Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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 Les bars, il n'y a rien de mieux pour oublier ses erreurs.

 
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Re: Les bars, il n'y a rien de mieux pour oublier ses erreurs. - Mer 27 Fév 2013 - 12:09
Léa rigola un peu pour le coup.

- C'est parce que tu ne me connais pas. Tu ne m'as jamais eu dans les pattes dans une situation délicate, avec des ennemis au milieu.

Remarque même en dehors de ça, elle n'était pas exactement d'agréable compagnie. Peu engageante, peu bavarde, et souvent d'une humeur massacrante, il valait mieux chercher quelqu'un de plus sympathique pour papoter. Certes, là elle s'en sortait assez bien malgré son pouvoir, parce qu'Atios était amusant et avait un point de vue assez particulier qui lui occupait l'esprit, mais bon elle n'était quand même pas l'idéal. Et ça, personne ne saurait le lui enlever de la tête tant qu'elle ne gérerait pas mieux ses histoires de pensées.

Apparemment le ronronnement n'était pas possible, puisque le gros matou draconnique se contenta de fufuter, mais ça restait amusant et c'était dans le même ordre d'idée. Dans un sens, ça apaisait un peu de la même façon. Il suffisait d'oublier que techniquement elle n'avait pas un chat mais bel et bien un garçon sur les genoux et ça paraissait presque naturel. Remarque tout était bizarre dans cette académie, alors finalement... ça n'était pas si étrange que ça. Léa n'avait jamais été très physique, mais elle avait toujours apprécié les animaux et les félins lui détendaient l'esprit autant que le corps, alors elle n'était pas si mal à l'aise que ça avec Atios sur les cuisses.

Elle l'observait quand il rouvrit les yeux, à nouveau la version animale. C'était surprenant, même quand on savait ce qu'il en était. Il ne lui manquait qu'une armée de poils sur tout le corps pour se faire passer pour un chat sans aucune difficulté. Elle lui rendit son regard sans sourciller, jaune pâle contre doré simple. Dans un sens ils avaient un peu les mêmes yeux, sauf que la jeune fille possédait des pupilles tout à fait normale et une couleur un peu plus foncée. Elle sentait qu'il ne pensait plus vraiment, ce qui était assez apaisant pour elle. Dommage que tout le monde ne sache pas faire ça, ce serait très appréciable, surtout en classe.

Atios parlait de créer facilement des liens, mais l'apprentie déesse ne voyait pas trop en quoi ils en étaient la preuve. Ils ne faisaient rien de particulier, une simple conversation dans un bar, pas de quoi s'affoler.

- Créer un lien est un bien grand mot, on ne fait rien d'extraordinaire non plus. Je sais pas si yen a vraiment plein, des gens en qui on peut avoir confiance. La plupart se méfient de ceux qui peuvent lire dans les pensées, c'est mon gros problème. Des types comme toi et mon ami, ça court pas tant que ça les rues tu sais.

C'était quand même amusant. Elle était toujours dans son coin, à fuir les autres, et il suffisait qu'une personne lui dise qu'elle pouvait trouver des amis pour que ça arrive. Etait-ce un coup du sort ? La magie de Deus ou de son académie ? Allez savoir. C'était presque trop beau pour être vrai. Devait-elle se méfier, garder sa paranoïa et refuser trop de liens d'un coup avec d'autres personnes ? Ou pouvait-elle réellement faire confiance à Atios comme à d'autres ? Le garçon avait l'air sincère, et ce qu'elle avait capté de lui tendait dans ce sens. C'était un peu déstabilisant en somme pour elle, trop habituée à être à l'écart, à rester à distance et à observer de loin les autres. Mais c'était aussi très tentant. Après tout, c'était un peu son but, se faire des amis, lâcher sa solitude plus ou moins forcée.

Cela dit, Léa n'était pas aussi douée qu'Atios pour faire confiance facilement aux autres, même si elle le souhaitait. Des beaux parleurs, il y en avait aussi des tonnes, et même si le garçon était sincère, ça ne signifiait pas non plus que tout était rose. Elle avait bien senti qu'il était aussi assez... perturbé n'était pas vraiment le bon mot, plutôt bizarre et particulier. Difficile à cerner, imprévisible peut-être aussi. Et trop altruiste. Elle voulait des amis, d'accord, mais pas non plus un esclave qui ferait toujours ce qu'elle voulait juste pour lui faire plaisir.

La jeune fille rigola un peu au dernier "Nyah" que la grosse boule sans poils lança pour conclure sa petite tirade. Au moins ça avait le don de tout détendre en quelques secondes, et de chasser un trop plein de réflexions somme toute inutiles. Mieux valait faire simple et sincère, ça semblait le mieux avec Atios, et puis au moins ça la changeait de ses habitudes.

- On dirait que tu demandes un truc extraordinaire, limite il faudrait jouer une grande musique derrière. Je peux pas garantir la confiance, j'ai toujours du mal avec ça, mais ça coûte rien d'essayer. J'vois pas non plus ce que je pourrais t'apporter de valable, mais bon... remarque si je gratte bien les oreilles, ça peut être intéressant non ?

Elle continua d'ailleurs à lui gratouiller ce coin, s'amusant à tourner autour, dans le creux entre le lob et la tête.

- Cela dit, je te promets rien. Je sais pas comment tu définis les amis, mais pour ma part j'ai jamais été hyper sociale, et ça s'est pas arrangé ici.

Histoire de le prévenir. Ok, elle voulait bien être amie avec lui, voir ce que ça pouvait donner, mais mieux valait qu'il sache qu'elle n'était guère du genre à coller les potes et à sortir tout le temps. Et qu'elle tenait un minimum à sa solitude. Les amis, d'accord, mais elle ne lâcherait ses moments tranquilles et solitaires pour rien au monde.
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Re: Les bars, il n'y a rien de mieux pour oublier ses erreurs. - Jeu 28 Fév 2013 - 16:55
Peu importe ce qu'elle pouvait dire, Atios n'était pas individualiste ou forcément solitaire, mais lui qui comptaut sur ses propres capacités avant tout, avant de songer aux autres. Alors, il ne pouvait pas trouver quelqu'un "boulet". Puisqu'il ferait tout pour compenser les lacunes des autres. Être un bouclier jusqu'au bout, c'était un peu ça, le crédo du jeune homme. Quant au fait de créer un lien... C'est sûr. On pouvait dire que c'était ridicule de dire ça ici. Mais aussi, on pouvait voir ça avec un air optimiste. Tout est une question de bouteille à moitié vide ou pleine. Tout dépendait du point de vue.

