Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Les Armes du Chevalier, Deuxième Partie. [SOLO]

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Les Armes du Chevalier, Deuxième Partie. [SOLO] - Mar 1 Jan 2013 - 15:01


Mon aventure venait de commencer ! Et il fallait bien avouer que j’étais tout heureux à l’idée de m’y mettre. Pour ceux qui n’auraient pas suivi, et croyez moi que je ne blâme personne. Après tout, tous le monde n’a pas forcément le temps pour venir lire l’histoire d’un unique professeur dont le cours est souvent séché parce que la matière enseignée est barbante. Qu’à cela ne tienne, vu ma façon de voir les choses je suis déjà suffisamment connu comme ça dans l’Académie. Et si les élèves n’apprécient pas forcément mes cours, je sais que beaucoup m’aime en tant que personne. Bref, reprenons notre récit. Une simple journée avant les évènements qui vont suivre, j’eus la surprise de trouver dans ma chambre un colis mystérieux renfermant une rapière et une dague. Bien que maître du Temps et connaisseur de toute l’histoire je fus incapable de voir correctement la vie du chevalier qui utilisa ces armes. Cependant, planqué dans le fourreau de la dague, je trouvais un parchemin sur lequel était inscrite une énigme. Je passais une bonne partie de la nuit à la déchiffrer, mais je réussis cette première épreuve. Il existait un livre écrit par la main de Dieu lui-même, caché quelque part dans la Bibliothèque de la Deus Academia. Dans ce livre était décrite l’histoire du chevalier dont je n’avais put lire la vie. Ma curiosité, trait légendaire de mon caractère, ne fit qu’un tour, dès le lendemain, je me rendais à la Bibliothèque. Maintenant il est temps pour moi de vous raconter la suite de cette aventure.

La nuit précédente n’avait pas été très longue, et je m’étais levé tôt pour donner mes cours. Seulement voilà, mon appétit pour le mystère des armes du chevalier était tel que je ne ressentais pas la moindre fatigue. En revanche, pas question d’attaquer la suite sans avoir manger quelque chose. Je me rendais donc en priorité à la Cafétéria et mangeait en vitesse. Ceux qui étaient habitués à me voir rester à table de longues heures, quitte à perdre du temps dans mon travail en furent surpris. Mais je n’avais tout bonnement aucune minute à perdre. La Bibliothèque comptait trente étages, trente étages de connaissances. J’avais certes l’éternité devant moi, mais la curiosité était en ce cas un bien vilain défaut. Je voulais absolument découvrir ce livre, non seulement pour élucider le mystère, mais aussi pour le privilège de tenir entre mes mains un ouvrage de la main de Dieu. Bien entendu rien ne me disait qu’il était de lui, mais mon âme d’historien et d’archéologue l’espérait de tout cœur.

J’entrais donc dans la Bibliothèque et ne put que pousser un soupir en me rendant vraiment compte de l’immensité de ma tâche. Je n’étais qu’au rez-de-chaussée, l’étage certainement le moins fourni. Il y avait ici moins de place pour les étagères de livres car il y avait d’abord un espace occupé par l’entrée, un autre par le long guichet où l’on venait emprunter des livres. Enfin le rez-de-chaussée était surtout garni de tables pour que les élèves et les professeurs puissent venir y étudier, y lire. Mais même avec toute cette place en moins, les ouvrages rien qu’à cet étage se comptait déjà par milliers. Fort heureusement pour moi, je n’avais pas à fouiller cet étage, ni le premier, et le second non plus. Pourquoi ? Tout simplement parce que j’avais déjà lu tous les ouvrages s’y trouvant. Mais cela représenté environ 20 000 ouvrages me direz-vous ! Que voulez vous, certainement une autre facétie de mon pouvoir. J’avais déjà remarqué que ma capacité à réfléchir avait été augmenté, pour ne pas dire dopée. J’arrivais à raisonner beaucoup plus vite que de mon vivant, entrecroisant facilement des dizaines d’idées, toutes diverses, sans jamais m’y perdre. Ainsi je pouvais penser au plaisir que me procurait ma cigarette, tout en pensant à une conversation que j’avais eu une semaine plus tôt avec Eve, bien sûr en pensant à ce que j’allais manger le soir même, en additionnant à ceci le plan que j’allais donner à faire à mes élèves pour leur prochain contrôle et, cerise sur le gâteau, me réciter une chanson que j’aimais bien. Tout ce joli vacarme en même temps, une réflexion pratiquement impensable. L’être humain normal étant capable de penser à maximum deux choses à la fois, peut-être trois…et finissait très vite par s’y perdre, ou encore mettre de côté l’une des choses sans s’en rendre compte. Mais tout allait si vite dans mon esprit que je n’avais pas ce problème. Au début je m’y perdais, totalement déboussolé par le nombre d’informations que j’arrivais à analyser en même temps. Le temps et l’entrainement joua en ma faveur, et aujourd’hui penser à une dizaine de choses en quelques secondes était devenu une pratique tout à fait naturel.

