Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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L'antichambre de l'indécision

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L'antichambre de l'indécision - Sam 1 Déc 2012 - 12:56
Viendra-t-il ?
Nous voici exactement 4 jours après la rencontre entre ces trois personnages : Maya Tensho, Atios Kurokami et Isanagi Tensho. Durant ces 4 jours, chacun a suivi ses obligations, ses désirs et ses occupations... et chacun a suivi de plus ou moins loin la vie des autres.


Maya est assise à côté de la porte de la tour de l'horloge. Bras croisés sur ses genoux, tête posée sur ses bras et regard tourné vers le sol, il ne fait aucun doute qu'elle réfléchit. Elle est ici vêtue de son uniforme d'apprentie, soit une chemise blanche à manches courtes, une jupe également blanche et des collants de couleur foncée qui lui tiennent chaud malgré la température peu élevée qui sévit aujourd'hui sur l'académie. L'expression qu'elle affiche semble plutôt neutre... mais on décèle tout de même facilement une petite consternation. Elle pense qu'il ne viendra pas. Il ?

Depuis 4 jours, la jeune femme a foncièrement suivi tous les accomplissements réalisés par Atios. La baston dans la cafétéria juste après qu'elle l'ait quitté. Le petit détour pour sauver les élèves prisonniers de l'observatoire. Enfin, l'excursion sur Terre pour poursuivre un assassin. Pour tous ses agissements, il a reçu des récompenses... allant de la simple « lettre de remerciements » à la récompense matérielle réelle. Il devient évident que d'eux deux, c'est lui qui s’intègre le mieux à cette nouvelle vie... une situation paradoxale puisque Maya est une « bonne amie » tandis qu'Atios est et restera un « beau ténébreux » difficilement abordable.
Soupire.
Pendant la même période, personne n'a entendu parler d'Isanagi Tensho, preuve irréfutable qu'il ne peut s'occuper de qui que ce soit ici. Aurait-il mieux fait de ne pas reconnaître sa fille ? Tout ceci doit être bien trop compliqué à gérer pour lui. Maya préférerait qu'il pense à tout sauf à elle, qu'il l'oublie dès qu'elle n'est plus dans son champ de vision. Elle aime qu'on pense à elle... mais pas si c'est pour faire souffrir inutilement.
Soupire.
Enfin, Maya. Elle a approché et s'est liée avec bon nombre de nouveaux apprentis... avant de finalement remarquer qu'on ne lui rendait pas. C'est ce qu'elle a finalement défini comme étant le mélange ou le choc des cultures : beaucoup ont l'idée de se servir de leurs amis pour régler leurs problèmes personnels et non pour se lier d'amitié, tout simplement. Mais il est évident que dans ce nouveau monde, il n'est plus question d'aller gambader dans les rues, les magasins ou les salles de jeux... mais dans l'absolu, Maya ne comprend toujours pas ce qu'on attend d'elle ici. S'il faut qu'elle apprenne à sa battre pour ressembler à Atios et sauver les autres, si c'est vraiment ce qu'on attend d'elle... soit, elle apprendra. Vraiment... ? Voilà qu'elle se met à imaginer des choses pareilles, elle, Maya, celle qui a toujours prôné la discussion plutôt que la violence... Quelles mauvaises influences...
Soupire.

Maya fourre sa main dans sa poche et en sort son téléphone portable. Elle l'a récupéré il y a peu dans une réserve... ce sera toujours utile. L'horloge indique bientôt 14h... 4°C et temps couvert avec risque de pluie. Elle le range rapidement et souffle de l'air chaud sur ses mains pour les réchauffer. Effectivement, il fait plus froid qu'elle ne le pensait. Ses bras nus et ses mains sont gelés, mais ça ne fait rien. Le plus amusant dans cette situation, c'est de se demander si Atios est du genre à parler météo. Le grand chevalier avec son épée qui s’inquiéterait que sa camarade puisse avoir froid... s'inquiéter restant un bien grand mot. Le truc plus con encore, ce serait qu'un Dieu puisse être malade et avoir un rhume... un comble quand on y réfléchit bien. Ce serait la fin de tout... elle deviendrait le boulet par excellence. Et qui sait ce qu'elle est capable de faire dans certaines situations...
L'apprentie fouille dans son sac et en ressort une brique de lait chocolaté. Ça doit bien faire une heure qu'elle est assise au même endroit. Le vent froid lui sèche la gorge, elle ne va pas se priver de cette petite gourmandise. Elle perce le morceau d'aluminium avec sa paille puis commence à aspirer et boire le contenu. Alors qu'elle jette furtivement un coup d’œil au loin, il lui semble apercevoir une forme qui bouge. Une personne ? Maya se lève en vitesse et tente de mieux discerner la chose. Vu d'ici, difficile de dire si ça se déplace vers elle ou non... Son cœur se met a accélérer, tant la chose lui semble peu probable. Pourtant, elle n'attendrait rien de lui mis à part une petite conversation classique.
Mais... ce serait lui ? Vraiment ?
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Re: L'antichambre de l'indécision - Sam 1 Déc 2012 - 15:01
Que d'aventures en si peu de temps. Que d'affrontements. Pour autant, l'école des dieux restait stoïquement silencieuse, comme un paradis perdu dans l'éternité d'une vie pleine de surprises qui ne finirait jamais. Oh, il était clair que sa popularité n'était plus à faire désormais. On le connaissait bien, pour sa nature impétueuse, il était du genre à déchaîner les passions. Oh, il ne le cherchait pas vraiment, de son point de vue. En fait, il était ce qu'il était. La délicate alchimie de plusieurs expériences. Il avait, effectivement, plutôt bien accepté sa renaissance. Même s'il ne savait pas combien de temps il pourrait supporter l'éternité, il s'y efforçait de tout son être pour le moment. C'était ainsi qu'il s'était retrouvés dans des situations les plus diverses qu'improbables. Pour autant, il était rassuré. Aucun chevalier de la table ronde ne s'était incarné ici, du moins pour le moment.

S'il songeait à son cas, il lui avait fallu arrêter de vouloir se réincarner en tant que son existence passée pour que son âme retourne naturellement dans le cours du temps. Il soupira. Ce qui signifiait qu'une boucle avait eu lieu et qu'elle pouvait avoir une durée qu'il n'imaginait pas. Alors, cela voudrait dire que ceux-ci pourraient être eux aussi coincés dans des boucles où ils ne sortiraient que très lentement. Là était la tragédie des chevaliers de la table ronde. Si lui, avait voulu devenir le roi parfait, l'un était peut-être encore en train de tenter de le transformer en roi parfait, tandis que l'un cherchait à s'empêcher de trahir son roi. Il existait peut-être même l'un d'entre eux qui coincé par son rêve de voir Atios vivre une vie normale. Combien de temps s'accrocheraient-ils à leurs utopies respectives ? Il priait pour que ses compagnons puissent trouver la paix le plus rapidement possible. Lancelot, Gauvain et bien d'autres, ne méritaient pas d'être prisonniers de leurs idéaux et du temps, comme il avait pu l'être. Pour respecter les vœux de tous ceux qui avaient cru en lui et qui croyaient encore en lui, il devait faire de son mieux pour justifier sa présence en cette époque atemporelle. Oh, Arthur n'avait pas eu d'ami. Pas même Lancelot. Pourtant, leurs liens tacites avaient été si forts que l'ego de chacun causa la fin d'un rêve de paix pour son royaume.

Il avait accepté que le passé était le passé. Et qu'en définitive, on ne pouvait le changer, sans avoir conscience de ses erreurs. Ils n'avaient pas pu se sortir du cycle de la tragédie, alors il avait décidé de ne plus laisser celle-ci revoir le jour. Et il s'efforçait de n'oublier personne. Pas même Maya. Hélas pour lui, dorénavant, il avait quelques demoiselles qui le "collaient" légèrement, un peu beaucoup. Pourtant, il ne se considérait pas comme quelqu'un de particulièrement "beau", ou "séduisant" ; plutôt qu'un garçon ou un humain, il préférait se considérer comme un chevalier. Et même si son armure était perdue et qu'il ne pouvait plus la porter, il considérait que son visage n'était pas si différent que les heaumes qu'ils portaient pendant les batailles. Pour autant, il savait qu'un tel stoïcisme avait pu être une cause directe de la déchéance de lui et ses compagnons, c'est pourquoi, il s'efforçait au minimum de montrer des fragments de ses sentiments. Mais il fallait sourire.

Aujourd'hui, nous étions le premier décembre. Plutôt qu'un roi, pouvait-il être le prince de tous ? Ou même réussir à être les deux ? En tout cas, pour le commun des divins, c'était plus ou moins un succès. Les garçons avaient tendance à le respecter. Les demoiselles, à l’idolâtrer. Heureusement il n'était pas - encore - le plus populaire de toute l'académie. Mais il était facilement considéré comme l'une des "personnalités" montante de l'académie. Bon gré, mal gré, il ne cherchait pas cette reconnaissance. Il cherchait juste à être lui-même. Sans que quiconque ne le juge. Et ceci n'était pas vraiment aisé. Il le savait, on ne pouvait plaire à tout le monde et certains l'observaient avec curiosité, d'autres avec morgues et mépris. Cette accumulation de ressentiment finirait tôt ou tard par lui éclater au visage, provoquant des problèmes qu'il aurait à gérer. Disant au revoir aux demoiselles qui le suivaient, saluant au passage quelques élèves qui venaient de le saluer, il s'avança. Quatre jours ? Cela faisait-il vraiment quatre jour qu'il était à la Deus Académia? Le temps lui avait paru beaucoup plus long, étonnamment. Dire que sa rencontre avec Maya n'était pas si lointaine qu'il ne l'imaginait ... Dans un sens, il préférait ceci. Quatre jours pour décider avec qui il voulait être ..

Cet ultimatum était réellement cruel pour lui. Parce que lui-même, ne savait pas avec qui il voulait être, ni quand, ni comment, ni pourquoi. Il ne savait pas non plus, comme elle, où il voulait aller. Il voulait juste pouvoir être libre de faire ce qu'il voulait, maintenant que ses responsabilités n'étaient plus.

Le mois de décembre avait jeté un voile froid sur l'académie, comme pour refléter la période hivernale sur la Terre. Pour l'occasion, Atios avait rangé son uniforme de gentleman du XIX siècle et avait sorti un long manteau noir et une écharpe grise. De lourds gants noirs protégeaient les doigts étonnamment fins de la fine-lame qu'il était. La forme que Maya avait vue au loin n'était pas Atios, c'était un élève lambda. Qui passait avec une fille, qui tenait des livres dans ses bras. Ils souriaient et riaient tous les deux, en se racontant comme un élève s'était endormi en classe ce matin. Un élève connu. Oui, ils parlaient bien du dernier héros en date de l'école, celle qu'elle attendait. Ils discutaient notamment du fait qu'il s'était excusé auprès du professeur avant de reprendre sa sieste dans la consternation la plus totale de certains (surtout le professeur) et l'hilarité des autres.

Mais où était-il, le prince charmant de ces demoiselles ? Le prince de Maya, qu'elle attendait comme une malheureuse depuis maintenant quelque temps ? Qu'attendait-il pour venir recueillir l'une des très nombreuses princesses de cette vaste académie ? Le portable de la demoiselle lui avait indiqué 4° degrés celcius. Mais lentement, le soleil se mit à danser avec d'épais nuages gris, le zénith descendant, ses rayons se firent de plus en plus timides... Et en un quart d'heure, les températures chutèrent avec force loin dans les négatifs... Et la possible pluie annoncée par la météo devint lentement une chute de neige. C'est pourtant à ce moment-là qu'il arriva. Au moment où le temps s'amusait à rire de Maya, il s'était mis à apparaître lentement, au loin. Ses épais et rebelles cheveux noirs luttaient avec férocité contre la pureté des larmes gelées du ciel. La légère brise qui soufflait rendait encore plus insoutenable le froid et ce, même pour lui qui était couvert.

Maya était ce que l'on pourrait qualifier d'unique. Loin d'être du même acabit que Fiora Locksley, son "amie" la sorcière, elle était d'une beauté qui était sublimée par le temps qu'il faisait. Si Fiora était un doux et timide printemps, Maya représentait plus à ses yeux un délicat hiver aux reflets de blancs envoûtants. Une peau pâle. Une carrure frêle ; tout comme Atios était étonnamment frêle pour ses épaules carrées et sa grande taille, Maya, au contraire, elle, était ce que l'on pouvait qualifier d'une fille au physique poussant à vouloir protéger. Son expression sérieuse et déterminée n'était qu'un autre argument pour étayer ce ressenti. Largement plus petite que lui, mais aussi plus fine que lui, elle portait de longs collants noirs et un uniforme trop léger pour être porté seule à l'extérieur. Ses yeux clairs et ses cheveux pâles, au contraire de ceux d'Atios, s'harmonisaient avec une étonnante comptabilité à la neige, délicate et froide. C'est peut-être la première fois qu'il rougit en la voyant d'ailleurs, dans cette position si ... Faible et fragile, au milieu de cette neige qu'il aimait tant, s'écoulant du ciel comme elle l'eut fait dans son passé, que ce soit sur les hautes murailles de Camelot ou sur le balcon de l'appartement de sa seconde mère. (Du moins, la seconde dont il se souvenait.)

Il accourut alors, car son teint pâle était presque maladif. Qu'attendait-elle, ici ? Il resta muet en fixant la bâtisse, milieu de l'académie des dieux. L'attendait-elle ? Ici, lieu de leur rencontre ? Atios ne réfléchit pas plus encore et la souleva avec délicatesse pour la coller contre lui et dans ses bras. Elle lui avait paru irrésistible et le seul moyen qu'il avait de la protéger, c'était de la garder à l'endroit le plus chaud qu'il pouvait trouver sur cette place : ses bras. Cette étreinte lui permit de confirmer que les bras dénudés de la demoiselle étaient gelés. Pour autant, il la lâcha et procéda à enlever ses parures pour mieux les mettre sur le dos de sa première amie à la Deus Academia, la fille du directeur, Isanagi. Son manteau devait être trop long, son écharpe, trop grande et elle risquait aussi de ne pas apprécier de porter les affaires du garçon, mais elle allait devoir subir ces atours tant qu'ils ne trouveraient pas un endroit plus chaud.

