Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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 Nous n'avons pas fini notre conversation [PV Léa]

 
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Nous n'avons pas fini notre conversation [PV Léa] - Mar 4 Déc 2012 - 10:57
Elle était tout de même persévérante. Depuis le Temple elle m'avait suivi sans broncher, certainement en me fusillant du regard...je n'avais trop osé me retourner pour la regarder. Peu importait, car au détour d'un bâtiment j'ouvrais une porte à peine visible. Ce genre de porte que vous auriez put passer 100 fois devant sans pour autant la remarquer. Je poussais cette fameuse porte et entrait dans un des lieux secrets de l'Académie, un bar. La première chose que je fis fut de jeter un coup d’œil à l'intérieur pour juger de la situation. Si la demoiselle voulait du calme, ici elle serait servie. Il n'y avait pas un chat, l'avantage d'être une pièce secrète. Seule la maîtresse de maison se tenait derrière le comptoir, et elle était connue pour son calme, sa capacité à s'effacer. Je poussais un soupir de soulagement tandis que j'entrais dans le bar, j'avais peur que certains profs soient en train de boire un verre. Fort heureusement pour moi, il était bien trop tôt dans la journée pour que mes collègues soient présents.

Je me retournais quelques secondes, soudainement inquiet de savoir si Léa pouvait entrer. Une certaine magie enveloppait les lieux. Tout le monde ne pouvait pas y entrer, il fallait, pour ce que j'en savais, un certaine expérience. Cependant, lorsque je la vis poser un premier pied dans le bar toutes mes inquiétudes s'en allèrent aussi vite qu'elles étaient venues. Je fis un signe de main à la tenancière tandis que je me dirigeais au fond de la salle. Plus loin nous étions d'une autre personne, mieux se porterait Léa. C'est tout du moins ce que je pensais.

Je trouvais enfin l'emplacement parfait, une petite table pour deux. La carte des boissons trônait dépliée au milieu de la table et un cendrier en verre était posé à côté. La table et les chaises étaient en bois simple mais raffiné, le tout était dans un coin de la salle, bien loin du comptoir, lieu généralement privilégié par les visiteurs. Si ça ce n'était pas du calme je me demandais bien ce qui pouvait encore énerver Léa. Je posais mon paquet de cigarettes et mon Zippo sur la table puis m'approchais d'une des chaises. En parfait gentleman je tirais cette dernière pour inviter Léa à s'asseoir. Au moins j'essayais de donner du mien histoire de la détendre avant d'entamer la conversation.

- Si tu veux bien te donner la peine...

Les premiers dés étaient jetés. Je la regardais l'air aimable, attendant qu'elle prenne sa décision. J'avais le sentiment, avant même que cette conversation ne commence que beaucoup de choses allaient être dîtes. J'étais curieux de par nature. Quand à elle, elle semblait ne pas vouloir me lâcher tant qu'elle n'aurait pas eu des réponses à ses questions. Deux têtus assis autour d'une table pour converser, cela pouvait donner des étincelles. Choisir cet endroit pour parler n'était pas anodin, l'alcool aidait à délier les langues et il fallait dire que l'ensemble dégageait une certaine ambiance apaisante. J'avais hâte au fond que nous commencions à discuter.
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Re: Nous n'avons pas fini notre conversation [PV Léa] - Mar 4 Déc 2012 - 12:54
Le professeur l'avait invitée à le suivre pour en savoir plus. Même sans ça, Léa l'aurait stalké : elle ne comptait pas le laisser s'en tirer facilement. Ce qu'il avait dit sur sa vie passée l'avait trop intriguée et agacée aussi. Ce n'était pas le genre de détails qu'on trouvait dans le dossier d'un élève, et s'il connaissait un truc aussi anodin de son passé, que savait-il d'autre ? Et comment ? Bien décidée à tirer ça au clair, elle le suivait depuis le Temple de Deus, abandonnant sans scrupule le petit nouveau, Maodan, à ses réflexions. Elle trouverait bien un autre coin au calme plus tard.

Maintenant... où ce Pietro l'embarquait-il ? Le chemin lui disait quelque chose, et quand elle le vit ouvrir une porte discrète, elle se rappela. C'était peu de temps après avoir demandé à Deus l'accès à des lieux secrets et potentiellement tranquilles. Elle était passée par là, comme tant de fois, mais ce matin elle avait aperçu la porte. Curieuse, elle avait été jeter un coup d'oeil, pour découvrir de l'autre côté... un bar. Son exploration s'était arrêtée là : la jeune fille n'était pas une alcoolique, et elle avait bien assez de ses migraines habituelles pour en risquer une autre plus naturelle mais non moins désagréable.

Et voilà que maintenant elle retrouvait ce lieu qui servait sans doute bien plus souvent aux professeurs qu'aux élèves. Normal qu'il soit planqué... et bizarre comme coin pour une conversation. Mais, en jetant un coup d'oeil derrière Pietro, elle constata qu'il était pratiquement désert : seule la patronne des lieux se trouvait sur place. Cela n'empêcha pas l'apprentie déesse de garder ses barrières psychiques levées, et de contribuer à sa mauvaise humeur, mais au moins il n'y avait pas foule. Elle suivit le professeur sans hésitation dans le fond de la salle. Là, elle devrait moins sentir les pensées de la maîtresse de maison, c'était toujours ça de gagné.

Pietro faisait des manières. Comme si elle avait besoin qu'on lui tire sa chaise ! Agacée, Léa s'assit en arrangeant sa robe sous ses jambes, sans un mot. Il espérait quoi, l'amadouer ? C'était raté ! Et ce n'était sûrement pas son air aimable qui allait changer ça. Négligeant la carte des boissons - elle n'était pas venue ici pour picoler - la jeune fille planta son regard doré et glacial dans celui du professeur. Puisqu'il n'avait pas répondu à sa question, elle allait la répéter, ni plus ni moins.

- Comment vous pouvez savoir ce que j'aimais faire ou pas avant de débarquer ici ?

Elle se retenait de baisser ses barrières psychiques pour espionner les pensées du professeur. Certes, elle avait très envie de connaître la réponse à la question, mais elle avait aussi de sérieux principes. Son domaine divinatoire lui pourrissait bien assez la vie comme ça, elle n'allait pas tomber dans le piège de l'utiliser comme ça sans que les gens le sachent. Ca confirmerait leurs craintes et leurs réactions souvent violentes quand ils découvraient son pouvoir. Elle préférait supporter les pensées du professeur cognant contre ses protections. Au moins, il n'y avait que les siennes. La tenancière était trop loin, et tant qu'elle ne venait pas prendre les commandes c'était à peu près parfait. Même si elle avait toujours mal au crâne, elle était encore loin de la grosse migraine qui la clouerait au lit. D'ailleurs elle faisait suffisamment attention pour l'éviter assez bien depuis quelques temps. Ou alors elle devenait plus résistante, allez savoir.
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Re: Nous n'avons pas fini notre conversation [PV Léa] - Mar 4 Déc 2012 - 16:21
Elle s'installa, rajustant sa robe pour ne pas la froisser en s'asseyant. Je poussais la chaise en gentleman et vint m'asseoir à mon tour. Quelle déception de voir qu'elle semblait toujours aussi déterminée et en colère qu'auparavant. L'option être agréable ne servirait probablement à rien, il ne restait plus qu'à profiter de la conversation. Mais quel genre de discussion, à peine mes fesses eurent-elles touchées ma chaise qu'elle me posa une question sur un ton des plus désagréable. Elle tenait donc vraiment à savoir comment je connaissais ce détail de sa vie. Son regard était glacial et accusateur. Une expression aussi violente, je n'avais vu ça que dans les yeux de ma défunte femme là seule fois de notre vie ensemble où elle avait cru que je l'avais trompé.

Quoiqu'il en soit, je continuais de sourire, un simple petit sourire tout à fait calme. J'étais à l'aise dans mes bottes, ce n'est pas aujourd'hui qu'un élève allait m'effrayer. Je m'allumais une cigarette et soutint le regard de la dénommée Léa. La tenante du bar s'approcha de nous, d'un geste je la congédiais, il n'était pas encore temps de partager un verre.

- En effet, j'ai un peu menti pour le coup des dossiers...je tiens mes informations d'autre chose.

Je prenais soin de souffler ma fumée loin du visage de Léa, si elle n'aimait pas ça je n'allais pas lui donner une raison supplémentaire de me détester. Je pris un air soudain quelque peu absent, m'intéressant d'avantage à la carte des boissons qu'à Léa. Je ne relevais les yeux qu'au moment de lui dire.

- Mais je crois ne pas être le seul ici à avoir des secrets, j'aime la tranquillité aussi, je la recherche, ce n'est pas pour autant que je deviens aussi désagréable quand quelqu'un vient me perturber.

Je ne pouvais une seule seconde imaginer comment elle allait réagir, si sa langue allait se délier. Du coup je piochais un maximum d'indices dans son attitude afin de deviner ce qui pouvait la perturber. Je crois bien que depuis l'arrivée de Maodan au Temple elle n'avait pas défroncé les sourcils. Un signe d'énervement certes, mais tout de même n'est pas un peu exagéré. Je pensais que quelque chose devais la travailler à l'intérieur, peut-être avait-elle mal quelque part. Je supposais aussi à voir cette expression dans ses yeux, au delà de la colère, qu'elle se concentrait. Je ne saurais le dire avec exactitude, mais j'en avais l'impression. Sur quoi se concentrait-elle dans ce cas, tellement de questions. Je pris un air bien plus sérieux tandis que j'exhalais de nouveau un nuage de fumée loin d'elle. Mes yeux se plongèrent dans les siens.

- J'ai l'impression qu'il y a quelque chose qui te ronges...en tant que professeur je n'aime pas voir mes élèves en souffrance. Alors je te propose quelque chose, jouons là carte sur table. Ta préoccupation contre mon secret et je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour t'aider.