C'est clair. C'est qu'une conversation, que j'ai eue avec une inconnue dans un bar secret, dans une académie où on nous apprends à être des divinités. Déjà, rien que la fin casse le mythe de la situation banale. Mais bon. Tout dépend comment tu veux voir les choses.

Atios le savait : on pouvait s'efforcer de voir les choses en bien, ou en mal. Il n'en savait rien, mais ses précédentes inquiétudes allaient lui revenir dans le visage. Des tas de choses désastreuses pour lui aller se produire. Et c'est à ce moment, qu'il devrait de choisir de voir les choses en bien ou en mal. Sombrer dans le désespoir, ou tenter de s'accrocher. C'est à ce moment-là qu'il devrait choisir sa position par rapport à des tas de choses. C'est dans ces moments-là qu'il aurait des choix majeurs à faire. C'est à ce moment-là qu'il verrait ses véritables amis ou la solitude. Tout était paisible, pour le moment sur les genoux de Léa. Mais Atios le savait. La joie et le bonheur ne sont pas pour lui. La question du bonheur avait déjà été soulevée précédemment. Et avec une conception comme la sienne, il ne pouvait qu'être malheureux et finir par être déçu. Pour culminer sur sa propre déchéance, successive à de nombreuses fêlures dans son être, d'où s'échapperont les larmes et la tristesse. Viendra le jour où il sera perdu, incapable de retrouver un endroit où aller, incapable d'appeler la personne qu'il a envie d'entendre et de sentir à ses côtés. Où le froid sera son seul compagnon.

Mais... N'est-ce pas ce genre de banalité qui forme les petits bonheurs du quotidien ? M'enfin, je ne suis pas spécialiste. Du plus loin que je me souvienne, je ne sais pas vraiment ce qui me rendrait heureux. Ou plutôt, je sais ce que je veux, je crois, mais j'ai bien peur que je ne l'aurai pas.

Finalement, quelque part, il savait qu'il voulait être avec la fille du directeur. Mais déjà, elle avait eu des tas d'ennuis à cause de lui. Et puis ... Des tas de garçons mieux que lui, il y en avait partout. Il finirait par être abandonné, comme à de nombreuses reprises. Peut-être que c'est ce qu'il craignait ? D'être abandonné, trahi ? Est-ce qu'il était malhonnête, de ce fait ? Sûrement. Mais il n'avait pas les bons mots pour exprimer ses sentiments ou même les avouer. Et avec le travail de l'académie et ses responsabilités, il était tenu loin d'elle. Peut-être que c'est à cause de ça, qu'elle le jetterait. Ce serait logique. On ne peut pas aimer quelqu'un qui est aux abonnés absents. Lentement, le lent compte à rebours d'une bombe apparaissait au fond de lui. De très nombreuses épreuves allaient sûrement devoir être relevées. Tellement qu'il préférait ne pas y penser.

Alalah. Qu'il est dur que d'être doué de sentiments et de désirs. Je devrais peut-être rendre visite à un temple bouddhiste sur terre et devenir bonze. Comme ça, je n'aurai plus toutes ces angoisses. J'espère que tu n'as pas à subir celles des autres, parce que moi, déjà avec les miennes, j'ai la sensation que je vais imploser.

Ce qui était une blague, n'en était plus une, désormais. L'éclaircie était courte, le voilà qu'il broyait déjà à nouveau du noir. Qu'est-ce que c'était que la recette du bonheur ? Il aurait aimé qu'elle fut simple, pour qu'il puisse éteindre toutes ces angoisses qui naissaient en lui. Et lui qui s'interdisait de boire pour oublier. Que lui restait-il ? Faire l'aveugle ? Ouvrir la fenêtre, se tourner vers le ciel, et dire que le ciel était bleu ? Il n'avait même pas la force de rentrer jusqu'à sa chambre. Il avait peur d'être déçu par ce qu'il pourrait y trouver. Être un Humain est vraiment difficile, hein ? Peut-être pour ça qu'il les détestait et qu'il les aimait, en même temps.

Tu n'as rien à me promettre. De toute manière, je n'ai pas vraiment de moments à moi. Que ce soit de devoir courir en cours, ou courir en mission, j'ai toujours quelque chose à faire depuis que je suis là ... J'aimerais choper le salopard qui disait que la mort était le repos éternel, parce-que là je me suis sévèrement fait entuber.

C'est vrai qu'en y réfléchissant, il n'avait clairement pas un instant de répit. Sale histoire. Des délais, des missions, des choses à faire, des gens à soutenir. C'était peut-être pour ça qu'il était si "fatigué".

Tu crois que les gens s'inquiéteraient si je m'enfermais dans ma chambre pendant un bon mois sans en sortir ?

Faire le reclus, quoi. Mais peut-être que ça ne lui ferait pas de mal. S'isoler jusqu'au bout. S'il en avait besoin, pourquoi pas ? Il ne savait pas. Il ferma les yeux en attrapant la main libre de Léa, alors qu'il s'endormit. Eh, fallait s'en douter. Trop grattouiller l'oreille d'un chat, le voilà qu'il se relaxe et qu'il s'endort sur vous. La dernière chose qu'il avait senti, c'était ses muscles du cou et du dos être désagréablement tendus. Et puis, il se sentait bien, sur les cuisses de Léa.

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Re: Les bars, il n'y a rien de mieux pour oublier ses erreurs. - Lun 4 Mar 2013 - 11:13
Léa tira la langue à l'espèce de gros chat à écailles qui squattait ses genoux. Il jouait sur les mots, c'était de la triche. Et puis, dans une académie pareille, tout ce qui sortait de l'ordinaire de leur vivant était normal. Finalement, les situations banales devaient apparaître comme extraordinaires ici.

- Quand tu vois tout ce qu'il y a de bizarre ici, tu finis par considérer que c'est banal. On peut plus avoir la même façon de penser ni de voir les choses que lorsqu'on était vivant. Sinon on deviendrait tous dingues.

