Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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Les Armes du Chevalier, Première Partie. [Terminé]

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Les Armes du Chevalier, Première Partie. [Terminé] - Dim 23 Déc 2012 - 0:23

J'ai vécu beaucoup de choses sur la Deus Academia, des bonnes comme des mauvaises. Bien entendu la plupart du temps ma vie s'est résumé à y donner des cours, flirter gentiment avec des étudiantes et mes collègues du sexe opposé. J'aimais à lire, je passais donc souvent de temps à la bibliothèque à écumer ces milliers d'ouvrages inconnus de l'histoire humaine. J'en apprenais toujours un peu plus sur l'Académie, comment elle fonctionnait, ses secrets, son histoire, ses alentours, sa faune, sa flore, ses joies, ses dangers. J'aimais à flâner à la Cafétéria avec un café et une cigarette, discutant avec tout le monde. Je profitais même du charme et de l'accueil de certaines des pièces secrètes de ce lieu mystique. J'apprenais à contrôler mes pouvoirs, je m’entraînais à devenir plus fort, plus rapide, plus agile. Mais tout ceci ne vint qu'après une certaine épreuve, une véritable aventure. En effet, moins d'un an après mon arrivée sur la Deus Academia, un objet fut mis sur mon chemin et je fus emporté dans une véritable suite de péripéties. Je vais maintenant vous raconter cette aventure personnelle. Les dangers que j'y ai affronté, les rencontres que j'ai fais, les découvertes que j'ai appris on orienté ma vie par la suite sur l'Académie. Ce fut l'occasion pour moi de me rendre compte d'énormément de choses, une sorte de renaissance. Voici l'histoire...


C'était une fin de matinée comme une autre sur la Deus Academia. Je venais de terminer une série de quatre heures de cours assez intéressante avec des élèves attentifs et appliqués. Ici régnait une ambiance ensoleillée, joyeuse et colorée. Cela faisait exactement six mois et deux jours que j'avais atterri ici, dans l'endroit où on formait des Dieux. Je profitais de cette matinée autant que je le pouvais ayant un programme assez chargé durant l'après-midi, je devais préparer toute une série de fiches d'études pour les étudiants afin qu'ils puissent étudier certains sujets seuls et j'avais aussi un tas de copies à corriger. Mais il fallait bien avouer que je n'avais pas vraiment le cœur à la tâche. Je filais tout d'abord sans me presser jusqu'à la Cafétéria où je dégustais un cappuccino au goût divin, bien sucré comme je l'aime. Le temps de fumer deux cigarettes et d'échanger quelques mots avec quelques étudiants que l'heure du repas arriva. Bien entendu je restais sur place, déjeunant avec joie en leur compagnie. Cependant, sur les coups de 14 heures, il fallait me rendre à l'évidence, je ne pouvais échapper à mon travail plus longtemps, c'est pourquoi je décidais de rejoindre ma chambre.

Le trajet fut long et mentalement douloureux. Je voyais des étudiants flâner ça et là sur les espaces verts de l'Académie, tandis que moi j'allais devoir m'enfermer dans l'isolement de ma chambre et travailler. C'était le genre de moment où j'en venais à regretter d'avoir les critères ayant fait de moi un professeur en ce lieu. Enfin bon, je faisais contre mauvaise fortune bon cœur, il y avait aussi des récompenses. Mais elles ne me venaient pas vraiment en tête à ce moment là. C'est pourquoi je faisais un peu la tête, les mains dans les poches, la cigarette au coin de la bouche lorsque je grimpais les escaliers de l'internat. Chaque étage apportait son lot de jeunes hommes et jeunes filles qui chahutaient dans les couloirs, de son de groupe venant de certaines chambres, certains faisaient peut-être la fête en plein après midi, d'autres révisaient certainement en groupe. Je cru même à un étage entendre un couple en train de faire la chose. Quoiqu'il en soit j'empruntais enfin le passage qui menait vers les chambres des professeurs, détaché du reste de l'internat. Ici en revanche il n'y avait pas un bruit, pas âme qui vive. J'avançais résolument vers ce qui allait être un long après midi de travail.