Tout ceci pour dire qu’il en allait de même avec la lecture. Je me surpris même, quelques semaines auparavant, à lire un traité d’alchimie d’environ 1500 pages en à peine deux heures…et en ayant retenu le contenu du livre jusqu’à sa moindre virgule. A ce rythme là, lire autant de livres en six mois n’était pas du domaine de l’impossible, mais du faisable. D’autant plus que la majorité des livres que je lisais ne me prenait qu’une dizaine de minutes. Mais tout de même, toute la Bibliothèque ! Je m’allumais une cigarette tandis que je me dirigeais vers l’escalier. Tranquillement je grimpais jusqu’au troisième étage que je n’avais qu’à moitié exploré, je méditais sur l’ampleur de la tâche qui m’attendais, sentant le poids des vingt-sept étages suivants sur mes épaules. N’y avait-il pas un moyen plus rapide. Je me voyais mal arpenter chaque étage, observer chaque livre. D’autant plus que je n’avais pas vraiment envie de perdre mon temps. J’étais pressé comme un gamin voulant ouvrir ses cadeaux de Noël. Mais tandis que je posais enfin le pied sur le palier du troisième étage je ne pouvais que faire face à la difficulté de mon entreprise. Je m’avançais donc dans les rayons. Cet étage était bien plus rempli. De longues et hautes étagères s’étendaient sur une longueur d’au moins trente mètres, espacés d’un mètre cinquante tout au plus entre elle. Je comptais au total une quarantaine d’étagères. A cet étage, il n’y avait que des bouquins, et uniquement des bouquins. Je vis quelques élèves, mais ils étaient rares et tous très absorbés par leur livre pour faire attention à moi. Je ne savais trop pourquoi, mais je n’avais envie de parler de ceci à personne. Certainement mon caractère d’archéologue qui voulait à tout prix s’attribuer le mérite d’une découverte. Mais je n’avais pas vraiment un penchant égoïste. Non c’était autre chose, plutôt comme une fascination pour ce mystère, je me sentais attiré, je me faisais comme une véritable mission de mettre toute cette affaire à jour. Autant j’étais plus qu’enthousiasmé à l’idée de poursuivre mes recherches, autant, au fond, j’étais effrayé.