C'est là qu'on voyait la capacité d'adaptation de l'être humain. Peut-être était-ce pour ça qu'il n'y avait quasiment que des Hommes ici, à quelques exceptions près. Et encore, quand on voyait Atios, on reconnaissait bien plus un humain qu'un dragon, à part quelques troubles comportementaux. Qui n'étaient pas si étranges que ça, si on devait comparer à certains timbrés de la Terre. Après tout, là aussi c'était purement subjectif. On pouvait choisir de voir la chose comme bizarre ou pas. Et le garçon n'avait pas tort : souvent, c'était le petit détail tout à fait anodin qui prenait le plus d'importance. Un regard, un effleurement, un sourire, ça suffisait à être bien. Mais l'autre élève n'avait pas l'air si heureux que ça, et pour ce que Léa en savait ce n'était pas si étonnant. Il cogitait bien trop !

- Si tu sais ce que tu veux, fonce pour l'obtenir. Ca sert à rien d'avoir peur, ça bloque et ça n'apporte rien. Tu peux jamais être sûr de te rater en plus si t'essayes pas. On est des dieux en devenir après tout non ? Alors les miracles, même si t'es certain que ça marchera pas, peuvent arriver.

C'était logique. Après tout, ils n'étaient plus censés être aussi simples et fragiles qu'avant. Donc ils devaient bien être capable de créer ou subir des miracles. Tout était différent ici, ce qu'ils avaient connu de leur vivant n'était plus d'actualité. Même leur façon de penser pouvait évoluer ici, pour ne pas dire devait. Afin de devenir des dieux complets, ils étaient forcés de changer, d'évoluer, et ça passait autant par la maîtrise de leur domaine divinatoire que par leur psychisme. Rester totalement humain dans leur tête ne conduirait qu'à l'échec. Ils ne pouvaient pas se déifier du jour au lendemain, c'est sûr, mais ils ne devaient pas non plus rester bloqués dans leur mode de penser d'anciens mortels.

Elle secoua un peu la tête. Subir les angoisses des autres ? Elle avait déjà bien assez à faire elle-même avec les siennes. Bien sûr, ça lui arrivait de sentir involontairement ce genre de choses de la part des autres, via des pensées peu réjouissantes, mais au moins elle parvenait à s'en couper plus ou moins bien. Et même sans les angoisses, le reste suffisait amplement à lui donner l'impression de péter un câble.

- Pourquoi pas ? Si ça peut t'aider après tout, vas-y, demande à prendre des vacances dans un temple. Ca pourra peut-être te donner un coup de main pour t'adapter à ta nouvelle condition. Je crois pas qu'on peut se baser sur nos anciennes pensées, alors il faut bien en trouver d'autres. On est devenus des dieux quand même, enfin en partie, et on vit dans un univers totalement différent. Tout ce qu'on croyait savoir avant est devenu quasiment obsolète. Faut qu'on réapprenne qui on est j'crois.

Ca sonnait encore très philosophique, mais il faut croire qu'Atios l'inspirait et l'aidait à réfléchir sur elle-même en même temps. Etrange, mais pas forcément mauvais. Elle prenait conscience de certaines choses qui pourraient par la suite l'aider après tout. Ca lui ouvrait de nouvelles portes de réflexions et de nouvelles façons de voir ce qui l'entourait. Mais ça, c'était le genre de pensées à continuer en étant seule. Apparemment, le chagon, contraction de chat et dragon ça le faisait bien tiens, n'était pas très social non plus, davantage par contrainte que choix.

- C'est pas évident d'avoir du temps pour soi c'est clair, mais on arrive toujours à en trouver un peu quand même. Hum... si tu préviens tes amis, et que t'arrives à virer tes colocataires, j'pense que tu peux y arriver. Arrange-toi pour avoir une dispense des profs, voire des directeurs pour être tranquille, et c'bon ! Ils en donnent plein en échange de quelques missions suicides.

La jeune fille laissait le chagon lui attraper une main. Ca lui donnait plus l'impression d'être un doudou qu'autre chose, et ça lui rappelait les félins de son vivant, avec leur tendance à s'agripper à leur "coussin" vivant avec leurs griffes. Cela dit, en général dans ces moments-là les animaux s'endormaient, bien installés, alors est-ce que ça serait la même chose avec Atios ? Des cuisses confortables, un gratouillement soutenu aux oreilles, et pouf ? Ca serait drôle.

- Atios ?

Et un peu embêtant aussi. Encore qu'elle pourrait sûrement compter sur l'aide de la serveuse pour porter le garçon chez lui.
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Re: Les bars, il n'y a rien de mieux pour oublier ses erreurs. - Mar 5 Mar 2013 - 18:28
Quand bien même on ne peut plus voir les choses comme avant, je veux pas trop croire que je suis une divinité, ou quelque chose comme ça... Tu verras, certains, ça va tellement leur monter à la tête qu'ils défieront Deus, comme dans une sorte de parodie du soulèvement de Lucifer chez les Chrétiens ... Quoi que, je connais que deux divinités de la lumière dans l'académie, c'est moi et Shindô, le principal, je crois... Alors bon.. Et je n'ai pas trop le projet de me rebeller contre Deus...

Bah non crétin, tu irais te rebeller contre tout le monde. Et tu ne le savais pas encore. Mais c'était là, le sommet indépassable de tes idéaux. Te mettre seul contre tous pour parvenir au bien commun, en sacrifiant toujours un peu plus ta propre existence. Et le plus ironique et que des gens voudront te couper les mains. La fille pour qui tu t'inquiètes va te jeter au profit de l'attention de son père qui lui, risque de te désintégrer, alors que toute l'académie te rejettera car un joli minois ne sauve pas des vies. Tu ne le savais pas encore, mais quelque part, à défaut d'être déjà mort, t'étais déjà foutu et dans le gésier. Quant à foncer pour obtenir ce qu'il voulait ... ça viendrait. Mais chaque chose en son temps. Pour que les héros méritent leurs titres, il fallait des antagonistes et des coups d'éclat. Qu'une histoire les pousse un jour à choisir leur propre voie dont ils seront fiers, avant d'avancer sur celle-ci, quitte à le faire seul et se retrouver contre le reste de l'univers. Aide-toi, le ciel t'aidera.. Eh bien dans les mois qui allaient venir, à la suite d'événements particulièrement déroutants, ils allaient tous avoir besoin d'avoir la foi. Que ce soit en Deus ou en quelqu'un. Même si pour Atios, il allait devoir avoir foi en lui-même.

Faire des miracles, hein ? Pourquoi pas. C'est un défi intéressant à relever.