Atios se mordit la lèvre. Il était aussi connu pour autre chose que ses faits d'armes. Point de coquetterie superflue à ses yeux, mais peut-être pas au regard des autres : ses affaires sentaient le parfum. En l'occurrence, SON parfum. Eh oui, certains hommes connaissaient le déodorant et ces senteurs exotiques qu'il était rare de pouvoir humer parmi les étudiants normaux. De toute façon, son uniforme, personnalisé, était en lui-même, une insulte positive aux règles de l'académie. Son pull jaune vanille laissait s'échapper le sommet d'une cravate rouge nouée très simplement ; deux accessoires non-obligatoires qu'il avait cru bon de rajouter. D'ailleurs, le parfum, il le mettait au niveau de son cou et de sa cravate ; parce que c'était de là qu'émanait toute la subtilité de son uniforme : ce nœud délicatement fait chaque matin au rouge sobre mais uni. Toutes ces descriptions nous amènent quelques secondes après qu'il eut fini de transformer Maya en portemanteau pour manteaux trop grands ; protections efficaces pour le froid qui agressait le corps de la fille du directeur. Finalement, il décida à s'exprimer :

Tu m'attendais ici, pas vrai ? ...

Son ton n'était pas réprobateur, il était neutre.. Mais il était aussi inquiet.

Tu sais, tu n'étais pas obligé d'attendre quatre jours pour que l'on se revoie. Je veux dire ... Tu es mon amie, tu as bien plus le droit de venir me voir que toutes les filles qui peuvent me parler spontanément tous les jours ... Et tu n'étais pas obligé non plus d'attendre dans le froid. D'ailleurs, ça va ? Mon manteau te réchauffe ?

Atios soupira, en lui attrapant la main, en passant dans la manche.

Alors ... Comment tu vas, depuis la dernière fois ? As-tu pris une décision me concernant ?
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Re: L'antichambre de l'indécision - Dim 2 Déc 2012 - 17:01
Non, ce n'était pas lui... évidemment. Alors, elle s'était remis à attendre, assise juste à côté de la porte de la tour. Rapidement, la température avait alors chuté et la neige avait commencé à tomber.

L'hiver n'est pas encore là qu'il neige donc. Les premières secondes, le sol n'est pas encore assez froid pour accueillir les flocons de glace cristallisée, qui fondent au-fur-et-à-mesure qu'ils touchent les gravillons formant les allées de l'académie. Au contraire, la pelouse et les arbres prennent lentement la couleur de la glace. Et finalement le voilà. Avec toute cette neige, on ne distingue plus rien passé les 20 mètres... et pourtant, ils se voient l'un l'autre. Refroidie par la température et la glace, Maya n'a pas le temps de réagir qu'Atios l'a déjà approchée, relevée et étreinte dans ses bras. Peut-être cherche-t-il simplement à la réchauffer ou peut-être lui a-t-elle réellement manqué... c'est en tout cas ce que n'importe qui ferait dans ces moments-là. Elle le serre également pour lui rendre la politesse. Elle est surprise et contente de le voir. Dit et redit mais les relations physiques, la jeune femme connaît et apprécie... d'autant plus si elles sont vraies et spontanées. Atios ne s'oblige pas à le faire, il le « vit ». Cassure complète avec ce qu'on pourrait penser de lui.
Dans ces conditions, comment peut-il même imaginer rester seul ?
Le problème avec ce genre de comportement, c'est le côté protecteur. Le voilà qui la lâche et qu'il lui impose son manteau. Et voici maintenant la véritable connerie qui peut le perdre : ce côté protecteur. D'un côté, il chercher à se battre pour défendre les gens et les protéger, de l'autre, il doit s'isoler pour ne pas attirer les représailles sur ses proches. Résultat : il pense faire la meilleure chose pour couvrir ses amis mais ces derniers finissent par se sentir parfaitement inutiles. Les boulets ambulants, crétins qu'il faut protéger à tout bout de champ parce qu'ils ne savent pas le faire eux-mêmes. Du point de vue divin, c'est encore plus insolant. Ce serait comme un soldat qui, en pleine guerre, protégerait l'un de ses camarades parce qu'il le trouverait trop faible. Quoi de pire que se sentir faible par rapport à un être censé être son égal ? Aux dernières nouvelles, qu'importait le sexe : une Déesse est censée être l'égale d'un Dieu.

Qu'à cela ne tienne.

Ce que Maya pense de ce comportement ? Qu'Atios lui donne son manteau, c'est comme s'il disait oralement la trouver stupide parce qu'elle ne se couvre pas assez. Sans trop se poser de questions, c'est exactement ce qu'il doit penser... mais exceptionnellement, Maya ne lui en tiendra pas rigueur. Pourtant, elle le pourrait, en guise de première intervention de la seconde discussion, rappelant de ce fait leur rencontre 4 jours plus tôt. Mais cela ainsi que le manteau, elle laissera filer au risque de passer pour ce qu'elle est : faible et inutile. Ça finira par changer, un jour... promis.
Seule son expression rechigne. Ce manteau d'hiver est diablement lourd et long, empêche bon nombre de mouvement et sent fortement le parfum industriel artificiel. Par bonheur, l'odorat de la jeune femme est actuellement fortement compromis à cause du froid. D'ailleurs, par réflexe, elle renifle un coup et tente de réchauffer son visage en soufflant sur ses mains (ou le bout des manches trop grandes du manteau) et en les plaquant sur ses joues et son front ensuite. Son corps a chaud. Et méchamment, Maya souhaite que ce soit Atios qui tombe malade : il aurait l'air bien malin cloué au lit puisque ce serait elle, la personne en bonne santé, qui devrait s'occuper de lui jusqu'à son bon rétablissement. Y a-t-il seulement pensé une seconde ?

Trop de médisance. Maintenant, elle l'écoute parler et lui répond non sans mal tout ce qu'il souhaite entendre. Contrairement à ce qu'elle pourrait afficher, sa voix reste pleine d’endurance et d’entrain.


- Attends... fait-elle après qu'il lui ait posé sa dernière question. Je n'ai pas non plus fait exprès de t'éviter pendant 4 jours... on dira juste qu'il est assez facile de ne pas se croiser, géographiquement et temporairement parlant. Il y a des chances que ça reste en l'état, mais ce ne sera pas moi qui l'aura cherché...

Elle fait référence à la vie à caractère solitaire de son ami. De son avis, Maya pense qu'il y a 95 % de chances qu'il ait choisi de continuer à vivre seul dans sa chambre. Quelles questions s'est-il posé, lui ? A-t-il simplement cherché à savoir s'il souhaitait vivre seul ou accompagné ? Si c'était vraiment le cas, ce serait vraiment... handicapant. « Que pourrais-je faire avec Maya, de quoi pourrait-on discuter tous les soirs, comment devrait-on s'organiser ? »... autant de chose dont il faudra parler si jamais les choses allaient bon train. À moins qu'Atios soit du genre à laisser tous les choix et toutes les tâches pénibles à la femme...
… ce qu'elle accepterait volontiers par respect pour le bonheur qu'il lui a apporté.


- Personnellement, j'ai toujours quelques petits problèmes existentiels. reprend-elle. Par contre, grâce à toi, j'ai un truc de moins en tête et je ne te remercierais jamais assez pour ça. C'est un peu pour cette raison que je nous ai donné 4 jours... j'essayais de trouver la réponse qui te satisferait le mieux. Dis-moi juste comment c'était, seul, dans ta chambre ? Enfin... seul... tu ne l'as peut-être pas été tout le temps.

Oui, elle pense aux lettres à petits cœurs qu'il a reçu. À quoi s'attendait-il ? Maya a rencontré cette fille qu'il a sauvé... et elle ne s'est pas privé pour lui parler d'Atios et pour la conseiller ! Soit, ce n'était pas forcément judicieux... mais ça n'a sûrement pas non plus été déplaisant pour le chevalier solitaire. Tout le monde est en quête de respect, de confidence ou d'attirance. Sentir que d'autres nous admirent et nous désirent, ça fait chaud au cœur, quoi qu'on en dise. A-t-il finit par céder à cette autre femme ? S'est-il adonné au plaisir de mener une vie à deux ? Et pourquoi pas.
Mais d'un autre côté, ce serait... hum...
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Re: L'antichambre de l'indécision - Dim 2 Déc 2012 - 18:16
Oui, effectivement, j'imagine. Répondit-il, en riant faiblement. Il n'aimait pas ce sujet, décidément.

Ce serait lui qui la cherchait, la solitude. Maya n'en savait pas assez sur lui, cependant, pour comprendre pourquoi cette volonté d'être seule été importante en lui. Guenièvre ... Guenièvre avait été la perfection de la princesse médiévale. Convoitée par maints seigneurs, rois et chevaliers. Ils avaient été mariés. Pas par sentiments. Mais parce qu'ainsi, la paix avait pu être instaurée. Naturellement, ils avaient vécu ensemble ... Mais il n'avait jamais pu la toucher. Ou la voir autrement qu'un beau symbole. Tout comme lui, avait été le beau symbole du roi des chevaliers. Son plus grand regret fut que Lancelot n'eut pas la chance de faire connaître à sa reine, ce qu'était, de vivre heureuse et aimée. Oh, il l'avait aimé. Mais tout ceci avait été purement platonique. Tout ce qu'il avait vécu dans son passé ... Le terrifiait. Il se refusait de l'avouer, mais si Maya le plaquerait là au sol d'une manière évocatrice, la psyché du roi Arthur risquait de s'effondrer. D'où sa volonté d'être seul. Il n'avait plus confiance en quiconque, depuis que Morgane s'était vengé de lui. Et quelque part, il était heureux que Maya ne le comprît pas. Pouvait-elle seulement le comprendre ? Lui qui se devait être parfait, Morgane lui avait tout pris. Et elle lui avait donné une descendance pour mieux provoquer sa chute, lui, son château, son mariage et sa table ronde. Pouvait-il surmonter ce cauchemar ? Il l'avait vécu, encore et encore et tenait maintenant à garder le contrôle de ses peurs.

Coulant à travers ses pensées, ses souvenirs se calquèrent sur son regard profondément triste, le temps de se remémorer combien de fois il l'avait vu et où il avait été incapable de résister à la magie de sa sœur qui l'humilia et le déposséda de sa chasteté et même de son immortalité.. Oui, il était facile de croire qu'Atios n'avait poins de cicatrices, de séquelles ou même de passé. Le roi Arthur pouvait signifier deux choses. Aux néophytes, une glorieuse légende. Aux historiens, une tragédie, sanglante, adultère, où la déchéance des héros était récurrente. Sauf lui. Son rêve et son comportement étaient restés pieux et parfaits jusqu'au bout. Pourtant, la perfection n'amena qu'une chose. Trahisons. Meurtres. Pour finir en un vaste bain de sang fratricide, à la mort d'amis et aux suicides d'autres par les effets du plus sournois des poisons : le désespoir. Lui qui s'était tenu seul avec son autorité, loin de ses sujets, en tant que roi parfait et juste, il s'était forgé la faiblesse exploitable par ceux qui justement, voulaient briser sa volonté d'être seul jusqu'au bout.

T'inquiètes pas, j'ai remarqué que tu m'observais de loin. De toute façon, les conjectures font que la moitié de l'académie me connaît au moins de nom désormais..... Lâcha-t-il, dépité.

Et par conjecture, il entendait ses "succès" et ses "méfaits". Enfin ... Méfaits ... C'était vite dit. La nourriture semblait sortir d'une corne d'abondance, ici. Il comprenait mieux pourquoi les cuisiniers étaient formidables ici ... Ils avaient la capacité de pratiquer jour et nuit, s'ils le voulaient, avec tous les ingrédients qu'ils pouvaient désirer... Mais il avait brisé l'ordre dans ce qu'il appelait un "élan" de jeunesse. Un élan d'effronterie qu'il n'avait jamais eu dans ses précédentes vies. Atios, quelque part, désirait expérimenter ce qu'il n'avait pu expérimenter. Quelque part, il avait atteint plusieurs fois la maturité, mais il avait encore la sensation d'être jeune et ne rien savoir. Quelque part, n'étaient-ils pas tous jeune et encore inconscient de l'univers, lorsqu'ils arrivaient ici ? Il soupira et s'étira. Il se faisait vieux, ses articulations se raidissaient à cause du froid. Mais cela lui fit le plus grand bien. Il se mit à avancer avec Maya, lui tenant la main, jusqu'à un banc où il s'assit. Mais pas comme un gentleman, les jambes croisées. Là, il ne voulait rien d'autre qu'être lui-même. Aussi, son menton finit par se poser sur ses genoux alors qu'il s'était replié en bloc à côté de la demoiselle. Il avait un peu froid, mais il avait connu pire. Les armures en métal en hiver, ça colle. Et ça pique. Et donc, ça fait super mal. Il se souvenait du calvaire que ses hommes avaient pu vivre à l'époque. Lui, ça avait été moins le cas, car son armure n'était pas complète. D'ailleurs, où était-elle ? Elle lui manquait un peu. C'était une partie de son âme, qui était encore dans cette armure. Ce symbole de ce qu'il avait pu être par le passé. Un symbole qu'il espérait retrouver un jour, pour devenir encore plus.

Comment, c'était, la solitude ? Il ne le savait pas vraiment. Parce que pour lui, la solitude était une habitude, autant à l'époque moderne que contemporaine. Les gens n'entouraient que le roi, pas l'être humain. Ce que Maya voulait dans une même chambre, c'était le roi, pas l'être humain. Ou du moins, ne faisait-elle pas encore la distinction entre les multiples contours de la personnalité du jeune homme. Pas encore. Dans un sens, il était satisfait que personne ne le cernait complètement. Lancelot n'avait pas pu le comprendre. Gauvain n'avait pas pu le comprendre. Guenièvre avait peut-être été la seule à se rendre compte de sa lente agonie en tant que symbole de perfection régalienne. Que sous le poids de l'institution royale, se trouvait une prison de cristal où se débattait un jeune homme qui avait fait de son mieux pour affronter les horreurs de son époque et de sa vie. Mais elle n'avait pas pu l'atteindre. Parce que le poids d'une épée sacrée est bien supérieur à celle d'une princesse. Le poids d'un royaume aussi. Alors, Arthur, Atios, le savait : il était logique que lors du coup de foudre qu'elle avait eu pour le bras droit du roi, elle eut cédé, par désespoir à celui-ci. Atios le savait, il n'avait jamais voulu la punir. Il avait même pardonné Lancelot. Mais même le père de la princesse avait insisté pour la faire exécuter... Il avait refusé... Pour autant, qu'était une vie devant la paix d'un royaume ? Au final, quoi qu'il eut choisi à ce moment-là, le sang aurait été versé. Qu'était donc la solitude pour lui, alors ?

Je ne sais pas quoi te répondre.

La solitude était naturelle pour lui. Même dans l'époque moderne, il avait très tôt voulu s'isoler de sa génitrice. Et même aux camarades de classe qui avaient permis à Arthur de se réveiller dans un corps qui n'était pas le sien, Atios avait été seul. Mais pas vraiment sur la fin. En fait, peut-être qu'il ne se sentait plus seul ..

