Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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 Les bars, il n'y a rien de mieux pour oublier ses erreurs.

 
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Les bars, il n'y a rien de mieux pour oublier ses erreurs. - Ven 4 Jan 2013 - 14:28
Deus lui avait fourni les clefs de l'académie. Pour deux endroits différents, très exactement. Et ce soir-là, il venait de tomber sur le bar scolaire. La serveuse lui avait sourit. Une magnifique serveuse, se tenait au bar et essuyait des verres. Elle ne sortait jamais d'ici ? C'était la première fois qu'il la voyait ici. Décidément, lui qui pensait avoir tout vu de l'école, il lui en restait décidément beaucoup à découvrir. Mais si elle ne sortait jamais ... Deus, ce n'est pas légal de séquestrer une jolie fille comme serveuse et barmaid dans un bar. M'enfin, elle ne semblait pas plus stressée que ça d'être là. Peut-être cette femme vivait de la passion de tenir un bar et que sa santé mentale reposait sur cette simple tâche répétitive ? Vivait-elle du ragot et des désespoirs de ses clients ?

Ah du désespoir, il en avait à revendre. Il se sentait maudit. Personne ici ne pouvait le comprendre. Personne ici ne pouvait voir autre chose que ce qu'il montrait aux autres D'accord, il cachait ce qu'il était, c'était sa faute ... Mais bon sang, personne ici n'était assez intelligent pour comprendre qu'il avait un coeur humain ? Qu'il avait des désirs et des rêves égoïstes ? Deus, enfoiré, tu lui avais vendu du rêve et il se retrouvait toujours coincé dans cette même situation. Entre adulation et rejet, il se retrouvait seul parmi la foule qui voulait l'acclamer. Alors, il avait le blues. Il savait qu'il devait faire avec. Il savait aussi que ce n'était pas en trompant son blues dans l'alcool ou la boisson que ça irait mieux. Mais pourtant ... Ce soir, il voulait une soirée simple et tranquille. Il avait prévenu Maya par SMS qu'il ne rentrerait pas, cette nuit. En fait, il l'avait fait en détaillant la liste des cocktails non alcoolisées servis dans le bar de l'académie. Quand on passait sa vie à boire de la flotte ou du coca, tester les saveurs tropicales de divers cocktails pouvait se révéler séduisant.

Et puis, si les cocktails ne le menaient à rien, il irait sur l'alcool. Tant pis si demain, il n'irait pas en cours, ou alors, sur une civière pour faire un aller simple à l'infirmerie. L'alcool servait à ça, non ? Oublier ? Fermer sa conscience ? Meurtrir les inhibitions pour laisser sa conscience lentement reposer loin de tout stresse ? En tous les cas, il s'installa au comptoir, l'air maussade.

Il faut dire aussi qu'il avait fait fort. Coucher avec une élève, quatre mois après son arrivée à l'académie. Bordel. Plutôt que de faire quoi que ce soit avec la fille d'Isanagi, il aurait préféré largement aller bosser pour le compte du directeur. D'ailleurs, si celui-ci l'apprenait, il n'imaginait pas du tout ce qu'allait devenir son existence. Un enfer, très probablement. Même s'il n'avait pas encore salué la très jolie demoiselle s'occupant du bar, il n'eut qu'une envie : "UNE AUTRE!" mais il se retint. Il n'avait pas commandé, pour le moment. Alors ça n'aurait rien voulu dire. Mais le cri de l'âme derrière cette phrase était bien là. Noyer son désespoir, et vite.

Bonsoir ... Je suis Atios. Deus m'a filé les clefs pour venir ici. Il prit une pause, alors que son interlocutrice, souriante, posa un grand verre devant lui, avec des glaçons. J'imagine que c'était en prévision de ce qui allait m'arriver, d'ailleurs, ahaha.

Qu'est-ce que je te sers Atios ?

J'imagine que je ne suis pas encore prêt pour l'alcool. Il soupira, exprimant toute sa maussaditude, mixité de maussade et d'attitude, avant de montrer un sur la carte des boissons, un cocktail : un python de fournaise, s'il te plaît ... Comment tu t'appelles, ma très chère et jolie serveuse de ce soir ? Voilà, il était déjà bourré. Ah non, c'est surtout qu'ici, pour l'instant, ils n'étaient qu'à deux.

C'est parti pour le python de la fournaise. Ah et ... Je m'appelle Esther. Et je suis la seule serveuse et barmaid de ce bar. Dit-elle, en se retournant pour lui préparer son breuvage qu'elle lui servit peu de temps après. Qu'est-ce qui ne va pas pour que Mister Deus vienne cracher son désespoir sur des cocktails ?

Bordel, même ici, cette histoire ne le lâcherait pas ! Il avait déposé sa candidature au conseil des élèves pour que sa notoriété soit moins ... Celle d'un joli symbole. Il voulait avoir une utilité. Qu'on l'apprécie pour ses actes, pas pour sa notoriété. Atios sirota lentement le très glacé cocktail et s'apprêta à répondre, accoudé au comptoir comme l'eut fait un dépressif dans un bar. Mais la porte du bar aux lumières tamisées s'ouvrit et le coupa dans sa parole. Une jeune femme aux cheveux bleutés et aux yeux dorés. Décidément, lui était si banal à côté des trois quarts des gens de cette académie. Bordel. Partir ? Nan, c'était puéril. Mais bon, quand le roi Arthur finit dans un bar, il doutait fortement de sa maturité, soudainement. Oh, et puis zut. Plutôt que de passer la soirée à déprimer tout seul avec Esther, il le serait avec une seconde jolie fille. Oh, il ne voulait pas la draguer. Les filles lui faisaient même un peu peur, maintenant. Bordel. Les femmes, ce sont les clefs vers le bordel. Jamais, jamais, il n'aurait dû se laisser approcher. Il détestait être seul, mais plus les gens étaient proches les uns des autres, et plus ils en souffraient. Et les filles l'avaient toujours fait souffrir. Alors, plutôt pincé, il grommela un léger : ▬ Bonsoir.
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Re: Les bars, il n'y a rien de mieux pour oublier ses erreurs. - Sam 5 Jan 2013 - 10:43
Depuis que Léa avait découvert le bar grâce à Pietro et avec lui, elle y revenait régulièrement. Pour picoler ? Que nenni, elle n'était pas alcoolique ! Certes un petit verre au passage, c'était toujours bien, mais il y avait des breuvages soft. Non, c'était surtout le fait que ce lieu était isolé qui l'intéressait. Peu de gens s'y rendait, tout simplement parce que peu de gens connaissaient son existence. Quand elle y allait, elle avait l'impression d'être coupée du reste de l'académie, et même si elle savait que c'était faux, au moins il y avait une certaine sérénité ici. Elle pouvait presque souffler et ne plus faire attention à son pouvoir. Il y avait bien sûr la serveuse, mais supporter une seule personne ça allait, et puis elle gardait ses distances. Ca ne valait pas le calme absolu qu'Aedan lui procurait avec son pouvoir, mais c'était un bon compromis. Au moins elle pouvait se reposer l'esprit et elle laissait tranquille le garçon.

La journée avait été fatigante. La jeune fille s'en était pas trop mal sortie, mieux qu'avant en tout cas, du moins du côté de son domaine divinatoire. De celui des cours... elle avait réussi à en suivre un correctement, mais les autres par contre... Elle peinait toujours à maintenir correctement ses murailles psychiques pour isoler son esprit et être assez attentive en même temps pour comprendre un concept nouveau, quelle que soit la matière. Heureusement, certains cours étaient en retard par rapport à son temps, alors elle pouvait s'en sortir aux examens, mais les autres... c'était délicat. Lorsqu'enfin elle avait pu fuir la salle de classe, c'était la tête martelée par un début de migraine, et elle n'avait pas réfléchi longtemps au lieu où se planquer.

Soupirant d'aise rien qu'à l'idée d'être au calme, autant dans son esprit qu'autour, Léa poussa la porte du bar et y entra en baissant ses barrières. Ca la soulageait d'un poids énorme, elle s'en rendait compte à chaque fois qu'elle arrêtait. Même si elle prenait l'habitude et tenait plus longtemps, ça restait un effort considérable à son niveau. Lorsqu'après une longue journée de cours elle pouvait enfin relâcher son esprit, ça revenait à poser un sac de 40 kg au sol après une randonnée aussi longue. Et encore, à choisir elle prendrait la promenade.

Elle repéra deux personnes autant de vue que d'esprit. Elle reconnut sans problème la serveuse, habituée à la retrouver régulièrement, mais l'autre par contre... A en juger par les pensées qui émanaient de lui ça empestait le dépressif qui ne sait pas ce qu'il veut. Et qui réfléchissait trop vite aussi, sautant d'une idée à une autre en une tour de main. De ce qu'elle captait, il avait l'air d'avoir eu quelques soucis avec des filles, mais bon ça ne la regardait pas. Cela dit, elle n'avait pas pour autant envie de remettre ses barrières en place. Elle était là pour se détendre, pas pour se faire gâcher la soirée par un type qui ronchonnait sur lui-même. Et puis, elle pouvait encore supporter les pensées d'une personne. La serveuse Esther ne comptait pas, elle venait servir et repartait toujours presqu'aussitôt à ses tâches.

- Salut.

Léa avait répondu en se forçant un peu. De base elle n'était pas la plus sociale au monde, mais face à quelqu'un de mauvais poil qui grommelait ça devenait bien pire. Pourquoi faire des efforts envers quelqu'un de désagréable ? Mais ça valait pour elle aussi. Elle n'était pas la plus gentille et aimable des filles, loin de là, encore qu'elle s'améliorait. Alors, si on lui laissait une chance à elle, elle pouvait bien faire de même avec d'autres. S'approchant du bar en soupirant - pourquoi il pensait si fort et si vite ce type didju ? - elle s'adressa à Esther plus poliment.

- Un jus de fruits de la passion s'il vous plait.
- Pas de soucis ma belle, un glaçon comme toujours ?
- Oui, merci.

Restant debout, elle attendit sa boisson, comptant bien s'installer plus loin ensuite. Supporter les pensées des autres sans ses protections était gérable quand il n'y avait qu'une personne, voire deux, mais pas quand c'était de la dépression ou de la morosité. Elle n'avait guère envie d'entendre ce type continuer à pleurer sur son sort et les femmes. C'était même agaçant. D'accord, Léa aussi avait eu son lot de morosité, elle avait déjà passé des heures à se plaindre de son sort, son pouvoir, son manque de sociabilité, et tous ces trucs-là. Mais ça n'avait servi à rien et elle était allée de l'avant, avec de l'aide certes, mais quand même. Et puis elle trouvait ses raisons de déprimer bien plus valables que celles du garçon. Les filles le faisaient souffrir, oh le pauvre chou... c'est vrai qu'à y regarder, il était plutôt mignon, mais s'il était toujours de cette humeur il risquait moins d'attirer la gente féminine.

- T'as qu'à t'arranger pour pas te faire avoir la prochaine fois et c'tout, pas besoin d'en faire tout un plat !

Elle n'avait pas pu s'en empêcher. Il l'agaçait avec ses pensées de dépressif sur un sujet aussi bête que les filles. C'était pourtant pas compliqué ! L'apprentie déesse récupéra sa commande avec un petit sourire de remerciement pour Esther qui rigola doucement de voir le Mister Deus du moment rabroué comme ça.


Dernière édition par Léa Dolce le Dim 6 Jan 2013 - 12:02, édité 1 fois
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Re: Les bars, il n'y a rien de mieux pour oublier ses erreurs. - Sam 5 Jan 2013 - 17:25
Atios sirotait lentement son python de la fournaise en ignorant la nouvelle venue qui s'était installée. Il était de toute façon, trop préoccupé par cette image de guillotine qui risquait de lui tomber dessus, douce métaphore de la situation où il avait l'impression de se trouver, pour la décrire plus encore. Il était un peu timide, mais il ne voulait pas s'arrêter de broyer du noir. Léa Dolce, était la première personne de l'académie à voir cette espèce si positive d'apparence, le reste du temps, en train de se morfondre. Mais d'un autre côté, le hasard fait bien les choses : pour une fois qu'il est franc dans ce flux d'émotion constant qu'il était, cela concorderait avec ce qu'elle entendrait de lui et ce qu'elle verrait. Par contre, le temps que le pauvre se rende compte, il allait y avoir une sacrée surprise de sa part. Oh, il ne connaissait pas Léa Dolce. Et désormais, il allait apprendre qu'il avait affaire à une demoiselle contre qui il aurait du mal à jouer la comédie. Quand la demoiselle, agacée, ouvrit la bouche, le pauvre Atios régurgita par le nez en s'étouffant, son cocktail rouge. On aurait presque cru qu'il saignait du nez. Il se tapa avec force contre sa poitrine, sur ses poumons, précisément, alors qu'il bascula de son tabouret en arrière, en tapant sur le sol. Maintenant, voyons ce qui s'était passé dans sa tête : "comment ça, elle sait que je suis déprima à cause des filles ? Qui est-elle ? Pourquoi ? Comment ? Elle est sérieuse ? Elle a lu dans mes pensées ? Mais alors je ne pourrais rien lui cacher ! Comment je vais faire ? N'y penses pas ! Il faut te calmer. Zut, mon cocktail. Je suis par terre. Je dois réfléchir. Trouver une parade. Si tu entends tout ça, c'est pas cool ! Enfin, peut-être que tu le fais pas exprès. Et j'imagine que du coup, tu vas me détester."

Oui. Le cerveau d'Atios, alors en profonde léthargie avec son cocktail, venait de se réactiver dans toute sa splendeur. Et les gens comme Léa, qui entendaient les pensées des autres et qui pouvaient comprendre les cœurs, détestaient Atios. Parce qu'il était un dieu de la lumière, cela signifiait aussi autre chose pour ces gens qui pouvaient entendre et voir là où lui-même, ne pouvait que s'imaginer. Atios était soit un soleil, soit un trou noir. Ou même les deux en même temps. Sa présence était plus lourde que celle des autres. Même pour lui, sa vitesse de réflexion était une plaie. Cela le rendait impulsif. Émotif aussi. Ses pensées étaient toujours à 200 à l'heure. Et encore plus quand il ne contrôlait pas la situation. Comme dans notre cas présent. Il se relève, hagard. Il tente de réfréner ses pensées. Mais rien n'y fait. Il ne peut pas se renier lui-même. Bizarrement, si Léa peut voir ce qu'il voit dans son esprit, elle doit pouvoir voir l'image qu'il a de lui-même pour Léa. Une sorte de jeune homme dont les pensées débordent, explosent, montent partout et envahisse tout. Il a beau vouloir les retenir, il aspire les mauvaises ondes des autres. Les fait siennes. Et tente d'afficher des sourires. Des pensées positives. Atios était un paradoxe. Et Léa allait pouvoir s'en rendre compte.

