Chapitre IV :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


École des dieux RPG


Forum RPG
 

Sous un voile blanc, je t'ai rencontrée. [ PV Lyra Vilkas ]

Invité
avatar
Invité
Sous un voile blanc, je t'ai rencontrée. [ PV Lyra Vilkas ] - Ven 7 Déc 2012 - 2:41
Sous le regard bienveillant,
Du veilleur de tous les jours,
Une danseuse retrouve,
Des filaments de son blanc passé.

Sous un blanc manteau, la place de l'Horloge somnolait calmement. Personne ne semblait avoir le courage de la réveiller de son sommeil hivernal. La place était dans un état de profonde contemplation. Sous son manteau blanc, elle était majestueuse à regarder et intrigante à parcourir de long en large. Mais son doux silence était bientôt sur le point d'être briser pour une rare fois.

Alors que le veilleur de tous les jours affichait petit à petit seize heures et dix minutes, un petit bruit se fit d'abord entendre à l'extrémité de la grande place publique. Un simple grincement de porte s'ouvrant. Un simple petit rien qui réveilla momentanément le manteau impeccable qui recouvrait le sol. La neige virevoltant dans les airs durant un moment avant de retomber sur le sol dans un désordre total. La porte s'ouvrant petit à petit jusqu'à être complètement ouverte. Une silhouette se fit d'abord voir. Une silhouette fine et délicate, pas très grande et pas très large. Un moment la silhouette sembla hésiter à sortir, entrant dans le bâtiment.. Mais après une courte réflexion, elle se décida finalement à sortir à l'extérieur.

Le silence retomba petit à petit autour de la frêle silhouette, alors qu'elle refermait la porte derrière elle, espérant surement ne laisser aucune trace de son passage et dans une lenteur quasi calculée, la demoiselle s'avança dans le manteau blanc du sol, se frayant un passage au travers de la magique blancheur hivernale. Sous le regard du maître du temps, l'étudiante marcha un moment dans la neige, creusant un trajet jusqu'au centre de la place. Elle était peu vêtue, ne portant que sa robe de sorcière qu'elle avait toujours portée depuis ses début, et son chapeau.. Son magnifique chapeau qui était son bien le plus précieux au monde. C'était comme pour sa soeur sa marque à elle, c'était un petit héritage de son passé. C'était un petit quelques choses qui la désignait en tant que sorcière et elle en était fière de cela. Sur son flanc, son épée qu'elle avait volée à l'époque pendait avec fierté. C'était son deuxième objet le plus précieux, c'était son passé.. C'était le moyen de défense qu'elle avait utilisée pour protéger sa soeur et elle. Elle ne l'échangerait pour rien au monde.

Alors qu'elle avançait au travers du manteau blanc, ses pas creusant une petite tranchée dans la neige, Aurelly s'arrêta finalement au centre de la place publique, relevant le visage pour observer le ciel, alors que la neige recommençait à tomber un peu plus forte formant un voile blanc presque impénétrable. La jeune sorcière se mit à sourire un peu plus en observant la blancheur. Levant lentement ses mains devant elle, elle essaya vainement d'attraper un flocon de neige sur les paumes de ses mains. La neige lui rappelait son passé.. Mais pas vraiment pour les bonnes raisons. C'était à cause de l'hiver qu'elle avait perdue sa petite soeur en vérité tout était de sa faute.. Mais c'était ainsi.. C'était le passé.. Aurelly comme à son habitude plaçait sur son visage l'un de ses masques habituels. Un masque froid et distant.. Elle n'allait pas pleurer pour ça.. Pas ici. Ce moment était malgré tout l'un des plus beaux qu'elle ne pouvait rêver. Les yeux mi-clos, elle resta silencieuse et immobile, telle une statue au milieu du voile blanc.

Elle était si seule sans sa soeur. Seule avec le silence. Seule avec elle-même.....

Et cela...
Lui faisait plus peur que tout
Ce qu'elle pouvait imaginer.
Invité
avatar
Invité
Re: Sous un voile blanc, je t'ai rencontrée. [ PV Lyra Vilkas ] - Ven 7 Déc 2012 - 17:55
Les flocons descendaient du ciel, on aurait pu croire les larmes d’un ange. Un ange à une bien grande tristesse alors. La pureté s’éveillait de chacune de ces perles, se perdant au sol. Les ombres se dessinaient sur cette neige blanche et immaculée, les quelques traces de pas se voyaient bien vites recouvertes ; les courageux à sortir à l’extérieur se révélaient rares ici. Le blanc recouvrait tout. Les arbres avaient perdu leur traditionnel manteau de feuilles, remplacé par un autre où le froid semblait être le caractère principal. À chacun des frémissements de l’air, une branche se délestait d’un peu de son chargement, déposant sur la tête d’un malheureux un peu de neige dont il s’ébrouait à la manière d’un chien. Et cela retournait au sol. Un bien étrange cycle que celui-ci. Mais le froid glissait sur la peau de la jeune fille, elle semblait insensible à cette morsure redoutée par beaucoup. Un temps à jouer au golfe, comme dirait sa défunte mère. Les gosses d’ici faisaient toute une histoire pour quelques centimètres de neige. Si seulement ils avaient mis dans les terres désolées de la Russie ou même dans le pays en lui-même, ils comprendraient qu’ils n’ont absolument aucune raison de se plaindre.

De la neige lui tombaient jusque dans les yeux. Enfant, elle s’amusait à gober les flocons. Et maintenant, elle les observait bine gentiment, repensant à son pays natal en se demandait si la neige tombait en ce moment-même là-bas. Ce n’était pas une bonne idée que d’y songer mais l’hiver apportait avec lui cette poudreuse possédant cette vertu-ci. Le souvenir. Elle se rappelait des détails les plus insignifiants, de tout ce qu’elle avait cru oublié mais qui restait gravé dans les tréfonds de sa mémoire. Il suffisait d’un peu de blanc pour assister à une formidable réminiscence. Ces souvenirs nostalgiques n’avaient rien perdu de leur beauté mais s’accentuaient un peu plus de tristesse. Ce n’était plus que des souvenirs. Voilà ce dont elle gardait à l’esprit. Tout cela, ces beaux moments comme ces moments à vous en faire pâlir le cœur, elle n’avait pour seule consolation et malédiction de pouvoir se les rappeler à l’infini. Elle qui avait pensé que tout s’arrêterait avec la mort, elle s’était trompée.
La neige l’entourait à la manière d’un linceul. Ses cheveux devaient être dissimulés sous une vaste couche de blanc. Elle n’avait pas eu la présence d’esprit de se couvrir la tête grâce à un chapka ou mieux, grâce à la capuche qui semblait attendre désespérément que cette petite sotte daigne la poste sur sa tête. Mais rien n’y fit. Elle avait choisi volontairement de garder sa tête à l’air libre. Juste pour pouvoir mieux renouer avec son passé. Une étrange idée. La neige tombante était la même que celle qu’elle pouvait observer les oreilles chauds. Mais ses sens s’en révélaient différents, eux. La sensibilité n’était pas la même. Les souvenirs devenaient plus réels, plus pressants lorsque ce froid venait lui saisir les oreilles.

Ce silence fut interrompu par la grande horloge sonnant dix-huit heures. Lyra attendit que la grande pendule égrena chacun des coups avant de se forcer à sortir de ses rêveries. Elle aurait pu rester ainsi longuement encore. Mais ce n’était pas la réalité, elle ne devait pas préférer ses rêves à cette dernière. Aussi difficile cela soit-il, elle devait se forcer à vivre non pas dans le passé mais en se projetant dans le futur. Il y en avait un, il lui paraissait confus, incertain voir inexistant mais tout le monde possédait un avenir. Elle aussi.

C’est alors qu’elle la vit. Elle était là, immobile tout comme elle il y a à peine quelques instants. Elle semblait ailleurs, perdue dans son passé. Il allait bien falloir qu’à son tour, elle retrouve la réalité. Le réveil allait lui sembler brutal mais qu’importe. Il le fallait bien.
Sa cascade de cheveux bleus différait avec ce décor hivernal. Ici tout n’était que blanc. Mais il y avait elle. Elle avec sa chevelure bleue cristalline qui semblait être de trop dans ce décor. Ce tableau n’était pas fait pour elle. La croiser au bord d’un étang l’aurait moins choquée que de la voir ici. Elle lui faisait penser à ces nymphes ou naïades que les mythologies antiques décrivaient. Elle ne savait rien à propos de ces figures antiques si ce n’est que leur beauté était semblable à celle de cette élève.

Elle prit alors conscience qu’elle était en train d’épier cette demoiselle depuis au moins deux bonnes minutes. Deux minutes de trop à son goût. A-t-on idée d’observer ainsi les gens avec une telle intensité ? D’autant plus qu’elle ne la connaissait pas, c’était la première fois qu’elle la croisait ici. Elle ne croyait pas en ces conneries de destin et elle ne voyait pas trop ce que cette demoiselle pouvait bien faire ici à contempler ces flocons sans même se soucier du froid. Toutefois, elle décida de s’approcher d’elle, juste pour lui parler ou du moins pour lui éviter un mauvais rhume. Après tout, peut-être ne l’avait-elle croisée que dans le simple but de lui éviter d’être clouée au lit pendant plusieurs jours, nez bouché, front brûlant ? Cela ne l’étonnerait guère.

- Je ne savais pas que les gosses de cette école avaient pour jeu de prédilection celui de jouer aux bonshommes de neige. Mais des bonshommes vivants à ta manière.

Remarquant l’accoutrement étrange de la jeune fille, Lyra en fut horrifiée. Qui était donc cette fille pour sortir aussi peu vêtue par un tel temps ? Même si l’archiviste avait l’habitude du froid, elle n’allait tout de même pas se balader en sous-vêtement – oui car en robe, cela lui était déjà arrivé – par mégarde ou simple oubli. Elle ôta donc son manteau et le posa sur les épaules de la demoiselle. Elle, elle n’avait pas froid. De toute façon, n’était-elle pas déjà morte ici ? Alors que pourrait quelques flocons contre sa santé déjà fort résistante ?