J'ouvris la porte de ma chambre, enlevait ma veste et la jetait négligemment sur le dossier de la chaise de mon bureau. Je m'approchais de celui ci et écrasait ma cigarette dans un cendrier débordant déjà de mégot. Me frottant le visage j'allais dans la salle de bain. Je ne fis pas grand chose, seulement me passer de l'eau sur le visage, mais cela me revigora. Je m'admirais quelques secondes dans le miroir, voyant dans mes yeux d'un bleu profond la flamme de la détermination. J'allais me mettre au travail et boucler tout ce que j'avais à faire avant le dîner. Je retournais donc dans ma chambre, m'étirant longuement jusqu'à ce que mes yeux se posent sur quelque chose d'étrange. Sur mon lit avait été disposé un long paquet assez fin enveloppé dans un drap de soie rouge. Je m'immobilisais aussitôt, j'étais certain de ne pas avoir vu ce paquet en entrant quelques instants plus tôt dans ma chambre...et je n'avais entendu personne rentrer. Je courrais vers la porte et regardait dans le couloir, il n'y avait personne. Je fermais ma porte à clé et allait vers ma fenêtre qui, comme je le pensais, était bel et bien fermée de l'intérieur. Je me tournais ensuite de nouveau vers ce paquet d'un air dubitatif. Personne n'était entré, j'en étais certain. Ce colis était-il arrivé là par magie ? J'avais déjà vu pas mal de choses étranges sur la Deus Academia, mais celle ci était déjà plus effrayante, car elle arrivait ici, dans ce lieu personnel, on violait en quelques sorte mon intimité.

Je m'asseyais sur mon lit à côté de l'étrange colis. Quelque chose me disait qu'il ne valait mieux pas découvrir ce qui sa cachait sous cette draperie rouge...mais ma curiosité fut plus forte. Tout doucement, du bout des doigts, j’entrepris de déplier la précieuse étoffe. Je découvrais, une deuxième enveloppe à ma grande déception, cette fois ci dans un cuir fin et doux couleur brique. Je m'allumais une cigarette, pestais sur cette mauvaise farce et dépliais donc le morceau de cuir. Ce que je vis me laissa pétrifier de stupeur et d'émerveillement. Mon esprit d'historien additionné aux connaissances de mon pouvoir me permit d'identifier l'arme aussitôt. C'était une rapière, merveilleuse épée d'estoc au style très reconnaissable des nobles de cours du début du XVIIe siècle. Qui plus est, j'en étais certain, cette arme était de manufacture Italienne. Une dague accompagnait cette arme et toutes deux reposaient dans des fourreaux noirs. Avec empressement, ayant totalement ma petite frayeur, je dégainais la rapière et la tenait fièrement dans ma main. J’imaginais déjà un noble Italien aux alentours de 1620 prêt à se battre en duel, la rapière dans sa main droite, la dague dans sa main gauche.

Spoiler:
 

Imaginer ? Comment pouvais-je imaginer ? Je me mis debout, regardant cette arme avec des yeux perçants comme si je pouvais trouver la réponse dans la magnificence de sa lame. Mon pouvoir me faisait-il défaut ? Depuis mon arrivée en ce lieu j'avais acquis en tant que Dieu du Temps la connaissance de toutes choses s'étant passé et se passant sur Terre. Mais cette lame, à cet instant même...je ne la connaissais pas, c'est comme si elle n'avait jamais existé. Et pourtant je sentais en elle cette appartenance au monde des vivants, elle avait une histoire...une histoire que je ne connaissais pas. C'était tout bonnement impossible, rien ne m'échappait concernant l'histoire du monde, absolument rien ! Et pourtant cette rapière ne me disait absolument rien, la dague non plus soit dit en passant. Je me rasseyais sur le lit, rangeant la lame dans son fourreau. Combien de temps je restais assis là à simplement regarder ces armes, aucune idée...mais en tout les cas lorsque je décidais d'agir ma cigarette entière s'était consumée.