Si elle pouvait sentir ses pensées, alors elle savait pour Maya. Enfin maintenant, oui elle savait qu'ils avaient couché ensemble. Zut. Il voulait garder ça pour lui-même. Maintenant, dans sa tête, il s'imaginait Isanagi arriver, des armes de poing dans chacune de ses mains et lui courir après. Atios pouffa de rire intérieurement. Puis, il repartit sur une autre image moins cool. Maya, en train de se faire passer à tabac, à nouveau. Un profond désespoir l'envahit, l'espace de quelques instants. Mais il chassa cette mauvaise idée de lui. Il ne pouvait rien faire pour se protéger contre Léa. Et puis, au final, devait-il le faire ? il ne voulait pas qu'elle l'agresse, mais arrêter de penser, pour quelqu'un d'aussi nerveux et anxieux qu'Atios, c'était pratiquement revenir sur ce qu'il était lui-même. Finalement, en remontant sur son tabouret, il lâcha, dépité : ▬ Donc, tu es la seule personne dans cette académie qui va bien malgré moi, pouvoir me connaître de bout en bout. Donc... Enchanté. Je suis Atios. Enfin, ça c'est mon prénom contemporain. Et puisque tu risques de l'apprendre dès maintenant, ou si ce n'est pas déjà fait, oui... Mon identité la plus ancienne est celle d'Arthur de Pendragon. Le roi des chevaliers. Alors c'est pour ça que si tu me vois en train de penser à des armures, des épées, des batailles ... Bref. Tu m'as compris.

Il se perdait lui-même dans ses pensées, à force. Et donc dans ses paroles. Il reprit une gorgée de son cocktail en la regardant avec curiosité. Après tout, elle saurait qu'il n'a pas menti, quand il avait songé à se présenter, il avait eu l'image d'immeubles hauts perchés et de châteaux munies de fortes murailles. Mais par la suite, il s'était mis à réfléchir aux mots de Léa. Il ne s'était pas laissé atteindre, car ils étaient fondamentalement à côté de la situation réelle. Et puisque maintenant qu'il y songeait, elle pouvait l'entendre, autant l'avouer de vive voix.

Oh, je ne me suis pas fait avoir. C'est juste que ... Je voulais qu'elle aille mieux. J'en avais envie. Elle aussi. Mais je ne suis pas sûr de l'aimer pour toujours. Surtout que maintenant, il faut prendre en compte l'éternité. Alors forcément, j'ai pas envie de la faire souffrir. Parce que je l'aime vraiment beaucoup. Mais je me connais. Mes sentiments sont trop foireux et compliqués pour moi, pour que je m'y repère correctement. Il soupira, déçu de lui-même et souffrant à l'idée de faire souffrir Maya : je sais, je suis un sale type.

Oui, son cœur, il le savait, n'était pas comme celui des autres. Ou alors, il connaissait mal les autres. Mais si Léa pouvait lire en son cœur, elle pouvait alors ressentir la présence de beaucoup d'amour. Mais pas que pour une seule personne. Pour plein de gens en même temps. Atios était une bombe. Une centrale à pensée, à sentiments. Dieu de la lumière jusqu'au bout, il irradiait de celle-ci et à plus forte raison pour celle qui était venue s'isoler ici. Et cela le désolait encore plus car il nuisait à quelqu'un qui n'avait rien demandé. Le sentiment de pardon était là désormais. Et maintenant, il ré-enchainait sur ses attentes envers lui-même. Toujours viser plus haut, la perfection. Rendre heureux tout le monde. Se battre pour les autres. Comprendre leurs sentiments pour les aider à surmonter le malheur. Mais d'un autre côté, une profonde solitude. La sensation d'être le seul à pouvoir à connaître l'étendue de ses faiblesses, de ses peurs, de ses anxiétés. L'impression d'être seul parmi tous les gens qui l'aimaient. D'ailleurs, il n'avait même pas choisi de s'inscrire à Mister Deus, en premier lieu. Encore un coup du sort, qui décidément, prenait plaisir à le malmener. Des inquiétudes pour le sort des autres, aussi... Le désespoir de ne pouvoir changer le passé. Le désespoir de voir des gens souffrir. Et l'espoir et la curiosité de se faire comprendre par quelqu'un. Tout en étant désolé qu'elle ait à subir ça. D'ailleurs, il se leva de son tabouret et s'inclina, à la nippone.

Si j'ai vraiment raison, alors ... Maintenant, tu dois me connaître mieux que tout le monde dans cette académie. Alors ... Je suis désolé d'avoir à t'infliger mes pensées.

Il le savait. Que sa conscience était une sorte de flipper, de galaxie en elle-même, et que ses synapses s'amusaient à jouer en se renvoyant la bille. Atios devait sûrement être une sorte de cocktail doux, aigre, amer, etc... Toutes les saveurs en une. Il se releva au bout de dix secondes, pour regarder en face la demoiselle. Il se mordit la lèvre, anxieux. Elle était jolie. Mais sachant qu'elle pouvait potentiellement le savoir, il s'écrasa lui-même le pied. Et sachant qu'elle aurait pu ressentir sa douleur, il s'en voulut encore plus et était déçu, perdu, entre savoir s'il devait se frapper ou non. Aha. Atios, un sacré numéro. Comment être parfait quand la personne en face de vous peut déceler toutes les imperfections que vous chercheriez à cacher ? Léa était le plus bel adversaire d'Atios, en ce sens.
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Re: Les bars, il n'y a rien de mieux pour oublier ses erreurs. - Dim 6 Jan 2013 - 12:52
Didju... si elle avait su que ça enclencherait une tempête pareil dans la tête du garçon, Léa aurait affronté les autres plutôt que de chercher un calme illusoire. Certes, le début fut somme toute marrant, même si ce n'est pas très gentil de penser ça, quand le pauvre élève manqua s'étouffer avec son cocktail et finit par terre avec son tabouret. Elle en eut presque un petit sourire amusé. Presque. Parce qu'après, l'armée de questions qui lui tomba dessus la frappèrent quasiment aussi violemment qu'un coup de poing. Qui, quoi, comment, pensées, parade, Deus qu'il arrête d'aller aussi vite ! Le détester ? Elle ne voyait pas pourquoi ce serait le cas. C'était plutôt au contraire qu'elle s'attendait. Ce n'était pas elle qui voyait ses pensées révéler au grand jour par quelqu'un d'autre.

Enfin la jeune fille n'avait pas vraiment le temps de réfléchir sur cette curieuse idée. D'autres s'enchaînaient déjà à grande vitesse. La plupart des gens pensent très vite, mais celui-là il battait tous les records - à part Pietro, mais lui il était hors jeu, il trichait. En une fraction de seconde, elle reçut plusieurs images du garçon, et en sut bien plus qu'elle ne l'aurait voulu. Entre la façon qu'il avait de la voir - encore cette idée bizarre de détester l'autre mais pas du bon côté - ses efforts vains pour se contenir, et toute une histoire aussi sur une certaine Maya, liée à Isanagi semblait-il... ah un truc marrant par contre, le directeur qui n'était pas destiné à aimer l'élève, allez savoir pourquoi. Ah si, apparemment parce qu'il avait couché avec l'autre fille... didju c'était d'un compliqué ses histoires, et il passait d'une à l'autre beaucoup trop vite.

Il en était encore à cette fille, qui apparemment avait des ennuis vu qu'il pensait à une bagarre quand elle déclara forfait et remit ses barrières psychiques en place. Ainsi qu'une mauvaise humeur légendaire. Léa était venue ici pour se détendre d'une longue journée éprouvante, et voilà que c'était presque pire. Ce type donnerait la migraine à n'importe quel lecteur de pensées en quelques secondes. Pourquoi était-elle tombée dessus ? Et pire, pourquoi elle lui avait fait une remarque stupide comme ça ? C'était encore supportable quand il se morfondait tout seul dans son coin, mais là... Enfin elle était à peu près à l'abri et soupira d'aise. Qu'est-ce qu'elle aurait aimé avoir Aedan sous la main...

Immobile au comptoir, son verre dans une main, l'apprentie déesse observa l'autre se relever et retourner à son tabouret en commentant la situation. Ouais enfin il allait un peu loin quand même. D'accord elle en avait appris bien plus sur lui en quelques secondes que sur la plupart des gens qui ne pensaient pas aussi vite, mais elle n'en était pas pour autant à connaître tous ses secrets et toutes ses émotions jusqu'au plus profond de lui. Elle ne savait même pas si c'était possible. Après... elle n'y pouvait rien s'il pensait directement à autant de trucs sur lui.

Arthur de Pendragon ? Carrément ? Léa l'observa de haut en bas en fronçant les sourcils. Il était vachement plus sexy dans les films... Elle secoua la tête, peu d'humeur à rigoler, même pour ça. Elle s'était coupée du flux des pensées, mais elle les sentait toujours là, cognant contre ses protections, ce qui n'était pas des plus agréables. Surtout après avoir affronté ça toute la journée.

- J'me suis coupée de tes pensées, donc t'inquiète je te connais pas à fond et tu peux réfléchir en toute intimité.

Son ton n'était pas des plus agréables pour sa part, assez mordant même, mais ce n'était pas dirigé contre lui, pas totalement. Elle constatait juste qu'une fois de plus, alors qu'elle pensait plus ou moins bien s'en sortir avec son pouvoir, la réalité la rattrapait et elle ne contrôlait rien du tout. L'identité d'Atios... ma foi, elle se serait bien moquée, mais elle n'en avait plus guère l'envie. S'il voulait passer pour le fameux roi de légende, grand bien lui fasse. Et même si c'était vrai - après tout, tout est possible ici - ça ne changeait rien pour elle.

- Léa Dolce pour ma part, simple humaine, désenchantée.

Ca faisait un petit moment qu'elle n'avait pas été aussi désagréable avec quelqu'un. Elle faisait régulièrement des efforts, mais là... c'était juste impossible. Quand on croit maîtriser quelque chose et qu'au final quelqu'un, sans le vouloir, vous montre que vous êtes à côté de la plaque... difficile d'être de bonne humeur. Ce n'était pas vraiment la faute d'Atios bien sûr, et elle le savait, mais ça ne changeait rien à son mauvais caractère. L'imitant, elle but une longue gorgée de son jus de fruits. Ca au moins c'était toujours bon. Restait maintenant à s'éloigner assez du garçon dans le bar pour avoir un certain repos de l'esprit.

Léa avait déjà oublié sa remarque initiale qui avait déclenché tout cela, mais pas l'élève qui y répondit. Ca faisait assez bizarre. Même en bloquant les pensées qu'il envoyait, quelque chose lui disait qu'il n'était pas du genre à parler comme ça. De ce qu'elle avait perçu de lui, il semblait surtout le type de gars à avoir toujours l'air positif, joyeux, même si ce n'était pas le cas. Un peu trop altruiste sur les bords aussi. Quel besoin de donner l'impression qu'on est content si on ne l'est pas ? Juste pour faire plaisir aux autres ? Pouah aucun intérêt. La question de l'amour... ça faisait bizarre d'entendre quelqu'un parler de ça alors qu'ils ne se connaissaient pas du tout. Enfin pas autant dans les deux sens. Mais il devait considérer qu'il ne pouvait rien lui cacher, et en déduire qu'à défaut de se planquer il pouvait lui révéler ce qui se passait.

Enfin dans tous les cas, ça faisait très feuilleton amoureux. Je t'aime mais en fait je suis pas sûr mais je veux pas que tu souffres et blablabli et blablabla. Comme quoi devenir dieu, ou apprenti-dieu, ne mettait pas à l'abri de ce genre de choses. La jeune fille secoua la tête et reposa son verre vide sur le comptoir. Qu'est-ce qu'elle était censée répondre ? Elle ne faisait pas dans le social, loin de là, et elle était totalement nulle pour ce genre de trucs. Ce n'est pas pour rien qu'elle était souvent seule.

- T'as qu'à lui dire, c'tout, et tu verras bien. J'y connais rien là-dedans, mais ça me parait logique que plus tu tardes plus tu risques de lui faire mal. Ya rien de sale là-dedans, enfin sauf si tu joues avec elle et que tu lui dis rien.

Son ton restait froid, mais il était moins agressif, c'était toujours ça de gagné. Elle soupira et demanda un whisky à Esther. Tant pis pour sa consommation soft. Après tout, elle avait remarqué que cet alcool l'aidait à se détendre tout en gardant ses barrières psychiques solides. Donc c'était tout bénef. S'asseyant enfin sur un des tabourets du comptoir, elle lissa sa robe bleu autour de ses jambes sans regarder Atios. Elle ne comprenait pas son point de vue, même si elle en avait eu un bel aperçu.

- Pourquoi t'es désolé ? C'est pas ta faute si tu penses, tout le monde le fait. Ca serait plutôt à toi de m'en vouloir parce que je peux savoir ce que t'as dans la tête quand ça te vient à l'esprit. Et j'en sais pas tant que ça non plus sur toi. Yavait trop de trucs, j'me suis isolée pour plus t'entendre. C'est fatiguant mais c'est préférable.

Maintenant qu'elle avait révélée son pouvoir comme une cruche... autant chercher à comprendre cet étrange point de vue. Il était vraiment bizarre cet Atios. Sa façon de penser, mis à part la vitesse, était intrigante. C'était peut-être le genre de personne qui pousse l'altruisme au point d'en nuire en considérant que c'est normal. Bizarre...
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Re: Les bars, il n'y a rien de mieux pour oublier ses erreurs. - Dim 6 Jan 2013 - 16:51
Elle s'était coupée de ses pensées ? Tant mieux. Atios, bien qu'il n'était pas télépathe, était naturellement empathique. Par là, il avait la capacité, au fond de lui-même, et ce, même lorsqu'il était un être humain, de pouvoir tenter de comprendre et ressentir les émotions d'autrui. Bien sûr, ce n'était pas une capacité magique. Ce n'était juste qu'un réflexe didactique se servant d'intuitions, d'hypothèses, de perceptions, de ressentis, qu'il avait appris à affiner, autodidacte, au fil des années. Premièrement, car cela lui permettait de flouer ses propres émotions devant les autres. Ensuite, car cela lui permettait aussi de mieux faire ce pour quoi il était réincarné ici : aider et comprendre les autres. Au final, cela lui permettait un minimum de se retenir dans les scènes trop fortes en émotion triste, qu'il captait en général et qui le forçait à pleurer. Ah ça oui, il détestait pleurer. C'était pour les faibles. Enfin, les autres voyaient en çà, un grand signe de faiblesse. Alors, jusqu'au bout, il retenait toujours ses larmes. Mais il y avait des moments où il ne le pouvait pas. Malheureusement.

Un garçon qui pleure. C'pas viril. Il le savait. Mais bon, avec son physique, comme Léa semble l'avoir remarqué, si lui, il était le roi Arthur - et c'était malheureusement vrai -, il était loin d'être ressemblant aux idées qu'on s'était fait de lui à travers l'histoire. Mais il n'avait pas l'armure. Cela changeait tout. Sans son armure ou son épée sacrée, il était Atios. Pas Arthur. Et cela lui allait très bien. Parce que même s'il était fier de ce qu'il avait pu être, il n'avait pas envie qu'on le juge par rapport à ça. Il n'était pas fier de tout. Mais disons qu'il était fier d'avoir fait de son mieux à cette époque-là. Même s'il avait foiré. Mais ceci était une autre histoire. Léa Dolce. Première fois qu'il entendait ce nom. Il réalisa soudainement que du coup, il avait balancé sa véritable identité à une inconnue. C'était le bar. La faute du bar. C'était l'ambiance. Et à force de voir des films où les héros ou les personnages finissent par étaler la vie sur un bar, un verre devant eux. Maudit soit ce bar. Mais elle semblait ne pas le croire - et c'était tant mieux : si elle n'écoutait plus ses pensées, elle ne pourrait pas le confirmer et lui pourrait penser en paix -.