La solitude ne me dérange pas. J'aime bien quand les gens m'entourent et sont heureux de le faire. Mais .. Je n'aime pas l'idée de n'avoir nul-part où m'isoler.

En fait, il aurait toujours un endroit où s'isoler. En lui-même. Entre ses mains. Ses genoux. Dans la même position qu'il avait avec la demoiselle, sur ce banc de métal froid. C'était peut-être maintenant que Maya pouvait constater où se trouvait le véritable roi Arthur. Au fond d'un gouffre. Comparable à un trou noir. Une déchirure entre ce qu'il affichait, ce qu'il était, la réalité et ce qu'il était. Comme une fosse infinie à travers les espaces où il commandait son corps pour être ce que les autres voulaient de lui. Peut-être réalisait-elle alors la difficulté de l'approcher ?

Mais je n'étais pas non plus dans ma chambre la nuit. De temps en temps si, mais l'académie est remplie de gens différents. De chose à voir. Que ce soit la nuit ou la journée, j'aime cet endroit où je n'ai pas à me soucier de responsabilités autres que celle que je veux bien assumer.

Oui, il voulait pouvoir être libre. Encore et encore. Pouvoir contempler le ciel qui s'étendait au loin de la colline où il avait pu retirer Caliburn. Oui, il se souvenait de ce qu'il avait entendu lorsqu'il avait posé les mains sur la garde. Merlin, seul témoin de la scène, messager régalien, lui avait dit que s'il retirait cette épée, il acceptait les responsabilités du royaume de Bretagne. En retirant l'épée de la roche, il jetait sa liberté. Il décidait de perdre la vie. Son humanité allait devoir mourir. Se taire. Ses sentiments, suffoquant, asphyxiés, allaient devoir s'éteindre. Car il n'était pas un tyran. Même s'il avait les pouvoirs absolus, ceux-ci allaient être exercés avec une douceur dépassant celle des rois des années à venir. La mer soufflait fort ce matin-là, léchant la falaise. Alors, il avait contemplé cet horizon indépassable qu'il allait abandonner, jetant au loin sa liberté et acceptant le poids de la royauté et ses souffrances... Oui, à ce moment-là, Atios était mort une première fois, pour laisser émerger le mythe du roi Arthur et d'Excalibur, quand le symbole de son règne allait se briser au combat. Les fées étaient venues lui déposer l'ultime épée sacrée, celle qui serait révérée comme la gloire de tous les combattants, pour honorer le sacrifice qu'il avait accepté de faire en retirant Caliburn. Peut-être avaient-elles su à ce moment-là que l'ombre du malheur planait sur l'utopique Camelot... Excalibur et son fourreau, Avalon, resterait à jamais ses symboles.

Je ne comprends pourquoi tu veux être avec moi. Je ne suis plus Arthur. Des garçons comme moi, il y en a plein, à l'académie, je pense. Je doute être encore digne des armes que je porte, désormais. Je ne suis même plus que le reflet de ce que j'avais été par le passé.

Oui, pourquoi lui ? Son raisonnement était trop mécanique, nihiliste et pragmatique... Mais au fond, il ne pouvait pas choisir. Parce que oui, on avait toujours choisi pour lui. Il n'aimait pas les choix. Et puis, la voie d'un chevalier ne peut se faire dans trop d'opulence ou de joie. Peut-être en fait, cherchait-il un minimum de bonheur pour compenser le malheur des autres ? Peut-être ne se permettait-il d'être heureux que si les autres autours l'étaient ? D'ailleurs, Atios n'avait pas fait le lien avec les sous-entendus de Maya. Trop naïf pour ça. Les lettres, il ne les brûlait pas, mais il avait un carton magique offert par l'académie où il les rangeait jour après jour. C'était peut-être lâche, mais le courageux roi des chevaliers n'avait qu'une faiblesse ... Les relations humaines, qu'il exécrait et qu'il redoutait.

Ne puis-je pas simplement être heureux avec toi ? Dois-tu forcément venir dans ma chambre pour être heureuse ? Je ne comprends pas ce que veulent toutes les filles qui m'envoient ces lettres d'amours. Et encore moins celles qui me suivent partout. Je ne suis qu'un garçon parmi tant d'autres. Et c'est d'autant plus stressant d'être la sensation d'autant attentes. Je ne veux décevoir personne.

Et à force de réfléchir ainsi, il le savait, il ferait souffrir des gens. Et lui souffrirait d'autant plus. Mais c'était le prix à payer pour quelqu'un qui se voulait de ne favoriser personne. Il allait volontairement mettre sa tête sous la lame de la guillotine. Maya devait être surprise. Peut-être le comprendrait-elle un peu mieux, désormais ? Lui qui parlait sur un ton d'enfant presque déçu de ne pouvoir surmonter une insurmontable épreuve.

Même l'académie, veut me virer de ma chambre où je suis le seul à vivre dedans. Ils veulent que je trouve des colocataires. Je ne comprends pas non plus cette volonté de me mettre avec d'autres gens que je ne connais pas. Je veux dire, si j'ai une chambre pour moi tout seul et que j'y suis, tout le monde peut venir me voir, ça ne me dérange pas...
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Re: L'antichambre de l'indécision - Lun 3 Déc 2012 - 22:28
Bam !
Excédée par ses paroles, Maya vient de rabattre ses pieds sur le banc assez violemment. Le banc vibre quelques secondes avant de se stabiliser. Sans s'en rendre vraiment compte, l'apprentie Déesse prend donc la même posture qu'Atios... mais pas bien longtemps puisqu'elle repose rapidement ses pieds au sol, se redresse et lui tourne le dos.


- Bon sang... tu es encore plus morne qu'un croque-mort dépressif qui enterre un enfant...

Elle bout intérieurement, mais reste tout à fait sereine lorsqu'elle prononce ces mots. Ça à commencé lorsqu'il a souhaité s'asseoir sur un banc plutôt que rester face à elle... Là, Maya a commencé à douter. S'il ne voulait pas la regarder dans les yeux, c'est parce qu'il allait dire des choses blessantes, sans intérêt et totalement stupides. Petit à petit, cela s'est confirmé : « Je ne comprends pourquoi tu veux être avec moi. », « Des garçons comme moi, il y en a plein, à l'académie » ou « Je ne suis qu'un garçon parmi tant d'autres » étant les trois phrases qui se sont révélées être les plus condescendantes.
Comment faire pour qu'Atios entende raison ? Comment faire pour le convaincre ? L'apprentie le veut-elle réellement ? Finalement, ce n'est plus qu'un souhait. Oui, parmi la centaine d'étudiant, c'est lui qu'elle souhaiterait avoir avec elle. Peut-être qu'il y en a de plus beaux, de plus forts, de plus intéressants... c'est lui qu'elle a attendu plus d'une heure dehors. Même ça, il n'est pas capable de le tilter ? Mais qu'espère-t-elle de lui alors...


- Tu n'as pas envie de le prendre du bon côté... très bien, je vais essayer de te bouger un peu. Puisque tu insistes, voici le topo.

Maya est intimement convaincue qu'il n'écoute pas. Il est dans son petit monde à lui et dans ce monde, il n'est qu'un type banal. Et encore... même un type banal aurait une meilleur opinion de lui-même. Il doit pourtant y avoir un moyen de lui faire entendre raison, ne serait-ce que pour l'épauler. Quoi de mieux que lui mettre la vérité en face ?
Donc, elle se retourne vers lui.


- Tu es dans ta chambre, tout seul. commence-t-elle. Je suis dans la chambre voisine avec trois collègues. Tous les soirs, après les cours, je les vois. On discute, on partage nos connaissances, on expérimente nos pouvoirs, on noue des relations très intimes... tout ça jusqu'au bout de la nuit. On s'amuse parce qu'on s'apprécie toujours plus de jours en jours et en même temps, on s'apprend. En imaginant que l'un d'entre nous soit dans la difficulté un jour, on sait sur qui on peut compter et pourquoi parce qu'on l'a déjà vu à l’œuvre et qu'on le connaît par cœur.

Elle se rassoit normalement, regardant au loin, et joint ses mains ensemble. Tout cela ne commence que par de la pure fiction... ou dans le meilleur des mondes. Lui noircit trop les choses, elle préfère les embellir. Au final, les deux seront déçu quoi qu'il arrive...

- Pendant ce temps, toi, tu restes seul dans ta chambre à te morfondre. Tu nous entends rire de l'autre côté du mur. Quelques fois, je viens te rendre visite... que ce soit entre les cours ou dans ta chambre pour une soirée. Petit à petit, ce n'est plus la question « pourquoi veux-tu vivre dans la même chambre ? » qui t'habite, mais « pourquoi est-ce que tu viens me voir, moi, parmi tant d'autres garçons ? »... et tu finis par m'ennuyer à un point tel que je raréfie mes visites, jusqu'à les stopper définitivement. Finalement, tu obtiens ce que tu veux : ton endroit pour t'isoler.

Elle croise les jambes au niveau des genoux et passe ses mains derrière sa tête. Ce qu'il y a d'amusant, c'est qu'elle a attendu plus d'une heure sans bouger ou presque et dès qu'Atios s'est approché, tout a changé : la voilà en train de se mouvoir sans arrêt. Maya parle également avec son corps, mais ce n'est pas son langage le plus facile à comprendre. D'autant qu'elle parle également énormément à voix haute et qu'il est difficile pour un homme de faire deux choses à la fois... Non pas que ce soit facile pour une femme non plus.

- Crois-moi, tu peux avoir exactement ce que tu veux : une chambre seul et des gens autour de toi. Les gens que tu auras sauvé et qui te remercieront. Une fille qui rougira pour tes beaux yeux et qui te... fait-elle en tournant la tête de l'autre côté. Bref. Voilà. Et comme tu refuseras ne serait-ce que la voir... elle finira par abandonner. Avec l'éternité... c'est facile d'oublier. Ne t'inquiète pas, une autre fille viendra la remplacer... une autre que tu auras sauvé. Ainsi de suite.

Au moins, s'il est pour le renouvellement, ce sera exactement la chose qu'il convoitera. D'un certains sens, de par son discours, l'apprentie Déesse est peut-être en train de conforter Atios dans son idée. Mais s'il est vraiment de cet avis, autant qu'elle le sache : ça pourrait lui éviter de biens mauvaises surprises. Cependant, après ce petit instant spéculation quant au futur, elle doit sortir le jeu suivant et s'engager sur l'affectif. Maya joue sur tous les plans et son discours se tient puisqu'elle réfléchit à mesure qu'elle parle.
S'il se fiche de rencontrer les gens qui l'apprécient pourtant... c'est qu'il...


- En fait, tu me donnes l'impression de détester les gens. Tu ne veux pas t'attacher... Alors, soit c'est parce que tu te fous des autres, soit parce que tu ne veux pas te dévoiler. Je ne sais pas comment tu en es arrivé là... mais pour refuser même d'aller discuter avec une fille qui te dé... qui désire te parler, faut vraiment avoir vécu un truc horrible. Quand bien même ce serait le cas, cette fille possède peut-être le pouvoir qui te permettrait d'oublier ta vie précédente... ou qui te permettrait d'en commencer une bien plus agréable... et là, ce serait le jackpot ! Mais c'est la même chose que le loto : tant qu'on n'essaye pas, on ne gagne pas.

Et elle lève la tête en fermant les yeux pour que les flocons de neige se déposent sur ses joues. Et elle secoue la tête et s’essuie le visage avec la manche du manteau d'Atios. Et finalement, elle se relève et marche un peu dans la neige qui commence à coller au sol. Elle ne s'éloigne pas trop du banc et ne laisse pas parler son compagnon. Non... pauvre de lui, elle n'a pas encore fini.

- Il y a une chose avec laquelle je suis d'accord, c'est que la personne qui doit partager ta chambre, ce n'est pas forcément moi. Clairement pas. Je n'ai aucun pouvoir sur la mémoire et encore moins quelque chose d'utile pour un guerrier comme toi. déclare-t-elle en masquant du mieux qu'elle peut un soupire. Mais pour ta santé mentale, tu ferais mieux de commencer à penser t'ouvrir plutôt que penser t'isoler. Si vraiment tout le monde te le dit, ce n'est pas pour rien.

Le plus fou dans tout ça, c'est qu'effectivement, il n'écoute pas ce qu'on lui dit. Non, il faut absolument que ça passe dans sa petite cervelle pour qu'il trouve quelque chose à y redire. C'est ça son objectif : avec ce que disent les autres, trouver absolument le cheminement pour que ça ne lui plaise pas. Il ne reste plus qu'à ne pas l'appliquer et voilà... il reste absolument tel qu'il est. L'académie se monte contre lui pour lui expliquer qu'il n'est pas bien tout seul mais non... seul contre tous, c'est Atios qui a finalement raison. Qui peut-il bien être pour ne suivre les conseils de personne, aussi nombreux soient-ils ? Un pape ? Un président ? Un roi ? Un Dieu ? Balivernes...
… il n'est qu'Atios parmi les Dieux, mais il ne veut pas le reconnaître.
Et pourtant, c'est exactement ce qu'il déclare : être aussi banal que les autres.
Banal, mais pas trop ?

Maya se remet face à lui, croise les bras et baisse la tête. Elle aurait préféré ne pas avoir à dire ce qu'elle va lui dire... mais c'est comme ça. Si tout le monde le lui dit, peut-être qu'il ouvrira les yeux. Ou peut-être que non. S'il ne reconnaît aucun de ses torts, alors... il est bon pour vivre seul, elle le laissera dans sa solitude qu'il apprécie tant. Maya ne sera pas du genre à lui courir après bien longtemps si lui ne fait rien pour elle. Que ce soit Maya ou cette autre fille... elles ont beaucoup de points communs...


- Franchement désolée, mais tel que tu m'apparais, je te trouve vraiment très con... et je trouve ça franchement dommage...

Elle soupire... Violent, mais très clair.
Une fois terminé, elle se retourne, puis se laisse tomber sur le banc aux côtés de monsieur. Son cœur bat fort et vite... mais il faut avouer que ça fait du bien. Prions pour qu'Atios n'en remette pas une couche, ce qui est pourtant fort probable. Il ne va pas changer comme ça... autrement, Maya aurait peut-être du mal de continuer à l'apprécier. C'est peut-être parce qu'il est inatteignable qu'il attire autant les foules...
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Re: L'antichambre de l'indécision - Mar 4 Déc 2012 - 17:58
Ne crois pas ... Qu'être entouré par les autres ... Signifie que tu n'es pas seul. Au contraire, la pire des solitudes réside une fois que tu as conscience d'être entouré de gens qui ne comprennent pas ou qui ne voient pas que tu es là.