J'avais donner ma parole, j'allais lui parler de mon pouvoir. Quelque chose qui au fond ne me plaisais pas vraiment. Mais j'étais prêt à faire n'importe quel sacrifice pour mes élèves. J'étais comme ça, un prof particulièrement particulier, mais quand on en venait à mes élèves, c'était autre chose. Je ne lâchais plus son regard, attendant sa réaction.
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Re: Nous n'avons pas fini notre conversation [PV Léa] - Mer 5 Déc 2012 - 10:28
Léa gardait ses yeux fixés sur le professeur. Elle était clairement décidée à ne pas le lâcher et à obtenir une réponse. Il avait beau sourire et avoir l'air tout à fait d'agréable compagnie, elle ne changeait pas d'expression. Peut-être que s'il n'avait pas révélé qu'il connaissait son passé de façon étrange, elle se serait un peu détendue et aurait essayé de supporter l'agacement des pensées contre ses barrières pour paraître plus aimable. Mais là... inutile d'y songer. Pietro se mit tranquillement à fumer, en soufflant sur le côté. Elle n'aimait pas la cigarette mais ça ne l'empêchait pas de supporter l'odeur. Il y avait bien pire dans la vie, comme les poireaux par exemple, et elle ne risquait plus de mourir d'un cancer des poumons en tant que fumeuse passive.

Elle ne broncha pas quand la patronne vint voir ce qu'ils voulaient, même si ça rajoutait des cognements contre sa tête. C'était pas important, et de toute façon la femme repartit bien vite. Ah il avouait ! C'est pas beau de mentir monsieur le professeur, quelle honte et quel exemple. Mais bon la jeune fille s'en doutait bien. On ne met pas dans un dossier ce que l'élève aime faire ou pas, surtout de son vivant. Quel intérêt ? Elle observait Pietro, ulta méfiante et soupçonneuse. Si c'était pas via des dossiers, il n'y avait pas 36 000 possibilités : soit c'était une saloperie d'espion qui, pour une raison ou une autre, avait pu la filer durant sa vie de mortelle, soit il avait un pouvoir particulier qui lui permettait de lire dans son esprit. La première idée semblait plus que loufoque et improbable : qui aurait voulu la suivre de son vivant ? Elle n'était qu'une gamine comme une autre. La seconde avait l'air plus logique. Et dangereuse aussi.

Qui sait ce qu'il pouvait savoir d'autre ? Cette réflexion la ramena à son propre domaine divinatoire. C'était un peu pareil en fait... il semblait capable de connaître des choses non dites et dissimulés dans un esprit. Et ça ne lui plaisait pas du tout, ça la rendait méfiante et mauvaise. Est-ce que c'était la même chose pour les autres vis-à-vis d'elle ? Il y avait matière à réfléchir là... est-ce qu'elle n'agissait pas justement de la même manière que les élèves alors qu'elle aimerait que ce soit différent ? Quelle ironie. Comment avait dit Aedan déjà... elle devait faire un peu plus confiance dans les autres, tous n'étaient pas de gros paranoïaques violents. Difficile à appliquer comme conseil mine de rien...

Pietro la tira de ses pensées. Des secrets ? Pfeu tout le monde en a. C'était donc ça qui l'intriguait, lui. Sa façon d'avoir été on ne peut plus agressive avec un pauvre nouveau perdu qui n'avait rien demandé à personne.

- Que je sache vous n'êtes pas moi et je ne suis pas vous. Tout le monde réagit pas pareil à la même situation.

Ce qui était totalement vrai, et toc. Cela dit, il la surprit en prenant un air bien plus sérieux et en continuant à parler. C'était... bizarre. Un marché ? Un secret contre un autre ? Il était professeur après tout, techniquement s'il voulait tant que ça savoir, il n'avait qu'à lui ordonner de parler. Elle ne répondrait pas, mais une menace de renvoi ou de conseil de discipline ou encore un autre truc du genre pouvait délier la langue de n'importe quel élève tenant un tant soit peu à sa vie et ses études. Ce qui était certainement encore plus vrai ici, puisque, si on se ratait à la formation de Dieu... il ne devait plus rien rester, si ce n'est la mort.

Mais non, cet oiseau-là proposait un marché, tout simplement. Et ce n'était pas tout : il lui offrait aussi son aide. Pourquoi ? Elle n'avait absolument pas été aimable, ni avec lui ni avec un élève devant lui. Dans le genre "jeune fille en détresse", elle donnait plus l'envie de la laisser et d'aller voir ailleurs qu'autre chose. Alors pourquoi ? Juste parce qu'il n'aimait pas voir ses élèves en mal-être ? On était à l'école, pas dans un truc social. C'était peut-être sa nature remarque. Mais quand même... ça faisait bizarre.

Léa avait le réflexe premier de se méfier. Un piège pour la forcer à se révéler peut-être ? Et ensuite la laisser tomber ? Ou pire ? Même si Pietro semblait tout à fait sincère, qui sait... Elle était prête à refuser par prudence, mais elle se rappela les conseils d'Aedan. Il aurait sûrement trouvé l'occasion superbe pour elle. Et accepter le marché, ainsi qu'une aide potentielle, serait sûrement moins fatiguant que refuser. Aller au plus simple hein... Mais c'était difficile... faire confiance à quelqu'un, surtout sur ce sujet sensible... même si c'était un prof... Cependant, si elle ne se jetait jamais à l'eau avec personne, elle n'avancerait pas. Et de toute façon elle ne pourrait pas cacher son domaine divinatoire tout le reste de sa vie, qui serait certainement très longue si elle devenait une déesse.

Fermant un instant les yeux en soupirant, la jeune fille fit de son mieux pour rassembler le peu de courage qu'elle avait. C'était difficile de briser une habitude de silence et de fuite. Mais elle devait au moins essayer. Vivre dans la peur - et les migraines - n'était pas vraiment vivre après tout. Elle rouvrit les yeux pour regarder le professeur qui attendait avec une patience non méritée.

- Ok je peux entendre les pensées des gens sans faire exprès et ça me cause une migraine de dingue quand ça me rend pas folle parce qu'il y en a trop alors quand j'essaye d'être isolée et enfin au calme ça m'énerve de voir des gens débouler et me filer un mal de crâne monstrueux parce que leurs pensées cognent contre mes protections pour pas les entendre.

Elle avait parlé d'un bloc, sans respirer, plus par peur de changer d'avis en cours de route qu'autre chose. Mais bon au moins c'était sorti. Elle espérait juste que le pauvre Pietro aurait compris, surtout quand elle précisait bien qu'elle ne faisait pas exprès.
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Re: Nous n'avons pas fini notre conversation [PV Léa] - Mer 5 Déc 2012 - 13:33
[justify]J'attendais donc patiemment. La demoiselle n'en démordait pas, continuant purement et simplement à m'anéantir du regard. Et elle balaya mon hypothèse du secret en me lançant un argument plus que valable. En effet, que pouvais-je en savoir, chacun avait sa façon de réagir à telles ou telles situations. Cependant je continuais de penser que sa réaction avec Maodan avait été quelque peu déplacée. Mais je gardais cette opinion pour moi, car je perçus un changement chez elle, assez flagrant d'ailleurs. Bien qu'elle est l'air toujours aussi agressive, elle semblait plongée dans une profonde réflexion. Si quelque chose ne la tracassait pas pour de bon, j'étais prêt à arrêter de fumer. Il s'en suivit un long moment de silence, ce genre de silence qui aurait put être gênant pour n'importe qui, mais pas pour nous. Ce silence était, dans le cadre de notre conversation, tout à fait naturel. Elle prenait le temps de réfléchir, et moi je n'avais qu'à attendre qu'elle se manifeste à nouveau.

Je ne pipais pas le moindre mot, lui laissant tout le temps nécessaire, certaines choses étaient beaucoup plus difficile à avouer que d'autres. Elle ferma même les yeux au bout d'un moment, signe qu'il se tramait vraiment quelque chose dans sa tête. Elle avait ainsi perdue toute trace de colère, et je remarquais seulement maintenant que, une fois débarrassée de cette expression haineuse, Léa s'avérait être une très belle jeune femme. J'écrasais ma cigarette dans le cendrier tandis qu'elle gardait les yeux fermés puis m'installait confortablement sur ma chaise en croisant les bras. Puis soudain elle se décida, rouvrant les yeux et m'avouant toute la vérité d'un bloc. Ainsi elle pouvait lire dans les pensées, sans vraiment le contrôler, et ceci lui provoquait des maux de têtes apparemment épouvantables lorsque ces mêmes pensées venaient frapper son esprit. J'esquissais un fin sourire en repensant à ms fortes migraines de fin de journées de cours que j’eus l'occasion parfois d'expérimenter durant ma vie. Ce n'était pas des pensées, mais entendre le brouhaha d'un amphithéâtre à longueur de journée me mettait la tête sans dessus dessous. Elle devait vraiment souffrir. Je la plaignais, surtout quand elle se retrouvait face...Je réalisais soudainement et écarquillais les yeux en frappant du poing sur table. Emporté dans mon élan je levais un peu le son de ma voix.

- Mais tu n'aurais pas put le dire avant !

Quand elle se retrouvait face à quelqu'un de normal, cela devait être désagréable, mais certainement gérable par ce qu'elle venait de m'expliquer. Mais avec moi, elle devait non seulement supporter mes pensées personnelles mais aussi les milliards de milliards de milliards d'images qui passaient dans mon esprit retraçant chaque détails de l'histoire du monde. Sans compter les autres milliards de milliards me montrant la vie dans le monde en temps réel. C'est vrai que mon esprit était un véritable capharnaüm, ce n'était pas vraiment seulement moi, mais aussi 7 milliards d'êtres humains, parlant, criant, rigolant, pleurant. Je me frottais le visage de mes deux mains pour reprendre mon calme. Aussi sérieux que j'avais put être auparavant, j'étais maintenant certainement...à peu de choses près, l'homme le plus désolé du monde.

- Je suis sincèrement désolé...laisse moi un instant, ça devrait aller beaucoup mieux après.