Et dire qu'il disait ça, amusé.. Et malicieux. Les autres étaient des miracles en eux-même. Des miracles en devenir. Des forces capables de changer tant de choses. Même Léa et Atios étaient des miracles... Des miracles qui ne demandaient qu'à se concrétiser. Dieu de la lumière, hein ? Il lui restait beaucoup de chemin pour que chacun reconnaisse cette appellation. Des tas d'épreuves. Des tas de combats, d'affrontements, de larmes, d'émotions... Et tout ça, il n'était pas encore capable de le réaliser. Bientôt, Léa et Atios auraient un point commun supplémentaire. Mais il n'était pas encore apte à le faire. Il devait encore avancer pour y parvenir.

Réapprendre qui nous sommes ? J'aimerais te dire le contraire, mais c'est tellement vrai. J'ai peur de changer. J'ai peur de ne pas être parfait. De ne plus être apte à porter le titre de roi des chevaliers. D'être indigne des autres... Réapprendre qui nous sommes...

"Qui suis-je?". Léa, mine de rien, lui avait donné une bonne question, une question qui allait bourgeonner dans l'esprit tempétueux du jeune homme. Le chagon, qu'il soit sociable que d'apparence ou non, n'avait pas ce souci de tranquillité. En plus, son isolation, il allait l'avoir. Dans le bureau du conseil. Des nuits entières de paperasse amoureusement préparer pour les membres du conseil, que bien entendu, il allait avec plaisir, s'envoyer en l'air. Eh oui, j'ai bien utilisé cette expression. Car il y aurait assez de feuille pour faire une pluie de papiers administratifs. Et en définitive, dans un futur très lointain, il serait, seul et contre tous, ce serait l'occasion pour lui d'exploiter son temps exclusivement à sa cause. Pour autant, le jeune homme sommeillait de plus en plus, néanmoins, le bout de conversation lui avait permis de voguer à travers ses pensées.

Oh, des missions pour Isanagi ... J'en ai fait plusieurs ... Mais j'ai jamais eu de dispense, juste des mots d'absences pour les jours où j'étais seul en bas à risquer ma vie contre diverses horreurs...

Atios se redressa de tout son maigre poids. Eh, il ne devait pas être beaucoup plus lourd que celle qui soutenait précédemment sa tête. Et hop, réflexe, il lui fit un gros câlin. C'était la soirée free hug. Puis, il se leva et alla sur le côté, s'étirant comme l'eut fait un gros matou après avoir bien dormi. Pourtant, il n'avait pas dû s'endormir plus de quelques minutes. Et les cernes qu'il portait sous ses yeux étaient de belles preuves testimoniales de ce manque de sommeil.

Quelle heure est-il ? Si je continue à me faire grattouiller les oreilles, je vais m'endormir sur toi, ça serait gênant... j'imagine même pas si tu me ramènes dans ma chambre et que tu tombes sur Maya ... Ouh .. Telle que je la connais, la crise de jalousie qu'elle ferait me ferait plus peur que les drôles de rumeurs concernant son père. D'ailleurs, j'en ai presque oublié que j'étais venu ici pour ne pas rentrer... Si tu es en forme, ça te dit de faire un tour dehors ? Prendre l'air me ferait du bien... Quoi que, il est tard. J'imagine que tu dois être, toi aussi, fatiguée.

Est-ce qu'il n'avait donc aucune forme de fatigue ? Si. Même s'il tenait debout, il recula d'un pas, comme s'il allait soudainement tomber. Mais il ne tomba pas. Il se maintint, sans difficulté. Atios était un dur à cuire. Il n'allait pas se laisser faire par la fatigue. Bien qu'il ne reconnût que très rarement ses propres qualités, il était un très mauvais perdant et cela était une qualité, puisqu'il ne se laissait jamais abattre et vaincu, surtout lorsqu'il s'agissait de se vaincre lui-même, lui et ses propres limites.
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Re: Les bars, il n'y a rien de mieux pour oublier ses erreurs. - Jeu 21 Mar 2013 - 11:41
Atios faisait vraiment très bien le chat. Ces animaux ont un don pour s'endormir sans vraiment l'être, et restent toujours très attentifs à ce qui se passe autour d'eux. Elle ne fut donc pas trop étonnée de l'entendre répondre malgré sa position confortable que plus d'un lui envierait. L'idée d'être un dieu ou futur dieu pouvait monter à la tête des gens? Léa imaginait très mal la chose. Mais bon, elle savait qu'elle n'était pas douée pour se mettre à la place des autres, d'autant que chacun possédait un pouvoir très personnel. Elle se basait sur le sien pour vivre depuis son arrivée ici, mais certains n'étaient pas aussi dépendants de leur domaine divinatoire. Ca pouvait totalement changer son caractère et sa manière d'exister. De là à défier Deus et jouer au mégalomane... enfin tout était possible. Mais le pauvre se prendrait tous les professeurs dans la figure ! Ah si ça pouvait être Isanagi... elle adorerait le voir se faire éclater par tout le monde. Cela dit, si elle avait su que ce serait effectivement le cas, elle aurait bien moins rigolé.

- J'imagine mal quelqu'un défier Deus, même s'il fait que pioncer, mais bon tout est possible ici après tout. J'espère juste qu'Isanagi morflera correctement pendant la bataille !

Ca lui ferait les pieds à ce fichu directeur de sadique. Ca serait un joli miracle pour elle après tout. Mais quant à trouver qui pourrait le réaliser, ça... sûrement pas elle, c'était certain. Il existait différents types de pouvoirs, et le sien n'entrait pas dans la catégorie "Guerrière". Plutôt "Soutien", et encore. "Espionnage" serait pas mal aussi. Dans tous les cas, peu utile dans un combat pur en un contre un. Elle sourit en continuant à gratouiller les oreilles du chagon. Peur de changer hein... qui n'était pas dans ce cas ? A part les je-m'en-foutiste ou les égoïstes comme elle. Pour sa part, la jeune fille était plutôt dans la situation inverse : elle avait envie de changer, de quitter cette aura d'asociale froide qui lui collait à la peau, et qui en même temps l'aidait à tenir face aux autres, loin des autres. Tant que son pouvoir ferait des siennes, elle ne pouvait pas s'approcher, à part d'Aedan grâce à son propre domaine divinatoire. Mais ça ne lui plaisait guère.

