Chapitre en cours :
Entre Mortels et Immortels, la guerre est déclarée. Trois mois après la chute d'Isanagi et du Golem de Pierre, la tension ne fait qu'accroître. Encore une fois, l'ennemi saura surprendre. Encore une fois, les futures divinités devront se montrer à la hauteur, et les humains, plus unis que jamais.


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 Coeurs de Cristal [Terminé]

 
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Coeurs de Cristal [Terminé] - Dim 11 Nov 2012 - 14:28

« À Saint Petersbourg
La neige tombe
Pour panser de coton
Le pauvre monde. »


Pomme en main, manuscrit dans une autre et vodka dans son sac, la demoiselle cherchait un endroit où pouvoir être tranquille. Cette école ne semblait pas disposer d’un havre de paix susceptible de l’accueillir. Partout, les gosses criaient à vous en percer les tympans, riant pour un rien et faisant du bruit qu’il était impossible que vous ne soyez pris d’une soudaine envie de laisser votre paume s’abattre sur ces doux minois. Certains s’amusaient à montrer toute l’étendue de leurs dons, d’autres roupillaient tranquillement sous un saule pleureur et d’autres encore mangeaient à l’abri des regards un repas bien mérité, sans doute volé dans les cuisines.

Lyra soupira. Cet endroit semblait être le dernier où elle avait envie de passer l’éternité et pourtant, elle devait s’y résoudre. En vérité, elle aurait préféré errer dans les limbes plutôt que de ressusciter ici, avec pour seul job celui de classer et ranger de vieux bouquins ayant déjà pris la poussière depuis longtemps. Ces parchemins et autres documents semblaient si fragiles qu’un simple éternuement menaçait de les réduire en lambeaux. Pourtant, elle avait délibérément sorti l’un de ces manuscrits de la salle des archives. Cela été interdit mais étant donné que c’était elle qui décidait dans cette unique pièce, elle s’était octroyée le droit de laisser libre cours à sa curiosité en dehors de la salle des archives.
Pour le moment, avant de pouvoir enfin feuilleter ce livre narrant l’histoire complète de cette académie, il lui fallait trouver un endroit où se poser. Chose plus facile à dire qu’à faire. Un groupe d’élèves la bouscula, sandwichs en main. Elle serra les poings mais ravala sa rancœur. Si elle commençait à engueuler tout ce qui avait l’audace de chahuter dans les couloirs, il allait souvent pleuvoir des horions sur les rats.

Elle observa l’endroit d’où les gosses venaient. La cafétéria. Cela pourrait être intéressant de s’y calfeutrer un moment, juste elle, sa bouteille et son livre. Elle poussa la porte et pénétra dans la pièce imposante mais toutefois déserte. Nombre d’élèves devaient avoir cours, ceci expliquait sans doute cela.
Elle marcha entre les allées vides, ne se sentant que peu à l’aise dans ce lieu. Elle avait l’impression d’être une étrangère profanant un endroit qui ne lui appartenait pas. De là à parler de sacré, il y avait un grand pas. Cette pièce lui rappelait étrangement la cantine de la secte de son enfance, à la différence près que les plats n’étaient pas aussi alléchants que ceux présentés et que les rats leur servaient osant de viande en complément. Son corps entier tressaillit à cette pensée. Elle ne devait plus y penser. Le passé appartenait à son ancienne vie et non plus à celle-ci. Elle se força à inspirer puis à expirer calmement pour retrouver ses esprits et être à nouveau maître de ses pensées.

Elle choisit une table isolée des autres, dissimulée. Plus elle serait loin des autres, mieux ce serait. Elle repéra un groupe de professeurs ou de repentis à en croire son âge mais préférait ne pas se joindre à eux. Elle n’était pas comme eux, elle avait du mal à faire son deuil de sa vie d’antan même si il le fallait. Elle prit un verre et sortit sa bouteille dissimulée dans son sac. Elle ignorait si l’alcool était autorisé ou non dans l’établissement mais ce n’était pas seulement une banale bouteille de vodka, c’était un peu de chez elle, une partie de son pays d’enfance. Certes, c’était plus une excuse pour boire qu’autre chose mais qu’importe, cela séduirait sans doute les plus poétiques avec un peu d’espoir.

Elle sortit le manuscrit et le manipula avec une extrême précaution. Il lui suffisait de s’attarder sur un passage en particulier pour que sa mémoire range ces lignes dans une parcelle de sa tête, un peu comme un tiroir dans lequel des documents étaient conservés. Si elle devait vivre ici, mieux valait qu’elle en apprenne davantage sur ce lieu. D’abord, commencer par le début : la genèse de l’académie. Ce manuscrit était d’une valeur inestimable à ses yeux, c’était grâce à lui qu’elle pourrait en apprendre davantage et ainsi éviter d’être perdue. Questionner les directeurs aurait sans doute été plus simple et plus rapide mais le dialogue ne faisait pas partie de ses points forts. De nature aussi froide que son pays, voir glaciale, Lyra usait plutôt de ses lames plutôt que des mots que sa mère lui avait appris.
La lumière qui se dégageait de la fenêtre lui offrait un magnifique point de lecture. Elle savait qu’elle aurait pu rester ici pendant des heures entières, du moins jusqu’à l’arrivée des morveux, juste elle, son livre et sa vodka.

Une ombre vint se frayer entre elle et la lumière. Elle n’y voyait plus rien. Elle ne daigna pas relever la tête, sans doute la personne devant elle devait être curieuse, rien de plus, et s’en irait une fois qu’elle aurait jeté un coup d’œil par dessus son épaule. Voyant que l’autre ne bougeait toujours pas, sa lecture rendue compliquée, elle soupira et cracha :

- Bon l’ami, j’ai rien contre toi mais là, t’es entre moi et mon livre alors si tu pouvais bouger tes fesses loin de cette fenêtre, ça m’arrangerait.

Toujours aussi polie, la Lyra. Quoiqu’elle avait fait des efforts. Elle jura entre ses dents. Il allait bouger et la laisser tranquille, elle en était certaine. Elle allait pouvoir reprendre sa lecture et oublier cet abruti voulant sans doute faire son intéressant auprès d’une fille ou venant juste la narguer, lui l’élève pur et elle, la repentie devant expier ses crimes passés. Cela avait du sens. Les repentis étaient les larbins des enseignants et des élèves, c’est du moins ainsi qu’elle percevait sa place au sein de l’école. La chienne des autres. D’abord en Russie et maintenant ici. Il faut croire qu’il y a certaines choses qui ne changeront jamais. Elle étouffa un juron. Elle ne devait pas se laisser aller à de telles pensées. Jamais. L’école fonctionnait grâce à un système qui semblait avoir fait ses preuves depuis le temps, pourtant elle ne pouvait se considérer autrement que comme une esclave parmi tant d’autres au sein de ce lieu. Elle n’avait ni chaîne, ni mauvais traitement mais pour elle, une partie de sa liberté lui avait été tout de même ôtée, elle ne saurait dire pourquoi. Sans doute était-ce lié à sa mort récente, à la perte de sa fille, qui lui faisaient songer de telles choses.



Dernière édition par Lyra Vilkas le Sam 24 Nov 2012 - 16:31, édité 1 fois
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Re: Coeurs de Cristal [Terminé] - Dim 11 Nov 2012 - 15:15
De la nourriture.


Le voilà dehors ce grand gaillard aux cheveux de feu. Le timide soleil se reflète dans ses mèches rebelles, et le vent flagelle légèrement le visage de l'homme. Maya l'avait aidée, à présent, il se doit de trouver son chemin. Des cours ? Il ne semble pas intéressé par cela. Il erre sur une ligne pavée de pierres blanches, ses pieds touchent le sol étrangement moins froid que celui du temple. Il avait pris l'habitude de marcher pieds nus après tout, la pauvreté l'avait aidée à s'accommoder de peu de choses. Sa mine perplexe fixe l'horizon des bâtiments plus grands, plus majestueux les uns que les autres. Il ne sait pas vraiment où aller en plus. Sa grosse masse se déplace lentement dans la pénombre d'un bâtiment. Il en passe plusieurs, sans vraiment voir d'entrées possibles. Fronçant les sourcils, il continue malgré tout son chemin et finit par sentir une étrange odeur. Le commun des personnes auraient facilement pu reconnaître les doux effluves de nourriture mais Vyhdôsa n'est pas comme ça. De sa pauvreté passée, il n'avait vécu que de peu de choses, du pain, des céréales, des fruits secs, d'eau de pluie. Oui, la pauvreté était un lourd fardeau et il ne vécut que de cette manière. Bref, l'odeur l'attirant, ses narines se retroussèrent plusieurs fois comme un chien de chasse le ferait pour traquer une proie, il presse le pas.