Il déduit cependant autre chose. Si elle s'était coupée de ses pensées, c'est qu'il avait raison et qu'elle souffrait sûrement de son esprit débordant. Atios se mordit la lèvre. Il avait une méthode pour permettre à Léa de ne plus souffrir à cause de lui. Il n'entendait pas les pensées des autres en permanence, mais sa nervosité et sa capacité à comprendre les émotions des autres lui permettaient de savoir à quel point cela peut devenir douloureux d'être ainsi ; par ailleurs, il émit l'hypothèse que pour Léa, c'était encore pire. C'est pourquoi il avait un moyen pour se vider l'esprit et ne plus agresser l'antenne réceptrice qui était à côté de lui.

<< 1x1=1. 1x2=2. 1x3=3. 1x4=4... >>
Oui, vous l'aurez compris. Il s'était mis à réciter ses tables de multiplication dans sa tête. Deux effets : Léa aurait désormais beaucoup plus de mal à comprendre ce qu'il ressentait, puisqu'il "cryptait" ses pensées par des chiffres parasites. Second effet pour Léa : les pensées d'Atios ralentirent tellement brusquement que cela était sûrement d'autant plus incompréhensible pour elle. Le volume de pensées était forcément limité car Atios détestait les maths et cela réduisait sa vitesse de réflexion. C'est lui qui allait récupérer une grosse migraine, puisqu'il n'était pas cartésien et fan d'arithmétique, mais il était content s'il pouvait soulager la pauvre tête de Léa. Il ne se sentait pas prêt à méditer pour réduire ses pensées à un volume infime, surtout que cela l'empêcherait de faire quoi que ce soit d'autre, mais compter était un bon compromis. L'écoutant en même temps qu'il se concentrait sur ses chiffres, il but une gorgée de son breuvage. Pourquoi était-il désolé ?

Oui, en théorie, il aurait pu être en colère qu'on puisse lire ses pensées. D'un autre côté, il était franc. Peut-être qu'il mentait beaucoup par omission, mais il ne considérait pas ça réellement un mensonge, mais plus comme une façon de ne pas inquiéter son entourage ou de paraître faible. Alors, puisqu'il n'aimait pas l'idée de mentir, il se fichait qu'on lise en lui comme un livre ouvert. Il n'avait rien à cacher. Il était humain. Il savait qu'il avait ses faiblesses. Mais il n'osait pas non plus que ce qu'il était honteux, au point de devoir le cacher. Cela l'arrangeait si personne ne le comprenait, tout autant que ça ne le dérangeait pas si quelqu'un pouvait l'exposer en public. Par ailleurs, ses flux de pensées avaient suffi à eux seuls pour empêcher Léa de le faire correctement. Elle était encore vulnérable à ses propres pouvoirs. Et ça, implicitement, Atios l'avait compris dès le début. D'où aussi, qu'il avait eu cette sensation qu'elle le détesterait.

Hum... Concernant Maya, je lui ai déjà dit. Mais ça n'empêche pas que je ne veux ni souffrir, ni la faire souffrir. Je sais, ça fait de moi un idiot, je me torture pour ça alors que ça ne mènera à rien. Mais tant que j'ai les risques en tête, je pense que je peux ne pas perdre de vue la situation. Donc je me creuse la tête pour avoir une solution avantageuse pour tous, même si elle est utopique.

Atios continuait de penser en nombre. Il était à 1x243=243, maintenant. La table par une, étant simple, ne lui demandait pas trop de réflexion, tout en lui permettant de contrôler son flux de pensées en le réduisant au minimum syndical pour discuter. Du moins, il s'y efforçait. Il réfléchit en buvant son cocktail. Comment expliquer à Léa pourquoi il était désolé ?

Pour ce qui est du fait que je m'en veuille te concernant .. Léa ? ... Il se mordit la lèvre : avait-il le droit de la tutoyer ? 1x256=256. Il avait ignoré volontairement l'aigreur de son interlocutrice, car même si elle aurait pu être blessante, Atios passait sa vie à essuyer l'aigreur du monde autour de lui. Il pouvait, devait surmonter ça. Surtout pour Léa, car : disons que je peux me tromper, mais ce bar est disponible pour peu de personnes, il est vide en général. Si tu peux capter mes flux de pensées, qui sont, avouons-le, une plaie autant pour moi que pour toi j'imagine, alors dans ce cas, quand tu vas en classe, ou même quand tu sors dans l'académie, tu dois être constamment sous la pression des pensées des autres. Je peux donc imaginer que tu cherchais la solitude ici et qu'a la place, j'ai tout fichu en l'air. Donc je suis désolé. Atios prit une nouvelle gorgée de son python de la fournaise. 1x273=273. Et puis, tu as l'air d'être plutôt sur les nerfs. Et ça doit te rendre agressive, ce qui est logique si on considère que tout le monde t'agresse en permanence. Donc je suis désolé de prolonger cette mauvaise expérience même si je tente de réduire la casse. Il soupira. 1x298=298. Il rajouta alors : je ne pense pas pouvoir imaginer avec exactitude ce que tu dois vivre au quotidien, du moins, en essayant de l'imaginer, je peux comprendre que ce soit désagréable. D'un autre côté je n'ai rien à cacher aux autres, en théorie. Je sais très bien que je ne suis pas mieux que les autres et que mes pensées sont privées, personnelles, imparfaites et que si elles sont connues ou divulguées, je serais gêné, mais je ne pourrais pas les renier. Au contraire, elles sont l'expression de ce que je suis. Je n'ai pas à les cacher, de ce fait, même si j'ai le droit de m'en vouloir de penser certaines choses. Voilà pourquoi je suis désolé.

Quel moulin à paroled, quand il s'y mettait ! Mais bon. Un bar permettait deux choses : discuter, ou picoler, que ce soit picoler l'alcool ou des choses plus louables. Et puis, c'était logique qu'il parlât beaucoup, quand on voyait à quelle vitesse il pensait et qu'il était nerveux. Certains appelaient ça le charisme. D'autres appelait ça quelqu'un qui avait la langue trop pendue. Mais dans tous les cas, l'efficacité du raisonnement d'Atios dérangerait peut-être Léa. Il devait passer pour quelqu'un d'extrêmement observateur et attentif. Mais c'était devenu un réflexe de défense chez lui : connaît ton ennemi pour t'en défendre et pouvoir l'affronter. Certains lisaient dans les pensées... Lui s'efforçait de lire dans le comportement, le caractère, les mots, les attitudes, les émotions et les tics des autres. En assemblant toutes les données en temps réel, son cerveau lui permettait, grâce à une touche d'intuition, de suivre des hypothèses. Et peu importe qu'elles soient fausses ou réelles : au final, la vérité naît toujours dans le mensonge. 1x323=323.
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Re: Les bars, il n'y a rien de mieux pour oublier ses erreurs. - Mar 8 Jan 2013 - 10:41
Léa imaginait vraiment mal le fameux roi Arthur à la place du garçon devant elle. Dans les films, il était toujours magnifique, fort, grand, puissant, légendaire quoi. Alors forcément... cela dit, en y réfléchissant, pourquoi pas ? Il y avait bien des assassins venus des siècles passés - mais toujours aussi psychopathes - ou des créatures non humaines, alors une réincarnation d'un ancien roi, finalement, c'était plausible. Peut-être que ça venait de là, son armée de pensées et sa vitesse incroyable. On réfléchissait comme ça à son époque. Ou alors juste les rois, avec tous leurs problèmes à résoudre. Ca expliquerait peut-être aussi son point de vue bizarre.

Quelque chose changea dans l'air. La jeune fille fronça les sourcils avant de mettre le doigt dessus : allez savoir comment, Atios avait réussi à réduire considérablement son flux de pensées, ce qui rendait ses barrières moins agressées. Fiouuuu ça faisait du bien. Ce n'était pas ça qui allait la détendre complètement, et il était hors de question de rebaisser ses seules protections mentales, mais au moins ça lui pompait moins l'air. Pas comme cette histoire de coeur. Pourquoi les gens se compliquaient-ils autant la vie ? Est-ce qu'elle se posait ce genre de questions elle ? Non ! Bon c'était sûrement parce qu'elle doutait d'avoir la moindre chance dans ce domaine tant qu'elle ne maîtriserait pas mieux son domaine divinatoire, et qu'elle n'espérait pas avoir plus que des amis, ce qui serait déjà énorme pour elle, mais quand même.

- Si tu veux faire souffrir personne, suicide-toi, ou va vivre dans une grotte. Tu peux pas vivre près de gens sans risques ni conséquences. En plus, si tu lui as dit et qu'elle t'a répondu que c'était ok, t'as pas à te torturer. Enfin après p'têt que t'aimes ça, et là personne peut rien pour toi.

Même elle, qui était loin d'être la référence en matière de relations sociales, le savait. Ca allait de soit, c'était logique. A moins de faire son ermite dans sa montagne ou peut-être son geek, c'était impossible de ne pas faire souffrir les gens. Volontairement ou pas d'ailleurs. A quoi bon se torturer l'esprit sur ça ? En matière d'émotions on ne pouvait rien faire. Sauf peut-être les dieux qui possédaient des pouvoirs particuliers dans ce domaine peut-être, et encore. On disait bien dans tous les bouquins et toutes les histoires que les sentiments humains sont surpuissants. Enfin ce n'était pas Léa qui irait se poser autant de questions comme ça. Elle apprenait petit à petit à accepter son propre pouvoir qui lui causait bien du tort, c'était déjà énorme, alors les histoires de coeur où l'on se retourne la cervelle 40 fois à la seconde, non merci, elle laissait ça aux autres.

Esther déposa son whisky sur le comptoir. La jeune fille la remercia et en prit une gorgée en fermant à demi les yeux. C'était fort, très fort, mais c'était également bon, très bon. Passé le premier sursaut en goûtant l'alcool, la chaleur qui se répandait ensuite dans le ventre était un délice, sans compter la détente des neurones. Un bon petit paradis juste dans un verre. Certes, il y avait des effets secondaires un peu dérangeant, mais il suffisait de faire attention. Elle n'était pas aussi épuisée qu'avec Pietro, donc elle devrait s'en sortir pour rentrer convenablement. Et ne pas retomber sur ce prof psychopathe... non mais vraiment, il n'y a QUE de ça dans cette académie ! A croire qu'ils sont tous embauchés pour ce trait particulier. Remarque ça ne serait pas étonnant, le directeur étant lui-même un gros sadique timbré. Brrr.

Léa écouta tant bien que mal Atios répondre à sa question. Didju... il avait un débit à faire rougir la fibre optique de son époque. C'était presque aussi épuisant que les pensées. Presque. Heureusement, quand on est habitué à affronter des tas d'idées volatiles en permanence, on n'a plus aucun mal à suivre un monologue dont on ne voit pas la fin. C'était facile à côté de ce qu'il lui avait servi comme aperçu de sa tête. Mais ça confirmait ses pensées : il réfléchissait trop, ça semblait presque maladif. La vitesse à laquelle il avait déduit tout ça alors qu'elle était entrée... quoi, deux minutes plus tôt ? Ca faisait froid dans le dos. Il avait beau avoir l'air d'un garçon tout à fait normal, il devait être bien plus intelligent qu'il n'y paraissait. Redoutable même serait plus approprié. Mais pas méchant apparemment, et les pensées qu'elle avait pu capter de sa part tendaient dans cette idée. C'était mieux : qui sait ce qu'un autre psychopathe aurait pu faire avec des capacités pareilles...

Cela dit, l'apprentie déesse avait toujours un peu de mal à le comprendre. C'était trop... beau en fait. Elle n'arrivait pas à admettre que des gens pouvaient accepter son pouvoir aussi facilement et, pire encore, comprendre que c'était plus un fardeau à supporter continuellement qu'autre chose. Aedan lui avait bien dit que tout le monde n'était pas aussi parano et mauvais qu'elle le croyait, mais à ce point... c'était pratiquement le total opposé qu'elle avait devant les yeux. Si elle n'avait pas senti ses pensées, elle ne l'aurait pas cru. Elle considérerait qu'il mentait, tout simplement, et s'amusait à se foutre d'elle. Mais, à moins qu'il soit capable de modifier son propre esprit, et qu'il ait détecté sa capacité à le lire, il semblait plus probable qu'il était sincère. Ce qui n'était pas forcément plus facile à croire en fait, du moins pour elle.

Qu'on ne lui en veuille pas... à la limite, ok, c'était acceptable. Ce ne serait pas la première personne, il y avait bien déjà Aedan, Pietro, ainsi que Ion. Mais qu'on soit désolé pour elle... c'était un concept vraiment difficile à assimiler. Elle ne fit pas attention à son hésitation à la tutoyer, il l'avait déjà fait avant, et c'était normal entre élèves. Elle n'avait aucun rang particulier dans cette académie, elle ne voyait vraiment pas pourquoi on l'aurait vouvoyée. A part certains profs très vieux de la vieille, personne n'utilisait le vous vis-à-vis des élèves. Ca n'allait que dans l'autre sens.

- J'te contredirais pas sur ce point : ouais tes pensées sont une plaie. J'sais même pas comment tu fais pour pas te tirer une balle si tu réfléchis toujours à cette vitesse. Mais c'est pas ta faute, pas plus que la mienne de les capter.

C'était presque marrant. La façon qu'il avait de se poser en bourreau, alors que dans le monde de Léa c'était plutôt lui la victime, le rendait touchant et motivait la jeune fille à le détromper. Il n'y pouvait rien s'il pensait comme ça, c'était normal après tout. Le bug dans l'histoire venait d'elle, c'est tout. On est pas censé lire dans les pensées des autres après tout. Et encore moins les faire culpabiliser en venant dans un lieu ouvert à tous. Il avait vraiment de drôles d'idées cet Atios.

- Je sais pas si t'es au courant, mais même si ce bar est planqué, il m'est pas pour autant réservé. T'as le droit de venir ici, comme n'importe qui d'autre. C'est vrai que j'y cherche un certain isolement, quand ya personne ça me repose la cervelle en ébullition, mais... j'sais bien que je peux pas toujours y être seule. J'fais avec, c'tout. C'est sûr que ça m'agace, mais c'est pas contre toi, t'es pas responsable, pas plus que les autres. Personne ou presque peut s'arrêter de penser. Autant essayer de plus respirer.

C'était plutôt étrange en fait. D'habitude elle se tient prêt à sortir sa défense, au cas où quelqu'un comprendrait la nature de son pouvoir sans l'accepter aussi bien. Là c'était le contraire, elle essayait de déculpabiliser un pauvre élève qui n'avait rien fait de mal. Cela dit, il semblait plus ou moins la comprendre, ou du moins bien imaginer sa situation. Il n'y avait jusqu'à présent que Pietro qui pouvait vraiment prétendre savoir ce qu'elle vivait, il avait plus ou moins la même chose, à un degré bien pire même, mais un meilleur contrôle également. C'était... amusant : à croire qu'il avait suffi qu'Aedan lui assure de l'existence d'autres personnes compréhensives pour qu'elles apparaissent. Elle devrait lui faire parler de chocolat, pour voir, sait-on jamais.

