Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


École des dieux RPG


Forum RPG
 

 

 Le monde entier a honte de toi, Maya...

 
♦ Rose ou chou ? : Rose
♦ Combien de rides ? : 21
♠ Petits messages : 881

Feuille de personnage
Niveau:
15/30  (15/30)
Expériences :
15423/2000  (15423/2000)
Votre domaine: Matérialisation/Dématérialisation
avatar
Délégué(e) de la Communication
Délégué(e) de la Communication
Voir le profil de l'utilisateur
Le monde entier a honte de toi, Maya... - Dim 23 Déc 2012 - 11:40
Image personnages :
Agglow Motashi
/
Maya Tensho

Bras tendu et main gauche posée sur le mur devant elle, Maya s'observe dans le miroir. Un vilain filet de sang s'échappe de ses narines, coule le long de ses lèvres et s'égoutte dans le lavabo. Des ecchymoses et des égratignures recouvrent une large partie de son visage. Elle baisse la tête et crache de la salive mélangée à du fluide sanguin. Elle tousse un peu. Elle relève la tête. Elle soupire.

La jeune femme se redresse, fouille dans sa poche et en sort son portable. Elle effectuant plusieurs manipulations permettant de débloquer l'appareil, Maya se rend compte que plus le temps passe, plus cet instrument se révèle contrariant et indispensable à la fois. Si quelqu'un s'aperçoit qu'elle se trouve ou se trouvait à l'infirmerie de l'académie ce soir, soit il viendra, soit il finira par se poser des questions. « Pourquoi ? » ou « Qu'y faisais-tu ? », deux questions synonymes de gros ennuis en l'occurrence. Non pas que l'accès à ce bâtiment lui soit interdit, mais parce qu'on ne doit rien savoir de ce qui lui est arrivé. Jamais.
Touchant l'écran tactile avec son pouce, elle sélectionne son logiciel favori et tape un message instantané.


J'accompagne une copine à l'infirmerie. Elle a mangé un truc pas net en cours de transformation... j'ai bien fait de ne pas goûter ! Je reviens dans une petite vingtaine de minutes ! (^__^)

Avec un smiley, c'est toujours plus convaincant... même si ça reste un mensonge et qu'il s'agit de l'exercice qu'elle déteste le plus au monde. Destination le portable d'Atios, son compagnon de chambrée. Elle se sent obligée de le prévenir pour le rassurer, mais c'est peut-être justement cette prévention qui va lui faire comprendre que quelque chose ne va pas. Parce qu'évidemment, d'habitude, elle revient à l'heure qu'elle veut et lui n'est jamais rentré avant elle...

J'accompagne une copine à l'infirmerie. Elle a mangé un truc pas net en cours de transformation... j'ai bien fait de ne pas goûter ! J'éviterais de grignoter une conception d'un apprenti dieu à l'avenir ! (>_<)

Second message à destination du paternel. Et lui, pourquoi le prévenir pour lui mentir ? Sans doute parce que le nom « Tensho » apparaîtra dans un registre de l'infirmerie et qu'elle ne veut pas que l'information s'ébruite jusqu'aux oreilles du directeur de l'établissement sans qu'il en ait été prévenu préalablement. En principe, les deux hommes seront convaincus du bon fondement de l'information. Maya est attentionnée envers tous ses proches, elle aussi. Elle aide les gens et les accompagne partout au besoin, il serait donc normal qu'elle reste au chevet d'une amie souffrante. Peu satisfaite de sa tromperie, notre jeune femme range son téléphone dans sa poche et reporte de nouveau son regard vers le miroir. La situation n'a pas évolué d'un pouce... c'est moche.
Maya attrape une serviette en papier dans le distributeur proche du lavabo et tente d'essuyer ses narines. Que nenni, elle n'arrive qu'à étaler le sang sur ses lèvres, son menton et ses mains. Par réflexe, elle utilise alors sa manche de chemise blanche immaculée pour réparer son erreur... La voilà bien avancée. Elle peste contre sa propre stupidité. Derrière elle, la porte des toilettes s'ouvre soudainement et la fait sursauter. Dans le miroir, Maya voit une médecin entrer... enfin, « médecin »... « une »... un dieu guérisseur paraît être un terme davantage correct au vu de sa dégaine. Ce n'est pas le profil type de la personne qui a travaillé toute son existence passée pour sauver des vies, ça non.