J’entrais dans le premier rayon, le plus à droite de l’immense étage. La longue étagère se profilait devant moi et je commençais mon inspection. Ce n’était pas ce livre, ni celui là, tiens de la poésie. Ce livre là était vieux mais parlait de plantes médicinales, celui-ci de la construction de machines de guerre à l’époque Romaine, celui là de psychologie, un autre de maçonnerie, le suivant de la voyance par la numérologie. Le temps passa, beaucoup de temps tandis que j’arpentais les galeries du troisième étage. Je croisais des auteurs du monde des vivants, Rowling, Tolkien, Goodkind, King, Lévy, Sarraute, Camus, Sartre, Beauvoir, Dumas, Maupassant, Marquez, Bazin, Ionesco, Hugo, Verne, Ronsard, Prévert, Baudelaire, Apollinaire, Zola, Chateaubriand, Voltaire, Diderot, Rousseau, Montesquieu, Freud, Foucault, Balzac, La Fontaine, Perrault, Molière, Racine, Shakespeare, Corneille, Sun Tsu, Cervantès, Rabelais, La Sale, Gérard de Crémone, Marcadé, Chrétien de Troyes, Nostradamus, Pline l’Ancien, Jules César, Hérodote, Aristote, Platon, Dion Cassius, Eschyle, Homère, Sophocle, Xénophon d’Ephèse et tant d’autres. Tous ces grands auteurs côtoyaient de près des ouvrages sans noms, ou des auteurs dont je n’avais jamais entendu parler. Les titres se succédèrent eux aussi, sans jamais me mener sur la piste de mes recherches. Je n’avais que faire de Le Géant des Nuits Célestes, de Carnage à Karnak !, de Petit traité des mets divins, de Bestiaire de l’Entre-deux Mondes, de Comment bien élever sa goule, de Usage et applications des champignons à bulbe, de Quand les fourmis domineront le monde, de La semaine folle de la petite Lilya, de Le Monde d’Harmonia, son histoire, ses secrets, ou même de Saladin l’Harmonien, un sacrifice qui sauva son monde. Au total, huit longues heures passèrent, j’avais écumé tout cette étage et n’avait trouvé aucun trace du livre que je cherchais.

Cependant je ne me décourageais pas, ce n’était qu’un étage parmi tant d’autres, et en gardant un tel rythme de recherche je pouvais espérer avoir visité chaque étage d’ici trois semaines. Bien entendu je ne lisais pas les livres, sauf quelques pages de ceux qui ne portaient pas de titre. Je descendais donc les étages, la fin au ventre…seul horloge en quelque sorte que je portais. Je n’avais pas vu le temps passer mais mon ventre me grognait que la journée était suffisamment avancée pour aller dîner. Encore une fois je me rendais à la Cafétéria mais j’y restais plus longuement, m’isolant des autres. Ceux-ci en furent une nouvelle fois surpris, ayant l’habitude de me voir discuter avec eux, échanger un peu d’histoire et des plaisanteries. Je restais dans mon coin, une cigarette à la main mon calepin dans l’autre. J’avais beau retourné encore et encore l’énigme du parchemin, relire mes notes, je ne trouvais pas le moindre plus petit élément qui aurait put m’indiquer de meilleures façons l’emplacement. Je ne pouvais tout simplement pas passer presque un mois entier à écumer la Bibliothèque en long comme en large ! Je restais assis à ma table pendant deux bonnes heures, réfléchissant à mon problème. Mais rien ne venait, pas la moindre inspiration pas la moindre idée. Je devais me rendre à l’évidence, mis à part en cherchant je ne pouvais me soustraire à une très longue recherche. C’est ainsi, alors que la nuit tombait, que je regagnais la Bibliothèque. Par chance je n’avais pas de cours à donner le lendemain matin, en m’y prenant bien et en restant éveillé toute la nuit je pouvais arpenter en long, en large et en travers les quatrièmes et cinquièmes étages.

J’entrais donc dans la Bibliothèque, la cigarette au coin de la bouche, priant intérieurement de trouver le livre que je recherchais. D’ailleurs…pourquoi n’y avais-je pas pensé avant ? Il y avait bien là des assistants bibliothécaires à qui je pouvais poser la question. C’en était tellement simple que je me trouvais stupide de ne pas y avoir pensé avant. Je m’approchais donc des guichets et m’adressais à un petit homme, assez vieux, le crâne dégarni, les yeux tombants sous ses lunettes rondes, le visage ridé, le teint usé et fatigué. Un vieillard avec qui j’eux déjà le plaisir de discuter, un dénommé Rodrick.

- Que puis-je faire pour vous Professeur Alighieri.
- Je cherche un livre…
- Mais encore ?
- C’est un livre écrit par la main de Dieu lui-même, dont je ne connais pas le titre, ni l’aspect, ni même le sujet…