Je fermais les yeux à mon tour. Décidément c'était une manie autour de cette table. Je me concentrais, sur tout ces éléments qui défilaient dans ma tête, toutes ces connaissances, toutes ces vies. Contrairement à Léa, qui semblait quelque peu dépassée par son pouvoir, je n'avais pas laisser le mien m'occuper de façon trop importante l'esprit. Aujourd'hui j'étais capable de calmer les images, de les voir défiler de façon bien plus ordonnée, même de piocher certains morceaux quand j'en avais besoin. Mais dans le cas présent, c'est autre chose dont j'avais besoin, pour elle en particulier. Lorsque je rouvris les yeux, un calme plat s'était installé dans mon esprit. Plus rien, il n'y avait plus rien. J'avais simplement fermer mon esprit à mon pouvoir, je ne voyais plus ce qui se passait sur Terre, je ne voyais plus l'histoire défiler. C'était seulement moi, mon esprit et mes pensées personnelles, rien de plus. J'aurais bien voulu pouvoir mettre un terme à mes propres pensées, mais ça c'était tout bonnement impossible.

Je m'allumais donc une autre cigarette, goûtant assez égoïstement à mon esprit totalement fermé. Je n'étais plus Pietro et des milliards d'années d'histoire, Pietro et 7 milliards de vies humaines en mouvement...j'étais seulement Pietro, de chair et d'esprit. Je la regardais avec un air assez ravi, très souriant pour le coup. J'espérais que quelque chose dans mon regard, ou au moins dans mon attitude lui montrerait que j'espérais de tout coeur qu'elle se sentait mieux.

- Alors, un changement...désolé pour mes pensées, mais demander à quelqu'un d'arrêter de penser c'est comme de demander à un vache de faire du tricot, relativement impossible.
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Re: Nous n'avons pas fini notre conversation [PV Léa] - Jeu 6 Déc 2012 - 11:21
Et maintenant l'attente commençait. Oh techniquement, ça ne durerait que quelques secondes, peut-être une minute, mais pour Léa c'était l'éternité. Comment allait réagir le professeur ? Il avait proposé son aide, mais changerait-il d'avis en sachant qu'elle pouvait connaître ses pensées ? Allait-il lui crier dessus comme l'avait fait Agathe, la chassant du bar ? L'éviterait-il pour garder son esprit intact ? Ou n'en aurait-il rien à foutre comme Aedan ? Elle attendait que le jugement tombe, la tête un peu rentrée dans les épaules, n'osant pas vraiment regarder Pietro. C'était très stressant, elle n'aimait pas du tout. Mais elle avait choisi de parler, alors... il fallait assumer maintenant et supporter l'attente, sans prendre ses jambes à son cou.

Elle sursauta vivement quand le professeur cogna la pauvre table qui n'avait rien fait. Ca y est, elle l'avait énervée, il allait la traiter de tous les noms, la chasser, ou peut-être même la frapper à la place du meuble - il avait peut-être mal géré son coup ! Mais ses paroles n'avaient rien à voir. C'était un reproche dans un sens, certes, mais... bizarre. Le dire avant ? Déjà qu'elle avait un mal fou à le dire maintenant ! Qu'est-ce qu'il racontait ? Il lui fichait la trouille, à se frotter le visage comme s'il essayait de se contrôler. Est-ce que son titre de professeur était suffisant pour l'empêcher de frapper un élève ? Est-ce qu'il faisait de son mieux pour se retenir à cause de ça ? Elle aurait dû se taire, ne rien dire, comme toujours, l'envoyer bouler et s'en aller. Sa curiosité ne valait pas la peine.

Mais la suite ne concordait pas. Il avait l'air... désolé ? Et l'était d'après ce qu'il dit. Ce qui n'arrangea rien : Léa comprenait de moins en moins, et n'en stressait que davantage. Ses épaules étaient complètement voûtées, et dire qu'elles étaient tendues relevait de l'euphémisme. Elle resta silencieuse, aussi immobile qu'une gargouille de Notre Dame. Avec un peu de bol, peut-être qu'elle arriverait à disparaître, pouf. Il avait peut-être un pouvoir à la Aedan qui annulerait le sien ? Ce serait chouette. Mais elle ne sentit rien, seulement les pensées cogner contre ses barrières. Elle attendit sans piper mot, totalement perdue. Qu'est-ce que Pietro comptait faire ? Elle leva un peu la tête vers lui pour constater qu'il avait à son tour fermé les yeux et semblait concentré sur quelque chose.

Et puis, brusquement, elle sentit la pression contre ses protections psychiques disparaître. Ou presque. Il y avait toujours des pensées qui venaient s'y cogner, mais c'était nettement moins violent et important que la seconde précédente. Elle eut l'impression que jusque-là on la serrait très fort et que d'un coup on l'avait lâchée. C'était très bizarre... et le genre de sensation dont on ne se rend compte qu'une fois qu'elle a disparu. Tout comme on s'habitue au boucan d'une cafétéria et qu'on constate qu'il n'y avait du bruit qu'une fois dehors, au calme. C'était... saisissant. Prudemment, elle tâta ses barrières. Elle ne s'était même pas rendue compte qu'elle les avait solidifiées à un point extrême pour tenir contre elle ne savait quoi. C'était impressionnant.

Léa observa le professeur, totalement perdue. C'était lui qui faisait tout ce boucan dont elle ne prenait conscience que maintenant ? C'était lui qui l'avait fait construire des murailles aussi solides et qui la laissait épuisée maintenant qu'elle s'en rendait compte ? Une personne normale pouvait penser très vite et enchaîner les idées dans sa tête, mais pas à ce point-là. C'était beaucoup trop. On aurait dit... qu'il y avait une armée dans la tête de Pietro. Il y avait de quoi le regarder avec des yeux ronds. Et lui qui s'allumait une cigarette - encore ! - tranquillement, l'air tout à fait à l'aise. Pourtant, ce qui venait de se passer était tellement important que la jeune fille comprenait mal comment le monde pouvait encore tourner normalement, sans y faire attention. Il avait même l'air de s'amuser, tout souriant, alors qu'elle devait avoir pratiquement la bouche ouverte. Elle secoua la tête, essayant de remettre de l'ordre à l'intérieur. C'était tellement... bizarre.

- Vous avez fait quoi au juste ? On dirait...

Comment expliquer ça ? Déjà qu'elle ne comprenait même pas ce qui s'était passé...

- ... que vous aviez une armée dans la tête et qu'elle est partie.

Elle n'avait pas de meilleure comparaison. De toute façon, ça ne servait à rien d'en chercher : c'était clairement le genre de trucs qu'on ne pouvait pas décrire correctement. On ne pouvait que le vivre pour savoir vraiment de quoi il s'agissait. Et en subir les conséquences : elle se sentait tellement fatiguée brusquement... quand la patronne repassera, elle lui demandera un verre. Là c'était vital !
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Re: Nous n'avons pas fini notre conversation [PV Léa] - Sam 15 Déc 2012 - 0:00
A voir son visage il semblait que ma petite entreprise avait fonctionné. Tout du moins, elle avait chassé de son visage cette expression grognon tout à fait désagréable. Plus encore, elle semblait surprise, en pleine réflexion. Je me retenais de rire devant elle en voyant sa bouche à demi entrouverte par la surprise. Je suppose qu'il y avait de quoi la chambouler. Le contact avec mon esprit devait être différent, plus que ça, ce devait être le jour et la nuit. Elle me demanda finalement ce que j'avais bien pu faire, elle fit une remarque intéressante, c'était un peu le cas. Je me détendais donc et regardais autour de moi, par chance il n'y avait toujours personne mis à part nous dans le bar, je pouvais parler de mon pouvoir sans avoir à m'inquiéter des oreilles indiscrètes. La question maintenant était dans la façon d'aborder le sujet. J'expirais donc un nuage de fumée et m'accoudait sur la table, rapprochant mon visage du sien d'un air malicieux.

- Je suppose que si tu ne parles pas de ton pouvoir c'est pour les dégâts qu'il peut engendrer, en effet peu de gens aimerais apprendre que quelqu'un se balade dans leurs pensées, c'est après tout le stade ultime de l'intimité. Si je ne suis pas surpris, ni choqué par ton pouvoir...c'est qu'en matière disons de voyeurisme, tu n'es qu'une débutante à coté de moi.

J'aspirais une bouffée sur ma cigarette, parler de tout ça avec elle me semblait relativement normal. Pourtant en règle générale je n'en parlais pas, je ne voulais pas que les gens sachent. Quelles pourraient être leur réaction s’ils apprenaient qu'un parfait inconnu connaissait leur vie aussi bien que s’il l'avait vécu à leur place. Mais dans le fond, j'avais en quelque sorte confiance en cette élève. Je voyais chez elle ce même trouble, identique au mien, la peur de la réaction des l'autre. C'est pourquoi, recrachant de nouveau la fumée je continuais mon explication.

- Je suis arrivé ici en tant que Dieu du Temps, plus tard certainement je pourrais le contrôler je suppose, mais pour le moment je suis comme qui dirait un témoin du temps. Pour faire vite et bref, je connais toute l'histoire du monde, de la formation de la terre jusqu'au moment présent. Je sais absolument tout ce qui a traversé le temps, des grands personnages de l'histoire à la vie du premier quidam. Et, en permanence, c'est comme si un film défilait dans ma tête, me montrant simultanément la vie des sept milliards d'être humains. En réalité, je connais aussi bien la vie sur terre de n'importe qui que c'est comme si je la vivais à leur coté.

Dit comme ça, c'était vraiment effrayant, mais je ne pouvais pas vraiment faire mieux. Vouloir mettre de l'eau dans mon vin aurait été trop long et j'aurais même risqué de me perdre dans mon propos. Dans le pire des cas, j'aurais peut-être même mal formé mes propos et elle n'y aurait rien compris. S’il y avait bien une chose dont je n'avais pas envie, c'est qu'elle me prenne pour une sorte de monstre omniscient...ce qu'au fond, j'étais bien malgré moi.

- En te frottant à mes pensées, tu t'es frottée à ces milliards d'images, toutes ces vies que je visualise constamment...un vacarme d'enfer dans mon seul esprit. Comme tu l'as dit, une armée, une armée de sept milliards d'individus qui défilent dans ma tête. Pour calmer ton trouble, j'ai simplement coupé toute connexion avec mon pouvoir, il n'y a désormais que moi dans ma tête.