Je m'installais donc en position de méditation, visualisant une image parfaite de l'épée dans mon esprit et je m'ouvrais lentement à mon pouvoir. Rien ne vint au début, jusqu'à ce qu'une image s'impose. C'était une forge près de Florence, un homme frappait le fer, c'était la rapière qu'il fabriquait. Puis l'image se brouilla étrangement. Je vis ensuite un homme, comme dans un brouillard épais se rendre à la forge, l'image devint à nouveau noir, puis revint montrant toujours ce même homme dans le brouillard partir avec la rapière. Le noir revint, puis mon esprit s'ouvrit à l'image d'une cour immense dans un palais luxueux, des dizaines de nobles festoyaient, un dans le fond de la salle frappa violemment du poing sur la table, mais son visage était masqué. S’enchaînèrent ensuite plusieurs images de combats, de duel, de batailles, ce même homme à la rapière revenait sans cesse mais jamais je ne pouvais voir son visage. Le noir revint, il s'installa longuement dans mon esprit. Puis une image frappa mon esprit aussi fort qu'un marteau, toujours ce même homme dont je ne voyais toujours pas le visage, gisant au sol une large plaie au ventre, aux portes de la mort. Le noir revint, pour ne plus repartir. Je restais là une bonne vingtaine de minutes à me concentrer, mais rien n'y faisait...je ne pouvais accéder à ces souvenirs.

Je rouvris les yeux, totalement choqué par cette situation. Qui pouvait bien être cet homme, quelle était son histoire, que représentaient ces armes, et surtout pourquoi étaient-elles ici ? Tout ceci ne me disait rien qui vaille. Cet objet dépassait les limites de mon pouvoir pourtant monstrueux. A mes yeux cet objet ne pouvait-être que plus monstrueux encore. J'enveloppais la rapière et la dague avec le morceau de cuir et l'étoffe de soie rouge et enfermait le tout dans ma penderie. Ceci fait je courais dans la salle de bain et prenais une longue douche froide, et ce n'était pas l'eau glacée qui me fit frémir de temps à autre, mais bien la peur. Une peur étrange s'étant insinuée en moi. Cependant, la douche me fit du bien. Je m'allumais une cigarette et me servait un verre de Cognac de ma réserve personnelle avant de rejoindre mon bureau. Le seul moyen d'oublier ce colis étrange était de me plonger dans mon travail. Je regardais l'heure...je n'aurais jamais terminé à l'heure du dîner.


Dernière édition par Pietro Alighieri le Mar 25 Déc 2012 - 18:21, édité 1 fois
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Re: Les Armes du Chevalier, Première Partie. [Terminé] - Dim 23 Déc 2012 - 18:10

[justify]Je jetais un coup d'œil par la fenêtre, le soleil n'allait pas tarder à se coucher et je venais enfin de terminer mon travail. Le plus long avait été de préparer les fiches de cours. J'avais mis un point tout particulier à les rendre les plus compréhensibles et facile à suivre possible par les étudiants. J'y avais détaillé tous les points historiques que nous allions aborder pendant le mois suivant. Pour chaque point un petit paragraphe résumant en gros le cours et une petite bibliographie d'ouvrages consultables à la Bibliothèque. Je dois avouer que je n'étais pas peu fier de mon travail. Mais je le fus encore plus lorsque vint le moment de corriger les copies. Il y avait bien entendu quelques élèves avec plus de difficultés, mais de manière générale l'ensemble était tout à fait satisfaisant. J'étais forcément fier de moi, car dans un sens j'avais réussi à leur transmettre la fibre historique, réussi à leur faire comprendre mon cours. Mais j'étais bien plus fier d'eux, certains de mes élèves ne présentaient pas au début d'intérêt particulier à l'histoire et décrochait maintenant des résultats plus que convenables. Certains même faisaient preuve d'une logique historique particulièrement impressionnante pour des débutants en la matière.