Toujours sa fiche divine dans la main, il marche toujours tout droit, puis dévie sur la droite, il entre-aperçoit des silhouettes. D'autres élèves. Il continue alors et l'odeur se fit plus intense. Il arrive dès lors devant un dôme de pierre énorme. Et une porte, il suit alors le mouvement des autres élèves, se démarquant rapidement de par sa taille de géant. Oui, une tête et demie de plus que la moyenne, c'est difficile de ne pas le voir. A son entrée, il se stoppe devant une table, sans vraiment se rendre compte qu'il gênait une personne. Son regard fixe l'assemblée avec une curiosité si accrue qu'il se sent acculé. Il recule et touche alors la table derrière lui. Une voix féminine retentit alors :

Bon l’ami, j’ai rien contre toi mais là, t’es entre moi et mon livre alors si tu pouvais bouger tes fesses loin de cette fenêtre, ça m’arrangerait.

Une femme, un livre, une bouteille. Vyhdôsa se retourne vers elle d'un coup brut, renversant cette dernière dont le contenu se déversa sur le sol. Une liqueur abjecte saute aux narines du géant. Telle une bête effrayée par l'inconnu, il ne sait pas où aller, que faire. Il voudrait s'échapper mais cette femme l'a accostée, il est trop tard à présent. Son regard jaune vif se pose sur elle, d'un éclat d'incompréhension, de confusion. Il venait de quitter Maya avec de l'assurance mais maintenant, cette assurance, disparue. Il veut s'excuser, dommage il est muet et n'a qu'une feuille divine avec d'un coté les gribouillages qu'ils avaient fait auparavant. Soudain ! Un bruit monstrueux retentis, grommelant une fureur impromptue, oui, c'est ce qu'on appelait : La Faim.

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Re: Coeurs de Cristal [Terminé] - Dim 11 Nov 2012 - 16:02

La table tangua pour finalement laisser choir au sol la bouteille. Le précieux breuvage se répandit sur les dalles, suintant de toutes parts. Des bouts de verre menaçaient les pieds nus de l’individu. Des pieds nus. Il était rare de voir quelqu’un se balader sans chaussures par ici. Mais ses pensées allaient vers l’alcool au sol. Une bonne bouteille en plus. Un peu de la Russie venait de disparaître. Etait-ce un signe ? Elle n’avait jamais cru en ces conneries d’univers mais qui sait, peut-être était-ce significatif ? Elle balaya bien vite cette idée. Si elle venait à penser ainsi, elle ne vaudrait guère mieux que la secte satanique croyant en un démon aux pouvoirs obscurs.

Un bruit a pour effet de la ramener à la réalité. Quoi encore ? Le son provenait de l’estomac du jeune homme. Allons bon, encore un qui semblait avoir sauté un repas ! Les gosses ici ont la chance de pouvoir manger à leur faim mais il faut toujours qu’ils n’en fassent qu’à leur tête. Elle n’avait toujours pas regardé le garçon dans les yeux, elle n’avait toujours pas entendu sa voix. Savait-il seulement parler ?
Elle redressa la tête, prête à l’affronter de son regard si mortel. Ce qu’elle vit lui fit mal au cœur. Un géant. Un géant identique à celui de la secte. Non, elle devait rester calme, celui de la Russie était loin, il n’était pas ici, ce ne pouvait être lui. Malgré elle, elle sortit son poignard, tendant ses muscles au maximum, prête à bondit à la manière d’un chat sauvage sur sa proie. Une voix lui soufflait qu’elle allait faire une connerie mais elle n’écoutait que ses souvenirs.

Son corps semblait être la corde d’un arc, tendu au maximum. Il lui suffisait d’un seul mouvement pour se jeter au visage de ce géant, elle savait qu’elle l’atteindrait. Elle n’écouta que son passé et lui sauta au visage, croyant avoir devant elle cet imposant géant chargé de surveiller les prisonniers.
La lame se posa sur son cou, le froid semblable à la glace effleura sa peau. C’était si facile. Il suffisait d’une poussée, une seule poussée et il en serait fini de cette ordure. Elle ferma les yeux. Elle avait l’habitude du sang, elle allait dépasser le monde d’un individu ignoble. Qui allait s’en plaindre ? Elle l’avait déjà fait, c’était d’ailleurs pour cela qu’elle était ici. La pression se relâcha. Le poignard tomba au sol. Lyra ouvrit de grands yeux apeurés. Il fallait qu’elle laisse son passé dans sa vie d’antan. Elle se laissa retomber au sol, à côté de son arme. Elle enfouit sa tête entre ses genoux. Pendant un instant, elle avait cru être retournée dans cet enfer. Elle n’arrivait pas à s’y habituer. Cet endroit menaçait de faire ressurgir son passé à tout moment, comme à cet instant précis.

- Prostite murmura-t-elle, je suis vraiment désolée, je ne sais pas ce qui m’a pris.

S’excuser en russe lui permettait de ne pas perdre de sa fierté. Lyra n’était pas du genre à s’excuser à tout bout de champ, ses excuses étaient même rares mais elle savait reconnaître ses torts. Et là, agresser un homme qui ne lui avait rien fait, était un bien grand acte à essayer de se faire pardonner.
Elle préférait mentir quant aux raisons de ses gestes plutôt que de dire la vérité. Affirmer que son passé la hantait encore lui coûtait trop. Alors, elle préférait raconter ce que bon lui passait par la tête pour tenter d’expliquer au mieux son comportement. Reste à voir si le garçon serait dupe.
Elle tenta de sourire mais même si ses lèvres s’étiraient pour former un soupçon de sourire, ses yeux, eux, disaient le contraire. Ils ne sauraient mentir. La peine se lisait en chacune de ses prunelles. Elle semblait condamnée à devoir supporter son passé et à vivre avec ses remords. C’était cela, le plus douloureux.

Elle reporta son attention sur l’estomac. Il ne cessait de gronder. Elle se leva et apporta une corbeille de fruits qui traînait non loin, oubliée de tous. Du raison pendait, alléchant, ainsi que nombre de clémentines et de pommes. Elle saisit la sienne et la porta à sa bouche. Elle proposa la corbeille au garçon en lui montrant du coin de l’œil.

- Tu ne devrais pas te laisser mourir de faim, comme ça. Prends un fruit, c’est tout ce que j’ai pu trouver à cette heure-ci dans cette foutue cafétéria. C’est à croire que nous sommes les derniers à prendre notre repas.

Elle croqua de plus belle dans sa pomme. Cela faisait longtemps qu’elle n’en avait pas goûté d’aussi bonne. Elle restait assise en face du géant, attendant qu’il esquisse le moindre geste ou dise le moindre mot. Il semblait encore sous le choc à vrai dire. Pourtant, un grand costaud comme lui aurait pu réduire la demoiselle à l’état de poussière si il l’avait voulu. Elle observa la vodka dispersée au sol. Elle en aurait bien eu besoin, en cet instant précis, de cette chaude boisson pour lui tenir chaud au cœur ainsi qu’au corps.
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Re: Coeurs de Cristal [Terminé] - Dim 11 Nov 2012 - 22:01
De la nourriture.

