, augmentant proportionnellement sa mauvaise humeur. Ce n'est que par pur réflexe protocolaire qu'elle rendit sa poignée de main à Colombe, sans beaucoup de motivation.

Silencieuse, un petit nuage noir presque visible au dessus de sa tête, la jeune fille alla s'asseoir sur la première chaise indiquée. Apparemment c'était un peu la pagaille dans cette salle, mais ça ne la regardait pas. Elle ne voulait qu'une chose : que ça aille vite. Quoi précisément, peu importait. Elle souhaitait qu'on la laisse seule pour ruminer en paix, que ce soit toujours dans l'académie ou ailleurs. Elle en avait assez de tout ça. Et les pensées qui commençaient à cogner contre ses barrières n'étaient pas pour arranger la chose, surtout lorsque Pietro arriva, avec ses milliards d'esprits dans la tête. L'apprentie déesse se mordit les lèvres et décocha par réflexe un regard de tueur au professeur. Ce n'était pas vraiment contre lui, mais elle ne pouvait pas s'en empêcher. Et puis ça se calma d'un coup quand il coupa son pouvoir. Les traits de Léa se détendirent un peu et elle soupira en hochant la tête pour remercier discrètement Pietro. Il avait une tenue assez spéciale, pleine de couleurs différentes, café, peinture, et trempée qui plus est, mais il essayait peut-être de lancer une mode, allez savoir.

N'ayant rien à dire - ni à faire des histoires de politesse - elle attendit patiemment la suite en enroulant nerveusement une longue mèche autour d'un doigt. Puisqu'elle s'était échappée de sa queue de cheval, autant qu'elle serve à quelque chose. Tout ce petit monde s'installa, ce qui lui faisait bizarre. De son vivant, elle n'avait jamais rien fait de répréhensible qui justifierait un tel rassemblement à son sujet. Faut croire que la mort n'arrange pas les gens. Ahah. Elle écouta la directrice, confirmant que cette vieille peau de grenouille visqueuse était effectivement venue se plaindre. Tsss et ça se prenait pour un professeur, à aller cafter en couinant. Pardon en croassant. Enfin...

- Je me suis moquée d'elle qu'une fois, parce que j'en avais marre qu'elle n'arrête pas de me chercher alors que je fais rien de mal. Et j'ai eu une dispense de cours d'histoire de la part de monsieur Alighieri. Je savais pas que le crap... madame Goangall était pas au courant.

Son ton était peu enjoué, mais ça se comprenait vu la situation. Léa pouvait se permettre d'être froide. Attention, elle veillait quand même à rester respectueuse. Mais qu'on ne vienne pas lui demander de parler plus gentiment. Elle avait eu sa dose avec le crapaud. Et puis elle avait dit la vérité après tout. Certes, elle veillait à ne pas détailler, car, même si la directrice connaissait sûrement son domaine divinatoire, il y avait toujours une chance infime que ce ne soit pas vraiment le cas, ou qu'elle ait oublié. Après tout, il y a tellement d'élèves, comment tout retenir ? Elle préférait donc ne pas prendre de risque et taire la raison de ses difficultés en cours. Peut-être que sa réponse et celle qu'ajouterait Pietro suffiraient à ce que tout rentre dans l'ordre.
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Re: Il faut travailler pour réussir sa vie, et même sa mort. - Sam 19 Jan 2013 - 14:52
Je m'installais, regardant mon piteux état. On ne peut pas dire que j'avais vraiment eu le temps de me faire beau en partant, mais si je n'avais pas rencontré tout ces ennuis sur la route j'aurais évité le café, la peinture, l'eau. Mais mon plus grand étonnement vint certainement du fait que ça ne semblait déranger ni l'une ni l'autre. Peu importais après tout, je m'asseyais tandis que notre jeune et charmante directrice nous expliquait la situation. Apparemment un professeur de Léa était venu se plaindre auprès de la directrice car la jeune femme se serait moqué d'elle et ne viendrait plus en cours. Étrangement ça ne me surprenais guère, avec le pouvoir qu'elle avait et surtout les inconvénients qu'elle devait vivre, il y avait de quoi s'énerver en cours. En revanche qu'elle n'aille plus en cours était autre chose, je la regardais, l'air un peu sévère...ce n'était pas une conduite efficace pour elle, que ce soit pour le travail ou pour devenir plus sociable. J'écrasais ma cigarette sur un cendrier tout proche...que j'avais moi même posé dans la salle des professeurs en arrivant sur la Deus Academia pour mes collègues fumeurs et moi même.