J'écrasais ma cigarette dans le cendrier et appelait la patronne d'un signe de la main. Je me sentais vraiment le besoin de boire quelque chose. Il était un peu tôt pour se mettre à boire, mais j'avais au fond de moi un trouble à faire passer...l'alcool était encore la meilleure et plus rapide des solutions. Puis, une fois de nouveau face à Léa, je ne savais plus trop où me mettre, à dire vrai je n'osais plus la regarder dans les yeux. J'avais confiance en elle, mais je savais qu'il restait quelque part cette infime chance qu'elle le prenne très mal. Si elle avait bien tout compris, elle devait avoir saisi qu'il en allait de même de sa propre vie...elle n'avait aucun secret pour moi. Lui faisant face, les yeux légèrement baissé, j'attendais le jugement.

Spoiler:
 
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Re: Nous n'avons pas fini notre conversation [PV Léa] - Lun 17 Déc 2012 - 12:42
Léa faisait de son mieux pour ne pas montrer son trouble ni son épuisement. La migraine ne semblait pas à l'ordre du jour, bien qu'un mal de crâne lui tambourine les tempes : avec le déferlement de pensées disparu, c'était somme toute fort calme. Mais y résister l'avait vidée de toute énergie. Si on lui demandait de se lever maintenant, elle n'aurait aucune chance de tenir debout plus d'une seconde. Quel effort...

Le professeur semblait méfiant vu la façon dont il regardait autour d'eux, comme s'il vérifiait qu'il n'y avait personne. Allait-il lui répondre ou se contenterait-il d'une pirouette pour écarter la question et passer à autre chose ? Hum de toute façon elle ne risquait pas de le lâcher. Déjà que de base elle l'avait suivi pour ça, là, avec ce qu'il venait de faire, aucune chance qu'elle le laisse filer sans explications ! Mais ses craintes se révélèrent vaines quand il commença à parler. Une débutante en voyeurisme ? Quelle expression... mais c'était sûrement comme ça que la plupart des gens la verraient s'ils découvraient son pouvoir, quoi qu'en dise Aedan.

La jeune fille attendit la suite, silencieuse. Si elle n'était qu'une débutante à côté de lui, que pouvait-il faire ? Lire les pensées en profondeur ? Parcourir les esprits du début à la fin en connaissant tout de sa cible ? Non, si c'était le cas il aurait su quel était son domaine divinatoire et ne lui aurait pas demandé. Quoi donc alors... la réponse vint bien assez vite, mais était délicate à digérer. Toute l'histoire du monde, carrément ? Depuis le commencement ? Ca en faisait un sacré paquet d'années ça... et il vivait en même temps l'existence de chaque être humain terrien ? Des milliards et des milliards de personnes... c'était vertigineux à imaginer. Et ça avait de quoi foutre la trouille. Rien qu'avec des pensées présentes et quelques personnes, elle pétait un câble, alors lui avec tout ça... comment ne pas perdre la tête serré par des bras audacieuuuux (la rédaction s'excuse pour cette blague pourrie qu'elle n'a pas pu s'empêcher de glisser ignominieusement dans cette réponse) avec un truc pareil... !

L'apprentie déesse restait silencieuse, analysant tout ça, tandis que le professeur continuait à expliquer ce qu'elle commençait à deviner. En captant ses pensées, ce n'était pas juste celles de Pietro qu'elle avait subi mais toutes les autres. Tout ce fouillis qu'il avait dans la tête... pas étonnant qu'elle fut d'une humeur massacrante au temple. Pauvre Maodan qui en avait fait les frais... il aurait bien mérité quelques excuses, mais difficile à faire sans lui révéler le pourquoi du comment, et elle n'était pas prête à parler de son domaine avec autant de gens en si peu de temps. Déjà un, c'était beaucoup.

Cela dit... quel pouvoir effrayant. Et quelle chance d'être capable de le couper à volonté comme ça. Si Léa pouvait faire ça... et puis une autre pensée lui vint : elle avait quand même réussi à supporter autant de bordel sans tomber dans les pommes. A quand remontait la dernière fois qu'elle avait dû subir autant d'idées en même temps ? Au bal il lui semblait, pendant une fraction de seconde où Aedan l'avait lâchée. Ca s'était révélé violent mais elle avait tenu le temps de récupérer son bouclier indirect. Est-ce qu'à défaut de maîtriser son pouvoir ses protections s'affermissaient ? Peut-être. C'était toujours un petit réconfort de le croire. Mais quand même... les domaines divinatoires des dieux et futurs dieux étaient bien étranges et... impressionnants.

Finalement, à côté de lui, la jeune fille faisait effectivement pâle figure. Les pensées, pouah, rien à voir avec le professeur qui pouvait tout savoir de leur passé terrien ! Cela dit, il semblait limité à la terre et ne rien savoir sur les autres une fois morts. C'était toujours ça de gagné. A moins que, plus tard, il ne parvienne à s'étendre jusqu'à eux... brrr.

La patronne vint au signe de Pietro et Léa en profita pour se commander un whisky. Elle n'y connaissait rien mais elle savait que c'était fort et elle en avait bien besoin. L'heure qu'il était, les cours, tout ça... peu importait. De toute façon, elle était avec un professeur, donc techniquement ça la protégeait na ! En attendant que la commande arrive, elle revint à Pietro, qui curieusement semblait mal à l'aise d'un coup. Pourquoi ? Oh elle n'eut pas à aller chercher loin : il était comme elle quelques minutes plus tôt. Elle avait le point de vue extérieur d'une simple élève qui n'appréciait guère qu'on sache tout d'elle de son vivant. Mais elle avait aussi celui de l'apprentie déesse qui galérait avec un pouvoir non maîtrisé et, surtout, qui pouvait être très mal pris. Même si le sien était un peu de la gnognote à côté, le principe était un peu le même. Il devait craindre qu'elle réagisse mal, ce qui était on ne peut plus compréhensible.

Si elle avait eu un autre pouvoir, sans doute qu'effectivement elle n'aurait pas aimé savoir ça, et se serait sentie limite violée. Toute sa vie, ses moments intimes, ses joies, ses peines, tout ce qu'elle avait pu ressentir et avoir de son vivant était connu de cet homme dont elle ne savait au final rien. Mais elle était trop bien placée pour savoir que ce genre de choses était aussi pénalisant pour le détenteur du pouvoir que ceux qui le subissaient. Il n'avait sûrement pas eu le choix, tout comme elle ne pouvait s'empêcher d'entendre les pensées des autres. Elle avait la possibilité de créer des barrières psychiques pour les tenir à distance, tout comme il semblait capable de se couper du flux du présent, mais ça n'empêchait pas l'une de garder en mémoire les pensées entendues malgré elle et l'autre de se rappeler de toute l'histoire de l'humanité jusqu'à maintenant. C'était comme ça, un point c'est tout.

Léa ne put s'empêcher de sourire. Finalement, elle avait bien fait de suivre le conseil d'Aedan et se révéler à ce professeur. Ils étaient beaucoup plus semblables qu'il n'y paraissait au premier abord. Même genre de pouvoir à des degrés différents, même trouille de l'avouer aux autres, et probablement une grande difficulté à faire confiance. Mais ils avaient réussi à passer outre, au moins pour cette fois, et ça les rapprochait sans doute bien plus que n'importe quelle autre activité qu'ils auraient pu avoir dans cette académie.

- C'est très flippant comme pouvoir, bien plus que le mien... mais vous n'avez pas choisi, pas plus que moi. Et je pense pas que vous en vouloir change ce que vous savez. Maintenant que c'est fait... j'espère juste vous ne vous êtes pas trop rincé l'oeil quand j'étais sous la douche !

Elle lança un regard mauvais à Pietro, mais avec une petite étincelle de malice au fond, qui montrait bien qu'elle plaisantait. Ok, il savait tout d'elle, du moins de son vivant, mais bon... elle l'avait bien dit : c'était trop tard pour changer ça. A moins de lui lobotomiser le cerveau peut-être et de le rendre amnésique. Encore que ça risquait de ne pas marcher : s'il était le Dieu du temps, il reverrait tout même après avoir tout oublier, donc ça ne changerait rien. Inutile dans ces conditions de le faire culpabiliser pour une chose qu'il ne maîtrisait pas. Elle le taquinait à sa façon pour lui faire comprendre qu'elle ne lui en voudrait pas. Ce qui était fait... était fait.

- Ca doit être horrible... vivre avec des milliards de gens en même temps... mais au moins vous pouvez vous en couper. Ca marche qu'avec les terriens ? Quand ils meurent, même s'ils arrivent ici, vous avez plus rien non ?

Autant demander confirmation. Elle n'était pas certaine d'être aussi compréhensive s'il lui disait que, finalement, il savait tout d'elle également maintenant. De son vivant, à part quelques secrets d'adolescente et de gamine, elle n'avait pas grand chose à cacher. Mais là... elle n'avait pas très envie qu'on sache à quel point elle avait du mal avec son pouvoir, tout comme la souffrance de pas arriver à être vraiment proches des autres, qu'elle dissimulait aussi loin que possible. Ce n'était pas grand chose, sans doute, mais pour elle c'était important.

La patronne revint avec les commandes et les déposa sur la table avant de repartir tranquillement, sans les déranger. Léa observa son verre de whisky. Ca sentait vraiment fort... mais elle en avait besoin. Même s'il y avait mieux pour redonner de l'énergie à un corps épuisé, il lui fallait au moins un bon verre d'alcool pour se donner l'illusion de se réchauffer. Elle pouvait bien avoir l'air plus détendue, cette situation était tout de même fort éprouvante et nouvelle pour elle. Elle tendit la main pour attraper son verre et le leva afin de trinquer.

- A nos magnifiques domaines divinatoires qui, si toute l'école les connaissaient, nous feraient sûrement finir sur un bûcher, à l'ancienne.