- Désagréable, c'est un bel euphémisme ça. Mais bon faut le vivre pour vraiment savoir ce que ça fait, et je te le souhaite pas. On peut avoir rien à cacher, mais c'est pas pour autant qu'on aime que quelqu'un vienne fouiller dans sa tête. Enfin c'est ce que les gens disent, même si je peux pas vraiment faire ça. On pense plus vite qu'on parle, on a pas de filtre dans sa tête, du coup on en révèle bien plus à quelqu'un qui peut entendre ça qu'en discutant. Tu l'as dit toi-même, apparemment j'suis la seule maintenant à en savoir bien plus sur toi que n'importe qui. Et ça, on en a pas forcément envie. Après tout, si tes amis et ta Maya te connaissent moins, c'est sûrement que t'as simplement pas envie qu'ils te découvrent davantage. Alors que moi, sans te demander ni rien, je sais mieux qui tu es. Ok j'ai pas fait exprès, et j'pensais pas que t'aurais autant de choses dans la tête en si peu de temps, mais ça change rien au résultat. T'avais pas forcément envie que j'entende tout ça, et même si tu dis que t'as rien à cacher tu te dissimules quand même. Enfin t'as tes raisons hein, je te juge pas. C'est juste que t'as pas à être désolé de penser ce que tu penses, ni que j'ai entendu. Tu pouvais pas savoir.

C'était bien la première fois qu'elle parlait autant en une fois. A croire que les moulins à paroles sont contagieux. Mais en même temps, Atios en disait tellement qu'elle était bien forcée de développer sa propre pensée pour qu'il la comprenne correctement. Et encore, contrairement à ce qu'on se dit dans sa tête, on peut toujours mal interpréter des paroles. Ce serait tellement plus simple si tout le monde pouvait communiquer par l'esprit. Et bien plus rapide aussi.
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Re: Les bars, il n'y a rien de mieux pour oublier ses erreurs. - Mar 8 Jan 2013 - 18:18
Atios détaillait un peu plus Léa, dans ses pensées entrecoupées de réflexions algébriques et de multiplications simples, mais de plus en plus longue à mettre en place. Il ne savait pas combien de temps il prolongerait la table par un ; au stade où il se trouvait, la table par deux lui était sûrement beaucoup plus aisée en terme d'effort mentaux. Mais elle semblait avoir remarqué un mieux ; et lui aussi, d'ailleurs. Cela lui fit plaisir. De savoir que ses efforts servaient à quelque chose. D'ailleurs, la situation était étrange ; l'un s'excusait, l'autre aussi. En fait, pour conclure, il eut été assez simple de dire que, autant Atios que Léa, ils étaient désolés de la gêne occasionnée l'un à l'autre. Mais bon. Ils étaient jeunes. Il leur fallait le temps de se le dire. Et vu qu'il y pensait, il allait forcément tôt ou tard lui dire. Mais il était content. Léa n'était pas une mauvaise personne. Il avait eu un petit doute, une incertitude, mais il continuait de réfléchir, en sous ses calculs toujours plus complexes. Si elle cherchait à le déculpabilisé, c'était qu'elle se sentait un peu coupable aussi et qu'elle était peut-être quelqu'un qui s'attendait justement à plus d'hostilité venant de sa part. Est-ce c'était vrai ?

Il n'en avait pas de preuves établie sur quoi poser son raisonnement, sauf quelque chose de surprenant - du moins, il le pensait, surtout venant de son interlocutrice - il était presque certain qu'elle était moins bavarde d'habitude. Mais il semblait qu'elle avait pris le virus de parler beaucoup. Virus qu'il lui avait sûrement donné. C'est ce que l'on appelait mettre en confiance, même si ce n'était pas ce qu'il avait voulu faire, à la base ; il avait voulu simplement être sincère avec son interlocutrice, pour qui, il faisait l'effort de s'imaginer ce que ça pouvait être, de sentir en permanence les pensées des autres. Dans son cas, s'il pouvait l'imaginer, c'était parce qu'il réfléchissait aussi vite. Décrypter et comprendre les autres n'est pas possible sur l'unique base d'un raisonnement fin, observateur et cartésien. Il faut une part de cœur pour simuler, émuler, s'approprier et restituer le moment présent. Alors oui, naturellement, il s'infligeait l'effort de comprendre les autres et ceci, quotidiennement ; quelque part, c'était même pernicieux, puisque lui, le faisait aussi bien volontairement qu'involontairement, mais pour autant, il n'était pas parfait et pouvait se tromper. Il révélait rarement ses théories ; parce qu'imparfaite, il préférait attendre un maximum d'éléments pour les affiner ; tout ça pour éviter de se tromper.

Par contre, là où Léa le surprit légèrement, c'est que sa réponse concernant sa volonté de ne faire souffrir personne était tellement correcte et vraie que sans le faire exprès, Léa Dolce venait de cerner un peu ce que c'était, le quotidien du jeune homme. Oh, il ne se suicidait pas ; mais quand on passe son temps à s'infliger un tel raisonnement, est-ce réellement éloigner d'un suicide, lent, mais progressif ? Il ne pouvait pas réussir, il ne pouvait qu'échouer et se relever, faire de son mieux pour respecter un maximum ses volontés de ne faire souffrir personne. Au début, il avait cherché à savoir pourquoi il avait tant de mal avec les autres. Il souffrait déjà aussi, mais par a-coup. Quand il avait compris, ses douleurs morales furent moins intenses, mais beaucoup plus lancinantes... Quant à vivre dans une grotte, il ne le faisait pas, mais se comporter comme un ermite interne : il avait bien dit à Léa qu'elle était sûrement la première personne à pouvoir le connaître vraiment ; c'était vrai et faux à la fois : parce que du coup, il ne se cachait pas de s'isoler lui-même, il isolait ce qu'il était vraiment derrière cette volonté et se protégeait, encore, des autres et de Léa. Au final, oui, Atios était sûrement redoutable, vu sous cet angle.

Oh, tu ne crois pas si bien dire. Mais quand bien même ; je hais souffrir, mais pour autant, je déteste encore plus de voir les autres souffrir, ceci étant d'autant plus vrai que c'est moi qui potentiellement, suis impliqués dans les souffrances des autres.

Trop gentil ? Il y avait des chances, quelque part. Un peu maso aussi, mais il n'aimait pas sa souffrance. Tout au plus, il se réservait le droit d'en être légèrement fier. Mais c'était cette même gentillesse assurément démesurée par moments qui permettait à Atios de se sentir désolé pour Léa et son problème d'antenne réceptrice pour les pensées des autres. C'est pourquoi il rajouta :

Si je me suicidais, on me ressusciterai quoi que j'en dise et en plus, je pense que certaines personnes, dans l'école, seraient malheureuses ou choquées si je faisais ça.

Attendez ... Il répond ça avec tellement de facilité qu'on aurait presque dit que cela ne le gênerait pas... Et c'était sûrement la vérité. Sa vie, puisqu'il la voulait utile aux autres, tant qu'il serait utile aux autres et à ses propres convictions, il ne pouvait pas mourir. Mais si un jour, il en venait à se faire détester de tout le monde et à être acculé par ses propres valeurs, sa morale si lourde à supporter, il risquait forcément de tomber dans des idées aussi sombres. La seule mention, deux fois, de cette pratique, lui avait rappelé à quel point sa vie pouvait ne pas être précieuse, à ses yeux.

Mais vraiment désolé, si mes pensées sont si insupportables que ça.. Je me doutais bien que je pensais un peu vite, même pour moi, alors je n'imagine pas si les autres doivent gérer mes pensées et les leurs.

Atios était quelque part, un véritable séisme mental sur pied. 1x680=680. Il l'avait déjà plus ou moins imaginé, il en avait la confirmation. Il était content de voir aussi à quel point elle pouvait être gentille dans le fond. Atios lui fit un grand sourire en lui disant :

Je sais bien que ce bar ne m'est pas réservé. Mais par politesse pour toi, si je suis avec toi, il est normal que je m'en veuille si je t'agresse par ma seule présence, non ? Que je sois désolé pour toi l'est d'autant plus, si j'empire ton quotidien. Et puis, faire des efforts pour réduire mon flux de pensées n'est pas dur, alors le faire ne me dérange pas. Même si je t'avouerais que méditer pour ne plus penser à rien ou presque, en plein bar, ça ferait bizarre.

Atios s'imagina sa silhouette, en tailleur, en train de méditer pour atteindre l'illumination d'un calme plat et parfait .. Non, il savait le faire, mais le faire bien, non. Il voulut boire, mais son verre était vide. Esther lui prépara à nouveau un cocktail, alors qu'il ajouta, les coudes posés sur le comptoir, le visage entre les mains, le sourire franc et ... Content, sur un ton naturel et tout à fait spontané :

Mais je suis heureux, tu n'es pas aussi froide que tu veux le montrer ; au fond, je dirais même que tu es plutôt gentille et agréable. Et implicitement, il venait de lui dire qu'Atios l'aimait bien. Oui, déjà que de base, il s'efforçait d'aimer tout le monde, les gens qui en plus étaient bons, sympathiques, partaient avantagé. Après, il pouvait raisonnablement expliquer la méfiance de la demoiselle ; à partir de son discours, il en déduisait que certains n'avaient sûrement pas apprécié se faire voler leur intimité mentale. Mais bon. Quand bien même, il s'imaginait reprocher ça à Léa .. Mais non, en fait, il n'y arrivait pas. Et puis, je dirais que vu que tu es habituée à capter les pensées des autres, des secrets honteux sur les autres, tu dois en collectionner. Mais si tu peux les connaître, je pense pas que tu sois le genre de personne qui s'amuserait à les révéler sans de très bonnes raisons la poussant à. Donc je te fais confiance, de ce côté-là. Réceptionnant son verre, il se mit lentement à le siroter en se tournant vers son interlocutrice, le long verre tenu d'une main. Il ajouta alors : oui, quelque part, je pense que j'aurais préféré que personne ne sache jamais rien sur moi. J'ai peur d'être jugé, j'imagine. Mais bon. Tu ne le fais pas exprès, je le sais très bien. Et puis, si j'admets jamais mes faiblesses, je ne les surmonterai jamais. Je ne suis pas quelqu'un d'assez précieux pour te reprocher de savoir tout ça. Il prit une pause, pour réfléchir plus longuement et, rajouta, l'expression contrariée par une réflexion plus compliquée à mener, une mine pensive ; pour une fois, il n'arrivait pas trouver les bons mots, mais il finit par lâcher finalement : si je ne suis jamais faible, je ne pourrais pas non plus être fort. Alors, parfois, il suffit d'accepter la réalité telle qu'elle est pour mieux la vivre. J'ai peut-être perdu beaucoup de mes secrets, mais à la place, j'ai rencontré une jolie et agréable fille, ce qui n'est pas, en soi, quelque chose de foncièrement regrettable. Et puis, j'imagine que quelque part, une partie de moi est bien contente que quelqu'un puisse surpasser mes dons de comédiens. Cela restaure un peu d'équilibre, en définitive. Je ne peux pas être toujours anonyme, je le savais dès que j'ai pris la décision de tenter de l'être un maximum.

Redoutable, mais irrémédiablement franc, voire naïf, même. Mais puisqu'ils étaient honnêtes l'un envers l'autre, lui-même était naturellement à l'aise pour être honnête. 1x968=968. Et puis, il n'avait aucune raison de se méfier de Léa. Au pire, si elle racontait ce qu'elle savait pour lui nuire, il saurait d'où viendrait la fuite et il n'aurait qu'à assumer publiquement pour que les choses rentrent lentement mais sûrement dans l'ordre. En fait, comme à son habitude, Atios s'assurait d'obtenir des résultats avantageux. À tel point qu'on pourrait croire qu'il s'amusait à piper les dés de la destinée.
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Re: Les bars, il n'y a rien de mieux pour oublier ses erreurs. - Jeu 10 Jan 2013 - 11:21
Trop gentil... ou un peu trop égocentrique ? A l'entendre, Atios faisait facilement souffrir tout le monde, comme s'il était la source de tout le mal-être que quelqu'un pouvait ressentir. Ok c'était gentil de craindre ce qu'il pouvait causer comme dégâts autour de lui, mais fallait aussi faire confiance un minimum aux autres. Tout le monde n'était pas en sucre quand même. Bien sûr qu'il pouvait être impliqué dans des histoires douloureuses, même si c'était un bien grand mot, mais ça ne voulait pas dire pour autant qu'il était responsable de tout et que ça devait l'empêcher de vivre. Léa ne comprenait pas qu'on puisse se casser la tête à ce point sur une question aussi simple. C'était peut-être sa nature... et elle se dit qu'au moins, même si elle avait un domaine divinatoire handicapant, elle gardait tout son esprit logique.

- Faut faire confiance aux autres hein. On est pas tous en sucre, on va pas subir les affres d'une souffrance incommensurable juste en te parlant ou en te fréquentant. Accessoirement t'es pas tout seul, faut laisser le choix à tes copains aussi. S'ils ont envie de souffrir ou de prendre le risque, c'est leur décision, faut la respecter, c'tout. Et puis pour ta gouverne t'es loin d'être la cause de tous les malheurs du monde, désolée.

Comment pouvait-on autant se triturer les méninges pour un truc aussi simple ? Suffisait de laisser les autres décider, c'est tout. Ou de disparaître. Mais si on prenait le risque de rester, on en assumait les conséquences, point barre. Inutile de refaire le monde avec des "Et si" tout comme de se torturer la tête en pleurant sur son sort et ce qu'on provoque chez les autres. Apparemment Atios avait déjà réfléchi au sujet du suicide, et il n'avait pas tort. C'est sûr qu'on le ramènerait à la vie aussi sec. Enfin à condition de retrouver le corps.

- J'pense que tu peux vraiment mourir. Suffit de demander à quitter l'académie et à retourner à un cycle normal. Et puis t'es pas logique : si tu meurs, des gens seront malheureux, mais si tu restes, des gens seront également malheureux. Dans tous les cas à t'entendre les autres y perdent. Alors à quoi bon se poser ces questions ? C'est d'un fatiguant...

La jeune fille ne pouvait pas concevoir qu'on tourne autant en rond dans ses propres pensées. Pourquoi se torturer l'esprit quand dans tous les cas le résultat était le même ? Il pouvait pas plutôt vivre sa vie, tout simplement, en profitant du moment sans se poser de questions ? A partir de l'instant où l'on vit en communauté, on finit forcément tôt ou tard par se cogner aux autres et à en souffrir. Ou faire souffrir. Voire les deux. Alors quel besoin de réfléchir à ce point à la chose ? Ca ne changeait absolument rien à la donne, mis à part que ça vous transformait en hypocrite et en imposteur. D'accord, c'était peut-être un peu exagéré, mais... pas si loin que ça.

Après tout, si Atios ne voulait pas faire souffrir les gens et qu'il agissait en connaissance, ce n'était pas vraiment lui. Il l'avait bien dit d'ailleurs. C'était lui dans un sens, parce qu'il choisissait d'agir ainsi, mais ce n'était pas lui non plus parce qu'il se modelait sûrement en fonction des autres, sans tenir compte de ses propres sentiments, et ainsi jouait un autre rôle. Du moins ça semblait être quelque chose du genre. Quelle horreur que de vivre comme ça ! Léa préférait encore être seule ou avoir peu d'amis que de ne pas être réellement elle-même juste par peur de faire souffrir. Elle n'était pas non plus insensible, faire du mal à quelqu'un ne lui plaisait pas, mais elle n'en était pas non plus au point d'Atios, qui semblait limite ne vivre que sur cette ligne de conduite.