- Que s'est-il passé mademoiselle Tensho ? entame l'homme en l'apercevant.
- Agglow... tu es un homme et ici, ce sont des toilettes pour femmes.
- Problème futile : je suis également guérisseuse et par-delà même ta doctoresse. Crois-tu qu'un soigneur digne de ce nom perdra du temps à cogiter si oui ou non, il a droit d'entrer dans des toilettes pour sauver sa patiente ?
- … j'avoue...

Agglow... une connaissance de Maya depuis quelques temps maintenant. Un homme qui possède un physique très féminin et qui use de cette particularité pour adopter le comportement qui lui plaît. Cheveux roses très longs, maquillage autour des yeux et sur les joues, bras fins, ventre plat et fesses rebondies... plus féminin que certaines. Il passe juste pour une femme avec une poitrine plate, ce qui n'est, de nos jours et dans un endroit pareil, pas du tout dégradant. Dans son langage, il utilise les tournures féminines des mots et des adjectifs, il agit souvent comme il pense qu'agirait une femme... mais là s'arrêtent les similitudes comportementales. Comprendre qu'il aime séduire les créatures féminines et n'a aucunement l'intention de changer de sexe. Au fond, c'est simplement un jeu de rôle qu'il pratique seul...
Parait-il qu'à son arrivée, il était si intelligent et savait tant de choses qu'on lui a demandé s'il souhaitait réellement étudier ou s'il préférait entrer directement dans ses fonctions. D'avis de Maya, cet homme est un parfait mythomane... mais très intelligent, ça ne fait aucun doute. Il possède une bonne répartie et sait toujours quoi répondre aux accusations qu'on lui porte. Qu'était-il comme genre d'individu sur Terre ? D'après ses dires, il était justement une femme... une rockeuse motarde séductrice, quelque chose comme ça. Essaye-t-il réellement de faire avaler ça à tous les dieux qu'il rencontre... ? Maya est peut-être bien l'une des seules qui peut y croire un minimum : ses propres gènes ont bien été modifiés pour faire disparaître cette vilaine maladie génétique... alors, pourquoi pas changer un simple chromosome X en chromosome Y ?


- Alors, que s'est-il passé pour que tu nous rendes visite si amochée ?
- Écoutes... on serait encore dans le monde d'en dessous, je t'aurais peut-être tout raconté. Mais là, ça me dérange. Nous ne sommes pas ici pour nous plaindre...
- Tu t'es battue, c'est ça ? coupe-t-il.
- Oui... enfin, plus exactement, je me suis faite tabassée.

L'autre sourit et pouffe de rire... Comme si la situation avait quoi que ce soit d'amusant. Si cela avait été un interlocuteur différent, Maya l'aurait mal pris. Mais ce type est si bizarre et étrange qu'elle préfère attendre qu'il se justifie avant de le fusiller du regard.

- Ma pauvre fille, les affrontements entre divinités sont plébiscités par la Deus Academia. Personne n'aura de sanction, même si tu parles !
- C'est toi qui le dis... Contrairement à tes convictions, je connais quelques individus qui seraient très intéressées d'avoir un nom...
- Papa Tensho ?
- Entre autres... mais cesse de l'appeler comme ça...