- Tout le monde change, mais pas forcément totalement. Et ça peut être autant en bien qu'en mal. C'est subjectif comme notions d'ailleurs, tout comme de se trouver digne ou pas pour quelque chose. Tu ne peux pas être parfait, personne n'en est capable. Et si tu étais roi de chevaliers de ton vivant, tu l'es plus maintenant. C'est qu'un souvenir, là tu es un élève apprenti dieu, comme tout le monde.

Tout le monde au même niveau hein ? A peu près. Léa secoua un peu la tête. Qui nous sommes... question épineuse. Et comment le savoir ? Il y a tellement de "Je" dans une personne. Le "Je" que l'on voit, le "Je" que l'on croit qu'on est, le "Je" aux yeux des autres... le "Je" différent pour chaque personne qui nous connait. Il y a la Léa que voit Aedan, celle que voit Atios, celle d'Isanagi aussi, de Kym, de Pietro, et de tant d'autres. Pourtant, de l'un à l'autre, ce n'est pas la même personne. Qui est la véritable dans tout ça ? Y en a-t-il une plus vraie qu'une autre ? Ou font-elles toutes partie d'une seule et même entité ? Toute une vie ne suffirait sûrement pas à répondre à une question pareille. Remarque elle avait à priori bien plus de temps maintenant.

- Faut déjà savoir comment tu te définis pour savoir qui tu es. Je crois pas que les titres soient très efficaces pour ça. J'peux me proclamer reine des boulets, ça dit pas vraiment qui je suis. A la limite ça montre comment je me vois, mais c'est pas forcément moi pour autant. Faut absolument que tu viennes en cours de philo avec moi, ya de quoi avoir une bonne note pour une fois là !

Léa rigola doucement. Comme quoi les cours n'étaient pas forcément si efficaces, mieux valait une rencontre imprévue dans un bar et une conversation pour le moins intrigante. Enfin ils pouvaient rester longtemps comme ça, et, dieux ou pas, l'heure tournait. Elle arrêta ses gratouilles quand le garçon se releva, et sursauta à nouveau au câlin. Non, vraiment, elle avait du mal avec ce genre de contact, même si ce n'était pas désagréable. Heureusement il ne s'attarda pas et, pendant qu'il s'étirait avec l'aisance d'un chat, elle-même se leva et chercha des yeux une horloge.

- Il doit être assez tard à mon avis.

La jeune fille rit un petit peu en secouant la tête.

- Si tu t'endors sur moi, je demanderais de l'aide pour te porter. Pas que tu sois gros, mais j'ai une force de mouche anorexique. Je note cela dit qu'il vaut mieux demander à un gars, histoire de pas risquer ta vie à cause de la jalousie.

Elle haussa un peu les épaules. C'est vrai qu'elle sentait mieux sa fatigue debout, et mine de rien elle sentait toujours les pensées environnantes ébranler ses remparts psychiques. Atios avait beau avoir réduit son flux, il pensait toujours. Même inconsciemment, le cerveau fonctionne toujours.

- Un peu oui. C'est comme se relever après avoir encaissé un troupeau de rhinocéros : le gros est passé, mais ça laisse des traces. Mais si tu veux tu peux me raccompagner, personne te fera de crise de jalousie pour ma part, et ça fera un petit tour quand même.

C'était un bon compromis. Et puis après libre à Atios de repartir errer au gré de ses envies.


Dernière édition par Léa Dolce le Lun 8 Avr 2013 - 10:34, édité 1 fois
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Re: Les bars, il n'y a rien de mieux pour oublier ses erreurs. - Mer 3 Avr 2013 - 18:43
Alors faisons comme ça. Après, je sais pas ce que j'irai faire. C'est marrant, mais je n'ai rien à faire. Pourvu que ça dure.

Ah, la bonne blague. Tes espoirs seraient très largement écrasés par les piles de papiers du conseil, mon coco. Et ça, tu allais vite t'en rendre compte. De toute manière, plus ou moins généralement, tous les espoirs de ces deux jeunes gens, énoncés ici, allaient plus ou moins tous rencontrer une fin funeste, de sorte à ce qu'une fois l'avènement de la guilde noire passé, ils repenseraient sûrement (s'ils étaient encore en état de le faire..) à cette fortuite rencontre dans un bar aux lumières tamisées où l'abus de spiritueux les avait rendus spirituels (surtout dans le cas de Léa) et où une nouvelle espèce anthropomorphique avait été découverte par la demoiselle qui lisait dans les esprits. Tant de souvenirs qui prendraient un sens unique dans le futur, qu'ils ne pouvaient pas - encore - imaginer... Attrapant la main de la demoiselle après avoir fait un signe de main à Esther pour lui indiquer qu'ils s'en allaient, le jeune homme menât à l'extérieur son amie en robe bleue et à la crinière argentée. Enfin crinière ... C'était une métaphore bien éhontée puisqu'elle avait les cheveux bien lisses et coiffés. Il était temps d'ailleurs de répondre à ce qu'elle lui avait précédemment dit au bar. Isanagi, le véritable "soi" et celui que les autres perçoivent. Les cours de philo. Il s'arrêta à l'extérieur des bâtiments. Les insectes et la faune de l'académie étaient particulièrement silencieux, en cette nuit de fin d'hiver. Voyant la tenue de Léa, il enleva sa veste pour lui faire enfiler, en commentant :

Je ne sais pas qui je suis, mais je ne serais pas celui qui te laissera attraper un rhume, aha.

Et puis, même si c'était sur le ton de la blague, cette simple petite assertion en disait beaucoup sur qui était "Atios". L'air frais lui fouetta le visage comme une bonne baffe au réveil, tandis qu'il se mit à bailler une nouvelle fois en cherchant ses mots. Que voulait-il être ? Qui était-il ? Que désirait-il être ? Pourquoi ? Comment ? Beaucoup de questions qui se soulevaient. Mais il trouva naturellement une réponse qu'il énonça, un peu faiblement, comme s'il avouait une sorte de secret.

J'imagine que je ne veux pas être autre chose que celui qui pourra rendre heureux les gens autour de lui et les protéger.