Brrr quelle horreur. Elle espérait bien ne jamais devenir comme ça. Ecoutant la suite, elle sirota son whisky, ça c'était tangible, bon et sans prétention, bien moins enquiquinant que toutes ces pensées. Comme quoi même les siennes l'embêtaient parfois. Mais elle avait du mal à rester de marbre face à ce que lui racontait l'autre élève. Il avait la possibilité de s'éclater avec les autres, de vivre normalement, et au lieu d'en profiter il se pourrissait la vie avec son espèce d'empathie extrême. A moins que ce soit son domaine divinatoire ? La poisse... elle n'espérait pas pour lui. Mais non, de ce qu'elle avait perçu de lui, c'était sa propre nature. Encore pire.

Il allait finir par l'agacer à s'excuser comme ça. Il avait rien fait didju ! C'était marrant deux minutes mais là ça suffisait.

- Je t'ai dit que t'avais pas à être désolé. Limite tu t'excuses d'exister ! Ca va, je vais pas en mourir. C'comme si t'étais navré qu'une voiture écrase quelqu'un alors que t'étais à l'autre bout de la rue. T'y peux rien, c'comme ça, point. Alors arrête de t'excuser tout le temps ou... tu vas me faire souffrir à force !

Puisqu'il faisait tout un plat de cette histoire, autant en profiter. Il verrait peut-être la futilité de ce genre de comportement et à quel point on pouvait facilement le retourner contre lui. Oh il ne risquait pas de changer ou du moins pas rapidement, ça avait l'air profondément ancré en lui. Mais ça ne coûtait rien de lui démontrer la chose en passant. Elle rigola à la suite. Elle, gentille et agréable ? Première nouvelle ! Enfin elle n'allait pas s'en plaindre, ça adoucirait peut-être sa réputation de mal lunée.

- Ca doit être le whisky qui fait ça.

La suite la fit lever un sourcil, étonnée, et stopper ses lèvres contre le verre. Il avait dit quoi là ? Il lui faisait confiance sur les pensées ? Didju, c'était le clone d'Aedan ou quoi ? A quelques mots près, il disait pareil. Ca faisait presque froid dans le dos. Elle sourit gentiment en finissant son mouvement pour boire une gorgée. Son verre était vide mais elle préféra ne pas en redemander. Elle se rappelait encore trop bien son dernier retour et ses conséquences... tous des psychopathes ces professeurs, brrr.

- Tu me fais penser à quelqu'un d'autre, c'est marrant. Vous dites exactement la même chose. Pas que je m'en plaigne, mais j'ai déjà du mal à croire qu'une personne puisse me faire confiance comme ça sans même me connaître, alors deux... c'est Noël !

La jeune rit un peu, joyeuse à cette idée. Aedan avait vraiment raison en fin de compte, il existait plus de personnes capables d'accepter son domaine divinatoire sans la lyncher sur place qu'elle le croyait. La suite semblait un peu plus compliqué à saisir, mais le résultat était le même et cela lui suffisait amplement. Et ça confirmait aussi ce qu'elle pensait un peu plus tôt : il jouait bien des rôles, sans doute en s'adaptant à chaque personne pour être le meilleur possible. Quel gâchis.

- C'est bête ce que tu fais. J'veux dire t'as pas de pouvoir qui te dérange ou t'empêche de vivre normalement, tu pourrais en profiter à fond, mais tu préfères jouer au chevalier servant à ton propre détriment. Et à mon avis la plupart des gens s'en rendent même pas compte, voire s'en foutent. Le seul moment où ça leur importe c'est quand ils découvrent que tu t'es joué d'eux, et en général ça fait mal, ce que tu veux éviter en faisant ça. T'as un sacré cercle vicieux !

Léa jouait avec son verre en parlant, faisant passer son index sur le rebord de l'objet immobile. Non, elle ne pouvait pas comprendre la logique qui animait Atios de cette façon. Trop complexe sans doute, et trop dérangeant. Elle n'aimerait pas être à sa place. Au moins son domaine divinatoire ne changeait pas trop sa nature. Ok il la rendait souvent froide et agacée, mais ça restait bien plus soft que lui.

- En plus, j'suis sûre que tu ferais davantage souffrir quelqu'un de proche en jouant ta comédie qu'en étant sincère. Ya sûrement rien de pire ou pas grand chose que de découvrir qu'une personne qu'on aime beaucoup est un imposteur. Ca remet tout en question.

Non, vraiment, elle n'arrivait pas à trouver le moindre point positif à la façon de vivre d'Atios. Peut-être qu'il arriverait à lui expliquer, mais elle en doutait fortement.
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Re: Les bars, il n'y a rien de mieux pour oublier ses erreurs. - Ven 11 Jan 2013 - 14:57
Connais-tu, ce qu'est le but de la morale ?

Cette simple question était partie comme pour rendre un peu plus confuse Léa. Qu'est-ce que c'était, la morale? Beaucoup de gens aimaient se dire qu'ils agissaient conformément à celle-ci et beaucoup de gens avaient des morales différentes en eux. Mais peu réfléchissaient à ce que la morale était. Pour beaucoup, la conception de celle-ci différenciait, mais la volonté d'être conforme à la morale, c'était la volonté de bien agir et de bien se comporter. La morale était donc l'utopique route vers un sommet appelé "perfectionnement de l'être". Oui, c'est ce qu'Atios cherchait tous les jours, en se reposant les mêmes questions, en changeant les angles et en agissant différemment avec les autres. Il cherchait la perfection comportement, ce pourcentage de chance infime qui permettrait le meilleur des résultats ; même s'il savait qu'à côté, ce résultat était parfaitement subjectif. Le jeune homme savait très bien qu'il s'aventurait sur un chemin de mine, plein de fossé et de pièges, d'endroit où se blesser. Mais il continuait de tenter de progresser sur cette route. Aussi idiot cela pouvait-il paraître. Et il l'avait comme valeur bien avant qu'il ne soit arrivé ici.

Je veux pouvoir m'approcher de la perfection, même s'il y a un moment où tu finis par tourner en rond. Alors, je tournerais en rond autant de fois qu'il le faudra jusqu'à ce que je trouve la voie pour progresser encore.

La vue seule ne permet pas de voir le monde. Seul le cœur est capable de discerner ce qui est invisible.

On ne voit bien qu'avec le cœur, l'essentiel est invisible pour les yeux. C'est pourquoi je continuerais de réfléchir, même si ça n'a pas de fin. Parce que tant que je le fais, je peux continuer d'être sûr que mon cœur regarde bien toutes les possibilités. Il se peut que la réponse à ce perfectionnement soit l'acceptation de ne pas l'être. Et je suis déjà forcé accepter de ce fait. La perfection étant subjective, elle est sûrement impossible. Mais tant que je n'ai pas abandonné de chercher, ça ne l'est pas.

Oh, il se rendait bien compte qu'il devait avoir l'air sacrément idiot. Il connaissait déjà les comportements humains. Il savait que la véritable gentillesse, n'est pas humaine. Est-il humain de vouloir tout sacrifier pour le bonheur au détriment de son propre bonheur ? La réponse qu'il avait conclue était que pour que ce résultat soit parfait, il faudrait que personne ne soit malheureux du résultat. Ce qui rendait la tâche tout bonnement et théoriquement impossible. On n'a rien sans rien.

Deus m'a demandé de sauver les autres, en arrivant ici. Si j'existe ici, c'est pour sauver les autres. Mes pouvoirs sont encore assez instables cependant, assez pour qu'au début, je dépendais surtout de pilules pour ne pas m'effondrer.

Il les prenait toujours, mais avec le temps, sa condition physique s'était notoirement améliorée, ce qui n'était pas pour lui déplaire. Il n'aimait pas se sentir chroniquement fatigué, sentir son corps être la proie de courbatures perpétuelles. Une sainte horreur. Et les fameuses pilules qu'il gardait en permanence sur lui, il les posa sur la table. Elles étaient vraiment mauvaises en plus, même si l'infirmière s'amusait à donner à ses pilules des couleurs différentes.

Mais... Je suis désolé d'être ... Enfin, si je te rends malheureux car je m'excuse. ... Et puis, je ne mens pas vraiment aux autres. Je suis vraiment comme ça. C'est juste que ..

Je ne permets pas aux autres d'être proche de moi. Oui, il ne comptait sur personne. Il ne se sentait pas de laisser aller. De s'éclater un maximum. Il ne le pouvait simplement pas .. Ce n'était pas naturel pour lui, de penser ainsi. S'il devait être heureux, il attendrait que les autres lui permettent de l'être. C'était peut-être une erreur de penser ainsi, mais il pensait réellement ainsi.

Et jusqu'à maintenant ... Personne ne s'en est rendu compte. Si j'étais Atios, Arthur ou "moi". Sauf toi, évidemment, mais je ne pouvais par définition, pas lutter contre tes capacités. Il but une gorgée de son breuvage avant d'ajouter : on ne peut pas plaire à tout le monde, mais si tu t'adaptes suffisamment, tu peux plaire à lamajorité. Les exceptions sont très rares. Tu en es une. D'autres voient par définition à travers mes actes car ils sont en parties comme moi. Dans tous les cas, les 98% restants sont incapables de voir au travers du déguisement. Si tu agis comme ils le désirent, tu peux soit les contenter, soit apprendre d'eux ce qui ne va pas. Ils compteront sur toi. Le moment venu, qu'il soit immédiat ou non, tu peux donc les aider à avancer... C'est comme être l'ami de tout le monde, en quelque sorte.

Mais lui, n'avait pas d'ami, puisqu'il ne permettait à personne d'accepter ses défauts ou ses qualités naturelles. Atios s'était tellement avancé sur un terrain où il n'était plus lui mais où il était l'idéal de quelqu'un, qu'il en avait oublié la majorité des choses qui faisaient qu'il était lui. Même si beaucoup se seraient brisés dès lors, il n'était pas encore au point de s'effondrer et il avançait autant que possible. Léa pouvait essayer de lui retourner ses idéaux contre lui, il irait volontairement en ce sens-là ; il était tellement observateur que lorsqu'il faisait confiance en quelqu'un, il était très simple pour lui de devenir naïf et de prendre au sérieux ce que la personne disait ; ce qui était en soi, un signe de proximité avec la véritable personnalité d'Atios car cela signifiait qu'il faisait confiance en la personne avec qui il était naïf.

Et puis, je ne mens pas vraiment sur ce que je suis vraiment, je cache juste tout ce qui me concerne aux autres. Souffrances, peurs, regrets, plaintes. Tout ceci, je ne le garde que pour moi. Et je me débrouille seul, avec mes problèmes.

Parce qu'il l'avait toujours fait ainsi. Il avait trop l'habitude d'agir seul contre ses problèmes pour commencer dès aujourd'hui à se plaindre à une oreille attentive. Même Maya, même Léa, qui désormais, connaissait la vérité sur lui, n'en avait pas le droit. Il admettait juste sans états d'âme supplémentaire qu'il ne se permettait aucune faiblesse. Aucune erreur. Tout ça dans le but de pouvoir sauver et aider les autres. Et qui avait pu voir à travers ses faiblesses jusqu'à maintenant ? La seule personne à ne pas l'avoir mal "compris", jusqu'à maintenant, n'était autre que Léa Dolce. D'ailleurs, Atios se demandait pourquoi celle-ci parlait autant de la vision des choses. Est-ce ... Qu'elle s'inquiétait pour lui, quelque part ? Il y avait une façon bien précise de le savoir sans qu'il ne risque d'être déçu.

Enfin, de toute façon, tu dois t'en ficher, de ce qui m'arrive, non ? Je veux dire, ça serait dommage que tu t'inquiètes pour quelqu'un comme moi.

Oh, il avait raté sur la fin. Parce que par définition, il était très dur avec lui-même et qu'il cherchait à être parfait, il avait aussi une piètre vision de lui-même. Normal, voire moins que normal. Physiquement ? Aucune idée. Sûrement passable, voir pire que commun. Son caractère ? Normal aussi. Bref, il avait une vision négative de lui-même et il était assez modeste. La seule chose dont il aimait bien se targuer, c'est de ne pas se laisser aller à une défaite et de se relever malgré les épreuves. Cette vision négative de lui-même, il l'avait hérité de sa vie contemporaine où les gens avaient tendance à être très durs les uns envers les autres. Alors, par définition, si tout le monde le trouvait bête & physiquement moche, il avait eu du mal à croire l'inverse et cela était resté dans une partie de sa conscience.
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Re: Les bars, il n'y a rien de mieux pour oublier ses erreurs. - Sam 12 Jan 2013 - 11:42
Ca c'était de la question. Le but de la morale hein ? Il n'existe pas de réponse universelle. Chacun a sa propre définition de la chose et sa manière personnelle de la suivre - ou pas. Atios avait la sienne, probablement différente de beaucoup de monde vu sa façon d'être. Léa, ma foi... elle avait la morale classique d'une fille pas trop mal éduquée de son époque. On ne tue pas, on ne trucide pas, bref on ne fait rien de mal et tout va bien. Même si depuis son arrivée ici, ça avait tendance à changer. On avait le droit d'exploser des bestioles à condition qu'elles ne soient pas déesses ou apprenties-déesses. Remarque tirer sur des gobelins ne lui avait pas spécialement plu, mais il s'agissait de survie et de légitime défendre. Enfin... plus ou moins. Elle n'aurait pas été dans ce bâtiment tout ça ne se serait pas produit. Mais il s'agissait d'un ordre de mission de la part d'un professeur. Pouvait-elle se décharger ainsi sur un autre, tel le bon petit soldat envers son commandant ? Ca rentrait dans une question trop philosophique à laquelle on ne pouvait pas apporter non plus de réponse ultime.

Rha il l'agaçait à la faire réfléchir comme ça ! Elle était venue ici se détendre, pas se triturer les méninges. Bon il y avait tout de même un point positif dans le tas : se concentrer ainsi sur quelque chose lui permettait d'ignorer plus ou moins bien les pensées cognant contre ses barrières psychiques. Oh elle ne risquait pas d'y parvenir s'il pensait à toute allure, tout comme elle avait eu un mal fou à ne pas péter un câble en présence de Pietro, mais là ça allait. Et le whisky aidait assez bien aussi, elle devrait penser à s'en procurer une bouteille régulière.

Le but d'une morale donc... apparemment pour le garçon c'était de devenir parfait. Le truc totalement impossible, même pour un futur dieu et un dieu tout court. La jeune fille l'avait bien vu : Isanagi était un psychopathe sadique - au cas où vous ne l'auriez pas encore compris - la professeur Kym une alcoolique renommée, sans compter Modrus véritable meurtrier schizophrène, et on en passe. Donc... le pauvre Atios ne risquait pas d'arriver à son but, mais il semblait le savoir lui-même. Ce qui ne changeait rien semblait-il.

- Parfois il faut juste arrêter de tourner pour voir la route qui attendait. Didju, je parle comme un vieux chinois barbu !

Elle rigola toute seule. Ca faisait vraiment scène de film. Mais bon, ça résumait bien son opinion. C'est bien de chercher quelque chose dans tous les sens, cependant il arrive que l'épreuve suivante soit tout simplement celle du calme. Parfois on ne voit rien tant qu'on ne s'est pas posé tranquillement. Atios parlait de coeur, mais ce n'est pas plus différent. Léa n'avait pas une grande expérience dans l'amitié ni l'amour, mais elle avait son propre avis et elle avait quand même déjà eu quelques flirts.