Maya relève la tête pour s'apercevoir qu'Agglow s'est déplacé juste derrière elle. Ils s'observent mutuellement dans le miroir, en silence. Le sourire du guérisseur a disparu pour laisser place au sérieux. Doucement, l'homme glisse sa main gauche sous la chemise de l'apprentie Déesse et stoppe sur son ventre. Elle frissonne. Il pose ensuite sa main droite sur le front éraflé de la jeune femme. Maya ferme les yeux, confiante... peut-être un peu trop. C'est une sensation de chaleur... et en même temps, quelque chose d'assez indescriptible. Un peu comme si des insectes lui parcouraient le front et entrait à l'intérieur de sa tête par ses nombreuses blessures. Entrait ou sortait d'ailleurs... difficile à dire.
Il s'agit de la reconstruction moléculaire ou cellulaire. Prélever du flux vital de la personne touchée à partir d'un endroit stratégique central comme le nombril, puis le redistribuer vers les zones touchées pour les réparer. Un pouvoir divin comme un autre... Bientôt, Maya sent la main du guérisseur glisser sur son nez, ses narines, puis sa bouche. Enfin, il la lâche et elle rouvre les yeux. Tel qu'annoncé, elle retrouve son visage sans plaies ni cicatrices... normal, mais avec les tâches de sang en plus.


- Ça fait toujours mal... se plaint-elle.
- Hum hum ! fait-il en acquiesçant. Tout à fait normal. Ton corps est réparé, mais ton cerveau ne le sait pas encore. Il lui faudra bien une petite heure avant de s'en rendre compte.

De son index, Agglow va tapoter contre le front de la demoiselle qui se plaint en grimaçant. L'homme efféminé pose ensuite sa main sur la tête de sa patiente et l'examine de la tête aux pieds. Elle soupire sans même essayer de se débattre, ce qui lui facilite la tâche. Il remarque alors une anomalie dans le bras droit de la déesse. Rebelote : il glisse sa main gauche sous sa chemise jusqu'au nombril, puis, de sa main droite, il remonte la manche droite de Maya et fait glisser sa main et ses doigts tout le long de son bras nu.

- Ton bras droit est brisé en mille morceaux. Ça aussi, ça fait partie du passage à tabac ?
- …

Cinq secondes plus tard, les os sont réparés à 100 %... encore une fois, ne reste que la douleur. Satisfait, Agglow lâche sa patiente et fouille ses poches en quête de coton démaquilleur. Il y imbibe délicatement un liquide, une sorte d'alcool d'après l'odeur qui s'y échappe. Pendant ce temps, Maya lève son bras réparé et tente de remuer ses doigts : c'est très douloureux, mais au moins, ils bougent...

- Heureusement que je ne me blesse pas là où il ne faut pas... C'est quand même dommage de devoir toucher directement la peau pour guérir. Tu es certain que ton pouvoir t'oblige à faire ça ?
- Absolument certaine, ma grande ! ♥

Agglow passe alors un bras sous le cou de sa patiente, lui soulève le menton et applique son produit sur les tâches de sang séché. Surprise, Maya lui agrippe le bras, ferme les yeux et se lamente. C'est froid, ça pique, ça pue et ce n'est pas du tout agréable. La jeune femme réagit vraiment comme une gamine... elle qui a pourtant longuement connu le monde de la médecine et des soins. Qui a-t-il de pire que subir opérations sur opérations ? Sans doute quand on apprend qu'elles échouent à chaque fois, mais que la prochaine sera la bonne. Au moins, la technique de l'apprenti guérisseur a le mérite de nettoyer et effacer le sang définitivement, c'est le principal. Personne ne pourra remarquer ce qui s'est passé et c'est exactement ce qu'elle cherche.

- Allez, pour me récompenser, tu m'expliques tout ce qui s'est passé ?
- … je ne vois pas en quoi ça t'intéresserais...
- Pour me remercier !
- … Ok...

Maya s'approche du coin de la pièce, joint ses deux mains dans son dos et pose son front contre le mur. La posture de celle qui s'en veut et qui peut difficilement se confier. Elle n'a aucune raison de lui en parler à lui... mais, d'une certaine façon, cet homme efféminé est devenu médecin dans l'âme depuis le moment où il est passé dieu. Il est une sorte de psychologue et Maya sa patiente. Si en plus de la famille, on ne peut même plus se confier à un spécialiste... alors, avec qui disserter ?
Elle fait le choix qui, probablement, lui apportera le plus de confort dans l'avenir.