En même temps, c'était logique. L'épée d'or qu'il détenait entre les mains, l'épée du roi Arthur, Excalibur, la lame du roi des chevaliers, n'était autre qu'un symbole d'espoir à travers les combats que les gens mèneraient. L'espoir que par de-là l'horreur de ce qu'ils affrontaient, ou des difficultés qu'ils affronteraient, il y avait un futur radieux où il serait possible d'être heureux. Et même s'il n'était plus roi de quiconque, désormais, même s'il n'était qu'un ancien roi dont le titre n'était représenté que par une épée et des souvenirs, tout ceci n'en faisait pas moins partie de ce qu'il était, personne n'était en mesure de douter de ça.

Je ne suis peut-être plus celui que j'étais par le passé, ni le simple lycéen du XXIème siècle qui est parvenu à invoquer Excalibur 1500 ans après sa dernière apparition avant d'en disparaître, le lendemain .. Mais je ne peux pas rejeter tous ces souvenirs qui font que j'ai été, que je suis et que je serai tout ça...

Comme pour prouver au reste de l'univers qu'il ne mentait pas, sa main, qu'il venait de tendre, se retrouva agrippée au manche d'une épée qu'il avait déjà montré à Léa.. Elle brillait d'un chatoyant éclat doré, même dans la nuit noire. Et quand Atios la fit bouger devant lui, elle laissa une douce et chatoyante trainée, semblable un ciel d'été se couchant, faisant grésiller l'air, de lumière. Mais déjà, l'épée disparue alors qu'Atios se tint le bras droit et que ses veines semblaient être bien plus visibles qu'à l'accoutumer, notamment au travers de sa chemise.. Le jeune homme tira la langue, gêné, son effet héroïque totalement raté :

Ouaip, ça m'apprendra à vouloir abuser de mes pouvoirs. Mais tu sais ...

Atios attrapa sa seconde main et la tint, avant de la regarder droit dans les yeux et lui dire :

Tu disais que tout le monde change .. Mais ne pas changer, je sais comment c'est .. C'est pratique, hein ? De dresser une barrière entre soi et les autres. De ne leur montrer que ce que l'on veut montrer. Mais c'est cool aussi, non, de tenir la main de quelqu'un qui nous sourit..

Le jeune homme lui fit un grand sourire amusé, avant de lâcher les mains de la jeune fille, de faire quelques pas et de se retourner vers elle souriant :

Personne ne nous force à changer. Tu n'es pas obligé de changer. Tu es même très bien comme tu es. Et puis, je doute que t'ouvrir au monde serait un gros changement. Peut-être que tu n'as juste pas confiance en toi et les autres, comme moi ? Mais dans tous les cas.. Tu n'es pas seule. Et quoi que le futur nous apporte, je serais toujours là pour les autres, dont toi.

Son sourire s'intensifia alors qu'il s'avança vers elle pour l'attraper dans ses bras. Activant son contrôle des limites, il se mit à sauter sur de longue distances, pour ramener Léa à sa chambre. Goguenard, il ajouta alors :

Tu apprécies la balade ?

L'air courait vite à travers eux, tentant de freiner la vitesse de saut du jeune homme tenant Léa. Arrivant aux portes du bâtiment des dortoirs, il grimpa les escaliers de paliers paliers en paliers avant de la reconduire devant sa chambre après lui avoir demandé du regard à quel étage devait-il s'arrêter. La déposant devant sa porte, il lui sourit et dit :

Bon, eh bien sur ce, Léa, bonne nuit et à la prochaine? Et peut-être qu'on se reverra en cours de philosophie, aha.
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Re: Les bars, il n'y a rien de mieux pour oublier ses erreurs. - Lun 8 Avr 2013 - 11:14
Léa hocha la tête et, chose tout de même assez rare, se laissa attraper la main pour être guidée dehors. Il faut croire qu'Atios avait vraiment un don pour amadouer les gens, aussi réticents soient-ils. Ca faisait bizarre, mais ce n'était pas pour autant désagréable. Elle cligna un peu des yeux en sortant pour s'habituer à la pénombre de ce début de nuit. Déjà si tard... mais c'était plaisant. Un peu frais certes, mais plaisant. De toute façon les apprentis dieux tombaient bien plus difficilement malades, plus résistants que de leur vivant de pauvre petit humain. Ce qui n'empêcha pas Atios de faire son gentleman - à croire que tous les garçons qu'elle rencontrait l'étaient ici - en lui refilant sa veste. La jeune fille rigola un peu en l'enfilant.

- Je suis quand même un peu plus résistante que ça, mais merci.

Elle écouta la suite en silence, marchant un petit pour se dérouiller les jambes. Ce qu'Atios disait était logique vu ce qu'elle avait capté de lui, tout comme ce qu'elle avait pu observer durant leur petite soirée imprévue. Mais il y avait tant de différences entre vouloir être quelqu'un et être ce que l'on est. Ahah, la belle tournure de phrase bien incompréhensible. Cela dit, avoir la volonté de devenir quelqu'un était déjà bien. Ca donnait un but à son existence, un point vers lequel tendre. Sinon, sans objectif, à quoi bon vivre ?

- Tu peux être celui que tu étais dans un certain sens, mélangé à celui que tu es maintenant, et plus tard à celui que tu seras. Je ne crois pas qu'on puisse se résumer en une fois, se restreindre à une seule identité. C'est un tout qui se construit perpétuellement, avec le passé et le présent.

Ce qu'on a fait, dit ou vécu se répercute toujours sur son présent. Léa pouvait bien changer, elle garderait toujours un peu de sa nature solitaire, de sa méfiance naturelle. Cela ne l'empêcherait pas de devenir peut-être joyeuse et confiante envers les autres, tout comme elle-même, mais elle aurait toujours un quelque chose issu de son passé paranoïaque qui restera. La personnalité humaine, et même divine maintenant, était bien trop complexe pour être résumée.

La jeune fille observa Atios jouer avec sa main libre, y faisant apparaître son épée. C'était magnifique, surtout dans l'obscurité de la nuit, mais cela ne dura guère longtemps, et sembla laisser un effet secondaire peu agréable à son détenteur. Lequel confirma la chose. Ah ces hommes... toujours à vouloir se pavaner ! Mais Léa n'eut pas le temps de le lui faire remarquer avec une moquerie bien placée, le sérieux revint aussi sec quand il lui piqua sa deuxième main, comme pour mieux la retenir. Elle secoua un peu la tête. Ne pas changer hein ? Etait-ce seulement possible ? Elle n'y croyait pas.