Zume pneh ta tasuecamma xia huic yjuhc mà tec tuhl.
Joli brin de demoiselle que nous avons là dis donc.
Za s'ah canyec peah vyed ih baded xiydna-rainac tec tuhl, raeh, z'ye byc nyecuh Jortôcy ?
Je m'en serais bien fait un petit quatre-heures dis donc, hein, j'ai pas raison Vyhdôsa ?
Encore cette voix incompréhensible. Il l'entend, dans sa tête, grandissante, rauque, effrayante. Il ne la comprend pas, du moins, seulement quelques bribes de paroles, quelques mots. De toute façon, il tente de l'oublier, de ne pas le montrer. Il balaye l'air d'un coup de main comme pour essayer d'éloigner cette "présence" incrustée dans son esprit. Mais entre-temps, une réaction impromptue vint surprendre le géant. D'une agilité et d'une vitesse féline, cette demoiselle saute sur le bord de la table, déployant une lame tranchante et glacial, caressant sensuellement le cou du garçon. Que lui arrive-t-elle pour qu'elle lui saute comme ça ? Il ne comprend pas. Son regard auparavant angoissé se transforme en un regard noir. Une fureur comme à grandir langoureusement en lui, il entend déjà cette voix revenir. Pourtant quelque chose ne vas pas. L'acte est contradictoire à la lueur désespérée de son regard, qu'est-ce qu'elle faisait là, à agir comme ça. Antisocial ? Solitaire ? Vyhdôsa parvient de justesse à se calmer. Cet homme, c'est un peu comme le Hulk des marvels, il peut se transformer en monstre si la colère s'empare de lui. Du moins, là, il ne reste qu'un banal arrivant, paumé encore et errant sans but. Avec un ventre démoniaque qui débite son mécontentement. La lame glaciale se retire.

Tu ne devrais pas te laisser mourir de faim, comme ça. Prends un fruit, c’est tout ce que j’ai pu trouver à cette heure-ci dans cette foutue cafétéria. C’est à croire que nous sommes les derniers à prendre notre repas.

Il la regarde, sans agir, partir chercher quelque chose. Un petit moment. Elle revient avec une corbeille de fruits que Vydhôsa n'eu jamais l'occasion de goûter auparavant. Seules le souvenirs des dates et figues lui reviennent en bouche. Cette demoiselle prit une pomme qu'elle croqua de pleines dents. Le géant se pose timidement sur une chaise à coté. Sa fiche divine gribouillée de la discussion précédente se dépose sur le milieu de la table. La grosse paluche saisit alors une grappe de raisins qui s'engouffra à une vitesse dans la gueule géante de l'homme. Une grappe, une autre, deux pommes, une banane, en un rien de temps, la corbeille fut vidée de son contenu. Vyhdôsa est passé, la corbeille a trépassée. Il dépose de nouveau son regard jaunâtre sur la demoiselle et commence à faire des signes de la main. En espérant qu'elle comprenne les langages des signes. Et ces signes mimés veulent savoir son nom, oui, comment elle s'appelle. Peu de personnes croiraient qu'un géant comme Vyhdôsa soit muet, et pourtant, c'est bel et bien le cas. Pour quelles raisons ? Il l'ignore lui-même et ne semble pas vraiment vouloir savoir pourquoi. Quelque le pousse à ne pas s'y intéresser. Peut-être la voix dans sa tête qui sait....



Dernière édition par Vyhdôsa Gaëlic le Lun 12 Nov 2012 - 21:31, édité 1 fois
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Re: Coeurs de Cristal [Terminé] - Lun 12 Nov 2012 - 20:45

Son regard était chargé de fureur désormais. Qui pourrait lui en vouloir ? Il n’avait rien demandé si ce n’est profiter de la quiétude du lieu et voilà qu’il se retrouvait agressé par une demoiselle faisant au moins trois têtes de moins que lui. La situation aurait pu paraître comique si les prunelles de Lyra n’étaient si envieux de haine et de vengeance. Un voile sombre les masqua un instant, ce même voile qu’elle arborait lorsqu’elle comprenait son erreur. Il n’était pas ce géant de son passé. La secte était loin désormais. Personne ne la traquerait désormais, il était grand temps qu’elle laisse ses vieux démons dans un tiroir fermé à clef pour ne plus jamais le rouvrir. Elle avait passé deux ans à fuir, pourquoi ne pas espérer de la vie un peu de ce bonheur qu’elle promettait à nombre de gens ? Cela semblait si simple, trouver le bonheur. Beaucoup le recherchaient mais peu l’atteignaient en vérité.

Elle observa le jeune homme dévorer un à un les fruits de la corbeille. Cette nourriture semblait insignifiante entre ses mains calleuses et puissantes. Elle le laissa à son repas et retourna à sa pomme. Ses yeux tombèrent sur un vieux papier, si déchiré et si chiffonné qu’on aurait pu croire qu’il était tout droit sorti de la salle des archives. Elle souleva la feuille et lit ce qu’il y avait d’écrit. Le nom, le prénom ainsi que le don du rouquin étaient inscrits noirs sur blanc. Au dos s’étalaient les bribes d’une conversation. Lyra ne s’attarda pas dessus, cela ne la concernait pas. Elle survola la feuille divine du garçon, elle avait eu la même à son arrivée – un illuminé tout droit disparu à travers de la fumée le lui avait remise – et ne s’était pas penchée davantage sur la sienne. Elle vit que ce colosse avait un don en rapport avec les bêtes, elle n’approfondit pas sa lecture, son seul souvenir avec la forêt qu’elle avait connu lors de sa fugue ravivait en elle des blessures encore vives. Les bêtes sauvages étaient nombreuses et semblaient errer ici et là non loin de l’académie, si ce géant possédait l’étrange pouvoir de les contrôler ou un quelconque pouvoir ayant un rapport avec eux, mieux valait ne pas l’énerver ; il serait assez ironique qu’un loup vienne s’occuper d’elle.

Vyhdôsa – c’était le nom inscrit sur sa fiche – commençait à s’agiter et à effectuer de drôles de signes avec ses mains. Manque de peau, elle ne connaissait pas ce langage, c’était tout juste si elle savait écrire correctement dans sa langue natale alors pour ce qui est le langage des signes, mieux valait oublier.

- Je ne comprends pas ce que tu me dis. Je ne connais pas ce langage, fit-elle, déçue.

Etait-il sourd aussi ? Après tout, peut-être n’avait-elle même pas entendu les excuses qu’elle avait prononcées tout à l’heure. Et chiotte. Déjà que s’excuser était assez difficile pour elle, si en plus elle disait ces mots en vain, voilà qui n’allait pas arranger son humeur. Elle avisa la feuille gribouillée d’une écriture serrée et fine, petite calligraphie – sans doute celle d’une fille – et une autre, plus brutale, plus espacée, sans doute celle du géant, elle lu ressemblait tellement. L’écriture pouvait en dire long sur les gens, si seulement Lyra connaissait cet art, sans doute éviterait-elle de mauvaises rencontres grâce à une seule observation de pattes de mouches noires.

Alors elle fit la chose la plus sensée qui soit, elle arracha une page du bouquin qu’elle avait sorti des archives, la feuille manqua de se plier entre ses doigts, sortit un stylo et tendit le tout au garçon. À la guerre, comme à la guerre. Certes, il aurait été préférable de bouger pour aller chercher des feuilles mais elle n’avait pas de temps à perdre alors elle ferait avec les moyens du bord. Pour ce qui est de la page arrachée, bientôt noircie, elle pourrait toujours mentir et dire tout bonnement que la page s’était envolée étant donné le mauvais état du manuscrit. Elle trouverait bien un truc à dire. Elle trouvait toujours quelque chose à dire. Le mensonge faisait partie intégrante de sa personnalité, elle avait grandi en racontant les pires bobards qui soient, sa vie elle-même semblait un mensonge, ce prénom, Vivi, en était un de plus, tout comme son ancienne vis. Rien que des mensonges. Si sa fille avait pu voir le jour, elle l’aurait appelée Istina, elle en était certaine. Istina ou la vérité en russe.

- Si tu as besoin de me dire quelque chose, utilises donc cette feuille, ça sera tout de même plus pratique que de gesticuler dans tous les sens pour un rien.

Elle posa le stylo près de ses mains, attendant qu’il s’en saisisse si besoin tait. Elle se sentait toujours mal concernant le geste qu’elle avait eu envers lui. Elle ne cessait de tortiller ses mains. On aurait pu croire qu’elles allaient finir par se nouer totalement ensemble et que rien ni personne ne pourrait jamais les défaire.
Elle n’aimait pas le silence qui lui collait à la peau, il semblerait que cette curieuse absence de bruit aime bien venir la narguer. Cela aurait été grandement apprécié si elle n’avait pas été en compagnie d’un homme aussi peu bavard. Elle en était presque mal à l’aise de se trouver en face de lui. Difficile de faire la conversation tout seul. C’était plutôt un monologue à deux qu’autre chose.