- Dans l'académie, il y a 2 groupes de personnes : ceux qui m'envient au point de me haïr et ceux qui m'apprécient pour ce que je suis. commence-t-elle. Il y a aussi ceux qui s'en foutent royalement, mais ici, je ne vais pas les compter. Pour ces 2 groupes donc, je dirais que les proportions sont respectivement de 99,9 % contre 0,1 %. On peut encore subdiviser le premier groupe en 2 sous-groupes : ceux qui me fréquentent pour être bien vus de mes proches et ceux qui me détestent à des points inégalés.

Combien de personnes l'aiment pour ce qu'elle représente « elle » ? Trois ou quatre, maximum ? Davantage sans doute, mais comparé aux autres, c'est tellement ridicule que c'en est presque négligeable... Quand elle se remémore sa vie humaine, il n'y avait rien ni personne pour lui faire de l'ombre : c'était elle, simplement elle. D'un certain sens, c'est toujours elle, le sujet des débats... sauf qu'elle est une cible maintenant.

- … disons que je viens de rencontrer trois personnes de ce dernier groupe. Trois filles en l'occurrence, dont une a été sauvé par Atios le soir d'Halloween dernier et qui était censée être mon amie. Les deux autres sont des groupies qui me haïssent si fort de partager la chambre du « Mister Deus » qu'elles prient justement Deus pour qu'il augmente leur force physique pour... me défigurer.
- Et toi, tu ne te défends pas ?
- J'essaye de les convaincre, sans s...
- Ça ne m'étonne pas ! la coupe-t-il. Qu'en pense le principal concerné ?
- Je ne sais pas... j'imagine qu'il se doute de quelque chose. Mais d'un autre côté, s'il ne fait rien, c'est qu'il ne sait pas ou qu'il ne veut pas que je sache qu'il s'apprête à riposter. On ne passe pas 100 % du temps ensemble et on n'est pas si intimement liés... du coup, je ne sais pas ce qu'il pense. Mais dans l'absolu, je préférerais qu'il ne soit au courant de rien.
- Vraiment ?
- Vraiment.

Maya détourne la tête vers le coin de la pièce de telle sorte qu'Agglow ne puisse plus la dévisager. Elle revoit le visage des trois femmes qui s'avancent vers elle, les yeux emplis de haine. L'une d'entre elles qui l'attrape par le haut de sa chemise, qui la soulève facilement dans les airs et qui la fait passer à travers une fenêtre du deuxième étage. Les trois qui se ruent sur elle et enchaînent les coups de pieds alors qu'elle est au sol. Enfin, une pression immense et intense qui lui tord et lui écrase le bras de l'intérieur. Le tout sans témoin... bien heureusement. Maya ne leur en veut pas. Par-dessus tout, elle ne souhaite pas être vengée.

- Tu n'as qu'à sortir avec moi, comme ça, elles te laisseront tranquille ! ♥
- Non merci... je n'aime pas ce genre d'humour... répond Maya sans hésitation.
- Oh, tu es si cruelle... Tu me dirais comment tu t'es mise dans ce pétrin ?
- … tout est ma faute. fait-elle après un moment de réflexion. J'hésitais entre rencontrer Isanagi ou non pour qu'il me confirme notre lien de parenté... j'aurais simplement pu dénigrer le tout en faisant passer mon nom pour un hasardeux patronyme. Quant à Atios, lui ne voulait pas entrer dans ma vie. Il voulait une chambre seul et je crois comprendre ses raisons maintenant. Moi, j'ai insisté encore et encore... au bout du compte, il a fini par céder. Deux choix que je ne regrette pas aujourd'hui, mais qui me coûtent très cher... et raccourcissent ma durée de vie, j'en ai bien peur.
- Ah non ! Je continuerais de te guérir à chaque fois que tu viendras ma chérie !
- Ce n'est plus une question de guérir, mais une question de retrouver le corps...