- Prends mon manteau. Je ne pense pas que tes professeurs verraient d’un très bon œil que tu sois clouée au lit par ta stupidité.

Pour la première fois depuis longtemps, il n’y avait là aucune méprise ou sarcasme dans ses paroles. Elle ne disait que la vérité, rien d’autre. Un jour à ne pas oublier, il faut croire.
Invité
avatar
Invité
Re: Sous un voile blanc, je t'ai rencontrée. [ PV Lyra Vilkas ] - Sam 8 Déc 2012 - 7:48
Les songes se mélangeaient aux souvenirs du passé dans la tête de la jeune fille. Une valse incroyable et profonde qui emportait visiblement la porteuse au plus profond de son être. Plongée dans une profonde contemplation de la blancheur hivernale, elle n'était bercée par la beauté de la chose. C'était différent d'auparavant. Si différent de quand sa soeur et elle devaient survivre dans l'hiver qui sévissait à leur époque. EN ce moment, elle contemplait les flocons de neige de manière si enfantine. Elle n'avait pas peur de la neige comme auparavant, elle découvrait une facette plus joviale du manteau blanc. Une facette plus douce et délicate.. Une facette qu'elle n'aurait jamais crue possible pour cette chose qui les avait tant fait souffrir sa jumelle et elle. Vraiment, Aurelly avait du mal à trouver le moindre mot pour commenter le spectacle qui défilait devant son regard écarlate. C'était si beau.

Un sourire s'afficha petit à petit sur le visage de la sombre jumelle. Un tout petit sourire délicat et fragile.. Aurelly souriait rarement quand elle était seule avec ses pensées. Elle n'aimait pas ça simplement. Sourire alors que la vie était si dure ? C'était pas son genre.. Loin de là. Sa soeur en contrepartie était capable de sourire et de rire à tout moment, dans les pires situation, ce n'était pas pour rien qu'en général, le phare lumineux et jovial de leur duo était joué par Fiora et non par Aurelly qui était souvent celle qui était éclipser. Telle la batman de leur duo, elle restait dans l'ombre pour protéger sa soeur.

Mais pour cette fois, Aurelly s'amusait un peu. Elle observait la neige avec un regard tout neuf. Et son sourire témoignait de ses sentiments mitigés sur l'instant. Elle était heureuse de voir qu'en fait la neige n'était pas si destructrice qu,elle pensait. Un soupire finit par s'infiltrer entre ses lèvres bleuissantes. Une chape blanche commençant peu à peu à recouvrir son chapeau, descendant le long de ses cheveux bleutés. Elle était trop perdue dans ses pensées pour songer une minute au conséquence qui pourrait découler de son envie de promenade extérieure.

Un flocon finit par s'échouer sur la paume de sa main et elle le regarda fondre un moment trouvant amusant ce simple petit phénomène, et alors qu'elle secoua légèrement sa tête faisant tomber un peu de la neige qui était sur son chapeau, elle entendit un bruit de pas, mais si faible qu'elle ni porta sur le coup aucune vrai attention, jusqu'à ce qu'elle entende la voix de quelqu'une. Une voix douce et claire à la fois. Tournant un peu la tête, elle remarqua finalement la source de la phrase. La surprise était bien visible sur son visage. Elle ne s'attendait pas vraiment à ce que qui que ce soit se promène sur la place de l'horloge par cette température. Et pourtant, cette drôle d’apparition sortit de nulle part, telle une ange, rassérénait un peu Aurelly qui n'aimait pas vraiment être complètement seule en fait.

Un sourire se dessina un peu plus sur ses lèvres alors qu'elle ne put réprimer un faible petit rire en contemplant la jeune femme qui l'avait interpellée et haussant un peu les épaules, elle détourna son regard pour observer la neige un moment.

- Un bonhomme de neige ? C'est quoi ça encore ? Et puis.. C'est beau la neige.. Donc.. Je m'en fiche d'être ensevelis.

Son regard toujours poser sur la neige, elle entendit la nouvelle venue s'approcher, mais n'y apportant aucune véritable attention sur le coup. Elle était là.. ET puis quoi? Elle n'allait pas s'occuper d'elle!.. La neige était plus belle et douce... et si froide.. Une petite quinte de toux sembla un moment se frayer une route de sa gorge vers l'extérieur alors qu'elle sentit finalement quelques choses se poser sur ses épaules, écoutant en silence la dame qui venait de poser sur elle son manteau. Surprise, Aurelly fut finalement tirer de sa rêverie permanente, revenant à la réalité. Elle grelotta légèrement sur le coup, regardant un moment ses mains qui rougissaient un peu plus sous le froid. Sa peau parcourut de frisson, elle claqua légèrement des dents durant un bref instant, mais elle tourna finalement son regard vers Lyra pour l'observer en souriant et une simple phrase, presque un murmure fut audible.

- Oui mais.. Et toi? Tu te sacrifie pour moi ?

Elle baissa un peu la tête, ses joues rougissant un peu plus sous la gêne occasionner par le geste de Lyra envers elle. Déja bien rougit par la froideur de l'hiver, ses joues devinrent un peu plus écarlates et Aurelly releva finalement ses yeux pour observer un moment sa sauveuse. Elle n'était pas plus habillée qu'elle et pourtant elle se sacrifiait? C'était une drôle d'attention qui touchait la jeune sorcière qui contemplant un moment le visage de l'archiviste. Elle semblait sincère dans ses paroles et pourtant, le regard de la dame, sa manière d'agir ou encore ses paroles donnaient une drôle de sensation au geste en fait. Aurelly avait l'impression qu'elle revoyait un peu sa propre façon de parler et d'agir et souriant, l'étudiante finit par hocher un peu la tête en relevant son visage pour observer le ciel un moment en serrant les pans du manteau autour d'elle.

- Je pensais être seule comme à mon habitude. Mais maintenant, je suis contente d'avoir un peu de compagnie. Ça me fait penser qu'il faut que j'arrête de me morfondre sur mon passé.

Un léger soupir filtra entre ses lèvres à nouveau tandis qu'elle regardait à nouveau Lyra, regardant un moment ses yeux, plongeant son regard dans celui de son ange personnel, mais rapidement détourna son visage, c'était indécent de regarder sa nouvelle amie ainsi..

- Au fait, moi c'est Aurelly...

Fit-elle finalement d'une voix faible et douce, alors qu,elle tremblait légèrement un peu plus en reserrant le manteau sur elle pour se réchauffer le plus qu'elle pouvait, jettant des regard vers Lyra pour s'assurer qu'elle aussi allait bien en fait, alors qu'elle regardait la neige tomber sur elle. Les anges existaient peut-être vraiment en fin de comptent? Car elle croyait bien en avoir trouver une.. Qui se tenait à ses cotés.
Invité
avatar
Invité
Re: Sous un voile blanc, je t'ai rencontrée. [ PV Lyra Vilkas ] - Sam 8 Déc 2012 - 17:20
    Les perles continuaient de tomber. Cette même neige lui rappelait tout ce sang versé à chacun des hivers. Que ce soit à Saint-Pétersbourg ou en occident. Ces tâches rouges s’étalaient sur ces toiles de blanc. Ici, il n’y avait aucune trace de vermillon. Pour la première fois, elle contemplait la neige telle qu’elle devait l’être : pure. Les flocons se perdaient sur ses habits. Bientôt, ce serait elle qui serait ensevelie vivante et non plus cette jeune fille. Un beau manteau blanc la recouvrirait. Ce ne serait pas pour lui déplaire.
    Enfant, elle s’amusait à gober les flocons tombant un à un, les laissant fondre sur sa langue. Souvent, quelques intrépides venaient se perdre dans ses yeux. Ce n’était que de l’eau en devenir, lui répétait sa mère. De l’eau peut-être, mais glaciale tout de même. Désormais, ces souvenirs lui paraissaient bien étrangers et lointains. Aujourd’hui, face à cette nouvelle neige, elle ne savait plus quoi penser. Songer à l’enfance ou au contraire, à tout ce sang versé en hiver ? Elle ne savait plus quelle vie elle souhaitait réellement. Ici, elle devait juste être elle-même. Et rien d’autre.

    Elle ignorait la réaction qu’aurait la demoiselle qu’elle venait juste d’aborder. Après tout, elle ne la connaissait pas ,ce qu’elle faisait sous la neige ne la regardait pas, c’était ses affaires. Elle aurait tout aussi bien pu lui dire franchement que ça ne regardait qu’elle et la congédiait simplement. Mais rien de tout cela. Elle ouvrit le dialogue avec elle. Cela faisait longtemps que Lyra n’avait pas discuté avec quelqu’un à cœur ouvert.
    Qui donc pouvait ignorer ce qu’était un bonhomme de neige ? Les gosses avaient coutume d’en faire dès les premières neiges. Cela ressemblait davantage à un hybride qu’à un réel bonhomme, Lyra en savait quelque chose. Elle n’avait jamais été très douée pour ces choses-là. Les siens possédaient toujours un buste carré et non rond et la tête était disproportionnée par rapport au reste du corps. La traditionnelle carotte était souvent croquée d’un bout par gourmandise de l’enfant et les cailloux faisant office d’yeux se révélaient être placés de travers. Non vraiment de bonhomme, les siens n’en avaient que le nom et en aucun cas l’aspect.
    La petite révéla que peu lui importait qu’elle soit enterrée sous plusieurs mètres de neige. C’est à croire que tous les élèves de cette fichue Académie accordaient peu d’importance à leur santé, tout était bon pour sécher les cours.

    - Alors j’avais raison à ton sujet. Tu es vraiment stupide. C’est vrai que la neige est belle à observer. Mais ce n’est tout de même pas une raison pour choper la crève aussi bêtement !