- Tu t’appelles Vyhdôsa, c’est bien ça ? Moi c’est…

Elle marqua une hésitation. C’était la première fois qu’elle se présentait depuis son arrivée, ou plutôt depuis sa mort. Cela lui faisait drôle. Que dire ? Son prénom, son véritable prénom ou celui de son ancienne vie, de ces deux années de bonheur merveille où elle avait davantage vieilli qu’en ces seize pitoyables années ? Vivi ou Lyra ? La douce jeune fille qui croyait en la vie, celle qui souriait à pleine dents et s’endormait le soir, rêvant à un jour semblable si ce n’est meilleur à hier ? Ou celle n’ayant jamais eu confiance en qui que ce soit, froide, glaciale comme cette neige tombant peu à peu sur les longues rues de Saint-Pétersbourg en hiver, celle qui trichait aux cartes et considérait l’Homme comme un chien plus méprisable encore ?

- Lyra, fit-elle simplement.

Alors, elle avait choisi. Elle avait préféré renoncer à cette joie de vivre qui ne pouvait n’exister qu’en la présence de celui qu’elle avait aimé. En la présence des vivants. Au milieu des morts, elle serait Lyra et uniquement Lyra. Personne d’autre. Peut-être apprendrait-elle peut-être un jour à leur faire confiance, qui sait ?
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Re: Coeurs de Cristal [Terminé] - Lun 12 Nov 2012 - 22:25
De la nourriture.

Vyhdôsa fait des signes, utilise ce langage qu'il a appris après la mort de ses deux parents mais cette fille ne semble pas le comprendre. C'est embêtant pour la compréhension. Elle acquiesce en ce sens, lui avouant qu'elle ne comprend pas une traite du langage. Contrarié, le géant réfléchit et se demande comment faire, la feuille auparavant utilisée n'a plus de places pour laisser d'autres mots s'y inscrire. Alors son interlocutrice décide de sortir une feuille et un stylo, comme la jeune fille d'avant. Sans doute devrait-il s'en munir pour se faire comprendre et réussir à s'intégrer à l'avenir, dans ces nouveaux lieux "divins". Un stylo fut déposé près de la main du jeune, il le saisit délicatement - Il commence à avoir l'habitude de saisir ces nouvelles plumes - et écrit sur la feuille noircie et vieillie par le temps ingrat.

Oui, je m'appelle Vyhdôsa. Je viens d'arriver, on m'a aidé auparavant et une odeur étrange m'a menée ici.

Elle hésite lors de son tour. Ses yeux semblent fugués les siens, ne voulait-elle pas se présenter elle-aussi ? Puis finalement, elle le lui donne en quatre lettres, rapides, vifs et tranchantes comme la lame qu'elle avait fait collée contre son cou. Vyhdôsa la scrute une nouvelle fois, observant ses yeux perlés d'une brune lueur. Il fait tourné la corbeille avec sa main d'un sens à un autre, en réfléchissant sur ce qu'il pouvait écrire. Son ventre s'est calmé, du moins légèrement, les fruits ne sont pas vraiment des choses adéquats pour les personnes ayant une faim de colosses. Les yeux jaunes se détournent de Lyra pour regarder les alentours. Une grande salle circulaire, des tables formées de la même manières et d'autres personnes, entrain de manger eux-aussi. Des plats plus consistants, ils tiennent dans leurs mains des objets qu'il n'avait jamais vu auparavant. Une grosse dame vint crier "au rab !" tout fort et d'une voix étonnamment rauque pour une femme. L'homme aux cheveux de feu réécrit alors autre chose :

C'est quoi le "rab" ? C'est une nourriture ? Ça se mange ?

Ses yeux pétillent d'une envie de savoir, savoir si il peut avoir une autre nourriture que du pain, des figues et autres. Oui, un bon repas pour oublier sa mort si soudaine et ces quelques nouveaux problèmes qui se profilent à l'Horizon. Il continue également d'écrire autre chose :

Que doit-on faire maintenant ? Enfin, je suis mort mais je commence par où ? Il est quelle heure, nous sommes en quelle année ? J'ai un peu de mal.

Oui, c'est bien beau mais passer de l'Egypte ancienne à une époque divine, le matin ? Le soir ? Difficile à cerner tout ça, des saisons également ? Du moins, le géant souhaite juste savoir si c'est le matin ou le soir, de manière à être guidé dans sa démarche, à trouver où aller. Si c'est le soir, peut-être devrait-il trouver une lieu où coucher, si c'est le matin, trouver un lieu où aller ? Un accueil, des membres du personnels qui pourraient l'inclure dans une "classe". Dans tout les cas, ce géant aura du mal à débuter et à trouver son chemin. Aussi paumé qu'il soit, jamais il n'eut connaissance d'une situation pareille par son passé. Bonté divine ! Pourquoi lui...
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Re: Coeurs de Cristal [Terminé] - Mar 13 Nov 2012 - 19:58
Sa main se mit à dessiner des symboles s’apparentant à des lettres, se formant peu à peu pour devenir complets, puis former des mots se liant les uns aux autres pour donner un sens au tout et former une phrase. Une banale phrase. La feuille fut poussée en direction pour que Lyra puisse lire aisément lire ce qu’il avait daigné écrire – lire à l’envers n’était pas son fort – et vit qu’il ne lui avait rien appris de plus qu’elle ne savait déjà. Son nom était sur sa feuille divinatoire, au moins ne s’était pas trompée, cette paperasse semblait remplacer les badges traditionnels que les gens portaient d’ordinaire épinglés aux vêtements. Se trimballer feuille en main était tellement plus discret !

Alors que Lyra allait ouvrit la bouche pour lui signaler que la bonne odeur enivrante l’ayant conduit jusque ici n’était rien d’autre que celle de la cantine, elle fut interrompue par un bruit semblant sortir des entrailles d’un gouffre. Une femme, plutôt forte, tablier attaché barbouillé de graisse à la manière de la blouse d’un peintre, vient hurler « Rab », un banal mot ayant pour effet une troupe entière de jeunes omnivores encore affamés. Beaucoup bondirent de leurs sièges, s’élançant dans cette course-poursuite à qui serait le plus rapide, rivalisant d’ingéniosité et de force pour pouvoir doubler l’autre en toute impunité et ainsi espérer avoir une plus grosse portion et ne pas être lésé. Les plus faibles restaient à l’arrière, écartés par les plus forts, ne se gênant pas pour jouer des coudes ou montrer les crocs si besoin était. L’agitation semblait sans fin. Un troupeau de mastodontes formé par un seul animal semblait se former en cet instant précis. Le doux fumet avait su attirer ces sauves et les faire détaler plus vite qu’un coup de fusil lâché au grand air, crevant les nuages de par une balle assassine.
Ils criaient tous, semblant parler une langue inconnue à celle de Lyra. En vérité, ils ne poussaient rien de plus que des cris. La faim semblait déformer leurs visages, quelques chaises vides se balançaient dans le vide, chutant parfois sur le dallage en un grand fracas faisant perdre patiente à Lyra. Ces mioches ne valaient guère mieux que des animaux. Et encore, eux au moins savaient se comporter civilement et apportaient le silence grâce à leur absence de parole.

- Le rab, c’est ça, lâcha-t-elle en un soupir. C’est lorsqu’il reste à manger et qu’une bande de gosses mal élevés se ruent vers les cantinières dans le seul but de ne pas être laissé pour compte. C’est lorsque la loi du Talion fait rage et menace les plus faibles. Voilà ce qu’est le rab.