Ceci fait je me demandais pourquoi ma présence était requise. Ce n'était pas mes cours que Léa avait raté...je lui avais donné le droit de ne pas y venir. Et d'ailleurs, je trouvais la démarche de son professeur, peu importe son identité, assez lâche. Venir se plaindre à la directrice comme ça dès le premier petit écart de comportement était d'une gaminerie. Quel genre de prof n'avait pas le courage d'affronter lui même ses élèves si ce n'est un professeur n'ayant aucun savoir, aucune confiance en soi, aucun professionnalisme. Je rongeais mon frein à cette pensée et écoutais comment ma chère et jeune amie allait se justifier. Elle s'était moquée d'elle, elle ne faisait rien de mal. Je vois bien comment ça avait du se passer, Léa épuisée sur sa table et sur les nerfs à subir les pensées de toutes une classe, un professeur peu scrupuleux venant la voir et lui faisant remarquer à chaque cours son manque d'attention. Il y avait de quoi s'énerver. En ça, et surtout connaissant la douleur qui tourmentait constamment Léa, je comprenais tout à fait son geste.

La suite fut plus embarrassante. Elle avoua à la Directrice que je l'avais moi même dispensé des cours d'histoire et elle mentionna Madame Goangall. Je m'allumais une cigarette tandis qu'un léger vent de panique s'emparait de moi, mais je n'en montrais rien extérieurement. Madame Goangall était ma collègue d'histoire, une prof brillant par ses lacunes de connaissances, son manque de pédagogie...et sa gueule de crapaud. Léa s'était empêche de le dire, mais il fallait bien l'avouer, cette dame tenait plus du batracien que de l'être humain. Je réalisais seulement que, oui j'avais donné cette dispense de cours d'histoire à Léa...mais elle n'était pas dans une classe dont j'avais la charge. En somme je l'avais incité à abandonner les cours d'un autre professeur. Pourquoi est-ce que je n'avais pas réalisé ça la dernière fois ? Peut-être parce que j'étais trop sur mon petit nuage après une aussi charmante conversation. Le seul fautif dans cette histoire, c'était moi. Maintenant je comprenais le rôle que j'avais à jouer dans tout ça. Je me lançais donc.

- J'ai en effet donné cette dispense à mademoiselle Dolce car...

J'avais envie d'inventer un petit mensonge de rien du tout pour noyer un peu le poisson. Mais ça ne sortais pas, je restais là, bouchée bée l'espace d'une seconde. Mais je regardais Colombe sans être capable de mentir, enfin c'était plutôt l'inverse, je me sentais obligé de dire la vérité. J'étais certain qu'un pouvoir était à l'œuvre, après tout elle était, avec Isanagi Tensho et Shindo Akarui, la personne la plus puissante de cette Académie. Un pouvoir obligeant à dire la vérité, c'était vraiment une plaie comme truc. Pour les faibles esprits cependant, j'avais la chance de réfléchir rapidement et d'être quand même du genre intelligent. Après cette petite seconde de blanc j'entonnais très naturellement.

- Car je pensais qu'elle appartenait à ma classe, je n'ai pas pris le temps de vérifier si c'était le cas. Et si j'ai fait ça c'est car Léa m'a fait comprendre qu'elle aurait bien plus de facilité à se concentrer dans un cours particulier avec moi que dans la classe de madame Goangall.

J'avais dis la plus pure et stricte vérité sans parler ni de notre petit verre au bar, ni de son pouvoir, ni de notre conversation, ni de mon propre pouvoir. J'éprouvais une certaine satisfaction à savoirs manié mes propos afin de cacher certaines choses...même face à un esprit aussi puissant que celui de la directrice. Je regardais Léa avec un sourire puis me tournais de nouveau vers la directrice avec un air assez amusé.

- Et je ne saurais que trop vous conseiller mademoiselle Siria d'engager un autre prof d'histoire pouvant remplacer madame Goangall. Cette...horreur...fait preuve d'un manque tragique de pédagogie et de patience, et en tant que professeur d'histoire pour avoir discuté avec elle assez longuement elle a moins de connaissance qu'un élève de Licence. Une fois je l'ai même entendu proférer des propos étranges comme quoi Louis XV était le fils de Louis XIV...alors que n'importe quel parvenu un peu connaisseur sait que Louis XV était l'arrière petit fils du Roi Soleil.