    Long soupir. A-t-on déjà vu des gosses braver les interdits juste par plaisir de l’esthétique ? Lyra elle-même avait passé nombre d’heures dans la neige, à l’observer tomber enfant. Elle avait fait la même chose aujourd’hui. Mais à la différence de l’élève, elle était couverte chaudement.
    Alors qu’elle venait de poser son manteau sur les épaules de la demoiselle frigorifiée, cette dernière parla de sacrifice. Vraiment, la neige la faisait délirer. Mais sa naïveté faisait plaisir à voir. Elle devait avoir à peu près le même âge que l’archiviste et pourtant, elle s’exprimait de cette petite voix timide. Sans doute avait-elle traversé nombre d’épreuves elle-aussi mais alors elle s’en cachait bien devant Lyra. Ici, tout le monde avait son passé, chacun devait apprendre à vivre avec. Il n’était pas rare que Lyra y songe malgré ce qu’elle s’était jurée. Elle n’y pouvait rien si les souvenirs affluaient par torrent ; lui laissant à peine le temps de reprendre sa respiration qu’un autre surgissait à nouveau.

    - Sacrifice ? Connerie. J’ai l’habitude de la neige, tu sais. Là d’où je viens, cette petite chute de neige serait propice pour jouer au golf ! rigola-t-elle. Pis j’me fiche de tomber malade de toute façon.

    La Russie pouvait être appréciée ou détestée mais au moins Lyra avait-elle su apprendre à combattre le froid, par tous les moyens possibles et imaginables. Ces quelques flocons n’allaient pas venir à bout d’elle. Il en fallait bien plus pour la faire tomber.

    - Au fait, moi c'est Aurelly...

    Alors la demoiselle avait un nom. Aurelly. Un bien joli prénom que celui-ci. Ce prénom était à la hauteur de ses espérance, elle n’était pas déçue. En voyant cette fille qu’elle avait apparenté à une nymphe, elle s’était imaginée qu’elle portait un nom tout aussi grandiose. Un nom bien plus banal n’aurait pas eu le même effet. Mais ce nom était en symbiose parfaite avec sa beauté et le charisme qui émanait de ce petit bout de femme.
    Inutile de rater le coche en omettant de se présenter. Aurelly avait fait le premier pas en cette direction, à son tour désormais.

    - Et moi Lyra.

    Quelques flocons venaient se perdre sur la peau de l’archiviste, fondant de suite. Finalement, ces perles ne semblaient pas vouloir la recouvrir d’un beau manteau blanc. Dommage. Cependant, elle ne donnait pas cher de l’apparence que ses cheveux avaient. Il suffisait qu’elle contemple Aurelly pour en avoir une brève idée. Un peu de blanc se perdant sans doute dans le brun de sa chevelure, le reste devant être mouillé car support de cette ancienne neige déjà fondue. La prochaine fois, elle se couvrirait la tête. En ayant cette pensée, elle vit que l’élève, elle, n’avait pas mis la capuche que possédait le manteau qu’elle portait désormais. Lyra étouffa un râle et rabattit le capuche sans lui demander son avis. Une nymphe peut-être mais alors la plus stupide qui soit.

    - Te morfondre sur ton passé ne fait pas de toi quelqu’un de méprisable. On a tous nos doutes, nos peurs et notre passé en fait partie. Nous sommes humains avant tout, c’est normal qu’on se rattache à notre passé même si une nouvelle vie nous attend ici. Mais se projeter dans l’avenir peut être effrayant, j’en sais quelque chose. Alors on préfère vivre dans notre passé. Voilà tout.

    Elle tendit sa main à Aurelly. Elle n’était plus seule désormais. Elle ne devait pas avoir honte de songer à son passé. Ce n’était en aucun cas un crime. Si tel était le cas, Lyra aurait déjà pêché plus d’une fois. Il était normal qu’il lui arrive de songer à sa famille ou à ses anciens amis tout comme il arrivait à l’archiviste de songer à son unique amour. Mais cette ancienne vie était morte, désormais. Elle devait la ranger dans une parcelle de sa tête et éviter d’y penser le moins possible. Ce serait déjà ça. Même si l’oublier serait impossible, elle pouvait toujours éviter de trop y penser. En se changeant les esprits, par exemple, comme Lyra se détournait de ses souvenirs en parlant avec Aurelly. Les moyens pour avancer étaient nombreux et variés, nul doute qu’Aurelly trouverait comment se détourner de son passé, ne serait-ce qu’un instant. Un instant de liberté sans aucune contrainte, sans aucun souvenir. C’était si beau.

    Les flocons venaient se perdre dans le cou de Lyra désormais. Son écharpe commençait à être humide. Elle éternua. Et elle qui disait qu’elle n’avait pas peur du froid, voilà que ce banal éternuement allait la faire mentir !

    - Et si nous marchions un peu ?

    Lyra avait horreur d’être immobile, elle avait toujours besoin d’être en mouvement. Se poser quelque part et attendre : très peu pour elle. Elle n’avait pas froid, pas encore du moins, mais marcher l’aiderait à mieux réfléchir. Parler serait plus propice aussi. Ici, immobile, elle avait l’impression que des milliers d’yeux étaient posés sur elle. Ce n’était qu’une impression bien sûr, un étrange malaise dont elle ne savait se détacher.
    Sa main était toujours dans la paume d’Aurelly. Elle ne savait trop ce qu’elle éprouvait vis à vis de cette fille. Sans doute la considérait-elle comme une petite sœur qu’elle avait envie de protéger. La petite sœur qu’elle n’avait jamais eu et qu’elle n’aurait jamais. Oui, ce devait être ça. Pourtant, elle n’arrivait pas à croire à cela. Pourquoi ? L’avenir le lui dirait.
Invité
avatar
Invité
Re: Sous un voile blanc, je t'ai rencontrée. [ PV Lyra Vilkas ] - Lun 10 Déc 2012 - 13:05
La simple présence de l'archiviste à ses cotés était si rassurante. Son seul sourire réchauffait la jeune sorcière qui se perdait par instant dans la contemplation de sa nouvelle amie. Sa gentillesse avait profondément touchée le coeur de la jeune fille qui la contemplait avec de petites étoiles dans les yeux par instant. Un sourire s'afficha sur le visage d'Aurelly alors qu'elle regardait parfois le ciel pour le simple plaisir de voir le magnifique voile blanc qui tombait sur la place publique. Un spectacle magnifique.. Un spectacle digne du plus grand auteur. Le paysage était merveilleuse comme si le peintre qui l'avait imaginer voulait voir quelques choses de parfaitement sublime. Un moment Aurelly resta sans bouger, alors qu'elle referma brièvement ses yeux en écoutant les nouvelles paroles de son amie. Un rire doux et cristallin filtra entre ses lèvres alors que l'étudiante haussa finalement les épaules comme toute réponse. Et alors ! Si elle était stupide, elle l'assumait pleinement ! Et puis, elle avait finalement bien fait de sortir à l'extérieur par cette journée enneigée. Elle avait pu ainsi se faire une nouvelle connaissance qui était si différente de tout ce qu'elle avait pu connaître auparavant. Loin de la mentalité des enfants de son époque qui chassaient presque à vue la jeune aurelly et sa soeur car elles n'avaient pas de vrais parents. Et pourtant, ce simple souvenir ne semblait pas rendre malheureuse vraiment la jeune sorcière qui gardait toujours bien cachée ses sentiments profonds.

Mais avec cette fille.... Mystérieuse sortie de nul part. Elle se sentait plus à l'aise, plus joyeuse. Elle avait presque l'impression de se voir un peu dans cette demoiselle donc elle ne connaissait pas le nom en fait? C'était vrai quoi? Quel était son nom en fait? Que pouvait bien être le doux mot qui la désignait? Cette fille devait avoir un nom fabuleux, c'était certain. Elle était plutôt mignonne en fait. Selon les goûts de la jeune sorcière qui avait toujours regarder les filles plutôt que les garçons comme ça soeur. Cela faisait même longtemps que cette ''vision'' hantait l'esprit de la jumelle qui n'avait jamais sus ce qu'elle était vraiment. Mais petit à petit, elle n'avait jamais voulu songer à cela, évitant toujours le sujet quand sa soeur en parlait. Mais en ce moment précis, elle commençait à réellement se poser des questions..

Bref.. Cette fille commençait à mélanger réellement la jeune fille. Déja qu'elle lui offrait son manteau sans rien lui demander. Qu'elle lui parlait avec tant de gentillesse. C'était beaucoup d'acte agréable à son égard. C'était une chose qu'elle recevait généralement rarement. Alors, cela gênait quelques peu Aurelly. Un léger soupire filtra entre les lèvres d'Aurelly qui ne put réprimer un nouveau rire quand son amie fut choquée quand elle parla de sacrifice. Elle observa un moment la neige, puis la demoiselle et souria un peu sur le coup. Elle était intriguée par d'où venait la brunette, car d'où venait la jumelle, la neige était effrayante.. Du moins à son époque. La neige faisait fuir les gens. Elle détruisait les récoltes, tuait des gens. La neige était une chose terrible. Si froide.. Si mortelle.. Elle avait même eue raison de sa petite soeur à l'époque. Alors malgré sa méfiance naturelle, Aurelly tentait d'apprivoiser la neige en ce moment, émettant une simple petite phrase quand elle annonça son nom. Et à peine fut-il dit qu'elle entendait déja la réponse de son amie.

- Et moi Lyra.

Quatre petites lettres qui formaient un véritablement jolie prénom. Lyra. C'était doux et parfait, comme la porteuse de ce dernier. Elle était contente de connaître le nom de sa nouvelle amie et elle ne put s'empêcher de regarder un moment celle-ci sans parler, souriant simplement. Seulement connaître son nom semblait réchauffer le coeur de la jeune sorcière qui ne comptait que sur une main ses quelques amis. En fait, cette fille était sa seule amie.. Et probablement celle qui serait toujours la plus précieuse à ses yeux, avec sa petite soeur. Tout était semblable à un rêve dans les pensées de l'étudiante. C'était presque trop beau pour être vrai. Une fille qui était gentille avec elle.. Une chose rare.. Mais son petit rêve se fractura quand elle entendit les paroles de son amie, revenant un peu à la réalité et souria légèrement en haussant ses épaules.

- Oui, c'est vrai.. Mais mon passé est pas joyeux. ET malgré que j'essaie de l'oublier, il reviendra toujours plus. Donc j'essaie d'y repenser pour trouver une ...