Est-ce que tu détestes les gens, Atios ? Il soupira. Je ne pense pas. Mais pour lui ... être proche des autres ... Ce n'était pas logique. Il était le roi solitaire. Ses plus fidèles hommes n'avaient jamais pu voir au-delà de sa carapace et ses responsabilités. Il était pris entre l'envie de rougir, l'envie de s'énerver, l'envie de ne rien dire et de ne rien faire, de se taire et de hurler sur Maya, excédé. Il avait sourit, amusé, à la métaphore du croquemort. Parce que oui, si quelqu'un avait enterré son fils, ici, c'était lui ... D'un coup de Lance, en pleine poitrine. Et quant au fait qu'il était con .. Cela l'avait soufflé de rire. Parce que personne n'avait été aussi franc avec lui, muni de tels mots, tout en criant en fond "accepte-moi!". Oh, il était clair qu'il était un idiot. Une fille se battait pour lui, corps et âme, alors que lui restait silencieux, stoïque, muet, à l'entendre hurler après lui ... Exactement comme quand Guenièvre, en silence, lui avait hurlé de la rendre heureuse avant de se tourner vers Lancelot du Lac. Mais pour autant, pouvait-il vraiment l'ignorer ? Son inflexibilité avait causé une tragédie par le passé, mais il ne désirait pas pour autant dire oui. Faire confiance à quelqu'un sur ses véritables désirs et sentiments n'était pas normal pour lui. Il avait un code, il ne savait qu'agir au travers de celui-ci. Peut-être que cette action mécanisme faisait de lui le plus beau des idiots, mais peut-être était-ce aussi pourquoi Maya semblait autant s'acharner pour obtenir son attention et le droit de siéger auprès de lui.

Que penses-tu d'elle ? Demanda une petite voix, en lui. Elle est gentille. Jolie. Mais pour autant ... Elle risque de souffrir, si je la laisse devenir proche de moi. Le seul moyen d'être parfait pour les autres n'est pas d'être un humain, mais un symbole... Un humain ne sera jamais parfait et je ne le suis pas... Mais en tant que symbole, je peux devenir parfait .. Arthur, dos à Atios, se mit à rire. Nous savons tout les deux qu'elle ne veut pas d'un symbole, mais de toi. Oui, il avait raison. Elle avait même était jusqu'à le dire. Mais lui, que désirait-il ? Je voudrais pouvoir voir le bonheur de tous mes semblables. Oui, l'utopie d'Atios l'éloignait des autres. Parce qu'en qu'être humain, il ne pouvait pas satisfaire tout le monde. Et tous ceux qui tenteraient l'aider à la porter et à faire vivre son rêve, risquaient de chuter avec. Il ne voulait pas que cela recommence. Il préférait souffrir en silence tandis que les autres souriraient aux alentours. Peut-être était-il masochiste, dans le fond ? Cette idée l'amusa intérieurement. Ne serait-il pas plus simple de te permettre d'être égoïste ? Atios soupira. Non, je ne veux pas devenir un tyran. Et dévier de mon code d'honneur serait une porte ouverte pour celui-ci. Aha. Si Maya l'entendrait, elle lui demanderait pourquoi tient-il autant à sa perfection. N'importe qui a sa place aurait déjà cédé à toutes les tentations que son prestige lui accordait. Pourtant, il était clair qu'Atios se fichait de consommer tous les avantages de sa notoriété. Oui, les gens, il l'espérait, finirait par l'oublier et se tourner ailleurs.

Mais ce ne serait sûrement pas le cas. Parce que le silence n'est pas un non. Ni un oui. Quelque part, Maya était réellement privilégiée. Parce qu'elle pouvait tenter de le persuader. Donc d'avoir une chance. Et puis... Il semblait qu'il allait la perdre, s'il continuait ainsi. Ah. Il ne savait pas quoi faire. Elle non plus, ne faisait pas dans la demi-mesure. Que préférait-il ? La solitude? Ou la présence de Maya ? Lui qui n'avait jamais pu trouver quiconque pour accepter de le soutenir, elle voulait vraiment pouvoir le faire et lui se refuser cette possibilité. Aha, elle a raison, je suis vraiment le roi des cons en plus d'être celui des chevaliers.. Que devait-il faire ? Vraiment ? Il, que ce soit le roi Arthur, ou son nouveau surnom, Atios, n'était clairement pas habitué aux véritables relations humaines. Il soupira alors et laissa sa tête se poser sur l'épaule de Maya. Elle ne s'en rendait sûrement pas compte, mais pour lui, juste faire ceci nécessitait plus de courage que de se battre. Oui, pour lui, manier l'épée était devenu aussi naturelle que de respirer. Mais les autres ... Agir avec les autres était devenus un mécanisme peu naturel pour lui.

Que veux-tu que je te dise ? Je ne sais pas vraiment quoi te répondre. Je ne sais même pas si mes réponses ont un intérêt, en définitive.

Et soudainement, Maya glissa sous la pression d'Atios qui se mit au-dessus de Maya. Son regard était vide mais tout de même incertain. Ses yeux se reflétant dans ceux de Maya étaient au contraire, tout sauf vide. Dans ses yeux se reflétait une réflexion qui se déroulait à travers millénaire de mémoire, de combat, de trahison, de hurlement, de cri, de folie, de désespoir, de détermination, dans une valse folle et tourbillonnante qui cherchait à savoir ce qu'elle devait faire de la place de Maya dans son existence. Ses émotions, scellées au loin, étaient revenues partiellement, depuis son arrivée ici, mais il ne les exprimait que très succinctement... Mais il soupira, alors, alors que son regard se ferma.

Alalah. Je ne comprends pas. Tu ne me comprends pas. Tu ne me connais pas non plus. Je ne te comprends pas. Vraiment pas. Vraiment pas. Tu ... Tu me désires ? Il rougit alors, gêné. Ne désires-tu pas plutôt ce que toutes les filles et par extension, ce que les autres veulent voir en moi ?

Un nouveau soupir, il se frotte les yeux, comme si Maya avait réussi à détruire son courage d'affronter sa journée, à force d'argumenter sur pourquoi, il devait être avec les autres ; par extension, pourquoi elle voulait être avec lui.

Si tu veux venir dans ma chambre, alors tu as mon consentement. Parce que je t'aime. Je t'aime vraiment bien. Et tu mets tant de hargne à vouloir que je sois moins seul que je ne peux pas décemment te tourner le dos... Je me sens mal à te voir faire autant d'effort pour quelqu'un qui ne vaut plus ça.

Nouveau soupir. De là où elle est, Maya peut désormais discerner avec précision les cernes assez marqués du jeune homme. Oui, il était seul dans sa chambre ... Lorsqu'il consentait à y rester. Enfin, peut-être que désormais, il aurait plus de raisons à y rester. Ou pas. La vie allait se compliquer. Le père de Maya risquait de le voir d'un œil plus qu'incertain, la présence de Maya dans la chambre d'Atios. Oh oui ... Tout cela, ça sentait le fumet. Le fumet des ennuis. Adieu, la liberté de rentrer à n'importe quel heure, de se mettre à l'aise dans sa chambre. Ou peut-être pas ? Alalah. Tout ceci allait vraiment lui compliquer la vie. Peu importe comment Maya ou lui pouvaient être pur, ils étaient deux adultes, dans la même chambre, à dormir dedans. Ah... Sa partie moderne avait juste envie de soupirer en disant .. "Putain..." d'un air dépité. Pourquoi les gens ne savaient-ils pas apprécier. Il se laissa glisser sur Maya. Elle voulait être avec lui ? Eh bah, là, elle serait servie. Atios était plus proche d'elle que n'importe qui dans l'école pour le moment.

Aha... J'espère que tu es comblée... Dorénavant, je ne sais même plus ce que l'avenir me dira. Et ton père va sûrement me tomber dessus tôt ou tard. Et toute l'académie va me casser les pieds à ton propos... M'enfin. Je suis sûr que je le regretterais pas, n'est-ce pas ? Atios rit alors. Il posa ses lèvres enjôleuses au creux de l'oreille de Maya. Après tout, je t'a-do-re~~ ; Ouioui. Il avait craqué. Son comportement était désormais joueur. Elle l'avait cherché, elle allait le trouver. Et tant pis si elle serait déçue. Heureusement, le parc était particulièrement vide, car Atios le savait, ce qu’il faisait était l'antithèse de ce qu'il devait faire pour avoir un minimum d'ennui. Mais il le savait, peu importe sa situation, personne ne reculerait sur leurs positions. Ce qui était réellement amusant, c'était que les égoïstes étaient attirés par la distance que cette absence d'égoïsme pouvait causer chez lui. Atios et son image étaient parfaits d'apparence, mais en définitive, il n'avait pas confiance en lui et dans les autres. Accepterait-elle l'humanité du jeune homme ? Ses doutes ? Ses hésitations ? Ses erreurs et ses propres aspirations ? Oh, il n'en savait rien. Mais Maya avait obtenue ce qu'elle semblait vouloir : une place spéciale, désormais. Et ses actes pourraient désormais avoir une grande influence sur le jeune homme, il le savait. Une déception pourrait changer beaucoup de choses.
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Re: L'antichambre de l'indécision - Mer 5 Déc 2012 - 16:25
… Eh bien voilà, c'est fait. Est-ce que c'était si difficile, franchement ? En tout cas, le saligaud en profite pour prendre l'ascendant sur Maya. Peut-être faudra-t-il lui offrir un jour le dictionnaire du langage corporel puisqu'ici... Atios signale clairement à sa camarade qu'il sera au-dessus et elle en-dessous. Le symbole qui, dans certains couples, signifie la hiérarchie.
Dans un coin de son cerveau, Maya jubile. Extérieurement par contre, elle n'est pas très à l'aise... d'autant que le monsieur étant plus grand qu'elle, il est forcément plus lourd. Il la bloque assez pour qu'elle ne puisse pas s'extirper. Ça n'a rien de déplaisant d'être prisonnière en-dessous et de ne pouvoir que regarder l'autre dans les yeux. Après, c'est parce que c'est « lui »... elle a un minimum confiance. Un inconnu ou mauvais plaisantin aurait déjà reçu un coup là où ça fait mal. Maintenant, être au-dessus... assise, une jambe de chaque côté, penchée sur lui et les mains qui bloquent ses poignets... c'est d'autant plus intéressant !
Minute...
Quand elle se voit faire ou s'imagine des choses pareilles, ce n'est pas Atios qu'elle voit. Elle ne voit d'ailleurs pas son visage parce qu'elle ne l'a pas rencontré... pas même imaginé. Dans ses rêves, cela se déroule toujours dans la nuit ou dans la pénombre, de telle sorte que la chose s'en retrouve sublimée, tout en gardant son charme très mystérieux... Mais Atios... qu'essaye-t-il de faire ? S'immiscer dans les rêves de Maya et remplacer l'inconnu ? Ne serait-il pas plutôt expert du langage corporel plutôt qu'innocent ? Il faut preuve d'un culot monstre...

Il ne fera pas ce qu'il veut aussi facilement. L'apprentie Déesse ferme les yeux et tourne la tête pour tenter de se dégager gentiment... comprendre qu'elle n'est pas non plus en panique. C'est plutôt comme si elle rentrait dans son jeu et faisait mine de tenter de s'échapper. Voyant que c'est vint, elle se reporte sur ce qu'elle sait faire le mieux : parler.


- Tu auras mon père sur le dos, ça... c'est bien possible ! Et les garçons de l'académie qui viendront te chambrer, c'est le cas de le dire. Mais ne t'inquiète pas, en retour, j'endurerais la jalousie de toutes tes groupies ! Et tu crois peut-être que c'est censé m'arrêter ? Même pas en rêve. Je trouverais bien un moyen de continuer à tous vous côtoyer aussi amicalement que maintenant. Et finalement...

En plus, un banc, c'est assez dur... et la position de Maya n'est pas tout à fait agréable. Elle serait parfaitement allongée à l'horizontale, ça irait encore... là, elle est à moitié pliée et ses pieds touchent toujours le sol. Elle aura forcément des fourmillements en se relevant.
Bref. La jeune femme vient de laisser sa phrase en suspens. Tant qu'ils seront deux dans la chambre, ils formeront un couple... d'amis, bien sûr. Cela donnera matière à des moqueries et des suspicions, mais pas à des chamailleries. Tout cela restera dans le domaine de l'humour et donc de l'acceptable. Si ces gens sont devenus des Dieux... que ce ne soit pas pour rien. Si vraiment cela devient insupportable, les deux amis trouveront de nouveaux partenaires pour compléter la chambre et stopper les soupçons.


- … il y aura bientôt deux nouveaux étudiants avec nous et ça leur passera à tous. Si tu veux, je ferais une sélection sur « qui doit venir dans notre chambre ou non »... à moins que tu te sentes pousser des ailes et que tu comptes t'en occuper toi-même ?

Ce qu'il n'a pas remarqué, c'est que les bras et les mains de l'apprentie Déesse sont toujours libres, eux. D'ailleurs, à force de se mouvoir, Maya a dégagé ses bras du manteau. D'un geste assez rapide et surprenant, elle récupère le manteau et le jette sur la tête de son futur camarade de chambre. Elle finit par poser ses bras autour de son cou pour l'empêcher de retirer le vêtement qui sépare maintenant leur regard... et qui doit l'étouffer un peu, mais pas trop.
Ce n'est pas assez pour que Maya prononce sa prochaine phrase. Elle préfère tourner la tête sur le côté et détourner les yeux.


- Et ne me parle pas d'amour ou de désire... Tu n'as pas le droit, c'est totalement interdit ! Tu ne te rends pas compte. N'utilise pas ces mots quand tu peux en choisir d'autres... ceux-là veulent dire bien plus que tu ne l'imagines !

Son petit côté asiatique. Mêlé à son petit côté romantique. Elle préfère aborder ce genre de sujets avec d'autres filles plutôt qu'avec un garçon. Certains diront qu'elle n'est pas du tout de son temps, qu'elle a vu trop de films ou lu trop de mangas... mais elle s'en moque. Durant toute sa vie, elle aurait adoré vivre une idylle ou un amour unilatéral. D'une certaine manière, ça s'est même déjà produit... mais pas assez longtemps pour qu'elle garde la personne en mémoire une année plus tard. Mais là n'est pas le sujet...
Maya continue de taquiner Atios en le gardant tête sous son manteau. Et à son tour, elle a envie de laisser échapper son côté très joueuse et ironique. S'il croit qu'elle va le laisser tranquille maintenant qu'il a accepté, il se trompe lourdement. Mieux vaut qu'il n'ait pas imaginé dire oui pour qu'elle cesse de lui casser les pieds... sinon, il risque d'être déçu !