J'étais critique, trop peut-être. Et encore je ne m'étais pas étalé sur le physique de cette prof. Mais je partais de ce principe, diplomate de nature, il y avait toujours deux cotés de la balance à peser. Même si dans ce cas là c'était une étrange balance à trois plateaux. Moi même d'un côté, fautif d'avoir donné une dispense de cours à Léa alors qu'elle n'était pas mon élève, Léa aussi fautive pour s'être emportée contre son professeur...et le crapaud...pour son manque de tact, et pour le simple fait d'être une immonde personne. M'installant confortablement sur ma chaise, ayant oublié mon drôle d'accoutrement, j'attendais les réactions de la directrice et de Léa.
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Re: Il faut travailler pour réussir sa vie, et même sa mort. - Mer 20 Fév 2013 - 21:33
Des cours particuliers.
J'observai la jeune Léa pendant que je prononçais les raisons de sa venue ici. Au fil de mes mots, son visage pâli, puis ses joues devinrent rouge de colère. Elle n'aimait pas la professeur d'histoire, cela se voyait dans le regard qu'elle me jetait désormais dessus et qui semblait vouloir me transpercer de part en part. Elle prit alors la parole pour se justifier :

- Je me suis moquée d'elle qu'une fois, parce que j'en avais marre qu'elle n'arrête pas de me chercher alors que je fais rien de mal. Et j'ai eu une dispense de cours d'histoire de la part de monsieur Alighieri. Je savais pas que le crap... madame Goangall était pas au courant.

Elle reconnaissait donc avoir insulté la professeur et qu'un certain conflit les oppose. C'était déjà ça de gagner sur un élève qui aurait tout nier, du début à la fin. Le professeur continua pour se justifier :

J'ai en effet donné cette dispense à mademoiselle Dolce car... Car je pensais qu'elle appartenait à ma classe, je n'ai pas pris le temps de vérifier si c'était le cas. Et si j'ai fait ça c'est car Léa m'a fait comprendre qu'elle aurait bien plus de facilité à se concentrer dans un cours particulier avec moi que dans la classe de madame Goangall.

Voilà une drôle d'affaire ! Cela sonnait bien faux à mon oreille. Un professeur rencontre un élève qui n'est même pas de sa classe et il se propose d'être son professeur particulier ? Maintenant, il s'agissait plutôt de connaître les vrais raisons qui ont conduit à un tel accord. La nature de leur relation reste à savoir car le professeur est jeune et l'élève parait mûre. L'aurait-il forcé ? Non...il n'est pas bon de se faire des films. Je crois que cette jeune fille a vraiment un mal aise, surement dû à son domaine divin.
Pietro coupa mes réflexions en ajoutant :

- Et je ne saurais que trop vous conseiller mademoiselle Siria d'engager un autre prof d'histoire pouvant remplacer madame Goangall. Cette...horreur...fait preuve d'un manque tragique de pédagogie et de patience, et en tant que professeur d'histoire pour avoir discuté avec elle assez longuement elle a moins de connaissance qu'un élève de Licence. Une fois je l'ai même entendu proférer des propos étranges comme quoi Louis XV était le fils de Louis XIV...alors que n'importe quel parvenu un peu connaisseur sait que Louis XV était l'arrière petit fils du Roi Soleil.

A ces mots, je tordus le petit crayon à papier que je tenais dans les mains. Si Isanagi avait été à ma place, de tels propos auraient fait un énorme scandale à travers toute l'académie. Heureusement, je savais gardé mon calme face à ce genre de chose, après tout cela arrive souvent qu'entre collègues d'une même manière on ne s'aime pas trop.

Je décidai d'écarter le professeur de la discussion avant que ses idées ne me mettent vraiment en rogne.


"Bien, je vais y réfléchir. Je vous pris de quitter la pièce, j'en ai fini avec vous. Laissez-nous seules, s'il vous plait."

Je me levai, le saluai puis le conduisis vers la porte. Une fois qu'il fut parti, je me retournai vers Léa et lui lançai :


" Il ne reste plus que nous deux maintenant. "

Je m'approchai alors d'une étagère et sortis le service à thé pour en proposer à mon invitée. Les questions allaient encore être nombreuses et la première concernerait son réel avis sur la qualité de la professeur d'histoire et s'il est nécessaire de lui envoyer un inspecteur.