Sa phrase fut coupée au vol et elle sentit la jeune femme tirer la capuche du manteau sur sa tête, où plutôt son chapeau, se qui fit grommeler la sorcière qui par réflexe se recula un peu pour replacer le tout un peu et hocha la tête en prenant la main de l'archiviste. Elle aussi voulait bouger un peu, elle s'ennuyait à rester inactive. Elle était pas comme sa jumelle qui aimait l'inactivité tout entrain de lire un livre. Elle, Aurelly, avait toujours besoin de bouger, de faire un peu d'activité physique pour vider son énergie. Et puis, elle devait garder son corps parfait en forme bien sur.

C'est donc ainsi qu'elle marcha lentement au coté de son amie, un peu gênée au début de tenir la main de la repenti, n'étant pas habituée à une autre personne que sa soeur. Un instant, elle sembla distante, mais avec curiosité, elle glissa lentement ses doigts entre ceux de son amie durant la marche, la regardant parfois en silence, jusqu'à ce qu'elle se décida finalement à arrêter ses pas retenant son amie alors qu'elle entendait celle-ci éternué un peu plus.

Lentement, Aurelly lâcha la main de la demoiselle et d'une main délicate, elle épousseta légèrement les cheveux bruns de son amie, enlevant le surplus de la neige de sur sa tête. Puis avec un sourire doux et chaleureux, elle retira la capuche de sur sa tête et avec lenteur, elle prit le chapeau de sur sa tête, s'approchant face à son amie. Elle leva lentement le chapeau devant elle, allant le poser doucement sur la tête de Lyra. Dans le geste, elle ne remarqua pas la proximité qu'elle avait avec Lyra.. Quand le geste fut fait, elle remarqua finalement qu'elle s'était rapprochée beaucoup plus qu'elle ne croyait de l'archiviste. Leurs corps n'était à quelques petits centimètres, alors que leurs visages étaient si proche. Silencieuse, l'étudiante n'osa pas bouger sur le coup sous la gêne qu'elle ressentait sur le coup. Un simple petit mouvement et elle aurait pu goûter les lèvres gelées de son amie. Un simple geste et elle aurait pu savoir enfin ce qu'était embrasser quelqu'un. Mais elle n'était pas certaine. Elle était curieuse.. Mais tant de choses la retenaient et la bloquaient. Sa gêne était immense, mais au profond de sa poitrine, son coeur battait toujours plus fortement, elle sentait une drôle de sensation traverser son corps.. Comme si.. Elle ressentait quelques choses de différents sur le coup pour elle.

Mélangée qu'Aurelly était, elle finit par une fort surhumain à décrocher son regard de celui envoûtant de Lyra, ses joues étant devenues écarlates après cet événement. Se mordillant légèrement la lèvre inférieure, la sorcière tenta finalement un sourire timide avant de baisser un peu la tête.

- Par... pardon.. Je vou... voulais pas... Je m'excuse... Je voulais pas être trop... aven.. aventu.. aventureuse..

Elle se retourna lentement sur le coup, tentant de passer à autre chose alors que dans sa tête.. Il n'y avait que cette image de proximité avec Lyra de juste avant. Elle n'avait que cette image en tête et elle n,arrivait pas à s'en séparer et tentant finalement de reprendre un peu d'aplomb, elle lâcha finalement d'une voix faible.

- On... continue? Ou j'ai été trop.. étrange pour toi?

Elle jeta un petit regard vers Lyra pour finir, attendant la réponse. Elle ne savait pas comment elle réagirait à ce geste de sa part. Elle ne s'était pas contrôler sur le coup. Elle avait merdé selon elle.. Et sur le visage de la jeune fille, il était visible qu'elle s'en voulait fortement.. Elle se trouvait bien stupide et bête d'avoir fait ça.. ELle allait déja peut-être perdre son amie sur ce coup..




Invité
avatar
Invité
Re: Sous un voile blanc, je t'ai rencontrée. [ PV Lyra Vilkas ] - Mar 11 Déc 2012 - 19:58
« Dark shines
Bringing me down
Making my heart feel sore
'Cause it's good. »


Voilà un beau sourire d’argent accompagnant cette frimousse. Enfin un sourire. La demoiselle commençait à penser qu’elle en était incapable, cette hypothèse en aurait engendré une autre, celle qu’Aurelly était encore moins sociale que Lyra. Mais ce n’était pas le cas, pour son plus grand bonheur. L’archiviste se sentait bien à ses côtés, elle ne savait trop expliquer pourquoi mais elle était apaisée en sa compagnie. Elle venait tout juste de la rencontrer et s’entendait bien mieux avec qu’elle qu’avec les gosses de la secte qu’elle avait côtoyés durant toute son enfance. Des tels évènements, ça ne s’invente pas. On aurait pu croire que la magie y était pour quelque chose mais nul ensorcellement n’avait adoucie la caractérielle Lyra. Les mots non plus n’y étaient pour rien, nulle séduction dans ce manège. Juste une complicité qui ne pouvait s’expliquer. Et cette incompréhension l’embarrassait plus qu’autre chose. La même question revenait sans cesse :pourquoi elle plutôt qu’une autre ? À vrai dire, elle n’était même pas sûre de la formulation exacte que cette interrogation tentait de percer dans son esprit. Mieux valait peut-être l’ignorer, après tout.

Lasse de ces interrogations sans réponses, de ces soliloques inutiles, de toutes ces pensées s’enfuyant à peine menaçait-elle de les saisir, elle reporta toute son attention sur Aurelly et uniquement Aurelly. Rien d’autre ne viendrait la déranger. Ainsi, elle aurait l’occasion d’apprendre à réellement la connaître. Pour lez moment, elle ne savait rien d’elle si ce n’est son nom. Elle n’osait se l’avouer mais si cela lui avait été permis, elle aurait volontiers fouillé ce bel esprit pour pouvoir assouvir sa soif de curiosité. D’abord, répondre à des questions que beaucoup sep osaient lorsque des pupilles se croisaient : qui était-elle, d’où venait-elle, sa mort lui importait tout autant ; les circonstances de sa mort d’autant plus, les meubles de sa chambre auraient pu même l’intéresser tant est que cette belle nymphe ouvrait la bouche pour parler. Parler, juste parler et se repérer au son de sa voix.
En cette fin d’après-midi, alors qu’elle était sortie pour se souvenir et contempler les miettes de son passé crachées depuis ce ciel gris, elle ignorait qu’elle allait faire une telle rencontre. Si u oracle était venu toquer à sa porte, lui annonçant ce qui allait se passer, elle n’en aurait pas cru un traître mot et l’aurait traité de tous les noms. Mais de toute façon, à quoi bon connaître l’avenir ? Ce dernier était tellement plus intriguant et merveilleux lorsque la préméditation ne venait pas tout gâcher, ôtant à l’ignorance du futur cette beauté de la surprise.

Aurelly pensait-elle vraiment qu’elle était la seule à avoir eu un passé aussi peu joyeux que le sien ? Lyra ne connaissait pas sa vie mais débarquer à l’Académie résidait en soi à un malheur profond. Aspirer au repos éternel était un bien plus beau rêve que de songer à un lieu où les fantômes se réuniraient dans le but de former des apprentis-spectres, futurs dieux du monde. Cela avait de quoi faire rire ainsi formulé. Pourtant, c’était ainsi que les choses devaient être dites car c’est ainsi qu’elle s’appelaient. Des fantômes. Tous des morts. Alors, pour ce qui est de la vie que chacun avait dû mener avant de monter ici, sûr qu’elle ne devait pas être rose. L’élève ne devait pas se prendre pour un cas unique. Ici, ils devaient être plusieurs dans son cas, Lyra elle-même en faisait partie même si certaines mauvaises langues pourraient se permettre de dire qu’elle avait choisi cette vie. C’était faux. Elle n’avait pas choisir la vie factice que menait sa mère, ni son arrivée dans cette maudite secte qui n’avait su la mener nul part si ce n’est au sang. Tout n’était qu’un enchaînement de circonstances. S’endormir sur ces mensonges avait de quoi la calmer lors de ses nuits agités, peut-être finirait-elle par y croire un jour ?

Son chapeau de neige tomba au sol, balayé par un revers de la main de la belle, remplacé par un chapeau de textile celui-ci. Le textile épousseta ses oreilles, les réchauffant par la même occasion.
Aurelly suspendit son geste. Là, le temps semblait s’arrêter. Ses prunelles détaillaient Lyra de façon si insistante que cela en devenait oppressant. Le silence était là, pour seul compagnon et observateur. Il hurlait à vous en rompre le crâne. Mais l’archiviste ne défaillit pas. Son regard ne quitta pas un seul instant les deux rubis brillant de mille lueurs. Tous les hommes auraient rêvé pouvoir offrir de telles pierres à leur femme dans un magnifique coffret de satin mais se devaient se contenter d’observer seulement, ne pouvant se le permettre. Lyra, elle, avait cette belle marchandise juste sous le nez. Cela aurait pu lui appartenir si elle le souhait ait.
Après le premier choc passé, contempler ces deux iris n’était pas déplaisant. Lyra avait la sensation d’y être aspirée un peu plus à chaque instant, le vertige était grand. Ces deus gouffres semblaient sans fond. Lyra s’y perdait de plus en plus. Sans doute aurait-elle commis une folie qu’elle aurait de suite regretté si l’élève ne s’était pas détournée, brisant par la même occasion ce curieux envoûtement dont elle avait été victime, emportant avec elle sa malice et ses secrets. Ses jours s’empourprèrent.

- Par... pardon.. Je vou... voulais pas... Je m'excuse... Je voulais pas être trop... aven.. aventu.. aventureuse..