- Bon, alors qu'est-ce qu'on fait ? Il faut que je te fasse signer quelque chose avant que tu ne regrettes ce que tu viens de dire ? Flûte, j'aurais dû enregistrer notre conversation. Je suis certaine qu'en fait, tu t'es déjà installé dans ta chambre et que c'est devenu un bordel monstre, a tel point que tu hésitais à me le montrer. Et j'imagine que tu as aussi choisi le lit le plus confortable... que tu les as tous essayé ? Bravo ! Je ne vais pas me gêner pour faire la même chose !

Cependant, elle ne sait pas vraiment comment il pourrait réagir à cette situation. Peut-être que c'est exactement ça qui va le faire regretter d'avoir dit « oui »... et ce n'est pas la peine de l'embarquer sur une mauvaise première impression. Parce qu'effectivement, leur relation vient de changer : elle passe d'amitié à cohabitation. C'est un peu comme s'ils se rencontraient une nouvelle première fois...

- Je plaisante... en fait, je te laisserais relativement tranquille, pas de soucis. Si tu veux te retrouver seul des fois, je serais compréhensive. Ça arrive des coups de fatigue ou d'être sur les nerfs... ou d'être en meilleure compagnie. Alors là non, effectivement, je ne veux rien voir, ni rien savoir !

Maya lui lève doucement la tête... et réussi enfin à s'extirper. Libre !
Elle se dégage, se lève, fait un pas... et tombe à cause de fourmillements dans les jambes. Plus précisément, elle tombe sur les fesses dans la neige. Ah ce que c'est froid... Froid pour ses mains totalement nues, froid pour les jambes malgré les collants, froid pour le reste. Elle ne porte plus le manteau d'Atios, ce qui renforce le choc thermique. Autour d'eux, il neige dru. Toutes les conditions sont remplies pour... une bonne bataille de boule de neige mémorable ? Bizarre que personne ne soit encore dehors pour lancer les festivités. Sont-ils vraiment tous sérieux ? Maya a-t-elle gardé son caractère enfantin alors que les autres ont évolué ? Pour le moment, ce n'est pas important...
De ses deux mains, elle attrape une bonne quantité de neige qu'elle rassemble ensuite en une seule boule. Elle tasse la neige pour la coller, tout en attendant qu'Atios se libère de son manteau pour lui lancer le projectile en pleine figure.
… ce n'est vraiment pas important !
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Re: L'antichambre de l'indécision - Mar 11 Déc 2012 - 11:52
Au-dessus ? En dessous ? Aha. Atios n'était pas ainsi. Du moins, il ne prenait l'ascendant sur les autres que dans un seul but : les tirer vers lui, plus haut, encore et toujours plus haut, jusqu'à ce que tout le monde puisse être le plus grand possible. Atios dominait pour mieux chérir et magnifier. Son attitude naturelle exprimait ainsi son affection les autres. Les hiérarchies étaient rigides, pourtant, la place de l'autorité des autres étaient souple, surtout face à Atios. Ce dernier était un peu heureux, comme pris dans une spirale enivrante, car il sentait que Maya, elle aussi, exultait. Malheureusement, ce sixième sens n'était pas assez précis pour comprendre à quel point la fille du directeur le considérait comme expert. Mais elle l'avait sûrement déjà compris. Ils étaient dans une école pour divinité. Et dans un cadre aussi peu rempli de logique, lui défiait encore toute logique. Humaine, magique, comportementale. Et le moins qu'on puisse dire, c'était qu'il ne laissait personne indifférent. Atios, dans sa propre solitude, avait pour comportement normal, ce langage du corps expert que la demoiselle lui attribuait ... C'était quelque chose de naturel chez lui. Mais ces spécificités qui le rendaient si atypique et différent étaient autant une force qu'un défaut ; un facteur d'exclusion. Et les gens si spéciaux, comme lui, que les gens ne pouvaient s'empêcher de remarquer, peu importe à quel point se faisait-il discret, finissaient seuls avec eux-même, incapable de trouver quiconque capable d'apprivoiser leur anormalité. Qu'on craigne cette lumière si chatoyante et douce qui attirait les gens comme des papillons de nuit avec le feu, ou qu'on l' apprécie pour ces traits, il n'en restait pas moins que sous cette spécificité, il restait un être humain à l'intérieur de ces lueurs douces et oniriques. Le jeune homme, ainsi, dominant la jeune fille, pouvait peut-être, pour la première fois, apparaître comme un véritable trou noir. Capable d'aspirer et attirer les autres ainsi... De les inspirer...

De cette position exercée sans force, Maya se mit à manœuvrer avec douceur à travers celle-ci, presque comme dans une valse où Atios, "innocent", d'un rire cristallin, renvoya avec maestria la balle à Maya :

Le père sur le dos contre la fille sous le ventre, je pense qu'effectivement, beaucoup de garçons dans l'académie vont m'en vouloir. Atios s'arrêta, soupirant faiblement, un sourire léger sur les lèvres. Ses commissures de lèvres étaient .. Amusées. Pourquoi tu voudrais t'arrêter, de toute façon, maintenant que tu as eu ce que tu voulais ? Et a fortiori, pourquoi je voudrais que tu t'arrêtes ? Le sourire taquin d'Atios se précisa encore un peu plus alors qu'il rajouta : Je sais arrêter les gens quand je le veux, tu dois l'avoir remarqué.

Oui. Maya était là car il avait consenti à ce qu'elle soitlà. Peu importe comment il avançait, les gens étaient là où il leur permettait d'être autour de lui. Bien sûr, il ne pouvait pas tout contrôler, mais la précision de cette assertion était telle que peu de gens oseraient la démentir. Combien de vrais amis avait-il ici ? Zéro. Combien de filles avaient pu entendre une réponse quant à ses véritables sentiments ? Zéro. Combien de profs avaient pu savoir la véritable nature et étendue de ses pouvoirs ? Zéros. Combien de personnes ici pouvaient se vanter de connaître toute son histoire ? Zéro. Il avait plus de liens avec les autres que ceux-ci n'en auront jamais avec lui. Bien sûr, peu de gens s'en rendraient compte. De l'opacité dont il faisait preuve, tout en étant si ... Présent ? Quant aux faits que des filles seraient jalouses ou qu'on leur balancerait des rumeurs au visage, Atios s'en fichait clairement. Passer outre serait suffisant pour qu'elle s'éteigne. Moins ils feraient de vagues, moins l'académie serait secouée par le remous et les reflux.

Allons-bon, deux est un bon chiffre. Et puis, nous n'y sommes pas encore. Laissons le futur là où il est, veux-tu ? Atios rit doucement, comme s'il était fatigué, alors que son manteau lui tombe sur le dos et le visage. Celui-ci se mit instantanément à repartir correctement sur son dos, l'empêchant étouffer. Il rajouta alors, sans ouvrir les yeux : les mots ne sont que des masques. Prononcés par la mauvaise personne, ils peuvent avoir des sens différents, voire perdre de leur influence et être creux.

Quelque part, le roi Arthur vendait son secret, celui qui lui donnait cette intensité et sa prestance. Ses mots, raisonnaient avec impact, peu importe quels qu'ils soient. Mais c'était naturel, pour quelqu'un qui donnait de son meilleur pour toujours améliorer le sens de ses mots. Il rouvrit, ses yeux marron brillant d'une légère lueur dorée

Tu n'imagines pas ce que je peux faire des mots dont tu crois tout connaître, Maya.

Était-ce une bravade ? Ou plutôt est-ce une promesse ? Mais cela raisonnait comme l'eut fait une goutte d'eau dans une cavité particulièrement vaste ; avec un écho fort et vaste de sens. Il la laissa remettre le manteau sur son visage, après qu'il eut le temps de porter sa parade, écoutant la jeune demoiselle. Est-ce un léger regret que son cœur perçoit ? L'amour utopique, unilatéral, n'existait pas aux yeux d'Atios. Les couples les plus forts sont ceux qui, parce qu'ils aiment sincèrement les composantes de celui-ci, sont prêts à surmonter les épreuves que le destin provoque. Ainsi, dès lors que l'amour est partagé, il est plus question de savoir le protéger et de lui faire surmonter les aléas que de s'appuyer dessus.

La vie était un combat en soi, alors pourquoi l'amour ne serait-il pas une guerre de tous les jours ? Lui qui était en croisade contre l'univers en chaque instant, était bien placé pour savoir à quel point cela était possible. En ce moment, leur proximité n'était-elle point un conflit doux et amer, voire sucré, qui cherchait sa résolution par la conciliation, la confrontation, l'absolution ou l'abandon d'un des deux parties ? Atios soupira, quand, enfin, elle se libéra et tomba dans la neige. Quelque temps après, elle s'était reculée et s'apprêtait déjà à l'agresser à coup de boule de neige. Laissant son manteau sur le banc, il se releva ; le premier projectile, vola avec force jusqu'à... Un écran de lumière ? Il n'était apparu que quelques secondes, mais la neige était tombée au sol presque instantanément. Finalement, Atios sourit en se concentrant quelque peu. Allons bon, cela faisait partie de son entraînement. De la neige se compacta en projectiles épars, aux alentours du jeune homme, qui s'approcha de Maya, le sourire d'autant plus joueur. Les sphères de neiges étaient entourées d'une légère lueur dorée, témoignage du fait que c'était bien l’œuvre du nouveau colocataire de celle qui avait débuté les hostilités. Celles-ci se mirent à partir les unes après les autres, mais ce n'était que du bluff et les sphères manquèrent toutes leurs cibles, sauf une, qui vint s'écraser contre un des collants de la jeune demoiselle. Un pas chassé plus-tard, une brève accélération digne d'une itération du vent, il s'était retrouvée dans le dos de la demoiselle, la neige sur son passage s'étant écartée pour laisser place à sa vitesse perçante. Dans un combat, Atios aurait sûrement fauché sa cible. Ici pourtant, ce n'était pas un combat tel que présentait ci-dessus. Le jeune homme, désarmé d'apparence, se posa dans le dos de la jeune fille, qu'il attrapa de ses fins et longs bras. Ceux-ci enlaçant la fille du directeur avec une gentillesse et une tendresse inédite.

Le souffle d'Atios devait se perdre dans le cou de la demoiselle, à nouveau prisonnière de l'autorité du jeune homme. Mais cette prison était-elle froide et cruelle ? Au contraire, le jeune homme était là en train d'abaisser une de ses si nombreuses murailles. Il ne savait pas trop ce qu'il cherchait en prenant cette position. Voulait-il littéralement la faire tomber dans ces bras ? Son ego, quelque part, le désirait. Parce que si on considérait ceci comme une chasse, Maya était une des proies les plus compliquées à traquer de l'académie. Mais sûrement aussi l'une des plus intéressantes à apprendre à connaître. Une partie de lui l'aimait vraiment beaucoup et c'était peut-être pour cela qu'il était désormais plus entreprenant la concernant. La tenant prisonnière de son étreinte, il laissa son visage se déposer contre une des épaules de celle-ci. Un phénomène rare allait se produire pour Maya.

Je t'ai permis de rester près de moi... Alors tu as intérêt à ne pas me le faire regretter. Il soupira alors, mais ce soupir, pour une fois, était lourd de reproche, envers lui-même ; faire une concession à quelqu'un, cela ne lui ressemblait tellement pas. Je te promets d'être toujours là pour toi et de te protéger. Il relâcha son étreinte et posa son dos contre celui de la jeune fille, pour se laisser lentement aller contre celui-ci. Et puis-ce que nous en sommes si loin dans les concessions et que ma confiance en toi n'est plus à prouvé, je pense pouvoir aussi t'avouer que tu me plaîs beaucoup en tant qu'existence douée de raison, de sentiments et d'une personnalité. Mais ne vois là pas ce que ton père sous-entendait, je répugne de ces choses-là. J'imagine que la plus simple façon de te le dire, n'est autre que je t'aime.

Sa main vint attraper celle de la jeune fille, dans son dos. Il la retourna vers lui, de sorte à ce qu'ils puissent se voir, de sorte à ce que leurs regards si différents puissent tenter de se comprendre et de se confondre l'un l'autre. Son front méché de brun sombre se posa contre le front de la demoiselle :

En tant qu'être, tel que je suis, tu dois savoir que pour moi le mot amour est vaste et qu'il n'est pas le concept aussi simpliste que ceux que les êtres humains ont. J'aime beaucoup de choses. Cette académie. Ton père. Shaad Princeton. Notre nouvelle vie. Cette renommée stupide et ces groupies un peu idiote aussi qui me pourchasse. Tout ceci fait parti de cet univers que j'aime. Et parmi les choses que j'aime, qui font parti d'un ensemble référentiel très vaste, tu as une grande position dans celui-ci. Atios rougit un peu. Peu importe comment elle prendrait, il doutait qu'elle puisse réellement prendre mal ces révélations. Pour une des rares fois, le brouillard se levait. Quelqu'un pouvait voir les véritables pensées du jeune homme. Il releva son visage et embrassa le front de la jeune fille, avant de la serrer dans ses bras. Je n'ai jamais eu crainte de vivre dans cette même chambre que toi. C'est juste que les gens qui sont proches de moi ont toujours eu une fin tragique .. Par ma faute.

Les chevaliers de la table ronde. La reine de Camelot. Le peuple de Bretagne et des royaumes vassaux. En tant que roi qui voulait tous les sauver, tant de souffrances avaient résulté de ses choix alors qu'il avait cherché d'être parfait. Il avait alors compris. Les gens normaux finissaient écrasés par sa propre existence. Les propres règles qu'ils s'imposaient et sa vision des choses n'étaient pas supportable par tous. Même par lui. Et tôt ou tard, ce cheminement vers la perfection, nécessitait des erreurs très graves pour être complet. Soleil, ou encore trou noir. Lumière dorée ou sombre et dévorante. Peu importe ce qu'il était, son véritable souhait lui faisait craindre la proximité des autres.

Car tôt ou tard, être proche des autres sous-entends de faire souffrir l'une des ces personnes.
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Re: L'antichambre de l'indécision - Jeu 13 Déc 2012 - 14:25
La jeune femme déglutit difficilement. Oh oui, même si les paroles d'Atios sont d'avantage réfléchies que précédemment, il reste beaucoup d'éléments dérangeants et agaçants dans ses discours... assez, en tout cas, pour que Maya ne cède pas corps et âme à son charme foudroyant.

La première problématique, c'est qu'elle n'arrive pas à se visualiser vis-à-vis de lui. Maya ne parvient pas à comprendre quelle relation Atios voudraient qu'ils entretiennent. Parfois, elle a l'impression qu'il lui parle comme si elle était une inconnue avec qui il devrait à présent vivre contre son gré... D'autres fois, il semble lui adresser la parole comme s'il s'adressait à sa femme, qu'il souhaitait la rassurer en montrant sa douceur et son amour... Enfin, le reste du temps, c'est à son amie intime qu'il transmet ses sincères peurs et ses nombreux doutes. À suivre et à écouter, c'est assez déstabilisant. « Je t'aime, toi qui n'a pas intérêt à me faire regretter de rester près de toi, et je te promet d'être toujours là pour te protéger. » ? C'est bien beau, mais qu'est-ce que cela signifie concrètement ?