(j'éloigne Pietro qui arrête le rpg)


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Re: Il faut travailler pour réussir sa vie, et même sa mort. - Mer 27 Fév 2013 - 13:25
Est-ce que Pietro lâcherait tout ? Léa craignait qu'il se sente obligé de dire toute la vérité, y compris de dévoiler son domaine divinatoire, en supposant que la directrice ne le connaisse pas déjà. Mais non. S'il ne prononça aucun mensonge, il garda tout de même beaucoup de choses sous silence, et elle apprécia. Il était après tout très bien placé pour comprendre le calvaire qu'elle vivait en cours, alors il savait qu'elle n'était pas vraiment responsable. Et apparemment il connaissait assez le crapaud pour ne pas l'apprécier. Mais ça, c'était normal, personne n'aimait cette professeur ici. De quoi se demander comment elle avait fait pour finir ici. Enfin, ça c'était une autre question qui ne la concernait pas.

La jeune fille croisa les jambes en écoutant la suite. Pietro y allait fort sur sa collègue, mais bon elle le méritait après tout. C'est vrai que côté pédagogique elle craignait, et ses connaissances en histoire n'étaient pas non plus mirobolantes. Cela sembla agacer la directrice, ce qui pouvait se comprendre : c'était sûrement Isanagi et elle-même qui choisissaient les professeurs, alors forcément en critiquer un revenait à les critiquer eux. Mais elle garda quand même son calme, si l'on peut dire, et renvoya simplement Pietro. C'était obligé... ? Non parce que Léa appréciait ce professeur-là, qui prenait plus ou moins sa défense, et surtout la comprenait bien mieux que la plupart des gens. Alors s'il filait... la laissant seule face à la directrice... glop.

Mais bien sûr elle ne pouvait rien dire, et se contenta de le regarder partir avec un air presque désespéré, donnant l'impression de le supplier de rester, au secours, pitié. Elle soupira un bon coup ensuite en revenant à Colombe, et en veillant à garder un air à peu près neutre. Qu'est-ce qui allait lui tomber dessus maintenant... du thé... ? Heu ok... ne pas s'étonner, après tout rien n'était normal ici. Mais si on lui avait dit qu'elle boirait du thé avec une directrice un jour... elle ne l'aurait pas cru.

Restant immobile sur sa chaise, la jeune fille hocha la tête à la question. Pourquoi pas après tout... et puis ça serait sûrement malpoli de refuser. Mais ce n'était pas ça qui allait la mettre dans de meilleures dispositions, que nenni. Le contexte de sa situation était trop ancré dans son esprit. Une élève, une directrice, un problème de professeur, et surtout la volonté de garder son domaine secret, enfin autant que possible. Certes, c'était stupide, Colombe avait sûrement une liste avec tous les noms et pouvoirs des élèves dans un coin, mais bon hein, si Léa pouvait éviter de parler du sien...

- Le professeur Alighieri n'a rien fait de mal. Et il a raison je trouve, sauf votre respect le cr-ofesseur Goangall est vraiment... pas terrible. Même de mon vivant j'avais de meilleurs enseignants.

Elle ne voulait pas que Pietro ait des ennuis à cause de cette histoire, et donc d'elle. Et puis, si elle pouvait orienter la conversation sur ce sujet, en laissant de côté ses problèmes de concentration en cours, c'était très bien.
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Re: Il faut travailler pour réussir sa vie, et même sa mort. - Jeu 28 Fév 2013 - 14:01
Une erreur ?
Je gardais toujours de l'eau chaude dans une gourde, pour permettre aux professeurs de ce détendre entre deux cours. La vie de professeurs n'était pas facile tous les jours : crier, faire respecter l'ordre et le calme, enseigner aux élèves, répéter toujours répéter. Leur voie devait en prendre un coup.
J'ajoutais un peu de thé en feuilles au fond de la théière et tendis une tasse à mon invité en lui disant :


"Tien, prends donc cette tasse, et la petite assiette en-dessous pour éviter de renverser quelques gouttes à côté. Attention, c'est chaud !"

Puis je rejoignis mon bureau et écoutais les explications de la demoiselle :


- Le professeur Alighieri n'a rien fait de mal. Et il a raison je trouve, sauf votre respect le cr-ofesseur Goangall est vraiment... pas terrible. Même de mon vivant j'avais de meilleurs enseignants.

La question n'était plus à poser : le professeur Goangall était vraiment incompétent et détesté de tous. Pourtant, j'avais cru comprendre que, de son vivant, elle avait remporté de nombreux prix sur ses thèses d'histoire et gagné le concours de l'université de Paris et en première place. Ces capacités se seraient perdues avec le temps ? Ou y aurait-il de la tricherie dans l'air ? Cela méritait un petit éclaircissement de la situation... J'eus alors une petite idée :

"Jeune fille, cette professeur est ultra diplômée, ultra qualifiée, elle a gagné de nombreux concours ! Cependant, je veux bien te faire confiance. Je te propose de remonter le temps grâce à mon pouvoir et d'aller vérifier par toi-même si cette professeur a vraiment gagné tous ces concours."