Lyra la laissa parler sans l’interrompre. Oui, c’était mieux ainsi. Il aurait été dommage de tout gâcher par une simple envie, une pulsion bestiale qu’elle n’écoutait d’ordinaire jamais car inconnue jusqu’à présent. Cette même pulsion qui l’avait poussée à choisir Kôta semblait se réveiller peu à peu. « Putain de bordel de merde. » jura-t-elle. Des pensées aussi fleuries que son langage. Mais il y avait de quoi s’en remettre aux jurons. Elle ne comprenait plus rien à rien. Elle qui pensait maîtriser la situation depuis tout à l’heure, voilà qu’elle se sentait dépassée par ces forces qu’elle appréciait auparavant. Il n’y avait rien entre Aurelly et il n’y aurait jamais rien. Elle ne devait pas se leurrer. Son cœur est et sera toujours à Kôta même si celui-ci est vivant – du moins l’espère-t-elle. Le voir à la Deus Academia aurait de quoi la tuer.

Eprise de remords, Aurelly s’enquit de la pensée de son interlocutrice. Non, elle n’avait été ni aventureuse – si seulement elle savait ce que Lyra avait pu faire pendant son enfance, jamais elle ne se serait avisée de poser une question aussi stupide – ni même étrange. Il y avait bien cette part de mystère en elle qui l’attirait ou plutôt la fascinait mais rien de trop étrange à surmonter. Mais surtout, rien qui ne vaille d’interrompre cette balade qui s’annonçait.

- Toi ? Etrange ? Laisse-moi rire. Mais si tu préfères, on peut faire comme si de tout ça n’avait jamais eu lieu, à toi de voir. J’ignore quelle éducation tu as reçue mais chez moi, fixer quelqu’un pendant plus de cinq secondes ne le blâme pas.

Ses joues commençaient à perdre de leur soudaine teinte pourpre. Tant mieux. Au premier abord, Aurelly ne semblait pas une personne timide mais il faut croire que les apparences sont parfois trompeuses. Pourquoi diable se mettait-elle dans un tel état pour un simple regard ? Inquisiteur, certes, déconcertant aussi mais en aucun cas elle n’avait eu un comportement déplacé à son égard.
Pour prouver qu’elle ne lui en voulait pas, Lyra n’avait toujours pas lâché la main de la jeune fille. Elle devait la mettre en confiance. Les deux paumes semblaient être noués en un nœud compliqué qui ne s’userait jamais et qu’aucune main habile ne saurait jamais défaire. Ce serait trop beau. Tôt ou tard, ce lien se briserait, Lyra le savait aussi. Mais elle préférait retarder l’échéance le plus tard possible. Il était si rare qu’elle se sente en si bonne compagnie. Vraiment, cette fille devait avoir un secret pour réussir à la mettre aussi bien à l’aise. D’ordinaire, l’archiviste aboyait et mordait, tout cela avant que l’autre ait pu dire quoi que ce soit. Elle préférait prendre les armes plutôt que de perdre son temps à vouloir comprendre les autres. La violence était une solution facile et radicale qu’elle appréciait énormément, cela se voyait à sa ceinture de laquelle pendait ses deux poignards.

- Je ne te rejetterai pas, tu m’entends ? J’ignore tout de ton passé mais ce n’est pas pour autant que je te jetterai des pierres à la première pseudo-connerie venue.

Une telle attitude ne pouvait trouver sa source que dans l’ancienne vie d’Aurelly. Elle était si fuyante par moment, comme dans cet instant-ci, que sa vie avait dû être un calvaire. À la voir ainsi, elle semblait normale, la fille la plus banale qui soit. Hormis ses cheveux et ses yeux. Elle n’avait jamais vu fille dotée d’une telle cascade. Les vagues semblaient s’entrechoquer à l’intérieur même de sa crinière, le mettant en mouvement à chaque instant, au moindre soubresaut, à la plus faible brise lointaine. Sa chevelure bleue fascinaient tout autant que ses prunelles. Deux iris rouges, deux rubis parés d’or depuis lesquels on pouvait lire une grande tristesse. Lyra ne s’y connaissait pas beaucoup en notion de fantastique ou d’étrange mais cela, ce n’était rien de commun. Elle savait qu’en Europe, les couleurs de cheveux les plus extravagantes pullulaient, salissant chacune de ces chevelures. Les yeux aussi pouvaient être faux, des lentilles pouvaient tromper l’ennemi. Mais cela, c’était vrai. Elle en aurait mis sa main au feu.

- Tes cheveux et tes yeux ont une teinte que je n’avais encore jamais croisé. Surtout tes yeux. On pourrait croire les flammes de l’Enfer brûler au plus profond de tes iris, tu sais ?

Elle passa sa main libre sur cette chevelure, déplaçant par la même occasion une mèche rebelle. Elle s’attendait presque à ce que ces filins se transforment en eau pure. Mais rien de tout cela. Hormis le fait que cette tignasse aurait pu s’apparenter à de la soie, cette chevelure était des plus normale. Mais la couleur intriguait. Elle intriguerait toujours. D’autant plus que Lyra n’avait pas l’habitude de tout cela. La Russie n’était pas le pays le plus réputé en matière de modernité, ainsi cette couleur la désarçonnait-elle. Là où tout n’était que blanc et rouge, voilà que du bleu s’insinuait dans le monde de l’archiviste.
Les yeux aussi paraissaient irréels. Mais c’était pourtant de la vie qu’elle apercevait au loin. Ce ne pouvait être faux. Tout cela était naturel. Elle frémit tant elle avait la chaire de poule à oser s’avancer en hypothèses plus horribles les unes que les autres. Pourquoi donc ?

- Raconte-moi.

Elle avait dit cela le plus naturellement du monde. Lui raconter quoi ? Elle laissait Aurelly en décidait, ainsi elle lui confierait ce que bon lui semblait. Rien peut-être. Le mensonge était à sa portée aussi.
Lyra n’avait rien à lui prouver si ce n’est sa sincérité. Rien n’était feint devant elle. Elle n’aurait pas pu si elle l’avait souhaité. Alors, elle attendit que le filet de voix ne vienne la bercer à nouveau. Peut-être que seul le silence lui répondrait. Alors bon. Même ce silence, elle commençait à l’apprécier.
Invité
avatar
Invité
Re: Sous un voile blanc, je t'ai rencontrée. [ PV Lyra Vilkas ] - Dim 10 Fév 2013 - 8:02
Quelques peu gênée, la sorcière baissa la tête un moment après sa dernière déclaration. Elle était un peu inquiète et nerveuse sur le coup. Avait-elle fauté ? Comment allait-elle réagir ? Allait-elle la blamer ? Ou encore.. Allait-elle partir aussitôt ? Réellement, Aurelly était hésitante et méfiante. En général, elle était plus une jeune femme très solitaire et à l'écart de tout le monde. En temps normal, elle aurait déja fuit depuis un bon moment. Mais pour une rare fois, elle trouvait le courage de rester pour faire face à cette jeune femme qu'elle trouvait si inspirante et intéressante et alors qu'elle sentait une légère rougeur apparaître sur ses joue, elle pencha la tête coté pour observer la neige sur le sol, tandis qu'elle resserrait le manteau de son amie sur elle-même d'une main tandis qu'elle attendait avec impatience le verdict de l'archiviste. Jusqu'à ce que finalement, les premières paroles de Lyra voletèrent dans l'air jusqu'à ses oreilles.

Son regard devint brusquement surpris alors qu'elle ouvrait grand ses yeux pour observer Lyra et détourna un moment ses yeux de gauche à droite. Comment lui dire? Comment lui expliquer qu'à son époque.. Les femmes devaient courber l'échine devant les hommes ? Comment .. comment.. Et puis même si elle lui disait.. La comprendrait-elle vraiment? Probablement que oui, mais malgré cette certitude, la sorcière était gênée et se mordillant la lèvre inférieure, elle secoua un moment sa tête de gauche à droite avant de relever la tête pour l'observer dans les yeux en souriant, resserrant ses doigts entre les siens pour ne pas rompre le moment si merveilleux et profond. Pour rien au monde, elle n'aurait voulue lâcher ses doigts, jamais elle n'abandonnerait sa main. Heureuse comme elle était d'avoir trouver quelqu'un qui voulait d'elle.

Encore un peu gênée sur le coup, mais un peu plus confiante, elle hésitait à lui expliquer ses réactions et sa manière d'agir. C'était dur de parler de son époque comme si de rien n'était. C'était vraiment dur de parler du moyen-âge sans que l'autre ne la prenne pour une folle. Son regard était un peu fuyant alors qu'elle réfléchissait à la manière d'agir et quand enfin elle se sentait prête à parler, ses lèvres se décèlent pour parler. Son geste fut stopper par sa nouvelle amie qui tenta une nouvelle fois de la réconforter. Lyra était si douce et gentille, si parfaite.. Elle était l'amie rêvée .. vraiment.. Elle était à l'écoute.. Et si réfléchie. Vraiment, cette jeune femme était tant mieux qu'elle.. Un petit soupir s’extirpa des lèvres d'aurelly alors qu'elle redressait son regard pour l'observer dans les yeux, alors qu'elle sentait les doigts de son amie glisser dans ses cheveux, elle se plaça devant elle comme auparavant, face à face.

- Disons.. que je suis pas née à cette époque.. Alors les valeurs ne sont pas les mêmes.. À mon époque... Les femmes devaient toujours courber l'échine devant les hommes.. Et j'ai appris... à coup de ceinture à ne pas observer les gens dans les yeux....

Baissant un moment les yeux alors qu'elle sentait toujours la main de la belle dans ses cheveux, la sorcière sentit un moment tout son corps se figer sous la surprise en l'entendant parler à nouveau. Mais ses paroles eurent l'effet d'une bombe dans les pensées d'Aurelly qui ne savait pas comment bien réagir sur le coup. Un moment, elle desserra ses doigts de ceux de son amie, comme apeurée. Mais bien vite, l'étudiante resserra ses doigts plus fortement en relevant son regard vers elle en l'écoutant lui dire de tout lui raconter. Les paroles de Lyra voguaient toujours dans ses pensées depuis l'instant qu'elle les avait dis. Ses yeux rouges ressemblaient aux flammes de l'enfer.. Vraiment ? Était-ce à cause qu'elle était une sorcière.. Ou autre chose.. ? Inspirant lentement, Aurelly expira faiblement en plongeant son regard dans le sien, rapprochant son corps du sien, jusqu'à ce coller contre Lyra en silence. Sa tête alla se poser contre l'épaule de l'archiviste un moment avant que la jeune étudiante décide de parler. Elle avait de prendre son courage en main.. Puis quand elle se sentit enfin de taille, elle releva son regard pour observer le visage de son amie, alors qu'elle levait sa main libre pour la glisser sur la joue de Lyra avec un sourire timide.