Est-il simplement possible de dire une chose pareille tout en restant si calme ?
De nombreux apprentis dieux sont dans cet état juste après leur mort et leur résurrection à la Deus Academia. Ils arrivent dans un monde inconnu, ont perdu toutes leurs attaches et ne comprennent plus le sens de la vie. Maya, au contraire, a tout compris et a sympathisé avec bon nombre d'individus. Qu'ils soient deux ou quatre, qu'importe, c'est de loin supérieur à zéro.
Pourquoi est-ce que son état ne s'améliore donc pas ?


- Sérieusement ? Et ça ne te fais rien de plus ? À mon avis, tu devrais apprendre à mettre des raclées. Il faut vraiment que tu puisses te défendre...
- Je n'en ai aucune envie...
- Franchement, arrêtes de faire ta gamine... Ici, il n'est plus question de faire ce que tu veux. Tu dois faire ce qu'on te dit de faire pour devenir une déesse, un point c'est tout. Deus a donné le libre-arbitre aux hommes, pas aux dieux.
- N'importe quoi...
- Sous prétexte que tu as un père haut placé et un chevalier protecteur, tu te permets de ne pas suivre les cours auxquels tous les autres se soumettent ? Tu cherches les ennuis délibérément pour venir t'en plaindre ensuite.
- Je ne voulais...
- … pas te plaindre ? Alors, ça veut dire que tu veux mourir. Tu souhaites la mort parce que tu te sens inutile ? De trop ? Si tu ne veux pas te battre et que tu n'as aucun intérêt dans la vie, alors sors avec moi. Au moins, tu serviras un minimum à une chose : bouche-trou. Je croyais que tu étais bonne, mais en fait, tu ne vaux rien. Tu n'as aucune dignité, aucun charisme, aucun amour propre. Personne ne peut avoir de respect pour toi...
- Arrêtes...
- Je parie que le « Mister Deus » te saute tous les soirs et que tu ne peux même pas l'en empêcher. Il est ton poison et tu prends ça pour de l'amour, avoue-le !
- Conneries... ! Pourquoi est-ce que tu dis ça... ? fait Maya, fixant à nouveau Agglow, les larmes montant aux yeux.

Chacun des deux protagonistes montre sa vraie nature et tout ça s'est mis en place en quelques secondes à peine. Il veut lui faire entendre raison, elle n'essaye de se défendre qu'en lui demandant plus d'explications. Puisque ses arguments sont stupides et sans fondement, il est impossible qu'il y croit lui-même et il finira par ravaler ses mots et s'excuser. Il n'y a aucune autre alternative, alors, pourquoi commencer à lui en vouloir pour lui pardonner dans quelques minutes seulement ? Autant rester sereine et continuer de le laisser parler jusqu'à ce qu'il comprenne de lui-même.

Que faire pour que Maya réagisse exactement comme il le souhaite ?
Le médecin s'approche alors que l'apprentie déesse se rétracte dans le coin de la pièce. Rapidement et inéluctablement, il diminue l'écart qui les sépare... 4 mètres, 3 mètres... jusqu'à ce que leur corps se touche. Elle n'a plus aucun moyen de s'échapper... et c'est alors qu'il lui administre une gifle monumentale.


- Frappe-moi pour me faire taire.
- Reviens à la raison... Cesses de raconter des inepties...

Il lui assène une nouvelle baffe d'une telle force qu'elle cogne la tête dans le mur. Elle gémit, se rétracte davantage, mais ne tergiverse pas. Pour simple défense, elle le pousse. Premier pas vers ce qu'il attend d'elle, mais il n'a qu'à ravancer pour la persécuter de nouveau. Il répète alors exactement le même ordre. À nouveau, elle refuse en prétextant une idiotie. Comprenant que la douleur n'est pas assez forte, Agglow lui fauche les deux jambes et la pauvre apprentie termine sur les fesses. Il s'assoit juste en face d'elle... alors que Maya commence sérieusement à douter de leur amitié. Ce pourrait-il que ça se termine comme ça ? Ce serait de la faute de qui... ?