Je me levai alors, m'approchai de la jeune fille et lui tendis la main en ajoutant :


"Prends ma main, je vais te montrer l'histoire de l'humanité."

Lorsque Léa attrapa ma main, l'espace autour de nous se déforma et éclata en milles morceaux. Nous étions plongé dans un monde entièrement noir qui, petit à petit, s'éclaircissait et s'ouvrait sur un nouveau espace, une nouvelle pièce. Je ne savais pas à quelle époque nous étions, mais tout semblait faire croire que nous étions le Lundi 4 Juillet 1995, d'après un petit calendrier affiché sur le mur. La salle était un bureau, assez simple et mal rangé (des papiers étaient entassés de partout et certains traînaient pas terre). Sur la table était posé un dossier rouge "sujet de l'examen d'histoire, université de paris".


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Re: Il faut travailler pour réussir sa vie, et même sa mort. - Lun 4 Mar 2013 - 10:47
Correcte, Léa attendait la suite. Est-ce que la directrice allait se radoucir vis-à-vis de Pietro ? Après tout ce n'était pas sa faute, pas vraiment. Elle attrapa la tasse et la soucoupe tendue en remerciant Colombe. Elle n'avait guère l'envie de boire du thé, d'autant que la situation était affreusement bizarre à ses yeux, mais bon elle ne voulait pas non plus faire mauvaise figure. Déjà qu'elle partait avec de mauvais points... suivant son interlocutrice des yeux, elle trempa le bout des lèvres dans le breuvage. Tttt, c'était effectivement bien chaud. Mais c'était aussi ce qui faisait le charme du thé. Soit disant.

Elle attendit le verdict en se concentrant sur le breuvage pour ne pas se brûler, sirotant une gorgée par ci par là. Apparemment, la directrice semblait assez ouverte et apte à remettre en question son corps enseignant. Mais pas non plus n'importe comment. Il semblait que le crapaud avait beaucoup de preuves de sa compétence. Diplômes, concours... mais ça ne voulait rien dire. On pouvait être le plus intelligent du monde et avoir des capacités pédagogiques à chier.

- Les garanties papiers ne veulent rien dire, enfin je trouve. J'ai déjà vu de mon vivant des gens hyper calés mais complètement nuls pour enseigner leur passion. Ptêt que le professeur est super fort en histoire, mais côté pédagogie elle a de gros problèmes.

Heu... remonter le temps ? Oula, minute, la jeune fille était venue pour s'expliquer, pas pour finir encore dans une espèce de mission suicidaire ! Pourquoi tous les professeurs tenaient absolument à l'envoyer n'importe où faire n'importe quoi ? Entre Yuri, Isanagi, Modrus, elle était servie, et voilà que Colombe s'y mettait aussi ? Didju elle avait vraiment pas reçu le bon domaine divinatoire.

- C'est obligé... ?

Elle n'était clairement pas motivée par cette idée. Mais apparemment la directrice ne comptait pas recevoir de refus ou d'hésitation, alors, comme d'habitude, l'apprentie déesse n'avait guère le choix. Elle ne pouvait plus que prier Deus pour que Colombe soit moins sadique et psychopathe que les autres... Résignée, elle posa la tasse où elle put et se leva pour prendre la main tendue, avec l'expression faciale d'un condamné à mort qui sait qu'il ne pourra pas échapper à son sort.

Léa sursauta quand l'espace changea brusquement autour d'elles. Même si elle savait que tout était possible dans cette académie, ça n'empêchait pas d'être surpris. Elle serra les dents, ce nouveau monde obscur ne lui disait rien qui vaille, elle n'aimait pas ça du tout. Mais heureusement un nouveau décor se greffa petit à petit dans ces ténèbres et les chassèrent pour se laisser contempler. Un bureau en pagaille basique, avec un calendrier qui indiquait la date du jour, pratique ça. 1995 ? Elle n'était pas encore morte à cette date. Est-ce qu'elle pouvait aller se voir ? Se prévenir pour la voiture et ainsi peut-être y échapper ? Est-ce que cela changerait son propre présent ou en créerait un nouveau ? C'était fort intéressant à envisager.

- On est vraiment dans le passé ? Vous pouvez le modifier et influer sur notre présent du coup ?