- J'ai peur de te faire peur si je parle de moi. J'ai peur.. que tu réagisse comme les gens de mon époque.. Je suis un peu stupide.. C'est sur .. Mais pourtant..

Commença-t-elle d'une voix faible, se mordillant la lèvre inférieure en réfléchissant sur la manière d'apporter les choses.. Pour ne pas qu'elle la fasse fuir.

- Je suis.. ce que l'on appelle une sorcière. Je ne suis pas.. une humaine normale... Je .. Je suis née dans les temps noirs du moyen-âge.. Il y à plusieurs centaines d'années. EN général, je cache ça.. Je cache la vérité.. Ma soeur.. le prends mieux que moi le fait d'être une sorcière. À mon époque, la seule place pour des filles comme moi et ma soeur.. c'était l'enfer supposément.. Pourtant je suis ici.. Je ne sais pas si je le mérite vraiment vu ce que j'ai fais avant de mourir..

Inspirant longuement, elle posa son front contre l'épaule de son amie, alors que de toutes petites et délicates larmes prenaient naissance sur les coins de ses yeux glissant lentement le long de ses joues. Elle avait de mal à parler de ce temps-là.. C'était une période sombre qu'elle n'espérait jamais revivre. En fait, dans le fond, le masque de fierté qu'elle se donnait quand elle protégeait sa soeur.. Au final, c'était peut-être qu'un mensonge? Elle était si sensible et délicate la forte et brute Aurelly...


Invité
avatar
Invité
Re: Sous un voile blanc, je t'ai rencontrée. [ PV Lyra Vilkas ] - Mer 13 Fév 2013 - 17:10
Il n’y avait plus qu’elles qui comptait désormais. L’univers semblait prendre fin. Un autre débutait ici, entre ces deux demoiselles qui s’observaient. Un monde qui n’appartenait qu’à elles et qu’elles peuplaient de leurs songes et de leurs désirs, un monde se construisant au fil de leurs pensées, un lieu où elles sauraient être en sécurité. Cet endroit semblait commencer dans les puits sans fond d’Aurelly, ces deux prunelles rougeâtres qui brillaient toujours et que l’on discernait malgré l’obscurité de la journée. Le ciel était bas, les flocons redoublaient d’intensité et deux femmes étaient là, à faire connaissance, s’observant, parlant peu, uniquement lorsque cela était nécessaire. Elles apprenaient à se comprendre. Elles parlaient la même langue, pourtant une distance semblait être instaurée entre elles deux. Une frontière que Lyra aurait bien aimé faire disparaître.

L’archiviste attendait toujours que l’élève daigne se confier à elle. Le ferait-elle réellement ? Il était rare que des inconnus s’ouvrent à vous sitôt exigé. Aurelly n’était pas de cette trempe, elle n’était pas de ceux qui se laissaient marcher sur les pieds sans rien dire. Alors pourquoi aurait-elle dit quoi que ce soit à la Russe ? Cette dernière n’avait jamais exigé quoique ce soit d’elle, elle lui laissait le choix. D’ailleurs, pourquoi lui accorderait-elle sa confiance, pourquoi irait-elle jusqu’à se livrer, lui contant une partie de son histoire ? La brune elle-même n’en aurait jamais fait autant.
Aurelly était mal à l’aise à l’idée de parler. Pas étonnant. Lyra aurait réagi d la même manière. Non, Lyra n’aurait rien dit du tout, elle aurait coupé court à la conversation pour ne pas à avoir à aborder ce sujet tabou qu’était son passé. Et c’est tout.

- Peu importe ton époque, je sais qu’ici, certains sont tout sauf humains, d’autres sont nés il y a des siècles déjà… Alors tu peux aussi bien venir de l’Egypte Antique ou de la Renaissance, ça m’est égal. Ce n’est pas ça le plus important. L’important, c’est ce que tu es. Les règles ne sont là que pour nous dicter une conduite à tenir, on est pas obligé de les respecter. Moi-même, je viens d’une époque « récente » et pourtant, là où j’ai grandi, ma situation n’était pas différente de la tienne… Fallait pas croiser le regard d’un aîné sous peine de voir les horions pleuvoir. Mais moi, tu peux me fixer dans les yeux aussi longtemps que tu voudras, jamais j’te ferai de mal.

Elle espérait avoir ainsi rassuré la demoiselle. Elle n’appréciait pas l’idée que l’apprentie pouvait craindre le simple fait de croiser son regard. Jamais elle ne pourrait lui faire de mal. Sur quoi se baisait-elle pour penser de telles choses ? Elle l’ignorait. Elle le sentait au plus profond d’elle-même. De nature violente, grande gueule, râleuse mais elle ne pourrait jamais abîmer le visage d’Aurelly. Surtout pour une connerie pareille de regard.
La main d’Aurelly vint se poser sur son visage. Lyra tressaillit. Elle était glacée. Elle aurait dû s’y attendre. Ce n’était pas tant la température de sa main mais davantage ce geste qui l’avait fait trembler. Elle ne s’était pas attendue à cela. Pourtant, elle ne recula pas.

L’archiviste sourit alors qu’Aurelly cherchait les mots justes pour lui parler de ce qu’elle avait vécu. Non, elle n’était pas stupide. Il était normal qu’elle soit effrayée de parler de son passé à quelqu’un d’autre. Il était normal qu’elle craigne la réaction des êtres qui l’entouraient. Elle ignorait tout d’Aurelly mais ne cherchait qu’à la connaître davantage. Elle ne comprenait pas pourquoi elle s’intéressait à cette fille. Cette inconnue.
Alors qu’Aurelly venait de lui révéler qu’elle était une sorcière en vérité, Lyra ouvrit de grands yeux. Une sorcière ? Elle ne s’était pas attendue à cela. Là non plus, elle ne recula pas. La différence était la marque même de cette académie. Elle n’en était pas encore arrivée à un point de non-retour, là où plus rien ne saurait l’étonner mais commençait à s’habituer aux êtres ordinaires appelés à devenir de futurs dieux.

- Être une sorcière ne te rend pas mauvaise. Tu n’as pas décidé d’être ainsi, les hommes de ton époque étaient tous des idiots, ils ne comprenaient rien à rien. Le surnaturel leur faisait peur, c’est pour ça qu’ils vous craignaient, toi, ta sœur et les autres sorcières… Mais ici, tu n’as pas besoin de cacher celle que tu es réellement, personne ne te jugera plus jamais.

Lyra prit Aurelly dans ses bras alors que des perles roulaient sur ses joues. Elle comprenait parfaitement qu’elle réagisse ainsi, parler de son passé n’était pas chose facile, surtout à une inconnue. Elles se connaissaient à peine, s’étaient tout juste rencontrées et voilà qu’Aurelly lui avait déjà confié un secret de la plus haute importance. Non pas un secret ; son secret, celui qu’elle semblait le plus chérir, celui qu’elle gardait dans les tréfonds de son passé, celui qui la hantait depuis le premier jour du reste de sa vie.
Elle ignorait ce qu’être une sorcière signifiait. Elle savait juste qu’Aurelly n’était pas humaine. Elle n’en avait que l’aspect. Mais était-ce vraiment cela, le plus important ? En vérité, cela lui était bien égal qu’elle soit une sorcière. Elle aurait pu tout aussi bien être un monstre venu de l’espace ayant l’apparence d’une fillette ou un elfe, ou elle ne savait quoi encore, peu lui importait !

- J’ignore ce que tu as fait avant ta mort, mais si ça peut te donner une idée, dis-toi que ça ne devait pas être si grave que ça. Regarde-moi, je suis une repentie. Je crois que l’on peut considérer que mes actes passés, eux, ont eu de graves conséquences ; Je dois en payer le prix désormais. Mais toi, je pense que tu es à ta juste place. Tu te sous-estime juste un peu trop, c’est tout.

Elle n’aimait pas voir sa nouvelle amie pleurer ainsi. Nouvelle amie ? Etait-ce vraiment ainsi qu’elle la considérait ? Elle la connaissait à peine, pourtant. Elle sentait qu’un lien bien plus puissant les unissait mais elle ne savait pas quoi. Ou préférait ne pas savoir. Pour le moment, la désigner comme amie était suffisant. Et moins effrayant, aussi.

- Mais entre nous, t’as pas trop une tête de sorcière, s’amusa-t-elle. J’les imaginais toutes ridées, avec un nez crochu et toujours accompagnées d’un balai. Tu ressembles pas trop à ça, toi ! T’es même tout le contraire. À te voir ainsi, on pourrait croire que t'es une nymphe ou une naïade, plutôt.

Lyra se les imaginait ainsi car c’est ainsi que les décrivait les bouquins fantastiques qu’elle avait pu lire. Pendant son enfance, elle avait eu d’autres soucis que de vérifier si les connaissances qu’elle possédait de ces êtres se révélaient exactes ou non. Il faut croire que la vérité avait été déformée avec le temps. Pour changer.
Elle avait essayé de faire un peu d’humour pour détendre l’atmosphère. De plus, cela avait été l’occasion pour Lyra d’annoncer à Aurelly à quel point elle était jolie. À travers un compliment déguisé où l’humour avait une grande place mais qu’importe, c’était déjà ça. Elle espérait aussi pouvoir chasser le chagrin d’Aurelly même si elle avait peu d’espoir. Cette petite semblait être autant pas son ancienne vie que Lyra l’était. Finalement, elles formaient bien la paire, toutes les deux. Plutôt bien assorties.
Invité
avatar
Invité
Re: Sous un voile blanc, je t'ai rencontrée. [ PV Lyra Vilkas ] - Mar 12 Mar 2013 - 7:20
L'instant présent semblait si merveilleux et si magique qu'Aurelly n'arrivait pas à y croire elle-même. C'était un des rares moments où elle pouvait enfin se sentir apprécier de quelqu'un d'autre que sa soeur chérie. Pour un rare moment, elle avait l'impression d'être la lumière dans la vie de quelqu'un de complètement étranger. Et pourtant, plus les secondes s'égrènent, plus les flocons se posaient sur leurs habits, plus la scène prenait une tournure romancière et douce.. Tout était juste si parfait et si impeccable. Que cela soit la neige qui tombait en une chute parfaite, ou simplement la présence de sa nouvelle amie face à elle. Vraiment, la jeune sorcière n'aurait pu songer à quelques choses de mieux que cela...