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Re: Nous n'avons pas fini notre conversation [PV Léa] - Lun 17 Déc 2012 - 15:42
Le mal était fait, il ne restait plus maintenant qu'à attendre sa réaction. Je n'aimais pas dévoiler mon pouvoir, certainement pour les mêmes raisons qu'elle. Il y avait dans cette pièce deux parfaits violeurs d'intimités. Ce n'était pas le genre de choses que tout le monde pouvait supporter. Mais c'est justement parce qu'elle était dans le même cas que moi que j'avais pu laisser aller toutes ces choses. Je savais quelque part qu'elle serait compréhensive. Cela ne lui plairait sûrement pas, et ce n'est pas ce que je lui demandais. Si elle pouvait seulement comprendre cela serait déjà un beau pas de franchi. Dans le fond, je vivais la même chose symétriquement. Il ne me plaisait pas forcément de savoir que quelqu'un pouvait venir fouiner dans mon esprit, mais que pouvais-je bien y faire. Avions nous choisis elle et moi d'avoir ces pouvoirs ? Certainement pas. Nous étions dans une situation où ne pouvions que subir. Même, au plus profond de nous mêmes, nous subissions certainement bien plus que toutes les "victimes" de nos pouvoirs.

Quoiqu'il en soit sa réaction se fit un peu attendre. Il fallait forcément le temps de la réflexion. La patronne profita de cet instant pour nous rejoindre à notre table, elle commanda un whisky, peut-être avait-elle de besoin de boire quelque chose de fort pour aller mieux. Il fallait l'avouer, Léa était un peu pâlichonne. Pour ma part je commandais un cocktail, un Black Russian plus précisément. Un cocktail à base de vodka adouci avec de la liqueur de café...un mélange bien fort, mais j'en avais besoin. Mais bien vite son regard se durci...allait-elle donc se mettre plus en colère qu'auparavant. Non, il y avait une pointe d'amusement dans ses yeux. Cette petite différence qui la rendait bien plus mignonne maintenant que lorsqu'elle était entrée dans le bar. Mon pouvoir était flippant donc. Oui c'était une façon de voir les choses. Si je m'étais rincé l’œil...mais pour qui elle me prenait ?! Quoiqu'il en soit cette moquerie volontaire me fit sourire. Je me détendais aussitôt, ravi de constater qu'elle ne m'en voulait pas. Une pointe d'humour valait mieux parfois que de longues heures d'explications.

Elle sembla ensuite à la fois curieuse et sincèrement désolée pour moi. Il n'y avait pas de quoi, maintenant que j'étais certain qu'elle ne m'en voulait pas j'allais déjà bien mieux. Elle me posa une question fort intéressante concernant les capacités de mon pouvoir. A dire vrai cela faisait parti de mes propres interrogations à longueur de journée. J'avais appris que les pouvoirs de tout un chacun sur la Deus Academia venaient à évoluer avec le temps. En partant de ce principe, mon pouvoir m'offrant déjà de telles capacités à la base...qu'allait-il devenir avec le temps ? L'air assez sérieux, exprimant ma réflexion et en même temps mon doute je répondais à ma charmante élève.

- Horrible non, perturbant, déroutant et la sensation de ne jamais être seul oui. Et encore seulement au début. Maintenant, toutes ces images qui défilent dans ma tête, je n'y fais même plus attention...c'est comme si je me gavais de millions d'informations à la fois sans en prendre compte. Et oui, mon pouvoir ne fonctionne que sur les Terriens...y-a-t-il d'autres êtres dans cet univers ? Ce n'est pas moi qui te donnerais la réponse. Et enfin non, je ne vois pas la vie des personnes ici sur la Deus Academia. Mais plus tard qui sait...ironique non ? Je suis quand même le fichu Dieu du Temps et je ne suis même pas capable de prédire mon propre avenir !

La patronne arriva, nous servant les commandes. Je regardais la consistance de mon cocktail...juste parfaite. Déjà, en voyant ce premier verre, je savais que j'allais en prendre un deuxième...après tout les consommations étaient gratuites. Léa leva son verre désireuse apparemment de porter un toast. Mon visage s'illumina et je levais mon propre verre. Un toast à nos pouvoirs teinté d'un brin d'humour noir. Décidément cette fille était très intéressante, j'avais bien fait de ne pas laisser passer l'occasion de faire plus ample connaissance. Je cognais mon verre contre le sien, prenant quand même soin de ne pas répandre une goutte de nos précieuses boissons sur la table.

- A nos domaines divinatoires qui font de deux personnes tout à fait respectables des violeurs d'intimités en puissance ! Buvons donc à notre survie au milieu de ces gens qui pourraient en effet...nous en vouloir !

Je buvais une gorgée de mon breuvage, appréciant la délicieuse caresse forte, brûlante mais néanmoins rafraîchissante de l'alcool glissant dans ma gorge. Puis, je ne pouvais simplement pas boire un verre comme ça...c'était contraire à ma façon de faire, à mon étique ! Je sortis de nouveau une cigarette et l'allumais. Rien de telle qu'une bonne clope tout en profitant d'un bon verre d'alcool. J'avais toujours été amateur de cocktails...mais suite à mes nombreuses soirées dans ce bar j'avais remarqué qu'ici la boisson avait un goût divin. Un pouvoir gênant ? Et alors, il y avait tellement de bonnes choses dans cette Académie que j'étais prêt à tout affronter pour y rester. C'était ma vie désormais, avec un don handicapant socialement parlant, mais je comptais en profiter.

Une nouvelle gorgée me ramena de mes pensées, espérant ne pas trop avoir attaqué l'esprit de Léa. J'exhalais un nuage de fumée...repensant soudainement à un propos qu'elle avait tenu quelques instants auparavant. Je me devais de rebondir la dessus...où je ne m'appelais plus Pietro Alighieri. Je posais mon verre tout doucement d'un air particulièrement sérieux, comme si quelque chose de grave venait de me traverser l'esprit. Mon regard s'assombrit tandis que je tirais une bouffée sur ma cigarette.

- Tu sais...

A cet instant je devais avoir l'air plus grave que jamais.

- Tu es très jolie comme ça...mais il faut bien avouer que sous la douche c'est un tout autre spectacle !

D'un seul coup un sourire de six pieds de long venait de se dessiner sur mon visage, les yeux pleins de malice je regardais dans le vide d'un air un peu absent. Comme si je m'extasiais devant quelque chose d'imaginaire...sauf qu'en l’occurrence je regardais Léa. C'était elle qui avait commencé avec l'humour, il était de mon devoir de continuer.

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Re: Nous n'avons pas fini notre conversation [PV Léa] - Lun 17 Déc 2012 - 16:27
A priori l'effet recherché avait été atteint, si l'on en jugeait par le petit sourire que Pietro fit à la plaisanterie de l'apprentie déesse. Pour une fois qu'elle arrivait à ses fins en matière d'échange social ! Comme quoi quand on a en face de soi une personne qui nous ressemble, ça passe mieux. Entre poissards qui avaient hérité de domaines divinatoires embêtants, on se comprenait.

Cela dit, Léa n'était pas si mal lotie. D'après ce que disait le professeur, il n'était jamais vraiment seul dans sa tête, sauf sans doute quand il coupait son pouvoir. Arrivait-il à réduire sa capacité pour n'avoir que quelques personnes ? Peut-être pas. Des milliards de gens dans son esprit... au moins la jeune fille restait seule avec le sien. Ca lui demandait un certain effort, mais ce n'était pas comparable. Et même quand elle n'avait plus la force de maintenir ses barrières, ou que la migraine devenait trop forte, il lui suffisait de trouver un endroit désert pour souffler. Ou Aedan. Le deuxième étant bien plus sûr pour garantir sa tranquillité. Alors que Pietro lui... il semblait avoir toujours autant de monde sous le crâne.

Il confirma ce qu'elle supposait, ce qui était très bien : juste les terriens, pas les dieux ni les apprentis, ouf ! Qu'il y ait d'autres êtres humains dans l'univers ne l'intéressait guère. Tant qu'elle avait un peu d'intimité présente, ça allait, elle pouvait accepter le manque totale qu'elle avait apparemment eu de son vivant, sans le savoir. Cela dit, il sembla laisser entendre que, peut-être, il parviendrait à développer son pouvoir pour le ramener à leurs vies actuelles. Là, c'était nettement moins marrant...

- Il vaut mieux éviter de trop en savoir. Si vous voyiez autant nos vies ici que sur Terre... là c'est sûr que vous ne feriez pas de vieux os. Remarque je passerais pour un ange à côté de vous, ça pourrait être bénéfique...

Prédire l'avenir hein ? Quel intérêt ? Ils ne risquaient plus rien maintenant qu'ils étaient déjà morts : même en étant à nouveau tués, ils reviendraient à l'infirmerie. D'accord, ce n'était sûrement pas une partie de plaisir, mais ils n'étaient pas réellement en danger.

- Peut-être que personne ne peut prédire l'avenir parce qu'il n'est pas écrit ? De toute façon il n'y a que sur le présent qu'on peut agir, alors j'vois pas pourquoi on devrait se casser la tête à voir dans le futur. Ya trop de théories différentes en plus. J'aime bien celle des bouquins de Robin Hobb, je les ai tous lus quand j'étais sur Terre, avec les Prophètes Blancs et les Catalyseurs. Vous devez connaître puisque vous savez tout.

Ce n'était pas vraiment dans ses habitudes de taquiner quelqu'un, encore moins un professeur, mais c'était... différent. Pour le coup, elle ne voyait pas vraiment Pietro comme un enseignant mais plutôt comme un égal, quelqu'un dans la même situation qu'elle, et donc une sorte de camarade d'infortune. Il ajouta quelque chose au toast improvisé et sourit. Techniquement, ce n'était pas vraiment drôle d'être un violeur d'intimité comme il le disait, et ils savaient très bien tous les deux que ce "statut" bizarre leur filait bien des misères et des frayeurs. Mais pour une fois, la première pour Léa d'ailleurs, ils pouvaient plaisanter sur ce sujet plutôt que de le subir, et ça faisait un bien fou. Si Aedan lui avait dit qu'elle vivrait une situation pareille, elle ne l'aurait pas cru, et elle se dit qu'elle devrait vraiment le remercier pour son conseil. Elle ne s'attendait pas à ce que ce soit aussi... génial.

La jeune fille porta le whisky pur à ses lèvres, un Dal Whinnie, 15 ans d'âge, très doux et très délicat. Sur le coup, on ne sentait pas la puissance de l'alcool, mais, passée la première seconde surprenante de douceur, la réalité revenait bien vite, et une chaleur fort agréable se fit sa place dans son estomac, se répandant illusoirement dans son corps petit à petit. Il avait bon goût son cavalier du bal avec ses whisky ! Dégustant son verre, elle prenait son temps, jouant à tremper juste le bout des lèvres, s'y passer la langue, puis boire vraiment une gorgée. Pietro s'était allumée une nouvelle cigarette, décidément il devait être mort d'un cancer des poumons si c'était une manie qu'il avait depuis son vivant.