La raison de leur venue ici était passée largement au second plan. Le crapaud, ses compétences, boarf aucune importance. Par contre, si elle pouvait changer son propre destin et éviter la Deus Académie... Elle ne savait pas si elle le ferait vraiment, mais la question n'était pas là. D'abord savoir si c'était possible. L'examen d'histoire de l'université de Paris pouvait bien attendre un peu.
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Re: Il faut travailler pour réussir sa vie, et même sa mort. - Ven 8 Mar 2013 - 14:07
Le pouvoir du temps
Je lâchais la main de Léa et m'avançais vers la fenêtre, celle-ci donnait sur une immense cour où étaient déjà entassés des centaines d'élèves. Je me tournais vers Léa et lui dis que qu'un concours allait bientôt commencer mais certainement pas celui d'histoire, car le dossier était encore sur la table. Cependant, il me sembla qu'elle n'en avait rien à faire, elle pensait déjà à autre chose :


- On est vraiment dans le passé ? Vous pouvez le modifier et influer sur notre présent du coup ?

Je lui souris et éclatai de rire avant de m'approcher d'elle et lui poser la main sur l'épaule en lui demandant :

"Pourquoi changer le passé ? Personnellement, les premiers jours je ne voulais pas de cette école, ni de la tonne de paperasse entassée sur mon bureau. J'ai essayé de changer ma mort en revenant dans le passé, mais la seule chose que j'ai réussi à faire c'est changer la façon dont je suis morte et provoquer une immense catastrophe temporelle qui détruisit une île entière et tua tout ces habitants."

Je m'assis sur la chaise du bureau et continuai mon histoire :

"En changeant ma mort, j'avais changé le destin des milliards de personnes de mon époque et du futur. En changeant ces destins, je n'aurai jamais pu prévoir que cinq mille ans plus tard un enfant ne serrait pas né et cet enfant aurait du sauver les habitants d'une grosse tempête. Sans le vouloir, j'avais tué toute une population et ce jeune enfant. Veux-tu déclencher le même cahot ?"

Bien sur, la réponse serait non, personne ne voudrait porter le poids de la mort de centaines de gens comme je le faisais. Je m'étais suicidée, j'avais voulu changer cela et désormais j'étais une martyr, une enfant assassinée pour de l'argent. Je n'avais même pas réussi à gagner plus de deux jours de plus dans ma vie. Deux jours et à quel prix ? Mon pouvoir était trop puissant, trop dangereux, il ne devait pas être utilisé pour changer le passé. Mais je pouvais l'utiliser sans influencer le monde autour de moi. Je me rappelais alors que je n'avais pas demandé à la demoiselle si elle était visible par les humains ou non. Si elle était suffisamment puissante pour être vue, elle risquait de détruire le court du temps.


"Dis-moi, jeune fille, ta puissance te permet-elle d'être vue par les humains ?"

Mais elle n'eut pas le temps de me répondre, quelqu'un ouvrait la porte et je devais réagir. Je quittai ma chaise d'un geste rapide et attrapai Léa par le bras juste à temps pour la faire disparaître avec moi. La chaise s'était écroulée par terre mais ce n'était pas suffisant pour perturber le cours du temps. J'observais la personne qui venait d'entrer : elle était brune, relativement grosse et ressemblait énormément à la professeur d'histoire. Elle regardait dans le couloirs, à droite, à gauche, s'assurait qu'il n'y avait personne puis ferma rapidement la porte. Elle semblait très anxieuse et pour cause, elle s'approcha du sujet d'examen et l'ouvrit...


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Re: Il faut travailler pour réussir sa vie, et même sa mort. - Jeu 21 Mar 2013 - 12:37

Colombe parlait d'un concours mais effectivement Léa n'en avait rien à faire. Cette idée de changer le présent en modifiant le passé était fort attrayante. Mais cela ne semblait pas être l'avis de la directrice qui rit. Réflexe, l'apprentie déesse s'écarta quand l'autre vint lui toucher l'épaule. Pourquoi les gens se sentent-ils obligés de tripoter les autres quand ils leur parlent ? En plus elle n'avait pas l'air d'un beau nounours confortable ! Enfin bon... Peut-être que Colombe n'avait pas un avis si différent, puisqu'elle avoua avoir tenté de changer sa propre histoire.