- Tu parles de coeur et après de réfléchir. C'est pas du tout la même chose. On pense avec son cerveau, c'est pas le même organe. Le coeur lui il cherche pas midi à 14h, il ressent, c'est tout. Soit on arrête de réfléchir et on le suit, soit on se torture la tête avec des tonnes de questions et de choix qui au final font rater l'occasion qu'il voyait.

Ok elle n'était pas un bon exemple, elle qui passait le plus clair de son temps à douter des gens et à avoir peur qu'ils la rejettent en découvrant son domaine divinatoire. Mais elle essayait de plus en plus de ne pas rester bloquée comme ça grâce aux conseils d'Aedan et à la découverte de Pietro. Ils lui avaient prouvé tous les deux, directement ou pas, que c'était possible, qu'il y avait vraiment des personnes prêtes à l'accueillir sans être dérangées par ses capacités, alors elle pouvait faire confiance à son propre coeur et prendre quelques risques. Bien sûr tout le monde ne réagissait pas aussi bien, elle avait déjà eu la preuve de cela aussi, mais si c'était le prix à payer pour trouver de réels amis, ma foi... elle devait bien réussir à le supporter.

Léa comprit alors l'énorme différence entre Atios et elle, et c'était sans doute de là que découlait son impossibilité à le comprendre : lui agissait uniquement pour les autres, alors qu'elle s'occupait de sa propre personne. Égoïste ? Sans doute. Mais elle ne pouvait pas rendre ses amis heureux si elle ne l'était pas elle-même. Il existe une sorte de philosophie qui se base sur ce principe, le fait de devoir d'abord évolué soi-même avant d'arriver à aider les autres, mais le nom là... Pour son interlocuteur, c'était clairement l'inverse. Peut-être qu'à court terme c'était mieux, ça permettait de se faire facilement de bonnes relations en étant toujours bien avec tout le monde. Mais à long terme ? Peut-on vraiment être heureux uniquement en fonction des autres, sans tenir compte de soi ? Elle en doutait fortement.

- Si tu n'es pas capable de te sauver toi-même, comment tu peux sauver les autres ?

Rhaaa elle avait une réincarnation de vieux chinois barbu dans la tête ou quoi ? Pour le coup, elle regrettait de ne pas être en cours de philosophie. Avec ça, elle aurait bien pu avoir une bonne note pour une fois ! Atios avait besoin de pilules pour gérer son pouvoir ? Hey c'était pas juste ça, on lui avait rien filé à elle ! Pfeu. Enfin elle ne connaissait pas son domaine divinatoire, alors... peut-être que c'était nécessaire pour lui. Et que pour elle on ne pouvait rien faire.

- Si tu contrôles pas tes pouvoirs maintenant, c'est p'têt pour que tu t'occupes d'abord de toi et ensuite des autres, quand tu géreras mieux, non ?

Ca pouvait être logique, mais bon elle n'était pas dans la tête de Deus, et ne le souhaitait pas. Il devait avoir bien trop de pensées qui la rendraient folle en une seconde. La jeune fille secoua un peu la tête et repoussa une mèche qui lui tomba sur les yeux. Il s'excusait encore, tsss il allait arrêter oui ? Elle plaisantait, ça s'était bien entendu pourtant.

- T'as pas à être désolé, c'était une vanne. On ne ment jamais totalement aux autres quand on joue un rôle, c'est une facette de nous, plus ou moins développée. C'est juste soi-même qu'on essaye de tromper et qu'on rend malheureux, ou pas heureux en tout cas. Les gens autour de toi s'en rendent pas forcément compte, la plupart s'en fichent, ils prennent ce que tu donnes et ils cherchent pas plus loin. C'pas des amis ça. Mais yen a qui peuvent voir plus loin et se sentir blessés que tu te joues d'eux. Même vexés que tu les fasses passer avant toi. J'ai jamais eu beaucoup d'amis, mais ça me ferait chier qu'ils se plient toujours à mes désirs pour me faire plaisir sans jamais s'occuper d'eux-mêmes pour de vrai. J'en ai un ici, un vrai je crois, qui m'a dit qu'un ami c'est quelqu'un avec qui on a pas à se forcer pour être sympa, avec qui on est naturel tout simplement, à qui on peut se confier autant en bien qu'en mal et inversement, et aussi avec qui on peut se disputer sans que ce soit l'apocalypse. A mon avis t'en as pas des masses des comme ça autour de toi.

Ya pas à dire, ce bal avait été très instructif. Pour la plupart des élèves, ça s'était certainement fini au lit ou à se bécoter dans un coin, et beaucoup ne recherchaient que ça d'ailleurs à cet évènement, mais Léa pensait qu'au final elle avait gagné bien davantage à ne pas suivre cette ligne de conduite. Elle en était ressortie avec de bons conseils, un ami - mignon tant qu'à faire, ça ne gâchait rien - et un début de confiance dans les autres. C'était bien mieux qu'un baiser volé ou une nuit de folie. Elle ne se rappelait pas avoir vu Atios dans la salle, mais vu ses dimensions et le monde présent ça ne voulait pas dire qu'il n'y était pas. Cela dit, elle se doutait qu'il s'y soit vraiment amusé s'il y avait été. Elle le voyait plutôt toujours aux petits soins de sa cavalière, faisant ses quatre volontés sans chercher à profiter pour lui-même de la soirée. C'était triste.

Et ça semblait presque certain vu la façon donc il se considérait. Léa n'avait pas une énorme confiance en elle, et ne se tenait pas en haute estime, mais elle ne se dévalorisait pas non plus à ce point. Elle savait qu'elle avait un caractère horrible, elle savait également pourquoi, mais ça ne l'empêchait pas de connaître aussi ses points forts. Quand son domaine divinatoire ne la gênait pas, elle pouvait faire preuve d'une intelligence redoutable, et on lui avait répété assez souvent qu'elle était plutôt jolie pour le croire, même si elle ne se considérait pas pour autant comme un canon. Elle avait ses points forts et ses points faibles, comme tout le monde. Comme Atios. Et ne voir que le négatif n'était absolument pas une qualité.

- J'en reviens à ta capacité de "sauver" les gens. Comment tu peux y arriver si tu te vois aussi mal ? Tu joues peut-être super bien la comédie avec les autres, mais t'es pas le seul, et ils sont pas tous stupides. Même inconsciemment, on peut parfaitement se rendre compte que t'es pas bien dans ta peau et ça suffit à gâcher tes efforts pour que les autres le soient. Je suis pas exactement altruiste, mais j'aime pas quand les rares personnes qui peuvent devenir des amis sont pas bien. Les gens qui ne m'en veulent pas pour ma capacité à lire dans les pensées se comptent sur les doigts d'une main atrophiée. Alors évidemment que je m'en fiche pas. Et puis tu me fais un super entraînement pour les prochains cours de philo, dommage que la prof soit pas là, j'aurais ptêt pu remonter un peu ma moyenne désastreuse.

Léa rigola un peu en continuant de passer son doigt sur le rebord du verre à whisky. Elle le fit descendre un peu pour suivre les contours des gravures qui le décoraient. Elle n'était pas altruiste, pas vraiment, mais Atios était touchant et elle trouvait trop dommage qu'il se pourrisse autant la vie à ce point. Il pouvait qui plus est devenir un bon ami, à condition de remonter son estime de lui-même. Il voulait sauver tout le monde hein... la jeune fille n'avait pas pour objectif de le sauver, elle ne se voyait pas comme une héroïne et n'en avait sûrement pas les capacités, mais lui donner un petit coup de main ne lui ferait pas de mal.
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Re: Les bars, il n'y a rien de mieux pour oublier ses erreurs. - Mar 15 Jan 2013 - 15:02
Les sciences politiques visaient et visent à expliquer et comprendre. La Loi visait à contrôler et à faire respecter ce qu'elle dispose. La philosophie, elle, est là pour juger. Peu importe comment on regarde tout ceci, Atios, lui s'était arrêté à la définition juridique de la norme appelée "morale". Le perfectionnement de l'individu qui s'y soumettait. Cette définition était simple et très compliquée, voire impossible à atteindre. La perfection, subjective, était par concept, quelque chose d'imparfait car subjectif. Elle n'était pas une norme universelle que tout le monde acceptait. Non ... En plus, si elle existait, cette perfection, pour l'être, se devait de comporter des défauts ; un être humain n'est pas fait pour être parfait en toutes circonstances : un robot pourrait peut-être agir toujours à la perfection, mais aurait-il un cœur pour motiver ses actes, ou simplement des suites de chiffres, transcriptibles en lignes de code et en commandes logiques ? Peut-être que la seule solution pour un humain, de supporter les idéaux qu'il avait, était d'être égoïste ? Mais pour lui, c'était vraiment cataclysmique, comme changement. Est-ce qu'il pourrait réellement parvenir à un tel changement ? Comment faire pour devenir égoïste ? Que voulait-il ? Il voulait être heureux. Mais comment faire pour être heureux ? Il rougit. C'était pitoyable. Vraiment pitoyable. Faible. Trop faible pour qu'il se l'avoue volontairement. Pour la première fois, une de ses pensées s'étaient cachée au fond de son inconscient, de sorte à ce que Léa ne puisse pas y accéder. Mais il était devenu rouge comme une tomate. Parce que c'était honteux, faible, pitoyable, humain...

Mais il le voulait vraiment. Quant à ce qu'il avait dit, ce n'était pas de lui. C'était de quelqu'un qui avait écrit un magnifique livre. Un livre tellement beau que rien que son souvenir lui crispait le cœur. Peu importe à quel point il savait que les adieux étaient nécessaires aux retrouvailles, il n'était peut-être pas assez mature pour pouvoir surmonter cette triste réalité. De toute façon, ce texte était à la fois magnifique et horrible. Un livre pour enfants qui, si vous le lisiezt et que vous possédez un cœur, vous force à tomber à genoux sous le poids d'un monde trop dur et lourd à porter pour l'égoïsme seul. Rien qu'à ces souvenirs, ces fameuses phrases, ces sens ... Il avait envie de se cacher le visage dans les genoux, fermer les yeux, se boucher les oreilles et se faire le plus petit possible.

Vivre était dur. Trop dur pour lui, par moments. Ses désirs les plus égoïstes étaient si simples et pourtant si durs à atteindre, par moments. Qu'était Atios ? Un monstre ? Un humain ? Un fou ? Il ne savait pas. D'autant, certains voyaient en lui un génie, d'autant voyaient en lui un prince charmant, un chevalier servant... D'autres encore, voyaient en lui un idiot, qui se pavanait et qui attirait tant, voir trop de regards, plus qu'il n'en méritait. Et lui, il ne savait pas s'il pouvait se considérer totalement comme humain ou pas. Sa morale, il en était fier, mais il savait à quel point celle-ci pouvait être un handicap. Bizarrement, malgré tout ceci, il ne s'en rendait pas compte, mais le jour où il serait par terre, au sol, recroquevillé dans ses larmes sous l'immensité d'un ciel stoïque, il y aurait forcément des gens pour l'aider à se relever. Mais que voulait-il, lui ? Il voulait être avec une personne qu'il pourrait aimer sans jamais douter de celle-ci. Une personne qui ne le trahirait jamais. Une personne avec qui il n'aurait ni besoin d'être fort, ni de cacher ses peurs. Avec qui il pourrait être sans jamais avoir peur que cette réalité ne change.

Oui, par définition, on peut dire qu'il était sûrement plus fleur bleue. Et c'est cette naïveté inhérente qui le ferait souffrir, encore et encore. Ce qui prouvait que derrière cette anormalité qui le définissait, il était peut-être plus humains que la plupart des gens qui voyaient en lui, une façade folle et peu commune. Mais dans tous les cas, il savait qu'il n'avait pas à se laisser tomber. Le seul moyen de perdre, c'est d'abandonner, pas vrai ? Alors, il se devait d'être fort. Idéaliste, rêveur, utopique, peu importe à quel point ces traits de caractère pouvaient être stupides et dangereux pour un être humain, il ne pouvait pas renier ce qu'il était. Alors, il se devait d'être fort. Il l'écouta jusqu'au bout, elle soulevait divers points intéressants qu'Atios pourrait lui expliquer une fois qu'il pourrait reprendre la parole. Finalement, il se releva de la chaise de son tabouret et se mit face à Léa :

Sacrée Léa.. Si je dois prendre ces pilules pour gérer mes pouvoirs, c'est parce que je suis un semi-dragon.

Oui, il faut se méfier des apparences. Atios était bel et bien un humain doté de caractéristiques découlant de ces grands sauriens ailés, armés de caractéristiques magiques époustouflantes ... Transmises à Atios. Après tout, il portait et porterait toujours dans son sang, le titre de "pendragon". Atios sourit à Léa et se mit à sortir de sa léthargie, son réacteur magique, un organe - inutile ou presque, en l'état - pour lui prouver ses dires. lentement mais sûrement, l'air se mit à circuler plus difficilement autour du jeune homme qui se mit lentement à ... Irradier de lumière dorée. Celle-ci agissait comme un manteau qui s'échappait de son corps, se passant de la volonté de celui qui l'émettait. Atios ressemblait à une sorte d'être humain, embrasé par de la lumière d'or. La pièce, se mit à lentement mais sûrement, voir des lucioles dorées, flottant, dans des trainées qui auraient pu être de la poussière d'or. Cependant, il eut tôt fait de mettre fin au phénomène mystique et enchanteur. Il n'était pas une attraction de foire et ses yeux, qui avaient changé de couleur et de forme, (ses pupilles étaient devenues des fentes verticales et ses iris s'étaient colorés d'un jaune de pleine lune pâle, le concert parfait d'un regard de chasseur.) alors que la lumière, couleur de l'or, avaient bercé ceux qui la touchaient, d'une douce et tiède, affectueuse, chaleur.

Le spectacle lumineux en train de se clore, il fallait qu'il réponde à la très bonne question de son interlocutrice... Comment sauver les autres, quand soit-même, personne ne semble pouvoir vous sauver ? La réponse était très simple. Tellement simple qu'elle en devenait effroyable : ▬ Pour sauver les autres, il suffit de faire de son mieux. Peu importe à quel point on peut être faible ou mauvais, avec suffisamment de courage, on peut surmonter ses faiblesses et les problèmes des autres.

La messe était dite. Il suffisait de continuer à repousser toujours plus ses limites, toujours et encore, quitte à se blesser au passage. Bien sûr, pour Léa, ce serait sûrement impossible de voir sous cet angle, cette réponse : elle n'était pas mauvaise, mais elle n'était pas aussi dévouée que lui pour les autres. Elle le serait pour ceux qu'elle appréciait vraiment, le moment venu, mais personne n'est assez fou pour pouvoir se dévouer au salut commun. Parce que c'était trop dur, trop douloureux, trop dangereux. Atios s'amusait à jouer au héros et il savait ce que cela lui coûterait. Les héros finissent seuls, en général. Et loin, dans sa mémoire, sur terre, il entendit quelqu'un dire : "seuls les gens les plus souffrants et malheureux sont à même de comprendre la douleur des autres. Il n'est pas étonnant, comme tu le dis, qu'une fois leur douleur réduite, ils s'éloignent de nous : accepter la souffrance des autres n'est pas une mince affaire."