Après ce que Léa avait enduré depuis le Temple, elle n'avait pas trop de mal à garder ses barrières psychiques dressées, tenant à distance les pensées du professeur. Elle risquait fort de passer la journée suivante au lit tant son corps était épuisé et continuait à tirer sur ses dernières ressources pour isoler son esprit, mais bah elle n'avait pas envie de filer maintenant. De toute façon, il y aurait bien plus de monde dans l'académie même et dans sa chambre, alors... ici au moins il n'y avait que Pietro et la patronne, qui se tenait assez loin pour qu'elle ne l'entende pas vraiment. Elle sentait bien que ça bouillonnait sous la tête de son interlocuteur, mais par rapport à avant c'était du détail.

Sirotant son verre, elle aperçut le regard subitement sérieux que le professeur lui lançait par dessus son verre. Quoi ? Il allait lui faire un sermon sur l'alcool et les jeunes ? Ca tue au volant ? Elle ne conduit pas, il n'y a pas de route de toute façon ici, ni de voiture, et elle a été tué par un véhicule alors qu'elle n'avait rien bu. Alors ça va hein ! Qu'est-ce qu'il allait lui sortir...

Pour le coup la jeune fille resta immobile, son verre à la main contre ses lèvres, en pause alors qu'elle allait reprendre une gorgée. Il était reparti sur cette histoire de douche... elle avait dit ça pour rigoler, mais en fait... ah le sale pervers ! C'était bien un mec ça tiens ! En plus il avait l'air de revoir la scène, avec un grand sourire limite niais. Lui jeter son whisky à la figure ou pas ? Telle est la question... hum non, déjà il était super bon, et puis ça restait un professeur quand même. Il réussit cela dit à la faire rosir un peu tandis qu'elle reposait son verre sur la table en le foudroyant du regard. Mais bon elle l'avait cherché aussi celle-là.

- Vous n'êtes pas un peu vieux pour faire du voyeurisme sur les jeunes filles respectables ? En plus un professeur... il y a pas une clause dans votre contrat qui stipule que vous avez pas le droit de flirter avec les élèves ?

Oui, quand on a 18 ans, 25 ans, ça fait vieux. Et surtout un type avec une barbichette.


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Re: Nous n'avons pas fini notre conversation [PV Léa] - Lun 17 Déc 2012 - 18:26
Dieu que ce cocktail était agréable, certainement la cerise sur le gâteau, un breuvage exquis mis à contribution dans le cadre d'une conversation agréable. J'alternais donc une gorgée sur mon verre, quelques bouffées de cigarette, une nouvelle gorgée, etc. Avais-je une élève face à moi ? Pas vraiment, je la considérais comme une bonne rencontre faîtes dans un coin de la rue. Quelqu'un avec qui je pouvais deviser tranquillement. Le cadre était agréable, la conversation alléchante, et la compagnie attachante. Nous étions deux exceptions dans ce monde fait de magie, de pouvoirs surnaturels. Nous étions ceux qui ne peuvent parler de leurs capacités, nous étions ceux qui se devaient, certainement à juste titre, de se méfier des réactions de notre entourage. Je n'avais plus été aussi bien dans mon assiette depuis un moment.

Elle parla de mon pouvoir, soulevant des questions sur des sujets auxquels moi-même je n'avais pas de réponse. Mais il fallait reconnaître qu'elle n'avait pas tort, loin de là. En effet, mon pouvoir me donnait déjà une connaissance particulière des gens que je rencontrais. Leurs vies n'avaient plus aucun secret, je lisais dans leur vie aussi facilement que je lisais un journal. Heureusement que mon pouvoir ne fonctionnait pas sur le vécu des personnes ici, sur la Deus Academia. Il fallait bien une part de mystère, et me concernant, cela me rendait quelque part moins monstrueux.

- Je ne pense, et n'espère surtout pas pouvoir un jour voir la vie des gens présents ici. Comme tu le dis, on m'emmurerait vivant pour être certains que je ne puisse plus nuire. Si un jour cependant je deviens aussi habile à voir ce qui se passe ici que ce qui se passe où s'est passé sur Terre, je devrais faire avec...et pour le coup certainement ne plus jamais parler de mon domaine divinatoire !

Ma phrase avait quelque chose de grave, de colérique. Et il y avait de quoi, je pestais sur ma condition. De mon vivant j'avais toujours été très curieux d'apprendre l'histoire du monde, des civilisations. Au-delà de ça, je montrais une forte curiosité sur une très grande diversité de sujets. De ce fait j'avais pu me constituer à la fin de ma vie une culture générale assez colossale. Cependant je n'avais jamais été curieux au sujet de la vie des gens, j'étais même au contraire très respectueux de la vie de tout un chacun. En soi ce pouvoir était une plaie...défiant mon propre caractère. Si un jour je venais à voir ce qui se passait sur la Deus Academia, peut-être que je ne pourrais plus regarder les gens en face.

Léa souleva ensuite un autre sujet, non moins intéressant. Les prédictions sur le futur, en effet il y avait de quoi se poser des questions. Comme elle le disait le futur n'était pas écrit. C'était une donnée qui pouvait changer constamment en fonction des actions présentes. Revenir à prédire l'avenir...c'était prendre en compte des milliers de possibilités différentes pour aboutir à plusieurs centaines de conclusions. Certaines ne pourraient varier que dans les détails alors que d'autres s’avéreraient monstrueusement différentes. Je priais intérieurement de ne jamais pouvoir lire le futur. Déjà que j'avais généralement l'esprit particulièrement occupé, il n'était pas question de la voir en plus encombré par un flou d'hypothèses sur le futur. Elle mentionna aussi Robin Hobb, auteur que je n'avais pas eu la chance de lire de mon vivant mais qui n'avait plus aucun secret grâce à mon pouvoir.

- Je n'ai pas lu Robin Hobb...mais avec mon pouvoir...enfin tu sais bien. En effet, de belles théories dignes d'intérêt, le tout passant efficacement au fil de lecture d'un brin de fantaisie. Le futur, tu as bien raison...j'espère ne jamais avoir à m'encombrer avec ça.

Terminant ma cigarette je buvais une gorgée de mon cocktail, voyant que son niveau avait peu baissé. C'était une bonne chose, déjà que je passais certainement pour un gros fumeur, et voyeur...je n'avais pas envie de passer pour un ivrogne. Ce que, pourtant, à des moments libres, en bonne compagnie, dans le cadre d'une bonne soirée, je pouvais devenir. En tout cas, portant mon verre aux lèvres, j'esquissais un sourire amusé tandis qu'elle réagissait à ma petite blague au sujet des douches. Ses joues rougir, mais son regard était dur comme de l'acier. Quelque part elle devait s'en vouloir de m'avoir lancé sur ce sujet...ne s'attendant peut-être pas à ce que je sois le genre de personne prêt à rebondir sur la moindre petite moquerie ou provocation. Quoiqu'il en soit j'avalais une gorgée, assez importante de Black Russian, constatant que ce dernier avait quand même pris une sacrée claque. C'était fou la vitesse à laquelle on pouvait boire lorsque l'on se mettait à discuter. Le geste devenait machinal, à petites gorgées à chaque fois. Il suffisait que cinq minutes passent et on avait flingué presque la moitié du verre.

- Excuse-moi, c'était de mauvais goût ! Je n'ai rien du voyeur, et si...entre nous...je devais m'extasier à chaque fois que je vois une femme se doucher dans ma tête, je n'arrêterais pas. Je crois être devenu assez indifférent là-dessus. En revanche...je ne me rappelle d'aucune clause m'interdisant de flirter avec les élèves.

En effet, cette clause n'existait pas. La Deus Academia n'était pas un lieu très clair à ce sujet. Mais en même temps, c'était un autre monde, une autre façon de vivre. Les rapports profs-élèves n'étaient pas vraiment existants. Nous étions tous à la base des apprentis Dieux, la seule différence entre un professeur et un élève ici résidait, pour ce que j'en savais, dans l'intensité des pouvoirs lors de l'arrivée ici. En matière de différence d'âge, y'en avait-il vraiment ? Même moi, pourtant ayant vécu jusqu'à mes 78 ans j'étais arrivé ici sous l'apparence de mes 25. Au début je me considérais comme le vieil homme ayant fait toute une vie. Mais plus le temps passait ici, plus le jeune en moi primait. La preuve, à 78 ans je ne me serais jamais permis de parler comme ça à une jeune fille. On changeait sur la Deus Academia...peut-être prenions nous l'apparence et le caractère le plus adapté pour devenir un Dieu. Je n'en savais trop rien, les conditions d'entrée en ce lieu divin restaient particulièrement floues.

Encore une chose, je ne lui avais pas fait remarquer depuis le début, mais elle me vouvoyait. De mon vivant à la fin de ma vie j'aurais trouvé ça normal, la conséquence logique d'une jeune fille parlant à un vieil homme. Si je n'avais pas changé au fond, ou plutôt si je n'avais pas connu une sorte de retour en arrière, je ne devrais pas être dérangé par le fait d'être tutoyé. Et pourtant le "vous" sonnait creux dans mon esprit, surtout dans ces conditions. En tant que professeur, pendant un cours je ne dis pas, c'était déjà plus logique. Mais là nous étions en intimité, et nous n'avions pas une si grande différence d'âge, tout du moins en apparence.