Rodrick souleva son œil gauche comme si il semblait surpris. Mais il ne broncha pas. La Deus Academia était un lieu étrange, la Bibliothèque l’était aussi, beaucoup d’ouvrages étaient emplis de mystères. Il devait être habitué à entendre des demandes étranges du même bois. Il me demanda d’attendre et disparu dans une petite pièce derrière les guichets, certainement un lieu où on répertoriait les ouvrages. Le temps passa, trop longtemps, et par ennui je laissais mon regard vagabonder sur des détails inutiles. Entre autre je regardais la composition du guichet de ce brave Rodrick. Il avait un petit tabouret en bois, son guichet semblait avoir été taillé dans le même arbre. Le tout était poli et ciré, particulièrement bien entretenu…j’aurais juré que même à la loupe on n’y aurait trouvé le moindre grain de poussière. Il avait une petite pile de papiers sur son bureau, essentiellement des lettres de retards dans les prêts. Un gros tampon avec son encrier pour tamponner les livres quand les étudiants venaient les prendre. Sur le côté une pile de livres posés dans une caisse. Sur la caisse il y avait une étiquette où il y avait simplement marqué « A ranger. ». Il avait aussi des stylos, essentiellement à papier, mais aussi une longue plume de paon à l’ancienne avec son encrier, et un petit bocal de poudre pour faire sécher l’encre. Dernier détails du petit bureau, une petite lampe éclairant faiblement mais suffisamment pour écrire sans sa fatiguer les yeux. Et enfin, seule fantaisie du bureau, une sorte de cube en obsidienne, d’environ dix centimètres de côtés et aux surfaces polies. Je pensais quelques instants qu’avec un trou dans le cube, cela aurait fait un beau cendrier. Mais c’est à ce moment là que Rodrick revint la mine toujours aussi sombre. Amusant de voir comment ce petit personnage semblait si patibulaire alors qu’il était particulièrement serviable et de très bonne conversation.

- Il n’y a pas d’ouvrages écrits par Dieu ici professeur.

Je m’en doutais, la tentative avait été vaine. Mais après tout, j’avais au moins essayé. Et puis, l’énigme mentionnait un ouvrage caché, j’allais donc devoir, seul, m’employé à le trouver. Cependant Rodrick me tendit une feuille avec quelques titres griffonnés à la va vite dessus.

- Si cela peut vous aider professeur voici une petite liste d’ouvrage mystérieux de la bibliothèque.
- Merci beaucoup Rodrick.

Je m’éloignais du guichet, regardant sans espoir les titres que m’avait donné le gentil vieil homme. Les titres étaient tous mystérieux, portant tous le mot « Dieu ». Mais aucun ne me sembla vraiment très pertinent dans ma recherche. Cependant je pliais le papier et le mis dans ma poche. Après tout, on ne savait jamais ! Pensant à la très longue nuit que j’allais passer, je pris le chemin de l’escalier.
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Re: Les Armes du Chevalier, Deuxième Partie. [SOLO] - Lun 14 Jan 2013 - 17:42

Une semaine que j'allais et venait dans cette foutue Bibliothèque sans même avoir réussi à trouver le moindre petit livre, pas même le moindre manuscrit, pas même le moindre petit codex, pas même le moindre petit parchemin, pas même le moindre feuillet, en rapport avec mes recherches. Une semaine que je dormais trois heures par nuit, trop occupé à passer du temps à travers les rayons. Une semaine que je négligeais mes cours d'une façon magistral. Un matin même, je ratais tout un cours en oubliant de me lever...passer tout ce temps dans la pénombre de la Bibliothèque me faisait perdre la notion du temps. Tout ce temps, tous ces efforts, toutes cette fatigue et je n'en étais qu'au dixième étage. La tâche semblait impossible...à ce rythme là j'aurais arpenté chaque étages au bout d'un mois, et je désespérais de voir un jour le fameux ouvrage écrit par Dieu.

Quoiqu'il en soit la suite fut plus heureuse pour moi. Au bout d'une semaine, je tombais de fatigue dans ma chambre et dormais toute une journée complète. Le soir, me réveillant, la nuit était en train de tomber et je pestais contre moi d'avoir perdu toute une journée d'investigation. Je relativisais en pensant que vu que j'avais dormi toute la journée, j'avais toute la nuit devant moi pour retourner à la Bibliothèque. Je m'allumais une cigarette et m'y dirigeais donc. J'avais tellement fait le trajet pendant cette semaine que j'aurais été capable de le refaire les yeux bandés. Bientôt j'entrais dans ce lieu de connaissances. Rodrick était là, examinant une pile d'ouvrages qu'il fallait remettre dans leurs rayons. Je lui fis un petit signe de la main et me dirigeais vers l'escalier. Ce faisant, je pensais à Rodrick et tirais de la poche intérieure de ma veste la petite liste d'ouvrage qu'il m'avait fait. Il y avait cinq ouvrages en tout, leur titre, leur étage, leur numéro de rayons ainsi que d'étagères. Il devait être difficile de les rater.