Par définition, ils étaient condamnés à être seuls. Qui était la personne qui lui avait dit ça, d'ailleurs ? Il eut mal à la tête. Son visage était trop dur à percevoir. Sa voix était brumeuse. Il soupira en pensant à autre chose.

Pour ce qui était des pensées de grands sages chinois, il me semble que l'un des préceptes bouddhistes n'est autre que "tout n'est que vanité". Confucius disait : "ceux qui voulaient développer leur propre personnalité rendaient d'abord leur cœur noble ; ceux qui voulaient ennoblir leur cœur rendaient d'abord leur pensée digne de foi ; ceux qui voulaient rendre leur pensée digne de foi perfectionnaient d'abord leur savoir." et peu importe combien de philosophes j'ai pu étudier, barbus ou non, chinois ou non, je connais la limite de mes idéaux. J'ai désormais l'éternité pour étudier ceux-ci et qui sait, réfléchir en écrivant sur ceux-ci. Mais aujourd'hui, je remarque quelque chose.

Oui, il sourit à Léa. Sa phrase fétiche était sûrement "on ne peut pas être plus seul, que seul.". Et il avait désormais la preuve qu'on ne pourrait jamais être totalement seul non plus. Il y avait forcément un moment ou à un autre, où l'on trouverait quelqu'un pour ne pas nous laisser sombrer plus loin encore dans la solitude. C'était un réflexe sûrement humain, tout à fait naturel, qui malgré la nature humaine de plus en plus déviantes, ne mourrait jamais. C'est peut-être aussi pour ça que même si Atios était tout au fond du gouffre, il ne sombrerait jamais totalement. Voir des gens couler avec lui, le poussait peut-être à remonter jusqu'à eux pour les faire remonter. Et le porteur de l'épée sacrée le savait très bien : ce n'est qu'en unissant les efforts de chacun que l'on pouvait avancer.

Léa, tu es vraiment quelqu'un de bien. Tu as sûrement tes limites, mais tu t'efforces de me remonter le moral alors que tu me connais à peine. Il fit quelque chose qui lui nécessita bien plus de courage que de se battre contre des monstres, des gobelins ou tout autres créatures monstrueuses. Oui, se battre était et serait toujours plus naturel que de faire ce qu'il venait de faire. Léa était désormais dans ses bras. Oh, il se mangerait sûrement une claque. Mais le message était là. Atios était plein de gratitude envers la demoiselle. Il la lâcha quelques secondes après, dans un recul presque félin, avant de s'incliner à nouveau et de dire : merci.

Pourquoi l'avoir enlacé ? C'était impoli. Mais un semi-dragon est toujours spontané avec ses émotions, quand il ne les cachait pas. Et même s'il les cachait, il aurait eu la même réaction. Atios remerciait très sincèrement la demoiselle aux longs cheveux aux reflets bleutés. Peut-être que c'était aussi une belle preuve de sa royauté passée ou de son caractère princier ; sa capacité à briser les conventions que tout le monde respectait ; de surpasser l'écoulement de l'instant pour mieux imposer son jeu aux autres. Après tout, ne dit-on pas que, qui ose, gagne ?

Les pensées d'Atios étaient moins chaotiques désormais et il semblait moins dépité. Ses joues étaient légèrement rosées, un peu gêné par ce qu'il venait de faire, mais il s'en remit à boire son second cocktail sans plus en dire. Il verrait bien la réaction de Léa.
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Re: Les bars, il n'y a rien de mieux pour oublier ses erreurs. - Ven 18 Jan 2013 - 11:18
Est-ce qu'elle avait dit quelque chose de vexant ou de gênant ? Léa ne savait pas. Elle n'en avait pas l'impression, mais elle ne connaissait pas autant Atios qu'ils le disaient, alors qui sait. En tout cas, il était devenu rouge tel une belle pivoine. Peut-être qu'il avait mal compris ce qu'elle disait, ou qu'à l'inverse c'était trop juste pour qu'il supporte ? Après tout, il existe des gens tellement pris dans leurs convictions que, quoi qu'on leur dise, ils ne peuvent pas en dévier une seule seconde, ou très difficilement, quand bien même les arguments seraient tout à fait contre eux. Le garçon était sûrement de ce genre-là. Même en sachant qu'il pouvait peut-être faire mieux en changeant de façon de vivre, il n'était tout simplement pas capable de cela à l'heure actuelle. Ces gens-là était assez agaçant la plupart du temps, parce qu'on tournait vite en rond avec eux. Heureusement Atios était plus axé sur le débat et l'explication qu'un simple "Oui mais non, prout" et basta.

La jeune fille était bien contente d'avoir monter ses remparts psychiques. Son interlocuteur avait beau réussir à réduire son flux de pensées allez savoir comment, il restait quand même bien songeur, et elle le sentait. Vu la conversation, elle n'avait absolument pas envie de savoir précisément quoi, ça lui semblait bien trop personnel. Elle en avait déjà bien assez vu sans le vouloir, plus aurait été trop gênant. Et douloureux pour son pauvre cerveau. Elle releva la tête quand il abandonna son tabouret. C'est qu'il était grand le bougre. Enfin tout le monde l'était face à elle, c'est sûr, et encore, assise elle restait un peu plus haute que d'habitude. C'était bien ces tabourets de comptoir.

Un semi-dragon ? Carrément ? Déjà qu'Arthur c'était pas mal, mais là... il avait peut-être un grain finalement. D'accord, c'était sûrement possible, après tout il y avait plein de créatures extraordinaires dans et au dehors de l'académie. Mais quand même, c'était difficile à croire. Elle n'avait jamais vu de dragon, ni ici, ni de son vivant, mais ça c'était on ne peut plus normale. Et un semi ? Ca voulait dire quoi, il avait un parent dragon et un humain ? Comment on fait pour coucher avec un dragon ? Ca doit faire bigrement mal ! Hum elle s'égarait. Mais c'était quand même intriguant quand on voit la taille de ces animaux mythiques dans les histoires ! Atios devait bien se douter que sa déclaration serait suivie d'une bonne dose de scepticisme. On a beau être apprenti dieu, on reste très humain - ou autre - dans sa tête, et les humains, ça ne croit pas facilement aux choses fantastiques.

Elle attendit donc en silence la preuve, gardant un doigt sur son verre pour continuer à jouer avec. Elle aimait bien la sensation du matériau et ses reliefs. Atios ne se fit pas attendre. Léa pencha un peu la tête de côté en l'observant curieusement, puis elle cligna des yeux. Cette lueur venue de nulle part était vive, peu conseillée pour quelqu'un de migraineux. Non en fait elle avait une origine, apparemment elle sortait du garçon. Ca lui fit penser un instant aux représentations chrétiennes des Saints, avec leur auréole autour de la tête. A la différence que là, elle ne se contentait pas que du crâne mais de tout le corps. C'était un peu douloureux pour la cervelle en morceaux de la jeune fille, mais c'était aussi joli. Elle plissait les yeux pour voir sans trop en souffrir et suivit des yeux une des lucioles lumineuses qui voletaient dans la pièce, laissant de belles traînées légères derrière elle, comme la fée Clochette. Elle trouvait ça chouette, et puis elle se sentait bizarrement bien malgré la fatigue. Ca lui rappelait des soirées d'hiver au coin du feu, quand elle s'installait par terre juste devant les flammes, avec une couette, et restait là à papoter de tout et rien avec son grand frère, et parfois ses parents. Un véritable petit cocon agréable.

L'apprentie déesse abandonna des yeux la luciole quand celle-ci passa devant ceux d'Atios. Ils avaient changé, et le mot "chat" lui vint aussitôt à l'esprit. Les pupilles verticales et le regard donnaient l'impression d'avoir un prédateur calme et sûr de lui en face de soi. C'était beau d'une certaine façon, un peu effrayant aussi, mais l'aura chaleureuse endormait une possible peur. Il n'aurait aucun mal à exploser quelqu'un de cette façon. Et puis tout cessa. Léa secoua la tête en clignant des yeux plusieurs fois, comme au sortir d'un songe. C'était très bizarre comme sensation.

- Je savais pas que les dragons faisaient de la lumière. Mais c'est sympa.

Elle avait encore l'esprit un peu embrouillé par les sensations de cette aura. Peut-être qu'Atios était une espèce de dragon, peut-être pas, mais après tout quelle importance ? Il était lui et puis c'est tout. Elle haussa les épaules à la réponse du garçon sur ses capacités à sauver les autres.

- Ca c'est des conneries. C'est c'qu'on dit dans les histoires pour donner envie aux gens d'être gentil et d'aider, même si on est nul, mais c'est totalement faux. Si on est faible, on peut rien faire tant qu'on s'améliore pas un minimum, et c'est même pire, on devient un boulet à protéger. J'en sais quelque chose.

Elle en avait largement eu la preuve durant ses quelques missions. Quelque chose lui disait que si elle n'avait pas été aussi nulle, Drake Ula, l'ancien président du conseil des élèves, n'y serait pas passé pendant leur quête. Sans compter son inutilité complète pendant la mission d'Isanagi, bien incapable de faire la moindre chose contre le démon répugnant qui leur était tombé dessus, ou encore les goules d'Halloween. Alors sur ce coup-là, elle savait très bien de quoi elle parlait. C'était très noble de vouloir aider à tout prix, mais ça ne sert à rien si on est trop faible. D'abord se renforcer, ensuite jouer aux héros.

Ah quand elle disait qu'ils étaient en plein cours de philosophie ! Voilà qu'Atios citait les grands hommes de cette matière. Elle haussa à nouveau les épaules.

- Puisque tu le cites, Confucius a aussi dit : "L’ouvrier qui veut bien faire son travail doit commencer par aiguiser ses instruments".

Cela lui semblait bien assez clair pour ne pas avoir besoin de détailler sa pensée. Léa haussa un sourcil, puis les épaules. Elle n'essayait pas spécialement de lui remonter le moral, non, juste que la discussion l'intriguait, elle trouvait bizarre cette façon de vivre. Après si dans la foulée ça lui servait, tant mieux, mais son intention première n'était pas vraiment d'aider, juste d'essayer de comprendre. Bon peut-être un peu aussi de le faire bouger, parce qu'elle trouvait que cette manière d'exister était purement horrible et digne du meilleur des masochistes, mais elle n'allait pas non plus lui taper dessus pour que ça rentre. C'était son choix après tout, et même si elle ne le comprenait pas, ce n'était pas une raison pour vouloir à tout prix l'en faire changer.

Léa sursauta quand il l'attrapa. Elle n'avait jamais été très physique avec les autres, à peine avec sa famille, alors un inconnu... En temps normal, elle se serait aussitôt débattue, voire lui aurait filé par réflexe un coup de genoux dans l'entrejambe. Mais là, elle avait encore un peu l'esprit brumeux suite à cette lumière bizarre. Et puis ce n'était pas spécialement désagréable non plus, c'était chaleureux. Elle ne bougea donc pas, mais elle apprécia tout de même d'être relâchée. Se faire enlacer pouvait être plaisant un instant d'accord, mais pas trop longtemps. Ca la mettait mal à l'aise, et même si elle sentait que c'était juste une façon de remercier pour Atios, ça restait un contact physique un peu gênant. Elle rigola un peu.

- C'était pas la peine tu sais ? J'ai rien fait en plus à part te poser plein de questions. Pas de quoi me remercier. Ou alors...

La réflexion se fraya un passage entre ses neurones. Elle ne voulait pas le faire absolument adhérer à ses propres idées, elle doutait d'ailleurs que ce fut possible, il était bien trop ancré dans les siennes pour les lâcher aussi vite, mais elle pouvait bien tenter une petite expérience.

- Si tu veux me remercier, fais un truc rien que pour toi un jour ! N'importe quoi, tant que tu l'accomplis uniquement pour toi, en bon demi-humain égoïste. Pas un truc qui pourrait faire plaisir à quelqu'un d'autre en même temps, ça serait de la triche. Juste quelque chose que t'aimerais bien, qui a rien à voir avec des gens à sauver ou des machins du même genre.

Si déjà il arrivait à faire ça, ce serait un début. Pas que Léa voulait spécialement "le sauver de lui-même", mais qu'au moins il sache ce que c'était de faire quelque chose pour soi, sans tenir compte des autres. Elle ne comptait pas le rendre égoïste, non, juste qu'il puisse profiter un peu de sa longue vie lui aussi de temps en temps. Vu tout l'altruisme maladif qu'il portait en lui, il méritait amplement un peu de repos parfois. C'était trop injuste sinon. Elle l'aimait bien, et trouvait trop triste sa façon de vivre. Alors, même si elle la respectait, chacun son truc, elle voulait au moins qu'il ait un aperçu de ce qu'il avait le droit de faire, comme n'importe qui, roi ou pas, dragon ou pas.
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Re: Les bars, il n'y a rien de mieux pour oublier ses erreurs. - Mer 23 Jan 2013 - 17:37
Aha, elle ne comprenait pas le rapport entre les dragons et le phénomène. En même temps, il était dur de le deviner, sauf pour les plus rusés ou les plus réfléchis : la lumière n'était autre que l'expression des pouvoirs d'Atios. Mais qu'est-ce qui faisait de lui un être "draconique" ? Sa capacité à générer de la magie depuis l'intérieur de son corps, vers l'extérieur. Il était une centrale à magie. Le problème, c'est qu'une centrale, pour fonctionner, elle a besoin de ressources, dans note cas, de magies. Sinon, elle ne fonctionnait pas. Et un corps qui n'avait pas l'habitude d'utiliser un organe perdait lentement sa résistance aux effets de celui-ci. Ainsi, Atios avait acquis un trouble chronique de fatigue : le générateur cherchait à démarrer en boucle, mais ses réserves de magie de l'époque étant insuffisante, alors il n'y parvenait pas. Et il continuait, de vouloir démarrer, en vain. Sans jamais y parvenir et en fatiguant son utilisateur. D'un autre côté, cette spécificité ferait de lui, un jour, un dieu d'élite. Mais pour le moment, il était un dieu qui fonctionnait à pilules : pour le démarrer et le garder sous contrôle. Bon, il s'y était habitué avec le temps et s'entraînait tous les jours à le contrôler.

En fait, mon plus vieux Papa, Uther, a demandé à Merlin de bénir sa lignée avec les stigmates du Dragon rouge. Donc, racialement, je suis, j'imagine, un descendant de dragon rouge. Mais les dragons sont bien connus pour êtres des masses de magie en mouvement. Les experts et les livres m'ont appris qu'ils ont un organe interne supplémentaire qui leur permet, avec leur sang et diverses autres légères capacités, de générer en autonomie de l'énergie magique. C'est pour ça que quand il s'active, j'émets de la lumière, contrôle ma volonté.

Et plus son contrôle sur cet organe interne serait grand et plus celui-ci lui fournirait de puissance. Léa pouvait donc s'imaginer à quel point, les capacités de l'apprenti-dieu pouvaient devenir dangereuses. Il était un dragonet pour le moment, ou un dragon handicapé. Mais avec le temps, il finirait par être un véritable dragon sous forme humaine et la légende d'Arthur serait enfin honorée.

Pour ce qui être d'utile ou d'être un boulet, de sauver ou non les autres, chacun peut avoir son utilité. On ne peut pas tous être au cœur de l'action, il faut aussi des gens pour soutenir ceux qui sont dans la tempête pour pouvoir les guider. Courage ne signifie pas non plus actes irréfléchis.