Assez de bruit. Elle se leva, ignorant la dernière question et s’engagea dans la longue queue qui lui faisait face. Elle semblait interminable. Essentiellement des hommes, bien sûr. Le menu avait dû être attirant pour séduire autant de garçons de par ses calories, graisses et autres sucres. La demoiselle observa les bacs pleins d’huile : frites. L’autre semblait tout aussi ragoûtant, de la sauce tartare pendant non loin dans un bol, blanche à souhait, si claire que l’on pourrait avoir des doutes sur sa fabrication.
La Russe n’avait guère envie de faire la queue comme ces imbéciles et sortit donc son poignard, se frayant un chemin à coup de lames. Il n’est pas sans dire que tous s’écartaient pour éviter le métal mortel, d’autres reconnurent la jeune repentie et s’écartèrent dès son arrivée, il fallait bien que posséder un poste dans cette foutue académie lui permette quelques avantages, non ?

- Suivant !

Lyra attrapa une assiette, des couverts et prit la place du môme qui allait se faire servir en cet instant même, plaçant la sienne à l’endroit exact où celui-ci l’avait posée quelques instants plus tôt. Certains auraient pu s’horrifier de son comportement envers un élève mais elle était ainsi, elle n’allait pas changer pour leurs beaux yeux non plus. Elle offrit un sourire au garçon à terre et l’aida à se relever – pas si sans cœur que ça, l’archiviste – et demanda à la cantinière de remplir jusqu’à ras bord l’assiette qu’elle lui tendait. Elle ne se fit pas prier et abattit une énorme tranche de viande parsemée d’une rivière de sauce puis d’une montagne de frites par dessus le tout.
La femme l’observait avec de grands yeux, se demandant comment une fille aussi menue pouvait se nourrir autant mais ne fit aucun commentaire.

- Merci.

En vérité, cette assiette n’était pas pour elle – elle était bien incapable d’avaler cette nourriture infecte juste bonne à nourrir les cochons – mais pour le colosse. Les fruits n’avaient pas fait long feu entre ses mains, elle espérait que cette nourriture le rassasierait davantage. Vu sa taille, il devait avoir grand besoin de se nourrir énormément et une telle assiette ne serait pas de trop pour ce gaillard aux muscles saillants.
Elle revint vers lui, glissant l’assiette en sa direction tout comme elle avait fait de même avec la feuille et entreprit de dévorer à nouveau sa pomme. Rien ne valait un fruit, c’était sain, bio et bon. Tout cela suffisait à son bonheur. Inutile d’aller se paître de frites grasses et salés ou de viandes aussi dures que de la semelle alors qu’elle pouvait manger ce que bon lui semblait.

- Ma B.A. du jour, fit-elle tout en montrant de l’œil l’assiette.

Ou plutôt une façon d’essayer de se faire pardonner à nouveau tant bien que mal. Il semblait déjà avoir oublié cet incident ou du moins faisait comme si. Après tout, elle n’était pas dans sa tête et ne pouvait pas connaître ses pensées, ce qui lui aurait été bien utile dans certaines situations.
Elle attendit qu’il se mette à goûter à son plat et porta à nouveau ses yeux sur sa lecture. Quelle conne. Elle avait arraché la page qui s’ensuivait à celle qu’elle venait de lire. Tant pis. Lire un livre avec une page en moins, ce ne devrait pas enrayer énormément la compréhension du manuscrit. Elle se débrouillerait bien pour combler cette lacune, ce savoir qu’elle n’atteindrait jamais. De toute façon, trop savoir pourrait finir par lui causer des ennuis. À quoi bon connaître les réponses à tout sur tout ? Grâce à son don, elle pouvait connaître ce que bon lui semblait, tant est qu’elle posait les yeux sur cette connaissance en question. L’ignorance lui ferait le plus grand bien.

- Pour répondre à ton avalanche de questions, nous sommes l’après-midi, pour l’heure, y a des horloges un peu partout dans cette académie. Et pour ce que tu dois faire, je n’en ai pas la moindre idée. Je ne gère pas les nouveaux tombés du nid comme toi. Moi-même, je suis là depuis peu. Si vraiment tu veux en savoir davantage, va donc vers le bâtiment administratif, c’est tout ce que je sais. Eux sauront mieux te renseigner que moi.

Elle avait bien insisté sur le « tu », lui montrant que le chemin qu’il prendrait ne la concernait en rien. Elle, elle savait quoi faire, elle s’était débrouillée par elle-même pour trouver sa voie, il ne voudrait pas en plus qu’elle lui tienne la main ? C’est à croire qu’ici les élèves sont si choyés qu’ils sont incapables de se débrouiller par eux-même. Voilà qui était consternant.
Se doutant que Vyhdôsa ne connaîtrait sans doute pas le chemin du bâtiment administratif, elle lui prit sa feuille et se mit à dessiner le plan de l’académie de mémoire, ne situant dessus que leur position ainsi que le chemin le plus simple et par conséquent le plus court pour y aller. Elle reposa son stylo une fois que son dessin fut fini. Merci sa mémoire éiditique qui lui avait permis de photographier ce plan et de s’en souvenir – même si l’orientation était une autre affaire – au moins n’avait-elle pas besoin de se pencher pendant des heures comme d’autres le font si souvent. Elle lui tendit ensuite la feuille. Tout était écrit dessus.
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Re: Coeurs de Cristal [Terminé] - Mer 14 Nov 2012 - 22:53
De la nourriture.

Une multitude de personnes se lèvent pour avoir du "rab". Vyhdôsa les regarde d'un oeil extrêmement attentif, sa curiosité atteignant un paroxysme jamais atteint auparavant. Faut dire que ce géant, baignant dans la pauvreté on ne le redit jamais assez, avait toujours voler de la nourriture aux commerçants du coins plutôt que d'assister à des repas tels que les banquets ou autres repas de familles à la nourriture abondante. Alors un lieu où sont regroupés d'innombrables personnes pour de la nourriture en grandes quantités, cela ne peut qu'attiser sa curiosité. Il souhaiterai bien se lever et suivre la foule bestiale, se disant qu'il n'aurait pas trop de mal à se hisser au "sommet" mais Lyra eut, une nouvelle fois, l'initiative. Comme auparavant avec la corbeille de fruits, elle se lève mais d'un manière encore plus brutale, elle court la lame singulière, froide, à la main. Des cris retentissent. Tout le monde s'écarte pour la laisser passer jusqu'au moment où le géant ne la discerne plus. Il attend un moment, son regard digéré vers l'extérieur, vers les bâtisses incroyables. Puis, sa tête se retourne pour revoir Lyra se diriger vers lui, assiette à la main. Une légère salive s'installe dans la bouche du "morfal" surtout à la vue de la viande. Il ne souvient même plus de la dernière fois qu'il en avait mangé, si il en avait vraiment manger de sa vie antérieure.

Son B.A ? Vyhdôsa ne comprenant pas ce que cela voulait dire, privilégia l'assiette bien garnie. De ses mains puissantes, il saisit la viande et l'apporte à sa bouche, déchirant avec une facilité déconcertante un énorme morceau. Il mâche rapidement en regardant Lyra finir sa pomme, tout en silence, tout en dégustation. Un premier morceau, un deuxième, un troisième grand maximum, et finalement la viande disparut dans l'estomac démoniaque. Il prend ensuite une poignée de frites qu'il engouffre aussitôt dans sa bouche, oui, il n'a jamais mangé avec des couverts, toujours dans une manière primitive, comme aux temps des cavernes. Son apparence pourrait s'y apparenter de toute manière. Horloge, date, jour, elle lui répondit de manière assez précise sur sa dernière question. Mais il retint principalement les "bâtiments administratifs" et il la vit dessiner rapidement un plan sur la feuille. Rapide, efficace, nette, il sait ce qu'elle se dit-il.La feuille fut ensuite déposée près de lui, il n'avait plus qu'à présent à suivre ce plan détaillé. Sans omettre un point particulier : Vyhdôsa possède un sens de l'orientation très peu aiguisé. Mais il ne voulut pas demander encore de l'aide et embêter encore plus Lyra.

Il se calme légèrement sur son assiette. Mangeant à présent, quelques frites par quelques frites. Il s'essuya contre ses vêtements et reprit le stylo afin de poser une toute autre question :

Et toi ? Tu fais quoi ici, tu es comme...moi, un sorte d'élèves si j'ai bien compris ?

Oui car elle a l'air différente des autres personnes rencontrées jusqu'à présent. Enfin, pour le peu de nombre qu'il a déjà rencontré. Maya, les élèves affamés et elle seulement. Oui, c'est peu de dire "personnes" au pluriel pour quelqu'un de nouveau et de paumé...