Ainsi donc, la fière et brave guerrière Locksley avoua finalement une grande part de son passé à la demoiselle. Lui racontant ce qu'elle était, de quelle époque elle venait. Et encore, elle fut abasourdis à nouveau alors que Lyra lui confia qu'elle se moquait de l'endroit ou de l'époque qu'elle venait. Simples et douces étaient les paroles que la repentie lui dicta.. De simples paroles qui prirent un sens bien plus grand dans les pensées d'Aurelly qui contempla un long moment le visage de son amie avec un sourire un peu gêné, mais qui petit à petit prenait un peu plus de force et de vigueur. Certes, ce n'était pas encore un merveilleux et profond sourire, mais la sincérité de Lyra commençait peu à peu à transpercer la douce froideur d'Aurelly qui ne pouvait s'empêcher de rougir un peu plus à chaque fois que son ami la complimentait. Certes, la sorcière avait parfois l'impression de ne simplement pas les mériter.. Elle n'était pas si belle que ça. Sa soeur était vraiment belle.. Alors qu'elle.. Aurelly faisait piètre figure.. Du moins c'était ce que pensait fermement l'apprentie qui détourna un moment son regard gêné pour observer silencieusement la cascade des flocons de neige, réfléchissant en silence à tout ce qui faisait d'elle ce qu'elle était vraiment. Et à nouveau, un frêle soupir filtra entre ses lèvres. Elle ne se trouvait pas si palpitante que ce que disait Lyra. Réellement, elle était de plus en plus mélangée dans ses idées qui se contredisaient de plus en plus. La jeune sorcière qui ne se trouvait pas si belle.. Si intéressante.. Si géniale que ce qu'affirmait l'archiviste.. C'était vraiment complexe de plus en plus...

Et encore si seulement, il n'y avait eu que des mots, peut-être qu'elle aurait réussit à se sortir des méandres de son esprit. Peut-être aurait-elle réussit à démêler un peu plus tout ce qui trottait dans sa tête depuis le début. Vraiment, s'il n'y avait qu'eut que des mots, plutôt que ce geste anodin qui arracha un petit hoquet de surprise à Aurelly qui un moment resta silencieuse sans bouger, sans même frémir, une parfaite statue en somme. Puis alors que les secondes s’égrenaient, elle se décida finalement à se coller un peu plus contre Lyra, fermant à demi ses paupières alors qu'elle l'écoutait parler à nouveau, vantant le fait qu'elle se moquait de tout ce qui l'entourait. Tout ce qui faisait son passé que tout ce qu'Aurelly avait fait dans son passé n'était rien de grave à comparé à ce que Lyra avait fait. Surprise, la sorcière redressa son visage pour observer celui de son amie.. Contemplant ses yeux une nouvelle fois, elle tenta un petit sourire qui se voulait tendresse et affection avant de murmurer d'une voix douce.

-Je suis ce que je suis et je mène ma vie ainsi.. Mais je rêve parfois d'avoir eu la chance de vivre autrement.. D'avoir eut la chance d'être une autre personne à ma naissance.. Enfin ce ne sont que des rêves.. ET puis... J'ai été chanceuse.. Je crois moi. L'amour que je porte à ma soeur à probablement sauvé mon âme et m'a envoyé ici.. Du moins, c'est la seule hypothèse que j'ai pour mon cas.. Tu as bien beau dire que tu as fais quelques choses de terrible.. Mais tu ne sais pas ce que j'ai pu faire ou ce que j'ai pu pensée quand je l'ai fais.. Je suis horrible et sombre au profond de moi car tout ce que je peux faire est mal aux yeux d'autrui.. Pour moi, tout ce que je fais est le bien.. Je protège ceux que j'aime.. Et je les défend de toutes les manières possibles... Si je devais être une ange, j'aurais les ailes noircies, je pense, hihi.

Dicta-t-elle de sa voix douce, en regardant toujours Lyra dans les yeux, puis retournant dans son léger silence, elle redressa son regard pour observer le ciel avec un sourire amusé, puis alors qu'elle reportait son attention vers son amie, elle fut surprise en l'entendant parler de ce qu'était les sorcières de son temps et un léger rire cristallin filtra d'entre ses lèvres, alors qu'elle haussa un moment ses épaules trouvant la description si.. énorme. Vraiment, c'était réellement à mourir de rire. Un nez crochu ? Un balais ? Toute ridée ? Cette description lui faisait réellement peur en fait quand elle tenta de se l'imaginer. Vraiment les gens modernes ont vraiment une drôle d'imagination. Franchement, il fallait être fou pour croire que les sorcières étaient ainsi. Et alors que la sorcière continuait de rire, elle perçut les dernières paroles de son amie qui firent aussitôt arrêter son rire.. L'apprentie observa un moment son amie dans les yeux, devenant brusquement un peu plus écarlate. Le compliment n'était pas tombé dans l'oreille d'une sourde et tandis qu'un moment, elle observa le visage de l'archiviste, la rougeur se propagea sur tout son visage comme une traîné de poudre.


- Mais mais.. Je.. je suis pas aussi belle que ça voyons ! C'est pas.. pas vrai ! Tu.. es.. bien plus belle que moi.. Enfin.. Tu es plus jolie.. Enfin.. je..euh..

Bredouilla-t-elle alors qu'elle cherchait à dire quelques choses d'utile et de sensés.. Mais rien, vraiment rien ne réussissait à sortir de ses pensées. Elle avait l'impression de fondre sur place sous la gêne qui s'accumulait en elle. C'était vraiment beaucoup en si peu de temps, tant de belles paroles.. Tant de doux gestes.. Elle en avait jamais subit ôtant de quelqu'un d'autre que sa soeur. C'était un sensation étrange, un sentiment différent.. Une amitié plus intense et plus forte prenait peu à peu forme entre la jeune sorcière et la douce archiviste. Sous le couvert des flocons de neige, la douce et frêle flamme de l'amitié devenait plus forte et brillante, éclairant de milles feu la scène. Pour Aurelly, tout était si étrange, si intense. Elle avait l'impression que tout son corps allait s'enflammer tant son coeur se débattait de plus en plus fortement. Mélangée, déstabilisée, elle regarda les alentours pour trouver un échappatoire, une issue.. Quelques choses qui pourrait l'aider.. Ou encore, un simple indice.. Mais peu importe la direction qu'elle tournait son regard.. Elle avait une seule et même impression. Que Lyra était devenue importante à son coeur. Beaucoup plus qu'une simple amie.

Voguant entre l'enthousiasme et la peur, elle contempla un moment le visage de Lyra avec un sourire un moment gênée.. Puis alors qu'une longue seconde sembla se passer sans que rien ne se passe pour Aurelly, cette dernière posa délicatement ses mains sur les épaules de son amie, inspirant légèrement pas la suite pour rattraper tout son courage qui s'envolait à tire d'aile, puis dans un mouvement lent, elle rapprocha légèrement son visage de celui de l'archiviste, la regardant toujours dans les yeux pour savoir si cette dernière allait bouger. S'arrêtant finalement à quelques centimètres d'elle, se mordillant légèrement la lèvre inférieure gênée.. Puis finalement, elle murmura doucement d'une voix à peine audible.

- Je.. Je crois que ta présence est devenue très précieuse pour moi.. Ton simple sourire est un phare lumineux pour mon regard.. Je.. Je sais qu'on vient de se rencontrer par hasard.. Mais.. Tu es devenue très importante pour moi Lyra.. Tu ne me juge pas stupidement, tu m'écoute et ne me critique pas pour rien.. Je ne sais que dire d'autre.. Tu es.. une amie.. très chère à mon coeur..

Murmura-t-elle doucement en fixant Lyra dans les yeux, se rapprochant un peu plus d'elle, elle ne tenta pourtant pas de l,embrasser, comme figée sur place après ses paroles. Le baisé aurait été si facile, si évident.. Que quelques centimètres, voir millimètres séparaient leurs lèvres les unes des autres, mais malgré l'envie que pouvait avoir Aurelly sur le coup.. Elle n'osa pas.. Elle avait avouée ce qu'elle ressentait.. Elle laissait à Lyra le soin de juger de sa demande.. Peut-être allait-elle acceptée.. Peut-être allait-elle refusée.. Mais dans les deux cas, la sorcière espérait que Lyra lui permette cette folie amoureuse..

Invité
avatar
Invité
Re: Sous un voile blanc, je t'ai rencontrée. [ PV Lyra Vilkas ] - Sam 16 Mar 2013 - 16:58
Les deux demoiselles s’étreignaient toujours. Les sanglots d’Aurelly semblaient avoir cessé. Pourtant, Lyra ne la lâcha pas pour autant. Elle était bien, dans les bras de l’apprentie. Une étreinte différente de celle que lui offrait son frère, Lev, mais qu’elle appréciait tout autant. Même plus, peut-être.
Elle l’écouta parler, expliquant à quel point elle aurait aimé d’être une autre. Lyra l’aimait tel quel. Aucun changement n’aurait pu renforcer la soudaine affection qui l’unissait à cette sorcière. Elle était déjà parfaite à ses yeux. Peu importait ses crimes passés ; au moins avait-elle une bonne raison de semer le mal autour d’elle. La repentie, elle, n’en avait aucune de réellement valable. Elle avait tué. Comme ça. Pour évacuer sa haine, pour l’entretenir aussi. Un cercle vicieux dans lequel elle s’était perdue.