Oui, le courage ne faisait pas tout, les bonnes volontés non plus. Agir correctement était compliqué, il ne le savait que trop bien. Trouver les termes justes, trouver les bonnes actions à faire au bon moment .. Tout ceci nécessitait beaucoup d'entraînement et de temps pour que cela devienne naturel. Et malgré ça, cela ne sera jamais totalement acquis : les gens finissent forcément par faire des erreurs. Léa & Atios ne seraient jamais à l'abri d'une erreur et dans un sens, tant mieux. Sans cela, c'était triste à dire, mais le monde serait ennuyeux. D'un autre côté, il ne pouvait pas savoir à quel point Léa pouvait souffrir de sa faiblesse, puisqu'il n'en savait rien. Mais bon. C'est sûr qu'il fallait se donner les moyens de parvenir à ses fins, c'était surtout ça que le jeune homme voulait exprimer. Et les gens ont tendance à ne pas essayer, à perdre espoir, quand il faut agir pour prouver que l'on en est capable. C'était ça qu'il défendait.

Et puis, Papy Fucius l'a peut-être dit, mais il n'a pas dit qu'on ne pouvait le faire soudainement, pour réagir à une situation. L'adaptation est une chose primordiale face au danger.

Il ne le savait que trop bien. Se relever, faire de son mieux, encaisser, réagir, réfléchir, attaquer, parer, se défendre. Continuer. Répéter. Innover. S'adapter. Évoluer. Toute une série d'actions qu'il avait toujours mis en œuvre pour parvenir à surmonter tous les dangers. Eh ... Ne le regardez pas comme ça, ce n'est pas lui qui disait que quand on veut, on peut. Quant au câlin gratuit qu'il venait de lui infliger, il fut assez amusé de sentir qu'elle n'était pas habituée à de telles sensations. Après tout, quelqu'un qui pouvait accéder au cœur des autres avait tendance à ne pas avoir l'habitude des vrais contacts avec les autres. Même lui, à un moment, avait appris à ne pas en avoir. Mais un jour, il avait aussi appris à se servir de ces manœuvres-là, autant dans des buts de gratitude que plus ... Enjôleur. Mais bon. Ici, ce n'était pas dans un tel sens. Rien que cette idée lui fit un peu peur. Il avait peur d'être un monstre. Mais il savait qu'ici, il ne l'était pas, ce qui lui permit d'éteindre ce doute en lui.

Faire quelque chose d'égoïste ? Sans que ça ne fasse plaisir à qui que ce soit.. ? C'est dur. Là, tout de suite, je ne vois pas. Qu'est-ce qui me ferait plaisir ? Aha..

S'il faisait ça, elle allait péter un câble. Mais bon. C'est elle qui l'avait demandé. Atios lui fit un grand sourire. Le genre de grand sourire qui vous fait comprendre que vous aviez dit une belle connerie et que vous allez sûrement en payer les frais. Le jeune homme rapprocha son tabouret de celui de Léa et se mit littéralement à la coller, en "fufutant". Oui, vous savez, ce sourire à la fois effrayant et affectueux, ponctué de monstrueux "fufufu". Le narrateur était en train de rire machiavéliquement alors que Léa subissait l'attaque d'un monstre unique et dangereux. Le "Atios" en mode "affectueux". Il posa sa tête contre l'épaule de Léa après avoir frotté sa joue contre celle de la fille aux cheveux bleus, avant de poser sa tête sur les cuisses de la demoiselle. Il lui sourit, l'air félin. Oui, le même air félin que les yeux qu'il avait précédemment. Il aurait mis sa main au-dessus de son visage, les doigts recroquevillés en griffe, qu'il serait passé pour un gros matou.

J'espère que tu n'apprécies pas, sinon ça veut dire que je dois trouver autre chose.. Meow ~♫

HRP : Désolé du temps de réponse, j'espère qu'elle te plaira !
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Re: Les bars, il n'y a rien de mieux pour oublier ses erreurs. - Jeu 7 Fév 2013 - 13:18
Léa avait l'impression d'écouter un exposé biologique mélangé à un roman de fantasy. Uther, Merlin, dragon rouge, ça sonnait comme un bon bouquin tout ça. Remarque c'était pas désagréable, mais ça faisait quand même vraiment bizarre. Donc si elle suivait bien, son délire avec la lumière c'était une sorte de manifestation de la magie qu'il créait ? Fallait suivre mine de rien. Mais s'il faisait vraiment ça, il pouvait vite devenir un dieu monstrueux. Être capable de créer la magie même, qui semblait régir toute chose et avait sûrement un lien avec leurs pouvoirs, c'était énorme. Mieux valait ne pas attirer ses foudres. Enfin si c'était possible. Vu son esprit, ça semblait difficile, mais bon tout est possible après tout.

- C'est un peu compliqué, mais ça a l'air logique.

Bizarre, mais logique. Enfin tout ce qui est bizarre semble normal dans cette académie, alors finalement... La jeune fille secoua un peu la tête sur la suite.

- Ya une utilité à être un boulet : on peut servir de bouclier ou d'appât. C'est pas génial, mais c'est toujours ça. Le problème, c'est quand on a pas de pouvoir de soin ou de protection, ça gêne un peu.

Soutenir les autres ? Elle n'était même pas de ce genre-là. Même si elle faisait des efforts avec les élèves, elle ne pouvait pas devenir une amie du jour au lendemain et encore moins une véritable force de soutien. Ce genre de choses prenait du temps, et beaucoup de force de sa part. Son domaine divinatoire volait les deux d'ailleurs. On pouvait peut-être le faire soudainement en situation particulière et dangereuse, mais ça restait exceptionnel tout de même. Beaucoup de gens n'y parvenaient pas d'ailleurs et mourraient, tout simplement. Il ne fallait pas rêver, rares sont ceux qui parviennent à cela aussi facilement.

- C'est peut-être vrai, mais à mon avis la plupart des gens y passent avant d'arriver à s'adapter. Il doit y avoir quoi un type sur des millions qui s'en sort comme ça. On a pas toujours le temps nécessaire pour réagir.

Si Atios savait très bien faire ce qu'il disait, elle aussi. Finalement, à chacune de ses missions, ça avait mal tourné pour elle. C'était un miracle qu'elle ne soit pas morte encore plusieurs fois. Enfin non, en fait c'était surtout grâce à ceux qui l'avaient accompagnée - ou embarquée de force suivant les cas - mais pas à elle. On avait beau lui dire qu'elle arriverait bien à être utile, à faire autre chose que le boulet de service, elle avait toujours du mal à le croire. Et quand elle essayait... ça finissait toujours mal. S'adapter n'était pas vraiment le problème, elle arrivait à réfléchir dans les situations mauvaises et à agir, le soucis venait du fait qu'elle n'avait pas les compétences nécessaires pour réaliser ses plans. Ou que le danger était trop grand pour qu'elle puisse le vaincre. Souvent les deux en même temps.

Léa attendit la suite. Atios semblait réfléchir sérieusement à quelque chose qu'il pourrait faire juste pour lui. Elle ne croyait pas qu'il comptait agir tout de suite, plutôt qu'il aurait besoin de temps pour choisir quoi faire.

- J'ai pas dit tout de suite hein, tant que tu finis par le faire c'est bi-hey !

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il était plus que surprenant ce garçon-là. La jeune fille rougit, gênée par tant de proximité, c'était vraiment pas son truc les contacts physiques. Mais il la fit éclater de rire, il ressemblait trop à un gros matou pour qu'elle s'énerve contre lui. Et puis ma foi, elle l'avait cherché après tout. Ca faisait très bizarre, elle n'était pas habitué à ce que le chat soit aussi humanoïde, mais c'était vraiment la même chose côté comportement. D'ailleurs elle nota qu'il avait repris ses yeux étranges, qui renforçaient énormément l'idée de félin, sans compter son meow mélodieux. Du coup elle le laissa sur ses cuisses en rigolant, toujours un peu gênée mais moins que si c'était une autre personne. Ca avait trop naturel pour que ce soit vraiment dérangeant.

- Je peux pas dire que j'apprécie, c'est hyper bizarre ton truc, mais c'est marrant. Tu ronronnes aussi ou tu fais juste cet espèce de... heu... fuuufu ?

Son imitation n'était pas géniale, mais bon c'était le genre de bruit difficile à reproduire. Et puis niveau concentration c'était pas trop ça, essayez donc de le faire avec une espèce de matou apprenti dieu dragon sur les genoux. Pour avoir eu des chats de son vivant, Léa connaissait un minimum leurs goûts, et puisqu'Atios avait l'air d'avoir bien plus d'eux que du draconique en terme de comportement et de goût... elle testa la chose en venant lui gratouiller l'arrière d'une oreille, pour voir s'il allait faire encore fufu ou alors ronron.
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Re: Les bars, il n'y a rien de mieux pour oublier ses erreurs. - Lun 11 Fév 2013 - 15:41
Nyah~... Tu te dénigres vraiment trop. Pour ma part, tu ne seras jamais un boulet.

D'ailleurs, il en fallait beaucoup pour que Mister Deus considère quelqu'un comme un boulet. Parce qu'à ses yeux, tout le monde avait des capacités, aussi loufoques et inutiles, soient-elles. Et il doutait fortement que Léa soit aussi inutile qu'elle le pensait. Viendrait sûrement un jour où ce serait à elle de sauver quelqu'un. Et c'est à ce moment-là, à un moment où elle voudra parvenir à obtenir le résultat qu'elle désire, qu'elle se donnerait les moyens de briller là où d'habitude, elle se considère comme inutile. Mais pour Atios, c'était normal. De faire de son mieux en permanence. De ne jamais trébucher. De ne jamais abandonner. Et même quand il était dépossédé de toute volonté, il réussissait en passant in-extremis. Capacité qui lui valait la haine de beaucoup de gens envieux, par ailleurs. Mais Léa avait raison. Il avait vu beaucoup de gens mourir, car ils ne réagissaient pas assez vite. Car ils ne s'adaptaient pas assez vite. Et malgré ses efforts pour protéger les autres, il s'était rapidement rendu compte qu'il ne pouvait pas être partout à la fois. Et même si dans la vie il fallait faire des choix, lui avait fait le choix de tout tenter en même temps, quitte à échouer partout.

Il était condamné à regretter de ne pas être parfait. Mais la fierté d'avoir tout essayé mais d'avoir échoué était plus satisfaisante que l'idée de se rendre compte qu'il y avait finalement eu un espoir qu'il avait écarté. Et cette façon de pensée rendait Atios à la fois extrêmement fort, tellement fort qu'on pouvait l'imaginer déplacer l'univers entier par ses efforts, et à la fois extrêmement faible, broyer par l'univers qu'il voulait lui-même déplacer. C'est ainsi qu'il finissait par avoir besoin des autres. Mais il n'avait pas le droit d'extérioriser ses souffrances, qui pourraient dévorer et blesser les autres. Il serait condamné, dans la plupart des cas, à tout contenir derrière lui ses sourires et ses regards enjôleurs de héros au joli minois et derrière son épée sacrée titulaire d'un héritage et d'une glorieuse histoire, qui serpentait dans l'infinité du temps : passé, présent et futurs étaient témoins des exactions du jeune homme, qui se battait pour contrecarrer l'anathème d'un monde où il valait mieux vivre pour soi plutôt que pour les autres, quitte à le faire seul. D'ailleurs, preuve qu'il était doué dans le mensonge et la manipulation : ses pensées étaient réellement en décalage par rapport à son attitude simulée de gros chat à taille humaine. Mais après tout, il n'y avait pas de chemin pour repartir dans le passé. Non, il était incapable de réécrire le passé. Il était juste capable de se battre pour créer un miracle appelé "futur". Mais pour le moment, "Atios", Arthur Pendragon, était occupé à faire le chat sur les cuisses de Léa Dolce, qui lui demandait s'il pouvait ronronner.

Aha, ça aurait été cool, mais il n'avait pas la capacité de reproduire ce mécanisme des félidés domestiques. Rugir, à la limite, mais ce n'était pas l'imitation d'un lion, mais bien d'un chat. Alors, il "fufuta" légèrement, malicieusement, quand elle se mit à lui grattouiller l'oreille. Il ferma les yeux, assez satisfait de se cette attention. Atios était, de toute manière, passivement, un gros matou. S'il aimait bien la personne, cela ne lui dérangeait aucunement d'être la cible de marque d'affection. En revanche, s'il n'avait pas confiance en la personne, il décampait façon félidé, le regard haut, la truffe au vent, avec un petit côté précieux. Mais bon. Les gens ainsi sont assez séduisants. Sinon les chats n'auraient pas autant de succès. Après tout, le meilleur ami de l'homme est censé être le chien, pas les chats. Quoique certains chats étaient plus fidèles que certains chiens, il pouvait le certifier par expérience personnelle.

Soudainement, il rouvrit lentement les yeux. Ses deux yeux félins, de chasseurs. Mais ils n'exprimaient rien. Ni chasse, ni sentiments. Ils se déposèrent dans ceux de Léa, comme deux phares venus taquiner les fenêtres d'une maisonnée pendant la nuit. En l'espace de quelques secondes, Atios s'était presque établi en silence radio mental. Sa main s'était relevée vers Léa. Elle semblait vouloir attraper le plafond du bar. Finalement, Atios, tentant de s'extérioriser de son point de vue, vint simplement affirmer et demander, avec simplement de la curiosité :

Tu vois ? On peut facilement créer des liens. Nous en sommes la preuve. Comme l'a dit ton ami, des gens qui seront là pour toi, en qui tu pourras avoir confiance, ou qui pourront avoir confiance en toi, il y en a... Il y en a plein. Il suffit juste de les trouver. Et parce que je t'aime bien, je me ferais un point d'honneur à t'aider à avancer, même si on se connaît pas beaucoup. Si bien sûr, tu le désires.

Sa main retomba, comme emportée par le poids de la gravité. Il lui fit un grand et chaleureux, quoi qu'incertain, sourire.

On a tous vécu de terribles épreuves. On en vivra d'autres. Et on aura tous besoin de quelqu'un pour avancer. C'est ce que j'ai tendance à oublier me concernant. Me feras-tu confiance, à moi, le plus imparfait des perfectionnistes ?

Il pouffa de rire. L'ambiance avait tellement changé. Elle sonnait tellement plus... Lourde de sens, grave et prenante. Comme diraient certains, c'était presque l'heure de la séquence émotion, aha.

Je sais que je suis plein de défauts. Mais... Je veux quand même qu'on soit ami ... Nyah~

Aha, il était vraiment insaisissable celui-là. Passer de la plus ridicule et fidèle imitation de chat après être passé par un débat philosophie sur un fond de déprime pour arriver à tendre la main à une inconnue, avec le sourire, dans des perspectives pleines d'espoirs ... Peut-être qu'il faudrait ajouter au dictionnaire le mot "Atios" pour définir la sincérité de cette personnalité atypique et unique en son genre. Au final, peut-être que le sel du jeune homme provenait de cette unique façon de voir les choses... En tout cas, Léa avait rencontré sûrement quelqu'un qui ne risquait pas de la laisser indifférente. Un phénomène en puissance, un beau parleur ou un héros, un crétin ou un génie, ou plus simplement un être humain qui faisait de son mieux malgré le reste de l'univers qui persistait à vouloir lui faire abandonner ses rêves les plus charmeurs.
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