Après avoir riposté à son attaque boule de neige, après l'avoir enlacée par derrière et lui avoir tenu les mains très délicatement, Atios l'embrasse sur le front, tel un père qui embrasserait son enfant.
La seconde problématique, c'est que cet homme va vouloir la protéger sans doute plus que de raison. S'il a déjà perdu de nombreux êtres chers dans sa première vie, il en fera trop sans jamais s'en apercevoir. Suivre, espionner, douter de tous les gens qui l'entourent, puis repousser les autres, s'enfermer ensemble puis l'enfermer elle. Quoi de plus simple pour protéger quelqu'un que le faire disparaître ? Quoi de plus difficile que d'empêcher une extravertie de rencontrer des tonnes gens tous différents ? Immanquablement, Maya va rendre la vie d'Atios beaucoup plus complexe s'il persiste dans son idée. D'autant qu'elle répugne à être protégée de quelque façon que ce soit... plus encore depuis qu'elle est devenue apprentie Déesse et qu'elle a décidé de tout faire pour que son père soit fière d'elle... et pas honteux.

Quand il la relâche enfin, la jeune femme continue de regarder droit devant elle, voir légèrement vers le bas. Ce ne sont pas ses yeux qu'elle croise, elle préfère les éviter pour ne pas tomber sur leur emprise désormais plus forte que jamais.


- Je n'ai pas eu une fin de vie humaine spécialement joyeuse alors que tu n'étais pas encore à mes côtés... Du coup, si j'ai de nouveau une fin « tragique » comme tu dis, il n'y a pas plus de raison que ce soit de ton fait. Ce sera synonyme de malchance, comme la première fois... ! fait-elle, plutôt gaiement malgré le sujet.

Le coup de la maladie génétique incurable, c'est assez symptomatique d'un manque cruel de chance. On en mourait dans le passé, on en meurt dans le présent, on en mourra dans le futur... quoique, on n'en vivra même plus selon « La sélection embryonnaire » de Maya Tensho, une petite nouvelle qu'elle avait écrite pendant sa vie terrestre. Cette histoire visait à expliquer que si Maya était arrivée quelques décennies plus tard dans le ventre de sa mère, elle n'aurait même pas été au bout du processus de développement jusqu'à la naissance. Sa génitrice aurait décidé « d'annuler la naissance ». À la trappe et au suivant, jusqu'à ce que la perfection génétique apparaisse enfin. Pourtant, en 17 ans, Maya a eu le temps de combler pas mal de monde de bonheur, ce que n'aurait pas forcément fait quelqu'un en bonne santé. Et aujourd'hui, elle se retrouve là, dans l'académie des Dieux, totalement guérie et à 100 % de ses capacités motrices. Modification génétique de son corps divin ? Une chance de vivre enfin pleinement.
Et ce serait pour se faire protéger... ?

Elle tourne la tête et les yeux vers la droite, entrouvre la bouche, puis pose les doigts de sa main droite sur ses lèvres. Son bras gauche, lui, est plaqué contre son ventre. Elle effleure plusieurs fois de suite sa lèvre inférieure, hésitante. Impossible de juste répondre « non », Atios est trop têtu pour changer d'avis. En manque d'inspiration pour cette fois, elle baissera les bras.


- Je ne sais pas vraiment jusqu'où tu souhaiterais aller pour me protéger, mais je refuse que tu me suives sans arrêt... je veux qu'on vive sereinement tous les deux. D'ailleurs, tu ne me dois rien, c'est moi qui te dois quelque chose. Au maximum, je peux autoriser une chose : que tu saches où je me trouve. Si tu le souhaites, je peux porter un traceur ou je ne sais quoi qui permettrait de me localiser à n'importe quel moment depuis ton portable. Dans mes chaussures, un bouton de chemise, une barrette à cheveux... je le porterais où tu veux.

Au départ, ce ne devait être qu'une chambre... Pourquoi est-ce qu'Atios a transformé ça en profonde relation protectrice ? N'est-il pas simplement possible de faire une chose : vivre dans la même chambre ? L'histoire du prince qui vit avec la princesse et qui la protège des méchants... l'histoire de la jeune femme qui tombe amoureuse de son garde du corps... ça ressemblerait plutôt à des histoires moyenâgeuses. En 2012 dans le pays des Dieux, encore une fois, ça n'existe plus, même pour une passionnée d'histoires romantiques.
Ils ne devraient être que des cohabitants, chacun s'occupant de sa propre vie et n’interagissant pas tout le temps avec l'autre. De toute façon, il arrivera que l'un des deux ne revienne pas un soir pour une raison x ou y... et c'est uniquement à ce moment-là qu'il faudra s'inquiéter. Il arrivera également qu'ils se parlent et échangent sur leurs problèmes : de ce fait, ils pourront s'entraider. Maintenant, est-il nécessaire qu'ils veillent l'un sur l'autre 24 heures sur 24 et qu'ils ne se quittent plus juste parce qu'ils sont proches ? Maya a besoin de rencontrer et discuter avec des gens... énormément de gens différents. Elle ne pourrait supporter une vie avec la même personne toujours dans les pattes, quelle qu'elle soit et quelle qu'en soit la raison. La solution de Maya : rassurer. Donner tous les outils qui permettraient aux autres de ne pas stresser sans arrêt.

Personne n'a parlé de protection 24h/24. Ce n'est que l'esprit de Maya qui déduit le pire qui pourrait lui arriver. Au fond, elle surestime sans doute la relation qu'Atios veut nouer avec elle. Par contre, ce qu'elle ne surestime pas, c'est...


- Je crois que papa... Isanagi serait très intéressé aussi de savoir où je me trouve. On dit que je suis difficile à suivre parce que je bouge sans arrêt... donc si je peux vous donner matière à moins vous inquiéter, je vous fais ce cadeau. Ça ne me dérange pas le moins du monde, je vivais au début du XXIème siècle. J'ai appris à vivre sans avoir rien à cacher.

Ce n'est qu'une excuse. Maya pense que jamais il ne lui arrivera quoi que ce soit. Mais il n'y a pas qu'Atios qui pourrait lui apporter « malheur »... elle est également fille de directeur. Elle va accumuler les jalousies parce qu'elle est dans la même chambre que le plus renommé et apprécié des Dieux et parce qu'elle est la fille privilégiée et pistonnée d'un directeur de l'académie... D'ailleurs, il est aisé de déceler un lien entre les deux situations. Vu de l'extérieur, peut-on sérieusement croire à un hasard ?

Comment peut-on se mettre dans une situation pareille ?
À croire que Maya cherche réellement les ennuis sans s'en apercevoir.


- J'insiste, c'est comme ça que ça va se passer. fait-elle en plaçant ses mains derrière sa tête, comme habituellement. Si jamais j'ai un problème, je pourrais également vous contacter pour que l'un de vous vienne me trouver immédiatement. Je v-e-u-x faire ça pour vous rassurer... avec insistance pour faire comprendre qu'il ne lui fera pas changer d'avis.

Parce qu'elle ne veut pas qu'on s’inquiète pour elle. C'était déjà le cas pendant sa vie humaine, même si de ce temps-là, le résultat était beaucoup plus difficile à obtenir... Mais il y a également une autre raison qui aura bien du mal à sortir de sa bouche. Si bas que sa phrase deviendra quasiment inaudible à cause du bruit des flocons tombant en masse sur le sol.

- … et parce que je t'aime beaucoup, moi aussi...

Et hop, elle se retourne, baisse la tête et plaque ses mains contre son visage pour se cacher. Elle explose littéralement de honte... parce que pour elle, les mots ont la signification qu'ils ont, même si elle n'a cherché qu'à les utiliser de la même manière qu'Atios pour lui rendre son compliment. Pour le coup, elle n'aurait peut-être pas dû. Il en faut beaucoup pour la faire rougir, mais cette fois c'est la bonne. Faites qu'il comprenne exactement ce qu'il faut comprendre, ce sera déjà ça de gagné...
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Re: L'antichambre de l'indécision - Sam 15 Déc 2012 - 16:31
Parfois, les choses ne signifient que ce qu'elles signifient. Maya pouvait voir Atios telle qu'elle voulait le voir, celui-ci ne serait jamais plus que ce qu'il était ou ce qu'il ne semblait pas être. La plus grande des forces cache parfois la plus grande des faiblesses. Ce qui était amusant avec Atios, c'était qu'il n'était pas compris et ses sentiments risquaient fortement d'être mal compris. Et c'est bien parce que ses pouvoirs grandissaient peu à peu qu'il sentit cette réalité en elle. Comment ? Il ne le savait pas. Peut-être était-ce un de ses pouvoirs latents, qui allaient éclore ? En tous les cas, en lui était né la certitude qu'elle l'avait mal compris. Il avait lâché sa main. Maya avait encore beaucoup à apprendre pour le comprendre. C'était ce qu'il en avait conclu. Et lui aussi, avait beaucoup à voir et étudier. Ils avaient de nombreuses pages à écrire, ensemble ou non, pour pouvoir un jour atteindre le rêve qu'ils désiraient au plus profond de leurs êtres. Atios & Maya avaient encore beaucoup de mal à se comprendre l'un l'autre.

Oh, j'imagine que tu as raison. Je corrige mon assertion ; je suis porteur de malchance, alors.

Pas de tristesse ni de bonheur. Une neutralité froide et impartiale. Oui, il était clair que pour lui, il apportait le malheur autour de lui. Peut-être était-ce idiot de le croire. Peut-être ne le croyait-il que parce qu'il n'avait pas pu supporter l'explication aussi simple que "le destin en avait voulu ainsi" ? Il était plus facile de porter le malheur, peut-être ? Plus facile que de l'accepter comme quelque chose de normal... Atios l'écoute ensuite, encore une fois. Pour un peu il aurait envie de se laisser tomber dans la neige. Redresser toutes ses barrières, remettre la distance. C'était une sanction assez correcte, selon lui, pour punir celle qui l'avait mal compris. Mais il n'en dirait rien. Il ne pouvait que la pardonner. Ils étaient tous les deux si différents. Il était logique qu'elle ne le comprenne pas. De toute façon, combien de fois avait-il été incompris ? Combien de fois n'avait-il pas compris les autres ? Combien de fois l'avait-on trahi ? Il avait tellement envie de soupirer avec force... Même lui qui semblait si fort pouvait trembler. Les plus mordantes faiblesses sont celles que nous laissons aux autres le loisir d'exploiter. Pour autant, il ne pouvait pas se laisser dévorer par toute la négativité qu'il enfermait en lui. Il se refusait de devenir un tyran qui tuait en permanence ses émotions pour parvenir à ses fins. Mais le spectre de ce mal était en lui. Personne ne l'avait vu encore, sous sa véritable forme, portant sa véritable identité sur le corps. Pour le moment, son masque avait toujours préservé son anonymat et sa véritable force. Atios et Maya venaient de rapprocher leur chemin communs, mais déjà ils regardaient chacun vers un paysage différent.

Baka. Comme si j'allais te suivre en permanence. Le roi avait beau être seul sur sa colline, celui-ci, toujours, a été libre de ses actes et des ses choix et ceci, jusqu'au bout.

Et cela signifiait une chose. Que si Maya avait besoin de liberté, Atios en était encore plus dépendant. Elle avait pu agripper une partie de lui, mais elle comprendrait assez vite que ce n'était qu'une prise fugace et légère, une prise qui ne serait que tellement partielle qu'on pourrait l'arrondir à "nulle". Même dans les pires moments, il avait choisi de se relever et avait librement continué d'avancer, même quand tous ses espoirs étaient morts.

Nous irons chacun là où nous voudrons aller. Et chacun fera ce qu'il désirera faire, par respect pour l'autre. Si tu crois que je vais t'emprisonner, tu te trompes. Si je dois te protéger, il en va ainsi pour tous ceux que j'aime. De ce fait, jamais je ne pourrais te surveiller personnellement. Et ceci m'ennuierait, je pense, tout autant que toi..

Oui, Atios était quelqu'un de mouvant, de libre comme le vent, qui allait et venait sans se soucier de l'avis de son entourage. Pas même les professeurs, les directeurs et le principal ne sauraient le contraindre à rester en place ... Alors, si Maya voulait enchaîner le roi à l'âme de Lion, elle allait devoir y aller beaucoup plus fort. La tâche serait ardue, si ce n'est impossible.

Et puis, un traceur ? Honnêtement, tu me prends pour un harceleur ? Si vraiment je dois te retrouver, je le ferais, peu importe le moyen. Mais vraiment, je refuse de savoir où tu te trouves en permanence. Au pire... J'apprendrais une magie pour localiser les autres, nos professeurs doivent bien savoir comment faire et nos pouvoirs servent à ça, je présume.

Et puis, il fallait aussi compter sur l'ingéniosité du jeune homme avec ses nouveaux pouvoirs. Il était le roi à l'épée sacré ; il était devenu un dieu de la lumière. Celle-ci, dans ses mains, serait une force maitrisée et à son service. Elle lui fournirait sûrement un moyen de suivre une amie dans le besoin lorsque le moment serait venue. Maya avait décidément réellement transformé sa volonté innocente et affectueuse en autre chose. Par ailleurs, croire qu'Atios compterait sur elle ... C'était un peu naïf. Quelqu'un qui ne compte que sur lui-même et qui a été déçu à de très nombreuses reprises ne se mettrait pas à compter sur quelqu'un du jour au lendemain. Il faudrait beaucoup plus de temps pour qu'une véritable confiance entre lui et les autres reviennent ... Un long laps de temps propice aux aléas contraire, qui nuirait sûrement cette lente cicatrisation.

Quant à ton père, je te garantis que si tu lui donnes cette prise sur toi, tu le verras sans arrêt débarquer... Et j'imagine qu'une jeune fille dans ton genre préfère avoir sa privée, notamment quand elle fréquentera des garçons. Par ailleurs, les seuls dangers qu'il y a dans l'académie, sont sous la surveillance des professeurs, des directeurs et du principal... Voir sous ma surveillance. Si tu as besoin d'aide, tu auras mon numéro de portable. Tu pourras toujours compter sur mon aide, si réellement tu en as besoin. Montre un peu d'indépendance face à ton père, où celui-ci ne te lâchera jamais.