Provoquer une catastrophe temporelle ? Boarf et alors ? Tant qu'elle parvenait à changer son destin à elle... bon d'accord ce n'était pas très joyeux pour tous les gens morts en conséquence, mais c'était la faute à pas de chance. Cependant, Léa était peut-être égoïste, mais elle avait ses limites, et provoquer le massacre de milliers de gens juste pour essayer de se sauver, sans même une garantie de succès, ça n'était pas vraiment dans ses ambitions. Surtout si au final ça ne servait à rien, puisque Colombe était toujours là, directrice de l'académie. Elle n'avait rien gagné à changer le passé, juste la mort de tous ces gens. Ce ne devait pas être quelque chose de facile à porter, et même si la directrice avait l'air d'en parler tranquillement, qui sait ce qu'il en était vraiment.

Léa secoua un peu la tête.

- Ce n'est pas parce que ça vous est arrivé que ça se reproduira tout le temps de cette façon pour tout le monde. Mais bon, j'ai pas spécialement envie de prendre le risque.

Et de toute façon, elle se doutait bien que Colombe ne lui donnerait pas cette possibilité. La question était donc réglée. Encore que... si quelqu'un d'autre avait le même genre de pouvoir ? C'était extrêmement puissant, et une personne mal intentionnée pouvait changer énormément de choses. Jusqu'à quel point l'académie était-elle protégée contre ce genre de trucs ? Allez savoir. En tout cas, ce n'était pas elle qui risquait de provoquer des catastrophes. Pouvait-elle être ne serait-ce que vue par les humains ? Elle l'ignorait. C'était la première fois depuis longtemps qu'elle revenait ici. Après tout, elle n'était venue dans ce monde que deux fois, et encore, l'une était dans un lieu désert, pour la course de Halloween. Quant à l'autre, personne ne l'avait vue, mais elle avait progressé depuis. Est-ce que ça avait changé quelque chose ?

Léa n'eut de toute façon pas le temps de répondre. Quelqu'un allait rentrer. Remarque elle aurait sa réponse comme ça. Mais Colombe sembla préférer ne pas prendre de risque et l'attrapa à nouveau. Craignait-elle qu'elle fasse quelque chose de mal ? Allez savoir. Est-ce que sa simple présence pouvait modifier à ce point le temps ? Qui sait... en tout cas, elle n'apprécia guère de se faire encore toucher comme ça, mais bon quelque chose lui disait que c'était nécessaire.

- Pour vous répondre, j'en sais rien, j'suis pas revenue ici depuis longtemps. Peut-être, peut-être pas.

Elle jeta un coup d'oeil à la personne qui entrait. Même si elle semblait plus jeune, l'apprentie déesse n'eut aucun mal à reconnaître le crapaud. Des comme ça, ça marque l'esprit des gens. Tout comme son attitude, qui puait énormément l'élève en faute.

- Quand je pense qu'elle nous sort tout un sermon sur la tricherie... C'est sûr que si je prends exemple sur elle mes notes vont s'envoler. Si un prof triche, ses élèves ont le droit de l'imiter ? Ca m'arrangerait.

Quel foutage de yeule quand même. Didju... remarque Léa espérait que ça allait barder pour le crapaud. Et qu'elle pourrait voir ça. Douce vengeance...


Dernière édition par Léa Dolce le Jeu 18 Juil 2013 - 15:32, édité 1 fois
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Re: Il faut travailler pour réussir sa vie, et même sa mort. - Jeu 18 Juil 2013 - 14:11

Il faut travailler
pour réussir sa vie

J'étais stupéfaite devant cet acte de triche immonde, pris en flagrant délit. Et je n'étais pas seule, la jeune Léa l'avait vu aussi. J'avais beaucoup réfléchi, remémorer la scène entièrement, cette femme trichait.

Je sentais mon coeur battre très rapidement dans ma poitrine, le sang manquait à mon cerveau. J'avais peur de m'être trompé, d'avoir choisi la mauvaise âme. Mais la situation était encore plus effroyable car je m'étais trompée. Il fallait maintenant que j'assume mes responsabilités.

Sans lâcher Léa de la main, je m'approchai du tas de feuilles sur la table et lu ce qu'il y avait écrit. Ce fut ma dernière vérification avant de bannir cette tricheuse à tout jamais du cercle des professeurs. Sur les copies, des questions étaient écrites en gras et, dessous, des réponses étaient cochées. C'était un examen sous forme de QCM, qui avait l'air très compliqué. Enfin, sauf quand on a les réponses sous le nez. Je regardais en haut de la page, il y avait écrit "examen du 6 juillet", nous étions le 4.