- Telle que tu m'apparais, tu es la cible idéale des prédateurs. Celle qu'on aime briser. Malgré tout ce que je dis ou fais, tu ne réponds rien et demain, tu ne répéteras à personne ce qui s'est passé parce que tu en auras honte. Mais tu n'es pas une femme humaine qui est en passe de se faire violer. En vérité, tu n'es même pas une femme. Toi, Maya, tu n'es qu'un objet qui parle.

Maintenant, Maya ne réplique même plus. Elle tente de soutenir son regard alors qu'il parle, mais rapidement, elle n'y arrive plus. Pourtant, au fond d'elle, elle sait pertinemment que cet homme qui lui fait face ne parle pas sérieusement. Bullshit.

- Tu sais ce qu'a pensé Deus quand il t'a choisie ? « Cette bonne femme là sait s'entourer facilement. C'est une excellente qualité en tant que dieu, puisque le nombre, la diversité et la complémentarité fait la force. Plus que la solitude et l'unique confiance en soi. » Certains doivent apprendre à s'ouvrir, d'autres doivent s'axer sur l'art du combat. L'un ou l'autre. Quel que fut le but de ta vie humaine, celui de ta vie actuelle est de te battre pour sauver les autres. Si tu ne fais pas ça, alors tu n'es qu'une amuse gueule, un passe-temps pour les dieux qui t'entourent. Du coup... je ferais de toi ma femme.

Le déclic ne s'opère pas, ce ne sont que des paroles dans le vent. Il aura beau répéter encore et encore, Maya est têtue... à un point si élevé qu'elle n'est plus touchée par les arguments mais uniquement par les sentiments. Même si on lui explique quoi que ce soit, il faut que ça vienne d'elle pour que les idées se développent convenablement. Réussir à la persuader plutôt qu'essayer de la convaincre...

- J'en toucherais deux mots à Atios. Il se laissera convaincre facilement. fait l'homme en se relevant et en prenant la direction de la porte.
- Non ! Tu n'as pas le droit de faire ça ! s'écrie-t-elle.

Elle aussi se relève. S'il dit tout à Atios, c'est un homme mort. Et Maya, une femme détruite. Instantanément, elle visualise ce qui pourrait se passer. Agglow qui parle, Atios qui le corrige lui et les 3 filles qui ont agressé sa comparse. Bientôt, personne n'adresse plus la parole à Maya de peur de représailles et elle s'effondre toute seule dans le néant. Finalement, un jour, elle disparaît sur Terre et ne remonte jamais.
Non... elle hoche la tête et attrape le bras du guérisseur pour le retenir. Lui lui attrape la main, la tire vers lui pour lui faire perdre l'équilibre, puis la pousse pour qu'elle aille rejoindre l'autre côté de la pièce. Ça ne manque pas : elle trébuche et tombe en arrière sur le dos. Elle en a vu d'autres, ça n'arrête pas la jeune apprentie qui se relève immédiatement et va se placer devant la porte pour l'empêcher de sortir. Bras écartés, elle lui bouche la route... ce qui a le don de l'énerver. Non pas parce qu'elle est sur son chemin, mais parce qu'elle n'a même pas idée de garder ses bras libres pour parer une attaque. Coup de poing dans le ventre pour la plier en deux et lui couper la respiration, puis il l'attrape par les cheveux et par la ceinture et l'envoie directement dans le mur. Elle est de nouveau à terre, légèrement plus amochée... Mais dans leurs ébats, Agglow prend bien garde à ne laisser aucune marque visible de ses coups. Après l'avoir guérie, ce serait un comble de la défigurer à nouveau...