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Re: Coeurs de Cristal [Terminé] - Jeu 15 Nov 2012 - 19:19
Le jeune homme ne se fit pas prier et attrapa la tranche de viande à pleines mains. Lyra fut subjuguée. Elle n’avait jamais vu quelqu’un manger avec une telle voracité. Les couverts attendaient mollement qu’un éventuel futur utilisateur daigne les saisir mais le géant ne leur avait pas même accordé un regard. D’ordinaire, les élèves de cette académie rechignait à l’idée même de se salir – si ce n’est pour se goinfrer de frites – et voilà qu’elle avait devant elle un spécimen dévorant en moins de deux minutes et en à peine trois bouchées une bonne tranche de viande encore fumante et saucée à souhait. Une fois son premier carnage terminé, ses yeux se perdirent dans les frites. Lyra semblait ne plu exister pour lui désormais. Juste lui et son assiette. C’était bien un homme, ça. Toujours à préférer la nourriture plutôt que la compagnie des femmes. Elle attendit qu’il ait terminé sa portion de pommes de terres croustillantes avant de daigner lui accorder un peu d’attention à nouveau. Elle posa son trognon de pomme sur la tabler dans l’attente qu’une poubelle ne vienne digérer ce déchet. Elle avait terminé de manger en même temps que lui, à la différence près que sa nourriture n’était en rien comparable à celle dévorée par Vyhdôsa et que le temps était contre elle.

- C’est à croire que tu n’as jamais appris à te servir des couverts ! T’es quoi, toi ? Un espèce d’enfant sauvage ayant vécu à la dur ? Un gamin des rues ?

Connaissait-il seulement l’existence du mot « couvert » ? Lyra n’en était pas si sûre. À voir ses mains rocailleuses, sa peau parcourue de blessures, cernée de cratères profonds, de ces éraflures aussi nettes que celles de son âme, on ne pouvait que se poser la question. Il y a des blessures que l’on ne peut jamais guérir. Jamais. Etait-ce cela qui avait plongé cet élève dans un profond mutisme ? Lyra le savait, nombre de chocs psychologiques pouvaient enfermer un Homme dans sa solitude, le forçant à créer de par lui-même une muraille l’isolant des autres où la seule barrière serait celle de la langue. Sans mots, la compréhension s’avérait difficile. Mais il connaissait la langue des signes. Un muet depuis peu n’aurait guère pris le temps de s’en soucier. Elle savait que lorsque le cerveau était privé d’un sens, celui-ci s’adaptait aussitôt pour la survie de l’homme. Ainsi un aveugle devenait bien plus sensible au niveau de l’odorat et de l’ouïe, compensant sa cécité par ses autres sens. Se pouvait-il que son cerveau lui ait permis d’apprendre ce langage depuis peu alors qu’il venait de perdre l’usage de la parole ?

Il écrivit à nouveau une question sur la feuille du manuscrit. Ce moyen rendait leur discussion bien lente au goût de l’archiviste. Mais ce n’en était pas moins une. Différente de celle qu’elle connaissait, où la parole semblait reléguée au rang de spectatrice mais tout de même une vraie conversation. Une conversation de mots. C’est dans de tels moments que l’on pouvait remercier les sumériens d’avoir inventé les cunéiformes et donc la genèse de l’écriture.
Lorsqu’elle lut la dernière question du garçon, elle éclata de rire. Une élève ? Elle ? Il faut croire que ce gosse était encore moins bien informé qu’elle ne l’avait été le jour de son arrivée ! Il est vrai qu’elle était jeune et qu’elle pouvait faire illusion auprès des jeunes demis-dieux, se confondant parmi eux. Même si cet atout ne lui était d’aucune réelle utilité parmi ses chères archives qui étaient là la seule compagnie dont elle disposait en journée.

- Je ne suis pas élève, je n’ai pas cette chance d’étudier ici. Non vois-tu, moi je suis ce que les autres appellent communément des « repentis ». Je suis ici pour expier mes fautes de mon ancienne vie, voilà tout. Chaque repenti se doit d’exercer une fonction dans l’école. On m’a assigné celle d’archiviste.

Elle se leva, lui laissant le temps d’intégrer ce qu’elle venait de dire aux récents évènements, allant se chercher un café. À défaut de boire de la bonne vodka pour se réchauffer à force de longues gorgées, elle aurait au moins la chaleur du breuvage ombragé dont les effets ne se feraient pas attendre.
Elle porta la tasse brûlante à ses lèvres et se délecta de la sensation de bien-être que lui prodiguait le sombre élixir. Elle avait depuis longtemps l’habitude de boire son café ou thé bouillant aussi n’attendait-elle pas qu’il refroidisse. Si elle avait attendu en Russie pour boire une boisson chaude, elle serait déjà morte congelée tant le froid vous pénétrait la peau.

La curiosité vint titiller l’esprit de Lyra. Elle avait volontiers répondu aux questions du môme, c’était à son tour désormais. Elle n’avait jamais eu l’âme bavarde – avouez que c’est de contexte – mais elle était prise d’une soudaine envie d’en apprendre plus sur lui. Ce colosse l’intriguait. Il semblait différent des autres qu’elle avait pu croiser à l’ombre d’un couloir. Etaient-ce ses blessures qui la fascinaient autant à ce point ? Les blessures non pas de son corps mais celles l’ayant meurtri à tout jamais, ces blessures cachées, sillonnant son cœur ?

- Je te demanderai bien ce que tu fiches ici mais je connais déjà la réponse : tout comme nous, tu es mort pour telle ou telle raison. Mais pourquoi ne prononces-tu plus le moindre mot ?

Elle reposa la tasse sur la table. La cafétéria se vidait peu à peu. Les derniers goinfres avaient rejoint l’un de leurs nombreux cours. Le calme était retombé. Cela reposait les oreilles de la demoiselle qui avait cru devenir folle au sein de cet enfer humain, bourdonnant et vibrant de toutes parts.

Un oiseau choisit ce moment pour venir se poser près de la fenêtre. Un magnifique corbeau semblable à ceux dont Lyra rêvait le soir, à la secte, ces mêmes corbeaux qui avaient toujours su guider son chemin lorsque tout n’était qu’obscurité, il lui suffisant d’entre le coassement symbolique de l’un d’eux pour reprendre espoir. Si ces volatiles semblaient synonymes de malheur dans nombre de cultures pour elle, ce n’était qu’un porte-bonheur. Sa simple vue suffisait à la réjouir. Elle ouvrit la fenêtre, l’animal désormais habitué à ces humains se baladant d’un bout à l’autre de son terrain ne s’envola guère et s’avança pour venir glapir quelques miettes traînant ci et là. Elle posa ses yeux sur Vyhdôsa. Elle n’avait pas oublié son don si particulier qui était celui d’avoir un quelconque lien avec les bêtes. Elle avait du mal à imaginer un tel colosse pouvant faire preuve d’empathie envers un animal aussi noble qu’un corbeau, avec un animal tout court d’ailleurs. Peut-être sa patience serait-elle récompensée et ses préjugés mis de côté ?
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Re: Coeurs de Cristal [Terminé] - Ven 16 Nov 2012 - 14:28
De la nourriture.

Elle lui fit une remarque à propos de sa manière de manger, sans user des couverts posés sur la table. Il hoche la tête, sans vraiment vouloir répondre par écrit. C'est un enfant des rues, elle eut juste sur ce point, même si ce n'est pas vraiment compliqué de s'en apercevoir à la dégaine du géant. Elle répond alors à son autre question, se disant "Repentis". Même si ce terme n'est pas connu de Vyhdôsa, il compris que c'était pas quelque chose d'anodin. Expier les fautes de sa vie passée ? Alors elle avait dû vivre de manière malsaine. Vyhdôsa aurait pu le devenir non ? Le vol est quelque chose de mal normalement ? Il passe sur cette réflexion. Archiviste non plus, il ne connait pas ce que cela voulait dire mais il préféra éviter de reposer des questions, de peur de passer pour un ignorant, pour un crétin en autre. L'assiette est à présent vide, et l'estomac du gaillard s'arrête de gronder, rassasier par le copieux repas. Les regards jaunes perçant s'attarde sur Lyra et sur ce qu'elle boit, une sorte de liquide noirâtre. L'odeur semble âcre et amer, cela ne lui donne pas envie d'essayer.