S'en était assez, je coupai net cette vision et ramenai la jeune Léa en salle des professeurs, dans notre époque. Je la lâchai doucement et lui laissai le temps de se remettre de ses émotions, avant de lui dire :

« - Jeune fille, je dois m'excuser. Tu avais raison, cette professeur ne mérite pas d'enseigner dans cette académie. Tu l'as vu comme moi, elle a triché à l'examen qui lui a permis d'entrer ici. Cet acte est impardonnable et elle va en subir les conséquences. Merci, Léa, tu peux retourner en cours, tu n'es pas punie. »

Je me déplaçai vers la porte et l'ouvris pour laisser Léa sortir. Puis, je quittai à mon tour la salle, en la fermant à clé et je me dirigeai vers le bureau des directeurs. Isanagi, mon collège directeur, devait être mis au courant le plus rapidement possible. Ensemble, nous déciderons du sort de cette incompétente.

Quelques mois plus tard, Colombe croisa de nouveau Madame Goangall dans les couloirs de l'académie. Il avait été décidé de garder cette pauvre âme dans l'académie, en échange elle serait condamnée à faire le ménage des couloirs tous les jours, sans aucun jour de repos. Sa zone de travail était située juste à côté des salles de classe, ainsi elle avait tout son temps pour regretter et écouter de vrais cours d'histoire.



[rp fini pour moi]
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Re: Il faut travailler pour réussir sa vie, et même sa mort. - Jeu 18 Juil 2013 - 15:46

Apparemment Colombe avait encore un doute, puisqu'elle vérifia les feuilles qui traînait sur la table. Lesquelles confirmèrent l'évidence : ce sale crapaud avait vraiment triché à un examen important. Peut-être celui qui lui avait permis de devenir enseignante de son vivant, et donc indirectement après sa mort, en tant que professeur divin. Comme quoi il y a des pourris partout, même chez eux. Mais ça, Léa le savait déjà, elle avait eu de beaux exemples avec bien d'autres personnes, en particuliers les enseignants, et même le directeur en personne.

La directrice quant à elle sembla avoir assez d'informations comme ça et l'endroit s'effaça pour ramener la salle des professeurs. L'apprentie déesse secoua un peu la tête, elle aurait pu prévenir quand même ! C'était pas évident toutes ces couleurs qui se mélangeaient, cette obscurité, et puis le retour brutale au présent. Ca lui filait la nausée. Cela dit, ce n'était pas cher payé pour se sauver les miches, et vu la suite elle n'allait pas se plaindre.

Déjà elle n'écoperait pas de punition. Donc pas de retenue potentiellement refilée à Isanagi, ouf ! Ensuite, elle avait carrément les excuses de la directrice en personne. Ok, techniquement ça n'allait pas changer grand chose à sa vie, ni son opinion vis-à-vis de Colombe, mais c'était quand même pas mal. Même si c'était aussi un peu flippant : les dieux eux-mêmes pouvaient se planter, alors... qui sait quelles erreurs avaient encore été commises dans cette académie ? Brrr. Mieux valait ne pas y penser.

- Pas que je veuille vous donner d'ordre ou quoi, mais vous devriez vérifier tous vos profs. A mon avis elle est pas la seule pas nette. Peut-être même l'autre directeur, au cas où.

Sait-on jamais, des fois qu'elle puisse le virer ! Bon on sait tous qu'il n'en sera jamais rien, et qu'au final il se virera tout seul, à sa manière, mais sur le coup Léa pouvait bien y croire un peu.

- Merci.

Histoire d'être polie quand même. La jeune fille ne s'attarda pas, trop contente de s'en tirer à si bon compte. Et puis... Colombe ne lui avait pas demandé de retourner en cours, alors elle allait en profiter pour s'isoler quelque part et souffler un peu, le temps que son mal de crâne disparaisse. Hélas, lorsqu'elle saura quel sort subira le crapaud, elle ne pourrait pas vraiment en profiter, ne ressentant plus vraiment ce genre d'émotions. Elle n'aura qu'un vague regard totalement désintéressé vers le professeur rétrogradé en femme de ménage. Il n'y a pas de justice ! Et bien sûr encore et toujours à cause d'Isanagi. Son Némésis.
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Re: Il faut travailler pour réussir sa vie, et même sa mort. - Ven 19 Juil 2013 - 14:57

Rp avec une histoire très intéressante, dommage que Pietro soit parti. Je crois que c'est le premier Rp que je lis dans lequel on remonte le temps avec un DD. De plus niveau orthographe je n'ai pas grand-chose à dire, bon Rp dans l'ensemble !

Noémie : si tu veux les Xps de Colombe envoie un MP à Rain, elle s'en occupera.

Léa Dolce : 385 xps
Colombe Siria : 380 xps

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