- Franchement... le droit ? reprend-il. Tout le monde n'a pas lu le recueil Comment être une personne honnête et intègre. Je fais ce que je veux quand je veux si je pense que c'est bon pour toi.
- Mais... fait Maya en retrouvant son souffle. ce n'est... pas bon... pour moi !
- Bien sûr que si. Avec un peu d'effort, tu pourrais monter aussi haut qu'Atios et papa Tensho. Aussi haut que tout le monde en l'occurrence. Je te répète que tes proches sont du poison, ils t'empêchent de voir la vérité. Tu préfères te voiler la face et rester tout en bas de l'échelle des dieux, et je ne te laisserais pas faire.
- Ne lui parle pas, je t'en supplie... fait-elle en tendant une main vers lui et en baissant la tête.
- Alors, empêche-moi.

Niveau courage, la jeune femme est juste sublime. Elle se relève une énième fois uniquement pour recevoir des coups et tenter d'empêcher un drame. Malheureusement, ce n'est pas la bonne raison qui l'anime... en tout cas, pas la raison souhaitée par Agglow, aussi étrange soit-elle. Ce n'est pas en allant se planter devant lui qu'elle verrouillera la sortie.
Il tend les bras et dépose ses mains sur les épaules de Maya, puis baisse la tête. Naïve, la demoiselle pense qu'il abandonne enfin. La surprise et la joie sont de courte durée : il la repousse vers les cabines de toilettes et fait un pas vers la sortie. Elle se replace devant lui. Il attrape le haut de sa chemise et la fait voler par-dessus ses épaules. Le mouvement est tellement brusque et vif qu'au passage, un bout de chemisier lui reste dans la main, morceau qu'il jette négligemment dans la corbeille la plus proche. Plus sérieusement touchée au niveau du dos, Maya ne parvient qu'à se retourner sur le ventre et à accrocher sa cheville pour le ralentir. Il la regarde en soupirant. Tant de détermination... mais tant de gâchis. Agglow dégage son pied et ouvre la porte. Sur le seuil, il se retourne une dernière fois pour observer Maya. Elle rampe sur le sol, tête dirigée vers lui, expression de pitié encrée sur le visage et dans les yeux.
Il lui laisse une dernière chance de se relever et de le frapper. Maya stoppe son avancée vers lui, mais continue de le regarder en le suppliant de reprendre ses esprits et de retrouver sa répartie. Son vêtement déchiré laisse entrevoir son soutien-gorge et sa manche gauche est tachée de sang ; inévitablement, ses proches se douteront de quelque chose. Ce n'était vraiment pas le but de la manœuvre mais c'est ainsi que la situation a évolué. Bientôt, la jeune femme redresse une épaule, puis l'autre. Elle pose ses mains sur le sol et, à quatre pattes, rebaisse la tête pour le supplier une ultime fois.


- Je t'en supplie...

Mauvaise réponse.
Mauvais choix.


- Ton père aura si honte de toi qu'il préférera démissionner de ses fonctions et disparaître, lui aussi. Oh, je prendrais sa place, ne t'inquiète pas pour ça.

L'homme ferme la porte et disparaît à jamais.
Profondément touchée par cette dernière remarque, Maya rampe vers le coin de la pièce, se redresse en position assise... et éclate en sanglots. Elle ne retient plus rien. Toutes les larmes qu'elle pourra déverser, elle les déversera. Qu'a-t-elle fait pour mériter cela ? Rien. Ce soir, justice ne sera pas rendue. Existe-t-elle encore, cette justice, dans ce monde divin ? Les méchants sont-ils toujours perdants à la fin de l'histoire ? D'ailleurs, le concept de bien et de mal est-il toujours d'actualité ?