- Je ne pense pas que l'on puisse s'empêcher de changer. Qu'on le veuille ou non, on évolue, en fonction de ce qu'on vit, des gens qu'on rencontre, et d'allez savoir quoi encore. Même les barrières qu'on se crée changent.

Elle haussa un peu les épaules tandis qu'il la lâchait. Bien sûr qu'elle n'était pas vraiment obligée de changer, mais elle le voulait. C'était une volonté personnelle, un but. Elle avait été forcée de s'adapter à cause de son arrivée ici et des aléas de son domaine divinatoire. Mais elle ne voulait pas rester esclave de ce fichu pouvoir et laisser sa vie de déesse pourrie par ça. Le changement n'était pas forcément indispensable d'un point de vue extérieur, mais pour le sien c'était presque vital. Atios avait besoin d'aider les autres pour exister, elle de pouvoir vivre avec eux.

- Ca ne serait peut-être pas significatif pour toi ou d'autres, mais pour moi c'est important. Sûrement une question de confiance en soi comme tu dis. Toi, tu veux absolument aider les autres, et bien c'est mon équivalent on va dire !

Elle sourit un peu. Quelque chose lui disait qu'Atios était sincère quand il disait qu'il serait là pour l'aider s'il le fallait. Mais dans un certain sens, l'était-ce vraiment ? Ou n'était-ce que sa nature d'altruiste puissance suprême qui parlait ? Quelle importance au final... Léa secoua un peu la tête.

- Merci. Je sais pas si je peux vraiment en dire autant, mais si t'as besoin d'un coup de main j'essayerais de t'aider aussi. Après tout, ya pas de raison que ça marche que dans un sens !

L'apprentie déesse se crispa quand Atios revint l'attraper, et eut le réflexe de s'agripper à ses épaules quand il commença à sauter partout. Heureusement, elle avait son propre contrôle des limites, alors elle se détendit plus ou moins, sachant qu'elle pouvait se rattraper s'il se ratait un saut.

- T'es un peu trop raide dans tes sauts je trouve, ça manque méchamment de souplesse, mais sinon ça va.

Non mais sans blague. Léa lui indiqua ensuite où se trouvait précisément sa chambre, et apprécia de retrouver le plancher des vaches. Elle préférait contrôler elle-même les voyages de ce genre quand même. Elle arrangea un peu ses mèches courtes qui s'étaient un peu emmêlées avec les sauts en répondant à Atios.

- Merci, toi aussi. Peut-être, ça serait bien, je pourrais espérer une note potable au moins ! Et oublie pas ça, que dirait ta Maya si elle me voyait avec !

La jeune fille salua son camarade en lui rendant sa veste et ne se fit pas prier pour aller s'écrouler dans son lit. Les pensées de ses colocataires vinrent bien vite cogner contre ses barrières, mais la fatigue accumulée reprit ses droits et peu importaient les rêves étranges des autres, son corps les envoya paître pour sombrer dans un sommeil réparateur indispensable.


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Re: Les bars, il n'y a rien de mieux pour oublier ses erreurs. - Jeu 11 Avr 2013 - 21:31
Atios récupéra sa veste alors que la porte de la chambre de Léa se referma. Il bailla bien fort. Avec tout ça, il ne savait toujours pas quoi faire concernant Maya. L'aimait-il ? Ou ne devait-il pas trop vite s'engager, de peur de la décevoir dans le futur ? Si ça ne marchait pas? Ne serait-il pas horrible ? Ou devrait-il vivre en hypocrite pour le bonheur de Maya ? Même si ça ne lui plaisait pas des masses, tant pis.. De temps en temps, il fallait prendre des paris. Ce genre de choix n'était ni bon ou mauvais, ils ne marquaient pas vraiment de points. Ils annonçaient juste une tendance qu'il s'efforcerait de suivre, en priant pour que Maya sache domestiquer son cœur. Il était rare que les filles fassent tomber les garçons amoureux d'elle. D'ailleurs, c'était un crime. Où nous en étions, à une époque où l'égalité des sexes est imposée et où la femme cherche à avoir l'argent du beurre, en plus du beurre ? Pourquoi fallait-il qu'elle soit toujours considérée comme fragilisée par rapport à l'Homme qui se devait d'être toujours le bouclier, fort et puissant, des demoiselles ?

Ah, décidément, il était "humain" lui aussi, il aurait aimé un peu de répit ! Qu'on lui accordât un tant soit peu de temps de faiblesse où il pourrait ne pas être le modèle et celui qui se devait de se faire bercer par les autres pour avancer ! La lumière avait besoin de matières pour se répercuter, lui aussi ! Il avait besoin des autres pour "rebondir" et se répercuter, encore et encore, de peur de se disperser et de disparaître dans l'infinité de l'univers, en ne laissant plus qu'un spectre lumineux infime. Et puis, zut quoi ! Sa vie était une succession d'aventure où il devait toujours se salir les mains pour les autres, faire la bonne .. Ok, il aimait faire plaisir, mais tout le monde avait ses limites .. Est-ce que quelqu'un écoutait ses propres souhaits ? Est-ce que quelqu'un avait conscience qu'il avait besoin d'un minimum des autres pour ne pas se sentir comme l'inutile bonne de service ? Et le jour où il ferait une crise de nerfs, qu'allaient-ils dire ? Il faut se méfier de l'eau qui dort... Et même s'il n'imaginait pas un jour devenir apathique, ce mal était les maux des gens trop avenants, qui dans la routine d'une lassitude omniprésente, s'aigrissaient et perdaient toute envie de vivre avant de se ranger derrière leur logique pour mieux confirmer les faiblesses des autres.

Ah, qu'il était bon d'être snob, de temps en temps. Une petite vacherie bien placée, un ego ramenée à sa mesure, un sarcasme et quelques propos caustiques.. N'éveillez jamais les aigreurs d'un dragon, celui-ci vous fera comprendre pourquoi il n'est pas bon de le faire.

Il soupira. Avant d'en arriver là, il avait encore le quart de la patience du Dalaï Lama à épuiser. Et même si cette métaphore était hyperbolique (car il ne fallait pas en rire, il était quelqu'un impulsif et d'impatient, mais qui se contrôlait), mais un jour peut-être, un père et sa folie lui ferait dépasser sa patience angélique pour qu'il se comporte en véritable petit tyran à la douceur oubliée et à la tendresse piquante. Léa avait sûrement raison. On ne pouvait s'empêcher de penser. On ne pouvait s'empêcher de changer. Et puis, de temps en temps, être soi-même en totalité ne pouvait pas faire de mal. L'académie de Deus allait donc sûrement trembler face à la lointaine, mais prochaine, apparition d'un nouveau type de fléau. Pire que la Tsun-Shaad, la tsundere Atios irait faire trembler le calme de la plupart des gens qui se dresseraient sur sa route.