Ceci fait je fis rouler ma chaise de bureau devant la fenêtre, admirant le soleil déclinant en fumant une cigarette. Je faisais ça presque tous les soirs depuis mon arrivée, et à chaque fois je ne pensais qu'à une seule et même chose, ma défunte femme Isabelle. Et pourtant ce soir là, comme de plus en plus souvent, je n'y pensais pas. Elle était toujours là, bien gravée dans mes souvenirs et dans mon cœur. Mais à l'image d'un cadeau d'enfant, plus le temps passait, plus ce cadeau s’abîmait, moins l'enfant y accordait de l'importance. J'avais peur de ça, une peur d'imbécile trop romantique, avec mon pouvoir je me souviendrais toujours des moments passés avec elle, et je pouvais si bien visualiser son visage que j'aurais été capable de le peindre parfaitement. Non, j'avais peur de mes sentiments, je les sentais s'envoler lentement, comme un mince filament de fumée malmener par les courants d'air qui finirait par totalement se dissiper. Elle était morte en m'aimant de tout son cœur, de toute son âme, et j'avais été l'homme le plus malheureux du monde lorsqu'elle s'en était allée. Cependant, beaucoup de choses avaient changé depuis mon arrivée sur la Deus Academia. Je me trouvais horrible dans un sens pour perdre ces sentiments, qui m'avaient accompagné pendant plus de cinquante ans, en l'espace de quelques mois. Peut-être était-ce l'ordre naturel des choses.

J'écrasais ma cigarette contre le rebord extérieur de la fenêtre et jetais le mégot en contrebas, chassant toutes ces pensées. Je descendais tranquillement vers la Cafétéria où je prenais un repas en compagnie de ceux que l'on appelait les Repentis. Des hommes et des femmes ayant été choisis comme n’importe qui ici pour potentiellement devenir des Dieux mais ne jouissant pas du statut d'Apprentis. Ces gens là étaient relégués à des tâches plus ingrates afin de laver les vies de péchés qu'ils avaient connus. Peu d'étudiants se mêlaient à eux, tout comme les professeurs. Mais quand on s'intéressait un minimum à eux on découvrait souvent des personnes tout à fait agréables et avec on discutait aisément d'autres choses que de cours où de vies joyeuses. Le repas s'éternisa, l'un d'entre eux ayant proposé un poker, auquel je participais volontiers. La nuit était tombée depuis longtemps déjà lorsque je rejoignais enfin ma chambre.

La salle de bain fut ma première étape, je me lavais les mains, le visage, les dents. Je jetais négligemment mes vêtements dans un sac que j'emmènerais le lendemain à la laverie. Me retrouvant seulement en boxer je m'avançais vers ma penderie pour sélectionner les vêtements pour le lendemain. J'optais pour une chemise bleue claire, un gilet noir et un pantalon noir. Je posais le tout sur mon bureau et je vins vers ma penderie pour la fermer. Tout en bas je vis le fameux colis enveloppé dans son drap rouge. J'avais moi même dans la journée jetée cette arme ici pour ne pas me tracasser avec ça et pourtant. Comment diable se faisait-il que je ne pouvais pas voir l'histoire de cette arme, c'était totalement abracadabrant ! Autant j'en avais eu peur quelques heures plus tôt, autant là je fulminais de ne pas savoir de quoi il en retournait. J'attrapais donc vivement la rapière et la dépliait sur mon lit, observant l’arme et la dague comme si elles allaient me dire leur secret.

J'attrapais la dague que je n'avais pas manipulée, espérant voir avec cette petite lame plus de choses qu'avec la rapière. Je dégainais la dague, et à ma grande surprise un petit bout de papier tomba du fourreau, retenu coincé à l'intérieur par la lame. Un peu incrédule je regardais ce petit rouleau de parchemin tomber sur le sol. Posant lentement la dague et son fourreau sur le lit, je me baissais et attrapais le parchemin. Je sentais sous mes doigts l'usure du papier c'est pourquoi je déroulais très précautionneusement ce dernier. Mes yeux découvrirent enfin quelque chose de nouveau, tandis que je lisais, je sentais l'excitation grimper en moi.