Il y avait tout d'abord Les Mystères Divins d'un auteur inconnu, au treizième étage, quatrième rayon, dixième étagère. Ensuite venait Quand Dieu se manifeste d'un certain Eugène P. Alix au dix-septième étage, dixième rayon, troisième étagère. S'en suivit Dieu et la censure d'un auteur inconnu, au vingt-neuvième étage, quinzième rayon, huitième étagère. Puis vinrent les deux derniers, tout deux d'un dénommé Barnabé Elisyus Les secrets du monde céleste et L'histoire sous contrôle. Ces deux derniers se trouvaient au vingt-deuxième étage, rayon douze, étagère seize. Ces titres étaient intéressants, et Rodrick connaissait cet endroit sur le bout des doigts. Même si j'avais peu d'espoir de trouver quoi que ce soit d'utile là dedans il ne coutait rien d'essayer. Je grimpais donc au treizième étage pour commencer par Les Mystères Divins.

Trouvé le livre fut d'une simplicité étonnante grâce aux indications données par Rodrick. Si seulement j'avais sous la main les mêmes indications pour l'ouvrage de Dieu je n'aurais pas perdu autant de temps. Quoiqu'il en soit je posais bientôt ma main sur Les Mystères Divins. Un livre épais d'environ 500 pages à la reliure en cuir abîmée et aux pages jaunies par le temps. Je m'asseyais là, dans le rayon et commençait ma lecture.
Au bout d'une heure je refermais le livre avec un sourire. Cr Rodrick était vraiment un être d'une rare intelligence pour m'avoir mis sur le chemin de ce livre sans savoir ce que je cherchais. Le livre, dans sa plus grande partie parlait d'étranges manifestations sur Terre, des phénomènes inexpliqués que l'on attribuait à Dieu. Le livre ayant été écrit il y a longtemps, la plupart de ces mystères avaient été résolus par la science. Mais certains éléments attirèrent mon attention. Le livre parlait de sources historiques, papyrus, livre, parchemins, actes de notaires et autres formes de supports qui disparaissaient étrangement, ou brulaient sans qu'aucune flamme ne soient à leur portée. Des documents perdus à jamais. Il y avait une citation du théologien et moine St Benoit d'Aniane qui disait “Si ces documents disparaissent, c'est que quelque part là-haut, le Tout Puissant a jugé que des histoires ne devaient pas être retenues.”.

Beaucoup seraient prêts à me dire que ce n'était qu'une citation, un seul et unique élément, et pourtant moi cela me donnait plus d'espoir que j'en avais eu depuis une semaine. Cette histoire de source historiques qui disparaissent concordait tout à fait avec cette histoire du chevalier que j'étais incapable de voir, comme si sa vie avait été effacé de l'histoire. C'était une preuve, non pas vraiment, mais au moins un indice sur d'étranges manifestations par rapport à l'histoire et à la mémoire. Je rangeais le livre et m'allumais une cigarette avant de me rendre au dix-septième étage afin de mettre la main sur Quand Dieu se manifeste. Encore une fois je trouvais le livre, je le lisais durant une heure et demie et y trouvais les mêmes éléments. Encore des écrits sur des soucis historiques qui disparaissent. Mais Eugène P. Alix parlait aussi de personne qui perdait, presque du jour au lendemain, des morceaux de mémoire relatifs à une journée, une semaine, parfois plus, de leur vie. Je commençais à me poser des questions, avais moi même subit quelque chose de la part de Dieu si bien qu'il avait supprimé certains éléments de ma mémoire. Non, c'était impossible, autrement pourquoi aurait-il fait de moi le Dieu du Temps. Il ne pouvait censurer celui qui voyait l'histoire, il ne pouvait empêcher la vision du Temps pour celui qui le contrôlait. Dans ce cas, il était possible que ce morceau dans le temps, cette histoire effacé du chevalier, était le fait de Dieu...mais pourquoi ?