* Pas qu'en apparence...je ne suis plus un vieil homme...*

- Léa s'il te plaît, tutoie moi. Si je regarde bien autour de moi il n'y a pas de classe agitée, ni de bureaux, ni de tableau noir, ni de manuels scolaires ou quoi que ce soit. Et ce n'est pas comme si les maigres années qui nous séparaient t'obligeaient à être aussi respectueuse envers moi. Et si quand même tu gardes en tête que je reste un professeur...dis-toi que je suis certainement parmi les professeurs les plus cool qui soient dans cette Académie.
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Re: Nous n'avons pas fini notre conversation [PV Léa] - Sam 22 Déc 2012 - 11:58
Sirotant son whisky tranquillement - et lentement, elle n'était pas une grosse consommatrice de son vivant, sa résistance à l'alcool ne s'était certainement pas améliorée ici, mieux valait faire attention - Léa écoutait son professeur répondre à ses théories son étrange pouvoir. Il avait raison, si jamais il venait à étendre ses effets à la vie présente... il avait intérêt à ne pas en piper mot. Déjà que les gens devenaient agressifs quand on connaissait leurs pensées du moment, alors toute leur vie... brrr. Elle espérait que son propre domaine divinatoire ne s'étendrait jamais à un point pareil, à moins de le contrôler parfaitement. Et encore...

Enfin l'avenir le lui dirait, sans doute. L'avenir hein... pourquoi les gens veulent toujours le connaître ? Une vie sans aucune surprise n'est plus une vie intéressante. Le temps est-il figé ou pas ? Si l'on connait son futur, peut-on le changer en agissant différemment ? Ou est-ce que ces changements étaient également prévu et on ne peut échapper à son destin ? Peut-il y avoir de nombreux futurs différents ou un seul ? A quoi bon se poser ces questions au fond ? Autant vivre le présent à fond sans se torturer l'esprit inutilement.

Pietro avait tout de même un pouvoir qui possédait quelques avantages intéressants.

- Donc vous connaissez tous les livres qui ont été écrits jusque-là c'est ça ? La chance...

Ca c'est bien un truc qu'elle aurait voulu avoir. Ca revenait à tout lire d'un coup, ce qui était sans doute moins amusant que de prendre son temps et de parcourir un chapitre par ci par là, mais au moins le professeur n'était pas passé à côté d'un ouvrage passionnant. Et puis il pouvait toujours découvrir de nouveaux bouquins écrits par des dieux. Enfin s'il arrêtait de fumer avec du papier entre les mains. Léa l'avait bien remarqué, toujours la clope au bec, il les enchaînait. Pouvait-on encore contracter un cancer des poumons ici ? Ou ils étaient immunisés à ce genre de soucis de mortel ? Aucune idée, et elle n'avait pas envie de se mettre à fumer pour tester. Après tout, même s'ils pouvaient revenir facilement à la vie, la douleur restait présente, elle en savait quelque chose - foutu Isanagi !

Apparemment, son regard de tueuse donnait des remords à Pietro, mais ce n'était peut-être qu'une impression, vu qu'il s'excusa. Peut-être qu'il craignait de passer réellement pour un voyeur, vu qu'il s'empressa de nier. Cela dit, il n'avait pas tort, s'il devait frétiller chaque fois qu'il voyait une femme se doucher... avec les milliards d'humains sur la planète... il aurait toujours un filet de bave au coin des lèvres. Pas de clause interdisant aux professeurs de fricoter avec des élèves ? Mazette, c'était vraiment une académie bizarre. Remarque il y avait sûrement des élèves plus vieux que des professeurs, tout dépendait de l'heure de sa mort. Léa avait plus ou moins la "chance" d'avoir gardé la même apparence qu'à sa mort, et donc le même âge. Mais il pouvait y avoir des vieux rajeunis, comme des jeunes vieillis. En fonction de quoi ? Ca... elle n'en avait aucune idée.

- Quelle décadence, permettre à des professeurs de débaucher de jeunes et innocents élèves ! Elle est belle cette académie.

Elle rigola un peu et reprit une gorgée de whisky. Le verre n'était pas très rempli à la base, et commençait à s'assécher, mais ça ne la dérangeait pas, elle pouvait faire durer ce qui restait sans soucis. Et préférait ça à demander un autre verre. Déjà avec un elle sentait les effets de l'alcool, alors un deuxième risquerait d'être de trop. Elle n'était pas du genre à finir ivre en soirée, et encore moins devant un professeur. Certes, ils se taquinaient, mais le fait est qu'il y avait tout de même toujours cette différence de... classe sociale dira-t-on. C'était bien pour ça qu'elle vouvoyait tout le temps, sauf les élèves. Cela sembla ne pas être au goût de Pietro qui en fit la remarque.

Certes, ils n'étaient pas dans une classe, mais... même avec le professeur le plus cool de l'académie, vouvoyer restait normal. Le tutoyer, c'était malpoli, et ça ferait trop bizarre. Léa secoua un peu la tête et remit en place quelques mèches rebelles.

- Ce n'est parce qu'on n'est pas en classe que ça change quelque chose. Vous êtes p'têt un professeur cool, mais vous restez un professeur quand même. Je vois mal un élève vous tutoyer. Ca fait trop familier. Et ya pas besoin d'avoir 200 ans pour être respecté. Après tout au Japon, ils ont tout un langage soutenu pour les plus vieux, même d'1 an, les sempaï on dit je crois ? Quelque chose comme ça.

Non, vraiment, elle ne se voyait pas tutoyer un professeur, et encore moins quelqu'un qu'elle ne connaissait pas beaucoup. Certes, en quelques minutes ils s'étaient énormément rapprochés par leur situation si semblables, et il parait qu'il n'y a rien de mieux que la galère pour se sentir plus proche de quelqu'un. Mais quand même. Et puis, Léa restait Léa : sa difficulté à être avec d'autres personnes venait en grande partie de son domaine divinatoire, mais aussi d'elle. De son vivant, elle était toujours un peu distante, la tête ailleurs, et pas douée pour se faire de grands amis. Une petite bande de potes avec qui elle allait de temps en temps, c'était suffisant, et encore, elle n'avait jamais eu de meilleure amie ou quelque chose qui s'en approchait. La grande complicité et l'intimité avec un ami, elle n'avait pas eu le temps de tester. Alors forcément elle gardait ses réflexes de distance. Et la barrière "professeur" en rajoutait une couche.

Elle haussa les épaules et continua de picoler. Elle aimait bien la chaleur du whisky qui se répandait en elle et la faisait se sentir à l'aise. Le réveil suivant se révélerait difficile, elle le sentait... entre la migraine, l'épuisement et l'alcool... ça allait être plus que sportif, en supposant qu'elle parvienne à se lever.
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Re: Nous n'avons pas fini notre conversation [PV Léa] - Dim 23 Déc 2012 - 12:03
- Oui, tous les livres sans exception, peu importe leur langue...d'ailleurs je maîtrise aussi toutes les langues, même celle ayant disparu depuis longtemps. Mais dans le fond c'est un peu frustrant, le monde n'a plus de secrets, dommage pour ma nature curieuse !"

La conversation avec Léa battait son plein et j'étais particulièrement heureux de voir qu'elle comprenait à mi-mot l'étendue de mon pouvoir. Cela avait de quoi en effrayer plus d'un, elle trouvait ça intéressant. Il fallait bien avouer que cette capacité avait de sérieux avantages. Plus de problème de langues, ni de connaissances, plus de secrets. Au fond même, si j'en avais vraiment envie j'avais les connaissances suffisantes pour remplacer n'importe quel professeur dans cette Académie. J'étais même prêt à parier que j'avais plus de connaissances que certains dans leur propre matière. Encore une bonne raison de ne pas trop parler de mon pouvoir. Pour connaitre certains professeurs, certains avaient une haute estime de leur matière, de leur connaissance, de leur façon d'enseigner. Je ne pouvais débarquer et leur prouver par A plus B que j'étais certainement bien plus calé qu'eux sur leur sujet. Même en combat, techniques d'armement ou autres. Mon esprit possédait une véritable encyclopédie de tous ce qui touchait aux arts martiaux, au maniement des armes à feux, des armes blanches, des explosifs. J'étais presque sûr d'arriver à fabriquer une bombe à hydrogène si j'avais les outils nécessaires en mains. A ces pensées je me calmais aussitôt, je ne devais pas vraiment aider Léa dans cette situation.

Je faisais tourner mon verre presque vide dans ma main et écoutait ce qu'elle énonça. Le ton était à l'humour en effet, mais elle marquait un point. En laissant une telle liberté dans les rapports sociaux entre professeur et élèves cela pouvait très bien mener à des mœurs douteuses. Quoiqu'il en soit je lui répondais avec un sourire et avec un ton non moins comique.

- Tu sais de mon vivant j'ai aussi vu des étudiants débaucher des profs...il ne faut pas croire que les choses vont toujours dans le même sens.

Cela m'était arrivé pendant ma carrière sur Terre, à deux reprises exactement. Une vers mes 30 ans qui apparemment était vraiment tombé sous mon charme et m'avait pratiquement harcelé pendant un an pour obtenir quelque chose de moi. Une autre bien plus tard, à 45 ans, qui elle souhaitait avant tout que je la soutienne pour son mémoire. Elle était même venue dans mon bureau de la Sorbonne me proposer un strip-tease. Quoiqu'il en soit c'était une autre histoire. Apparemment elle ne voulait pas me tutoyer, et je ne lui en tenais pas rigueur, comprenant parfaitement son point de vue. Elle était simplement respectueuse, et c'était quelque chose qui venait à se perdre dans ces jeunes générations. Enfin jeune génération, je n'avais moi même jamais été du genre respectueux, pensant que toute personne, peu importe l'activité, l'âge ou la classe sociale était un être humain tout comme moi avant tout.

J'avais une anecdote amusante à ce propos. Le président de la République Française Jacques Chirac avait fait appel à moi en 1999 pour le conseiller dans la rédaction de son mémoire. Pas que je sois très intime avec le cercle politique, mais je m'étais taillé une réputation suffisante dans le monde des historiens pour avoir droit à ce genre d'honneur. Je me souviens de notre entrevue, un rendez vous mal organisé juste après une réunion avec les Ministres. J'étais accompagné par un autre collègue historien qui salua respectueusement le Président. Moi je m'étais avancé, lui avait serré la main et l'avait simplement appelé "Monsieur Chirac.". Je me souviendrais toujours de la tête de mon collègue, blanc comme un cachet comme si j'avais commis un outrage affreux. Le Président fut certainement le moins touché, me répondant avec un sourire. Je restais encore aujourd'hui fermement posé sur cette façon de voir les choses. Donner tant d'importances aux catégories de la population, au rang de tout un chacun, c'était multiplié les fractures sociales d'une société.