Spoiler:
 

A peine j'eu terminé la lecture de cet ancien parchemin qu'il se transforma en poussière dans mes mains. Je retenais la poussière entre mes mains, totalement paniqué, je n'avais eu le temps de lire le message qu'une seule fois. Il devait certainement signifier quelque chose. Mais comment faire sachant que je ne l'avais lu qu'une seule fois et qu'il n'en restait désormais plus rien. Je paniquais quelques instants puis pestais de colère jetant sauvagement la poussière par la fenêtre et allant même jusqu'à insulter les armes comme si cela allait changer quelque chose. Je m'asseyais à ma chaise de bureau et me récitais le message par cœur. Par cœur ? Je m'envoyais alors une grande frappe sur le front, la panique m'avait totalement fait oublié mon pouvoir. Une seule lecture était suffisante puisque maintenant les mots que j'avais lus étaient gravés à vie dans mon esprit.

Je m'approchais donc de mon bureau et attrapais mon calepin et un crayon à papier, retranscrivant sur ce support les mots exacts du parchemin. Je les relisais plusieurs fois, poésie originale mais pleine de mystère. Il fallait bien avouer que je n'y voyais pas vraiment de sens. C'était une énigme, relative aux armes, à leur histoire. Ainsi donc il devait y avoir un moyen de résoudre tout ceci, de comprendre pourquoi je ne voyais pas leur histoire. C'est tout du moins ce que j’espérais. Jetant un regard malicieux vers la rapière et la dague toujours posées sur mon lit je pensais intérieurement.

* Une énigme donc. Bien, je relève le défi !*
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Re: Les Armes du Chevalier, Première Partie. [Terminé] - Mar 25 Déc 2012 - 18:20

J'étais assis à mon bureau, lisant et relisant cette énigme que j'avais pris soin de noter au propre. Je me soutenais la tête de ma main gauche, le coude posé sur le bureau. De ma main droite je tenais un crayon de papier que je tapotais nerveusement sur le bois. Je n'essayais pas vraiment de comprendre le message, simplement pour le moment de m'en imprégner. Je travaillais toujours ainsi sur un texte compliqué, une énigme, un problème. Je relisais plusieurs fois l'énoncé, décortiquant chaque phrase, repérant les mots clés, trouvant les messages subliminaux. Ce texte là n'était pas difficile à comprendre, mais en soit il ne voulait pas dire grand chose. C'était une poésie de qualité moyenne, et je ne lui trouvais aucun rapport avec les armes, et pourtant il y en avait un, j'en étais intimement convaincu. Le tout, c'était de se concentrer, là était la clé.

Commençons donc par le début. "Pour apprendre l'histoire de l'être oublié, celui qui maîtrise le Temps, devra faire preuve de volonté.". Il ne faisait aucun doute que "celui qui maîtrise le Temps" c'était moi. Mais cela était effrayant, troublant. Ce parchemin avait à vue de nez plus 400 ans. Bien que très bien conservé il marquait son âge. Comment quelqu'un ayant vécu il y a si longtemps pouvait savoir que j'allais un jour exister, que j'allais un jour avoir ce pouvoir ? Plus encore, comment pouvait-il savoir que ces armes allaient tomber entre mes mains ? Tout était certainement prévu, une affaire de destin plus que de coïncidence. Après tout il y avait tellement de choses étranges dans cette Académie, tellement de questions auxquelles je n'avais pas de réponse. Mais cela attendrait, pour une raison ou pour une autre la rapière et la dague étaient désormais en ma possession, et cette énigme, c'était à moi de la résoudre.