La nuit était déjà bien avancée mais je courais au vingt-deuxième étage pour trouver les deux livres de Barnabé Elisyus, surtout celui qui se nommait L'histoire sous contrôle. J'arrivais au fameux étage et continuais à courir pour trouver le rayon et l'étagère où était posé ces deux livres. Ils tombèrent rapidement sous ma main, grâce aux informations précieuses de Rodrick et j'entamais bien vite la lecture de Les secrets du monde céleste. Mais à la fin de la lecture je rangeais le livre assez déçu, il n'y avait pas dans celui ci la moindre information intéressante et je me lançais donc dans L'histoire sous contrôle. Je fermais le livre deux heures plus tard...au dehors le soleil commençait à se lever. Mes sourcils froncés je repensais à ce que je venais de lire. Ce Barnabé Elisyus avait été un prêtre orthodoxe qui avait consacré sa vie à l'étude des mystères divins. A sa mort il lui fut ouvert le royaume des cieux où il écrivit cet ouvrage. Ce n'est que bien plus tard que le livre arriva dans les étagères de la Deus Academia. L'auteur affirmait que Dieu lui même effaçait de l'histoire des personnes, des évènements, parce qu'il jugeait que l'histoire ne devait pas les retenir. Ces révélations m'occupèrent l'esprit. Pourquoi Dieu lui même effacerait-il certaines choses de l'histoire ? Qu'est-ce que ce ces gens avaient bien pu faire de leur vivant pour mériter d'être ainsi oubliés ? Plus troublant encore, le livre disait que les cas de ce genre étaient nombreux, voir très nombreux. C'était à faire tourner la tête, l'auteur parlait de milliers de personnes qui avaient disparu de l'histoire du jour au lendemain.

Tandis que je marchais vers le vingt-neuvième et avant dernier étage pour mettre la main sur le dernier ouvrage, Dieu et la censure, je repensais à tout ceci, le mettant en lien avec ma propre situation. Ce chevalier dont je ne pouvais voir l'histoire, qui était-il ? Il ne faisait plus aucun doute, il avait certainement subit le même châtiment que celui expliqué dans ces livres. Mais qu'avait-il fait dans sa vie pour subir ce châtiment ? Etais-je en train de poursuivre l'histoire d'un homme dangereux...c'était fort probable. Mais cela ne me décourageais pas. Quel danger y'avait-il ? Le chevalier aurait peut-être un être violent et sanguinaire, il 'était mort depuis plus de 400 ans, en somme je n'avais pas grand chose à craindre. Mais j'avais toujours cette volonté, la volonté de l'historien...je voulais mener toute cette affaire jusqu'à son terme. Plongé dans mes pensées j'arrivais enfin au vingt-neuvième étage.

Il régnait ici une ambiance de cathédrale. Pas le moindre, bruit, pas âme qui vive. Tandis que je parcourais les rayons je fis plusieurs constatations. Premièrement l'endroit ne devait pas être souvent fréquenté, l'éclairage était faible, composé de quelques lustres à bougies dont la cire coulait sur le sol. L'air était empoussiéré, ainsi que les livres, signe que personne ne devait venir consulter les livres ici. J'approchais du sommet de la bibliothèque et comprenais que c'était un endroit rare, presque sacré. Un endroit où peu de gens devait poser le pied. Il fallait croire aussi que la rareté des livres allait en augmentant avec les étages. J'eus beau réfléchir et chercher, aucun titre ne m'évoqua quoi que ce soit. Et pour ce que j'en vis, une immense majorité des livres de cet étage n'avait pas d'auteurs. Quoiqu'il en soit malgré ceci je mettais assez vite la main sur l'ouvrage que je cherchais. M'asseyant à même le sol je me plongeais dans la lecture de ce cinquième et dernier livre. La lecture fut très intéressante, très constructive. Il se trouvait que Dieu avait fait la censure de beaucoup de choses, énoncer des sentences, et d'autres choses peu agréables. Tout ça certes pour la bonne conduite du monde, mais certaines choses restaient horribles. Comme on le disait, il avait en quelque sorte de petits maux pour de grands biens. Mais vers la fin du livre que mes yeux s'écarquillèrent...