Faisant craquer les jointures de ses mains et de ses pieds, il s'étira une énième fois avant de se remettre à avancer, laissant ses doigts courir silencieusement le long des fenêtres du couloir, vers l'extérieur. La lumière, froide et glaçante, se répandait sur son visage. Dans son dos, son ombre, lentement, avançait, troublant les formes des fenêtres. S'arrêtant devant la porte de sa chambre à qui il tourna le dos, il posa son front contre celui de la vitre qui y faisait face. Une désagréable sensation de froid se répandit contre celui-ci alors que ses yeux se fixèrent, en même temps que ses doigts se touchèrent de part et d'autre de son visage, contre ce même miroir qui le reflétait avec peine. Le clair de lune, la nuit, le silence, le léger vent.. Tout ça contribuait à rendre la scène un peu plus froide. Ses lèvres se parèrent d'un léger sourire. Tout ici semblait si faux. Même lui-même, était un reflet de ce qu'il était de l'extérieur .. Mais est-ce qu'il représentait bien ce qu'il était de l'intérieur ?

Les mots de Léa retentirent en lui. Le passé et le présent se mêlaient pour faire la personne du futur. Au fond de lui, endormie, des pulsions se réveillaient, faiblement. Prédatrice, sadique et joueuse, pas forcément très agréable ou douce, voire gentille, mais des pulsions naturelles. Les gens ne le craignaient pas. Ils l'aimaient bien. Mais tôt ou tard, cela changerait. Jamais il ne s'en était plaint, mais il était plutôt impopulaire pour une grande majorité des garçons. Le summum de son impopularité était sûrement atteint chez Isanagi. Qu'à cela ne tienne pas. Il était trop tôt pour que sa coquille douce et agréable se brise. Son amour, il le donnait, le donnerait encore. Mais il finirait par être lassé des autres. De la race humaine. De sa jalousie, de son avidité, de sa cupidité, de sa laideur. Les gens finiraient par le détester avant que lui ne se mette à ouvertement perdre son auto-discipline. Il sourit. Dansez, dansez, dansez. Un jour ou l'autre, il n'hésiterait plus à édulcorer ses paroles et son attitude. Il soupira, serra le poing et se retourna vers sa porte. Il était déjà si tard ? La belle affaire, Maya dormirait déjà. Et ce n'était pas plus mal. Il ouvrit la porte d'entrée, la referma derrière lui.

Comme un fantôme, il resta debout devant la porte de sa bien-aimée. Et sans rien dire, il sourit, laissant ses mèches accompagner son léger mouvement de son visage sur le côté. Même ainsi, il était suffisant.. Ah.. Il soupira et approcha de la porte. Est-ce qu'elle était ouverte ? Ne l'était-elle pas ? Que devait-il faire ? Entrer ? Ne pas le faire. Atios eut un second rictus amusé. Il ne pouvait pas rentrer, de toute manière. Ils n'étaient pas ensemble depuis longtemps. Et ce soir, il se sentait trop hypocrite avec le reste de l'univers pour oser aller briser le silence face à une demoiselle endormie qui l'aimait. Alors, il se laissa glisser, dos contre la porte, jusqu'au sol, laissant sa tête penchée en arrière, contempler le plafond.

Léa.. Shaad.. Maya.. Désolé de devoir vous le cacher .. Mais je suis un être pas aussi bénéfique que je m'efforce d'être, au fond..

Lui aussi, il n'était pas parfait. En fait, il le savait, personne n'était parfait et sa quête de perfection n'était qu'une façon habilement lâche, de camoufler ses propres défauts, sa laideur, ce petit côté de lui-même qui le rendait imparfait mais humain, complet.

Et j'ai le sentiment qu'un jour, toute l'école se rendra compte que je suis plein de failles.

Des failles. Oui .. Des faiblesses d'où s'échappaient ses plus mauvais raisonnements. Il était affreusement logique, non ? Il réfléchissait trop non ? L'intelligence qu'il possédait, qu'il s'amusait à éteindre pour le plaisir des autres, pour éviter de provoquer la jalousie des autres, de se faire détester.. Un jour, il ne pourrait plus la faire taire. Il était faible d'agir ainsi, mais un jour, il devrait avouer.. Il détestait la faiblesse d'autrui. Et tous les gens de l'académie, même si dirigeant ... Lui apparaissait si détestable, si faible. Shaad était bien placé parmi eux. Il l'aimait et le détestait à la fois. Il en allait de même pour Fiora & Maya. Toutes deux avaient des faiblesses, des défauts si .. Cons .. Si risible.. Mais il se retenait de piétiner les autres. Il avait grandi. Il n'haissait plus l'univers.. Du moins, il espérait que ce serait toujours ainsi.

Je vous aimes, mais vous n'aimez qu'une illusion... Une illusion qui vous méprise pour flatter votre ego pendant que le fond vous aimes et vous déteste avec sincérité... Atios rit, sarcastiquement, dans un murmure imperceptible : rassurez-vous, je vous hais tout autant que le fait que je haïsse mon incapacité à ne pas vous prendre pour des cons.. Mais si je ne le faisais pas, vous me laisseriez, pas vrai ? Je n'ai pas le droit de vous dire que vous êtes foireux... Parce que je suis le premier à être foireux, de toute manière.

Sur ce constat amusé, il se releva, en faisant craquer son dos et en laissant échapper un léger "ayaya". Saleté de dos. Il ouvrit la porte. Et jetant sa veste, il se laissa tomber sur le lit. Fuck the world, I'm a Panda. (Ou un chagon, bordel.)
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Re: Les bars, il n'y a rien de mieux pour oublier ses erreurs. - Jeu 18 Avr 2013 - 9:51
Notation chronos.

Comme quoi c'est possible de rester plus ou moins sérieux au bar. Bravo pour sortir des philosophies pareilles autour d'un verre ! Vous êtes longs à lire, mais ça ne fait que prolonger le plaisir. Continuez comme ça ~

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Les bars, il n'y a rien de mieux pour oublier ses erreurs.
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