"Pour apprendre l'histoire de l'être oublié". Qui était-il, quel rapport avait-il avec moi ? J'étais le Dieu du Temps, et j'avais connaissance de toutes choses. Non pas de toutes choses ! Je jetais un regard vers les armes, je ne connaissais pas leur histoire, plus particulièrement de celui qui la maniait. En effet, tout m'était apparu si sombre, si masqué, avec de grandes périodes d'ombres, voir de vides. En quelques sorte c'était comme si le temps lui même avait oublié l'histoire de cet homme. L'histoire du premier possesseur des armes, c'était lui l'être oublié ! Tout en résolvant les éléments morceaux par morceaux j'écrivais ces renseignements sur une autre feuille de mon calepin. "Devra faire preuve de volonté". Cette partie était limpide et me faisait sourire. En effet, rien que pour la résolution du message je risquais de me prendre la tête. Mais j'étais quelqu'un ayant beaucoup de volonté, j'irais jusqu'au bout quoiqu'il m'e coûte. D'ailleurs, qu'allais-je devoir affronter ? Peut-être cette volonté se manifesterait aussi par d'autres façons. Mais j'avais décidé dès le début de cette résolution d'énigme de ne jamais reculer dans cette petite histoire qui sentait bon l'aventure !

"Cette histoire existe toujours, mais depuis fort longtemps, elle n'a plus vu le jour." Ce passage là était particulièrement limpide par rapport au tercet précédent. Il s'agissait de l'histoire du chevalier. Depuis combien de temps exactement, 400 ans environ vu la facture des armes et l'état du parchemin. Et depuis tout ce temps elle n'avait plus vu le jour. Comment expliquer ceci ? Peut-être avait-elle été perdue ? Peut-être le chevalier n'avait pas eu de descendants et que son histoire s'était terminée à sa mort. Peut-être que les archives concernant sa vie avaient brûlées, ou s'étaient perdues lors d'une guerre. Limpide, mais soulevant encore beaucoup de questions sans apporter la moindre réponse. Assez nerveusement je posais mon crayon et m'allumais une cigarette. Je tirais quelques bouffées en regardant la nuit qui s'était installée à l'intérieur. J'étais à la fois excité, effrayé, curieux mais surtout, j'étais particulièrement motivé par toute cette histoire. Encore quelque chose qui avais changé chez moi. De mon vivant ce genre de mystère m'intéressait, mais s’il y avait vraiment trop de zones d'ombres autour je préférais laisser tomber. Mais maintenant, je me sentais plus que jamais la volonté de mener cette aventure jusqu'au bout.

"Rends-toi dans le lieu où l'on forme les puissants, il existe là-bas un endroit, où le savoir est Roi, et où la connaissance va en s'entassant.". Cette partie était déjà bien plus difficile. Il y avait deux lieux à identifier avec si peu d'indices. L'endroit où l'on forme les puissants ? Mais lesquels, les rois, les seigneurs, les seigneurs de guerres, les chefs spirituels religieux ? Non, je m'égarais, si ce texte m'était destiné comme le mentionnait la première partie cela ne pouvait pas vraiment avoir un rapport avec les puissants de l'ère Moderne. C'était quelque chose de plus contemporain, alors dans ce cas, les politiciens, les chefs de grandes entreprises, les rois du pétrole ? Mais il n'y avait pas un seul lieu où tous ces gens là avaient été formés, mais des dizaines de milliers. C'était impossible de trouver un seul endroit...à moins que. Je m'arrêtais regardant autour de moi. Peut-être les puissants signifiaient les apprentis dieux ! Et donc ce lieu était la Deus Academia. C'était déjà plus logique dans la mesure où ces armes m'étaient arrivés ici après ma mort et non pas de mon vivant. Mon excitation redoubla alors d'intensité ! Cette énigme avait donc un lien avec la Deus Academia.