Je finissais mon verre d'un trait, regardant tristement le fond du verre. Devais-je en prendre un autre, non ce n'était pas sérieux. Qui plus est ma partenaire semblait épuisée. Je me levais donc et m'étirais puis vint à ses côtés, lui proposant ma main pour l'aider à se lever.

- Il se fait tard...
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Re: Nous n'avons pas fini notre conversation [PV Léa] - Mar 25 Déc 2012 - 10:42
Tous les livres... le rêve. Les connaissances générales, les langues, ça n'intéressait pas vraiment Léa, mais les bouquins... Cela dit, avoir déjà tout lu devait quand même être frustrant, et Pietro le confirma. C'est sûr que si l'on est curieux, son pouvoir était une saleté qui gâchait toute la joie de la découverte. Encore qu'il lui restait l'académie et les apprentis-dieux, c'était toujours ça qui restait inconnu pour lui. Est-ce qu'ils vivraient éternellement d'ailleurs ? Après tout, on dit que toute une vie ne suffirait pas à lire tous les bouquins du monde, mais si la jeune fille était partie pour vivre des millions d'années... elle relèverait peut-être le défi avec plaisir. Enfin ça paraissait mal parti pour le moment, puisqu'elle n'avait aucune influence sur le monde des humains, elle l'avait bien vu avec Isanagi. A quoi bon essayer de lire si on ne peut pas attraper le livre voulu ? Enfin peut-être que ça changerait avec le temps ça aussi.

Les pensées de Pietro s'étaient mises à s'agiter, il devait cogiter sévère, mais à côté de celles du monde entier ce n'était rien. Léa n'avait pas vraiment de mal à les retenir. Ca cognait contre ses protections, mais elle était trop fatiguée pour y faire réellement attention, tout comme on ne se rend pas compte qu'on s'est griffé quand on a une épaule déboîtée. Ou alors c'est que chez elle que ça fait ça.

Le professeur revint sur le principe de relation élèves/professeurs, en gardant un ton humoristique. C'est vrai que ça marchait dans les deux sens, on en avait vu des cas de gamines qui draguaient un beau professeur mâture. Qui n'avait jamais trouvé son enseignant mignon ? Cela dit, il y a quand même des limites à ne pas franchir. A en croire l'intensité des pensées de Pietro, il devait se rappeler quelques anecdotes sur le sujet. L'occasion était trop belle d'en rajouter une petite couche en rigolant.

- Je vois, et si j'en crois l'agitation que vous avez dans la tête vous avez des expériences personnelles sur la question.

Au moins à la Deus Académia les professeurs ne risquaient sûrement pas de se faire virer ou de subir les foudres des médias. C'était bien l'avantage d'un lieu à part. Sans doute qu'ils pouvaient avoir des sanctions, tout comme les élèves, s'ils exagéraient ou allaient trop loin, mais côté réputation et emploi, ils étaient à l'abri de tout problème. Rien à voir avec la vie terrienne. La jeune fille termina son verre tranquillement, il faudrait qu'elle revienne ici à l'occasion, c'était chouette et les boissons étaient de qualité ! Ca aidait à supporter les pensées des autres en plus. Mais si elle débarquait en cours avec un verre dans le nez, elle risquait de ne pas y rester longtemps... il n'y a pas de solution miracle, tss.

Son interlocuteur sembla juger qu'il valait mieux en rester là et lui proposa sa main pour se lever en bon gentleman. Hum... oui ça risquait d'être nécessaire. Léa se leva donc en prenant l'appui offert et vacilla tout de même un peu. Ca touuuurnait. Pas au point de tomber quand même, mais assez pour surprendre sous le mouvement. Elle attendit que ça se calme, histoire de pouvoir marcher sans se manger un mur, puis hocha la tête.

- C'est vrai, j'suppose que vous avez des cours à préparer. J'voulais pas vous accaparer aussi longtemps, désolée !

Bon le ton était pas si désolé que ça, et elle ne regrettait pas le moins du monde d'avoir kidnappé un professeur le temps d'un verre de whisky. Mais il fallait bien rester polie. Elle testa le plancher des vaches en avançant prudemment, hum ça allait, ça tournait moins une fois la position debout acceptée par le corps. Mais une chose était sûre : elle allait vite gagner sa chambre et s'effondrer dans son lit. Le repas ? Aucune importance, elle était habituée à les sauter de toute façon, trop de monde dans la cafétéria. Elle grignoterait peut-être quelque chose dans la journée suivante, entre deux cours, quand la plupart des élèves seront dans les couloirs ou dans les classes.

Au moins, avec ce régime, elle ne risquait pas de grossir !
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Re: Nous n'avons pas fini notre conversation [PV Léa] - Mar 25 Déc 2012 - 16:58
[justify]Elle prit ma main et se leva, cependant elle marqua un temps d'arrêt juste après s'être mise debout. Elle n'avait pas seulement l'air fatigué, elle l'était. Je suppose que son pouvoir devait lui manger ses ressources, particulièrement si elle devait édifier des barrières pour contenir l'assaut des pensées des autres. Pour ma part je gardais mon esprit aussi silencieux que possible pour ne pas l’accommoder d'avantage. Elle s'excusa auprès de moi, de m'avoir fait perdre autant de temps. Je la regardais, le regard sévère mais le visage amusé.

- Que je me souvienne c'est moi qui t'ais invité à venir ici. Seul j'aurais certainement perdu mon temps à faire je ne sais trop quoi. Mais là, cette petite conversation fut particulièrement constructive...et agréable.

Je la soutenais depuis tout à l'heure, m'assurant, légèrement inquiet, que cette jolie jeune femme ne s'effondre pas. Elle avait l'air tellement accablée, je souhaitais du fond du cœur qu'à l'avenir son pouvoir ne lui cause plus ces multiples soucis. Quoiqu'il en soit je passais son bras sous le mien sans lui poser la question, en aucun cas je n'allais la laisser marcher seule tant que nos chemins coïncideraient. Quel genre de prof j'étais si je la laissais s'effondrer au beau milieu d'un chemin dans l'Académie. En plus j'étais le fautif, toute cette activité dans mon esprit l'avait certainement poussée au delà de ses capacités. A dire vrai, j'étais plutôt admiratif de sa ténacité. Je fis un petit geste de main à la maîtresse de maison. La consommation était gratuite, les boissons toujours aussi exquises, en bref...il était particulièrement agréables de venir passer un moment ici. Mes yeux se baissèrent à nouveau sur Léa, un beau sourire sur les lèvres.

- Allons y...hésites pas à le dire si tu as besoin d'une pause.

J'avançais tranquillement entre les tables afin de rejoindre la sortie. Je n'étais absolument pas pressé après tout, on avait des milliers d'années devant nous. Non pas par perversité, mais plutôt par inquiétude j'avais tendance à serrer son bras contre moi, histoire d'être près si elle venait à succomber à sa fatigue. Comme un père ? Non, comme une personne souciante de son prochain tel que je l'avais toujours été. D'autant plus avec elle certainement, parce qu'elle partageait un fardeau identique au mien. Un pouvoir des plus gênants, un pouvoir dont on n'osait parler de peur des réactions que cela pouvait engendrer. J'avais réalisé cet après midi là que je n'étais pas le seul dans ce cas là, et il fallait dire que ça faisait du bien, beaucoup de bien. Cependant, j'avais oublié quelque chose, pas que c'était important mais elle m'avait lancé une tique...je ne pouvais tout simplement pas laisser filer sans réagir.

- Comme tu le disais tout à l'heure, oui j'ai des expériences personnelles sur la question de ces étudiants qui en viennent à séduire les professeurs. Cela m'est arrivé. Mais grâce à mon pouvoir j'ai vu en plus bien d'autres cas du même genre...mais je ne cherche pas vraiment à défendre le corps professoral. On compte aussi dans nos rangs beaucoup de pervers et autres couguars !

Avais-je déjà moi même vraiment franchi la limite ? Avais-je déjà été vraiment trop insistant avec une élève ? Je n'en savais trop rien, et dans le fond je pensais bien que non. Aussi belle pouvaient avoir été certains, elles n'en restaient pas moins mes élèves. Quoique si. Comment pouvais oublier ça, ma propre femme Isabelle ! Ma toute première année d'enseignement aux Etats-Unis je l'avais eu comme élève...et c'est ainsi que l'on s'était connu. Cette époque où elle et moi avions dû garder notre relation secrète avait été particulièrement stressante et en même temps si amusante.

Je tournais mon regard vers Léa marchant tranquillement à mes côtés. Une fille morte si jeune, elle n'avait jamais vraiment connu de son vivant de véritables expériences amoureuses. Pourtant elle avait beaucoup de choses pour elle. Pour ce que j'en savais elle était intelligente, ne manquait pas d'humour, avait de superbes cheveux et un corps des plus agréables. Morte trop jeune sans avoir vraiment pu s'épanouir, amoureusement, sexuellement. Le sexe n'était pas un objet de tabou à mes yeux, un simple plaisir naturel de la vie au même titre que manger, ou boire un verre.

Le vieil homme que j'étais encore quelque part à l'intérieur était triste pour elle de ne pas avoir eu le temps de profiter. Je la regardais pour le coup d'un air très adulte, très concerné par son devenir amoureux. Pourtant je ne savais même pas si elle l'envisageait, où si elle en avait envie. Mais j'avais cette vision des choses où j'imaginais tous les jeunes hommes et les jeunes femmes profiter de cette jeunesse, de cette folie, de cette passion avant que les choses ne changent. On ne vieillissait pas sur la Deus Academia me diriez vous. Oui certes, mais même si le corps ne changeait pas, l'esprit lui le pouvait. Au bout de dix ans d'enseignement ici qui ne nous disait pas que tous ces jeunes ressuscités ne se seraient pas transformés en adulte sérieux et responsable dans des corps de jeunes personnes. Il fallait profiter de ces années tellement importante, le seul moment de la vie où l'on pouvait vraiment s'amuser pleinement. C'est pour ça que, le visage très aimable, essayant de lui faire comprendre sans les mots que la question n'était pas pour mon propre intérêt je lui demandais.

- Alors...un petit ami sur l'Académie ?
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