Était-ce les conseils de quelqu'un qui aurait pu être le père de Maya ? Peut-être. Mais Atios, en tant que père, était sûrement le pire des exemples, sauf dans la catégorie des tragédies. Une lance plantée dans le torse de son fils, une épée qui s'abat contre son crâne. Avalon qui lui a été volé. Lentement, le père constate la mort de son fils qui n'avait eu que pour souhait la reconnaissance d'être l'enfant du roi des chevaliers. La chute au milieu des morts. Le sang. L'acier. Le lent souffle de la mort. Les larmes face à un spectacle horrible. Le souhait de recommencer. Encore et encore. Pour finir par admettre que l'on ne pouvait pas changer le passé ... C'est pourquoi, ici, dans le présent, le porteur de l'épée sacrée ne pouvait que conseiller à Maya de prendre son indépendance face à son père.

Tu fais ce que tu veux, mais pour ma part, je refuse d'avoir ce genre d'artifice. C'est justement quand on se sent rassuré par ce genre d'astuce que l'on a tendance à baisser sa garde là où être vigilant aurait été nécessaire.

Mais soudainement, il l'entend distinctement. Parce que les sens d'Atios sont vifs, bien qu'imparfaits. Atios ouvre grand les yeux et la bouche. Il ne s'y attendait pas vraiment en fait. Mais finalement, il fit un grand sourire. Elle était trop mignonne. C'était impossible qu'il puisse s'empêcher ... D'un geste vif, il lui attrape les mains et découvre ce qu'elle tente de cacher. Son sourire est gêné, mais sincère. Il abaisse à nouveau son visage et dépose un baiser sur la joue cramoisie.

Je comprends mieux pourquoi ton père veut protéger ; une fille aussi craquante que toi doit avoir beaucoup de succès parmi mes camarades masculins, aha.

Puis, lui tenant toujours les mains, ils les joints encore plus alors que ses doigts se referment entre chacun d'entre eux et qu'il la tire contre lui, encore une fois. Cette scène devait être étrange, vue de l'extérieur. Lentement l'étreinte des doigts s'éteint, ses bras remontent dans le dos de la demoiselle et il se met à valser avec dans les bras, un peu maladroitement, cependant, puisqu'il était un piètre danseur. Cependant, il ne lui impose pas la danse, puisqu'il finit par se retirer.

Maya, tu m'avais donné quatre jours pour savoir si je voulais être ou non avec toi. Je te laisse l'éternité pour me dire ce que tu veux que je sois pour toi. Pour ma part, je sais déjà que je t'aime beaucoup.

Il lui sourit. Son ton avait été taquin. Pouvait-on détester Atios pour cette raison ? Il était le plus adaptatif de tous les êtres humains que Maya avait rencontré. Une personne unique qui acceptait qu'on lui dise le rôle qu'il devait endosser. Un père ? Un protecteur ? Un roi ? Un ami ? Un prétendant ? Tout à la fois ? Rien du tout ? Toutes ces réponses, il les laissait à la libre décision des autres sans jamais exprimer ses véritables souhaits. Que voulait-il ? Il ne savait pas. Que voulait-elle ? Le jeune homme espérait qu'elle lui dirait. On avait beau être vif, parfois on ne peut se soustraire à sa situation de garçon timide et parfois stupide, ennuyeux, dans les relations amoureuses. Il se retourne, s'étire.

Que faisons-nous ? J'avais prévu de me dégourdir un peu en allant m'entraîner, mais si tu veux que l'on aille quelque part en particulier, ça ne me dérange pas. De toute façon, ici, nous avons tous le temps dont nous avons besoin, pas vrai ?

Et là, il fait face à nouveau, comme si la situation ne l'avait jamais gêné. Calme, serein. De façon presque insolente.
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Re: L'antichambre de l'indécision - Dim 16 Déc 2012 - 16:41
Quel sans gène !
Le genre d'individu à regarder une femme qui se cache... Que cela vienne d'une envie irrépressible ou non, ça ne se fait pas ! Lui qui parlait quelques secondes plus tôt de vie privée et de moment d'intimité... si seulement il pouvait s'entendre. La pauvre fille en devient encore plus écarlate. Quoi qu'il fasse par la suite, ça ne sauve pas vraiment à la situation. Atios est si instinctif et téméraire, parfaitement imprévisible...

Il fait cela exprès pour la gêner d'avantage. Il l'aime beaucoup... il ferait d'ajouter qu'il aime beaucoup la taquiner, ce serait plus approprié. Rangeons-le dans la catégories des joueurs, ceux qui font tout pour embêter gentiment leurs victimes. Certains vont plus loin que d'autres, certains ont un humour d'assez mauvais goût... du moment que ça ne tourne pas à l'humiliation, ça ira. Et forcément, ça ira... parce qu'il est Atios, pas un de ces étudiants de lycée humain qui font tout pour se faire remarquer. Est-ce qu'il irait jusqu'à l'embrasser sur les lèvres rien que pour la déstabiliser ? Ce serait allez trop loin... mais ce type là, franchement... quelles sont ses limites ?
Maya l'écoute attentivement et calmement, mais commence à montrer des signes de frustration. Plus précisément, elle feint d'être insatisfaite pour ne plus se sentir honteuse. S'il la cherche...


- Tu te moques de moi ? Je n'irais jamais « fréquenter les garçons » dans le sens où tu l'entends, je suis une future Déesse sérieuse, moi ! Et ni mon physique ni mon caractère ne me prédestinent à la séduction, monsieur le charmeur.

C'est entre l'humour et le sérieux. Présentement, elle ne se sent pas à fréquenter d'autres hommes comme il le dit. Discuter amicalement, oui, mais fréquenter... sauf s'il joue encore avec les mots et qu'il change leur signification, la réponse restera non. Pas d'autres hommes. Quant aux allusions à son succès auprès de la gente masculine, Maya est tout à fait sérieuse : on lui a rarement fait des propositions, que ce soit sur Terre ou ici. Normal puisqu'elle ne se montre pas « craquante » aussi facilement... et ce n'est pas pour rien qu'elle s'en cache. De son point de vue, physiquement, elle n’attire personne et psychologiquement, elle n'est à l'aise qu'avec les sentiments d'amitié.

Mais quelle attitude adopter envers l'amour quand on devient un dieu ? Question tout à fait stupide qu'Atios lui fait se poser. Faut-il agir comme les dieux de l'Olympe et faire des enfants à tout va avec n'importe qui ? Faut-il prendre exemple sur le Dieu des chrétiens et déverser son amour uniquement sur les êtres humains ? Ou encore, faut-il oublier ce sentiment qui n'apportera rien mis à part de la malchance, comme semble le penser Atios ? D'après sa réponse, lui croit et souhaite presque qu'elle continue de chercher... mais pour en arriver à ce résultat, encore faudrait-il lui expliquer pourquoi.
Si elle devait se contenter de l'éducation léguée par le paternel, Maya quitterait le monde des sentiments merveilleux pour celui du travail et du dévouement. Qui sait... être populaire après des autres Dieux n'est peut-être rien comparé à la popularité auprès des humains. Il faudra découvrir ça en temps utile.

Reste qu'Atios se trompe, comme d'habitude. C'est une véritable batailles aux arguments qui s'opère... et cette fois, ce sont les dangers de l'académie qui sont en cause. Que croit connaître cet homme des autres apprentis de l'académie ? Maya croise les bras et penche la tête, toujours aussi moqueuse. Le ton qu'elle emploie ne trompe pas : elle se joue de lui en faisant mine d'être provocante.


- Et, monsieur je sais tout, les dangers de l'académie sont peut-être plus important que tu ne sembles le croire. Tu n'es peut-être pas du genre à lire les règlements intérieurs alors je vais te citer un ou deux passages plutôt croustillants : « Les comportements agressifs ou combats entre élèves sont autorisés en dehors des salles de classe »... sympathique pour commencer, et un second qui va comme ça d'après mes souvenirs : « Les professeurs ont le droit de frapper leurs élèves, l'établissement ne se porte pas responsable des blessures des étudiants ». Voilà. Pardon, qu'est-ce que tu voulais me dire en rapport avec la surveillance ?

Sous la surveillance des professeurs, des directeurs et du principal... ? Non. Maya sera sous la surveillance de ceux qui voudront bien la protéger, rien de plus rien de moins. Cela signifie que dans un couloir ou n'importe où d'autre, elle peut se faire attaquer sans aucune raison. Tant qu'elle ne rencontrera aucun fou, ça n'arrivera pas. Tant qu'elle s'entourera de gens bien qui pourront s'interposer, elle ne risquera rien.

- Mais très bien, pas de traceur. Tu marques un point pour la remarque sur mon père... avoue-t-elle, sérieusement. Il n'empêche que vous allez vous faire un sang d'encre pour un rien.

Il n'empêche aussi qu'elle aurait pu la fermer et ne rien dire... parce que c'est peut-être maintenant qu'Atios va se poser des questions. Maya semble posséder un physique plutôt fragile... et jamais elle n'a parlé de son pouvoir, totalement inutilisable en l'état. Si elle pouvait se débrouiller, elle ne lui aurait jamais parlé de ce traceur... reste qu'elle n'a aucun talent pour le combat et qu'elle le démontre en n'allant jamais aux cours qu'on lui impose pourtant dans ce domaine.

- Ce qu'on pourrait faire maintenant... Je pourrais te tabasser par exemple ? Ou te servir de punching-ball pour ton entraînement ?

Maya rechigne à parler de violence, encore aujourd'hui.
Elle sert les poings et fait mine de le frapper dans le ventre. « Fait mine »... elle ne convaincrait même pas un gamin. Disons qu'elle le touche de façon ridicule pour montrer l'absurdité de la chose. C'est ce qu'elle en pense... mais puisque c'est ce que Atios avait prévu d'aller faire et qu'il lui avoue, elle ne va pas l'en empêcher. Si avait réellement souhaité qu'ils fassent autre chose tous les deux, il n'aurait pas dévoilé ses pensées.


- Nooon, je plaisante... Je crois que je vais te laisser te défouler tout seul. En plus, si je t'accompagnes et que la malchance me gagne, ça pourrait mal tourner ! Idiot toi-même. Je vais juste aller visiter la chambre et installer mes affaires. Le genre d'activité qui ne doit pas t'intéresser outre mesure...

Après ce déversement de mauvaises paroles, elle lui affiche enfin un sourire. Sincère, victorieux, tout ce qu'il faut pour montrer à Atios qu'elle s'imagine avoir remporté le débat. Elle lui saute littéralement au cou pour se faire pardonner son mauvais traitement, l'obligeant à se courber légèrement en avant à cause du poids qu'elle exerce sur lui... jusqu'à ce que ses pieds touche à nouveau le sol. Là, elle lui relâche le cou et lui donne une tape dans le dos.

- On se dit « à ce soir »?
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Re: L'antichambre de l'indécision - Lun 17 Déc 2012 - 13:47
Je deviendrais aussi fort que les directeurs... Honnêtement, je me demande ce que je vaut , dès à présent. Mes problèmes de santé se font de moins en moins lourds sur moi. Je crois que bientôt, mon corps aura récupéré son équilibre.

Seuls les forts sont libres. Et ça ne changera jamais. Et pour Atios, être libre est naturel. Jamais il ne baissera la tête face à quelqu'un. Tout simplement parce qu'il est quelqu'un qui n'abandonne jamais. Repoussant toutes les limites, se relevant inlassablement jusqu'à parvenir à ses fins ... Voilà ce qu'il était. Capricieux et insaisissable comme le vent, il agissait toujours selon ses convictions. Et celles-ci aboutissaient par un simple "rendre tout le monde heureux".

Tu sous-entends que je ne le suis pas ? De toute façon, je n'ai jamais été plus loin qu'un bisou sur la bouche. Parce que pour moi, ça n'a pratiquement aucune valeur. Dis-toi que j'en ai embrassé, des gens. Et pas que de filles. Malheureusement.

Eh oui. Relation féodale-vassalique oblige, des pelles, il en avait roulé, le bougre. C'était peut-être pour ça qu'il n'avait aucune honte à le faire, désormais. Quant au sérieux d'Atios ... Ce dernier était loin d'être prêt à être proche d'une autre personne de sexe féminin. Il y avait toujours son traumatisme, son code d'honneur et personne n'avait atteint les profondeurs de son "moi" véritable. Difficile d'imaginer la promiscuité physique sans établir la promiscuité spirituelle, non ? Et la seule personne à être totalement proche de lui, ce n'était autre que la non des moindres dames, solitude. Tel un miroir, le seul à pouvoir se regarder en face, ce n'était rien d'autre que lui. D'un autre côté, cela lui permettait d'être aussi naturel avec Maya qu'il l'aurait été avec n'importe qui.

En fait, Atios effaçait ses réactions profondes par la logique et n'affichait que très peu ses véritables désirs. D'ailleurs, Maya pouvait-elle imaginer ce que le jeune homme désirait du fond du cœur ? Bien sûr que non, elle ne le pouvait pas. Personne ne le pouvait. Atios était et resterait Atios. Il ne changerait pas et personne n'avait encore eu la force de passer au travers des moult barrières qui séparaient ses désirs les plus naturels et spontanés de ceux qui le côtoyaient tous les jours. Un magnifique jeu d'acteur où le roi à l'épée sacrée s'amusait de perdre ceux qui tentaient de l'atteindre. La preuve, Maya, était déjà dans les filets de ses valses théâtrales. Peu importe comment elle se débattait, il était d'ores et déjà trop tard. Aussi ironique que cela puisse paraître, le jeune homme avait clairement établi sa domination au fil de la discussion et dès lors qu'il se soumettrait à la fille d'Isanagi, ce serait désormais un acte d'autorité concédée, donc au final, jamais son autorité ne serait totalement disparue.

En ce qui concerne les profs, celui qui ose lever la main sur toi, aura affaire à ton paternel. Et aussi peu sérieux semble-t-il paraître, je m'en méfierais beaucoup. Ah, me concernant, je commence à croire que j'aurai ma chance contre la plupart des professeurs, aussi. Et même si ceci est faux, ceci deviendra vrai.

Oh, même lui avait entendu parler de professeurs un peu capricieux. Certains n'étaient même pas plus âgés qu'eux. D'autres avaient des caractères assez dur à accepter de la part de pédagogue. Donc Atios s'était résolu à rapidement prendre ses dispositions pour ne plus à avoir être sous le joug de ces gens-là. De là à croire que faire des alliances avec des directeurs était profitable, il n'y avait qu'un pas. Peut-être qu'il avait marqué quelques points auprès de "Otō-sama" Isanagi ? Ahah, non, ce n'était pas vrai. Mais Atios se souvenait de cette étrange ambiance dans le bureau du professeur. Il était clair que le jeune homme s'était fait un allié de poids par les circonstances. Autant le père que la fille lui était redevable, désormais. Oui, les bonnes actions payent toujours. Tôt ou tard.

Ah oui, je précise que le père est le plus dangereux des deux, mais celui qui voudrait abuser de son droit de pédagogie risquerait fortement aussi de se faire botter les fesses par ma présente personne. Cela vaut aussi pour tous ceux qui aurait l'outrecuidance de vouloir t'agresser. Et aussi pour tous les innocents de cette académie.