- Tu n’as pas à t’en vouloir pour ça. Protéger les personnes qu’on aime, peu importe les moyens, n’est pas un crime. Au contraire. À t’entendre, tu as risqué ta propre vie pour ta sœur. Alors où est le mal ? Et puis… N’est-il pas normal d’haïr ceux qui s’en prennent aux personnes que l’on aime ? À ta place, je suis sûre que j’aurais agi de la même façon que toi.

Elle ignorait tout de ce qu’avait pu faire Aurelly pourtant elle au moins n’aurait pas abandonné sa famille, à la différence de Lyra. Elle se mordit la lèvre en songeant à sa fugue précipitée de la secte en Russie, abandonnant tous ceux qui avaient besoin d’elle et à qui elle aurait pu apporter une aide quelconque, s’exposant toutefois à une nouvelle privation de sa liberté fraîchement découverte. Alors oui, elle avait menti dans sa dernière phrase, sachant qu’elle s’était déjà retrouvée dans une telle situation, laissant sa seule famille aux mains de ses bourreaux.

Elle entendit ensuite la douce bafouiller, tentant par tous les moyens de se justifier quant à sa beauté, prétendant que la repentie était plus belle encore. Lyra éclata de rire devant ses hésitations et son malaise certain, la faisant taire d’un geste. Assez pour aujourd’hui.

Puis, Aurelly posa ses mains sur les épaules de Lyra. Cette dernière était à peine plus grande que la sorcière. Cela lui faisait tout drôle. Elle tendit l’oreille alors que sa nouvelle amie prononçait un étrange discours. Elle ne savait pas trop quoi en penser. À la différence d’elle, la Russe était incapable de se livrer spontanément aux inconnus. Certes, elles avaient échangé depuis un long temps déjà mais c’était trop peu pour Lyra. Pourtant, l’archiviste la laissa finir et lui sourit.

- Moi aussi je te considère déjà comme une amie très importante.

Ce fut tout ce dont elle fut capable. Ses mots étaient bien pauvres en comparaison de ceux d’Aurelly mais c’était déjà beaucoup pour Lyra. Un énorme pas en sa direction. Elle n’était pas capable d’user de cette prose imagée, elle savait à peine faire connaître ses sentiments aux autres, de nature solitaire. Mais cette seule phrase était déjà beaucoup. Elle espérait qu’Aurelly ne serait pas aveugle et s’en rendrait compte.
Lyra posa un doigt sur les lèvres de la demoiselle, lui intimant le silence. Le temps semblait s’être arrêté à nouveau. La place entière semblait attendre la réaction de Lyra. Elles étaient si proches l’une de l’autre. En temps normal, elle se serait enfuie, plantant Aurelly là. Mais elle ne pouvait pas. Elle ignorait ce qui la retenait ici, l’intimant secrètement à poser son index sur les douces lèvres de la sorcières. Et après tout, peu lui importait.
Les flocons cessaient peu à peu leur danse ensorcelante. Même la neige souhaitait être le témoin de cette folie. Une folie, oui, cela portait bien son nom. La nature entière retenait son souffle. Nul vent ne venait plus caressait les visages des deux femmes. Elles étaient seules. Entièrement seules. Plus rien ne comptait au monde pour Lyra si ce n’est ces deux prunelles de braise. Ces deux iris qui la dévoraient et qui brûlaient d’une lueur qu’elle ne connaissait que trop, pour l’avoir tant de fois observée. Elle ne parvenait plus à se souvenir de ce sentiment. Ou ne voulait pas s’en souvenir. C’était trop beau. Cela ne pouvait pas exister. Pas entre elles. Elle devait mettre un terme à cette folie, voilà tout ce qu’elle se disait tout en observant le fond de l’âme d’Aurelly.

Leurs fronts se touchaient désormais. Il aurait pu en être de même avec leurs bouches. L’élève semblait juste attendre le feu vert de Lyra. Signal qui ne viendrait pas, la repentie venait de se le jurer. Elle ne comprenait pas ce qui était en train de se passer mais n’y donnerait pas de suite. Cela n’avait aucun sens.
Pourtant, elle cueillit sa bouche. Leurs lèvres se rencontrèrent. Des lèvres chaudes en contraste total avec cet univers glacial dans lequel elles étaient plongées depuis quelques temps déjà. Des lèvres au goût de miel. C’était la première fois que Lyra posait ses propres lèvres sur celles d’une fille. Elle connaissait le goût des bouches masculines qu’elle avait tant visité – toujours la même – mais ce baiser était différent, sonnant le glas d’un futur nouveau en approche.
Le temps n’existait plus. Seul ce baiser importait. Les deux demoiselles auraient pu ainsi rester longuement dans les bras l’une de l’autre. Mais la repentie parut se reprendre enfin, se détachant des lèvres rosées de l’apprentie. Elle avait fait une connerie. Elle le savait maintenant.

- Je suis… désolée… Là, je crois que l’on pourrait me qualifier « d’aventureuse » pour reprendre ton terme si bien choisi…

Elle fit un pas en arrière. Elle ne comprenait plus. La minute d’avant, elle avait la ferme intention de repousser Aurelly, de lui faire dire qu’elle n’avait aucun attrait pour les femmes et celle d’après, elle se surprenait à lui visiter les amygdales ! Quelque chose clochait chez elle. Mais maintenant que le mal était fait, que pouvait-elle faire d’autre si ce n’est s’excuser encore et encore ? Elle aurait dû partir quand il en était encore temps. Maintenant, c’est trop tard.

- J’sais pas ce qui m’a pris. Encore pardon. Mais ça, c’était pas moi. J’suis pas comme ça. J’aurais jamais dû t’embrasser, j’comprends même pas pourquoi j’ai fait ça alors que je n’ai aucune attirance pour les femmes. Désolée.

Désolée. Elle pouvait l’être. Désolée d’avoir donné de faux espoirs à Aurelly. Désolée que les évènements aient pris une telle tournure. Désolée de n’avoir pas su rester fidèle à Kôta même si la mort les séparait. Désolée de tant de choses et trop aussi.
Elle avait besoin de réfléchir. De faire le point. Elle adressa un dernier regard à Aurelly. Elle n’arrivait toujours pas à comprendre quoi que ce soit. Elle avait été envoûtée par la beauté de cette sorcière. Envoûtée, c’était le mot. Charmée aussi. Tant qu’elle avait fini par en perdre la tête et la raison. Elle avait du mal à démêler le vrai du faux. Y avait-il seulement une seule teinte de mensonge dans ce qui venait de se tramer ? Elle en doutait fortement. Et c’était cela qui l’effrayait davantage que tout le reste : que tout soit vrai. Les sentiments qui avaient pointé le bout de leur nez dès son regard posé sur Aurelly avaient été pour elle une amitié naissante. Mais elle n’en était plus très sûre. Ce baiser en était la preuve. Lyra ne se serait pas adonnée à une telle chose sans raison, juste par jeu.

- Je vais rentrer. Et je pense qu’il vaudrait mieux que l’on évite de se revoir, Aurelly.

À peine avait-elle formulé sa requête qu’elle sentit quelque chose se briser en elle. Cela pouvait-il être vrai, pouvait-elle avoir des sentiments amoureux pour elle ? Pour une fille ? Elle ne se connaissait pas un tel penchant.
Là, elle détourna le dos et se marcha. Droit devant elle. Elle ignorait où ses pas la mèneraient mais ça ne pourrait pas être pire que près d’Aurelly. Non c’est faux. Elle aurait aimé retourner près d’elle. Sa présence avait su l’apaiser. Pourtant, elle avait du mal à accepter la vérité. Elle voyait mal comment elle avait pu changer de bord depuis sa mort. Elle qui avait toujours de la facilité à haïr quiconque, voilà qu’elle se retrouvait à aimer sans qu’elle ne puisse rien contrôler. Là est tout le problème avec l’amour : on ne décide jamais ni de qui ni quand on souhaite tomber amoureux. Lyra venait d’en faire la terrible expérience.

Ses pas s’imprimaient dans la neige. Elle leva la tête vers le ciel. La neige s’était remise à tomber. Elles n’avaient disposé que d’un court répit, le temps d’un baiser, avant que cette déferlante de flocons ne revienne les accueillir. Elle tendit la main et observa les perles blanches fondre dans sa paume. Désormais, elle associerait la neige au souvenir d’Aurelly. En espérant qu’il ne reste pas longtemps un souvenir et qu’elles se revoient, malgré les protestations de la Russe. Elle mourait d’envie de la revoir tant tout l’avait séduite chez elle. Seulement, il allait lui falloir du temps. Beaucoup de temps.
♠ Petits messages : 1681
avatar
Être tout-puissant
Être tout-puissant
Voir le profil de l'utilisateur
Re: Sous un voile blanc, je t'ai rencontrée. [ PV Lyra Vilkas ] - Ven 26 Avr 2013 - 16:35
Je clôture ce rp.

Vous avez toutes les deux un excellent niveau (1000 lignes et plus !) et je vous félicite pour cela. Vous utilisez toutes deux de petits vers en début et en fin de post, en français ou en anglais, ils embellissent facilement un rp, au même titre qu'une image. Attention cependant, vous ajoutez une balise blockquote pas forcément utile car vos textes sont déjà très longs et ma barre de "scrolling" en souffre.

Aurelly : 445 xps
Lyra : 405 xps

Xps attribués : Oui
Contenu sponsorisé
Re: Sous un voile blanc, je t'ai rencontrée. [ PV Lyra Vilkas ] -
Sous un voile blanc, je t'ai rencontrée. [ PV Lyra Vilkas ]
Page 1 sur 1
Sujets similaires
-
» Que se cache t-il sous le voile de la mariée ? [Mission Rang A | PV Chikin]
» [FB] Sous un voile de brume
» 30 étages de confusion.(Privé Lyra Vilkas)
» Ondulant sous le vent... [1st entraînement, Nuage de Voile]
» Un sous-vêtement dans l'arbre [Libre]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Deus Academia :: L'Académie de Deus :: Place de l'Horloge-
Sauter vers:

Attention :
Ce RP contient des passages violents ou/et particulièrement gores. Il est déconseillé à la lecture aux moins de 18 ans.
Continuer à lireQuitter cette page