À quoi a-t-elle servie, cette vie humaine, si c'est pour transgresser toutes les règles que l'on s'était fixées auparavant ? Maya est contre la violence : elle est vaine puisqu'il y a toujours un moyen de résoudre les conflits pacifiquement. Aujourd'hui, on lui a demandé de répliquer et de riposter, de dieu à dieu... et ça non plus, elle n'a pas réussi à y consentir. Pourquoi est-ce qu'un dieu devrait affronter un représentant de sa propre race ? Que ce soit la jalousie ou la haine, il suffirait de discuter et de trouver une solution ensemble. Et s'il n'y a pas de solution, s'éviter à tout jamais resterait la meilleure issue imaginable. Mais Agglow... quelle motivation avait-il pour en arriver là ? Absolument aucune ! Utiliser la violence pour que Maya réplique par la violence. La menacer pour qu'elle soit obligée de le frapper. Il souhaitait qu'elle devienne violente envers lui. Mais ça n'a pas pris, Maya restant trop fidèle à ses préceptes humains. C'est comme si cet homme avait fait tout cela par pur plaisir, simplement pour faire souffrir son ex-amie, sachant pertinemment qu'elle n'en ferait rien. Parce qu'elle n'est plus dupe vis-à-vis de lui : jamais plus elle ne l'approchera. C'est un masochiste aliéné ayant perdu la raison... perdu sa raison humaine. Possède-t-il le discernement qui doit habiter un dieu... ?
Qu'attend-on de Maya ? Qu'elle apprenne à se battre et qu'elle affronte de terribles ennemis pour protéger les humains ? Impossible... par rapport aux autres, elle est parfaitement retardée et inutile. Oui, son père a honte d'elle. Honte qu'elle ne soit qu'une humaine prisonnière dans une académie pour dieux. Honte qu'elle soit une gamine ne parvenant même pas à se défendre seule et devant sans cesse être sous la protection de l'un des meilleurs bretteurs de tous les temps. Honte qu'elle n'ait absolument aucun talent pour quoi que ce soit. Honte qu'elle n'assiste pas aux cours les plus fondamentaux de l'académie alors qu'ils sont écrits justement pour elle. Honte de son comportement. Honte qu'elle soit sa fille, tout simplement. Est-il possible de remédier à cela dorénavant ?
Deus, lui-même, doit se douter qu'il est trop tard. Tout est fichu...


Ce n'était pas une erreur... mon amie a été empoisonnée. Elle a souffert... et avant de s'en aller, elle a souhaité ne plus jamais être réveillée.
Je te le demande... s'il te plaît, laisse-moi cogiter seule cette nuit. Tu me reverras demain matin Atios, promis.


Les larmes aux yeux, Maya range son téléphone et se relève. Elle essuie ses joues et ses yeux avec sa manche, puis sort des toilettes à son tour. Qu'importe les gens qui la verront dans cet état le temps qu'elle regagne sa couche, qu'importe ceux qui se moqueront d'elle et de ses vêtements abîmés... bientôt, tout cela s'arrêtera. Il n'y a pas quinze solutions pour qu'un directeur cesse d'avoir honte de sa fille. Et puisque personne au monde ne croit plus en elle... autant que la monde prenne fin ?

« Laisse-moi une nuit pour réfléchir...
Tu sais, l'amie dont je parle... je crois qu'en fait, ce pourrait bien être une partie de moi...
… une partie seulement ? »
♦ Rose ou chou ? : Fumée
♠ Petits messages : 2152

Feuille de personnage
Niveau:
30/30  (30/30)
Expériences :
10000/10000  (10000/10000)
Votre domaine: La Création
avatar
Âme Errante
Voir le profil de l'utilisateur http://www.deus-academia.com/
Re: Le monde entier a honte de toi, Maya... - Mar 25 Déc 2012 - 11:31
Ce rp m'a énormément touché. Bien écrit et assez triste, cette "femme" est un salaud de faire è-é. Quand j'aurai terminé quelques rps, il faudra que nous fassions un rp, juste toi & moi. (pense à mettre à jour ton niveau en passant au temple)

Maya Tensho : 300 xps

Le monde entier a honte de toi, Maya...
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Deus Academia :: L'Académie de Deus :: Bâtiment des cours :: Infirmerie-
Sauter vers:

Attention :
Ce RP contient des passages violents ou/et particulièrement gores. Il est déconseillé à la lecture aux moins de 18 ans.
Continuer à lireQuitter cette page