Je te demanderai bien ce que tu fiches ici mais je connais déjà la réponse : tout comme nous, tu es mort pour telle ou telle raison. Mais pourquoi ne prononces-tu plus le moindre mot ?

Il reprit la feuille alors quand soudain, sa voix intérieur vint intervenir encore une fois. Par des bribes de paroles incompréhensibles et bestiales :

Nyluhda byc dnub dy jea, acbàla ta lnádeh. D'y byc ehdánêd cehuh za d'ah lummanye
Raconte pas trop ta vie, espèce de crétin. T'a pas intérêt sinon je t'en collerai
taiq xiyht z'yinye bmic ta vunla, lusbnec cuspna lnádeh xia di ac ?
deux quand j'aurai plus de force, compris sombre crétin que tu es ?
Il fronce les sourcils, ferme les yeux et se concentre pour faire taire cette agaçante voix. Il ne comprend toujours pas, c'est nouveau, cette voix qui lui parle n'est présente que depuis qu'il est passé de vie à trépas et de renaissance. Elle semble féroce, violente, une présence démoniaque peut-être qui aurait profiter de la faiblesse de l'homme. Le stylo tremble légère dans la main de Vyhdôsa, il rouvre les yeux et se concentre de nouveau sur sa réponse.

Je ne sais pas. Enfin, je n'aimerai pas l'admettre mais c'est arrivé près la séparation de ma soeur et moi. Elle fut emporté par des marchands d'esclaves, j'ai été puni et envoyer sur les galères. Je ne sais plus combien de temps j'y suis resté, le temps peut nous jouer des tours quand ça se passe comme ça. Je ne sais pas tout est vague. Je viens de l'Egypte. Nous construisions les pyramides, et tellement d'autres bâtiments. Et ensuite, un enchaînement de mauvaises choses. Désolé, je n'ai pas vraiment envie d'en parler.

Tout un texte écrit lentement et dont les lettres étaient mal écries. Il fit un effort mais ses doigts n'ont pas vraiment l'habitude d'en écrire autant. Ils se crispent, une légère douleur montante. Mais il lui sourit timidement. Puis, une autre rencontre, un volatil au plumage sombre comme une nuit sans lune. Un corbeau, Lyra ouvrit la fenêtre et le "piaf" vint s'installer comme si de rien n'était. Son croassement ne se fait pas entendre et automatiquement, le géant aux pourpres cheveux réagit. Décidément, les bêtes avaient le chic de venir squatter les discussions. Après le chat venu de nulle-part, le corbeaux. S'engagea alors une discussion pensée avec croassements car le langage animal est oral mais la réponse du géant se fait par la pensée, étrange non ?

Croaa, je veux le trognon de pomme, croooaaaa, files-le moi steuplait, croaaaa !

Il répondit alors, sans un mot parlé oralement :

▬ *Le trognon de pomme n'est pas à moi. Je peux le demander pour toi, mais ce n'est pas moi qui décidera si c'est oui ou non, corbeaux.*

Il reprit encore une énième fois le stylo, pestiférant légèrement mentalement et adressa la requête du corbeaux à Lyra. La place commence à manquer, mais il parvint à poser sa question :

Ce corbeau veut ton trognon de pomme. Tu souhaites-le lui donner ?
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Re: Coeurs de Cristal [Terminé] - Ven 16 Nov 2012 - 19:19
Vyhdôsa semblait n’avoir jamais bu pou ne serait-ce bu de café tant il fixait avec attention la boisson sombre. En voilà un drôle de phénomène ! D’abord il ne parlait pas – mais ceci pouvait expliquer cela – ensuite il semblait question vocabulaire – rab est un mot que tous les jeunes commencent dans le but de satisfaire leur estomac – puis vint la scène où il s’était laissé aller à sa goinfrerie grâce à ses doigts – manger la viande d’une telle mani-ère n’est guère habituelle – et enfin cette fixation sur ce satané café ! Non vraiment, elle venait de tomber sur une perle !

Le jeune homme prit la feuille, semblant sans doute prêt à parler de son étrange mutisme mais se ravisa. Ses doigts hésitaient, ne sachant que faire. Il ferma les yeux, peut-être cherchait-il les mots exacts pour lui conter son aventure, le stylo ne cessait de s’agiter dans sa main. On aurait pu croire qu’un tremblement de terre sévissait, faisant onduler chacun des objets dont ce banal stylo mais non, ce n’était qu’un drôle de sentiment qui avait provoqué une telle réaction. La crainte d’être incompris ? La peur de paraître différent ? Lyra n’insista pas. Sans doute ceci était un sujet douloureux à aborder. Elle pouvait comprendre. Elle-même ne lui aurait jamais expliqué quels crimes elle avait pu commettre dans son passé si il le lui avait demandé.

Les mots s’alignèrent les uns à la suite des autres. Il semblait avoir repris confiance en lui mais préféra ne pas répondre directement à sa question, lui narrant plutôt une parcelle de son ancienne vie que le traumatisme lui ayant ôté toute volonté de parler de vive voix. Elle fut touchée par ce soudain élan de sincérité émanant de ce garçon. Elle avait toujours envié ceux pouvant se confier facilement alors qu’ils ne se connaissaient que depuis peu. Lyra, elle, ne faisait pas partie de ces gens-là. S’était-elle déjà confiée à quelqu’un ? De mémoire, jamais. Elle gardait tout cela pour elle, préférant de loin rester en tête à tête avec ses démons intérieurs plutôt que de les partager à autrui.
Mais lui était différent. Lui savait se confier au premier venu, lui ne semblait pas vivre dans le passé à sa manière – il suffisait de voir avec quelle aisance il avait couché sur le papier les bribes de sa vie – alors qu’elle était tout son opposé. D’ailleurs, elle l’avait agressé alors qu’il n’avait encore dit aucun mot – ironie – et n’était en rien rancunier. Elle, elle aurait puni celui qui aurait commis un tel affront. Elle le lui aurait fait payer au prix de sa vie mais lui était resté calme, imperturbable, contenant sa rage. Elle avait à apprendre de lui, il faut croire. Mais encore faudrait-il que changer ce qu’elle était, renier pour cela dix-huit ans d’existence, l’intéresse pour pouvoir se formater entièrement. Non pas seulement son passé mais son fort caractère aussi.

La logique aurait voulu qu’elle lui dise à quel point elle était désolée pour lui et pour sa sœur mais rien ne vint. Elle n’y arrivait pas, cela ne lui venait pas à l’esprit. Elle n’avait pas l’habitude de lire le malheur des autres si ce n’est à travers des romans et ne savait pas comment réagir. Si lui ne savait pas comment manger correctement, elle ne savait pas comment se comporter avec ceux qui daignaient lui adresser la parole autrement que grâce à une voix forte et des injures. Cela aurait pu prêter à rire. Elle venait d’un pays aussi glacial que possible et lui d’un endroit où le Soleil semblait être le maître des lieux. Elle ne se gêna pas pour en faire la remarque.


- Et moi je suis russe. Tu sais, je viens de ce pays glacial où la vodka, cette même boisson que tu as renversée, réchauffe aussi bien le cœur que le corps. Mieux qu’un radiateur, crois-moi ! Je ne connais pas l’Egypte si ce n’est que les pyramides y poussent comme les mélèzes en forêt. Je sais aussi que ce pays est l’exact contraire du mien. Là où le froid règne chez moi, la chaleur est un mot inconnu. C’est tout l’inverse en Egypte, n’est-ce pas ?


Elle reporta sa tasse de café à ses lèvres sous le spectacle du corbeau déjà bien agité. Les yeux du volatile et ceux du géant se croisèrent. Un dialogue de sourd semblait avoir lieu. L’archiviste était déçue de ne pouvoir comprendre ce qu’ils pouvaient bien échanger mais après tout, cela ne la regardait. Chacun avait ses petits secrets. Si ce colosse ne pouvait plus échanger avec les humains, cela ne semblait pas de même avec les animaux.
L’oiseau sombre jetait des regards furtifs en direction du fruit désormais dépourvu de toute chair. Etait-cela qui l’intéressait ? L’élève reprit en main feuille et stylo et se mit à lui demander si elle acceptait ou non de lui donner ce trognon. Elle attrapa le trognon et le jeta en direction de l’animal.