Eh oui. il était très facile de se mettre à dos le jeune homme. En fait, ses critères de protections étaient très larges, c'est pour ça qu'il allait se faire beaucoup d'ennemis en très peu de temps.

Pour ce qui est de mon anxiété, je doute de celle-ci. Parce que si je dois défoncer les rotules de quelqu'un, je n'aurais pas à le faire plus d'une fois, je pense.

Eh oui. "Défoncer des rotules" était une façon claire et imagée d'imaginer ce qui arriverait au premier élève un peu casse-cou qui oserait toucher aux personnes importantes de la dernière incarnation du roi Arthur. Et Maya n'allait sûrement pas douter de ce que venait de dire Atios. Elle répudiait peut-être la violence autant que ce dernier, mais celui-ci savait que la diplomatie ne fonctionnait pas toujours. Parfois, la force est nécessaire pour restaurer l'ordre. Certains appelaient ça le "monopole du pouvoir coercitif". Atios tendait à décrire ceci comme "la juste rétribution des fouteurs de merde". Briser des rotules, botter des culs... Oui, il n'en doutait pas, ici, cela pourrait devenir quelque chose d'habituel. "Dieu" est un titre bien grand à porter, pour des jeunes âgés de 10 à 18 ans. Et parfois, il n'en doutait pas, celui-ci était tellement grand qu'il faudrait rendre à certaines personnes le sens des réalités. Et il serait là pour tous ces gens. Atios utilisa l'infrarouge de son portable pour transmettre son numéro à Maya, tout en lui disant :

Je ne me fais pas de soucis pour toi, parce que le premier qui te touchera aura affaire à moi. Quant à me servir de punching-ball, ça ne fonctionnerait pas. Je te ferais porter une armure d'entraînement et un sabre pour te défendre. De là, si tu sais porter tout ça, je pourrais t'apprendre à te défendre. Mais je suis un professeur très difficile... Et pour être franc, je n'ai pas encore rencontré meilleur que moi ici, une lame entre les mains.

Oui... Et plus la magie d'Atios reviendrait, plus ses talents d'épéismes allaient revenir, eux aussi. Enfin, talent ... La force nécessaire pour revenir à sa maitrise passée des armes tranchantes. Si le jeune homme ne se retenait pas contre Maya, par exemple, celle-ci finirait désarmée en parant le plus simple des coups qu'il lui porterait, si tentée qu'elle ait le réflexe de bloquer. Atios était un monstre, une épée dans les mains. De toute façon, plus le temps passerait, plus les gens autour de lui allaient considérer sa courbe de progression comme monstrueuse. Il avait l'habitude, de ces regards effrayés, jaloux et désespéré de voir quelqu'un être capable d'apprendre aussi vite, juste par la force de sa volonté et de ses efforts. Et même quand Maya tente de le frapper, Atios est aussi mou qu'un marshmallow. Eh oui, le paradoxe était de savoir comment ce dernier pouvait-il être aussi léger et frêle bien que capable de se battre avec des montagnes de muscles.

Disons que voir ta lingerie être rangée ne m'intéresse que très moyennement, oui. Par ailleurs, tu auras fouillé dans mes affaires, tu ne trouveras rien d'intéressant.

Mais là, ce fut le drame. Pour une fois, Maya parvint à surprendre Atios. Qui posa ses lèvres aux mauvais en droits. C'était une première. Le jeune homme, par un concours de circonstances, venait de se faire voler un baisé un peu par sa faute, par une fille qui lui sautait au bras. Et pour une fois, ce fut bien le jeune homme, qui devint rouge pivoine, totalement surpris par cet acte tout à fait ... Imprévu ? Le jeune homme se sentit partir, raide, en arrière, mais lorsqu'elle retombe au sol et qu'elle lui dit "on se dit à ce soir", le jeune homme la regarde comme s'il venait de voir un archidiable danser la polka sur des braises. Avançant comme un robot vers le centre d'entraînement, les membres aussi raides qu'une aiguille d'un clocher, il dit alors :

Ouioui ... à ce soir.
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Re: L'antichambre de l'indécision - Lun 17 Déc 2012 - 20:29
C'est le concours de circonstance malheureux... pour ne pas dire quasiment dramatique. Le plus grave dans l'histoire, c'est que l'homme s'en va sans demander son reste. Il s'enfuit à toutes jambes, même si le tout ne paraît plus tout à fait stable ou naturel.



Maya se retourne et court. Contrairement à lui, elle a un surplus de force et de mobilité qui lui fait courir un 100 mètres plus rapidement que jamais. 14.22 secondes et dans la neige. Mais elle continue, continue encore et encore jusqu'à atteindre l'internat. Enfin, elle ouvre les portes et s'introduit dans le bâtiment, exténuée. Devrait alors se produire un petit choc thermique puisqu'elle s'effondre à proximité d'un radiateur... mais en réalité, il n'en est rien : Maya a extrêmement chaud à l'intérieur, plus encore que ce que ce radiateur doit délivrer pour réchauffer tout un couloir. Elle doit être fiévreuse.
Ramenant ses genoux contre elle, entourant ses jambes de ses bras, la jeune femme pose ses lèvres sur la manche de sa chemise. Soit elle essaye d'imprimer le goût d'un baiser volé sur son vêtement pour toujours, soit elle tente de l'effacer de ses lèvres pour qu'il n'ait jamais existé. Il n'empêche qu'elle restera assise ici longtemps... très longtemps... trop longtemps. Des heures passeront et elle oubliera d'aller s'installer dans sa nouvelle chambre, comme elle l'avait pourtant prévu.



Dehors, la nuit est tombée bien vite. L’hiver, sans doute. Combien de personnes sont passées dans ce couloir depuis qu'elle est assise là ? Elle n'en a aucune idée. Elle n'a vu personne. Certains se sont proposé de l'aider, d'autres se sont moqué d'elle et de son visage complètement tétanisé... honnêtement, elle s'en moque. Maya cligne des yeux et quitte le monde des rêves éveillés. Elle relève la tête et jette un coup d’œil à travers la porte de verre. Il neige toujours aussi fort, le sol est maintenant recouvert d'une couche d'au moins 20 centimètres de flocons. Maya tourne la tête à gauche et à droite, puis elle se lève et prend la direction des escaliers. Un étage, deux étages... elle connaît le chemin. Elle connaît les couloirs. Elle connaît le numéro de la chambre. Mais elle ne s'y rendra pas immédiatement... tout simplement parce qu'elle n'a pas d'affaires à installer. Ce qu'elle porte plus quelques autres uniformes dans son casier, c'est tout ce qu'elle possède. De la lingerie comme il disait ? Médisant ! La jeune femme n'est pas du genre à avoir des tonnes et des tonnes de vêtements qu'elle ne portera jamais. Mais quelques choses devraient changer maintenant.
Lui ne s'est posé aucune question : simplement « voudrais-je de Maya dans ma chambre ? ». Elle s'en pose maintenant. Comment est-ce que cela va se passer ce soir ? Vont-ils discuter ? Ils voudront prendre une douche chacun leur tour... qui passera le premier ? Il ne faudra pas y rester une éternité, pas abuser du savon ni de l'eau chaude... être présentable à la sortie. Présentable ? En tenue pour aller dormir. Quelle tenue ? Humaine, elle avait l'habitude de ne pas porter grand-chose, encore moins après une douche. Sous-vêtements uniquement paraîtrait provocateur, bien que ce soit de bien meilleur confort sous la couette. Chemise de nuit ou nuisette ? Chemise de nuit semble être un bon compromis, encore faut-il en trouver... parce qu'évidemment, Maya n'en possède pas. Ce serait trop simple. Il faut savoir qu'elle dort hors d'une chambre depuis le début, soit 8 nuits maintenant. Avait-elle à se soucier de comment dormir... ? Pas vraiment : c'était en uniforme, un point c'est tout. Si on revient encore deux ans plus tôt, elle n'était qu'une âme errante immatérielle qui ne se reposait jamais...

Retrouver la sensation d'un lit, de la chaleur et de la douceur qu'il propose...

Bref... reste encore la couleur à trouver. Couleur des sous-vêtements et couleur de la chemise de nuit. En y pensant, c'est véritablement con de se le demander. Mais que dirait le guerrier s'il la voyait débarquer en chemise de nuit rouge passion... ? Quelque chose n'irait décidément pas avec le message qu'elle souhaite faire passer. Blancs... tout blanc, c'est le moins provocant et le plus traditionnel. Ne reste plus que la manière de dormir à traiter. Qu'est-ce qu'ils feront une fois qu'ils se seront dit bonne nuit ? Ils dormiront cela va de soi... mais si Maya doit aller aux toilettes, est-ce qu'elle peut se permettre de le déranger ? Faire le moins de bruit possible. Bon dieu, et si elle se mettait à ronfler ou respirer fort et que ça le dérangeait... ? Peut-être qu'en se mettant totalement sous les couvertures, les draps atténueraient le bruit...

Plus qu'un problème entre cohabitants, c'est un problème entre elle et lui. Quelque chose qu'elle lui doit. C'est elle qui a insisté pour être dans sa chambre alors qu'il voulait être tranquille. Si lui ronfle ou se permet de rentrer tard et de faire du bruit, c'est son droit. Mais elle...



Dernière marche... et elle fait demi-tour.
Direction le marché. Tout ce qu'elle a dit et tout ce qu'elle a préparé, elle doit maintenant le mettre en place. Vêtements de rechange, lingerie, serviettes de bain, gel douche, shampoing, brosse à cheveux... elle avait déjà un peu de tout ça dans son casier, mais ça ne fait rien. Mieux vaut qu'elle en ait plus que pas assez.
Ce soir, elle sera en retard. Avec de la chance, elle arrivera avant lui, sacs en main et pourra s'installer avant qu'il n'arrive. Et que fera-t-elle en l'attendant ? Elle choisira son lit parmi les trois restants... position par rapport au lit d'Atios, ça aussi, ce sera important. D'ailleurs, elle n'a aucune idée du design de la pièce à coucher. Est-ce que les lits sont côtes-à-côtes ? Contre le mur ou du côté de la fenêtre ? Le chevalier gardien a-t-il choisi l'un du milieu ou une extrémité ?

C'est fou...
Maya était prête à tout...
… mais elle a maintenant l'impression d'être totalement hors du coup.
Au fond de son esprit, elle espère qu'Atios ne sera pas trop exigeant pour cette première...
… après tout, ce n'est que « dormir »...
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Re: L'antichambre de l'indécision - Mer 19 Déc 2012 - 15:11
Oui, il valait mieux faire comme si rien ne s'était passé. Un malheureux concours de circonstances qui verrait son existence s'éteindre au fil du temps, tout comme est condamné la magnifique neige, à fondre au soleil. Atios était gêné, parce qu'il n'avait pas prévu ce qui se passerait. Pour la simple et bonne raison qu'il ne l'avait pas vu venir. Comme si ses instincts de combattant s'étaient joués de lui pour une seule et unique fois.

Quand Atios rentra dans le dojo, dans le gymnase, beaucoup d'élèves se levèrent. Certains partirent. D'autres allèrent le saluer. Le chemin jusqu'au Gymnase n'avait pas été trop long. Il n'avait pas couru. Mais le temps était passé au ralenti alors que ses jambes s'étaient avancés, stoïquement, portant son corps, tandis qu'il cherchait à retrouver son calme. La neige ne l'avait pas ralenti. Et sa haute démarche piétinait sans merci l'obstacle blanc. Il ne voulait qu'une chose. Se changer les idées dans le gymnase de l'académie. Il n'y avait qu'une seule activité lui permettant d'expulser la tension hors de ses nerfs : l'entraînement. Avec un bon partenaire, doué. Mais il n'en connaissait pas beaucoup, ici, qui parvenaient à lui donner du fil à retordre. Ils n'étaient pas mauvais... Mais ils étaient trop lents. Trop faible. Ils ne tenaient pas longtemps face à ses assauts. Et encore heureux qu'ils portaient des armures lors de ces sessions intenses, surtout pour ses adversaires. Casque enfilé, plastron et épaulières enfilées ... Sabre d'entraînement en main. Ils étaient fin prêt à faire tous parler le talent. Peu importe la posture. Peu importe la garde. Ils étaient tous d'accord sur le fait qu'il n'avait pas de faille visible dans celle-ci.

Ils avaient étudié le style de combat de celui qui était considéré comme l'un des bretteurs montants de l'académie. Sans magie, il était l'un des meilleurs. Et avec magie, les gens se demandaient s'il ne pourrait pas devenir le meilleur. Ses coups faisaient hurler l'air. Le son de ses frappes était audible dans tout le gymnase. Ses mouvements aussi. Il avait la grâce d'une danseuse, mais pour autant, chacun de ses mouvements était comparable à la charge d'un cavalier. Sa prise sur son arme, à une ou deux mains, était largement supérieure à celle des élèves les plus communs. Sans être très fort physiquement, il parvenait à arracher l'arme de ses adversaires par la force simple et maitrisée. Ses frappes étaient à peine contenues par les armures. Et pour le moment, personne n'avait réussi à passer au travers de sa garde, ni même à le forcer à reculer pour éviter. Et ce n'était pas les tentatives d'attaquer à plusieurs qui avaient fonctionné.. Dès lors qu'on le coinçait, il passait à l'offensive et se créait l'espace à travers les rangs de ses adversaires. Peu importe qu'ils soient trois, dix, ou vingt, voire quarante, Atios se battait dans des masses, comme s'il était un vétéran des champs de bataille ... Ce qu'il était vraiment.

Ils s'étaient réunis autour de l'aire de combat. Atios avait salué ses adversaires. Et ils étaient partis pour une séance de combat libre improvisé. Et encore une fois, malgré son champ de vision réduit, Atios semblait avoir des yeux dans le dos. Les fourbes étaient châtiés presque instantanément. Même si les frappes étaient réglementaires, le silence qui accompagnait ses coups était une preuve irritante de la facilité avec laquelle il reproduisait les gestes qui avaient fait toute sa vie. Quand enfin, plus personne ne voulait se relever, il rangea le sabre d'entraînement et salua à nouveau, avant de repartir se changer, sous les salutations de ses partenaires. Dehors, il faisait déjà noir... Le temps passait vite, quand on se vidait l'esprit. Atios en avait complètement oublié l'invitée quasi-surprise dans sa chambre. Et cela risquait fortement de provoquer de sacrées étincelles.
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Re: L'antichambre de l'indécision - Ven 21 Déc 2012 - 14:27
Très beau rp entre vous deux, bien écrit et qui m'a fait rire à quelques endroits (attention Atios, je t'aurai à l'oeil xD). Bien joué à vous et vivement le prochain !

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