Maintenant, quel était cet endroit dans la Deux Academia où le savoir était roi et où la connaissance allait en s'entassant. Un lieu de savoir, lequel ? Le Temple en était un, car on y apprenait à débuter sa nouvelle vie. Les salles de classe en étaient d'autres, car chaque professeur y transmettait son savoir, ses connaissances. Cependant de là à dire que le savoir s'entassait. On ne cherchait pas à surcharger les élèves à grands coups de phrases, de doctrines, de conseils, de bibliographie. De bibliographie ? La Bibliothèque de l'Académie était aussi un important lieu de savoir. Elle contenait des milliers d'ouvrages, autant écrits sur Terre que d'autres écrits par une main étrangère, bien plus mystique. Et qui plus est, la connaissance, si ce mot là signifiait les ouvrages, y allait vraiment en s'entassant. La Bibliothèque était immense, jamais je n'en avais fait le tour en entier. J'étais même près à parier que l'on pouvait y trouver TOUS les ouvrages ayant été écrits sur Terre et ce depuis le début des temps. C'était donc là que je devais me rendre, à la Grande Bibliothèque. Tant mieux, c'était juste à côté. Et après tout si je faisais fausse route, je pouvais toujours revenir plancher sur l'énigme !

J'attaquais enfin la dernière partie avec l'impatience d'un gosse. "Cherche du côté des coins les plus sombres, tu trouveras un ouvrage millénaire, écrit dit-on par la main du Père, qui t'éclairera à travers l'ombre." Encore une fois, il y avait une partie facile à comprendre, l'autre plus difficile. Me rendre à la Bibliothèque donc, et chercher du côté des coins sombres. Quels coins sombres, tout y était sombre et tamisé...puis ce n'est pas comme si il y avait 30 étages ! Tout ça pour y trouver un seul ouvrage comme le mentionnait la deuxième phrase. Mais c'était un travail titanesque, chercher une aiguille dans une botte de foin pour géant ! Tenter de discerner à l'œil nu un microbe, ou encore pisser dans un violon. Autant la recherche me semblait déjà impossible, autant je ne me décourageais pas du tout. J'avais la vie devant moi pour chercher si je le souhaitais. Et dans tous les cas je chercherais. Mais cette indication n'était pas très intéressante, ni très utile...et la suite ne me donnait pas plus d'indice.

Un ouvrage écrit par la main du père qui m'éclairerait à travers l'ombre. Quel père ? L'ombre c'était évident, c'était l'ombre de cette histoire, ce vide dans l'histoire que j'avais ressenti. L'histoire oubliée du chevalier était l'ombre. Au moins je savais que j'allais devoir trouver un ouvrage pouvant me renseigner sur l'histoire des armes et de leur possesseur. Mais le père, qui pouvait-il bien être. En plus le mot portait une majuscule, ce devait être quelqu'un d'important. Le Père...

* Non, ça ne peut-être...*

J'en fis tomber mon crayon de papier qui roula au sol. Je me baissais légèrement fiévreux pour le ramasser puis venait regarder mon papier. Le Père, on le nommait ainsi dans la Bible, dans les prières, c'était Dieu. Un ouvrage écrit par la main de Dieu lui même ? Comme les Tablettes des Dix Commandements ! Mais c'était d'un intérêt historique de première priorité. L'historien en moi resurgit quelques instants, j'étais presque sur le point d’appeler des collègues pour leur demander de venir m'aider, que je venais de faire la découverte du siècle ! Mais je me souvins très vite de ma situation. Si la Deus Academia existait, alors un livre écrit par Dieu lui même était tout à fait de l'ordre du possible. Je griffonnais ces dernières informations sur mon calepin et m'allumais une nouvelle cigarette. Me tournant vers les armes, les questions se bousculaient dans ma tête. Ces armes, le chevalier, le vide dans l'histoire, la Deus Academia, l'ouvrage écrit par Dieu. Tout ceci était connecté, mais de quelle façon, c'est ce qu'il restait à découvrir. Et j'allais le découvrir. Puis soudainement je frappais du poing sur la table, d'un air déterminé.

* Première énigme résolue...maintenant la suite.*

Mais d'abord dodo. J'étais fourbu en réalité, la nuit était déjà passablement consumée. Terminant ma cigarette, je poussais simplement les armes par terre et me couchais tout habillé dans mon lit. Le sommeil vint à moi presque aussitôt mais j'étais certain que même endormi, un sourire satisfait était resté imprimé sur mes lèvres.
Les Armes du Chevalier, Première Partie. [Terminé]
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