Il était fait mention de ce que je cherchais, il était fait mention du fameux ouvrage secret. Je ne connaissais pas l'auteur de Dieu et la censure mais je lui devais une fière chandelle. Il disait que Dieu aurait tenu pendant des siècles toute une série de parchemins, seule trace écrite des morceaux d'histoire qu'il avait effacé. Dieu lui même tenait à ce qu'il reste au moins une trace de ces éléments qu'il avait fait disparaitre. Cependant, tel que le disait le livre. Pour empêcher de mauvaises âmes de mettre la main sur ces papiers, il aurait transformé tous ces parchemins en un objet qu'il aurait scellé et envoyé sur Terre. On disait que le système permettant d'enlever le sceau de l'objet était si ingénieux qu'aucun être humain n'aurait jamais l'intelligence de l'ouvrir. En somme ces fragments d'histoires oubliés étaient bien gardés.

Il n'était pas loin de dix heures du matin et la fatigue commençait à se faire sentir à nouveau. Je me frottais le visage dépité et me levais, rangeant l'ouvrage sur son étagère. M'allumant une cigarette je prenais la direction des escaliers. Depuis le début je cherchais un livre, mais l'ouvrage écrit par Dieu était en fait un objet...un objet qui se trouvait sur Terre. La Deus Academia n'était pas grande, j'aurais put avoir une chance de le trouver, mais sur Terre...c'était impensable. Ou alors j'allais devoir y employer des siècles et des siècles. J'arrivais bientôt dans le hall, voyant Rodrick afférer au travail. De nombreux élèves arpentaient le rez-de-chaussée. Je pestais intérieurement sur ce foutu parchemin qui m'avait envoyé sur une fausse piste. Pourquoi le parchemin avec ces armes parlait-il d'un ouvrage et non pas d'un objet...et pourquoi m'avait-il demandé de chercher dans les coins sombres ?

Je passais devant Rodrick qui comme à son habitude me demanda comment s'était passé mes recherches. Je maugréais en disant que j'en étais au point mort. Je vis soudainement tout un groupe d'élèves entrer dans la Bibliothèque en plein fou rire. J'eus soudainement envie de passer ma colère sur eux...par exemple...en leur jetant ce gros cube d'obsidienne que conservait Rodrick à la gueule. Et soudainement, je repensais aux mots du parchemin et me penchait vers Rodrick particulièrement excité.

- Rodrick, où as-tu trouvé ce cube noir ?
- Sur Terre, de mon vivant...pourquoi ?

Je le pris dans mes bras et le soulevais en l'air en criant des hourras stridents. Je le reposais, il semblait affolé par mon attitude et beaucoup d'élèves autour de nous me dévisageaient étrangement.

- Je dois te le prendre, je suis presque certain que c'est ce que je cherche !
- Cette babiole...un ouvrage écrit par Dieu, j'en doute...mais vas-y prend le, je m'en servais juste comme presse papiers...

Je prenais le cube d'obsidienne dans mes mains et m'en allait à grands pas vers un étage plus tranquille de la Bibliothèque. Ce banal cube que j'avais sous les yeux à chaque fois que je venais parler à Rodrick était l'ouvrage de Dieu mentionné dans la livre, le fameux ouvrage scellé et envoyé sur Terre. Et il était aussi clairement évoqué dans le parchemin. Par coins sombres je n'avais pas pensé à la base latine. Coins venait de cuneus “tout objet ayant la forme d'un coin”, comme un cube, et sombres venait de subumbrare “composé d'ombre”.L'ombre ici était la couleur du cube, cette fameuse couleur d'obsidienne. Ce petit cube de dix centimètres de côtés était l'ouvrage de Dieu qui gardait en mémoire les éléments effacés du temps, c'est là dedans que je trouverais l'histoire du Chevalier. Il ne restait plus qu'à trouver comment je lisais...un cube...
Les Armes du Chevalier, Deuxième Partie. [SOLO]
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