- C’est pour toi, Crow !

Et l’oiseau, satisfait, attrapa son trésor du bout du bec, inclinant la tête et s’envola à tire d’ailes. Etait-ce l’équivalent de remerciements auxquels elle avait eu droit ? Elle ne le saurait jamais.
Pour ce qui est de l’appellation « crow », elle avait toujours adoré nommer un corbeau ainsi. L’appellation française ne rappelait en rien la fougue de ces animaux et la signification russe qu’elle avait utilisé longuement – bopoh – cela n’avait aucune beauté à l’oreille. Alors que l’anglais s’y prêtait tout naturellement, elle avait préféré user de ce mot à chacune des fois où elle croiserait l’un de ces magnifiques oiseaux.

- Tu as vraiment communiqué avec ce glouton ? C’est bizarre. Tu es incapable de toute communication avec les humains mais tu parles aisément avec les animaux. Comment tu expliques ça ?

Elle n’était même pas sûre qu’il ait une réponse à sa question. En existait-il seulement une ? L’univers faisait des choses étranges, parfois. Cette absence de communication en était une. Un mal pour un bien. Ôter la parole à un homme pour qu’il puisse communiquer avec les bêtes. Ce scénario aurait pu être digne d’un dessin animé.
Voyant que la première feuille était noire et parsemée de signes de long en large, elle reprit son manuscrit et en arracha une nouvelle page. Elle allait vraiment devoir trouver une bonne excuse pour expliquer cette soudaine disparition de pages. Peut-être que le crétin qui l’avait rédigé en avait enlevé volontairement , Oui, cela pourrait être plausible. Après tout, plus rien ne semblait étonner les gens d’ici.
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Re: Coeurs de Cristal [Terminé] - Mer 21 Nov 2012 - 21:06
De la nourriture.

Elle lui parle de la Russie qu'il ne connait pas. Même de nom, cela ne lui dit rien de chez rien.Mais c'est un pays froid et l'Egypte, un pays chaud où les dunes aux chaleurs infernales font trembler l'air. Ça, il l'a comprit mais ne relèvera pas pour autant. Les quelques élèves qui étaient à tables avait eux aussi terminer leurs assiettes, et la grosse dame vint débarrasser chacune des tables avec un chariot à roulettes grinçantes. Elle fit vite et vint à la table du géant et de l'archiviste. Sans un mot, elle récupéra le tout, adressant un regard chaleureux au muet, étrange. Et elle partie, retournant à son ingrate besogne. Les élèves partent peu à peu, la cafétéria se vide au bouts de quelques minutes à peine, les laissant seuls entre eux. Un autre silence se réinstalle, un moment et un bruit de papier qui s'arrache retenti. Et c'est une autre page du livre que Lyra arrache. Ces livres n'étaient-ils pas important pour qu'elle puisse se permettre d'en arracher des pages ? Rapidement, le même schéma se répète, il doit s'en accommoder, il le sait. Stylo en main, il écrit une nouvelle fois sa réponse sur la page vierge.

A vrai dire, je ne sais pas vraiment. C'est sans aucun doute lié à ce "domaine divin" mais il y à autre chose. Une étrange voix rauque me parle dans un langage incompréhensible, j'en comprend quelques bribes parfois mais cela m'inquiète.

Oui, il parle de ce point noir, la chose la plus incompréhensible depuis qu'il est ici. Qu'il ne comprend toujours pas et qu'il ne semble pas être évident à aborder. Mais à présent, il était temps pour le Géant de partir, non pas que la présence de Lyra ne lui plaisait pas mais il avait été par l'odeur de nourritures. A présent, il doit avancer et trouver son chemin, sa destinée, et elle allait commencer aux bâtiments administratifs. Il pris alors sa fiche, où des dessins de plans détaillées avaient étés tracés et écrivit une dernière phrase :

Merci encore pour tout. A présent je dois partir, je ne voudrais pas végéter ici ainsi que de te déranger plus longtemps. Encore merci pour cette discussion et tes renseignements, je t'en serais éternellement reconnaissant.

Une fois cette phrase finie, il s'en va, toujours dans son mutisme commun mais avec cependant un sourire aux lèvres. Le corbeau croasse soudainement au loin, ce qui ne peux réprimer un semblant de rire de la part de Vyhdôsa. Etait-ce un remerciement ? Qui sait mais à présent, direction les bâtiments administratifs !

Ps : Oplé ! Voilà, j'en termine avec notre rp ^^. Libre à toi de répondre et de me dire si il t'a plu ou non, et à une prochaine fois en rp o/
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Re: Coeurs de Cristal [Terminé] - Sam 24 Nov 2012 - 16:29
Ses yeux en disent long sur son ignorance de la Russie, ils venaient de perdre de leur éclat. Mais Lyra s’en accommoda, elle n’avait aucune envie de raconter des anecdotes à propos de son pays glacial, mieux valait garder ces secrets pour elle. De toute façon, si il était réellement intéressé, il pourrait toujours consulter un quelconque atlas ou bouquin de géographie mentionnant ces steppes glaciales et désertiques.
La cantinière vint interrompre ce curieux silence prenant peu à peu place. À vrai dire, il avait toujours été là, l’archiviste avait juste su le rendre moins présent en entamant un monologue – il n’y avait pas d’autre mot pour désigner une telle conversation – qui commençait bien à lui plaire, d’ailleurs. Mais s’entendre uniquement parler, très peu pour elle. D’ailleurs, elle n’avait en rien la verve hâbleuse. Plus tôt, elle partirait, mieux ce serait. Juste quelques questions de dernière minute avant de tirer sa révérence. La cantinière fit de même, elle s’en alla, assiettes vides sur son chariot.

Vyhdôsa se remit à écrire, essayant tant bien que mal de lui expliquer comment un tel phénomène entre animaux et humain était possible mais ne semblait guère mieux renseigné qu’elle-même. Cette nouvelle vie ici était remplie de mystères et de secrets. Chacun avait les siens. Le domaine divinatoire en était un bien joli. Pourquoi diable ressuscitaient-ils d’entre les morts avec ce curieux don ? Peut-être pourrait-elle en apprendre davantage aux archives. Peut-être. Mais de toute façon, elle préférait laisser les questions sans réponses au placard. À quoi bon chercher en vain ? Elle se doutait que de vieux grimoires ne lui apporteraient rien si ce n’est la perte de son temps. Même si elle avait l’éternité devant elle, ce n’était pas une raison pour le gaspiller.

Le géant reposa le stylo, traçant des derniers signes avant de se lever, la remerciant de ses renseignements. Cela était étrange. C’était la première fois qu’on la remerciait pour quoi que ce soit. Elle ne répondit rien, le laissant partir, carte du bâtiment en main. Sa carte. Il est vrai que son rôle était d’aider les élèves mais c’était la première fois qu’elle l’effectuait véritablement et sans s’en rendre compte de plus. Etait-ce l’handicap du garçon qui l’avait touchée ? Ou bien avait-elle agi juste par intérêt, dans le but d’assouvir une quelconque curiosité dissimulée au plus profond d’elle-même, une curiosité la titillant ayant un lien avec ce colosse lui semblant être une énigme à lui tout seul ? À moins que pendant toute la durée de son repas, elle ait voulu d’être un tant soi peu gentille dans le but d’oublier ses remords et le geste qu’elle avait eu envers lui ? Elle ne connaissait pas la réponse et préférait l’ignorer. C’était mieux ainsi.
Elle le laissa partir, posant une dernière fois ses yeux sur la feuille gribouillée. Ce gamin entendait des voix. Non, une voix. Avait-elle eu affaire à un quelconque garçon atteint de dédoublement de la personnalité ou une connerie du genre ? L’avenir le lui dirait si leurs destins venaient à se recroiser.
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Re: Coeurs de Cristal [Terminé] - Dim 25 Nov 2012 - 17:24
Joli rp !!! ^^

Lyra : 390 xps
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Coeurs de Cristal [Terminé]
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